Entre Chien et Loup [ Milo ]

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Mer 18 Fév - 16:47
All the world is made of faith, and trust, and pixie dust -Peter Pan


Des nappes de brume stagnaient à l'orée de la forêt, silencieuses, étouffantes, et la lumière déclinante peinait à les traverser. Assit sur le mur, Aaron suivait du regard le mouvement incroyablement lent de la marée blanche qui s'étalait de plus en plus, grappillant mètre après mètre, au fur et à mesure que le soleil froid disparaissait derrière les grands arbres. Lorsque la brume vint enfin effleurer la base du mur, l'écossais n'avait toujours pas bougé, perdu dans de sombres pensées. Gaïa volait d'arbre en arbre, silencieuse, un œil toujours posé sur sa moitié immobile. T’as qu’une chose à faire, tu les fais attendre ou tu prépares les brancards et tu creuses des trous. C’est au choix. Il avait beau faire, l'avertissement de Wolf ne cessait de le hanter, et il fallait qu'il parle au reste des rebelles le plus vite possible. Ou plutôt à ce qu'il restait des rebelles. Il tourna la tête et regarda par dessus son épaule. Jamais le campement n'avait été aussi mort, la plupart des gens s'étaient déjà dirigés vers Perth Amboy, ou vivaient seulement à moitié au campement. Comme Milo par exemple. Sa silhouette grande et longiligne se dessinait justement en contrebas. Aaron fit un petit signe de la main qu'il accompagna d'un sourire. Il l'aimait bien Milo.

Il venait de l’Europe de l'est, ça son accent le hurlait à qui voulait l'entendre. Il était apparemment très doué avec les ordinateurs, et aidait Cosima à s'informer de l'avancée du Conseil. Un hackeur, qu'on lui avait dit. Peu doué en technologies non mécaniques dans le sens où il avait ses mains dans le cambouis, Aaron avait tout de même immédiatement compris l'intérêt qu'une telle personne pouvait avoir dans leur situation. Coupés des informations dans leur campement paumé, un peu de nouvelles de l'extérieur et de ce qui s'y tramait ne pouvait pas faire de mal. Le profil de Milo pouvait cependant en effrayer plus d'un, jeune homme mystérieux au pouvoir assez intrusif, mais il avait quelque chose de franc dans ses yeux qui avait poussé Aaron à lui faire confiance. Perchée sur son épaule, l'ombre figée de son cacatoès ne pouvait qu'inspirer la droiture d'esprit.

    « Tu veux monter ? » proposa-t-il au hackeur.


Et captant un léger signe approbatif de la part de Milo, il éleva mentalement un petit escalier de terre qui menait jusqu'en haut du mur pour que le brun puisse le rejoindre facilement. Gaïa vint rapidement se poser sur son épaule, observant en silence l'ombre de Zora. Elle avait un pincement au cœur dès qu'elle voyait ces grandes ailes immobiles, mais faisait de son mieux pour ne rien laisser paraître. Elle sentait bien que ça n'était pas par choix que le cacatoès noir ne venait jamais jouer avec les courants d'air froids qui descendaient du nord, et mieux valait ne rien ajouter à ce calvaire. Rien qu'à l'idée de ne plus pouvoir elle même voler, elle frissonnait. Aaron posa de nouveau ses yeux gris sur l'orée de la forêt, suivant pensivement les chapes de brume qui se déplaçaient lentement, s'enroulant autour des arbres, jusqu'à ce que Milo arrive à son niveau.

    « Jolie vue hein ? » commenta-t-il brièvement en regardant au delà du mur avant de pousser un petit soupir.


Il ne se sentait pas particulièrement loquace ce soir, les langues de brumes qu'il sentait presque toucher la terre l'engourdissaient, et l'écho de la voix de Wolfgang dans son esprit n'arrangeait pas son affaire. Mais qui sait, Milo avait peut être un sujet intéressant à se mettre en bouche ?


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Dim 22 Fév - 20:43
Entre Chien et Loup
Aaron & Milo
« Here we are, don't turn away, now.
We are the warriors that built this town.
From dust. »

Et Milo marchait. Une veste en cuir épais sur le dos, les mains profondément engoncées dans ses poches, ses pieds foulaient la terre encore gelée de cette fin d’hiver alors qu’une épaisse brume le suivait de loin. Coïncidence, tout simplement, car il n’avait pas la prétention de contrôler les éléments, mais l’image faisait rire Zora. Car ils approchaient justement du campement. Car pour la plupart des rebelles, Milo n’était justement qu’un nuage de brume qui amenait à chaque fois son lot de bonnes ou mauvaises nouvelles. Car il n’était lui-même qu’un nuage aujourd’hui, qui n’absorbait rien et qui laissait un flou constant envahir son image aux yeux des étrangers à sa façon de penser. Et si au fond de lui, Milo avait bien envie d’envoyer son daemon se faire cuire un œuf, de Microglosse même s’il le fallait, hé bien il restait, pour l’heure plongé dans ses pensées.

Et depuis quelques jours, c’est le campement qui avait toute sa place dans ses pensées. Depuis quelques semaines, c’était toute la rébellion qui occupait son esprit. Et depuis quelques mois, leur exil de Merkeley. Ils étaient relégués au rang de brebis galeuses, mises à l’écart du troupeau. Le Conseil avait enfin mis une partie de son plan à découvert en venant couper d’un coup sec et violent la tête de la rébellion pour l’écarter du reste de son corps et l’enfermer à double tour là où ils ne pouvaient plus les aider. Ca avait porté un sacré coup. Mais ça ne les avait pas tués. Pas encore.

Le froid hivernal, les conditions de vie et l’espoir d’un retour à Merkeley s’amenuisant, le campement se faisait de plus en plus désert, à chaque fois qu’il y revenait, comme ce soir. Tandis que le soleil tombait lentement à l’horizon, le camp se faisait mort, les tentes vides, les lieux communs délaissés… Combien de temps cet endroit allait-il survivre ? Lui-même ne pouvait blâmer personne, après tout. Il avait dès le départ fait le choix de ne pas s’attacher directement au campement. Premièrement pour pouvoir exercer ses activités sans risquer de donner leur position à l’ennemi. Deuxièmement pour ne pas empiéter sur des ressources durement gagnées par Cosima et mises à disposition de tous ici. Pourtant, il y revenait, régulièrement. Pour rester en contact. Pour travailler avec Cosima. Pour montrer, aussi, qu’il était toujours là et prêt à se battre, à sa façon, pour obtenir la liberté de leurs chefs et … Oui, et quoi d’autre ?

Toute cette histoire lui faisait, aujourd’hui, se demander une chose : Y avait-il une taupe dans leurs troupes ? Comment le Conseil avait-il pu savoir pour leurs chefs, leur position, leur emploi du temps, etc ? Milo avait fait surveiller tout ce qu’il avait pu et … rien. Il n’avait rien trouvé jusqu’à présent, et il soupçonnait l’organisation du Conseil d’avoir des portes mieux cachées et mieux gardées que ce qu’ils ne pouvaient imaginer. Ou bien d’éviter tout simplement l’informatique.

Tout ça le frustrait. Enormément. Mais ce n’était pas ce qui allait l’empêcher de dormir cette nuit. Par contre, la nuit dernière, tandis que la nouvelle de l’arrestation des leaders faisait petit à petit son chemin et que Milo, toujours marchant, à pas rapides mais boitillant comme l’estropié qu’il était, il était arrivée à portée d’un signal téléphonique. Là, à quelques centaines de mètres du campement. Endroit particulièrement singulier pour une discussion au téléphone.

