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Strangers in Paradise

 
  
MessageDim 12 Juin - 18:19
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 575Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Strangers in Paradise
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ AELYA FEREDEN & EKO



Take my hand, I'm a stranger in paradise, oh lost in a wonderland


La longue route 95 reliant Washington à Merkeley défile devant la voiture de Ryan, illuminée uniquement par les phares de celle-ci. Cela fait presque trois heures qu’ils roulent, avalant les kilomètres. Partis un peu avant le coucher du soleil, ils devraient arriver enfin chez eux dans plus ou moins une demi-heure, soit peu après minuit. Pour Ryan et Jay qui se trouvait à Merkeley le matin même, le voyage allé retour dans la même journée n’est pourtant que partiellement la cause de la fatigue lisible sur leurs traits. Particulièrement ceux de Ryan. Jay elle, semble plutôt inquiète.

Ils n’ont pas beaucoup parlé pendant le trajet, ce qui est rare et particulier pour eux. Ryan est une machine à paroles, en temps normal. Cela ne fait donc rien pour arranger l’inquiétude de sa daemone. Les circonstances expliquent leurs expressions, leur silence.

Aujourd’hui, cela fait exactement 17 ans que ses parents, la nuit de la graduation de Ryan de l’Académie du FBI, ont eu un grave accident de voiture. Exactement 17 ans que sa mère est plongée dans un coma. Exactement 17 ans qu’il s’entête à payer les soins la maintenant en vie malgré le peu d’espoir des médecins de la voir un jour se réveiller. Exactement 17 ans que toutes les deux semaines, il effectue un voyage, peu importe où il se trouve, vers l’hôpital général de Washington où sa mère dort d’un sommeil trop lourd.

Ryan a apporté des fleurs. Des marguerites, blanches, comme toujours, les préférées de sa mère. Elle disait, il y a longtemps, que ces fleurs la rendaient heureuse, joyeuse, qu’elle en aimait le parfum, qu’elles lui rappelaient l’été, que leur beauté simple éclipsait celle de fleurs beaucoup plus exotiques. Il avait posé les fleurs dans leur vase de verre, sur la table de chevet près du lit de Kate. Geste devenu si familier, si habituel qu’il en était presque rituel.

Après lui avoir raconté les dernières nouvelles de sa vie, lancé quelques blagues à ses yeux fermés, il avait poursuivi le rite en ouvrant le livre dont il lui fait la lecture d’un chapitre à chaque visite. Au fil des ans, ils ont dévoré des dizaines de romans. Les favoris de Kate, les siens ou des nouveaux. Aujourd’hui, il avait terminé la lecture d’un des romans de la bibliothèque personnelle de sa mère, « Le Loup des steppes », d’Hermann Hesse. Ryan avait refermé le livre, embrassé sa mère sur le front, lui avait dit qu’il reviendrait bientôt puis avait repris la route.

La date est spéciale, mais la visite s’est passée exactement comme à l’habitude. Pas une seule parole sur cet étrange anniversaire. Ryan n’a pas voulu marquer l’évènement. Il n’en a même pas touché deux mots à Jay. Pourtant, l’air est lourd, empli de cette réalité gardée muette.

Ils passent rapidement devant un panneau affichant Merkeley dans dix kilomètres. Ryan inspire un bon coup. Il ressent l’inquiétude de Jay dans son esprit autant que son regard posé sur lui. Il s’en veut un peu de lui faire subir cela, mais il ne savait pas comment réagir autrement.

Toute son énergie était passée à afficher un sourire, une attitude entièrement normale devant sa mère, puis le personnel médical. Ouvrir la bouche une fois sortie de l’hôpital et en route pour rendrez chez eux lui avait paru trop dangereux, comme si cela risquait de faire sortir un monstre d’entre ses entrailles qu’il craint plus que tout. En parler rend les choses réelles. En parler ne changerait rien à la situation, de toute façon.

La musique à la radio, le temps et la route ont néanmoins atténué cette boule dangereuse coincée au creux de sa gorge. Il respire mieux maintenant. Il n’a plus envie à un instant de hurler jusqu’à en perdre la voix et à l’autre de se souler jusqu’à en perdre la raison pour réussir à se foutre dans une bagarre de fond de taverne, de sorte à pouvoir taper sur quelque chose. Enfin… moins envie, plutôt. La douleur est moins vive. Simplement latente, cachée, retournée se terrer derrière ses défenses, mais moins vive.

Ryan lance un regard vers Jay et tend le bras vers les boutons de la radio, où joue un nouvel air populaire si semblable aux autres, sans réelle saveur. Vaguement énervé, il lance :

▬ Et ils appellent ça de la musique… Tu me passes l’album de Bowie ?

La chienne au pelage noir et feu dresse les oreilles, une bouffée d’excitation et de soulagement l’envahissant alors qu’elle se réjouit d’entendre de nouveau la voix de son daemonien. Elle s’empresse d’ouvrir le coffre à gants d’une pression de la patte puis s’empare du CD en question. Quelques instants plus tard, les notes de « Heroes » emplissent l’habitacle. Un sourire se dessine sur ses lèvres alors qu’il bat le rythme des doigts sur le volant. Ryan, de sa voix grave et légèrement cassée, entame à mi-voix les paroles en même temps que celle de David Bowie.

▬ I, I will be king. And you, you will be queen though nothing will drive them away. We can beat them, just for one day. We can be Heroes, just for one day.

Il détache ses yeux de la route un bref instants pour regarder Jay. Celle-ci le regarde avec bonheur et prudence. Il sait qu’elle a peur qu’il se ferme comme une huitre, qu’il en explose un jour, malgré sa joie de le voir de nouveau lui-même. Ryan lâche d’une main le volant et vient passer son bras autour des épaules de la chienne. En élevant la voix et avec plus d’entrain, il continue de chanter.

Jay mêle sa voix à la sienne et bientôt, tous deux chantent à tue-tête alors que le paysage défile rapidement devant eux.

▬We're nothing, and nothing will help us. Maybe we're lying, then you better not stay. But we could be safer, just for one day.

Ryan rejette la tête en arrière, emporté par la musique, pour la dernière partie et Jay éclate de rire.

▬Oh-oh-oh-ohh, oh-oh-oh-ohh, just for one day!

Un large sourire est maintenant présent sur les traits du daemonian. Il se sent moins lourd, le poids sur sa poitrine s’étant soulevée en même temps qu’il criait les paroles à tue-tête. Au diable les thérapies, Bowie fait toujours l’affaire.

Jay pousse un soupir, un peu essoufflé, mais heureux. Elle lance un regard de coté à Ryan, semble hésiter, puis se lance enfin, d’une voix calme, alors que Ryan baisse le volume de la musique, qui vient d’enchainer le morceau suivant.

▬ Je sais que tu n’aimes pas en parler, mais… Je suis certaine que Kate sourit en ce moment. Elle a toujours aimé te voir chanter.
▬ Mmm.

Jay le pousse affectueusement du bout du nez et Ryan lui répond avec un petit sourire, un peu triste, mais un sourire tout de même. Se rappeler de sa mère du temps d’avant fait mal d’une certaine façon, mais les bons souvenirs lui sont précieux, il ne souhaite pas les oublier, les occulter dans un coin de sa mémoire afin de ne plus souffrir. Sa mère n’est pas morte et Ryan n’a jamais cessé de croire qu’elle ne finirait pas se réveiller. Et même si elle était définitivement partie, il n’aurait pas le droit d’oublier.

Même s’il n’oublie pas, Jay a raison et il ne souhaite pas en parler. Il ne saurait pas par où commencer, de toute façon. Aussi, Ryan lui donne un petit coup de coude dans les côtes.

▬ Je crève de faim. Une pizza ça t’intéresse?
▬ Urff, nan, pas à cette heure, je vais mal dormir. La dernière fois j’ai fait des cauchemars de peppéroni toute la nuit.

Ryan éclate de rire devant l’air frustré de sa daemonne.

▬ Bon. Je t’aurais proposé un kebab, mais maintenant j’ai peur que des shish taouk géants t’attaquent pendant la nuit. Un café? Il y a le petit italien ouvert 24 heures un peu plus loin, juste avant d’arriver à Merkeley.
▬ Bonne idée, ils servent d’excellentes danoises aux abricots en plus. Tu crois qu’on y sera dans combien de… Ryan, regarde.

La chienne pointe du museau des points lumineux une centaine de mètres devant eux, sur la chaussée de la route, mais ceux-ci ont déjà attiré l’attention de Ryan. Il fronce les sourcils puis ralentit l’allure de la voiture.

▬ J’ai pas l’impression qu’elle s’est arrêtée au milieu de nulle part pour prendre le paysage en photo.

Rapidement, ses phares illuminent un petit véhicule à côté duquel se tient une jeune femme en talons haut. Définitivement pas la bonne tenue pour réparer sa voiture au milieu de la nuit. Ryan lui-même n’est pas tout à fait habillé pour les circonstances, ayant mis une chemise propre rayée bleu et noir et un pantalon plutôt qu’un jean pour rendre visite à sa mère.

▬ On va attendre un peu pour la danoise, si ça ne te dérange pas.
▬ Well… tout pour faire honneur à Bowie. Va jouer les héros mécaniques, allez.

Sur un sourire amuse, Ryan dépasse la voiture en panne puis fait s’immobiliser son propre véhicule sur la chaussée, une dizaine de mètres devant l’autre. Il sort à l’extérieur, laissant Jay sauter au bas de la voiture à sa suite, puis s’avance vers la jeune femme. Une main en visière pour se cacher les yeux de la lumière éblouissante des phares de la voiture en difficulté, Ryan s’annonce sur un ton à demi amusé, demi-compatissant.

▬ Vous avez besoin d’aide? Au moins, on n’est pas devant un enclos de T-Rex. Le pire qu’on pourrait croiser ici, ce sont des ratons. Ces machins ont beau être vicieux, c’est une petite consolation.
▬ N’écoutez pas Dr. Grant ici présent, ses références à Jurassic Park sont toujours pourries.
▬ Pff. Essai de faire mieux, boule de poil.

Sortant enfin du rayon de lumière des phares, Ryan peut baisser sa main afin de la tendre vers la jeune femme pour se présenter.

▬ Ryan Farell. C’est le moteur où une roue qui à décider de mourir sans laisser un mémo d’avertissement?





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MessageMer 22 Juin - 21:04
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Aelya FeredenLiving like we're renegades



Strangers in paradise

Ryan & Aelya


Les ombres de la nuit engloutissent tout. Ne reste au demeurant qu’une sauvagerie pure, agrémentée d’une sensation malsaine dont elle aimerait être en mesure de se défaire au bout de vingt-huit ans de vie. Vingt-huit… Un âge sensé être mûr, un avenir se devant d’être certain et ce genre de peur infantile, déposée aux oubliettes. Parce que bon, quand on est avocate, qu’on a un caractère on ne peut plus merdique et qu’au final, on a peur d’une feuille morte qui vole le soir venu, cela contredit quand même légèrement avec la crédibilité du personnage.

Pour l’heure, elle ne parvient même pas à réellement ressentir ce sentiment désagréable qui habituellement l’étreint lorsqu’elle se déplace de nuit. Les yeux rivés sur la route qui lui fait face, elle distingue à peine les sons qui emplissent l’habitacle de la voiture ; le tintement du bracelet qu’elle porte au poignet lorsque sa main s’agite sur le volant, le grincement de la plage arrière qu’elle a l’autre fois mal raccrochée – ce bruit qui en temps normal l’irrite immanquablement et qui pourtant, aujourd’hui, ne parvient même pas à l’agacer. Enfin en tout cas, pas plus qu’elle ne l’est déjà.

Car aussi inoffensive que la jeune femme puisse paraître, elle est actuellement tellement énervée que même un ours dansant la samba en tutu rose à l’orée du bois n’aurait pu la décrisper. Avoir un balai coincé dans des fesses aussi serrées, tout de même… Sa mâchoire se crispe, en écho à ses phalanges qui blanchissent tandis qu’elles s’attaquent au cuir du volant. Elle a déjà envisagé six possibilités de le tuer et dans chacune d’elle, il y a du sang et des boyaux. De quoi faire pâlir de jalousie les producteurs d’un bon nombre de films d’horreur. Allez, encore deux et elle pourra envisager laquelle sera la plus à même d’éradiquer ce fichu animal.

