L'amour est capable de traverser le temps [Pv Evelyne]

 
  
MessageMar 31 Mai - 2:59
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Le vent froid s’engouffre dans l’abri rudimentaire, faisant frissonner le seul occupant à l’intérieur. La forêt est incroyablement silencieuse à cette heure-ci, seul les craquements des branches secouées par les bourrasques se laissent entendre à proximité. Recroquevillé sur moi-même au fond de la mini maison-longue que j’ai construite quelques jours plus tôt, je suis complètement terrifié. Non pas par le froid en cette soirée de printemps, mais bien par ce qui m’attend dès demain. Cela fait plusieurs semaines que je me suis ainsi isolé dans la forêt et j’ai toujours fuit les rares personnes qui se sont aventurées jusqu’ici. J’ai repoussé ce moment fatidique encore et encore, mais je crois bien que je vais devoir affronter le monde actuel tôt ou tard. Demain, je vais me mettre en route vers la ville la plus proche pour tenter d’en apprendre plus que les gens qui y vivent, même si cette idée ne m’enchante pas du tout.

La nuit est tombée depuis longtemps et il vaudrait mieux que j’essaie de dormir. J’ai l’estomac noué juste à l'idée de ce qui m’attend demain. Ma mère me répétait souvent que demain est un autre jour et tant que le soleil ne serait pas apparu dans le ciel à nouveau, je n’avais pas besoin de me tourmenter avec ce qui m’attendais. Je dois affronter mes problèmes au jour le jour. Plus facile à dire qu’à faire. Soupirant, je ferme les yeux et tente de faire le vide dans mon esprit, malgré le sifflement incessant du vent qui ne me laisse pas en paix. Ozalee est là, je peux sentir sa présence tout près de moi malgré qu’elle soit à l’extérieur de l’abri, car avec sa corpulence, elle le ferait s’écrouler si elle osait mettre un sabot à l’intérieur. T’en fais pas, je veille sur toi. Ses paroles me rassurent un peu et quand j’y pense, je suis vraiment content qu’elle soit à mes côtés pendant ces moments difficiles. Le simple fait de dormir est devenu un sport pour moi depuis que je suis seul et je crois bien que cette nuit ne fera pas exception.

Heureusement, le lendemain matin est magnifique. Dès que je sors à l’extérieur, je suis soulagé de voir que la journée s’annonce bien plus chaude que la veille et je profite des rayons du soleil pour me réchauffer un peu. Ozalee en profite pour s’approcher, impatiente de se mettre au boulot. Je prends le temps de m’étirer pour tenter de chasser l’engourdissement de mes muscles toujours endormis avant de lui caresser doucement le museau.

- Je vais aller chercher un peu plus de bois, je ne voudrais pas en manquer la nuit prochaine et me retrouver sans feu. Ensuite, quand j’aurai fini, on s’approchera de la ville. Et toi, qu’à-tu l’intention de faire en attendant ?
- Trouver un peu de nourriture, je suis affamée.
- D’accord, alors promet-moi que tu ne t’éloigneras pas trop.

La jument m’adresse un regard presque réprobateur, car elle a bien l’impression que les rôles ont soudainement inversé depuis la veille. Ça serait plutôt à moi de faire attention et non pas à elle, mais elle n’ajoute rien et se contente de lever les yeux au ciel. Si nous devons nous séparer pour un temps indéterminé, je préfère qu’elle fasse attention, tout comme je vais faire de même de mon côté. Ma petite hache en main, je m’éloigne ensuite vers une partie de la forêt que je n’ai pas encore explorée, tandis qu’Ozalee se dirige vers un coin bien vert qu’elle a repéré quelques jours plus tôt. La jument l’ignore peut-être, mais elle s’approche dangereusement d’une zone où rôdent de nombreux humains à cette époque-ci de l’année. Eux qui cherche à éviter toutes présences humaines depuis leur arrivé ici quelques semaines plus tôt, il semblerait bien que tous leurs efforts aient été inutiles.
  
MessageSam 4 Juin - 18:20
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Date d'inscription : 04/05/2016Nombre de messages : 87Nombre de RP : 28Âge réel : 29Copyright : Aki *-* Avatar daëmon :
Evelyne FraserNothing will be the same...
La journée avait pourtant si bien commencé. La veille, en rentrant plus tard que d’habitude de mon travail, je m’étais effondré comme une masse sur mon lit. Le chemin vers les bras de Morphée ne fut guère long et sinueux. De ce fait, je m’étais réveillée à l’aube, bercée par le chant des oiseaux. Je ne me levais pas souvent à cette heure matinale, mais lorsque je le faisais j’appréciais l’absence de perturbation humaine. Le silence n’étant interrompu que par la nature qui s’éveillait tranquillement. Il n’y avait rien de mieux que de regarder le jour se lever en sirotant une tasse de café. Je me sentais tellement apaisée qu’il me semblait que rien ne pouvait gâcher ma bonne humeur.

Compte tenu de toute cette énergie positive, je décidai d’écrire un courriel à mon père. Cela faisait un moment que je ne lui avais pas donné de nouvelles. Aussitôt que j’ouvris mon ordinateur, mon moral en prit pour son grade. D’abord, la ventilation fit un bruit d’enfer dès que la machine se mit en marche. Ensuite, il prit un temps interminable à s’ouvrir convenablement. Pour ne rien améliorer, il était d’une lenteur insupportable, juste accéder internet et me rendre sur mon adresse courrielle sembla essouffler davantage la machine. J’allais devoir ajouter à ma liste de choses à faire : envoyer mon ordinateur chez le réparateur. J’entamais la rédaction de mon message à mon père, ce qui se révéla un exercice ardu. Ce qui habituellement me prenait qu’une minute ou deux à écrire me prenait le double de temps, voir le triple. Ce n’était pas vraiment pratique lorsque je tapais mon texte et qu’il n’apparaissait pas immédiatement à l’écran. Ce qui mettait ma patience à rude épreuve. À mesure que mon message se rallongeait, la ventilation rugit de plus belle. Je me frottais les tempes à intervalles réguliers comme pour endiguer un mal de tête naissant. Je me demandais pourquoi je ne fus pas encore rendue sourde. Le bruit était tellement infernal que je m’interrogeais sur comment Cayan faisait pour dormir avec ce tintamarre. Il faut dire que même un tremblement de terre ne pourrait réveiller l’ours kermode s’il avait décidé qu’il faisait la sieste.

Je réussis à rédiger le courriel destiné à mon père sans trop d’embuches. J’étais satisfaite de la longueur du message que j’étais parvenue à écrire malgré les difficultés engendrées par mon ordinateur fatigué. Tout allait à merveille jusqu’à ce que je clique sur envoyé, c’est là que la machine infernale décida de rendre l’âme emportant avec elle mon courriel dans les limbes informatiques. Je fixais avec horreur l’écran désormais noir avant de pousser un hurlement de frustration en réalisant ce qui venait de se passer. Il n’y avait pas de mots qui exprimaient la colère que je ressentais face au vide abyssal qui se trouvait devant mes yeux. Je me retins à grand-peine de pulvériser mon ordinateur à coup de masse. Dégoutée, je m’en détournai afin d’éviter de lui faire quelque chose que j’aurais regretté. Avant d’investir dans un nouvel ordinateur portatif, j’allais l’amener chez un réparateur pour un bon nettoyage.

