Aller à la page : 1, 2  Suivant
 

On the road again for the longest ride

 
  
MessageVen 21 Aoû - 19:38
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 139Nombre de RP : 57Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
L’excitation était à son comble depuis que nous avions organisé ce petit road trip en direction de l’ouest, Estelle et moi. J’avais grandement besoin de changer d’air depuis les récents évènements qui avaient été autant heureux que malheureux. D’abord il y avait eu mon diplôme, ensuite ma première relation amoureuse avec Sarah, suivi de notre rupture cinq ans plus tard ainsi que de nombreux problèmes au travail liés au fait que j’étais daemonien. Trop de choses difficiles à vivre qui m’avait empêché de rester en Australie, cette terre chaude et aride, mais qui restait tout de même ma terre natale. Je tenais à reprendre ma vie du bon côté, de tout repartir à zéro et c’est ce qui m’avait poussé à déménager aux Etats-Unis. Cependant, je ne me sentais pas encore prêt à intégrer l’hôpital à nouveau, j’avais besoin de me changer les idées avant tout.

Le grand jour était finalement arrivé, et comme l’aurait tout bonnement fait un enfant, je ne tenais plus du tout en place, au plus grand malheur de Praline. La nuit avait été plutôt courte pour ma part, car je n’avais cesser de me retourner dans tous les sens dans mon lit à cause de mon excitation grandissante. La journée de notre départ s’annonçait magnifique, avec ce beau lever de soleil à l’horizon au travers des nuages baignés par les rayons chauds de l’astre lumineux qui les rendaient oranges et roses. Je laissai échapper un soupir de bien-être en contemplant cette magnifique vision, tandis que ma daemonne grommelait à mes côtés parce qu’elle n’avait pas pu fermer l’œil de la nuit à cause de mon hyperactivité. Par chance que ce n’était pas toujours comme ça...

- Aller ma poule, dépêche-toi on a une grosse journée qui nous attend ! lançai-je d’un ton enjoué, tout en me redressant pour sortir du lit. Enfin... pas juste aujourd’hui, mais bien les prochaines semaines. La durée du voyage, en fait ! Aller lève-toi sinon on va être en retard.
- Ahhh... y’a pas moyen de dormir tranquille ici ?

Malgré les lamentations de Praline, cela ne m’empêcha de débuter les préparations. L’aube venait tout juste de se pointer et il me restait suffisamment de temps pour remplir ma voiture de tous les trucs qui pourraient s’avérer importants en voyage. Si elle s’était montrée peu efficace lors de son réveil, ma daemonne n’hésita pas à venir m’aider dès qu’elle eu chasser les relents de sommeil qui menaçait de la faire chuter à nouveau dans les bras de Morphée. Avec le peu d’heures qu’elle avait réussit à dormir, je me doutais bien que la journée allait être longue et pénible pour elle. Mais bon, au final, on allait faire beaucoup de route aujourd’hui pour bien débuter ce fameux voyage, ce n’était donc pas très épuisant. Elle allait même pouvoir dormir en route, cette veinarde.

Il était près de sept heures du matin lorsque la voiture fut enfin remplie, à un tel point que les portes avaient du mal à se fermer. Fier, mais surtout satisfait de voir que le plus gros du travail était maintenant fait, je fis le tour du véhicule pour m’assurer que tout y était, en attendant l’arrivé d’Estelle. Mon carnet en main, sur lequel j’avais inscrit tous les trucs importants, je cochai au fur et à mesure tout ce que j’avais apporté pour être certain de ne rien oublier. Comme notre road trip allait probablement durer quelques semaines, je ne tenais pas à ce que cela se produise. En faisant le tour de la voiture, je constatai avec amusement que la vitre arrière était complètement obstruée par les bagages que j’avais entassés un peu partout à l’intérieur, ce qui risquait de rendre ma conduite un peu difficile en cas de marche arrière.

- D’accord. Lampe torche, c’est bon. Sac de couchage, c’est bon. La tente, c’est bon aussi. La petite cuisinière et tous les ustensiles de cuisine, c’est fait. Euh... le GPS, l’essence, la musique, tout est bon de ce côté là aussi.
- Je suis pas certaine qu’on aura besoin de tout ça, mais bon... Byron ? Tu penses pas que t’oublies un truc quand même ?
- Non, je crois que tout est bon.

La lynx laissa échapper un soupir de découragement, ou d’exaspération, au choix. Quand son daemonien cherchait à être trop parfait, il oubliait le plus important.

- Où est-ce que tu as l’intention de mettre les bagages d’Estelle ? De ce que je peux voir, il n’y a plus beaucoup de place dans la voiture... Et tu vas nous mettre où, Cassiel et moi ? Pas sur le toit, j’espère.
- Ah oui, merde...

J’avais laissé le côté passager libre pour qu’Estelle puisse s’y asseoir, mais je devais avouer que j’avais complètement oublié ses propres affaires ainsi que les daemons. Par chance, l’oiseau de la jeune femme n’était pas très gros, mais Praline devait avoir une place suffisamment grande pour qu’elle puisse s’y asseoir. Ou s’y coucher, peu importe. Agacé, je passais une main dans mes cheveux tout en réfléchissant à une solution. J’allais devoir virer quelques un de mes trucs pour faire de la place, à moins d’en attacher quelques uns sur le toit... Que pouvais-je bien laisser ici sans craindre d’en avoir besoin ? Avec tous ses préparatifs et ce voyage qui me rendait dingue, je ne savais plus où donner de la tête. Vivement le départ... dès qu’Estelle serait là.
  
MessageVen 28 Aoû - 6:51
avatar
Date d'inscription : 15/06/2015Nombre de messages : 291Nombre de RP : 50Âge réel : 24Copyright : MuscaAvatar daëmon : Messire Cassiel
Estelle Abernathy△ MIRRORED MAZE ▽


Le radio-réveil tira Estelle du sommeil à une heure beaucoup plus matinale que ce à quoi elle était habituée. À peine quelques semaines qu’elle était sans emploi et, déjà, elle avait pris un rythme de vacances. Les grasses matinées, les longues journées à lire et à vadrouiller à gauche et à droite sans devoir se soumettre à un horaire précis faisaient désormais partie intégrante de son quotidien. N’eût été sa situation plus ou moins agréable – personne n’aime se faire virer pour cause de spécisme, puis larguer par son copain - elle aurait grandement apprécié cette période de repos.

Cassiel était déjà dans la cuisine quand elle y fit son entrée, emmitouflée dans sa robe de chambre, pour se préparer un café. Posé près des sacs de voyage que sa daemonienne avait préparés la veille, l’oiseau passait en revue le contenu de leurs bagages grâce à une petite liste griffonnée à la hâte qu’il tenait sous sa patte griffue.

