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No Sound Without Silence [Anja & Cillian]

 
  
MessageJeu 24 Sep - 18:27
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On lui ouvrit la portière de la mercedes et il en descendit, lançant à peine un regard de chaque côté de l'immeuble. Etrangement, il s'était une autre idée de l'endroit où la réunion devait avoir lieu ; dans son esprit, les termes d'officiel et de cérémonieux avaient vagabondé quelques instants, espérant que cette image mentale serait fidèle à la vérité.
Il était loin de se douter qu'ils atterriraient ici... Une odeur d'asphalte brûlé par le soleil s'élevait du sol, nauséabonde, et même Camille persifla agressivement, toute aussi peu ravie que lui d'avoir atterri dans un tel gourbi.

« Vous êtes bien sûr de l'adresse ? »
demanda-t-il au chauffeur qui lui avait ouvert.
« Oui Monsieur. Sûr et certain. »
« Diantre. Rappelez-moi d'envoyer quelques dons au Conseil, ils semblent en avoir grand besoin... »

Il s'éloigna sur le sourire amusé du chauffeur qui regagnait déjà sa place, pendant que Johnson s'engouffrait dans l'immeuble. Il regretta presque d'avoir choisi un costume de prix quand il constata la propreté douteuse de l'endroit : ce n'était pas vilain ou miteux, mais... il manquait du chic à l'ensemble architectural, et quelques pans de crépit tombés au sol témoignaient d'un relâchement certain de la part des gérants de l'endroit.
Mais dans l'ensemble, l'endroit reflétait une neutralité proche de la Suisse en temps de guerre. Absolu zéro. Thermostat proche du froid sidéral.

La dragonne eut un frémissement outré et ses griffes résonnèrent dans le hall, rappel évident de sa dangerosité. Elle ne comptait peut-être pas les utiliser tout de suite, mais vis-à-vis des quelques individus qui s'avançaient vers eux, dotés de leurs daemons, mieux valait prévenir que guérir.
Philosophie de base qui sembla faire ses preuves car l'un d'entre eux baissa son regard sur les griffes et déglutit.

Ce qui ne l'empêcha nullement de tendre la main à Johnson dans un geste savamment calculé. Hugh aurait mis sa main à couper qu'il s'entraînait tous les matins devant sa glace pour réussir à adopter un air martial aussi ridicule...

« Johnson, ravi de vous compter parmi nous ! »
« Plaisir réciproque. Du moins pour l'instant. » lui répondit Hugh en serrant avec force ses doigts dans sa paume.

L'individu eut un petit rictus amusé devant cette démonstration de force, et hocha la tête. Mine de rien, si le Conseil adorait les hypocrites et faux-semblants, ils semblaient tout autant adorer accueillir d'autres loups au sein de leurs rangs. A croire que la curée devait être généreuse pour qu'ils se montrent aussi généreux...

« La réunion ne va pas tarder à commencer. A vrai dire, très cher, j'espérais votre présence. »
« Vraiment ? »

Johnson haussa un sourcil, attentif à ce qui allait suivre. Nul n'ignorait sa candidature au poste de porte-parole du Conseil, pas plus que ses propres prises de positions vis-à-vis des idéaux que défendait l'organisation. Hugh n'était jamais en reste dès qu'il s'agissait de le défendre, et son discours était par trop virulent pour être entièrement calculé.
Au sein de ce genre d'organisation, les idéalistes étaient rares et constituaient parfois un atout indéniable dès qu'il s'agissait d'étendre une réputation. Voire de consolider une prise de position ou un projet en construction.

C'était d'ailleurs ce qui intriguait Johnson : il savait que certains membres du Conseil méprisaient son idéalisme et ses grands rêves, alors sa convocation à cette réunion extraordinaire l'avait énormément surpris. Qui que soit la personne qui était derrière tout cela, elle devait avoir un intérêt quelconque à le voir présent parmi eux aujourd'hui.

Et Hugh avait beau cherché, il ne voyait pas.

« Votre candidature est très appréciée et nul doute qu'elle risque de trouver écho à la tête du Conseil. Je ne pense guère m'avancer si je vous dis que vous serez notre prochain porte-parole. »

« C'est ce que j'espère de tout cœur, voyez-vous. Rien ne me tient plus à cœur que les intérêts du Conseil. » s'exclama aussitôt Johnson, peut-être un peu trop vivement pour que son collègue ne devine pas son envie de les rejoindre.

Il en eut un sourire un brin amusé, sans doute heureux quelque part de trouver encore un peu de ferveur dans ce monde vieillissant, et il tapota la main que Johnson serrait toujours.

« Nous l'avions bien remarqué. Ah Erik ! »
s'exclama-t-il en apercevant un géant en costume noir s'approcher d'eux.

Hugh pu récupérer sa main alors que leur attention se dirigeait vers le nouvel arrivant qui hocha brièvement la tête vers son collègue.

« Le périmètre est surveillé, tout devrait bien se passer. »

« Vous craignez encore quelque chose dans un endroit aussi éloigné de tout ? »
s'en amusa gentiment Hugh.
« Et bien... »

Le regard que son interlocuteur lui adressa était tout d'un coup tout, sauf amusé.

« Disons que pour une séance extraordinaire, mieux vaut des précautions extraordinaires. »
  
MessageDim 4 Oct - 13:26
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Date d'inscription : 10/04/2015Nombre de messages : 472Nombre de RP : 127Âge réel : 22Copyright : © Arya ✗ Tim MyersAvatar daëmon : Sin
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Washington ~ début décembre 2014

Craquer a parfois ses effets bienfaiteurs : lâcher tout ce que j'avais sur le cœur m'a étonnamment détendu tous les muscles. Je devrais l'envoyer chier plus souvent... Un instant, j'ai été tenté de lui répondre encore alors que sa tirade suivait la mienne, non sans similitude. Mais le regard que m'a lancé Sin était assez éloquent pour me convaincre de me taire. Il faut dire que c'est encore elle qui s'est chargée des relations diplomatiques et que ce rôle doit commencer à lui peser. Mais je crois qu'elle devra en faire son deuil car il m'est bien difficile de supporter une fille comme cette Danoise de malheur. Enfin... Si elle aussi a vidé son sac, peut-être que nous allons pouvoir nous concentrer sur cette satanée mission, la terminer rapidement et rentrer chez nous pour ne surtout, surtout, jamais avoir à bosser de nouveau ensemble ! Rarement un rêve ne m'a paru aussi doux...

