Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 

Swing life away ♠ Rose

 
  
MessageMer 21 Déc - 17:58
avatar
Date d'inscription : 26/02/2016Nombre de messages : 294Nombre de RP : 42Âge réel : 22Copyright : Aki (sign) & angel dust (av)Avatar daëmon :
Jack L. WildeI'm not after fame and fortune
    I'm after you


« La vie est courte. Commencez par le dessert. »
Les nausées recommencent, tordant mon estomac et m’obligeant à me redresser pour ne pas tout rendre dans le frigo. Fichue vodka. Mais elle ne m’empêchera pas de manger ! Rien n’a jamais pu me retenir d’engloutir de la nourriture de toute manière, pas même la colère maternelle. J’observe Rose, chantilly toujours tenue de manière triomphale dans ma main gauche tandis que ce stupide sourire semble prendre racine sur mon visage. Je m’en rends pas forcément compte. Je suis ravi, possédé par cette joie naïve et toute enfantine qui m’accompagne quand je m’apprête à faire une connerie. Et puis j’aime bien cette fille, sans raison aucune. Ou peut-être est-ce parce qu’elle est un tantinet folle, juste assez pour prendre le risque de faire à manger avec moi. Elle ne sait pas ce qu’elle risque, en fait. Mais si ça se trouve… Eh, si ça se trouve elle est pire que moi. Syb m’assure que c’est impossible, mais je maintiens ma version, les yeux toujours rivés sur la silhouette chancelante de mon assistante du jour.

« J'aime bien le saucisson moi ! »

J’éclate de rire. Ça se voit et pas qu’un peu, vu qu’elle s’est déjà enfilé à elle seule la moitié de la dite charcuterie. Je pense même qu’elle ne prendra bientôt plus la peine de le couper avant de le manger – si ce n’est pas déjà fait. Je n’ai pas les yeux partout, contrairement à ma moitié. Sans compter que je vois limite flou.

« Alors monsieur le cuisto' ? Qu'est-ce qu'il vous ferait plaisir ? »

Je fais mine de réfléchir, mais mon cerveau s’embrouille avant même d’aligner deux idées cohérentes. Je promène mon regard sur les placards qui nous entourent, puis sur la table avant de revenir vers le frigo. Y a quoi là-dedans ? Pas grand-chose en fait. Fin je suis plus sûr. Pas moyen de me souvenir de la dernière fois où j’ai fait les courses ni de ce que j’ai acheté ou consommé. Va falloir innover – improviser, surtout. Et je suis presque sûr, malgré moi, que Rose va adorer ça.

« J’sais pas moi… Plutôt salé ou sucré ? »

Elle me laisse à peine le temps de finir ma question, apparemment plus inspirée que moi quant à ce qu’on pourrait se concocter à une heure pareille. Revenue sur mon épaule, j’entends Syb se mettre à prier. J’ai l’impression qu’elle supplie le monde de ne pas nous faire jouer avec le feu ce soir. Je ne comprends pas pourquoi, après tout nous sommes parfaitement capables de nous en sortir à deux si la recette choisie n’est pas trop compliquée… Non ?

« Owh, tu as pas dit que tu avais de la glace ? J'ai toujours rêvé de faire une méga coupe de glace comme dans les grands restaurants ! »

Je papillonne. De la glace, ah oui c’est vrai. Ça j’en manque jamais, surtout maintenant que j’en ai récupéré du boulot. Y a que des avantages à travailler avec des enfants – Sybelle s’étouffe à moitié à cette pensée – bon ok, presque que des avantages. Le sourire sur mes lèvres s’élargit jusqu’à me barrer le visage et j’acquiesce vivement. Je me détourne avant de voir Rose vaciller et se rattraper à la chaise, mais cette perte d’équilibre n’échappe pas à Sybelle.

« Rose ? T’es sûre que ça va ? »

Mais la demoiselle ne répond tout d’abord pas, trop pressée de pouvoir céder à sa gourmandise.

« Alors emballé ou tu as une autre idée ? Je suis pas difficile quand il est question de chantilly en général. »

Je m’accroche à la porte du congélateur pour ne pas tomber à mon tour, ce qui tire une grimace à l’étourneau. Lorsque je retrouve mon aplomb et tout en plongeant les mains à l’intérieur du compartiment à glace, je fais part de mon enthousiasme à la jeune fille.

« Tu m’as conquis dès que t’as prononcé le mot glace. Je lui fais un clin d’œil et finis par sortir trois boites (donc trois senteurs à savoir fraise, vanille et chocolat) du congélateur, que je balance sur la table de la cuisine. D’ailleurs, ton histoire de resto, ça m’a donné une idée. Finalement les prières de Sybelle n’auront pas été totalement vaines. T’aimes les bananes ? »

Bon ok, dit comme ça, c’est un peu étrange mais dans l’état actuel des choses, je crois qu’on peut dire que la bizarrerie fait partie intégrante de la soirée. Je ferme le congélateur et ouvre la porte d’un des placards, cette fois. J’ai toujours pas lâché ma chantilly, plus par oubli que par crainte que Rose ne me pique ma bombe.

« Tu connais les Banana Split, j’imagine ? Ça te tente ? »

J’attrape enfin le chocolat noir et l’agite sous le nez de Rose. T’as vraiment l’air d’un gamin. Ouais, je sais. Gamin d’un soir. D’une nuit. Pour une fois, elle ne devrait pas s’en plaindre… Je m’échappe finalement en direction de la table de la salle à manger, attrapant quatre bananes dans le plat qui trône dessus avant de revenir vers la cuisine.

« Eh Rose ! »

Crie pas comme ça bon sang ! J’ignore le ton bougon de ma moitié, poursuivant.

« Tu connais pas la chanson qu’il y a sur ce dessert là ? »

Je déboule comme un forcené dans la pièce, dépose les bananes devant elle et attrape mon téléphone dans la poche arrière de mon jean.