Cayan émargea dans le salon, mon cri de frustration l’ayant tiré des bras de Morphée. Ses yeux portant encore les embruns du sommeil, il me fixait avec incompréhension. Il pencha la tête sur le côté en me voyant me diriger d’un pas rageur vers la cuisine. Quelle mouche avait piqué sa daemonienne pour qu’elle soit de si mauvaise humeur ?

- C’est quoi ce cri de princesse en détresse, s’enquit Cayan de sa voix pâteuse.
- Mon ordinateur a planté alors que j’envoyais un courriel à mon père, fulminai-je en rinçant rageusement ma tasse de café. Je me demande encore ce qui me retient de jeter ce stupide tas de ferraille par la fenêtre.


L’ours kermode lâcha un ricanement moqueur qui mit à rude épreuve mon contrôle de soi. Il s’apprêtait assurément à proférer quelque chose qui n’allait certainement pas me plaire.

- Ah juste ça, en te voyant si indignée, je pensais qu’un voyeur s’était introduit ici pour te tripoter.

Je me tournai vers lui, le fusillant du regard pour son humour de mauvais gout. Je pouvais ressentir l’amusement de mon âme que je ne partageais aucunement dans l’immédiat. Il prenait un peu trop plaisir à me taquiner dans ces moments-là.

- J’ai passé plus d’une heure à écrire ce courriel et cet ordi de malheur, m’écriais-je.
- Je sais, princesse, je sais que ton temps est précieux, se moqua Cayan. Je crois que Bryan va se montrer compréhensif. Toute cette agitation m’a ouvert l’appétit.

Je ne répondis pas, ça ne valait pas la peine. Toutes les excuses étaient bonnes pour manger. Je quittai la cuisine, laissant mon daemon se débrouiller pour se nourrir. Qu’il en profite, car nous allions bientôt sortir. La journée étant encore jeune, le soleil pas trop fort, ce qui me permettait d’aller dehors. Je songeai à aller à nouveau parcourir les sentiers dans la forêt qui bordait Merkeley. C’était la seule façon pour moi de chasser cette contrariété. C’est avec ce projet en tête que je me rendis dans ma chambre pour enfiler des vêtements de sport. Cayan ne tarda pas à percevoir mes intentions, je l’entendis ronchonner. Un sourire satisfait étira mes lèvres à cette douce revanche. La vengeance était certes un plat qui se mangeait froid, mais le présent cas c’était plaisant de le prendre chaud. Cette idée me fit retrouver ma bonne humeur. Je rejoignis mon daemon, un sourire machiavélique se substituait à l’expression satisfaite que j’arborais plus tôt. Une moue boudeuse remplaçait la bouille joyeuse de Cayan. J’attachai mes souliers pendant que l’ours kermode terminait son copieux déjeuner rageusement dépité.

- Ne fais pas cette tête, poids lourd, ça ne peut pas te faire de mal à ta silhouette de lutteur de sumo, le taquinai-je.

J’eus droit à une réplique de mon regard meurtrier que je lui avais jeté plus tôt. L’adage voulant que la vengeance soit un plat qui se mange froid ne s’appliquait définitivement pas en l’espèce. Cayan se retrouvant rarement à court de réparties plus de trente secondes, j’attendais une réponse dans les plus brefs délais. Pour mon amusement personnel, je commençai le décompte, je ne dépassai pas les dix secondes.

- Tu ne sais pas apprécier la beauté quand tu la vois, rétorqua Cayan du tac au tac. Tu sais, princesse, ce corps est unique et digne d’être vénéré.
- C’est certain qu’il n’y en a pas deux comme toi, chère divinité des lutteurs sumos.
- Bien sûr pour cela je dois garder ma silhouette de rêve intacte, il faut bien que je prêche par l’exemple.
- Eux au moins ils utilisent cette silhouette pour autre chose que s’empiffrer et dormir, répliquais-je. O cher dieu suprême, voulez-vous avoir l’obligeance de m’accompagner pour cette promenade ?
- Si c’est si bien demander, je peux me montrer magnanime et déroger à mes principes.

Nous éclatâmes de rire à cet échange qui en fin de compte n’était aucunement constructif. Sur cette note humoristique, nous quittâmes l’appartement d’humeur plus légère. Le trajet vers les sentiers se fit dans un silence paisible. Je sentais les rayons solaires réchauffer ma peau alors que leur énergie s’insufflait en moi. Je percevais sa morsure dans chacun de mes muscles. Heureusement, nous étions en avant-midi, la pression se faisait bien moins intense. Je disposais d’une plage horaire de quelques heures avant le zénith pour profiter pleinement du beau temps sans me plonger dans un état dangereux pour autrui. Dès que j’atteignis l’abri des arbres, la morsure des rayons solaires se fit moins intense. Sous le couvert de feuilles, l’air se faisait plus frais et humide. Je réprimai un frisson, en raison de mon pouvoir, j’étais plus sensible au froid qu’une personne normalement constituée.

Nous nous enfonçâmes dans la forêt, suivant les sentiers sinueux, jusqu’à ce que Cayan aperçoive une silhouette équine en bordure du chemin. Mon âme me fit signe d’arrêter. Je pris quelque temps à remarquer la jument qui broutait dans un carré d’herbe bien vert. J’échangeai un regard perplexe avec mon daemon. Je me demandai ce qu’un cheval faisait seul en plein milieu de la forêt. La couleur de sa robe me laissa pantoise, je n’en avais jamais vu de semblable, même en cherchant sur Google.

- Quel beau petit poney, mais je crois qu’on devrait la laisser tranquille, m’exhorta Cayan en pensée.
- Ce n’est pas un poney, c’est une jument.


Sans me préoccuper des conseils de ma moitié, je m’aventurai hors du sentier. J’étais curieuse de voir cette jument de plus près.

- Tu ne peux pas rester en place deux secondes, il faut vraiment que tu ailles au-devant des ennuis, bougonna l’ours kermode en suivant mes pas.


Aucune piste n’était dessinée pour rejoindre l’endroit où se trouvait la jument, ce qui rendait ma progression plus laborieuse. Je ne tardai pas à marcher sur une branche morte qui se cassa dans un bruit sonore. Je m’immobilisai, surveillant la réaction de l’équidé.
  
MessageMer 8 Juin - 21:26
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Ozalee est trop concentrée à trier les brins d’herbe qui se pointent devant son museau pour remarquer la moindre présence autour d’elle. Elle ne baisse généralement pas sa garde, mais le fait de n’avoir croisé aucun être humain depuis quelques jours ne l’aide pas à rester vigilante constamment. Son sang ne fait qu’un tour lorsqu’elle entend le craquement de branche non loin de l’endroit où elle se trouve. D’un bond, elle se redresse, les oreilles pointées vers l’avant, ne pouvant être davantage à l’affut. C’est à ce moment qu’elle aperçoit la jeune femme à quelques mètres de là, accompagnée d’un gros ours beige plutôt... corpulent. Sur le coup, la jument ne sait pas trop comment réagir face à cette nouvelle menace et elle espère presque que ce duo n’ait pas en train de s’aventurer dans la forêt pour la rencontrer, même si cela lui paraît impossible. Après tout, ils ne doivent pas êtres venus jusqu’ici pour cueillir des champignons.

