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Strangers in Paradise

 
  
MessageVen 19 Aoû - 23:24
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 571Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Strangers in Paradise
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ AELYA FEREDEN & EKO



Take my hand, I'm a stranger in paradise, oh lost in a wonderland



Jay rit doucement à la réponse d’Eko. Elle lance un regard espiègle en direction de son daemonien et rétorque :

▬ Ne le dites pas trop fort, Ryan risque de le prendre comme un défi personnel, et je vous préviens, ce ne serait pas la première fois qu’il ferait pile ce que vous craignez. Au moins, lui et Aelya ont une bonne voix, on pourrait avoir pire.

Heureusement, Ryan est trop occupé par sa conversation avec Aelya pour relever quoi que ce soit, sinon il aurait effectivement pu s’employer à la réalisation de ce projet.

La blague de Ryan ne tombe pas à plat, au vu de l’étincelle d’amusement dans les yeux de la jeune femme, et il n’en est que plus heureux encore. Si même ses blagues de merdes passent avec elle, il n’y a plus aucun doute à avoir : ils sont faits pour s’entendre.

▬ Pas vraiment. Ils sont plutôt dans le trafic de caviar et de champagne, si vous voyez ce que je veux dire.

Ryan hausse un sourcil en penchant la tête légèrement de côté, lui signifiant qu’il a très bien compris. Il s’en doutait d’ailleurs plus qu’un peu, personne ne s’habille ainsi pour aller manger un hot dog, alors le caviar a du sens. Alors oui, la jeune femme vient de cette haute société bourgeoise, finalement. Lui-même en a fait partiellement parti, d’ailleurs.

Avec un père dans les hautes sphères du FBI, difficile de faire autrement. Néanmoins, et visiblement contrairement à Aelya qui revient d’une de ces soirées, il n’a que très peu participer aux évènements mondains associés au titre de son père. Ce dernier était continuellement absent, à l’autre bout du pays, et Ryan a passé toute son enfance et son adolescence pratiquement seul avec sa mère, artiste new-yorkaise qui mettait un point d’honneur à se tenir loin de cettedite bourgeoisie autrement que pour des raisons professionnelles.

Ensuite… disons que les relations entre Ryan et son père ont pris une tournure particulière qui pousse l’agent du FBI à éviter son paternel plutôt qu’à souhaiter partager quelconque moment en sa compagnie, caviar compris ou non. Ça ajouté à son propre caractère tout sauf accordé à cette tranche de la société, il y serait aussi à sa place qu’une écrevisse sur un gâteau de mariage. Audacieux, mais ça fait tache. Surtout quand l’écrevisse en question est toujours vivante et fout le bordel à la réception. En bref, il serait le partenaire d’Eko parfait.

Mais bref, malgré cette confirmation de son hypothèse, Ryan ne sait toujours pas exactement quel métier exerce Aelya. Ce n’est pas plus mal, le mystère à quelque chose de particulièrement attirant pour lui. Déjà que sans ça, ce ne sont pas les arguments qui manquent…

La jeune femme enchaine, coupant court à ses dérapages mentaux, et contrairement à son jeu à lui, va directement au but.

▬ Vous travaillez dans la police ?

Ryan sourit, amusé et tire une fausse grimace. Il hésite un bref instant sur le fait de révéler à cette presque-inconnue son poste ou non. Sa qualité de détective n’est pas un réel mystère, mais il reste préférable qu’il ne le crie pas sur tous les toits, question de ne pas nuire à ses enquêtes. Quant à ses enquêtes, justement, elles sont sans l’ombre d’un doute un sujet qu’il ne peut aborder hors partenaire du Bureau. Enfin, au point où il en est…

▬ C’est si évident que ça ? Mais en fait, tout dépend de ce que vous entendez par « police ».

Espiègle, il lève un sourcil vers elle comme pour l’enjoindre à répondre, puis il rit franchement en se passant une main dans les cheveux. Il s’amuse avec elle, comme elle avec lui, mais au-delà de cela, il est fier de son travail et l’étincelle dans ses yeux ne ment pas sur son amour pour son métier.

Il lui lance un clin d’œil complice et, évidemment, charmeur, en faisant durer un suspense inutile. Son côté théâtral le perdra, dirait Jay.

Une fois sur deux, celles à qui il dévoile son métier – surtout dans les bars, allez savoir pourquoi – ne le croient pas. Il se fait généralement un plaisir de sortir son badge comme preuve, relent un brin trop frimeur que toutes les tentatives de Jay n’ont pas réussi à étouffer, mais il ne le fera pas ce soir. Aelya n’est pas une fille qu’il tente d’impressionner pour une histoire d’un soir, quoique si la leur finit ailleurs qu’autour d’un café il n’en sera absolument pas malheureux.

Tant mieux, du coup, si elle est de celles qui fantasment sur les uniformes. Il déteste généralement mettre une cravate, mais dans certaines occasions, il remercie ses patrons d’avoir insisté pour foutre leur nez dans sa garde-robe. Il doit d’ailleurs noter quelque part de remercier Garry à ce sujet, juste pour voir la tête qu’il va tirer lorsqu’il va lui dire que…

▬ Vous ne trouvez pas qu’il se comporte étrangement ?

Ryan fronce les sourcils et se retourne pour apercevoir le type que lui désigne Aelya. Faisant dos à la porte d’entrée, il ne l’avait pas vu arriver. Il n’a pourtant pas le temps d’analyser l’homme et la question d’Aelya que quatre autres hommes armés entrent dans le café en criant.

▬ Tout le monde à terre ! MAINTENANT !

Ryan attrape Aelya par le bras et l’entraine sans management avec lui sur le sol. Jay en fait de même avec Eko. Et puis quoi encore ?! Il ne serait même pas surpris si la prochaine foutue catastrophe à lui tomber sur le crâne était une invasion extraterrestre à dos de T-Rex. Entre l’exaspération la plus totale et l’état d’urgence, Ryan jure entre ses dents.

▬ You gotta be kidding me… Pourquoi l’univers explose à toutes mes foutues journées de congé?!

De leur position, ils ne peuvent voir les hommes armés et inversement. Réfléchissant à toute vitesse, jurant une nouvelle fois en posant sa main sur sa ceinture pour s’apercevoir qu’il ne porte pas son arme de service, Ryan lance un regard alentour. À deux mètres se trouve un coin de comptoir de service généralement destiné à la présentation de gâteaux et autres pâtisseries, mais actuellement inutilisé. Profitant de la panique générale dans le café, Ryan attrape Aelya par les épaules et lui dit sur un ton qui n’appelle pas la réplique :

▬ Restes le plus près du sol possible et suis-moi à mon signal.

Ryan lance un regard de l’autre côté de la table pour s’assurer qu’aucun des hommes armés ne regarde dans leur direction et enjambe en deux pas, replié sur lui-même en frôlant le sol des mains pour garder son équilibre, la distance qui le sépare du présentoir abandonné contre le mur. Jay l’a suivi et s’éloigne subtilement vers la fenêtre entrouverte. Ryan se cache derrière le présentoir, lance un nouveau regard aux hommes armés puis fait signe à Aelya de la rejoindre.

Il lance un bref regard à Jay et il n’en faut pas plus pour qu’ils se comprennent. Ils n’en sont pas à leur première danse, mais les prises d’otages ne sont décidément pas leur champ d’expertise.

Non, effectivement, les gens sont généralement DÉJÀ morts quand on est appelés sur les lieux.

La situation est trop pressante pour qu’il s’autorise une réplique, mais il lui lance tout de même un regard noir. Elle n’a pas besoin de lui rappeler que leur expertise est centrée sur les enquêtes d'homicides pour qu’il sache très bien dans quel merdier il se trouve. Ils ne sont certes pas démunis, mais disons qu’il aurait aimé être en compagnie de son copain de formation de Quantico qui s’est enrôlé dans les S.W.A.T.

Ryan aide Jay en ouvrant un peu plus la fenêtre devant laquelle elle se trouve, juste assez pour qu’elle puisse s’y glisser et sortir incognito. L’espace n’est pas assez grand pour permettre à un humain de sortir, malheureusement, ou du moins certainement pas subtilement. La chienne se répercute sur le béton de la cour arrière du bâtiment puis s’élance en courant pour le contourner.

Coffre à gants ou coffre arrière ?

Coffre arrière.

Damn it.

Je sais, mais débrouille-toi, je ne sais pas combien de temps j’aurais ici.

Ryan, qui a tout perdu de son expression joviale et espiègle de la dernière heure vrille ses yeux verts sur Aelya et pose un doigt sur ses lèvres pour lui faire signe de garder le silence. Les hommes ne les ont pas vus et le plus longtemps qu’ils ignorent qu’ils sont là, le mieux ce sera. Avec un peu de chance, Jay aura réussi à ouvrir le coffre et lui ramener son arme avant qu’ils ne leur tombent dessus, même si Ryan n’y croit pas trop.

Collant son dos au présentoir, il risque un œil vers la salle pour analyser la situation. Les cris de panique ont cessé et on n’entend plus que les sanglots effrayés de certains des clients et personnels du café ainsi que le bruit caractéristique d’une caisse que l’on vide. Ryan ne voit que trois des quatre hommes. Heureusement, aucun n’a de fusil d’assaut ou d’arme automatique. Ce qu’il a pris pour une arme sur le plus petit des quatre voleurs n’est d’ailleurs qu’un canif. Bon, en soi, ce n’est pas tout à fait une meilleure nouvelle, mais c’est mieux qu’un AK47, non ?

Les trois hommes sont visiblement très nerveux également. Deux d’entre eux encadrent les clients qu’ils ont rassemblés au centre de la pièce tandis que le troisième ferme rapidement les stores des baies vitrées. Le quatrième doit être celui vidant actuellement la caisse. L’un des deux « gardes » lance constamment des regards vers ce dernier et l’enjoint à se dépêcher. L’autre fixe les otages avec presque autant de terreur qu’eux en le regardant, pointant son arme sur eux sans parvenir à arrêter ses bras de trembleur.

