Maps - PV Aaron

 
  
MessageDim 31 Jan - 4:55
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Date d'inscription : 15/06/2015Nombre de messages : 290Nombre de RP : 49Âge réel : 24Copyright : lilousilverAvatar daëmon : Messire Cassiel
Estelle Abernathy△ MIRRORED MAZE ▽
I'll be there for you
In your darkest times

L’hôpital ressemblait à une véritable fourmilière. Estelle avait l’habitude de cette agitation constante, puisqu’elle fréquentait souvent l’endroit pour apporter café et compagnie à ce bourreau du travail qu’était son cousin Byron. Cette fois, c’était pourtant si différent. Les urgences étaient envahies. De partout, les blessés affluaient, encombrant chaque recoin, chaque lit disponible, débordant des salles d’examen et des bureaux de triage. Le personnel courait en tous sens, des cris et des ordres fusaient au-dessus des plaintes et des pleurs. Estelle, pourtant restée en retrait, en avait le tournis.

Elle n’était pas censée se trouver là. Elle faisait tache, ni malade, ni blessée, au milieu des patients amochés. Elle avait atterri à l’hôpital par un malheureux concours de circonstances, après s’être retrouvée coincée à Perth Amboy par la fermeture de Merkeley. Elle s’expliquait mal cette décision qu’avait prise le Conseil, sans pour autant en être surprise. Confrontée à un monstrueux bouchon de circulation qui, elle l’ignorait alors, allait tourner à l’émeute, elle avait préféré tourner les talons et rendre visite à son cousin chirurgien en attendant que le problème soit réglé. Elle avait échappé au carnage avec un peu trop de justesse pour se sentir complètement soulagée.

Byron n’était trouvable que par intermittence, apparaissant tantôt pour s’assurer qu’elle allait bien, tantôt pour lui demander d’appuyer sur telle compresse ou de lui donner telle information. Elle se sentait affreusement dérangeante, craignant d’entraver le travail du personnel soignant, mais elle n’avait nulle part où aller. Elle ne se sentait pas prête à affronter l’horreur des rues, encore moins en sachant que le Conseil était à l’origine de toute cette histoire. Songer qu’elle avait peut-être participé involontairement à ce massacre l’envahissait d’un profond malaise, à mi-chemin entre culpabilité, tristesse et angoisse. Tant d’émotions fortes qui lui brouillaient l’esprit et lui tordaient le coeur. Niché dans son cou, à moitié dissimulé dans son chandail et dans ses cheveux dorés, Cassiel était anormalement silencieux. Ses yeux ne cessaient de fixer les environs pour constater les dégâts de plus en plus grands à mesure qu'arrivaient les blessés. Toute cette histoire le laissait sans voix. C’était peut-être une bonne chose, Estelle n’aurait pas supporté une remarque moqueuse. L’heure n’était pas à la blague, aussi subtile soit-elle.

Une troublante découverte avait finalement convaincu la blonde de laisser la salle des urgences pour s’enfoncer dans le dédale des couloirs de l’établissement. Les numéros de chambres filaient maintenant sous ses yeux au rythme de ses pas. Les corridors étaient un peu plus calmes, ici, loin de la salle d’accueil achalandée. Estelle ne se sentait pas mieux pour autant. Alors qu’elle essayait de se rendre utile, un nom lui était apparu sur la liste des patients qu’on lui avait confiée. Un nom, accompagné d’un numéro de chambre qu’elle cherchait frénétiquement depuis, marchant dans le sens inverse des infirmières chargées de matériel médical et des médecins couverts de sang.

Aaron Dwayne.

Le numéro qui suivait ces deux mots apparu sous les yeux de la blonde et une froide angoisse l’envahit, arrêtant sa main avant que ses jointures ne percutent la porte qui la séparait de l’Écossais. Dans quel était le retrouverait-elle ? Quel était son état, à elle? Leur dernière rencontre remontait à si longtemps. Tant de sentiments lui enserraient le coeur alors qu’elle se savait sur le point de revoir ce vieil ami, blessé et probablement très en colère contre un Conseil qui avait bien caché son jeu. Estelle n’y était pour rien, ayant quitté ses fonctions avant que la catastrophe ne s’abatte, mais ni elle, ni Cassiel n’arrivaient à se convaincre de leur innocence dans cette histoire.

Elle frappa enfin, et les trois coups secs résonnèrent longtemps dans son esprit. Elle attendit une réponse qui ne lui parvint pas. Ou peut-être ne l’entendit-elle pas avec le brouhaha ambiant. Une grande inspiration fit son chemin entre ses lèvres et elle posa sa main sur la poignée, fermant ses yeux et avalant difficilement la boule qui lui serrait la gorge. Puis, elle entra. Il était là, et l’état dans lequel elle le trouva acheva de lui briser le coeur.