Je ne peux pourtant pas m'empêcher de me repasser ses mots en boucle, comme s'ils me touchaient plus que de raison. La loyauté... Tel semble être le cœur de sa critique. A-t-elle encore du mal à croire en ma totale adhésion à la Rébellion ? Pense-t-elle vraiment que je sois capable de trahir la cause ? Que je ne suis... quoi ? Qu'un agent double ? Je fronce les sourcils à cette idée, cherchant ce qui pourrait justifier de tels soupçons. Ai-je jamais eu un comportement assez étrange pour lui inspirer de tels idées ? Bon sang... voilà qui réussirait presque à me faire me remettre en question. Et à la faire remonter dans mon estime aussi, peut-être, si l'on considère que sa loyauté aveugle envers les rebelles la fait devenir terriblement suspicieuse, même envers des hommes engagés dans l'organisation depuis plusieurs années. Peut-être est-ce la seule manière de justifier son comportement à mes yeux... Si c'est vraiment cela, alors je réfléchirai plus tard à une nouvelle manière de la considérer.

Un cri provenant de la chambre adjacente me ramène au moment présent, et j'entends Anja suggérer de faire directement un trou dans le mur à coups de table de nuit. L'idée me fait sourire, mais n'est pas totalement dénuée d'intérêt, surtout en pensant à l'éventualité d'une fuite. En regardant par la fenêtre, je n'ai vu aucun escalier de secours de notre côté de l'immeuble, et autant dire que cet élément ne fait que renforcer mon aversion pour cet endroit. Si des pro-conseils frappent à notre porte, nous sommes faits comme des rats. Etre capable de traverser les murs seraient certainement le seul moyen pour nous de leur filer entre les pattes, si ces cloisons sont aussi fines que ce que cette isolation phonique de merde laisse penser.

Puis, alors que l'heure avance et que je me concentre davantage sur ce qui se passe dans l'immeuble d'en face, les bribes de conversation que je perçois me font dire que le commencement de cette chère réunion est pour bientôt. Alors que j'ouvre les yeux pour prévenir Anja, Klodevig confirme mon pressentiment en disant avoir vu une tête qui lui est familière.

- Tu vas pouvoir t’installer je pense, les murmures d’avant-réunion sont souvent aussi intéressants que le reste… 

Je tourne mon regard vers la Danoise et l'observe ainsi un instant avant d'acquiescer d'un signe de tête et de caler mon dos contre le mur, juste à droite de la fenêtre. Comme à son habitude, je sens Sin grimper sur mon pied et se hisser jusqu'à mon avant-bras, posé sur mes genoux pliés. Avant que je me laisse emporter par la transe, Anja me glisse quelques noms donnés par Klodevig : George Numb, un des responsables de la communication au Conseil, Andy Mashall, un proche des hautes sphères de l'organisation, et Hugh Johnson. Johnson ? Le nom m'est familier, bien que je ne m'attendais pas à le voir ici. Il fait parler de lui surtout depuis quelques semaines, mais bien que ses responsabilités ne cessent de s'accroître, il est étrange que les leaders nous aient demandé de nous taper toutes ces bornes pour une de ses réunions. Il doit bien exister de plus gros poissons que lui à ferrer, non ? Tout cela m'échappe... Mais Anja et moi ne pouvons que nous plier aux règles que nous avons choisi d'accepter. S'ils nous ont envoyés ici, c'est qu'ils doivent avoir une bonne raison. Un instant, je recroise le regard de Sin.

- Prêt ? me dit-elle de sa petite voix.

Je lui souris en guise de réponse puis ferme les yeux et me laisse lentement haper par le bruit autour de moi. Les uns après les autres, les sons dans la chambre s'éteignent, je n'entend plus le roucoulement de Klodevig, les battements de coeur d'Anja, les hurlements éreintants de la gourdasse de l'autre côté du mur. Je passe sur la rue et le rugissement des pots d'échappement, le claquement des talons des piétons sur l'asphalt. Peu à peu, j'approche de l'immeuble et en quelques secondes, j'entends les hommes que je cherche.

- ...pas tarder à commencer. A vrai dire, très cher, j'espérais votre présence. 
- Vraiment ?
- Votre candidature est très appréciée et nul doute qu'elle risque de trouver écho à la tête du Conseil. Je ne pense guère m'avancer si je vous dis que vous serez notre prochain porte-parole.
- C'est ce que j'espère de tout cœur, voyez-vous. Rien ne me tient plus à cœur que les intérêts du Conseil.
- Nous l'avions bien remarqué. Ah Erik ! 

Erik... Celui-là ne me dit rien. Certainement un pion parmi tant d'autres, un obscur garde du corps qui fait quelques heures sup' en douce pour arrondir ses fins de mois.

- Le périmètre est surveillé, tout devrait bien se passer. 

Cette fois, mes sourcils se froncent alors que je suis toujours plongé dans ma transe.

- Vous craignez encore quelque chose dans un endroit aussi éloigné de tout ?
- Eh bien... Disons que pour une séance extraordinaire, mieux vaut des précautions extraordinaires.

Et je reviens à moi brutalement. Mon regard perdu observe les alentours une seconde, le temps que je me souvienne de l'endroit où je me trouve, mon coeur soudain bien plus rapide que lorsque j'ai commencé à les espionner.

- Cil' ?

Je sens un tremblement dans la voix de ma phasme. Elle sait que quelque chose m'inquiète. Mais c'est le regard d'Anja que je cherche et lorsque je le trouve enfin, ma voix se fait bien plus pressante que je ne l'aurais voulu.

- Tu savais que Johnson était candidat au poste de porte parole du Conseil ?

Soit j'ai raté cette information à la télé, soit cette élection se fait exclusivement en interne, ce qui me semble bien plus probable. Est-ce que nos leaders savaient ? Est-ce bien ce qu'ils voulaient que nous confirmions leurs soupçons en venant ici ? Le but de cette mission semble se dessiner avec plus de précision désormais.

