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Break free ♠ Jacinth Priest

 
  
MessageSam 21 Mai - 23:07
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Jacinth Priest



Rêveuse, Jacinth a longtemps préféré les couleurs vives de ses songeries aux murs ternes des bâtisses sans saveur dans lesquelles son frère la tenait enfermée, et ce n'est pas sa fascination pour le monde qu'elle découvre depuis son arrivée à Merkeley qui lui fera oublier sa nature profonde.  Dotée d'une créativité hors-norme, la jeune femme aime écrire plus que se plonger dans les livres, peindre plutôt que se rendre dans ces expositions silencieuses que sa mère affectionnait tant, chanter, danser au lieu de s'extasier vainement un écran de télévision.

Tempétueuse, susceptible, Jacinth est une femme-enfant un peu étrange, aux réactions souvent incompréhensibles. Il est clair que la demoiselle vit dans un monde qui n’appartient qu'à elle et à son cher Daghir, et son honneteté absolue, donc dérangeante, a tendance à mettre mal à l'aise les quelques personnes qui ne prennent pas peur à la vue de son daemon.

Longtemps livrée à elle même, la jeune femme est très tôt devenue quasi indépendante, et ne saisi pas tout à fait comment aimer les autres êtres humains, qu'ils soient deamoniens ou non. Tous lui apparaissent comme une espèce étrangère à la sienne,  un sujet d'étude passionnant, auquel, toutefois, elle ne peut se mêler tout à fait.
Imprévisible et solitaire, vive, douce mais spontanée, Jacinth est une grande optimiste, une femme heureuse qui n'a jamais perdu espoir, une courageuse, une passionnée, une inadaptée.

Tout l'amour qu'elle porte en elle, elle l'offre aux reptiles, dont elle a longtemps entendu les voix avant d’être en mesure de leur répondre, grâce à son don, ce don qu'elle chéri, et qui, pourtant, fut pourtant à l'origine de toutes ses disgrâces...
Si ce Dieu qu'adore sa mère et Indigo, son frère existait pour de bon, pourquoi aurait-t-il maudit ces petites créatures qu'elle-même affectionne tant? Pourquoi l'aurait-on isolée comme un monstre repoussant qu'il vaudrait mieux mépriser sous prétexte qu'elle offrait un peu trop d'amour à des animaux qui n'en recevaient jamais? Pourquoi leur condition de daemoniens aurait-elle poussé Indigo à se haïr, à la haïr, et à se montrer cruel envers la jeune Anna, qu'il aime pourtant à sa manière?
Élevée dans une religion dont elle n'a jamais accepté les interdits, Jacinth ne sait que penser de ce Dieu qui au lieu de la protéger, lui a volé une partie de sa vie. Pourtant elle ne peut tout à fait se résoudre à accorder son avis à celui d'Anna, et à se persuader que la religion n'est rien de plus, au fond, qu'une vaste mascarade.
Alors, dans ses instants de doute, il lui arrive de prier, sous l'oeil défiant de Daghir, en cachette, car elle sait très bien qu'Indigo ne manquerait pas de lui hurleait que son lien particulier avec les serpents ne la rend pas digne de s'adresser à cet être, et que la belle Anna se moquerait de sa foi insensée.


Dev Nerd Girl - RPG Stuff

« Finalement je n'aime pas la sagesse. Elle imite trop la mort. Je préfère la folie - pas celle que l'on subit, mais celle avec laquelle on danse. »

Nom et Prénom :  Jacinth Priest.
Enfant illégitime issue d'une longue liaison entre une anglaise désoeuvrée et un prêtre italien, la demoiselle, tout comme son grand frère, porte le nom de sa mère.
Âge : 23 ans
Lieu de naissance : Bologne, Italie, 2 juin 1993
Groupe : Résidents permanents
Étude ou Métier : Documentaliste

Pouvoir :
Communication avec les reptiles

Tout à commencé par ces voix qui résonnaient par dizaine dans sa tête lorsque, enfant, elle s'amusait avec Indigo dans cette nature qu'ils adoraient tant. Elle ne manqua pas d'en informer le jeune garçon, et, enthousiastes, ils se persuadèrent, quelques temps, que Jacinth pouvait comprendre le chant des oiseaux.
Tout au long de son enfance, cette illusion se prolongea, plus ou moins efficacement. Il arrivait à la demoiselle de percevoir parfaitement ces voix émanant du sol, et ce qu'elles détaillaient n'avait rien en commun avec les gazouillis étourdis des oiseaux. Pourtant, il suffisait qu'Indigo lui garantisse qu'il s'agissait bien de cela pour qu'elle replonge dans cette douce rêverie.
C'était sans compter sur l'évolution de son don, et l'absence de celui de son frère. Persuasion. Le garçon découvrait avec fascination que chacun de ses mensonges était cru s'il utilisait cet étrange pouvoir qu'il sentait lentement grandir en lui. Désirant sauver sa petite soeur du pécher et de la malveillance maternelle, il s'est employé, pendant près de trois ans, à la persuader que ce qu'elle entendait était autrement plus poétique que la voix sifflante des reptiles.

