Fake it until you make it.

 
  
MessageLun 6 Juin - 0:55
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Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


FAKE IT UNTIL YOU MAKE IT
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ Estelle Abernathy & Cassiel



Love or hate, buisness is buisness




▬ Hem... Ryan?
▬ Mmm?
▬ Qu’est-ce que tu fais ?
▬ Des pâtes. Au pesto. C’est evident non ?
▬ Tout nu?

Ryan se détourne du fourneau et de ses pâtes dans leur eau bouillante en fronçant les sourcils pour dévisager sa daemonne.

▬ Je ne suis pas tout nu.
▬ Quand on fait la cuisine, être en sous-vêtement compte pour être tout nu.
▬ Quel collet monté a décidé ça?
▬ Il s’appelle « Le Sens Commun ».

Ryan lève les yeux au ciel et retourne son attention sur ses pâtes, ajoutant une pincée de sel à son eau.

▬ C’est ma cuisine, mon appartement, mes pâtes. Je fais ce que je veux. M. Sens Commun n’est pas invité à diner, et s’il se pointe quand même, je lui mets mon pied au cul. Tu veux du parmesan sur tes pâtes?

Jay secoue la tête, mi-découragée, mi-amusée. Elle acquiesce vaguement à la question de son daemonien puis, abandonnant le débat, se détourne vers la stéréo du salon. D’une pression du museau, la chienne allume cette dernière et des notes de guitare accompagnée de la voix de Johnny Cash remplissent rapidement l’atmosphère de la pièce.

L’appartement de Ryan n’est pas très grand, mais entièrement fonctionnel. Le salon, la cuisine et la salle à manger sont ouverts, en une seule grande pièce alors qu’un corridor mène à l’entrée, à sa chambre et le plus important, à son bureau. L’endroit est joli, très simplement décoré et bien éclairé. Ryan possède peu de choses et l’endroit le plus rempli est son bureau, où s’accumulent des montagnes de dossiers, de notes épinglées aux murs et où s’entassent trop de classeurs pour l’exiguïté de la pièce.

Ryan aime bien cet appartement finalement, lui qui ne s’attache pourtant jamais à ces divers lieux de résidence. S’attacher est normalement inutile puisqu’il ne reste jamais très longtemps au même endroit. Son affectation à Merkeley également est censée n’être que temporaire, pourtant il sera à Merkeley depuis un an dans à peine trois mois. Ni lui ni son patron ne semblent d’ailleurs entrevoir la possibilité d’un changement d’affectation. Ryan refuse de reprendre un nouveau partenaire et Garry, son supérieur immédiat, refuse de qui redonner son ancien travail de détective pour meurtres et disparition de daemoniens à travers le pays tant qu’il s’entêtera à travailler en solo. La belle impasse.

Parlant de partenaire, justement…

▬ Tu devrais tout de même songer à mettre quelque chose.

La chienne est revenue dans la cuisine et a sauté sur une chaise de la petite table, placée au centre de la pièce. Sérieuse, elle dévisage son daemonien qui se retourne vers elle avec agacement.

▬ Et pourquoi je voudrais faire ça ?

Jay bat des oreilles et penche la tête. Ryan reconnait là sa façon à elle de lui signifier qu’elle le prend pour un idiot.

▬ Regarde l’heure.
▬ Damn it, Jay... 13h10. À quoi tu veux en venir?
▬ T’as oublié, hein ?

Ryan la dévisage quelques seconds, les sourcils froncés, se demandant sérieusement sis à daemonne se fou de sa gueule, puis son expression se décompose et il blêmit un peu. Ça lui est complètement sorti de la tête, mais son rendez-vous de la journée devrait arriver dans… plus ou moins cinq minutes.

▬ Shit.
▬ Yep. Shit. Alors va mettre des pantalons, je m’occupe des pâtes.

Ryan lève un sourcil, perplexe.

▬ Et tu comptes gérer ca comment, Mrs. J’ai-quatre-pattes-mais-pas-de-mains ?
▬ Aucune idée, mais je vais m’arranger. Si tu peux le faire, même un poulpe peut y arriver.

Ryan attrape rapidement un spaghetti à demi cuit avec sa fourchette et le lance à la tête de Jay.

▬ Les poulpes sont des êtres hautement intelligents, je te signal.

La chienne, la nouille pendant ridiculement à son oreille gauche, lui lance un regard noir entre l’exaspération et la frustration. Alors que Ryan file vers sa chambre, Jay élève la voix pour rétorquer.

▬ Je retire ce que j’ai dit. Te comparer à un poulpe est insultant pour les poulpes.

Ryan fouille dans son armoire, en sortant un jean simple qu’il enfile rapidement, puis attrape un t-shirt noir. L’homme n’a pas vraiment de problèmes avec l’idée qu’on le surprenne à moitié à poil dans son appartement – ou peu importe où d’ailleurs, la pudeur lui fait affreusement défaut – mais la visite qu’il attend est particulière. Déjà qu’il appréhende l’après-midi et probablement la soirée qu’ils devront passés ensemble, si en plus il lui donne un prétexte supplémentaire pour râler…

Captant ses pensées, Jay le sermonne mentalement.

▬ Arrête, elle n’est pas si terrible que ça, Estelle. Je l’aime bien moi, d’ailleurs. Si tu lui donnais une chance, aussi…

Ryan mime les paroles de sa daemonne à la manière d’un gamin, agacé. Il ne voit pas pourquoi il lui laisserait plus de chances qu’Estelle elle-même ne lui en donne à lui. Il est clair qu’Estelle ne le supporte pas, et Ryan lui rend bien son animosité pour ce qu’elle représente : une tentative sournoise de Garry, son supérieur, de lui faire accepter l’idée de travailler de nouveau avec un partenaire. Bref, ni lui ni elle n’apprécient devoir travailler avec l’autre, mais le boulot reste le boulot.

Alors qu’il enfile une chemise bleue par-dessus le tout, oubliant au passage de mettre des bas, on cogne à sa porte. Pile à l’heure. Pourquoi ca ne l'étonne pas?



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MessageLun 27 Juin - 5:45
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– On va être terriblement ponctuels, chérie.

Les yeux d’Estelle se posèrent sur sa montre. Cassiel disait vrai, si la tendance se maintenait elle serait pile à l’heure. La jeune femme poussa un soupir, attrapa ses clefs laissées sur le meuble de l’entrée et ouvrit la porte. Le geai la précéda à l’extérieur et se posa sur la rampe du perron pendant que sa daemonienne refermait et verrouillait la porte derrière elle.

– Eh bien, je suppose que ça nous évitera une remarque désobligeante.

En avance ou en retard, elle aurait peut-être essuyé les commentaires de Ryan. Arriver pile à l’heure lui éviterait probablement un mal de tête supplémentaire.

Toujours perché sur la rampe, Cassiel fixait la blonde en suivant le fil de ses pensées.

– Tu es dure avec lui. Il ne nous a jamais reproché notre manque de ponctualité.

Estelle ne répondit pas, se retourna et descendit dans la rue en rangeant ses clefs dans son sac rempli de dossiers. Bien sûr que leur collègue ne leur avait jamais rien reproché, puisqu’il n’était pas dans les habitudes d’Estelle d’être en retard, même à un rendez-vous désagréable. Le geai voleta à sa suite, se posant au fil des pas de sa daemonienne sur une clôture, une branche ou la cime d’un buisson. Estelle avait la mine sombre de celle qui se prépare à passer un mauvais après-midi. Elle arborait souvent cet air ces temps-ci, alors que ses rendez-vous avec Ryan se multipliaient. Elle refusait cependant de se plaindre et assumait le choix qu’elle avait fait.

