Un malheur n'arrive jamais seul [Ryan]

 
  
MessageJeu 9 Juin - 20:55
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Date d'inscription : 04/05/2016Nombre de messages : 88Nombre de RP : 28Âge réel : 29Copyright : Aki *-* Avatar daëmon :
Evelyne FraserNothing will be the same...
Il y a des jours où l’on se dit que nous n’aurions jamais dû nous lever. C’était un peu l’impression que me laissait cette journée. Nous avions perdu deux patients qui avaient mal réagi à nos traitements et je n’avais jamais vraiment vécu ce drame qui accompagnait la vie de médecin. J’avais la chance d’avoir un référent qui me faisait assez confiance pour me déléguer des cas. Cependant, cette confiance avait pesé lourd sur mes épaules. J’avais eu la tâche difficile d’annoncer la nouvelle aux proches. Cela avait été plus éprouvant que je ne l’escomptais. L’un de mes patients était le père d’une petite fille d’une dizaine d’années. Le désarroi qui se dessina dans les prunelles indigo de celle-ci me rappela douloureusement ce que j’avais ressenti au décès de ma mère. Je connaissais chaque étape du deuil qu’elle allait devoir vivre. La perte d’un parent à un si jeune âge était quelque chose de tragique, de traumatisant. Je voyais dans son regard qu’elle réalisait qu’elle ne pourrait plus jamais se blottir dans l’étreinte rassurante de son père. Un vide qui ne pourrait jamais être comblé se créait, on apprenait seulement à vivre avec. Parfois, la douleur de cette perte se ravivait, comme aujourd’hui. J’avais l’impression de voir ressurgir le chagrin que j’avais ressenti lors du décès de ma mère, ce qui n’était pas pour améliorer mon humeur.

La mort dans l’âme, je m’étais dirigé vers les proches de mon autre patient. Encore tourmentée par les émotions provoquées par ma précédente consultation, j’annonçai la nouvelle aux parents du jeune homme avec moins de délicatesse. J’eus droit à une explosion de colère de la part du père qui déversa sa haine sur moi en me traitant de tous les noms pendant que sa conjointe se recroquevilla dans son coin pour pleurer. Je supportai sans broncher ses insultes sur mes compétences médicales alors qu’il me prenait comme bouc émissaire de la colère qu’il ressentait face au décès de son fils. Je comprenais sa peine, néanmoins j’éprouvais certaines difficultés à lui servir de punchingball tandis que sa femme avait besoin de son réconfort. Je tolérai encore quelques secondes ses postillons sur mon visage jusqu’à ce que j’entende un nouveau sanglot déchirant de la part de la mère en pleurs. Je ne tardai pas à lui signifier que je comprenais sa colère et son besoin de trouver un bouc émissaire pour la mort de son fils, mais qu’il se trompait de cible. Je lui rappelai qu’il serait plus approprié qu’il console sa femme que m’abreuver de bêtises. Ma réponse ne sembla pas lui plaire puisqu’il continua de me rendre responsable de la situation. Les parents ne devaient jamais avoir à enterrer leur enfant, c’était contre l’ordre naturel des choses.

J’éprouvais beaucoup d’empathie pour ce que vivait cet homme, ce devait être encore plus déchirant lorsque c’était notre enfant qui partait. J’avais déjà été assez malmenée émotionnellement en annonçant à une petite fille le décès de son père, subir la fureur d’un autre parent qui venait de perdre son fils était un peu trop pour moi. Il me fallait tout mon contrôle de moi-même pour ne pas me mettre en colère. Tout en parlant, je devais garder à l’esprit qu’il vivait un drame traumatisant pour un parent. Avec plus d’expérience, j’aurais compris qu’il fallait que j’argumente le moins possible avec des proches en peine et d’éviter d’étirer le discours plus que nécessaire. Ma raison obscurcie par l’émotion et l’injustice de me voir accusé de quelque chose sur lequel je n’avais aucun contrôle. Je tentai de raccourcir le débat en lui exprimant mes condoléances, ce qu’il ne tarda pas à me recracher au visage. Si au départ, il insultait la profession que j’exerçais, ses injures s’adressèrent à ma personne. Je m’immobilisai à cet affront absolument injustifié. J’allais lui répondre vertement que son deuil n’excusait pas qu’il s’en prenne à moi directement. Je fus sauvé d’une bévue monumentale par sa conjointe qui l’enjoignit de cesser de se ridiculiser et d’injurier les gens qui avaient donné à leur fils une fin de vie digne. Je m’empressai de sortir de la pièce, soulagée de l’échappatoire qu’elle venait de m’offrir. Je m’appuyai contre le mur, prenant une grande inspiration pour ne pas éclater en sanglots.

- Il s’en est fallu de peu, dit doucement Cayan. Essaie de ne pas argumenter avec les proches de tes patients, ils vivent un deuil et certains le manifestent de cette façon.
- Je sais que tu as raison, mais c’est tellement injuste que je ne peux pas m’empêcher de me défendre, rétorquai-je la mort dans l’âme.
- Ne perds pas confiance, ce n’est que sa rage et sa tristesse qui parlait, me rassura Cayan. Tu ne t’en es tout de même pas si mal sorti pour une première fois. Je plains surtout sa femme qu’il a laissée à elle-même pour déverser sa colère sur toi. Elle va surement être sa prochaine cible.
- À vrai dire, je ne crois pas que je vais chercher à avoir à nouveau des contacts avec lui pour savoir de quoi il en retourne, soupirais-je.
- Je pense comme toi, bien que la curiosité me dévore, approuva Cayan. Sa femme était tellement gentille avec son fils et toi, que je ne peux m’empêcher d’éprouver de la sympathie pour elle. Lui, il scrutait tes moindres faits et gestes, il remettait sans cesse en doute tes compétences. Il était plus préoccupé par toi que le bienêtre de son enfant.

Un triste sourire étira mes lèvres, je remerciai Cayan de ses efforts pour me remonter le moral. Ses paroles adoucissaient la morsure de la déception que je ressentais à la suite de mes mésaventures hautes en émotions. Je ne restai pas plus longtemps dans le coin, j’avais d’autres patients à aller voir. Cependant, j’eus l’impression que la journée ne fut qu’une succession de malchance en tout genre. Je fus donc soulagé lorsqu’enfin je pus reprendre le chemin de la maison. Compte tenu de mon statut d’interne, je ne me concentrais pas seulement sur l’oncologie ce qui faisait que je pouvais m’occuper de certaines urgences. De ce fait, il m’arrivait parfois de finir plus tard que d’ordinaire. Le trajet d’autobus entre Perth Amboy et Merkeley se fit dans le silence le plus complet. Je débarquai à l’arrêt, après cela j’avais 5 ou 10 minutes de marche supplémentaire avant de rejoindre mon appartement. La malchance qui semblait s’acharner sur moi se manifesta de nouveau sous les traits de jeunes hommes à l’allure peu recommandable. Je jetai quelques coups d’œil par-dessus mon épaule, m’apercevant qu’ils me suivaient depuis que j’étais débarqué de l’autobus. Je remarquai la présence de leur daemon respectif, l’un étant accompagné d’un coyote alors que l’autre d’une hyène. Je surveillais régulièrement mes arrières tandis que je sentais qu’ils se rapprochaient tranquillement. Je les entendis échanger des messes basses et ricaner dans mon dos, ils préparaient surement un coup tordu qui me concernait. Je ne tardai pas à savoir la nature de leur intention quand l’un d’eux se plaça devant moi, entravant mon chemin, alors que l’autre demeurait derrière moi. Ils affichaient un air goguenard qui m’horripila au plus haut point.

Cayan, qui d’ordinaire était d’un calme exemplaire, était sur le qui-vive. Il percevait très bien la précarité de leur situation. Les deux daemonnes le scrutaient, prêtes à intervenir s’il faisait un geste pour défendre sa daemonienne. Sa stature et sa force constituaient un avantage indéniable. Cependant, ses vis-à-vis étaient plus vives que lui. Il aurait eu plus de chance s’il n’avait eu qu’une seule des deux faces à lui. Il maudit son embonpoint qui le ralentirait sans doute, il regrettait de ne pas avoir écouté plus attentivement les recommandations de l’Écossaise. S’ils sortaient de cette mésaventure indemne, il se fit le vœu pieux de commencer à faire du sport. L’ours kermode analysa la situation, échafaudant une stratégie efficace pour éviter d’être surclassé. Il devait mettre l’hyène hors d’état de nuire en premier, la force de sa mâchoire constituait la plus grande menace. Il n’avait vraiment pas envie de gouter à la médecine d’une morsure de cette mégère.

- Hey la belle, ça te dirait de te faire un peu d’argent, m’accosta celui qui semblait être le chef.


Le coup d’œil dont il me gratifia ne laissait planer aucun doute sur les services pour lesquels il entendait me payer. Le gloussement ridicule de son comparse me donna un haut-le-cœur. Ma mauvaise humeur atteignit son comble, j’avais encaissé les mésaventures en tout genre sans broncher, je n’allais pas rester les bras croisés.

- C’est pas écrit : je suis une pute dans mon front, rétorquai-je d’un air bravache. Si tu veux un jour pouvoir procréer en toute sérénité, tasse-toi de mon chemin.


Cayan me jeta un coup d’œil à la fois admiratif et découragé par ma témérité. Je n'avais peut-être pas assez froid aux yeux, j'aurais pus me montrer un peu plus courtoise. Ma journée éprouvante avait mis à rude épreuve ma patience déjà limitée. Les deux hommes se rapprochèrent dangereusement. Je percevais clairement l’odeur d’alcool et de sueur qui suintait de leurs pores. Leur insistance m’horripila, stimulant le monstre qui sommeillait.

- C’est le bon moment pour le laisser aller, me souffla mentalement Cayan percevant le tumulte. Si seulement tu pouvais le contrôler juste pour leur faire un peu peur.
- Ce ne serait pas pour leur faire une petite frayeur que j’utiliserais le plasma, mais pour bruler l’appendice ridicule qui pend dans leur pantalon, rétorquai-je par la même voie.
- Ce serait aussi une bonne idée, ricana Cayan. Ça serait la suite logique des choses, compte tenu de tes précédentes menaces. Je ne jetterais pas la pierre.


Le corps tendu, prête à riposter, je soutins sans broncher leur regard lubrique. Je me remémorai chacune des leçons d’autodéfense de mon père.

- Pas obliger de te montrer si offensante, c’est une proposition honnête, rétorqua l’idiot libidineux. Tu te laisses toucher un petit peu, tu prends ton pied même et on te paye généreusement. Il y a des choses pires que ça dans la vie.


Tout en me faisant cette suggestion, il me montra une liasse de billets de banque assez conséquente.

- Ça ce n’est qu’un acompte, tu auras le double après, ce n’est pas si mauvais que ça, proposa-t-il se croyant d’une magnanimité sans égale.
- Non, mais t’es sourd ou quoi, je ne suis pas intéressée, m’impatientais-je. C’est pas quelques billets de banque qui vont me faire changer d’idée. Retourne sur internet t’amuser avec ta main, elle te sera toujours fidèle.
- Mais c’est que t’as la langue bien pendue, la belle, ajouta celui qui se trouvait derrière en ayant un geste déplacé. Tu ne devrais pas t’en servir de cette façon, si tu vois ce que je veux dire.


C’en fut trop pour moi, après la journée exécrable que je venais de passer, je n’étais pas d’humeur à subir leur attention déplacée. J’allais leur faire ravaler leurs paroles. Saisissant mon intention, Cayan se prépara à riposter à son tour. Ils étaient encore à ricaner de leur blague stupide tandis que ma moitié et moi bondîmes à l’unisson. Cayan lança un coup de patte sur l’hyène, la prenant par surprise. Quant à moi, j’assommai celui qui se trouvait derrière moi à l’aide de mon coude sur le nez. Il brailla aussitôt de douleur, pendant que son comparse me fixait les yeux écarquillés me mettre en position de défense. D’un mouvement vif, j’allais lui faire subir le même sort, lorsqu’il leva la main vers moi. Une espèce de fil collant sorti de sa paume pour s’enrouler autour de moi. Brusquement ralentie dans mon élan, je perdis l’équilibre et m’étalai au sol. Je ressentis une vive douleur dans ma cheville droite, mais je ne m’y attardai pas. Je me débattais tant bien que mal pour me libérer des fils qui m’emprisonnaient peu à peu de leur étreinte. Réduite à l’impuissance, je maudis mon incapacité à utiliser mon pouvoir qui m’aurait été bien pratique. Je le sentais bouillonner de plus belle, mais je n’arrivais pas à le matérialiser convenablement.

Cayan, aux prises avec les deux daemonnes, regrettait de ne pouvoir aider sa daemonienne. L’hyène s’était rapidement relevée de son coup. Il ressentit une vive douleur à la patte arrière droite, sachant aussitôt que Evelyne venait de se blesser. Il vit le comparse au nez saignant rejoindre son ami au fil d’araignée. La jeune écossaise était vraiment en mauvaise posture. Il redoubla d’ardeur pour se débarrasser du coyote et l’hyène. La colère impuissante décuplant la force et la vivacité de l’ours, les deux comparses peinaient à contenir l’ursidé soudain déchainé.