Un ricanement sournois s’échappe des babines du félin face à cette pensée. Négligemment allongé sur le siège passager, il observe de ses pupilles ambrées la colère de la daemonienne avec une satisfaction grandissante. Le fait qu’elle soit énervée en tant que tel n’est pas ce qui lui plait le plus, non. La raison pour laquelle elle est dans cet état, cependant, risque de le faire rire encore un bon moment. Il s’étire lentement, déliant ses muscles dans la plus grande précaution, pour finalement approcher son museau de la radio et l’allumer d’un pressement sec.

Ooh you make me live. Whatever this world can give to me, it’s you, you’re all I see…

Tandis que les premières paroles de la chanson de Queen se dispersent dans les airs, Eko se redresse plus franchement sur ses pattes arrières. Un coup d’œil en direction de sa moitié lui assure qu’elle n’est toujours pas calmée. Ses oreilles s’abaissent tandis que ses babines dévoilent deux canines aiguisées comme des couteaux.
Et, toujours, ce malice au fond des yeux…

« Ooh you make me live, Ooh I've been wandering round…»

Elle le regarde? Parfait. L’assurance le gagnant, le caracal hausse le ton et poursuit sur sa lancée, de plus en plus fort – mais pas forcément de plus en plus juste.

« But I still come back to you, in rain or shine. You've stood by me girl, I’m happy at home, you’re my best friend! »

Il agrémente ses derniers mots d’un mouvement énergique de la tête et d’un coup d’œil langoureux adressé à la jeune femme. Il est ridicule et il le sait. Mais plutôt que de la faire rire et de voir la pression environnante redescendre d’un cran, Eko cherche les limites d’Aelya. Et vu la situation actuelle, il sait qu’il ne tardera pas à les trouver. Reste à deviner de quelle manière choisira-t-elle d’exploser…

Deuxième couplet. L’avocate n’a encore prononcé aucun mot, focalisée sur la route qui inlassablement défile. Les liserés blancs peints à même le béton s’écoulent encore et toujours, d’une vitesse qu’il juge trop excessive. Un autre défaut de Lya : lorsqu’elle est énervée, mieux vaut ne pas lui laisser le volant, au risque qu’elle ne se prenne pour une pilote de course. A un virage en succède un autre tandis que la chanson s’éternise. Lorsqu’Eko reprend son souffle et que les dernières notes s’éteignent, la voix glacée d’Aelya vient rompre l’innocence de la scène.

« Je te hais. »

Trois mots. Prononcés avec tellement de conviction qu’on pourrait y croire, si on ne la connaissait pas. Le caracal, lui, n’y croit pas une seule seconde.

« Tu dis ça parce que tu es fâchée. Il n’y a pourtant aucune raison de se mettre dans un état pareil, honey. »

La jeune femme s’étrangle à moitié en entendant sa réponse.

« Aucune raison ? AUCUNE RAISON ? Tu te fiches de moi, c’est pas possible ! »
« J’ai une bonne explication à chacune de ce que tu appelles « mésaventures ». »

Fulminante, l’irlandaise quitte un instant la route baignée dans la lueur des phares pour inspecter la mine sereine de son imbécile de daemon. Sereine et suffisante. Elle va le tuer avant qu’ils n’arrivent à Merkeley, ce n’est pas possible autrement. Une bonne explication hein ? C’est ce qu’on va voir. Défiante, la demoiselle laisse un sourire ironique étirer ses lèvres. Il la cherche depuis vingt minutes et elle aime jouer, après tout – peut-être même plus que lui.

« Le vase que ma mère a ramené de leur voyage à Pékin, il y a deux ans ? »
« Un coup de Georges Charles Abrams. Il a malencontreusement trébuché pour une raison inconnue et s’est rattrapé à la première chose qui lui est tombée sous la main. Mauvaise pioche. »

Le garnement de sept ans étant connu pour son côté maladroit, ça se tenait. Même si Lya avait un doute quant à la raison inconnue ayant entrainé la chute.

« Le plateau d’amuse-bouche au chèvre qui s’est volatilisé ? »
« Tu devrais demander au notaire de ta mère… Il en avait jusque dans les narines. »

Aelya affiche une moue dégoutée qui n’échappe pas au caracal. De toute manière, il sait pertinemment qu’elle n’irait pas vérifier s’il s’agissait véritablement de fromage ou d’une substance un peu plus illicite.

« Le roquefort devrait être considéré comme substance illicite. Rien que pour l’aspect. »

Un soupir monte à la gorge de la jeune femme tandis qu’elle décélère légèrement. Pas suffisamment pour rentrer dans les clous et respecter les limitations de vitesse, mais c’est un bon début.

« Soit. Et pour ce qui est de la pyramide de coupes de champagne qui s’est déversée sur Mr Rey ? Tu vas me dire que c’est le chaton Suzette qui s’est essayée aux bulles ? »

Les babines d’Eko se rehaussent de quelques centimètres encore. Il s’amuse beaucoup et au fond, il sait qu’elle aussi. Mais elle ne le coincera pas aussi facilement.

« Non, elle n’a pas assez de goût pour ça. Déchirer la traine de la robe de ta mère l’a occupée pendant une bonne moitié de la soirée, alors le champagne… »
« Tout l’inverse de toi. »

Moment de silence pendant lequel Lya cesse de se concentrer sur Eko pour doubler un véhicule un peu trop lent à son goût.

« C’est bien vrai. Mais lorsque j’ai réussi à asticoter Fiasco suffisamment longtemps pour qu’il daigne bouger son postérieur et se lancer à ma poursuite, je n’ai pas dû insister beaucoup pour qu’il se mange le pied de table et me permette ainsi de goûter au champagne. »

Cette fois, Aelya lève les yeux au ciel. Fiasco, le chien de ses parents. Aussi doué avec ses pattes qu’elle ne l’est avec des baguettes chinoises. En voilà un qui porte bien son nom.

« Tu as quand même participé au désastre. »
« Je dirais plutôt que j’étais au bon endroit, au bon moment. »
« Tu me saoules, chaton. »

Éclat de malice victorieux au creux des yeux pour seule réponse. Brusquement, Aelya réalise.

« Ne me dis pas que tu as quelque chose à voir avec la chute du bustier d’Amélia ? »


Amélia, la fille d’une amie proche de ses parents, plus dédaigneuse que le caracal – et oui, n’insistez pas, c’est possible.

« Ca dépend. »

Lya tente de garder son sérieux pour paraître autoritaire, mais l’image de cette peste blonde qui hurle comme une dégénérée en s’enfuyant du salon, le tout à moitié nue, a quelque chose de réconfortant qui lui booste le moral et apaise sa mauvaise humeur.

« J’aime pas quand tu me réponds ça. »

Il se lèche la babine supérieure tout en s’allongeant une nouvelle fois sur le cuir de la vieille Mercedes.

« Ça dépend de ce que tu comptes faire si c’est le cas. »
« A part finir le dernier paquet de cookies en te regardant saliver ? Pas grand-chose. »
« Dans ce cas, oui, je suis parfaitement responsable. Mais vois le côté positif, j’ai été soft pour une fois. »

Un sourire amusé vient se peindre sur le visage de la jeune femme. Bien sûr, qu’il a retenu ses coups. Connaissant sa tendre moitié, Aelya ne doute pas qu’il aurait pu faire pire, bien pire, et qu’une petite balade les seins à l’air ne représente même pas un huitième de ce dont il est capable. Elle repousse une mèche rebelle derrière son oreille d’un geste évasif.

« Pas sûr que mes parents acceptent de nous revoir à ce genre de soirée avant un moment… »
« Surtout quand la première phrase que tu as sortie a été pour signaler à l’un des juges les plus réputés de la région que sa braguette était ouverte et que les caleçons à pois étaient passés de mode depuis au moins vingt ans. »

Certes. Un point pour lui. M’enfin, l’avantage de toute cette histoire, c’est qu’elle n’aura plus à supporter les sourires faux et les tons mielleux dont cette catégorie sociale raffole.

« Je ne sais pas si… »

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une explosion se fait entendre. Des volutes de fumée se pressent à présent contre le pare-brise et s’incrustent dans l’habitacle. Lya s’empresse de mettre ses feux de détresse et de sortir du véhicule, suivie de près par Eko. Tous deux crachent leurs poumons tandis qu’une succession de « Pscht » en tous genres s’échappent de la malheureuse voiture.

« Et merde. Manquait plus que ça. »

D’un geste rageur, la jeune femme s’approche du capot pour le soulever, l’un de ses talons hauts s’enfonçant au passage dans la terre boueuse qui borde la route. Elle ouvre alors le ventre de la bête pour se rendre compte qu’elle ne pourra absolument rien faire de ses dix doigts. Pas sans aide, en tout cas.

« Dans la boite à gants. »

A la hâte, elle s’empresse d’ouvrir la porte côté passager et de s’emparer de son téléphone. Frénétiquement, l’avocate cherche le numéro du dépanneur dans son répertoire et lance l’appel… Qui se termine par un échec.

« Pas de réseau. Non mais dites-moi que je rêve. »
« J’espère que tu ne rêves pas régulièrement de nous, coincés au milieu d’une forêt passé une heure du matin, sans téléphone et avec une voiture en panne. J’ai beau être habitué à tes excès de zèle, ça me ferait flipper. »

En rogne, l’irlandaise claque la portière et se met à faire les cents pas sur le bitume. Eko a oublié un détail : il fait particulièrement froid cette nuit, et elle est seulement vêtue d’une robe rouge dos nu et d’un châle qu’elle a passé autour de ses épaules. Rien qui lui permettra d’éviter le rhume demain, en somme.

« Et avec la chance qu’on a, je parie que personne n’aura l’idée de passer par là. »

Tandis qu’elle se frotte les yeux et peste en irlandais, à la recherche d’un miracle, le caracal fait claquer sa langue contre son palais.

« Il semblerait que tu te sois plantée sur ce point. »

Aelya a juste le temps de se protéger les yeux pour voir une voiture inconnue les dépasser et s’immobiliser un peu plus loin. La portière s’ouvre et un homme en descend pour se diriger vers eux. Si lui ne peut les distinguer avec précision, Lya, elle, a une vue plutôt avantageuse sur le personnage.

Si ça se trouve c’est un serial killer.
Sacrément canon, dans ce cas.
Calme ta libido et aiguise tes talons plutôt.


La jeune femme laisse l’inconnu et le chien l’accompagnant – daemon or not ? – les approcher sans bouger, les doigts pianotant contre la peinture de son carrosse atrophié. Tu parles d’une princesse ; huit centimètres de talon, une robe à tomber, et condamnée à rentrer chez elle à pied.

« Vous avez besoin d’aide? Au moins, on n’est pas devant un enclos de T-Rex. Le pire qu’on pourrait croiser ici, ce sont des ratons. Ces machins ont beau être vicieux, c’est une petite consolation. »

T’as déjà vu un tueur en série faire ce genre de blagues ?
Technique de distraction classique. Un peu limite, je l’avoue.


« N’écoutez pas Dr. Grant ici présent, ses références à Jurassic Park sont toujours pourries. »
« Pff. Essai de faire mieux, boule de poil. »

Daemonien, donc, accompagné d’une charmante demoiselle qui allait sans doute plaire à Eko. Je parierai pas là-dessus si j’étais toi. Aelya laisse un fin sourire étirer ses lèvres avant de répondre.

« Vous n’avez pas l’air d’être du genre à vous laisser impressionner par un raton, donc je suppose que nous ne craignons rien. »

Elle désigne d’un geste de la tête la voiture encore fumante.