Des amateurs. Des putains d’amateurs. Ryan ne serait pas surpris d’apprendre qu’ils en sont à leur premier hold-up. Pourtant, ils n’en sont pas moins dangereux. Au contraire, leur nervosité et leur peur les rendent imprévisibles, potentiellement déraisonnables, comme des animaux en cage. Mais s’il parvient à en désarmer un, préférablement le type à l’œil fou qui surveille les clients du café, peut-être qu’il arrive a…

Ils ont un type dehors également.

▬ Fuck.

Peu de chances pour que Jay parvienne à récupérer son arme si elle est surveillée, donc.

Réfléchissant à toute vitesse, il lance un regard incertain à Aelya, sort son portable de sa poche, fouille rapidement dans ses contacts et tend l’appareil à la jeune femme. Sur l’écran, le nom et le numéro du Sergent John Roberts, son contacte à la police de Merkeley. Il se penche vers elle pour lui dire à l’oreille sur le ton le plus bas possible :

▬ Texte l’adresse et la situation rapidement à ce numéro.

Ils ne peuvent se permettre de téléphoner, puisque cela implique de parler assez fort pour se faire entendre. Leur situation est trop précaire pour se permettre ce risque et Ryan connait trop les services pour se risquer au hasard du 911. John le connait et Ryan lui fait confiance. Si le sergent reçoit un message de sa part lui disant de se présenter en urgence au café, il sait qu’il le fera. Mais même si John réagit rapidement, ils se trouvent à l’extérieur de Merkeley et la police ne pourra pas être sur les lieux avant au moins dix, voir quinze minutes. En terme de prises d’otages, c’est une éternité.



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MessageDim 4 Sep - 14:09
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Une main ferme lui agrippe le bras et l’entraîne sous la table avant qu’elle n’ait le temps de comprendre le pourquoi du comment. Peu importe que ce gars soit un flic, un ninja ou autre, le fait est qu’il possède de sacrés réflexes. Ça en fait au moins un sur deux. Collé contre le flanc d’Aelya, ses longues oreilles rabattues contre sa nuque, Eko peste comme un diable. Évidemment, il a fallu qu’il voit juste dans ses prédictions à deux balles ; voilà qui n’allait pas arranger son égo démesuré... Oh la ferme.

« You gotta be kidding me… Pourquoi l’univers explose à toutes mes foutues journées de congé?! »

Lya balance un regard intrigué vers Ryan. Les muscles tendus par l’adrénaline, campée dans une position plus qu’inconfortable et l’oreille aux aguets, la jeune femme s’étonne de ne pas avoir déjà cédé à la panique. L’abri potentiel que leur offre leur cachette de fortune ne durera pas éternellement pourtant, il ne faut pas se leurrer. Les cris terrorisés ne trompent pas non plus sur l’avancée de la prise d’otages, et avec cette musique en arrière-plan – un bon vieux rock comme on les aime – on se croirait dans un véritable film américain ; à la différence près qu’aujourd’hui, les armes sont réelles. Perdue dans son observation et dans sa réflexion, Aelya sursaute lorsque Ryan la saisit par les épaules.

« Restes le plus près du sol possible et suis-moi à mon signal. »

Certes, elle n’est pas du genre à suivre les ordres et encore moins à accepter qu’on en lui donne, mais quelque chose dans le regard implacable de Ryan lui souffle qu’elle ferait mieux de l’écouter si elle tient à sortir de là en un seul morceau. Qu’est-ce que tu fous bon sang ? Quoi, tu voudrais que je prenne le risque de m’étaler au milieu du resto sous le nez de ces abrutis armés? Insensible aux grognements d’Eko, l’avocate profite du numéro d’équilibriste de Ryan pour retirer ses talons aiguilles. A son signal et sur un dernier regard en direction des cambrioleurs, la jeune femme se glisse jusqu’au présentoir, dos courbé et caracal sur les talons. Elle ne bronche pas tandis que son compagnon aide Jay à sortir par la fenêtre, retenant son daemon par la peau du cou avant qu’il n’en fasse de même. Je vous serai plus utile dehors qu’ici. Une grimace déforme les traits d’Aelya. Elle hésite quelques secondes puis laisse finalement le caracal sortir à la suite de Jay. Un bond prodigieux le mène directement à l’extérieur et il longe les murs pour faire le tour de la bâtisse.

« Et maintenant ? », souffle-t-elle à Ryan tout en serrant un peu plus la lanière de ses chaussures entre ses doigts.

Les hurlements ont cessé ou du moins, ceux des clients. De là où ils se trouvent, Lya peut parfaitement entendre la terreur dans les reniflements, le claquement d’une caisse qu’on brutalise, les ordres qu’on siffle à la volée. Il y a de l’hésitation dans leur ton ; une crainte que les tremblements de l’un d’entre eux expriment parfaitement. Elle se risque à jeter un regard circulaire sur la salle qui s’étend devant eux. Comment faire sortir tout le monde de là en limitant les dégâts ? L’avocate n’est pas une habituée des prises d’otages – à part si on compte celles où son père la punissait en l’enfermant lorsqu’elle était gamine, et encore, elle parvenait dans un cas sur deux à faire le mur – mais elle n’est pas sans savoir que les choses peuvent dégénérer assez rapidement dans ce genre de cas. En règle générale, il suffit d’ailleurs d’un grain de sable dans le rouage pour qu’on passe de « hold-up » à meurtre de masse. Tu es l’optimisme même, honey. Aelya secoue la tête pour chasser ses pensées néfastes. Le chaton a raison, elle ne peut pas se permettre de penser ce genre de chose, au risque de devenir ce foutu grain de sable.

« Texte l’adresse et la situation rapidement à ce numéro. »

Elle jette un œil au portable que lui tend Ryan, avant de s’en emparer en hésitant. Ses sourcils se froncent légèrement lorsqu’elle découvre le nom qui apparait sur l’écran. Un sergent ? La possibilité d’avoir des renforts, donc. Décidément, ce mec est plein de ressources, un véritable paquet surprise. Un paquet à emmerdes ouais. Bof, pour l’heure impossible de savoir lequel de leurs deux karmas les a menés dans cette situation – mais pour une soirée atypique, c’en est une, et une belle. Elle se plonge dans l’élaboration de son message. Court et succin on a dit, pas vrai ?

    Today, 1:30 AM
    Rodriguo’s Café, Route 64, km 147. Prise d’otages et hold-up en cours. 4 hommes armés à l’intérieur, une dizaine de victimes potentielles. Renforts nécessaires.


La réalité des choses la fait brusquement flipper. Elle se mordille la lèvre inférieure tout en relisant ce qu’elle vient d’écrire, puis place l’écran sous le nez de Ryan pour qu’il puisse le lire à son tour.

« Je rajoute quelque chose ? »

Murmure à peine audible. Évidemment, écrit comme ça, le message ressemble plus à un télégramme qu’autre chose, mais elle ne se voyait pas se lancer dans un interminable roman peuplé de détails inutiles. Et puis, ça rajoute une dose d’urgence au caractère de la chose. Sur les conseils de Ryan, l’irlandaise termine son sms et clique sur envoyer, avant de rendre le portable au jeune homme.

Eko, vous en êtes où ?
Work in progress, bébé.


Le caracal est finalement parvenu à rejoindre Jay et s’est tapi dans l’ombre à ses côtés, observant les mouvements de l’homme armé devant la porte d’entrée. Il a l’air sacrément nerveux et pourrait éventuellement avoir la gâchette facile, mais quel autre choix ont-ils ? Sans qu’elle n’ait eu besoin de le lui dire, Eko avait compris qu’il était nécessaire que la chienne atteigne la voiture de Ryan, garée pile dans le champ de vision du tireur, bien sûr.

« Travail d’équipe, ça vous tente ? Je joue la distraction. »

Clin d’œil assuré à l’appui, le daemon se lève gracieusement et se faufile jusqu’à raser la façade du café et disparaître dans la pénombre sans se faire remarquer. Arrivé d’un côté du parking qu’il estime être suffisamment loin de leur véhicule, Eko prend le temps d’assurer ses arrières. Il ne manquerait plus qu’il rate son coup, tiens… Une berline blanche retient finalement son attention. Ses babines se retroussent tandis que, satisfait, il dégaine les griffes de sa patte avant gauche pour écorcher la carrosserie, assénant au passage un sérieux coup dans la portière considérée. Immédiatement, l’alarme de la voiture se met en route et bientôt, c’est une réaction en chaîne qui prend vie ; d’autres voitures se mettent à hurler sur le parking sans raison apparente, en simple réponse à la sirène qu’il vient de déclencher. En ricanant, le caracal se glisse sous la berline, attendant sagement l’arrivée de l’homme qu’il cherche à faire bouger. Voilà qui devrait laisser le temps à Jay d’accéder à la voiture de Ryan et de récupérer ce qu’elle cherche.

Le vacarme des sonneries d’alarme fait monter d’un cran la tension à l’intérieur du café. En l’entendant, l’un des braqueurs s’est immédiatement précipité à la fenêtre, dégageant d’une main hargneuse le store pour voir ce qu’il s’y tramait.

« C’est quoi ? C’est les flics ? »
« Je sais pas, j’vois rien. Faut qu’on se grouille putain, bougez-vous ! »

Lorsque l’un d’entre eux s’approche un peu trop du présentoir, Lya se terre sur elle-même, priant pour que sa robe rouge vif ne les trahisse pas Ryan et elle, mais l’homme s’éloigne sans les apercevoir. N’ayant pas suivi le fil des pensées de sa moitié, l’avocate est dans le flou concernant ce qu’il se passe à l’extérieur, elle-aussi, d’autant plus qu’Eko ne répond plus à ses appels silencieux. Elle s’apprête en parler à Ryan lorsqu’un éclat de voix, plus fort que les précédents, la coupe dans son élan.

« EH ! VOUS LA ! ON VOUS A DIT DE RESTER A TERRE ! »
« S’il vous plaît, ma femme… Elle ne se sent pas bien… »

Aelya se redresse juste à temps pour voir l’homme au couteau asséner un violent coup de pied sur la joue du client qui s’est redressé à ses pieds. Les dents serrées, l’irlandaise assiste impuissante au déroulement de la scène. Dieu qu’elle déteste ce sentiment… Et il n’a pas fini de résonner en elle, puisque le mari audacieux – inconscient, même – se relève une nouvelle fois, l’arcade gonflée par le coup qu’il vient de se prendre, sa femme tremblante solidement accrochée au tissu de sa chemise derrière lui.

