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Pansements de toutes sortes › Kelly

 
  
MessageDim 20 Déc - 4:38
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Pansements de toutes sortes
Avec
Kelly McAllister & Yaksha Singh


Étant partie à courir loin de la bâtisse dont l'incendie était de plus en plus important, je me dirigeais vers le seul endroit logique pour moi en ce moment. L'université. Plus particulièrement ma chambre. Je changeais vite d'idée lorsqu'en remettant le petit aquarium de Bhaga en place, mon poignet gauche bougea. Les évènements précédent le dernier me revint en tête. Tomber au travers d'une vitrine d'une boutique faisait mal. Je devrais sûrement me faire désinfecter d'un peu partout en plus, sans oublier ma toux qui n'arrêtait pas. Je me rendis donc vers l'hôpital, me doutant que ce devrait être plein. Je n'avais pas assisté à tout, mais juste avec le daemon éléphant, il y avait dû y avoir quelques blessés. Une fois sur place, ça se confirma. Heureusement, il y avait des des indications transmises à propos des cas les moins graves. Des adresses de cliniques de toutes sortes données, je me rendais donc à une, la cinquième plus près de l'hôpital selon les indications, me disant que les premières seraient bombardées de personnes. Cela me prit un peu de temps, mais je n'avais pas grand-chose d'autres à faire. Je n'en n'avais pas l'envie non plus. Je faisais pas vraiment confiance aux cliniques, hôpitaux, etc... ils utilisaient probablement des produits testés sur des animaux. Sauf que je ne pensais pas pouvoir me guérir toute seule, et je ne savais pas quoi faire contre cette toux qui n'arrêtait pas. Il y avait probablement une tisane ou un thé, mais je n'y pensais même pas. Je voulais peut-être être traitée un peu aux petits oignons. On ne risquait pas de prendre soin de moi rapidement et longtemps peu importe où j'allais, mais me faire dire que je m'en sortirais et que j'irais bien devait être ce que je voulais. Je pensais déjà que ce serait le cas, mais me le faire dire par des personnes compétentes seraient bien aussi.

Je me mis à tousser, encore une fois. Une fois, deux fois, trois fois. Je me retins ensuite, les étouffant le plus possible. J'avais vraiment envie de tousser... à se faire cracher les poumons, pendant que Bhaga me disait de respirer ; j'essayais. Tout pour me faire remarquer, ce qui était en train d'arriver avec les regards qu'il y avait. Ce que je n'aimais pas vraiment. Ma bouche bien collée, mon poing devant ma bouche, j'essayais de faire comme si j'allais bien. Je me levais, décidant d'aller prendre un peu d'eau, espérant que cela passe. Une fois arrivée au distributeur d'eau qu'il y avait, je fis le tout à une main. Mon poignet gauche étant foulé (ou une entorse ou une foulure, je n'en savais rien à part que j'avais très mal), il servait à retenir ma toux à présent, qui heureusement diminuait un peu, sans que je referme ma main. Le verre étant en forme de cône, cela allait être plus compliqué que je ne le pensais tout d'abord. — Tu peux prendre mon eau... proposa mon daemon. J'avais quelques doutes à boire de l'eau dans lequel il était depuis ce matin. Puis bon, je pensais pas être capable de l'ouvrir avec une seule main.
  
MessageLun 21 Déc - 6:07
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Kelly McAllisterADMIN-SEMI-DIABOLIQUE
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– ... et Louise Leonidov ? Elle est...
– Mademoiselle McAllister, je ne peux pas vous répondre, pas plus que pour ces Kayla Lane, Anthony Anderson, Helena Seagard ou n’importe d’autre qui parmi ceux que vous m’avez déjà nommés.
– Mais madame je...
– Je n’ai pas le temps de chercher qui que ce soit, regardez!

La réceptionniste fait un vaste signe de la main, me désignant la salle d’attente bondée qui s’ouvre derrière moi. Les blessés envahissent cette clinique comme ils envahissent sans doute les autres éparpillées aux quatre coins de la ville. J’imagine à peine à quoi doit ressembler l’hôpital. Je me retourne à nouveau vers l’infirmière dans un grand soupir, tentant de cacher à la fois mon énervement et la profonde inquiétude qui me tenaille.

– Écoutez, c’est vraiment important. Elle s’appelle Louise, elle n’a même pas deux ans. Une petite daemonienne. Son père a disparu je... j’dois la retrouver.
– Vous êtes de la famille? Ou une amie?
– Tout ça, ouais, je réplique avec une once de frustration.

Elle hésite. Je sais qu’ils sont surchargés, mais bon sang, je ne peux pas laisser Louise toute seule. Ils l’ont prise en charge ce matin, après la nuit d’enfer que nous avons vécue. Elle est probablement en sécurité, mais maintenant que tout s’est déchaîné dehors, que la guerre a fait rage et que le sang a coulé, maintenant que toutes les ressources sont mobilisées pour aider les blessés, la petite doit être tellement perdue. Cette pensée seule suffit à me serrer douloureusement le coeur.

Le visage de la réceptionniste s’adoucit enfin.

– Je vais voir ce que je peux faire, mais je ne vous promets rien.
– Oh, merci je...
– Ça peut prendre un certain temps, retournez vous asseoir. Et par pitié, arrêtez de bouger cette épaule dans tous les sens, elle fait déjà assez peur comme ça.