– Aaron...

Son ton fut doux et égal, contraste fulgurant avec les larmes qui lui envahissaient les yeux. Elle voulut approcher, mais n’osa pas, et resta debout à mi-chemin entre la porte qu’elle avait refermée derrière elle et le lit où reposait son vieil ami. Cassiel s’était extirpé de son nid improvisé et se tenait, penaud, sur l’épaule de sa moitié, alors qu’il cherchait Gaïa du regard.

Il y avait de meilleurs moments pour des retrouvailles.

THE GIF:
 
  
MessageJeu 4 Fév - 22:41
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Date d'inscription : 23/06/2010Nombre de messages : 6471Nombre de RP : 341Âge réel : 24Copyright : AryaAvatar daëmon : every colors in the air
Aaron Dwayne☷ ADMIN-BREIZH ☷
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Tempest in a Bottle



Wake me up when september june ends
suite directe de Bring me Back to Life

Okay. I’ll come in a hour or two. Qu'est ce qu'il va faire pendant deux heures ? Devenir gentiment dingue en attendant le messie?
'kay.
Go easy okay and take care Aaron.
Ya...
You should sleep if you can. Il renifle, secoue la tête et déglutit. Il a soif.
Mmh.

Et Wolf raccroche. Il envoie balader son portable sur le lit et cherche un verre d'eau ou quelque chose du genre. Il en trouve un sur la petite table, tend le bras droit... trop loin. Tant pis. Faute d'eau il se laisse glisser plus profondément sous les draps et prend doucement Gaïa dans sa main, la porte dans son cou et l'écoute respirer doucement. Elle sent la terre, la poudre, le sang. Personne n'a pu la laver, évidemment, et elle n'est pas en état pour le faire elle même. Aaron réalise lentement qu'elle a toujours le jaune de ses plumes à moitié recouvert des pigments noirs qu'il lui avait transmit. Lentement, il les appelle à lui, les regarde courir le long de son bras et s'arrêter en une masse indistincte. Pas d'inspiration pour un tatouage. Pas envie d'un tatouage. A cette pensée, les quelques dessins qui subsistaient sur son corps s'éclatent en un fouillis catastrophique. Seuls les vrais tatouages restent, imperturbables.
Imperturbés.
Aaron et Gaïa ferment les yeux.





J'ouvre les yeux sur ce même mur à la couleur déprimante et me rappelle d'un coup où je suis. L'horloge au mur a beau ne pas parler, elle réussit à me dire que j'ai dormi - je crois que j'ai dormi - pendant dix minutes seulement. Pas assez. Il me faudrait peut être une semaine entière de sommeil pour me remettre de ça.
Ça.
Ce que j'appelle "ça", c'est juste l'événement le plus traumatisant de ma vie, juste le moment où j'ai pensé que Wolf était mort, juste le moment où j'ai réalisé que j'avais tué Ashkane. Pas grand chose au final, hein ? L'ironie me tord le ventre et je me recroqueville autour de Gaïa. La pauvre n'a pas mérité ça et pourtant c'est ma faute, entièrement de ma faute. Petite boule de couleurs ternes et éreintée. Pendant un moment je la regarde dormir encore. C'est rare les moments ou on est pas tous les deux en phase, généralement si je dors elle dort, et inversement. Sur ses plumes fines on peut voir de petites tâches brunes - du sang j'imagine - et de la poussière. Ça doit être du béton ou un autre mélange trop éloigné de mon élément parce que je n'arrive pas à les retirer en y pensant. Putain j'arriverais jamais à la nettoyer... Ma gorge se serre mais je ne veux pas la réveiller alors je repousse l'angoisse qui me prend comme je peux et continue de la couver des yeux. Ma pauvre Gaïa. J'vais être là pour elle, je passerais en second maintenant, c'est fini le temps où elle se cassait en deux pour me faire plaisir, c'est à mon tour. Mes doigts effleurent gentiment ses petites serres. On est bien là, sous les draps, que tous les deux, y'a presque pas de bruit, j'pourrais juste attendre qu'on veuille bien venir me sortir de là et qu'on m'amène. Merde. Mon rythme cardiaque augmente de nouveau quand je réalise que je n'ai pas d'endroit où dormir ce soir. J'veux pas aller au camp. J'veux voir personne. Je veux surtout pas finir chez Wolf, non, j'vais demander à rester à l'hôpital, tant pis si elle pue la mort cette chambre, si ce tournesol est fané, si les rideaux sont troués et laissent passer le jour, si la machine de la chambre d'à côté bipe toutes les cinq secondes, si y'a un patient qui gueule quelque part dans l'étage. Merde. Merde merde merde. J'peux pas rester là. Plus les secondes passent et plus ça devient évident, je ne peux pas rester là. Les hôpitaux j'ai toujours détesté ça, c'est là où on emmène mourir les gens. J'veux pas mourir. Enfin, je crois pas. Gaïa bouge un peu, tourne la tête, mais ne se réveille pas. Elle est belle quand elle dort. En fait elle est belle tout le temps, je devrais lui dire plus. Et je devrais lui dire plus ça aussi.

