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Et si on brisait la glace ? [Pv Apolline]

 
  
MessageDim 8 Nov - 5:29
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J’étais parvenu à quitter l’hôpital tôt aujourd’hui et, étrangement, ce n’était pas pour me déplaire. Malgré l’opération que j’avais accompli avec succès ce matin, j’avais encore pas mal de pain sur la planche. Une de mes patientes étaie revenue se faire examiner et les résultats des tests n’avaient rien de réjouissant. Cela devait faire au moins trois fois qu’elle passait sur la table d’opération et elle était sur le point de revenir pour une quatrième fois. La tumeur cérébrale dont elle était atteinte était incurable et le seul traitement qui existait était d’en retirer le plus possible pour lui assurer une meilleure qualité de lui. Cependant, la tumeur maligne reprenait rapidement le terrain qu’elle avait perdu après l’opération. La dame approchait de la soixantaine et j’avais peur que son corps ne puisse supporter une nouvelle intervention.

Mais bon, je devais tout de même garder espoir. La patiente ne désirait pas abandonner la bataille et je devais la soutenir dans cette décision difficile en acceptant de l’opérer malgré les risques. C’était elle qui avait le dernier mot, après tout. Si, par le passé, je ne pensais pas trop au fait qu’elle puisse mourir sur la table, cette réalité m’avait bien rattrapé aujourd’hui. La route maussade défilait devant moi et j’étais perdu dans ses sombres pensées, tandis que les goûtes de pluie venaient percuter le pare-brise. Praline, assise sur le siège passager, restait silencieuse, elle aussi attristée par les éventuels conséquences de l’opération qui approchait à grands pas. Peut-être s’inquiétaient-ils pour rien aussi, peut-être que la dame était suffisamment forte pour s’en sortir. Elle avait déjà survécu trois fois, alors pourquoi pas quatre fois ?

- Tu crois vraiment que c’est une bonne idée d’aller travailler à la bibliothèque ? Je veux dire... on aurait pu rester tranquille à la maison ce soir et tu aurais pu commencer à te préparer pour l’intervention.
- J’ai déjà fait cette opération plusieurs fois et elle n’est prévue qu’à la fin de la semaine prochaine. De toute façon, j’ai une tonne de dossier qui m’attend.

La voiture s’arrêta dans le stationnement de la bibliothèque municipale en début de soirée. Le jeune homme s’extirpa rapidement du véhicule malgré la pluie battante et se dirigea vers les portes en tenant sa mallette d’une main et son café encore tout chaud de l’autre. En rentrant, le silence qui régnait dans le bâtiment le perturba un court instant, mais il s’y fit en quelques secondes. Comme Praline détestait l’eau plus que tout, elle ne put s’empêcher de s’ébrouer dès qu’elle fut à l’abri de la pluie, ce qui fit voler de nombreuses goûtes d’eau un peu partout sur le plancher poli. Elle ne supportait pas du tout la sensation d’être trempée et sa fourrure allait mettre des heures à sécher, à son plus grand découragement. Ce geste attira les regards des bibliothécaires qui se trouvaient non loin de nous, et celles-ci nous jetèrent des regards furieux, mais je n’y prêtais pas attention.

« On a déjà connu des accueils plus chaleureux... Ça va, j’ai tué personne, elles peuvent arrêter de me fixer comme ça. »

Je jetai un bref regard derrière moi pour constater que ma daemonne me suivait au centimètre près, le poil légèrement hérissé et les oreilles penchées vers l’arrière, prête à fuir au moindre mouvement brusque. Praline était vraiment peureuse et je me demandais toujours d’où elle tirait ce trait de personnalité. Haussant les épaules, je me dirigeai vers un coin moins achalandé de la bibliothèque pour m’installer à l’une des tables toujours disponibles. J’ouvris ensuite ma mallette pour sortir la quantité monstrueuse de dossier que j’avais apporté. Je savais que je n’avais pas le temps de tous les faire, mais au moins, j’aurai de quoi m’occuper jusqu’à la fermeture.

À peine avais-je ouvert la première fiche que j’aperçu un mouvement du coin de l’œil. Praline, qui s’était couchée à mes pieds, jugea bon de me prévenir au même moment. Sur le coup, loin d’être aussi nerveux que la lynx à l’idée de rencontrer un inconnu, je relevai le regard vers la personne qui s’approchait et son visage m’était plutôt familier. Il s’agissait d’une jeune femme que j’avais croisée à quelques reprises ici même et il semblerait que cette fameuse coïncidence n’était pas prête de s’arrêter. Toutefois, malgré toutes ces rencontres, nous ne nous étions jamais adresser la parole. Je me contentai donc de lui adresser un petit sourire avant de me replonger dans mon travail. Les dossiers n’allaient pas se faire tout seul.
  
MessageDim 8 Nov - 18:25
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Et si on brisait la glace ?
La proximité temporelle avec le rendez-vous de demain devrait en théorie être capable de m'angoisser un minimum. En principe, je suis censée être chez moi à décortiquer les annonces sur internet pour pouvoir les proposer à ma cliente de demain pour élargir mon panel et essayer au mieux de convenir à ses besoins.
Sauf que.