– Qu’est-ce que tu essaies de prouver, Estelle?

Cassiel l’appelait rarement par son prénom. Sa voix traduisait l’inquiétude qui le rongeait, minant sa prétention habituelle. La blonde secoua la tête sans s’arrêter pour autant, prenant le chemin de l’appartement de Ryan.

– J’en sais rien.

Peut-être avait-elle besoin de savoir qu’elle pouvait encore se rendre utile. Ou peut-être était-ce cette petite voix dans sa tête qui l’encourageait à poursuivre, lui soufflant qu’elle devait au minimum aider à réparer les dégâts qu’elle avait potentiellement causés durant ses deux années passées aux services de renseignement du Conseil. Ou peut-être était-ce tout simplement parce que cette vie lui manquait, au fond. Chercher, découvrir, apprendre pour satisfaire cette soif de connaissance qui ne la quittait jamais et, éventuellement, utiliser ses capacités afin de faire quelque chose de bien. Sa première tentative avait échoué, la réalité de son poste au Conseil l’avait bien vite désillusionnée. Lorsque le FBI l’avait contactée, elle s’était dit qu’elle ne pouvait rater cette seconde chance, même si cela signifiait devoir apporter son aide à un parfait boulet.

Cassiel ne ressentait pas d’antipathie à l’égard de Ryan. Sans vraiment l’apprécier comme un ami, il arrivait à le supporter, contrairement à Estelle qui de son côté n’y parvenait tout simplement pas. Estelle n’aimait pas Ryan, Ryan n’aimait pas Estelle, et aucun des deux ne daignait cacher ce sentiment. Au moins, personne ne pouvait leur reprocher leur manque d’honnêteté ; c’était sans aucun doute la relation professionnelle la plus sincère qu’Estelle ait jamais eue.

Comme Cassiel l’avait prédit, les jointures de la jeune femme percutèrent la porte de Ryan à 13h15 exactement. Estelle ferma les yeux un instant, le temps de prendre une bonne inspiration, et les rouvrit une fraction de seconde avant que la porte s’efface à sa vue pour laisser son charmant collègue apparaître.

– Bonjour Ryan, le salua-t-elle.

C’était froid et expéditif. Elle aurait voulu mettre un peu de chaleur dans ses paroles qu’elle en aurait été incapable. Ryan n’était pas quelqu’un de méchant, il était même plutôt gentil, mais il y avait entre Estelle et lui une connexion qui ne se faisait pas. On ne peut pas aimer tout le monde, après tout.

Elle attendit que Ryan l’invite – à contrecoeur – à entrer pour s’exécuter. Elle balaya l’appartement du regard, notant la présence de Jay à proximité d’une casserole fumante. Cassiel, qui avait pris place sur son épaule, salua le berger allemand d’un signe de tête. Les daemons ne semblaient avoir aucun ressentiment l’un envers l’autre, Cassiel du moins. Rares étaient les moments où le geai était plus sage que sa daemonienne, qui de son côté s'enfermait dans un mutisme presque boudeur dès qu'elle partageait le même espace de vie que Ryan.

La jeune femme déposa à ses pieds son sac rempli de papiers divers afin de soulager son épaule meurtrie par le poids de la paperasse. Des dizaines de dossiers à éplucher qui s'ajoutaient aux autres dizaines qui envahissaient le bureau de Ryan.

– Toujours rien de nouveau, je suppose?

Elle posait la question dans l’espoir qu'il ait par miracle trouvé quelque chose. Une piste, un signe, n’importe quoi qui aurait pu leur éviter les heures de recherches à venir, cloîtrés dans une pièce définitivement trop petite pour eux deux. Mais elle n'y croyait pas vraiment. Merkeley était bien calme, ces derniers temps, et la recherche de dangers potentiels tournait en rond, ce qui ne faisait que rendre plus pénible leur collaboration déjà difficile.

– Cet après-midi s’annonce ma foi très... agréable, déclara Cassiel dans un vain effort pour désamorcer l’ambiance qui s’alourdissait à vue d’oeil.
  
MessageJeu 30 Juin - 6:22
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▬ Bonjour Ryan.

Aïe. Ryan ne s’attendait pas à un accueil rempli de joie et d’effusion, loin de là, mais le ton de la jolie blonde est d’un froid à plomber aussitôt l’ambiance dans un party de bar-mitsvah d’adolescente. Aussi, il se fait une obligation, par esprit de contradiction pure et simple, de lui offrir un large sourire, peut-être sonnant faux, mais mimant avec théâtralité et talent l’accueil qu’on réserve à ses amis les plus chers.

▬ Estelle. Entre, je t’en prie.

Il fait un vaste geste du bras pour accompagner ses paroles alors qu’il s’écarte pour la laisser entrer dans son appartement. Il ne saurait dire avec exactitude pourquoi ils ne s’apprécient pas. Ok, d’accord, Estelle est, pour commencer, beaucoup trop sérieuse pour lui. Elle a ce petit quelque chose de ses patrons assis dans leurs bureaux qui le détestent et n’attend qu’une bourde assez grande de sa part pour le retirer du service. Mais, surtout, elle ne le trouve généralement pas drôle.

▬ Si tu ne faisais pas des blagues de merde aussi souvent, ça aiderait.
▬ Pff, I’m freakin’ hilarious. Et tu le sais.

Outre cela, ils auraient pu bien s’entendre. Elle n’est pas méchante, loin de là, travaille bien et est compétente, est une personne intelligente et sensée… mais certaines choses ne s’expliquent pas très bien. Entre Ryan et Estelle, il existe une sorte de force de répulsion, plutôt que d’attraction – et ça lui fait changement de l'habitude, disons-le franchement – un peu à la manière de deux côtés opposés d’une batterie.

Ryan repousse un autre fragment d’explication sur ses propres sentiments négatifs à son égard au fond de sa tête, préférant ne pas y penser. D’un, l’idée que son patron puisse tenter de lui imposer progressivement l’idée d’un nouveau partenaire de travail le ferait sortir de ses gonds, encore une fois, et il a déjà beaucoup hurlé sur ce point auparavant. De deux, le simple fait de penser à « remplacer » Felix déclenche chez lui une envie encore plus violente que la première de frapper dans quelque chose. Donc oui, l’ambiance est déjà assez glaciale ainsi, sans en plus consciemment catalyser ces frustrations et sa colère sur Estelle qui, au finale, si l’on souhaite avoir un minimum d’objectivité, n’y est pour rien du tout.

▬ Contente de voir que tu fais preuve de sagesse, c’est un spectacle rare avec toi.
▬ Mphff. Toi le cabot, occupe-toi des pâtes. Si elles sont trop cuites, ce sera entièrement ta faute.
▬ Je maitrise parfaitement la situation. Toi, en revanche, contente-toi de continuer de te montrer courtois envers nos invités! Sinon je raconte tout à Kate.

Ho, le coup bas. Ryan étouffe une grimace alors qu’il entend sa daemonne ricaner mentalement depuis la cuisine. Kate, sa mère, a toujours tenu à ce que son fils soit poli et courtois, avenant. Il lui doit d’ailleurs la grande majorité de ses qualités et valeurs. Kate, la seule personne dont l’opinion compte plus que tout pour lui. Kate à qui il raconte – presque – tout lors de ses visites. Kate qui est dans le coma depuis 17 ans. Mais ce détail importe peu pour Ryan qui a choisis de croire que sa mère entendait tout ce qu’on lui disait. Et malgré le temps et l’avis contraire général des médecins, il n’a pas abandonné l’espoir qu’elle se réveille un jour. Fort de cette conviction, il ne souhaite pas la décevoir ou se faire tirer les oreilles lorsqu’elle s’éveillera.