« Tu peux vérifier si on a les piles de rechange pour l’appareil photo? »
« Tu peux regarder par toi-même s’il te plaît? »
« C’est plus rapide quand c’est toi, chérie. »
« Je ne veux pas d’une migraine en débutant la journée, chéri. »
« T’as besoin d’un café, toi. »

Estelle mit la cafetière en marche, lançant un regard appuyé à son daemon. Puis elle disparut dans sa chambre, puis dans la salle de bains, pour en ressortir lavée, habillée, relativement coiffée et de bien meilleure humeur, juste à temps pour venir quérir sa tasse de café. Ils mangèrent un morceau à la hâte avant de mettre la touche finale à leurs bagages. Puis, un ultime tour complet de son petit appartement plus tard, Estelle se retrouvait sur le pas de la porte, sac à dos et daemon sur l’épaule, à tester brièvement la poignée pour s’assurer d’avoir verrouillé comme il se devait

« T’as arrêté le four? »
« J’ai pas utilisé le four ce matin. »

Le doute semé dans son esprit germa néanmoins et c’est avec un soupir irrité qu’elle envoya son pouvoir s’assurer que l’appareil était bel et bien éteint.

Le trajet en voiture acheva de chasser les bribes de mauvaise humeur qui s’accrochaient à Estelle. La simple idée de rejoindre Byron la remplissait d’un enthousiasme qu’elle n’avait pas souvent ressenti durant les dernières semaines. Le départ d’Edison était une décision commune, malgré ses protestations à elle. Estelle ne savait pas vraiment si elle était ou non en peine d’amour. Elle n'avait pas vraiment pleuré, mais il était clair que cette histoire avait laissé un vide qui peinait à se combler au fond de son coeur. Observant les immeubles de ce quartier familier défiler sous ses yeux, elle esquissa un sourire en songeant que bientôt, ils seraient à l’Ouest. Loin d’ici, le plus loin possible de cet endroit. Elle avait désespérément besoin de changer d’air et il était clair qu’il en était de même pour Byron. C’était d’un commun accord que son cousin et elle avaient décidé de partir à l’aventure. Combien de temps? Aucun d’entre eux ne le savait. Pour l’heure, ils devaient tout simplement prendre la route en oubliant tout le reste. C’était le moment idéal. Qui savait à quel point les choses allaient dégénérer dans les prochaines semaines, suite à la Grande Révélation? Les répercussions promettaient de se faire ressentir pendant longtemps encore.

Il était un peu plus de sept heures lorsqu’Estelle se gara dans l’immense entrée de l’immense maison de Byron. C’est sans surprise qu’elle découvrit le jeune homme déjà affairé à remplir sa propre voiture, sélectionnée à pile ou face pour les mener aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Byron était prévoyant, toujours alerte, toujours prêt à toute éventualité. La surprise pointa le bout de son nez lorsque la jeune femme avisa la quantité monstrueuse de bagages et de matériel que son compagnon de voyage avait réussi à faire entrer dans ce pauvre véhicule. Incrédule, elle sortit à l’air libre sans cesser de fixer ce bien curieux spectacle. Elle ouvrit la portière arrière de sa voiture, attrapa ses deux maigres sacs qu’elle traîna avec elle, puis déposa à quelques mètres de Byron pour venir le prendre dans ses bras.

« Bon matin vous deux! » lança-t-elle à l’Australien et à Praline. « Je ne savais pas que tu déménageais! » ajouta la jeune femme en relâchant son cousin pour désigner du menton le véhicule surchargé.
« Et moi je ne savais pas qu'il était aussi doué à Tetris. »

Cassiel s’était posé sur le capot pour admirer l’organisation du jeune homme. Sa huppe noire dressée, il observait l’habitacle avec étonnement.

« Alors comme ça tu ne viens pas avec nous, Pra’? » ricana-t-il.

Au premier coup d’oeil, il était évident qu’il n’y aurait jamais assez de place pour caser tout le monde, surtout le pauvre lynx. C’était à peine si les portières étaient capables de fermer sans sortir de leurs gonds. Un sac de plus et la voiture menaçait d’exploser, comme dans un dessin animé. N’y tenant plus devant une telle scène, Estelle éclata de rire.

« Franchement Byron, t’es conscient qu’on va passer la majorité de notre temps dans des motels? On a pas besoin de tout ça! »

Sa main désigna l'ensemble de l'oeuvre en un grand geste alors qu'elle tentait de retrouver un semblant de sérieux. Si Estelle avait été de mauvaise humeur cette journée-là, il ne s’agissait plus que d’un vague souvenir. Elle couvrit le jeune homme d’un regard à la fois doux et profondément amusé. Bien sûr, ils s’étaient vus à quelques reprises depuis son arrivée aux États-Unis, mais il s’agissait de la première fois où ils prendraient véritablement le temps d’être ensemble. Ils avaient vécu séparés durant si longtemps. Qu’est-ce qu’elle était heureuse de le retrouver. Et qu'est-ce que sa simple présence lui faisait du bien.
  
MessageLun 21 Sep - 17:01
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 139Nombre de RP : 57Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
Mais... mais... mon organisation ! Elle avait pas le droit de me faire ça ! Je devais avoir passé plusieurs heures, voir même une journée entière, à tout placer dans la voiture pour que tous les objets entrent bien ordonnés au centimètre près. C’était si parfait que les portes se fermaient tout juste, il ne pouvait pas y avoir un truc en plus pour ne pas risquer de défoncer le véhicule. Alors non, je n’allais tout de même pas enlever des choses qui risquaient de nous êtres utiles pendant notre long voyage, juste parce que madame trouvait la voiture trop surchargée. Raaah... mais je devais avouer qu’elle avait tout de même raison. Comment des bûches d’allumages allaient pouvoir nous êtres utiles si on passait toutes nos nuits dans des motels ? On allait quand même pas faire un feu dans la chambre, puisqu’on risquait de tout cramer et là on risquait vraiment de dormir à la belle étoile...

- Bon, d’accord... je vais faire un peu de ménage, mais ça va retarder notre départ.
- De toute façon, il faut bien enlever quelques trucs pour que je puisse m’asseoir. Sinon, on peut dire adieu au road trip, ajouta-t-elle avec un peu sourire taquin, tout en faisant un clin d'oeil à l'intention d'Estelle.