Sauf que madame souhaite simplement un appartement suite à sa séparation avec son ex-mari, et n'a pas d'enfants, donc trouver un appartement avec une seule chambre qui convienne à une femme célibataire : j'en fais mon affaire. Evidemment, il faut s'éloigner de l'aspect "chalet éloigné de la ville combiné à une ferme" qui m'a plu à moi, car la femme de la quarantaine à peu près a plutôt un style bourgeois et bien propre. Autant dire que les deux appartements que j'ai déjà trouvés hier et dont j'ai organisé les visites cette semaine risquent fort de lui taper à l'oeil. L'inconvénient, c'est que pour travailler, je ne suis pas vraiment seule : Léon n'hésite pas à me marteler que les visites commencent demain, et qu'il vaut mieux prévoir trop que pas assez. C'est d'ailleurs à cause de lui si ce soir, alors que le soleil est déjà tombé derrière l'horizon, que le pick-up se gare non pas dans l'allée de graviers du chalet, mais au parking immense de la bibliothèque tout aussi immense de Perth. Maintenant, c'est lui qui râle, puisque le pick-up ne peut prévoir de place assez grande pour lui dans la cabine de conduite et qu'il doit se coltiner le trajet à l'arrière. Lorsque je sors de la voiture armée de mon manteau à capuche, je lui ouvre le passage pour qu'il sorte, avec un grand sourire criblé de pluie sur mon visage.

« Je ne veux même pas t'entendre. »

Non, il ne m'entendra pas. Nous courrons jusqu'à l'immense hall de la bibliothèque pour se sécher un minimum avant de rentrer dans les grandes salles silencieuses de la bibliothèque. L’odeur des pages desséchées par le temps et jaunies par l’expérience m’emplit le cœur d’une joie nouvelle. Qu’importe la pluie et le sale temps : je me réjouis finalement du martèlement de la pluie sur les immenses carreaux des salles chaudes de la bibliothèque. Le jour s’éteint si rapidement que la plupart des lampes de bureaux sont déjà allumées, et que les tables sont pour la grande majorité privées de toute âme qui vive. Parfait pour ce soir. De mon sac, je sors la pochette contenant ma tablette et quelques feuillets déjà imprimés, sur lesquels je vais pouvoir passer quelques coups hâtifs de surligneur une fois qu’un bien immobilier aura particulièrement attiré mon attention. Mais pour l’heure, j’attends deux minutes que Léon finisse de dégouliner devant l’entrée avant de m’engouffrer dans la plus grande salle, et incidemment la plus vide. Sans grande surprise, je vois à ma table habituelle le médecin sexy qui est toujours en face de moi, à l’angle opposé. Tu ne sais même pas s’il est médecin… Certes. J’ignore absolument tout de sa vie, mais les bouquins énormes de neurosciences et de chirurgie me laissent tout de même assez clairement deviner qu'il n'est pas boulanger ou danseur classique. Pour le coup, Léon ne trouve rien à redire.

Je m'assois à ma place habituelle, saluant d'un sourire discret mon voisin tout aussi discret, qu'une fois de plus je n'oserai pas déranger hormis quelques sourires entendus quand nos regards se croiseront. Comme à chaque fois. Je crois que j'aime cette routine silencieuse et apaisante. Une minute me suffit à m'installer et mettre en place ma tablette tactile, mes feuilles et mes surligneurs. Léon a pris pour habitude d'aller s'allonger près du radiateur, sous les fenêtres, et ne bougera pas pour son plus grand plaisir : l'hibernation ne l'atteint pas autant que ses congénères bestiaux, mais il a une force tendance à s'allonger partout où il le peut dès que l'hiver se fait sentir. D'ailleurs, cette soirée est relativement rude : non satisfait de nous envoyer des trombes d'eau, le ciel glisse sur la région des vents si forts qu'ils ont cru bon à la météo locale de nous prévenir d'importantes rafales. Le vent siffle d'ailleurs durement contre les fenêtres et fait trembler celles derrière mon médecin imaginaire.

J'étudie longuement l'un des biens que j'ai déjà sélectionné pour ma cliente, et sur ma tablette commande à l'imprimante branchée quelques étagères de livres plus loin de m'imprimer deux autres nouveautés que je n'avais pas vues hier. Léon ouvre à peine un oeil lorsque je me relève en époussetant ma robe couleur moutarde, et glisse un oeil curieux vers ce que fait 'mon' médecin de compagnie avant de m'éclipser vers l'imprimante. Les feuilles chaudes qui sortent de la machine sont un réel délice pour mes doigts qui commençaient à geler du manque d'activité. Je retourne à ma place le regard un peu dans le vide, perdue dans les feuilles que je viens d'imprimer, mais avant même de m'asseoir, je suis bien obligée de relever les yeux. Une bourrasque plus puissante que les autres a décroché l'une des fenêtres et l'a ouverte sans plus de cérémonie, faisant entrer de la pluie dans une partie de la salle -heureusement vide de livres- et venant tremper Léon. Le pire, c'est que le courant d'air ainsi happé vers l'extérieur a fait s'envoler absolument toutes mes fiches sur l'homme assis en face de moi.