Mais quelques jours après son douzième anniversaire, la petite Jacinth parvint à localiser une voix, et Daghir à attraper le petit serpent qui se lamentait d'avoir laissé échapper son dîner. La petite fille fut alors en mesure d'échanger avec l'animal quelques paroles balbutiantes.
Dès lors, Jacinth prit pleinement consciente de son don, qui ne manqua pas d'horrifier sa mère, profondément croyante, puis, plus tardivement, d'attirer sur elle la haine de son frère, qui abusa de son autorité et de son don pour la tenir loin du monde, notamment lorsque Daghir se stabilisa sous la forme d'un Python Royal.

Depuis ce jour, les capacités de communication de Jacinth ont lentement progressé, et elle est aujourd'hui capable d'isoler une voix et de communiquer psychiquement avec l'animal, de percevoir ses pensées, et de lui répondre par la pensée. Ces derniers temps, Jacinth tente, sur l'idée de Daghir, d'influencer ces reptiles, de leur donner des ordres, via des tentatives peu fructueuses pour le moment. Mais qui sait ce que lui réserve l'avenir?



Daghir


Python Royal

Très jeune déjà, Daghir appréciait prendre la forme d'un serpent, et après avoir vécu dans la peau des plus petits comme des plus gros, il fut bien heureux de se stabiliser en prenant celle d'un Python Royal. Ses un mètre vingt de long lui permettent de suivre Jacinth partout sans encombres, tout en demeurant assez impressionnant pour que la majorité des autres daemons le laissent en paix.
Cette paix, Daghir y est très attaché. C'est un daemon qui préférera toujours faire preuve de gentillesse, mais pourra se montrer menaçant s'il est vexé ou déçu. Le serpent est en effet sujet à l’extrême susceptibilité, trait de caractère duquel a Jacinth se moque allègrement.

Naïf et sensible dans son enfance, Daghir est aujourd'hui d'une grande prudence, sans pour autant en devenir craintif. Profondément rancunier, il ne pardonne jamais tout à fait, ce qui est un sujet de désaccord entre lui et Jacinth, qui s'agace de son incapacité à aller de l'avant. Le daemon, quant à lui, ne saisi pas l’intérêt de rester aimable avec des gens qui semblent incapables de se montrer corrects avec autrui. Globalement, il ne comprends pas vraiment quel est l’intérêt de se lier aux autres. Contrairement à Jacinth, il n'a pas trop mal vécu leur isolement, mais la tristesse de la jeune femme l'a heurté plus d'une fois, d'où sa rancoeur immense envers Indigo et Tahdia, son daemon qui jamais n'est parvenue à tempérer son humain, alors même qu'il la considérait comme un modèle avant ces événements.

Daghir est gourmand. Très gourmand, trop gourmand, ce qui pour un serpent, tend à poser problème au vu de sa digestion très lente. A cela s'ajoute sa jalousie. Mais il faut le comprendre! Jacinth communique régulièrement avec tous ces imbéciles de reptiles qui ne sont même pas des daemons, et lui ne peut que suivre leurs échanges en s'agaçant de voir la daemonnienne accorder à ces animaux l'affection qui lui revient de droit.  Et oui, Daghir est possessif, un brin capricieux, et surtout, complètement fou de Jacinth. Ils partagent depuis toujours cet amour absolu pour l'imaginaire, à la différence que de la réalité, le daemon, s'en fiche profondément. Peu lui importe de faire bonne figure, ou de bien s'entendre avec les autres daemons, du moment que lui et Jacinth demeurent en harmonie. Mais il arrive, bien souvent, qu'il se laisse amadouer par de la bonté qu'il perçoit, à la volée chez un être humain ou un daemon, et se montre au final d'une douceur surprenante. Daghir est en effet très doué pour entrevoir l'essence profonde des autres, bien plus que Jacinth, qui, pourtant, ne se fie toujours pas à ses analyses lorsqu'elles contredisent les siennes...

Daghir a également tendance à surjouer son étrangeté, ou à se montrer désagréable avec les quelques personnes que Jacinth semble apprécier, de peur qu'elles ne prennent trop de place de son coeur, et finissent par accaparer son amour.
Mais qu'ils ne s'inquiète pas, leur binôme a rarement été si parfait que depuis qu'ils ont retrouvé la liberté.






My story is a long story...