Jay est un mesquin personnage, au fond, de balancé cette carte.

▬ Mais tu m’adores et je t’aime aussi. Sauf que là, je vais bientôt avoir un problème. Comment on verse l’eau des pâtes sans main et seulement un museau?

Ryan s’apprête à s’éclipser à la cuisine lorsque la voix d’Estelle le retient.

▬ Toujours rien de nouveau, je suppose?

D’un haussement de sourcil accompagné d’une moue éloquente, Ryan acquiesce.

▬ Rien d’intéressant, non. Je viens de recevoir les documents que j’avais demandé la semaine dernière, sur les dossiers criminels, les relevés bancaires et informations concernant certains commerces liés à d’une douzaine de personnes potentiellement en lien avec les différentes attaques visant des daemoniens sur Perth Amboy. Je n’ai eu le temps que de regarder les deux premières pistes et, effectivement, toujours rien. C’est à croire que tous ces cas ne sont qu’une coïncidence, sans aucun lien entre eux.

Il marque une pause puis avec tout son sérieux hausse un sourcil et ajoute, incapable de contenir l'énième connerie qui lui est venue à l'esprit, comme d'habitude :

▬ Ça, ou l’eau de Perth Amboy a été empoisonné et les gens deviennent progressivement d’imbéciles racistes avec une tendance à l’agressivité. Il y a deux ou trois films d’apocalypse de zombies qui commencent ainsi, on devrait commencer à ne boire que de l’eau de source et s'armer en munition, au cas ou.

Sur cette phrase haute en réflexion scientifique, et sans plus de cérémonies, Ryan tourne les talons et s’engage dans le corridor vers la cuisine avant que les pâtes ne soient définitivement foutues.

▬ Cet après-midi s’annonce ma foi très... agréable.

Ryan pouffe de rire, sincère cette fois et lance un regard amusé à Cassiel par-dessus son épaule.

▬ Agréable? On va tellement s’éclater que je vais en faire pâlir de jalousie mes anciens collègues d’université. Et je ne vous raconte pas les soirées qu’on a pu avoir.

Laissant l’ironie de côté, il ajoute plus sérieusement :

▬ Vous avez faim? J’ai fait des pâtes au pesto. Tant qu’à passer la journée le nez dans de la paperasse aussi excitante qu’une convention de comptables, aussi bien le faire le ventre plein, non?




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MessageJeu 8 Sep - 21:27
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Estelle n’aurait pas pu se montrer chaleureuse, même en jouant la comédie. Ryan, par contre, y arrivait très bien, répondant à la glaciale salutation de la blonde par un accueil digne d’une amie de longue date, sourire flamboyant et grands gestes compris. Il n’y avait rien de sincère là-dedans, chaque action semblait calculée dans le but de répondre à l’attitude de la blonde. C’était le fondement même de leur relation : Ryan contre Estelle, le feu en réponse à la glace. Estelle sentit ses molaires grincer.

Pour couronner le tout, Ryan n’avait rien de nouveau. Rien? Du tout? Pour une fois, Estelle aurait aimé que son collègue lui serve l’une de ses blagues pourries, qu’il lui avoue en rigolant qu’il la faisait marcher et qu’il était enfin sur une piste. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Les dossiers s’empilaient et leurs journées n’en devenaient que plus longues. Leur travail consistait à chercher des liens inexistants, à examiner une série de coïncidences dans l’espoir vain de trouver la petite bête. Estelle restait de marbre, mais son expression se décomposait intérieurement alors que Ryan lui énumérait les nouveaux documents qu’ils devraient éplucher durant leur rencontre. Dans cette situation, le sérieux de l’agent horripilait Estelle encore plus que son habituel humour immature.

… la narratrice retire ses paroles. Rien, absolument rien au monde n’horripilait plus Estelle que l’humour de Ryan. La blonde attendit à peine que son collègue s’éclipse dans la cuisine pour lever les yeux au ciel. Évidemment, l’apocalypse de zombie causée par de l’eau empoisonnée était l’explication la plus plausible au comportement agressif de la population.

– Sérieusement ? marmonna-t-elle en se massant l’arête du nez.

Qu’est-ce qu’elle avait fait pour mériter un tel sort…

Sur son épaule, Cassiel rendit à Ryan son regard amusé. L’oiseau était plutôt content d’avoir réussi à détendre un peu l’ambiance, du côté de leur collègue, du moins. Estelle, pour sa part, n’avait pas envie de rire. Elle jeta un regard noir à son daemon, auquel il répondit par un clin d’œil l’invitant à se dérider un peu. Pendant ce temps, Ryan avait rejoint la cuisine, où il continuait de divaguer en repensant à ses soirées universitaires.

– On va tellement s’éclater que je vais en faire pâlir de jalousie mes anciens collègues d’université. Et je ne vous raconte pas les soirées qu’on a pu avoir.
– Ça promet, gloussa Cassiel.
– Merci de nous épargner les détails.

Estelle secoua la tête pour en chasser la troublante image d’un jeune Ryan éméché par l’abus d’alcool.

Elle fut presque surprise lorsque son collègue lui offrit des pâtes, cherchant de l’ironie là où, pour une fois, il n’y en avait pas. Elle resta silencieuse une seconde ou deux, puis se détendit. Elle hocha finalement la tête même si, depuis la cuisine, il ne pouvait la voir.

– Oui, pourquoi pas.

C’était gentil de la part de Ryan, surtout qu’elle ne lui avait donné aucune raison de l’être. Mal à l’aise, Estelle se racla la gorge, laissa son sac rempli de paperasse dans un coin et alla rejoindre Ryan et Jay dans la cuisine. Elle assista à une scène étonnante, celle d’un berger allemand faisant cuire des pâtes, aidé de son humain. Même en ayant côtoyé des daemoniens toute sa vie, Estelle parvenait toujours à être amusée par ce genre de situation. Elle hésita un peu avant de reprendre la parole.

– Je peux aider?

C’était la moindre des choses. C’était mature, aussi, beaucoup plus que de rester en retrait à maudire la vie de lui avoir donné un cancre comme collègue. Après tout, Estelle était « l’adulte » du duo, elle se devait de montrer l’exemple.

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MessageLun 3 Oct - 23:44
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▬ Merci de nous épargner les détails.

Ryan se réticent de lever les yeux au ciel et tire plutôt une grimace coincée. Visiblement, elle a toujours le sens de l’humour d’une courgette. Quoi qu’une courgette peut être relativement comique, selon la blague. Il se contente de glisser un œil vers Jay et de lui lancer mentalement :

▬ Qui c’est qui fait pas d’effort, maintenant ?

▬ Mmrphm. Ce n’est pas une raison pour commencer à agir comme un adolescent, soit mature pour une fois. Et puis pour sa défense, c’est vrai que PERSONNE n’a besoin d’entendre ce que tu as pu faire dans tes soirées d’université.

▬ C’était pas si terrible, voyons.

▬ Tu diras ca à la bibliothécaire septuagénaire qui a vu tes fesses. Je ne sais toujours pas si elle s’en est remise, d’ailleurs…

▬ Elle était terrifiante et avait une âme de dictatrice, je ne regrette rien.

Jay secoue subtilement la tête avant de s’engager dans un débat mental qui, elle le sait, n’aura aucune fin possible. Seul un nouveau débat pourra y mettre fin, mais dans la situation actuelle, ce genre d’échange est à éviter. Estelle les prend déjà pour des désaxés sociaux, si en plus il se fixent pendant quinze minutes sans rien dire pendant qu’ils échangent sur la pertinence de se promener sans pantalons dans l’allée des monographies historiques, elle va s’enfuir en courant.

