You've been Thunderstruck [Kelly]

 
  
MessageLun 16 Mai - 4:55
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Evelyne FraserNothing will be the same...
Entre régler les détails de mon déménagement et le décalage horaire, je n’avais pas eu le temps de visiter les environs. Dès que la nuit tombait, je m’effondrais de fatigue m’empêchant de profiter de quoi que ce soit. Je commençais mon internat pour la quatrième fois bientôt. Pour cette raison, je m’aventurai hors de chez moi, décidant de remettre le vidage des boites pour plus tard. Ça faisait près d’une semaine que j’étais là-dedans, j’avais bien droit à un petit congé. Au grand dam de Cayan, j’étais bien déterminée à passer une journée active. Je jetai un coup d’œil à l’extérieur afin de vérifier la météo, le ciel était couvert. J’étais habituée aux températures humides et froides des highlands, ce n’était pas des petits nuages qui allaient changer mes plans.

Dès que je fus hors de l’appartement, je ressentis le fourmillement caractéristique que provoque le contact des rayons solaires sur ma peau. Malgré la couverture des nuages, l’énergie insuffla mon corps déjà frétillant d’énergie solaire. Ce n’était pas pour m’aider à réprimer ses manifestations. Je me sentais légèrement décontenancée par ces agitations plus violentes. L’énergie bourdonnait sans cesse dans mon ventre, cherchant une porte de sortie que je lui refusais obstinément. Malgré le risque que représentait cette sortie, il n’était pas question que je l’avorte. Dès que je m’étais réveillée dans cette chambre d’hôpital après ma fugue de l’enfer, je m’étais fait la promesse de ne pas laisser ce don gâcher ma vie. Chaque sortie était une provocation à la flamme plasmique qui bouillonnait en moi, mais je refusais de rester cloitré. Je n’étais pas encore au point de non-retour. Compte tenu du changement d’environnement, je me retrouvais donc sans réel repère pour savoir quel serait le stade d’éclatement. Je remerciais le ciel que cette journée ne soit pas ensoleillée, chaude et sec.

Je déambulai dans les rues de Merkeley repérant les boutiques en tout genre. Cependant, je n’étais pas des plus attentive, mon esprit étant occupé à contenir du mieux que je pouvais la vitalité débordante de mon don. Les gens passaient près de moi, inconscients que j’étais une bombe à retardement. Depuis la découverte de ma spécificité, je n’avais pas relâché une seule parcelle de plasma, préférant contourner le problème en refroidissant mon corps. La moindre quantité d’énergie de trop pouvait me faire basculer. Je me contenais mieux durant les journées pluvieuses, à l’abri d’un débordement. Je ne contrôlais aucunement cette malédiction, ce qui faisait que j’étais prise au piège dans un cercle vicieux. Je n’avais jamais cherché à maitriser ce pouvoir ce qui faisait que j’étais constamment sur le qui-vive dès que des rayons solaires frôlaient ma peau. Ce qui me terrifiait encore plus, car j’étais en terrain inconnu désormais. Je n’avais pas repéré la moindre étendue d’eau qui me permettrait de refroidir discrètement mon corps en cas de surchauffe.

Cayan se serait bien passé de cette petite sortie, préférant dormir au chaud et au sec sur le tapis du salon. À défaut, il suivait attentivement le déroulement des pensées de sa daemonienne. L’ours kermode comprenait en partie la réticence d’Evelyne à utiliser ce don qui pouvait se révéler meurtrier. D’un autre côté, éviter d’apprendre à m’en servir n’était pas pour aider. Il sentait le corps d’Evelyne bourdonner sans cesse, il se demandait d’ailleurs comme elle faisait pour ne pas s’effondrer sous cette pression. Ça ne pourrait pas durer et ce jour-là les conséquences seraient encore plus terribles. Cependant, Cayan était confronté à une tête de mule qui avait décidé que ne plus jamais utiliser son don était la solution. Il ne cessait de lui répéter. Il voyait bien que ce n’était pas sain pour elle, il sentait son corps trembler chaque fois qu’elle absorbait une nouvelle quantité d’énergie.

- Il faudrait vraiment que tu apprennes à le contrôler pour que tu ne fasses pas exploser toute la ville, lança Cayan.

Je levai les yeux au ciel en entendant la phrase de mon daemon. C’était une éternelle discorde entre nous. Aucun de nous ne voulait céder devant l’autre. J’étais terrifiée à l’idée de provoquer à nouveau la mort d’être humain. C’était inconcevable pour moi de revivre avec cette culpabilité que je n’arrivais toujours pas à me débarrasser. Cayan comprenait en raison du lien qu’il partageait avec moi, mais il avait une façon différente d’appréhender les choses. Pour lui, il valait mieux que j’apprenne à utiliser cette malédiction. Il avait peut-être raison, mais je ressentais comme un blocage à cette pensée. Je me sentais poussée dans mes retranchements à la simple idée de revoir un jour ce plasma flamboyant. En raison de cette terreur, il était plus facile pour moi de faire la sourde oreille à la voix de la raison que représentait Cayan.

- Tu sais très bien ce que je pense de cela, rétorquai-je avec une certaine lassitude. J’ai déjà tué trois personnes, je ne veux pas faire plus de victimes.
- C’était un simple accident, tu ne le contenais pas et tu ne le contrôles pas plus maintenant, rétorqua Cayan. Tant que tu repousseras l’échéance, tu risqueras d’imploser.
- Comment proposes-tu que j’apprenne à utiliser mon pouvoir, m’enquis-je. Puisque tu sembles tout maitriser, éclaire-moi !

Ce fut au tour de Cayan de soupirer, signe de sa lassitude de ce débat sans fin. Pourquoi s’obstinait-il à m’en parler connaissant ma réponse ? Il garda le silence quelques instants, mais je savais que ce n’était que pour mieux riposter.

- Est-ce que tu penses que c’est correct que dès que tu mets un pied dehors d’être terrifié que ce soit la fois de trop, rétorqua l’ours kermode avec une justesse qui m’horripila. Moi je ne trouve pas ça normal ! C’est ton pouvoir, c’est toi qui as la responsabilité de le contrôler et je sais que tu n’es pas le genre à fuir tes obligations. Tu te voiles la face en croyant que ça va régler tout, mais ça ne fait qu’empirer les choses.
- Tout ce que tu trouves à faire c’est me faire des reproches, le coupai-je excédée. Tu penses que je ne le sais pas, tu ne cesses de me répéter la même chose. Je connais très bien les risques. Je ne sais pas par où commencer.


