LIBRE - Maybe we make a deal maybe together we can get somewhere

 
  
MessageJeu 12 Mai - 17:18
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Date d'inscription : 04/07/2010Nombre de messages : 1520Nombre de RP : 184Âge réel : 25Copyright : Grimestone et Ronron <3Avatar daëmon : cheshire
Wolfgang M. LoewerADMIN-whatever
bad for the greater good

Maybe we make a deal
Maybe together we can get somewhere
“Have you ever done that? When you squint your eyes and your eyelashes make it look a little not right and then when just enough light comes from just the right side and you find you're not who you're supposed to be? This is not what you're supposed to see. Please, remember me--I am supposed to be king of a kingdom, I'm swinging on a swing. Something happened in my imagination, the situation's becoming dire. My tree house is on fire and for some reason I smell gas on my hands. This is not what I had planned”
??? & Wolfgang


C’est arrivé en pleine réunion.
D’abord, les palpitations. Rien d’inquiétant. C’est à peine si j’y avais prêté attention, la prise en continu de café me donnait souvent l’impression d’avoir le cœur qui bat à 2000 à l‘heure. Puis la chaleur, ça non plus ça ne m’avait pas alarmé, nous étions en mai, le beau temps faisait son retour, mon corps n’est pas habitué, normal que je sois un peu plus en sueur que d’habitude. Ce qui a commencé à me mettre la puce à l’oreille, c’est le moment, j’ai commencé à respirer un peu plus fort. J’avais baissé la tête, n’arrivant plus tout à fait à me concentrer sur ce que disait l’homme à quelques sièges à ma droite. Puis la douleur, soudaine, puissante, qui coupe mon souffle pour de bon.
La suite, je ne m’en souviens pas.

La suite, c’est le trou noir. Quand j’me réveille, tout est blanc, trop blanc. Des bips stridents me percent les tympans, what the fuck is going on ? Je n’entends pas Cheshire et je ne sais même pas si c’est une bonne ou mauvaise chose. Un type en blouse blanche débarque, son manque de délicatesse me donne envie de le mordre. On n’a pas idée de foutre une lampe dans les yeux des gens comme ça. J’grogne et je ferme les yeux, il me force à les ouvrir, il parle, je ne comprends pas ce qu’il dit. Putain, mais qu’est-ce que je fais là ? La réponse à cette question je l’aurais quelques heures plus après un nouveau zone-out et un nouveau réveil. Semblerait que j’ai eu une crise cardiaque. Ah.

Compte tenu du fait que j’ai été pris en charge très rapidement, je m’en sors sans séquelle mentale, mon cerveau ayant subi un manque d’oxygène durant moins d’une minute. Là où ça commence à se corser, c’est lorsqu’ils me parlent de mon palpitant. Semblerait qu’il n’est pas en pleine forme, il ne va pas jusqu'à dire qu’il m’en faudrait un nouveau-là tout de suite, mais il me fait bien comprendre que celui que j’ai actuellement ne tiendra plus très longtemps, du moins pas à ce rythme. Les nuits de 3h à répétition, le café à outrance, la cocaïne quand ce dernier ne suffit pas, ça va bien quand on a 20 ans pas quand on approche les 40.
J’me suis contenté de hocher la tête, n’écoutant que d’une oreille les conseils de ce type que finalement, je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. À coup sûr, j’allais devoir prendre des vacances forcées. Great.

Et ça n’a pas loupé, dans les jours qui suivent, j’ai reçu une lettre du Capitol, lettre m’informant que mon assiduité aux différentes réunions, votes, conseils, etc … Était exemplaire et qu’il m’était vivement recommandé de poser mes jours de congé dans les semaines à venir. Accompagnée de cette lettre informative, une plus personnelle me faisait comprendre que je n’avais pas à craindre pour « ma » place et que je DEVAIS prendre du repos avant que celui-ci ne me soit imposé à des moments bien moins opportuns. Je grince des dents, comme si, de base, c’était le moment. J’espère qu’ils n’ont pas considéré mon temps à l’hôpital comme de l’arrêt maladie et qu’ils ont pris sur mes congés. Manquerait plus que ça !
Au fils des heures dans cette chambre sans visiteur, je me rends compte d’une chose, Cheshire est affreusement calme. D’ordinaire, il m’aurait fait la leçon, comme quoi ce genre de chose il l’avait prédit, qu’un nombre incalculable de fois, il m’avait dit de me ménager… Et voilà où on en était mais rien. Même pas un regard furibond. Même pas un regard tout court je dirais même…

Mon service de presse a été le premier à réagir après mon accident, ils ont aussi été les premiers à me rejoindre dans ma chambre (premier après ma garde du corps bien sûr). Bien entendu, l’accident n’était pas passé inaperçu et j’devais donner ma version des faits avant que les média ne me collent tous les maux du monde. Après un bref débat, nous nous accordions sur le malaise lié à la chaleur. Rien de grave, on prétendra que je suis sorti après quelques heures, seules les médecins et quelques collaborateurs auront connaissance de la vérité. Si la presse commençait à savoir que j’avais le cœur fragile, j’étais foutu pour la suite.

Un mois plus tard.