Mais ce qui m'inquiète bien plus n'est pas la présence de Johnson, non. C'est plutôt la dernière phrase de con acolyte.

- Et je crois qu'on a bien plus de copains en bas que ce qu'on pensait...

Un périmètre sécurisé implique bien plus de personnel que deux ou trois gardes du corps devant la porte de la salle de réunion. J'entends mon coeur battre dans mes tempes car la situation apparaît soudain bien plus dangereuse que ce que j'avais imaginé, et je maudis encore nos supérieurs de nous avoir placés si près de la cible.

Mais inutile de rester trop longtemps à se regarder dans le fond des yeux pour se transmettre son inquiétude. Anja est prévenue, c'est tout ce qui importe, et je repars bientôt pour reprendre mon écoute de ce cher Hugh Johnson.

Raconte-moi donc tes secrets, futur porte-parole...
lumos maxima
  
MessageMer 14 Oct - 23:43
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Anja MüllerNothing will be the same...
Pour l’instant je ne vois rien. Je doute de voir quelque chose de toute façon, à cette distance et avec les reflets sur les vitres. Klodevig peut se positionner plus correctement, lui. Je soupire doucement, agacée, repose mes fesses sur le sol douteux et reporte mon attention sur la pièce et le couloir. Pas la chambre d’à côté. J’essaie d’ignorer les rugissements de la femme, qui ne prend plus la peine de simuler. Elle doit avoir la gorge massacrée depuis le temps la pauvre – et pas que la gorge m’est avis –, normal qu’elle change de ton. De ce côté-ci du mur, Cillian s’installe, échange quelques mots avec son daemon. Il y a quelque chose de terriblement poétique dans cette image à contrejour de l’homme qui parle au phasme dressé sur son avant-bras, je dois bien le reconnaître et cela m’agace. Puis il ferme les yeux… et plus rien. Je n’ai commenté aucun des noms que Klodevig m’a transmis, il n’en a rien fait non plus. Maintenant il n’y a plus qu’à attendre j’imagine. J’aurais dû amener du tricot. La Guerre des Gaules que j’ai pris la peine d’emporter n’était qu’une couverture possible pour toute situation permettant d’attendre en bas du motel, mais hélas celle-ci ne s’y prête pas. Ma présence à proximité du gourbi paraîtrait suspecte – d’autant plus suspecte à présent que je sais quelle faune le fréquente – à des gens bien plus dangereux que la… créature de l’accueil. Par ailleurs, pour être une nounou efficace et agir en cas de souci je dois pouvoir monter le guet au plus près de Cillian, pendant que Klodevig surveille les entrées et sorties depuis les toits. La situation ne m’enchante pas, mais elle est ainsi et ni Cillian ni moi n’y pouvons grand-chose. Mais franchement, la prochaine fois qu’on m’envoie en mission, si on me refait un coup pareil je mets mon veto.

Je pensais que l’attente serait interminable et que Cillian me ferait un compte rendu détaillé à la fin de la réunion – ou ne me dirait rien du tout et irait en référer aux leaders –, mais moins d’une minute s’écoule avant qu’il ne sursaute et ne regarde autour de lui d’un air perdu. Son regard finit par rencontrer le mien et il me demande avec une inquiétude contagieuse :

« Tu savais que Johnson était candidat au poste de porte-parole du Conseil ? »

Johnson. Je me remémore rapidement ce que je sais du personnage. Ancien militaire, milliardaire, patron d’une multinationale, très impliqué dans la promotion et la défense des intérêts du Conseil… soutien officiel et extérieur qui se rapproche peu à peu des organes de décision… jeune loup aux dents longues et, sans doute, aux moyens de ses ambitions. Financièrement, en tout cas, c’est certain. Politiquement, ses appuis sont probablement suffisants, pour ce que j’en sais. Quant à savoir comment il compte combiner ces responsabilités croissantes, la question me dépasse.

« Non, mais vu son pedigree cela ne m’étonne pas. Est-ce ce dont il est question ? La nomination d’un nouveau porte-parole ? Aucun siège ne s’est libéré récemment que je sache… »

N’en ont-ils donc pas encore assez, de porte-paroles ? Le Conseil aurait-il davantage d’informations à communiquer pour que ceux déjà en place ne suffisent plus ? Prévoiraient-ils un gros coup ? C’est ce qui me semble le plus probable, mais quel genre de gros coup ?

« Ils doivent mijoter quelque chose. »

L’information suivante me coupe le souffle, et je comprends pourquoi tant d’inquiétude dans les yeux transparents de Cillian.

« Nous serions attendus..? Ils n’ont aucune raison de savoir que quelqu’un viendrait… »

Personne n’a été repéré jusqu’à présent pour une mission de ce genre, pour ce que j’en sais. À moins que quelqu’un parmi les nôtres ne veuille… Je secoue la tête. Pourquoi voudrait-on se débarrasser de nous ? Mais l’idée a déjà fait son chemin, tenace, et je dois à nouveau secouer la tête pour la chasser. S’ils complotent effectivement, c’est une bonne raison de renforcer la sécurité. Cela explique le choix de ce bâtiment. Cela n’a pas forcément quelque chose à voir avec notre présence ce jour-là, dans cet endroit précis, si aisément retrouvable en demandant à l’accueil. Je dois me concentrer sur la mission. Les bruits dans le couloir. Ou les non-bruits. Pas plus et pas moins que tout à l’heure. La femme râle toujours à côté. Cillian est reparti dans sa transe. Et moi, pour me rassurer, je sors mon couteau de mon sac, je le déplie et je le replie. Et je recommence. Encore. Et encore.