La daemonne réfléchit à toute vitesse pour tenter de trouver la meilleure façon d’éloigner cette jeune femme de son daemonien sans que celui-ci puisse s’en mêler. Le temps est compté, elle doit à tout prix trouver une idée si elle veut en finir au plus vite avec ce problème. Faisant comme si elle avait été effrayée, Ozalee fait rapidement demi-tour pour s’enfuir dans la forêt au trot, ses oreilles désormais pointées vers l’arrière pour ne perdre aucune trace de ses poursuivants. La jument aurait largement préféré s’enfuir d’ici au grand galop au travers de la végétation pour rejoindre sa moitié au plus vite, mais le mieux à faire pour le moment est d’éloigner le duo le plus possible de l’abri de celui-ci, construit quelques jours plus tôt et qui ne se trouve pas très loin de là. Tout en se comportant comme un véritable cheval, elle espère de tout cœur que son plan improvisé fonctionnera.

« Nokomis ! J’ai repéré quelqu’un près de l’endroit où tu te trouves. Ne t’inquiète pas, je gère la situation. Surtout ne t’éloigne pas trop et grimpe dans un arbre si possible, je ne voudrais pas qu’elle te voit. »

Un peu plus loin, étant bien concentré sur mon travail, les paroles de ma daemonne me font soudainement sursauter alors que je suis en train des bûches en plus pour le feu de ce soir. Je laisse tomber quelques unes au sol sous l’effet de la surprise avant de réellement comprendre ses avertissements.

« Il y a quelqu’un dans la forêt ? Tu veux que je vienne t’aider ? »
« Ah non, je fais déjà tout ce que je peux pour la tenir loin de toi ! Ne vient surtout pas, sinon tous mes efforts auront été vains. Je reviendrai lorsque le danger sera écarté. »

Le danger... quel danger, exactement ? Ce ne serait pas le premier humain de cette époque à m’apercevoir ici, je ne vois donc pas où est le problème. Il est vrai que je fais tout ce que je peux pour me tenir non loin, mais tant qu’elle n’aperçoit pas mon abri... attend une minute, est-ce que j’ai bien entendu ce qu’Ozalee vient de dire ? Elle ? Il y a une femme non loin d’ici ? Ma crainte se transforme rapidement en curiosité à son égard, étant donné que je n’ai encore jamais eu la chance de rencontrer une femme de cette époque. Je me demande bien à quoi elle ressemble, mais d’un autre côté, je n’ai pas l’intention de désobéir à ma daemonne. Je n’agirai que si elle me le demande, car je ne souhaite pas me mettre en danger non plus. Toujours pensif, je continue de couper quelques troncs ici et là à l’aide de mon tomahawk et je constante ensuite que je vais bientôt devoir retrouver au campement pour y déposer toutes ces bûches. Avec cette femme qui se promène aux alentours, serait-il préférable pour moi que je me cache ou que je fasse comme si de rien n’était ?
  
MessageVen 1 Juil - 3:27
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Date d'inscription : 04/05/2016Nombre de messages : 87Nombre de RP : 28Âge réel : 29Copyright : Aki *-* Avatar daëmon :
Evelyne FraserNothing will be the same...
Dès qu’elle entendit la branche craquée sous mon poids, la jument remarqua aussitôt notre présence. Relevant la tête, elle se figea. Elle sembla réfléchir quelques instants à la meilleure conduite à adopter. J’étais tellement obnubilée par la jument que je ne notai pas ce comportement inhabituel chez un cheval sauvage. Soudain, le naturel parut revenir au galop, elle fit demi-tour et partie au trot. Elle se faufila entre les arbres avec agilité. Sans réfléchir une seconde de plus, je partis à sa suite.
- Evelyne, attend deux secondes, m’enjoignait Cayan. Tu risques de la faire fuir encore plus.
Je balayai la réserve de l’ours kermode d’un revers de main. Les chevaux sauvages étaient des animaux de groupe. La présence d’un seul individu s’avérait rarissime. Je souhaitais uniquement m’assurer qu’elle retrouverait la sécurité de son troupeau. Cayan se résigna à me suivre, tout en pestant contre mon empressement à agir. La corpulence de l’ursidé ne lui permettait pas de se faufiler avec autant d’agilité que moi ou même la jument. Le daemon songeait à la conduite de l’équidé, il se souvint du laps de temps qu’elle avait pris pour réfléchir. La fuite ne semblait pas être un comportement naturel. C’était comme si elle pensait à ses options, un cheval sauvage se serait défilé sans attendre. Si la jument avait la capacité de raisonner, se pourrait-il qu’ils poursuivent en réalité un daemon ? Il ne pourrait pas aller bien loin de son daemonien. Cayan se demandait ou se trouvait ce dernier et s’ils ne fonçaient pas dans un piège.