Résigné, je laissai échapper un soupir tout en ouvrant l’une des portières qui menaçait d’exploser pour entreprendre de sortir quelques trucs de camping qui risquaient d’êtres inutiles. Tente, sac de couchage, cuisinière à gaz et bien d’autres choses furent extraits et déposés à l’entrée de la maison, puisque j’étais pas du tout motivé à les ranger aux endroits appropriés, ce qui retarderait encore plus notre départ. Dès que ce fut fait, je verrouillai à nouveau la porte derrière moi pour retourner vers la voiture, elle qui semblait être bien plus convenable au voyage désormais, mais surtout plus confortable suite à ce gros ménage. Praline avait suffisamment de place à l’arrière pour pouvoir s’étendre de tout son long, détail qu’elle ne tarda pas à remarquer. Il était près de huit heures lorsque je pris enfin place derrière le volant.

- Tu es certaine de n’avoir rien oublié ? Je peux remettre mes trucs de camping à bord si ça te sécurise ! Comme ça, on serait sur de ne rien manquer en chemin.

Joignant le geste à la parole, je démarrai la voiture qui, maintenant plus légère, allait pouvoir nous transporter aux quatre coins de l’Amérique du nord sans problème. J’adorais agacer ma cousine et elle risquait de trouver le voyage long dans ces conditions, surtout que je risquais de m’en donner à cœur joie. Nous avions passé trop de temps éloignés l’un de l’autre et ces nombreuses heures de route allaient nous permettre de renouveler les liens du passé, de rattraper le temps perdu. Alors que je tentai de reculer pour rejoindre la route qui nous mènerait à l’autoroute, je laissai Estelle choisir la musique de départ parmi les nombreux disques que j’avais apporté. Praline, de son côté, semblait être plus calme que moi, mais elle était autant excitée par cette nouvelle aventure qui était sur le point de débuter.

Autoroute 440, suivi de l’autoroute 287. Avec la petite voix agaçante qui provenait du GPS, qui se trouvait entre les pattes de ma daemonne, je n’avais aucun souci à me faire, malgré la conduite étrange des Etats-Unis. D’ailleurs, je n’étais pas sur le point de m’y habituer. Pourquoi les gens roulaient-ils à l’envers, ici ? C’était étrange de conduire à la gauche du véhicule, sur la voie de droite. J’avais toujours l’impression de dévier et risquer de percuter une autre voiture en sens inverse. Toutefois, j’espérais m’habituer assez rapidement, car plusieurs heures de route nous attendaient, d’autant plus que je souhaitais conduire le plus souvent possible pour évier à Estelle de se fatiguer trop rapidement. Malgré le départ plutôt difficile, le reste du voyage s’annonçait prometteur.
  
MessageDim 27 Sep - 22:56
avatar
Date d'inscription : 15/06/2015Nombre de messages : 291Nombre de RP : 50Âge réel : 24Copyright : MuscaAvatar daëmon : Messire Cassiel
Estelle Abernathy△ MIRRORED MAZE ▽
Elle avait un peu de peine pour Byron. La voiture était remplie avec une telle justesse et un tel sens de l’organisation que le jeune homme avait bien dû y passer des heures. Elle se sentait mal de réduire à néant ce colossal travail. Tout était calculé au millimètre près, tout à l’exception de Praline. Comme si, dans sa volonté de ne rien laisser au hasard, Byron avait oublié de penser à lui-même. Estelle trouvait la situation particulièrement amusante. Trop dévoué à son travail au point d’en oublier son propre daemon. C’était du Byron tout craché.

Heureusement, l’Australien entendit raison. Tout comme Praline l’avait fait remarquer, partir sans elle était impensable. Estelle répondit au clin d’oeil du lynx par sourire amusé, puis aida son cousin à déblayer un espace à l’arrière de la voiture. Haussant parfois les sourcils en découvrant tel ou tel gadget, Estelle pouffa de rire en aidant le jeune homme à transporter un paquet de bûches d’allumage. Comme si la forêt, à supposer qu’ils y dorment un soir, ne regorgeait pas déjà de bois pour faire un feu...

« T’as vraiment pensé à tout. »
« Ou presque, n’est-ce pas Praline? »

Toujours posé sur le capot, Cassiel pencha le bec en direction de sa cousine féline, lui servant un regard espiègle.

Il leur fallu trois bons quarts d’heure, voir plus, pour vider et réaménager le véhicule. L’effort en valut la peine. Tout le monde avait sa place, désormais, et Praline pouvait même s’étendre sur la banquette arrière, ce qui sembla plutôt lui plaire.

« Tu es certaine de n’avoir rien oublié ? » s’enquit Byron en s’installant enfin à la place du conducteur.
« Sûre et certaine. »
« Je peux remettre mes trucs de camping à bord si ça te sécurise ! Comme ça, on serait sûrs de ne rien manquer en chemin. »
« Et Praline pourra voyager sur le toit. On va rire. »
« Ça ira, ne t’en fait pas » répliqua Estelle en riant, à l’attention de son cousin.

Cassiel s’était posé sur le dos du lynx qui, GPS en pattes, avait pris place sur la banquette arrière fraîchement libérée du surplus de bagages.

« Tu permets? »

Sans attendre l’accord de la daemonne, l’oiseau entreprit de farfouiller dans le pelage de cette dernière, se créant un nid improvisé où il s’installa confortablement. À l’avant, Estelle jeta un regard en coin en direction de son cousin, dont la mine farceuse concordait bien avec ses paroles. Byron était taquin, elle s’en était bien vite rendu compte au fil de leurs rencontres et de leurs correspondances. Mais cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle savait l’être, elle aussi, malgré les apparences. Byron n’avait qu’à bien se tenir.

« C’est bon de te revoir » lui avoua-t-elle en souriant doucement. « N’oublie pas de rester à droite de la ligne jaune sur la route, d’accord? » ajouta-t-elle avec un sourire espiègle.

Après tout, ce devait être plutôt dépaysant pour l’Australien, habitué à la conduite « inversée ». Si elle n’avait pas eu totalement confiance en Byron et ses capacités, elle aurait volontiers pris le volant. Mais elle le savait capable de s’adapter et avait donc laissé le jeune homme prendre le volant de sa propre voiture. Elle ne comptait cependant pas le laisser conduire tout le voyage durant. Aussi galant soit-il, ils partaient ensemble et il était hors de question qu’ils ne se partagent pas la conduite.