Et après une éternité Klodevig m’informe qu’une salle vient de s’éclairer quelque part dans les étages où il devine nos cadres à travers le verre. On s’installe pour une réunion. J’espère que le risque que nous prenons à rester ici – que je prends à rester ici avec Cillian en qui je n’ai pas davantage confiance que tout à l’heure, et encore moins avec la crainte renouvelée d’une traîtrise parmi nous – en vaudra la chandelle. Mais si ce n’était pas de nous qu’on voulait se débarrasser, mais de moi

Spoiler:
 
  
MessageJeu 29 Oct - 20:21
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Il chercha du regard d'autres dignitaires du Conseil, mais n'en trouva aucun. Pas de présence d'un porte-parole, pas de représentant réellement impliqué dans la vie du Conseil... Juste quelques visages connus mais aucun de haut placé : sa propre présence renforçait cette impression. Après tout il n'était qu'un candidat au poste de porte-parole, mais il n'était pas encore un membre à part entière du Conseil.
Si la réunion avait été officielle, n'aurait-il pas fallu contacter d'abord les portes-paroles nommés, plutôt qu'un potentiel candidat sans soutien ?

Hugh trempait dans la politique depuis suffisamment longtemps pour comprendre tout de suite ce que cela signifiait : la réunion était des plus officieuse, voire des plus informelle. Et on ne tenait pas à la prendre trop au sérieux, du moins on ne tenait pas à ce qu'elle soit considérée ainsi. Et c'était plus inquiétant que tout le reste, à tel point que même Camille se raidit à côté de lui et sortit une langue stressée qui émit un sifflement sonore.

Il était venu plein d'espoir, en pensant que cette 'convocation' était une sorte de pré-acceptation de sa candidature. Il était désormais clair que ce n'était absolument pas le cas. Il doutait même que les membres principaux du Conseil soient au courant...

Décidément, cela ne lui plaisait absolument pas, et s'il continua d'afficher un sourire poli, il commença à scruter les visages présents. Il n'assisterait pas à une séance du Conseil ici, mais plutôt à des messes basses dans le dos des réels membres du Conseil... Autant dire que si sa présence venait à se savoir ici, il perdrait toute crédibilité auprès du Conseil, et sa candidature tomberait à l'eau.

Il détesta aussitôt le sourire suffisant de l'homme qui l'avait abordé et qui dialoguait avec lui comme s'ils étaient de vieux amis : il venait tout simplement de lui tendre un piège, et ce n'était guère valorisant pour le PDG de se découvrir comme le pion de ces messieurs.
Prendre la fuite maintenant serait trop visible, mais assister à cette réunion risquait de le plonger dans l'embarras, et il n'appréciait aucun des deux choix qui se présentaient à lui.

« Comme vous le savez mon cher Johnson, le Conseil vit des heures bien sombres actuellement. »
commença son interlocuteur.

Tiens donc, il attaquait aussi vite ? Et croyait vraiment que Hugh était trop stupide pour ne pas se rendre compte de sa manoeuvre ? Ou pensait-il que le PDG était au contraire intéressé par cela, par la nage en eaux troubles ?
Attentif à ses paroles, Johnson le laissa continuer, se demandant où il comptait en venir.

« Et nous avons peur que certains dirigeants et bien.. Ne soient pas... Vous voyez, pas... »


Johnson retint le sourire lui qui montait aux lèvres, sentant l'estocade venir et l'attendant même avec impatience. Il n'aurait jamais cru avoir droit à ce genre de discours en acceptant l'invitation, mais maintenant que...

Un grésillement de radio se fit soudain entendre à côté d'eux et même Camille siffla, importunée. Johnson fronça les sourcils et tourna la tête vers l'origine du bruit : le talkie-walkie d'un des fameux 'garde' du dénommé Erik la tirait de sa ceinture avec empressement, avant de la porter à ses lèvres.
L'interlocuteur du PDG regarda lui aussi dans la même direction et sembla troublé :

« Que se passe-t-il donc ? »
« Et bien... Je crois qu'ils ont repéré quelque chose. » répondit distraitement Johnson.

A écouter les mots transcrit dans l'appareil, nul doute que la sécurité avait mis la main sur une faille. En tout cas, le teint de son interlocuteur pâlit alors qu'il voyait deux gardes se précipiter en-dehors de l'immeuble au pas de course.
Et même Johnson ne pu cacher sa joie alors qu'il ironisait :

« Je crois que votre petite réunion va être annulée avant même de commencer... »
  
MessageDim 29 Nov - 11:56
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Washington ~ début décembre 2014

Je sens dans les yeux d'Anja que je lui transmets mon inquiétude, et une partie de moi le regrette. Mais je suis incapable d'avoir un regard absolument serein après ce que je viens d'entendre. Toutes ces phrases prononcées semblent mille fois trop dangereuses pour être ignorées, et la seule façon pour moi d'être certain qu'Anja demeure absolument éveillée est qu'elle se sente aussi menacée que moi, coincée dans ce trou rats, si proche de l'immeuble où se tient le rendez-vous, avec les hurlements de la traînée d'à côté qui nous empêchent d'entendre clairement ce qu'il se passe dans le couloir.

Après un dernier regard à ma daemon, je referme les yeux pour me reconcentrer sur les voix de Johnson et du reste de son petit groupe de politicards. La discussion continue, et l'hésitation des protagonistes me paraît de plus en plus criante. Se pourrait-il que cette réunion soit à ce point informelle ? C'est à n'y plus rien comprendre. Les heures sombres du Conseil... Des dirigeants qui manqueraient de qualités requises pour un rôle comme le leur...

Soudain, un son criard fait se crisper mon visage et je prends quelques secondes pour pleinement me reconcentrer. Un instant plus tard, je comprends que les radios des gardes du corps se réveillent les unes après les autres. Quelque chose se passe en face. Un frisson part de mes lombaires pour remonter le long de mon dos. Bordel, mais qu'est-ce qu'il se passe ?

- Eh bien... Je crois qu'ils ont repéré quelque chose.

Le grondement de Johnson ressemblerait presque à une mise en garde qui nous serait adressée et bien vite, les bruits de pas qui s'accélère derrière lui me confirment que la sécurité se met en action. Mais c'est la dernière phrase de l'Anglais qui achève mes dernières inquiétudes :

- Je crois que votre petite réunion va être annulée avant même de commencer...

Immédiatement, je sors de ma transe, haletant. Mes yeux se réhabituent à mon environnement une seconde pendant que Sin s'active, toujours perchée sur mon genou.

- Cil ? Cil, qu'est-ce qu'il se passe ?