La précarité de ma situation faisait renaitre une panique sourde que je n’avais pas ressentie depuis longtemps. Mon souffle se fit haletant alors que je notais que les deux silhouettes se tenant au-dessus de moi. Cette vision avait quelque chose d’étrangement familier. La peur s’insinuait dans mes veines répandant son venin paralysant. J’avais l’impression de revoir mon ex-conjoint se dresser en haut de mon corps tremblant. Je revivais chaque coup avec une acuité que le temps n’avait pas estompé. Pendant quelques secondes, je redevins l’adolescente vulnérable que j’étais. Je tressaillais convulsivement dans l’anticipation d’un contact indésirable. La muraille que j’avais construite autour de mon âme meurtrie s’effondrait comme un château de cartes, alors que mon passé me hantait à nouveau. Soudain, je ressentis un élancement dans la nuque, au même instant mon daemon gémit de douleur. Cela me fit sortir de ma torpeur. Cayan se battait comme un beau diable pour venir à ma rescousse, je ne devais pas m’abandonner à la peur. Malgré les entraves à mes mouvements, je me débattis de plus belle pour me libérer sans me soucier de la douleur à ma cheville. Je ne retomberai sous l’emprise malveillante d’aucun homme. Celui qui avait un pouvoir qui s’apparentait à l’homme-araignée se pencha sur moi. J'utilisai la seule arme à ma disposition, mon franc-parler. Ce n'était peut-être pas la chose la plus judicieuse à faire, mais ce serait mieux que de me taire et me laisser faire. Peut-être que quelqu'un interviendrait en m'entendant.

- Hey Spiderman, on n’est pas dans Fifty shade of Grey, le sadomasochisme ce n’est vraiment pas mon truc, lui lançai-je en me tortillant de plus belle pour échapper à son contact.
  
MessageVen 10 Juin - 5:58
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 575Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Un Malheur n'arrive jamais seul
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ Evelyne Fraser & Cayan



You don't mess with the Beatles



La journée a été longue. Beaucoup de paperasse, un nombre incalculable d’appels téléphoniques, dont la moitié n’ayant reçu aucune réponse, aucune action ni réelle avancée dans ses dossiers de surveillance… Et en bonus, un sacré mal de dos. Bref, une journée de merde. Rester assis à un bureau plus d’une dizaine d’heure, avec seulement quelques pauses pour se resservir du café ou se faire réchauffer les pâtes de la veille, ce n’est définitivement pas fait pour lui.

▬ Tu aurais fait un horrible comptable, je te l’accorde.
▬ Et toi une beaucoup trop efficace. C’est à croire que tu sors du crane d’un autre.
▬ Nan en fait c’est logique, je suis partie avec toute la matière grise.
▬ Tss. Allez, bouge tes grosses fesses d’intello, tu perds le rythme.

Jay lance un regard de défi à son daemonien et accélère sa course, distançant Ryan. Ce dernier maintient son rythme régulier de course, mesurant chacune de ses respirations, et secoue la tête avec un faux agacement et un petit air supérieur.

▬ Te force pas, le cabot, j’ai pas envie de te retrouver dans deux coins de rue en pleine crise cardiaque, je te rappel qu’on y passerait tous les deux.

Jay rit, sarcastique, comme si Ryan vient de lui sortir la pire des absurdités. Elle ralentit néanmoins l’allure, stabilisant elle aussi son rythme de croisière. Elle est plusieurs mètres devant Ryan et il ne l’aperçoit que lorsque la lumière des réverbères se pose régulièrement sur sa fourrure noire et feu de Berger allemand.

Ryan sourit. Il adore courir avec sa daemonne. En temps normal, leur conversation se déroule à haute voix, mais question de ne pas nuire à leur exercice quotidien, la course est l’un des seuls moments où ils communiquent longtemps par pensées. Enfin, depuis la révélation de 2011. Après celle-ci, la communication télépathique entre eux est restée un outil pratique, mais a perdu sa nécessité d’autre fois. Retrouver cette proximité qui caractérisait principalement leur relation avant a un petit quelque chose de nostalgique.

Ryan ne regrette rien de cette époque, bien au contraire, puisque lui et Jay sont beaucoup plus heureux désormais qu’ils n’ont plus besoin de se cacher. Néanmoins, il avait l’impression d’être plus proche d’elle, plus en symbiose, lorsque tous leurs conversations, sentiments et pensées étaient partagés, communs, soit ce qu’elles étaient avec la nécessité d’exister réellement et uniquement pour eux deux.

Ryan se rend bien compte qu’avec l’âge et le temps, il est de moins en moins fusionnel avec Jay. Ce n’est pas une mauvaise chose, mais la symbiose a un petit quelque chose de… réconfortant. Et Dieu sait à quel point, avec toute la merde dans sa vie, et même s’il ne l’avouera jamais à haute voix, ce réconfort lui est précieux.

Ryan sent que Jay a capté une partie de ses pensées, ou du moins son sentiment, puisque subtilement, la daemonne lui ouvre son esprit pour qu’il puisse ressentir sa présence, son affection, son attachement au-delà des mots. Elle est là. Peu importe ce qui se passe ou se passera, peu importe où ils sont, elle est là et restera là. Il le sait, elle n’a pas besoin de le lui rappeler. Il est là, lui aussi. Toujours. Mais de se le rappeler de temps à autre, sans avoir besoin d’utiliser des mots pour que Ryan vienne ruiner le moment avec une connerie fait du bien.

L’homme attrape son iPod d’une main, sans ralentir l’allure, et fait rapidement défiler la liste des artistes jusqu’à arriver aux Beatles. Il sélectionne l’album « Please Please Me », appuie sur play et remet l’objet dans sa poche. Les deux écouteurs dans ses oreilles se mettent alors à hurler les premières notes de « Twist and Shout », seul son maintenant audible dans son univers. Un sourire s’étire sur ses lèvres et il cale son rythme de course sur celui de la musique, bâtant également celui-ci de la tête.

Well, shake it up, baby, now. Shake it up, baby!
Twist and shout. Twist and shout!
C'mon c'mon, c'mon, c'mon, baby, now. Come on baby!
Come on and work it on out. Work it on out!


Le soleil est déjà couché et les rues de son quartier résidentiel sont pratiquement désertes à cette heure tardive. C’est l’idéal. Vêtu d’un simple t-shirt, d’un sweatshirt noir et de pantalons de sport, Ryan est en pleine séance de sport quotidienne. Depuis des années, la course est devenue un rituel, un passage obligé dans ses journées, question de garder le peu de santé d’esprit qu’il lui reste. Sans la course, il deviendrait complètement marteau entre les diverses exigences de son boulot 24h/24. Qui a dit qu’être un agent détective du FBI était un boulot facile et reposant ?

Jay, qui a pris de l’avance, ralentit soudain. Ryan sent sa tension avant même de l’entendre l’appeler mentalement et sait que quelque chose cloche. La chienne ayant pris un tournant qui leur permet de faire une boucle pour rentrer à leur appartement, il ne la voit plus. Ryan accélère le pas pour la rattraper en même temps qu’elle lui transmet les images de ce qui se déroule de l’autre côté de la rue devant elle.

You know you twist your little girl. Twist, little girl!
You know you twist so fine. Twist so fine!
Come on and twist a little closer, now. Twist a little closer!
And let me know that you're mine. Let me know you're mine!


Ryan arrache ses écouteurs, jurant entre ses dents contre les types responsables de lui faire manquer l’apogée de sa chanson. L’adrénaline se met à pomper à plein régime dans ses veines et Ryan est étrangement divisé entre plusieurs émotions. D’un côté, l’excitation et l’adrénaline d’un peu d’action sont les bienvenus dans son nouveau quotidien trop tranquille, mais de l’autre, il lui est impossible de réellement se rejoindre de la scène qui lui communique Jay. La colère, le dégout et le sentiment d’urgence sont plus forts.

Enfin, il débouche sur la rue. Trois daemons se battent férocement, une hyène et un coyote contrent un ours qui semble en bien mauvaise posture. À peine deux mètres plus loin, une jeune femme blonde, probablement la daemonienne de l’ours, est étendue au sol, se débâtant comme une furie contre un homme au-dessus d’elle. Un second agresseur se tient non loin.

Ryan et Jay n’ont ni besoin de réfléchir ni de se consulter sur la marche à suivre. D’ailleurs, Jay a déjà de l’avance sur lui et avale en quatrième vitesse les derniers mètres la séparant de la scène. Elle se jette tel un boulet de canon sur la daemonne coyote, libérant ainsi l’ours de l’un de ses deux adversaires. Prise par surprise, le coyote se retrouve projeté au sol. Jay est légèrement moins imposant qu’elle, mais la chienne a une formation en combat et de l’expérience en plus de l’avantage de l’effet de surprise. Elle la maitrise rapidement, ayant retourné l’autre canidé sur le dos dans sa chute et lui tenant maintenant la gorge entre ses crocs pour l’empêcher de bouger.

L’homme penché au-dessus de la jeune femme sursaute soudain, surpris par l’attaque de sa daemonne, et tourne la tête dans la direction de celle-ci pour tenter de comprendre ce qui se passe. Ryan, qui arrive en courant, lance avec colère et dédain :

▬ Hey! Asshole!

L’homme, pris de court, se retourne au moment où Ryan arrive sur lui pour lui abattre son poing sur la mâchoire. Dans son élan, Ryan ne peut s’arrêter net, et plutôt que de chuter ou percuter la jeune femme au sol, il attrape l’agresseur par le collet et l’entraine s’écraser sur l’asphalte avec lui, libérant l’inconnue au passage. Du moins, partiellement. Ryan fronce les sourcils alors qu’il lance un regard vers elle pour s’assurer qu’elle n’a rien. Elle est recouverte d’une sorte de toile de fils collant, semblable à ceux d’une toile d’araignée, ce qui l’empêche de bouger. Ryan lève les yeux au ciel. Ce type ne pouvait pas se contenter d’être un trou du cul, il fallait en plus qu’il soit une imitation douteuse de Spiderman. Ryan marmonne entre ses dents.

Ryan se redresse rapidement sur ses pieds, se retrouvant maintenant entre la jeune femme et les deux hommes. Il s’est éraflé la main et le côté de la mâchoire droite contre le bitume, mais mis à part une sensation de brulure, il n’a rien de grave. Le souffle court, Ryan se met en position défensive. Il secoue la tête et, avec son impertinence habituelle, leur lance :

▬ Honnêtement, j’ai toujours préféré Batman.

▬ Tu te prends pour un héros, connard? Je vais t’apprendre, moi, à te mêler de tes affaires.

Le deuxième homme, probablement celui dont la daemonne est une hyène, s’avance vers lui avec la nette intention de lui remettre la droite que Ryan a collée à son acolyte. Il l’évite d’un effacement d’épaule, geste de base pratiqué depuis qu’il a à peine quatre ans dans ses cours d’arts martiaux. De son autre main, il ne fait que pousser l’autre type sur le côté afin de lui faire perdre l’équilibre.

▬ Ne me tente pas, ce n’est pas l’envie qui manque de vous arracher les bijoux de famille, d'en faire un smoothie et de vous les faire boire avec une paille. La demoiselle ici a dit non. J’imagine que je vous apprends un truc en vous disant que le viol est passible de prison au New Jersey?

Son ton est railleur, mais la voix de Jay qui résonne dans sa tête est plutôt inquiète.

▬ Ne fait pas trop le malin. Ils sont deux et tu as laissé ton arme à la maison.

Le premier des deux hommes s’esclaffe.

▬ Ho, qu’est-ce que tu vas faire hein? Appeler la police?

Le ton est moqueur, ridicule, et son compagnon rit à la « blague ». Ryan fait la moue en penchant la tête de côté, comme pour acquiescer au bon sens de ses paroles.

▬ Well… Maintenant que tu en parles.

Ryan fourre sa main dans la poche de sa veste et en sort son badge. Au moins, ça, il le tient toujours avec lui, contrairement à son arme, beaucoup moins subtile. Il ouvre ce dernier d’un geste brusque d’habitué, exposant les trois lettres du Federal Bureau of Investigation sous le nez des deux pervers qui perdent aussitôt leurs airs suffisants et supérieurs pour blêmir.

▬ Agent Farell, FBI. Vous êtes en état d’arrestation pour agression et tentative de viol. Vous avez le droit de garder le silence, si… Hey! Ho, for God’s sake. Pourquoi ils me laissent jamais finir?

Jay revient au petit trot vers lui, l’air soucieuse, pour s’assurer qu’il n’a rien. Elle a laissé filer le coyote, qui détale maintenant à toutes jambes avec la hyène et les deux daemoniens.

▬ Parce que ce sont des emmerdeurs. Doublés de salauds, ces deux-là.

Ryan acquiesce d’un mouvement de sourcil puis range son badge dans sa poche, uniquement pour en ressortir son cellulaire. Alors qu’il compose le numéro du poste de police le plus près, il s’avance vers la jeune femme et s’accroupit près d’elle. D’un accord tactique, Jay va rejoindre l’ours pour juger de son état. On lui répond rapidement de l’autre côté de la ligne.

▬ John? C’est Farell. J’ai deux types en cavales dans le quartier ouest, sur la 4e avenue, direction Fleury. L’un a une daemonne hyène, l’autre coyote. … Oui, exactement. Pour agression. … Bien sûr, je passerais demain matin. Merci.

Il raccroche puis tourne ses yeux verts dans les prunelles bleues de la jeune femme. Les deux agresseurs n’iront pas loin. Merkeley n’est pas une grande ville, et le sergent John, après que Ryan lui ait décrit brièvement les deux hommes, les a rapidement reconnus, étant visiblement bien connu des autorités locales.

