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L'esprit est comme un parachute ; ça marche quand c'est ouvert ✗ Àsgard

 
  
MessageJeu 10 Mar - 19:47
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Rose M. BakerNothing will be the same...


I can't change the direction of the wind, but
I can adjust my sails to always reach my destination.
Jimmy Dean

Il faisait chaud ce matin. Lorsque les premiers rayons du soleil ont effleuré les rideaux couleur nacrée de ma chambre, j'ai passé le nez par la fenêtre. J'espérais que la fraîcheur du matin réveillerait la peau de mon visage. J'ai été cependant très surprise par la douce chaleur de l'air ambiant. Je voulais voir le givre sur l'herbe très peu verte en-dessous de mon immeuble, de la glace fine sur le pare-brise du gros 4x4 du bonhomme le plus riche du bâtiment que adorait exposer la multitude de ses voitures beaucoup trop chères. Mais il n'y avait ni givre, ni glace fine. Juste l'odeur fraîche d'une nouvelle matinée. Légèrement frustrée, je me suis levée du mauvais pied. Jason, encore somnolant sur les couvertures polaires mises en boule au bout du lit spécialement pour lui, s'est réveillé sous mes grognements semblables à ceux d'un ours. Qu'est-ce 'tu râles encore ? La seule réponse qu'il a pu obtenir était un grundehadihukrg alors que je me dirigeais vers la salle de bain.

Le planning de ma matinée était extrêmement chargée ! Après une demie-heure de prélassage dans la salle de bain, il m'a fallu vingt-cinq minutes de prélassage sur le canapé. Il fallait travailler ensuite mais le petit déjeuner est pour moi une chose essentielle et primordiale. M'empiffrant de céréales, tartines, biscuits et connerie dans le genre, j'ai pris un total de trente-cinq minutes pour déjeuner. Le reste de ma matinée était donc vite vu. Je n'avais que la moitié de mon temps normal pour finir le taff' que l'édition m'avait demandé. Jason m'a donné quelques coups de main en matière d'aquarelle, ajoutant au dessin de petites touches maladroite – à cause de ses pattes – mais originales. Nous aimons travailler en équipe et j'avais grandement besoin de son soutien pour terminer la ribambelle d'images que je devais produire pour le nouvel album en production. Les mains couvertes de peintures et d'eau, je devenais de moins en moins précises. Les contours perdaient de leur fluidité et les formes étaient si ternes que je me suis obligée à faire une pause – ça n'a pas été très dur –. Elle a duré trente minutes. Jason ne cessait de me rappeler à l'ordre, me disant qu'on devait compter sur ce travail pour payer notre loyer ce mois-ci. Je ne l'écoutais qu'à moitié. Il pense que je ne sais être mature que lorsque je dessine. Il a tord.

Après avoir vu défilé le programme de ma matinée terminé, j'observe les dessins de couleurs vives. Avec les encouragements de Jason – plus ou moins agréables –, je parviens enfin à terminer le projet demandé par l'édition. D'un revers de la main, j'essuie mon front recouvert par quelques mèches rebelles mouillée par une légère sueur. Piouf, enfin. Mon paon jette un vif coup d’œil à tous nos dessins. Il hoche la tête, satisfait. Moi, j'aimerais hocher les épaules car je ne suis satisfaite qu'à demi. Il me faut me lever pour me lever les mains maitenant. Flemme ! Je m'amuse à regarder les couleurs se mélanger dans le fond métallique de l'évier, puis mourir plus loin, dans les canalisations. Il faut maintenant attendre que tout cela sèche pour l'amener à l'édition. D'un vif coup d'ailes, Jason vient se poser près de l'évier pour laver une de ses pattes colorée par de la peinture séchée. Je l'aide un petit peu car le majestueux animal a du mal à retirer la peinture avec un simple coup de pied. Soupirant, je me rends compte que je m'ennuie déjà. Jason partage rapidement mon avis et d'un regard complice, nous décidons de quitter l'appartement pour partir manger dans un endroit que nous avons encore jamais fréquenté.

Jason a proposé une sorte de ferme restaurant dont il avait vu l'affiche quelques semaines plus tôt. Je n'avais aucune idée de ce que c'était et encore moins de ce que ça pouvait donner, mais aimant l'aventure et l'imprévu, j'ai accepté. La route n'est pas trop longue, malgré le fait que le restaurant se situe hors de Merkeley. La fenêtre grande ouverte, je hurle les paroles d'une chanson entraînante qui passe à la radio. Jason aimerait se boucher les oreilles. Maman m'a appris des tas de belles choses, mais le chant.. Tu as la parfaite tête de la chanteuse ratée, ricanne le petit paon. Il dit ça parce que je ne suis pas très belle avec les cheveux dans le vent et la bouche grande ouverte pour chanter faux. Je ne peux malheureusement pas dire qu'il a tord cette fois-ci. La route se poursuit quand même dans le lourd bruit de ma voix qui déraille et perd ses notes. C'est quand même plus rigolo non ? J'entends Jason compter les kilomètres pour savoir quand nous sommes arrivés. Lorsqu'il aperçoit – enfin – le panneau, il me hurle de tourner à gauche. Et je tourne à gauche. La chanson est finie.

C'est plutôt joli. Le parking n'est pas très grand et bien dissimulé dans la végétation. Cette concentration de nature me fait du bien. Je ferme la voiture d'un « bip » de ma clé électronique. Je n'ai pas très faim, mais ce n'est pas important. Mon sac sur l'épaule, j'ai apporté un carnet de papier à dessin et quelques crayons. L'envie de dessiner pour moi m'a saisi. Peut-être que ce nouveau lieu sera une excellente source d'inspiration. Jason ne m'attend pas pour passer la porte. Il est tout autant pressé que moi de découvrir ce lieu. Le sourire aux lèvres, je salue les restaurateurs et leur annonce que nous sommes deux. Ils froncent les sourcils me voyant seul. Je désigne Jason d'un geste de la main et ils froncent encore plus les sourcils. Un des deux s'empressent de rattraper le paon pour l'attraper. Lorsque ce dernier hurle à l'homme de se calmer, le serveur comprend son erreur. Il nous place alors rapidement à l'extérieur et la beauté du lieu nous fait très vite oublier cet accueil peu chaleureux.

Ça n'a rien à voir avec les restaurants que nous avions déjà fréquenté. C'est aéré et vert. Le bois de la terrasse donne au lieu un côté si vivant et naturel qu'il se mêle à merveille aux plantations. Les tables sont éparpillées dans tous les coins, chacun tout aussi sympathiques que les autres. La mienne est un peu en arrière, non loin de… Quoi ? Mon visage s'étire d'un grand sourire et étonné, j'observe la superbe volière qui est en réalité le véritable décor de cet endroit. Tout est vivant. Je n'ai même pas à parler de l'odeur désagréable des animaux de fermes que l'on tait la plupart du temps, car il n'y en a pas. Je m'assieds alors tranquillement, posant mon sac à mes pieds et sortant immédiatement mon calepin. Un crayon en main, je regarde l'endroit vert avec admiration. Ça fait longtemps que je n'ai pas dessiné un paysage tiens ! Tandis que je griffonne des premiers traits sur ma feuille vierge, Jason s'éloigne de la table, ne distinguant pas la clôture mal entretenue de la volière. Il avait des paons. De jolis paons. Ma moitié s'en va alors gaiement, admirant ses – presque – semblables. Je crois que je prendrais bien une bouteille de vin.
  