Mais ce n'est pas elle que je cherche du regard. Uniquement Anja. Et lorsque mes yeux croise les siens, c'est toute ma peur qu'elle peut y lire sans que je n'ai pourtant prononcé encore un seul mot. D'un geste maladroit, je me retourne et me relève pour observer par la fenêtre. Quelques secondes plus tard, plusieurs hommes en costumes avec cravate sortent de l'immeuble au pas de course. Merde !

Alors qu'elle grimpe le long de ma cuisse pour regarder mon épaule, j'entends Sin qui piaille en direction de Klodevig :

*- Klodevig, est-ce que tu vois des daemons ? Est-ce que tu vois quelque chose ?

Mais nous ne pouvons pas prendre le risque d'attendre la moindre certitude. Et de toute manière, cette réunion semble prendre fin dès maintenant. Je me retourne donc vers Anja et lui lance d'une voix aussi ferme que tremblante :

- On se tire !
lumos maxima


Hrp:
 
  
MessageLun 8 Fév - 15:41
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Ah, apparemment on ne s'installe pas pour une réunion. Klodevig m'indique des appels et de l'agitation derrière les vitres tintées, au moment précis où Cillian remue. Je replie mon couteau et je me lève. Les choses s'annoncent mal. C'est peut-être simplement moi qui m'inquiète pour rien, mais - en fait non, définitivement non, Cillian a dû entendre les appels que Klodevig a vus, et maintenant que je suis debout et que je croise son regard translucide, c'est moi qui deviens transparente. Inutile de dire quoi que ce soit, on est grillés.

Et lui qui regarde par la fenêtre. Bordel. Espion en carton !

Je passe mon sac, précipitamment, et je file attraper le sien pour lui coller dans la main - inutile de laisser des indices et autres empreintes digitales, n'est-ce pas - pendant que le plan des escaliers et des potentielles issues de secours défile derrière mes yeux. Vu l'état du bâtiment, compter sur un escalier de secours ou une issue de secours n'est pas une bonne idée, tout comme il sera inutile de chercher à défoncer le mur entre cet édifice et l'édifice voisin étant donné que ce ne sera vraisemblablement pas du carton comme les cloisons entre les chambres, en revanche il y aura forcément une porte de service, forcément... mais au rez-de-chaussée... et le temps qu'on y arrive...

Cette charmante réceptionniste n'aimera sans doute pas l'irruption de costumes dans son commerce, le propriétaire non plus, à eux deux ils vous gagneront bien cinq secondes pour descendre un étage...

Bien vu Klodevig, mais moi en cinq secondes l'étage je le descends pas...

Eh bien tu feras un effort ! Oui Sin, trois costumes viennent de sortir, et un merle, pas d'autre daemon en vue pour l'instant !

Pas de chien ni de prédateur, on pourrait avoir encore moins de chance...

« On se tire ! »

Je n'aurais pas dit mieux, je suis déjà en train d'ouvrir la porte. J'estime que nous avons quelque chose comme trois minutes devant nous avant que les costumes soient à notre porte. En trois minutes que pouvons-nous faire ? Pas arriver au rez-de-chaussée sans en rencontrer un en route... encore qu'en passant par les escaliers les plus reculés... peut-être... mais il faudrait créer une diversion, quelque chose, n'importe quoi, pour les retarder ou les attirer ailleurs... compter sur la réceptionniste est trop hasardeux, définitivement trop hasardeux, et s'ils sont intelligents ils vont chercher à barrer les sorties.

« Cillian, tu crois qu'on pourrait faire une diversion ? Avec eux, là, ou n'importe quoi d'autre en route ? »

Par "eux, là", je veux dire la grognasse qui brame toujours et son priape de partenaire. Sûr qu'elle s'en moque, elle, de ce qui peut bien nous arriver.
  
MessageLun 29 Fév - 17:17
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Washington ~ début décembre 2014

Mon sac à peine arrivé dans ma main, j’attrape Sin de l’autre et la glisse dans attendre dans ma poche. Trois mots jetés à la volée et nous sautons sur la porte de la chambre pour pénétrer dans le couloir. Mon cœur s’affole déjà et les idées s’emmêlent dans ma tête de sorte qu’aucune ne profite d’une réflexion d’une quelconque qualité. Je sens juste la panique s’insuffler dans mon corps comme un poison dans les veines et ma respiration s’accélère en écho à mes pulsations. Rien de ce que nous avions prévu ne s’est déroulé comme nous l’espérions. Des politiciens présents à cette réunion à la teneur même de cette dernière, en passant par sa durée bien plus brève qu’estimée par nos chers informateurs. Plus j’y pense et moins cette mission me semble avoir été convenablement préparée, ce qui ajoute la colère à l’angoisse qui m’embrume déjà l’esprit. Il va sans dire que j’aurai quelques mots à balancer à la gueule de nos gradés en arrivant. « Commander, c’est prévoir » dit-on. J’ai comme l’impression que c’est abruti n’ont rien prévu d’autre que de percher deux connards en haut d’un immeuble de merde et de voir ce qu’il advenait en suite. Ce qu’il advient, c’est que nous sommes faits comme des rats, deux rebelles désarmés bloqués au cinquième étage d’un motel assiégé par des daemoniens surentraînés en costard.

Une fois dehors, Anja me propose une diversion pendant que Sin me confirme la venue de trois costards-cravates et d’un daemonien dans le lot, au moins. Je réponds sans perdre une seule seconde, ma voix vibrant d’une inquiétude qu’il m’est impossible de camoufler :

- Pas le temps ! Il leur faudra à peine une minute pour traverser la rue ! Faut qu’on sorte d’ici !

D’une main, je jette mon sac par-dessus mon épaule et pars au pas de course pour rejoindre les escaliers. Sans un mot, la respiration sifflante, je dévale un à un les trois premiers étages quand soudain, je m’arrête brusquement entre le deuxième et le premier, tendant le bras pour bloquer du même coup l’avancée d’Anja. J’amène immédiatement mon index à les lèves et lui intime de se taire. J’entends des bruits au rez-de-chaussée. Merde…

Des bruits de pas… Plusieurs mecs… Enfin, un en premier surtout. Les autres ont suivi. Un phrasé trop net pour venir d’un client de ce genre d’hôtels… Une voix légèrement essoufflée… Ils ont couru, les cons ? Bordel de merde ! Ils sont arrivés encore plus vite que je ne l’imaginais. C’est surtout le premier qui m’inquiète. Un pouvoir de célérité ? Ca ne serait pas impossible. Désespérément en notre défaveur, mais pas impossible.