« Et je ne serai pas contre un coup de main… A condition que vous me promettiez de ne pas me kidnapper après. Nouveau sourire, doublé d’un haussement d’épaules amusé. Juste pour rassurer la lopette qui me sert de daemon, vous comprenez. »
« Qui a peur des feuilles mortes, rappelle-moi ? »

Elle saisit la main que l’homme lui tend, rassurée quant à la protection que lui offrent ses gants. Autant éviter de tomber dans un semi-coma deux minutes après l’avoir rencontré, ça ferait désordre.

« Ryan Farell. C’est le moteur où une roue qui à décider de mourir sans laisser un mémo d’avertissement? »
« Aelya Fereden. Il semblerait bien qu’il ait en effet oublié quelques règles de politesse en me quittant. Les valeurs se perdent de nos jours, que voulez-vous. »

Elle remarque alors la tenue inappropriée dans laquelle se trouve Ryan et esquisse une moue contrariée.

« Mais ce n’est peut-être pas la peine de vous salir pour si peu. Elle sourit. Vous semblez aussi bien habillé pour une séance de travaux pratiques que moi. Vous auriez du réseau pour appeler une dépanneuse ? Mon téléphone ne capte rien ici. »

Je la sens mal, cette soirée.
Au pire, elle finira comme elle a commencé.


(c) FreeSpirit

  
MessageLun 27 Juin - 5:56
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▬ Vous n’avez pas l’air d’être du genre à vous laisser impressionner par un raton, donc je suppose que nous ne craignons rien. Et je ne serai pas contre un coup de main… À condition que vous me promettiez de ne pas me kidnapper après. Juste pour rassurer la lopette qui me sert de daemon, vous comprenez.

Ryan sourit de plus belle en serrant la main de la jeune femme. Il est heureux qu’Aelya ait un sens de l’humour. Trop souvent, les gens sont aigris, et si la jeune femme semble énervée par sa soirée, au moins elle n’en perd pas le plus rudimentaire des sourires. L’intervention s’annonce donc déjà beaucoup plus agréable que s’il était tombé sur une mamie grincheuse.

▬ Aelya Fereden. Il semblerait bien qu’il ait en effet oublié quelques règles de politesse en me quittant. Les valeurs se perdent de nos jours, que voulez-vous. Mais ce n’est peut-être pas la peine de vous salir pour si peu. Vous semblez aussi bien habillé pour une séance de travaux pratiques que moi. Vous auriez du réseau pour appeler une dépanneuse ? Mon téléphone ne capte rien ici.

Ryan fait un geste de la main pour balayer l’argument.

▬ Bha. C’est que quelques bouts de tissu. Je peux au moins jeter un coup d’œil, si ça peut vous éviter de passer la nuit à attendre une dépanneuse en compagnie des ratons.

Il s’approche de la voiture dont le capot est ouvert. À cause de la lumière aveuglante, il n’avait pu voir ce détail avant, ce qui excluait automatiquement l’éventualité du pneu crevé. Dommage, s’aurait été le cas de figure le plus simple et rapide à réglé.

Ryan se penche au-dessus du moteur. Encore un peu de fumée s’élève dans l’air et il n’a qu’à tendre la main en direction du moteur pour constater que celui-ci est brulant. D’ailleurs, une odeur de brulé est nettement perceptible.

▬ Shit… J’ai bien peur que ce soit la durite d’essence qui est percée. Malheureusement, ça dépasse de loin mes compétences.

Ryan n’est pas mauvais en mécanique. Il a appris assez jeune, s’intéressant aux motos lorsqu’il était ado, puis par nécessité vers le début de l’âge adulte. Généralement, il arrive à réparer sa propre voiture seul, sauf pour les travaux électriques. Néanmoins, sans outils et, dans ce cas précis, sans une pièce de rechange, il est aussi utile qu’un marionnettiste dans une compétition de bobsleigh. C’est-à-dire très, très peu.

Alors qu’il se redresse pour faire face de nouveau à Aelya, il attrape son téléphone dans sa poche de jean.

▬ Vous avez un dépanneur favoris? Sinon, j’en connais un pas trop cher et rapide sur Merkeley.

Après avoir reçu la réponse de la jeune femme, Ryan compose le numéro. Une voix de femme d’un certain âge, bourrue et peu polie, lui répond à l’autre bout du fil. Ryan lui explique brièvement la situation ainsi que l’endroit où ils se trouvent. Lorsqu’il reçoit la réponse de la femme à l’autre bout du fil, il hausse les sourcils, étonné.

▬ Comment ça, au moins une heure? C’est le beau milieu de la nuit et on est au milieu de nulle part, il n’y a aucun moyen d’accéléré les choses un peu? Quoi? Non, je comprends très bien que votre chauffeur soit parti sur un autre appel, mais… attendez…

Ryan décolle son oreille de l’appareil et le dévisage quelques seconde. Il tourne ses yeux verts dans ceux d’Aelya, plus surprit qu’offensé.

▬ Cette vieille harpie m’a raccrochée au nez.

Il range son téléphone, inspire un bon coup en arquant un sourcil vers la voiture et, un peu désolé, ajoute à l’intention de la jeune femme :

▬ Au moins, elle a eu la décence de me confirmer qu’elle envoyait la dépanneuse.

Ryan se passe une main dans les cheveux, déçu de ne pouvoir faire plus – quel super héros de merde il fait ce soir - accrochant au passage le regard de Jay. Elle lui pose une question silencieuse, à laquelle il répond avec un petit sourire. Il la connait par cœur. Il sait qu’elle veut toujours aider, même les inconnus, à compter du moment où la situation ne nuit pas à sa sécurité ou sa santé à lui. Jay est une espèce de mère poule, ou plutôt de grand-mère pour, avec son caractère de mémé bourrue, particulièrement avec Ryan.

Elle ne se contentera donc pas de les laisser en plan en attendant la dépanneuse, il le sait d’avance. Lui non plus n’aime pas l’idée. Il ne doit rien à cette jeune femme, mais s’il était dans la même situation, il ne dirait pas non à un peu de compagnies, alors aussi bien laisser sa daemonne proposée l’idée qu’elle a derrière la tête.

La chienne noire et feu s’avance d’un pas vers la jeune femme et son daemon et penche la tête de côté.

▬ Nous allions prendre un morceau dans un petit café italien, à une dizaine de minutes d’ici. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous emmener avec nous le temps d’attendre la remorqueuse puis vous ramener plus tard? Ce n’est pas comme s’il n’était pas déjà tard, de toute façon.

Une lueur de malice passe dans les yeux de la chienne alors qu’elle tourne la tête vers le caracal.

▬ Et ne vous inquiétez pas pour un kidnapping, Ryan serait incapable de voler une barre de chocolat dans un dépanneur, il ment aussi bien qu’il porte le kilt. C’est-à-dire qu’il fait chercher à éviter.
▬ Jay, parler de kidnapping pour rassurer contre un kidnapping, c’est probablement la pire idée du monde. Et tu sauras que je rock le kilt si je veux.
▬ Tu rockera rien dutout. C’est pas parce qu'on veux être aussi badass que Mel Gibson dans Brave Heart qu’on le devient en mettant une jupe.
▬ Un kilt, pas une jupe. Maintenant tu insulte les Écossais, tu te rend compte?

Ryan lève les yeux au ciel en ouvrant les bras avec un petit excès de théâtralité pour exprimer son désaccord et son découragement à s’obstiner avec la tête de mule qui lui sert de daemonne. Avec calme et une classe toujours bien propre à elle, Jay se détourne de Ryan pour regarder de nouveau vers Eko.

▬ De toute façon, s’il tente quoi que ce soit de douteux, on se mettra à deux pour lui arracher les yeux. Je suis Jay, au passage. Enchanté de faire votre connaissance. Alors, l’idée du café vous intéresse?

La musique, faible et étouffée, en provenance de la voiture de Ryan, toujours en marche un peu plus loin, parvient aux oreilles du daemonien. Le CD de Bowie est toujours en cours de lecture et ce sont les accords de Let’s Dance qui jouent actuellement. Ryan pointe son véhicule :

▬ David Bowie a le chauffage, là-dedans, aussi. C’est le minimum que je peux vous proposer si le café ne vous intéresse pas. On est tous les deux aussi bien habillé pour une séance mécanique que pour survivre à un froid pareil.




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MessageLun 27 Juin - 16:46
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« A mile of highway will take you a mile. A mile of runway will take you anyway. »


Ryan répond à la remarque d’un simple geste de la main, tout en s’approchant du moteur récalcitrant.

« Bha. C’est que quelques bouts de tissu. Je peux au moins jeter un coup d’œil, si ça peut vous éviter de passer la nuit à attendre une dépanneuse en compagnie des ratons. »

Encore ces fameux ratons. L’irlandaise le soupçonne d’avoir eu une altercation avec l’un d’entre eux un jour. Peut-être un souvenir d’enfance, un lointain traumatisme qu’il aurait souhaité refouler sans pour autant y parvenir, qui sait. Tandis qu’elle l’observe glisser son nez dans la mécanique complexe – et pour le moins âgée – de sa Mercedes, la voix d’Eko se glisse jusqu’à ses tympans. Morose. Comment pourrait-il en être autrement, en même temps.

« No doubt, no fear. »

Lya secoue doucement la tête et donne un léger coup de pied dans le bout de gras du chaton. En langage caracalesque, cette remarque est pour le moins désobligeante envers Ryan – preuve s’il le fallait qu’Eko n’a aucune confiance en le personnage, et encore moins en ce qu’il considère comme étant des capacités de mécanicien du dimanche.

Bien te tenir dix minutes sur toute une soirée c’est encore trop te demander ?
Pourquoi elle me fixe, la boule de poils ?


Si la jolie chienne avait pu remettre les idées du chaton en place sans blesser la jeune femme par la même occasion, soyez sûr qu’Aelya aurait signé tout de suite. Au bout d’un temps qui semble incroyablement long à la demoiselle, Ryan finit par émerger du capot, son air désemparé ne lui disant décidément rien qui vaille.

« Shit… J’ai bien peur que ce soit la durite d’essence qui est percée. Malheureusement, ça dépasse de loin mes compétences. »
« C’est bien ma veine. »

Une durite, bien évidemment. Le genre de pièces qui ne se trouve pas à chaque coin de rue, et encore moins au beau milieu de la campagne du New Jersey. Bon, très bien. Au moins elle saura quoi dire au dépanneur lorsqu’elle parviendra à le joindre – bien dire « lorsque » et non « si » pour montrer qu’on est d’un optimisme à toute épreuve, surtout. Cette remarque arrache un sifflement amusé à Eko sans qu’elle n’y prête la moindre attention, les yeux rivés sur Ryan qui est subitement réapparu à ses côtés, un téléphone à la main.

« Vous avez un dépanneur favoris? Sinon, j’en connais un pas trop cher et rapide sur Merkeley. »

Les pensées d’Aelya ne font qu’un tour, pour finalement s’arrêter sur la seule solution qui n’enchante pas Eko.

« Damn, Lya. »

Mais la jeune femme, insensible au côté récalcitrant de sa moitié, se contente de sourire à son interlocuteur en sortant son propre portable, à la recherche du numéro manquant.

« Oui, j’ai le numéro quelque part, attendez… Ah, le voilà. »

Elle tend la main de façon à ce que Ryan puisse voir le numéro et le regarde lancer l’appel, silencieuse. Elle a déjà une petite idée de la façon dont ce dernier va se terminer. Quelques phrases concises suffisent à expliquer la situation à Brenda, dont Aelya a reconnu la voix charmante à l’autre bout du fil. Elle ne peut s’empêcher d’admirer la façon dont Ryan explique les choses. Tout est clair, précis, d’un déroulement qui lui semble mécanique ; comme une vieille habitude rodée par le temps et l’expérience. A se demander quel genre de métier cet homme exerce… Subitement, le ton change, tirant au passage l’avocate de sa réflexion.

« Comment ça, au moins une heure? C’est le beau milieu de la nuit et on est au milieu de nulle part, il n’y a aucun moyen d’accéléré les choses un peu? Quoi? Non, je comprends très bien que votre chauffeur soit parti sur un autre appel, mais… attendez… »

Eko sermonne mentalement son imbécile de daemonienne, tandis que le sourire d’Aelya s’élargit. Elle a vu juste. Lorsque Ryan relève vers elle des yeux où percent tant la surprise que l’outrance, elle doit se retenir de céder à l’hilarité tout de suite.