Pendant qu’il parlait au téléphone, il avait rapidement évalué l’état physique de celle-ci. Elle ne semblait souffrir d’aucune blessure majeure, mais elle tenait l’une de ses jambes dans une position étrange, tout cela sans parler de son état psychologique. Malheureusement, le physique passe d’abord, question de savoir s’il doit également appeler une ambulance à la rescousse.

▬ Est-ce qu’ils vous ont blessée? Avez-vous mal quelque part ?




(c) aki' sur Lindwuën Daëmon


P.S. : Désolé pour l'image d'en-tête, j'ai pas pu résister What a Face
  
MessageVen 1 Juil - 4:39
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Evelyne FraserNothing will be the same...
Mes prières furent exaucées, c’est avec un soulagement indicible que je remarquai la présence canine. Un berger allemand se tenait à l’intersection, daemon ou pas, il serait immanquablement accompagné par un humain. Étant donné que je me trouvais à Merkeley, les probabilités que ce soit un daemonien étaient plus élevées. Nullement concerné par la présence du chien, mon assaillant entend continuer son exploration indésirable. L’absence de mon consentement ne semblait pas modifier ses intentions. Un haut-le-cœur me saisit, alors que je sens ses mains indiscrètes tenter de m’immobiliser. Je lui crache au visage, espérant que l’humain ne tarde pas à arriver. J’ai l’impression qu’il s’écoule des heures chaque seconde supplémentaire que je passe à la merci d’un pseudoSpiderman à l’humeur lubrique. Le dégout de subir ces attouchements indésirables agite le monstre qui s’obstine à ne pas se manifester. Pour la première fois depuis sa découverte, je voudrais laisser le plasma se déchainer. Toutefois, je n’arrive à produire aucune particule… L’étendue de mon incapacité à contrôler mon pouvoir me revient en pleine figure, à un moment où j’en ai vraiment besoin. N’eût été la précarité de ma situation, j’en aurais éclaté en sanglot. Seulement, pleurer ne me sortirait pas du pétrin dans lequel je m’étais mise.

Cayan se débattait comme un beau diable aux prises avec deux adversaires. Les lancements à sa patte et sur sa nuque ne diminuaient en rien sa férocité. N’eût été la présence de ces deux fourbes, il se serait déjà porté au secours de sa daemonienne qui avait bien besoin de son soutien. Le placide ours kermode ressentait une colère noire en raison de son impuissance à me protéger contre ces malfrats. Malgré la précarité de sa position, l’ursidé remarqua la présence d’un berger allemand. Semblant attendre quelque chose, Cayan se demanda quelques instants qu’elles étaient ses intentions. Le daemon canin ne tarda pas à être rejoint par un homme. Ils ne tergiversèrent pas longtemps avant de se jeter dans la mêlée. Ma moitié fut rapidement libérée du coyote, à son grand soulagement. Le vent venait de tourner en sa faveur. Pendant que le berger allemand maitrisait l’autre canidé, Cayan pivota vers la hyène qui faisait moins la fière. L’ours bondit sur elle, la saisissant à son tour par la nuque et la maintint au sol. Il ne se gêna pas pour mettre plus que de pression que nécessaire dans l’étreinte de sa mâchoire ! Malgré les glapissements de la hyène, il n’éprouvait aucun regret puisqu’il considérait que c’était un juste retour des choses.

C’est avec soulagement que j’entendis raisonné une voix d’homme. Interrompu dans ses avances indésirables, mon assaillant se tourna pour manger un coup de poing bien senti. C’est non sans un plaisir vengeur que je regardais le poing lui écrabouiller la mâchoire. Mon sauveur l’agrippa pour l’entrainer avec lui et me délester de son poids. Le soulagement est indicible de voir mon intégrité sauvegardée. Le nouveau venu se dresse maintenant entre les goujats et moi-même. Profitant de cette diversion, je tente de me libérer des fils collants, sans grand succès. Je maudis la malchance qui a voulu que je tombe sur un Spiderman au comportement pervers. N’eût été ce désagrément, j’aurais surement éclaté de rire de l’impertinence de mon sauveur. J’aurais aussi mis mon grain de sel dans cet échange fleurissant de sarcasme et d’insultes en tout genre. Alors que je m’efforçai de me libérer de la toile, je sentais ma cheville lancer à chaque mouvement. Je remarquai vaguement qu’elle semblait avoir triplé de volume. Mon esprit embrouillé fit automatiquement le diagnostic d’une cheville foulée.

À mesure que l’adrénaline retombait, le froid m’enveloppa, j’étais agitée de tremblement. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine, alors que mes gestes pour me libérer des fils se firent plus vifs. Je ressentais une angoisse à l’idée de rester prisonnière de cette toile. Je réprimai avec peine le frisson de dégout quand j’eus encore l’impression de sentir les mains baladeuses sur moi. Nauséeuse, je m’efforçai de conserver un rythme respiratoire normal et de ne pas céder à cette panique grandissante. Mon esprit notait tous les symptômes d’un état de choc. Je me remémorai les différentes étapes de la procédure P-O-R-S-H-E qui s’appliquait en pareille matière. Mon cerveau s’y accrochait comme à une bouée de sauvetage pour garder la tête hors de l’eau. De peine et de misère, je réussis à desserrer l’étreinte de la toile. J’en fus grandement soulagée, je laissai échapper un rire nerveux. Reprenant contact avec la réalité, je reportai mon attention sur l’altercation.

Le daemonien se révélait être un agent du FBI. Il faut dire que j’avais vraiment de la chance dans ma malchance. Les deux abrutis ne tardèrent pas à prendre la fuite, suivi de près par leur daemone. Lorsque la hyène s’était débattue, Cayan ne l’avait pas retenu bien longtemps. L’ours kermode n’avait pas un tempérament vindicatif, il ne voyait pas l’intérêt de la maintenir encore, tandis que j’étais tirée d’affaire. Il s’empressa de me rejoindre, le regard torturé par l’inquiétude. Avec la plaie sur sa nuque, c’était plus pour lui qu’il fallait se préoccuper. Pendant que l’agent Farell donnait le signalement des deux malfrats, je sentais son regard évaluer mon état. Je m’efforçai de reprendre une contenance acceptable. Cayan fit un geste pour m’aider à me débarrasser de la toile gommeuse.
- N’y touche pas, c’est très collant, le prévins-je. On risque d’en avoir pour des heures à t’enlever ça. Fudge, je vais devoir jeter ces vêtements, Spiderman les a bousillées. Non content d’avoir attenté à ma pudeur, il a détruit mon linge. Si seulement je l’avais devant moi, je le transformerais en eunuque après d’atroces souffrances.
Je ressentais un besoin irrépressible de parler. Je contemplais la condition de mon uniforme et il me sembla que c’était la fin du monde. Cayan lâcha un petit ricanement en percevant mon état d’âme.
- Tu as plein d’autres uniformes, ce n’est pas un de moins qui va te mettre à la rue, me rassura-t-il avec sa patience habituelle.
Je savais qu’il avait raison, ce n’était qu’un vêtement de travail parmi tant d’autres, mais je n’étais pas encore en état de réfléchir. De ce fait, j’avais l’impression que cette perte constituait un drame insurmontable. M’empêchant de sombrer dans le mélodrame, l’agent Farell s’enquit de mon état. Je pris quelques instants pour revenir à la réalité et me concentrer sur l’inventaire de mes lésions.
- J’ai juste ma cheville qui a triplé de volume, répondis-je. À vu de nez, je crois qu’elle est seulement foulée. Hormis mon uniforme qui est bousillé, je n’ai rien de permanent. La blessure de Cayan est pire que la mienne, je dois l’examiner. Je n’écouterai plus jamais un film qui met en vedette Spiderman.
- Et moi aussi, j’ai toujours préféré Batman, plaisanta Cayan en faisant un clin d’œil aux déclarations de l’agent.
La taquinerie de Cayan eut pour effet de ramener au réel sujet, mon état. Je me relevai péniblement en équilibre sur une seule jambe.
- Est-ce que vous pourriez me raccompagner à mon appartement, j’étais presque arrivée lorsqu’ils m’ont accosté. D’ailleurs, je crois que vous pourriez ajouter aux charges : sollicitation pour des services sexuels, ils voulaient me payer. Je présume que le mot non je ne suis pas intéressée n’existe pas dans leur vocabulaire. J’ai aussi du matériel de soin à mon appartement, je suis en médecine alors une trousse de premiers soins c’est un peu ma bible. J’espère que vous allez attraper ces deux imbéciles, si vous pouviez mettre des punaises de lit dans leur cellule ça me ferait plaisir.
- Evelyne, tu sautes du coq à l’âne, me ramena à nouveau mon daemon. Notre appartement est tout près, nous avons du matériel de soin. Merci à tous les deux pour votre aide précieuse.
- Je crois que j’ai omis de spécifier que j’ai aussi un léger état de choc, ajoutais-je d’un air contrit. J’en ai oublié l’essentiel, merci beaucoup. Sans votre assistance, j’aurais surement pus… rah mais c’est pas vrai je suis sur le point de pleurer juste à y penser.
Je sentais l’émotion remontée alors que j’évoquais la possibilité que ça aurait pus aller plus loin. J’essuyai rageusement les larmes qui menaçaient de s’échapper de mes paupières. Il était hors de question que je verse une seule larme en raison de ces petits cons.
- Ne t’en fais pas Lynou, tu les aurais cramés avant qu’ils puissent découvrir leurs appendices pendouillant, me consola Cayan avec son humour habituel. Je crois qu’on ferait mieux de rentrer, retourner dans tes affaires ne peut que te faire du bien. D’ailleurs, je suis Cayan et elle c’est Evelyne Fraser, ce serait le comble que vous entriez chez nous sans connaitre ne serait-ce que nos noms. Si j’ai bien compris, vous êtes un agent du FBI, nous avons été chanceux de tomber sur vous alors.
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MessageDim 10 Juil - 20:56
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 575Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
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Un Malheur n'arrive jamais seul
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ Evelyne Fraser & Cayan



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▬ J’ai juste ma cheville qui a triplé de volume. À vue de nez, je crois qu’elle est seulement foulée. Hormis mon uniforme qui est bousillé, je n’ai rien de permanent. La blessure de Cayan est pire que la mienne, je dois l’examiner. Je n’écouterai plus jamais un film qui met en vedette Spiderman.

Ryan sourit et d’un ton à demi-humoristique, à demi-rassurant, il rétorque :

▬ Bha, ce n’est pas une grande perte, ils sont nuls de toute façon.

▬ Et moi aussi, j’ai toujours préféré Batman.

Cette fois, le daemonien s’esclaffe de rire. Il hausse un sourcil en direction de l’ours et avant qu’il n’ait pu ajouter quoi que ce soit, Jay le devance sur un ton calme, mais une lueur de malice dans ses yeux sombres.

▬ C’était pile la phrase à dire pour s’attirer les faveurs de l’humain qui me sert de moitié. Il a au moins trois t-shirt de Batman. Et, Ryan, tu as toujours ce vieux slip avec les…

▬ Ok, ok, on a compris l’idée, je suis fan. Vive Batman, à bas, Spiderman. Fin de l’histoire.

Ryan étouffe à moitié une grimace et ajoute à l’intention de sa daemonne en marmonnant entre ses dents :

▬ Et non, je ne l’ai plus, tu l’as déchiré en trois morceaux pendant que j’avais le dos tourné.

▬ Rho, c’est exagéré, il était déjà plein de trous, depuis le temps que tut e le trimbalait.

▬ Il avait une valeur sentimentale, sac à puce! D’ailleurs j’attends toujours que tu me le rembourses.

Je te le rembourserai pas. Je le considère comme un impôt sur la connerie.

Ryan ouvre la bouche, feignant l’outrage plus que ce qu’il ressent réellement, mais la referme sans rien ajouter en secouant la tête. Ce n’est définitivement pas le moment de se laisser emporter par une typique joute verbale avec la chienne. Celles-ci sont récurrentes et tous deux les adorent. Ils font partie de leur quotidien et de cette façon bien particulière qu’ils ont d’être près l’un de l’autre et de s’avouer leur affection. Entre deux grandes gueules, quoiqu’avec des caractères bien différents, le contraire aurait été différent.

Il balaye la question de la main et reporte son attention sur la jeune femme un peu tremblante toujours assise à même le sol. Il allait proposer d’appeler une ambulance ou de la raccompagnée à l’hôpital, mais elle le devance en demandant d’un ton plus ferme que la pâleur de son teint ne laissait présagé.

▬ Est-ce que vous pourriez me raccompagner à mon appartement, j’étais presque arrivée lorsqu’ils m’ont accosté. D’ailleurs, je crois que vous pourriez ajouter aux charges : sollicitation pour des services sexuels, ils voulaient me payer. Je présume que le mot non je ne suis pas intéressée n’existe pas dans leur vocabulaire. J’ai aussi du matériel de soin à mon appartement, je suis en médecine alors une trousse de premiers soins c’est un peu ma bible. J’espère que vous allez attraper ces deux imbéciles, si vous pouviez mettre des punaises de lit dans leur cellule ça me ferait plaisir.

▬ Evelyne, tu sautes du coq à l’âne. Notre appartement est tout près, nous avons du matériel de soin. Merci à tous les deux pour votre aide précieuse.

▬ Je crois que j’ai omis de spécifier que j’ai aussi un léger état de choc. J’en ai oublié l’essentiel, merci beaucoup. Sans votre assistance, j’aurais surement pu… rah mais c’est pas vrai je suis sur le point de pleurer juste à y penser.

Ryan sourit, encourageant, et tente de rendre sa voix la plus rassurante possible.

▬ Hey, ça va aller. Ils sont partis, plus personne ne pourra vous faire du mal, promis.