5 juin 1993
Ses longs cheveux noirs rassemblés en un chignon un peu trop lâche pour être parfaitement sage, Amalia Priest ravala l'angoisse qui lentement, s’immisçait en elle, et frappa chez cet homme qui l'avait perdue.
Trois coups secs. 
Pas de réponse.
D'ici elle pouvait percevoir la tic tac agaçant de la lourde horloge, et la respiration sifflante de son amant, qui, soudain, se suspendit. 
L'imbécile savait. Le petit cadeau qu'elle lui apportait, le fruit de leurs ébats miséreux, un second enfant dont elle devrait bien dissimuler les origines.
Et qui, une nouvelle fois, la ferait passer pour cette pauvre femme succombant bien trop souvent aux charmes d'inconnus, cette maîtresse qu'on adore pour la nuit, puis que l'on abandonne vulgairement au matin, grosse de gamins un peu trop étrange pour être ignorés.
Elle jeta un coup d'oeil rapide au petit être qui sommeillait entre ses bras, partagée qu'elle était entre le dégoût le plus profond, et l'attendrissement devant les paupières obstinément closes de sa fille, née la semaine passée.

«Je sais que tu es là! Ouvre. Immédiatement! Elle... elle a le même problème que son frère, il faut que tu m'aides...»

Une punition divine, ni plus, ni moins, Amalia en était certaine. Elle qui avait durant plus de quatre ans partagé son lit avec un homme d'Eglise était tombée enceinte à deux reprise, donnant successivement naissance à un petit garçon et à une petite fille, tout deux frappés d'une malédiction bien singulière, à laquelle elle ne comprenait rien.
N'osant plus se tourner vers Dieu, de peur qu'il se moque d'elle et de ses terreurs voilées,  ni vers sa famille, la méprisant cordialement à cause de ses grossesses hors mariage,  Amalia espérait toujours que l'homme qu'elle avait aimé saurait l'éclairer quant au desseins divins, et comprendre pourquoi elle avait accouché de monstres.

«Massimo...»

N'y tenant  plus, elle tambourina, de longues échardes de bois s'imprégnant dans sa chair moite, tandis que les sanglots s'échappaient de ses yeux, perles translucides habillant ses cils de la parure douce du chagrin.
Elle se laissa tomber à terre, ajustant sa robe longue, et émit un gémissement de colère lorsque, enfin, Massimo daigna lui ouvrir la porte.
Homme sombre, à la beauté austère, le prêtre portait sur son visage un air tourmenté qui jamais ne le quittait tout à fait. Ses yeux clairs fixèrent brièvement le ciel, comme implorant silencieusement un pardon dont il ne verrait jamais la couleur, il attrapa le bras de sa compagne, et la mena à l'intérieur de la maison.

Recroquevillée dans le canapé, la jeune femme tressailli en apercevant une grande araignée noire suspendue à quelques centimètres de son visage. 
En temps normal, elle aurait poussé un hurlement, et tenté de mettre fin à la courte vie de la malheureuse, mais ce jour là, elle se contenta d'observer l'animal avec une anxiété qui n'avait pas grand chose à voir avec une quelconque peur des araignées. Celle-ci avait quelque chose de plus, menaçant, pernicieux , et alors que Massimo s'activait à lui préparer de quoi se désaltérer, elle demeura face à l'animal, en proie à un malaise d'autant plus intense que celui-ci ne faisait pas mine de bouger, se complaisant dans cette immobilité inquiétante.
Ce n'était pas la première fois qu'Amalia apercevait cette espèce inconnue chez son amant, et chacune de ces rencontres la perturbaient profondément. Massimo se contentait de les chasser, sans jamais les tuer, les protégeant un peu trop à son goût. Un jour, elle en avait aperçu une  sur son épaule,  et alors qu'elle s’apprêtait à le lui signaler, elle l'avait vu échanger un regard, oui échanger un regard avec l'animal, avant de le prendre délicatement entre ses mains pour le poser au sol. 
Persuadée de devenir folle, Amalia ne lui en avait jamais touché un mot, et s'était contenté d'enfouir  cet épisode au plus profond de sa mémoire. Pourtant, il lui semblait à l'instant qu'il s'agissait exactement de la même araignée, et qu'un détail important lui échappait. Réalisant soudain ce qui lui soufflait ce puissant sentiment de malaise, elle gémit: 

«Massimo.... Il y a une araignée qui me fixe depuis plus de cinq minutes.»

Et aussitôt, l'animal remonta le long de sa toile, s'effaçant dans l'obscurité.
Massimo la rejoint, les bras chargé d'un lourd plateau d'argent, sourcils froncés.

«Tu deviens folle ma pauvre Amalia. Il n'y a pas d'araignée ici, et tu sais très bien que ces bestioles ne sont pas suffisamment conscientes pour apprécier ta beauté.»