« Elle doit prendre ses médicaments… Ecoutez-moi, elle… »

Il n’a pas le temps de finir sa phrase qu’un autre braqueur – plus âgé et surtout, plus violent – le redresse pour lui asséner son poing au niveau du diaphragme avant de les traîner en direction de la cuisine, sa femme et lui. Depuis leur cachette, les deux jeunes gens n’ont aucun visuel sur ce qu’il se trame dans cette pièce, et c’est bien ce qui inquiète Aelya. Elle se tourne vers Ryan, plantant la détermination de ses yeux verts dans les siens.

« On doit agir. »

Agir, prendre des risques, retenir le sang avant qu'il ne coule.
Sauver ce monde avant qu’il n’explose totalement.

(c) FreeSpirit

  
MessageMar 13 Sep - 4:52
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La diversion d’Eko a fonctionné, leur vigie est partie de l’autre côté du stationnement.

Tu peux atteindre la voiture sans être vue ?

J’y suis déjà. Encore heureux que tu ne verrouilles jamais tes portières.

Tu vois, mes « lacunes » sont utiles.

Mmphm. Parfois. Mais ça ne règle pas le problème du coffre. Il n’y a pas de levier automatique dans ta voiture. Tu as un double de clef quelque part ?

Ryan n’a pas le temps d’offrir une réponse mentale à Jay qu’un cri dans la sale lui fait baisser la tête d’instinct, de peur d’être découvert.

▬ EH ! VOUS LA ! ON VOUS A DIT DE RESTER À TERRE !

Ryan serre les dents en entendant l’échange se poursuivre entre l’otage et l’homme armé, son sang s’échaudant. Il souhaiterait plus que tout pouvoir se lever et coller son poing au milieu du visage de cette ordure, mais cela reviendrait à réduire à néant toute possibilité de faire quelque chose de réellement utile pour ces gens.

Lorsqu’ils trainent le couple en cuisine, néanmoins, Ryan y voit une opportunité de peut-être justement se rendre utile. Aelya aussi, visiblement. Il pose un doigt sur ses lèvres pour lui signifier de ne plus parler puis mime de ses mains le fait de rester au raz le sol.

Ryan, ne fais rien de stupide!

Pas mon genre. Les clefs de rechange sont cachées sous le siège du conducteur, d’ailleurs.

Il hésite un instant à demander à la jeune femme de rester immobile. D’un côté, il ne peut pas l’entrainer avec lui en bonne conscience. Lui-même a beau ne pas être en service actuellement, il n’en reste pas moins policier, et elle une civile. Dans ce genre de situation, la sécurité des civiles passe avant tout. Pourtant, quelque chose lui souffle qu’Aelya n’est pas du genre à se faire donner un ordre et que plus il s’entêtera à lui en donner, plus elle sera tentée de le défier. Dans une situation comme celle-ci, ce genre de témérité peut être particulièrement dangereuse. Et puis, après tout, il pourra surement mieux la protéger s’il l’a sous les yeux et qui sais, il pourra peut-être même la convaincre de rester dans les cuisines ensuite, un endroit plus sécuritaire qu’à peine caché derrière leur petit comptoir, ou elle pourra carrément s’enfuir par l’arrière.

Il doit prendre une décision rapidement, et alors que l’homme disparait avec les deux otages en cuisine, Ryan fait signe rapidement à Aelya de le suivre. Longeant le comptoir de présentation, ils parviennent à atteindre la porte de la cuisine sans se mettre à découvert. Ayant mis un peu de distance entre eux et les cambrioleurs de la grande salle, Ryan risque un regard dans la cuisine. L’homme et les deux otages ne sont pas visibles, mais il les entend parler plus loin. Visiblement, l’homme n’est pas enclin à écouter la requête de son otage concernant les médicaments de sa conjointe.

Tu l’as?

Presque. Bon sang, qui est l’imbécile qui a inventé les clefs ?! Certainement pas quelqu’un avec des pattes…

Dépêche-toi. Et passe par la porte de service arrière pour rentrer.

Ryan… qu’est-ce que tu fais ?

Qu’est-ce que John McClaine ferait. Always.

Oh God…

Ryan lance un regard vers les cambrioleurs dans la grande salle, qui leur tourne tous le dos, puis pousse la porte pour l’ouvrir avant de faire signe à Aelya d’entrer rapidement. Il se glisse finalement derrière elle et referme silencieusement la porte battante derrière lui. Il désigne ensuite à Aelya un comptoir sur lequel reposent chaudrons et ustensiles abandonnés par les cuisiniers faits prisonniers. Il s’y dirige avec elle puis lui glisse à l’oreille :

▬ J’ai une seule chance de réussir ce coup. Si l’homme appelle à l’aide, on est foutus. Alors, reste ici et ne fait pas un bruit jusqu’à ce que je te le dise, ok ?

Et si ça merde ? Ryan n’évoque même pas cette possibilité. Il pourrait lui dire de courir, de prendre la porte de service et de s’enfuir avec les deux autres otages, mais avec des hommes armés si près, ils risqueraient de se faire tirer dessus. Dans le meilleur des cas, ils sont tous pris en otage, alors aussi bien ne laisser aucune possibilité à ce scénario d’exister. Ryan est passé maitre dans l’art d’imposer sa volonté au monde qui l’entoure de cette façon, sans laisser de place à l’éventualité d’erreur ou d’échec dans son esprit. Il a rapidement compris, dans son métier, que le doute fait souvent la faute.

L’agent est survolté. D’un côté, l’excitation, l’adrénaline et, il faut l’avouer, son cœur d’enfant adulateur de James Bond et de Die Hard le rendent presque extatique. Mais de l’autre, il reconnait clairement l sentiment amer de la peur lui saisir le ventre à l’idée de toutes ses personnes en danger. Il ne s’agit pas uniquement de lui, d’une de ses actions trop téméraires qui ne pourrait avoir de conséquences que pour lui-même, cette fois.

Ryan jette un regard au-dessus du comptoir de travail et aperçoit le dos de l’homme armé. Il s’agit de celui avec un couteau, sans arme à feu. C’est une bonne et une mauvaise nouvelle en soi, une arme blanche étant moins dangereuse qu’une arme à feu, mais potentiellement tout aussi meurtrière.

Lentement, il se lève et un pas à la fois, le plus silencieux possible, s’approche de l’homme qui lui fait toujours dos. La femme, visiblement affaiblie par sa condition médicale et en proie à la panique, interrompt ses sanglots pour poser alors ses yeux sur lui avec stupéfaction. Ryan lui fait rapidement signe de se taire et elle détourne le regard en recommençant à pleurer. Heureusement, l’homme armé n’a rien remarqué, trop occupé à empoigner l’autre otage qui ne cesse de le supplier par le collet. Il lève la main avec laquelle il tint son couteau, visiblement dans l’idée de menacer l’otage pour le faire taire, mais son geste est soudainement stoppé. Surpris, l’homme baisse les yeux vers la main ferme qui retient on bras et n’a pas le temps de tourner la tête pour voir le visage de Ryan que celui-ci lui colle une droite sur la tempe.

L’homme part vers l’arrière et Ryan le rattrape de justesse avant qu’il ne tombe dans une pile de chaudrons qui aurait fait un vacarme à en réveiller la ville entière. Il le ramène vers lui, le désarmant facilement dans l’état d’étourdissement hébété de l’homme, puis lui plaque une main sur la bouche, crochetant son cou de son autre bras comme pour l’étouffer. L’homme reprend rapidement ses esprits et se met à se débattre, agrippant de ses mains le bras de Ryan qui l’empêche de respirer, mais Ryan le tient trop solidement. Lentement, Ryan fait glisser l’homme de plus en plus inerte vers le sol avec lui. Lorsque l’homme ne se débat plus, il relâche aussitôt la pression.

Ryan, essoufflé, repose doucement la tête de l’homme au sol et relève les yeux vers le couple d’otages, aussi horrifiés que terrorisés, croyant visiblement l’homme mort.

▬ Hey, ça va aller. Je suis l’agent détective Ryan Farell, du FBI, on va vous sortir d’ici.

Il lance un regard à l’homme devant lequel il est toujours accroupi puis ajoute :

▬ Il n’est pas mort, seulement inconscient. Aelya ? Tu peux les aider avec les médicaments le temps que j’attache notre ami ?

Ryan dénoue sa cravate et demande à l’homme de lui donner la sienne puis entreprend de bâillonner et d’attaché les poignets du cambrioleur inconscient derrière son dos. Pour une fois qu ces machins sont réellement utiles à quelque chose... Alors qu’il cherche de quoi attacher ses chevilles, la porte arrière s’ouvre et tous se figent. Ryan croit au pire, que la sentinelle placée à l’extérieur vient d’entrer pour les découvrir, mais c’est plutôt une voix familière qui s’élève de la pénombre extérieure, agréablement grincheuse et agacée.

▬ Bloody hell, Ryan. Tu ne pouvais pas attendre cinq minutes ?

Jay trotte vers lui, un petit fusil de poing dans la gueule, et le lui tend non sans un regard fortement désapprobateur vers l’homme attaché sur le sol de la cuisine. Elle se tourne ensuite vers Aelya et le couple avec une autorité digne d’une maitresse d’école face à des enfants turbulents.

▬ Nous avons très peu de temps avant qu’ils ne viennent voir ici ce qui se passe. Suivez-moi, je vous fais sortir d’ici tout de suite.

▬ Non, attendez, les médicaments de ma femme sont dans son sac et… et… le sac est resté sur la table… elle ne peut pas, elle va…

L’homme panique en serrant sa conjointe de plus en plus faible dans ses bras – peut-être est-elle diabétique ? - et Ryan échange un regard avec Jay que cette dernière déteste et approuve à contrecœur. Ryan traine le corps de l’homme inconscient derrière le comptoir pour le cacher, vérifie d’un geste que son arme est chargée, puis leur répond simplement :

▬ Je m’en occupe. Sortez maintenant.




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MessageMer 28 Sep - 15:25
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Aelya FeredenLiving like we're renegades



Elle te plait, ta soirée ? D’un café Latte, on passe à une partie de cache-cache.
Qu’est-ce que tu fabriques ?
Tu te souviens de nos parties, quand t’avais huit ans ?
… Eko. Non.