▬ Ne t’en fais pas Lynou, tu les aurais cramés avant qu’ils puissent découvrir leurs appendices pendouillant. Je crois qu’on ferait mieux de rentrer, retourner dans tes affaires ne peut que te faire du bien. D’ailleurs, je suis Cayan et elle c’est Evelyne Fraser, ce serait le comble que vous entriez chez nous sans connaitre ne serait-ce que nos noms. Si j’ai bien compris, vous êtes un agent du FBI, nous avons été chanceux de tomber sur vous alors.

Ryan offre sa main à Evelyne pour l’aider à se relever avant de répondre.

▬ Sur vos pattes, Bambi! Bien entendu que je vous raccompagne chez vous. Enchanté d’ailleurs. Je suis Ryan Farell, et cette charmante boule de poil se nomme Jay.

Il se tourne vers Cayan, un sourcil haussé.

▬ Vous avez bien compris. C’est un plaisir, et je dois avouer que je ne suis pas habitué d’entendre cette phrase suivant la révélation de mon boulot. Disons qu’être un agent fédéral… C’est comme se masturber dans un avion, c’est plutôt mal vu.

▬ Ryan!

▬ Quoi?

▬ Bon sang, tu pourrais laissé ton manqué de classe à la maison quand on sort, au moins.

▬ C’est une réplique de « Very Bad Trip » !

▬ Ce n’est pas parce que tu sors ça d’un film que c’est décent, hein.

Ryan fait la moue, propose son bras à Evelyne pour l’aider à marcher, mais ne la touchant pas avant qu’elle ne lui en donne l’autorisation. Elle n’est pas la première personne en état de choc qu’il croise au cours de sa carrière ni la première victime d’une agression de quelconque nature. Il a donc appris, à ses propres dépens, depuis longtemps que plusieurs personnes peuvent avoir des réactions violentes vis-à-vis le contact physique par la suite. Reste à espérer que sa précaution suffira à rassurer la jeune femme et calmer son éventuelle réticence, il se voit mal la regarder sauter sur un pied jusque chez elle.

Allons-y, Alonso ! Manquerais plus d’attraper froid, la température s’est grandement rafraichis depuis le coucher du soleil.

Alors qu’il dit cela, le bruit des sirènes de voitures de police se fait entendre. Quelques secondes plus tard, deux véhicules aux phares rouge et bleu passent en trombe devant eux, droit dans la direction qu’ont prise les deux agresseurs et leurs daemonnes. Ryan lance un regard à sa montre, impressionné.

Dis donc, elles sont rapides leurs minutes, on dirait presque des secondes. John m’avais dit qu’il enverrait une patrouille dans une quinzaine. Eh bien, l’efficacité de votre police locale est agréablement étonnante, Evelyne. D’ailleurs, ne vous en faites pas, j’ajouterais toutes les clauses possibles aux accusations contre ces deux imbéciles. Et les punaises sont une excellente idée. Jay, tu te proposes pour les transporter incognito dans ta fourrure jusque dans leurs lits?

▬ Ce n’est pas que l’idée en elle-même me déplaise, au contraire, mais comment est-ce que tu comptes t’y prendre pour que les punaises ne se retrouvent pas également dans TON lit, après coup?

Comment veux-tu que je le sache ? J’suis pas rechercheur. Et puis c’est toi l’intello, non? Tu trouveras bien une solution.

▬ D’abord, on dit « chercheur », pas « rechercheur ». Je ne comprends toujours pas comment tu as pu décrocher un diplôme universitaire.

La chienne secoue la tête, vaguement exaspérée, et Ryan se contente de lui répondre avec un grand sourire. Avec un clin d’œil complice en direction d’Evelyne – toute tentative est bonne pour remonter le moral et changer les idées de quelqu’un -, il change de sujet en lançant sur un ton aussi calme et rassurant que possible :

▬ Montrez-nous le chemin.



(c) aki' sur Lindwuën Daëmon


P.S. : C'est ma participation au défi du mois, du coup... désolé pour l'abondance de conneries What a Face
  
MessageMer 3 Aoû - 17:37
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Evelyne FraserNothing will be the same...
L’agent Farell avait une façon unique de détendre l’atmosphère. Il dégageait un mélange de désinvolture et d’apaisement. Cela me faisait un bien fou qu’il ne me traite pas comme une pauvre victime en s’adressant à moi comme à une enfant. Si ça avait été le cas, j’aurais surement éclaté en sanglot, non pas de peine, mais de rage. Cette hypersensibilité était un symptôme caractéristique d’un état de choc. Compte tenu de ma nature déjà émotive, cela se manifestait à la puissance mille. Lorsque j’évoquai ma volonté de ne plus regarder un film de Spiderman, le daemonien me répondit d’un ton où se mélangeaient humour et calme qui semblait le caractériser. À son avis, ce n’était pas une grande perte pour ma culture personnelle compte tenu de leur piètre qualité. Je n’en attendais pas moins d’un admirateur de Batman. L’allusion de Cayan à sa préférence pour le chevalier noir lui attira l’approbation de l’agent Farell. La daemonne parla plus vite que son humain au grand dam de ce dernier. Selon elle, l’ours kermode venait de mériter immanquablement les faveurs de sa moitié. Le berger allemand évoqua que la garde-robe de son humain qui contenait trois chandails à l’effigie de Batman. Jusque là, ce n’était pas si pire, enfin c’était avant que la daemonne aborde le slip à l’image du superhéros. La crédibilité de l’agent Farell venait d’en prendre un coup. Je fixais l’homme interloqué, jusqu’à ce qu’une vision s’impose à mon esprit. Soit celle de l’agent fédéral, un sous-vêtement trop grand lui pendant sur les hanches, d’une couleur jaune avec un motif de chauvesouris noire. Je fus saisie d’un fou rire qui ne tarda pas à devenir presque hystérique en raison de mon état de choc.

Ryan tenta de se sortir de cette impasse en fermant le débat quant à sa dévotion pour le chevalier noir. Ce fut d’un piètre succès étant donné que le duo démarra une courte joute verbale qui me rappelait celles qui ponctuaient ma relation avec mon propre daemon. J’échangeai un regard complice avec ma moitié. La vue de sa nuque mutilée me ramena à la réalité, ravivant le souvenir de mon agression. Je réprimai un frisson de dégout, éprouvant une forte envie de m’engouffrer dans un bain chaud. Je me morigénai pour ne rien laisser transparaitre lorsque je m’adressai à nouveau à lui. Je n’aimais pas donner l’impression d’être faible. Après Jonathan, je m’étais juré de ne plus permettre à personne de profiter de ma vulnérabilité. Même si je me trouvais en présence de personnes qui ne risquaient pas d’abuser, j’éprouvais certaines difficultés à laisser transparaitre quelconque signe de faiblesse. Je préférais y laisser libre cours dans la solitude. Mon attitude bravache ne m’attirait pas la sympathie, mais plutôt mourir que de me laisser marcher sur les pieds et me manipuler. Aujourd’hui, à mon grand déplaisir, j’étais sur le point de laisser libre-court à ma faiblesse devant quelqu’un. Je tentai d’endiguer ces émotions malvenues en parlant sans cesse, ça n’avait pas été un franc succès puisque j’étais à nouveau au bord des larmes en repensant à ce qui aurait pus se passer sans l’intervention de l’agent fédéral.

Lorsque j’avouai spontanément être sur le point d’éclater en sanglots, Ryan me sourit et s’adressa à moi en adoptant une attitude réconfortante et encourageante. Je ne devais pas être la première personne en état de choc qu’il rencontrait. Il m’assura aussitôt que tout allait bien aller et qu’ils ne pourraient plus me faire de mal. Cayan renchérit à son tour, me tirant un sourire en évoquant que j’aurais surement bruler vif ces deux importuns. Nous savions tous les deux que rien n’était moins certain concernant mon pouvoir. Je ne le contrôlais pas, un peu plus tôt j’avais souhaité laisser libre-court au plasma et je n’avais réussis à produire aucune parcelle de matière solaire. Je savais que lorsque la poussière serait retombée que Cayan repartirait dans l’une de ses sempiternelles lire qu’il faudrait éventuellement que j’apprenne à contrôle le monstre qui couvait en moi. Bien que je répugne à l’admettre, le daemon avait entièrement raison. L’ours kermode proposa avec justesse que nous retournions à mon appartement. Dans mon esprit embrumé par le choc, j’eus une petite pensée pour l’état de propreté de mon logement. Ces considérations étaient ridicules étant donné que j’étais quelqu’un d’assez ordonné. Je m’assurais toujours que mon loyer était impeccable dès que je le quittais. D’ailleurs, nous avions d’autres chats à fouetté que de s’appesantir sur l’état de mon ménage, songeais-je alors que me cheville m’élançait à nouveau.

L’agent Farell m’offrit aussitôt sa main afin de m’aider à me relever. Peu habituée à la galanterie masculine, je regardai quelques instants la paume tendue. Je n’hésitai pas une seconde de plus à saisir cette dernière. Compte tenu de l’état de ma cheville, je me voyais mal couvrir la distance qui restait jusqu’à mon logement. Tout en m’aidant à me relever, Ryan me surnomma Bambi. Je le regardai quelques instants, avant de sourire me gardant de répondre. Il consentit à me raccompagner à mon appartement, ce dont je fus très soulagée. Cayan ne m’aurait certes pas laissé retourner par mes propres moyens, mais compte tenu de sa blessure ça aurait été plus laborieux. Bien que j’aie entendu son nom un peu plus tôt, Ryan se présenta avant de faire de même pour sa daemonne. Celle-ci s’appelait Jay, je fus surprise de voir qu’elle avait un prénom à consonance plus masculine. Il s’adressa ensuite à l’ours kermode, confirmant la supposition de celui-ci sur son métier. Ryan confia qu’il n’était pas habitué à déclencher des réactions positives lorsqu’il révélait la nature de son travail. Il comparait cela à se masturber dans un avion, ce qui s’avérait une comparaison saugrenue pour décrire le degré de réprobation que suscitait sa profession. Jay s’offusqua du manque de classe de son daemonien, elle ne tarda pas à lui faire la morale. Cela déclencha une nouvelle crise de fou rire que je ne parvins pas à réprimer. Je ressentais peu à peu l’effet bienfaisant du rire chasser l’anxiété.
- Il faut dire que les médecins n’ont pas nécessairement meilleure réputation, répliquais-je en me remettant tant bien que mal de mon hilarité. Aujourd’hui, je me suis fait enguirlander par le père d’un de mes patients décédés. Je n’avais pas sauvé son fils, donc j’étais une incompétente qui avait gobé son argent. Sa femme pleurait à côté et lui ne pensait qu’à me couvrir d’insultes. Quand on sauve des vies, on est des héros, mais lorsqu’on n’arrive pas à les sauver on est limite des meurtriers siphonneur d’argent.
Tout en parlant, je saisis le bras qu’il me tendait. Je réprimai un frisson en sentant on contact physique avec un humain, un autre homme qui plus est. Je ne me laissai pas aller à cette peur irrationnelle, elle ne gouvernerait plus jamais ma vie. Je la confrontais avec toute la détermination qui m’animait. Je n’avais rien à craindre de la part de Ryan, me raisonnais-je, il s’était porté à mon secours sans une seconde d’hésitation. J’étais reconnaissante à l’agent de police pour sa prévenance à mon égard, il faisait bien attention de respecter mon rythme. Je balayai d’un revers de main les réticences que je ressentais suite à ma mauvaise expérience. Je ne devais surtout pas tomber dans le piège de mettre tous les hommes dans le même panier. Je ne l’avais pas fait après ma relation désastreuse avec mon ex-conjoint, je ne commencerai pas après cette altercation avec des imbéciles lubriques. Après tout, c’était un peu comme une chute à vélo, il fallait rembarquer le plus tôt possible. Ryan m’encouragea tout en faisant une remarque sur la température qui avait baissé. Selon lui, le coup de froid nous guettait.