Cayan me fixa quelques instants. Aucune lueur de désapprobation ne teintait son regard sombre, au contraire je pouvais y déceler toute sa compréhension. Cette empathie calma aussitôt mon exaspération. Ce sujet avait tendance à me pousser dans mes retranchements, ce qui se révélait ridicule étant donné que l’ours kermode parlait avec sagesse et sans jugement. Je me sentis coupable de lui prêter de mauvaises pensées, alors qu’en réalité il ne cherche qu’à m’aider. Ses paroles sont dures et pleines de vérités, je crois que c’est ce qui me dérange le plus, c’est qu’il ait raison et moi tort.

- Tu pourrais commencer par trouver quelqu’un qui maitrise un pouvoir ressemblant au tien, proposa Cayan de sa voix calme. Ce serait un début. Il te faut quelqu’un qui puisse comprendre à quel point une grande puissance peut avoir des conséquences fâcheuses. Tu demeures dans une ville de daemoniens, il doit bien y avoir quelqu’un qui pourrait t’aider.
- Je vais y penser, concédai-je.

Aucun de nous ne prononça un seul mot, l’ours esprit respecta mon silence. Je mijotai ses paroles sages. Je ne me sentais pas encore prête à entreprendre cet apprentissage qui serait laborieux. La terreur me paralysait. Je craignais de provoquer une nouvelle catastrophe mortelle si je tentais d’utiliser mon pouvoir. Cayan avait raison, j’allais devoir passer outre mes peurs assez rapidement, sinon qui sait ce qui arriverait.

Plongés chacun dans nos pensées, nous déambulions dans les rues de Merkeley sans but précis. La visite des environs avait perdu tout son attrait pour moi. Je ne portais plus attention aux boutiques. Mes pas me menèrent aux limites de la ville vers un sentier qui s’enfonçait dans la forêt. Cette trouvaille se révélait la bienvenue, étant donné que j’aimais toujours faire des randonnées en nature. J’eus une petite pensée pour mon père qui apprécierait surement cet endroit. C’était lui qui m’avait fait découvrir le plaisir de ce loisir apaisant.

- Ce serait peut-être une bonne idée de retourner à l’appartement, proposa Cayan en levant la tête vers le ciel nébuleux.
- Ce n’est pas quelques nuages qui vont nous effrayer, on est habitué à pire, rétorquai-je. Ça ne peut que te faire du bien de sortir un peu.


L’ours kermode capitula sans faire plus d’histoire. Il savait qu’il ne pourrait convaincre Evelyne de rebrousser chemin. Elle allait surement lui rebattre les oreilles sur le fait que l’exercice physique était bon pour la santé et qu’il n’en faisait pas assez. Elle n’allait pas manquer de lui répéter qu’il était trop obèse et qu’il devrait songer à faire plus de sport. Fidèle à lui-même, Cayan préférait éviter le sujet qui déraperait indéniablement. Une mésentente par jour était suffisante pour l’ursidé qui n’aimait pas particulièrement être en désaccord avec les autres. Cela s’appliquait en particulier lorsque le désaccord survenait avec sa daemonienne. Il souhaitait que ce trajet se fasse dans l’harmonie. Il ne comprendrait jamais l’attrait de Evelyne pour ses randonnées. Elle disait qu’il n’y avait pas d’endroits plus calmes que la nature vierge. Une opinion que l’ours esprit ne partageait certainement pas. Cayan parvenait facilement à trouver la quiétude suffisante pour se détendre sur le tapis dans le salon de leur appartement.

Nous nous faufilâmes en silence dans le sentier sans rien ajouter. Plus nous nous enfoncions sous le couvert végétal, plus les bruits en provenance de la ville voisine se faisaient sourds. Je savourais le néant sonore qui m’apaisait bien plus que n’importe quelles séances de relaxation ou méditation. Ces pratiques n’avaient jamais eu mes faveurs. J’eus à nouveau une pensée pour mon père qui me manquait horriblement. Je m’ennuyais aussi de mon grand frère, même s’il avait tendance à me traiter comme une petite fille. À la suite de ma fugue avec mon ex-conjoint qui s’était révélé violent, mon ainé était devenu surprotecteur à mon égard, ce qui m’horripilait. Je savais que ça partait d’un bon sentiment, mais c’était lassant de répondre à l’inquisition espagnole de mon frère. Mon père avait eu une réaction vraiment différente, il m’avait donné les outils pour me défendre et m’avait accordé sa confiance bien que je ne la mérite pas. Il avait rapidement compris que me museler et se montrer autoritaire ne serait pas la bonne approche avec moi. Je n’aurais jamais pensé devenir aussi complice mon père et pourtant…

Je fus tirée de mes réflexions par une impression assez étrange. Un frisson me parcourut, je ressentis une sensation familière. Mon ventre se noua alors que je sentais l’énergie emmagasinée s’agiter de plus belle. Pendant un instant, je crus que j’avais atteint ma limite, redoutant les tremblements et les bouffées de chaleur. Je ne tardai pas à remarquer que mes craintes ne se réalisèrent pas. Pourtant l’embrasement de mon énergie était toujours là. Comme si elle était attirée par quelque chose, tout comme si elle avait trouvé une force semblable. J’avançai plus profondément encore dans le méandre des arbres, je sentis mon poil se hérisser alors que ma peau était parcourue de frissons. J’avais la désagréable impression qu’on me chatouillait. Je ne tardai pas à quitter le sentier tracé pour m’aventurer plus profondément dans la forêt. Je me laissais guider par mon instinct, curieuse de savoir ce qui provoquait cette sensation à la fois agréable et déplaisant. Je me figeai quelques instants lorsque je remarquai que les végétaux étaient calcinés. Cayan se faufilait tant bien que mal à ma suite, sa corpulence le ralentissait quelque peu sa progression entre les arbres.

- Qu’est-ce qui s’est passé ici, la foudre s'est abattu ici, s’exclama-t-il surpris par la vision des troncs calcinés.


Je m’avançai jusqu’à déboucher sur une clairière qui avait surement eu des jours meilleurs. Des trous parsemaient le sol, comme si l’on y avait frappé avec une grande force. Mes chatouillements s’intensifièrent à tel point que je réprimai avec peine l’envie de me gratter. Les fourmillements se faisaient plus violents encore dans mon ventre, source de mon énergie, ou elle s’agitait sans cesse. J’étais tellement concentré sur les sensations que je ressentais, que je ne fis pas attention à la présence d’une autre daemonienne. Cayan ne fut pas aussi aveugle que moi, il était moins incommodé par l’énergie bouillonnante, il se plaça aussitôt devant moi.

- Nous ne sommes pas seuls, me transmit-il.
  
MessageVen 27 Mai - 4:08
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♣ || Flamboyante Flamby
Fais le vide.

