L'homme n'est que poussière dans ce vaste univers

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Nothing will be the same...

Mer 8 Juil - 20:51
22 Novembre 1985
Naissance.

« Mettre au monde, c'est prolonger l'oeuvre de l'amour et le sublimer »
Jean Gastaldi, 2003

Le grand moment était finalement arrivé. Leslie était sur le point de vivre l’un des plus beaux moments de sa vie, soit la naissance de son deuxième enfant. Cet enfant qu’elle avait conçu avec l’un de ses clients, ce bâtard donc, s’apprêtait à voir le jour. Au début de sa grossesse, elle avait songé à l’avortement à de nombreuses reprises, sans jamais avoir le courage de commettre l’irréparable. Elle vivait seule avec sa fille depuis que son mari l’avait quittée et l’idée d’avoir un second enfant l’avait terrorisée pendant plusieurs semaines, d’autant plus qu’elle travaillait dans la prostitution depuis ce temps pour tenter de gagner sa vie. Aujourd’hui, elle désirait cet enfant plus que tout autre chose au monde et elle était impatiente de le tenir dans ses bras. La douleur était horrible, mais si cela lui permettrait de rencontrer son fils, alors elle en valait la peine.

- Calme-toi, Leslie. Regarde-moi. Respire doucement, tout va bien aller.
- Tu vois pas que je fais déjà tout ça !?
- Oui, mais... tu dois te détendre, c’est important ! Pense au bébé un peu, tu veux qu’il naisse dans ces conditions ? Il va être vachement nerveux... Et il faudrait penser à se rendre à l’hôpital, tu ne crois pas ?

Submergée par une nouvelle contraction, Leslie ne parvint pas à répondre à Jairo, son daemon qui semblait être bien plus stressé qu’elle à l’idée de donner naissance. La jeune femme ne pouvait se résoudre à prendre le volant comme ça, pas en plein travail. Si elle le faisait, elle risquait d’accoucher en chemin et de provoquer un accident par la même occasion, ce qui n’était clairement pas une bonne idée. Non, Leslie préférait conserver son idée, soit d’attendre le retour de Cameren et de Selena, ses voisins envers qui elle avait une confiance absolue. Cette dernière pourrait garder Amanda pendant que son conjoint la conduirait à l’hôpital en toute sécurité. Mais bon... cela faisait déjà plusieurs minutes qu’elle guettait leur retour par la fenêtre de la cuisine et le couple ne semblait pas être sur le point d’arriver, malgré le fait que l’horloge indiquait 22h04. Où étaient-ils passés ?

- Bon, inutile de les attendre plus longtemps sinon tu vas carrément accoucher sur la céramique ! Reste là, je vais appeler un taxi. Je n’arrive pas à croire que tu te laisses souffrir à ce point alors que tu pourrais t’en délivrer si tu étais un peu moins têtue !
- Non, Jairo revient ici !

Leslie lâcha un gémissement de douleur, mais la souris sauteuse était déjà partie. Agile et rapide, Jairo avait bondit sur le comptoir pour faire basculer le téléphone sur celui-ci de façon à ce qu’il puisse parler dans l’appareil sans problème. L’instant suivant, le taxi était en route et le daemon espérait qu’il allait être bientôt là, car il avait bien insisté sur l’urgence de la situation. Puis, profitant des quelques instants de répits entre deux contractions, la jeune femme avança lentement mais sûrement vers l’extérieur, là où elle comptait attendre son transport. Quelques minutes furent nécessaires avant que les phares de la voiture furent visibles, c’est-à-dire les minutes les plus longues que Leslie n’avait jamais vécue. Après près de quarante minute de travail, elle commençait à avoir hâte d’être prise en charge à l’hôpital.

Même si le chauffeur avait été prévenu de la situation, il semblait plutôt surpris de voir monter à l’arrière de son véhicule une femme sur le point d’accoucher. La respiration de Leslie s’était accélérée et les contractions se rapprochaient de plus en plus, il n’y avait plus une seconde à perdre. Jairo décida de prendre les choses en main rapidement et vint se poster sur le dossier du chauffeur pour lui ordonner de se rendre à l’hôpital le plus vite possible. Celui-ci risquait d’être effrayé par la petite souris parlante, mais il s’en fichait bien, étant donné que sa daemonien devait obtenir une assistance de toute urgence. Comme il le croyait, l’homme sursauta en le voyant et l’état de la femme qui l’accompagnait le dissuadait de lui désobéir. La voiture s’élança donc sur la route.