À peine avait-il fait cette remarque que les sirènes de voitures de police se firent entendre. Il me sembla que les forces de l’ordre n’avaient pas tardé à se lancer à la poursuite de mes agresseurs. Ce n’était pas moi qui allais m’en plaindre. L’agent Farell sembla se faire la même réflexion que moi puisqu’il jeta un coup d’œil à sa montre, visiblement impressionné. Il fit un commentaire sur leur rapidité, tout en louangeant l’efficacité de la police locale. Il raconta ensuite que son interlocuteur lui avait mentionné que ça prendrait une quinzaine, délai qui semblait avoir été respecté. J’étais grandement soulagée de savoir que bientôt ces scélérats seraient mis hors d’état de nuire. Ryan me rassura quant à la teneur de l’acte d’inculpation qu’il prenait bonne note de tous les chefs d’accusation possibles. Il accueillit ma suggestion des punaises avec enthousiasme. Il trouva rapidement un moyen de les transporter jusqu’aux lits des prisonniers en proposant que ce soit sa daemonne. Cayan et moi échangeâmes un regard amusé. Le plan de Ryan, bien qu’alléchant, comportait quelques lacunes que ne tarda pas à relever le berger allemand. Loin d’être contre l’idée de base, Jay émit quelques réserves sur la garantie que lesdites punaises ne se retrouvent pas dans le lit de son daemon. Son commentaire engendra une nouvelle joute verbale entre le duo. Je les écoutai en riant, m’amusant de leur échange pimenter de taquineries. Pour certaines personnes, l’approche qu’ils avaient adoptée aurait été déplacée, mais pour moi c’était simplement ce dont j’avais besoin. Je ne souhaitais pas qu’on me traite comme une petite chose, au contraire je voulais que l’on soit le plus normal possible avec moi. Encore une fois, il m’évoquait le duo que je formais moi-même avec ma moitié. L’ours kermode ne demeura pas en reste bien longtemps. Il était d’ailleurs étonnant qu’il soit passif aussi longuement.
- Un diplome ça se trouve dans les boites de céréales, plaisanta-t-il à l’intention de la daemonne. Evelyne, je crois que nous avons trouvé nos alter ego, nos âmes sœurs, nos sosies au masculin féminin.
- Je pense qu’on a compris, arrête de faire ta dramaqueen on n’est pas dans un mélodrame, dis-je retrouvant peu à peu mon aplomb.
- Evelyne, tu fais mal à mon petit cœur. Cette fille n’a aucune sensibilité, déplora Cayan. Si vous voulez la vérité toute crue, sans fioritures vous allez en avoir pour votre argent.
- Petit n’est pas un qualificatif qui te sied, rétorquai-je en faisant un clin d’œil à l’ours kermode.
Sur ce dernier échange, j’indiquai à Ryan le chemin vers mon appartement tel qu’il me le demanda. Je réalisai avec horreur que je m’étais fait accoster un coin de rue avant de pouvoir rejoindre la sécurité de mon logement. Même si le trajet menant à mon immeuble est court, j’étais bien heureuse d’avoir reçu l’aide de Ryan. Une fois dans le vestibule, je fixais l’escalier avec horreur, je n’avais qu’un étage à monter et pourtant ça me semblait insurmontable. De plus, l’allée était assez étroite, permettant de passer à deux de justesse.
- Pourquoi n’ai-je pas pensé à cocher immeuble avec ascenseur dans les critères de recherches , pestais-je.
- Tu aurais dû m’écouter quand je t’ai dit qu’un ascenseur était indispensable, ricana Cayan. Après tout, je ne pensais qu’à ton bienêtre en le suggérant.
- Tu songeais à échapper à la corvée d’utiliser les escaliers que mon confort.
L’ours kermode eut la bonne grâce d’afficher un air penaud. Après avoir failli me fouler la cheville qui me restait et me casser le cou à quelques reprises, nous parvînmes à mon appartement en un seul morceau. Dès qu’il fut entré dans notre logement, l’ours kermode se dirigea vers le tapis du salon avec un empressement inhabituel.
- Cayan ne t’avise pas de te coucher sur le tapis avec ta nuque ensanglantée, il va être bon pour la poubelle, m’écriais-je.
- Au lieu de rabrouer le vendeur qui offrait 70 % de rabais sur des tapis, tu aurais dû saisir l’occasion, maugréa le daemon. Tu aurais plusieurs tapis de rechange.
- Tu sais aussi bien que moi que c’était qu’une escroquerie, une réduction de 70 % en plein mois de mai c’est impossible sauf si c’est pour de la camelote.
- Un jour, tu reconnaitras mon génie.
- Pour l’instant le génie, il va s’assoir sur le plancher pour que je lui nettoie sa plaie. Monsieur Farell, pourriez-vous m’aider à m’installer sur le divan et surélever ma cheville ? Après est-ce que vous pourriez aller dans la salle de bain chercher ma trousse de premiers soins ? Elle est sous l’évier. Si vous pouviez également rapporter un peu de glace pour ma cheville. Je suis vraiment désolée de vous en demander autant et vous faire perdre votre temps.

hrp:
 
  
MessageLun 8 Aoû - 2:14
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▬ Quand on sauve des vies, on est des héros, mais lorsqu’on n’arrive pas à les sauver on est limite des meurtriers siphonneur d’argent.

Ryan ne peut s’empêcher de rire, un peu jaune il faut l’avouer. Il inspire un bon coup en serrant les lèvres tout en songeant que cette phrase s’applique également à merveille à son propre travail. Particulièrement parce qu’il n’est pas policier à proprement parler, mais détective spécialisé sur les enquêtes de meurtres et de disparitions. Disons qu’il est très rare de rencontrer quelqu’un de la famille de la victime en de bonnes dispositions vis-à-vis qui que ce soit.

Sa voix est un peu amère lorsqu’il réplique, tout en s’assurant que la jeune femme est bien en équilibre, soutenu par son bras :

▬ Vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous comprends.

Si l’enquête n’avance pas assez rapidement ? C’est certainement sa faute, après tout. Si le coupable arrêter est finalement un membre de la famille ? Cela crée une sorte de tempête de drame dont il se retrouve à être l’épicentre.

Combien de fois lui a-t-on hurlé au visage qu’il se trompait, qu’il était incompétent, juste parce que le résultat de l’enquête ne plaisait pas à un tel ou un tel ? Désolé madame. On a votre mari sur vidéo qui assassine votre gardienne. Vous voulez vous la fermer un peu et voir pour vous-même ?

Non, bien sûr qu’il ne peut pas répondre cela. Il doit garder son sang-froid, ignorer toute la merde qui lui tombe sur la tête juste parce qu’il fait une bonne cible pour que les gens lui déversent leur douleur et leur colère dessus. C’est d’une frustration sans nom, parfois décourageante, souvent blessante.

▬Mais d’autres fois, c’est tout l’inverse, ne l’oublie pas. Lorsque tu retrouves des disparus, lorsque tu trouves le coupable d’un meurtre… Ton travail est important. Et tu le fais bien, tu le sais. Ne pense pas à eux.

Ryan est vaguement surpris. Oui Jay a une tendance à la protéger, mais ce genre de compliment sur ses compétences est plutôt rare. Elle qui le traite généralement d’irresponsable, même s’il sait qu’elle n’est qu’à moitié sérieuse, c’est une jolie surprise.

La chienne termine son encouragement à voix haute, au profit non seulement de Ryan, mais également d’Evelyne et de Cayan. Le ton de sa voix, maternelle, laisse peu de doute à Ryan sur son affection et tendance à couver qui s’étend déjà sur leurs deux nouvelles connaissances.

▬ Vous avez fait tout ce que vous pouviez, et ils le savent au fond. Les gens ne savent simplement pas toujours comment vivre leur douleur, malheureusement. Cela fait de vous d’autant plus des héros, car vous continuez tout de même, non ?

Ryan envoie un sourire à sa daemonne avant de rétorquer, balayant l’amertume du revers de la main :

▬ Assez philosopher, on a deux blessés à s’occuper.

En se mettant en route, Ryan suit l’échange entre Evelyne et Cayan avec un sourire. Effectivement, tous deux semblent entretenir le même type de relation que lui et Jay. Une bêtise n’attend pas l’autre, ils n’en ratent pas une pour lancer une vanne et embêter leur moitié… mais tout cela dans une complicité et une affection manifeste. Lui-même les apprécie déjà d’ailleurs. Et s’il est heureux d’avoir pu être là à temps pour lui porter secours, il aurait néanmoins préféré ne pas la rencontrer dans ce genre de situation.

La route fut rapide, l’appartement de la jeune femme et de son ours n’était qu’à un coin de rue. Ce qui fut long, plus encore que de rejoindre l’appartement, fut de faire escalader les escaliers à Bambi et sa jambe en moins. Néanmoins, avec un peu d’aide, elle réussit à se retrouver en sécurité dans l’entrée de son logement. L’endroit est agréable, ouvert, et les grandes fenêtres doivent en faire un endroit lumineux en plein jour. Le plus notable est la propreté et l’ordre, qui sautent aux yeux. Ryan lui-même entretient bien son petit appartement, mais il a une tendance à laisser trainer ses objets un peu partout. Ici, tout à sa place et y est sans exception. C’est Jay qui va être contente, elle qui passe son temps à râler lorsqu’il laisse sa veste sur le canapé ou le journal de la veille sur le coin du comptoir.

▬ Monsieur Farell, pourriez-vous m’aider à m’installer sur le divan et surélever ma cheville ? Après est-ce que vous pourriez aller dans la salle de bain chercher ma trousse de premiers soins ? Elle est sous l’évier. Si vous pouviez également rapporter un peu de glace pour ma cheville. Je suis vraiment désolée de vous en demander autant et vous faire perdre votre temps.

Ryan amène la jeune femme sur le canapé, pose un coussin sous sa cheville pour surélever celle-ci puis balaye la dernière remarque d’Evelyne du revers de la main en s’éloignant vers la salle de bain.

▬ Ne vous excusez plus, c’est un plaisir. Je suis plus utile ici à vous donner un coup de main qu’à regarder le dernier Star Wars pour la troisième fois en m’empiffrant de calories vides dans mon salon.

Il lui lance un clin d’œil complice pour accompagner sa blague qui s'éloigne à peine de la réalité de ses précédents plans pour la soirée.

▬ Jay tu veux bien lui donner un coup de main avec Cayan?
La chienne est déjà près de l’ours et lui pousse doucement la patte du bout du nez pour l’encourager. Ryan disparait dans le corridor. Dans la salle de bain, il trouve rapidement la trousse. Avant de ressortir, il aperçoit néanmoins son visage dans le miroir et fais la grimace. L’éraflure sur sa main n’est pas la seule à avoir saignée, celle de sa mâchoire également. Le sang séché lui donne l’air d’un fou dangereux venant de bouffer de la viande crue. Il prend donc quelques secondes pour passer ses mains sous l’eau et s’asperger le visage – manquerait plus qu’il tache le canapé. Il aura besoin d’un peu plus de soins plus tard, mais au moins il ne fait plus peur, cela suffira pour l’instant. Il a connu pire, de toute façon, et la blessure n’est que superficielle.

Avant de quitter, il attrape la serviette à main, la passe sous l’eau pour l’essor rapidement avant de l’emmène avec lui. Il passe ensuite par la cuisine, ouvre le congélateur et repère rapidement l’un de ces sacs de glace qui s’y trouvent.

De retour près d’Evelyne, il lui tend la trousse médicale puis s’accroupit devant sa jambe blessée. Il l’aide à retirer sa chaussure et réajuste le coussin. Enveloppant le sac de glace de la serviette mouillée, reprenant un vieux truc de sa formation de premiers soins à Quantico servant à mieux répartir le froid de la glace sans bruler la peau, il approche ce dernier avec précaution de la cheville enflée.

▬ Attention, ça va être froid et pas tout à fait agréable.

Délicatement, il appuie la glace contre l’enflure. S’assurant que la glace est bien en place, il lui dit :

▬ Je ne peux pas réellement vous aider dans les soins de Cayan, comme je ne peux pas le toucher, mais je peux vous assister au besoin. Je suis loin d’avoir votre formation médicale, mais mes premiers soins sont à jour.





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Date d'inscription : 04/05/2016Nombre de messages : 88Nombre de RP : 28Âge réel : 29Copyright : Aki *-* Avatar daëmon :
Evelyne FraserNothing will be the same...
Une compréhension mutuelle nous soudait l’un à l’autre. C’était réconfortant de voir que nous n’étions pas seuls. Nous évoluions dans des sphères fort différentes et pourtant nous partagions le même fardeau. Jay ne nous laissa pas longtemps sombrer dans la mélancolie. Elle s’empressa de nous rassurer en nous affirmant que nous faisions ce que nous pouvions et qu’ils devaient le savoir au fond. Certaines personnes ne savaient simplement pas comment gérer leur douleur, faisant de nous leur bouc émissaire. Elle avait raison, cependant il y avait des jours comme aujourd’hui où je trouvais cela particulièrement difficile à encaisser. Selon la daemonne, le fait que nous continuions d’exercer notre métier malgré ces revers faisait de nous des héros. Ses paroles me réchauffèrent le cœur. Le ton maternel qu’elle employait chassa irrémédiablement toute tristesse.

Ryan nous rappela à l’ordre, signalant qu’il fallait s’occuper des blessés, en l’occurrence Cayan et moi. Ce rappel à l’ordre fut ponctué des éternelles joutes verbales que j’échangeais avec ma moitié. Cela ne sembla pas déranger le moins du monde l’agent fédéral. Après tout, il aurait été mal placé pour cela puisqu’il n’y a pas plus de quelques minutes il faisait la même chose avec sa daemonne. L’ascension des escaliers de mon immeuble s’apparenta au parcours du combattant. Je ressentis un soulagement indicible une fois que je retrouvai le confort et la sécurité de mon foyer. J’avais l’impression d’être délesté d’un poids insurmontable sur mes épaules. Les traumatismes des évènements précédents n’étaient qu’un lointain souvenir pour l’instant. J’espérais qu’ils n’allaient pas revenir hanter mes nuits. Je ne savourai pas bien longtemps le bienêtre de retrouver mon appartement, puisque je dus empêcher Cayan de saboter mon tapis de salon.

À contrecœur, l’ours kermode obtempéra à ma demande. Il avait fait le calcul et s’il avait le malheur de souiller le tapis, il savait qu’il allait perdre sa précieuse carpette. Il était conscient que remplacer le tapis ne serait pas dans mes priorités. Dans ce cas, il pouvait dire adieu aux siestes sous les rayons solaires lors de mes rares après-midis de congé. Si moi je fuyais ces rayons, Cayan les recherchait et appréciait leur douce chaleur sur son pelage. Ainsi, c’était dans son intérêt de se plier à la volonté de sa daemonienne. Pour la forme, il tarda à bouger simplement pour me taquiner encore un peu.