Je t'aime Gaï.

Ce murmure éraillé c'est ma voix ? Oh bon sang comment Wolf a pu me comprendre au téléphone, j'en sais rien. Et en fin de compte j'ai pas envie de savoir, pas envie de penser à lui maintenant. J'aurais l'impression de tromper Kalhan.

Quand quelqu'un frappe à la porte je me suis à moitié endormi de nouveau. Je commençais à faire un rêve. Au début c'était bien, c'était normal, j'étais dans les bois, Gaïa volait jusqu'à la cime des arbres et s'amusait à briser les rayons descendants du soleil. Je passais mes mains dans les rais de lumière et continuait d'avancer, soucis laissés derrière moi, plus rien ne comptait d'autre que de continuer dans cette forêt et de regarder Gaïa voler encore et encore. Mais quelque chose me dérangeait et je me rendais compte que les rayons commençaient à me suivre et à me brûler partout où ils pouvaient. J'allais crier à Gaïa de se mettre à l'ombre quand trois coups retentirent dans la forêt. Bizarrement je les assimilais à un pic vert, et tout était redevenu normal autour de moi. Et puis une voix prononça mon nom, et un visage apparu entre les arbres, près d'un grand tournesol fané. Et les arbres devinrent orange et puis des murs.

Quand j'ouvre les yeux totalement j'ai du mal à comprendre ce qui se passe et qu'est ce que fout Estelle Abernathy dans ma chambre. Sauf que c'est pas ma chambre. Ah, oui. Je cligne des yeux plusieurs fois, me redresse un peu, crisse des dents en sentant mon épaule manifester son désaccord et la regarde, abasourdi.

Estelle...?

Et bah comme ça y'a pas que moi qui tire une tronche d'enterrement. Elle a l'air bouleversée, j'espère que c'est pas moi qui lui fait cet effet. Je reste silencieux un instant. En fait si. J'espère que c'est moi, et juste moi, juste mon air détruit et rien d'autre, je ne veux pas qu'elle aie souffert ou pire, j'veux pas qu'elle souffre. De la voir avec des larmes dans les yeux ça me fait tout drôle et Gaïa se réveille enfin, émerge de la couette et fixe Estelle et Cassiel. Lui il est beau et d'un bleu électrique. Elle, elle ne ressemble plus à rien aujourd'hui. En suivant le cheminement de ma moitié je sens que je vais craquer de nouveau, essaye difficilement de le retenir mais putain... j'en peux plus. J'ai besoin d'aide, là maintenant, tout de suite, d'un soutien, d'une putain d'épaule pour pleurer, j'veux plus jamais être tout seul. Gaïa monte péniblement sur mes genoux, boitillant jusqu'en haut de cette petite montagne pour elle. Je tends ma main vers l'américaine pour l'inviter à venir et voit le monde se troubler quand je recommence à pleurer comme une gamine. Je déteste ça, mais ça fait du bien.

Qu'est ce que tu fais là ?Il y a du soulagement dans cette question. Je sais pas comment elle est arrivée là, mais je suis heureux de la voir. Entre la voix cassée et les larmes que je sens couler le long de mes joues je dois être le plus pathétique des hommes.

Tant pis.
J'ai plus aucune dignité aujourd'hui.


made by roller coaster
  
MessageVen 6 Mai - 22:03
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Estelle Abernathy△ MIRRORED MAZE ▽
Il y avait ce silence lourd qui pesait sur la chambre, malgré le brouhaha dans le couloir et les clameurs qui provenaient de la salle des urgences. Comme si le bruit ambiant était étouffé et que les oreilles d’Estelle ne parvenaient plus à capter autre chose que la respiration rauque d’Aaron. Elle voyait l’Écossais endormi, blotti autour de son daemon, se réveiller difficilement au son de sa voix. Elle s’en voulut de l’avoir sorti d’un rêve qui était sans aucun doute beaucoup plus joli que la réalité.