Estelle accepte son offre et Ryan retrouves le sourire. Si la blonde aime les pâtes, il y a encore de l’espoir qu’ils trouvent un moment de s’entendre un minimum ! Les pâtes, c’est un terrain d’entente et de paix universel. C’est la suisse du monde culinaire. Faut être digne d’un dirigeant de la Corée du Nord pour ne pas aimer les pâtes. En plus, c’est l’un des deux seuls trucs pour lesquels Ryan excelle en cuisine. Pâtes et barbecue, aucun problème, mais tenter de lui faire réussir de la pâtisserie, c’est l’équivalent d’essayer d’apprendre à une canne de thon à voler.

▬ Je peux aider?

Ryan secoue négativement la tête et sans mentir répond simplement :

▬ Non merci, tout est prêt. Mais si tu veux sortir le parmesan, il est dans le tiroir du haut du réfrigérateur.

Il lui lance un sourire avant de retirer les pâtes du feu et sortir trois assiettes. Il hésite, attrape une plus petite assiette puis se tourne vers l’oiseau au plumage bleuté en brandissant le couvert :

▬ Cassiel, ca t’intéresse aussi ?

Ryan remplit les assiettes, attrape des couverts puis pointe du menton la direction de son bureau.

▬ Si on souhaite finir, aussi bien s’y mettre le plus tôt possible. Je t’expliquerais les dernières nouveautés en mangeant.

Il les mène jusqu’au bureau, qui croule littéralement sous les dossiers. Ce n’est pas la désorganisation qui est en cause, avec Jay pour veiller au grain, le bureau est plus organiser qu’une archive nationale, mais bien la quantité astronomique de documents qu’il a reçu pour ses enquêtes. Plusieurs dossiers ne sont pas encore numérisés et donc lorsqu’on compte les comptes rendus d’arrestations, les dossiers criminels, les relevés bancaires, les papiers d’assurance et d’immatriculation de véhicule d’une quinzaine de personnes suspectes en plus de la paperasse propre au poste de détective de Ryan, on se retrouve rapidement sous l’équivalent d’une dizaines d’arbres en format A4. Un écolo ferait une crise d’apoplexie n’y mettant les pieds, et honnêtement, Ryan préfèrerait aussi et de loin tout avoir sur son ordinateur. Il a bien une conscience écologique, mais plus encore, c’est le côté pratique qui l’intéresse dans l’histoire.

Il dégage rapidement des places au bureau pour y déposer les assiettes puis fait signe à Estelle de s’assoir. Une fois assis, Ryan prend le temps d’engouffrer une grosse bouchée avant de débuter, sentant que s’il se lance dans le récit des avancés des derniers jours avant d’y gouter, il devra manger ses pâtes tièdes, voire froide. Mauvaise idée néanmoins. Les pâtes sont encore brûlantes et sentant la brulure sur sa langue, Ryan écarquille les yeux avec une expression de douleur et de panique. Réussissant à garder un minimum de décence, il tient la bouche fermé mais bat des mains en sautant sur ses pieds pour foncer dans la salle de bain.

Jay, qui ressent la brulure de son daemonien sur sa propre langue dans une plus petite masure couche les oreilles et tire une grimace de douleur. Elle lui lance, grognonne, alors qu’il disparait dans le corridor :

▬ Souffler d’abord, on t’as jamais appris ?

Ryan parvient à avaler sa bouchée brulante alors qu’il entre dans la salle de bain et met aussitôt la tête sous l’évier en jurant mentalement. L’eau froide apaise la brulure et une sensation d’engourdissement se répand sur sa langue. S’en est foutu de son sens du goût pour deux jours maintenant, joie.

Frustré, l’agent du FBI tend la main à l’aveuglette, la tête toujours sous le robinet, vers l’endroit ou devrait se trouver la serviette à main pour s’essuyer le visage. Mais plutôt que de poser la paume sur le tissu convoité, il referme la main sur une boite. Intrigué, il redresse la tête pour voir la chose en question et manque de s’étouffer. Jay, dans la pièce d’à côté, en sursaute malgré elle.

▬ Jay. Qu’est-ce qu’une boite de tampax fou dans ma salle de bain ?

▬ Ho… hem. Well, en fait, si je me souviens bien, quand Aelya est venue hier…

▬ Ok. Chut. Suffit. J’ai compris. Damn it.

Ryan range rapidement la boite dans son armoire sous l’évier puis, en regardant bien cette fois, attrape enfin la serviette pour s’essuyer le visage. Devant le miroir, il prend une seconde pour tirer la langue et évaluer l’ampleur des dégâts. Le verdict, rouge mais ça devrais passer. Secouant la tête, décourager par cette journée de plus en plus fabuleuse, il revient dans le bureau et se laisse tomber sur sa chaise. Il ne peut retenir son commentaire suivant, n pointant les pâtes fautives.

▬ C’est délicieux, mais brulant. J’attendrais à votre place.

Il prend une bonne inspiration puis se racle la gorge avant de redevenir sérieux. Lorsqu’il parle de son travail, qui lui tient beaucoup à cœur, Ryan est parfois méconnaissable. Il a toujours son assurance habituelle et en parle visiblement en maitrisant le sujet sur le bout des doigts, mais il est plus sérieux qu’à l’habitude. Difficile de croire que le type qui parle en ce moment est le même qui, trois heures plus tôt, dansait en sous vêtement sur du Shakira à la radio pendant qu’il passait l’aspirateur.

Il explique à Estelle et Cassiel l’aboutissement de trois dossiers, toutes des fausses pistes, ainsi que l’arrivée de nouveaux documents à épluchés concernant leurs autres pistes potentielles. Il pointe la pole à sa droite, la désignant comme celle qu’il a déjà inspecté, sans résultat aucun, puis pointe celle, monstrueusement plus grande, derrière Estelle.

▬ Donc, comme annoncé, la fête se passe dans cette pile-là cet après-midi. Je te laisse choisir d’ailleurs : éplucher les relevés bancaires ou visionnement des quelques 300 heures de vidéo surveillance d’un hangar ou il se passe jamais rien ?



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MessageVen 24 Fév - 4:26
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L’odeur des pâtes au pesto emplissait l’appartement et venait chatouiller les narines d’Estelle, lui rappelant que son dernier repas remontait à quelques heures. Lorsqu’elle accepta l’offre de Ryan, l’atmosphère sembla s’alléger de façon considérable. À travers la montagne de choses qui les séparaient, ils semblaient avoir trouvé un fragile terrain neutre. Un plat de pâtes n’améliorerait pas leur pénible situation (il en faudrait beaucoup plus) néanmoins il s’agissait d’un minuscule premier pas vers l’harmonie.

Son hôte lui indiqua l’emplacement du parmesan, touche finale à son chef-d’œuvre culinaire. Alors qu’Estelle se dirigeait vers le réfrigérateur, Ryan proposa une assiette à Cassiel.

– Volontiers, j’en connais une qui sera contente que je ne chaparde pas dans son assiette, pour une fois, gloussa-t-il.

Estelle ne pu s’empêcher d’affiche l’ombre d’un sourire. Partager son assiette avec son daemon ne l’avait jamais vraiment gênée. Cassiel le faisait régulièrement, surtout depuis qu’il s’était stabilisé en un animal possédant un estomac aussi petit. Le geai était malgré tout toujours ravi que leurs hôtes pensent à lui. Il appréciait beaucoup de genre de petite attention.

– Quelques pâtes suffiront, ajouta-t-il avec un petit rire.

Une fois les assiettes préparées, le petit group migra vers le bureau. Estelle attrapa au passage son sac qu’elle avait laissé dans l’entrée et rejoignit son collègue dans la petite pièce encombrée.