J'aurais du courir jusqu'à la fenêtre pour la refermer, ou peut-être que j'aurais du me cacher sous une table et me faire aussi petite qu'une souris. Mais à la place, j'ai simplement claqué à nouveau la fenêtre d'une pensée sans même en prendre conscience. Le regard de Léon en dit long. Réflexe, crois-je me justifier avec ça. Hébétée, je m'approche de cet homme pour la première fois en quelques semaines que je le croise sans échanger un mot, conscience qu'il va bien falloir le faire cette fois-ci. Je me confonds en excuses bredouillées, sans même chercher à m'expliquer sur ce qu'il vient de se passer avec cette maudite fenêtre.

« Je peux... récupérer ce qui m'appartient ? »

Non pas que je ne veuille pas le faire moi même, mais mes feuilles sont sur ses genoux, et je n'oserai pas si tôt aller fouiner dans ce coin.
acidbrain

  
MessageVen 13 Nov - 5:34
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Qui disait que la tranquillité et le silence règnent en maître dans une bibliothèque ? Je peux vous garantir que ce n’était pas le cas cette fois-ci. J’ai l’air de râler en disant ça de cette façon, mais cela ne me dérange pas, les accidents arrivent plutôt vite d’habitude. Disons seulement que je ne m’attendais pas du tout à recevoir des feuilles en plein visage. Praline non plus d’ailleurs, puisqu’elle a brusquement sursauté sous la table, faisant renversé ma mallette sur le sol par la même occasion. De la part de ma daemonne ce n’est pas très surprenant, étant donné qu’elle a peur de tout et n’importe quoi. Une rapide pensée rassurante à son intention la détend quelque peu, mais la lynx reste toujours sur le qui-vive, le poil légèrement hérissé et le regard écarquillé.

Surpris, je lève le bras comme par réflexe pour tenter d’arrêter la course des feuilles sauvages qui s’étaient envolées jusqu’à moi. Ce courant d’air avait été plutôt violent et soudain, mais ce n’était pas très surprenant avec le temps qu’il faisait dehors. D’ailleurs, parlant de ça... je suis fou ou bien la fenêtre s’est fermée toute seule ? L’ours doit probablement l’avoir fermé pendant que je ne regardais pas. Haussant les épaules, j’oublie vite ce petit détail et je m’empresse de récupérer les feuilles de la jeune fille. Je n’ai pas l’intention de poser le regard sur ce qui est imprimé sur chacune d’elle, mais mon regard est accidentellement dirigé vers ce que je ne veux pas. Je vois quelques mots et une photo qui m’intrigue un peu. Toutefois, je fis comme si de rien n’était et je tends le bras pour redonner les feuilles à leur propriétaire, sans oublier de lui accorder un petit sourire.

- Belle maison. Vous comptez l’acheter bientôt ?

Puis, je prends soudainement conscience de ma question plutôt indiscrète.

- Pardon, c’était très déplacé de ma part.

Wait ? Est-ce que je viens vraiment de lui parler ? Après toutes nos précédentes rencontres ici, à la bibliothèque de Perth, nous ne nous étions jamais adressé la parole. Jusqu’à présent, apparemment. Je viens visiblement de briser la glace entre nous deux, enfin... c’est plutôt le courant d’air qui la fait. Praline intervient mentalement dans mon esprit au même moment pour m’indiquer que quelque chose est tombé de mon sac lorsqu’il s’est renversé au sol. Intrigué, je fronce les sourcils et me tourne dans sa direction. La lynx, désormais juchée sur ses pattes postérieures, me tend une petite boursette en velours qu’elle a ramassé dans sa gueule. Mon cœur se serre à la vu de cet objet que j’aurai pu perdre dans cet endroit si cela n’avait pas été de ma chère daemonne.

D’un coup, je suis nostalgique. Je me souviens du jour où un m’a donné ce cadeau. Il s’agissait d’un petit garçon d’environ cinq ans que j’avais eu l’honneur d’opérer lorsque j’habitais encore en Australie. En retirant complètement sa tumeur enfantine, je lui avais sauvé la vie. Ses parents et lui étaient si contents d’apprendre la nouvelle qu’ils tenaient absolument à me remercier d’une quelconque façon. Le petit bonhomme m’avait alors confié sa collection de petits cailloux colorés que je gardais toujours sur moi depuis tout ce temps. J’aurai très bien pu les jeter lors de mon retour à la maison, mais je ne l’avais pas fait. Ce cadeau, aussi banal était-il, me rappelait constamment pourquoi j’avais choisi ce métier qui me permettait sauver des vies.

Jamais je n’oublierai cette journée.
  