C’est vrai qu’elle fait peur. Elle fait mal aussi. Près de la clavicule, à l’endroit où s’est abattue la crosse d’un fusil, ma peau a pris des teintes de bleu sombre. Je n’aurais peut-être pas dû traîner Mattheus sur une si grande distance. Mais que pouvais-je faire d’autre, le laisser là? C'était impossible… Au moins, il s’agit du seul endroit où j’ai réellement mal. Les brûlures électriques qui courent sur la peau de mes bras et du côté gauche de mon visage me rappellent de temps à autre leur présence sans trop me gêner. Et il y a ma jambe - celle qui ressent les contrecoups de la fracture de la patte de mon daemon – qui ne me fait plus autant souffrir. Mattheus est dans une petite salle de consultation, un docteur et son daemon s’occupent de remettre ses os en place. Ils l’ont shooté aux anesthésiants avant de m’obliger à sortir (je les gênais dans leur travail, il faut croire). Depuis, c’est le silence radio. Matt est sur son nuage, enfin libéré de sa douleur, pendant que je patiente dans cette fichue salle d’attente, à me ronger les sangs en espérant que les autres vont bien.

Je remercie une dernière fois la réceptionniste avant de me faire chasser du comptoir. Je tourne les talons et rejoins ma chaise en boitillant. Une fois assise, je laisse ma main glisser dans mes cheveux en tentant de réprimer les tremblements qui l’animent. J’ignore où sont les autres. Je les ai perdus de vue alors qu’on les emmenait à l’hôpital ou ailleurs. Et maintenant, j’ai perdu Louise, à l’endroit même où on l'a laissée ce matin. Je serre le poing, tentant de réprimer les larmes qui me viennent aux yeux. Des larmes de quoi, au juste? Je ne sais même plus. Ce fut une grosse journée.

La fille à côté de moi est prise d’une quinte de toux incontrôlable. Elle tente de la retenir, comme si elle craignait de déranger les autres. Je la plains, la pauvre. Je la vois se lever et tenter sa chance au distributeur d’eau, sans grand succès. Elle s’est arrêtée devant la fontaine, son verre conique à la main. Un cône. C’est d’une stupidité, à croire que les propriétaires de la clinique n’ont jamais songé que des gens à une main pourraient eux aussi avoir soif, un jour. Je pince les lèvres, chasse rapidement une larme du revers de la main et me lève pour la rejoindre d’un pas claudicant. Mon bras droit me fait toujours aussi mal et j’ai l’impression de sentir le regard de l’infirmière au triage posé sur moi dans l’attente d’une bonne raison de me poser une attelle. Je tends donc la main gauche et pose le doigt sur le mécanisme, prête à l’activer.

– Tiens, à deux on devrait y arriver.

Je lui offre un maigre sourire. C’est déjà pas mal d’être encore capable de sourire après tout ça.
  
MessageJeu 31 Déc - 3:01
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Le verre était trop gros ou mon pouce pas assez long, mais je n'arrivais pas de la même main à lever la languette de la machine afin que de l'eau tombe dans le cône en papier (pas très écologique). Je manquais peut-être de pratique aussi, car ça ne me semblait pas être impossible. Peut-être un positionnement de la main. Je ne rencontrais pas souvent des machines de ce genre, j'étais surtout plus habituée aux abreuvoirs à l'université où l'eau jaillissait en fontaine plus au moins haute ou bien aux robinets dans les toilettes. Je n'allais donc pas pouvoir me pratiquer à faire ceci d'une seule main à moins de squatter l'endroit. Mais je ne pensais pas qu'on allait me laisser faire. Au moment où je commençais à désespérer un peu, une main secourable vint m'aider. — Merci. dis-je, toussant. Ce qui donna un assez drôle de son au final, mais l'intention était là. Surtout avec le peu de fois où je pouvais le dire. Je bus de l'eau, me retenant pour ne pas tout boire d'un seul coup. M'étouffer me ferait tousser aussi. Autant éviter, j'avais assez donné de ce côté. Je sentis le liquide bien froid, calmant ma toux, apaisant ma gorge. Je restais ensuite avec le cône dans ma main, ne voulant pas le jeter seulement après une utilisation. Je pourrais toujours l'utiliser pour boire autre chose jusqu'à temps qu'il ne soit plus bon à rien.

Je fis ensuite un sourire à la demoiselle, et avant d'avoir eu le temps de dire autre chose, mon daemon se mit à parler. — T'as pas de béquille ? demanda mon daemon, l'ayant vu boiter. Cela serait sûrement mieux pour elle. À moins qu'elle n'ait pas prévu de bouger et que son intervention envers moi était fortuite. — Ton daemon c'est une licorne pour aller avec tes cheveux ? demanda-t-il ensuite. Bon, je ne savais pas comment lui dire que les cheveux roses ce n'était pas une couleur naturelle. — C'est un compliment. expliquais-je. Il adorait les licornes. — Chouette journée. fis-je, d'un ton qui indiquait clairement que je ne le pensais pas. La meilleure des meilleures. Il ne faudrait pas que des journées comme ça arrivent trop souvent, sinon on ne pourrait pas en profiter autant. Dire que c'était une horrible journée aurait été plus simple, mais je n'y avais pas pensé. Les deux mots et mon ton étaient sortis comme ça. — Tu as besoin d'aide ? demandais-je ensuite. À marcher pour retourner s'asseoir, je pouvais l'aider, je n'avais pas mal aux deux mains, c'était déjà ça. Elle avait été capable de se débrouiller pour venir ici, mais peut-être qu'elle avait utilisé ses dernières forces. Ou que de bouger avait augmenté son mal. Puis bon, autant s'entraider après cette journée. Je ne savais pas trop ce qui allait arriver après tout ça, les conséquences, ce qu'on allait devenir... s'il y avait des caméras de sécurité dans le bâtiment où on était, se soutenir était une bonne chose.