Ricanement comme seule réponse. Sourcils froncées, l’avocate tourne la tête vers la fenêtre donnant sur le parking extérieur, tout en sachant pertinemment qu’il fait trop sombre et qu’elle est bien trop basse pour apercevoir quoi que ce soit. Ryan lui intime de garder le silence ce que, pour une fois dans son existence, elle choisit de faire, tout en se renfrognant un peu plus profondément dans leur pseudo-cachette. La boule au ventre et des palpitations dans la poitrine, les doigts tremblants légèrement tandis qu’un homme se rapproche une nouvelle fois d’eux. Lya se demande comment les choses ont pu déraper aussi rapidement et surtout, à ce point. La prochaine fois, elle réfléchira peut-être plus longuement à la proposition d’un café… Si prochaine fois il y a.

Y a intérêt. J’ai même pas fini ma danoise aux abricots.
Eko, ne t’avise même pas d’essayer. Peu importe ce que tu comptes essayer.


Mais le caracal n’a que faire des menaces qui planent sur son pelage doré. Tapi dans l’ombre, le prédateur patiente. Il n’y a que quelques mètres, une cinquantaine de pas avant que l’homme ne soit suffisamment proche pour qu’il agisse. La douleur peut être aisément évitée, à condition qu’il s’y prenne correctement. A condition qu’il se souvienne encore de la manière dont il doit s’y prendre, également.

Lya secoue la tête, chassant l’image de son daemon pour se concentrer sur les demandes de Ryan. En silence, la jeune femme se rapproche du sol et rampe à la suite de son compagnon qui semble bien décidé à les mener droit vers la cuisine. Pendant qu’il jette un coup d’œil à l’intérieur de la pièce, l’avocate en profite pour surveiller leurs arrières et, en particulier, la salle principale d’où des éclats de voix de plus en plus virulents leur parviennent. Apparemment, il y a de l’eau dans le gaz. Oreilles grandes ouvertes, l’Irlandaise tente d’en comprendre la cause.

« Joey devrait avoir fait son rapport depuis deux minutes. »
« Tais-toi, abruti ! On avait dit pas de prénom ! Et arrête de baliser pour rien ! Et toi là, bouge-toi, on n’a pas toute la soirée ! »

Joey… ? Certainement celui chargé de la surveillance du parking… Celui qu’Eko est parti pour mettre hors d’état de nuire. Brusquement inquiète, Aelya essaie de capter les pensées du caracal – mais le daemon, préventif, a pour la première fois coupé le lien entre eux ce qui, au fond, ne peut dire qu’une seule chose : quelle que soit l’idée que son daemon a en tête, elle ne devrait pas lui plaire. Irait-il jusqu’à prendre le risque de les blesser tous les deux ? Elle se mordille la lèvre inférieure à cette supposition. Eko n’est pas stupide, loin de là. Et il ne supporte pas de souffrir délibérément, comme il le lui a si souvent fait remarquer lorsqu’elle utilisait son pouvoir sans son consentement, alors… Au signal, elle pénètre dans la cuisine, longeant l’un des plans de travail avant de s’immobiliser, Ryan sur les talons.

« J’ai une seule chance de réussir ce coup. Si l’homme appelle à l’aide, on est foutus. Alors, reste ici et ne fait pas un bruit jusqu’à ce que je te le dise, ok ? »

Elle le dévisage, hésitante quant à la décision à prendre. Il avait beau lui avoir fait comprendre qu’il était d’une certaine manière dans les forces de l’ordre, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer ce qu’il adviendrait de lui si l’homme au couteau prenait le dessus. Non pas qu’elle ne fasse pas confiance aux talents de ninja de Ryan, loin de là… Mais elle sait pertinemment qu’il suffit bien souvent d’une maudite seconde d’inattention pour que l’issue du combat change. Elle acquiesce finalement, gardant pour elle que si les choses tournaient mal, elle n’hésiterait pas à intervenir. Qu’elle ait son accord ou non n’y change rien.

Le dos appuyé contre le métal froid du comptoir, Aelya suit des yeux l’avancée de Ryan jusqu’à ce qu’il quitte son champ de vision. Doucement, elle pose ses chaussures sur le sol et se redresse, suffisamment tôt pour l’apercevoir mettre un poing au visage de l’ennemi, étouffant un hoquet de terreur lorsque l’homme manque de tomber la tête la première dans les casseroles. Alors que finalement, le couteau – et le reste – ne sont plus une menace pour qui que ce soit, elle se rapproche à son tour du couple, non sans avoir au passage jeté un regard inquiet en direction de la porte d’entrée de la cuisine.

« Il n’est pas mort, seulement inconscient. » Voilà qui allait les rassurer, tiens. « Aelya ? Tu peux les aider avec les médicaments le temps que j’attache notre ami ? »

Elle acquiesce, de nouveau.

« Bien sûr. » Malgré elle, l’avocate ne peut s’empêcher d’ajouter une pointe d’ironie au scénario. « Rappelle-moi de ne jamais trop t’énerver. J’aime décider seule de l’horaire de mes siestes. »

Battements de cœur en cascade douloureuse dans la poitrine. Lya s’agenouille devant la jeune femme dont elle saisit la main. Moite, la main. Ces tremblements et cette pâleur sur ses traits ne lui disent rien qui vaille. Elle n’a aucune qualité de médecin, connait vaguement les premiers gestes à adopter dans ce genre de situation, aussi fait-elle de son mieux pour tenter d’apaiser la jeune malade. Mouvements rapidement interrompus par l’arrivée de Jay, arme de poing coincé dans la gueule et mine disons… Légèrement contrite.

« Bloody hell, Ryan. Tu ne pouvais pas attendre cinq minutes ? »

La jeune femme ne peut retenir le sourire qui éclot lentement sur ses lèvres. Elle n’est peut-être pas de ceux à qui on donne des ordres mais apparemment, Ryan non plus.

« Nous avons très peu de temps avant qu’ils ne viennent voir ici ce qui se passe. Suivez-moi, je vous fais sortir d’ici tout de suite. »

Mouvement de panique de la part du couple qui n’échappe pas à Aelya. La jeune femme serre ses doigts à lui briser les phalanges, maintenant, et l’avocate imagine volontiers que cela a quelque chose à voir avec les médicaments.

« Non, attendez, les médicaments de ma femme sont dans son sac et… et… le sac est resté sur la table… elle ne peut pas, elle va… »

D’un geste apaisant, l’irlandaise effleure les cheveux de l’ange affaibli qu’il tient entre ses bras.

« Respirez, là. Doucement. »

Les yeux rivés sur le couple, elle n’assiste pas à l’échange silencieux opérant entre Jay et Ryan, ne tournant la tête qu’en entendant le cliquetis singulier d’une arme qu’on charge.

« Je m’en occupe. Sortez maintenant. »

Ses paupières papillonnent et elle le dévisage comme s’il était devenu fou – à moins qu’il ne le soit depuis un moment. Dos au couple de manière à ne pas être vue, elle articule un « Are you insane ? » silencieux. Inutile qu’il réponde à cette question, remarque, la réponse semble logique.

Lya. On a un problème.

Un frisson désagréable lui parcourt l’échine.

On ou tu ?
Je puis vous.


Elle grimace en entendant le caracal, puis se tourne vers Jay.

« Eko est bloqué. Deux hommes viennent d’arriver en voiture et sont dans son périmètre, en plus de celui qu’il a dégagé toute à l’heure pour que tu puisses accéder à la voiture », murmure-t-elle.

Elle passe son bras autour de celui de la jeune femme et, à l’aide de son mari, l’emmène discrètement à l’extérieur.

« Comment vous vous appelez ? »
« Derek. Et voici Jenny. »

Elle les éloigne suffisamment, comptant sur l’œil avisé de Jay – doublé de son ouïe – pour la prévenir en cas de danger. Dans son esprit, les mots d’Eko destinés à sa congénère ne font que renforcer ses inquiétudes.

Il y en a deux qui viennent dans votre direction, Bella. Ils n’ont pas l’air commode.

Profitant de l’inattention de Jay, Lya chuchote :

« Vous restez là et ne faites aucun bruit, c’est compris ? Ils acquiescent nerveusement. Si Eko la voyait aussi autoritaire… On vous ramènera les médicaments. N’appelez personne, juste, cachez-vous. »

Elle s’assure qu’ils sont bien dissimulés avant de se glisser de nouveau vers le café, occultant volontairement les sermons mentaux de sa moitié. Lorsqu’elle débarque de nouveau dans la cuisine, Ryan y est encore. Lya plaque un doigt autoritaire sur la bouche du jeune homme avant qu’il ne commence à râler.

« Je sais que tu te prends pour McGyver, McClaine ou peu importe, mais on ne sera pas trop de deux sur ce coup-là, alors j’en suis. »

Elle jette un œil aux alentours et particulièrement à l’entrée de la pièce.

« Explique-moi ton plan. »

Parce qu’il en a forcément un, pas vrai ?

(c) FreeSpirit

  
MessageDim 16 Oct - 19:19
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 571Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Strangers in Paradise
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ AELYA FEREDEN & EKO



Take my hand, I'm a stranger in paradise, oh lost in a wonderland




Jay couche les oreilles en entendant les dernières paroles d’Aelya. On ? On vous ramènera les médicaments ? Non, mais à quoi elle joue, celle-là ? L’opération en cours n’est pas uniquement pour mettre à l’abri le couple, mais elle également. Aelya est une civile, au même titre que le couple et les autres clients du restaurent, qu’elle et Ryan tentent d’aider, en leur devoir d’officiers fédéraux. Ils ne peuvent pas permettre à une civile de se mettre en danger plus qu’elle ne l’est actuellement. Ce n’est pas qu’une question de valeur, c’est littéralement un code d’éthique, signé en quatre exemplaires lorsqu’ils ont été engagés au FBI.

La chienne s’avance pour lui barrer le chemin et lance, aussi, sinon plus fermement que le ton employer par Aelya quelques instants plus tôt :

▬ Ou est-ce que tu crois aller ?