Des piles de papiers trônaient au sommet de boîtes de carton contenant d’autres piles de papiers. L’endroit aurait fait pâlir de jalousie les archives de la ville, autant par la quantité de dossiers qu’il abritait que par la rigoureuse organisation qui y régnait. Estelle devait admettre que, malgré ses nombreux défauts, Ryan avait une qualité indéniable : Jay. La blonde n’osait imaginer à quoi ressemblerait cet écosystème de paperasse sans l’intervention du berger allemand. Sur le bureau, Ryan avait dégagé un espace tout juste suffisant pour y caser leurs assiettes. En prenant place sur la chaise que lui désignait son collègue, Estelle retint un soupir dépité en constatant que les montagnes de documents étaient plus élevées qu’à sa dernière visite.

– Regardez-moi ça, des montagnes de bonheur! railla Cassiel en se posant sur un classeur.

Il n’obtint pour seule réponse qu’un gargouillis indistinct. Estelle fronça les sourcils et se tourna vers la source du bruit. Ryan, évidemment. Le pauvre détective avait entamé son assiette de façon prématurée et, à en croire la douloureuse expression qui lui crispait le visage, il le regrettait.

– Souffler d’abord, on t’as jamais appris? grommela Jay alors que son daemonien s’éclipsait prestement.
– Visiblement pas, ricana Cassiel.

Estelle secoua la tête, mis son propre plat de côté le temps qu’il refroidisse et plongea le nez dans un dossier. Elle releva les yeux vers Ryan lorsque celui-ci revint pour les mettre en garde contre la dangereuse température de leur repas.

– Merci du conseil, ricana Cassiel, qui, du bout des ailes, éventait doucement les quelques pâtes qui composaient son assiette.
– Ça ne fait pas trop mal j’espère? s’enquit Estelle avec un mince sourire en reportant son attention sur le dossier.

Arriva l'heure de se mettre au travail. C’était habituellement à ce moment que Ryan se métamorphosait. Il demeurait toujours Ryan – Estelle ne pensait pas se sauver aussi facilement de son caractère de pré-adolescent immature – mais avec un sérieux presque troublant. Il y avait peut-être de l’espoir, tout compte fait. C’était du moins ce que la blonde se disait à chacune de leurs rencontres. Une blague puérile venait habituellement briser ses espoirs vers le milieu de leur séance de travail.

Ils avaient une quantité astronomique de pain sur la planche. Estelle évalua la grosseur des piles de documents que lui présentait Ryan, puis jeta un coup d’œil à son sac, qui contenait lui aussi plusieurs fiches sur lesquelles elle avait mis la main. Il s’agissait de papiers provenant des rares dossiers du Conseil qu’elle n’avait pas passés à la déchiqueteuse après sa démission. Des extraits de rapports d’enquête qui n’avaient jamais aboutis, la plupart sur des individus qui se trouvaient désormais derrière les barreaux. Du bout du pied, elle poussa le sac sous la table. Ils n’auraient pas le temps d’y jeter un œil aujourd’hui, pas avec la montagne de paperasse qu’ils devaient éplucher.

Ryan lui laissa l’honneur de choisir son outil de torture. Elle ne pu cette fois retenir une grimace. Pourquoi se cacher : ni elle, ni lui n’avaient envie d’être là et de passer un après-midi entier à décortiquer des documents qui leur serait probablement inutiles.

– Quel choix difficile, marmonna-t-elle. Je m’occupe des états financiers.

Elle aurait mieux fait de choisir le visionnement des vidéos de surveillance, car Ryan allait probablement s’endormir devant son écran, mais elle préférait le contact du papier. À travers les documents, son pouvoir pouvait lui être d’une aide précieuse.

Un calme concentré s’abattit sur le petit groupe alors que tous se plongeaient dans leurs tâches respectives. Une fois, Estelle brisa le silence pour signifier poliment à Ryan que ses pâtes étaient délicieuses, un fait que Cassiel corrobora aussitôt. Puis elle retourna à sa lecture, ses yeux déjà fatigués parcourant des kilomètres de factures.

Parvenue au tiers de la pile de documents, Estelle soupira et se recula un peu pour se frotter l’arête du nez.

– Il n’y a rien. Ces entreprises son blanches comme neige, c’est presque trop beau pour être vrai. La chose la plus louche que j’ai pu trouver est une commande de quarante caisses de post-it chez Merkeley Papers and Co.

Elle laissa tomber la feuille à travers la pile devant elle.

– Franchement, qui a besoin de quarante caisses de post-it, grommela-t-elle.

Elle perdait son temps et tous les adjectifs du monde ne pouvaient définir la frustration qu’elle ressentait; frustration que Ryan semblait partager, vu la longueur de son visage. Ils tournaient en rond.
  
MessageMer 15 Mar - 20:13
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▬ Ça ne fait pas trop mal j’espère?

Ryan esquisse une grimace et balaye la question de la main.

▬ Nan. Je n’aurais plus de sensation sur le bout de la langue pour le reste de la semaine, mais j’ai connu pire.

Il lui offre un sourire avant de redevenir sérieux, plongeant dans le vif du sujet de leur après-midi. Il ne peut néanmoins se retenir un petit sourire en coin, amusé, en voyant la grimace qui se dessine sur le visage d’Estelle lorsqu’il lui laisse le choix de son « activité ».

▬ Quel choix difficile. Je m’occupe des états financiers.

Un brin prévisible. Bha, qui a vraiment envie de se farcir 300 heures de vidéo d’un vieux hangar où il ne se passe absolument rien ? Voilà, personne. Même l’idée de passer des heures à regarder et analyser des colonnes de chiffres est plus attrayante. Il lance tout de même un dernier mot d’encouragement à sa collègue avant de se plonger dans le travail.

▬ Que la force soit avec toi.

Yep. Une référence de Star Wars, ça doit se placer partout où c’est possible. À savoir si Estelle a déjà vu les films cultes et comprendra la référence, Ryan n’en est pas certain. De ce qu’il connait des passe-temps et intérêts de la blonde lui suffisent pour l’imaginer à des années-lumière de tout ce que lui-même considère comme étant intéressant. Il l’imagine beaucoup plus facilement enfermer dans un bureau à faire des trucs « d’adultes » dans une ambiance coincée qu’au cinéma à « fan girler » devant Han Solo et se gavant de popcorn. Il est un peu injuste avec elle, lui dirait Jay, mais l’idée l’amuse trop pour qu’il s’en sente coupable. Et, de toute façon, à voir comment elle lève les yeux au ciel a toute les trois phrases qu’il dit, elle doit très bien lui rendre la pareille à l’inverse, non ?

Résigné, Ryan fait pivoter sa chaise vers son écran d’ordinateur et ouvre le fichier contenant la centaine de documents vidéos qu’il a téléchargé la veille. Après avoir passé en lecture rapide les deux premiers vidéos ou effectivement, comme prévu, rien d’inhabituel s’est passé, le détective se demande si, après ses pâtes, aller se faire du popcorn pour se donner l’illusion de regarder quelque chose d’intéressant est une option.

Avec toi, tout est une occasion de manger, de toute façon.
C’est parce qu’il n’y a rien de mieux que la bouffe en ce bas monde.
Mmphm. Si Kyle était là, je suis certaine qu’il t’aurais argumenter que le sexe est meilleur.
Pas faux. Et il aurait marqué un point.
Je doute qu’Estelle soit du genre à vouloir tester si cela rendrait le visionnement plus agréable, néanmoins.