— Ton daemon va bien ? demanda ensuite Bhaga. La gêne ? Il ne connaissait pas. Je comprenais son raisonnement. Il n'était pas près de la machine à eau. Soit il était petit caché sur elle, ou dans la salle d'attente. Il n'était pas là tout près. Ça ne voulait rien dire. Notre séparation à nous n'était pas très longue, sûrement parce qu'il était toujours près de moi. Parfois, en voyant les autres, j'étais surprise de voir à quel point ils pouvaient se tenir loin l'un de l'autre. Plus loin que nous et des tests que l'on avait pu faire.
  
MessageDim 17 Jan - 5:52
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Spoiler:
 

J’actionne le mécanisme aussi longtemps que nécessaire, jusqu’à ce le verre conique de cette fille soit plein. Enfin, sa toux se dissipe peu à peu et, en même temps, un étrange apaisement m’envahit. Elle ne me dérangeait pas vraiment à tousser ainsi, mais j’étais fatiguée pour elle rien qu’à l’entendre. Ça doit faire un bien fou de ne plus tousser à s’en arracher les poumons. Alors qu’autour de nous, il y a tant de gens qui ont mal, je me sens heureuse d’avoir pu aider à soulager quelqu’un, même en faisant un geste aussi stupide qu’actionner une distributrice d’eau.

Une voix au timbre particulier se fait alors entendre. Je baisse les yeux sur la hanche de l’autre fille, où pend en bandoulière un bac de plastique dans lequel nage une drôle de bestiole rosâtre. Le daemon en question me demande pourquoi je n’ai pas de béquilles. Un maigre éclat de rire perce à travers mes lèvres, je ne saurais dire s’il traduit mon amusement ou mon abattement. Je souffle un « non » évasif. Non, j’ai pas de béquilles. C’est con, hein? Ça me serait bien utile, mais je n’ose pas retourner voir l’infirmière responsable de l’accueil pour lui en demander une paire. Après l’avoir harcelée de question pendant dix bonnes minutes, je doute d’être à nouveau la bienvenue à son comptoir.

Le daemon aquatique est un petit bavard. Il poursuit sur sa lancée. La remarque sur mes cheveux, accompagnée d’une étonnante vision de Mattheus sous les traits d’une licorne, me laisse un peu perplexe. Sa daemonienne intervient, comme si elle cherchait à atténuer les paroles de sa moitié.

– C’est un drôle de compliment.

Ma remarque n’est pas un reproche. C’est plutôt de l’incrédulité, je dirais. S’il y a une chose que je ne m’attendais pas à entendre aujourd’hui, c’est bien ça. Ça, et aussi le fait que cette journée soit chouette. Sauf que dans ces deux mots prononcés par l’autre fille, il y a un sarcasme qui, lui, ne me surprend qu’à moitié. Je hoche la tête, puis ajoute avec le même ton teinté d’amertume :

– Une journée de rêve. J’aurais raté ça pour rien au monde, j’ai bien fait de me lever ce matin.

Ou plutôt hier matin. À bien y penser, je n’ai même pas dormi, cette nuit.

Nous faisons mine de retourner nous asseoir. Ma compagne d’infortune m’offre son aide. Par réflexe, je manque de peu de refuser en prétextant que je vais bien, mais j’entends presque la voix de Mattheus me traiter de menteuse. Ce n’est pas ma jambe qui est blessée, mais, même si mon daemon est sous anesthésie, je ressens cette douleur comme si elle était la mienne. Pas pratique pour se déplacer, même sur une distance aussi ridicule que celle qui sépare les sièges du distributeur d’eau.

– Je veux bien, oui. Merci, dis-je lorsque, grâce au soutien de la jeune fille, je parviens à rejoindre ma place dans trop de mal.

Je m’assois dans un soupir, étendant ma jambe douloureuse et reposant mon bras sur l’accoudoir de la chaise. Je ferme les yeux un court instant, ne les rouvrant que lorsque la voix aquatique du daemon rose se fait de nouveau entendre. Il me demande si mon propre daemon va bien. Une boule se forme dans ma gorge et mon regard dévie en direction du couloir menant aux salles d’examen. Dans l’une d’elles, il y a Matt. Mentalement, il est au pays des rêves. Physiquement, je ne sais pas s’il va bien. Je ne sais même pas ce qu’ils sont en train de lui faire.

– Je... j’en sais rien. Je crois, oui. Ils le soignent, dis-je avec inquétude en faisant un signe de tête en direction du couloir. Il avait une vilaine fracture.

Cette fois, je désigne ma jambe douloureuse, faisant le lien entre mon état et celui de mon daemon absent.

– C’est pas une licorne, désolée, dis-je avec un petit sourire à l’intention du daemon aquatique. C’est un carcajou. Mais il ferait une très belle licorne, j’en suis sûre.

S’il m’entendait, le pauvre...

Le fait de parler de Matt me fait du bien, comme si cela rendait son absence plus supportable. Je m’attarde sur le lien qui nous unit sans parvenir à entrer en contact avec lui. De ce fait, je laisse planer un silence, que je brise au bout d’un court moment :

– Au fait, je m’appelle Kelly.

S'il faut attendre ici, au milieu de cette salle bondée de gens endoloris, autant faire connaissance pour patienter. Je lui demanderais bien comment va sa toux, mais ce serait inutile, je peux le constater par moi-même. Elle semble respirer sans trop de mal, ce qui est déjà une nette amélioration, de mon point de vue.
  
MessageMar 26 Jan - 4:26
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Pas de problème !