L’ursidé ne put pousser sa réflexion plus loin puisqu’il arriva devant deux troncs d’arbre assez rapprochés. Il remarqua qu’il y avait des traces de sabots entre les deux. Il songea que si une jument pouvait passer entre les deux, il le pourrait surement. Si la partie antérieure de son corps passa, il en fut autrement de la partie inférieure qui resta coincée entre les deux arbres. Il avait la preuve que, comme je ne cessais de le lui répéter inlassablement, ce qu’il mangeait se ramassait invariablement dans son postérieur. La force ne lui fut pas suffisante pour se sortir de ce guêpier.
- Evelyne, reviens, je suis coincé, m’exhorta Cayan
Inconsciente de la situation de mon daemon, je continuai ma poursuite. Je ne voulais pas perdre la jument de vue. Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus, mais quelque chose me semblait étrange dans le comportement de l’équidé. J’étais tellement concentrée sur mon objectif que je n’entendis pas la supplique télépathique de Cayan. Ce ne fut que lorsque je ressentis un léger inconfort que je pris conscience de l’absence de l’ours kermode à mes côtés. À regret, je rebroussai chemin pour rejoindre mon daemon obèse. Je m’immobilisai quelques instants en remarquant qu’il était coincé entre deux arbres. La surprise passée, j’éclatai de rire en voyant la déconfiture de ma moitié. La mine boudeuse qu’arborait Cayan acheva de me faire rire. Si j’avais pus photographié de cette scène, je l’aurais fait sans hésiter. Rares étaient les occasions de prendre mon daemon en mauvaise posture, il trouvait toujours le moyen de recouvrer le contrôle de la situation. L’ours tentait en vain d’avancer ce qui ajoutait au comique de la scène.
- Au lieu de te moquer de ma déconfiture, tu pourrais peut-être te rendre utile et me venir en aide, bougonna l’ursidé.
Encore secouée par mon fou rire, je m’approchai pour lui prêter secours. Je ne lui fus pas d’un grand soutien, étant donné que je tenais mon ventre douloureux d’un bras et que je le poussais de l’autre. Après plusieurs contorsions de Cayan et quelques éclats de rire de ma part, nous réussîmes à sortir de cette impasse. Je m’assis sur le sol encore secoué par de fous rires que je n’arrivais pas à réprimer, malgré mon ventre douloureux.
C’est beau, tu peux en revenir, tu es la seule à trouver ça drôle, marmonna ma moitié de fort méchante humeur.
J’essuyais quelques larmes de rire qui perlaient au coin de mes yeux, tout en m’efforçant de retrouver mon sérieux. Je jetai un coup d’œil vers le sentier emprunté par la jument, regrettant de l’avoir perdu de vue. Je me résignai à rebrousser chemin. Le souvenir de Cayan coincé entre deux troncs d’arbres tempéra ma déception. Je ne pus me retenir d’y faire allusion.
- Tu aurais dû voir ta tête quand je suis revenu, ça valait son pesant d’or, raillais-je sans vergogne.
- Tu peux bien rire de ma déconfiture, ce sera ta seule chance de le faire, rétorqua un Cayan morose. Ça ne va pas de se moquer d’un pauvre ours en détresse.
- Un ours en détresse, elle est bien bonne celle-là, répliquai-je. Tu es bien des choses, mais tu n’es certainement pas un animal en détresse. La situation aurait été inversée que tu ne te serais pas privé de faire des gorges chaudes.
Je rigolai à nouveau, au détriment de mon daemon qui ne goutait pas visiblement pas à la plaisanterie. Il allait répliquer quelque chose, lorsque nous tombâmes sur une présence humaine. Mon rire s’éteignit dans ma gorge, tandis que je réalisai que nous avions dévié de notre chemin d’origine. Je fus surprise de voir un homme au teint basané, il faisait visiblement partie de ceux qu’on appelait les premières nations. Il devait avoir environ mon âge. Un premier détail attira mon attention, soit qu’il coupait du bois à l’aide d’un tomahawk de fabrication artisanale. Il était assez grand, quoique comparé à moi tout le monde avait l’air de géants. Un second détail me fit tiquer, il portait des habits qui semblaient composés de peau d’animaux. Son teint basané et ses cheveux noirs ne laissaient aucun doute sur ses origines amérindiennes. Bien qu’il avait une apparence légèrement bizarre, je le trouvais assez mignon. Je lui fis un sourire avenant, intriguée.
- Salut, c’est une belle journée n’est-ce pas ?
Pour Cayan, la présence du jeune amérindien dans la même zone que la jument ne faisait aucun doute sur le fait qu’il se trouvait en présence d’un daemonien. L’ours kermode scrutait les environs au cas où l’équidé aurait la bonne idée de revenir.
  
MessageMar 26 Juil - 21:31
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Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Comme je ne reçois aucune instruction de la part de ma moitié depuis un bon moment déjà, je décide de m’en tenir à mes occupations quotidiennes. Ayant coupé pas mal de bois et ne voulant pas trop me surcharger lors du retour, je me dirige vers le campement avec les bras chargés de bûches bien sèches. Ozalee doit maîtriser la situation avec ce silence radio presque inquiétant qui règne entre nous deux, mais je suis convaincu qu’elle sera de retour près de moi d’un instant à l’autre. Toutefois, c’est plutôt l’inverse qui finit par se produire. Tout en marchant, j’entends d’abord un rire qui me fait sursauter et qui m’oblige à m’arrêter. Lorsque je prends le risque de jeter un coup d’œil devant moi, je n’arrive pas à en croire mes yeux. La jeune femme qui rôdait jusque là dans le coin se trouve tout juste devant moi. Bon sang... qu’est-ce que je dois faire ?

« Oza’... je crois qu’on a un petit problème. »
« Quel genre de problème ? Ne me dit pas que tu t’es encore perdu ? »
« Non... la femme que tu étais censée surveiller, elle m’a trouvé ! »


Je sens que ma daemonne est surprise d’apprendre une telle nouvelle, mais elle ne me contredit pas. Tout en s’arrêtant brusquement, elle s’empresse de regarder derrière elle pour constater que l’humaine n’est effectivement plus là, probablement depuis un bon moment déjà puisqu’elle est parvenue à trouver son daemonien qui se trouve à des mètres de là. Mécontente, elle ne tarde pas à se remettre en route au galop cette fois-ci vers leur campement, bien déterminée à éloigner la menace de force s’il le faut. Je l’entends rager mentalement sur son manque de vigilance alors qu’elle se rapproche rapidement de l’endroit où je me trouve. Ça va, les renforts sont en route.

Par contre, malgré cette bonne nouvelle, je suis loin d’être tiré d’affaire en attendant. La jeune femme a cessé de rire et elle continue de s’approcher, suivie par un étrange gros ours beige qui ne me rassure aucunement. Je comprends que j’ai affaire à un daemonienne, sûrement la première personne de mes semblables que je rencontre depuis mon arrivé ici... mais c’est bien le cadet de mes soucis, actuellement. Je ne sais absolument pas comment réagir face à cette rencontre inattendue et je réfléchis à toute vitesse au geste approprié pour me tirer de ce mauvais pas en attendant de recevoir l’aide d’Ozalee. Je laisse rapidement mes réflexes prendre le dessus juste après qu’elle m’est adressée la parole. Laissant tomber mes bûches sur le sol, je m’élance vers l’arbre le plus proche pour y grimper et ainsi me mettre en sécurité. J’ai l’air d’un bel idiot comme ça, mais je préfère rester prudent pour l’instant, au cas où elle aurait de mauvaises intentions à mon égard.

« Tout va bien, j’ai réussi à grimper dans un arbre. Elle devrait rapidement quitter les lieux. »
« T’inquiète pas, je vais lui faire comprendre le message si elle est toujours là à mon arrivé ! »


Je continue de prendre de l’altitude tout en essayant de rassurer mentalement ma moitié. J’essaie de choisir mes branches avec précaution malgré mon empressement et je fais de mon mieux pour me cacher à l’aide du feuillage qui m’entoure. Avec un peu de chance, elle me perdra de vu, me croira complètement cinglé et elle ne s’attardera pas davantage. Enfin, ça c’est ce que je crois. Je l’apprendrai à mes dépends, mais cette écossaise me réserve bien des surprises.
  