Il n’avait pas capté grand-chose. La conversation touchait à sa fin. Tout ce qu’il avait pu en tirer, et qui l’avait figé sur place, c’était les identités des deux interlocuteurs… Cela l’avait tellement surpris que ce fut la voix de Zora, dans sa tête, qui lui signala que l’homme au téléphone s’éloignait et qu’il pouvait arrêter de se planquer derrière son arbre (un vieux réflexe…). Et aujourd’hui, il était de retour au campement, bien décidé à … à confronter un ami face à une réalité qu’il n’aimait pas du tout ? Il n’aimait pas cette idée. Et ce fut dans le doute le plus total qu’il passa les porte encore ouvertes du campement.

Il salua une ou deux personnes, poliment mais froidement, avant de se mettre à la recherche de l’homme qui envahissait ses pensées depuis des heures, jusqu’à ce que Zora ne le repère, perché sur son fameux et magnifique mur. Milo s’arrêta, en contrebas, et se mit à l’observer. Si son don le titilla un moment, il l’écarta d’Aaron pour le tourner vers d’autres ondes moins intéressantes. Le rebelle qui l’avait accueilli sans préjugés ni appréhensions dans son cercle d’amis ne méritait pas qu’il fouine sans scrupules un téléphone où il savait qu’il ne trouverait rien, de toute façon. Pas vrai ?

Lorsqu’Aaron remarqua enfin sa présence, et lui proposa de monter, Milo fit semblant de ne pas hésiter et accepta avant de voir un escalier apparaître juste devant ses pieds. Ah. Rien de mieux qu’une discussion à quatre mètres de hauteur avec un mec capable de faire trembler toute la clairière sous une simple hausse de tension ! Mais il monta tout de même, une boule d’appréhension en travers de la gorge.

Foutu parpaing. Foutu muscle. Foutue cuisse. Lorsqu’il arriva en haut, il ne put que se laisser tomber à côté du motard, plus frustré qu’essoufflé. Zora tourna sa grande tête vers Aaron et Gaïa et les salua d’un claquement de bec. Elle s’ébroua ensuite les plumes et ferma à moitié les deux petites perles noires qu’elle avait pour yeux, grisée par le vent qu’elle pouvait sentir souffler autour d’elle. Milo resta un moment muet sous la vague de contentement de son daemon avant de répondre au commentaire d’Aaron… qui semblait tout aussi enclin que lui à discuter, ce soir, apparemment.

« Oui, magnifique. »

En réalité, il s’en fichait un peu de la vue. Parce que si devant eux, le coucher de soleil sur la terre baignée de brume était magnifique, derrière le mur, la vue n’était pas si jolie que ça. Tourner le dos à la réalité et retarder l’inévitable n’allait aider personne. Milo ne pu s’empêcher de soupirer, faisant écho au propre soupir de son aîné, attrapant sa détermination à deux mains et ne la laissant pas l’abandonner sur place.

« Faudrait que je te parle d’un truc… »

Détermination se transforma soudain en brume et le laissa sur place comme un con, s’en retournant virevolter avec le brouillard qui slalomait entre les arbres un peu plus loin. Il garda le regard fixé sur l’horizon et attendit la réaction du géokinésiste. Qui sait ? Il y avait déjà cette rumeur qui courait depuis des lustres, sur Aaron et ce Wolfgang. Peut-être que son ami allait directement comprendre et lui en parler ? Ou certainement pas. Mais il pouvait être naïf deux minutes et espérer. Zora s’ébroua de nouveau et observa son daemonien avec un regard perçant qui voulait clairement dire qu’il se faisait des illusions.


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Dim 22 Fév - 22:34
and I'm four, five seconds from wildin'


Bientôt le soleil disparaîtra entre les arbres et ils seront presque plongés dans le noir. Les quelques personnes qui restent au camp commencent à s'affairer autour du feu central, il peut les sentir se déplacer sur la terre battue.

    « Oui, magnifique. »


Aaron arque un sourcil. Que lui vaut cette réponse peu enthousiasmée ? Il tourne la tête vers Milo qui ne le regarde pas. Quelque chose cloche, il le sent maintenant, le croate n'a pas l'air dans son assiette. Le voilà qui soupire en plus. Non, vraiment, y'a quelque chose qui tourne pas rond. Zora claque du bec en guise de salut et Gaïa hoche légèrement la tête, n'osant pas briser l'espèce de tension qui vient de s'élever entre les deux hommes. Elle sort de nulle part, mais elle est bien là. Aaron fait bouger mentalement les tatouages en pigments de terre qui ornent ses bras pour s'occuper l'esprit. Peut être qu'il s'est fait largué par sa copine et qu'il vient voir Aaron pour un peu de réconfort ? L'écossais repousse l'éventualité brusquement, ça ne ressemble même pas de loin à Milo. Un autre souci de conscience peut être ? Il lui avait déjà fait part de ses doutes sur la rébellion, sur le Conseil, que pouvait-il avoir sur le plat ces temps ci ? Aaron gratte son nez pensivement. Comme s'il avait besoin des soucis des autres, ses propres batailles intérieures lui prenaient suffisamment de temps et lui donnaient assez de maux de crâne comme ça. Remarque, une distraction serait la bienvenue. Milo se décide à parler de nouveau. Et quelle éloquence !

    « Faudrait que je te parle d’un truc… » Aaron attends quelques secondes.
    « De quoi ? » demande-t-il doucement en tournant la tête vers lui.


Après tout Milo a peut être besoin de son aide, et il se verrait mal le repousser sans raison autre que l'état de sa propre conscience. Sauf que le Croate ne réponds pas, il hésite. Trop longtemps pour la patience d'Aaron qui a ses limites ces temps ci.

    « Crache le morceau Milo, tu sais bien que je ne vais pas mordre. » ajoute-t-il en souriant légèrement.
    * Laisse lui le temps, c'est peut être très sensible comme sujet... *
    * Certes, mais va bien falloir qu'il le dise, non ? *


Gaïa hausse des épaules et se rend compte qu'elle meurt d'envie de se dégourdir les ailes. Elle jette un coup d’œil à Zora, rigide sur l'épaule de sa moitié, pas sure d'avoir envie de mettre le cacatoès mal à l'aise en cédant à son envie. Ça n'ajouterait rien de bon à la situation. Alors elle prends son mal en patience et reste plantée sur l'épaule d'Aaron, à observer Milo du coin de l’œil. Le cerveau d'Aaron tourne toujours à plein régime, et il commence à se demander si Milo est venu lui parler de lui-même, où s'il est venu parler d'autre chose qui concerne Aaron. Pour détendre un peu l'atmosphère l'écossais ne peut s'empêcher d'ajouter en riant jaune:

    « Sauf si tu viens me dire que c'est toi qui a orchestré la capture de Wyatt, Kayla et Esteban bien sur, là je garantis pas que tu ne finisses pas en bas du mur. »


Le sourire d'Aaron s'évanouit à cette pensée. Trop tôt ? Ouais, certainement. Surtout que Milo a toujours été la cible de doutes pour certains rebelles, alors c'était peut être pas la meilleure des choses à lui dire au Croate, mais bon, maintenant que c'était sortit hein. De toute façon il ne pouvait pas imaginer une seconde que Milo soit une taupe. Enfin, il ne le connaissait pas tant que ça mais ça ne collait pas avec le personnage. Du moins il l'espérait. Aaron fit glisser son regard jusqu'au brun, tendu. Oh god dis moi que c'est pas ça.