Il prit place à côté d'elle, faisant mine de la serrer entre ses bras. Vaguement écœurée par ce contact, elle le repoussa sans ménagement.

«Je ne suis pas venu ici pour t'entendre me complimenter Massimo. Mais pour comprendre. Regarde là, elle est née avec aussi...»

Elle désignait, la main agitée de tremblements le berceau de sa petite Jacinth, berceau qu'elle partageait avec un tout petit chat.

«C'était un lézard quand elle est née! Et puis il a changé d'apparence, encore plus vite que celui d'Indigo.»

Des relents d'hystérie abîmait la clarté de sa voix un peu trop haut perché. 

«C'est une malédiction. Nos enfants sont punis parce que tu n'avais pas le droit, enfin nous n'avions pas le droit. Et maintenant ils traînent avec eux cette... cette chose dont on ne sait même pas si elle leur veut du bien ou non!»

Massimo observa le chaton, avec une fascination non dissimulée, le visage éclairé par un sentiment qu'Amalia ne parvint pas à définir. Rien de comparable, en tout cas, à son propre désarroi.
Comme elle aurait voulu gifler cet imbécile à la figure béate devant la monstruosité, écraser son poing sur le mince sourire de ce mauvais croyant. N'était-ce pas lui, après tout, qui l'avait entraînée dans ces perversions alors qu'elle se trouvait faible, jeune et manipulable n'était-ce pas lui le coupable de tous ses maux, le père absent, indigne, qui avait attiré la malédiction sur leurs enfants?
Et voilà qu'il tend la main pour caresser le visage de son bébé, cette gamine qu'il ne reverra sans doute jamais, misérable, mais beau, si beau dans la laideur de sa nature profonde. 
C'est l'instant que le petit chat choisit pour se changer en un serpent qui darde sur l'intru ses yeux mordorés, scintillants d'une humanité terrifiante.
Massimo retire sa main, comme brûlé vif, sa figure devient un masque fermé, et sa voix, tranchante, détruit les quelques espoirs qui résident encore dans l'esprit de la belle Amalia

«Sors. Sors cette gamine et son affreux daemon de la maison. Immédiatement.»

Daemon? Aurait-il voulu dire démon? 
Amalia a la tête lourde lorsqu'elle se lève, l'esprit pesant dans l'arrière de son crâne comme un fardeau bien inutile. Incapable d'aligner deux pensées cohérente, la jeune femme se lève, profondément déboussolée, serrant son enfant entre ses bras. Le pas hésitant, elle avance, croyant apercevoir l'araignée affreuse descendre lentement le long de sa toile et jeter sur elle un regard moqueur tandis que Massimo la contemple avec un dégoût non dissimulé.
Salaud.
Et avant qu'elle n'ai pu esquisser le moindre mot, la porte se referme sur elle, la vie aussi.


22 juillet 2001
Elle percevait les murmures, qui lentement, glissaient jusqu'à elle, semblant se mouvoir avec une apathie saisissante.
Jacinth n'a que huit ans, et pour la troisième fois, les voix parviennent à son esprit d'enfant. Parlant de la tiédeur du soleil contre la peau, de la cacophonie causée par les pas mal assurés de deux lourdes créatures se promenant sur le territoire, de la terreur, parfois, de l'envie de dévorer, de tuer, d'une traque sans remords, puis de l'apaisement d'avaler sa proie, sans pitié aucune. Des menaces  etouffées faîtes à des camarades, des agressions, et toutes sortes de sensations, instantanément proclamées à voix basse...

«Jacinth, relève toi, ton frère arrive!»

Daghir, petite hirondelle sur son épaule frêle, chargée de faire le guet s'agite, anxieux, tandis que sa moitié cesse brusquement de suivre une voix qu'elle vient de parvenir, à grande peine, à isoler.
Époussetant sa robe bleue sombre, elle offre au nouveau venu un sourire lumineux d'innocence. Indigo a douze ans, mais porte déjà sur ses épaules une masse insoupçonné de soucis d'adulte. Ses yeux clairs la dévisagent avec soupçon, et Tadhia, son daëmon, jette sur eux un regard froid, s'accordant parfaitement avec la blancheur éclatante de sa fourrure de renard polaire.
Avec angoisse, Daghir observe le coup d'oeil appuyé qu'elle échange avec Indigo. Jacinth, pourtant vive d'esprit, continue de peindre sa figure d'un air mi-candide mi-hébété, idée qu'elle doit sans doute se faire de la pureté, mais qui aux yeux de son daëmon, l'habille surtout de stupidité.

«Qu'est-ce que tu faisais?»