Sérieusement, que font les gens au milieu d’un mardi après-midi ? Très logiquement, il travaille et si je n’étais pas en congé forcé, j’en ferais de même. À la place, je me retrouve à zoner dans ma villa avec un air de zombie. Parce que oui, si je suis en congé forcé, c’est aussi, en partie, parce que je passe une très grande partie de la journée à dormir, paraîtrait que ça aide mon système immunitaire. Je dors presque « bien » , les médicaments sont juste assez dosés pour m’offrir un sommeil sans rêve et donc sans terreur nocturne. Ça aide pour trouver le repos.
Pour autant, aujourd’hui, j’en ai marre de tourner en rond, marre de ne rien faire, marre d’avoir des interactions avec mes gardes ou les médecins, juste marre. Retourner au boulot n’étant pas possible, j’attends le début de soirée pour prendre la poudre d’escampette et me balader un peu en ville. Jusqu’à preuve du contraire aller respirer de l’air « frais » ne me ferait pas de mal.

Tromper la vigilance de ma garde du corps fut plus facile que prévu, faut dire qu’elle a pas mal relâché sa garde depuis que je suis en convalescence. Sauf quand il s’agit de me tenir éloigner d’un ordinateur, là d’un seul coup, elle devient un féroce lion. La bougre.

Du coup, c’est tranquillement que je quitte la villa au volant de ma Nissan GTR. Elle passe presque inaperçu. En tout cas, avec les Audi c’est la plus passe-partout que j’ai du garage. Bon, certes avec ces 600 chevaux et son V6, elle n’est pas forcement silencieuse. Enfin, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a ! Et puis les gens ne se retournent pas souvent sur cette voiture, elle attire bien moins les regards que ma Ferrari, Jaguar, Aston ou Lambo et c’est là le plus important.
Pour une fois je ne fais pas hurler le moteur quand je sors dans la rue, je respecte même – pour la plupart- les limitations de vitesse. Comme prévue, la voiture grise passe relativement à l’abri des regards, seuls les quelques connaisseurs de la bête la montre du doigt pour expliquer à leurs amis dubitatifs que cette voiture est l’une des voitures de série les plus rapides au monde. Et oui, une putain de Nissan.

J’roule une bonne partie de l’après-midi, à tout dire, j’pense que j’roule aussi une très bonne partie de la nuit. J’m’arrête par deux fois pour refaire le plein d’essence, j’sais pas où je suis et encore moins où je vais. Chez moi, ça doit être la panique, j’ai disparu et je n’ai même pas pris mes médicaments. Ça doit expliquer pourquoi je me sens si énergique, sans les molécules pour calmer mon palpitant et mon esprit, j’étais, de suite, bien plus alerte. J’hésite à aller voir Aaron, vraiment, preuve que je n’ai pas pris mon lithium ça tien. Je sais où il réside, à quelque pas du club nautique. Proche des vagues, proche de la mer, proche de l’eau. Toujours proche de l’eau. Comme s'il utilisait ce répulsif naturel pour me garder au plus loin de lui. Qui peut le blâmer ?

J’sens les idées noires qui reviennent gratter au bord de mon cerveau, pourquoi, mais pourquoi j’ai pas pris ce putain de lithium. Mon cœur bat un peu plus vite, ça fait un mois que j’ai eu mon infarctus, jour pour jour, il est remis non ? Il peut battre plus fort, y’a pas de problème, le médecin m’a dit que je pourrais reprendre une petite activité physique de toute façon. J’lance un regard à Cheshire, ce dernier n’est plus que l’ombre de lui-même depuis l’accident, le chat ne se bat même plus avec moi, il laisse couler, me suit sans râler, ça fait des années qu’il perd de sa fougue faut croire que l’infarctus l’a achevé. J’pourrais prétendre que j’ai envie de me reconnecter avec lui. Après tout n’est-il pas censé être mon âme ? Mais non, plus je le regarde, plus au moins il m’indiffère au pire il me dégoûte. De toute façon, un politicien ça n’a pas d’âme, c’est quand même bien connu non ? Son soupir répond à ma question. J’me souviens du nombre de fois où il est revenu vers moi en temps de crise, comme il était toujours là pour m’empêcher de sombrer dans la folie, et pourtant. Je n’arrive pas à lui rendre la pareille, c’est à peine s’il ressentait encore mes douleurs et moi les siennes. C’est dire comme notre lien ne tiens littéralement qu’à un fil. J’crois que j’ai toujours beaucoup trop baigné dans l’individualité et la compétition pour pouvoir supporter de partager le spotlight, que ce partage se fasse avec mon âme ne change rien. Et puis, s’il n’avait pas ce caractère si effacé aussi, nous n'en serions peut-être pas là.

La tête posée contre le siège chaud, le chat ferme les yeux, disparaissant à moitié, comme pour cacher un peu plus sa présence. Quel genre de monstre traite son âme comme ça ?

Le genre qu’on peint sur les murs de la ville, dans ce costard trois pièces connues de tous, avec cette goatee et ce regard perçant. Celui qu’on peint avec le sourire carnassier de son âme, le seul attribut dont on se souvienne en ce qui concerne le chat. Le dieu qui écrase la planète d’une main et laisse sortir des démons de ses poches. Ouais.

Ce genre de monstre là.

J’avoue que sur le coup, je fronce les sourcils, ce n’était pas moi sur ce graffiti, non, c’est mon imagination qui me joue des tours, pour autant, je fais demi-tour pour aller le voir de plus près. Je gare la Nissan juste en face et lance les pleins phares. La peinture brille en comparaison du mur gris sur laquelle elle est appliquée. Les dominantes bleus, rouge et violette sont éclatantes, pour autant ce graffiti semble déjà avoir quelques mois, certain endroit ont déjà été tagué par d’autre. Ce qui me choque le plus, ce n’est pas tant l’image que ce graffiti reflète sur ma personne, c’est ce que la personne à citer en dessous.