J’entends encore la voix grave et posée de Wayne me répéter inlassablement ce même conseil. Ça en devenait presque une litanie qu’il me rabâchait à chaque fois que mon esprit s’égarait. Oublier le monde alentour, le soleil caché par les nuages, l’humidité de l’air et la chaleur du vent, oublier la longue marche qui nous a menés ici et la désagréable odeur de poisson qui demeure accrochée à mes narines, souvenir du nouveau chemin que j’ai pris pour rejoindre les faubourgs de Merkeley et qui m’a malencontreusement fait croiser la route d'une poissonnerie au fumet douteux. Oublier et faire le vide pour se concentrer sur le moment présent et sur cette force qui bouillonne dans mon ventre.

Je laisse échapper une longue expiration. Mes épaules s’affaissent et mes mains se détendent sur mes genoux. J’envoie une petite pensée en direction de Mattheus.

*C’est parti.*

La voix de mon daemon parvient alors jusqu’à mes oreilles.

– Ok va commencer doucement. 200... check. 60... check. 350... check. 400... check. 1000... check. 792,44...
– Tu te fiches de moi? dis-je en ouvrant les yeux.

Mattheus est toujours couché devant moi, le voltmètre entre les pattes. Son visage de carcajou arbore un sourire très amusé.

– Quoi, c’est un test de précision, non?
– T’es con!

J’éclate de rire en poussant mon daemon, qui roule dans l’herbe en gloussant à son tour. Bon, pour la concentration, on repassera. Je me redresse, arrache nonchalamment les deux électrodes fixées sous mes clavicules et remets le voltmètre dans son sac. C’était court, comme test. S’il était encore là, Wayne me reprocherait mon manque de discipline. Mais bon, mon mentor géokinésiste est parti depuis longtemps déjà. Quand le chat est parti, les souris dansent, n’est-ce pas ? De toute façon, la méditation n’a jamais été mon fort.

Je me lève d’un bond et me dirige vers le centre de la clairière, enjambant un trou béant que j’ai accidentellement créé il y a deux mois, lors d’un entraînement qui a plus ou moins bien tourné. Je me débarrasse de ma veste pour ne conserver que mon débardeur. Le vent sur mes épaules me fait frissonner, mais je sais que ce sera de courte durée. Je laisse tomber ma veste à mes pieds et, les mains sur les bras, je laisse mon regard divaguer sur les arbres tordus et balafrés qui bordent mon repère. Voilà des années que je m’entraîne ici. Il y a de quoi se sentir chez soi, à force, même si ce chez-soi est en fait une clairière perdue au fin fond de la forêt de Merkeley.

Un gros nuage cache momentanément le soleil, rafraîchissant l’air de m’arrachant un nouveau frisson. Le temps est humide, la journée est idéale pour ne pas déclencher de feu de forêt. Je relâche mes bras, les laisse pendre de chaque côté de mon corps, puis fais appel à cette phénoménale quantité d’énergie qui sommeille dans mon ventre. Je la sens remonter dans mes tripes, emplir mes muscles et vibrer dans chacun de mes nerfs. Sa force me réchauffe au point où le vent sur mon corps frileux ne me fait plus aucun effet. Pendant longtemps, cette sensation de puissance m’a terrifiée. Maintenant, je la trouve grisante.

Des éclairs tournoient sur ma peau, qu’ils strient de marques rouges qui disparaîtront quelques heures après l’entraînement. J’écarte les bras, puis lève la main droite pour laisser échapper un long arc électrique, foudroyant un pauvre arbre déjà bien éprouvé par mes précédents entraînements. À une centaine de mètres de là, Mattheus, confortablement étendu dans l’herbe grasse, grignote un gâteau en lisant son livre, ignorant sa fourrure hérissée d’électricité statique.

Une sphère d’électricité est en train de se former entre mes doigts lorsque je crois percevoir une anomalie. Déconcentrée, je stoppe la machine et les éclairs crépitant sur ma peau se fondent dans celle-ci, reprenant le chemin de mon ventre dans un long picotement désagréable. Une étrange sensation court sur ma peau, comme une perturbation dans la Force des courants électriques ambiants. Il m’arrive de ressentir quelque chose de similaire les jours d’orage ou de tempête, quand les systèmes électriques de la ville sont mis à l’épreuve. Aujourd’hui, c’est différent. Le temps n’est pas à l’orage et je suis en pleine forêt, il n’y a donc aucun système électrique à l’horizon, ni aucune source d’énergie outre que moi-même et la pile de mon portable. Je tourne lentement sur moi-même, cherchant à déterminer l’origine de cette étrange perturbation. Captant mon inquiétude, Mattheus lève le museau de son livre.

– Qu’est-ce qui se passe?
– Je sais pas, y’a quelque chose qui cloche. On dirait qu’il y a un truc dans l’a... OH MERDE!

Le juron sort tout seul lorsque, tournant toujours sur place, je tombe sur un énorme ours qui se dresse en bordure de la clairière. Dans ma surprise, je recule vivement en direction de mon daemon, toujours étendu près de mes sacs remplis d’équipement. Le carcajou bondit aussitôt sur ses pattes, les crocs découverts et la fourrure hérissée. Dans ma panique, je trouve le temps de me demander ce qu’une telle bête peut bien faire ici. Cette question vient une fraction de seconde avant que mes yeux n’aperçoivent la silhouette qui se tient derrière le monstre. Hébétée, je fixe les nouveaux venus, le temps que mon cerveau fasse un lien pourtant évident. Haletante, je pousse un soupir de soulagement, posa une main sur mon coeur qui bat à tout rompre dans ma poitrine. Je remarque par la même occasion que des étincelles crépitent sur ma peau, réflexe défensif que je ne parviens pas toujours à réprimer.

– Euh, salut, dis-je à nos visiteurs d’un ton incertain.

J’ignore qui ils sont et ce qu’ils font ici. En six ans, je n’ai jamais vu personne ici autre que ceux que j’y ai emmenés volontairement. Il y a de quoi se méfier, surtout quand les visiteurs-surprises sont une jeune femme et son monstrueux daemon.
  
MessageMer 1 Juin - 3:30
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Evelyne FraserNothing will be the same...
Je sursautai en entendant la voix de Cayan raisonné dans ma tête. L’étrange frisson qui me parcourait m’incommodait tellement que je n’avais pas remarqué la présence de la daemonienne et de son carcajou. Notre arrivée provoqua une réaction en chaine chez le duo face à nous. La vision d’un ursidé avait de quoi se faire dresser les cheveux sur la tête. À vrai dire, les ours kermodes étaient carrément inexistants sur cette partie du globe. Pour ne rien améliorer, mon daemon était plus obèse que les membres sauvages de son espèce. Les intenses séances de gourmandises et de siestes interminables n’étaient pas pour aider l’embonpoint de ma moitié. Cela lui donnait un air encore plus intimidant pour ceux qui ne connaissaient pas sa nature pacifique et tolérante. Dans un instant de panique, la jeune femme se recula vers son daemon qui bondit sur ses pattes, découvrant ses crocs acérés.