Ryan s’étouffe avec sa bouchée de pâtes – qui sont d’ailleurs délicieuses, une fois qu’elles ne lui brulent plus la langue – et doit boire une grande gorgée d’eau avant que l’air ne parvienne à entrer de nouveau dans ses poumons. Le détective tourne la tête en direction d’Estelle qui, heureusement, semble trop concentrée sur ses états financiers pour l’avoir remarqué, aussi, il retourne un regard assassin en direction de sa daemonne.

Ca va pas de dire des trucs comme ça ?! Tu veux ma mort ? Bon sang, j’ai des images, maintenant…

La chienne détourne son regard discrètement vers la fenêtre pour masquer son hilarité, ses oreilles droites sur sa tête témoignant tout de même de sa fierté pour ce coup-là. Ryan se pince l’arête du nez en fermant les yeux, tentant d’effacer de son esprit les images que les paroles de Jay lui ont suggérées. Non pas qu’Estelle ne soit pas attirante, au contraire, elle est particulièrement jolie mais…

Oh for God’s sake, why I’m I thinking about this…

L’homme se secoue mentalement. Ce n’est définitivement pas le genre de réflexion qu’il souhaite avoir sur une collègue avec qui il entretient une relation de chien et chat. Définitivement. Il recule de quelques minutes la vidéo qu’il regarde, ayant complètement perdu sa concentration sur ce dernier avec les tentatives d’assassinat de Jay à son endroit, et se replonge dans son travail.

Les heures s’écoulent ensuite dans une monotonie et un silence brisé une seule fois par Estelle le complimentant sur ses pattes, ce qui le surprend autant que le ravit. La blonde est relativement avare de compliments à son égard, aussi, il lui sourit et la remercie sincèrement. Si la nourriture peut aider à atténuer la tension qui existe depuis toujours entre eux, Ryan va définitivement se faire une joie de transformer leurs journées de travail communes en séances d’orgie gastronomique.

Ryan entend Jay pouffer lorsqu’il songe au mot « orgie » et la fusille du regard de nouveau.

Oh ne recommence pas toi ! Et tu as quoi, 10 ans ? C’est moi qui suis censé être l’immature des deux.

La chienne ne dit rien, les yeux brillants, et se contente de lui faire un petit signe du museau pour qu’il se concentre de nouveau avec elle sur le visionnement. Grommelant intérieurement, Ryan croise les bras et se cale un peu plus confortablement dans sa chaise.

À quelques reprises, Ryan arrête le visionnement en accélérer pour regarder une séquence en temps normal ou même figer l’image afin de prendre le numéro de plaque et de compagnie inscrite sur les camions de livraison qui s’arrêtent près du hangar. Rien ne sort de l’ordinaire, à première vue, et tout cela ne sert probablement à rien, mais la procédure étant la procédure…

Estelle semble en arriver aux mêmes conclusions – et au même stade d’ennui et d’énervement que lui – puisqu’elle pousse un soupir avant de lui dire :

▬ Il n’y a rien. Ces entreprises son blanches comme neige, c’est presque trop beau pour être vrai. La chose la plus louche que j’ai pu trouver est une commande de quarante caisses de post-it chez Merkeley Papers and Co.

Ryan met son enregistrement vidéo sur pause et hausse les sourcils en direction de sa collègue pour lui signifier son accord avant de se passer les mains sur le visage. À force, il a les yeux brulants. Bon, c’est peut-être qu’ils ont besoin d’une pause.

▬ Franchement, qui a besoin de quarante caisses de post-it.

Ryan est sur le point de se lever et de proposer à Estelle d’aller sur sa terrasse, sur le toit, afin de prendre l’air quelques minutes avant de poursuivre lorsqu’il se fige. Dévisageant la blonde, il met quelques secondes avant de se pencher vers elle et ses documents.

▬ Attend, Merkeley Paper and Co ?

Il attrape le document contenant le révélé de transaction pour la quantité ridicule de post-its puis retourne prestement à ses notes. Il retrouve rapidement le numéro de plaque et le nom de la compagnie de papeterie qu’il a notés, un peu moins d’une heure auparavant, après avoir vu un camion entrer dans le hangar sur la vidéo de la caméra de surveillance. L’adrénaline et l’excitation – surtout après un si long moment de vide sidéral – le saisi alors et il se lève pour se diriger à pas rapide vers un classeur au fond de la pièce. Il en sort un dossier contenant les informations personnelles qu’il a recueilli sur l’un des hommes suspectés de faire partie d’une organisation anti-daemoniens mais dont le manque de preuves lui a fait abandonner le dossier quelques semaines plus tôt. Il cherche compulsivement la ligne contenant le lieu de travail de l’individu et met finalement le doigt dessus. Il pousse une exclamation de joie et de victoire puis lève les bras au ciel en se tournant vers Estelle, victorieux.

▬ Jason Walker, un présumé anti-daemonien. Il travaille chez Merkeley Paper and Co. comme livreur depuis deux ans avec ce même camion qui est venu livrer quelque chose au hangar vendredi dernier à 21h32. Bingo. On les tient !

Lorsque le rapprochement est fait entre le hangar suspecté d’être le centre des opérations d’une organisation anti-daemonienne et la commande suspecte de post-it, en lien avec un suspect extrémiste, c’est clair comme de l’eau de roche. Cette transaction est frauduleuse et sert très certainement à cacher quelque chose d’autre, probablement quelque chose d’illégal. Au vu du montant élevé de la facture, quelque chose d’important, en plus. Des armes peut-être ? Du matériel pour fabriquer des bombes ? Le groupe est celui aux idées les plus radicales sur lesquelles il enquête après tout, et c’est justement par crainte de ce genre d’actions radicales que Ryan met depuis des semaines autant d’effort à les démasqués.

Il jette le dossier sur le bureau et attrape son téléphone portable, composant le numéro de son répondant au bureau du FBI. Avant de coller l’appareil sur son oreille, et dans sa jubilation, il s’avance vers Estelle et lui plaque un baiser sur le front.

▬ Tu es une génie !

Il se détourne aussitôt, sortant de la pièce en sautant presque d’un pas à l’autre, alors que Gary, son supérieur immédiat, lui répond au bout de la ligne.




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MessageJeu 14 Sep - 5:52
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Estelle avait depuis longtemps perdu tout espoir de voir Ryan se transformer entièrement en quelqu’un de sérieux. Même s’il devenait étonnamment appliqué lorsque le boulot commençait, il ne pouvait s’empêcher de laisser s’échapper une petite remarque, une allusion à Star Wars ou une blague absurde pour détendre l’atmosphère. Estelle n’avait rien contre l’humour, mais elle n’était pas là pour s’amuser. Les enjeux de sa présence dans ce bureau, sous cette montagne de documents, allaient au-delà de la simple enquête de routine. Quelque chose se préparait à Merkeley et ils devaient agir. Dans le passé, elle avait fait suffisamment de mal en travaillant pour le Conseil, il était hors de question qu’elle reste de nouveau les bras croisés alors qu’elle pouvait changer les choses. Ce n’était pas un collègue immature à l’humour douteux qui allait la détourner de son objectif.

Et, de toute façon, elle n’aimait effectivement pas Star Wars.

– Bon courage à toi aussi, lui répliqua-t-elle sans grande conviction, avant de plonger le nez dans son travail.

Dès lors, elle ne se soucia plus de son collègue. Elle lui jeta un rapide coup d’œil lorsqu’il s’étouffa de nouveau avec sa nourriture, question de vérifier qu’il respirait toujours, mais sans plus. Son regard fut trop court pour croiser celui de Ryan, elle rata ainsi l’échange silencieux entre Jay et son daemonien. Heureusement, car devoir engager une conversation sur les raisons de ce soudain émoi les aurait très probablement plongés dans un malaise encore plus grand que celui dans lequel ils pataugeaient déjà, au vu des pensées de Ryan à cet instant.