WHERE IS YOUR GOD NOW ?

Je me pose sur le capot de ma voiture, fixant l’œuvre en face de moi. Je savais que le public n’avait pas toujours une bonne image de moi, je savais que certain avaient peur de ce que j’étais capable de faire, je comprends, mais se retrouver face à ça. Bordel. C’est vrai que mon service presse m’avait parlé de graffiti pas des plus flatteurs, j’avais écouté que d’une oreille, entre les graffitis et les caricatures, je m’étais persuadé que ça ne me toucherait pas mais là, le voir en vrai, me dire que des centaines de gens passent devant cette image tous les jours. Putain, pas étonnant que certain gamin vont pleurer dans les bras de leurs parents quand ils me voient.
Et encore, nous étions dans un quartier pro-daemonien, je n’ose même pas imaginer ce que ça doit être là où les daemoniens ne sont pas aussi bien accepté.

Il est pas loin d'une heure du mat, j’fais un bond en avant quand j’entends des pneus crissé, la seconde d’après un fracas me fait comprendre que le cul de ma voiture à 150 000 € vient de faire une rencontre qu’elle n’a pas appréciée. J’ai évité de peu de me faire ‘écraser’ par ma propre bagnole. Jeez. Mon cœur s’emballe, ce n’est pas bon. Je n’ai pas pris d’anti don, c’est encore moins bon. À l’affût, je remarque que la voiture ayant embouti la mienne s’arrête quelque mètre plus loin. Ça va bientôt faire un mois que je n’ai plus ‘’discuté’’ avec un autre être humain que ma garde rapproché, et pourtant les premiers mots qui sortent de ma bouche sont :

« Sérieusement ? Il n'y avait pas assez de lumière pour que tu m’évites ? »

Le sarcasme, tant que je peux encore l’utiliser, c’est que tout va bien.
Pour autant, je suis un peu trop essoufflé pour juste un petit bond, et mon cœur est bien trop énervé, mon médecin me l’avait pourtant dit. Évitez les émotions trop fortes, ouais. Comme si, c’était ma faute si on venait de me rentrer dedans.
D’où je suis, je ne peux pas voir les dégâts sur les deux voitures, mais j’ose espérer que la mienne est toujours en état de rouler, c’est que je suis loin de chez moi et je n’ai pas envie d’appeler mon chauffeur, là maintenant.


  
MessageVen 1 Juil - 0:23
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Les autres cordistes discutent autour d'Azure tandis que tout le monde inspecte le matériel et le range, épuisé et en même temps surexcité. Le chantier était intéressant, monter des filets de protection, mais par ce temps, tout le monde ne rêve plus que d'ombre et de repos, et de s'effondrer pour quelques jours afin de rattraper la fatigue accumulée. Les lits du motel ne valaient pas les leurs, et même Abhay est calme, dissimulé dans une poche de sa moitié, déterminé à garder ses forces pour plus tard. Le lien est silencieux entre eux, juste de la lassitude et une envie de rentrer chez eux qui les pousse à refuser d'un sourire la proposition des collègues d'aller boire un verre. En temps normal elle aurait accepté, bu une bière et quelques sodas, mais là, elle rêve davantage de prendre une longue douche glacée avant d'aller lire sur son balcon et manger un pot de crème fraiche et des bâtons de légume, Azure. Avant, il faut juste finir de plier les dernières cordes, saluer les gars et lever les yeux au ciel en riant lorsqu'elle reçoit des "Salut princesse" et autres surnoms en réponse, se trainer jusqu'à la voiture (une Fiesta, elle aurait sans doute pu prendre mieux ou plus cher, mais franchement, tout ce qu'Azure demande à sa voiture, c'est la place de mettre son matériel, son sac si le chantier est trop loin pour rentrer, et/ou ses courses, de ne pas trop consommer, et d'avoir une radio. Sa voiture répond largement à ses demandes, pourquoi changer ? En plus, elle ne lui a quasiment rien couté, même si elle commence effectivement à se faire vieille) et la charger, et, enfin, s'installer, climatisation aussitôt mise en charge avec une grimace. L'habitacle est étouffant, Abhay ouvrant le bec pour protester avant de changer d'avis et d'aller se cacher sous le siège.

Pitié, gare-toi à l'ombre demain. M'en fiche qu'on doive marcher un ou deux kilomètres pour rejoindre le chantier, fait trop chaud là !

Facile à dire, quand on fait neuf grammes, yeux d'Azure se levant de nouveau au ciel alors qu'elle rit et informe en silence son âme que ce ne sera pas possible, le faisant se renfrogner avant qu'il ne vienne s'installer contre son ventre, niché dans les plis du débardeur noir tâché de magnésie. Ils roulent en silence, oiseau veillant à ce que sa moitié ne cède pas à la fatigue, volume de la radio monté de plus en plus fort, jusqu'à en être désagréable pour eux. Au moins elle ne risque pas de piquer du nez, Azure, kilomètres avalés encore et encore, longue pause prise autant pour manger que pour avaler une quantité obscène de café, soupir commun leur échappant lorsqu'ils entrent enfin dans Perth Amboy, cordiste épuisée relâchant son attention et conduisant plus par automatisme qu'autre chose. Il faut encore se garer, et marcher jusqu'à l'appartement... L'idée du livre et de la crème est balayée, elle ne pense plus qu'à une douche et à s'effondrer dans son lit pour dormir une journée ou deux. Plutôt deux.