MessageSam 14 Nov - 11:43
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Oh la galère. Déjà qu'il est compliqué d'aborder quelqu'un à la bibliothèque, mais c'est encore pire dans ce genre de situation. J'ai envie d'aller chercher une pioche, de creuser un trou dans le sol et d'y rester un petit moment, juste le temps qu'il s'en aille sans récupérer son reste. Ceci dit, comme le rappelle gentiment Léon par la pensée, mes feuilles ne sont pas tombées sur le type le plus dégueulasse de toute la salle. Au contraire. Avec une belle gueule pareil, qu'il s'étonne pas d'avoir déjà été lorgné par toutes les minettes de la bibliothèque, y compris moi. On crache pas sur une rose au milieu des ronces. Puis bon, avec ce regard, là, j'fais comment moi pour rester calme ? J'ai les mains moites et la respiration pas tranquille jusqu'à ce que je sente le regard blasé de Léon derrière le type qui se décide à briser la glace de ce moment de solitude extrême. Effarée, je dois lui faire une tête de biche aux abois jusqu'à ce que je comprenne qu'il parle de mes fiches qui se sont amusées à se coller à son corps. J'voudrais être une fiche, là tout d'suite. C'est un délice que de voir la tête de Léon s'allonger encore de six pieds. Calme tes ovaires. Il doit bien attendre une réponse, sexyboy.

« Pas de problème »

Je récupère mes affaires et ordonne les feuilles entre mes mains avant de les coller contre mon buste.

« C'est pas pour moi, c'est pour offrir. »

Rien à voir. Mais comme la phrase n'est pas fausse en soi et qu'elle laisse planer une énigme, ça m'amuse. Quelques secondes, au moins. Lui laisser croire que j'ai les moyens d'offrir des maisons de luxe à des gens, comme ça. Pour le fun. Si j'étais multi-milliardaire, encore. J'offrirais peut-être des maisons dignes de ce nom à tous les sans-abris de la planète. Sauf que je le suis pas. Léon quitte son poste sous la fenêtre pour nous rejoindre et s'allonger, mais sous la table cette fois-ci, en jetant un oeil bienveillant au lynx qui accompagne ma cible.

« J'vous laisse trente secondes pour deviner mon métier. »

Un peu plus loin dans la salle, un homme souffle fort pour nous faire signe de parler plus doucement. J'estimais notre volume sonore déjà à la limite de ce que l'oreille humaine peut entendre... il veut quoi lui. Un coup de chaise ? Malgré tout, je retourne à ma place après un regard entendu à mon médecin imaginaire, en lui lançant un regard entendu une fois que je suis de nouveau face à lui, de l'autre côté de la table. Je prends une de mes feuilles et, au dos, trace les lignes horizontales du nombre de lettres de mon métier.

Spoiler:
 

T'as vu où qu'on faisait des pendus silencieux à la bibliothèque, toi? Dans un film, j'crois. J'aimais bien l'idée : on respecte le silence des autres et j'embête le type sexy en face de moi l'histoire d'une minute ou deux pour me divertir avant de retourner au travail. Il peut pas m'en vouloir, si ? Il va sûrement penser que j'ai 10 ans d'âge mental et que je ferais mieux de retourner à mes fiches, mais j'ignore ce simple fait. Au moins, je saurais s'il est fréquentable ou non, des fois que je veuille le revoir autrement que le cul sur une chaise.

Léon s'agite un peu derrière moi mais je l'ignore, il doit sûrement être en train de tourner sur lui même pour trouver une place confortable pour s'allonger et dormir. Sauf qu'il est seulement en train de faire des signes avec ses grosses pattes poilues pour donner les premières lettres à l'homme en face de nous.

Spoiler:
 


AVENGEDINCHAINS
  
MessageSam 19 Déc - 15:38
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J’ai bien entendu ? Elle compte offrir une telle maison à quelqu’un ? Non pas que cela me dérange, loin de là, mais comme elle n’a pas utilisé le mot acheter, je me pose quelques questions. Cette maison lui appartient déjà ou comment ça se passe ? Comment quelqu’un peut-il offrir une si belle propriété ? A-t-elle l’intention de déménager ? Difficile à dire, mais je n’ai aucunement l’intention de lui demander, cela serait bien trop indiscret de ma part. Déjà que j’ai osé lui poser une question par rapport à ce qui se trouvait sur ses fiches, alors que j’ai fait de mon mieux pour ne pas poser les yeux sur elles, je ne vais tout de même pas recommencer. Le mieux serait de changer de sujet... mais comment puis-je faire cela de façon discrète ?

Intrigué, mais surtout amusé par la réponse de la jeune femme, je lance un regard à l’intention de ma daemonne tout en haussant très légèrement les épaules. Toutefois, celle-ci m’accorde un bref coup d’œil en réponse avant de retourner son attention en direction de l’ours qui est venu la rejoindre sous la table. Il ne semble pas méchant ou menaçant, mais la lynx ne peut s’empêcher d’être légèrement méfiante à son égard. Étant de nature craintive, ça lui prend toujours un certain temps avant de s’habituer aux nouvelles personnes ou daemons qu’elle rencontre. C’est passager, par chance, sinon ma vie serait bien pénible. Bien vite, les craintes de Praline laisseraient place à sa curiosité et ce ne serait plus qu’une question de temps avant qu’elle se fasse un nouvel ami. Encore fallait que l’autre boule de poil veuille faire de même.