Mais trop tard. La jeune femme s’éloigne déjà vers le restaurent et Jay se fait violence pour ne pas lui courir après et la ramener dans les buissons par la peau des fesses. Elle jure intérieurement et se retourne vers le couple qui se tapit dans l’ombre, tremblant et terrifié. Elle ne peut pas les laisser seuls ici, pas avec l’homme qui menace de revenir dans les directions à tout instant.

Jay revient vers le couple, se cache dans l’ombre elle aussi et braque ses yeux sur le restaurent et le stationnement, bouillonnant intérieurement.

▬ Ryan, je crois que ta nouvelle amie est plus cinglée que toi. Elle retourne dans le restaurant.

Ryan, qui, fusil chargé à la main, observe avec attention la fraction de la grande salle qu’il aperçoit par la légère ouverture de la porte, sursaute en fronçant les sourcils.

▬ Quoi ? Non c’est une blague, retient la avec toi, tu sais bien qu’on ne peut pas…

Un mouvement à l’arrière de la cuisine lui fait tourner la tête et Ryan pousse un soupir exaspéré lorsqu’il voit la jeune femme entrer. Une pointe d’admiration traverse le voile de frustration de ses sentiments néanmoins. Cette femme à un cran rare pour revenir d’elle-même, sans être armée et sans expérience ou entrainement en la matière, dans cet enfer. Et un cran pareil, Ryan ne peut que l’apprécier. La chose est particulièrement sexy aussi…

▬ Ryan ! For god’s sake !

Oui, bon. Cela n’enlève rien à la stupidité et la non-acceptabilité de la chose. Ryan ouvre la bouche pour la renvoyer d’où elle vient, mais Aelya plaque un doigt sur ses lèvres pour le faire taire, le prenant au dépourvu.

▬ Je sais que tu te prends pour McGyver, McClaine ou peu importe, mais on ne sera pas trop de deux sur ce coup-là, alors j’en suis. Explique-moi ton plan.

Ryan se retient pour ne pas sourire à la mention de McClaine, la comparaison le rendant définitivement trop heureux pour leur situation délicate actuelle, et se secoue pour reprendre son masque d’autorité sérieuse qu’il se doit de mettre. Malgré tout, il ne peut pas accepter qu’elle se mette davantage en danger. Il ne peut la prendre comme « partenaire » sur ce coup, même s’il n’a pas d’autre option. Ryan ne respecte que peu de règles, mais celle de ne pas impliquer de la sorte une civile est une des rares qui a du sens dans sa vie, et pour cause. Ryan a déjà perdu un partenaire. Un partenaire avec des années d’expérience derrière lui, avec un entrainement, un détective encore plus doué que lui… Alors s’il a pu perdre Felix, qui avait pourtant toutes ces qualités, le risque est indécemment trop grand d’impliquer Aelya.

Penser à Félix souffle d’un seul coup toute autre pensée que celle de la faire sortir d’ici. Son chuchotement, alors qu’il s’emporte, contient même une réelle note de frustration et de colère.

▬ Quoi ? Bien sûr que non ! Mon plan n’inclut pas de mettre inutilement en danger une civile sans entrainement ! Je ne peux pas m’occuper de quatre hommes armés si je dois en plus garder un œil sur toi et je ne peux pas prendre le risque que tu aies la chance de t’en sortir sans problème ! Damn it ! As-tu déjà tenu une arme dans tes mains avant ? Est-ce que…

▬ Ryan, dépêche-toi, je crois que la femme entre en choc diabétique.

▬ Fuck.

Ryan à l’impression que le plafond lui tombe sur la tête. Ce n’est pas assez qu’il doit s’occuper de fous furieux armés en pleine prise d’otage seul, il doit en plus composé avec une femme au bord de la mort et une autre visiblement prête à se jeter tête baissée devant les balles. Il ferme les yeux le temps d’une inspiration pour reprendre son calme puis doit prendre une décision. Il n’a pas le temps d’argumenter avec Aelya. La situation de la femme à l’extérieur est trop grave, trop pressante, sans compter celles des otages dans la grande salle. Il n’a plus le temps, plus le choix, il doit choisir le « moindre mal ».

▬ Ok. Ok, tu peux aider, mais promet moi de ne rien faire de stupide ! On doit se dépêcher, la femme va de plus en plus mal. Tu vas faire le même chemin que nous avons fait pour venir ici, caché derrière le comptoir. Je vais aller distraire les voleurs et toi tu tenteras de faire signe aux otages près de la table où se trouvent les médicaments pour qu’ils les fassent glisser jusqu’à toi. Lorsque tu les auras, retourne rapidement rejoindre la femme dehors. Si elle n’a pas ses médicaments très bientôt, elle pourrait mourir. C’est bien compris ? Et cette fois, reste à l’extérieur ! Les renforts devraient arriver bientôt, je dois juste gagner du temps.

Ryan jette un regard par l’ouverture de la porte pour s’assurer que la voie est libre et pousse doucement sur celle-ci jusqu’à ce que l’ouverture soit assez grande pour qu’Aelya et lui s’y faufilent. Il fait signe à la jeune femme de passer devant puis lorsqu’il est assuré qu’elle est de nouveau cachée derrière le comptoir, Ryan sort à son tour.

Accroupi, il se glisse derrière le comptoir-caisse, tout près de l’homme qui remplit encore son sac d’argent. Son arme est accrochée à sa ceinture pour lui libérer les mains. Ryan doit le désarmer avant de pouvoir affronter les trois autres. Déjà que cette perspective n’est pas des plus favorables en sa faveur… Mais il est pleinement conscience qu’il n’a aucune chance de se débarrasser de tous les voleurs. Son unique but est de détourner leur attention des otages le temps que les renforts arrivent et qu’Aelya s’empare des médicaments.

Pour le désarmer, il doit d’abord le distraire, mais comment ? La première chose sur laquelle Ryan pose les yeux est une pile d’assiettes sale, juste à portée de main. L’agent hausse les épaules, ça devra faire l’affaire. Il range son fusil à sa ceinture puis attrape la première qu’il lance de toutes ses forces contre le mur le plus loin possible de l’attention des gardes et des otages. L’assiette se fracasse en mille morceaux dans un grand bruit et tout le monde, surtout les hommes armés, sursaute violemment. Dans l’instant de confusion et de panique qui suit, Ryan saute sur l’homme près de lui et réussi à attraper l’arme de ce dernier.

Il plaque la gueule de l’arme contre la tempe de l’homme et cri, pour attirer toute l’attention sur lui :

▬ N’OSE MÊME PAS PENSER À BOUGER.

Ryan sent tous les regards, et tous les fusils restants, se pointer sur lui. Il a connu plus agréable, comme sensation. Au moins, le jeu qu’il joue là, il le connait bien. Il excelle dedans même. Théâtralité, parler, attirer l’attention sur lui… c’est pile dans ses cordes. Au moins, pendant ce temps-là, Aelya pourra peut-être se faufiler jusqu’aux médicaments sans être vue.

▬ Qu’est-ce que tu crois, toi, que tu joues aux héros ?

▬ Et vous a quoi, Ocean 11 versions bac à sable ? J’ai vu mieux comme organisation, très franchement. Et un café, c’est loin d’être un casino, bonjour la gloire. Non, je fais que mon boulot.

Ryan ignore les regards courroucé et dangereusement anxieux des hommes armés – qui ont visiblement de plus en plus peur – et attrape son badge dans sa poche, qu’il exhibe aux yeux de tous. La réaction, violente, de stress chez les cambrioleurs n’attend même pas qu’il s’annonce officiellement.

▬ FBI, lâchez vos armes. Il y a encore une chance pour que cette situation se finisse relativement bien pour tout le monde.

Ryan plante ses yeux dans le regard de celui qui semble diriger les opérations et voit défiler toute une gamme d’émotions dans ceux-ci. Ils n’étaient pas préparés à cela. Pas du tout. La police peut-être, mais pas le FBI. C’est probablement leur premier « gros » coup, et maintenant qu’il les voit de plus près, il ne peut que constater qu’ils sont tous jeunes. L’un d’eux n’est peut-être même pas majeure. Ils n’ont visiblement que très peu d’idée de ce qu’ils font. C’est toujours un avantage et un inconvénient pour Ryan. Ils sont plus influençables, moins susceptibles de résister longtemps, mais en même temps beaucoup plus imprévisibles à cause de leur peur.

L’homme que Ryan dévisage semble s’arrêter sur une décision plus ou moins stable, celle de résister.

▬ Pff. T’es tout seul, le porc, et nous sommes huit, qu’est-ce que tu crois pouvoir faire, hein ?

L’homme à coté de lui lui donne un coup de coude dans les cotes.

▬ On s’en fou, bordel ! On a qu’à le descendeur et c’est fini.

▬ J’y réfléchirais à deux fois si j’étais vous.

Ryan laisse l’atmosphère en suspens alors qu’il tente de voir du coin de l’œil si Aelya a réussi à récupérer les médicaments. Gagner du temps. C’est tout ce qui compte. Bon sang, où sont les renforts qu’il a demandés ?!

▬ Personne n’est blessé, personne n’a été tué pour l’instant. Il y en a pour combien dans ce sac ? Moins de 5 000$. C’est une peine de prison minimale, quelques mois, pour ce genre de crimes. Mais pour un meurtre… Vous voulez vraiment passer les 20 prochaines années de votre vie en taule pour la chance de vous séparer quelques centaines de dollars ? Vous êtes plus stupides que je le pensais. Jeter vos armes maintenant et votre sentence sera encore plus clément, la coopération, ça paye, les gars.

Les hommes hésitent et leur frustration et leur panique sont de plus en plus générales. Bon, peut-être pas la meilleure des choses étant donné qu’ils tiennent des armes à feu, mais au moins, il ne pense plus à…

▬ Qu’est-ce que tu fous là toi ?!

Fuck. Fuck fuck fuck. Ryan sent le sang quitter son visage et il serre les mâchoires pour garder une expression neutre et en contrôle. Difficile à faire alors qu’il voit l’un des hommes tirer Aelya par les cheveux de derrière le comptoir.