L'attention se dissipe, véhicule déviant sans qu'ils s'en rendent trop compte, la collision tirant le duo épuisé de la torpeur qui l'envahissait, adrénaline envahissant leurs veines. Azure bascule en marche arrière de suite, cherche une place du regard, sortant de la petite voiture sitôt celle-ci à l'arrêt, Abhay se posant contre son cou, ronchonnant aussitôt de ne pas pouvoir se cacher dans les cheveux encore maintenus à l'arrière de la nuque de sa moitié. Elle ne l'écoute pas, cœur trop occupé à bondir dans sa poitrine en réaction à l'apostrophe, membres tremblants du mélange de l'adrénaline et de la terreur, excuses balbutiées maladroitement, probablement incompréhensibles, anglais remplacé par le lituanien sous l'effet du choc. Les ailes d'Abhay s'écartent, tête basculant en arrière en une mimique exaspérée, oiseau trop habituée à la crainte de sa moitié pour la partager. Il partage plus ses douleurs.

"Anglais, Az', le pauvre type a rien compris, je parie ! Désolé pour nous deux, apparemment la musique à fond et le café ont pas suffi, on a dû somnoler une seconde ou deux, je crois. Ça va ? A part la voiture, mais bon, elle c'est un peu garanti qu'elle va pas aller super bien. Vous avez rien de cassé ou quoi, hein ? Ça le ferait pas de tuer à cette heure, ou à n'importe quelle heure hein, je dis pas, c'est pas trop dans nos habitudes quand même, mais au milieu de la nuit, ça serait particulièrement pathétique, faut admettre..."

"Vraiment désolée... Je suppose que vous voulez faire un constat ?"

Une main est enroulée légèrement autour du roitelet qui bat des ailes en signe de protestation, voix étouffée contre la paume de sa moitié qui grimace un sourire maladroit et mal à l'aise, mots lui échappant lentement pour s'assurer qu'ils sont bien en anglais. Un peu de lucidité lui est revenue, probablement grâce au débit de mitraillette si familier de son daëmon, assez pour garder son don inactif en dépit de ses instincts qui lui disent d'activer la Trêve juste au cas où. Elle en aura bien le temps si nécessaire, et préfère ne pas antagoniser l'homme en face. Elle reste tendue malgré tout, regard vérifiant rapidement les alentours à la recherche d'un perchoir autre que sa voiture qu'elle espère encore capable de rouler, peu enthousiaste à l'idée de se trouver garée de force ici, au milieu des graffitis, plus loin du centre qu'elle ne l'aurait voulu. Pas quand elle a son sac de vêtements, son sac de matériel, ses cordes, son casque, à transporter et qu'elle est encore en pantalon de cordiste et chaussures de sécurité, idée lui tirant une grimace fugace tandis qu'Abhay s'échappe enfin de sous sa main et change d'épaule, attention attirée par le graffiti, tête se penchant sur le côté avant de se tournant vers leur presque-victime. C'est marrant, il a presque l'impression qu'il y a une ressemblance, nouveau va-et-vient de la tête l'en assurant. Ouais, y'a une ressemblance. Ou la fatigue le fait halluciner, ça leur arrive parfois. Quoiqu'ils entendent plus souvent des voix que voient des choses, en général, quand ils sont à ce stade de fatigue. Peut-être un effet du choc ?

Elle se contente de hausser les épaules, Azure, tandis qu'Abhay réfléchit à voix haute, complètement indifférent au fait que l'objet de ses réflexions peut l'entendre et à sa moitié qui l'informe en silence d'y réfléchir plus tard. Elle voit la ressemblance, oui, mais franchement... c'est pas le moment d'y penser.
  
MessageMar 19 Juil - 14:32
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“You're mind is working at its best when you're being paranoid. You explore every avenue and possibility of your situation at high speed with total clarity.”
Azure & Wolfgang



C’est une gamine qui sort de la voiture fautive, est ce que je baisse ma garde pour autant ? Non. Bien au contraire, mes muscles se tendent un peu plus quand elle balbutie des mots incompréhensibles pour une quelconque oreille. Je la jauge essayant de mesurer le danger qu’elle pourrait représenter. Physiquement aucun, même si je ne suis pas au moins de ma forme je peux la maitriser sans le moindre souci, mais le petit oiseau qui s’envole … Une daemonienne. Cheshire. Il était dans la voiture. Shit. J’essaie d’établir le contact avec mon âme, je pourrais aller vérifier, je pourrais sauter côté passager pour vérifier qu’il n’a rien mais ça impliquerait de lâcher l’inconnue des yeux, et de se mettre en danger. Cheshire what the fuck, répond. un peu mal à la tête. . Mal à la tête ? J’ai volé sur le tableau de bord Wolfgang, j’ai mal à la tête, no biggie. mon souffle est lourd quand le piaf commence à parler.