« Cette vieille harpie m’a raccrochée au nez. »

C’en est trop pour la demoiselle qui éclate d’un rire léger, non par moquerie envers lui mais plutôt du fait de l’insulte qu’il a choisie pour qualifier Brenda.

« Elle doit avoir à peu près notre âge, vous savez. Et estimez-vous chanceux, à partir du deuxième appel, elle commence à vous traiter de face de babouin constipé. »

Elle agrémente sa tirade d’un clin d’œil malicieux. L’histoire est vraie, puisqu’Aelya a eu l’occasion de la voir agir ainsi en direct. Brenda est la sœur d’un de ces anciens clients – dans une histoire de coups et violence dont était accusé son frère, que l’avocate avait finalement réussi à faire blanchir. Depuis ce temps-là, les deux jeunes gens lui offrent régulièrement des avantages quand elle rencontre des problèmes liés au tas de ferraille qui lui sert de voiture.

«Au moins, elle a eu la décence de me confirmer qu’elle envoyait la dépanneuse. »

Evidemment qu’elle le fera. La question est juste de savoir quand. Une brise glacée vient se faufiler le long du dos dénudé d’Aelya, lui arrachant un frisson. Elle remonte précautionneusement son châle autour de ses épaules, jetant un nouveau coup d’œil au paysage qui l’entoure. Elle qui a l’habitude des températures basses qu’on trouve habituellement en Irlande est forcée de reconnaître qu’il fait particulièrement froid, ce soir. Puis, se rendant compte de son impolitesse, la jeune femme finit par reprendre la parole.

« Merci d’avoir appelé. Mais je ne veux pas vous retenir plus longtemps, vous avez sûrement des choses à faire, voire une nuit à terminer. »

Elle lui sourit poliment. Après tout, une heure de plus ou de moins, ce n’est pas grand-chose. Si elle ne finit par congelée d’ici là, il lui restera toujours son iPod, ses écouteurs et sa voix de crécelle pour les réchauffer.

Tu parles d’une consolation.

Obnubilée par la perspective des réjouissances à venir, Aelya ne prête aucune attention aux échanges silencieux qui s’effectuent sous ses yeux. Aussi, lorsque la voix de la chienne qui n’a jusqu’à présent encore rien dit résonne à leurs oreilles, elle esquisse un léger mouvement de surprise vers l’arrière.

« Nous allions prendre un morceau dans un petit café italien, à une dizaine de minutes d’ici. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous emmener avec nous le temps d’attendre la remorqueuse puis vous ramener plus tard? Ce n’est pas comme s’il n’était pas déjà tard, de toute façon. »

Quels avantages il doit y avoir à posséder un daemon de cette forme… Certes, Aelya n’est pas la plus à plaindre avec Eko – un caracal est toujours plus discret qu’un aigle royal ou qu’un tigre de Sibérie, et encore, tant qu’il n’ouvre pas la bouche – mais le fait de voir son âme prendre l’apparence d’un chien a pu – et non pas a dû, après tout, elle ne connait rien de ce garçon – rendre les choses plus faciles après la grande révélation de 2011. L’avocate laisse un nouveau sourire étirer la commissure de ses lèvres. Oh et après tout, pourquoi pas ? La compagnie de ces deux jeunes gens sera sans aucun doute plus agréable qu’un tête-à-tête avec Eko. Elle aurait été prête à accepter la proposition sans même prendre la peine de consulter son bougon de daemon si son interlocutrice n’avait pas poursuivi sur sa lancée, en s’adressant cette fois à sa moitié.

« Et ne vous inquiétez pas pour un kidnapping, Ryan serait incapable de voler une barre de chocolat dans un dépanneur, il ment aussi bien qu’il porte le kilt. C’est-à-dire qu’il fait chercher à éviter. »

Il est vrai que l’image est assez comique. Bien qu’Aelya ne connaisse Ryan que depuis dix minutes, il lui est impossible de l’imaginer vêtu d’un kilt à carreau et ce, quelle que soit la couleur du vêtement.

« Jay, parler de kidnapping pour rassurer contre un kidnapping, c’est probablement la pire idée du monde. Et tu sauras que je rock le kilt si je veux. »

Un point pour lui. Et à en juger par les pensées peu tendres d’Eko, le caracal approuve cette idée également.

« Tu rockera rien dutout. C’est pas parce qu'on veux être aussi badass que Mel Gibson dans Brave Heart qu’on le devient en mettant une jupe. »
« Un kilt, pas une jupe. Maintenant tu insulte les Écossais, tu te rends compte? »

Aelya suit l’échange de ses yeux innocents, attendrie par le lien qui semble rapprocher ces deux-là. Il émane de la daemonne de Ryan un sentiment fort, loin de la supériorité et de l’ironie malsaine qu’on peut trouver chez certains. La chienne en impose, et cela n’a rien à voir avec cette silhouette élancée ou la taille de ses canines. Impression qui se confirme tandis qu’elle achève son discours, les yeux toujours ancrés sur le visage impassible du caracal.

« De toute façon, s’il tente quoi que ce soit de douteux, on se mettra à deux pour lui arracher les yeux. Je suis Jay, au passage. Enchanté de faire votre connaissance. Alors, l’idée du café vous intéresse? »

Aelya retient de justesse la grimace qui souhaite déformer ses traits. Une chance sur deux : soit le daemon va se laisser tenter par l’image alléchante d’une petite collation, soit il va poursuivre sur son idée de repousser tout et tout le monde, ce qui pourrait vite faire regretter à Jay son amabilité. Du coin de l’œil, la jeune femme voit sa tendre moitié quitter le regard de la daemonne pour venir se figer sur le visage de Ryan.

« Sans vouloir vous offenser, si je dois lui arracher quelque chose, je pense que je ne prendrais pas la peine de sauter aussi haut. »

Le voilà prévenu. Il laisse ensuite l’ambre de ses iris glisser le long du pelage de Jay.

« Je m’appelle Eko, enchanté également. Et à vrai dire, votre idée ne m’intéresse pas, elle me ravit. »

Il penche légèrement la tête puis, sans plus de cérémonie, se relève d’un geste souple. Lya est tellement sidérée – tant par la menace à peine dissimulée qu’il vient de faire envers Ryan que par ce brusque revirement de comportement – qu’elle en oublie de réagir.

« David Bowie a le chauffage, là-dedans, aussi. C’est le minimum que je peux vous proposer si le café ne vous intéresse pas. On est tous les deux aussi bien habillé pour une séance mécanique que pour survivre à un froid pareil. »

Une reconnaissance sincère s’épanouit enfin sur le visage de l’irlandaise, tandis qu’elle acquiesce lentement.

« Si Bowie se joint à nous en plus… J’ai de la chance d’être tombée sur vous, ma parole. Vous avez raison, le café me convient parfaitement. Allons-y. »

Elle claque le capot de la voiture et prend soin de fermer le tout à clé avant de s’éloigner en direction de l’autre véhicule.

« Tant que vous ne lui demandez pas de chanter… »

Eko rit doucement en s’élançant à sa suite. Moqueur, le chaton.

« Il dit pas mal de conneries mais sur ce point, il a raison. Si vous ne voulez pas finir avec une tempête en plus de la température hivernale, ne me défiez pas avec ça. »

Elle ouvre la portière arrière pour laisser monter Eko et Jay, puis s’installe côté passager, attendant que Ryan en ait fait de même côté conducteur pour poursuivre.

« Bien sûr, rien ne vous empêche de me montrer vos talents en matière de karaoké. Je ne jugerai pas, c’est promis. »


Elle tente de conserver son air sérieux en mimant de manière exagérée le scellement de ses lèvres, mais finit par rire légèrement, incapable de se retenir plus longtemps. Tandis que la voiture démarre, la jeune femme se rend compte qu’elle persiste à penser que la soirée pourrait se terminer bien mieux qu’elle n’a commencé.
A voir maintenant si l’avenir confirme cette hypothèse ou non.

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MessageLun 4 Juil - 17:38
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▬ Sans vouloir vous offenser, si je dois lui arracher quelque chose, je pense que je ne prendrais pas la peine de sauter aussi haut.

Jay rit en penchant la tête de côté.

▬ Votre sens de l’efficacité est au point.
▬ Eh oh! On peut arrêter de parler de me mutiler? Ça m’apprendra à vouloir aider les gens.

La chienne secoue la tête, peu impressionnée ou convaincue par les dernières paroles de son daemonien. Elle le connait trop bien. Elle sait que même si un type qu’il tenterait d’aider un jour le remerciait en lui tirant une balle de fusil dans la jambe, il continuerait tout de même à vouloir donner un coup de main à tout inconnu croisant sa route. Têtu comme ça, qu’il est, son Ryan. Un brin inconscient, disons, se prendre une balle et récidiver n’est définitivement pas au top de la liste des instincts de survit, mais il est humain avant tout. C’est une qualité, non?

▬ Je m’appelle Eko, enchanté également. Et à vrai dire, votre idée ne m’intéresse pas, elle me ravit.
▬ That’s my boy! Tu le regretteras encore moins une fois assis devant une de leur danoise à l’abricot, Jay en est dingue.

Jay acquisse, amusée, alors que Ryan lui lance un clin d’œil, content d’obtenir l’approbation du septique dans la salle, et son sourire s’élargit encore d’avantage lorsque la jeune femme accepte la proposition à son tour.

▬ Si Bowie se joint à nous en plus… J’ai de la chance d’être tombée sur vous, ma parole. Vous avez raison, le café me convient parfaitement. Allons-y.

Ryan se dirige aussitôt d’un pas joyeux, presque victorieux, vers sa propre voiture alors qu’Aelya ferme la sienne à clé. La jeune femme lui est sympathique, est visiblement doté d’un bon sens de l’humour et il l’apprécie donc déjà. En plus, pour ajouter encore un peu de bonheur au tableau, elle est franchement jolie. Avec ses grands yeux expressifs, ses cheveux sombres légèrement bouclés et, avouons-nous un minimum superficiel, cette magnifique robe rouge, si Ryan l’avait croisée dans un bar, elle aurait tout de suite attiré son attention et il lui aurait surement proposé de lui payer un verre.

Là, maintenant, leur petite « sortie » dans un café n’a absolument rien d’un rancard, mais la perspective de passer un bon moment en sa compagnie ne peut que le réjouir, même sans aucune intention romantique de quelque sorte. Ryan est le genre de personne à aimer charmé, ne serait-ce qu’en pure amitié, et le jeu de séduction qui pourrait facilement s’enclencher ici, entre eux deux, le tente de plus en plus.

Côtoyer des étrangers n’a jamais été un problème pour Ryan. Sociable à en rendre sa mère folle lorsqu’il était gamin, il pouvait se retrouver en grande conversation avec les parents des autres enfants au parc. Plus tard, son travail l’a amené à côtoyer et travailler à tous les jours avec des inconnus, professionnels des lieux de ses investigations ou encore interrogations de proches de victimes, témoins et criminels potentiels. Ainsi, il est à l’aise facilement et sympathise rapidement.

Il en vient à ne pas très bien comprendre cette peur des étrangers ou ce malaise vis-à-vis d’eux qu’une grande partie des gens entretiennent. Ok, d’accord, il sait mieux que personne que ce monde contient bon nombre de types louches, peu fréquentables, voire complètement horribles et dangereux, mais pour lui, une personne est bonne et sympathique jusqu’à preuve du contraire, pas l’inverse.

Alors qu’ils embarquent tous dans sa voiture, la voix de Bowie leur parvient plus facilement et, avec un à point particulièrement bien choisi, le caracal lance :

▬ Tant que vous ne lui demandez pas de chanter…

Un large sourire espiègle étire les lèvres de l’agent du FBI alors qu’une lueur particulière s’allume dans ses yeux verts. Jay se met aussitôt une patte sur le nez, devant les yeux, parfaite imitation d’un « facepalm » canin, et rétorque au chaton d’une voix mi-découragée, mi-amusée :

▬ Darling, tu n’aurais pas dû dire ça.