« Mais si ! Tu sais… Avec la brunette là. Bon ok elle est en français mais… »

Je fais – difficilement – la recherche internet et pose l’iPhone sur le plan de travail alors que les premières notes de Banana Split résonnent. Je commence même à danser et à chanter, même si les paroles ressemblent plus à un gros marshmallow qu’autre chose, vu ma maîtrise plus qu'approximative du français. Qu’importe. Je reviens finalement vers Rose, délaissant Lio un moment pour m’occuper de notre activité culinaire, chantilly toujours sous le bras.

« Bon alors, tu préfères faire quoi ? T’occuper de la fondue de chocolat ou de l’épluchure des bananes ? »

Il ne m’est même pas venu à l’esprit qu’elle pourrait ne pas aimer ça… Non, même pas en rêve. Je pars du principe que tout le monde aime ce dessert-là. Je crois que l’alcool me fait définitivement perdre la tête…



CREDIT → OSWINWHO

Blabla bis:
 
  
MessageMer 8 Fév - 16:31
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016Nombre de messages : 212Nombre de RP : 51Âge réel : 18Copyright : © lou'Avatar daëmon :
Rose M. BakerJust play. Have fun.
Enjoy the game. ♚

« Kids at the park
Slurping down slushies and
Eating ice cream.
 » — Suzy Kassem

Je ne sais même plus si j'ai encore la capacité d'avaler quoi que ce soit.
L'alcool a déjà pris possession de la totalité de mon estomac je crois. J'ai chaud et j'ai la tête qui tourne. J'ai l'impression que mes yeux ne sont pas capable de fixer un point pendant plus de trois secondes et qu'ils vont se fermer. Mais bordel que cette sensation est drôle. Rose mais qu'est-ce que tu as fait .. ? Je ne sais pas. Je rigole encore toute seule en y repensant. J'sais plus ! Aha, je sais plus ! Quand Sybelle m'a demandé si ça allait, je lui ai souris. Mais Jason a dit que j'avais un sourire de débile qui n'arrivait même plus à étirer ses lèvres correctement.

Jack semble emballé par mon idée. Nos idées fusionnent et se connectent. T'aimes les bananes ? Je perds mon sourire niais pour me concentrer sur sa question. Quand les mots s'assemblent correctement dans ma tête et que je comprends le sens de leur cohésion, je fixe Jack avec un petit air malicieux. Puis je réponds avec un grand owh ouii. Jason se tape la tête contre le pied de la chaise devant lui. En temps normal, je ne réagis jamais à ce genre de pensée tordues parce que j'en comprends trop peu vite le sens, voire pas du tout – beaucoup disent que je suis encore trop enfantine dans ma tête pour saisir la chose puis peut-être aussi parce que je... –. Je n'ai pas le temps de me perdre dans le reste de souvenirs clairs qu'il me reste, Jack agite du chocolat noir sous mon nez en me demandant si j'aime les Banana Splits. Je fais un grand oui de la tête, louchant sur le chocolat.

Il s'éloigne ensuite de moi évoquant la chanson française plutôt connue sur ce dessert, toujours en hurlant. Jason a tout de suite les paroles en tête, moi il me faut un peu plus de temps. Notre hôte va mettre ensuite la chanson pour danser et chanter dessus. Je me mets à rire et lui crie à mon tour – c'est fou comme les mots sortent plus naturellement en cri quand on a de l'alcool dans le sang – :
Bah bien sur que je connais !
Je me mets ensuite à parler en français :
J'ai grandi en France !
Mais au lieu de dire France avec mon bel accent français, je dis Fraanche avec un reste d'accent américain. Puis je me laisse emporter par la musique, sautant – oui car je saute plutôt que de danser, c'est moins ridicule – et chantant les quelques paroles que j'arrive à articuler. Qu'est-ce qu'elle parle vite la madame !

Toujours chantilly sous le coude, Jack propose que je choisisse la répartition des tâches. Je n'ai pas envie de réfléchir et regarde Jason qui me conseille de partir sur les bananes. Tu as moins de risque de faire une connerie en épluchant une banane je pense. Je ne cherche pas à savoir s'il a raison ou non, je m'assieds – encore plus maladroitement que d'habitude – sur la première chaise à ma disposition et attrape les quelques bananes posées sur la table. Dans un grand sourire, je lui montre mon petit tas pour lui faire comprendre que pour moi ce sera les bananes.

La musique en bruit de fond, je me dandine gaiement sur ma chaise en épluchant mon fruit jaune. Nanananaaaa, nananananaaaa ! Banana Split ouh ! Quelques fois je chante avec elle, quelques fois non – parce que je me souviens plus des paroles et que j'arrive pas à parler aussi vite et bien qu'elle en même temps –.
Je ne sais plus quand est-ce que c'est que j'ai mangé une Banana Split, mais je devais avoir 15 ans !
Je ris dans mon coin. D'un point de vue extérieur, on pourrait dire que je suis plusieurs dans ma tête je crois. Non, non, je te confirme que oui. Et parle en anglais, Jack va encore moins bien comprendre ce que tu dis ! Effectivement, sans m'en rendre compte, j'ai continué à parler français. C'est la musique aussi ! Les langues se mélangent trop vite.
Voilà, 'ai fini ! je reprends dans un américain presque correct.
Je tends à Jack les bananes épluchées et coupée en deux – enfin si ce n'est plus car je n'ai pas coupé très droit à certains endroits –. Mon regard louche, se perd puis tombe sur une horloge juste au-dessus. Il est aux alentours de minuit. Déjà ! La musique bat encore dans mes oreilles et cette chaleur ne quitte pas mes tempes. Pour rire – même si ce que je dis n'a rien de drôle car je suis pas si drôle de que ça moi, je crois, enfin –, je lance à Jack :
J'espère que tes voisins sont indulgents ! Prévois une coupe de glace en plus au cas où il faille en amadouer quelques uns !
Peut-être que comme pour moi, manger une glace à minuit après avoir dansé sans savoir le faire, donnera à leur soirée un goût qu'il n'aurait même pas pu imaginer. Et dire que je l'ai rencontré dans un état déplorable tout à l'heure et que nous sommes maintenant en train de se perfectionner dans les coupes glacées. Et que tu as une bouteille de rhum dans le nez.. La vie est vraiment bien faite !
  