MessageLun 29 Aoû - 3:18
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Evelyne FraserNothing will be the same...
Qu’avais-je bien pus dire pour l’apeurer de cette façon ? Je n’avais fait que le saluer, je ne voyais pas ce que j’aurais pus faire pour provoquer cette réaction. C’était bien la première fois que je rencontrais quelqu’un qui me fuit comme la peste. Je ne sais pas pourquoi, mais le jeune homme est grimpé à l’arbre laissant ce qu’il faisait en plan. Médusée, je suivis l’amérindien du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse dans les feuilles. Je récapitulai une nouvelle fois la vague discussion et je ne comprends toujours pas ce qui chez moi pouvait le pousser à trouver refuge dans un arbre. Certes, la présence de Cayan pouvait faire réagir, mais ce n’est que lorsque je lui ai adressé la parole qu’il a déguerpi. Je voyais les branches bouger à mesure qu’il prenait de l’altitude, me disant qu’il se mettait en danger. En hauteur, le risque qu’une branche cède sous son poids augmentait. Je ne souhaitais pas qu’il se casse le cou dans la manœuvre. Mon premier réflexe fut de tenter de le raisonner pour qu’il descende de son perchoir improvisé. Je n’étais pas vraiment une négociatrice dans l’âme, ma patience en la matière étant assez ténue.
- Hey, je ne voulais pas t’effrayer, d’ailleurs je ne vois pas vraiment ce que j’ai dit pour te faire peur, criais-je à l’intention de l’amérindien. Descends de cet arbre avant de te casser le cou.
Si quelqu’un passait par là, il me prendrait pour une folle à parler seule à un arbre. Je fixais l’arbre, les poings sur les hanches dans une attitude qui se voulait autoritaire. Je ne devais pas vraiment en imposer compte tenu de ma petite taille. Je fis une nouvelle tentative de le raisonner pour le ramener sur la terre ferme.
- Tu devrais descendre avant qu’une branche ne cède sous ton poids, essayais-je à nouveau. Je ne faisais que te saluer, pas de quoi grimper dans les arbres.
Je tapotais du pied, signe de mon impatience. J’avais l’impression de parler dans le vide ce qui n’était pas pour améliorer mon calme qui s’amenuisait déjà. Je n’aimais pas rester les bras croisés, je préférais de loin agir.
- C’est peut-être un malade qui s’est échappé de l’aile psychiatrique, insinua Cayan d’un ton ou perçait son amusement. Il est peut-être en pleine psychose et il se prend pour Tarzan. Ce n’est pas vraiment de ton ressort.
La suggestion de mon daemon ne cadrait pas du tout avec ma personnalité. Je n’allais pas me détourner alors que le jeune homme avait peut-être besoin de mon aide. J’ignorais si l’ours avait raison concernant la santé mentale de l’homme singe. Tout s’était passé tellement vite que je ne savais pas vraiment à qui j’avais à faire. Je doutais qu’il représente vraiment un danger pour ma personne, c’était plutôt pour lui-même qu’il en était un. Je réfléchissais à une solution à l’épineux problème de faire descendre le fuyard. Je scrutai mon daemon de haut en bas, m’attardant sur ses pattes possédant de longues griffes acérées. À l’état sauvage, les ours étaient de bons grimpeurs, Cayan avait donc tous les attributs pour détenir ce talent. Il pourrait aisément le rattraper entre les branches et s’il fallait l’empoigner pour le faire descendre. Ce ne serait pas agréable pour moi, mais j’aimais mieux cela que d’avoir sa fracture du cou, voire sa mort, sur la conscience. Ce n’était pas le meilleur plan, mais au moins ça revenait à faire quelque chose.
- Raison de plus pour le secourir, même si je doute de la justesse de ton raisonnement, rétorquai-je. Au lieu d’argumenter, tu devrais m’aider.
- Eh Tarzan descend de là, ce n’est pas le bon endroit si tu cherches tes amis les gorilles. Tu devrais plutôt aller dans les forêts tropicales.
Je levai les yeux au ciel devant la piètre tentative de mon daemon. Décidément, il n’avait rien compris de ce que je voulais qu’il fasse.
- Je ne te demande pas de faire des blagues vaseuses pour détendre l’atmosphère, mais de te rendre utile en allant le chercher.
Cette fois, je lui indiquai l’arbre du doigt. Cayan écarquilla les yeux en appréhendant où je souhaitais en venir. Je l’avais rarement vu aussi décontenancé, en d’autres circonstances je me serais surement amusée de sa stupeur.
- Tu souhaites que je grimpe dans cet arbre, mais tu es folle, s’écria ma moitié d’une voix blanche. Non seulement je risque de l’apeurer encore plus, mais les branches ne soutiendront pas mon poids. Va le chercher toi-même puisque c’est ta faute s’il est là.
- Tu es bien mieux équipé que moi pour y grimper, je ne suis pas assez habile pour me rendre à sa hauteur, contrais-je. Ce n’est pas la solution idéale, mais tu es bien plus calme et sage que moi, si quelqu’un peut le raisonner c’est bien toi. Je risque de perdre patience un peu trop vite.
Cayan regardait le tronc d’arbre d’un œil dubitatif. Il déglutit alors que ses prunelles sombres montaient en altitude. L’ours kermode ne se sentais pas à l’aise avec la perspective d’être en hauteur. Je lui fis un signe du menton l’encourageant à s’activer, je lui signifiais par la même occasion que je ne lui laissais pas vraiment le choix. Le daemon se résigna à commencer son ascension de ses membres tremblants. Il planta ses longues griffes dans le tronc de l’arbre. Je me sentis légèrement coupable de l’obliger à faire cela, mais on ne pouvait pas laisser cet inconscient se briser le cou.
- Je vais te le faire payer, crois-moi, marmonna Cayan en prenant de l’altitude. Tarzan, tu pourrais nous gagner du temps et descendre tout simplement comme une personne civilisée. C’est pas une bonne idée de jouer au petit singe.
  
MessageMar 20 Sep - 19:51
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Descendre de cet arbre ? Elle est bien bonne celle-là. Je suis loin d’avoir pris cette décision sur un coup de tête, alors il n’est pas question que je remette les pieds sur terre avant un bon moment. Je continue de grimper jusqu’à une branche où s’y trouve une végétation plutôt épaisse. Parfait, je vais pouvoir m’y arrêter en attendant que la femme s’éloigne. De là où elle se trouve, avec toutes ces feuilles qui m’entourent, elle ne doit pas du tout me voir et c’est justement ce que je cherchais. Décidément, je n’aurai pas pu trouver un meilleur arbre et il reste encore quelques branches au-dessus de ma tête comme issu de secours au cas où elle déciderait de faire quelque chose de stupide pour me forcer à descendre. Posé sur ma branche, j’écoute cette dernière faire son monologue, mais je n’ai aucunement l’intention de descendre tant qu’elle sera là. Est-ce que les gens de cette époque sont tous aussi tenaces qu’elle ?

À cette hauteur, je crois m’être tiré de ce mauvais pas. J’attends avec impatience que la femme quitte les lieux lorsque je vois un truc s’agiter un peu plus bas. En baissant la tête, je constate avec horreur que l’ours s’attaque désormais au tronc de l’arbre pour venir me rejoindre. Mon cœur rate un battement en voyant cela et l’adrénaline grimpe à nouveau en flèche. Bon sang, quand vont-ils se décider à me lâcher ? Qu’est-ce que je leur ai fait pour qu’ils m’en veuillent à ce point ? Par réflexe, je continue mon ascension vers les branches supérieures, mais comme elles deviennent de plus en plus petites, je sens qu’elles ne pourront pas supporter mon poids encore bien longtemps. Oza’, j’ai vraiment besoin de ton aide, maintenant ! Elle a intérêt à dégager si elle ne veut pas se manger un coup de sabot !