*On devrait lui dire que manger moins vite réduit le risque d’étouffement et de brûlure* proposa mentalement Cassiel à sa daemonienne.

L’oiseau avait terminé son repas et lissait son plumage en admirant son reflet dans la fenêtre du bureau.

*Laissons la sélection naturelle faire son travail* répondit Estelle, arrachant un sourire au geai.

Vers la fin de l’après-midi, aucun membre de leur petit groupe ne semblait conserver l’espoir de voir leur séance de travail se conclure sur une réussite. Les documents vérifiés s’empilaient et les vidéos défilaient sans aucun résultat probant. Quand elle verbalisa sa frustration, jetant son dévolu sur Merkeley Papers and Co. et leur improbable commande de post-its, elle fut surprise de voir Ryan se figer devant elle pour la dévisager. Sérieusement inquiète de le voir soudain silencieux – c’était si rare – elle fronça les sourcils.

– … tout va bien Ryan?

Il lui demanda confirmation au sujet de Merkeleys Paper and Co. Sceptique, Estelle hocha la tête, puis lui tendit la feuille en question. Ryan entreprit des recherches frénétiques à travers ses propres dossiers. La blonde se cala confortablement dans sa chaise, croisa les bras et observa le manège de son collègue, intriguée par cette soudaine agitation. Peut-être avait-il enfin trouvé une piste? Ou alors les longues heures de visionnement qu’il venait de terminer lui avaient grillé un ou deux neurones? Contre toute attente, la première option fut la bonne. Ryan poussa une exclamation qui la fit sursauter, levant les bras au ciel en signe de victoire. Lorsqu’il revint vers elle, c’était avec un dossier dans les mains, celui d’un dénommé Jason Walker.

Oubliant la fatigue, la frustration et l’amertume qui la rongeaient depuis le début de cette pénible journée, Estelle se leva prestement pour rejoindre Ryan de son côté du bureau. Un sourire satisfait s’étira sur son visage au fur et à mesure que l’agent lui résumait le glorieux parcours de leur suspect.

– Ça y est!

Leur travail portait enfin ses fruits. Elle ne pouvait s’empêcher de se laisser gagner par l’enthousiasme contagieux de son collègue, jusqu’à ce que Ryan, téléphone à l’oreille, se tourne vers elle pour l’embrasser sur le front. C’était si inattendu qu’elle ne réagit pas tout de suite, elle se figea plutôt sur place et cligna des yeux. Le temps qu’elle comprenne ce qui venait de se passer, Ryan avait sautillé en dehors de la pièce et s’entretenait déjà avec leur supérieur.

– C’est… dégoûtant, marmonna Estelle en se frottant le front avec sa manche pour en chasser la sensation des lèvres de Ryan contre son visage.

Certaines personnes ont une bulle d’espace personnel beaucoup plus grande que d’autres et Estelle faisait partie de ce groupe. Étrangement, cet espace doublait de volume en présence de Ryan. Elle chassa un frisson qui lui chatouillait les épaules, puis reporta son attention sur le dossier laissé ouvert sur le bureau, ignorant les ricanements de Cassiel en arrière-plan. Elle parcourut les fichiers, décortiqua le CV du charmant jeune homme qu’était Jason Walker. Alors que Ryan continuait de déverser sa joie sur le pauvre Gary, elle se pencha et sortit ses propres dossiers de sous la table. Le nom de Jason Walker lui rappelait vaguement quelque chose. Elle ouvrit son sac et en sortit un rapport d’enquête sur une cellule criminelle démantelée un an plus tôt, résultat d’une fructueuse collaboration entre le Conseil et la police de Perth. Elle feuilletait la liste des suspects innocentés lorsque Ryan revint dans la pièce.

– Le petit Jason avait plusieurs amis qui sont aujourd’hui en prison. Comment on a pu passer à côté de ça aussi longtemps?

Il y avait dans sa voix une légère irritation. Ryan avait fait un lien là où elle-même n’avait rien vu, même si, selon les termes qu’il avait employés, c’était elle le « génie ». Ce grand adolescent n’était peut-être pas aussi incompétent qu’il aimait le laisser paraître, au final. Sans vouloir l’avouer, Estelle était plutôt impressionnée.

Elle leva les yeux vers Ryan, curieuse de connaître le résultat de son appel précipité.

– Alors?
  
MessageMar 24 Oct - 22:33
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Gary est le patron de Ryan depuis qu'il a commencé à travailler pour le FBI, soit 18 ans plus tôt. Ils se connaissent donc particulièrement bien, et il n'a pas fallu 6 mois au début de leur relation pour que Garry ne se formalise plus du manque de respect de Ryan pour la politesse des grades et l'étiquette du bureau. Aussi, il ne se formalise pas lors qu'après avoir décroché et sorti son "Garry Holfmann, FBI?", Ryan lui répond sans formalité aucune :

▬ Dude, je croyais jamais pouvoir aimer autant les post-its, attend que je te raconte ça...

Ryan lui raconte brièvement les détails de l'enquête pour lui permettre de replacer le dossier. Contrebande et détournements de fonds présumés par un groupe agressif envers les daemoniens dans leurs propos sur les médias sociaux, possibilité de possession d'armes et d'un éventuel attentat... Il ne faut pas longtemps à son supérieur pour se rappeler par lui-même des autres détails. Ryan lui annonce ensuite la bonne nouvelle qu'ils ont enfin trouvé une preuve de la contrebande et par la même occasion l'un de leurs lieux de fourniture d'armement.

Ryan entend son patron lâcher une exclamation de contentement et d'excitation à l'autre bout du fil et sourit. C'est leur meilleure nouvelle depuis des semaines à tout les deux.

Le détective voit Jay arrivé dans le salon et décolle son oreille de son portable avant d'appuyer sur la touche hautparleurs. Ils discutent tous trois un peu plus avant des détails puis de la suite des opérations et l'appel se termine sans que le sourire victorieux n’ait eu le temps de s'effacer du visage de Ryan.

Il retourne dans son bureau où Estelle rassemble de nouvelles informations, mais ne se rassoit pas. Il attrape plutôt sa veste de cuir qu'il enfile tout en répondant à sa question.

▬ On a le feu vert d'en haut pour nous rendre sur les lieux en reconnaissances. Attrape ta veste, on y va.

Il ressort de la pièce sans s'assurer qu'elle le suit. De toute façon, il n'a absolument aucune intention de reposer ses fesses sur cette foutue chaise tant que ce ne sera pas entièrement nécessaire. Élevant la voix pour s'assurer qu'elle l'entend depuis l'autre pièce, il poursuit.

▬ La police de Merkeley est mise au courant au moment où on se parle,
et Garry leur fait envoyer quelques patrouilles dans le coin de l'entrepôt. S'il y a quoi que ce soit, ils seront sur les lieux avant que ces pseudo néo nazis aient pu réaliser ce qui leur arrive.


Joyeux comme un gamin à qui on vient d'annoncer qu'ils vont à Disneyland, Ryan se rend dans sa chambre, accroche son badge ainsi que son arme de service à sa ceinture, puis retourne dans la pièce principale.

▬ On ne va que vérifier le coin. Si la voie est libre, Garry m’envoie un mandat de perquisition pour qu'on puisse inspecter l’entrepôt, donc il ne devrait pas y avoir de danger.

Il hésite une fraction de seconde, connaissant sa propre réaction si quelqu'un osait lui dire la même chose, mais Estelle n'est ni officiellement dans le FBI ou la police ni formée pour ce genre d'opérations. Il a beau agir comme un grand gamin la moitié du temps, s'il y a bien quelque chose avec laquelle, Ryan ne plaisante jamais désormais, c'est bien la sécurité des autres.