MessageMer 7 Juin - 21:03
avatar
Date d'inscription : 26/02/2016Nombre de messages : 294Nombre de RP : 42Âge réel : 22Copyright : Aki (sign) & angel dust (av)Avatar daëmon :
Jack L. WildeI'm not after fame and fortune
    I'm after you


« On peut mesurer l'influence et la force d'un esprit à la quantité de bêtises qu'il fait éclore. »
Trois minutes pour me rendre compte que je me trimballe avec la glace au caramel et pas celle à la fraise, une erreur capitale qui m’oblige à replonger la tête dans ce fichu congélo. Tes propos sur les bananes peuvent être pris à double sens, tu sais. A double quoi ? Je ne comprends rien. Surpris par les propos de Syb, et incapable de tourner la tête dans sa direction puisque coincé entre la bolognaise et le sac de petits pois, je ne trouve rien de mieux que de me relever d’un coup… M’assommant évidemment contre la paroi gelée de ce stupide congélateur. C’est toi qui es stupide. Je ne réagis même pas à l’insulte, trop heureux d’avoir finalement trouvé mon précieux – autrement dit la glace à la fraise – pour me formaliser d’une telle attaque.

Je reviens vers la table, où Rose a déjà choisi de s’occuper des bananes – et en dépit de ce que Syb peut penser, aucune de mes pensées ne dévie à cette vision – et je m’installe tant bien que mal à côté d’elle pour poser ma boite sur la table. Ouais, bon. J’ai oublié les cuillères, éventuellement les bols, et la chantilly est toujours posée sur le comptoir MAIS on a les bananes, le coulis de chocolat et les glaces, donc c’est déjà pas mal. En soupirant, je me relève – dieu que le monde tangue – et m’accroche au tiroir à couverts pour trouver ce que je cherche.

C’est là que le drame arrive. Il y a deux minutes, lorsque je dansais comme un abruti dans le salon au rythme de Banana Split, je pensais n’avoir rien compris de ce qu’elle me racontait parce que 1) la musique aurait pu réveiller un mort, y compris le presque macchabée qui me sert de voisin 2) je chantais, tout à fait juste selon moi, bien que du point de vue de Sybelle, cela ressemblait plus à une série de beuglements incompréhensibles qu’à une célèbre chanson. Bref, quoiqu’il en soit, je crois que mon cerveau disjoncte – ou qu’il se noie dans la vodka – puisque je ne comprends pas un traitre mot de ce que Rose me sort à cet instant.

« Je ne sais plus quand est-ce que c'est que j'ai mangé une Banana Split, mais je devais avoir 15 ans ! »

Je me détourne de mes cuillères pour l’observer une courte seconde mais, obnubilée par la découpe des fruits, elle n’aperçoit pas les yeux exorbités que je lui offre. C’est du français, Einstein, pas un langage d’Alien. Ouais, bah de mon point de vue et à une heure pareille, ça y ressemble bien.

J’attrape enfin tout ce qui me manquait et m’étale de nouveau sur ma chaise, souriant lorsque la jeune fille tend vers moi ses bananes découpées, qu’elle accompagne de quelques mots – américains, cette fois-ci. Ou presque. Mais je peux pas trop juger, moi qui n’ose pas parler de peur de m'emmêler les pinceaux. Une douleur au sommet de mon crâne me signale une seconde durant l’état d’ébriété dans lequel je me trouve, juste avant que mon estomac ne me rappelle à l’ordre et m’incite à passer à l’action. Ni une, ni deux, je m’empare des bols puis commence à disposer les boules de glace dans chacun d’eux.

« J'espère que tes voisins sont indulgents ! Prévois une coupe de glace en plus au cas où il faille en amadouer quelques uns ! »

Je pouffe de rire comme un enfant, les yeux toujours rivés sur ce que je suis en train de faire – il faut dire que viser un bol qu’on voit en double exemplaire n’est pas tâche aisée, mais je ne suis pas du genre à me laisser déboussoler aussi facilement hein, j’suis quelqu’un de fort moi, ouais ouais, j’ai pas dit mon dernier mot ! Jack tu craques… Suivi d’un soupir éloquent de ma moitié, qui s’est posée sur mon épaule pour me surveiller et éviter les catastrophes. Tant que possible, du moins.

« Je crois que le papy d’à côté n’a pas le dentier adapté pour manger de la banane… Mais la glace et la chantilly ouais, ça peut passer ! »

Je ris en attrapant l’assiette de banane et en dispose un peu partout dans les bols, avant de recouvrir le tout d’une copieuse couche de chantilly. Je suis sur le point d’arroser nos desserts à coup de coulis de chocolat quand une idée amusante me traverse l’esprit… Et ce ne sont pas les piques du bec de Sybelle contre mon oreille qui m’empêcheront de mettre mon plan farfelu à exécution.

« Tu aimes la chantilly j’espère ? »

D’un geste rapide – quoique peu précis – je serre la bombe de chantilly entre mes doigts et presse de toutes mes forces sur l’opercule en direction de Rose, l’aspergeant copieusement de crème fouettée. Il en est de même pour la table, le sol et même mon t-shirt puisque dans ma hâte, j’ai appuyé un chouilla trop tôt. En voyant sa tête, j’explose de rire, ignorant Syb qui m’engueule, le sommet de son minuscule crâne devenu brutalement blanc, lui aussi.