Pas de béquilles. Je n'en voyais aucune, alors elle n'en n'avait pas. Ce qui était assez logique puisque je ne pensais pas que celles invisibles pouvaient exister. Puis bon, ça serait assez mal pratique en réalité de ne pas pouvoir voir ses appuis. Elle devait avoir ses raisons, peut-être qu'elle n'y avait juste pas pensé, tout comme le personnel. Avec toutes les personnes, c'était un vrai bordel. Ce n'était pas une urgence, mais une clinique. Habituellement, ça devait être sur rendez-vous les rencontres, pas un gros mélange de problème de toutes sortes. M'enfin, c'était comme ça que je voyais tout ce qui n'était pas un hôpital. Tout le monde devait essayer de faire de son mieux, mais des oublis devaient arriver. Ou il ne restait plus de béquilles. La demoiselle ne semblait pas être très sûre de ce que disait mon daemon. Je la comprenais très bien. Il pouvait vraiment sortir de ces trucs, je ne savais pas où il pouvait les prendre. — Les licornes c'est génial. insista mon daemon. En gros, les cheveux de la jeune femme étaient géniaux. Il ne pouvait juste pas le dire normalement, ça serait trop simple pour lui. Ce qui était assez étrange vu qu'il n'était pas très souvent une lumière. Je me contentais de secouer la tête comme je le faisais assez souvent avec les propos qu'il pouvait tenir. Au pire, elle n'avait qu'à ne pas prendre en compte ce qu'il disait, je le faisais assez souvent. J'adorais mon daemon, mais j'étais la première à reconnaître qu'il serait sûrement plus profitable s'il apprenait à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.

Elle comprit mes propos, en disant d'autres du même genre. Pour un rêve... il était à peu près sûre que j'allais en faire. Peut-être pas des bons par contre. Surtout que tout aurait pu être bien pire avec ce qui était arrivé. Je frissonnais, espérant ne plus jamais revivre quelque chose dans le même genre. J'aidais la jeune femme à retourner s'asseoir, m'installant donc à ses côtés ensuite. Ma précédente place ayant été prise. Puis bon, un peu de compagnie ne faisait pas de mal. Et tout aussi impolie que je pouvais être, je n'étais pas pour la laisser parler seule, elle répondait à la question que mon daemon avait posé à propos du sien. Il était en train de se faire soigner. — Oh... Solidarité entre daemons, il devint triste alors qu'il ne le connaissait même pas et qu'il n'était pas facilement triste. Il ne chercha même pas à la rassurer en disant une connerie ou bien une absurdité. Et il ne savait même pas ce que ça faisait d'avoir une jambe... enfin, cela datait d'il y avait quelques années à présent, il n'avait pas que pris des formes aquatiques. Bref, ça ne le gênait pas du tout, mais il ne disait rien de bien rassurant. Je devrais donc y aller, essayer. J'y allais un peu plus normalement que lui pourrait le faire. Peut-être rien de bien encourageant, mais je ne savais pas vraiment faire mieux. — Je suis sûre qu'ils font leur possible. J'espérais. Ils devaient se douter que puisqu'elle n'était pas avec lui en ce daemon ça devait être assez insupportable, tout comme qu'il se fasse toucher par quelqu'un d'autre qu'elle... et c'était leur travail de soigner. Sans oublier, que c'était une fracture. Je m'y connaissais pas du tout en médecine, mais une fracture, ce n'était pas une hémorragie interne. Ça se soignait assez bien. Ce n'était qu'une supposition, je ne m'étais jamais rien cassé, je ne parlais pas d'expérience mais du nombre de plâtre que j'avais vu.

Je souris, en imaginant un carcajou avec une corne. Ça pouvait toujours être intéressant, mais quelque chose me disait qu'il ne le voudrait pas. Je connaissais peu de daemon aussi fasciné que l'était le mien par les licornes. — Yaksha, et lui c'est Bhaga. nous présentais-je à notre tour. Je passais ma main, la bonne, dans mes cheveux, ne sachant pas trop quoi rajouter d'autre. Habituellement, mon daemon me sauvait dans ces cas-là (comme quoi je voulais pas tant que ça qu'il apprenne à tourner sa langue), sauf qu'en ce moment il était en train de s'inquiéter pour un daemon qu'il ne connaissait pas. — Ils t'ont dit s'ils en avaient pour longtemps ? demandais-je, tout compte fait. Rester sur le sujet n'était peut-être pas le meilleur moyen de faire, mais je ne savais pas si elle voulait changer, continuer ou simplement se taire. Je verrais bien selon sa réponse. Puis Bhaga pourrait de cette manière savoir, ou pas, à peu près combien de temps il resterait à s'alarmer.
  
MessageMar 3 Mai - 21:58
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Mon regard s’attarde régulièrement sur la porte menant aux salles d’examen, comme si mon daemon allait en jaillir d’une seconde à l’autre. Un réflexe inutile : j’ignore s’ils en ont encore pour longtemps. L’envie de retourner harceler l’infirmière au triage me tord l’estomac, mais je me retiens. Elle ne pourra rien me dire de plus que ce qu’elle m’a déjà dit, et je doute que mon insistance ne la convainque de me laisser entrer.

La fille et son daemon aquatique ont pris place près de moi. Lorsque je lui indique que Mattheus est en train de se faire soigner, la petite bestiole rose devient étonnamment émotive. Solidarité daemonienne, sans doute. Ou peut-être le stress qui retombe, le blues qui suit une montée d’adrénaline, quant l’horreur est finie, qu’on est toujours en vie et que, d’un coup, la fatigue nous tombe dessus.

— Je suis sûre qu'ils font leur possible.