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Jeu 5 Mar - 8:25
Entre Chien et Loup
AARON & MILO
Milo n’avait jamais aspiré à une vie simple. Il n’avait jamais vu aucun attrait dans les existences calmes et sans dangers. Où était l’intérêt ? Sans l’adrénaline qui fusait dans ses veines lorsqu’il se lançait dans un corps à corps avec un système plus fort que lui ? Quel était l’intérêt de se lever quand votre journée était déjà ennuyeusement toute planifiée ? Il avait vite compris, en arrivant aux Etats-Unis, en commençant ses études et en découvrant le monde hors du joug de son violent paternel alcoolique, qu’il ne cherchait pas le « rêve américain » en venant ici, mais bien une vie comme on peut parfois voir dans les films d’action… ou, au moins, une vie comme on en voit pas tous les jours. Milo et Zora voulaient faire quelque chose. Ils voulaient marquer le monde virtuel. Ils voulaient en faire leur terrain de chasse et leur gagne-pain. Ils avaient réussi. Mais pour cela, oui, ils avaient défié la limité entre le bien et le mal. Parfois. Enfin… Souvent. Mais ils n’avaient jamais tué personne. Ni même trahi qui que ce soit.

S’il y avait bien une constante chez ce croate, c’était sa fidélité. Pourtant, tout le monde semblait toujours en douter. Il n’aurait pas compris pourquoi si lui-même n’avait pas fait la douloureuse et amère expérience de la trahison, deux ans plus tôt. La douleur de son bras, mal réparé, endommagé, conséquence de ce manque de prudence et de cette confiance mal placée, le ramena d’ailleurs à lui… et il ne put s’empêcher de croiser les bras et de poser sa main gauche au dessus de son coude droit, fixant la lande, répondant distraitement à Aaron. Magnifique, oui… Ah. Qu’est-ce qu’il s’en fichait bien du paysage, aujourd’hui. Il n’était pas monté au dessus d’un mur aussi haut pour parler de la vue. Ca ne l’empêcha pas de répondre poliment, sans grand entrain, réfléchissant déjà à la suite de la conversation.

Lance toi. Ca va aller.

L’intervention de son daemon le surprit, un peu. Zora n’était pas du genre à le rassurer d’habitude. Elle était mère poule, protectrice, inquiète mais pas vraiment rassurante… Enfin, il était vrai qu’il s’agissait d’Aaron. Zora aimait bien Aaron et Gaïa, même si elle ne le leur montrait pas beaucoup et que les fois où elle avait ouvert le bec en leur présence, depuis le temps qu’ils se connaissaient, pouvait se compter sur les doigts d’une main. Mais il savait – il sentait – qu’elle appréciait le fait que Gaïa soit restée sur l’épaule d’Aaron. Son daemon observait l’autre daemon, et elle n’avait pas pu louper la retenue du petit oiseau qui, elle, pouvait voler. Mais, si elle ne pouvait qu’apprécier l’initiative de ne pas vouloir la mettre, sans doute, mal à l’aise, elle n’aimait pas non plus l’idée d’empêcher qui que ce soit de profiter des courants d’air exceptionnels qui régnaient au dessus du campement ce soir.

Alors Zora planta son regard dans celui de Gaïa et lui fit silencieusement signe d’aller en profiter. Parce qu’elle n’avait pas besoin de cette compassion. Le pincement au cœur était déjà présent, que Gaïa vole ou non. Ce n’était pas ça qui allait changer quoi que ce soit. Zora allait rester fière et droite sur l’épaule de sa moitié. Incapable de voler, certes, mais pas à plaindre parce qu’elle avait toujours Milo, en vie et presque en bonne santé. Et c’était tout ce qui comptait pour elle. Ou, au fond d’elle-même, en tout cas…

Dans tous les cas, Zora avait raison. Il aurait dû se lancer directement, peut-être même en plaisantant comme Aaron savait si bien le faire. Au lieu de ça, il avait laissé plané un silence que l’écossais n’avait pas apprécié. Son compatriote avait comblé les blancs, avec son sourire et sa manie infatigable de prendre tout un peu à la rigolade. Milo appréciait ce genre de chose d’habitude, mais c’était trop tôt. Même le rire d’Aaron sonnait jaune à cette dernière phase. Alors le sang de Milo ne fit qu’un tour.

Comment pouvait-il dire ça ?! Comment pouvait-il penser ça ?! Non, se dit-il alors, se reprenant férocement, un éclair noir dans le regard qu’il lança à l’homme assis à côté de lui. Aaron ne pensait pas ça. Aaron avait lancé ça comme une plaisanterie. Il ne pouvait pas vraiment le penser. N’est-ce pas ? Mais cette fois, la plaisanterie était vraiment de mauvais goût… Et rendait la situation tellement… tellement risible. Milo observa à nouveau Aaron, du coin de l’œil, avant d’éclater de rire, tout bonnement.

Rire. Oui. Milo. Oui. L’homme qui n’était pas vraiment du genre à rire. Et puis, ce n’était même pas un rire de joie. Non, c’était un rire de circonstance : jaune, amère, tranchant et à la fois à moitié étouffé par autre chose, comme si une boule de colère était en train de se former et qu’il l’exultait par ce rire qui n’était vraiment pas sincère. Puis il inspira, et parla enfin, avec ce ton faussement amusé dans sa voix grave, un ton qui ne collait pas, et qui imitait mal un gars qui pouvait réussir à esquiver un problème en le traitant par l’amusement et le sourire.

« C’est drôle, je venais justement te demander si toi tu avais quelque chose à voir avec ça. »

Le ton se fit lui-même un peu tranchant, surtout parce que la « plaisanterie » disparu après les premiers mots et que Milo redevint tout à coup sérieux et flou. Il regretta ces paroles au moment où elles sortirent, d’ailleurs. Ce n’était pas son genre de réagir par un coup de chaud comme ça. Il profita néanmoins de la surprise probablement provoquée par son étrange réaction pour enchaîner, avant qu’Aaron ne réagisse.

« Je t’ai entendu, la nuit dernière, dans la forêt, au téléphone. Enfin, je n’ai entendu que quelques bribes, mais assez pour savoir à qui tu téléphonais… » Il planta son regard dans celui de l’écossais toujours à côté de lui. « Je ne l’ai pas fais exprès. C’était une coïncidence, ou un accident, vois ça comme tu veux. Et franchement, je ne peux pas croire que tu ais véritablement quelque chose à voir là dedans. Mais… »

Il s’interrompit une seconde, jetant un coup d’œil autour de lui, vérifiant qu’il n’y avait aucun micro à portée d’écoute, ni personne pour les entendre, et il baissa le ton d’une octave, revenant au rebelle qu’il ne pouvait pas croire traître. Parce que c’était tout simplement risible. Mais les faits étaient là, et il voulait une explication.

« Je ne peux pas oublier ce que j’ai entendu. Alors je suis venu te demander… » Il soupira mais se lança. Il était allé trop loin de toute façon pour reculer. « Bon sang, Aaron, qu’est-ce que tu fichais avec Wolfgang au téléphone ?! »

Le ton se fit tout à coup inquiet. Milo se fit tout à coup inquiet parce qu’il se rendit compte qu’il redoutait tout simplement la réponse qui allait suivre… comme la réaction de son ami, qui pouvait très bien décider de ne pas répondre et de le jeter en bas du mur s’il le voulait. Mais, il n’allait pas faire ça, n’est-ce pas ? Zora émit un léger bruit inquiet en regardant le vide sous leurs pieds.


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Lun 9 Mar - 22:31
and at once i knew, i was not magnificent


Gaïa capta le regard bienveillant que Zora venait de lui envoyer, et elle secoua ses petites ailes, ravie de voir que son amie - elle espérait pouvoir l'appeler ainsi - ne lui en voudrait pas si elle s'envolait dans la nuit. Cependant elle resta sur l'épaule d'Aaron, intriguée par Milo qui semblait hésiter comme jamais à prononcer de simples mots. Ou peut-être n'étaient-ils pas si simples que ça ? Si elle n'avait jamais de mal à dire ce qu'elle pensait elle savait bien que ça n'était pas la même chose pour la plupart des gens, Aaron étant le premier concerné. Il ne tournait pas encore autour du pot et elle espérait qu'il ne comptait pas le faire, sentant sa moité commencer à se tendre, bien conscient de la tension qui s'était installée entre lui et le jeune rebelle. Le rire qui s'échappa des lèvres de Milo était au moins aussi vrai que les seins de Pamela Anderson.