« Te voilà servie ! Aïe ! »

Sybelle vient de planter son bec dans ma barbe pour me rappeler à l’ordre, chose compliquée vu que j’ai un mal de chien à m’arrêter de rire. Dans la pagaille, j’ai lâché ma bombe sur la table et je tente à présent de me cacher derrière les bols pour échapper à l’éventuelle vengeance de mon invitée du soir. Elle n’osera pas risquer la vie de nos desserts… si ? Au cas où, je m’agrippe à la bouteille de coulis de chocolat, et profite d’un court moment de pause pour arroser la chantilly et les boules de glace. Je reporte finalement son attention sur Rose, méfiant quant à son prochain mouvement, et ramène la bouteille contre mon torse comme s’il s’agissait d’une arme de combat.

« Attention hein ! Je suis armé ! »

Un vrai gosse, vous dis-je.



CREDIT → OSWINWHO

Hey you:
 
  
MessageSam 1 Juil - 15:13
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016Nombre de messages : 212Nombre de RP : 51Âge réel : 18Copyright : © lou'Avatar daëmon :
Rose M. BakerJust play. Have fun.
Enjoy the game. ♚

« It was a woman who drove me to drink, and I never had the courtesy to thank her for it. » — W. C. Fields

Je ne me souviens pas de la dernière fois que j'ai bu ainsi.
Mais suis-je véritablement capable de me souvenir de quoi que ce soit en ce moment ? Dans un sourire niais, j'apprécie cette sensation de perte de contrôle. Tout semble si flou autour de moi, noyé dans un nuage doux, incertain, mais doux ; et chaud.

Jack semble tout aussi noyé dedans aussi. Il répond rapidement à ma question sur ses voisins. Je souris même si je ne suis pas sûre d'avoir tout bien compris. J'ai réussi à capter le mot « dentier », puis l'idée qu'un dentier ça mâche pas très bien la banane. J'observe mes fruits coupés en deux. Je pourrais les couper en plus petit bouts pour que le monsieur puisse en manger avec nous ? Non ?Rose, oublie ! Je tourne la tête vers mon petit paon. Toujours aussi calme il est. Sage, Jason sera à jamais. Ouah, t'as vu, je parle en War Stars ! Mais il suffit toujours d'une petite connerie de ma part pour qu'il cesse d'être maître Yoda. Hihi.

Tu aimes la chantilly, j'espère ? La voix grave de Jack me fait tourner la tête vers lui. Évidemment que j'aime la chantilly. Je fais un grand oui de la tête, comme une gamine qui n'attend que ça. L'alcool ralentit la cervelle. Ce n'est que lorsque de la chantilly m'arrive dessus, que je comprends ce qui m'arrive. Je pousse un cri de surprise et dans la précipitation, je recule à m'en faire tomber de ma chaise. Mon dos heurte le carrelage froid tandis que la crème chantilly s'accroche à mes cheveux et imbibe mes vêtements. Mais je ris. Je ris aux éclats. Pliée en deux, par terre.

Te voilà servi, qu'il a dit. Owh mais attend un peu que je t'attrape toi. Le rire cesse, la vengeance brille au fond de mes yeux. Je me relève maladroitement. Outch, je crois que j'ai cogné la colonne vertébrale un peu trop fort. Tant pis ! Je cherche vaguement sur la table quelque chose qui pourra me servir d'outil de vengeance. Rien sur la table ne m'attire l’œil, si ce n'est les bols derrière lesquels Jack se cache. Hmm, ils ont l'air trop bons. Je ne peux pas les gâcher bêtement ainsi – je ne sais pas quelle force miraculeusement lucide me permet d'avoir cette réflexion –.

Une idée – brillante je crois – germe dans mon esprit lorsque j'aperçois la bouteille de coulis de chocolat dans les mains de Jack. Tu es armé dis-tu ? Mais pour combien de temps ? Mesquine, je lui réponds :
Tu es sur ?
Le but étant de ne pas lui laisser le temps de comprendre – ça va j'ai de la marge ! –. J'active mon don alors que Jason s'exprime.
Rose, ce n'est pas une bon...
Mes doigts me chatouillent, ils scintillent doucement tandis que cette force terriblement douce me propage toute entière. Aller, c'est pas dur Rose. J'entre dans le premier portail matérialisé devant moi. Maintenant, je sors de celui qui se trouve derrrière Ja.. Devant ? Surprise, je fais un pas maladroit vers Jack que j'étais censée surprendre par derrière. Qui dit maladroit, dit le pied droit qui se prend dans le pied gauche. Boum !

Je me rattrape sur les épaules de Jack, évidemment, mais de mon élan, je nous fais basculer. Nous voilà étalés sur le sol, Jack sur le dos et moi, l'écrasant de tout mon poids. La bouteille qui se trouve contre son torse, se voit compresser entre nos deux poitrines. Jack, aurais-tu remis le bouchon ? Évidemment que non ! L'onde de nos deux corps qui tombe fait alors jaillir tout le chocolat de la bouteille sur nous, et surtout sur nos deux visages. A la crème chantilly de mes cheveux, s'ajoute une nappe de chocolat sucrée et terriblement collante. Épuisée et saoule, je n'essaye même pas de me relever, ni de me dégager. Je laisse ma tête se poser sur le torse de Jack et ris, encore, à plein poumons, ne sachant comment l'arrêter.

Deux minutes doivent s'écrouler tandis que je reste couchée sur Jack, en riant comme une enfant. Enfin, mon rire s'arrête. Je reprends vainement mon souffle pour me calmer un petit peu. Quand je me calme, enfin, je murmure doucement :
Jack.. Je crois que j'ai trop bu.
Jason qui a suivi notre chute, le bec grand ouvert, soupire de désespoir. Il s'approche de Sybelle et lui tend un torchon qui traîne pour qu'elle puisse s'essuyer la tête.
Sans blangue ! Mais bon sang.. mais qu'est-ce qu'on va faire de ses deux-là ? Pardonnez-nous encore hein.. Rose est la meilleure pour se mettre dans ce genre de situations mais.. Courte pause, attention portée sur moi. Puis bon sang Rose, relève toi, tu vas pas rester blottie comme ça !
L'ordre de mon petit roi me fait sursauter, alors je roule sur le côté pour libérer Jack. Je me relève ensuite, à l'aide de mes coudes. Jason me fusille du regard. Je lui souris bêtement, en attrapant nos bols de glace. Appuyée contre le mur, juste à côté de Jack, je lui tends le sien. Cuillère en bouche, je ferme les yeux.
Hmmm, chest trop bonch., dis-je la bouche complètement pleine.
Je savoure le reste de ma glace en silence. Oui, ça faisait effectivement beaucoup trop longtemps que je n'avais pas mangé une coupe pareille.
Merci tellement.
Mon bol terminé, je le pose à côté de moi puis laisse ma tête se poser contre le mur, les yeux clos. Le monde tourne encore tellement. Je me demande d'ailleurs si c'était une bonne idée d'engloutir toute cette glace. Mes papilles me disent que ça l'était.