MessageDim 13 Mar - 13:23
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Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Remonter le courant, c'est être la proie du caïman ; le redescendre, c'est être celle de l'alligator.


Àsgard & Rose
Silencieux et volage, l’air s’engouffre au travers de cette fenêtre ouverte au petit matin. Une inspiration profonde et tu en fermes les yeux. Chaque matinée et chaque soirée avait sa propre odeur. La pluie, le beau temps, tu avais appris à savourer tout ce que la nature avait à t’offrir. Samedi, tu ne travailles pas. Cependant, rien ne t’as retenu au lit pour que tu sois debout si tôt, le soleil se levant timidement. Est-ce vraiment son heure ? Je crois qu’il se le demande. Alors comme pour l’encourager à se lancer dans cette nouvelle journée tu passes par l’encadrement de la fenêtre, tes jambes tombant dans le vide pendant que tu t’assoies sur le rebord n’ayant pas pris la peine de te couvrir. Pourquoi le faire après tout ? Leurs hivers sont risibles comparativement aux tiens.
Au loin on entend le chant des oiseaux s’élever dans le ciel, gaiement certains d’entre eux prennent leur envol, l’astre du jour s’amusant à dévoiler ses rayons un à un. Il se laisse désirer n’est-ce pas mon Àsgard ? Ce n’est pas grave, tu resterais là le temps qu’il faudrait et tu savais parfaitement, à la vue de ce ciel si clair, qu’à ce jeu, tu gagnerais face à lui. Aucun nuage à l’horizon ne pourrait te priver de son ascension ! La nature s’éveille petit à petit et de la maison de Tallulah, tu pouvais contempler toute une multitude de chose que ces tristes gens de la ville n’auront jamais l’occasion d’observer. Tu n’étais pas un des leurs, tu ne le serais jamais, ce n’est pas inscrit dans tes gènes. En bas, les chiens courent dans le sable alors que d’autre doivent encore roupiller au grenier. Tes yeux se ferment et tu savoures ces instants de tranquillité. Quelque chose te manque mon Àsgard. Cette nature n’est pas vraiment la tienne, celle que tu as connu est plus sauvage, moins domptable et pourtant mon Viking, rien ni personne ne peut dire de l’océan qu’il est obéissant. Tu acquiesces d’un signe de tête mes pensées et quitte la fenêtre plusieurs dizaine de minutes après t’y être installé, le spectacle était fini et tu t’empares un tee-shirt propre sans le mettre, empruntant le chemin jusqu’à la salle de bain pour passer sous l’eau.
Rapide et efficace, c’est seulement neuf minutes plus tard exactement que tu quittas la pièce pour aller mettre le nez dehors. Un coup d’œil rapide pour voir si Tallulah était dans les parages avant de t’éclipser sans lui laisser un mot. L’oiseau rare, c’était ce que tu étais, arrivant ou repartant au gré de tes envies, aucune attache ne te retenant dans un lieu bien précis. Ces chaines-là, tu sais que tu es capable de les briser, elles sont faibles.

Bruits de pas de chat, barbe de femme, racines de montagnes, nerfs d'ours, haleine de poisson et crachat d'oiseau composent ce ruban qui te rattache à ta défunte fille. Tissu semblable à la soie duquel Fenrir n’a pu se libérer lorsqu’il fut mis à l’épreuve de le faire. Mais ne perd pas espoir mon Àsgard, le fils de Loki et d’Angrboda fera céder ses liens au Ragnarök pour tuer le père de tous. D’une certaine manière, l’histoire se répètera dans un sens plus bénéfique que ce que nos Dieux pourraient connaitre.

Mon regard fendu se pose sur ta silhouette, tu n’écoutes mes pensées qu’à moitié. Ces divinités, l’absence de ta poupée, tant de chose qui font que je n’ai que peu de chance pour attirer ton attention. Refus de communiquer, rejet de la croyance sont des sujets quotidiens sur lesquels il est rare de pouvoir échanger quelques mots. Je te laisse faire, suivant tes pas dans le sable fin pour finir par emprunter un chemin terreux continuant de contourner la ville. Tu y étais suffisamment en semaine pour qu’en plus de cela, pendant tes jours de repos, tu te mettes à vouloir y aller. Sans surprise tu t’écartes des frontières de Merkeley, la concentration de pollution de cette ville te servant comme un GPS pour ne pas y mettre les pieds. L’appel de l’air un tant soit peu plus pur était tellement plus attirant !
Simultanément, au cœur d’une forêt, nos deux têtes se tournent sur la droite en entendant tout une multitude de cri animal que nous n’avions jamais eu l’occasion d’écouter. Tu t’arrêtes et regardes dans la bonne direction sans pourtant y voir quoi que ce soit, le feuillage des arbres, arbustes et diverses fougères te privant d’une vue sur l’horizon. Qu’importe, tu n’as pas besoin des yeux pour te délecter de ce genre de moment. Adossé contre un arbre, tu sembles attendre quelque chose en silence… D’un signe de tête tu me montres le bord d’un étang et pendant quelques secondes je reste sceptique quant à cette proposition muette. Pourtant toi comme moi, nous nous comprenons, ton regard parlait simplement pour toi. Après tout, animal sauvage ou animal égaré, un estomac ne fait pas de différence là-dessus. Glissant le long de la berge, l’eau recouvrant mon corps, je sais que tu attendras de l’autre côté de la rive. Pattes collées le long du corps, queue en mouvement, prédateur tapis dans l’ombre. Entre les feuillages je découvre le haut de mon crâne, observant les horizons. Des humains sont présents mon Àsgard. Il semblerait que nous sommes dans une propriété. Rapide, efficace et discrète, voilà les trois recommandation dont tu me fais part. J’en tiens compte et ne me soucie plus de ce qui vit autour de moi. Tu n’as pas de respect pour les humains, pour les daëmoniens, pourquoi ce qui leur appartient te préoccuperait plus que ça ? Un mouvement fort de la queue et je me choisis une cible multicolore qui arrive à s’en sortir je ne sais par quel moyen, plusieurs de ses plumes se retrouvant encore coincées dans ma gueule au moment où elle claque dans l’air. Les animaux paniquent autour du point d’eau, ils s’en écartent et je suis contrainte de rebrousser chemin le plus rapidement possible, attrapant au passage une carpe qui prenait elle aussi la fuite. Le desserrement de mes mâchoires, font remonter les plumes à la surface de l’eau qui redevient calme et lisse. Je passe de l’autre côté de la clôture, remonte à tes côtés l’animal mort entre les crocs.

Er du bli for gammel for det ?

Je ne réponds rien à cette agression verbale, suffisamment vexée de ne pas avoir pu saisir la bestiole que j’avais eu en vue pour commenter quoi que ce soit avec toi. Tu t’en amuses, je le vois sur ton visage mais je t’ignore et prends même de l’avance sur ta promenade en espérant que tu finisses par passer sous silence ce désagréable instant de ma vie. Aucun sourire, tes foulées mes rattrapes et je sens un air taquin plané au-dessus de moi, tes yeux ris pour tout ton corps. Je suis mitigée entre t’en vouloir d’être si insistant ou de te supplier d’arrêter… Tu t’accroupis à mon niveau, tes yeux bleus dans les miens et dans ces derniers je saisis enfin ce moment que j’attendais. On continue et tu cesses tes enfantillages. De toute manière, il va sans dire que si tu savais ce qui allait suivre, rien ne te ferait plus rire…

Traduction:
 
  
MessageMer 16 Mar - 16:30
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Rose M. BakerNothing will be the same...