J’entends les esprits qui s’échauffent et les tons qui s’alourdissent. La punk de la réception n’aime pas ces mecs en costumes qui viennent de pénétrer dans son royaume. Des gars de la sécurité dans un hôtels de camés, ça fait au moins aussi bon genre qu’une armada policière. Mais inutile de se faire des illusions : à choisir entre elle et nous, c’est nous qu’elle balancera à l’abattoir. Son plaidoyer n’est qu’une arme de façade pour sauver les apparences auprès de ses clients du premier étage qui pourraient tout entendre à travers ses murs en papier, et peut-être aussi le moyen de les prévenir et de leur laisser le temps de planquer leur dope. Quelques secondes pour trouver une solution. Une minute peut-être. Ensuite, ils viendront nous cueillir aussi facilement que des fruits murs.

- Ils sont au rez-de-chaussée, je murmure à Anja qui n’entend certainement pas distinctement ce qui se trame en bas.

Autre manière de lui dire que le plan numéro 1 est définitivement mort. Même les entrées de service sont inaccessibles désormais. Ma main se crispe sur la rambarde collante de l’escalier. Tous mes muscles se tendent à mesure que la panique me gagne. Soudain, comme un dernier espoir, je remonte sans bruit trois marches pour arriver au pallier du deuxième et jeter un œil au travers de la fenêtre. C’est le seul espoir auquel je pense. Alors, je la découvre, notre porte de sortie dans l’urgence : les bennes à ordures remplies d’immondices qui s’alignent juste sous les fenêtres pour permettre aux drogués de balancer tout ce qu’ils veulent en cas de pépin. Et c’est exactement ce qui nous arrive. Immédiatement, je redescends et repasse devant Anja en lui chuchotant :

- Faut descendre au maximum… Il y a des poubelles en bas. Si on arrive à passer par la fenêtre du premier, c’est la dernière solution que je vois, en priant pour que la tarée de la réception les garde assez longtemps pour nous permettre de nous faire la malle.

Je n’attends pas son approbation pour recommencer à descendre en faisant le moins de bruit possible. Je ne doute pas de toute manière qu’elle me fera le plaisir de partager ses objections avec moi quel que soit le moment. Autant ne pas perdre de temps et l’écouter déblatérer en avançant.

Mais en bas, la patience des gardes s’étiole de seconde en seconde, et ils commenceront à monter d’un instant à l’autre, ignorant les insultes de la réceptionniste qui les lancera, j’en suis sûr, ne serait-ce que pour la forme.
lumos maxima
  
MessageLun 4 Avr - 22:25
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Date d'inscription : 10/12/2014Nombre de messages : 246Nombre de RP : 63Âge réel : 25Copyright : Faestock & Arya ; RavenofthenightAvatar daëmon : Klodevig, pigeon biset (et guindé)
Anja MüllerNothing will be the same...
J'ai peur.

"Pas le temps ! Il leur faudra à peine une minute pour traverser la rue ! Faut qu’on sorte d’ici !"

Une minute. C'est tout ce qui me sépare des hommes du Conseil à présent. Rien qu'une toute petite minute.

Jamais une mission n'a capoté à ce point. Jamais une des miennes du moins. Il m'est arrivé de ne pas trouver la cible à l'endroit ou au moment escompté, voire de ne pas la trouver du tout, mais me faire repérer et pourchasser par le service d'ordre... jamais, non, jamais. Entre les assauts de panique et les paliers à avaler en descente, je me demande, parfois, qui. Qui est responsable de cet échec cuisant, qui est en train de mettre la Rébellion - et possiblement nos vies, accessoirement - en danger, qui nous a vendus. Pour moi il ne peut s'agir que de cela. Aucune erreur ne peut être si grossière. Et comme mon cerveau est en majorité tourné vers le besoin primaire de filer, de ne pas se faire prendre, de survivre, je consacre vraiment, mais alors vraiment peu de temps à la réflexion : le coupable tout désigné dévale les escaliers juste devant moi et porte un 21 sur la pommette. Mais j'ai trop peur pour le confronter. Si je parle ils vont m'entendre. S'il m'attrape ils m'auront. S'ils me trouvent c'est fini. Si malgré tout je me trompe je nous grille tous les deux. Dans tous les cas nous ne sommes pas recensés. Nous n'existons pas. On peut mettre tous les moyens du monde pour nous faire parler.

J'ai peur. J'ai peur à un point que je ne saurais pas décrire. J'ai tellement peur que j'ai même peur de tomber dans les escaliers, de faire un malaise et qu'ils me trouvent là jetée sur les marches douteuses comme un tas de chiffon. Quelque part ce serait la conclusion parfaite à cette journée horrible, mais non, juste non. Au-delà de la peur qui me fige plutôt qu'autre chose, c'est ce refus massif qui me permet d'avancer, encore un peu. Au fond, l'esprit de contradiction est peut-être aussi puissant que la gravité.

Cillian s'arrête soudain, et je percute son bras tendu. J'ai envie de mordre. De couiner, de pleurer, mais surtout de mordre.

"Ils sont au rez-de-chaussée."

Déjà ? Ils devaient avoir laissé des hommes au rez-de-chaussée de l'immeuble d'en-face, c'est impossible ! Je savais que la réunion était surveillée, mais pas à ce point... et surtout, d'autres vont peut-être arriver...

Ils ont couru ma douce. Fais attention. confirme Klodevig que je devine inquiet.

Pouvoir ?

Jambes. Et ignorance totale des voitures. Ils doivent avoir l'habitude de...

Transmets.