Je hoche la tête en pinçant les lèvres.

– Moi aussi. Et puis Matt est fort, il en a vu d’autres.

Ça, je le dis pour remonter le moral du petit daemon, mais aussi pour m’en convaincre moi-même. Bien sûr, je ne perdrai pas mon daemon. S’il avait été à l’article de la mort je ne serais pas en état de parler licorne. C’est son absence, plus que ses blessures, qui me fait mal. J’ai tellement hâte de le serrer dans mes bras, de sentir sa fourrure sur ma joue et d’entendre sa voix grave résonner dans ma tête, me disant que tout va bien, que c’est fini et qu’on retrouvera Louise, Mali et tous les autres.

La fille se présente sous le nom de Yaksha, puis introduit le dénommé Bhaga, qui flotte toujours silencieusement dans son aquarium portatif.

– Enchantée, dis-je avec un petit sourire.

S’installe ensuite un lourd silence, inquiet de mon côté, incertain du leur, comme si aucun d’entre nous ne savait quoi dire. De toute façon, il n’y a rien à dire, à part les banalités que se lancent normalement les gens dans une salle d’attente, quand ils ne peuvent rien faire à part attendre, justement. Yaksha me demande s’ils en ont pour longtemps encore. Je hausse les épaules.

– Ils m’ont dit que ça pourrait prendre une petite heure, voire plus. Ça fait exactement quarante-sept minutes, je devrais le revoir bientôt. Énième coup d’oeil vers la porte. Ils n’ont pas voulu que je l’accompagne, j’étais... un peu trop dans tous mes états à mon arrivée.

J’émets un petit rire sans joie. Cette attente forcée aura au moins réussi à me calmer.

– C’est un daemon-singe qui le soigne, il parait...
– Mademoiselle McAllister ?

Je bondis presque sur mes pieds, ignorant la douleur dans ma jambe. Un infirmier aux traits tirés se dresse dans le cadre de la porte menant aux salles d’examen. Il pousse vers moi un fauteuil roulant où roupille une grosse masse de fourrure sombre. Mes jambes ramollissent et je me laisse choir de nouveau sur ma chaise. L’infirmier s’arrête près de moi et je me penche vers mon daemon. Le carcajou est toujours endormi, sa patte est grossièrement pansée et immobilisée par une attelle.

– Le daemon du médecin a fait ce qu’il pouvait. La fracture n’était pas trop sérieuse. Il a évité l’opération de justesse, vous avez eu beaucoup de chance.
– Merci, dis-je dans un souffle, en caressa la petite tête plate de Matt.
– Et nous ne vous oublions pas, ajoute le jeune homme en baissant d’un ton. Nous devons traiter les cas les plus graves, mais en parallèle, nous faisons notre possible pour retrouver votre Louise, je vous le promets.

Je le fixe, perplexe, ne sachant trop si je devrais le remercier ou l’insulter en lui ordonnant de chercher plus fort, qu’il est difficile de perdre un enfant qu’on vous a confié, à moins d’être particulièrement incompétent. Ce serait méchant de ma part, ils font ce qu’ils peuvent et ne savent plus où donner de la tête, il n’y a qu’à regarder la tête que fait cet infirmier pour le comprendre. Je le laisse donc filer après lui avoir répété un « merci » éraillé par l’émotion. Il s’éclipse, emmenant avec lui un ado qui tient un daemon-lièvre tremblant dans ses bras.

Je ne peux pas prendre Mattheus dans mes bras, il est trop lourd et mon épaule, qui l’a déjà supporté durant tout le trajet jusqu’ici, ne me le permettrait pas. Alors je tire le fauteuil roulant vers moi, le plus près possible, et continue de lui caresser le crâne d’une main tremblotante, observant avec soulagement ses flancs se gonfler au rythme de sa respiration calme. Il va bien.

– Il va bien, je répète avec émotion, à l’attention de Yaksha et de Bhaga.

Un poids immense semble disparaître de mes épaules. Bien sûr, Mattheus est toujours dans les vapes et nos jambes nous font toujours souffrir, mais il est là, il va bien et on a même été chanceux, selon les dires de cet infirmier.

Le silence se prolonge de nouveau. Il me semble un peu plus léger qu’avant, mais demeure néanmoins d’une douloureuse lourdeur. Je finis par lâcher mon daemon et me permets de m’adosser à ma chaise en soupirant, massant doucement mon épaule comme si le mal lancinant qu’elle me fait endurer allait se calmer par ce geste. Mon regard se pose sur Yaksha et Bhaga.

– Vous êtes venus seuls ? Vous attendez quelqu’un vous aussi ?

Absorbée par mon inquiétude pour Mattheus, j’avais presque oublié que mes compagnons d’infortune étaient peut-être eux aussi dans l’attente d’un proche blessé ou disparu. Je pose donc ma question, non sans une pointe d’appréhension. J’espère qu’ils sont seuls. C’est étrange de souhaiter ce genre de chose à quelqu’un, mais dans ces circonstances, je trouve que c’est ce qu’on peut espérer de mieux. Savoir que nos proches et nos amis sont loin d’ici, en sécurité. Ailleurs, n’importe où, mais pas ici.
  