Si une chose n’est pas à faire avec Ryan si l’on souhaite l’éviter, c’est bien de justement lui demander de ne pas le faire. La tentation devient alors trop grande, le potentiel d’amusement explose et son cerveau se met automatiquement à inventer trente-six-milles conneries et idées potentielles pour la réalisation de l’interdit en question. En bref, c’est l’équivalent de mettre un steak devant le nez d’un chien et dire « pas toucher ». Ainsi, à la seconde où Eko a prononcé ces paroles, Aelya est condamné à devoir chanter.

▬ Il dit pas mal de conneries, mais sur ce point, il a raison. Si vous ne voulez pas finir avec une tempête en plus de la température hivernale, ne me défiez pas avec ça. Bien sûr, rien ne vous empêche de me montrer vos talents en matière de karaoké. Je ne jugerai pas, c’est promis.

▬ Oh non, non, non. Il n’y a absolument aucune chance que je sois le seul à chanter! Je vous laisse même le choix de la musique.
▬ Ne vous gênez pas, je vous garantis que lui, il chanterais sur n’importe quoi.

Ryan referme sa portière, lance son téléphone portable sur les genoux d’Aelya et lui pointe le coffre à gants.

▬ Si vous ne trouvez rien qui vous intéresse là-dedans, il y a plusieurs CD dans le coffre à gants. And I’m deadly serious. Que je sois maudit si je n’arrive pas à vous faire pousser une seule note avant la fin de toute cette histoire.

La main sur le bras de vitesse, Ryan lance un regard à ses deux passagers daemoniens à l’arrière.

▬ Welcome aboard the Batmobile. Attachez-vous les enfants, prochain arrêt, l’Italien.

La voiture s’engage sur la route, laissant la voiture en panne d’Aelya toute seule à l’arrière dans le noir. Ça lui apprendra, tient, à ne pas laisser de mémo avant de prendre un congé syndical.

Au bout de quelques secondes de silence, Ryan ne peut s’empêcher d’ajouter, à l’intention d’Aelya :

▬ En attendant votre choix de karaoke, si Bowie vous inspire toujours…

Il augmente un peu le volume alors que la chanson Let’s Dance, qui joue toujours, entame son dernier couplet.

▬ If you say run, I'll run with you.
If you say hide, we'll hide.
Because my love for you
Would break my heart in two.
If you should fall
Into my arms
And tremble like a flower.


Sa voix est grave, légèrement cassée, et s’il n’a pas une voix de rock star, il peut se vanter qu’elle est agréable à l’oreille et juste. Même s’il avait chanté comme un pied, ce qui heureusement n’est pas le cas, il ne se gênerait pas pour chanter à la moindre occasion.

▬ Come on! Vous n’avez pas le choix d’aimer une musique pareil, non? On peut monter le volume si vous voulez, on ne vous entendra même pas. Allez, Jay, montre l’exemple.
▬ Ne me demande pas de t’encourager dans tes bêtises ni pour rendre nos invités inconfortables. De toute façon, tu te débrouilles très bien pour nous donner un spectacle tout seul.
▬ Et si je te fais tes pâtes favorites pour le reste de la semaine?
▬ Mmm. Tu sais parler aux femmes, toi.

La chienne rit puis, alors que son daemonian reprend le chant pour le refrain, elle joint sa voix à la sienne, de façon plus modérée que son extravagante moitié, mais de bon cœur.



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MessageLun 18 Juil - 19:41
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« Darling, tu n’aurais pas dû dire ça. »

Un sourire ironique étire les lèvres du caracal, tandis que son attention se porte sur la jolie chienne. Evidemment, qu’il aurait dû dire ça. Rien chez lui n’est dit par hasard ou sans arrière-pensée. Si une parole est prononcée, c’est dans un but précis – rappeler à Lya la définition de « patience », « meurtre », et « impertinence », le tout en même temps. L’avocate, qui suit le cours des pensées de sa moitié, n’a pas le temps de se détourner pour lui lancer un regard sanguinaire que déjà Ryan saute sur l’occasion.

« Oh non, non, non. Il n’y a absolument aucune chance que je sois le seul à chanter! Je vous laisse même le choix de la musique. »
« Ne vous gênez pas, je vous garantis que lui, il chanterais sur n’importe quoi. »

Tu parles d’un cadeau. Ni une ni deux, le jeune homme lance son téléphone en direction de l’irlandaise, qui le rattrape in extremis juste avant qu’il ne se perde dans les tréfonds de la voiture. Un doigt pointé en direction de la boite à gants, il poursuit tout en démarrant.

« Si vous ne trouvez rien qui vous intéresse là-dedans, il y a plusieurs CD dans le coffre à gants. And I’m deadly serious. Que je sois maudit si je n’arrive pas à vous faire pousser une seule note avant la fin de toute cette histoire. Welcome aboard the Batmobile. Attachez-vous les enfants, prochain arrêt, l’Italien. »

Un sourire enjôleur caresse le visage d’Aelya tandis qu’elle déverrouille le téléphone, sans attention aucune pour Eko qui lève les yeux au ciel, exaspéré par le cinéma de leur conducteur.

« C’est un jeu dangereux auquel vous jouez là. Mais soit, je prends les paris. »

Elle rit légèrement et fait défiler la playlist du portable de Ryan. Les Beatles, Bowie, Queen et j’en passe et des meilleurs… La parfaite artillerie du fada de rock’n roll. Pas d’une grande aide en ce qui la concerne, puisque toutes les chansons que la liste lui propose sont de celles qu’elle adule en temps normal. Plongée dans sa recherche, elle ne remarque pas le silence relatif – et presque inquiétant, au vu des spécimens qu’on retrouve en tant que passagers – qui s’installe dans l’habitacle.

« En attendant votre choix de karaoke, si Bowie vous inspire toujours… »

Médusée, l’avocate observe Ryan monter le volume et commencer à chanter à tue-tête et sans la moindre gêne le dernier couplet de Let’s dance. L’avantage, c’est qu’il n’est pas désagréable à écouter – autant qu’il l’est à regarder. Sa voix enveloppe le corps de la jeune femme, ondule encore un peu avant de s’immiscer au creux de ses tympans, déversant dans ses veines frigorifiées un peu de chaleur qui n’est franchement pas de refus.

« Come on! Vous n’avez pas le choix d’aimer une musique pareil, non? On peut monter le volume si vous voulez, on ne vous entendra même pas. Allez, Jay, montre l’exemple. »
« Ne me demande pas de t’encourager dans tes bêtises ni pour rendre nos invités inconfortables. De toute façon, tu te débrouilles très bien pour nous donner un spectacle tout seul. »

Et c’est un domaine dans lequel il semble exceller.

« Et si je te fais tes pâtes favorites pour le reste de la semaine? »
« Mmm. Tu sais parler aux femmes, toi. »

Eko jette un regard amusé à la daemonne. Etre soudoyé à l’aide de la nourriture, voilà une ruse qui semble commune aux deux jeunes gens qui les accompagnent. Tandis que Jay joint sa voix à celle du mécano en herbe pour un dernier refrain, ses prunelles ambrées croisent celles de sa moitié dans un haussement de sourcil équivoque.

Ces gens sont fous.
Totalement. Je les aime déjà.


Devant l’air renfrogné que lui renvoie le caracal, Lya ne peut s’empêcher de sourire. La voix de Bowie s’éteint sans qu’elle n’ait chanté la moindre parole. Il en faudra plus que ça pour parvenir à vos fins, Mister Farell. Tandis que les dernières notes de musique s’estompent, elle applaudit la performance du duo infernal.

« Bravissimo ! Je suis impressionnée, quel talent. Elle se tait quelques secondes, les yeux brillants.Je parle de Jay, bien évidemment. »

Sur un clin d’œil, elle ouvre finalement la boite à gants pour fouiller dans les CDs que possède Ryan. Une couverture plus colorée que les autres attire immédiatement son attention. Elle la tient, sa trouvaille ! D’un doigt désapprobateur, la demoiselle désigne la route, au cas où il viendrait à Ryan l’idée de la quitter des yeux.

« Ne trichez pas, c’est par ici que ça se passe. »

Impérieuse, l’irlandaise. Ses mains habiles sortent le CD de sa boite et le glisse dans le lecteur sans laisser à son compagnon le temps d’apercevoir de quoi il s’agit. Tandis que les musiques chargent et qu’elle fait défiler les titres jusqu’à celui recherché, Aelya murmure.

« J’espère que vous connaissez aussi bien les paroles de celle-ci que celles de Let’s dance. »

Chanson numéro 8. Un sourire triomphant se peint sur son visage lorsqu’elle se penche en direction du jeune homme pour poursuivre, sur un ton conspirateur cette fois-ci.

« Les solos de guitare ne sont pas considérés comme étant en option. »

If you know what I mean. Les premières notes de l’œuvre de Status Quo résonnent enfin. L’œil pétillant, l’avocate se redresse, savourant l’effet de surprise que déclenche son choix sur Ryan. Il ne faut cependant pas longtemps à son partenaire de karaoké pour reprendre ses esprits, et entamer avec elle les premières paroles de Rockin’ all over the world.

« Oh here we are and here we are and here we go, all aboard and we're hittin' the road...»

Sa voix, d’abord hésitante, s’affirme au fur et à mesure que les secondes s’égrènent. Bientôt, Aelya balance la tête au rythme endiablé de la mélodie, pour finalement se déchainer lors du premier solo. Donnant le ton à Ryan, l’irlandaise mime sans retenue ce qui devrait être un grand guitariste en pleine transe soliste, incapable de savoir si ses gestes et la mine concentrée qu’elle affiche sont suffisamment représentatifs de la chose. Un éclat de rire lui monte à la gorge lorsqu’elle constate qu’il se joint à elle sans la moindre hésitation, avec plus de classe qu’elle n’en aura sans doute jamais. Un coup d’œil à l’arrière de la voiture lui confirme que même ce grognon de chaton est amusé par la situation.

« I'm gonna tell your mama what you're gonna do. So come on out with your dancing shoes, here we go, rockin' all over the world! »

Ses cheveux s’envolent dans un mouvement de tête plus virulent que les précédents. De l’extérieur, elle doit avoir l’air d’une écervelée à moitié ivre, et il ne serait pas étonnant que des agents de police ou des militaires qui se trouveraient par hasard dans le coin les arrêtent pour un petit test de souffle.

« Rockin’ all over the wooorld! »

Les dernières notes s’essoufflent en même temps qu’elle. A quelques centaines de mètres devant eux, Lya aperçoit l’enseigne de leur destination.

« Je vous avais dit que vous le regretteriez. »

Elle éclate de rire tandis qu’ils arrivent enfin devant l’italien. Une odeur alléchante s’extirpe du restaurant, enivrant les narines de la jeune femme dès qu’elle pose un pied hors de la voiture.

« Je ne comprends pas pourquoi vous préférez ce lieu à la compagnie des raton-laveurs. »

Elle secoue la tête en souriant, puis ouvre la portière aux daemons avant de se diriger vers le restaurant. L’endroit lui plait avant même qu’elle n’ait franchi le seuil. Il n’y a que des âmes vagabondes, ici. Des routiers, des voyageurs égarés, de ces personnes qui portent au cœur l’amour sincère de la route et de la découverte. Même la mine la plus morose ou le sourire le plus édenté ne parviennent pas à lui faire oublier l’étrange apaisement qui règne ici. Insensible aux regards de convoitise portés à son intention, Aelya choisit une table au hasard, suffisamment éloignée de la porte pour qu’ils ne soient pas gênés par les courants d’air et s’installe. Elle prend soin de ne pas se dévêtir, ni des épaules ni des mains. Le serveur ne tarde pas à s’approcher d’eux, laissant l’avocate commander un latte ainsi qu’un fondant au chocolat pour elle, tandis qu’Eko se laisse tenter par l’une de ces danoises à l’abricot dont Jay vante les mérites depuis leur rencontre. Sa mauvaise humeur, même si elle ne semble pas sur le point de disparaitre, est tout de même beaucoup moins virulente qu’elle ne l’était quelques minutes auparavant – nul doute que les effluves de cet endroit y sont pour beaucoup.