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MessageJeu 27 Oct - 1:41
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Elle la décèle, cette pointe d’amusement dans les yeux de Ryan à l’évocation de tous ces héros de films américains, ces presque surhommes qui n’ont rien à envier à personne – ni ingéniosité, ni chance, ni happy ending, rien de ce qu’un être normal pourrait avoir envie de voir apparaître dans son existence. Mais ce n’est qu’un éclat, une lueur bientôt remplacée par l’air sérieux qu’il affiche depuis le début du hold-up, cette expression qui certifie à Lya qu’elle va avoir le droit à une soufflante digne de ce nom.

« Quoi ? Bien sûr que non ! Mon plan n’inclut pas de mettre inutilement en danger une civile sans entrainement ! Je ne peux pas m’occuper de quatre hommes armés si je dois en plus garder un œil sur toi et je ne peux pas prendre le risque que tu aies la chance de t’en sortir sans problème ! Damn it ! As-tu déjà tenu une arme dans tes mains avant ? Est-ce que… »

Elle écoute sa longue tirade sans broncher, bien que l’idée de lui couvrir la bouche l’effleure au bout de cinq mots. Elle aurait pu lui parler du combat à mains nues qu’elle pratique depuis des années, des parties de chasse avec son père dans les vastes forêts d’Irlande, mais elle choisit de se taire. Ce serait du temps perdu à essayer d’expliquer ou de justifier son cas, temps déjà manquant pour faire ce qu’ils doivent faire et sortir tous ces innocents de ce fichu guêpier.

« Fuck. »

Intriguée, Aelya fronce les sourcils en observant sa mine bien plus soucieuse qu’elle ne l’était auparavant. Elle s’apprête à lui demander ce qui lui arrive lorsqu’il la coupe dans son élan – une fois encore, quoique cette fois est bien différente des précédentes.

« Ok. Ok, tu peux aider, mais promet moi de ne rien faire de stupide ! On doit se dépêcher, la femme va de plus en plus mal. Tu vas faire le même chemin que nous avons fait pour venir ici, caché derrière le comptoir. Je vais aller distraire les voleurs et toi tu tenteras de faire signe aux otages près de la table où se trouvent les médicaments pour qu’ils les fassent glisser jusqu’à toi. Lorsque tu les auras, retourne rapidement rejoindre la femme dehors. Si elle n’a pas ses médicaments très bientôt, elle pourrait mourir. C’est bien compris ? Et cette fois, reste à l’extérieur ! Les renforts devraient arriver bientôt, je dois juste gagner du temps. »

Elle hoche parfois la tête en l’écoutant, concentrée sur chacune de ses phrases et les indications que ces dernières comportent. A vue de nez, ce plan est certainement le meilleur qu’ils puissent avoir et ne comporte pas de risque majoritaire pour elle. En revanche, elle serait bien curieuse – et inquiète – de savoir ce que Ryan entend par « distraire les voleurs » parce que, pour le peu qu’elle le connaisse, il a l’air de tout, sauf d’un mec discret. Peut-être qu’en priant pour qu’il ne se mette pas à faire du hula hoop sur la table, ça donnera quelque chose… Un fin sourire figé sur ses traits tendus, Aelya acquiesce une dernière fois.

« D’accord, j’ai saisi. » Elle penche légèrement la tête sans le quitter des yeux, tandis que lui regarde déjà par la porte, à l’affût de l’opportunité qui leur permettrait de rejoindre la grande salle. « Quel excellent chef tu fais. »

Il y a de l’ironie là-dedans, c’est vrai, mais aussi une admiration qu’elle ne cherche pas à dissimuler. S’ils s’en sortent vivants, ce sera grâce au professionnalisme de Ryan et rien d’autre, alors autant qu’il le sache. Sans bruit, elle se place derrière lui, attendant son signal pour se glisser dans la pièce voisine – signal qui ne tarde pas à venir, et dont elle profite pour aller se cacher derrière le comptoir. Il ne lui a pas manqué, ce comptoir. Les voix rauques des ravisseurs et les sanglots étouffés non plus, d’ailleurs. Ryan vient rapidement s’installer à côté d’elle, et elle ne bronche pas tandis qu’il cherche sa « distraction » … Et l’avocate ne peut retenir un « o » de surprise lorsqu’elle le voit s’emparer d’une assiette sale trainant là et balancer celle-ci contre un mur au loin. D’accord. Cet homme n’est pas simplement inconscient, sans peur ou whatever, il est complètement fou. Bon sang, enfin quelqu’un de ton espèce. Elle secoue la tête pour se défaire des pensées du caracal, mais il ne l’entend pas de cette oreille. Votre plan est risqué. Tu veux qu’on parle de ta situation ? Je suis très bien, moi. J’ai une vue directe sur les mecs qui vont arriver sur vous d’ici quelques minutes. Quelques ? Seul le silence lui répond tandis que devant elle, l’idée ingénieuse – ou dite ingénieuse – de Ryan se met en place.

Tout se déroule très vite. Si vite, qu’elle met un temps à reprendre ses esprits et à réagir. Ryan n’est plus à côté d’elle, mais derrière cet homme sur la tempe duquel il a collé le canon d’une arme.

« N’OSE MÊME PAS PENSER À BOUGER. »

Well, c’est bien joué ça Farell, il faut bien le reconnaître. Profitant que tous aient les yeux tournés sur son acolyte, Aelya se faufile discrètement le long du comptoir en veillant à rester le plus près du sol.

« Et vous a quoi, Ocean 11 versions bac à sable ? J’ai vu mieux comme organisation, très franchement. Et un café, c’est loin d’être un casino, bonjour la gloire. Non, je fais que mon boulot. »

L’irlandaise lève les yeux au ciel, sans pour autant s’arrêter de ramper. Il ne peut pas s’empêcher de taquiner leurs adversaires, hein ? Peut-être même a-t-il été trop loin et finira-t-il avec une balle collée entre les deux yeux ?

« FBI, lâchez vos armes. Il y a encore une chance pour que cette situation se finisse relativement bien pour tout le monde. »

Cette fois, Lya suspend sa progression, choquée par ce qu’elle vient d’entendre. Elle ne sait pas ce qui l’étonne le plus, que le FBI soit à Merkeley ou que Ryan fasse partie de la maison… Elle s’assène pourtant une claque mentale et reprend son mouvement, atteignant ainsi le bout du comptoir. D’ici, elle a une vue sur le sac à main beige qui repose sur l’une des tables à deux mètres d’elle tout au plus. Rien d’inaccessible, hein ? Rien qu’elle ne puisse attraper, d’autant plus qu’une vie est en jeu. Elle doit obtenir ces médicaments, coûte que coûte. Tendant l’oreille, la jeune femme tente de percevoir quel sera le bon moment pour passer à l’acte.

« Personne n’est blessé, personne n’a été tué pour l’instant. Il y en a pour combien dans ce sac ? Moins de 5 000$. C’est une peine de prison minimale, quelques mois, pour ce genre de crimes. Mais pour un meurtre…»

Ryan les a encore sous sa coupe, parfait. En pestant silencieusement, Lya remonte un peu les pans de sa robe qui ne cessent de la gêner dans ses mouvements depuis qu’ils ont quitté la cuisine – même cette déchirure au niveau de sa jambe droite n’a pas facilité les choses – et prend une dernière inspiration avant de s’élancer.

Elle n’a pas le temps d’agir qu’une main invisible – d’où vient-elle ? Elle n’a pourtant entendu personne approcher – vient empoigner ses cheveux, la tirant hors de la pénombre dans laquelle elle avait trouvé refuge.

« Qu’est-ce que tu fous là toi ?! »

Et puis il y a cette voix. Glaciale, colérique, pour laquelle son sang ne fait qu’un tour, cerveau immédiatement vidé et dénué de toute pensée cohérente, tandis qu’un cri de douleur s’échappe de ses lèvres et qu’elle s’abandonne au mouvement de son ravisseur. Il ne faut pas longtemps à l’homme pour l’attirer à lui – et elle sent son corps contre le sien, chaque contact n’étant qu’une vaste brûlure sur sa peau de porcelaine. Il plante le canon de son arme contre son crâne, elle frissonne. Et il crache, crache son venin, crache ces mots qui dévalent le long de son dos aux muscles pétrifiés par la peur, alors qu’elle n’a toujours pas réussi à accrocher le regard de Ryan pourtant juste devant elle.

« Fini de jouer. Lâche ton flingue, petit con. Ou je te jure que je la bute. »

La menace n’est pas feinte, pas plus que la promesse qui en découle. Mais Lya tient bon, elle qui vacille pourtant dangereusement autour de ses appuis, la poitrine comprimée sous l’effet de la terreur et le diaphragme s’insurgeant dangereusement face à l’image de cet homme et du risque qu’il représente. Des haut-le-cœur s’emparent bientôt d’elle et, bien qu’elle déteste ce sentiment d’impuissance qu’elle sent planer autour d’elle comme un vautour, Lya a le sentiment que réagir causerait du tort non seulement à Ryan, mais aussi aux autres clients du restaurant. Alors, elle ne bronche plus. Inspire, vrille ses prunelles dans celles du détective – elle ne parle pas mais si elle l’avait pu, qu’aurait-il lu ? Qu’aurait-il vu, au-delà des tremblements qui agitent ses mains et le pourpre de ses lèvres ? Un simple « Don’t do it ». Puisque quoiqu’il advienne, l’irlandaise préférerait en tout point laisser sa vie pour sauver celle des autres.

Le plus jeune commence à céder à la pression – mauvais signe pour eux, ça. Les autres pointent toujours leurs flingues en direction de Ryan.

« C’est un piège. Un putain de piège. Elle est avec lui ! Et s’il avait raison ? Hein ? Si on était encerclés ? »
« Ta gueule. Celui qui la retient semble être le chef. Du moins, si on peut appeler chef un abruti pareil. Toi, appelle les autres. Qu’ils nous fassent un rapport. »

La radio grésille, les questions se posent. Mais personne ne répond, ce qui accentue la panique chez les ravisseurs. Tiens le coup honey, la cavalerie arrive. Lya croit avoir mal entendu mais… Les renforts. Les renforts sont là, provoquant chez elle un soulagement qu’elle espère imperceptible.

Il y a le silence.
Il y a le silence et soudain, ce grésillement.
La voix désincarnée d’un homme qu’on n’attendait plus.