We eat, therefore we hunt.
Sarah Palin

Le paysage prend doucement forme sous mes coups de crayon. C'est comme si elles découlaient de mon esprit pour s'imprimer sur la feuille. Je laisse mon poignet aller vers la gauche, la droite, le haut, en diagonale. C'est apaisant de créer. Je remets une mèche de cheveux derrière mon oreille, me mordant la lèvre inférieure. Un arbre se dessine de plus en plus précis et l'herbe en son pied semble presque vivre. Je souris, laissant mes yeux voguer de ma feuille au paysage que je souhaite dessiner. Feuille, paysage. Feuille, paysage. C'est un geste simple et presque instinctif qui donne naissance à une nouvelle créativité. Je ne me préoccupe pas de ma jolie moitié à plume qui semble – d'après les images qui découlent de son esprit – avoir trouvé un point d'eau calme. Je souris alors simplement, appréciant avec lui ce moment de liberté sauvage. Un paon parmi les paons, ça passe tout à fait inaperçu. Je me concentre pleinement sur mon dessin, sachant Jason apaisé en train de s’hydrater le gosier. Mais mon crayon griffe la feuille d'un geste violent tandis que mon visage se tord, mon cœur s'emballe et mon visage noircit. J'ai du serrer les dents pour retenir un cri de stupeur mélangé à un autre de douleur. Le dessin est certainement gâché. Je n'ai pas le temps de réfléchir, je jette le calepin, me lève d'un bond et saute par dessus les clôtures pour rejoindre mon petit paon ; ne prêtant pas attention à un serveur qui tente de me rappeler.

Je cours à en perdre haleine. Voilà bien longtemps que je n'avais pas couru ainsi. J'écarte d'un geste sauvage toute végétation qui peut me gêner. Jason, où es-tu ?! Je suis plus que nerveuse, une douleur encore vivante dans le bas du dos. Je rejoins bien vite ma demie-âme qui tout aussi effrayée que moi recule dans mes pattes en regardant son agresseur disparaître dans l'eau. De magnifiques plumes remontent alors à l'endroit où il a plongé. Je sers les poings alors que Jason m'explique télépathiquement ce qu'il s'est passé. Il buvait tranquillement lorsqu'il a senti une présence dans l'eau. Il ne sait pas comment il a réussi à éviter ses crocs acérés. Seules quelques unes de ses plumes se sont faites attrapées, douleur qu'il n'est pas près d'oublier. Un gros lézard.. peut-être bien un crocodile.. Ou.. Ou.. Je me désintéresse très vite de sa description maladroite et ratée car je perçois au loin, la silhouette floue d'un homme adossé à un arbre, de l'autre côté de la rive. Un crocodile ici ? Ça m'étonnerait. Un crocodile et son Daëmonien, sûrement un peu moins. J'aperçois l'animal qui sort de l'eau pour rejoindre sa moitié. Je n'ai pas besoin d'en voir plus ; mon don est déjà activé. Jason m'a bien entendu répéter que c'est une mauvaise idée, que ce n'est pas grave, que ça arrive. Que ça arrive ? Cet argument à deux balles m'a suffit pour ouvrir un portail devant nous et un non loin de l'inconnu, de l'autre côté de l'étang. Je m'y engouffre dedans avec Jason qui secoue sa queue encore endolorie par la peau agressée.

Lorsque je sors du second portail, mon don s'éteint et les ronds lumineux disparaissent. Je suis à quelques mètres de l'inconnu. Un homme d'une trentaine d'année je dirais, cheveux châtains, barbe nette, carrure que je ne saurais décrire. J'avance d'un pas ferme mais souple, Jason derrière moi. Il n'ose pas approcher de nouveau l'animal qui a essayé de le happer il y a quelques minutes. Je suis en colère et je ne saurais pas expliquer pourquoi. Je ne prends même pas la peine de trouver des excuses à cet homme et à son Daëmon, personne ne touche Jason. Personne.
Hé, excusez-moi, votre Daëmon a bien failli dévorer le mien !
J'aurais pensé adopter un ton plus virulent, mais ma voix ne porte qu'une faible pointe de colère et se fait un peu plus grave que d'habitude, qu'importe, je continue sans broncher – et peut-être même si réfléchir – :
Puis vous êtes dans une propriété privée, votre Daëmon ne peut pas se permettre de chasser ici. Je conçois que ce soit difficile de distinguer un paon Daëmon et un paon normal mais chassez en propriété privée, non.
Il l'ignore peut-être ? Non Rose ne lui cherche pas des excuses. Jason retourne mes paroles dans sa tête pour essayer d'anticiper celles de l'inconnu. Un nombre étonnant de répliques lui vient en tête. Je ne prête pas attention à ses pensées lorsqu'il se demande si je n'aurais peut-être pas du dire mes dernières phrases. Je me frictionne le bas du dos, fixant l'inconnu. Je ne suis pas là pour faire respecter les règles qu'il pense.
  
MessageDim 17 Avr - 21:41
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Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Il y a pire que la haine ; il y a l'indifférence.


Àsgard & Rose
La marche reprise, si tu avais entendu des bruits derrière nous, tu n’y prêtes aucune attention, te moquant pas mal de qui cela pouvait-il être. Bien à ton regret, tu savais que la nature ne t’appartenait pas, tu étais donc contraint de composer avec les gens qui pouvaient être en ce lieu au même moment que le nôtre. Une voix s’élève dans les airs, elle est accusatrice. Les daëmons étaient quelque chose à probablement prévoir dans un endroit comme celui-ci mais tu ne t’arrêtes pas. Attendait-elle un mot d’excuse de ta part ? Oh elle ne te connait pas encore mon Viking, cependant, il me semble que ça ne serait que trop tardé. Tu ne te même retournes pas et tu continues, ça n’aurait été qu’un dommage collatéral, un imbécile de moins sur Midgard ça ne peut pas être mal. L’ignorance est quelque chose de fort seulement la deuxième interaction de cette gamine laisse un rire s’étouffer dans le fond de ta gorge. Dans ton regard il n’est pas compliqué d’y lire la moquerie de toute l’inconnaissance dont elle peut faire preuve.

Et alors ? On peut savoir ce que tu comptes faire ?

Autrement dit, rien. Tu comptes le dénoncer ? Fait le si cela t’enchante enfant, mais rien ne l’empêchera d’être encore aussi peu protecteur envers les étrangers. Une vie n’est qu’une vie et lorsque les Dieux t’ont retiré celle qui t’était le plus précieuse, tu as compris qu’aucune d’entre elle ne l’était vraiment alors pourquoi s’en faire. C’est un cycle, on nait, on vit un peu ou beaucoup et on meurt. Qu’importe la condition, on finit toujours par mourir. Au lieu de paraitre outré par ce qu’elle a vécu, elle ferait mieux de se réjouir d’être encore capable de respirer. Cette chance n’a pas été donné à tout le monde, n’est-ce pas mon Viking…
Tu patientes juste quelques secondes, en tournant les talons pour voir quelle tête cette enfant pouvait bien avoir. Tu n’oubliais jamais un visage et encore moins l’un de ceux qui ont eu la chance de venir t’ennuyer pour X ou Y raisons. Un instant plutôt court et tu reprends le rythme de notre promenade. Inutile de s’attarder sur des sujets qui ne t’intéresseront pas. Tu ne t’entends pas avec le monde, avec les gens, pourquoi insister alors que tu n’as envie de faire aucun effort ? Waste of time, comme aurait pu dire Hugh quand il s’adressait à toi au début de votre cohabitation. Une perte de temps qui finalement n’en a jamais été une lorsque l’on sait à quel point vous avez fini par vous entendre. Un soupire presque inaudible sort de tes poumons, et rapidement tu passes à autres choses, oubliant cette gêne qui t’avait accosté quelques temps auparavant.