Puis, au moment où j’essaie de trouver un nouveau sujet de conversation, car oui j’ai bien envie d’apprendre à connaître cette demoiselle, celle-ci me propose un petit jeu. Plutôt surpris, je hausse un sourcil en lui jetant un regard malicieux, carrément intéressé par son idée. Les gens ont tendance à croire que je suis quelqu’un de sérieux, mais mon cœur d’enfant refait souvent surface. Ah ouais, elle a vraiment l’intention de jouer au pendu ici, dans la bibliothèque ? Bah, pourquoi pas, l’idée est plutôt bonne et ça devrait être marrant. Je repousse vivement mes livres de neuroscience et me penche vers la feuille qu’elle me tend avec un large sourire au visage, prêt à relever le défi. Quoique... en voyant le nombre de lettre, mon sourire se décompose presque. Comment je suis censé trouver son métier avec ce jeu ?

- Houla, seulement trente secondes ? C’est clair que je n’y arriverai jamais.

Mais bon, je peux tout de même tenter ma chance. Dans le pire des cas j’échoue lamentablement, et dans le meilleur des cas, je parviens à trouver quelques lettres, voir même les deux mots en entier. Je suis donc sur le point de prononcer une première voyelle lorsque l’ours me fait quelques signes qui, sur le coup, me laisse de marbre. Je ne comprends absolument pas où il veut en venir. J’ai beau le regarder mimer la dite lettre plusieurs fois de suite, rien ne vient. Praline préfère donc intervenir pour faire cesser ce moment plutôt gênant et me fait remarquer qu’il s’agit d’un M. Apparemment, il y en a deux à la suite de l’autre, mais cela ne m’aide pas vraiment. Un métier aussi long avec deux lettres semblables collés ensemble... je dois essayer d’en trouver d’autres, sinon c’est mort.

- Euh... je ne sais pas trop, je vais commencer avec un A, c’est toujours gagnant.

Bonne ou mauvaise idée ? Je l’ignore. Cependant, mon esprit en ébullition n’a pas l’impression qu’il s’agit d’une lettre gagnante.

- Ah non, laisse tomber, je dirais plutôt un O.

Autant de voyelle dans un nom de métier ? Nah, impossible.

- Il doit sûrement y avoir une lettre un peu plus difficile à trouver que les autres... Un K, peut-être bien ?

J’ai vraiment l’air d’un con à murmurer des lettres au hasard de cette façon. Bien vite, le pauvre petit bonhomme sera pendu et la partie sera terminée.

- Aller un H, j’y crois !
« Mais putain, tu vas nommer tout l’alphabet ou quoi ? »

Il semblerait bien que oui. Je dois tout donner si je veux espérer gagner. Autour de nous, les gens nous jettent des regards et quelques uns osent nous demander de nous taire. De mon côté, je suis tellement captivé par le pendu que je ne les entends absolument pas. Une pensée me vient alors en tête. T’imagine si je fais pareil ensuite ? Elle va avoir du mal à trouver mon métier avec ce jeu. Un petit ricanement de la part de ma daemonne se fait entendre. Peut-être bien, mais le tiens est composé d’un seul mot, c’est déjà ça. Pas faux, encore faut-il qu’elle parvienne à trouver les bonnes lettres. Impatient, je préfère garder le silence à partir de maintenant pour savoir si l’une des lettres que j’ai nommées en mode barbare est exacte. Aller belle demoiselle, fait-moi plaisir et vend-moi du rêve s’il te plaît.
  
MessageSam 2 Jan - 13:15
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On a l'air de deux idiots à jouer au milieu d'une grande salle où les adultes sont censés se tenir à carreaux. C'est barbant d'être toujours sage, si je le pouvais je reprendrais mon atelier de couture où je l'ai laissé ; mais je suis restreinte à devoir changer de vie et faire semblant de me plaire en tant qu'agent immobilier. A faire découvrir des appartements ou des villas luxueuses à des couples/familles/célibataires qui prennent des crédits sur le dos à n'en plus pouvoir afin d'avoir un toit au dessus de leurs têtes qui correspondent à leurs idéaux. D'autres au contraire, comme mes parents, se sont largement contentés de la maison familiale qui passe de génération en génération depuis deux siècles, et se contentent de faire quelques travaux pour l'embellir sans jamais la dénaturer. Moi et mon chalet, on s'en sort très bien, en fin de compte.

Mon sourire s'aligne sur celui de mon charmant médecin en le voyant éprouver quelques difficultés à devenir mon petit jeu. Ayant enfin compris que Léon essaie de les aider, je lui assène un léger coup de pied dans le fessier pour qu'il s'arrête, ce qui n'a pas l'air d'arrêter mon partenaire de jeu. Qui devine sans trop de difficultés les deux voyelles qu'il contient.

Spoiler:
 

Un peu dépitée, j'écris au stylo les deux lettres devinées, trouvant que la devinette risque d'être bien facile à présent. Tu dis ça parce que tu connais la réponse toi. Sans doute. Je me surprends à espérer qu'il en fasse de même pour son métier, bien qu'il fasse indéniablement parti du monde hospitalier. Enfin j'espère : c'est le fondement de mon fantasme, après tout.

« Moi qui pensais que vous étiez doué »

Avec un sourire en coin, je trace le premier trait de ce pauvre bonhomme qui va finalement finir pendu s'il se met à sortir des lettres aussi compliquées que le K. Peut-être que ça va durer un peu plus de temps que prévu, finalement ? Quand un groupe de filles au loin me lancent des regards en espérant me faire taire, je tourne la tête vers elle en haussant les sourcils, le menton rabaissé. Par pure mesquinerie -et parce que j'ai horreur qu'on me donne des ordres sauf certains contextes particuliers interdits aux mineurs- je tourne plusieurs dizaines de pages de leurs livres respectifs pour les occuper à autre chose qu'à se mêler de ce qui ne les regarde pas. Toutefois, pour éviter de manquer de respect, je baisse le ton de ma voix.