D’un revers de main, Ryan balaya mes excuses qu’il jugeait superflues. Il m’assura qu’il n’y voyait aucun dérangement, qu’au contraire c’était un plaisir pour lui de m’aider. Il se sentait plus utile que s’il avait été chez lui à regarder le dernier Star Wars pour une troisième fois tout en se gavant de malbouffe. Cette réflexion eut le mérite de me faire sourire. Bien que rassurée, je ne pouvais chasser totalement mon malaise. J’éprouvais quelques difficultés à dépendre d’une autre personne, même pour des petits détails comme aller chercher du matériel médical. C’était complètement irrationnel de ma part, mais je n’arrivais pas à penser différemment. J’étais habituée à prendre les choses en mains, alors être condamné à l’inaction je le gérais mal. Quoique ce ne soit pas si grave, puisque je n’étais pas blessé plus grièvement. La situation aurait pus être mille fois pire.

À la demande de son daemonien, Jay s’était approché de Cayan et l’encourageait en poussant délicatement sa patte. De bonne grâce, l’ours kermode suivit ses indications silencieuses. Sa nuque le faisait souffrir et il savait que la suite ne serait pas plus agréable. Il redoutait un peu le moment où j’allais nettoyer sa plaie. Il se plaça à mes pieds sans faire plus d’histoire. L’ursidé avait bien hâte que ce moment ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Il percevait l’odeur âcre de son sang qui s’asséchait, ce qui lui provoqua un léger haut-le-cœur. Il se remémora avoir lui aussi mordu son assaillante, il se surprit à souhaiter qu’elle souffre autant que lui. Ce n’était pas dans sa nature de garder rancune, mais celle-ci était particulièrement féroce. Elle se renforçait dès qu’il croisait le regard de sa moitié. Bien qu’elle ait retrouvé un certain calme, il percevait cette lueur qu’il n’avait pas aperçue depuis presque dix ans. La dernière fois qu’il l’avait décelé, c’était après Jonathan. Il avait cru ne jamais devoir revoir ces prunelles hantées par la peur. Ce regard avait le don de faire ressortir le pire en lui et il n’aimait pas sentir la colère l’empoisonner. Il s’efforça de réfréner ces mauvais sentiments, car les ressasser ne l’avancerait à rien.

À peine quelques minutes plus tard, Ryan fut de retour auprès de nous. Il me tendit la trousse de premiers soins, je le remerciai d’un sourire. Il s’empressa ensuite de m’aider à retirer ma chaussure et installa délicatement ma cheville sur un coussin. Il enveloppa la glace d’un linge humide et me prévint que ce serait désagréable. Avec la même délicatesse, il apposa la glace sur mon membre endolori. Une fois passé le sursaut provoqué par la soudaine fraicheur contre ma peau, le froid ne tarda pas à engourdir les élancements de ma cheville. J’ouvris la trousse, alors que Ryan se désola de ne pouvoir m’être plus utile pour les soins de Cayan. Il m’assura que ses premiers soins étaient à jour, bien que ça ne se comparaisse pas à ma formation. J’eus un sourire encourageant.
- C’est bien plus que ce que le commun des mortels a comme formation, rétorquai-je. La plupart ne se préoccupent pas de suivre ce cours. Dans la mesure où personne ne se vide de son sang, ça peut nous être encore utile. D’ailleurs, maintenant que nous avons un peu de lumière, je viens de remarquer que votre visage n’est pas indemne. Il faudrait les désinfecter, on ne sait pas quelle saleté ces corniauds trainaient sous leurs ongles.
Je réprimai un frisson de dégout lorsque j’évoquais les mains pouilleuses de mes assaillants. Les souvenirs de leurs paumes sur moi étaient encore vivaces. L’impression d’être souillée surgit à nouveau.
- Je n’aurais pas dû parler de leurs mains poisseuses, ça me donne la sensation d’être sale, soupirai-je avec une grimace.
- J’ai cette même impression au sens propre, rétorqua Cayan.
J’éclatai de rire à ce jeu de mots involontaire de ma moitié. Quoiqu’avec l’ours kermode, il pouvait bien avoir fait cette blague délibérément. Cela avait le mérite de détendre l’atmosphère qui se faisait soudain plus lourde. Je pris un linge stérilisé. Après avoir mis un peu de lotion désinfectante, j’entrepris de nettoyer les contours de la plaie. Elle semblait moins grave que ce qu’elle ne le laissait paraitre. Tout en m’affairant à ma tâche, je décidai de discuter avec Ryan. Je ne supportais pas le silence.
- Alors, Monsieur Farell, vous êtes de la région ? Sinon vous êtes à Merkeley depuis longtemps ? Je me demandais pourquoi avoir choisi de devenir agent du FBI. Parce que vous êtes chez moi et je ne sais presque rien de vous hormis votre nom, votre emploi et que vous êtes daemonien. Aussi bien joindre l’utile à l’agréable et apprendre à se connaitre.
- Hey Princesse saphir, arrête de flirter et nettoie ma plaie convenablement, me taquina Cayan.
Je m’immobilisai et ne pus m’empêcher de rougir violemment. Il me semblait que la température de la pièce avait soudainement monté de plusieurs degrés. Mon daemon n’avait pas son pareil pour me mettre mal à l’aise. D’autant plus que Ryan était assez bel homme, ce qui rendait la taquinerie encore plus embarrassante. Le pire, c’est que je n’avais absolument aucune arrière-pensée.
- Cayan tu devrais te rappeler que je suis une femme et que c’est prouvé scientifiquement que nous pouvons faire plusieurs choses en même temps. De ce fait, je peux nettoyer ta plaie tout faisant la CONVERSATION à M. Farell.
Visiblement, au ricanement de Cayan, il semblait peu convaincu de mes affirmations.
- C’est ce que tu faisais avec Byron à votre première rencontre et tu t’es retrouvée à moitié nue chez lui. Je te vois venir avec tes gros sabots, tu es aussi subtile qu’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Oh M. Farell que vous êtes bon, vous avez vos premiers soins c’est bien plus que ce que le commun des mortels, badina Cayan en prenant une voix aigüe tout en papillonnant des cils. Au moins, cette fois tu as la sécurité que ce n’est pas un médecin référant. Ça t’évite de te la jouer Mérédith Grey. Tu apprends de tes erreurs.
Si j’avais pus me liquéfier sur place, je l’aurais fait. Il n’y avait pas de mots assez fort pour décrire mon indignation. Je me sentais tout autant mal à l’aise, sauf que cette fois c’était pour une tout autre raison. Sur une impulsion, j’appuyais plus vivement sur la blessure de l’ours kermode. Ce ne fut pas plus agréable pour moi, mais cela soulagea un peu ma colère.
- Espèce de sale… de sale… espèce de gros toutou ingrat, pouilleux, obèse, plein de cellulite, m’écriai-je à court d'insultes approprié à mon indignation. Pour la subtilité, tu n'as aucune leçon à me donner, c'est toi l'éléphant dans le magasin de porcelaine. Et puis, ca ne compte pas, j’avais bu et justement je n’ai pas pour objectif de devenir comme elle.
Ma justification me faisait avoir l’air encore plus coupable et donnait des munitions à mon daemon pour m’embarrasser davantage. L’éclat machiavélique qui éclaira le regard sombre de mon âme me fit craindre le pire.
- On dit que l’alcool fait ressortir la vraie nature des gens, rétorqua Cayan poussant la taquinerie à l’extrême.
- Arrête de dire n’importe quoi et ne me mets pas des pensées que je n'ai pas. Sinon, je brule ton tapis douillet et tu n’en auras pas de nouveau avant la semaine des quatre jeudis.
Le visage en feu, je me tournai vers mes interlocuteurs, tout en nettoyant la nuque de mon daemon avec plus de vigueur que nécessaire. Je ressentais la douleur de ma moitié, mais j’étais trop hors de moi pour m’en formaliser. Il eut la bonne idée de n'émettre aucune plainte. La diversion de l’ours avait le mérite d’avoir chassé ma mélancolie. Je reconnaissais bien son esprit tordu.
- N’écoutez pas les délires de ce gros bêta, il raconte n’importe quoi. Si l’on oubliait ça et qu’on recommençait notre conversation où elle était avant son intervention.
- Raaah c'est qu'on ne peut plus s'amuser.


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MessageMer 26 Oct - 19:34
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 575Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Un Malheur n'arrive jamais seul
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ Evelyne Fraser & Cayan



You don't mess with the Beatles



▬ C’est bien plus que ce que le commun des mortels a comme formation. La plupart ne se préoccupent pas de suivre ce cours. Dans la mesure où personne ne se vide de son sang, ça peut nous être encore utile. D’ailleurs, maintenant que nous avons un peu de lumière, je viens de remarquer que votre visage n’est pas indemne. Il faudrait les désinfecter, on ne sait pas quelle saleté ces corniauds trainaient sous leurs ongles.

Ryan balaye la question d’un mouvement désinvolte de la main.

▬ C’est rien, une éraflure, j’ai vu pire. Et j’ai déjà nettoyer avec de l’eau et un peu de savon donc ça peut attendre que Yogi l’Ours soit remis à neuf.

Il lance un sourire amusé à Cayan mais ce dernier disparait rapidement lorsque Ryan entend les paroles suivantes de la jeune femme.

▬ Je n’aurais pas dû parler de leurs mains poisseuses, ça me donne la sensation d’être sale.

▬ J’ai cette même impression au sens propre.

Une fois n’est pas coutume, Ryan ignore la boutade de Cayan pour regarder Evelyne droit dans les yeux. L’espace d’un instant, son dégout et sa colère contre les deux hommes qu’il a ressentis plus tôt, en les voyant s’attaquer à la blonde, remontent vivement en lui. Il a vu et connu plus que sa part de ce genre de voyous, tout comme plus que sa part de victimes, dans son travail. Il sait ce que ce genre d’agression peut provoquer chez les victimes et c’est justement ce qui le met hors de lui. Même s’il en a vu beaucoup, il n’est pas insensibilisé, au contraire. Plus il en voit, plus ses réactions émotives sont violentes. Lui qui a toujours été impulsif de base, ses patrons s’en inquiètent de plus en plus, de peur de le voir faire une connerie.

Il est donc particulièrement sérieux lorsqu’il rétorque :

▬ Ne te sens pas comme ça. C’est eux qui doivent se sentir sales et coupables.

Le « tu » est venu naturellement avec la conviction qu’il a mise dans ses paroles. Ryan a du mal à faire durer le vouvoiement longtemps, dans toutes ses relations, de toute façon.

▬ Alors, Monsieur Farell, vous êtes de la région ? Sinon vous êtes à Merkeley depuis longtemps ? Je me demandais pourquoi avoir choisi de devenir agent du FBI. Parce que vous êtes chez moi et je ne sais presque rien de vous hormis votre nom, votre emploi et que vous êtes daemonien. Aussi bien joindre l’utile à l’agréable et apprendre à se connaitre.

▬ Hey Princesse saphir, arrête de flirter et nettoie ma plaie convenablement.

Ryan hausse les sourcils au mot « draguer » avec un tout nouvel intérêt amusé. Lui qui a pourtant un radar à drague plus aiguisée qu’une lame de rasoir, il n’avait pas interprété les paroles et agissements d’Evelyne en ce sens. Est-ce qu’elle cache particulièrement bien son jeu et Cayan, étant dans sa tête, vient de la griller ? Ou est-ce que l’ours s’amuse simplement à la tourner en bourrique ? De ce qu’il a vu du caractère de Cayan jusque-là, Ryan penche particulièrement pour la deuxième option.

Malgré tout, l’idée de la drague n’est pas tombée dans n’importe quelle oreille. En elle-même, elle est loin de lui déplaire, bien entendu, et elle éveille plutôt l’envie de jouer le jeu à ce dragueur invétéré qu’est cet agent du FBI.

▬ Cayan tu devrais te rappeler que je suis une femme et que c’est prouvé scientifiquement que nous pouvons faire plusieurs choses en même temps. De ce fait, je peux nettoyer ta plaie tout faisant la CONVERSATION à M. Farell.

▬ C’est ce que tu faisais avec Byron à votre première rencontre et tu t’es retrouvée à moitié nue chez lui. Je te vois venir avec tes gros sabots, tu es aussi subtile qu’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Oh M. Farell que vous êtes bon, vous avez vos premiers soins c’est bien plus que ce que le commun des mortels. Au moins, cette fois tu as la sécurité que ce n’est pas un médecin référant. Ça t’évite de te la jouer Mérédith Grey. Tu apprends de tes erreurs.

Ryan détourne la tête pour qu’Evelyne ne voie pas son fou rire. Elle est assez mal à l’aise comme ça sans qu’il en rajoute, mais la situation est trop hilarante pour qu’il puisse garder une expression neutre. Jay le sermonne mentalement, mais Ryan perçoit son amusement à elle aussi. Bien entendu, elle comme lui ne prennent pas les paroles de Cayan entièrement au sérieux quoi que, aux yeux de Ryan, il n’y aurait eu absolument aucun mal là-dedans.

▬ On dit que l’alcool fait ressortir la vraie nature des gens.

Ryan ne peut se retenir de hocher la tête pour donner un point à l’ours ni d’ajouter rapidement :

▬ Quoi que ça dépend beaucoup de l’alcool en question. Le vin est efficace pour cela, mais je me méfie toujours de ce que les gens font lorsqu’ils sont sur la tequila.

Jay roule des yeux au ciel avec un soupire nettement perceptible, ce qui ne fait qu’agrandir le sourire de son daemonien. L’argument semble prendre fin entre Cayan et Evelyne lorsque cette dernière s’adresse de nouveau à lui, plus rouge qu’une pivoine.