Chemin faisant, c’est en minutes que le temps s’écoule et que les oiseaux roucoulent. Le soleil est toujours de la partie et ils sont tous de sortie, ils se font entendre et prennent le risque de voler au ras du sol, voire même s’y poser, pour trouver cette nourriture dont ils ont dû se priver tout l’hiver durant.

Et toi mon Àsgard, toi tu marches, tu profites, tu savoures, tu écoutes et la brise de ce vent qui vient s’engouffrer entre tes habits, venant caresser ta peau, prive l’astre du jour de réchauffer ton corps. Tu t’en satisfais et préfère même amplement cette situation à une autre. La chaleur n’est pas quelque chose que tu arrives a grandement tolérer. Il faut dire que dans un pays comme celui dans lequel tu as grandi, ce n’est pas forcément quelque chose de très courant. Les hausse de températures n’explose jamais les thermomètres dans le rouge, une vingtaine de degrés tout au plus était ce que tu avais pu connaitre et lorsque tu y repenses, tu considères la Norvège bien différemment du jour où tu la quittais. Malgré tout, tu y étais bien et même si ton bonheur n’était pas parfait, il était sans doute resté là-bas, au creux des bras d’Ida. Aucun commentaire à mes pensées, tu termines plutôt par te laisser glisser le long d’un arbre, les bruits de l’eau d’un fleuve montant jusqu’à tes oreilles, te faisant fermer les yeux dans une inspiration. Eau douce, voilà quelque chose qui m’était entièrement destinée. Dans ce silence que nous partagions, que m’éloignes de toi et plonge dans les tumultes agressifs de cette grosse rivière. Une liberté injustifiable, un besoin et un plaisir incroyable. Ni humain, ni animal. De forts instinct contre lesquels il est dur de lutter et une conscience pour nous dire plus concrètement ce qui est bien ou mal. Dans le fond mon Àsgard, nous savons tous que nous sommes des Daëmons, mais est-ce suffisant pour déterminer ce que nous sommes vraiment ?
  
MessageVen 29 Avr - 8:39
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Rose M. BakerNothing will be the same...


Character is like a tree and reputation like a shadow.
The shadow is what we think of it;
the tree is the real thing.
Abraham Lincoln

La nature ne m'a jamais parue aussi calme qu'à cet instant. Alors qu'il est complètement indifférent à ma présence, les oiseaux chantent et j'ai presque la sensation de pouvoir entendre le murmure des feuilles qui se courbent. Puis c'est plutôt un vent glacial que j'entends résonner dans le creux de mes oreilles alors que ses yeux purs se posent sur moi. Qui es-tu petite Rose ? Je sens tous mes moyens se briser, mon assurance s'écraser comme un oisillon ayant pris son envol trop tôt. Mais oui, qui suis-je pour dire des choses pareilles ? Et qu'est-ce que ça peut bien lui faire ? La bouche entrouverte et les yeux égarés, j'écoute un peu plus le bruit des arbres et de l'eau qui coule. Ils seront la réponse dont j'avais besoin plutôt que l’implacable dureté de cet homme. Jason a cessé de se faire des films dans sa tête à se demander ce qui pourrait bien se passer. Bien moins hébété que moi, il paraît presque sourire. Mais lorsque l'homme tourne les talons, il le perd et pose sur moi un regard posé. Je ne fais pas attention à lui. Fronçant les sourcils devant mon comportement fébrile, de la pensée, il me dit : On y va ? Je ne réponds pas, les yeux rivés sur la démarche solitaire de cet homme suivi de sa moitié alligator. Rose ? Non.

Je ne sais quelle raison, ni quelle force me pousse à faire un pas en avant, puis un second, jusque finalement, le suivre. Le cœur de Jason palpite alors qu'il me voit faire ce que je sais faire depuis que je suis petite : n'importe quoi. L'amertume sensible d'une humiliation douce et la curiosité terrible d'une enfant trop petite m'animent. Et alors ? On peut savoir ce que tu comptes ? Jamais je ne me suis sentie aussi bête. Je ne dirais pas que je suis en colère, ni blessée car, après tout, je ne le connais pas, mais.. Je continue de le suivre, adoptant la même vitesse que lui. Jason à mes trousses, il me hurle de cesser mon petit manège et qu'on devrait faire demi-tour, rejoindre notre table et manger tranquillement, comme des gens normaux. Mais voilà le problème. Nous ne sommes pas normaux et l'authenticité d'un pareil regard me pousse à continuer de croire que c'est vrai. Le petit paon râle, sentant la peur animale de se faire gober le derrière monter doucement en lui. Ne t'en fais pas, on n'y laissera pas des plumes. Alors qu'il me rattrape, je me mets à rire en silence, le regardant me faire la tête. T'es pas drôle. C'est vrai qu'on me l'a beaucoup dit, ça, des fois.

Il marche quelques minutes seulement et je le suis comme une enfant. La discrétion n'étant pas mon but, je me moque bien de savoir s'il me voit ou non. Lorsqu'il se laisse glisser contre un arbre pour venir s'y asseoir, je m'arrête. Il se tient poser tranquillement là, comme la première fois que je l'ai trouvé. Jason reste derrière moi et ne cesse de se dire que ce n'est pas une bonne idée. J'approche encore tandis que sa moitié se glisse à nouveau dans les eaux douces de la petite rivière. J'ai l'impression de rêver. Pourtant pas très loin du restaurant, je me sens coupée du monde extérieur, entrée dans un monde nouveau qui semble danser sur le même pied que cet homme. Je m'approche encore, scrutant son visage, l'allure de ses vêtements. Jason lui est plus inquiet par l'animal qui glisse dans les eaux et ne compte plus s'approcher du bord tant qu'il rode dans les parages. Rose, allons-nous en.. Je ne réponds toujours pas et vient m'asseoir à quelques mètres de l'inconnu, contre un arbre voisin, en face du sien. La plupart de mes amies ne se sentaient pas bien lorsque je faisais des choses pareilles. Suivre quelqu'un, lui adresser la parole sans trop savoir pourquoi en posant des questions qui n'ont pas lieu d'être. Pas moi. C'est une façon pour moi de vivre. Maman a toujours eu l'habitude de parler, de vivre pleinement sa vie comme elle entendait en quittant mon père. J'ai tenté de suivre son exemple. Certains disent que je n'ai pas su le faire avec modération.
Et vous, on peut savoir ce que vous comptez faire ?
Je me rappelle alors qu'il vient de me tutoyer quelques minutes avant. Malgré ma libre parole, je n'ai jamais trop réussi à tutoyer les gens dès le premier échange, peut-être une façon de ne pas leur faire peur trop vite. Jason vient près de moi, essayant de prêter plus attention à ce qui l'entoure à ce que je dis – trop angoissé par ce que je suis capable de faire et trop impuissant face à ça –.
Vous avez l'air égaré.
C'est vrai, qui marche aussi tranquillement que lui dans un espace dont il ignore tout ? Qui peut se moquer de savoir que son Daëmon a failli bouffer un autre ? Une âme égarée sans doute. Étonnement « transformée », ce n'est pas le front plissé et les poings sur les hanches que je le regarde, mais avec un air plus détendu et curieux. Qui sommes-nous, après tout ?
  