« Anglais, Az', le pauvre type a rien compris, je parie ! » Az’ , sa daemonienne fort probablement. « Désolé pour nous deux, apparemment la musique à fond et le café ont pas suffi, on a dû somnoler une seconde ou deux, je crois. » Oh, si ce n’est que ça. J’avance vers le côté passager de ma voiture, essayant d’avoir un visuel sur le chat de Chester. Il se frotte la tête avec ses pattes manifestement c’est léger. « Ça va ? A part la voiture, mais bon, elle c'est un peu garanti qu'elle va pas aller super bien. Vous avez rien de cassé ou quoi, hein ? » Ouais c’est ça à part la voiture et le crâne de mon daemon on a rien de cassé. Jeez. « Ça le ferait pas de tuer à cette heure, ou à n'importe quelle heure hein, je dis pas, c'est pas trop dans nos habitudes quand même, mais au milieu de la nuit, ça serait particulièrement pathétique, faut admettre... » Tuer, mon cœur s’emballe encore un peu plus, le sang pulsent dans mes veines, mon cerveau est suroxygéné, ma respiration a un peu de mal à suivre. Serait-ce une menace ou une simple constatation ? Ma paranoïa ma urge d’ouvrir un portail pour les balancer tous les deux à l’intérieur, je devrais m’affirmer comme étant le danger ici.

« Vraiment désolée... Je suppose que vous voulez faire un constat ? » Arrêt de l’oiseau, début de la femme. Je pose mon regard sur elle, retourne à mon observation, loin des clichés de femme fatale, elle a juste l’air d’être une pauvre nana sortie du boulot, un peu fatigué, qui emboutit la mauvaise voiture. Je peux voir qu’elle est presque aussi tendue que moi, les tueurs professionnels ne le sont pas autant. Au contraire, ils sont d’un calme olympien et bien souvent c’est leur corps qui trahie leur intention. Je ne sais pas quoi penser. Est-ce vraiment un simple petit accident ? Ou est-ce juste une diversion pour me piéger ensuite ? Je n’écoute pas son daemon qui semble faire le parallèle entre le graffiti et moi-même. A la place j’ironise sa question.

« Un constat oui. Un constat à cause du non-effet du café et de la musique à fond… »

Enfin ça c’est ce qu’elle dit, je suis sûr de rien moi. C’est pourquoi je reste à distance, toujours proche de ma voiture, un œil sur Cheshire, l’autre sur l’inconnu. Mon cœur reprend peu à peu sa course normal, ça devrait aller, je ne vais pas faire de nouvelle crise. Par contre pour ce qui est d’être menaçant, son oiseau ne devrait pas tarder à bien faire le parallèle entre le graffiti et moi-même. Les portails ne s’ouvrent pas encore pourtant on peut sentir l’atmosphère qui s’épaissit, comme une odeur d’énergie lourde dans l’air. Ma voix, plus grave qu’auparavant, confirme que mon pouvoir n’est qu’à un doigt de se lâcher.

« N’approchez pas plus. J’veux savoir votre nom, votre pouvoir, si vous êtes seule ou non et pourquoi être ici à une telle heure ? » Fut un temps j’aurais laissé un mini portail s’ouvrir pour appuyer ma menace, là je préfère ne pas tenter le diable. Mon cœur n’est pas encore tout à fait au point pour faire fonctionner comme il le faut la puissance qui me traverse. « Essayez de me mentir et j’vous massacre vous et ceux qui vous accompagnent. » - s’ils existent. - « Vous aviez toute la place sur la route, j’ai du mal à croire que tout ça n’est qu’un simple accident. » De nouveau c’est ma paranoïa qui vient susurrer des horreurs contre mes tympans


  
MessageMer 20 Juil - 11:33
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Azure A. AstrauckasFlightless Bird
Peur. Peur peur peur au fond d'Azure, qui fait monter la colère au fond d'Abhay, ongles d'Abhay s'enfonçant dans l'étoffe sans atteindre sa peau, oiseau fusillant l'homme du regard un instant alors que son sarcasme le tire de ses réflexions. L'antipathie aurait difficilement pu être évité de sa part, pas alors qu'il effraie sa moitié aux grands yeux écarquillés et à la peau qui est passée de pâle à cadavérique, mais la phrase prononcée vient de sceller le tout tandis qu'il se gonfle de toutes ses plumes et grimpe sur la tête de la cordiste pétrifiée pour essayer de dominer l'homme qui leur fait face. Il a comme un doute sur le fait qu'il est daëmonien ou non, ne s'en soucie pas alors qu'il se retient d'essayer de feuler comme le ferait un félin pour tenter de l'intimider. On ne touche pas à Azure. On ne menace pas Azure. On ne fait pas un truc étrange qui rend l'atmosphère pesante et presque électrique alors qu'Azure est dans les parages, même si ça confirme qu'il est daëmonien même si ils voient rien. Peut-être dans la voiture, oiseau s'excusant mentalement sans trop voir si l'autre daëmon le captera avant de revenir à ce qui le concerne, la menace et les questions, et la panique montante d'Azure dont les yeux cherchent désespérément une issue ou un objet à escalader. Sans balcons ni escalier incendie dans la rue, il ne leur reste que la voiture ou un réverbère, l'une pas assez haute, l'autre un allié potentiel si elle est en mesure de l'atteindre et de l'escalader assez vite malgré la fatigue. Probablement pas une possibilité, donc, oiseau rageant contre l'absence d'arbre tandis qu'il sent son cœur s'accélérer de concert avec celui de son autre, colère montant d'un cran encore. Son bec s'ouvre, enfin, fiel s'en déversant sans hésitation tandis qu'Azure lutte pour garder la Trêve sous contrôle. Entre la menace ambiante et la terreur, c'est plus compliqué que ça n'a le droit de l'être.