Cayan ne tarda pas à se détendre en réalisant que sa présence alarmait les deux inconnus. Le corps de l’immense créature se décontracta alors qu’il leur jetait un regard tranquille. Il remarqua l’existence des étincelles sur les membres de la daemonienne. Un éclair de génie passa dans l’esprit du daemon. De toute évidence, il avait face à lui une électrokinésiste. Les éclairs étaient aussi une forme de plasma. Il ne tarda pas à comprendre qu’il avait devant lui la solution aux problèmes de maitrise de sa moitié. Si cette jeune personne contrôlait bien son pouvoir, elle pourrait certainement donner quelques leçons à la tête de mule qui lui servait de daemonienne. La satisfaction que lui procurait cette découverte fut de courte durée, il ressentait le tourment de sa moitié. Elle peinait à contenir l’énergie en ébullition ce qui fit craindre à Cayan le pire.

Les sensations s’intensifièrent de plus belle, je réfrénais tant bien que mal la force qui menaçait de s’extraire de sa prison. Je sentais les poils sur ma peau se hérisser alors que ma température corporelle augmentait. Le picotement familier qui précédait les manifestations de mon don se firent plus pressentes. Je ressentais l’énergie qui se libérait à l’intérieur de moi. Sournoisement, elle se faufilait dans mes muscles ce qui provoquait quelques tremblements. Mes paumes bouillonnèrent tandis que d’infimes particules rougeoyantes se matérialisaient, s’étendant sur mes avant-bras. Je pris une grande inspiration pour calmer la panique qui ne faisait qu’attiser le monstre. Ce n’était pas en me laissant guider par mes émotions que j’allais éviter le pire, je devais garder la tête froide si je ne voulais pas imploser sous la pression. Quelque chose agitait l’énergie emprisonnée dans mon enveloppe corporelle. Mon regard se porta sur l’autre daemonienne, c’est là que je fis le lien.

Son corps parcouru d’étincelles défensives. Je compris enfin que la cause de toute cette soudaine effervescence se trouvait devant moi. Il y avait certaines différences entre la force en moi et celle que manipulait ma vis-à-vis aux cheveux flamboyants. Les éclairs étaient du plasma, l’une des rares formes de cet état de matière sur terre. De ce fait, c’était normal que le monstre réagisse à cette proximité. Je me sentis rassurée de comprendre ce qui m’arrivait bien que ça ne réglait pas mon problème. La panique en moins, le tumulte s’apaisa quelque peu. Je retrouvai un contrôle relatif sur l’énergie qui menaçait de se manifester. Les irruptions des particules rougeoyantes s’espacèrent à mesure que je recouvrais mon calme. Leur intensité n’était pas intimidante, c’était comme si la bête en moi exprimait son excitation d’être en contact avec quelque chose de semblable.

Je fixais la daemonienne d’un œil nouveau. Je ne pensais pas que la première personne que j’allais croiser à Merkeley allait posséder un pouvoir qui pouvait si bien se compléter avec le mien. Je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer quelqu’un dont les capacités se rapprochaient autant des miennes. Je ne me sentais plus seule à porter un fardeau. Par contre, elle semblait bien plus en contrôle des manifestations électriques que moi je l’étais du plasma. Désormais, je comprenais mieux l’état déplorable des arbres qui bordaient la clairière. La voix incertaine de ma vis-à-vis me tira de mes réflexions. J’eus l’impression que cela avait duré une éternité, alors qu’en réalité ça n’avait duré que quelques minutes. La panique avait la faculté de distordre la perception du temps, les secondes se transformant rapidement en heure.

- Salut, désolée du dérangement, rétorquai-je avec mon fort accent écossais. Je suis Evelyne Fraser et voici Cayan. Ne vous en faites pas ce gros balourd ne ferait pas de mal à une mouche.
- Merci du compliment Evelyne, très gentil de ta part comme présentation, soupira Cayan d’un air exagérément dramatique. C’est d’elle que vous devriez avoir peur, c’est une vraie mégère, plaisanta Cayan de bonne guerre.


Nous nous regardâmes chacun amuser par les railleries qui fusaient, c’était dans nos habitudes de nous taquiner de cette façon. La présence de témoins ne nous empêchait guère de continuer cet exercice. Par le fait même, nous espérions calmer la tension et la méfiance qui étaient palpables.

- Nous marchions dans le sentier lorsque j’ai ressenti quelque chose d’étrange, ajoutai-je soudain plus sérieuse en exhibant ma main.

Sur la paume que je montrais, des étincelles se manifestaient encore par intermittence. Heureusement, leur intensité diminuait de plus en plus à mesure que je retrouvais le contrôle de mes émotions. Je détestais faire allusion à mon don, mais pour une raison qui m’était inconnue je sentais que je devais m’ouvrir à ce sujet. J’avais face à moi quelqu’un qui pouvait comprendre mon fardeau. Je n’étais pas encore prête à apprendre à l’utiliser, mais je me souvins de la conversation que Cayan et moi avions eue à ce sujet.
  
MessageMer 8 Juin - 4:46
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Tout le monde s’est figé, comme si quelqu’un avait appuyé sur « pause » en plein milieu d’une scène d’action. Ni Mattheus, ni moi n’osons bouger, plus par incertitude que par peur. L’ours et sa moitié, de leur côté, sont eux aussi immobiles. L’immense bête se détend, comme si elle avait soudainement remarqué que sa présence nous rendait nerveux. Le regard qu’il nous lance a tout pour nous convaincre de son caractère inoffensif, pourtant je n’arrive pas à me détendre. Un ours énorme, aussi calme puisse-t-il paraître, reste un ours énorme. Je n’ai pas peur des daemons-ours, d’habitude, mais celui-ci est particulièrement imposant. Mattheus et moi avons appris à la dure à nous méfier des gros daemons.

Le silence s’étire alors que nous restons plantés de chaque côté de la clairière à nous observer mutuellement. La fille derrière l’ours n’a toujours pas parlé. Lisant dans mes pensées, Mattheus émet l’hypothèse qu’elle est peut-être muette. Ç’aurait dû me faire rire, ou au moins sourire, mais je ne réagis que distraitement. Je suis toujours déconcentrée par l’étrange perturbation que je ressens. L’électricité qui court en moi semble bouillonner, comme excitée par la présence de l’autre jeune femme. Mon regard se pose sur ma vis-à-vis et je remarque qu’elle n’est pas à l’aise. Elle tremble, agitée de spasmes similaires aux miens : mon corps entier est parcouru de petits tressaillements musculaires et de longs frissons qui laissent ma peau en proie à une désagréable chair de poule.