▬ N’écoutez pas les délires de ce gros bêta, il raconte n’importe quoi. Si l’on oubliait ça et qu’on recommençait notre conversation où elle était avant son intervention.

Avant que Ryan n’ait pu ouvrir la bouche pour la rassurer, Jay lance sur un ton joyeux :

▬ Ne vous en faites pas. J’ai déjà vu Ryan tellement saoul qu’il a dragué pendant un bon dix minutes un lampadaire sur le coin d’une rue.

Ryan tire une grimace, mais, habitué et visiblement moins soucieux de sa réputation que la jolie blonde, rétorque sur le même ton :

▬ Elle était charmante, cette dame lampadaire, ne soit pas aussi fermée d’esprit, sale cabot.

Il lance un clin d’œil à Evelyne puis se racle la gorge afin de reprendre un peu de sérieux.

▬ Qu’est-ce qu’on disait déjà ? À oui, vous avez raison, je vous dois au moins une présentation rapide de mon CV, après tout.

Ryan attrape un tissu pour éponger le sang et le met sous la tête de Cayan, prenant bien soin de ne pas frôler le daemon, de sorte à éviter que l’égouttement de sang ne forme une flaque sur le sol. C’est à peu près tout ce à quoi il est utile dans le moment, malheureusement.

▬ Je ne suis pas originaire de la région, non. J’ai grandi à New York, mais j’ai énormément voyagé à travers le pays depuis les derniers… aïe, plus de 20 ans, ça ne me rajeunit pas. Avec mon métier, j’étais toujours sur les routes jusqu’à l’été dernier. C’est la première fois que je m’établis quelque part depuis que j’ai 13 ans.

Son ton est joyeux. Il n’a jamais regretté ne pas avoir d’attache, de pied à terre. Ryan aime lorsque les choses bougent et il adore son métier. Contrairement à beaucoup, cette vie frénétique de nomade lui convenait tout à fait. C’est même plutôt sa récente sédentarité, avec son poste permanent à Merkeley, qui le rend un peu barge de temps à autre. La route lui manque. Felix lui manque. Mais Felix, même si Ryan reprend le travail sur la route, il ne le retrouvera jamais nulle part.

Ryan passe sous silence les raisons de sa présence à Merkeley. Il n’a pas tout à fait le droit d’en parler en détail, bien que simplement dire qu’il y est pour le boulot est possible, mais malgré cela, il ne souhaite pas pousser la curiosité d’Evelyne à poser trop de questions en ce sens. Il n’aime pas devoir décliner de répondre à une question, lui qui adore discuter. La tactique du « passé sous silence » fait généralement effet, les gens comprenant qu’il ne souhaite pas en parler et qu’il est donc préférable d’éviter la question.

▬ Et pourquoi le FBI ? Bha. La réponse facile est que mon père est un agent haut placé, j’ai toujours baigné dans cet univers. Mais honnêtement, être un policier ou un détective est mon rêve de gamin, d’aussi loin que je me souvienne. À trois ans, je disais déjà que je voulais devenir James Bond. Ça n’a finalement jamais vraiment changé, quoique je me suis pris la réalité en pleine gueule. C’est faux que James Bond ne fait que boire des martinis en ayant l’air badass.

Il lance un regard complice à la jeune femme, un sourire espiègle sur les lèvres, décidément pas dénudé d'une note de charme volontaire - il n'a définitivement pas oublié l'idée de la drague évoquée plus tôt - puis lui demande à son tour :

▬ Et vous ? C’est un rêve de jeunesse que de recoudre des plaies ouvertes dans la capitale daemonienne ?





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MessageJeu 25 Mai - 3:21
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Evelyne FraserNothing will be the same...
Lorsque j’évoque le dégoût que je ressens envers moi-même au souvenir de mon agression, l’expression de Ryan change du tout au tout. Il affiche un air sérieux qui ne lui semble pas coutume. Enfin, c’était l’impression qu’il me donnait depuis notre rencontre. Il n’avait cessé de lancer des plaisanteries et arbhorait une désinvolture à toute épreuve. Son regard rivé au mien, il m’assura que je n’avais pas à me sentir comme cela. Au contraire, c’était à eux d’éprouver de la honte pour leurs actes. Je me fis la réflexion qu’il devait être une perle avec les victimes qu’il devait rencontrer dans son métier. Une part de moi, plus combative, savait qu’il avait entièrement raison. L’autre part, plus émotive, n’arrivait pas à se départir de cette impression. Ne souhaitant pas m’apitoyer sur mon sort, j’avais rapidement changé de sujet. Je ne voulais pas que l’atmosphère dans l’appartement devienne lourde. Ressasser mon traumatisme ne me servait à rien, ça n’allait pas me faire avancer. Au contraire, je ne ferais que stagner sur quelque chose que je ne pouvais changer. Ce n’était pas la première fois que j’étais confronté ces sentiments, je savais me retrousser les manches lorsqu’il le fallait. J’avais déjà vécu tellement pire que ce que j’avais expirementé avec mon ex-conjoint. Ce n’était certainement pas des petits morveux qui se prenaient pour Spiderman qui allaient susciter un effondrement. Ce qui ne nous tuait pas ne faisait que nous rendre plus forts. J’avais retenu cette leçon, il y a de cela presque une décennie.

J’oubliai complètement mon trouble lorsque Cayan déchaina son esprit taquin. Je ne savais pas ce que j’avais le plus envie de faire, me cacher 10 pieds sous terre ou étriper l’ours kermode. Les deux perspectives avaient chacune leur charme. Pour ne rien aider, je vois du coin de l’œil Ryan se détourner. Cette attitude me permet de déduire qu’il réprime son hilarité. Plus mon daemon en rajoute plus je pense que la seconde solution est celle que je souhaite retenir. J’essaie d’imaginer des manières plus souffrantes les unes que les autres de m’occuper de l’ursidé. Lorsque l’abruti qui me sert de moitié évoque que l’alcool fait ressortir la vraie nature des gens, je me fis la réflexion que la mort serait bien trop douce pour lui. Ryan semble seconder les propos de l’imbécile sur quatre pattes, il s’empresse d’ajouter que ça dépendait de l’alcool que l’on consommait. Il affirma que le vin était efficace à ce sujet, mais qu’il se méfiait particulièrement de ce que les gens consomant de la téquila pouvaient faire.

Pour ma part, je pouvais greffer le whisky à la liste des boissons maudites à voir ce qui venait de se passer. J’avais de la chance que Byron soit assez gentleman pour ne pas profiter de la situation. Bref, Evelyne Fraser et l’alcool n’étaient pas un bon mélange. Ça me faisait une belle jambe quand après deux verres je faisais n’importe quoi. Pour le plus grand plaisir de Cayan qui se faisait un devoir de me mettre dans l’embarras. J’avais tellement chaud que j’avais l’impression que j’allais entrer en combustion spontanée. Ce qui n’était pas loin de la vérité si je laissais le monstre se déchainer. Mes menaces de brûler le tapis du salon, parce qu’il savait que je n’hésiterais pas à le faire, combiné à mon manque de douceur eurent raison de l’esprit machiavélique de l’ursidé. Je sais que ce n’est que partie remise. Jay semble me prendre en pitié puisqu’elle décide à son tour de révéler une cuite embarrassante de son daemonien. Je ne peux me retenir d’éclater de rire lorsqu’elle raconte qu’il aurait dragué un lampadaire durant une bonne dizaine de minutes. Ryan ne se formalise pas des divulgations de sa daemonne. Je prends toujours les choses trop au pied de la lettre selon Cayan et il n’a pas tort. Il me lança un clin d’œil après avoir argué que la dame lampadaire était agréable et que sa moitié ne devait pas se montrer trop fermée d’esprit. Imaginer Ryan faire du charme à un lampadaire était tout simplement délirant.

Il nous ramena au sujet d’origine, avant l’interruption taquine de mon daemon, soit mes questions le concernant. Tout en épongeant le sang qui s’écoulait de la plaie de Cayan, il me répondit qu’il n’était pas originaire de la région. Je me concentrai sur ma tâche tout en portant attention à ce que me disait l’agent fédéral. En vérité, il avait grandi à New York. Ça faisait un moment que je pensais aller à New York, mais l’occasion ne s’était pas présentée. J’allais devoir remédier à cette négligence de ma part dans un avenir rapproché. Durant les vingt dernières années, il avait voyagé à travers le pays, sans avoir d’endroit fixe. Je me demandais comment il faisait pour apprécier ce rythme de vie. À première vue, ça semblait être dans son tempérament. Une chose était sure, c’est que ce n’était pas dans le mien. J’avais toujours éprouvé des difficultés à quitter mon coin de pays, c’était la première fois que j’osais sortir de l’Écosse. Même mon choix d’université avait été fait en fonction de ne pas trop m’éloigner d’Inverness, alors que j’aurais facilement eu les notes pour fréquenter les plus grandes universités. Enfin, c’était une question de préférence et de personnalité.

Ryan enchaina sur les raisons qui l’avaient poussé à entrer dans le FBI. Son père était un agent haut placé dans l’agence gouvernementale, donc, il avait toujours baigné dans cet univers. De ce fait, il était naturel qu’il choisisse cette carrière. De plus, son rêve de jeunesse était d’être policier ou détective, comme James Bond qu’il souhaitait devenir. Ce rêve n’avait jamais changé même si la réalité était grandement différente. La profession exigeait bien plus que de boire des martinis à la James Bond. Cette réflexion me fit sourire.

Il se tut quelques instants, me jetant un regard complice et un sourire espiègle. Il y avait quelque chose dans son expression qui m’indiquait qu’il jouait un peu de son charme. Je ne savais comment réagir, j’avais fréquenté peu d’hommes dans ma vie autrement que dans ma famille ou amicalement. Qu’étais-je censé faire, que devais-je dire ? Mon esprit se vidait de toute répartie, je cherchai mes mots sans trouver d’inspiration. Je détournai à nouveau le regard, ressentant une certaine rancœur à l’encontre de Cayan qui avait soulevé le sujet. Je sentais son amusement à mes dépens. Qu’avais-je fait pour mériter un daemon aussi machiavélique ? Je me retins de lui rendre la pareille, je risquais de me trahir. La conversation qui coulait naturellement pour ma part quelques instants plus tôt avait laissé place à une timidité rarissime chez moi. Maintenant que l’emphase avait été mise sur la séduction, il me semblait que je percevais des sous-entendus dans toutes les phrases de mon interlocuteur et que je perdais mes moyens. Les rouages de mon esprit tournaient à plein régime pour trouver quelque chose qui ne serait pas complètement stupide. Plus je pensais à ce que je devais dire, moins j’avais d’inspiration et plus je me sentais nerveuse. C’était comme un cycle vicieux. Inconsciemment, Ryan vola à mon secours en me demandant si devenir médecin était un rêve de jeunesse. Je me retrouvai en terrain familier, ce qui me redonna confiance. Tout en commençant à enrouler un bandage autour du cou de Cayan, je répondis à l’interrogation de mon interlocuteur.
- Non, ce n’est pas un rêve de jeunesse, c’est à la fin de l’adolescence que j’ai décidé de devenir médecin. En vérité, je veux me spécialiser en Oncologie, ce qui est très loin de recoudre des plaies, ajoutais-je en souriant. C’est ma mère qui m’a motivé à choisir cette spécialisation. Elle est décédée d’un cancer au début de mon adolescence. Une fois la colère passée et plusieurs conneries plus tard, j’ai décidé de devenir médecin en me disant que je serais plus utile. Si je pouvais éviter à une seule jeune fille comme de perdre sa mère beaucoup trop tôt comme moi, je me dis que j’aurai réussi.
Malgré toutes ces années, je ressentais toujours de la mélancolie à l’évocation de ma mère. Je n’éclatais plus en larme à sa simple mention, mais je ne pouvais effacer le fait que son décès avait laissé un grand vide dans ma vie. En dépit de la présence constante de mon père et mon frère, ils ne pourraient jamais remplacer le rôle qu’aurait eu ma mère dans les étapes importantes de ma vie de jeune femme. Sans elle, j’avais perdu tous mes repères et j’avais expérimenté mon premier désastre amoureux. Mon père avait été parfait lorsque j’étais revenue meurtrie, tant physiquement que mentalement, mais la présence de ma mère ne m’avait jamais autant manqué qu’à ce moment. J’avais appris à vivre malgré son absence et à accepter sa perte. Je terminai rapidement d’attacher le bandage autour du cou de Cayan.
- J’ai préféré cesser de me morfondre et de mettre mon expérience à profit d’autrui, continuais-je sur une note plus combative. De plus, les raisons qui m’ont amené à Merkeley ne sont pas aussi inspirantes que celles qui m’ont fait devenir médecin. Disons que j’ai été renvoyé des deux autres hôpitaux où je faisais mon internat pour un motif ridicule que l’insubordination. À ce qu’il parait, je suis trop honnête pour la communauté médicale écossaise.
- Le problème ce n’est pas que tu es trop honnête, c’est que tu as le tact de Darth Vader quand il débarque dans le vaisseau de l’alliance rebelle et qu’il zigouille tout le monde pour récupérer les plans de l’étoile de la mort, me taquina Cayan.
- T’essaieras d’avoir du tact quand tu as la vie d’un patient entre les mains, rétorquai-je. Tu n’as pas trop de leçons à me donner en la matière.
- C’est juste avec toi que je suis comme ça, ma jolie, répliqua l'ours kermode en me faisant un clin d'oeil.
Je levai les yeux au ciel à la dernière réplique de mon daemon qui prenait un malin plaisir à me mettre dans l’embarras. Il était peut-être blessé, mais il n'avait aucunement perdu son humour comme il l'avait prouvé à mainte reprises un peu plus tôt. Maintenant que je n'étais plus occupé à soigner les plaies à Cayan, mon malaise repris de plus belle. Mon esprit en panne de sujet de conversation, je maudis à nouveau l'ursidé pour ses insinuations déplacée. Ce gros tas de poil avait décidément l'esprit mal tourné, puisque je n'avais aucune intention à cet égard. C'était lui qui avait tout inventé. Bon je ne pouvais pas nier que Ryan était bel homme, mais je n'allais pas non plus perdre la tête et lui sauter dessus. Ne sachant plus où me mettre, je replaçai la glace plus confortablement sur ma cheville.
- Donc, ou en étais-je déjà, ah oui l'incapacité de la communauté médicale Écossaise à prendre la critique, poursuivis-je me cantonnant sur un sujet confortable. En vérité, j'habite à Merkeley, mais je travaille à l'hôpital de Perth Amboy puisque la clinique ici est plus généraliste. Le trajet pour le travail soit plus long, mais je souhaitais vraiment tenter l'expérience dans une communauté daemonienne. C'est mon père qui m'a trouvé l'emploi à Perth Amboy, il avait un contact médecin américain qu'il avait rencontré lors de l'une de ses missions. J'ai de la chance qu'il ait accepté de me prendre malgré mon mauvais dossier, mon honnêteté ne semble pas le déranger.
- Ce mec c'est un saint, c'est toute une paire de manche de t'enseigner la diplomatie, lança affectueusement l'ours kermode. Ça fait 25 ans que j'essaie de le faire.
- C'est peut-être parce que mon professeur est trop occupé à dormir et vider mon garde-manger pour s'atteler efficacement à la tâche, rétorquai-je en riant.
- Parlant de nourriture, toutes ces émotions m'ont donné faim.
- Ne compte pas sur moi pour te cuisiner quoique ce soit, rétorquai-je en pointant ma cheville. Ce serait une bonne occasion pour te mettre au régime.
- Cette fille va finir par avoir ma peau, vous voyez comment elle est cruelle.
- Bien sûr ça tire les larmes, ce que cet estomac sur patte à omis de mentionné c'est qu'il a mangé une demi-douzaine de cupcakes juste avant que je finisse mon chiffre. Et encore c'est ce que j'ai eu connaissance, je ne sais pas s'il a avalé autre chose une fois que j'ai eu le dos tourné.
À la mention de la nourriture, mon ventre se mit à gargouiller. Je ne l'avais pas réalisé plus tôt, mais j'étais moi aussi affamé. Cayan émit un grognement moqueur lorsqu'il entendit mon estomac faire des siennes.
- Habituellement, j'aurais cuisiné quelque chose, mais étant donné l'état de ma cheville je vais faire une exception, déplorai-je. Vous ne connaitriez pas un bon restaurant qui fait la livraison, si vous avez faim je vous invite. C'est la moindre des choses. Et comme ça vous pourrez me raconter comment est New York, je n'ai pas encore eu l'occasion de la visiter même si c'était la première chose que j'ai mis sur ma liste lorsque j'ai décidé de traverser l'océan Atlantique. Je veux aussi absolument savoir quelle autre ville vous avez visité et quel endroit est un incontournable que je dois absolument voir.
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MessageMar 27 Juin - 2:47
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 575Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Un Malheur n'arrive jamais seul
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ Evelyne Fraser & Cayan