"Elle c'est Azure Audra Astrauckas et moi c'est Abhay, on est daëmoniens, recensés, et on vit à Perth, don de la Trêve et si vous voulez savoir ce que c'est z'avez qu'à demander poliment ou aller demander au Ministère, j'parie qu'ils ont les détails eux, et devinez quoi, on voulait rentrer chez nous après avoir enfin fini un contrat d'installation de filets de sécurité parce qu'on en avait marre du motel, c'est quoi votre excuse à vous hein ? Et ouais, la route est large, mais devinez quoi, quand on pique du nez, on tend à moins regarder la route et à dévier, alors ouais, c'est votre voiture qui a pris et on est désolés si vous ou votre daëmon avez pris un coup mais si vous croyez pouvoir intimider Az' pour autant, vous pouvez rêver ! Faut qu'elle fasse quoi pour que vous la regardiez pas comme si c'était un ogre, s'endetter sur vingt ans pour vous racheter une caisse ? Et z'êtes qui d'abord, pour exiger des réponses comme ça, à part quelqu'un qui avait encore moins de raisons que nous d'être dehors à cette heure, garé ou pas garé ?!"

Sa colère n'aide pas Azure, à Abhay, yeux clairs se fermant un instant tandis qu'elle sent la Trêve glisser hors de son contrôles quelques secondes avant qu'elle la rattrape, priant pour que l'homme en face n'ait pas perçu ça comme une provocation. Elle a l'impression qu'il a aussi peur qu'elle, même si elle n'est pas certaine de s'il se sent en colère ou agressif par-dessus le tout, quoiqu'Abhay déchaîné tente à causer ce genre de résultat sans qu'elle ait jamais compris si il le faisait délibérément pour être sûr que son don fonctionne ou si c'était simplement le fruit de son caractère, cordiste reculant juste au cas où, cherchant le réconfort du toit de sa voiture, un peu plus rassurée maintenant qu'elle n'est plus au sol même si elle en reste bien trop près à son gout. L'utilisation pourtant minime de son don n'a fait qu'ajouter à sa fatigue, Abhay lui picorant doucement le front avec inquiétude, s'attirant un frisson de sourire et une caresse épuisée, bras d'Azure lui semblant étrangement pesant. Elle espère ne pas avoir à se servir pour de bon de la Trêve, pas dans cet état, incertaine du résultat que cela donnerait et certaine qu'elle n'apprécierait pas dans tous les cas. Il y a des jours où elle regrette certaine d'avoir été féée, même si son don s'accompagne d'Abhay. Quoique même lui, elle s'en passerait presque, tandis qu'il repart à l'attaque, cordiste résignée et épuisée recroquevillée sur elle-même, prête à bondir du toit et de l'autre côté du véhicule si nécessaire, regard accroché à la cible de l'ire de son âme sans jamais entièrement ciller, tremblante et livide, éclat terrifié et suppliant au fond des yeux.

"Oh et au fait, personne nous accompagne, on a autre chose à faire de notre temps que planifier des embuscades ou je sais quel autre délire vous êtes en train d'imaginer, et j'jure sur Saint Casimir que si vous vous servez de votre don sur elle je vous crève les yeux. Même si Az' détesterait ça et que j'tiens pas vraiment à revivre ce genre de douleur. Sérieux, on peut pas discuter comme des gens civilisés à la place ? Elle va crever de peur à ce rythme, et moi avec !"
  
MessageJeu 21 Juil - 10:22
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This was not a rattlesnake hidden in the grass, but a deadly coral snake striped with warning colors. Everything about him was a warning. If this snake bit you, you had no one to blame but yourself.
Azure & Wolfgang



Oh je n’aime pas ça. Je n’aime définitivement pas ça. L’oiseau vient se planter sur le crâne de la demoiselle et si elle semble pétrifier ce n’est pas le cas de son daemon, son agressivité déteint rapidement sur ma personne. Je ne sais pas ce qu’il pense pouvoir faire en se gonflant comme un ballon mais l’idée qu’il puisse m’attaquer fait bouillir le sang de mes veines. Mes poings serrés retiennent l’ouverture de portail, je sens le flux dansait contre mes nerfs, les informations inondent mon cerveau, quand l’oiseau parle je n’enregistre que la moitié des informations. Son nom complet ne me dit rien. Est-ce une bonne nouvelle ? Oui et non, elle ne devait pas être une rebelle fortement connue, elle n’est pas non plus dans la liste des personnes qui veulent me tuer, elle est une inconnue parmi tant d’autres sauf que les inconnus, ça peut être salement dangereux. La Trêve, trêve, trêve, ça ne sonne pas comme un don offensif pour autant la phrase de l’oiseau me donne juste envie de salement m’en méfier, bordel. Après oui, son excuse semble plausible, je veux dire, malgré l’heure finalement c’est probable hein qu’elle soit sur le chemin du retour… Oui probable… Faut qu’elle fasse quoi pour que j’arrête de la regarder comme un ogre ? Elle ? Rien. Toi par contre tu ferais bien de descendre d’un étage. J’lui réponds pas, trop occupé à garder mon pouvoir derrière les filets de mon esprit. Contrôle, avoir le contrôle…

What the … Une vague de calme m'envahit, renvoyant mon pouvoir au fin fond de mon esprit, hey j'deviens bon en fait. Ok, on est tranquille on est zen… On est …. Oh god absolument pas zen. Qu'est-ce qui vient de se passer ? C'est ça la trêve ? Je relève le regard vers la nana, ouais, ouais, c'est ça. Elle vient de m'envoyer son pouvoir dans la gueule. Putain, si elle avait pu le garder concentré ça aurait pu être une bonne idée, là j'ai juste l'impression que cela a foutu un coup d'accélérateur à la pression que les flux pèsent sur mes veines. Déjà, je sens des portails qui essaient de s'entrouvrir entre mes doigts. Shit.