Aelya pose finalement la carte et croise les doigts, attendant que l’homme s’éloigne avec leur commande pour poursuivre la conversation.

« Sans vouloir vous offenser, même cette tâche d’huile sur votre chemise ne fait pas de vous un mécanicien crédible. »

Elle lui offre une moue faussement déçue, bien décidée à ne pas laisser la légèreté de la discussion leur échapper. Après la soirée de merde qu’ils ont passée, Ryan s’avérerait peut-être être la bouffée d’air qu’il lui manquait.

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MessageMer 27 Juil - 23:24
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▬ Bravissimo ! Je suis impressionnée, quel talent. Je parle de Jay, bien évidemment.

Ryan rit à la boutade alors que Jay, sur le ton de la plaisanterie sans la moindre once de suffisance, réplique simplement :

▬ Obviously.

Ryan lance un bref coup d’œil à la jeune femme, qui a d’ailleurs le nez plongé dans les CD de sa collection personnelle, avant de se concentrer de nouveau sur la route, un sourire amusé et satisfait flottant sur ses lèvres. Aelya lui plait. Elle n’a pas hésité à embarquer dans son jeu tête la première, ce qui est plutôt rare. Elle semble apprécier son humour et elle-même en possède un du genre qui le ravit. En plus avec cette robe rouge… Il en oublie sa morosité des dernières heures.

▬ Couché, Don Juan.

▬ Quoi? J’ai rien fait!

▬ Pas encore, mais je te connais par coeur. Et je connais ce sourire. Je sais aussi pertinemment ou ce genre de pensées te mène, généralement.

▬ Je serais con de penser autrement, aussi.

▬ T’es toujours con.

▬ C’est ce qui fait mon charme. D’ailleurs, toi aussi tu les apprécies déjà, non ?

▬ Bien sûr. La demoiselle a du gout et de l’humour. Le chaton est un brin grognon, mais ça ne me change pas beaucoup de toi.

▬ C’est toi l’être grognon de nous deux, Grumpy.

▬ Chacun sa spécialité.

Le sourire de Ryan s’étire davantage et il secoue subtilement la tête. Réalisant le silence qui règne dans l’habitacle de la voiture, Ryan lance un nouveau regard en direction d’Aelya pour la voir sortir un CD d’une pochette. Il se penche, curieux, pour en voir le titre et l’artiste, mais la jeune daemonienne l’arrête aussitôt.

▬ Ne trichez pas, c’est par ici que ça se passe.

Ryan détourne la tête et lève une main en l’air, mimant un air innocent. Aelya insère le CD, mais ne laisse pas le temps aux premières notes de jouer qu’elle change déjà de morceau, les faisant rapidement défilé, de sorte que Ryan n’a toujours aucune idée de quelle perle rare elle s’est emparée.

▬ J’espère que vous connaissez aussi bien les paroles de celle-ci que celles de Let’s dance.

Le détective hausse un sourcil, une lueur vive s’allumant au fond de ses yeux verts.

▬ C’est un défi ?

Jay, sur le siège arrière, lève les yeux au ciel en secouant la tête. Le grand gamin qui lui sert de daemonien aime un peu trop les défis pour son propre bien… et sa crédibilité. Le nombre d’absurdité et de conneries qu’il a faites par le passé juste pour prouver un point à quelqu’un seraient impossibles à raconter en une seule nuit.

La jeune femme semble s’amuser tout autant du climat ainsi créé puisque, sur un ton conspirateur cadrant à merveille avec l’air de défi dessiné sur le visage de Ryan, elle ajoute telle une cerise sur le gâteau :

▬ Les solos de guitare ne sont pas considérés comme étant en option.

Ryan balance son doigt pointé sous le nez d’Aelya avec un sérieux presque crédible.

▬ Jamais. Jamais un solo de guitare n’est en option. Vous me prenez pour qui ? Un hérétique ?

Le choix de mot est d’ailleurs bien choisi. Si une chose se rapproche du culte religieux dans la vie du détective, il s’agit bien de son adoration pour la musique. Toute autre forme de fanatisme, outre la musique et les films, est de toute façon à des lieux de sa conception du monde. Le jour où on le verra prier à l’église, il pleuvra probablement des poules.

C’est alors que les premières notes émanent des hautparleurs de la voiture. En deux secondes, Ryan reconnait avec surprise et grand plaisir la chanson « Rockin’ All Over The World », de Status Quo. Il rejette la tête vers l’arrière, éclatant d’un rire sincère.

▬ Hell yeah, Baby!

Ryan est agréablement surpris, en effet. Déjà, que la jeune femme connaisse cet artiste est une belle surprise en soi, mais qu’elle la choisisse et se mette à la chanter visiblement par cœur… Ryan est littéralement aux anges. Il n’y a pas à dire, il commence à croire qu’il a tiré le gros lot en tombant sur cette voiture en panne au beau milieu de la nuit.

Un sourire fendu jusqu’aux oreilles, il écoute un moment Aelya chanter seule, hochant par moment la tête avec une moue appréciatrice sur telle ou telle impression vocale réussie. Il ne peut néanmoins pas résister à se joindre à elle lorsqu’elle entame avec en penchant théâtral - qui attise dangereusement le sien - le solo d’air-guitare.

De l’extérieur de la voiture, ils doivent avoir l’air de deux adolescents débiles sous l’influence de substances illicites. Il n’y a pourtant personne sur la route déserte pour en témoigner. Cela n’aurait rien changé pour Ryan, évidemment, mais il y a quelque chose d’encore plus réconfortant dans l’idée de leur petite bulle de folie isolée du reste du monde. Cette étrangère lui parait alors aussitôt beaucoup moins inconnue de nombre de personnes qu’il croise depuis des années.

Après le solo effectué en duo, Ryan joint sa voix forte à celle de la jeune femme sous le regard amusé et soulagé de sa daemonne. Emporté par l’enthousiasme de sa passagère, il bat lui aussi le rythme de la tête et des mains sur le volant, en oubliant complètement ses soucis et ses problèmes. En ce moment, il est simplement heureux de vivre le moment et une boule de bonheur et d’excitation s’est formée dans sa poitrine qui l’aurait assurément fait éclater de rire de joie s’il n’avait pas chanté.

▬ And I like it, I like it, I like it, I like it. I li-li-like it, li-li-like. Here we go, rockin' all over the world!

La chanson finit par prendre fin avec un timming presque parfait, alors qu’ils arrivent en vue du café italien.

▬ Je vous avais dit que vous le regretteriez.

Ryan rit avec Aelya et rétorque, aussi sincère qu’espiègle :

▬ Le regretter ? C’est tout le contraire ! On devrait se lancer un duo, vous et moi. Mon égo va en prendre un coup, vous êtes franchement plus mignonne que moi et allez me voler tout le spotlight, mais pour une énergie pareille, je veux bien renoncer à faire la gueule.

Il lui lance un clin d’œil puis arrête le moteur de la voiture avant de sortir dans l’air frais du soir.

▬ Je ne comprends pas pourquoi vous préférez ce lieu à la compagnie des raton-laveurs.

▬ C’est seulement une question d’odeur. Allez savoir pourquoi, celle du café et des viennoiseries m’attire davantage que celle de poubelle et de fourrure mouillée.

L’entrée dans le café renforce d’autant plus ce point. L’air ambiant est littéralement chargé de celle des grains de café, de sucre, de beure et de caramel. L’ambiance générale est charmante, quoi que loin d’être luxueuse, et la clientèle est la définition même d’hétéroclite, mais Ryan ne s’en préoccupe pas. Leur commande passée à lui et Jay, Ryan va rejoindre sa nouvelle amie de fortune à une table un peu plus éloignée des autres. Il tire une chaise à l’intention de Jay, qui y saute aussitôt pour contempler avec satisfaction sa danoise aux abricots. Lui-même s’est laissé séduire par l’idée et a commandé un café, noir, pour aller avec. L’air de rien, il a beau déborder d’énergie, la journée a été longue, la nuit est déjà bien avancée et il a fait plus de six heures de route, sans compter les montagnes russes d’émotions. Le café est donc plus que bienvenue.

▬ Sans vouloir vous offenser, même cette tache d’huile sur votre chemise ne fait pas de vous un mécanicien crédible.

Ryan baisse les yeux vers ladite tâche et hausse les épaules.

▬ Ce n’est effectivement pas ma spécialité. Et j’avoue que dans cet accoutrement, il est difficile de vous faire croire que j’ai réellement des compétences mécaniques. Je ne suis pas habillé de la sorte tous les jours, si cela peut vous rassurer, mais… je devais rendre visite à quelqu’un aujourd’hui.

Il hésite un peu, lui offre un petit sourire puis change aussitôt de sujet. Il n’a pas particulièrement envie de discuter de ce sujet en particulier alors qu’il vient seulement d’arriver à s’en changer les idées. De toute façon, il déteste l’aborder.

▬ Et vous ? Vous reveniez d’une soirée spéciale vous aussi ou votre garde-robe ferait rougir d’envie la moitié des dames de la côte est ?

Après avoir pris une bouchée de danoise, Jay se tourne vers son compatriote à quatre pattes. Elle le sent moins grincheux que dans la voiture, mais il ne s’élève toujours pas du félin la même aura de plaisir et de légèreté qui émane des trois autres. Décidée à le dérider un peu, elle penche une oreille dans sa direction et tente d’entamer la discussion.

▬ Le gout est à la hauteur de vos espérances ?




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MessageJeu 28 Juil - 21:45
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Ne lui sors pas ce sourire-là.
Hein ? Quel sourire ?
Le OhMoiAussiJeTrouveCetteTableTresConfortableEtTantPisSiToutLeMondeNousVoit.
Ce sourire-là.


Les yeux de la jeune femme s’écarquillent légèrement devant l’audace de sa moitié, mais elle se retient de tourner la tête dans sa direction. Ryan n’aurait sans doute pas compris – au moins aurait-il ri, enfin elle l’espère – si elle s’était mise à engueuler Eko pour une question de taille de table ou de profondeur de banquette. Non, définitivement, jouer les dévergondées n’était pas à l’ordre du jour. Mais qu’est-ce que tu baves, Sissi l’impératrice, t’as vu comment t’es habillée ? Urf, oui, bon. Peut-être pas la tenue idéale pour passer inaperçue ou empêcher les hommes qui l’entourent de jeter un œil à son décolleté, mais qu’importe. D’ailleurs à ce sujet, elle n’a pas encore surpris les yeux baladeurs de Ryan. Soit il est gay, soit il est franchement discret. D’un geste qu’elle souhaiterait plus désinvolte, Aelya remonte davantage le châle qui couvre ses épaules.

« Ce n’est effectivement pas ma spécialité. Et j’avoue que dans cet accoutrement, il est difficile de vous faire croire que j’ai réellement des compétences mécaniques. Je ne suis pas habillé de la sorte tous les jours, si cela peut vous rassurer, mais… je devais rendre visite à quelqu’un aujourd’hui. »

Ce n’est pas tant le fait qu’il ne soit qu’un mécanicien en herbe qui interpelle l’avocate, ni même l’idée qu’il puisse possiblement se balader en pagne-tongs le reste du temps – qui est-elle pour juger ce genre d’habitudes alors qu’elle ne le connait que depuis dix minutes ? – mais plutôt la pointe de tristesse qui perce dans sa voix et lui arrache un frisson désagréable. Elle ignore toujours d’où lui provient cette facilité qu’elle a à déceler les non-dits dans les paroles de ceux qui l’entourent – peut-être est-ce l’un des avantages à pratiquer un métier dans lequel on vous ment nuit et jour. Quoiqu’il en soit, les derniers mots du jeune homme ont suspendu son geste, et elle l’observe à présent avec intensité. Elle n’est pas décidée à lui poser la moindre question à ce sujet, et qu’ils se connaissent d’aujourd’hui ou d’il y a dix ans n’aurait absolument rien changé à cela. Elle acquiesce donc mais demeure muette, jusqu'à ce qu'il enchaîne.