MessageDim 8 Mai - 18:45
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Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Ce que tu donnes, c'est à toi pour toujours ; ce que tu gardes, c'est perdu à jamais.


Àsgard & Rose
Les yeux fermés, c’est sans les rouvrir que tu les fronces. Elle est encore là. Quelque chose en toi gronde… Qu’est-ce que les gens peuvent être collant par moment. Tu en avais déjà fait la désagréable expérience avec Tessa qui n’avait accepté de te laisser tranquille qu’une fois que la froideur de votre entrevue fut à son apogée. Réagir de la même manière avec cette femme ne te posait absolument pas problème…
Mais … Femme ? Adolescente ? Au regard de son visage, le doute était plus que permis. Par ailleurs, qu’importe son âge, de quoi se mêle-t-elle mon Àsgard ? De quel droit s’immisce-t-elle dans tes activités, dans ta vie ? Les secondes meurent au compte-goutte et tu te bouges contre ton tronc d’arbre, yeux toujours clos. Tu n’as pas à lui répondre et tu ne le feras pas. Etendant tes grandes jambes devant toi, tu croises tes doigts entre eux, calant tes mains derrière ton crâne alors que je suis en train d’extirper silencieusement mon crâne de l’eau. Observatrice et attentive, je ne bouge pas de ma place. Tu pourrais finalement rester là des heures sans prononcer un mot, juste là à écouter d’une oreille particulièrement attentive tout ce que les oiseaux pourraient avoir à te raconter. À tes yeux ainsi qu’à ton cœur, cela est tellement plus intéressant que la présence d’un être semblable à toi. Si le monde pouvait comprendre, si les humains et les daëmoniens pouvaient apprendre à respecter le silence et l’intimité de chacun…
Si, si, si… Tant de supposition et d’espoir que l’on sait déjà irréalisables. Alors si eux ne sont pas capable de respecter tes besoins, tu décideras de les prendre quoi que cela puisse entrainer dans le futur. Cette femme veut te prendre ta solitude ? Très bien, tu te permets alors de faire comme si elle n’existe pas. Beaucoup ont abandonné le combat, quand sera-t-il de cette jeune demoiselle ? À toi, la question ne t’effleure même pas l’esprit tant tu te moque de la réponse.

Nouvelle remarque. Te penses-tu être un égaré mon Àsgard ? Nous le sommes tous un peu en réalité, alors pourquoi s’imaginent-ils que tu peux l’être plus qu’eux ? La mort de ta fille n’est pas inscrite sur ton visage. Non, il est bien trop fermé par les années. C’est autre chose. Un daëmonien, un humain. L’un comme l’autre sont des animaux de groupe. Lorsqu’un mouton noir sort de la horde, beaucoup de monde le remarque et s’interroge. Il est bizarre, il est différent. Mais si au final, le plus étrange de tous n’était pas lui mais tous ceux qui l’entourent ? Jugé d’être discordant alors qu’ils se ressemblent tous est un comble, ne crois-tu mon Viking ? Mais toi, toi mon Àsgard, à leur regard, tu n’y apportes aucune importance. Depuis que tu étais enfant les autres de ton âge t’avaient déjà statué comme étant un être méphistophélique. Pourtant, tu le savais avant même qu’ils ne te désignent de cette manière-là. Un peu avec leur ‘‘aide’’ tu avais su que tu ne serais jamais comme les autres et plus tu grandissais, plus tu te démarquais qu’importe les sujets. Cependant mon Àsgard, offrons-nous consciemment ou inconsciemment aux autres ce qu’ils attendent de nous ? Tu ne veux pas répondre à de telles choses et quitte à être celui qui se moque de tout, tu affirmerais sans mal que ce genre de situation ne te préoccupe pas.

Mon regard coule jusqu’à ta silhouette, toi, mon éternel. Tu ouvres tes yeux bleus en sa direction, et sans un mot tu la regardes. Elle n’aurait pas ce qu’elle voudrait tant que tu ne pourrais obtenir tout ce que tu souhaites présentement. Jeu de regard, réelle communication ? Non pas vraiment. La seule communion dont tu peux être capable ne se trouve pas en présence d’un bipède qu’importe son sexe. Il fut un temps pourtant… Ta tête pivote rapidement jusque dans ma direction. Malgré les années, Elisa restera toujours un sujet sensible. Je m’enfonce dans l’eau, fuyant tes iris accusatrices. Inspirant en cherchant à oublier mes pensées, tu vas même jusqu’à couper nos échanges pour ne plus m’entendre. Frustration, je pique de la gueule et d’un mouvement presque trop brutal de la queue, je m’offre une accélération qui me fait atteindre le sol caillouteux de la rivière. Ça te passera. Ça nous passera. Pendant tout cela, les secondes s’écoulent, voguant aussi rapidement que cette nappe qui remue dans son propre lit. Tu brises les barrières que tu avais dressé et je remonte jusqu’à la surface, allant même sortir de l’eau pour venir te retrouver. Tu as changé de place. Tu as quitté ton arbre pour te rapprocher. Cette source est froide n’est-ce pas mon Àsgard ? Seulement, tu n’es venu jusqu’ici ni pour te refroidir tes esprits, ni pour rien d’autre que de chercher quelque part à t’excuser de ta réaction à mon égard. Pour beaucoup de monde cette attention n’en serait pas une tant le geste est bénin. Et pour le peu de monde te connaissant, cette attention à toute son importance tant on est au courant de la fierté qui peut vibrer dans tes veines.

Comment te nommes-tu ?

Une parole au bout de combien de temps d’attente ? Qu’elle ait pu ou non te parler, tu t’étais contenté de l’entendre et non de l’écouter. Peut-être est-ce terminé à présent. Peut-être… Pour autant, pour quelqu’un qui te suit encore mieux que ton ombre, tu supposes être tout de même dans ton droit de pouvoir nommer cette personne.

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MessageMar 14 Juin - 11:46
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La patience est amère,
mais ces fruits sont doux.
Jean-Jacques Rousseau

Bien sur que non. Je n'ai pas à savoir ce qu'il compte faire. Ça paraît évident, non ? Mes pensées sont en confrontation avec celles de Jason. Pourquoi je n'ai pas à savoir ? Pourquoi je n'ai pas à parler, à déranger ou à suivre quelqu'un alors que j'en ai envie ? Mon petit paon, couché près de moi, me regarde le regard froncé. Est-ce qu'il y aura au moins un jour dans notre vie où tu m'écouteras un peu ? Je me contente de sourire à cette pensée télépathique. Il comprend rapidement la réponse. Je gigote un peu. L'écorce de l'arbre dans mon dos me dérange. J'hésite entre me lever pour aller toucher l'eau ou me lever et aller marcher dans les environs. Je choisis de replier mes jambes contre ma poitrine, les attrapant de mes deux bras en posant mon menton sur mes genoux dans un soupir enfantin. Je pense à mon croquis que j'ai laissé par terre, affolée par la détresse de mon petit roi. Moi aussi je suis égarée. Depuis que j'ai croisé son regard. Ses yeux sont semblables à des pics de glace. Je les cherche pour parvenir à me souvenir de quelle description j'en avais fait, mais l'homme a les yeux fermés. Les mains derrière la tête, il est apaisé. Son calme olympien et cette dureté rocheuse me déstabilise. Je fronce les sourcils et me gratte le bout du nez. Mouais, drôle de bonhomme.