« C'est plus que donné à ce stade, pas besoin de plus de lettres »

Une fois, j'ai joué à ce jeu, mais au lieu de pendre un petit bonhomme, la personne en face devait retirer un vêtement à chaque lettre erronée. Autant dire que les parties étaient courtes.
Y'a des gens ici, Apo.
C'est dommage, je l'ai pas encore fait dans une bibliothèque.


Je déploie tous mes talents pour ne pas avoir l'air de le reluquer quand je me remets à le fixer. L'idée n'est pas de passer pour une folle furieuse face à lui, mais c'est à cause du fantasme de la blouse blanche aussi.

« Tic tac tic tac... plus que quelques secondes. »

AVENGEDINCHAINS
  
MessageMar 12 Jan - 0:43
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Est-ce que je dois continuer à feindre l’ignorance ? Ce petit jeu m’a paru bien amusant au début, mais je redoute désormais le moment où ma partenaire va comprendre mon subterfuge. Je n’ai jamais été bon au bonhomme pendu et il me semble évident que je n’arriverai jamais à gagner si je continue à lancer des lettres peu probables dans ce mot long comme mon bras. J’avoue que je fais peu d’effort pour réussir, mais je pensais que la jeune femme allait s’ennuyer et ainsi dévoiler sa réponse bien plus tôt. Il va donc falloir que je me magne un tantinet pour y parvenir, étant donné que j’ai envie de discuter avec elle par la suite pour apprendre à mieux la connaître. Après tout, nous nous sommes rencontrés de nombreuses fois ici, à la bibliothèque de Perth, et je me demande encore pourquoi notre rencontre a été autant retardée.

Je lance un rapide coup d’œil à Praline, toujours couchée sous la table, pour tenter d’obtenir son aide. La lynx a toujours été meilleure que moi à ce jeu et j’ai la forte impression qu’elle connaît la réponse depuis un bon bout de temps et qu’elle me laisse chercher sans m’aider d’aucune façon. Mes pensées se confirment lorsque j’entends la voix amusée de ma daemonne, qui a apparemment retrouver son calme. Sérieusement, tu as vraiment besoin de mon aide ? Je ne te le demanderai pas si ce n’était pas le cas. J’y crois pas, tu sauves des vies en farfouillant dans le cerveau des gens et tu es incapable de résoudre une énigme si facile. Tu me décourages parfois Byby, mais c’est comme ça que je t’aime. Le fauve se déplace un peu par la suite pour s’extirper de sa cachette et ainsi être en mesure de s’adresser convenablement à la jeune femme.

- Lui il n’est pas doué, mais moi je crois avoir deviné. Vous êtes agente immobilière, n’est-ce pas ?

Mais oui, quel idiot. Elle disait qu’elle voulait offrir la magnifique demeure qui était imprimée sur l’une de ses feuilles et si on y réfléchit bien, quel métier nous permettait-il de vendre des maisons ? Il y en a pas des masses... J’essaie de cacher la honte subite qui m’envahit en levant les yeux au ciel, tentant de paraître plus amusé qu’autre chose. Praline m’adresse alors un regard en coin et elle fait de son mieux pour ne pas éclater de rire, ce qui aurait bien déplu aux gens qui se trouvent tout autour de nous et qui se contentent de pousser des soupirs de temps à autre. Certains expriment clairement leur mécontentement à nos égards tandis que d’autres préfèrent prendre leur mal en patience.

- Encore quelques lettres et j’étais bon, je l’aurai trouvé. D’ailleurs, je n’ai eu qu’un seul essai, ce n’est pas juste.

Puis, une idée me vint soudainement en tête.

- Voyons voir si vous êtes plus maligne que moi.

Je lui lance un regard taquin comme pour la mettre au défi. Je m’empresse ensuite d’arracher une feuille de mon cahier pour tracer quelques traits dessus qui déterminent le nombre de lettre qu’elle doit trouver. Mon métier risque d’être plus facile à trouver que le sien, étant donné qu’il n’est composé que d’un seul et même mot. Toutefois, certaines lettres qui le constituent sont un peu plus rares, soit moins évidentes à trouver et je mise donc là-dessus pour réussir le défi. Praline me fait rapidement remarquer que son daemon risque fort de l’aider, comme ça avait été mon cas, et cela me donne une raison de plus d’être nerveux. Je ne tiens pas à gagner à tout prix, mais je suis curieux de voir comment elle va s’en sortir. Encore faut-il qu’elle connaisse les chirurgies spécialisées...

- Alors, une petite idée ? lui lançai-je, en lui montrant la feuille à mon tour, comme elle l’avait fait un peu plus tôt.