Une goutte de coulis de chocolat coule le long de ma tempe, mélangée à un peu de crème. Je l'essuie d'un revers de manche. Mes cheveux sont poisseux de sucre et ma poitrine ressemble à celle d'une enfant de deux ans. Pour déconner, je prends une pause sexy et toise Jack du regard :
Aller, avouez que vous n'avez jamais invité une femme aussi sexy que moi chez vous.
Lorsqu'il pose son regard sur moi, je rigole. Puis, je détourne vite le regard, pour camoufler une certaine gêne que je dissimule également derrière un second rire. Je me trouve minable pendant une fraction de seconde, devant cet homme que je connais pas du tout, mais qui me fait passer une superbe soirée, ce bel homme à l'âme égarée. Aurais-je aimée être un peu plus sexy qu'une enfant qui prend sa première cuite, bêtement, couverte de bouffe ?

Oui, je crois que j'aurais aimé. Bourée et sexy ? Pourquoi pas ? M'enfin, en attendant, je suis très loin d'être sexy comme ça. Et je n'ai même pas d'affaires de rechange. Peut-être serait-il temps que je rentre chez moi ? Hors de question !


Plouf :
 
  
MessageMar 11 Juil - 20:54
avatar
Date d'inscription : 26/02/2016Nombre de messages : 294Nombre de RP : 42Âge réel : 22Copyright : Aki (sign) & angel dust (av)Avatar daëmon :
Jack L. WildeI'm not after fame and fortune
    I'm after you


« Je ne retomberai jamais en enfance, j'y suis toujours resté. »
Tu n’as pas bientôt fini de jouer les gamins ?! Mais la voix de Sybelle entre par une oreille et ressort par l’autre – comme d’habitude lorsque je bois trop, je n’entends ni n’écoute la voix de la sagesse qu’est constamment l’étourneau. Pour l’instant, j’essaie juste de voir Rose par-dessus cette table dont je me suis éloigné, mais sans succès puisqu’elle est toujours étalée sur le sol, les quatre fers en l’air et absolument morte de rire. J’ai d’ailleurs un mal de chien à ne pas rire, moi aussi, tant la vision de mon invitée, remplie de chantilly et les fesses par terre, n’est pas le genre de chose à laquelle je m’attendais pour conclure cette journée.

« T’es sûr ? »

Elle se redresse et mes yeux s’écarquillent. Qu’est-ce qu’elle manigance ? J’ai pas confiance. Mon cerveau s’illumine, toutes les alarmes me hurlent de rester prudent, mais les vapeurs de vodka sont encore trop présentes pour que je réagisse de quelque manière que ce soit – même si l’avantage maintenant, c’est que je vois Rose en une seule fois, et non accompagnée de ses sœurs jumelles. Je braque la bouteille de coulis de chocolat devant moi, comme si à elle seule, cette dernière serait capable de faire fuir l’envahisseur.

« J’hésiterai pas à m’en servir ! »

Quitte à retapisser l’entièreté de ma cuisine, au grand désespoir de l’étourneau qui ne cesse plus de grommeler, la tête toujours recouverte de chantilly. Jason ouvre la bouche mais je n’entends pas ce qu’il déclare – seuls comptent les doigts de Rose, scintillants à présent, et ce portail qu’elle ouvre devant mes yeux ébahis. Je crois rêver. Est-ce que c’est un rêve ? Est-ce qu’elle compte sérieusement plonger là-dedans ? Je n’ai pas le temps de me pencher sur la question ; à peine l’ouverture est-elle assez grande que la demoiselle se glisse à l’intérieur, atterrissant… devant moi. Moi de surprise, elle emportée par son élan, nous nous retrouvons comme deux imbéciles par terre de nouveau et couverts de coulis de chocolat qui plus est. Je marque un temps d’arrêt ; je n’ai absolument rien compris de ce qu’il vient de se passer, tant les actions se sont enchaînées rapidement sans laisser le temps à mon pauvre esprit de faire le moindre tri. Alors, j’agis comme Rose : je ris. A m’en exploser le corps, les tympans et les poumons ; je ris, comme si ce qu’il venait de se produire était la chose la plus drôle qu’il me soit arrivé depuis longtemps. Et c’est peut-être vrai, au fond.

Elle a la tête posée sur mon torse, hilare elle aussi. On a du mal à respirer tous les deux, sous la mine désespérée de nos daemons respectifs qui, de toute évidence, ne savent plus quoi faire de nous. Les rires s’estompent ; c’est le calme après la tempête, c’est la réalité qui tente de nous rappeler à elle, doucement.

« Jack.. Je crois que j’ai trop bu. »

J’hoche la tête, silencieux. Moi aussi j’ai trop bu. Mais pour la première fois en des années, cette cuite n’a rien de mélancolique ou de colérique – elle n’est que joies et enfantillages. Et ça, je le lui dois.

Jason s’approche de Sybelle, qui grimpe sur le torchon qu’il a posé devant elle pour se faire un brin de toilette. Je sens mon amour partagé entre plusieurs sentiments : d’un côté, celui de m’engueuler pour n’être qu’un inconscient libre de toute limite. De l’autre, celui de s’attendrir de me voir aussi détendu que je le suis maintenant. Le paon, quant à lui, a déjà un avis bien tranché sur la question.