La présence de l'alligator à le surface de l'eau ne rassure toujours pas Jason. Il la scrute, restant plus ou moins dissimulée derrière moi. Elle porte un regard particulier à son Daëmonien. Le paon s'interroge. M'a-t-il déjà regardé de cette façon ? Intriguée par ses interrogations, je tourne le regard vers le cours d'eau. Elle est là, tout aussi calme que sa moitié, scrutant les bruits et les gestes d'un œil sage. Mouais, drôles de personnages. Je détourne rapidement le regard, n'étant pas assez patiente qu'eux pour regarder dans le vide. Mes pensées vagabondent alors. Devrais-je peut-être fermer les yeux aussi ? Dans un sourire, mes paupières se ferment et le vent qui bouscule les quelques mèches qui embrument mon visage me rappelle l'océan. Le bruit des vagues, l'allure de l'horizon, les rires des planchistes, la nervosité des restaurateurs en bord de mer. Un film lent et légèrement flou se dessine dans mon esprit. Je repense à ma mère. Mais mes sourcils se froncent et mon visage ne parvient pas à garder le même calme que l'homme en face de nous. Les embrassades avec ma maman sont devenues floues mais pourtant, je me souviens du goût amer qu'elles ont laissé dans ma bouche. C'est à cause de.. Théo. J'ouvre alors les yeux, le chassant immédiatement de mon esprit. L'idée qu'il reviendra me voir pour me dire qu'il a fait la plus grosse bêtise de sa vie me revient, limpide et irréprochable. C'est mon évidence, ma faille, ma.. ta bêtise...

Le bruit d'un claquement dans l'eau me remet les idées en place. Instinctivement, dans un sursaut, je tourne la tête vers le crocodile. Elle a disparu, laissant derrière elle les glissements affolés de l'eau qu'on vient de déranger. Doucement, je fais glisser mon regard vers l'homme qui se lève. Impassible, je l'observe s'approcher de l'eau. Je ne saurais dire s'il s'agit d'une communication invisible qu'il établit avec son Daëmon ou une simple envie de se dégourdir les jambes. Mon regard le fuit ensuite, de peur peut-être de croiser à nouveau ses pics glacés. Comment te nommes-tu ? Je retiens mon souffle. Surprise, je ne veux pas le regarder tout de suite. J'observe la terre à mes pieds, arrachant quelques touffes d'herbes malchanceuses. Jason étire son poitrail pour analyser un peu mieux notre inconnu. Voyant que je n'ai toujours pas répondu – car je suis du genre à répondre dans la demi-seconde qui suit la question –, le petit paon me donne un coup de bec léger dans l'épaule gauche. Sans pour autant relever le regard, je réponds presque dans un murmure semblable à celui du vent :
Rose.
J'aurais pu lui donner mon nom de famille, puis évoquer mon deuxième prénom que ma mère m'a donné parce qu'elle a toujours rêver s'appeler comme ça mais que mon père n'aimait pas parce que mon père ne m'a jamais véritablement aimé comme un père aime sa fille et que je… Surcharge cognitive. Rose, tais-toi. Rose. Rose, c'est très bien. C'est une bonne réponse pour un type comme lui. Je redresse enfin le regard pour demander par simple politesse – et par curiosité que je dissimule derrière un regard un peu confus – :
Et vous ?
Je me redresse alors, ayant aperçu à ses pieds ce que je ne pouvais espérer. Les quelques pas que je fais pour m'approcher de notre inconnu inquiètent Jason. Rose, que fais-tu ? Viens on s'en va ! Faut que l'on aille récupérer tes croquis et notre table ! Furtivement, j'attrape un cailloux plat à mes pieds. Je le manipule quelques secondes pour tester sa forme puis le montre fièrement à mon inconnu.
Vous savez faire des ricochets ? Mon père n'a jamais voulu m'apprendre et ma mère est aussi nulle que moi.
Pour illustrer mes propos, je lance le cailloux avec une maladresse folle et comme tout le monde s'y attendrait, le cailloux virevolte dans les airs, absolument pas dans une trajectoire rectiligne et tombe dans l'eau dans un petit flop de perdant. Je me mords la lèvre inférieure en souriant, consciente de mon ridicule mais amusée de mon geste. Tout doucement, je continue :
Vous qui semblez apprécier la nature et le calme, vous devez bien avoir passé un peu de temps à ça non ?
Jason scrute notre homme, se demandant s'il va rire – impossible, son visage est beaucoup trop dur et sa bouche semble dans l'incapacité de s'étirer –, soupirer ou s'en aller. Il opte pour les deux dernières options.
  
MessageMer 15 Juin - 18:12
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Nous disons que la patience transforme la feuille de mûrier en soie.


Àsgard & Rose
Cette chaleur soudaine, elle fait tonner le ciel. L’entends-tu mon Viking ? Aucun éclair ne vient fendre le ciel, seuls d’épais nuages sont en train de s’imposer dans cette journée pourtant si ensoleillé jusqu’alors. Le vent accompagne les battements de tambour des Dieux. Ton visage se lève pour constater de la noirceur qui s’installe tout doucement mais surement au-dessus de vous. Le silence de la fille, tu n’y prêtes pas attention et pourtant lorsque son prénom vient raisonner dans tes oreilles, il t’interpelle. Rose. Combien de fois t’avaient-elle égratignées ? Combien de fois le leur as-tu pardonné ? Tant, tant de fois mon Àsgard. La flore a tellement plus d’importance pour toi. Blomst … Tu baisses ton visage, pensif, et repense furtivement à elle. Elle ne te manquait pas mais tu ne l’oubliais pas non plus. Elle avait fait partie de ta vie pendant un moment, elle a décidé de prendre le large sans te tenir au courant de rien. C’était sa décision. Tu n’as pas de bonnes relations avec les personnes qui osent s’approprier le prénom d’une fleur pour se nommer. Tout du moins, celle que tu as connu dans ce cas-là s’est soldé par un échec. Dommage, tu l’aimais bien Blomst. Discrètement tu hausses les épaules, ton passé n’as pas à être rappeler. Tu en souffres déjà suffisamment pour que tu viennes en remettre une couche avec des gens que tu ne reverras plus jamais de ta vie. Doigts glissant à la surface de l’eau, je viens de temps à autre les chercher du bout du museau, tournant mes yeux foncés en direction de la demoiselle quand elle finit par s’adresser à toi. Tu cherches mon regard et quand tu le tiens, tu me fais par des ressentis qui t’envahissent. Tu as envie de lui répondre sans le vouloir réellement toutefois.

Les oiseaux commencent tour à tour à se taire, seul le croissement d’un corbeau vient couper le rythme parfait du tonnerre. Puis le bruit de pas. Sèchement tu tournes la tête et manque de te décaler sur le côté, regard froncé. Ta main s’était décollée du sol, ton corps s’était penché s’écartant au maximum de cette frontière qu’elle franchissait. Animal solitaire. Animal sauvage. Animal indomptable… Vraiment ?
La regardant faire pendant quelques brève seconde, tu finis par retrouver ta position et ton emplacement initial, écoutant sa question, sa remarque, ainsi que son geste te servant à constater les faits. Soupirant, tu acquiesces ce qu’elle venait de dire, effectivement, elle n’était pas bien bonne dans le domaine.

Tes mains, ce sont encore des mains d’enfant. Tu ne sais pas tenir la pierre.