MessageJeu 12 Mai - 1:06
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Changement de temps pour le défi

Tout est plus calme dans la salle, il y a un peu moins de monde qui entre. Je laisse mon regard errer quelques secondes sur les personnes présentes, et sur la porte d'entrée, reportant ensuite mon attention sur la jeune femme. Je me contente d'opiner de la tête, ne sachant pas trop quoi dire. Je ne connais pas le passé des deux, et je ne peux pas vraiment affirmer ou infirmer qu'il en a vu d'autre. Je ne peux que croire ce qu'elle me dit, même si elle a peut-être édulcorer certains détails. Ça ne me concerne pas vraiment, et l'important c'est qu'il s'en sorte. Ça semble être le cas, sinon, elle serait en train de souffrir. Là, elle s'inquiète, c'est bon signe je suppose, d'un certain côté. Elle sait même depuis quand exactement, ça, c'est de la précision. Est-ce que je serais aussi inquiète si quelque chose arrivait à Bhaga ? Probablement. Mais les axolotls ont des propriétés de guérison plutôt extraordinaires. Je n'aurais peut-être jamais besoin de m'inquiéter. C'est optimiste de ma part. Je fais sûrement trop confiance aux parois dans lesquelles il est entouré. Il n'a jamais été blessé à ce que je me souvienne, sauf quand moi je l'étais. Et pas tout le temps. Il n'a pas du mal à respirer car il n'a pas de poumon, et il n'a jamais eu mal au nez car il en a pas. Je ne sais pas trop comment ça fonctionne, je n'ai jamais rien senti de mon côté, mais il m'a dit que cela a déjà été le cas pour lui. Elle a même pas fini de parler qu'on lui adresse quelques mots. Kelly se lève rapidement, se rassoyant à la même vitesse : il y a un daemon dans un fauteuil roulant qui est poussée vers elle.

Je souris, contente pour elle. Pour eux. Mon Bhaga, est naturellement plus expressif. — Ouais ! s'exclame mon daemon, frétillant de tout son corps. Vu comment il vient de bouger, on peut remercier les parois de son mini aquarium d'exister. Sans elles, on aurait goûté à l'eau de mon daemon. Rien de très hygiénique. Je suis solitaire. Cela a certains aspects positifs. Je n'ai pas besoin de m'inquiéter dans ce genre de situation. J'ai eu des nouvelles des quelques personnes que je connais un peu plus. Comme je n'ai pas un large cercle d'ami, ceci a donc été plutôt vite. Bhaga, lui, n'est pas du même avis. Il s'attache facilement. Il devient le meilleur ami de tous les autres daemons en quelques secondes seulement. Bien que là, il ne peut pas dire de noms, à part quelques uns ; soit les mêmes que je connais un peu plus. — Nous sommes seuls... c'est à propos de la fumée surtout qu'on est ici... enfin, pour moi. Bhaga a pas ce genre de problème. Il vit dans de l'eau, il a n'a pas été touché grâce au parois de sa petite boite. La toux qui, heureusement, n'est pas revenue. Mon poignet aussi, mais j'ai déjà eu cette sorte de blessure par le passé, enfin je pense. C'est banal. Avoir respiré de la fumée, c'est autre chose. Ça peut être mortel, si je me fie à un épisode de je ne sais plus lequel de CSI que j'ai regardé ; oui la médecine ce n'est pas trop mon truc encore moins l'humain.

Mon daemon, plus que concerné par mon état, se mit à chanter. Sous l'océan, la vie est super mieux que sur la terre, je te le dis. Ou comment rire de moi. Je lève les yeux dans les airs, secoue la tête. Au moins, certaine chose ne donne pas l'impression de changer. Quelques regards se portent vers nous, une chanson aussi joyeuse n'est pas appropriée (ou n'importe quelle type de chanson ?) — Chut. fis-je, doucement. — Tu va réveiller Mattheus. dis-je quelque instant plus tard. Il est concerné tout de suite, et arrête de chanter en plein milieu de mot. Il se sent coupable, je le sens, ça se voit à sa manière de bouger sa queue. D'une voix basse, il s'excuse, et va le plus bas possible ; soit pas très bas ni loin. Ce n'est pas le Pacifique sa boîte.
  
MessageJeu 26 Mai - 22:36
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Date d'inscription : 10/08/2010Nombre de messages : 3835Nombre de RP : 361Âge réel : 24Copyright : MerenwenAvatar daëmon :
Kelly McAllisterADMIN-SEMI-DIABOLIQUE
♣ || Flamboyante Flamby
Je ne suis pas la seule à être heureuse de voir mon daemon passer les portes de la salle d’attente. Du fond de son aquarium, Bhaga s’agite, tout content qu’il est de voir Mattheus me revenir. Ça me fait un drôle d’effet, mélange de surprise mais surtout d’attendrissement. Bhaga ne connaît même pas mon daemon et il semble déjà s’y être attaché. Je lui souris. À ma connaissance, c’est le premier vrai sourire que je parviens à faire depuis que je suis arrivée ici.

Je me sens soulagée lorsque j’entends Yaksha m’avouer qu’elle est seule. Je suis heureuse de savoir ses amis à elle en sécurité. Les miens sont disséminés un peu partout, et je n’ai aucune nouvelle de la plupart d’entre eux. Une personne morte d'inquiétude, c'est suffisant.

Je n’ai pas le temps de broyer du noir à ce propos, mon esprit est plutôit occupé par les paroles de Yaksha. Bhaga a de la chance, son eau le protège des intoxications respiratoires. Pendant un bref moment, je me demande de quoi il aurait l’air, toussant dans son bocal. Est-ce que ça ferait des bulles ? Le moment est mal choisi pour poser la question, j’abandonne donc l’idée tout en me promettant néanmoins de le lui demander, un jour, si jamais Yaksha et moi gardons contact après toute cette histoire. Les gens vont et viennent tellement rapidement dans cette salle d’attente que j’ai l’impression que je pourrais les perdre de vue d’un instant à l’autre, même si, dans les faits, ils sont assis à côté de moi. J'espère que ça n'arrivera pas. Dans l'immédiat, Yaksha et son daemon sont pour ainsi dire la seule chose tangible qui m'empêche de piquer une crise aux infirmiers. parce qu'il faut le dire, Bhaga a le don de dédramatiser la pire des situations. Pour embêter sa daemonienne, le voilà qui fredonne un air un peu trop joyeux. Je sens le poids de quelques regards se poser sur nous. Je ne parviens pas à dire si ces gens sont fâchés ou pas. Ou peut-être qu’ils sont simplement las et qu'ils ne ressentent rien d’autre ce vide douloureux qui enflait dans ma poitrine, tout à l’heure, pendant que j’attendais Matt.