Malgré la distance qui les sépare, la jument suit le déroulement de la situation par les pensées de sa moitié. Déterminée à arriver à temps pour le protéger, elle accélère le rythme et bien vite, du haut de son perchoir, ce dernier est en mesure d’entendre le bruit de son galop qui approche. Contournant quelques arbres sur son passage, la jument repère rapidement la jeune femme. Cette fois, elle n’a pas du tout l’intention de rigoler avec elle. Sans perdre davantage de temps, elle charge sa pauvre victime sans se soucier des conséquences, les oreilles plaquées sur son crâne. En se faisant, elle espère que l’humaine prendra la fuite en la voyant courir vers elle... mais c’est tout le contraire qui se produit. Irritée, la jument contourne sa victime au dernier instant pour ensuite se mette à trotter autour d’elle de façon menaçante. Elle lui laisse une dernière chance de fuir avant d’en venir aux coups.

- Je te préviens, je ne le répéterai pas deux fois. Quittez cette forêt immédiatement tout les deux et n’y remettez jamais les pieds, compris ? Sinon, vous aurez affaire à moi et à mes sabots.

Du haut de mon arbre, je suis soulagé de voir Ozalee de retour. Bon, le fait qu’elle s’en prenne ainsi à la femme ne me plait pas vraiment, mais si c’est la seule façon de se faire entendre aujourd’hui... alors, elle ne doit pas hésiter. Toutefois, je préfère la voir tenter de les intimider pour les faire fuir plutôt que de les blesser. Si la daemonienne ne réagit pas, j’ai bien peur qu’elle se fasse mordre ou pire encore.
  
MessageDim 4 Déc - 20:57
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Date d'inscription : 04/05/2016Nombre de messages : 87Nombre de RP : 28Âge réel : 29Copyright : Aki *-* Avatar daëmon :
Evelyne FraserNothing will be the same...
S’il y avait quelque chose que Cayan n’appréciait pas, c’était bien les hauteurs. Grimper dans un arbre pour rattraper un jeune sot ne faisait définitivement pas partie de ses activités favorites. Les branches craquaient sous son poids, ce qui ne contribuait pas à le rassurer. Comble de malchance, l’humain qui se prenait pour un petit singe semblait déterminé à ne pas descendre de son perchoir. Quelle galère ! Ça n’aurait pas pus être facile. L’ours kermode soupira de lassitude, il ne comprenait pas l’entêtement de sa daemonienne à sauver cet homme. Ils auraient pus le laisser sur son arbre, se casser le cou si ça lui chante et passer leur chemin. C’était sans compter la nature altruiste de l’Écossaise qui voulait absolument secourir les âmes perdues qui croisaient sa route. Même si elle devait aller contre leur volonté. Sa daemonienne était une sacrée tête de mule. Le pauvre garçon n’en avait décidément pas avec elle, malgré les quelques mètres en hauteur les séparaient. Une fois qu’il aurait mis la main sur ce nigaud, Cayan comptait bien lui fait regretter de se prendre pour Tarzan. Ce n’était qu’un personnage de film pour enfant, pas un modèle à suivre. L’ursidé s’immobilisa lorsqu’un craquement sinistre retentit. Le corps tremblant, il se cramponna au tronc d’arbre tout en s’efforçant de ne pas regarder en bas. Il ne souhaitait pas subir le même sort que les brindilles qui dégringolaient. Les ours sauvages pouvaient bien être de bons grimpeurs, ce n’était indéniablement pas la tasse de thé du pauvre daemon.
- Cayan qu’est-ce que tu attends, on ne va pas y passer toute la journée, m’écriais-je en voyant l’ours kermode immobile.
Je savais que je poussais le bouchon un peu loin en lui disant cela. J’avais toujours éprouvé de la difficulté à patienter et cette fois ne faisait pas exception. Je regrettais de ne pas avoir pris la place de Cayan. Toutefois, il m’avait semblé que compte tenu de sa forme ma moitié était la personne adéquate pour grimper à la suite du jeune homme. Enfin, ça, c’était sans compter le vertige dont souffrait mon daemon. Je ne tardai pas à recevoir une réponse acerbe.
- Ça parait que ce n’est pas toi qui es perché sur une branche à plusieurs mètres d’altitude qui menace de se briser à tout instant. Je suis vraiment trop gros pour ce genre d’exercice.
- Qu’entends-je ? Le dieu de l’obésité morbide reconnait qu’il n’a pas la silhouette divine qu’il prétend avoir. Le ciel va nous tomber sur la tête.
C’était peut-être légèrement méchant de me moquer de mon daemon en cet instant, mais je n’arrivais pas à résister à la tentation. Habituellement, la situation était inversée, j’avais les pieds dans les plats et Cayan m’abreuvait de ses sarcasmes.
- On verra qui rira bien le dernier, princesse saphir, rétorqua mon daemon. Hey Tarzan Junior, tu peux descendre de ton perchoir sans crainte, je ne te ferai aucun mal. La harpie en bas, elle parle fort, mais elle aussi n’est pas une menace pour toi.
- La harpie en bas t’entends très bien et jongles en ce moment avec l’idée de te faire liposuccion sans anesthésie si tu continues à proférer des âneries.
- Tu vois, elle ne te fera aucun mal puisqu’elle va être trop occupée à me trucider, plaisanta l’ursidé malgré son malaise évident. Quoiqu’elle risque tout de même de te secouer comme un prunier pour ton inconséquence. Toutefois, je ne crois pas que tu vas réellement trouver l’expérience douloureuse.
J’allais ajouter quelque chose à l’intention de mon daemon, mais je fus interrompue par des bruits de sabots. Je me tournai dans la direction et je reconnus la jument que j’avais croisée tout à l’heure. Celle-ci chargea vers moi, les oreilles aplaties dans une évidente contrariété. Surprise, je ne pensais pas à me soustraire de sa trajectoire. J’avais peine à croire que c’était la même jument qui fuyait un peu plus tôt. Celle-ci dévia de sa lancée au dernier moment, décrivant des cercles autour de moi. Je ne la quittai pas du regard, comprenant que cette jument était en fait la daemonne du jeune homme dans l’arbre. Ceci expliquait les quelques incohérences que j’avais inconsciemment remarquées dans son comportement un peu plus tôt. L’équidé s’adressa soudainement à moi avec un ton dont la hargne me décontenança durant quelques instants. Je ne comprenais pas ce que j’avais fait pour susciter son agressivité. J’avais simplement salué son daemonien et tenté d’éviter qu’il ne se casse le cou, pas de quoi provoquer une telle inimitié. Elle me prévint de quitter la forêt dans les plus brefs délais et de ne jamais y revenir sous peine de subir ses coups de sabot. Son arrogance me piqua au vif, elle n’avait visiblement aucun droit de me jeter hors de cet endroit. J’étais déjà venu ici et rien n’indiquait que je me trouvais sur une propriété privée. Les sentiers étaient fortement achalandés en cette période. Mon irritation grandissante stimula la bête. Une vague de chaleur traversa tous mes muscles. Je sentais les picotements familiers de l’énergie qui ne demandait qu’à se libérer de sa prison. Je ne me laissai pas submerger par le plasma qui flamboyait sous mon épiderme. J’inspirai profondément pour calmer la terreur que je ressentais chaque fois que le monstre s’agitait. Il était hors de question que je perde le contrôle à cause de cette teigne arrogante qui se prenait sans droit pour la maitresse des lieux. Si j’avais été fasciné un peu plus tôt, cette admiration avait fondu comme neige au soleil pour ne laisse derrière elle qu’un mépris. Je la confrontai du regard, ne manifestant aucune peur à son égard.
- À ce que je sache, nous ne sommes pas sur une propriété privée ici, rétorquais-je d’une voix tout aussi désagréable. J’ai autant le droit d’être dans cet endroit que vous. Pour qui te prends-tu pour me jeter hors de cette forêt ? Je n’ai rien fait à ton daemonien, je l’ai seulement salué et il est grimpé dans l’arbre. J’essayais justement de le faire descendre pour éviter qu’il ne se casse le cou. Tu devrais t’adresser à moi sur un autre ton, parce que je peux moi aussi être assez désagréable, voire pire que tu ne peux l’imaginer. Ce n’est pas tes ridicules coups de sabot qui vont me faire reculer, tu te mets le doigt dans l’œil.
Du haut de son perchoir, le sang de Cayan ne fit qu’un tour. Il se sentait impuissant. Il aurait dû être en bas pour défendre sa daemonienne. Sa colère le sortit de son immobilisme, toute peur des hauteurs ayant déserté momentanément ses pensées. Il poursuivit son ascension avec une détermination redoublée, jusqu’à ce qu’il puisse mettre sa patte sur la base de la branche sur laquelle l’amérindien se trouvait. Son regard soudain dur et glacial se posa sur le jeune inconscient. Il devait protéger sa daemonienne coute que coute et il ne rechignait pas à recourir au chantage pour se faire. Tout amusement avait déserté ses prunelles, le rendant encore plus intimidant.
- Tu devrais dire à ta daemonne de se calmer immédiatement, gronda l’ours kermode d’une voix lourde de menaces. Tu vas lui dire que si elle ose toucher ne serait-ce qu’un seul cheveu de ma Evelyne, elle va retourner poussière. Je n’hésiterai pas à casser cette branche qui te sert de perchoir si elle se montre moindrement récalcitrante. Je ne ferai rien pour t’empêcher de te briser le cou.
La mine sinistre de l’ursidé ne laissait planer aucun doute sur le sérieux de ses menaces. Ce n’était pas des paroles en l’air, mais une sombre promesse. Personne ne ferait de mal à sa daemonienne tant qu’il sera de ce monde. Il resserra son étreinte sur la branche, mettant ses longues griffes en évidence, pour que le jeune homme comprenne dans quel guêpier il était.
- Après avoir calmé la furie qui te sert de daemonne, tu vas descendre tranquillement de cet arbre, continua Cayan de cette même voix lourde de menaces. Tu n’avais aucune raison de nous craindre jusqu’à maintenant. Que les choses soient claires, si j’ai un motif de croire que l’un de vous pourrait constituer un danger pour Evelyne, vous aurez affaire à moi. Dans ce cas, je ne donne pas cher de votre peau, car je n’hésiterai pas une seconde à vous réduire en charpie. Me suis-je bien fait comprendre ?
  