Ils prirent la rue, disant au revoir à cette maison qui demeurerait inhabitée pour les semaines à venir. Alors que la ville défilait à basse vitesse sous ses yeux, Estelle eut une pensée pour sa famille qu’elle laissait momentanément derrière, sans pour autant s’en sentir attristée. Ils avaient tant voyagé, lorsqu’elle était enfant, partir était presque devenu une habitude. Ne restait que cette fébrilité grandissante à l’idée de voir du pays, de sortir de la routine, de la ville, d’une vie devenue un brin étouffante. Ils prirent la route avec une petite heure de retard, mais rien n’était moins grave. Ils avaient tout leur temps, n’étaient attendus nulle part et ne comptaient pas revenir de sitôt. Ils étaient libres comme l’air.

Chargée de la musique, Estelle partit à la découverte de la bibliothèque musicale de son cousin. Il lui fallut un petit moment pour la parcourir en entier. Byron n’avait pas fait les choses à moitié en apportant une véritable collection de CDs. Elle tomba finalement sur un titre des plus appropriés, inséra le disque dans le lecteur, choisit une piste et haussa le son. Alors qu’ils s’engageaient sur l’autoroute, vitres baissées, direction plein Nord, Tom Cochrane entamait une chanson qui résonna agréablement dans l’ambiance électrisante de ce début de voyage.



Life's like a road that you travel on
When there's one day here and the next day gone
Sometimes you bend, sometimes you stand
Sometimes you turn your back to the wind
  
MessageVen 16 Oct - 21:06
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 139Nombre de RP : 57Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
- Hé oh ! Je sais conduire quand même, tu me prends pour qui ?

Je lui jetai ensuite un regard en coin avec l’irrésistible envie de lui ébouriffer les cheveux, mais sa tête se trouvait un tantinet loin de moi. Je pouvais tout de même essayer, mais je risquais alors de dévier de la voie sur laquelle je me trouvais et après le départ difficile que nous avions eu, je ne souhaitais pas ajouter un accident à notre périple. Je me contentai donc de prendre mon mal en patience, puisque je savais que j’allais avoir de nombreuses autres occasions de la taquiner pendant ces deux longs mois de voyage. Puis, du coin des yeux, je vis cette dernière insérer un disque dans le lecteur et j’étais impatient d’entendre ce qu’elle avait choisi. Dès les premières secondes, je reconnu la chanson que je ne tardais pas à chanter, malgré les fenêtres baissées.

- Life is a highway ! I wanna ride it all night long. If you’re going my way, I wanna drive it all night long.

S’en suivit un hochement de tête exagéré qui suivait parfaitement le rythme de la musique. Comme le road trip accaparait toutes mes pensées, j’avais complètement oublié les autres voitures qui se trouvaient près de nous sur l’autoroute. Les pauvres, ils devaient tous me croire fou à me voir gigoter ainsi avec mes grosses lunettes de soleil. Derrière, Praline affichait un petit sourire en voyant sa moitié s’amuser et elle sursauta légèrement lorsqu’elle entendit Cassiel tout près d’elle. Elle n’eut même pas le temps de répondre que l’oiseau s’aménagea un petit nid douillet dans son pelage, ce qui lui fit échapper un petit rire. Comme le jeune homme n’avait plus besoin d’être guidé pour le moment, elle éloigna l’appareil électronique du revers de la patte pour pouvoir s’allonger sur la banquette.

- Attend, tu seras bien mieux dans cette position.

La lynx ne tarda pas à se coucher, ce qui augmenta considérablement la taille du nid du geai. Praline espérait que cela allait lui plaire, puisque comme lui, elle n’avait pas demandé sa permission avant d’agir. Un petit sourire en coin apparu sur son visage alors qu’elle fermait les yeux pour se détendre face à ce voyage qui s’annonçait plutôt long. De toute façon, il allait rester sur la même autoroute jusqu’à la frontière Canadienne, soit un peu plus de six heures de route. Elle pouvait donc se permettre de dormir un peu, malgré la musique assez forte. Si son daemonien avait besoin d’indication, il n’avait qu’à la réveiller et elle serait prête à reprendre son rôle de guide.

La musique que choisissait Estelle était tellement bonne que le trajet me paru plus court que ce qu’il était en réalité. Peut-être parce que j’aimais tous les disques que j’avais apporté aussi... Après plusieurs heures de route, le bâtiment des douanes frontaliers apparu finalement devant nous et je baissais le volume de la musique pour être en mesure de parler aux agents lorsque je serais à leur hauteur. Toutefois, la file d’attente était plutôt longue et j’avais l’impression que nous en avions encore pour des heures avant de rencontrer les douanes. Découragé, je lâchai un soupir en tournant la clé pour éteindre le moteur, mais en laissant tout de même la musique jouer. Le Canada était si près et c’était frustrant de ne pas y avoir accès.

- Bon bah... je crois bien qu’on va en avoir pour longtemps à attendre comme ça. Réveille-moi lorsqu’on pourra avancer, d’accord ?

Car oui, après près de vingt minutes d’attente, les voitures qui se trouvaient devant nous n’avaient toujours pas bougé. Bordel... pourquoi c’était si compliqué de traverser une frontière ? Je baissai alors mon siège pour pouvoir m’allonger sans cesser de me répéter que nous n’étions pas pressés. L’après-midi était déjà pas mal avancée et si ça continuait de cette façon, nous allions mettre les pieds au Canada seulement à la nuit tombée. Une fois bien couché, un bras posé sous ma tête, j’espérais être plus patient, mais j’ignorais si cela allait vraiment être le cas. Derrière moi, Praline s’était réveillée en sentant que la voiture s’était immobilisée et elle ne tarda pas à refermer les yeux en comprenant ce qu’il se passait. Ce n’était pas si terrible, après tout nous étions à l’air climatisé et nous avions de la bonne musique.

Mais bon... c’était clairement la meilleure façon de me faire chier. M’obliger à patienter pendant des heures dans une voiture. Ouaiiiiiis... quel super voyage.
  
MessageSam 31 Oct - 2:51
avatar
Date d'inscription : 15/06/2015Nombre de messages : 291Nombre de RP : 50Âge réel : 24Copyright : MuscaAvatar daëmon : Messire Cassiel
Estelle Abernathy△ MIRRORED MAZE ▽
« Tom Cochrane avec un accent. J’aurais tout entendu. »

Cassiel ponctua sa remarque d’un regard rieur adressé à Byron. L’Australien, pour sa part, semblait trop absorbé dans sa chanson pour relever la moquerie. Estelle émit un petit rire, couvant son cousin d’un regard affectueux. Son accent tranchait avec celui du chanteur américain, pourtant il n’était pas désagréable. En fait, Byron chantait plutôt bien, si elle en croyait ce qu’elle pouvait entendre à travers la musique trop forte.