▬ Si tu préfères rester ici et continuer à bosser sur le dossier, je peux me débrouiller seul. Pareil une fois sur les lieux, si tu préfères rester dans la voiture que venir à l'intérieur.

Son ton est du même coup beaucoup plus sérieux et il est impossible de se méprendre sur la sincérité de ses propos. Il ne veut ni se moquer ni se débarrasser d'elle.

Au fond de lui, il préfèrerait qu'elle reste ici. Il n'a jamais effectué de mission terrain avec elle et ignore comment elle réagirait en situation problématique, ce qui ne lui plait pas. Il est responsable d'elle, hors de son bureau, et le souvenir de la mort de Felix lui brule toujours la poitrine comme une marque au fer rouge. D'autant plus que s'ils s'entendent aussi bien sur le terrain qu'entre deux piles de paperasse et qu'elle choisit de n'en faire qu'à sa tête sans lui obéir si une merde se présente... les choses pourraient rapidement mal tournées.

Garry lui a néanmoins demandé de l’amener avec lui. Encore une tactique pour lui faire progressivement accepter l'idée de travailler avec un nouveau partenaire, c'est aussi évident que le nez au milieu de son visage... Ryan s'y est d'abord opposé, mais Garry l'a menacé de ne pas lui envoyer son mandat de perquisition s'il s'entêtait, aussi le détective n'a pas vraiment eu le choix.

Tu t'en fais trop pour rien, Ryan. Comme tu lui as dit, c'est une mission de reconnaissance. Vous n'entrerez pas à la James Bond si vous voyez des types armés à l'intérieur, franchement! Et puis, s'il y a au moins une chose que tu ne peux pas reprocher à Estelle, c'est bien d'être professionnelle, non? Elle n'ira pas faire de bêtises, ça va rester ton domaine.

Ryan envoie un regard agacer à sa daemonne qui les attend sur le pas de la porte, finit d’enfiler ses souliers puis attrape ses clés.

▬ On prend ma voiture.



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MessageVen 24 Nov - 21:01
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Ryan ne tenait plus en place. Estelle sentait son enthousiasme contagieux emplir l’air de l’appartement au fur et à mesure qu’il dévoilait leur découverte à Gary. Lorsqu’elle le vit revenir avec un sourire radieux au visage, elle sut d’emblée que le patron lui avait donné le feu vert pour intervenir. C’était prévisible. Elle ne connaissait pas beaucoup leur supérieur, mais elle se doutait qu’il ne laisserait pas filer une telle chance de mettre des bâtons dans les roues d’un groupe haineux et potentiellement dangereux. Ryan ne tarda pas à le lui confirmer, ce qui arracha à la blonde un nouveau sourire satisfait. Leur interminable enquête semblait enfin aboutir quelque part et le fait de savoir que leurs efforts des derniers mois allaient finalement payer la soulagea d’un poids immense.

Cependant, s’il y avait bien une chose qu’elle n’avait pas prévu, c’était que Ryan l’invite à visiter l’entrepôt avec lui. Lorsqu’il lui ordonna de prendre sa veste, elle se figea de surprise. C’était bien la dernière chose à laquelle elle s’attendait de la part de son collègue. Gary était très probablement derrière tout ça, elle connaissait assez Ryan pour se douter que l’idée ne venait pas de lui. Elle n’était pas une agente et elle doutait fortement de son utilité sur le terrain, mais si tels étaient les ordres de leur supérieur, ni elle, ni Ryan n’avaient le pouvoir de protester. Gary savait se montrer particulièrement convainquant.

– Euh, d’accord, oui, balbutia-t-elle en ramassant ses papiers et en les rangeant prestement dans son sac.

Pressé de prendre l’air, Ryan avait déjà quitté le bureau et la briefais depuis la pièce voisine. Tout en rassemblant ses affaires, Estelle tendait l’oreille, analysant et mémorisant toutes les informations que lui balançait son collègue. Elle sortit du bureau à son tour, au même moment où Ryan passait la porte de sa chambre. Elle rejoignit l’entrée et déposa son sac au sol, le temps d’enfiler sa veste. Son regard se posa sur l’arme de service que l’agent avait fixé à sa ceinture. Les paroles de Ryan se voulaient rassurantes : la police ferait le ménage avant leur arrivée et les risques d’une altercation étaient minimes, mais malgré tout, la vue du pistolet parvint à arracher un léger frisson à la blonde. Peut-être Ryan sentit-il sa nervosité, puisqu’il lui assura qu’elle pouvait rester à l’appartement si elle préférait.

Estelle considéra sérieusement cette possibilité pendant une longue seconde. Elle n’avait pas été formée pour intervenir sur le terrain. Depuis toujours, son rôle se résumait à chercher des informations, à dénouer des intrigues en restant cloîtrée entre quatre murs. Elle avait déjà rencontré des suspects en environnement contrôlé, mais jamais elle ne s’était retrouvée exposée comme elle s’apprêtait à l’être, face à des gens dangereux, qui plus est. Bien sûr, la police s’occupait à l’instant de sécuriser l’endroit avant leur arrivée et Ryan semblait tout à fait apte à se défendre, mais malgré l’air neutre qu’elle s’efforçait d’afficher, elle demeurait sceptique. Pourquoi donc Gary tenait-il à ce qu’elle accompagne Ryan? Elle secoua finalement la tête, balayant de façon plus ou moins efficace les craintes qui la tenaillaient. Si elle pouvait être utile d’une quelconque façon dans cette mission, alors elle irait. Elle se racla la gorge en croisant brièvement le regard de l’agent.

– Merci, lui assura-t-elle avec la même sincérité dont il avait fait preuve. Je viens avec toi. Je verrai si je t’accompagne plus loin une fois sur place.

Un sourire se fraya un chemin sur son visage alors qu’elle ajoutait :

– De toute façon, je n’ai pas besoin de sortir de la voiture pour savoir ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment.

Elle ne protesta pas lorsque Ryan affirma qu’ils prendraient sa voiture. Pour une fois dans sa vie, il semblait savoir ce qu’il faisait… contrairement à Estelle. Cette constatation lui arracha un léger froncement de sourcils alors qu’elle le suivait à l’extérieur. Laisser Ryan prendre les commandes n’était probablement pas une bonne idée, mais il était sans contredit le plus expérimenté pour ce genre d’intervention. Elle le suivit donc jusqu’à la voiture, non sans une pointe d’agacement. Une fois assise sur le siège passager, elle fouilla dans son sac alors que son collègue prenait le volant. Elle s’empara du dossier de Merkeley Papers and Co., qu’elle balaya des yeux.

– L’entrepôt compte trois quais de chargement à l’arrière, reliés à trois espaces de stockage séparés. La commande de « post-its » a été déchargée au quai numéro un. Si on veut savoir ce qu’il y a dans ces caisses, c’est là qu’il faut aller. Le bureau est juste à côté, dans un bâtiment à part. On y trouvera probablement des documents intéressants.
– De quoi enrichir nos archives déjà bien garnies, souligna Cassiel.
– Au moins, on sait où chercher maintenant, répliqua Estelle.

Fini, les interminables séances de recherche. La découverte de cette piste venait de faciliter leur fastidieux travail. Estelle n’allait pas s’en plaindre. En fait, malgré les circonstances, elle était particulièrement heureuse de sortir enfin de ce bureau décidément trop petit pour Ryan et elle. Son collègue semblait partager sa joie. Au moins, ils s’entendaient sur quelque chose.
  
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