Elle recule et je ne la blâme pas pour ça, à sa place si je ferais la même chose, avec mes traits tirés et mes muscles tendus j'dois pas donner une impression des plus friendly. Elle n'est pas dangereuse, non, c'est quasi certain, tout ça n'est qu'un accident. Ma paranoïa m'a encore joué des tours et maintenant il va falloir éviter de faire trop de dégât qu'il soit matériel ou humain. Et puis, l'oiseau revient, j'crois que je sursaute quand sa voix résonne à nouveau dans mes oreilles ou alors c'est juste la première ouverture de portail qui fait tressauter mes muscles. Et puis le daemon continu, violent, agressif, ne se rendant probablement pas compte qu'au mot « embuscade » je serre le poing un peu plus fort. Mon imagination n'est jamais en reste quand il s'agit de s'imaginer le pire. Pourquoi il revient à l'assaut même ? J'étais presque persuadé qu'ils étaient inoffensifs et puis il a fallu qu'il me menace. J'ai fait un pas dans leur direction avant que Cheshire ne prenne les choses en main. La seule présence du chat dans mon champ de vision suffit à me rendre un tantinet plus tranquille. Lui par contre, ne l'est pas du tout. *Redescend en pression mon ami ! * Passant par la fenêtre, le chat rejoint le toit de la Nissan, son regard fusille le petit daemon, sa queue fouette l'air, malgré sa bouille ronde ses traits sont durs. La marque du coup qu'il a pris sur la tête est visible, un peu au-dessus de ses yeux, il lui manque une touffe de poil. Mentalement il s'adresse au dénommé Abhay.*Toi et ta daemonienne êtes terrifiés. Lui aussi. Différence, il est létal, vous ne l’êtes pas. Par pitié, arrête de l’agresser, ça va tourner en bain de sang. * La pointe d’agacement peut se ressentir dans les pensées du chat. Tester ma capacité à rester zen face à la menace était rarement une bonne idée. Qui plus est le fait que ce soit un petit oiseau lui faisait penser à Gaïa, comme quoi ça devait être un trait commun à tous les piafs miniatures, être affreusement agressif pour compenser une taille microscopique. Enfin le chat s’élève dans le ciel de quelques centimètres avant d’amorcer sa descente pour me rejoindre. *Pour information, Wolfgang Loewer, pseudo contrôle des flux entre les mondes parallèles. Tout ce que ta menace a réussi à faire c’est lâcher les vannes. * Après tout, le piaf avait demandé, maintenant, au moins, il sait à qui et à quoi il a à faire.

Quant à moi, j'essaie de garder un relatif contrôle sur le torrent de flux qui sature mes nerfs, la peur est mauvaise conseillère, aucun des barrages que j'ai travaillé ne semble pas fonctionner, des mini-portails s'ouvrent entre mes doigts. À chaque ouverture un claquement sec se fait entendre. Mon cœur tambourine contre ma poitrine, il me fait mal, je déteste cette sensation. Mon regard ne fixe plus la daemonienne mais le sol, calm the fuck down, ma main vient s'accrocher au rétroviseur de ma voiture, ce dernier est aussitôt aspiré par un portail qui s'ouvre et se referme tout aussi vite. Bordel.

« Tout va bien, pas dangereuse, tout va bien, oh fuck, bordel, tout va bien, tout va bien, pas dangereuse, tout va bien […] »

Tel un mantra, je me le répète, espérant retourner à un état de tranquillité qui me permettrait de renvoyer mon pouvoir au fond de mon esprit avant qu'un véritable accident se produise.


  
MessageJeu 21 Juil - 18:51
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Date d'inscription : 02/03/2015Nombre de messages : 387Nombre de RP : 136Âge réel : 26Copyright : Mad Hattress & AnaëlleAvatar daëmon :
Azure A. AstrauckasFlightless Bird
Oh. Un daëmon, bec d'Abhay cloué tandis qu'il regarde le chat flotter dans les airs, plumes frémissantes de fascination, même le regard d'Azure se portant dessus, inquiet, tandis que sa main se recroqueville autour d'Abhay et le ramène contre elle pour le mettre en sécurité et se rassurer. La Trêve continue de réclamer à être libérée, terreur rendant son don difficile à contrôler pour la première fois. C'est la première fois qu'elle a si peur face à un autre daëmonien, qu'elle n'a nulle possibilité, nulle cachette, nul refuge, première larme glissant sur sa joue sans qu'elle s'en rende compte, rattrapée par le bec d'Abhay qui se détourne un instant du chat volant pour aider sa moitié avant de revenir à lui, mots du félin résonnant dans son esprit et dégonflant légèrement ses plumes. Une personne raisonnable au milieu de cette situation de fou, ça fait une différence pour calmer l'oiseau, même si la colère bout toujours en lui, tout comme l'envie de continuer à cracher son venin. Il écoute néanmoins, va jusqu'au maugréer une excuse avant de retourner frotter sa tête contre celle d'Azure toujours figée sur le toit de sa voiture, muscles protestant la tension qui les parcourt et cœur semblant presque résonner contre son sternum tant il bat, précipité comme celui d'un oiseau terrifié. Pas un bon cocktail, et il tente de la distraire en lui répétant ce qu'a dit le chat en apesanteur, tête s'inclinant sur le côté lorsqu'il arrive au nom et au don de l'homme. C'est familier, visage de la cordiste se penchant dans la direction opposée à la tête emplumée tandis qu'elle réfléchit. Oui, c'est familier, mais Azure, elle n'a pas vraiment la mémoire pour ce genre de choses, et Abhay non plus. Pas quand ils ne connaissent pas les gens. Wyatt, ils pourraient le reconnaitre aisément, désormais. Avant... avant, ils savent pertinemment qu'ils ne l'avaient pas reconnu, et il n'est pas la personne la plus difficile à reconnaitre. Alors un homme et un chat de Chester... c'est familier, mais ça ne leur dit rien de concret, regard échangé avant qu'Azure ne hausse les épaules, impuissante, regard se reportant aussitôt sur la menace.