Yaksha fait taire son daemon pour éviter qu’il trouble le sommeil du mien. Ça ne le dérangerait pas, pourtant, de se réveiller. Il n’aime pas dormir dans ce genre de situation, il préfère être là pour moi, avoir le contrôle sur ce qui l’entoure. C’est une tête de mule, Matt, qui refusera de se rendormir si jamais il se réveille, même s’il sait que le sommeil pourra lui être bénéfique. Bhaga s’excuse, se fait plus petit qu’il ne l’est déjà et se terre tout au fond de son bac en plastique.

– C’est pas grave.

Je sens l’esprit de Mattheus émerger du monde des rêves une fraction de seconde avant d’entendre sa voix rauque et fatiguée. Le daemon cligne des yeux, remue en grognant, puis lève péniblement la tête. Je voudrais lui demander comment il se sent, mais je l'apprend bien vite par le biais de notre lien. Sa migraine envahit mon cerveau et ma main se porte à mon front alors que je ferme momentanément les yeux, comme si cela suffirait à chasser la douleur. Mattheus s'excuse mentalement et je lui assure que ce n'est pas de sa faute.

– Qu’est-ce qui s’est passé ?

Et c’est parti pour un long exposé des faits récents : son anesthésie, sa fracture à la patte et l’absence de Louise. J'en profite pour lui présenter Yaksha et Bhaga. le carcajou leur sert un petit sourire et repose ta tête sur ses pattes, toujours étourdi par les effets résiduels des sédatifs.

– Ravi de vous rencontrer, même si j’aurais préféré que ce soit dans d’autres circonstances.

Le moment est mal choisi pour ça aussi. En fait, ce moment est mal choisi pour tout.

De longues minutes s’écoulent encore, pendant lesquelles Mattheus reprend lentement ses esprits, secouant de temps à autre sa tête pour en chasser les vertiges, ce qui a pour effet d'accentuer notre migraine. Autour de nous, la foule continue de se disperser au rythme des blessures à soigner. J’en viens à penser que notre tour ne viendra jamais tant nous sommes entourés de gens plus meurtris que nous. J’ai la bougeotte, j’en peux plus de rester là à me morfondre dans l’attente de... de quoi au juste ? Qu’on vienne me poser une écharpe sur le bras ? Qu’on vienne me rappeler que Louise manque toujours à l’appel ? À quoi ça sert, sérieux...

Je me passe une main sur le visage, soupire, tapote le sol de mon pied valide, puis finis par me lever. Toujours étendu sur sa chaise roulante, Mattheus me regarde. Il ne tente pas de m’en empêcher, ni même de m’en dissuader, il n’en a pas la force. Et puis, lui aussi s’inquiète pour Louise et bébé daemon. Depuis son bureau, l’infirmière à l’accueil me regarde d’un oeil suspicieux. Je l’ignore et me tourne vers Yaksha.

– Désolée, il faut que je sorte d’ici.

J’en peux plus. J’ai mal, c’est bruyant, il fait chaud et je dois retrouver Louise. Je pose les mains sur les poignées du fauteuil roulant et je jette un nouveau coup d’oeil vers le bureau d’accueil. Le regard de cette infirmière va me rendre folle.

– J’ai besoin de pendre l’air, dis-je pour me justifier à la fois auprès de Yaksha et de la dame au comptoir.

Cette dernière hoche la tête, comme si j’avais besoin de sa permission pour aller dehors. Bon, je prévois plutôt aller prendre l’air dans les couloirs de la clinique plutôt que sur le trottoir en face du bâtiment, mais ça, elle n’est pas obligée de le savoir.
  
MessageLun 6 Juin - 0:01
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Le daemon se réveilla, je sentis Bhaga être encore plus content qu'il ne l'était en le voyant. Kelly expliqua ce qui était arrivé. Je lui fis signe, et mon daemon aussi, chantonnant un salut et agitant ses nageoires, tout requinqué en un instant, lorsque l'on fut présenté. J'opinais de la tête, d'accord avec Mattheus. La situation était loin d'être idéale. — On a juste à transformer ça en bon souvenir. proposa mon daemon. Ce qui n'était pas une mauvaise idée, pour une fois. Je ne savais juste pas comment faire, mais j'étais prête à entendre n'importe quelle proposition. Je ne savais trop combien de temps plus tard, la jeune femme reprend la parole, disant qu'elle devait sortir d'ici. Naturellement, Bhaga voulait suivre. Il me le dit, le criant presque dans ma tête me donnant envie de refuser juste à cause de ça. Il savait très bien que je n'étais pas sourde du cerveau. Je sentis mon daemon s'impatienter. Insister. Il voulait lier connaissance avec Mattheus, sans grande surprise. Plus gros, sous une autre forme, il serait sûrement en train de le prendre entre ses pattes et de le dorloter pour être sûr qu'il guérisse bien. Là, il ne pouvait qu'insister envers moi. Je pris quelque instant à peser les pour et les contre. Si lui, il n'était pas blessé, ce n'était pas mon cas.