Comme des mains de pianiste… Seulement, ta phrase sonne amèrement comme un ‘‘tu es mauvaise, cesse ce que tu essaies de faire’’. Pourtant il s’agissait là seulement de ta personnalité, de ton manque de sociabilité, de ton manque de tact. Tu te fiches pas mal des êtres et de leurs interprétations face à ce que tu peux dire. L’océan de tes iris dérivent jusque sur le plumage de l’oiseau mais tu ne t’y attardes pas et observe le sol un moment, finissant par te lever pour aller un peu plus loin. Tu observes, tu contemples, tu analyses et tu t’accroupis, bougeant les différents cailloux avant de t’attarder sur un bien précis. Particulièrement fine, plate, ronde pourvu de quelques aspérités, à peine plus petite que la paume de ta main et suffisamment lourde. Tu te retournes et revient à ta place, callant la pierre dans entre tes doigts. Ton index se place tout naturellement le long de l’arrête de ce petit roc, maintenant la pierre à l’aide de ton pouce en le collant contre l’une des faces plates, ton majeur en faisant autant de l’autre côté. Tendant ton bras en direction de la jeune femme, tu lui montres ainsi le positionnement de ta main, levant les yeux sur elle. Patience.

Réellement, on se moque un peu de la manière dont tu prends le caillou. Comme ça tu assures seulement un meilleur contrôle, le plus important étant que la pierre doit avoir une droite, presque parallèle à la surface de l’eau. Tu te mets debout, continuant et terminant ta démonstration. Il faut que tu sois de profil par rapport à l’eau alors que tes épaules lui feront face. Le poignet le plus en arrière possible et le déplier d’un coup sec.

Et tu le lâches, et elle vole, et elle rebondit. Combien de fois, tu n’en sais rien, ça ne t’importe pas. Tu te tournes et t’en vas un peu plus loin. Je sors de l’eau, un regard silencieux voyageant jusqu’au paon avant que je ne vienne te retrouver. Sur ton chemin, tu te baisses et attrapes une nouvelle pierre, la regarde quelques instants et finit par la lancer aux pieds de la jeune fille. Ce geste ne voulait rien traduire d’autre que ‘‘celle-ci devrait pouvoir te correspondre’’. Mon Viking, n’aurais tu pas omis de lui dire qu’avant de réussir à faire ricochet quoi que ce soit il fallait un certain niveau d’entrainement ? Volontaire ou non, tu vas juste t’asseoir au loin. Si les poissons acceptent d’être dérangés dans leur tranquillité par un jet de pierres, ce n’est pas ton cas. Plus jeune, tu n’y prêtais pas attention, après tout, un poisson n’était bon qu’à vous nourrir. C’était ainsi qu’était considéré une bonne partie des animaux chez vous. Cependant, nul doute que même s’ils finissaient dans vos assiettes, le bétail de ton père était incroyablement bien traité et enfoncé dans vos forêts, personne ne venait vous ennuyer lorsqu’ils étaient mis à mort. Une mort propre et avec le moins de souffrance possible. Enfin…
Le temps s’est couvert, mais pour le moment il ne pleut toujours pas, il n’y a pas d’alerte, tu restes donc là et petit à petit, tu t’habitues à la présence de cette presque femme. Ou plutôt, il serait plus réel de dire qu’elle ne te dérange plus autant qu’avant plus que tu ne t’y habitues. Après elle ne reste qu’une daëmonien.

Je m’appelle Àsgard.

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MessageJeu 30 Juin - 11:26
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Blup :
 



La contrainte, autant que la liberté,
est partie intégrante de notre identité humaine.
Nancy Huston

Une brise plus fraîche me fait frissonner alors que mes yeux se perdent dans la fausse clarté de la rivière. Je frotte vigoureusement mes bras avec mes mains, sentant le poil de mes avant-bras se dresser. Je déteste avoir froid. Je n’aime pas avoir chaud non plus. Enfin, je crois que ça, ça dépend aussi de mes humeurs. Alors que j’ai cessé d’accorder de l’importance à notre inconnu sans sourire, il s’avère que Jason y porte toute son attention. Il veut vérifier si son intuition est juste. Le fait qu’il se soit décalé et ait froncé les sourcils montre, pour lui, que c’est un homme qui n’a besoin de personne. Être social ? A quoi bon ? A quoi ça sert ? Laissant sa petite tête couronnée de plume dépasser de mes genoux, il se demande quel genre de rencontre nous venons de faire. Lui coupant toute poursuite de réflexion, l’homme parle. « … ce sont encore des mains d’enfant … » Par réflexe, je regarde mes paumes de main et me demande s’il a raison ou tort. Mes doigts sont certes fins et mes mains ne montrent aucune force particulière mais de là à dire que ce sont des mains d’enfants.. Je fronce les sourcils alors que Jason approuve déjà les paroles de notre inconnu. Je le regarde vexée mais compréhensive. Ne venais-je pas de dire que j’étais une brêle en ricochet ?

Tournant le buste vers lui, je porte toute mon attention sur ses gestes. Il se saisit d’un caillou qu’il semble placer particulièrement dans ses doigts. J’ai beau me concentrer au maximum, je ne vois pas la différence qu’il y a entre lui et moi. Mon petit roi l’a bien remarqué et me fait part de ce que je ne sais voir. « Il a raison Rose, tu es une enfant. » Combien de fois me fera-t-il la remarque ? Me feront-ils la remarque ? « T'es vraiment un bébé Rose, disait Théo en riant avant de m’embrasser. » Il était le seul à qui j’accordais cette remarque. Me rappelant ce souvenir, j’accepte volontiers que Jason me traite de gamine. « Reconcentre-toi ! » Oui, owh, j’ai raté le début de l’explication du monsieur. Ils diront peut-être encore que je ressemble à une enfant, mais j’imite maladroitement ses conseils. De profil. Les épaules vers l’eau. La main tendue le plus loin derrière. « Te tord pas comme une ficelle bécassine ! » Awh, oui, je suis ridicule. Je me repositionne tandis que l’homme envoie son caillou en exécutant ses dires. Et le caillou ricoche sur l’eau et semble voler. Émerveillée, je ne peux retenir un wouaaah. Même mon père n’a jamais voulu me montrer. Peut-être n’est-il pas aussi associable qu’on le croit ? Et il s’en va plus loin. Je retire ce que j’ai dit.

Jason m’appelle encore télépathiquement pour me dire que nous ferions mieux de rentrer retrouver notre table. Le voyant insistant et impatient à la fois, je commence à céder. Oui, il serait peut-être temps pour nous de partir. Une virée dans la nature ainsi n’était pas tout à fait notre programme de la journée. Mais je devrais peut-être lui au revoir. Je n’aime pas quitter les gens comme ça moi, ça ne se fait pas. « Parce que tu crois qu’il nous dirait au revoir ? » Hmm.. Je tourne le dos pour faire marche-arrière, mais le bruit d’un caillou qu’on lance à mes pieds me freine. Je me retourne alors et vois le petit caillou plat posé près de mes pieds, ayant éclaté un plus petit en-dessous de lui. Je pose ensuite mes yeux sur l’homme que je trouve de plus en plus étrange mais de plus en plus intéressant. Je souris. De toutes mes dents. J’attrape le petit caillou et essaye de répéter ce qu’il m’a montré. Plaçant à peu près le caillou comme, entre pouce index – ou entre index et majeur ? –, ensuite de profil, puis les épaules, le buste, okay. On y va. D’un coup que je crois sec, je lance mon poignet et lâche le petit caillou. Toute excitée à l’idée de réaliser le premier vrai ricochet de ma vie, je le regarde partir complètement à gauche à moitié parallèle à l’eau pour finir sa course d’un petit plouf de défaite. Raté. Noooooon. Je fais la mou me trouvant encore plus ridicule que toute à l’heure. Jason m’encourage chaleureusement en me disant qu’il suffit de prendre le coup de poignet et que ce n’était pas si mal du tout pour une première fois.