« Sans blague ! Mais bon sang.. mais qu'est-ce qu'on va faire de ses deux-là ? Pardonnez-nous encore hein.. Rose est la meilleure pour se mettre dans ce genre de situations mais.. Puis bon sang Rose, relève toi, tu vas pas rester blottie comme ça ! »

Sybelle sursaute, moi aussi, tandis que Rose roule brusquement sur le côté pour se dégager. Je me redresse tant bien que mal et pose mon dos contre le meuble de cuisine derrière moi. A l’image de la jeune fille, je m’empiffre allégrement de glace au chocolat. Ses prunelles charbonneuses rivées sur moi, Syb déclare alors :

« Malheureusement passé un certain stade, il n’y a plus rien à faire je le crains. »

Mais ce n’est ni de la colère, ni de la résignation dans sa voix ; juste une pointe de malice, qu’elle teinte d’ironie. Elle ne nous arrêtera pas, sauf cas extrême, comme par exemple : tenter de devenir un prince des flammes, à l’image de Sid dans l’Âge de Glace. D’ici là, elle me laissera faire, persuadée que de toute manière, je paierai chacun de mes excès demain matin.

« Hmmm, chest trop bonch. Merci tellement.»

J’hoche vivement la tête tout en lui répondant, postillonnant partout au passage.

« Tu reviens quand tu veux ! »

J’ignore si elle le voudrait. Après tout, elle avait enchaîné les conneries depuis ce moment où elle m’a ramassé dans la rue et, même si je n’ai pas l’impression que cela lui déplaît, je ne sais pas si elle m’appréciera autant une fois sobre.
La pose qu’elle prend m’arrache à mes pensées et j’hausse un sourcil interrogateur à son encontre.

« Allez, avouez que vous n'avez jamais invité une femme aussi sexy que moi chez vous. »

J’éclate de rire – la bouche vide de glace, fort heureusement – et écarte les bras en signe d’absolution.

« J’avoue chef ! J’avoue tout ! »

Jack ! Ouais, bon, c’est juste pour rigoler hein ? Non ? Si, on va dire que si. Je ne sais plus très bien où j’en suis de toute façon, mais je ne ressens aucun désir envers Rose. Je crois. Puis j’ose pas lui dire qu’à part ma sœur et ma mère, elle est la seule femme à avoir franchi le seuil de cet appartement. J’ai pas envie de réfléchir à ça, alors je change de sujet, sans apercevoir le rouge qui lui monte aux joues.

« T’es fatiguée ? Si non, on peut toujours faire autre chose, comme regarder un film, je sais pas. J’dois avoir des Disney quelque part. »

J’ai marmonné les derniers mots dans ma barbe, à peine conscient de ce que je viens de reconnaître. Oui, j’avoue, je regarde des Disney de temps en temps. J’en chante d’ailleurs très souvent – après tout, je reste un grand enfant. Et il n’y a rien de mal à ça, si ?



CREDIT → OSWINWHO
  
MessageJeu 13 Juil - 17:53
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016Nombre de messages : 212Nombre de RP : 51Âge réel : 18Copyright : © lou'Avatar daëmon :
Rose M. BakerJust play. Have fun.
Enjoy the game. ♚

« All our dreams can come true, if we have the courage to pursue them. » — Walt Elias Disney

L'euphorie laisse place à un véritable manège tournant.
Je remercie le mur de la cuisine qui soutient mon dos. Je serais sûrement tombée à la renverse tant le spasme est fort. Le souvenir de la bouteille de rhum que je me suis sifflée me donne un silencieux haut le cœur. Non, vomis pas maintenant. Pas maintenant que tu viens de manger la meilleure des coupes de glaces. Je ferme les yeux pour essayer de retrouver un fragment de sobriété. Échec. Ça tourne, tourne. Et j'ai envie de sourire, de rire, de laisser tomber ma tête à droite, à gauche ; et de continuer de sourire. Tourne mon petit monde, tourne.

J'en ai oublié ce que je viens de dire à Jack. Le coulis de chocolat le long de mes cheveux roux, la chantilly qui y meurt. J'avoue chef ! J'avoue tout ! Je me perds dans les yeux de mon nouvel ami de soirée, un sourire béas sur les lèvres. Mes yeux se ferment doucement. Jack me demande alors si je suis fatiguée. Ils s'ouvrent immédiatement. Mes lèvres s'étirent soudainement lorsque j'entends le mot Disney. Owh mon dieu ! Je bouillonne.
Owh non non non ! Je ne suis pas du tout fatiguée ! Respire un peu Rose. Un Disney, un disney ! je m'exclame en tapant dans mes mains.
Je ris – encore, encore, encore, encore –. Passant une main dans mes cheveux, je réalise que je suis toujours poisseuse à souhait, couverte de sucre et de bonne humeur. J’interromps alors mon excitation pour demander à Jack :
Je peux juste emprunter ta salle de bain pour me débarbouiller un peu ? Sexy ou pas, c'est pas très confortable d'avoir tout ça dans les cheveux.
Quoi que l'alcool pourrait me les faire vite oublier. Je me lève d'un bond souple et rapide pour ne pas oublier alors. Je n'attends même pas sa permission – en plus –, je m'avance ne m'écriant :
Je te laisse le choix du Disney, je ne suis pas difficile. Je n'aime juste pas Rox & Rouky. Pause. Mais si tu veux m'attendre pour choisir, je fais vite.
Je ferai vite de toute façon.

Arrivée dans la salle de bain, je me regarde pendant de longues minutes. Les yeux à moitié fermés, mon visage se déforme sous les effets de l'alcool. Je ne suis pas très belle. Je ne fais jamais vraiment attention à mon apparence ; mais ce soir, si. Jack ? Non, ça doit être l'alcool. J'ouvre le robinet et m'asperge le visage, les mèches engluées dans le coulis. Lorsque je me sens moins collante, je retire mon haut. Heureusement, j'ai mis un petit tee-shirt à manche trois-quart, col en V en dessous de mon sweat. Je laisse le sweat sur le bord de la baignoire et me regarde une nouvelle fois. Je ne me trouve toujours pas très jolie. Jason en profite pour pointer le bout de son bec. Il sourit – difficilement car toujours gêné par mon comportement –. Tu vas bien ? Je souris et hoche la tête. Tout va bien. Tourne, tourne ma petite planète.