Je me levais finalement. — On vient. annonçais-je, en même temps. Je me sentais mieux. Je ne pensais pas que l'eau m'avait guéri. Plus le temps en réalité. Puis bon, s'il y avait un pépin, la clinique était proche même si on sortait. Je ne pensais pas que Kelly allait s'éloigner énormément avec l'état de son daemon. M'enfin, au pire, je ne la suivrais pas très loin. Peu importe ce que le mien en dirait. Après tout, j'avais toujours mal à main, mais tant que je ne l'utilisais pas ça devrait aller. Elle était donc pressée contre moi, pour être sûre que je ne l'accroche pas. Je ne voudras pas empirer son état, bien que je ne savais pas trop quelle sorte d'état il avait exactement. Entorse, foulure, cassure, autre... enfin, je ne pensais pas que ce soit le dernier, je n'avais pas assez mal pour ça. Mais je ne m'étais jamais cassée quelque chose, alors ça ne voulait peut-être ne rien dire du tout. Je verrais bien plus tard. La douleur était supportable, c'était enflé mais pas trop je trouvais et le bleu n'était pas très gros. Il devait y avoir pire comme blessure. Et les éraflures que j'avais un peu partout avaient arrêté de saigner rapidement. J'étais loin d'être une priorité pour eux, je savais bien que j'allais attendre longtemps. Autant me dégourdir les jambes en attendant.

Kelly prit un couloir qui n'allait pas vers l'extérieur de la clinique. — J'pense pas qu'on puisse sortir par là. lui dis-je. Juste au cas où elle ne l'aurait pas lu. Les indications sorties montraient le sens contraire. Je n'avais pas vraiment une âme de rebelle en moi, j'étais donc bien loin de soupçonner ce qu'elle était en train de faire.
  
MessageDim 19 Juin - 4:14
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– On a juste à transformer ça en bon souvenir.

Ok. Ce daemon vit définitivement au pays des licornes. Le voir tout heureux, flottant dans son aquarium portatif alors que tout le monde pleurniche alentour, c’est un peu comme voir un bisounours sur un champ de bataille. C’est bizarre, mais je dois avouer que ça fait du bien. Ma journée est merdique, pourtant cette petite dose de positivité et d’enthousiasme me réchauffe le coeur plus que je n’aurais pu l’espérer. Je souris à Bhaga en hochant la tête.

– On va essayer.
– Ça devrait être facile, lâche Mattheus avec une pointe d’ironie.

Je n’arrive pas à retenir un petit rire amer. Essayer de transformer cette galère en bon souvenir. Comment je compte m’y prendre? Pourquoi pas en faisant une connerie, tiens? Échapper à la vigilance des infirmiers pour aller à la recherche de Louise, par exemple. J’indique à Yaksha mon intention de sortir « prendre l’air » et reste un peu surprise lorsqu’elle décide de me suivre. A-t-elle deviné mes intentions ou au contraire croit-elle réellement que je vais m’aérer l’esprit sur le trottoir en face de la clinique? La question demeure en suspend dans mon esprit, mais la réponse m’importe peu. Je n’ai aucun problème à emmener Yaksha avec moi. En fait je suis heureuse de savoir que je ne suis pas seule.

Je me glisse dans le couloir, poussant le fauteuil roulant de Mattheus en ignorant la douleur dans mon épaule. Au moins, ma jambe ne me fait plus vraiment souffrir maintenant que Matt est avec moi et que sa patte est immobilisée dans une attelle. Je ne serais pas allée bien loin, sinon. Mon escapade se serait réellement arrêtée à l’entrée de la clinique. Heureusement, je suis en état de poursuivre et c’est ce que je fais après un bref coup d’oeil dans le couloir, question de vérifier que personne ne nous observe. Les lieux semblent déserts. Seule une paire de lunettes oubliée sur une table basse laisse croire que cet endroit a déjà grouillé de monde. Ils sont tous dans les salles de consultation adjacentes à la salle d’attente ; cette section ne comporte visiblement que des chambres de convalescence aux portes ouvertes, signe qu’elles sont pour la plupart inoccupées. Un petit sourire satisfait s’étire sur mes lèvres. Je pourrai donc fouiller les lieux en toute quiétude.

Derrière moi, Yaksha émet des doutes sur mon choix de chemin et confirme par la même occasion qu’elle ignore tout de mon plan stupide. Je me retourne pour faire face à la jeune femme et à son daemon rose.

– J’ai, disons, un peu menti à l’infirmière, dis-je avec un petit rire en me grattant la nuque.

Je laisse passer une petite seconde, le temps d’essayer de chasser la culpabilité qui m’a envahie en disant ces mots, avant de poursuivre :

– Je gardais une petite fille, cette nuit. On l’a laissée ici ce matin et maintenant, avec les blessés qui arrivent de partout, ils ne la trouvent plus. Elle est sûrement en sécurité, mais... mais j’peux pas la laisser, j’dois la retrouver.

Peut-être que Mali est déjà avec elle et qu’au fond je m’inquiète pour rien, mais je dois savoir. Officiellement, le Russe manque à l’appel et si je ne vais pas chercher Louise, j’ignore qui le fera.

Mon regard dévie vers la porte de la salle d’attente avant de revenir à Yaksha.

– Vous n’êtes pas obligés de nous accompagner. Je ne voudrais pas que vous ailliez des ennuis à cause de nous.

Quoique je me demande quels genres d’ennuis on peut s’attirer en errant dans une clinique qui, à première vue, est d’une banalité exemplaire.
  
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