Daghir et Jacinth tressaillent à l'unisson, troublés par le ton glaçial du jeune garçon, pourtant si tendre à l'accoutumé.

«Ils écoutaient sans doute les oiseaux...»

Talhia use d'un ton fausssement jovial, tranchant dangereusement avec la glace de son regard.
Indigo oscille, sourire crispé aux lèvres, en proie à un doute, un malaise certain. Nous y voilà, songea Jacinth, toujours le même mensonge: les voix sont celles des oiseaux. Comme si les gazouillis furieux de ces bestioles pouvaient être aussi fascinants que ceux qui émanent du sol. Chaque fois, elle se laisse convaincre, puis, dans les jours suivants, lorsqu'elle parvient à échapper à la vigilance de son aîné et s'enfuit parcourir leur grand jardin, tout à son exploration joyeuse de cet extérieur dont elle se trouvait trop souvent privée. 
Il y a quelques années, son frère l'accompagnait pendant que mère dormait, dormait tout le jour, comme toujours.
Le souvenir des dernières caresses de cette inconnue s'éteint lentement dans la mémoire imparfaite de sa fille. Difficile d'aimer un spectre. Et pourtant Indigo continue à s'occuper d'elle, dans l'impuissance de son jeune âge, une parfaite perte de temps. Il ferait mieux de venir courir dans les champs avec elle, et, par la même occasion, d'abandonner cette peste de Tahdia. 

Indigo s'approche, lui caressant l'épaule de ses doigts fins. L'enfant frissonne. Quelque chose dans ce contact sonne le faux, il ne s'agit nullement d'un simple geste d'affection.

«Jacinth. Pourquoi regarder vers le sol pour suivre les oiseaux? C'est comme si tu regardais vers l'Enfer pour honorer Dieu.»

Malgré les supplications de Daghir pour qu'elle se taise, Jacinth relève la tête, fixant son regard océan dans celui de son aîné.

«Je sais, mais Indigo, ce ne sont pas des oiseaux, les oiseaux ne rampent pas, les oiseaux ne tuent pas ...»

Son frère éclate d'un grand rire, mais les yeux de Talhia en disent long sur ce qu'elle pense des paroles de la petite fille.
Il saisit le jeune visage entre ses deux mains, pose un baiser sur son front, et, la fixant avec une intensité peu commune, murmurre

«Bien sûr que si! Ils tuent des ver de terre, des insectes, voire de petits animaux pour les plus grands! 
Donc n'en doute jamais Jacinth, tu as un don fantastique, tu perçois les paroles des oiseaux.»

Et soudain, tout est clair dans son esprit, bien sûr qu'il s'agit du chant des oiseaux, comment pourrait-elle en douter?
Sur le chemin de retour vers la maison résonnent à ses oreilles la clameur douceâtre du ballet de mort que danse les animaux volants, posés sur le sol, en quête de soleil et de nourriture.


10 septembre 2008
Jacinth a 15 ans,  et marche de long en large dans la petite chambre, accablant l'espace de sa présence agacée. Ses longues mèches brunes volent furieusement autour de son visage poupin, tandis qu'elle s'arrête tout net, adossée à sa fenêtre.

«Regarde, elle, il ne l'enferme pas. Elle a le bon don, cette gosse.»

Daghir s'arrache à ses réflexions, et, timidement, grimpe sur l'épaule de Jacinth, observant le spectacle qu'elle désigne. Dehors, à l'abri des regards, Indigo se tient en la compagnie d'Anna, une jeune daëmonnienne de 13 ans. Blonde aux yeux azurés, elle porte déjà sur son visage les promesses d'une grande beauté à venir, et son daëmon, dont il a oublié le nom paresse au soleil sous la forme d'un tigre blanc. 

«Quels idiots. Il faut soi disant être discrets, et ils laissent ce daëmon prendre cette forme. Mademoiselle sait geler des étangs, voilà qui est formidable. Bien mieux que de comprendre les paroles des reptiles. Moi il me cache, elle, il en prend soin, pourquoi?» 

Daghir n'a pas l'habitude de voir Jacinth en colère, cette émotion envahissante dont il l'espérait épargnée. Difficile à décoder. Sous la rage apparente se dissimule un profond désespoir, une tristesse qui le blesse plus profondément encore que l'abandon de Tahdia. Pourquoi être triste, alors qu'ils sont ensemble? Ne suffit-il pas à faire son bonheur? Pourquoi désirer côtoyer les autres, quand leurs intentions sont toujours mauvaises? Pourquoi s'exposer à tous ces humains sans âme, aux yeux de qui il doit constamment se dissimuler?
Certes, Indigo a contrait Jacinth à suivre des cours par correspondance, mais n'est-ce pas mieux ainsi? Après tout, elle n'a jamais vraiment été à l'aise avec les autres...
Quant aux reptiles, à l'extérieur, peu importe! Lui-même pouvait devenir chacun d'entre eux à volonté, quelle idée, dès lors, de s’intéresser à de simples animaux.