« Et vous ? Vous reveniez d’une soirée spéciale vous aussi ou votre garde-robe ferait rougir d’envie la moitié des dames de la côte est ? »

Elle devine qu’Eko est une fois encore en train de lever les yeux au ciel devant la drague à peine dissimulée qui pointe dans les propos de Ryan. Il y en a qui se sont pris des fessées pour moins que ça, chaton. Cette fois, c’est un grognement agacé qui lui répond tandis qu’un sourire espiègle se redessine sur ses lèvres. Elle baisse les yeux sur la robe de couturier qu’elle porte, dernier cadeau en date de sa grand-mère maternelle restée sur ses vertes Terres Natales.
Un cadeau qui alimente d’ailleurs les taquineries d’Eko depuis un bon moment.

« Vous parlez de ce souillon ? »

Elle papillonne quelques secondes avant d’éclater de rire et de secouer négativement la tête.

« Non, je ne m’habille pas en princesse tous les jours, ce n’est pas dans mes habitudes. Elle se mordille la lèvre inférieure, vrillant ses prunelles amusées dans celles de Ryan. J’ai un style un peu plus… Strict, en règle générale. »

Elle hausse les épaules et se redresse sur son siège. Comment décrire autrement les tailleurs, vestes de costumes et chemisiers qu’elle a à porter couramment ? Non pas que ce style la dérange – d’après sa mère, il lui sied à merveille, mais Eleanor n’est pas ce qu’on pourrait appeler un avis objectif sur la question – mais elle ne serait pas contre des tenues un peu plus décontractées de temps à autre. Bref. N’empêche, imaginer la tête abasourdie de certains si elle changeait de style vestimentaire pour adopter celui qu’elle a actuellement de façon définitive a quelque chose de comique.

Une moue joueuse déforme ses traits juste avant qu’elle ne poursuive.

« Je crois que si je jouais à Sissi tous les jours, d’ailleurs, bon nombre de mes clients n’arriveraient plus à se concentrer suffisamment pour râler… Et/ou mentir aussi, c’est au choix. »

Elle lui sourit, légèrement irritée à cette pensée tout de même, avant de se souvenir qu’il lui faut maintenant répondre à la deuxième partie de sa question. Dieu que cet homme est curieux. Depuis qu’elle l’a rencontré, elle ne cesse de s’en étonner.

« Quant à votre question… Oui, nous étions invités à la soirée qu’organisent mes parents avec tout le gratin du secteur. Elle grimace à cette remarque. Elle déteste chacun de ces personnages mondains sans exception. Soirée qui a d’ailleurs bien failli finir par nous deux expulsés sur le trottoir hors de la maison après le carnage qu’Eko a créé là-bas. »

Du coin de l’œil, elle aperçoit le caracal interrompre son mouvement de mastication et darder sur elle ses prunelles ambrées. Quoi ? Faut bien qu’elle se venge un peu après le sale coup du karaoké qu’il lui avait fait. Tranquillement, le daemon se lèche la babine supérieure qui, victime de sa gourmandise est recouverte d’abricot, avant de fixer Ryan à son tour.

« Elle n’assume pas un huitième de ses conneries, en particulier face à ses parents. Ignorant le regard foudroyant de sa moitié, le chaton poursuit. En revanche, elle a une passion indicible pour la mode des caleçons, et une sainte horreur de ceux à pois. Tant que vous ne portez pas l’un de ceux-là, aucun risque qu’elle vous saute à la gorge. Nouveau coup de langue suggestif. Du moins, pas pour l’instant. »

Aelya en reste interdite. Pu-naise. Il a osé. Il lui a collé la honte une fois encore, et n’a pas attendu dix minutes pour le faire, qui plus est. Bon, ok, elle l’a titillé, mais… Pas de mais. Toi c’est pour le karaoké, moi pour ne pas avoir été écouté quand je t’ai dit que c’était une mauvaise idée. Elle lève les yeux au ciel face à cette remarque. Que peut-il leur arriver de mal ? Ils sont dans un lieu public, devant de quoi manger et boire, en charmante compagnie qui plus est. Il faut toujours qu’il dramatise tout… Elle secoue doucement la tête et reprend la parole à destination de Ryan, cette fois.

« Que voulez-vous, on n’est parfois pas vraiment aidé et obligé de faire avec ce qu’on a. »

Elle lève les mains dans un geste d’impuissance avant de s’emparer de son café et de le porter à ses lèvres, souriante malgré tout face à l’impertinence d’Eko. Combien de temps avant que Ryan ne les prenne pour des tarés ? A moins que ce ne soit déjà fait. Le coup de la panne, le concert de rock gratuit en voiture, et maintenant la scène de ménage à table… Bien qu’il n’ait pas l’air d’être du genre à fuir la menace, il aurait pu raser les murs jusqu’à la porte qu’elle ne lui en aurait pas voulu pour autant.

« Vous habitez sur Merkeley ? »

Ou comment passer du coq à l’âne en une fraction de seconde, bien qu’Aelya ne soit pas réputée pour sa subtilité. Et puis, malgré elle, l’avocate a une incroyable envie d’en découvrir plus sur l’homme qui lui fait face. Au-delà du côté mignon et dragueur, il y a quelque chose chez lui qui l’intrigue au plus haut point. Lassé du jeu de questions-réponses de sa moitié, Eko replonge le nez dans sa danoise aux abricots, bien que sa dégustation soit de nouveau rapidement interrompue. Voix féminine et canine, cette fois.

« Le gout est à la hauteur de vos espérances ? »

Il lève les yeux, mâchoire ouverte à quelques dizaines de centimètres de la pâtisserie, et observe la jolie chienne qui lui fait face. Pour l’heure, il n’a pas encore été en mesure de savoir s’il appréciait Jay ou non en tant que daemonne. Mais en tant que conseillère pour en-cas, la demoiselle mérite largement un dix sur dix.

« Je n’ai pas eu à l’espérer aussi longtemps que vous mais oui, c’est délicieux. Merci pour le tuyau. »

Ses longs cils papillonnent et il penche légèrement la tête sur le côté, occultant complètement sa danoise, pour le coup.

« Concernant ces deux-là, cependant, je ne nourris plus aucun espoir. Et vous ? »

Du bout de l’oreille, il désigne les deux humains assis à leur côté, avant de reprendre une bouchée de danoise pour la route. Aelya dirait qu’il vendrait ses coussinets pour de la nourriture, et à juger par l’avidité avec il croque dans son gâteau, ce n’est pas lui qui démentirait.

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MessageMar 2 Aoû - 21:58
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 575Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Strangers in Paradise
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ AELYA FEREDEN & EKO



Take my hand, I'm a stranger in paradise, oh lost in a wonderland



Ryan, après avoir bu une gorgée de café brulant, hausse un sourcil avec un sourire amusé et intrigué en direction d’Aelya lorsqu’elle lui dit avoir normalement un style vestimentaire dans le genre « stricte ». Il a un peu de mal à l’imaginer en version McGonagall, mais il est le premier à devoir s’habiller en veston cravate pour le boulot la moitié du temps. Il comprend donc les nécessités de certains métiers.

Parlant de cela, il est curieux de savoir quelle profession la jeune femme exerce. Déjà qu’il apprécie déjà Aelya, son naturel penchant pour résoudre des énigmes n’en est que plus attisé. Il n’est pas devenu détective pour rien et jouer le jeu de décoder les gens en face de lui à toujours fait partie de ses habitudes.

Bref, des boulots impliquant des vêtements dits « stricts », il en pleut, littéralement, et cela ne lui donne pas beaucoup d’indices sur lesquelles travailler. Cela pourrait être un métier dans la restauration jusqu’à présentatrice de météo à la télévision, en passant par secrétaire, médecin légiste et vendeuse d’assurances. Même professeure ou agente immobilière pourrait cadrer dans le portrait, c’est pour dire.

Sinon, il ne connait pas beaucoup la jeune femme, et les autres indices ne lui sont pas beaucoup plus révélateurs. Elle a de la répartie, de l’aplomb, de bons goûts en musique… mais elle pourrait bien être PDG d’une multinationale ou journaliste, cela ne serait pas pertinent. La phrase suivante qu’elle lui offre, néanmoins, rétrécit subitement la liste des professions possibles.

▬ Je crois que si je jouais à Sissi tous les jours, d’ailleurs, bon nombre de mes clients n’arriveraient plus à se concentrer suffisamment pour râler… Et/ou mentir aussi, c’est au choix.

Un sourire en coin se dessine sur les lèvres de Ryan. Elle a des clients et ceux-ci sont prompts au mensonge. À sa connaissance, trois métiers trônent au sommet de la liste impliquant ces deux éléments : psychologue, avocate et agente correctionnelle.

Il n’a pas le temps de poser davantage de questions pour l’encourager à élaborer sur le sujet qu’elle enchaine aussitôt.

▬ Quant à votre question… Oui, nous étions invités à la soirée qu’organisent mes parents avec tout le gratin du secteur. Soirée qui a d’ailleurs bien failli finir par nous deux expulsée sur le trottoir hors de la maison après le carnage qu’Eko a créé là-bas.

Avec le regard qu’Aelya lance à son daemon, et celui qu’il lui retourne, Ryan à l’impression d’avoir mis le pied dans un nid de guêpes. Il échange lui aussi un petit regard en coin avec Jay qui, calme comme toujours, bat d’une oreille tranquillement en prenant une nouvelle bouchée de danoise.

▬ Elle n’assume pas un huitième de ses conneries, en particulier face à ses parents. En revanche, elle a une passion indicible pour la mode des caleçons, et une sainte horreur de ceux à pois. Tant que vous ne portez pas l’un de ceux-là, aucun risque qu’elle vous saute à la gorge. Du moins, pas pour l’instant.

Ryan rit, mais pas tant des “révélations” d’Eko concernant sa daemonienne que du dernier point le concernant. N’étant pas du tout le genre à laisser une porte ouverte sur une bonne – ou moins bonnes, cela dit – réplique, il répond :

▬ Les pois, non, et vous avez bien raison. J’espère néanmoins que vous n’avez rien contre Star Wars.

Cachant son hilarité derrière sa tasse de café, il observe la réaction de la jeune femme. Celle-ci semble énervée par les répliques de son daemon et les regards qu’ils s’échangent toujours lui laisse deviner que le dialogue entre les deux se poursuit en version télépathiques. Lui-même s’adresse alors à Jay mentalement.

▬ Seems like troubles in paradise.
▬ À chacun ses problèmes de couples.
▬ Ah! Moi qui croyait que toi et moi on se chamaillais souvent…
▬ Il y a une différence entre se chamailler et chercher des poux à l’autre, Honey. L’un est fait avec affection, pour rire, l’autre… disons que c’est un peu plus compliqué. D’ailleurs le félin ne t’aime pas, ça ne doit pas aider.
▬ Comment ça, il ne m’aime pas ?
▬ Pour un détective, t’as jamais eu les yeux en face des trous pour les trucs qui te concernent, toi, hein ? Mais, non, effectivement, je ne crois pas qu’il t’apprécie beaucoup. Il a l’air de ceux qui font la gueule – et même après avoir mangé, cela ne s’améliore pas beaucoup, on ne peut donc pas attribuer cela à la faim – et ses répliques sont toujours acides lorsqu’elles sont à ton intention. Sans parler de la façon dont il te regarde. Jalousie peut-être ?

Ryan fronce les sourcils en se tournant vers sa daemonne, mais avant qu’il n’ait pu lui répondre quoi que ce soit mentalement, la conversation autour de la table reprend.

▬ Que voulez-vous, on n’est parfois pas vraiment aidé et obligé de faire avec ce qu’on a.

Le détective affiche un petit sourire encourageant. Il en a vu d’autres, si c’est ce qui inquiète la jeune femme. Et d’autres, bien pires. Les remarques d’Eko le font rire, tout simplement. Si le chaton croit pouvoir le désarçonner avec quelques répliques bien placées, il va rapidement se rendre compte que Ryan est lui-même passé maître dans cet art. Quand on arrive à ne pas se faire renvoyer après avoir recouvert de paillettes brillantes le bureau du haut directeur du bureau des affaires étrangères, juste pour « voir la gueule qu’il va faire », on atteint un certain niveau d’insensibilité à la connerie des autres.