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MessageLun 18 Jan - 20:00
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Les mégères qui s'occupaient d'autre chose que de leurs affaires poussent de légers cris de surprise en voyant que les pages de leurs livres respectifs ne sont pas bonnes. Elles s'affairent alors à retrouver l'endroit où elles en étaient au lieu de se mêler de ce qui ne les regarde pas. A tout casser, ces jeunes ont, quoi, à peine la vingtaine ? Qu'est-ce qu'elles fichent à cette heure là la bibliothèque alors qu'à cet âge on est censé sortir et fêter sa jeunesse ? C'est toi qui dit ça ? Emma a passé presque trois mois à te harceler pour sortir au lieu de réviser à la maison pour que tu le fasses. Oui, mais même. Moi je révisais chez moi, j'emmerdais personne et surtout pas les adultes.
Enfin.
Les grands enfants.
Qui jouent au pendu en pleine bibliothèque en espérant ne pas se faire attraper. J'imagine bien un Severus Rogue me taper à l'arrière du crâne parce que je suis en train de m'amuser au lieu de m'affairer à trouver une maison qui correspond au couple qui m'a sollicitée la semaine dernière.

De grands enfants, effectivement.
Je n'en mène pas large quand, grâce aux gestes peu subtils de Léon que j'ai rôdé à trois kilomètres à la ronde, la féline aussi gracieuse que mortelle devine effectivement. Mon sourire en coin se transforme en un air boudeur presque enfantin.

« Pas de bonhomme pendu ce soir » minaude-je en reprenant ma feuille pour la cacher sous les autres, elles consacrées à quelque chose de plus sérieux.

J'aime pas les trucs sérieux. Et curieusement, j'ai comme l'impression que mon compagnon de soirée n'aime pas forcément non plus. Nos vies doivent être sacrément tristes pour que l'on parvienne à trouver de l'amusement dans un jeu aussi enfantin. Il a l'air mauvais perdant, aussi. Comme toi. Comme nous, nuance. Mes yeux doivent briller de l'intérêt qui suscite à l'échange des rôles pour notre petit jeu. Le temps d'un intermède calme, la grande salle sombre retrouve sa quiétude. Un coup d’œil à la fenêtre me laisse voir que la neige, fine et emportée par le vent, a remplacé la pluie. Dieu que j'aime cette ambiance. Manque un foyer de feu, un tison, et une peau de bête. Poussée par la provocation, je hausse un sourcil le temps qu'il dessine à son tour les traits qu'il trace sur sa feuille.
Petit à petit, mon sourire disparaît, et mon visage se décompose.
Un peu comme la grande gueule de Léon qui s'entrouvre de dépit.

Je chuchote, mauvaise joueuse :

« Quoi ? Aussi long ?! »

C'est pas du jeu.
Autant faire dans la logique.
Je l'imagine en blouse blanche, et décidément, il n'a pas l'air du genre à porter une blouse juste pour le délire. Ou alors il est transformiste. Animateur de cirque ? Mais ça briserait tout le charme. Il y a forcément un truc scientifique là dedans. Chercheur ? Médecin ? Dans ma concentration, une de mes mains vient passer devant mon menton, puis je m'y appuie en fixant la feuille comme si la réponse allait apparaître par magie.

« Un I, un E, un N. »

Ça pourrait effacer quelques doutes. Chirurgien, Médecin par exemple.

« Je vous ai toujours imaginé en médecin. Je sais pas pourquoi. Ça doit être les quelques manuels d'anatomie que vous apportez parfois ou l'air trop concentré que vous avez quand il y a du bruit autour. »

Un coup d'oeil à la féline pour vérifier qu'elle ne me dévore pas sur place, et je plante mes yeux dans le supposé médecin. Touché ? Ou pendu ?
AVENGEDINCHAINS
  
MessageLun 25 Jan - 5:24
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Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 136Nombre de RP : 55Âge réel : 23Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
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Praline, toujours fidèle à son poste, n’a pas l’intention de donner le moindre indice à la jeune femme qui se trouve devant elle et à son daemon, malgré que celui-ci l’ait fait pour Byron un peu plus tôt. Avec la quantité monstrueuse de voyelle qui se trouve dans le mot, elle est persuadée que leur réussite ne saurait tarder. Toutefois, la lynx au nom bizarre se laisse soudainement distraire par ce qui se trouve dehors. Désormais, ce n’est plus de l’eau qui vient s’écraser sur les fenêtres de la bibliothèque, mais bien de la neige. Émerveillée, elle reste immobile quelques instants et contemple le spectacle avec attention. La neige n’est pas reconnue pour être très populaire en Australie et Praline rêve d’en voir de ses propres yeux depuis leur déménagement sur ce nouveau continent. Elle songe alors à prévenir son daemonien pour qu'il puisse admirer cette merveille à son tour, mais se ravise aussitôt en sachant que ce dernier est plus absorbé par son jeu que par ce truc blanc qui tombe du ciel.

- Il semble long, mais il n’est pas si pire que ça. Encore un peu de patience et vous pourrez constater par vous-même.