J’observe l’autre fille avec de plus en plus d’insistance. C’est terriblement impoli, mais Mattheus ne me le fait pas remarquer, pour une fois. Il s’est tu dès qu’il a commencé à comprendre ce qui se passait. Les morceaux du puzzle se mettent en place dans notre esprit. La pièce manquante se dévoile lorsque j’aperçois les petites particules rouges qui accompagnent les frissons de l’autre fille. Sa peau est mouchetée d’une substance flamboyante que je ne parviens pas à identifier. Intriguée, je fronce les sourcils, mais mon cerveau refuse d’observer et d’analyser ce curieux phénomène. Trop d’énergie. Elle me monte à la tête et bloque toutes mes capacités à réfléchir.

J’envoie avec le plus de précautions possible une rafale d’énergie dans mon pied, qui à son tour la transmet au sol. La terre absorbe le surplus d’électricité et je ne peux retenir un petit soupir de soulagement lorsque mon voltage chute enfin et que mes tremblements cessent. Mes mains s’agrippent à mes bras lorsqu’un ultime frisson me secoue. Du coin de l’oeil, je vois la fourrure de Mattheus retomber à plat sur sa nuque. La tension a baissé d’un cran.

La fille devant moi semble s’être calmée, elle aussi. Du moins, plus que tout à l’heure. Moins paniquée, moins terrifiée. Est-ce que c’est moi qui lui faisais un tel effet ? Probablement pas. Après tout, physiquement parlant je ne suis pas la plus menaçante ici. De plus, si j’étais la source de sa peur, elle ne serait sûrement pas en train de se présenter à moi en s’excusant du dérangement. Je découvre avec amusement son accent qui me rappelle aussitôt celui, beaucoup moins prononcé, d’Aaron. Une Écossaise, donc. Avec un nom comme Fraser, ça ne me surprend qu’à moitié.

Je souris légèrement en entendant la dénommée Evelyne et son daemon Cayan se lancer des piques. Même Matt, qui s’est enfin assis à mes côtés, émet un petit rire.

– Kelly, je réponds à nos visiteurs pour poursuivre les présentations. Kelly McAllister, et voici Mattheus.
– Enchanté.

C’est un peu simple, comme présentation, mais je n’ai pas l’habitude de faire dans les détails, surtout face à des étrangers. La tension s’est apaisée, mais je préfère conserver une petite once de méfiance. Je n’ai jamais vraiment été à l’aise avec les inconnus. Les récents événements n’ont pas contribué à arranger les autres. Malgré les dires du nouveau gouvernement et les rumeurs de paix et d’harmonie, je considère toujours que la confiance à Merkeley est à prendre avec un grain de sel.

Les paroles d’Evelyne – qui n’est définitivement pas muette comme Mattheus l’avait supposé plus tôt – éveillent ma curiosité, tout comme les éclairs qui dansent sur la paume qu’elle me montre. La vue du phénomène, qui diminue en intensité au creux de la main de la blonde, m’est étrangement familière et inconnue à la fois.

– Alors je ne suis pas la seule à avoir ressenti ça... ?

C’est une réflexion plutôt qu’une question. Pensive, je m’approche, les yeux toujours rivés sur la main d’Evelyne. Mon cerveau tourne à plein régime, analyse, calcule, fouille les notions théoriques de mes cours de science. Physiquement, mon corps fourmille toujours un peu, et cette impression s’intensifie à chacun de mes pas en direction de la blonde.

– C’est fascinant, dis-je en un souffle.

J’arrête à une distance sécuritaire, par mesure de précaution. Je tends la main à mon tour, paume vers le ciel, et y fais apparaître quelques éclairs. Les filaments lumineux tourbillonnent sur ma peau, le long des lignes de ma main, puis convergent lentement vers le bout de mes doigts, en direction d’Evelyne. Je les ramène à moi, mais ressens leur envie de se rapprocher de cette fille.

– C’est quoi au juste, ton pouvoir? Une forme d’électrokinésie? Ou alors l’absorption d’énergie?

Mattheus me trouve soudainement bien bavarde. Les gens sont pudiques à propos de leur pouvoir. Je ne devrais pas poser une telle question à Evelyne, mais je ne peux m’en empêcher. Fini la méfiance, l’incertitude et la crainte, au diable la politesse et la pudeur. Il y a quelque chose chez cette fille qui bouleverse mon pouvoir et je dois savoir ce que c’est. Curiosité scientifique, dirons-nous.
  
MessageVen 24 Juin - 20:39
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Evelyne FraserNothing will be the same...
Cayan est habitué à provoquer diverses réactions sur son passage. Depuis la révélation, il n’a plus besoin de se faire discret. Apparaissant désormais au grand jour, il suscite soit la peur, la méfiance, la curiosité ou une volonté de se mesurer à lui pour les rares intrépides orgueilleux. À l’instar de sa deamonienne, il n’a pas pour habitude de jeter sa différence au visage des autres, il préfère adopter une approche plus diplomate. L’ours kermode a toujours été la moitié calme et réfléchie du duo. S’il s’était montré provocant, il n’aurait pas tardé à leur attirer des ennuis. Il y a assez d’Evelyne qui fonce tête baissée, il faut bien qu’il y en ait un des deux qui soit raisonnable. Inévitablement, Cayan a hérité de ce rôle. La jeune écossaise est peut-être une première de classe, mais elle n’en est pas moins fougueuse pour autant. L’ursidé a toujours préféré les traits d’esprit à la violence à laquelle sa corpulence le prédispose selon la croyance populaire.

La méfiance de l’autre duo ne le surprend guère. Quelques instants plus tôt, il a fait preuve de la même prudence. Il s’est rapidement détendu en remarquant qu’ils ne constituent aucune menace. Malgré son attitude inoffensive, ils continuent de le considérer avec circonspection. Cayan se demande par quoi ils ont passé pour développer une telle méfiance à l’égard des étrangers. Le daemon coule un regard vers Evelyne, celle-ci aurait très bien pus se refermer sur elle-même après l’expérience traumatisante avec Jonathan. Au contraire, après un temps d’adaptation elle s’est ouverte sur le monde, sans négliger de se protéger avec un caractère plus fort que nécessaire. Il ne porte aucun jugement sur le carcajou et sa daemonienne, à l’inverse il les comprend. Seulement, il trouve fascinant de voir que chacun réagit différemment aux aléas de la vie. Pour sa part, Cayan a préféré demeurer amical, même si parfois il est très conscient d’être naïf de présumer à la bonté de chacun.