« C’est drôle, je venais justement te demander si toi tu avais quelque chose à voir avec ça. » Aaron arqua un sourcil. Excuse me ? Ses lèvres s'entrouvrirent sous la surprise. Il ne s'attendait pas à ça. Pas venant de Milo en tout cas. « Je t’ai entendu, la nuit dernière, dans la forêt, au téléphone. Enfin, je n’ai entendu que quelques bribes, mais assez pour savoir à qui tu téléphonais… » Oh dear. L'écossais regarda droit devant lui, incapable de savoir si la colère mettait juste du temps à monter en lui ou si la honte l'accablait d'un coup. « Je ne l’ai pas fais exprès. C’était une coïncidence, ou un accident, vois ça comme tu veux. » Comme je veux ? Comme je veux ? Tu te fous de ma gueule mec... Le silence est la seule chose qui s'échappa de sa gorge serrée. « Et franchement, je ne peux pas croire que tu ais véritablement quelque chose à voir là dedans. Mais… » Aaron réprima le sourire désabusé qui lui chatouillait la commissure des lèvres. Tu ne peux pas croire ou tu ne veux pas croire ? Ce mais était l'équivalent d'un "je ne suis pas raciste mais..." ou toutes ces formulations inutiles qui précédaient un immanquable jugement négatif. « Je ne peux pas oublier ce que j’ai entendu. Alors je suis venu te demander… » Oh bon sang accouche ! Son poing droit se crispa lentement près de sa cuisse. « Bon sang, Aaron, qu’est-ce que tu fichais avec Wolfgang au téléphone ?! »

Quelques secondes passèrent, tendues, et l'écossais finit par lâcher un soupir. Il arqua légèrement les sourcils, un petit sourire agacé perçant au coin des lèvres, penchant la tête sur le côté, comme s'il cherchait l'exacte formulation pour ne pas juste envoyer bouler Milo proprement. Gaïa scrutait Milo prudemment.

    *C'était pas vraiment une accusation Aaron, il a vraiment l'air inquiet. Pour toi j'veux dire.*
    *Inquiet pour ses fesses ouais !*
    *Arrête, je sais que tu le sens bien aussi, sinon tu l'aurais déjà envoyé chier.*
    *Quand je pense qu'il a entendu cette conversation... Exit la vie privée c'est ça ? On ne peut plus rien faire dans ce campement sans que tout le monde le sache ?*
    *Qu'est ce que tu veux, c'est ça de vivre en petite communauté...*
    *Mouais, il passe la moitié de son temps à Perth sur son ordi et il faut qu'il vienne le soir même où Wolf décide de m'appeler ?*
    *Il devait être aussi inquiet que toi à propos de Wyatt, Kayla et Esteban. Réfléchis bien, c'est l'occasion de commencer à travailler l'idée que vous avez eu avec Wolf.*
    *Dis plutôt l'idée que Wolf a eu et m'a imposé.*


L'oiseau haussa des épaules. Il savait qu'elle avait raison. Il considérait Milo comme un ami, et juste parce qu'il venait de mentionner Wolf à voix haute devant lui et de le confronter directement ne lui donnait pas le droit de lui mettre une mandale et de s'en aller en jurant. Maudit piaf. Il inspira profondément et chassa toute trace de violence dans ses mots. Et puis une réflexion de Gaïa lui traversa l'esprit malgré lui, et il se sentit obligé de commencer par ça.

    « Écoute, pour que ça soit bien clair et net depuis le début je n'ai pas aidé ou orchestré l'enlèvement de Wyatt, de Kayla ou d'Esteban. Voilà. Déjà. De Base. Ensuite, cette conversation... » il se racla la gorge et repoussa gentiment son envie d'étrangler la première personne qui passait « ...comment expliquer ça. J'sais même pas si t'as envie que je te l'explique d'ailleurs mais bon, vu que t'as l'air de commencer à douter de mes bonnes intentions autant jouer carte blanche: je connais Wolfgang Loewer depuis très longtemps, je ne développerais pas là dessus, et si je ne lui parlais plus depuis ces histoires de Conseil et de rebelles il m'a contacté l'autre soir. »
    « Techniquement c'est toi qui a commencé avec la rencontre en... j'me tais. » Gaïa s'arrêta net en voyant le regard furieux qu'Aaron venait de lui lancer. Soupir.
    « Alors, oui, Gaïa marque un point, je l'ai revu à ma demande l'autre jour parce que... oh boy... parce que je suis persuadé que c'est lui qui a accéléré la libération des rebelles après les missions, et bref je voulais le remercier, ou au moins commencer à enterrer la hache de guerre, mais entre nous, pas forcément entre rebelles et pro-conseil. » Gaïa ouvrit la bouche mais ne dit rien, consciente que ses commentaires ne feraient qu'embrouiller la situation encore plus. « Bref. » Parler de Wolf à Milo était bizarre. Trop bizarre.


Il s'arrêta d'un coup, le regard vide, incapable de continuer puisque tout commençait à s'embrouiller dans sa tête. Tout raconter était-il raisonnable ? Après tout Milo avait sa réponse: non, il n'était pas impliqué dans l'enlèvement des trois rebelles. Enfin. Presque. D'un côté si, puisqu'il avait donné le numéro de Wyatt à Wolf afin qu'ils puissent discuter de leurs idéaux pour réussir à mieux comprendre l'autre camp, c'était une bonne idée à la base ! A la base. Parce que Wyatt et Wolf s'étaient bien vus. Et que le Conseil en avait aussi profité pour enlever le leader rebelle qui était sorti de son trou. Aaron passa une main lasse sur son visage. Cette conversation téléphonique l'avait déjà suffisamment éprouvé pour ne pas que Milo en rajoute une couche. Le fantôme de la peur que Wolf avait réveillé en lui le soir d'avant commença à lui caresser la colonne vertébrale et il frissonna. Il ne voulait pas repasser par là. Pas déjà.

    « Je... Je crois que ce que tu as besoin de savoir, c'est que Wolfgang Loewer s'est rendu compte que le Conseil n'agit que pour son propre intérêt, et apparemment il serait prêt à travailler contre lui pour le faire tomber, avec notre éventuelle aide de l'extérieur. Ou pas d'ailleurs, dans son discours c'était plutôt: ne faites rien de débile et je me charge de tout, mais bon. »


Il poussa un soupir pas tout à fait soulagé, car il sentait déjà venir la vague de questions que Milo allait lui poser.


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Mar 10 Mar - 0:08
Anja était chargée comme une mule. La fin du mois n’avait pas été trop mauvaise pour une fois, elle avait pu mettre un peu d’argent de côté. Enfin elle aurait pu. A la place elle avait choisi d’acheter quelques produits pour remonter le moral des troupes restées au camp, de ceux qui n’avaient pas d’argent, de qualification ou simplement d’envie pour emménager et travailler à Perth Amboy, et qui étaient restés au camp pour l’hiver. Pas de couvertures puisque Kalhan avait pourvu au nécessaire – et uniquement au nécessaire. Un peu de superflu ne pouvait pas faire de mal. Alors elle avait acheté un plein sac à dos et deux sacs de sport de saucisses et de viande hachée – pas les moyens d’acheter de vrais steaks hélas –, de pommes, de chocolats invendus après les fêtes chocolatées, et quelques paquets de bonbons : on ne comprenait vraiment le réconfort qu’apportait un sachet de fraises Tagada que lorsqu’on avait été sevré de tout pendant des semaines. Quelques journaux aussi, pour se tenir au courant de l’évolution du monde hors de Merkeley et pouvoir gatouiller devant les dernières modes. Un de ses contacts avait eu la délicatesse de la conduire à la lisière de la forêt. Elle n’aurait pas survécu s’il avait fallu y aller à pied.