MessageJeu 12 Jan - 15:50
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Après son arrivée plutôt explosive, la jument se retrouve noyée sous le débit de parole de la jeune femme qui donne l’impression de pas vouloir s’arrêter. Celle-ci ne l’écoute que d’une oreille, pas du tout intéressée à connaître le fond de ses pensées. Néanmoins, elle l’entends clairement nier ses tords. Ah bon, alors selon elle ça serait leur faute et non pas la sienne ? Nokomis serait monter dans l’arbre parce qu’il en avait envie et non pas pour se protéger d’un éventuel danger ? Ozalee se retient de ne pas éclater de rire devant l’autre qui tente visiblement de lui tenir tête, mais cette dernière ne connaît visiblement son adversaire pour oser agir de la sorte. Dire que ce genre de chose n’arrivait pas avant, pas quand sa force de caractère était connue et crainte de tous. La jument a bien l’intention de lui faire regretter son affront, mais tandis qu’elle se prépare à s’avancer vers elle, elle reçoit par télépathie un message urgent de la part de son daemonien qui lui fait redresser la tête dans sa direction.

Du haut de l’arbre, je suis désormais confronté à la colère de l’ours. Déjà qu’il me faisait peur avant... Ce dernier semble avoir retrouvé un surplus d’énergie car il parvient à atteindre la même branche que moi en quelques secondes, à ma plus grande surpris. Moi qui pensais l’avoir suffisamment distancé, je m’étais trompé. Toutefois, je ne suis pas au bout de mes peines avec lui, car il n’hésite pas à poser sa grosse patte à l’endroit précis où la plupart des branches sont plus fragiles et sujets à se briser. Horrifié, j’observe l’ours qui me fait clairement comprendre que j’ai intérêt à calmer ma daemonienne en contrebas si je ne veux pas me retrouver en chute libre pour ensuite mourir aplatit comme une crêpe au sol. Dans ce genre de situation, il n’y a pas trente-six solutions. Avec l’adrénaline qui monte au flèche, ma décision ne se fait pas attendre.

- D’accord d’accord, j’ai compris, je vais descendre. Je t’en prie, ne casse pas la branche !

Ma peur se lit clairement dans ma voix à l’accent britannique, mais l’idée de mourir dans les secondes à venir était bien réelle pour moi. J’espère que cela sera suffisant et que l’ours m’épargnera. Plus bas, Ozalee observe la scène et comprend du même coup en m’entendant crier qu’elle ferait mieux de se calmer. Ses oreilles recommencent à pivoter dans tous les sens et elle ne peut s’empêcher de souffler bruyamment avant de reculer de quelques pas, comme pour prouver à la jeune femme et à son daemon que ses intentions ont changées. La jument déteste se retrouver piégée au pied du mur comme ça, mais elle ignorait que sa moitié était en danger de mort. De sa position, elle continue de suivre du regard la descente du jeune homme comme le ferait sa propre mère. Étrangement, ce dernier semble beaucoup à l’aise en hauteur que l’ours, mais bon... il faut aussi dire qu’il a grimpé aux arbres toute sa vie.

Ainsi vulnérable, j’ignore ce qu’il va se passer et la simple idée d’y penser me rend malade. J’ai beau me répéter que j’ai affaire à une femme, que je n’ai donc pas besoin d’avoir peur en sa présence, mais comme il s’agit de la première personne de cette époque que je rencontre... je suis incapable de faire autrement. Dès que je pose le pied au sol, je me retrouve séparé de ma moitié par la jeune femme et son daemon ours qui semble grandement intriguée par moi. Sur le coup, je suis un peu gêné dans cette position et j’ai de la difficulté à lever les yeux du sol pour la regarder. Je réfléchis à toute vitesse sur ce que je devrais faire pour détendre l’atmosphère, même si la seule chose qui me vient en tête pour l’instant est de m’excuser. Selon moi, je n’ai rien fait de mal, mais comme j’ai failli mourir, il vaudrait peut-être mieux que je tâte le terrain ainsi.