03 décembre 2010
«-Ce n'est pas la fin du monde....
-Non, juste celle de ma vie.»

Jacinth tête entre les mains, s'efforca de ne pas sangloter devant Anna, la belle Anna, la si forte Anna, l'adorée d'Indigo, de Daghir, de tout le monde, et même, dans une moindre mesure, d'elle même. La blonde émit un soupir, esquissa un geste pour prendre son amie dans ses bras, se ressaisi, puis lâcha, agacée

«Arrête de tout dramatiser. Tu t'y attendais non? Je crois même que tu l'espérais. Si ton daëmon s'était stabilisé sous la forme d'un oiseau ou d'un rongeur, tu n'aurais pas été aussi heureuse. Tout ce qui te déranges, c'est l'idée qu'Indigo devienne encore plus dur avec toi. Sauf qu'il faut le comprendre, pour lui tu es...maudites, en quelques sortes, même votre mère le lui a toujours dis.»

Le coeur de Jacinth manqua de s'arrêter, et une douleur vive la percuta de plein fouet. Voilà ce qu'elle était, aux yeux de sa propre famille, une fille maudite? Indigo et son don de persuasion avaient tenté de l'éloigner des reptiles, mais avec le temps,  la foi de son frère ayant pris le dessus, l'amour et la compassion qu'il lui offrait avait été grossièrement remplacés par un mépris douloureux. Persuadé que ses liens avec les serpents feraient d'elle une adoratrice  du mal, il l'empêchait la majorité du temps de sortir afin de "préserver son intégrité morale" selon ses propres termes. 
Un bel hypocrite lorsqu'on savait ce qu'il avait coutume de faire avec la si jolie Anna, pourtant de six ans sa cadette.
Cette fille trop terre à terre pour apprécier la beauté de l'extérieur, trop froide, trop dure pour agacer son frère, qui l'admirait comme un idiot. 
Et maintenant Anna lui annonçait qu'aux yeux de tous, et de sa propre mère, elle n'était que l'incarnation des pêchers des autres, une punition divine. Tellement facile de se décharger de ses responsabilités devant Dieu en rejetant la faute sur elle.

«Au moins nous sommes deux à être rejetées par nos familles.»

Vague sourire aux lèvres, regard perdu par dessus l'épaule de son interlocutrice, une part de Jacinth regretta immédiatement ses paroles, devant l'air blessé d'Anna. A trop jouer les reines de glace, ma douce,  on en oublie que de simples mots sont aussi capables de te briser.

«Sans méchanceté Anna. Je sais très bien pourquoi tu passes autant de temps chez nous. Certains humains n'apprécient pas beaucoup de voir leur petite princesse naître avec un petit animal à ses côtés.» 

Le visage fermé de la blonde n'augurait rien de bon. Une vague pitié envahi Jacinth. Elle était si peu douée pour parler aux autres. 

«Anna... Je suis désolée...»

Mais Anna se leva, relevant ses longs cheveux d'or exhalant d'un parfum entêtant, adressa à Jacinth un salut froid, et quitta la pièce de sa démarche aérienne. 
Le claquement de la porte résonna longuement dans l'esprit de la brune. Attristée, elle s'abandonna à la lourde étreinte de Daghir. Le serpent eu la sagesse de ne pas formuler tous les reproches qu'il brûlait de lui jeter à la figure, mais ses prunelles brun or trahissaient à la fois son incompréhension et sa peine, non sans un soupçon de culpabilité.

Lorsque Indigo s'apercevrait que la daëmon s'était stabilisé sous la forme d'un python royal, leur liberté deviendrait encore plus restreinte qu'elle ne l'était déjà. Quant à l'amour de son aîné, Jacinth pouvait l'oublier définitivement.
Ce serait la haine, et ses yeux malveillants qui la surveilleraient désormais au lieu des siens.


01 août 2011
Allongée entre ces murs sans couleurs qui la maintenaient prisonnière, Jacinth était occupée à inventer foule d'histoire improbable avec Daghir, lorsque de violents éclats de voix attirèrent son attention. Sa mère. Son frère. Deux noms hurlés par la femme, hystérique. Jacinth. Anna.
Et Indigo... Sa voix tranchante clamait des paroles incompréhensibles. Puis, le silence. Jacinth échangea un regard avec Daghir. Tout deux savaient pertinemment ce qui venait de se passer. Sa mère avait eu un instant de lucidité, et son frère avait, comme toujours, usé de son don de persuasion pour lui remettre les idées en place. Plus le temps passait, plus la demoiselle soupçonnait ce don d'être plus dangereux qu'en apparence, d'altérer peu à peu l'esprit de ceux sur qui on en abusait. La question demeurant étant la suivante: si Indigo la méprisait absolument, pourquoi ne pas avoir usé et abusé de ce don sur elle?  Tout aurait été si simple pour lui...