C’est exténuée qu’elle parvint finalement au camp rebelle, jetant ses sacs en vrac avec un soulagement non dissimulé. Klodevig voletait au-dessus d’elle, changeant périodiquement d’arbre lorsque leur lien se tendait. Il épiait déjà le camp, guettait ceux qui n’étaient pas encore partis, et lui signala rapidement la présence d’Aaron et Milo sur le mur. Tiens, Milo était sur place. Rare, suffisamment pour mériter de passer le saluer. Il faudrait aussi profiter de l’occasion pour tenir Aaron au courant des dernières nouvelles. Rien de bien probant histoire de changer, mais c’était toujours mieux que de mauvaises nouvelles. Klodevig vola lourdement jusqu’à un arbre voisin, guettant la fin de la conversation pour faire connaître sa présence. Quelques occupants du camp vinrent à sa rencontre pour l’embrasser et l’aider à déballer les victuailles, le sourire aux lèvres.

« Anja, ma douce… les nouvelles ne sont pas bonnes. »

Elle se figea au beau milieu du déballage, des boîtes de saucisses plein les mains.

« Il y a eu des rafles ? Encore ? Une attaque ? »

Pas de traces en arrivant au camp pourtant. Il n’y avait pas grand-monde, mais personne n’avait l’air blessé ou effondré outre mesure.

« Pire ma douce. Des collusions entre M. Dwayne et M. Loewer. »

Les saucisses lui échappèrent des mains. Wolfgang Loewer. Le porte-parole du Conseil. Le type qui annonçait toutes les décisions de la triade maudite. Le type qui avait ruiné sa vie en parlant de Merkeley, en parlant du recensement obligatoire. Des collusions entre Aaron et lui. Quand, comment, pourquoi ? Se pouvait-il que… non, non. Elle se reprit et tendit les saucisses à son voisin avec un sourire d’excuse. Rester calme, calme, calme, s’occuper de passer les produits frais pour les mettre à côté du foyer où ils seraient cuits, et faire confiance à Klodevig pour lui retransmettre la discussion. Tout laisser en plan et débouler en hurlant à la trahison n’était pas exactement un bon plan pour en apprendre davantage.

« Il affirme n’être pour rien dans l’enlèvement des leaders. »

Une bouffée de haine l’envahit à cette seule idée. Elle aurait pu tuer le responsable. Pas physiquement bien sûr, elle en était incapable physiquement et mentalement. Mais lui pourrir la vie jusqu’à le pousser à le faire lui-même était une alternative sympathique. Surtout si ledit responsable s’avérait être un traître à la cause rebelle. Elle n’éprouvait aucune espèce de pitié pour les traîtres.

« D’après M. Dwayne ils se connaissent depuis longtemps. »

Tiens. Intéressant. Il faudrait essayer de confronter l’information à d’autres sources.

« Oh. Il prétend que M. Loewer serait à l’origine de la libération rapide des rebelles suite aux événements de juin. Et… »

Silence. Au tour des pommes maintenant.

« Et ?! »

Elle avait failli hurler à haute voix.

« …et il serait question d’un potentiel retournement de veste de M. Loewer. »

Le regard ordinairement placide d’Anja brûlait d’une haine qu’elle ne pouvait adresser qu’aux chocolats. Elle n’en croyait pas un mot. Aucune pitié pour les traîtres. De tout camp. Jamais. Ne faites jamais confiance à un traître. Il a déjà trahi les siens pour vous.
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Ven 27 Mar - 14:53
Entre Chien et Loup
AARON & MILO
Et Milo ne quittait pas Aaron du regard. La tête penchée sur le côté, le regard en biais, les yeux braqués sur la silhouette du rebelle à côté de lui, il observait chaque détail, chaque putain de petit détail qui pouvait l’aider à éteindre les braises du doute qui commençaient à rougeoyer en lui. Dans la pénombre grandissante de cette soirée qui laissait lentement place à la nuit, mâchoire serrée, gorge sèche, voilà qu’une part de lui commençait petit à petit à regretter les mots qu’il venait de sortir à haute voix. Une part de lui, seulement une petite part de lui, parce que l’autre part, celle qui avait déjà connu les affres de la trahison et qui souffrait jour après jour de cette douleur que son addiction ne permettait d’effacer que temporairement,… Cette part là attendait la réaction de son ami. Afin de savoir s’il pouvait encore le compter comme un véritable ami. Afin de savoir s’il n’avait pas, encore une fois, donné sa confiance à une personne qui ne la méritait pas et qui risquait de la bafouer à tout instant…

Zora aussi observait. Elle avait lâché Gaïa du regard, après lui avoir gentiment délivré son message, pour se reconcentrer sur la scène et ses petits yeux noirs étaient à cent pour cent braqués sur Aaron. Si la situation n’avait pas été telle qu’elle était, peut-être que l’un des deux aurait remarqué un bruissement d’aile. Peut-être que l’un des deux aurait capté l’éclair argenté du plumage d’un pigeon, bien trop éloigné de la ville pour être commun dans ces lieux. Mais leur visiteur simplement poli passa tout à fait inaperçu et le duo resta concentré sur le poing serré de l’écossais assis à côté d’eux, une boule d’appréhension grandissant tout à coup dans leur cœur avant que la pression ne retombe, au fur et à mesure que les secondes silencieuses s’égrainaient et que les soupirs s’enchaînaient.

Puis Aaron parla, d’une voix qui ne laissait pas la place à une argumentation contraire, quelle qu’elle soit. La déclaration simple et claire, sèche et froide, foudroya Milo qui détourna alors le regard vers la forêt maintenant plongée dans l’ombre, ou plutôt dans le vague, ses yeux ne se fixant sur aucun point précis. « Voilà. Déjà. De base. » Sonna comme un coup de marteau sur le pupitre du juge d’instruction et Milo se sentit soudain tellement… con. Tellement stupide d’avoir posé la question… Mais une autre voix dans sa tête, relayée par les pensées de Zora également, lui répéta encore une fois que ça n’expliquait pas. Que ce n’était pas suffisant pour enlever tous les doutes qui pesaient aujourd’hui sur Aaron et Gaïa. Si la déclaration semblait honnête, elle n’était pas apte à infirmer plus que ce qu’elle ne disait. Il n’avait pas aidé ou orchestré… Qu’en était-il du reste ?

Alors Milo et Zora prirent le parti de rester silencieux. Silencieux et à l’écoute du duo assis à côté d’eux. Zora continuait à les observer tandis que sa moitié avait toujours le regard perdu au loin, les sourcils légèrement froncés, le menton dans les mains et les coudes posés sur les genoux. La silhouette voutée de Milo était tendue, et en même temps, plus Aaron parlait, plus il sentait ses muscles se détendre et son esprit réarranger le chaos qui régnait dans ses pensées. Carte blanche. Milo aimait bien cette formule et la redoutait en même temps. Les traîtres jouaient aussi carte blanche… Et si Aaron n’était plus soumis à cette accusation pour le moment, ça n’empêchait pas la réalité des faits…

Et ça n’empêchait pas Milo de se demander si Aaron avait vraiment les idées claires sur la question. Soit il lui manquait des données, soit Aaron se fourvoyait par… mélancolie du passé ? De quoi il s’agissait exactement ? Amitié ? Amour ? Simple aveuglement ? Milo serra la mâchoire. Wolfgang Loewer n’était pas du tout le genre de type qu’il aurait pu ne serait-ce qu’imaginer retournant sa veste. Qu’est-ce qui pouvait bien convaincre Aaron du contraire au point de le recontacter de lui-même ? De mettre en danger la cause qu’ils soutenaient depuis des années ? Cette cause qui commençait justement à s’effriter, qui venait de perdre son… ses leaders. Même si Esteban et Kayla n’étaient plus officiellement à la tête de leur groupe depuis quelques temps, ils n’en restaient pas moins des emblèmes importants, des têtes pensantes et des idoles pour leur groupe aujourd’hui trop restreint… La rébellion allait mal, depuis les derniers évènements, depuis l’expulsion, depuis le rude hiver dont ils sortaient à peine. Milo avait beau avoir été occupé sur ses machines ces dernières semaines, il le voyait bien, et l’idée seule lui ôta un frisson désagréable. Oh god, il ne voulait pas s’être battu pour rien. La défaite avait un goût trop amer pour l’accepter.