Elle se crispe à chaque nouveau claquement, lèvre mordue jusqu'au sang tirant un son de douleur au roitelet alors qu'ils voient le regard se détacher d'eux et tomber au sol, rétroviseur disparaissant dans l'abysse tirant un cri d'alarme à Abhay. D'accord, c'est ça les flux entre les mondes ? Il veut pas tomber là-dedans, il veut pas non plus qu'Azure y tombe, surtout si l'un d'eux reste derrière, simple idée de la distance suffisante pour lui donner envie d'être malade de terreur. Il n'est plus en colère pour le coup Abhay, il est terrifié tandis qu'il se glisse contre la peau d'Azure là où on ne pourra pas les séparer alors que les larmes de peur continuent de glisser le long de ses joues, prière marmonnée en lituanien en un débit continu qui fait écho au mantra de Wolfgang. Normalement, Abhay serait en train de s'extasier sur l'autre daëmon, jaloux de le voir à fois chat et capable de voler, lui demanderait ce qu'il peut faire d'autre, s'il est bel et bien comme le chat d'Alice au Pays des Merveilles ou si il en diffère, fasciné et bavard, envieux de ne pas avoir pensé à cette forme, le suppliant pour une démonstration. Normalement ils auraient fait un constat et seraient rentrés, fatigués mais entiers. Normalement ils seraient chez eux dans le lit, profondément endormis. Normalement ils ne seraient pas ici, dans cette situation qui dégénère davantage à chaque seconde et menace de tous les engloutir. Normalement.

Normalement, Azure a un contrôle complet sur le déclenchement de la Trêve.

Rien n'est normal cette nuit.

Il n'y a pas un bruit quand le contrôle lui échappe de nouveau, pas un indicateur pour Azure et Abhay de ce qui vient de se passer, à part la connaissance instinctive d'Azure du fait que son don s'est de nouveau libéré de son emprise et l'alarme d'Abhay en sentant le drain qui se fait des forces de sa daëmonienne à chaque fois que la Trêve est activée commencer, ailes battant dans le vide tandis qu'elle essaie de reprendre le contrôle de son don qui persiste à rester hors de son emprise, perdant de précieuses minutes avant de s'avouer vaincue, tête se reposant contre le métal de la voiture. Inutile de paniquer au moins cette fois, la menace est visible et identifiée, pas le genre qu'elle puisse éviter. S'il veut l'envoyer dans un autre monde, il n'aura pas besoin de la toucher après tout. La tête d'Abhay se frotte à la sienne, désolée, avant de se tourner vers l'autre daëmon, urgence dans sa voix. Nuit de merde. La prochaine fois ils passeront la nuit au motel et ils rentreront le lendemain, tant pis si ça entame la paie. Si d'ordinaire il parle vite, là, les mots se précipitent d'eux-mêmes hors de son bec, mus par son inquiétude.

"Pas pour t'alarmer ou quoi, mais Az' a aussi perdu le contrôle, et vu comment la Trêve est fatigante, je sais pas combien de temps on a avant qu'elle lui pompe toute son énergie, dooonc si on pouvait trouver une solution pour les calmer tous les deux ça s'rait cool, ton Wolfgang a pas l'air bien et je tiens pas à voir l'impact de la Trêve sur Az' lorsqu'elle est aussi fatiguée. Une idée ? Parce que je hurlerai bien à l'aide, mais pas sûr que ça aide là."

De son côté elle a fermé les yeux, Azure, plus recroquevillée encore sur elle-même, se concentre autant que possible sur sa respiration et pas le manque d'énergie qui mord à ses extrémités, inéluctablement et remonte le long de ses membres, s'ajoutant à la fatigue initiale, tente d'ignorer les secondes et minutes qui s'écoulent alors qu'elle lutte pour se calmer, Abhay revenu contre elle frottant son bec contre ses cheveux et chantant de mieux qu'il peut les vieilles chansons qu'ils avaient appris à l'école, l'hymne lituanien, la dernière chanson entendue à la radio, voix déraillant sur certaines notes tirant un faible rire à sa moitié. Un oiseau qui chante faux, c'est juste assez absurde pour faire rire en toutes circonstances.
  
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