- Okay, t’inquiète pas, tout va bien aller, tu vas voir. On va arriver à l’hôpital, on va demander l’aide d’un médecin, ils vont t’installer dans une chambre et le reste va s’enchaîner tout seul. Dans peu de temps, tout sera terminé et tu pourras voir ton enfant !
- Jairo, la ferme ! Il s’agit de mon deuxième enfant, je sais très bien comment fonctionne un accouchement !

En fait, le daemon parlait trop pour rien, mais c’était avant tout pour se rassurer lui-même qu’autre chose. Leslie le savait très bien, mais la douleur était de plus en plus insoutenable et elle commençait franchement à perdre patience. Si le chauffeur pouvait bien accélérer aussi, ça pourrait aider. Bordel, pourquoi le bébé avait-il décidé d’arriver une semaine plus tôt que prévu ? Elle avait tout préparé, elle avait prit rendez-vous pour la naissance et voilà qu’il foutait tout en l’air alors qu’il n’était même pas encore né. La jeune femme tentait de penser à autre chose tandis que la voiture filait en direction du centre-ville, malgré les bosses et les secousses qui lui donnait l’impression de subir des contractions encore plus violentes. Puis, plusieurs bonnes minutes plus tard, alors que l’hôpital était finalement en vue, la dernière vague de douleur fut si intense que Leslie n’eut d’autres choix que de pousser, en espérant que cela cesse au plus vite.

- Euh... Leslie ? T’es folle, arrête de pousser !
- Non non, il est hors de question que vous accouchez dans ma voiture ! lâcha le chauffeur en jetant un rapide coup d’œil dans le rétroviseur. Putain, vous allez mettre du sang partout !

Malheureusement pour lui, c’était bien le cadet des soucis de Leslie. Par chance, celle-ci eut le réflexe d’agripper le nouveau-né avant que celui-ci ne s’écrase sur le sol du véhicule. Le hurlement qu’il poussa ensuite vrilla les oreilles de tout le monde, mais pour la nouvelle maman, c’était presque une douce mélodie. Furieux, le chauffeur était sur le point de se garer sur le bord de la route pour engueuler sa passagère lorsqu’un animal apparu à ses côtés, sur le siège passager. L’homme lâcha un cri de surprise alors que le poussin, car s’en était bien un, se relevait doucement en piaillant. Tiens, un daemonien de plus dans la famille. La vue de l’oisillon fit sourire Jairo, mais le temps n’était pas aux réjouissances, pas tout de suite du moins, car le chauffeur menaçait de les jeter hors du véhicule. Toutefois, celui-ci accepta tout de même de les mener à l’hôpital une fois que la souris lui ai proposé de lui payer le double du montant du pour la route.

Dès qu’ils arrivèrent à destination, l’enfant fut rapidement pris en charge par le personnel médical et Leslie appris un peu plus tard dans la nuit que son fils était en parfaite santé, même si la présence du poussin à ses côtés éveilla de nombreux questionnements du côté des médecins. Heureusement, malgré le début du travail plutôt difficile, tout se terminait bien.


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Dim 25 Oct - 22:39
16 Mai 1990
Quatre ans.

« L'amour, c'est le goût de la prostitution »
Charles Beaudelaire, 1851

Je me souviens de ce moment, de cette journée du mois de Mai où Byron, malgré son jeune âge, a réellement compris ce que sa mère lui cachait. De mon côté, j’avais compris depuis longtemps ce qu’il se passait, mais j’avais préféré garder le silence à ce sujet pour préserver l’innocence de mon daemonien. Malheureusement, ça n’avait pas été le cas de tout le monde. Sa grande sœur, Amanda, lui avait révélé la vérité juste avant de partir pour l’école, et même si l’enfant de quatre ans ne comprenait pas tous les détails, il en avait compris suffisamment pour perdre une partie de l’admiration qu’il vouait à sa mère. Selon ce que lui avait dit sa sœur, il ne comprenait pas pourquoi sa mère préférait passer du temps avec des inconnus plutôt qu’avec eux, ses propres enfants, car ils avaient besoin de leur mère auprès d’eux.

Seul au beau milieu du salon, en ce début d’avant-midi, le jeune Byron jouait avec ses legos, mais l’envie n’y était pas. Sous ma forme d’écureuil, j’étais descendue du sofa pour venir m’amuser un peu avec lui, mais je voyais bien que cela lui importait peu. Tandis qu’Amanda était à l’école jusqu’à la fin de la journée, je voulais en profiter pour mettre au point ce qu’elle avait bien pu lui dire en ce qui concernait le métier de sa mère, car la fillette n’y était pas aller de main morte avec les détails. Malgré mes efforts, Byron ne voulait rien entendre, apparemment trop fâché après sa mère pour entendre ce que j’avais à lui dire. Heureusement, en sondant ses pensées, j’avais constaté qu’il ne comprenait pas très bien tout ce que sa sœur lui avait dit, par chance. Il était simplement fâché après sa mère puisqu’elle passait le plus clair de son temps loin de la maison.