Et puis… Aaron reprit la parole, après un silence que Milo, perdu dans ses pensées, n’avait pas vu s’éterniser. Ce qu’il avait besoin de savoir ? Il ferma les yeux un instant, quelque chose se figeant en lui. Milo était un espion. Milo nageait dans les informations. Et s’il n’aimait pas espionner ses proches par accident, il détestait ne pas savoir certaines choses. Qu’on lui cache certaines choses, importantes, sur des entités potentiellement ennemies. Ou potentiellement amies. Comment pouvait-on porter un jugement aussi hâtif ? Zora bougea sur son épaule à la réalisation des mots que venaient de sortir Aaron, en sentant surtout Milo se tendre à nouveau, passer une main lasse sur son visage dans un soupir et finalement quitter sa position voûtée pour tourner à nouveau son regard vers son ami. Ami… Oui, Aaron était toujours un ami, en cet instant.

« Bon sang, Aaron… Tu revois Loewer et quelques temps plus tard, les têtes de la rébellion sont arrêtées ? Puis il t’appelle pour te dire de ne rien faire ? Qu’il se charge de tout ? Dis-moi que tu te fous de moi s’il te plait ! »

Il se lève, Milo, énervé. Et Zora déploie un instant ses ailes, comme si elle allait s’envoler, mais c’est juste pour garder son équilibre, juste pour rester sur l’épaule de sa moitié alors que son point d’ancrage se déplace. Ses magnifiques ailes noires, parfaites mais incapables de voler, se replieront lentement alors que Milo fait quelques pas sur le mur, observant autour de lui sans rien vraiment voir, sans regarder. Il ne comprend pas cette imprudence, lui, le parano de service. Il ne comprend pas qu’on ne l’ait pas mis au courant plus tôt. Il aurait pu aider. Il aurait pu vérifier. Il aurait pu surveiller leurs arrières, au moins virtuellement.

C’est les affaires des grands, on n’est pas assez bien placés pour qu’on nous accorde une telle confiance, tu sais bien.

Oui, il le sait, ça n’empêche pas d’être frustré, sur le coup. Il se tourne vers Aaron, de nouveau, après deux pas pour s’en écarter, un pour revenir.

« Qu’est-ce qui te fait croire qu’il est digne de confiance ? Qu’est-ce qui prouve que ce n’est pas une autre ruse pour t’éloigner, toi aussi ? Sans Wyatt, Kayla, Esteban, il ne reste que toi et Kahlan. Si vous disparaissez à votre tour… » Il s’interrompt. Dire que la rébellion ne survivrait pas est peut-être un peu excessif. Mais c’est probablement la réalité. Un instant de silence, à nouveau, froid cette fois.

« Sérieusement… Tu comptais en parler avant de prendre une décision qui pourrait tous nous mettre en danger ? »

Clairement, Milo et Zora ne faisait pas confiance en Loewer. Aaron avait leur confiance, certes, mais ça ne voulait pas dire que son jugement envers les autres n’était pas soumis à examen… Surtout en ce qui concernait le porte-parole de ce maudit Conseil…


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Dim 29 Mar - 18:00
i'm tired of being sorry




Bon sang, Aaron… Tu revois Loewer et quelques temps plus tard, les têtes de la rébellion sont arrêtées ? Puis il t’appelle pour te dire de ne rien faire ? Qu’il se charge de tout ? Dis-moi que tu te fous de moi s’il te plait ! Oh comme il aimerait. Aaron ferma les yeux, bien conscient de l'absurdité de sa position. Elle est intenable. Et si Milo n'a qu'une once de doute elle sera suffisante pour qu'il décide de ranger l'écossais dans les catégories "gros menteur" et "traître en puissance". Et d'un coup Milo se leva, faisant presque sursauter Aaron qui dut employer tout le calme qu'il avait encore en réserve pour ne pas reculer d'un bond et verrouiller sa garde. Apparemment le Croate n'allait pas se jeter sur lui, il se contenta de fixer l'horizon d'un air rageur. Zora eut bien du mal à garder son équilibre et le battement de ses grandes ailes noires tirèrent un grognement désapprobateur à Gaïa. Milo savait bien que si elle tombait de son épaule elle était certaine de s'écraser par terre. Et ils étaient à quatre mètres du sol.

    « Brute. » marmonna-t-elle dans son bec, à peine audible. Aaron leva automatiquement une main et passa son doigt sur son poitrail pour la calmer. Ca ne l'empêcha pas de froncer également les sourcils.
    « Sans Wyatt, Kayla, Esteban, il ne reste que toi et Kahlan. Si vous disparaissez à votre tour… »


Quoi? Quoi Milo ? T'imagines quoi ? Vous mourrez tous ? La terre explose ? La vie n'a plus lieu d'être vécue ? Foutaises. A quel moment il était devenu si important ? Bon sang, il était si loin de sa vieille devise ne dépendre de personne et que personne ne dépende de toi qu'il serra les dents, usé. Il avait le sentiment qu'on l'avait jeté dans une arène et que tous les yeux étaient braqués sur lui à présent. Avaient-ils vraiment besoin de lui ? Il ne s'était jamais senti aussi peu capable de faire le leader, et voilà qu'on le mettait sur un piédestal. Milo ne s'arrêta pas là et posa une dernière question qui mit Aaron en rogne.

    « Quelle décision ? Tu crois que je pouvais faire quoi ? Lui dire "non Wolf, j'suis pas d'accord, c'est nous qu'on est contre le Conseil pas vous d'abord", sérieusement ? Qu'est ce que je peux décider quand on m'annonce de but en blanc qu'on va tenter de détruire le trois cons et qu'il va falloir qu'on aide ? Wolfgang est la dernière personne à venir demander la permission pour faire ce qu'il veut, qu'est ce que tu voulais que je lui dise ? J'veux pas te parler t'es un traître ? La seule décision que j'ai prise pour l'instant c'est d'écouter ce qu'il avait à dire, d'être d'accord avec ses idées - moi, pas tous les rebelles, juste moi okay ? - alors viens pas me parler de décision Milo, je ne peux pas imposer mes idées à tout le monde, la preuve dès qu'on parle de communiquer avec "l'ennemi" même toi tu trouves ça impensable. Imagine les autres maintenant. Ceux qui sont persuadés que les pro-conseil sont l'archétype du mal, comment tu veux que je leur parle de cette conversation que t'as entendu sans me retrouver au bûcher la seconde qui suit. »


Il reprit brusquement sa respiration, d'un coup à bout de souffle, et se rendit compte de l'agressivité de ses mots. Il avait pas voulu accuser Milo comme ça, mais c'était sorti, trop tard. Le regard sombre il serra les dents. Bordel, il regrettait de s'être emporté, mais ça avait été trop fort pour lui. Quand est-ce que les gens allaient comprendre qu'il n'était pas taillé pour ce genre de conflits ? Il soupira profondément.