Voulant remercier mon inconnu, je me tourne vers lui, le visage toujours un peu déçu mais souriant. Lorsque j’ouvre la bouche, il parle aussi. Àsgard. Je perds mon faciès de petite enfant déçue d’avoir raté son ricochet. Mes traits se détendent un peu plus et je trouve un visage un peu plus adulte – d’après le regard de Jason –. Moi qui pensais repartir avec juste son visage comme seule indication de son identité. Je souris faiblement et d’un signe de tête, le remercie. Pour la leçon de ricochet, pour m’avoir donné son prénom puis pour, peut-être d’autres choses. Je me suis dit que ce serait le merci qui lui conviendrait.
D’où venez-vous ? Àsgard, ça ne sonne pas très américain.
Mon petit paon fronce les sourcils, comprenant que je viens de remettre notre départ à plus tard. Je rogne les quelques mètres qu'Àsgard a créé entre moi et lui. Je lui adresse un faible sourire maladroit, sachant que je peux encore à tout moment me heurter à un mur et ses yeux si froids.. Pourtant, je ne fais rien de mal. Je veux juste voir qui est Àsgard. Et qui n'a pas envie de parler de soi ? C'est agréable de parler de soi et de savoir que notre vie intéresse non ? « Sauf si les souvenirs sont trop lourds. »
  
MessageLun 18 Juil - 3:55
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Crois bien qu'il y aura toujours de la solitude sur la terre pour ceux qui en seront dignes.


Àsgard & Rose
Tu fermes tes yeux encore une fois, tête se reposant contre l’arbre qui te soutenait. Scène identique à quelques minutes plus tôt et pourtant, déjà l’ambiance n’est plus la même. Cette vieille enfant, cette jeune adulte, tu acceptes sa présence sans avoir à grogner contre elle. Pupille retrouvant la lumière du jour, laissant à peine la clarté se faire filtrer, regard pivotant jusque sur Rose. Son geste tu le perçois et si tu en comprends la signification, ne laisses rien retranscrire, tête de nouveau droite, paupières closes. Elle te fait inspirer ta question. D’où viens-tu mon Àsgard ? Agneau égaré se costumant derrière un masque d’ours solitaire. Aucun doute, tu es terrien, mieux encore, tu es Norvégien. Le froid des glaciers coule dans tes veines, le vent des fjords te pousse à avancer, l’immensité blanche de l’hiver te rappelle d’où tu viens vraiment.

Norvège.

Pourquoi en dire plus de toute façon ? Ton idée n’était pas celle de lui répondre parce qu’elle attendait quelque chose, seulement, tu pensais que l’annonce de ce pays n’avait guère besoin de plus de chose pour commencer à évoquer la rêverie des uns ou des autres. Cette nature, il n’y a que là-bas que l’on peut se vanter de la retrouver sans que l’homme ne soit venu y toucher. Et encore moins dans le nord, là où tu vivais, là où nous vivions tous. Tous. La couleur céruléenne qui habille tes iris apparait et fixe l’horizon. Tous. Pendant un moment tu te perds sans savoir ou ton esprit divague vraiment. Chose commune que ton corps a appris à cacher à tous ceux qui ne te connaissent pas suffisamment pour savoir décrypter tous ces micro signaux assurant un malaise.
Je sais à quoi tu penses mon Àsgard et non, être loin de la Norvège, ce n’est pas être loin de ta fille. Elle est partout avec toi, à tout jamais. Silencieusement, tu restes sceptique à mes pensées et tournes ta tête en direction de la demoiselle, la regarde quelques instants, réfléchissant, ta main se déposant sur la terre humide du bord du court d’eau, tes yeux pivotant sur tes doigts. La poudre brune, son contact, son odeur, sa douceur. Rapprochement au plus près de tes origines, homme de terre et de mer. Plus de la terre que de la mère comme n’importe quel Viking. Respiration silencieuse, tu reportes ton attention sur la Rose supposément trop douce pour avoir des épines. Ses pétales frôlent le piquant de tes ronces, mauvaise plante que l’on éradique plus que l’on ne chérit.

Etrange journée. Agréable journée ? Non pas tant que cela, c’est certain. T’ennuies-tu mon Viking ? Un entre deux auquel tu ne saurais répondre avec évidence. Cependant, quelque chose en toi me fait croire que cette indécision ne penche plus vers la négative qu’autre chose. Voilà quelque chose de positif. Sans pour autant sourire, tu te détends de plus en plus, réduisant ton cercle de confort, acceptant qu’elle s’approche un peu plus de toi de manière toujours raisonnable. Trop rapidement tu te mettrais à mordre. Doucement. Tout doucement.

Et toi, d’où viens-tu ? Loin des mers, des océans et des fleuves pour ne pas avoir pu ricocher dans ta jeunesse ?

Tu te retiens en observant son oiseau, son paon de lui dire qu’il est peut-être temps qu’il se détende. Probablement que si je m’excusais il serait plus ouvert. Tu fronces les sourcils à cette idée, tu n’es pas d’accord, tu ne nous considères pas comme étant coupable. Cependant, la politesse voudrait pourtant que ce genre de mot soit échangé pour adoucir le moment. Nul besoin d’adoucir, tu te moque de ce que chacun peut penser. C’est ça être toi, c’est n’accorder aucun respect à la plupart du monde. Malheureusement, être toi, c’est aussi se laisser se consumer sans se battre… J’inspire à mon tour avant de retourner sous l’eau, t’abandonnant à cette rencontre pour le moins particulière. Je te sens différent mon Àsgard. Néanmoins, ce n’est pas forcément dans le bon sens du terme. Si sentir sa silhouette si proche de la tienne ne te dérange pas, c’est le silence qui te semble trop pesant. Avec cette femme, tu as l’impression d’être obligé de parler, tu as l’impression qu’il ne t’est pas autorisé d’être toi. Mon pauvre Àsgard, tu n’es plus prêt pour les rencontres, tu ne sais plus comment te comporter en société face à des gens comme elle. Le haut de mon crâne fend l’eau et je vous toise un instant de mes yeux reptiliens et m’avance à peine pour poser mes pattes sur la berge. Te venir en aide.

Il est difficilement concevable pour Àsgard de pouvoir grandir dans un monde de béton…
Ou même tout simplement d'y vivre.

Toi qui semble apprécier la nature et le calme. C’est bien ainsi qu’elle t’avait décrit il y a quelques secondes, n’est-ce pas mon Àsgard ? Pouvait-elle s’imaginer que c’était encore plus que tout cela ? Que c’était bien plus puissant que ce qu’elle pouvait croire ? Difficile à savoir et tu ne cherches même pas cela, tu t’en fiches, rien n’a d’importance aujourd’hui. Mais n’en parlons pas, ni réfléchissons pas, ne pensons plus à rien. Oui la voilà la solution, faire le vide dans son esprit juste le temps d’un instant même si cela veut dire le passer en compagnie de Rose et de son âme. Regarde mon Viking, avec un alter ego si coloré, ne penses-tu pas que cela ne peut représenter qu’une personne de grande bonté ? Jeg ønsker ikke å vite, det interesserer meg ikke. Je comprends et respecte ton choix espérons seulement que cela n’influe pas sur le reste de la journée tant qu’elle sera là.

Traduction:
 
  
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