Les fenêtres baissées laissaient le son se propager hors de la voiture, leur attirant quelques regards. Plantant ses propres lunettes de soleil sur son nez, Estelle joignit sa voix à celle du jeune homme et ils chantèrent bientôt à tue-tête alors qu’ils filaient sur l’autoroute. Au diable le regard d’autrui. Ils étaient seuls au monde, embarqués dans une grisante aventure qui ne faisait que commencer. Cassiel s’était lui aussi joint aux deux humains, chantonnant depuis son nid improvisé dans le pelage de Praline. Il poussa un piaillement surpris lorsque le lynx s’étendit de tout son long pour favoriser le confort de son... invité? Visiteur? Parasite? Cassiel préférait grandement les deux premières options, même s’il n’avait pas demandé la permission d’utiliser la douce fourrure de Praline pour s’en faire une couchette.

« Eh bien, c’est un tout inclus ma parole! » s’exclama-t-il en étirant ses ailes avec aise. « J’ai la permission d’emménager à long terme? »

Il fouilla un instant encore dans l’épaisse fourrure fauve de Praline, tassa quelques poils récalcitrants, puis s’y lova en roucoulant de bonheur, la tête rentrée dans les épaules, le plumage gonflé et les yeux à demi-fermés.

Six heures passèrent ainsi dans un calme relatif. Le lynx somnolait à l’arrière, tout comme le geai, qui restait néanmoins suffisamment alerte pour fredonner les paroles des chansons choisies par sa daemonienne. À l’avant, les deux cousins s’en donnaient à coeur joie, s’éraillant la gorge en compagnie d’artistes aussi variés que Tom Cochrane, Scorpions et Maroon 5.

Le premier vrai obstacle à leur voyage – outre l’excès de zèle bagagier dont Byron avait fait preuve peu avant leur départ – se dressa devant eux à l’approche de la frontière canadienne. Une longue file de voitures immobilisées aux portes de Niagara Falls les forcèrent à s’arrêter à quelques centaines de mètres à peine du pays voisin. Un coup d’oeil suffit à Estelle pour constater qu’ils en auraient pour plusieurs heures. Elle soupira, joignant son désarroi à celui de son cousin. Le moteur s’arrêta dans un dernier ronronnement et le silence se fit dans l’habitacle alors que Byron inclinait son siège pour se coucher. Il demanda à sa cousine de le réveiller lorsque la voie serait de nouveau libre.

« Et si on avance jamais? » demanda-t-elle sur un ton exagérément dramatique. « Tu vas dormir jusqu’à la fin des temps? »

Vingt minutes passèrent, puis trente, puis quarante. Ils avancèrent en tout d’une dizaine de mètres. Il n’y avait pas de quoi se réjouir, mais Estelle gardait le moral. Alors que Byron s’était mis à roupiller, elle baissa le son de la musique et envoya son second regard vagabonder aux abords de la frontière, épiant le travail des employés qui questionnaient inlassablement une marée de touristes venus admirer les chutes et profiter des attraits de Clifton Hill.

C’est en plein milieu de l’après-midi qu’ils parvinrent enfin à atteindre les douanes, après une bonne heure et demie à avancer à vitesse d’escargot. La voiture d’en avant disparut de leur champ de vision, laissant place à une barrière et à un douanier à la mine maussade. Passeports, visas, cartes d’identité, tout y passa. L’homme jaugea leurs papiers, puis pointa du doigt les deux daemons qui dormaient à l’arrière.

« Vous ne comptez pas faire entrer des animaux sauvages aussi facilement, j’espère ? »
« Ce sont nos daemons. »

Du bout du doit, Estelle lui montra sa carte de gentille recensée bien élevée, qui se perdait à travers la paperasse.

« Je peux témoigner moi-même de mon statut de daemon si vous voulez » intervint Cassiel d’un ton narquois, réveillé par une pensée contrariée de sa daemonienne.

L’homme jeta à l’oiseau un regard médusé, puis examina la carte. Il la rendit ensuite à sa propriétaire et marmonna :

« C’est bon pour le piaf. »
« Quel surnom savoureux. J’espère que vous ne traitez pas tous les voyageurs de cette façon » se hérissa le geai, vexé.

Il avait heureusement retenu sa langue un minimum. À travers ses pensées, Estelle devinait quantité répliques plutôt sèches que son daemon rêvait de servir à ce douanier irrespectueux. Heureusement, l’homme ne tint pas compte de son commentaire et se contenta de poursuivre du même ton bourru :

« Et vous? »

Cette fois, la question était pour Byron. Estelle se retourna vers son cousin et sentit son assurance se décomposer derrière le masque neutre qu’elle avait servi à l’agent blasé. Byron n’était pas recensé. Se trimballer avec un lynx de plusieurs kilos était probablement mal vu de la part des autorités frontalières. Si en plus ils n’avaient pas de raison apparente d’emmener Praline avec eux – une raison que des humains normaux, étrangers à ce lien puissant unissant un daemonien à son daemon, pourraient comprendre - les choses risquaient de se corser.

Le voyage venait à peine de commencer et déjà des ennuis se profilaient à l’horizon.
  
MessageMer 4 Nov - 22:41
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 139Nombre de RP : 57Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
Moi qui pensais avoir vécu le pire moment de la journée en ayant retardé le départ du voyage d’une bonne heure... et bien, je m’étais trompé. L’attente à la frontière fut moins longue que je ne l’avais imaginé, mais cela n’allait tout de même pas m’aider à retrouver le sourire. En fait, j’étais toujours aussi heureux à l’idée de partir en voyage avec ma cousine pour quelques mois, mais ce début de voyage n’était clairement pas exceptionnel. Ces foutus douaniers, que pouvaient-ils bien faire pour que cela prenne autant de temps à inspecter une voiture ? Pas dix, mais bien une seule voiture. C’était complètement ridicule. Ils prenaient une pause après chaque véhicule ou quoi ? Il me tardait de voir si mon impression était exacte, mais encore fallait-il rejoindre le poste qui se trouvait encore à quelques mètres devant nous.

« Calme-toi don juan, ce n’est pas la fin du monde s’il faut patienter ici un moment. Et puis, tu sais très bien que le stress est mauvais pour la peau. Comment veux-tu arriver à draguer une belle canadienne dans ces conditions ? »

La lynx n’avait pas bougé d’un poil en disant cela, se contentant d’afficher un large sourire coquin. Elle adorait taquiner son daemonien de cette façon, d’autant plus que ce dernier était dans l’incapacité de se venger en la chatouillant ou en lui pinçant une oreille, par exemple. Bon sang, que cela aurait été tentant, mais dans ma position actuelle, je pouvais seulement me contenter de lui lancer un regard du genre "toi, tu ne perds rien pour attendre", ce que je fis sans hésiter. Malheureusement, ma daemonne avait parlé sans ouvrir les yeux pour continuer de somnoler doucement, mais elle avait une bonne idée du geste que je venais de poser à son égard. Elle allait payer cet affront dès que nous serions sortit du véhicule, soit à la prochaine halte qui allait sans doute se trouver près des chutes. Encore fallait-il réussir à passer la frontière...