- Je... je suis désolé pour tout ça. Vraiment désolé. C’est que... en fait, je ne m’attendais à... à rencontrer quelqu’un ici.

Voilà qui est dit et qui risque d’attiser davantage l’intérêt que me porte la jeune femme. J’espère seulement qu’elle ne me posera pas trop de question sur le comment du pourquoi je suis ici, au beau milieu de la forêt.
  
MessageMer 2 Aoû - 22:31
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Date d'inscription : 04/05/2016Nombre de messages : 87Nombre de RP : 28Âge réel : 29Copyright : Aki *-* Avatar daëmon :
Evelyne FraserNothing will be the same...
Un immense poids disparu des épaules de Cayan lorsque le jeune homme accepta de descendre de son perchoir. Toute la colère qui avait animé l’ours kermode le déserta soudainement. Il conserva une mine sévère pour la forme. Il n’aimait pas devoir effrayer quelqu’un, mais l’intégrité de sa daemonienne étant en jeu il n’avait plus aucun scrupule. L’amérindien amorça sa descente bien plus rapidement que l’ursidé. Désormais, il reprenait conscience de la hauteur, le retour au sol du daemon se faisait de façon plus laborieuse que celle du jeune homme. Ayant entamé sa descente, il n’avait pas le choix de regarder vers le sol ce qui accentuait son vertige. Le daemon ne put retenir un soupir de soulagement lorsque ses pattes touchèrent enfin la terre ferme. N’eut été de la présence de la jument et son daemonien il aurait embrassé le sol sous ses pieds. Avant de célébrer, il devait s’assurer que sa moitié était en sécurité. Il s’empressa de la rejoindre de manière à séparer de l’autre duo.

Je suis satisfaite de voir que Cayan a fait revenir l’inconnu à la raison. Il semble si mal à l’aise qu’il ose à peine lever le regard du sol. Je ne sais pas ce que mon daemon lui a dit pour le convaincre de descendre, mais à la vitesse avec laquelle il est descendu ça été efficace. J’allais lui dire ce que je pensais du fait qu’il se prenne pour Tarzan et les dangers qu’un tel comportement pouvait lui provoquer, lorsque je fus coupée dans mon élan par le jeune inconscient. Il ne tarda pas à se confondre en excuse. Je le fixai, interloquée par son soudain changement d’attitude. Il expliqua sa conduite par le fait qu’il ne s’attendait pas à voir quelqu’un dans les parages. Je pouvais comprendre sa stupeur, mais de là à escalader les arbres il y avait une marge. Ça ne tenait pas vraiment la route de grimper aux arbres lorsqu’on était surpris par quelqu’un qui nous saluait. Enfin, ce ne serait pas mon premier réflexe, pour ma part ce serait plutôt de me sauver en courant. Il fallait de tout pour faire un monde. Il affichait une mine si piteuse que je n’eus pas le cœur à l’accabler de mes sarcasmes, je ravalai donc mes remarques acerbes. Après tout, c’était un parfait inconnu, il n’y avait pas de raison que je m’inquiète des blessures que ses excentricités pourraient lui occasionner. S’il voulait se casser le cou, c’était son problème et non le mien. Toutefois, je ne pouvais faire autrement. J’avais toujours trop pris à cœur le bien-être d’autrui. Ce n’était pour rien que j’étais en voie de devenir médecin.
- Evelyne, je te l’avais bien dit que tu as une tête à faire peur, ricana Cayan afin de calmer l’apparente nervosité du jeune homme.
Je tourne un regard peu convaincu vers mon daemon qui s’était rapidement remis de ses émotions.
- Tu peux bien parler avec ta tronche, un ours n’est pas l’animal qui a la plus belle réputation dans le règne animal, rétorquai-je.
- J’ai regardé un documentaire sur les ours kermodes comme quoi ce sont les ours les plus amicaux avec les humains.
- Depuis quand tu regardes des documentaires plutôt que de dormir ?
Seul le rire grave de Cayan répondit à ma question. Le regard pétillant de malice ne me disait rien qui vaille. Je reportai mon attention sur mon interlocuteur mal à l’aise. Ce n’était pas le moment de partir dans une énième joute verbale avec mon daemon. Certaines personnes n’aiment pas les disputes, même si elles sont amicales, alors je préférais m’abstenir de la poursuivre étant donné que j’ignorais si mon interlocuteur entrait dans cette catégorie. Espérant ne pas avoir accentué son malaise, j’entrepris de relancer la conversation. Je remarquai à nouveau les bûches qu’il avait laissé tomber avant de se ruer sur le tronc d’arbre le plus près, ainsi que son tomahawk artisanal. Dès que je l’avais aperçu, son apparence générale m’avait paru intrigante.
- Qu’est-ce qui vous amène dans les environs, m’enquis-je curieuse. Est-ce que vous faites du camping ? J’imagine que ce doit être ça puisque vous ramassiez du bois. Est-ce que vous êtes le genre de personne qui essaie de vivre comme vos ancêtres ? Ce sont les vêtements et votre tomahawk fait à la main. C’est une bonne idée, j’ai entendu dire qu’il y avait certains villages qui faisaient des reconstitutions de bataille de la guerre de Sécession qui s’y sont déroulées. J’aimerais bien tenter l’expérience, mais avec mon travail à l’hôpital c’est difficile d’avoir de choisir mes vacances en début de carrière.
Tout en parlant, je m’étais dirigé vers les bûches pour les ramasser.
- Comment vous faites pour vous nourrir, continuais-je sur ma lancée. Est-ce que vous avez poussé l’expérience en chassant et cherchant de l’eau comme à l’époque ou vous n’avez pas été jusque là ? J’espère que vous avez au moins des provisions d’eau parce que la déshydratation est bien plus dangereuse que la faim. On peut survivre sans manger durant 30 jours, mais sans boire c’est environ 3 jours. Sinon quand vous n’êtes pas en camping sauvages c’est quoi votre occupation ? À moins que vous ne viviez comme ça en permanence ? Désolé, je vous assaille de questions depuis tout à l’heure, ajoutai-je en me rendant compte que je ne l’avais pas laissé répondre. D’ailleurs, je vous interroge, mais je ne me suis même pas présentée, je m’appelle Evelyne Fraser et vous, m’introduisais-je en lui tendant la main. L’ours kermode qui m’accompagne c’est Cayan, ne t’en fait pas malgré son apparence menaçante il est doux comme un agneau.
Je me tus quelques instants pour lui laisser l’opportunité de parler. J’espérais que mon geste amical allait détendre l’atmosphère et nous aiderait à repartir sur de nouvelles bases. Lorsque je fis référence à sa douceur, l’ursidé ne put retenir un petit ricanement. Je me demandai ce qui l’amusait, mais ne l’interrogeai pas davantage. De son côté, Cayan s’était intéressé à la jument visiblement de mauvaise humeur si on se fiait à ses oreilles couchées sur son crâne.
- Alors le petit poney, on ne t’a pas entendu beaucoup, le chat a mangé ta langue, se moqua l’ours kermode. Comme ça tu t’amuses à jouer les poneys sauvages pour égarer les touristes ?
  
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