    « Écoutes, je sais que je suis dans la pire des positions, que tout m'accuse, que j'ai brisé l'accord tacite qu'on avait de pas parler aux pro-cos ou je ne sais quoi encore, mais c'est pas en restant chacun dans son coin qu'on va un jour rétablir une situation stable. » il haussa des épaules. « De toute façon pour ce qui est d'écouter Wolf, c'est une question de point de vue. Il voudrait que les rebelles fassent tête basse: ça serait débile de tenter quelque chose contre la prison de Merkeley, s'ils sont pas trop cons ils les ont mis en HP et ont renforcé leurs défenses. De ce côté là on peut rien faire pour Wyatt et les autres. Même s'il mentait sur son intention de détruire le Conseil, qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent ? Qu'ils rasent le camp ? Tu vois bien que sans leader c'est le boxon, tout le monde part, tout le monde a peur, on n'est plus une menace pour eux. On est éparpillés. On est plus soudés. On est out Milo. On peut plus rien faire. »


Ses yeux tombèrent sur le sol, là, quatre mètres plus bas, lourds de sens. Enchainer deux soirées aussi éprouvantes émotionnellement le mettait K.O, incapable de voir le positif, s'il y en avait encore.

    « Et si c'est ma sécurité qui t'inquiète t'en fais pas pour moi, je saurais me protéger tout seul. Et je n'irais nulle part. » lâcha-t-il finalement, sombre.




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Mar 14 Avr - 10:36
Entre Chien et Loup
AARON & MILO
Brute. La réplique l’aurait fait rire, en d’autres circonstances. Mais pour l’heure, si Zora avait entendu le marmonnement presque inaudible de Gaïa, elle n’y réagit pas. Elle ne répliqua pas. Ne sembla même pas s’en émouvoir, et ne passa pas le mot à Milo. Elle se contenta de retrouver son équilibre, comme d’habitude. Parce que oui, elle avait plus que l’habitude des mouvements brusques de Milo, au contraire d’Aaron, qui sembla prendre le soudain besoin de bouger du Croate comme une attaque, avant de se rendre compte que Milo n’attaquait personne. Milo n’avait jamais délibérément attaqué qui que ce soit physiquement ! Mais il restait souvent violent dans ses mouvements, une habitude qu’il avait gardé de sa tendre jeunesse. Tantôt apathique et immobile, la seconde suivante dans une position ou à une location toute à fait différente, avec la rapidité… Hé bien la rapidité que lui permettaient ses muscles par endroits plus très en état. Alors on pouvait dire que Zora avait l’habitude. Elle l’avait gagnée avant même qu’ils arrivent en Amérique, avant même qu’il se fasse torturer, et elle avait, en plus, eu quatre longues années d’entraînement, posée sur cette épaule, constamment… Elle replaça ses plumes tranquillement alors que Milo fusillait l’horizon du regard, comme si le ciel était responsable de leur situation.

La dernière question de Milo mit son interlocuteur soudainement en colère. Une colère étrange, qui lui tomba dessus comme un sceau de glaçons qu’on s’attendait à recevoir par-dessus la tête, mais ça ne rendait le tranchant de la glace pas moins douloureux. Et une colère bizarre parce qu’Aaron resta assis, en tailleur, sur son mur. Sans bouger, il se mit à déverser son discours sur Milo, qui, debout, observait le géokinésiste affuter sa langue, encaissant le discours sans broncher, le regard fixe et sombre, les sourcils froncés.

Quelle décision ? Comment ça quelle décision ? Qu’est-ce qu’il en savait, lui, le paranoïaque petit espion ? Il n’avait pas entendu la conversation d’Aaron, seulement quelques bribes de leurs « au revoir » originaux alors qu’il approchait. Il avait capté un nom, il en avait simplement déduit l’identité finale. Pas difficile lorsqu’on portait un nom pareille et que les rumeurs couraient déjà sur vous… du moins, pour ceux qui savaient chercher. Son cœur s’accéléra, ses poings se serrèrent sous la pression de sa propre colère, que la rogne d’Aaron, mal placée, s’amusait à titiller et à faire enfler. Son regard se durcit mais il se força à le laisser finir. Il se força, parce qu’il devait le laisser parler, pour compléter ces bribes d’infos qui lui manquaient.

« Je ne trouve pas ça impensable ! Irresponsable à l’heure actuelle, peut-être mais si on pouvait régler tout ça en simples discussions, ça nous éviterait à tous de pourrir dans cette forêt et de voir d’autres personnes enfermées ou pire… Mais ils ne veulent pas discuter, Aaron. Quant à Wolfgang, il a bien le droit de faire ce qu’il veut contre ses propres patrons, si ça lui chante,… Mais ensuite quoi ? »

Arrête ça, il est perturbé, tu ne le vois pas ?

Je ne suis pas aveugle, Zora.

Mais il ne comptait pas s’arrêter là. Et apparemment, Aaron non plus, qui continua à parler, avec moins de rage, cette fois, et après un long soupir qui en dit long. Milo resta droit, debout, à côté de lui, l’observant du coin de l’œil tandis que Zora fixait l’horizon, l’air grave invisible sur son visage de perroquet, aux petits yeux noirs inexpressifs et immobiles. Ils étaient tous les deux d’accord avec les mots qui sortaient de la bouche d’Aaron, jusqu’ici. Ce qu’ils ne comprenaient pas, c’était pourquoi ils en étaient encore à se dire qu’une action contre la prison était suicidaire. Bien sûr que c’était suicidaire et inutile, bon sang ! Les rebelles avaient fait une fois l’erreur de céder à la violence, et ils en avaient tiré la leçon, non ? Pas encore ? Etait-ce possible ? Milo soupira, son souffle visible dans l’air qui se rafraichissait et la nuit qui tombait.

Out. Le mot lui frappa l’esprit avec la même force que si Aaron lui avait mis un coup de poing. Ils sont out ? La rébellion est out ? Really ? Ne plus rien faire ? Il détourna le regard de l’homme toujours en tailleurs, toujours assis sur son putain de mur, amer et sombre, presque dégoûté. Pas par l’homme. Mais par ses mots. Par ce défaitisme. Et par cet abandon flagrant de responsabilités. Ce n’était pas vrai. Ce n’était pas vrai qu’il n’y avait plus personne ! Il y avait toujours du monde. Et si dans ce monde, il n’y avait pas forcément des cœurs de leadeurs dévoilés comme Wyatt, et comme l’avaient été Kayla et Esteban, ce n’était pas ce qui importait. Personne ne cherchait à les remplacer. Pas tant qu’il y avait un espoir, du moins, de les revoir ! … Mais si on commence à abandonner tout espoir, alors…

« Faut que tu saches un truc, et ça va t’emmerder, mais quoi que t’en dise il y a des gens qui comptent sur toi et Kalhan dans ce campement. Tu ne peux plus te permettre des « ça n’engage que moi », Aaron ! »

L’ironie, dans tout ça, c’était que c’était Milo qui devait lui dire ça ? A Aaron ? Il n’aurait jamais cru devoir sortir ce genre de discours à son ami et presque mentor. C’était Aaron qui l’avait convaincu qu’il avait fait le bon choix en rejoignant la rébellion. C’était avec Aaron qu’il avait partagé ses idées. Des idées dans lesquelles ils avaient trouvé une résonnance… Pas aujourd’hui, apparemment.