Quand la voiture qui se trouvait devant nous disparu enfin dans l’immensité du Canada, je jetai un regard plein d’espoir à Estelle. Enfin, nous étions les prochains sur la liste ! Après près de deux heures d’attente, nous étions enfin là. Il était temps. Par contre, je l’ignorais peut-être, mais nous étions loin d’être au bout de nos peines. Lorsque le douanier s’approcha du véhicule et nous ordonna de sortir tous nos papiers, je m’empressai de lui obéir sans rien ajouter. Passeport, carte d’identité, tout y était. Toutefois, le regard qu’il nous adressa par la suite me fit douter, étant donné que j’avais complètement oublié la présence de nos daemons qui somnolaient tranquillement à l’arrière.

Ce fut lorsqu’il aborda leur présence que je compris ce qu’il se passait réellement. Sur le coup, une boule de nervosité me serra l’estomac et ma respiration se coupa presque en comprenant dans quelle situation nous nous trouvions désormais. Stella présenta rapidement sa carte et Cassiel fut exempté, mais c’était loin d’être mon cas. Putain, pourquoi ne m’étais-je pas recensé plus tôt quand j’en avais l’occasion !? Notre voyage risquait de tomber à l’eau par ma faute et nous aurions fait tout ce chemin pour rien, ainsi que cette longue attente interminable. Comment pouvais-je expliquer au douanier que j’étais moi aussi daemonien malgré le fait que je n’ai aucune carte pour le prouver ? Acceptait-il de me croire ?

- En fait, monsieur l’agent, je n’ai pas de carte sur moi...
- Ah ouais ?
- Voyez-vous, je suis arriver au pays il n’y a pas si longtemps que ça et je n’ai pas encore eu le temps de me recenser. Toutefois, je peux quand même vous garantir que je suis daemonien.

En espérant que mon accent saurait le convaincre. Le douanier, qui affichait toujours un air blasé, fronça les sourcils et me regarda droit dans les yeux, apparemment perplexe. Come on mon gars, je ne me baladerai tout de même pas en voiture avec un dangereux fauve à l’arrière, t’es cinglé ! Parlant du chat, celle-ci reprenait peu à peu contact avec la réalité dès qu’elle avait entendu les piaillements vexés de Cassiel et la discussion entre son daemonien et le douanier acheva de la réveiller. La lynx s’étira alors de tout son long et bailla à s’en décrocher la mâchoire, ce qui eut pour effet de mettre bien en évidence ses crocs menaçants qui pouvaient aisément déchiqueter le bras d’un humain sans problème. Ce faisant, elle espérait que cela donnerait un minimum la frousse à cet homme irrespectueux qui empêchait de les laisser passer.

- Vous savez monsieur, je suis capable de parler, moi aussi. D’ailleurs, si je n’étais qu’un lynx ordinaire, vous croyez vraiment que j’aurai épargné ce geai ? Un vrai lynx l’aurait carrément bouffé ! Alors laissez-nous passer si vous ne voulez pas que je vous mordre !

Tiens donc. Le douanier, qui jusque là était resté blasé, lança soudainement un regard effrayé au lynx. Tout en s’excusant de ce petit malentendu, il nous redonna rapidement nos papiers et s’écarta de la voiture pour aller actionner la barrière qui se trouvait un peu plus loin. L’instant suivant, la barrière se redressa, nous laissant la voie libre à ce pays inconnu qui ne tardait qu’à être découvert. La réaction de Praline m'avait énormément surpris, puisqu'elle n'avait pas tendance à être de mauvaise humeur au réveil. Une rapide discussion télépathique me fit comprendre qu'elle en avait tout simplement eu marre de tout cela et qu'elle avait jugé bon de se montrer menaçante pour que l'inspection se termine rapidement. Je n'approuvai pas vraiment son choix, mais bon... ça avait marché et c'était tout ce qui importait. De nouveau tout excité, je jetai un regard en coin à Stella avant de nous remettre en route. Lorsque le poste de douane fut bien derrière nous, je repris mes lunettes de soleil que j’avais retirée juste avant l’inspection et haussai à nouveau le volume de la musique que nous avions été obligée d’éteindre un peu plus tôt. À mon plus grand bonheur, le voyage ne faisait que commencer.

- Canada, nous voilà !
  
MessageDim 13 Déc - 7:27
avatar
Date d'inscription : 15/06/2015Nombre de messages : 291Nombre de RP : 50Âge réel : 24Copyright : MuscaAvatar daëmon : Messire Cassiel
Estelle Abernathy△ MIRRORED MAZE ▽
On aurait pu entendre une mouche voler. Un silence bref, mais qui paru des heures à Estelle, plana à la suite de la question du douanier. Puis, Byron tenta de s’expliquer avec le plus de tact possible, manoeuvrant comme il le pouvait pour tenter de faire comprendre sa situation à cet homme qui, visiblement, n’en avait absolument rien à cirer. Estelle, de son côté, ni ne disait rien. Elle n’avait pas peur pour son cousin. La seule chose qu’il risquait en n’ayant pas de papiers était de se voir refuser l’entrée en sol canadien. Mais Estelle savait à quel point ce voyage comptait pour le jeune homme. Byron était tellement enthousiaste durant les mois de préparation qui avaient précédé leur départ que la jeune femme avait de la peine en songeant à sa déception s’ils se voyaient obligés de rebrousser chemin. Le voyage ne pouvait pas se terminer ici, pas dans cette file d’attente, à quelques mètres seulement de leur but. Ce serait un comble.

Le douanier n’était pas convaincu. Il fixait l’Australien sans broncher, comme si une carte de recensement allait par magie apparaître dans son portefeuille. Il y eut du mouvement à l’arrière de la voiture. Praline s’étirait en baillant, dévoilant sa redoutable dentition. Le plumage de Cassiel s’était hérissé, lui donnant l’allure d’une petite boule de plumes bleue. Il fixait le douanier d’un oeil mauvais et Estelle devinait, dans l’esprit de son daemon, que l’énervement et toutes les remarques cinglantes qui venaient avec n’étaient plus très loin. À la surprise générale, ce fut cependant Praline qui parla la première. Sur son dos, Cassiel ricana lorsque le lynx souligna le fait qu’elle l’aurait déjà dévoré si elle avait été un véritable animal.