Des pas lourd la firent sursauter. Sa porte étant fermée à clef depuis la stabilisation de Daghir, elle entendit cliqueter la serrure, et son frère, qu'elle n'avait pas vu depuis plus d'un an (Anna se chargeant de lui apporter ses repas, sans dire un mot) apparu dans l'embrasure.
Il resta un instant figé, Tadhia, son grand oiseau de proie perchée sur un poutre basse, avant de tirer une chaise de bois et d'y prendre place.
Surtout, ne pas les laisser nous toucher.
Les yeux clairs du jeune homme la dévisagèrent avec attention, et soutenant son regard, Jacinth se surprit à apprécier sa beauté. Quel couple merveilleux ils feraient avec Anna, songea-t-elle avec ironie, le roi et la reine de glace, harnachés, l'un et l'autre à leur incapacité à sourire.
Elle aurait bien voulu faire preuve d'ironie, se moquer, se montrer forte, mais seule la lassitude l'animait encore, si bien que l'oeil eteint, elle se contenta d'attendre qu'il ouvre les hostilités.

«Les médias viennent de révéler notre existence.» 

Jacinth cligna des yeux, trois fois, égaré dans son incapacité à comprendre. Pourquoi les médias s'intéresseraient à elle, Indigo et Anna? Et comment auraient-ils su?

«Nous ne sommes pas seuls. Il y en a d'autres Jacinth. Des milliers. Ce qui signifie...»

Il arpentait désormais la pièce de long en large, dissimulant mal son excitation.

«...que nous ne sommes  pas réellement maudits!»

Alors, pour la première fois depuis de longues années, Indigo Priest la regarda comme ce qu'elle était, sa petite soeur, et non plus une étrangère à nourrir à contrecoeur. Mais dans ses paroles résonnaient bien plus qu'une muette demande de pardon. S'y logeait un soulagement inouï, l'espoir, la certitude de ne pas être un personnage contre-nature. Lui aussi avait souffert durant toutes ces années, se haïssant, se condamant chaque jour.
Pourtant Jacinth ne parvenait pas à éprouver la moindre pitié pour cet homme de son sang. Un an qu'il la maintenait enfermée à double tour, un an sans la moindre nouvelle, un an d'ignorance, des années de mépris, et voilà qu'il se présentait à elle, comme s'il avait simplement commis une minuscule erreur sans conséquences? 
Non Indigo, tu tiendras toujours le rôle du méchant dans mes histoires.

«Tu te trompes.»

La voix mélodieuse de Tahdia vint se ficher dans la chair de Jacinth, comme un poignard mal taillé.
Avec plaisir, la brune remarqua malgré tout le signe imperceptible d'agacement de son frère. 

«Et pourquoi?» 

D'un battement d'ailes, elle vint se poser sur le lit de Jacinth, la brûlant de son regard de glace. A la grande surprise de l'humaine, Daghir se dressa de toute sa hauteur entre eux, sifflant d'un air menaçant.
L'oiseau le dévisagea d'un air méprisant, avant de susurrer:

«Précisément pour ça Indigo. Ce n'est pas un hasard si Daghir est un serpent. Ils ne sont pas aimés de Dieu, et ne l'aiment pas non plus.» 

La douleur de Daghir la heurta avec violence. Le regard indécis de son frère aussi. Il décida de chasser ces questions d'un geste de la main.

«Il va falloir partir.  Certaines personnes ont déjà fait le lien, se rappelant de toi petite, ou de cet oiseau de proie qui me suit partout où je vais. Prépare tes affaires, nous partons dans trois heures. Anna, toi, et moi.»

Il lui jeta un dernière regard inquièt avant de s'eclipser, son oiseau de malheur sur les talons, et dès que la porte fut claquée, Jacinth laissa un hurlement de joie. Libre. Elle allait être enfin libre.