You don't mess with the Beatles



À l’histoire de la mère d’Evelyne, Ryan perd son sourire et devient étonnamment sérieux. Pas simplement le sérieux des gens désolé à une telle histoire triste et qui ne savent plus quoi répondre, néanmoins. Car en fait, son histoire fait douloureusement écho à celle de sa propre mère. Si celle-ci n’est pas décédée, elle est plongée dans le coma depuis de trop nombreuses années, aussi, c’est tout comme. Ryan a toujours l’espoir qu’elle se réveille un jour, malgré l’avis contraire des médecins, du coup il a toujours refusé qu’ils la débranchent, au risque d’être taxé d’acharnement thérapeutique. Il comprend donc le désir d’Evelyne de trouver un remède pour ce qui lui a arraché sa mère, tout comme le fait de devoir apprendre à vivre sans elle, même si Ryan était déjà adulte lorsqu’il l’a perdue.

Il hoche donc simplement la tête, lui offrant au passage un regard plein de compréhension et de compati valant plus que les mots, et ajoute :

▬ Vous êtes quelqu’un de bien, vous savez? Il y a trop peu de gens comme vous.

Il hésite un instant. Détestant aborder ce sujet, mais puisqu’Evelyne vient de s’ouvrir à lui, il lui doit au moins la même honnêteté, non?

▬ J’avais 21 ans lorsque mes parents ont eu un grave accident de voiture. Ma mère est dans le coma depuis.

Il n’ajoute rien de plus, jugeant cela non nécessaire. Elle comprendra certainement ce qu’il a tenté de faire et de dire sans plus d’explications. La jeune femme termine d’attacher le bandage autour du cou de son daemon et Ryan lui tend les ciseaux pour qu’elle puisse couper l’excédent de tissu blanc.

▬ J’ai préféré cesser de me morfondre et de mettre mon expérience à profit d’autrui. De plus, les raisons qui m’ont amené à Merkeley ne sont pas aussi inspirantes que celles qui m’ont fait devenir médecin. Disons que j’ai été renvoyé des deux autres hôpitaux où je faisais mon internat pour un motif ridicule que l’insubordination. À ce qu’il parait, je suis trop honnête pour la communauté médicale écossaise.

Un large sourire espiègle se dessine sur les traits du blond à cette dernière information, balayant du même coup le voile trop sérieux et douloureux s’étant brièvement installé sur ses traits. Il échange un regard complice avec Jay, qui elle lève yeux au ciel, puis mime un highfive en direction de l’ours kermode à la référence sur Star Wars. Jay finit par secouer la tête de gauche à droite, après l’échange de Cayan et sa daemonienne concernant l’insubordination, avant de lâcher :

▬ Avoir su que j’aurais été prise avec deux insubordonnés têtus ce soir, je serais restée tranquille devant Games of Thrones. Au moins, on peut définitivement dire que vous êtes faits pour vous entendre. Quoi que, à bien y réfléchir, vous laisser ensemble sans surveillance doit être aussi bien avisé que de lâcher deux gamins de 8 ans armés d’épées en mousses dans un magasin de porcelaine.

L’humour de la plaisanterie est audible dans sa voix alors que la chienne feint le découragement. Evelyne et Ryan sont définitivement faits pour s’entendre, s’ils ont tous les deux cette tendance à défier l’autorité et se rire des règlements. Le détective a tellement donné d’urticaire et de cheveux blancs à ses supérieurs en pas loin de 15 ans de service que Jay ne serait pas étonné qu’il lui envoie une mise en demeure un jour pour avoir tenté à multiples reprises d’attenter à sa vie par provocation de chocs nerveux.

▬ Donc, ou en étais-je déjà, ah oui l'incapacité de la communauté médicale Écossaise à prendre la critique. En vérité, j'habite à Merkeley, mais je travaille à l'hôpital de Perth Amboy puisque la clinique ici est plus généraliste. Le trajet pour le travail est plus long, mais je souhaitais vraiment tenter l'expérience dans une communauté daemonienne. C'est mon père qui m'a trouvé l'emploi à Perth Amboy, il avait un contact médecin américain qu'il avait rencontré lors de l'une de ses missions. J'ai de la chance qu'il ait accepté de me prendre malgré mon mauvais dossier, mon honnêteté ne semble pas le déranger.

▬ Ce mec c'est un saint, c'est toute une paire de manches de t'enseigner la diplomatie. Ça fait 25 ans que j'essaie de le faire.

La chienne s’esclaffe.

▬ Oh ça, j’ai abandonné l’idée il y a au moins 10 ans, alors je te lève mon chapeau!

▬ C'est peut-être parce que mon professeur est trop occupé à dormir et vider mon garde-manger pour s'atteler efficacement à la tâche.

L’atmosphère détendue et prompte à l’humour est plus qu’agréable et Ryan espère qu’elle permet à Evelyne d’en oublier le choc de son agression. Il a d’ailleurs l’impression de connaitre la jeune femme depuis longtemps, alors même qu’il est assis sur le canapé d’une parfaite inconnue, et il se fait la réflexion qu’il pourrait très facilement s’en faire une bonne amie.

▬ Parlant de nourriture, toutes ces émotions m'ont donné faim.

▬ Ne compte pas sur moi pour te cuisiner quoi que ce soit. Ce serait une bonne occasion pour te mettre au régime.

▬ Cette fille va finir par avoir ma peau, vous voyez comment elle est cruelle.

Ryan fait une moue compréhensive et penche la tête vers Cayan avant de désigner sa daemonne.

▬ Je compatis, Teddybear, cette sadique poilue assise à côté de toi me réserve le même traitement.

Jay secoue de nouveau négativement la tête et lance un regard complice à Evelyne.

▬ Voilà ce qu’on reçoit comme remerciement pour leur éviter de devenir aussi obèses que des bélugas. Ce manque de reconnaissance est affligeant.

▬ Bien sûr ça tire les larmes, ce que cet estomac sur patte a omis de mentionné c'est qu'il a mangé une demi-douzaine de cupcakes juste avant que je finisse mon chiffre. Et encore c'est ce que j'ai eu connaissance, je ne sais pas s'il a avalé autre chose une fois que j'ai eu le dos tourné.

Jay et Ryan rient de nouveau de concert, alors que Ryan donne un coup de main à Evelyne pour ramasser le matériel de premier soin.

▬ Habituellement, j'aurais cuisiné quelque chose, mais étant donné l'état de ma cheville je vais faire une exception. Vous ne connaitriez pas un bon restaurant qui fait la livraison, si vous avez faim je vous invite. C'est la moindre des choses. Et comme ça vous pourrez me raconter comment est New York, je n'ai pas encore eu l'occasion de la visiter même si c'était la première chose que j'ai mis sur ma liste lorsque j'ai décidé de traverser l'océan Atlantique. Je veux aussi absolument savoir quelle autre ville vous avez visité et quel endroit est un incontournable que je dois absolument voir.

Ryan réfléchis un instant, faisant le tour de ses connaissances en matière de restaurent ouverts 24h sur 24 dans la région.

▬ Merci de l’invitation, mais ce n’est pas nécessaire, cela me fait plaisir de vous filler un coup de main. Mais manger un morceau reste une bonne idée. Il y a une pizzéria non loin qui fait une excellente spéciale au jambon et bacon, ce qui est toujours pratique. À moins que vous ne préfériez faire livrer du chinois? Il n’y a pas d’heure pour du général tao et des calmars frits.

L’homme sort son portable et l’ouvre pour regarder la liste de ses numéros enregistrés en attendant la réponse d’Evelyne et Cayan. Il sait déjà que Jay préfèrerait le chinois à la pizza, ne serait-ce que pour pouvoir déguster son riz frit yang chow favori et éviter le trop-plein de graisse de la pizza, mais il laisse le choix à leurs hôtes. Ils sont chez eux, après tout.

En attendant la délibération, l’agent du FBI propose une nouvelle offre, sur un sujet différent néanmoins.

▬ D’ailleurs, qu’est-ce que vous diriez d’abandonner les formalités? Le vouvoiement me donne l’impression qu’on me prend pour mon père.

Il mime une grimace horrifiée, un sourire amusé toujours collé aux lèvres. Il n’a jamais été très porté sur les formalités, même dans le cadre de son travail, alors s’il peut les éviter dans sa vie privée, cela l’arrange plus que bien.

Ryan se remémore l’intention d’Evelyne de le faire parler de New York et d’autres endroits de choix aux États-Unis et se cale un peu plus confortablement dans le canapé pour réfléchir.

▬ New York est… particulière. Il n’y a pas d’autre ville qui lui ressemble vraiment. Et autant je l’adore, entre l’activité qui n’y cesse jamais, les meilleurs restaurants qu’on puisse croiser à tous les coins de rue et la diversité des gens qui y vivent, autant elle ne me manque pas du tout maintenant. Merkeley est définitivement plus chaleureuse comme ville, même Perth Amboy, surtout pour les daemoniens. Quoi que si j’avais à te proposer une autre ville ait visité, je te dirais d’aller à Portland ou San Francisco. Ce sont les villes que j’ai visitées où les daemoniens y sont le mieux accueillis et acceptés. À l’inverse, évite le Texas. À part Austin, bien sûr, qui est une ville de toutes les exceptions au milieu de cette mer terrible de redneck.

Les prunelles de Ryan trouvent celles d’Evelyne et il penche la tête de côté. La jeune femme est particulièrement séduisante, entre son caractère bien trempé et ses boucles blondes. Si les circonstances de leur rencontre avaient été différentes, il aurait très probablement envisagé de la charmer et l’inviter à diner. L’idée de finir leur soirée autre part que sur un canapé avec des baguettes chinoises entre les doigts flotte toujours dans son esprit, et il ne serait définitivement pas contre, mais pour une fois, il ne joue pas directement sur ce tableau et dans ce but.

▬ Mais avant de faire la liste de tous les états américains que j’ai connus dans le désordre, il y a des lieux ou des types de voyages que tu préférerais faire? Je t’avertis si le magasinage et le gambling sont ton genre d’activités, je connais rien aux meilleurs centres commerciaux, et j’évite Las Vegas comme la peste.



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