Je cours rejoindre Jack dans le coin télé, tout sourire, un pied pas du tout devant l'autre. Je m'affaisse sur le sol pour ne pas tomber tout de suite, le dos appuyé contre le canapé.
T'as vu ? J'ai fait vite. Alors, quel est votre choix môsieur ?
J'observe brièvement les différents films.
Les Disneys c'est toute mon enfance, j'en regardais plein quand j'étais France ; ça m'aidait pour apprendre la langue.
Pourquoi tu parles de ça Rose ? Tu en parles pas trop normalement. C'est l'alcool. Encore. Ouais, ça doit être ça.
  
MessageVen 11 Aoû - 18:00
avatar
Date d'inscription : 26/02/2016Nombre de messages : 294Nombre de RP : 42Âge réel : 22Copyright : Aki (sign) & angel dust (av)Avatar daëmon :
Jack L. WildeI'm not after fame and fortune
    I'm after you


« Un rêve est un voeu que votre coeur fait. »
J’ai un moment d’absence, de ceux qui m’atteignent lorsque réalité et rêve se confondent. Je ne fais plus la distinction entre les deux, perdu dans le monde ouaté que m’offrent mes sens. J’ai la tête et le coeur ailleurs, un léger sourire au bord des lèvres et cet air absent collé à mon visage comme du cellophane.

Mais la réaction subite de Rose, toujours assise à mes côtés, me fait sursauter et manquer de lâcher mon bol de crème glacée.

« Owh non non non ! Je ne suis pas du tout fatiguée ! Un Disney, un disney ! »

J’explose de rire en la voyant taper dans ses mains et s’agiter comme une gamine. Ok, elle n’a pas l’air mieux que moi, si ce n’est pire. Encore un point commun à rajouter à cette liste déjà longue, preuve qu’en dépit de la différence d’âge, les caractères enfantins se joignent toujours. J’ouvre la bouche pour lui proposer de passer au salon - j’ignore comment on serait arrivés jusque là-bas, en rampant peut-être, ou en roulant sinon? - mais elle m’interrompt une fois de plus.

« Je peux juste emprunter ta salle de bain pour me débarbouiller un peu ? Sexy ou pas, c'est pas très confortable d'avoir tout ça dans les cheveux. »

Je clipse mes lèvres en un sourire amusé, tout en détaillant la silhouette qu’elle me désigne. Elle a les cheveux poisseux, le corps collant, tout comme le mien en cet instant. La différence étant que je n’envisage pas forcément de me nettoyer, moi. Hors de question que tu ailles dormir comme ça. Oui Maman. Je me débarbouillerai donc avant d’aller au lit, c’est promis.

« Peut-être pas confortable mais ça te donne un sacré style. »


Je ris, de nouveau, avant de désigner du mouvement le couloir noyé dans l’obscurité.

« Fais comme chez toi. C’est la deuxième porte à gauche. »


Ou à droite, j’ai hésité je l’avoue, voilà que mon cerveau embrumé a maintenant du mal à se souvenir du plan de mon propre appartement… C’est la meilleure. Une grimace dépitée s’empare de mes traits à ce constat, mais elle s’évanouit rapidement lorsque je m’aperçois qu’elle n’a pas attendu ma réaction pour partir à l’aventure dans la pénombre. Elle a réussi à se lever du premier coup? Comment elle a fait ça? J’hallucine là.

« Je te laisse le choix du Disney, je ne suis pas difficile. Je n'aime juste pas Rox & Rouky. Mais si tu veux m'attendre pour choisir, je fais vite. »

Easy Rose, tu parles si vite, j’ai du mal à suivre, tandis que la voix s’échoue sur les murs de l’appartement et qu’elle disparaît de mon champ de vision, me laissant envisager la possibilité de laisser mes fesses quitter le carrelage gelé. Ok mon ami, c’est le moment de voir si tes muscles et toi avez encore un peu de volonté ; un bol vide dans chaque main, je parviens à me relever à la suite d’un effort qui me paraît surhumain. Je tangue un peu, me rattrape via mon dos sur le plan de travail, avant de déposer la vaisselle n’importe comment sur la table et de vaciller jusqu’au salon.

« Tu vas nous sortir quoi? Bambi? »

J’hausse les épaules devant la question de Syb. Je crois que je l’ai celui-là en plus. Dire que je n’ai jamais pleuré devant serait mentir, d’ailleurs ; et à bien y songer, il me semble un peu trop triste pour la soirée qu’on est en train de passer, Rose et moi. J’ai pas envie de réfléchir trente ans devant des pochettes de DVD, ce pourquoi je décide de laisser Rose choisir pour nous deux. J’étale le tout sur le parquet sombre du salon, laissant mes yeux dériver sur deux ou trois pochettes en particulier - j’avoue que j’ai mes préférences, bien malgré moi. Je relève la tête en l’entendant s’étaler sur le parquet à mes côtés. Elle a l’air plus fraîche qu’il y a deux minutes, plus présentable aussi - et, toujours, ces prunelles pétillantes qui m’analysent avec curiosité et ce sourire taquin qui ne semble plus prêt à la quitter.

« T'as vu ? J'ai fait vite. Alors, quel est votre choix môsieur ? »


Je me tais quelques secondes, hésitant, mais elle poursuit, lancée telle un boulet de canon à travers le salon.

« Les Disneys c'est toute mon enfance, j'en regardais plein quand j'étais France ; ça m'aidait pour apprendre la langue. »

Je souris en attrapant deux des pochettes.

« Tu veux dire que t’apprenais l’anglais en chantant Hakuna Matata et Prince Ali à tue-tête? »


DVD que j’agite, un de chaque côté de mon crâne, pour l’aider à prendre une décision.