« Je suis le Sergent John Roberts, police de Merkeley. Le bâtiment est cerné, vous ne vous échapperez pas. Je vous demande de libérer les otages sans faire d’histoires, ou alors… »

L’homme à la radio lui coupe l’herbe sous le pied.

« Sinon quoi ? Hein ? N’approchez pas, ou je vous assure que ça va être un carnage. On veut… »

Et soudainement, la panique. Le plus jeune s’empare de son flingue et tire à travers les carreaux, les cris se déchainent et se mêlent au fracas du verre qui se brise ; dans la panique générale, l’avocate voit l’un des hommes se lancer sur Ryan, avant que son propre renégat ne profite de la confusion pour la trainer jusqu’à la cuisine. Elle se débat, Lya, donne des mouvements de hanches impétueux tandis qu’il menace de lui arracher les cheveux du crâne, des larmes au bord des yeux alors que la porte se referme derrière eux et la laisse seule en compagnie de cet être abject.

« Tu vas arrêter de bouger, bitch ! »

Il lui assène une violente claque sur la joue gauche, lui arrachant un cri de souffrance, avant de s’emparer de son menton qu’il vient serrer le plus fort possible de sa main libre. Le flingue collé contre la tempe de l’irlandaise, il laisse un sourire carnassier s’empare de ses lèvres avant de murmurer.

« T’es ma monnaie d’échange, bébé. Toi et moi, on n’est pas près de se quitter. »

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MessageDim 13 Nov - 21:46
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Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Strangers in Paradise
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ AELYA FEREDEN & EKO



Take my hand, I'm a stranger in paradise, oh lost in a wonderland




▬ Fini de jouer. Lâche ton flingue, petit con. Ou je te jure que je la bute.

Un instant, les prunelles de Ryan rencontrent celles d’Aelya et une boule brulante lui serre la poitrine. À force de serrer l’arme qu’il tient, ses jointures deviennent blanches et il serre si fort la mâchoire que ses muscles lui font mal. Voilà exactement ce qu’il craignait qui se passe. Exactement ce qu’il souhaitait éviter en la renvoyant à l’extérieur avec Jay. Mais il ne lui en veut pas. Il s’en veut à lui. Des souvenirs d’un autre lui, d’une autre personne et d’un autre temps lui reviennent en mémoire avec une vive intensité. Il ne peut pas laisser les choses se répéter. Pas une deuxième fois.

Ryan plante ses yeux dans ceux de l’homme puis retire l’arme de la tempe de celui qu’il retient lui-même prisonnier. Il relâche entièrement ce dernier qui s’empresse de s’éloigner de lui, tremblant, puis lève sa main libre en l’air. D’une voix d’un calme parfait cachant à merveille le chaos et la panique à l’intérieur de lui qui fait battre son cœur comme un tambour à ses oreilles, Ryan répond :

▬ Hey, c’est bon, on fait comme tu veux, je lâche mon arme.

Sans quitter l’homme des yeux, il se penche lentement pour déposer le fusil au sol puis le pousse loin de lui d’un coup de pied.

▬ Personne ne souhaite que les choses finissent mal ou que quelqu’un fasse une connerie, non ? On n’est pas obligé d’en arriver là.

Le regard froid de l’autre le dévisage, luttant visiblement pour ne pas trouver du sens dans les paroles de Ryan. Il a peu lui aussi, même s’il semble plus expérimenté en la matière et démontre moins ses émotions que ses acolytes paniqués. Ryan se raccroche à l’idée qu’il l’écoute pour gagner du temps et ouvre la bouche de nouveau pour tenter de calmer les choses. Faire un marché avec eux peut-être, proposer aux hommes de se sauver par l’arrière avant que les renforts arrivent s’ils laissent les otages en paix… Malheureusement, le plus nerveux des complices de l’homme s’écrie alors :

▬ C’est un piège. Un putain de piège. Elle est avec lui ! Et s’il avait raison ? Hein ? Si on était encerclés ?

▬ Ta gueule. Toi, appelle les autres. Qu’ils nous fassent un rapport.

Ryan analyse rapidement l’espace autour de lui, la position des hommes, les armes potentiels, tente de calculer ses chances de désarmer l’homme qui retient Aelya… mais dans chacun de ses scénarios, rien ne finit bien pour lui ou pour les otages. Il ne peut prendre le risque d’agir plus avant si cela met quelqu’un encore plus en danger que maintenant. Un coup délibéré ou une balle perdue pourrait tout faire déraper.

Et alors que tout espoir semble perdu, la voix de Jay résonne dans sa tête.

N’abandonne pas si vite, M. McLaine, ce n’est pas comme ça que le film se termine.

L’instant suivant, le grésillement de la radio des preneurs d’otages laisse place à une voix qu’il connait bien. S’il ne regardait pas toujours le canon de l’arme posé sur la tempe d’Aelya, Ryan en aurait été soulagé.

▬ Je suis le Sergent John Roberts, police de Merkeley. Le bâtiment est cerné, vous ne vous échapperez pas. Je vous demande de libérer les otages sans faire d’histoires, ou alors…

▬ Sinon quoi ? Hein ? N’approchez pas, ou je vous assure que ça va être un carnage. On veut…

La détonation fait sursauter tout le monde et Ryan se penche par réflexe. La suite n’est que chaos. Les otages se mettent à hurler et les balles à fuser dans tout les sens. Ryan se jette en avant pour atteindre l’homme qui retient Aelya, souhaitant profiter de la panique pour le désarmer, mais un autre homme l’arrête en pleine course en le plaquant.

Lui et l’autre sont propulsés sur le mur de céramique et Ryan est assommé sur le coup. Il se débat à l’aveuglette quelques secondes alors que sa vue brouillée lui fait perdre la notion de haut et de bas et qu’un grand cillement à ses oreilles estompe les bruits chaotiques à l’intérieur du café. Il sent le poids de l’homme sur sa poitrine, étouffante, et dans un éclair relevant plus du réflexe mu par l’entrainement que par réelle intention, attrape sa propre arme qu’il avait cachée dans son dos et tir. L’homme hurle et le poids de libère. Clignant des yeux pour tenter de reprendre le contrôle de ses sens, Ryan voit l’homme porter une main à son bras. Rien de grave, l’homme survivra.

Ryan tente de se relever et, encore étourdit par son coup à la tête – bon sang, il va regretter sa danoise aux abricots demain matin… - glisse dans quelque de poisseux. Un instant, une vague de panique l’envahit, alors qu’il croit reconnaitre du sang sur ses mains. Est-il plus blessé qu’il ne le croit ? Mais l’odeur désagréable l’informe rapidement que le liquide sombre est plutôt d’origine graisseuse. En frappant le mur, lui et l’autre ont fait tomber une étagère contenant un pot d’huile pour l’entretien des fours. Ladite graisse lui est tombée sur l’épaule, ou elle se mêle cette fois bel et bien avec le filet de sang qui s’écoule de se blessure à la tête, avant de se répandre sur le sol.

Ryan secoue la tête, ignorant l’huile, sa blessure et l’homme blesser qui crie toujours au sol derrière lui, et s’élance dans la direction de l’arrière-cuisine ou le chef de la bande à entrainer Aelya. Dans son dos, il entend l’escouade tactique entrer dans le bâtiment à la volée. D’ici deux minutes, tout au plus, la situation sera sous contrôle des forces policières. Les hommes ne sont pas assez organisés, entrainés, ni armés pour faire face aux S.W.A.T. Mais pendant ces deux minutes et les autres secondes qui viennent de s’écouler depuis que la panique a éclaté, combien de gens seront blessés, ou pire, tués ?

Ryan s’inquiète pour les otages, mais encore plus pour Aelya. Les policiers contrôleront très bien tout seuls la situation dans la grande salle, mais ils ignorent qu’un autre otage est actuellement emmené plus loin, hors des regards. Il n’a pas le temps de les avertir, qu’ils en aient fini ici avant de s’occuper de l’arrière-boutique. Et tout ce à quoi il pense est l’idée obsédante de ne pas laisser l’histoire se répéter. Son histoire. Celle de Félix.

Ryan appelle Jay avec force dans sa tête. Il a besoin de sa partenaire. Maintenant.

L’un deux tente de s’échapper par l’arrière avec Aelya.

Il n’attend pas d’avoir une réponse de sa daemonne et à son tour entre dans la cuisine, l’arme au poing, juste à temps pour entendre ses paroles en provenance du fond de la salle.

▬ T’es ma monnaie d’échange, bébé. Toi et moi, on n’est pas près de se quitter.

▬ Hey, duchebag !

Ryan s’est campé à environ cinq mètres de l’homme et le met en joue. Son expression ne laisse présager aucune plaisanterie de sa part cette fois ni de douces paroles pour tenter de calmer le jeu. La boule de feu au creux de son estomac menace d’exploser et il doit faire un effort incroyable pour rester immobile et ne pas tirer tout de suite.

L’homme le fusille du regard et resserre un peu plus sa prise sur les cheveux d’Aelya.

▬ Encore toi ? Qu’est-ce que tu crois accomplir, hein ? Si tu t’approches, je la tue ! Alors tu vas nous laisser gentiment foutre le camp d’ici et ne pas bouger, c’est compris ?

Ryan fait un pas en avant et l’autre recule vivement avant de crier :

▬ JE T’AI DIS DE PAS BOUGER !

Puis l’homme pousse le canon de son arme un peu plus sur le visage de l’avocate, de plus en plus paniqué. Ryan s’arrête de nouveau, ne le lâchant pas du regard. Il veut le déstabiliser, mais pas au point qu’il tire par accident. La voix de Jay résonne alors dans sa tête :

Attention, ça va faire mal.

Ryan répond à haute voix :

▬ Je sais.

L’homme, croyant que Ryan s’adresse à lui, lance un regard noir plein de hargne dans sa direction.

▬ Alors, reste ou tu es sale bata… HAAAA!

Jay, s’étant glissée en silence par la porte arrière laisse entrouverte, vient de sauter sur l’homme et referme à présent ses crocs autour de son poignet tenant l’arme. Lorsque les canines de sa daemonne entrent en contact avec la peau de l’autre, une douleur vive et aveuglante fait plier Ryan en deux. Il n’a pas conscience de crier ni de se prendre la tête à deux mains. La douleur est insupportable, plus cuisante que tout ce qu’il a connu, plus insidieuse aussi. Non pas physique, mais déchirant tout de l’intérieur. La douleur lui semble durer une éternité, mais à peine quelques secondes après le contacte, Jay lâche prise, elle aussi frappée par l’horrible douleur, et celle-ci cesse aussi subitement qu’elle est apparue.