– Encore aurait-il fallu que tu réussisses à m’attraper, très chère, la taquina-t-il.

Les paroles de la daemonne firent un effet extraordinaire. Impressionné, le douanier leur ouvrit aussitôt le passage. Estelle poussa un soupir de soulagement. Le comportement de Praline aurait très bien pu leur causer des ennuis supplémentaires, mais la chance leur avait souri. Ils la saisirent sans hésiter.

Le Canada s’ouvrit devant eux au même rythme que la barrière grinçante qui leur bloquait le passage. La voiture, enfin libérée de sa longue attente, s’extirpa du poste frontalier pour reprendre la route. Lorsqu’Estelle proposa, pour la troisième fois depuis le début de leur périple, de prendre le volant, elle essuya un refus catégorique. Byron lui avait servi le même discours peu convainquant lors de leurs précédents arrêts. Il n’était pas macho, seulement très attentionné. Comme si Estelle n’était pas en mesure de conduire et qu’il devait s’épuiser seul à la tâche. Elle soupira avec une légère contrariété. Soit. Au prochain arrêt, elle prendrait de force la place du conducteur. Elle ignorait encore comment elle allait s’y prendre, mais elle trouverait bien en chemin.

Ledit prochain arrêt vint plus tôt que prévu. La frontière n’étant qu’à quelques minutes de Niagara Falls, le petit groupe décida d’un commun accord d’y passer la nuit. Ils louèrent un petit hôtel ni trop cher, ni trop miteux, en périphérie de Clifton Hill. Estelle ouvrit la porte de leur chambre et y entra, précédée de Cassiel. Alors qu’elle tenait le panneau ouvert pour permettre à Byron d’entrer avec tous ses bagages (8D), son regard s’attarda sur la pièce, dont le décor avait plutôt mal vieilli. Elle posa son sac sur le lit du fond, qu’elle revendiqua par la même occasion, puis s’y laissa tomber avec un soupir de soulagement. Le matelas grinça sous son poids. Bon, ce n’était pas le grand luxe, mais ça avait le mérite d’être propre.

Cassiel s’était posé sur son sac. D’une patte habile, il en avait défait la fermeture éclair et y fouillait à la recherche d’un sac de graines de tournesol qu’il se souvenait y avoir déposé le matin même. Il en ressortit avec son butin et alla prendre place sur la commode. La jeune femme profita un instant du bonheur de pouvoir se coucher après avoir passé plus de sept heures assise côté passager. Les jambes lui démangeaient et ses oreilles étaient douloureuses d’avoir trop écouté de musique à un volume élevé, mais elle était heureuse.

– C’est pas la belle vie Byby ? On est loin, pas de boulot, pas d’obligations...

La liberté. Qu’est-ce que ça faisait du bien !

– On sort à Clifton Hill ce soir ?

Ils y étaient et l’endroit était reconnu pour ses nombreux attraits, pourquoi ne pas en profiter? Pour Cassiel, la question ne se posait même pas. Pendant leur traversée de la ville en voiture, il avait repéré un très alléchant « Musée du Fudge » qu’il lui tardait d’aller visiter.
  
MessageMar 5 Jan - 3:30
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 139Nombre de RP : 57Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
J’ai été agréablement surpris de voir que les chutes que nous avions l’intention de visiter n’était qu’à quelques minutes à peine de la frontière canadienne. Après avoir passé plusieurs bonnes heures sur la route, soit près d’une journée entière, je dois avouer que j’ai grandement hâte de me reposer un peu. J’ose même me demander si j’arriverai à accomplir ce road trip qui nous ferait passer encore de nombreuses heures en voiture. Je n’ai jamais été un grand voyageur et cette première journée m’a grandement épuisé, alors j’ignore si j’arriverai à maintenir la cadence. Praline me fait savoir qu’il s’agit simplement d’une question d’adaptation et j’espère qu’elle a raison. Il m’est toujours possible de passer le volant à ma cousine, mais je n’en ai pas franchement envie, car je tiens à ce qu’elle profite du voyage au maximum. Je sais que cela ne sera pas le cas si elle conduit, alors je préfère m’épuiser pour elle.

Le petit hôtel où nous nous sommes arrêtés n’est pas des plus luxueux, mais il fera entièrement l’affaire pour cette première nuit loin de chez nous. J’aurai pu nous offrir une meilleure chambre, mais pour une seule nuit, est-ce que cela en aurait vraiment value la peine ? Comme notre voyage vient tout juste de commencer, je ne tiens pas à flamber toutes mes économies tout de suite, sinon nous serons contraints de revenir plus tôt par manque d’argent. Je préfère être prudent pour le moment, et de toute façon, cette chambre nous convient très bien à tout les deux. À peine entré dans celle-ci avec ma tonne de bagages que je vois Estelle revendiquer le lit du fond, m’obligeant ainsi à prendre celui qui se trouve près de la porte et de la seule fenêtre de la pièce. Au moins j’aurai une belle vue sur le lever du soleil demain matin.

- Ouais... madame prend rapidement ses airs à ce que je vois, lui répondis-je pour la taquiner un peu.

Sans perdre davantage de temps, comme si j’étais pressé alors qu’on était en congé et libre pour les prochaines semaines, je saisis mon sac pour sortir quelques trucs et ainsi me mettre à l’aise dans cette chambre. Tandis que je cherche mes choses, Estelle me propose de sortir. L’idée est plutôt tentante, il serait fou de ne pas en profiter, surtout qu’un road trip sert à cela au final, voyager sur des kilomètres pour découvrir de nouveaux lieux. La soirée est entièrement à notre disposition et comme Clifton Hill est un endroit touristique, autant en profiter. J’accepte de sortir sans aucune hésitation, impatient de visiter les lieux en compagnie de ma chère cousine. Cependant, un brin de toilette s’impose avant que je puisse remette le pied dehors.

- T’inquiète pas, je vais faire vite.

Mes bouteilles de shampoing en main, je m’éloigne en direction de la salle de bain pour prendre une bonne douche. Je n’ai pas l’intention d’y rester bien longtemps, étant donné qu’Estelle doit vouloir se laver aussi après cette grosse journée de route. Je laisse donc celle-ci dans la chambre en compagnie des deux daemons et avant de refermer la porte derrière moi, j’aperçois Praline du coin de l’œil qui s’est confortablement installée sur mon lit. Elle a dormi pendant presque tout le trajet et elle a encore l’intention de somnoler ? La lynx n’a pas l’habitude d’être paresseuse à ce point, à croire qu’elle ne s’inquiète pas du tout de la suite des évènements après ce début de voyage plutôt mouvementé. Qu’elle en profite, car dès que j’aurai trouvé un boulot à Perth, je serai à nouveau contraint de me rendre à l’hôpital plusieurs fois par jour. C’est souvent déplaisant, mais c’est le prix à payer pour sauver des vies.