La tension baisse lorsque les deux daemoniennes semblent reprendre le contrôle de leur pouvoir respectif. Il sent toujours que le don d’Evelyne est en ébullition, mais au moins elle arrive à le contenir. Au diapason des sensations de la jeune femme, Cayan est soulagé que les picotements se fassent moins intenses. Pas que cela soit douloureux, seulement l’impression d’avoir des fourmis dans tous ses membres était désagréable. Rassurée que l’atmosphère se détende, Evelyne se présente. Comme à son habitude, elle ne passe pas par quatre chemins. L’ours est accoutumé à cette honnêteté un peu brutale, il a le réflexe de la contrebalancer par son tact et son humour. Se faisant qualifier de doux gros balourd, Cayan est amusé par cette entrée en matière qui n’est pas si loin de la vérité. Ce n’est que pour la forme qu’il émet quelques objections, il ajoute par la même occasion qu’elle est la mégère de leur duo. L’ursidé est conscient que Evelyne cherche à détendre l’atmosphère, c’est pourquoi il se prête au jeu de bonne grâce. Le stratagème semble fonctionner puisque la deamonienne esquisse un sourire et sa moitié va même jusqu’à rire un peu.

Cette dernière se présente, sans étirer le discours plus loin que son prénom et celui de son daemon. Evelyne n’en fait pas mention, mais il semble que Kelly ait aussi des origines écossaises en regard de son nom de famille. Compte tenu de son accent, il est clair qu’elle n’a pas grandi en Écosse. Cayan est dévoré par la curiosité d’en savoir plus sur la provenance de l’autre duo, mais il se garde de les interroger davantage en raison de leur méfiance. D’ailleurs, sa moitié parait plus intriguée par les lies pour poser des questions malvenues. Le daemon ours demeure en retrait, alors que Kelly s’avance vers Evelyne en indiquant qu’elle avait vécu la même attraction mystique. La réserve semble avoir laissé place à la curiosité. À mesure que l’Électrokinésiste s’approche de sa daemonienne, l’ursidé perçoit l’agitation de l’énergie solaire contenue en celle-ci. Le daemon ressent à nouveau l’engourdissement agaçant, mais l’Écossaise ne bouge pas. Il ne semble pas y avoir de menace, c’est seulement deux éléments stimulés par leur proximité. Cayan retint un ricanement alors qu’il constate à quel point les deux femmes sont fascinées l’une par l’autre. Il a l’impression de voir les rouages de leur esprit scientifique tourner à plein régime.

Kelly tend sa main vers le ciel, faisant apparaitre des étincelles. Comme deux aimants attirés, celles-ci convergent vers Evelyne. Le plasma est conducteur d’électricité, il est normal qu’elles soient affriolées vers la daemonienne. Kelly contrôle sans mal leur fougue, témoignant de sa maitrise. Cayan se réjouit de cette démonstration. Evelyne peut enfin réaliser que son pouvoir n’est pas nécessairement une malédiction, qu’il est possible de le juguler. L’autre daemonienne lui demande de but en blanc quelle est sa capacité, tout en émettant ses hypothèses. La méfiance semble soudain avoir été jetée aux orties. L’ours kermode voit bien qu’ils ont affaire à un esprit scientifique qui veut absolument tout comprendre de ce phénomène intriguant.

Evelyne se tend en entendant la question, elle n’aime pas de parler de son pouvoir, du monstre comme elle l’appelle. Elle n’a jamais été d’une nature fermée, hormis à ce sujet elle fait preuve d’une certaine réserve.
- Détends-toi, souffle Cayan par télépathie. Elle est comme toi, tu n’as pas à avoir honte. Tu sais bien que le cacher ne te profitera pas à long terme. Tu as une occasion en or de rencontrer quelqu’un qui fait face aux mêmes dilemmes que toi.
- C’est seulement la surprise qui m’a figé, rétorque Evelyne.
- Je conçois que le sujet est rarement abordé de front par les inconnus, concède le daemon. Cependant, tu n'as aucun tabou à avoir à ce sujet. Ça fait parti de toi, comme le fait que je sois ta moitié.
Le désaccord d'Evelyne est palpable, mais elle ne poursuit pas le débat plus avant. Chacun est campé dans ses positions et refuse d'en bouger. L’Écossaise fixe quelques instants leurs mains tendues l’une vers l’autre. Il sait qu’elle prend simplement son temps. Évoquer son don est quelque chose qui vient la chercher dans ses derniers retranchements. L’unique sujet qui constitue un plus grand tabou pour Evelyne, c’est la relation destructrice qu’elle a eue durant son adolescence. Elle hoche la tête, un air déterminé au visage, sa daemonienne n’est pas quelqu’un qui fuit les sujets fâcheux. Elle n’a jamais montré son talent volontairement à qui que ce soit. Elle a brisé ce tabou quelques minutes plus tôt, faire preuve de pudeur serait ridicule. Elle se résigna de bonne grâce à fournir quelques explications à Kelly.
- C’est une forme d’absorption d’énergie, commença Evelyne. Je tire mon pouvoir des rayons solaires que j’imprègne et accumule. Je le transforme en plasma. Il semble que nos pouvoirs soient à la fois semblables et différents.
  
MessageMar 23 Aoû - 3:28
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♣ || Flamboyante Flamby
Mon cerveau tourne à toute vitesse, analysant les possibilités qui s’offrent à lui, calculant les solutions possibles afin de résoudre cette énigme insolite. Evelyne serait-elle comme moi ? Non. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer quelques compagnons électrokinésistes et ces souvenirs sont restés gravés dans ma mémoire. Auprès d’eux, j’avais l’impression de côtoyer mon propre reflet. L’énergie qu’ils dégageaient était si semblable à la mienne que j’avais parfois du mal à différencier de qui elle provenait. Ce que je ressens en présence d’Evelyne est différent, c’est une énergie plus enveloppante, plus impétueuse encore que l’électricité qui me court dans les veines. Peut-être est-ce dû au niveau de maîtrise de ma vis-à-vis. Je ne suis pas une experte en langage corporel, mais à la voir se crisper, comme prise au dépourvu, lorsque je lui demande de but en blanc quel est la nature de son pouvoir, j’ai l’impression que je viens sans le vouloir de m’aventurer dans une zone sensible. C’était prévisible, personne n’aime vraiment aborder un sujet aussi personnel que son pouvoir lors d’une première conversation avec une inconnue. Je reste néanmoins surprise de voir le changement drastique qui s’effectue dans le comportement d’Evelyne. Elle se referme comme une huître alors que quelques instants plus tôt, elle se chamaillait publiquement avec son daemon après avoir entamé les présentations. Il me faut un certain temps pour comprendre. C’est finalement Mattheus qui me met la puce à l’oreille en faisant rejaillir, dans un coin de mon esprit, quelques souvenirs d’une époque beaucoup moins jolie de mon existence. Evelyne a peur de la réponse que j’attends. Son pouvoir la terrifie. J’ai soudain une désagréable impression de déjà-vu.