▬ Vous habitez sur Merkeley ?

▬ Yes, Ma’am. Un appartement dans le quartier ouest. J’y suis depuis moins d’un an. Pas très grand, mais on ne peut plus fonctionnel et confortable. Je n’aurais jamais cru que mon patron prenait un soin particulier à ce que le logent de ses agents ait une belle vue… m’enfin, je ne m’en plaindrais certainement pas ! Et vous ?

Parlant de métier…

▬ Quand vous parlez de “tout le gratin du secteur“, je suppose qu’il ne s’agit pas tout à fait d’actionnaires pour une compagnie de pâtes fraiches ?

La malice dans ses yeux verts dément le sérieux de son ton. Après tout, il n’est pas en service actuellement, et il tente déjà à longueur de journée de trouver des réponses impossibles à des questions toutes plus compliquées les unes que les autres. Pour une fois qu’il peut demander franchement…

Jay, de son côté, qui s’amuse tranquillement des conversations avec sa distance habituelle, obtient finalement réponse à sa propre question.

▬ Je n’ai pas eu à l’espérer aussi longtemps que vous, mais oui, c’est délicieux. Merci pour le tuyau. Concernant ces deux-là, cependant, je ne nourris plus aucun espoir. Et vous ?

Elle penche elle aussi la tête de côté pour observer calmement l’expression du caracal.

▬ Tout le plaisir est pour moi. Ce genre de connaissances gastronomiques doivent être partagées, après tout. D’ailleurs, si vous connaissez un bon restaurant de sushi en ville, je ne serais pas contre un échange d’informations. Ceux que nous avons essayés jusqu’ici m’ont relativement déçue.

Elle prend une pause, suivant des yeux le mouvement de l’oreille du félin en direction de leurs deux humains. Une expression semblable à un sourire attendri se forme alors sur les traits de la chienne. Choisissant bien ses mots, elle rétorque au fatalisme d’Eko avec une pointe d’humour propre à elle-même.

▬ Si vous parlez d’espoir pour en faire des « adultes responsables », je dois me ranger à votre opinion. Néanmoins, cette conversation me divertit beaucoup plus que s’ils ne parlaient que de remboursement de dettes et de la montée du dollar en bourse.

Elle retourne ses iris sombres vers le caracal, mimant avec un peu trop de justesse le mouvement de tête et l’expression de ce dernier un peu plus tôt, alors qu’il lui posait sensiblement la même question.

▬ Pas vous ?



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MessageMer 17 Aoû - 14:03
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Des caleçons Star Wars. Seriously. Sur tous les paumés du secteur, il a fallu que tu nous trouves celui qui porte des sous-vêtements Chewbacca.

Le sourire sur les lèvres d’Aelya s’agrandit. Malicieuse, elle adresse un clin d’œil amusé à Ryan sans pour autant surenchérir sur le design de ses slips. Même si elle doit être l’une des rares personnes sur le sol américain à ne jamais avoir vu Obi-wan Kenobi en action avec son sabre laser – Deme trouve d’ailleurs que c’est une raison suffisante pour taper un scandale à chaque fois qu’elles approchent le sujet de près ou de loin – elle n’est pas effrayée à l’idée de se retrouver en tête à tête avec un fan de Star Wars de la première heure. Bien au contraire. Peut-être pourrait-il palier à son manque de culture, d’une façon ou d’une autre, par exemple en… Stop. Elle jette un coup d’œil en coin au caracal qui fait semblant de se perdre dans la contemplation de sa danoise, puis reporte son attention sur Ryan qui, pour sa part, parait décidé à se livrer plus franchement qu’elle n’oserait le faire.

« Yes, Ma’am. Un appartement dans le quartier ouest. J’y suis depuis moins d’un an. Pas très grand, mais on ne peut plus fonctionnel et confortable. Je n’aurais jamais cru que mon patron prenait un soin particulier à ce que le logent de ses agents ait une belle vue… m’enfin, je ne m’en plaindrais certainement pas ! Et vous ? »

L’utilisation du mot « agent » fait tiquer la jeune femme. Curieuse, elle observe son interlocuteur en silence quelques instants, réfléchissant au métier qu’un homme tel que Ryan Farell pourrait exercer. Agent… Agent de sécurité ? De nettoyage ? Des forces de l’ordre ? Pourquoi pas ninja tant que t’y es. Une moue ironique déforme les traits d’Aelya. Elle parvient plus facilement à envisager Ryan danser avec une serpillère que jouer les casse-cous sur les façades des immeubles environnants. Quoique. Elle est bien placée pour savoir que les gens sont bien souvent loin d’être ce qu’ils prétendent. Peut-être qu’il réussira à la surprendre à son tour, qui sait. Elle joue un moment avec le gobelet de son latte, prenant le temps de choisir ses mots. Si ça se trouve cet homme collectionne les informations sur ceux qu’il croise et serait un genre d’espion ou de détective privé employé pour de sombres affaires de mœurs… Ou alors, c’est juste un gars un peu trop curieux et décidé à faire cracher le morceau aux Cendrillon qu’il ramasse sur le bord des routes. Hm, possible. Mais cette idée plait moins à l’avocate.

« Je suis dans le quartier ouest également. Mon appartement n’est pas immense, mais suffisamment douillet pour que je tarde à le quitter le matin. »

Elle n’a pas le temps de poser une autre question que Ryan enchaîne.

« Quand vous parlez de “tout le gratin du secteur“, je suppose qu’il ne s’agit pas tout à fait d’actionnaires pour une compagnie de pâtes fraîches ? »

Elle le dévisage en clignant des yeux, surprise, puis finit par éclater d’un rire léger. Imaginer les amis de ses parents en commerçants ou épiciers ne cadre pas du tout avec le milieu social dans lequel ces personnes vivent. Elle n’est même pas certaine qu’ils sachent faire les courses par eux-mêmes ; ils ont suffisamment d’argent à perdre pour employer quelqu’un pour ce genre de service.

Aelya secoue négativement la tête, les yeux brillants.

« Pas vraiment. Ils sont plutôt dans le trafic de caviar et de champagne, si vous voyez ce que je veux dire. »

Bien sûr qu’il voit ce qu’elle sous-entend. Au vue de la robe qu’elle porte et de la façon dont elle désigne le réseau parental, il est dur de ne pas comprendre d’où elle vient. Malheureusement. Plus jeune, Lya s’est souvent surprise à imaginer ce qu’était la vie loin de toute la superficialité des mondanités. Un monde pas forcément plus simple, certes, mais sûrement plus authentique que celui qu’elle connaissait. La seule fois où elle avait cru s’en approcher, c’était lorsqu’elle étudiait à Dublin. Là-bas, personne ne connaissait la famille Fereden et surtout, personne ne connaissait son père. Elle parvenait à se mêler aux autres étudiants et à se plonger à cœur perdu dans l’indécence de cette jeunesse faussement dorée. Elle avait appris à aimer – un peu – à haïr – de temps à autre – et à festoyer – jusqu’à rentrer en rampant. Jamais elle ne s’était autant amusée que durant ces quelques années. Jamais elle ne s’était autant dévoilée que durant cette période, également.

Une ombre passe sur le visage de l’avocate à ces souvenirs. Le passé est lointain, révolu, mais bien moins enterré qu’elle ne le croyait. Ce moment d’incertitude ne dure pas cependant, et elle a vite fait de retrouver son sourire pour poursuivre sa conversation avec Ryan ; et de laisser libre-court à sa curiosité, comme toujours.

« Vous travaillez dans la police ? »

Après tout, elle ne perd rien à demander. Au pire il se taira et passera à autre chose, au mieux elle obtiendra une réponse à plusieurs de ses interrogations. Elle a noté la manière dont il observait les alentours, tous sens aux aguets, mais aussi la façon dont il la regardait, elle. Pas seulement les courbes de son visage ou de son décolleté. C’est plus profond que cela, et sûrement l’une des raisons qui la pousse à être aussi intriguée.

A ses côtés, Eko a réussi à ne pas engloutir trop rapidement la danoise aux abricots. Pour la première fois depuis longtemps, il s’est même décidé à déguster le dit-dessert. Nullement interpellé par la façon dont Jay le dévisage, le caracal saisit délicatement un fruit entre ses crocs et le mastique allègrement. Finalement, Lya peut bien se mettre à danser à poil sur l’une des tables de ce café, tant qu’il a ce genre de chose à manger, il devrait pouvoir supporter chacune des frasques de sa moitié.

« Tout le plaisir est pour moi. Ce genre de connaissances gastronomiques doivent être partagées, après tout. D’ailleurs, si vous connaissez un bon restaurant de sushi en ville, je ne serais pas contre un échange d’informations. Ceux que nous avons essayés jusqu’ici m’ont relativement déçue. »

Eko déglutit en acquiesçant. Rien de plus horripilant qu’un mauvais déjeuner ou diner, il y a là de quoi vous gâcher une journée entière. Le daemon réfléchit quelques secondes, cherchant dans sa mémoire un japonais qu’il juge digne de ce nom.

« Il y a le Sushi Kyô, dans le Bronx. Il ne fait pas que des sushis, mais aussi des nems et autres plats frits. Leur formule est intéressante et on y mange bien. »

Il cligne des yeux après s’être tu, persuadé que cette réponse suffira à satisfaire la demande de la chienne. Pour ce qui concerne l’adresse, il n’est pas un GPS sur pattes et il lui faudra donc chercher sur internet, mais elle semble largement capable de s’en sortir seule à partir de là.

« Si vous parlez d’espoir pour en faire des « adultes responsables », je dois me ranger à votre opinion. Néanmoins, cette conversation me divertit beaucoup plus que s’ils ne parlaient que de remboursement de dettes et de la montée du dollar en bourse. Pas vous ? »

Eko ricane doucement. Il ne peut qu’être d’accord avec elle, surtout après la soirée qu’il venait d’endurer à la résidence familiale.

« Je viens de passer cinq heures à entendre parler de ce genre de choses, alors je ne peux que vous appuyer sur ce point. »

Bon, ce n’était pas tout à fait vrai. Entre deux discussions ennuyeuses, le caracal a eu le temps de faire des siennes et d’égayer un peu cette fameuse soirée. Mais Jay n’a pas forcément besoin d’avoir les détails concernant cette partie-là.

« Quoi qu’il en soit, s’ils pouvaient éviter une session karaoké avec l’ensemble des clients et par là même déclencher un nouveau cataclysme, ce serait déjà un bon début. »

Il grimace à l’image de Lya dansant et chantant sur la scène d’un des bars miteux du quartier Nord de Merkeley, il y a de ça quelques semaines. Il y a des choses qu’il aimerait vraiment pouvoir oublier.

L’avocate ne suit que distraitement le fil des pensées de sa moitié. A son tour, elle croque dans son fondant au chocolat tout en laissant son regard effleurer les visages autour d’elle. Elle aime ce lieu, son ambiance et les gens qu’elle y croise. Les traits inquiets qu’elle entrevoit sur le visage de l’homme qui entre à ce moment-là font pourtant chanceler ses convictions. Intriguée, Aelya suit des yeux la silhouette agitée tandis qu’elle fait le tour de la salle en tournant la tête dans toutes les directions, avant de finalement s’arrêter dans un coin plus sombre ; il s’empare alors du téléphone portable qui traîne dans la poche de son manteau crade et pianote furieusement un sms sur l’écran tactile. Fronçant les sourcils, la jeune femme se penche de quelques centimètres vers Ryan sans parvenir à se détacher de celui qu’elle trouve suspect.

« Vous ne trouvez pas qu’il se comporte étrangement ? »

Elle n’a pas le temps d’entendre la réponse du blond. Trente secondes plus tard, quatre hommes cagoulés pénètrent dans le café, armes à la main et se mettent à hurler :

« Tout le monde à terre ! MAINTENANT ! »

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