Aaron posa sur elle un regard confus. Estelle ne broncha pas, mais ses traits se crispèrent en voyant son oeil injecté de sang, son air hagard et la douleur qui se dessinait sur son visage. Lorsque la voix de son vieil ami lui répondit enfin, ce fut en un souffle éraillé, résultat d’un cocktail d’événements et de sentiments hautement explosif. Les mains de la blonde s’étaient instinctivement serrées sur ses bras, incapables de rester ballantes contre son corps. Elle en porta une à son visage, tentant en vain de dissimuler la grimace qui s’invitait sur ses traits alors qu’elle retenait un sanglot. Gaïa était apparue dans son champ de vision, se hissant, boitillante, sur les genoux d’Aaron pour fixer leurs visiteurs. Le petit chardonneret autrefois si coloré faisait désormais pâle figure aux côtés de Cassiel et de son plumage rutilant, épargné par la violence. Le geai de Steller avait toujours mis un point d’honneur à être le plus flamboyant mais, cette fois, il lui était inconcevable de songer un seul instant à s’en réjouir.

– Qu'est ce que tu fais là? demanda Aaron en tendant une main en direction d’Estelle.

Sa question était teintée de soulagement, pourtant sa voix se brisait sous les sanglots et son visage baignait dans les larmes. Estelle ne vint pas tout de suite, restant timidement plantée où elle était depuis son arrivée. Peut-être avait-elle peur de blesser l’Écossais déjà bien amoché. Peut-être aussi sentait-elle le spectre de la culpabilité flotter dans son esprit, lui soufflant qu’elle avait contribué à ce carnage. En soutenant pendant des années une organisation qu’elle savait de plus en plus louche, elle avait participé à la création de cette terrible situation.

Elle désigna la porte d’un geste hésitant, répondant à la question de l’Écossais d’une voix minuscule.

– J’ai vu ton nom sur une liste. Je... je devais savoir que tu allais bien.

Elle aurait pu tenter d’utiliser son don au lieu de ce précipiter et de troubler le sommeil d'Aaron, mais elle en aurait été incapable. Elle ne voyait plus rien et n’arrivait plus à se concentrer sur quoi que ce soit. De son sang-froid habituel, qu’elle avait passé des années à bâtir, il ne restait plus qu’un tas de petits morceaux coupants.

Elle fit enfin un pas, puis un autre en direction d’Aaron. Elle prit place sur une chaise installée près du lit. Elle se pencha vers son vieil ami, posa ses coudes sur le matelas et emprisonna la main qu’il lui tendait entre les siennes. Aaron pleurait, maintenant, et Estelle n’avait pas le souvenir de l’avoir déjà vu si dévasté. La détresse de l’Écossais lui fendait le coeur et, malgré toute la culpabilité qu’elle ressentait, tout le mal qu’elle pensait d’elle-même et du rôle involontaire qu’elle croyait avoir joué dans toute cette histoire, elle ne pouvait se résoudre à rester là sans rien faire. Alors elle lui avait prit la main, craignant qu’un câlin ne lui fasse mal vu l’état dans lequel il était, et la serrait maintenant aussi fort qu’elle le pouvait.

– Je suis là, murmura-t-elle d’une voix tremblante.

Elle n’osa pas lui dire que tout irait bien, car elle n’en avait aucune idée.

Sur son épaule, un poids disparu lorsque Cassiel s’envola. Il rejoignit Gaïa sur le lit, se posant là où les couvertures froissées lui éviteraient un contact direct avec Aaron. Le geai faisait bien le double de la taille du petit chardonneret et cette différence frappait encore plus alors que Gaïa, tout abattue qu’elle était, n’avait plus la prestance et la fierté qu’ils lui connaissaient. La couvant de ses petits yeux noirs, Cassiel étendit une aile, invitant le petit oiseau à venir contre lui.

– Tu permets?

Il ignorait si son initiative serait la bienvenue, mais il devait au moins essayer. Avec une douceur que peu lui connaissaient, il entreprit de lisser du bout du bec le plumage ébouriffé du cou de Gaïa. Le chardonneret était sale, mais Cassiel n’en avait que faire. En cet instant précis, la propreté de ses plumes était le cadet de ses soucis.

Estelle garda le silence. Aaron était dans tous ses états et elle ne désirait pas empirer la situation en lui ramenant en mémoire un souvenir horrible. Mais une question lui brûlait les lèvres et l’emplissait d’une profonde inquiétude pour son ami. Elle hésita longuement, avant d’oser ouvrir la bouche pour la poser.

– Qu’est-ce qui s’est passé?

Elle connaissait déjà une partie de la réponse, ayant entendu les faits relatés par les nombreux blessés qui affluaient à l’hôpital. Pourtant, la réponse d’Aaron la terrifiait.
  
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