« Je ne sais pas ce que t’as dit Loever, et pour le moment j’en ai rien à battre, mais il y a une différence entre l’inaction et ne rien faire de stupide. Si on s’arrête là, on est fini. Mais on est pas finis, Aaron ! On peut faire les choses autrement, on peut… Il n’y a pas forcément besoin de casser des murs pour faire passer des idées… » Milo se perdit dans ses pensées un instant, pris dans une réflexion, avant de revenir au sujet principal de cette presque dispute. « On est pas encore out. Mais on le sera si tu continues à penser comme ça et à faire les choses dans ton coin en pensant que ça ne vaut pas la peine d’en parler ! »

Et un soupir, pour clôturer. Oh non, il y avait aussi cette remarque sur sa sécurité. Le croate grinça des dents, de nouveau tendu, de nouveau sous pression, même si ce n’était pas la même pression que celle qui l’avait amené ici au départ. Ouais… Milo s’inquiétait de leur sécurité. Bien sûr que Milo s’inquiétait de la sécurité de ses amis ! Surtout depuis qu’ils n’avaient plus leurs chez eux et que certains se faisaient piéger et emprisonner par le Conseil sur base de fausses preuves… Parce qu’il n’en avait pas encore trouvé la preuve (et qu’est-ce qu’Aaron croyait qu’il faisait lorsque Milo s’enfermait dans sa planque avec ses ordis ?) mais il était certains qu’elles étaient fausses, ces preuves.

« Et j’suis certain que Wyatt pouvait se protéger tout seul aussi… » Lâcha-t-il finalement, et froidement, sur ces réflexions.


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Jeu 16 Avr - 23:46
someday you will find me
caught beneath the landslide



Ensuite quoi? Ensuite quoi. C'était une bonne question ça, Milo. Ensuite quoi. Aaron avait beau fixer ses yeux gris sur la cime des arbres qui brûlait à petit feu du soleil couchant, il n'arrivait pas à se projeter dans le futur. S'il s'imaginait dans quelques mois il ne voyait rien. Rien du tout. Il n'osait pas regarder Milo après ce qu'il venait de dire, il le sentait venir à des kilomètres le regard déçu, voir peut être dégouté, qu'on réserve à ceux qui abandonnent au milieu de la course. Oh bordel il avait envie d'exploser son poing dans un mur.

    « Faut que tu saches un truc, et ça va t’emmerder... » un petit sourire désabusé se forma au coin de ses lèvres, il connaissait déjà la suite «... mais quoi que t’en dise il y a des gens qui comptent sur toi et Kalhan dans ce campement. Tu ne peux plus te permettre des « ça n’engage que moi », Aaron ! »


Ses épaules descendirent doucement de cinq centimètre, lourdes de ces reproches. Quelle a été la limite ? A quel moment j'ai glissé du type qui a élevé les murs du campement à celui qu'on regarde avec les yeux et les oreilles grands ouverts ? Il avait presque envie de se recroqueviller sur lui même et d'enfouir sa tête dans ses bras, les plaquer contre ses oreilles et arrêter d'entendre la vérité qui sortait de la bouche mordante de Milo. Presque. Il avait beau reculer comme un fou devant les responsabilités, l'âge qui planait sur les petites rides qui apparaissaient lorsqu'il esquissait un sourire ne le lui permettait plus totalement. Un gamin tourne la tête et va se cacher, un homme fait face du mieux qu'il peut. Aaron resta immobile et continua d'encaisser ce que le Croate avait à dire. Il y a une différence entre l’inaction et ne rien faire de stupide. Va hacker la CIA et laisse moi tranquille. Il n'aurait formulé cette phrase stupide pour rien au monde mais elle eu le mérite de lui redonner un peu de baume au cœur. Les "on peut" de Milo le firent soupirer discrètement, il avait du mal à voir ce qu'ils pouvaient encore faire de concret pour aider les pauvres bougres qui moisissaient entre quatre murs blancs.

    « On est pas encore out. Mais on le sera si tu continues à penser comme ça et à faire les choses dans ton coin en pensant que ça ne vaut pas la peine d’en parler ! » Aaron ouvrit la bouche, hésita, et ravala finalement sa réponse.


Pourquoi fallait-il qu'on le brusque de la sorte ? Après tout ça ne faisait pas longtemps qu'il avait parlé avec Wolf, et il fallait déjà qu'il assimile cette conversation avant de pouvoir en parler à tête posée, mais Milo le poussait à l'action, là, tout de suite, maintenant. Sauf qu'il n'avait pas encore la volonté de le faire. La voix douce de Gaïa s'insinua dans son esprit. Aaron ? Regarde le. Regarde le vraiment. Il leva les yeux vers Milo. Tu la vois cette flamme ? Ça, Aaron, c'était toi il y a un an. Ça, Aaron, c'était toi qui défonçait en trois secondes les arguments miteux de ceux qui refusent de voir la vérité en face. Regarde le bien, qu'est ce qui a changé ? La vie a changé. Le rire frais de sa moitié raisonna dans sa tête, légèrement moqueuse, il chassa l'amertume de ses pensées. Non Aaron, t'as toujours été dans des galères pas possible, c'est pas la vie qui a changé. Quoi alors, j'ai perdu mon innocence ou une connerie du genre ? Toujours pas mon grand, tu le trouves candide toi ? Non. Cherche encore. Si tu me fais un speech sur l'espoir, je vomis. Et pourtant j'crois que c'est ça qui te manque ces temps ci. Réfléchis. C'est pas les idées qui te manquent. C'est pas le vocabulaire. C'est pas le culot. C'est de penser que ce que tu vas faire aura une influence quelconque. On est bien d'accord, tout ça nous dépasse, et de loin. Ça veut pas dire que la participation est inutile. Moi j'crois pas que ça soit les responsabilités qui te font peur, c'est parce que tu ne vois plus la fin de tout ça que tu refuses d'y participer. Gaï.. Laisse moi finir. Regarde Milo, regarde le bien. Il est pas en train de te demander de te jeter du haut d'une falaise, il te demande de ne pas laisser tomber. De ne pas les laisser tomber. Je crois que c'est dans nos capacités, non ?
Aaron lâcha un profond soupir, fatigué.

    « Et j’suis certain que Wyatt pouvait se protéger tout seul aussi… » Aoutch. Un petit éclat de rire lui échappa, plus soulagé qu'autre chose.
    « Okay, celle là je l'ai mérité. » commenta-t-il en passant ses mains sur son visage et dans ses cheveux, comme pour se réveiller. Il laissa quelques secondes s'égrainer et finit par cesser de frotter sa peau fatiguée par la rude vie au campement. Quand il releva les yeux vers Milo ses cheveux étaient en pétard mais ses yeux brillaient un peu plus. Soupir. « J'suis con, hein ? Je sais. » Gaïa referma un peu plus ses petites serres sur son pull pour l'encourager. « Excuse moi Milo, je n'aurais pas du dire ça. J'vois bien que tu t'inquiètes et je me braque au lieu de te remercier, j'suis désolé. Là normalement je rajouterais "c'est l'effet Wolf" mais non, c'est juste moi qui est dépassé et refuse de l'admettre je crois. » Lisant la fatigue qui mangeait de plus en plus le visage de sa moitié, Gaïa prit la suite tout naturellement d'une voix calme.
    « Ça vaut la peine d'en parler Milo, on transmettra le message de Wolfgang éventuellement. Je crois... » elle jeta un oeil en coin à Aaron et continua posément « ...que tu ne nous a pas non plus réellement laissé le temps d'y réfléchir posément, mais je sais aussi que tu ne venais pas nous accuser de quoi que ce soit, et que le ton de cette discussion est monté bien trop vite - et qu'elle est clairement sensible. Il n'est pas question de tout laisser aux mains de Wolfgang, il n'est pas non plus exclu de lui faire un peu confiance, en ce qui nous concerne en tout cas. »


L'orbe noire de ses yeux calmes passait de Milo à Zora, tentant de désamorcer la bombe à retardement que les deux hommes étaient en train de se relancer gentiment depuis tout à l'heure. Quand elle voyait l'état dans lequel Aaron était, il valait mieux prendre la parole à sa place où les choses pouvaient encore dégénérer. Sous ses pattes fines elle sentait bien qu'il lui en était reconnaissant. Restait à voir si Milo accepterait également de se calmer.



WHY SO SERIOUS ?
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Gaïa prend son bain & Rán:
 
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