Actuellement
Les années suivantes, pourtant, ne lui apportèrent pas pleine satisfaction. Pendant près d'un an et demi, tout trois connurent une dizaine de villes, de logements différents. La présence constante de Tadhia et sa capacité à recadrer Indigo dès l'instant où celui-ci se montrait un peu trop aimable participèrent grandement à rendre cette errance bien difficile. Le terre à terre d'Anna, contrastant follement avec sa propre fantaisie achevait de l'attrister. Mais au moins, ils étaient presque libres. Enfermés dans la surveillance attentive d'Indigo et de Tadhia, mais libres de se mouvoir, libres de sentir le vent glisser sur leurs peaux, et le soleil dorer peu à peu celle de Jacinth, libres d'écouter les voix des reptiles, d'apprendre à leur répondre, libres de penser, d'imaginer, autre chose que quatre murs.
Leur arrivée à Merkeley fut d'abord un brutal retour à la réalité pour la daëmonienne. Enterrée à nouveau dans un appartement alors qu'Indigo travaillait et qu'Anna entamait ses études, elle se trouvait désormais bien à l'étroit dans cet immeuble envahi par la froideur de son frère et de son implacable Tadhia, cruels même parfois avec la belle Anna.
D'abord méfiants, ils acceptèrent ensuite de se faire rescencer, peu désireux de quitter cet asile qu'ils avaient tant peiné à trouver.
Grâce à une formation par correspondance, Jacinth travaille depuis peu au poste de documentaliste pour Lindwuen University. Un emploi qui paraît bien difficile à Daghir, et qui ne comble pas particulièrement la demoiselle, mais après tout, cet argent est la condition pour qu'un jour, elle puisse quitter le joug d'Indigo. 
Se libérer.


Qui es-tu réellement ?

Pseudo/Prénom : Naw
Âge : 18 ans
Double Compte : Non
Activité sur le forum : 4
Avatar : Emilia Clarke
Comment as-tu connu le forum ? Je l'avais repéré il y a un peu plus d'un an, mais je manquais de temps  
En revanche, lorsque je suis retombée dessus il y a quelques jours, j'ai immédiatement craqué  
Un commentaire ? Un avis ? Une suggestion ? Le concept est juste parfait  
Et si je te demande le code du règlement ?   Ok par Flamby
  
MessageSam 21 Mai - 23:48
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Date d'inscription : 24/11/2014Nombre de messages : 1385Nombre de RP : 138Âge réel : 22Copyright : WILD HEART / Erwan (pour Lewis) / Eriam (pour l'aesthetic)Avatar daëmon :
Tessa B. O'CahanMODO• Nothing will be the same...
Bienvenue et bon courage pour ta fiche La célébrité, le pseudo (parce que ça gère de s'appeler Priest), le don, le daëmon J'ADORE Hâte d'en apprendre plus sur ton personnage ^^
  
MessageDim 22 Mai - 21:35
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Date d'inscription : 08/04/2014Nombre de messages : 1171Nombre de RP : 208Âge réel : 26Copyright : Air (av) & fucking face (sign)Avatar daëmon :
Charlie SabaniSWEET LITTLE DISASTER

Je -FUCKIN- adore le prénom, Jacinth. Epouse moi
Bienvenue chez nous
  
MessageLun 23 Mai - 15:21
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Date d'inscription : 23/10/2015Nombre de messages : 1220Nombre de RP : 93Âge réel : 25Copyright : (c) aki'Avatar daëmon : Coyote
Kyllian GriffinMODO• I'm all kind of BAD luck
Bienvenue! ♥️

Ce concept de personnage est franchement badass, le nom, le vava, le daemon, le don... j'adhère!
Bon courage pour la suite, j'ai hâte d'en apprendre plus
  
MessageMar 24 Mai - 22:59
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InvitéInvité
Merci pour ce bel accueil
Je poste la suite très bientôt!
  
MessageMer 25 Mai - 14:05
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Date d'inscription : 30/11/2012Nombre de messages : 1490Nombre de RP : 187Âge réel : 18Copyright : © Lou'Avatar daëmon :
Erwan A. Valentini
« And if somebody hurts you
I wanna fight »
Je ne peux que t'adorer avec un avatar pareil. Le caractère est d'ailleurs chouette aussi. Bienvenue parmi nous, hâte de lire la suite.
  
MessageMar 31 Mai - 20:00
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Date d'inscription : 01/08/2010Nombre de messages : 6307Nombre de RP : 189Âge réel : 26Copyright : RONRONATOR ♥Avatar daëmon :
Kalhan Xénia
ADMIN-BIGBOOBS ♦ ||
Chienne de garde dévergondée... †
Bienvenue !
  
MessageJeu 2 Juin - 12:56
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InvitéInvité
Merci  

Serait-il possible d'obtenir un petit délai? 
J'étais en vacances dans ma famille la semaine dernière, et au début de celle-ci, donc je n'ai pas pu terminer ma fiche 

Merci d'avance!
  
MessageJeu 2 Juin - 15:06
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InvitéInvité
je n'ai qu'une chose à dire EMILIA CLARKE je. le choix d'avatar est parfait
en tout cas, bienvenuuuue et bon courage pour le reste de ta fiche !
  
MessageJeu 2 Juin - 21:16
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InvitéInvité
Merci 
Julia est canon aussi! 
  
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