L’eau chaude me fait un bien fou et je laisse échapper un soupir de bien-être alors que je laisse mes pensées vagabonder. J’arrive à peine à croire que nous nous trouvons au Canada, ce pays qui me tarde de visiter et qui nous réserve sans doute bien des surprises. Soudain nostalgique, je repense à ma famille que j’ai laissée derrière moi en Australie quelques semaines plus tôt et je me demande toujours si j’ai fait le bon choix de déménageant jusqu’ici. Perth est une ville bien loin de mon pays natal. J’ai mal juste à l’idée d’y penser, mais il est désormais trop tard. J’ai pris le premier vol pour New-York et je dois maintenant vivre avec les conséquences de mes actes. Tout va bien aller. Je sais que ce n’est pas évident à affronter, mais comme le voyage, je suis sure que c’est simplement une question d’adaptation. L’intrusion de Praline dans mes pensées ne me fait nullement sursauter et comme elle a tendance à donner de bons conseils, j’espère de tout cœur qu’elle a raison.

Perdu dans mes pensées, je continue de me laver en oubliant presque que ma cousine m’attend dans la chambre. Je ne le sais pas encore, mais une rencontre plutôt inattendue est sur le point de se produire.
  
MessageDim 17 Jan - 17:06
avatar
Date d'inscription : 15/06/2015Nombre de messages : 291Nombre de RP : 50Âge réel : 24Copyright : MuscaAvatar daëmon : Messire Cassiel
Estelle Abernathy△ MIRRORED MAZE ▽
Estelle prenait ses aises, c’était le cas de le dire. Étendue en travers de son lit, dont elle testait la rigidité et le confort, elle profitait avec joie de ces premières minutes de calme suivant l’arrivée au point de repos. Elle émit un rire à la remarque de son cousin.

– Eh oui! Tu devrais en faire autant, ça fait un bien fou de s’étirer après avoir passé la journée assis.

Et à conduire, dans le cas de Byron. C’est qu’il était têtu, l’Australien. Estelle réfléchissait toujours à la façon dont elle allait s’y prendre pour lui subtiliser sa place lorsqu’ils reprendraient la route. Elle n’était pas la seule à avoir le droit de profiter du voyage, surtout que, de eux deux, il était celui qui avait le moins voyagé et qui n’avait jamais foulé le sol canadien.

Sourd à ses conseils, l’Australien préféra la douche au repos. Il dénicha quelques produits de toilette dans ses nombreux bagages, puis partit s’enfermer dans la petite salle de bains.

– Prends ton temps, lança Cassiel, je ne pense pas qu’ils risquent de manquer d’eau, ici, de toute façon.

Avec de telles chutes à proximité, c’était effectivement plutôt improbable.

Estelle laissa donc à son cousin le loisir d’aller se rafraîchir le premier. Alors que Byron barbotait joyeusement sous la douche, la blonde attrapa son téléphone pour envoyer un message à sa mère restée à New York. Julie Blight avait parcouru le monde avec ses enfants et leur avait ainsi donné le goût de l’aventure. Elle était habituée de les voir régulièrement partir aux quatre coins de la planète, mais elle restait tout de même une mère soucieuse et portée à l’inquiétude qui aimait savoir que sa progéniture, pourtant majeure et vaccinée, allait bien. Sa fille s'installa plus confortablement sur son lit et passa une main derrière sa tête pendant que l’autre tapotait l’écran de l’appareil pour y composer son message. Sur la commode, Cassiel écaillait avec adresse ses graines de tournesol avant de les gober tout rond. Praline s’était paresseusement étendue sur le second lit qui, par défaut, serait celui de Byron. Un silence agréable s’installa sur la petite bande, uniquement brisé par le clapotis de la douche et le bruit des coquilles brisées par Cassiel.

La jeune femme envoya son message, puis se connecta au wifi pour chercher des suggestions de lieux à visiter dans les environs. Elle remua les doigts de sa main passée derrière sa tête en sentant un léger picotement l’envahir. Croyant qu’il s’agissait d’un manque de circulation due à sa position inhabituelle, elle n’en tint pas compte, jusqu’à ce que ledit picotement se transforme en un chatouillis distinct, comme si une petite bestiole lui marchait sur la main. La blonde tourna la tête en direction de ses doigts, et y découvrir une araignée qui, sans être énorme, faisait tout de même quelques bons gros millimètres d’envergure.

Estelle ne craignait pas les araignées, mais ne les appréciait pas pour autant. Cette rencontre inattendue, surtout aussi près de son visage, la surpris. Forcément, elle ne s’attendait pas à avoir la vision d’une épeire en aussi gros plan. Le cri qu’elle poussa fut un peu plus fort que prévu. Elle se redressa vivement en secouant la main. L’effet combiné de son exclamation et de son mouvement brusque sembla générer une réaction en chaîne. Cassiel, qui n’avait pour ainsi dire jamais été habitué à d’aussi brusques réactions de la part de sa daemonienne – chose qui se produisait assez rarement au vu du caractère très posé d’Estelle – s’envola en poussant un cri strident, emportant dans son sillage son sac de graines de tournesol ainsi que le petit tas d’écales qui s’était formé à côté, répandant le tout à la grandeur de la pièce. Tout ce brouhaha alerta même Byron dans sa douche. Cassiel s’était posé en catastrophe sur la tringle des rideaux, le plumage gonflé, la huppe dressée et le coeur battant la chamade. Une petite plume de duvet bleu descendait lentement dans l’air à l’endroit où il s’était tenu quelques secondes plus tôt.

– Mon Dieu, Stella, tout va bien?
– Ça va, c’est rien! s’empressa-t-elle de déclarer pour calmer l’émoi général qu’elle avait involontairement causé. Désolée, j’ai été surprise. C’était juste une araignée, rien de grave, je... AH, elle est là!

La bête avait eu droit à un joli vol plané. Elle errait désormais sur le plancher de la chambre et se dirigeait vers le lit sous lequel elle espérait se cacher. Instinctivement, la blonde releva immédiatement ses pieds afin de leur éviter tout contact avec le sol.

Bon, peut-être Estelle craignait-elle un peu les araignées, finalement...
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 2
Aller à la page : 1, 2  Suivant