Comprenant la délicatesse du sujet, je choisis de ne pas insister. Je devrais également me rétracter et assurer à Evelyne qu’elle n’est pas tenue de répondre, que ma question était indiscrète, mais je ne le fais pas. Aussi déplacée puisse être mon interrogation, je brûle tout de même de connaître la réponse, alors je ne dis rien, reste silencieusement plantée face à la blonde dans l’attente d’une quelconque réaction. Son expression change, un air déterminé s’affiche sur son visage alors qu’elle hoche la tête, juste avant de prendre la parole.

Je retiens un sourire satisfait en entendant ses explications. J’ai visé juste en supposant l’absorption d’énergie. Je l’écoute avec intérêt.

– De l’ionisation, dis-je, pensive.

Je lève le nez vers le ciel, où le soleil est toujours dissimulé derrière les nuages. Les morceaux du puzzle se mettent enfin en place. Je reporte mon regard sur Evelyne.

– Qu’est-ce que tu arrives à faire avec le plasma?

À mes côtés, Mattheus fait soudain un pas en avant et me donne un coup d’épaule dans les jambes.

– Mais avant, Kelly, pourquoi tu ne montres pas à Evelyne ce que tu sais faire de ton côté?

Je fixe le carcajou avec incompréhension. Il me rend mon regard et poursuit mentalement :

*Essaie de la mettre un minimum en confiance plutôt que de la bombarder de questions. Aux dernières nouvelles, une conversation ça se fait dans les deux sens.*

Je pince les lèvres, contrariée. Je n’ai jamais vraiment apprécié que mon daemon me fasse la morale de cette façon, en public qui plus est, mais il a raison. Dans ma curiosité, j’en oublie la personne devant moi, une personne qui ne semble pas du tout à l’aise avec le sujet de la conversation et que je questionne sans gêne. Je me racle la gorge.

– Euh oui, pardon je… je suis trop curieuse.

Mais je finirai tout de même par savoir. Ce n’est qu’une question de temps.

– Tu as probablement deviné que je suis électrokinésiste, j’ajoute avec un petit sourire.

Pour illustrer ma révélation, je tends une main en direction de l’un des arbres amochés qui brodent la clairière. Mattheus fait deux pas en arrière par précaution, n’étant pas immunisé contre l’électricité que je produis. J’appelle l’énergie qui bouillonne au creux de mon ventre et la libère sous la forme d’un long éclair qui tourbillonne le long de mon bras avant de s’échapper de mes doigts. L’arc électrique frappe de plein fouet le pauvre arbre, y laissant une nouvelle balafre fumante. Je remue les doigts pour chasser les picotements qui les envahissent, puis ferme la main et la ramène à moi. Je me tourne ensuite vers Evelyne avec un petit sourire.

– C’est vrai que nos pouvoirs se ressemblent beaucoup.

Après tout, le plasma est ce qui compose les éclairs. D’ailleurs, je me demande si…

*C’est une mauvaise idée.*
*Je sais. Et ça ne lui plaira probablement pas.*


Je fixe ma paume striée de marques rouges, puis relève le regard vers la blonde en tendant le bras dans le but de lui serrer la main.

– Tu… tu permets ?

J’ai conscience que je lui en demande beaucoup et que je prends également un gros risque en tentant de mettre en commun nos deux pouvoirs. Je ne suis même pas sûre de ce qui se passera si j’essaie seulement de toucher cette fille, mais j’ai déjà été frappée par la foudre et personne n’est mort – à part un arbre mais ça on s’en fiche. Franchement, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

*Pas mal de choses en fait.*

Mais quel rabat-joie ce carcajou.
  
MessageMar 22 Nov - 0:36
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Evelyne FraserNothing will be the same...
C’est comme me libérer d’un poids qui pèse sur mes épaules. C’est un sujet délicat pour moi, pourtant une fois que j’ai ouvert les vannes je ne peux plus m’arrêter. Dans ses prunelles, je pouvais voir une lueur de compréhension. Cela me faisait un grand bien de rencontrer qui saisissait sans que j’aie à me justifier de longues explications. L’intérêt que me témoigne Kelly me parait sincère. Elle a l’air assez satisfaite de mes réponses. Son regard se porte automatiquement sur le ciel encore nuageux. Je l’imitai afin de m’assurer que le soleil était toujours couvert. Rassérénée, je retourne mon attention vers la daemonienne. Mes explications semblaient stimuler sa curiosité insatiable. Elle ne passa pas par quatre chemins pour me demande ce que j’arrivais à faire avec le plasma. Cette question me prit légèrement de court. Je ne connaissais pas vraiment les limites de mon pouvoir étant donné que je ne l’avais utilisé qu’une seule fois et les conséquences ont été dramatiques. Je ne souhaitais pas vraiment replonger dans les méandres de ces souvenirs douloureux. Toutefois, cette lâcheté n’avait fait qu’accentuer mon ignorance concernant ce pouvoir. Je me retrouvais confronté à l’étendue de mon erreur puisque je ne connaissais pas les limites de mon don.

Le carcajou intervient, pressentant mon malaise, il proposa à sa daemonienne de faire une démonstration. Les deux échangèrent un regard, partageant assurément quelques télépathiques, car l’expression de Kelly se modifia. Elle semblait légèrement contrariée. Mal à l’aise, elle se racla la gorge avant de s’excuser de brusquerie. En réalité, je ne pouvais pas lui en vouloir, je me retrouvais souvent dans cette situation. J’avais le don de trop parler que ce soit une bonne ou une mauvaise chose. Au contraire, j’appréciais sa franchise, trouvant un point commun entre nous. Elle ne se répandit pas en d’interminables excuses comme d’autres auraient fait en pareille circonstance. Parfois, les trop longues excuses étaient plus blessantes que l’insulte elle-même. Elle enchaina en me confirmant qu’elle était électrokinésiste. Suivant la suggestion de son daemon, elle tendit la main vers un arbre décrépi. À mesure qu’elle se concentrait pour produire l’électricité, je percevais ma propre énergie contenue s’agiter. Le monstre bouillonnant ne demandait qu’à laisser libre cours à sa furie. Je sentais mon épiderme se hérisser en raison de la stimulation occasionnée par le surplus d’énergie familière. La vague de chaleur s’intensifia lorsque Kelly fit sa démonstration de ses pouvoirs.