Je le sens obtempérer. Bon sang... alors c'est mort pour les issues de secours ? Pour l'instant ils ne sont que trois, quatre en comptant le merle, la fille les retient, on peut encore filer... se cacher quelque part... il y a forcément un moyen ! Un instant je me demande si le sol est aussi fin que les murs, pour nous envoyer directement dans l'arrière-boutique ou peu importe quelle salle hideuse peut être cachée derrière l'accueil, sachant que ladite salle hideuse disposerait probablement d'une issue... mais l'idée tient du délire désespéré. Je dois me ressaisir. Cillian remonte de quelques marches et je le suis du regard, interdite, avant de lui emboîter le pas. Je prends conscience des éclats de voix, en bas. Il revient. Rester rationnelle.

"Faut descendre au maximum… Il y a des poubelles en bas. Si on arrive à passer par la fenêtre du premier, c’est la dernière solution que je vois, en priant pour que la tarée de la réception les garde assez longtemps pour nous permettre de nous faire la malle."

...........

"Non mais ça va pas ?! Tu réalises la quantité de... de... seringues qu'il doit y avoir là-dedans ?!"

J'aurais volontiers hurlé, mais j'ai la présence d'esprit de m'en tenir au chuchotement aigu. Passe encore pour les ordures, les... résidus gastriques de certains occupants... je suppose... mais les objets pointus ou coupants ? Les inévitables bouteilles de verre ? Les blessures, les maladies qu'ils transportent ! Sans être nosophobe je pense quand même que sauter dans la poubelle d'un motel de camés est bien la dernière chose que préconise le bon sens !

"Et même, une fois dans ta poubelle tu fais quoi ? Ils vont entendre, passer la tête, et... et ils n'auront qu'à sauter aussi pour nous cueillir !"

Malheureusement, je n'ai pas d'autre idée. Les autres sorties sont trop risquées. Ailleurs j'aurais utilisé mon pouvoir et je me serais fondue dans la masse, mais ici c'est impossible. Lui il pourrait sans doute se faire passer pour un local, mais moi... moi... pour rien au monde je n'aurais mis les pieds ici... je veux dire, même si je voulais je n'arriverais à faire croire à personne que je fais partie des clients ! Lui il a une chance... l'enfoiré... je lui attrape le bras sans cesser de le suivre, parce qu'à défaut d'un bon plan c'est toujours mieux d'en avoir un misérable que de ne pas en avoir du tout, et je siffle :

"Pourquoi tu ne te caches pas au milieu d'eux, toi ? Ils ne doivent pas savoir qui nous sommes, tu passerais inaperçu... et moi je me débrouille."

Et moi... moi je suis dans la mouise jusqu'aux oreilles. Qu'est-ce que je ferais, seule avec ma peau blanche, dans ce motel de tatoués ? Je n'en sais rien. Peut-être jouer l'Aloisia terrorisée, emmenée ici par un méchant tatoué pour subir on ne sait trop quels outrages... en inventant quelque chose n'impliquant pas de violence vu mes vêtements intacts, je pourrais... peut-être... j'ai horreur d'improviser, mais il faudra bien je crois. De la manipulation ? La douce et tendre Aloisia Vogel bernée par son tatoué de Kenan Macaleigh qui l'a emmenée dans le pire bouge d'Amérique pour profiter de son innocence ? Je sais jouer ce jeu-là. Je pleure un peu, à la première occasion j'utilise mon pouvoir, et je file en essuyant les larmes de crocodile au coin du mur. Lui pendant ce temps il fait ce qu'il veut, il saute dans sa poubelle, il fait le mort dans le couloir, il se trouve un escalier dérobé où se cacher, n'importe quoi. En temps normal, quand les gens ne se déplacent pas pour moi, ça marche. Est-ce que j'y arriverais face à trois gardes du corps entraînés et au courant de la présence d'espions rebelles dans le motel d'en-face ?

Le jeu en vaut probablement la chandelle, ma douce... ta solution n'est pas pire que la chute libre qu'il préconise, rrrou, et tu as l'avantage de la maîtriser...

Il faut décider, et vite. Du rez-de-chaussée au premier, il n'y a que quelques secondes...
  
MessageMer 4 Mai - 13:52
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Date d'inscription : 10/04/2015Nombre de messages : 472Nombre de RP : 127Âge réel : 22Copyright : © Arya ✗ Tim MyersAvatar daëmon : Sin
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Washington ~ début décembre 2014

- Non mais ça va pas ?! Tu réalises la quantité de... de... seringues qu'il doit y avoir là-dedans ?! Et même, une fois dans ta poubelle tu fais quoi ? Ils vont entendre, passer la tête, et... et ils n'auront qu'à sauter aussi pour nous cueillir !

A mesure qu’Anja proteste je sens la colère m’enserrer la gorge, de sorte à ce que je doive faire preuve de toute ma volonté pour ne pas hurler tout ce qu’elle m’inspire depuis que je me la trimballe. Quel choix avons nous, bordel ?! On se pointe devant eux, mains en l’air, en disant que c’était une blague de crétins et en demandant leur pardon ?

- Pourquoi tu ne te caches pas au milieu d'eux, toi ? Ils ne doivent pas savoir qui nous sommes, tu passerais inaperçu... et moi je me débrouille.

Je crois être resté plusieurs secondes les yeux rivés dans les siens à me demander si elle était réellement sérieuse. Lorsqu’un nouvel éclat de voix en bas nous parvient, nous pressant une dernière fois de prendre une décision, je lui attrape vivement le bras pour qu’elle me regarde et cesse de perdre pied comme ça. Son “je me débrouille” chez moi sonne comme un suicide.

- Et tu vas faire quoi ? je lui demande, ma voix s’élevant quelque peu malgré moi. T’as oublié la cinglée de l’accueil peut-être ? T’as pas l’impression qu’elle nous a regardés assez il y a quelques heures pour nous reconnaître et dire aux gars qui investissent ton putain de motel que s’ils cherchent deux gars louches c’est certainement nous ? Tu crois pas qu’elle nous livrerait en pâtures à ces abrutis en échange d’un retour au calme pour elle et tous les camés qu’elle abrite ? A quoi tu penses, putain ?

J’entends les plaidoyers arriver à leur terme en bas, les gorilles disant clairement à la fille de l’accueil que la discussion est terminée et qu’ils s’apprêtent à monter les escaliers, avec ou sans son accord. Je secoue le bras d’Anja pour la garder avec moi et qu’elle m’écoute.