Personnellement, je le trouve carrément moins long que le sien. Cependant, je dois avouer que les lignes que j’ai tracées sur la feuille prennent presque toute la largueur de celle-ci, mais quand les premières lettres apparaîtront, l’effet de longueur se dissipera assez rapidement. Ma compagne de jeu ne perd donc pas de temps et lance l’assaut en nommant deux voyelles et une consonne. Houla... je crois qu’elle s’avance sur un terrain miné avec ces trois lettres-là. Jouant le jeu, je perd à mon tour sourire, comme si j’avais perdu toute confiance. Grommelant légèrement, je retourne la feuille dans ma direction pour écrire ses réponses aux endroits correspondants. Du coup, mon mot semble très facile à deviner maintenant, mais j’espère qu’il ne s’agit là que d’une impression.

Spoiler:
 

- C’est vrai que je suis pas mal concentré quand je viens ici. J’ai pas trop l’air grognon, j’espère ?

Puis, de nouveau souriant, je m’empresse d’ajouter ;

- On peut dire que je suis médecin, mais un médecin plus spécialisé que les autres.

Praline, qui jusque-là observait toujours la neige tomber, ramène son attention sur le petit groupe après avoir entendu les paroles de son daemonien. Elle le fixe un moment avant de détourner son regard sur la table où se trouvent toujours ses nombreux bouquins. Tu es grillé avec ce que tu viens de dire. Comment ça ? Bah, tu as laissé tes livres de médecine et de neuroscience juste à côté, ça va forcément l’aider à trouver ton métier. Ah ouais, j’avais pas pensé à ça. Tout en haussant les épaules, je n’ajoute rien, il est déjà trop tard pour remédier à cela. On peut dire que c’est un juste retour des choses, après tout l’ours m’a donné de bonne piste de son côté lorsque c’était le tour de sa daemonienne. Encore faut-il qu’elle devine le mot...
  
MessageSam 13 Fév - 11:36
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Date d'inscription : 03/11/2015Nombre de messages : 325Nombre de RP : 91Âge réel : 25Copyright : Air (av) & minori (sign)Avatar daëmon :
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Sembler ? Le mot est faible. Trois kilomètres de long pour coller des lettres les unes aux autres, il n'y a que des sadomasochistes pour aimer exercer des métiers à l'intitulé aussi long. Léon refuse de parier avec moi quant à savoir si cet homme est bien aussi sadomasochiste que son métier le laisse supposer, je finis donc par garder mes élucubrations pour moi et coule un regard intéressé sur son visage. Il m'a toujours été difficile de deviner les intentions des gens, je suis indéniablement mauvaise et tout m'apparaît comme une surprise -bonne ou mauvaise. Raison pour laquelle j'éprouve une méfiance inébranlable à l'égard de tout le monde, comme ça, pas de mauvaise surprise. Ça doit sûrement en décourager quelques un(e)s, mais ceux qui s'accrochent en valent la peine. Ceux qui restent restent à jamais. Il n'y a qu'à voir avec quelle force Beatriz et moi nous nous sommes retrouvées, trois ans après un silence de plomb.

Mon compagnon prétendument sadomaso affiche un sourire communicatif. Mes yeux se décrochent à grand peine de ces lèvres -c'est fou le pouvoir qu'elles ont de manière générale, la bouche est le chemin de traverse de toutes les émotions- et rejoignent ses yeux.

« Ça vous va bien, l'air grognon. »

Aucune idée d'où me vient ce propos, d'ailleurs. Un homme concentré et fermé est incroyablement plus sexy que celui qui joue des pieds et des mains pour attirer l'attention. Je préfère une belle discrétion à une éloquente présence.

Ma tête se penche légèrement, comme si l'inclinaison allait m'aider à mieux jauger des lettres manquantes. Quelquechosechirurgien ? Ses mots interrompent mes pensées, mais permettent de créer un fil d'Ariane. Un médecin spécialisé c'est encore plus intéressant qu'un simple médecin généraliste qui tapotent le dos des petits vieux malades et prescrit des anti-inflammatoires. Il doit voir des trucs passionnants... et venir ensuite s'enfermer dans une bibliothèque pour un peu de calme. Sa vie ne doit pas être reposante, tout doit se faire entre-deux, sans délice, sans affection. Cela devient subitement triste. J'aurais presque envie de le secouer, et de l'emmener entre deux interventions faire des trucs un peu plus marrants. Et même s'il essaie de ne pas approfondir le sens de ma pensée, Léon approuve.

« Mh, je crois que j'ai deviné. »

Mes coudes se posent sur la table et j'observe d'un air distrait les bouquins qui envahissent son côté de bureau. Je me penche ensuite à peine vers lui, la voix basse.

« Neurochirurgien ? J'ai gagné quoi ? »

On n'avait pas parlé de gain mais le retournement de situation est d'avantage ma spécialité que la neurochirurgie. Il m'est effrayant de comprendre que certaines personnes ont la capacité de toucher à ce qui fait notre identité, à ce qui maîtrise nos pulsions et nos comportements. En reculant le menton, je vois que ma montre affiche vingt-heures quarante-cinq, proche de l'heure de fermeture de l'endroit. Je commence donc à rassembler mes feuilles, tranquillement. L'empressement ne se fait pas sentir. On pourrait même aller dans un endroit où une discussion approfondie ne gênerait personne ; mais j'ai comme le pressentiment qu'il est un loup solitaire.
Qui ne tente rien n'a rien.

« Vous travaillez ensuite ? »

AVENGEDINCHAINS
  
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