Contrairement à Mattheus, je n’avais pas reculé, j’étais paralysé. Cette simple manifestation électrique menaçait de fissurer le faible contrôle que j’exerçais sur l’énergie solaire que je contenais. Je jouais avec le feu et l’autre daemonienne aussi. Je ne pouvais détacher mon regard de la balafre fumante laissée par l’éclair qu’avait lancé la jeune femme. Je ne pus me retenir d’admirer le contrôle de Kelly sur son pouvoir. Je n’osais imaginer le travail acharné qu’il avait fallu pour arriver à ce niveau de maitrise. Ce n’était pas ça qui me faisait peur. En réalité, ce qui me terrifiait c’était de me confronter à cette force impérieuse. Il fallait accepter son don et ne faire qu’un avec lui. J’étais très loin de cet état d’esprit, étant donné que je ne pouvais oublier les vies gâchées lorsque j’avais le contrôle. Serais-je vraiment prêt un jour où je devrai forcer les choses ?

Kelly se tourna vers moi, un sourire aux lèvres. Elle convint que nos pouvoirs se ressemblaient. Je la scrutai attentivement cherchant ce que mon interlocutrice avait en tête. Elle tendit soudain sa main vers moi dans l’intention évidente d’échanger une poignée de main. Son regard est empli de curiosité. Je fixe cette paume, incrédule. Qu’allait-il se passer ? Je n’avais jamais été confronté à une telle situation, donc je ne pouvais prévoir l’issue. La bête continua de s’agiter en moi, me faisant hésiter à participer à cette petite expérience.
- Je comprends ta crainte Evelyne, résonna la voix calme et rassurante de Cayan. Mais si tu ne fais rien, tu ne sauras jamais quelles sont tes véritables limites.
- Mais si c’est la goute qui fait déborder le vase, rétorquai-je en proie à la panique. Je ne veux pas que ça se reproduise.
C’était devenu une réaction viscérale dès que je sentais que je perdais le contrôle. Cayan soupira lorsqu’il constata que nous entrions dans la même sempiternelle impasse. Il comprenait mes hésitations, il savait combien ça avait été dur pour moi d’apprendre à vivre avec cette culpabilité qui me rongeait. Je la portais toujours, seulement avec les temps le fardeau devenait moins lourd à supporter. La situation était différente, cette fois c’était quelqu’un qui m’obligeait à faire face. J’avais la sensation d’être acculée au pied du mur.
- Je ne souhaite pas plus que toi que ça se reproduise, par contre tu dois regarder la situation en face, répliqua Cayan me coinçant à son tour au pied du mur. Tu as toujours pris le taureau par les cornes, sauf pour cela. Tu ne pourras pas fuir indéfiniment. Ce pouvoir fait partie de ce que tu es, que tu le veuilles ou non. Si tu continues à jouer l’autruche, les conséquences pourraient être bien pires.
- Jusqu’à maintenant une poignée de main ça n’a tué personne, plaisantais-je d’une voix hésitante.
- Tant que tu n’auras pas essayé de voir sa réaction à un contact avec elle, tu ne le sauras pas.
- Même si pour ça je dois semer la mort sur mon passage, répliquai-je d’un ton plus acerbe que je ne le souhaitais.
- Jusqu’à maintenant, tu n’as rien fait pour tenter de maitriser le « monstre », tu l’as laissé dicter ta vie comme une couarde, rétorqua ma moitié sur le même ton.
Je me raidis légèrement, ça ne ressemblait pas à mon daemon de se montrer aussi désagréable. Habituellement, il me faisait la leçon en plaisantant de sa voix pleine d’humour. Toutefois, ce n’était pas un sujet de taquinerie, il devait adopter une autre approche. Je ne pouvais m’empêcher d’être surprise, peu accoutumée à ce sérieux. Il prenait tout comme un grain de sel, passant maitre dans l’art de dédramatisant des situations parfois lourdes d’émotions. Je plongeai mon regard dans celui plus sombre de l’ours blond. Ses prunelles noires n’exprimaient aucun doute, seulement une douce patience et une confiance absolue en moi. Ma gorge se noua, alors que je me sentais indigne d’une telle confiance. Il avait raison en disant que j’avais laissé cette malédiction gérer ma vie. J’avais honte de ma propre peur, de ma lâcheté. Ce n’était pas la femme que je voulais être, après Jonathan je m’étais juré de ne plus me laisser guider par cette émotion insidieuse. Je n’étais plus cette Evelyne Fraser qui se laissait manipuler et contrôler par une autre volonté que la sienne. C’était l’occasion idéale de mettre en pratique ces résolutions que j’avais prises sept ans plus tôt.

J’inspirai doucement pour tenter d’endiguer la frayeur qui menaçait de me faire perdre la maitrise de l’énergie en ébullition. Je m’avançai tranquillement, guettant le moindre signe de perte de contrôle. Mon cœur battait à tout rompre au même rythme effréné que la force palpitante dans mon ventre. Les pulsations s’intensifiaient à mesure que nos mains se rapprochaient l’une de l’autre. Je sentais les bouffées de chaleur qui se faisaient plus violentes. Je luttais contre la force d’attraction qui voulait souder nos mains l’une à l’autre, jusqu’à ce qu’enfin nos paumes entrèrent en contact. Tout mon corps fut parcouru d’un engourdissement inconfortable. Stimulé par cette force similaire, je sentis le plasma se ruer à travers mes muscles tremblants. Ma peau commença à grésiller, signe que le plasma menaçait de se libérer de sa cage. Sans attendre, je retirai ma main. Je dus recourir à une certaine fermeté afin de séparer ma paume de celle de Kelly. Haletante, je m’éloignais légèrement pour m’assurer de ne pas perdre le contrôle. La peur au ventre, je m’efforçais d’endiguer l’énergie solaire en ébullition.
- Tout va bien Evelyne, tu es seulement un peu rouge, comme un petit rayon de soleil, me rassura Cayan la voix teintée d’amusement et d’une certaine fierté.
Je grimaçai, alors que les grésillements de mon épiderme se résorbaient trop lentement à mon gout. Ce n’était pas douloureux, mais ce n’était pas une sensation agréable. Je reprenais tranquillement un rythme respiratoire presque normal. Soudainement, je me souvins de la question de Kelly un peu plus tôt. Je n’y avais toujours pas répondu en raison de la démonstration d’électrokinésie de la daemonienne.
- Je n’arrive à presque rien faire avec le plasma, soupirais-je. Hormis transformer mon corps, comme tu as pus voir, ou produire des vagues meurtrières qui brulent tout sur leur passage. Je pourrais surement faire autre chose, mais je n’ai pas eu la chance d’apprendre à le contrôler adéquatement. Je n’ai jamais rencontré un daemonien qui pouvait réellement comprendre ce que ça représentait d’avoir un pouvoir comme le mien. Et toi comment as-tu appris à maitrise ton don ?
C’était à mon tour de poser les questions indiscrètes. Je n’étais pas plus réputée pour passer par quatre chemins. J’entendis le ricanement de Cayan dans ma tête.
- Finalement vous vous êtes bien trouvées toutes les deux.
HRP:
 
  
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