- Les prends pas pour des cons. Une fille comme toi ici, ils savent très bien qu’elle n’a rien à faire là. Je sais pas comment ils nous ont découverts mais c’est clairement pas par des moyens strictement humains. Y a des daemons dans le lot. Qui sait les autres pouvoirs qu’ils possèdent ? Si jamais tu termines face à eux, c’est comme si tu étais déjà enfermée dans leurs locaux et je ne veux même pas savoir ce qu’ils nous réservent !

Cette fois, ce sont des bruits de pas que j’entends. Et un pas lourd. Plusieurs types. Ils montent. Sans attendre, j’emmène Anja avec moi pour descendre les dernières marchent qui nous séparent du premier étage et arriver directement près de la fenêtre que j’empoigne pour l’ouvrir. Ils seront là dans à peine quelques secondes. Je n’ai pas le temps de la jouer fine. Alors que j’ouvre, j’entends les hommes qui s’arrêtent un instant, ayant perçu le bruit, et leurs coeurs qui s’accélèrent. La main sur le rebord de la fenêtre, je jette un dernier coup d’oeil dehors pour apercevoir ma cible. Les bennes sont juste en dessous, pas si basses que cela, et assez remplies pour amortir notre chute si nous avons la chance de ne tomber sur rien de dangereux. J’ai l’impression que mon coeur risque de se décrocher de ma poitrine à tout moment. D’un instant à l’autre, les gardes vont se ruer sur les marches pour découvrir l’origine du bruit. Je me tourne une dernière fois vers Anja et tends la main vers elle pour lui demander une dernière fois de me suivre. En bas, les pas des agents viennent de reprendre, martelant le vieux bois de l’escalier. Dans quelques secondes, ils seront là et au moment où ils se montreront dans mon champ de vision, je me laisserai tomber dans le vide.

Avec ou sans elle.

lumos maxima
  
MessageLun 27 Juin - 13:33
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Anja MüllerNothing will be the same...
Il me prend le bras. Ne. Me. Touche. Pas. PUTAIN ! Je me fige pendant une seconde, puis je me débats pendant qu'il m'assomme de discours inutiles. Comme si on pouvait oublier la punk de l'accueil !

"A quoi je pense ? A mon pouvoir, "putain" !" je siffle entre mes dents serrées. "Je n'ai jamais eu besoin de sauter dans une poubelle pour m'en sortir, moi !"

Et de me secouer et de continuer, sûrement pour le simple plaisir de me contredire. Ou de s'écouter parler. Ou les deux. Ou peut-être aussi de critiquer les "filles comme moi". Tout me hérisse, tout. Ses mots, son visage, le 21 sur sa joue qui me nargue, sa main sur mon bras - surtout sa main sur mon bras, je me sens prisonnière, j'ai horreur de ça, il serre en plus, je suis à ça de paniquer et de courir quelque part, n'importe où, mais loin de sa tronche de tatoué, peut-être même dans les jambes des costumes, et pour le coup le numéro de la pauvre fille terrorisée serait vraiment crédible...

Pourtant en plus d'essayer de me casser le bras il appuie sur le point qui fait mal. Non, je ne sais pas quel est le pouvoir du daemonien au merle, non je ne sais pas s'il y en a d'autres parmi les présents, et pour peu qu'il y ait un télépathe ou un détecteur de mensonges dans le lot, ou simplement quelqu'un qui résiste à mon propre pouvoir, tout est fichu. Je ne sais pas, je ne sais rien, tout ce que je sais c'est qu'on nous a balancés et que si ça se trouve tu nous as balancés et que je refuse de sauter dans une benne pleine de miasmes ! Ah bon sang, si je savais voler...

Ce n'est pas le cas hélas, alors décide-toi, et vite !

Bordel bordel bordel.

Repérage. Vite !

Si je dois faire quelque chose d'aussi stupide, je ne veux pas le faire à l'aveuglette. La situation est bien assez délicate ainsi... Je me fais littéralement traîner à l'étage inférieur pendant que j'imagine Klodevig s'élancer et survoler la...

Ces messieurs ayant quitté la pièce, il me semblait inutile de rester aussi loin de vous. Je suis tout proche. Je vois votre benne, la voie est libre et il y a une rue commerçante un peu plus loin, je te guiderai. Ahrum, les gouttières sont dans un état...

Ô toi le plus admirable des volatiles de ce monde, si on s'en sort je te paie un méchoui entier.

Rrrou.

Je ne pense même pas à lui demander s'il transmet l'information à Sin. Je suppose. Je m'en moque. A ce stade il n'y a plus que Klodevig et moi qui comptons. En bas j'entends les éclats de voix, la punk qui hurle tout ce qu'elle sait, les hommes qui bougent, les marches qu'on commence à monter...

Il me lâche, il enjambe la fenêtre. Il me tend la main. Je veux pas je veux pas je veux pas mais ils arrivent, oh je veux pas... Je l'attrape par le col et je siffle :

« Si je me fais choper à cause de toi et de tes poubelles, tu seras le premier que je balancerai. »

Je sauterai. Puisqu'il le faut. Mais après ça, Cillian, tu te débrouilleras sans moi. J'ignore la réprobation de Klodevig. Je n'ai jamais aimé le travail d'équipe, je n'ai jamais aimé l'imprévu, je n'ai jamais aimé Cillian.

Quand je lui aurai sauté dessus, je filerai sans m'occuper de lui. On se séparera, ça les divisera, ce sera très bien. Quand j'aurai fini de cracher mes poumons je prendrai mes airs les plus naturels et je me fondrai dans la foule que mon adoré me promet un peu plus loin pour prendre le prochain car pour... n'importe où. Ou le train. Il doit y avoir des navettes fréquentes pour NYC de toute façon. De là je ferai du stop pour Perth Amboy. J'irai me claquemurer dans ma chambre, je pleurerai un bon coup, et le lendemain j'irai étriper de mes mains l'incompétent qui nous a organisé cette mission. Ou la taupe très compétente. Je ne sais pas.
  
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