- Byron, Praline, vos collations sont prêtes !
- On arrive.

Ah oui, j’avais oublié de vous parler de nos... parents adoptifs, si je peux le dire ainsi. Comme Leslie travaillait beaucoup et qu’il lui était impossible de laisser ses deux jeunes enfants sans surveillance, elle a demandé de l’aide auprès de ses voisins et un couple non loin de chez elle a accepté de s’occuper de nous. Monsieur et madame Wilson, mais plus communément appelés Cameren et Selena. Cette dernière, après nous avoir interpelé, sourit en nous voyant débarquer dans la cuisine et j’étais contente de voir que Byron semblait avoir retrouvé un regain d’énergie. Ah... l’appel de l’estomac est toujours plus fort que tout. Ayant retrouvé une apparence plus conventionnelle, soit celle d’un chien, je saisissais mon fruit d’un coup de dent avant de trotter vers la table en remuant la queue.

Cette deuxième famille était vraiment parfaite pour nous. Au départ, j’avais eu peur que le jeune couple réagisse mal en apprenant mon existence, mais ils n’en firent rien. Ils m’avaient accepté de la même façon que Byron et Amanda, à mon plus grand soulagement. Contrairement à Leslie, qui passait la majorité de son temps en ville pour se ramasser de l’argent, Cameren et Selena restaient à la maison, le premier s’occupant de la ferme familiale tandis que sa mère bricolait des trucs artisanaux, comme des colliers, des bracelets, voir même quelques tricots. Elle faisait aussi de la peinture, qu’elle vendait lors de certaines de ses expositions en ville. Cela ne lui rapportait pas grand chose, mais ces revenus combinés à ceux rapportés par la ferme leur permettait d’arrondir leurs fins de mois. Le couple restait donc à la maison et la jeune femme pouvait perfectionner son art dans son bureau sans quitter des yeux les enfants qui s’amusaient dans le salon, puisqu’il se trouvait juste à côté.

- Praline, c’est quand qu’on retourne à la maison ? Tu crois qu’il est arrivé quelque chose à maman ?

Ce soir-là, Byron était redevenu le même petit garçon qu’auparavant, comme s’il avait complètement oublié les paroles plutôt traumatisantes de sa sœur à propos de sa mère et du métier qu’elle exerçait. Cependant, comme il était posté devant la fenêtre de sa chambre, il était en mesure de voir sa maison plusieurs mètres plus loin, complètement plongée dans le noir, signe que sa mère n’était toujours pas de retour. Couchée au pied de son lit, toujours sous forme de chien, j’avais relevée la tête pour l’observer. Je comprenais sa peine, je la vivais tout autant que lui et j’avais tout aussi hâte que lui de regagner la maison. Le couple, qui possédait tout de même une grande maison de campagne, avait emménagé une chambre pour les deux enfants et malgré tout ce qu’ils faisaient pour nous, nous ne nous sentions pas forcément comme à la maison. Avec Leslie.

- Maman va bien Byron, elle sera bientôt de retour.
- Mais quand ? Je veux voir maman.
- Elle reviendra vite, je te le promets.

À son âge, il avait besoin de sa mère. Même si Cameren et Selena lui donnait tout leur amour, même s’il ne manquait pas de jouet, ni d’affection de leur part, il avait besoin de sa mère. C’était tout autant difficile pour Leslie de devoir être loin de ses enfants, loin de chez elle, uniquement pour satisfaire les plaisirs charnels d’inconnus en tout genre en échange d’argent. Au moins, tout ce qu’elle gagnait allait à sa progéniture, autant dans la nourriture, les vêtements et les jouets. Soupirant, je secouais la tête pour penser à autre chose, sachant que ma moitié pouvait lire mes pensées en tout temps. L’enfant était donc redevenu comme il l’avait toujours été, une petite boule d’énergie trop adorable, mais comme à chaque soir, il ne pouvait s’empêcher de fixer son vrai chez soi. Il s’allongea à mes côtés, un peu agité, mais il retrouva la paix dès qu’il sombra dans le sommeil.

Pauvre petit. La vérité fait toujours mal à entendre.


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