« Frère des ours ou La planète au trésor? L’un des deux te botte? »

Je la laisse se dépatouiller dans ce dilemme cornélien, pour finalement mettre celui de son choix dans le magnétoscope et d’aller m’étaler dans le canapé, télécommande en main pour allumer la télé. Le générique résonne, mais je ne l’entends pas, encore obnubilé par les derniers mots de Rose.

« Je crois que je parle français, moi aussi. »

Je dis « je crois » parce que la vérité, c’est qu’il ne me reste aucun souvenir de la manière dont j’ai appris la langue. Je me redresse, visage tourné vers elle, les traits imprimés d’une intense concentration.

« Bonchour, jé m’appelle Jack é jé suis ravi dé fous rencontrer. »


L’accent épouvantable qui s’échappe de mes lèvres me fait éclater de rire.

« C’est horrible. Pardon. »

Puis la curiosité reprend le dessus, et j’en oublie presque le film qui débute.

« D’où tu viens, en France? »


CREDIT → OSWINWHO
  
MessageDim 20 Aoû - 10:52
avatar
Date d'inscription : 13/02/2016Nombre de messages : 212Nombre de RP : 51Âge réel : 18Copyright : © lou'Avatar daëmon :
Rose M. BakerJust play. Have fun.
Enjoy the game. ♚

« Who says we have to grow up ? » — Walt Elias Disney

Alors que Jack me pose une question sur mon enfance, je me laisse tomber comme un gros mammouth, en tailleur. Il faut être souple pour se laisser tomber ainsi et retomber les jambes fléchis. Je ne suis pas vraiment souple ; mais je suis saoule. Cela rend la chute moins, douloureuse, je dirais. Les yeux trop peu ouverts, les joues roses et la peau encore humide, je le fixe intensément. Soudainement je rigole.
Le français, Jack, j'ai appris le français en chantant Hakuna Matata et Prince Ali à tue-tête. Quoi que j'avais une petite préférence pour Hakuna Matata, j'ajoute en me grattant mystérieusement le menton.
Jack me demande ensuite de choisir entre Frère des Ours et La Planète aux trésors. Mon choix est vite fait. Des paillettes plein les yeux, j'attrape le DVD de Frère des Ours et le colle contre mon cœur.
Frère des Ours, dis-je avec une voix mieilleuse.
Je suis une fan de ce dessin-animé. Riant toujours aux éclats lorsque Kado ouvre la bouche, mon choix n'a vraiment pas été difficile.

Alors que Jack fait quelques essais en français, j'insère le DVD dans la fente adéquate. Une fois le disque avalé, je me retourne vers Jack en me retenant de pouffer de rire. L'accent est horrible et la prononciation des mots se laisse à désirer, mais c'est bien essayé ! Ma tête tourne encore tellement que je pourrais même dire, cependant, que c'est compréhensible.
Pas mal, je rétorque alors qu'il se trouve horrible.
Puis je ris d'un rire enfantin.

Les sons de début de film me font reprendre un peu les pieds sur Terre et je m'installe plus confortablement pour profiter pleinement du film – enfin, je reste assise par terre, dos appuyé contre le canapé –. Une question de Jack me fait décrocher les yeux de l'écran. Je mets un petit moment à répondre ; c'est le temps que ça monte au cerveau.
Je viens de la Baule, c'est juste en dessous de la Bretagne, au bord de l'Atlantique.
Le film commence et me voilà perdue dans l'univers de Disney, telle une enfant. Genoux repliés contre ma poitrine, ma concentration est à son maximum. Jason est venu s'installer sur le canapé, juste au dessus de mon épaule. Sa tête vient parfois effleurer la mienne, comme pour l'apaiser. Je crois que l'effet de l'alcool commence un peu à se dissiper – enfin, je suis pas vraiment sûre –.

Je savoure le film comme si je le vois pour la première fois. Je me mords les lèvres lorsque les trois frères se font poursuivre par l'ours puis je me retiens de pleurer lorsque le plus grand des trois disparaît avec le glacier qui s'effondre. Enfin, je suis prise dans l'aventure de Kenaï qui traque l'ours qui a « tué » son frère. Quand Koda fait enfin son apparition, je murmure à Jack :
J'adore ce personnage. Il est vraiment adorable..
Je ris lorsqu'il parle, presque tout le temps. J'aime vraiment beaucoup leur duo ; puis Kenaï est excellent en ours – quand il rencontre les deux élans, la vieille chaman de leur village ! –. L'aventure se poursuit et je ne vois pas le temps passer. Les voilà déjà au rendez-vous des saumons.
Je rêverais de faire du toboggan comme eux, dis-je insouciante en évoquant leur glissade dans les cascades.
Puis vient ce moment triste, celui où Kenaï explique à Koda que sa maman ne reviendra pas. Je ne sais pas si c'est l'effet de l'alcool ou quoi, mais je ne peux pas retenir mes larmes. Je hoquette comme une enfant. Jason est gêné. Rose ! Reprend toi ! N'y parvenant pas, je me mets à parler avec une voix rauque et incompréhensible :
Mais ce moment est tellement trop triste.. Pauvre petit Koda qui ne reverra jamais sa môman..
Bouh. Ouin. Comme une enfant. Il n'y a pas d'autres mots. Je renifle, et ne réfléchissant pas, j'ajoute :
C'est comme toi Jack, tu as l'air d'être quelqu'un de tellement gentil et tu es laissé dans la rue, en pleurant toutes les larmes de ton corps. La vie est vraiment trop injuste ! Je mangerai celui ou celle qui t'a fait du tord.
Je ne sais pas vraiment ce que je dis mais je me sens sincère en le disant. J'essuie mes larmes car la musique de Phil Colins – celle qui vous fait encore plus pleurer – vient de se terminer. Ne jamais boire quand vous regardez un dessin-animé triste. Unième leçon !


:
 
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 3 sur 3
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3