Haletant, Ryan s’aperçoit qu’il est à genoux au sol et tenter de se relever. Sa main tremble encore, mais il la pointe de nouveau devant lui, cherchant l’homme du regard. Ce dernier à échapper son arme à feu et à lâcher Aelya sous le coup de la surprise. Il est lui aussi tombé au sol sous l’attaque de la chienne. Il tient son poignet ensanglanté contre lui et lance des regards anxieux au sol autour de lui pour retrouver son arme. Jay, encore assommée par la douleur du contacte, fait de même. Elle l’aperçoit la première, a, seulement un mètre de la jeune femme, et lui crie :

▬ Aelya! Prends l'arme, tout de suite !

Ryan n’attend pas de voir si la jeune femme est assez en état pour réagir et se force à se remettre enfin sur ses pieds. Des frissons d’horreurs parcourent encore sa peau alors que le souvenir de la douleur met un temps à s’estomper, mais il avance, résolument, l’arme toujours pointée devant lui, vers l’homme au sol.

▬ Now, YOU don’t move.

L’homme arrête tout mouvement et lève un regard anxieux vers Ryan qui le surplombe. Avant qu’un geste ou une parole de plus ne puisse être posé, Ryan entend la porte de la cuisine s’ouvrir et le bruit des bottes de plusieurs personnes entrer rapidement.

▬ Police, lâchez votre arme!

Ryan devine qu’on le pointe via la bouche de plusieurs canons dans son dos, mais n’obéit pas. Il sort plutôt son badge d’une main, et le brandit derrière lui sans même se retourner en répétant son nom et son grade. Il entend les armes s’abaisser et des pas se rapprocher de lui instantanément. Deux hommes apparaissent sur sa gauche et sa droite pour venir attraper le dernier des preneurs d’otages. Dès que les policiers s’emparent de lui, Ryan abaisse son arme et se détourne. Il ne veut plus le voir, il n’importe plus.

En deux enjambées, il est auprès d’Aelya. Dans un soin de sa tête, il s’est déjà assuré de l’état de Jay, qui lui répète encore qu’elle va bien. Elle s’est d’ailleurs elle aussi remise sur pied, et si elle semble abattue de fatigue, n’en reste pas moins fièrement droite. Elle s’avance vers les policiers pour leur expliquer ce qui s’est passé et demander l’assistance des ambulanciers pour Aelya.

Ryan s’accroupit devant la jeune femme et l’observe anxieusement sous toutes ses coutures. Il ne la touche pas, néanmoins. Et dans son regard et sa voix résonnent les accents d’une inquiétude qui n’est pas uniquement dirigée vers Aelya, mais aussi vers un fantôme à qui il aurait souhaité plus que tout pouvoir dire ces paroles.

▬ Comment tu te sens ? Es-tu blessée ? C’est terminé maintenant, tout va bien aller.



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MessageMar 15 Nov - 16:59
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Strangers in Paradise

Ryan & Aelya


« The fear of death follows from the fear of life.
A man who lives fully is prepared to die at any time. »


Il tire un peu plus fort sur ses cheveux, l’obligeant à serrer les dents à s’en briser la mâchoire tandis que son visage se lève vers le sien. Elle aurait envie de lui faire ravaler son sourire carnassier et ce regard avide qu’il pose sur elle. Le pourrait-elle ? D’un mouvement de bras, se dégager, mettre à profit ces années d’entrainement et les techniques qu’Aiden avait eu l’amabilité de lui apprendre avant de la poignarder dans le dos, lui aussi. Mais si elle pratique toujours le combat à mains nues, les techniques de dégagement qu’elle connait sont pour l’heure légèrement rouillées – sans compter qu’en robe cintrée et avec un flingue collé sur la tempe, son temps de rapidité d’action se voyait déjà réduit de quelques précieuses secondes… De quoi forcer la réflexion. En attendant, lui asséner un regard assassin et ne pas montrer ses tremblements. Occulter les pensées, les siennes et celles d’un Eko paniqué de ne plus savoir comment entrer dans le restaurant. Oublier les coups de feu et les hurlements, cette peur qui lui tord le ventre et l’incertitude qui l’embrume. Réfléchir, un peu. Agir si l’occasion se présente, puisqu’il suffirait d’un instant pour que…

« Hey, duchebag ! »

Lya hausse un sourcil surpris, mais son expression n’est rien comparée à celle de son assaillant. Dans sa position, elle n’a aucun visuel sur Ryan mais devine aisément qu’il pointe une arme sur eux. Sur elle. Un frisson désagréable parcourt son échine ; se retrouver au milieu d’une série de balles perdues ne faisait pas vraiment partie du plan de base… Plan résolument abandonné depuis qu’elle avait été découverte dans l’autre pièce, il y a quelques minutes de cela. Tant bien même, elle n’aime pas particulièrement l’air inquiet de son ravisseur. Pour elle qui connaît ce sentiment d’être pieds et poings liés, prisonnier d’une cage dont il n’existe aucune sortie indemne, cette image est certainement la pire qui puisse être. L’homme-animal, lorsqu’il est pris au piège, est capable de tout, même des pires folies… Et si Ryan n’a pas conscience de ça, elle sortira de cette cuisine les pieds en premier.

« Encore toi ? Qu’est-ce que tu crois accomplir, hein ? Si tu t’approches, je la tue ! Alors tu vas nous laisser gentiment foutre le camp d’ici et ne pas bouger, c’est compris ? »

Tout en hurlant sa menace, l’homme a resserré sa prise d’abord sur ses cheveux, avant d’appuyer les cinq doigts de sa main gauche sur son cou, le serrant à y apposer sa marque. Elle ignore ce que disent les manuels de l’agent du FBI dans ce genre de situations. Dialoguer ? Agir ? Improviser ? Lya voit mal comment il est possible de cataloguer les prises d’otages. Au même titre que les actes de terrorisme ou de mise en danger de vies d’autrui, chaque situation a ses propres particularités – du lieu au type de menace, tout est mis en œuvre pour qu’on ne puisse pas établir de scénarios types à l’avance. Pas très rassurant quand on songe que la perspective la plus plausible est celle de Farell renouvelant l’expérience d’un lancer de projectiles ou quelque chose du même acabit.

« JE T’AI DIT DE PAS BOUGER ! »

La tension dans les muscles d’Aelya monte d’un cran tandis que d’un geste sec l’assaillant l’amène plus près de lui, la retournant de manière à ce qu’elle fasse barrage de son corps, canon toujours collé contre son visage. Il panique. Il panique et à dire vrai, l’avocate sent les derniers pans de son endurance s’effriter. Et rien, dans l’expression qu’elle lit sur le visage de Ryan ou la manière dont il tient son arme braquée sur eux, n’est fait pour apaiser cette terreur qu’elle sent monter en elle comme une plante grimpante. Que dit-on dans ses manuels à elle ? Pourquoi personne n’envisage la possibilité qu’on puisse, un jour ou l’autre, se retrouver empêtré dans une situation qui nous dépasse ? Dont on ne peut s’échapper d’un sourire ou d’une claque bien placée, pour laquelle aucun mot ne suffit à régler le problème et apaiser les frictions ? La respiration de l’irlandaise se fait de plus en plus saccadée. Son cerveau tourne vite, trop vite pour qu’elle puisse emmagasiner des informations extérieures ou aligner deux pensées cohérentes. Il n’y a plus que ce métal toujours trop froid plaqué contre sa peau et le danger qu’il représente. Et si c’est ainsi que tout doit se terminer ? Qu’aurait-elle aimé faire de plus ? Retourner à Paris ? Sentir les embruns laissés par la grive de Sligo une dernière fois ? Se battre pour le dernier cookie avec Eko ? Aimer, juste quelques mois ? Pardonner, peut-être ? A son père, à Aiden et aux autres ?

« Alors, reste ou tu es sale bata… HAAAA! »

Le hurlement la tétanise autant que la vision de Ryan plié en deux à trois mètres d’elle. Elle met un temps à comprendre de quoi il retourne, les yeux obstinément rivés sur le détective et les cris qui émanent de lui ; pourtant, lorsqu’elle décèle une occasion de se délivrer de l’étau de l’homme qui la retient, le sang d’Aelya ne fait qu’un tour. D’un geste vif, la jeune femme dégage le bras qui retient le pistolet et profite de l’inattention du ravisseur pour lui cracher au visage, avant de reculer de quelques pas. Sous le choc, elle aperçoit alors Jay clouée au sol – l’a-t-elle attaqué ? Est-elle assez dingue pour faire ça ? – et se jette sur l’arme à feu à sa demande. Elle tremble, l’irlandaise, tremblements qui ne l’empêchent pourtant pas de pointer le flingue sur l’homme qui l’observe d’un air anxieux, n’écoutant que d’une oreille distraite les ordres de Ryan et des policiers. Il n’y a que lui. Il n’y a que l’image de cet être humain qui a souhaité, cinq minutes durant, attenter à sa vie. Une vague de colère la submerge subitement et elle resserre sa prise autour du pistolet, jointures qu’elle devine blanchies par la rage qu’elle sent furieusement battre en elle. Lui fera-t-on payer ? Lya connaît les procédures, les enquêtes et procès interminables pour une décision qui parfois s’avère au-dessous des espérances. L’impression que justice n’est pas ou peu faite et les raisons à donner aux victimes qu’on a voulu défendre. Qui lui dit que cet abruti paiera? Et surtout… Quand ?

« Ma’am ? »

Elle s’arrache à sa réflexion pour se tourner vers l’agent du SWAT qui l’a approchée – elle et le flingue qu’elle tient toujours en main. Il lève les paumes vers le ciel en signe de paix, tentant de l’apaiser comme il le peut.

« Tout va bien. Vous pouvez baisser votre arme. »

Un violent soubresaut, doublé de vertiges, permettent au policier de réduire la distance qui les sépare pour la désarmer et l’accompagner dans sa perte d’équilibre. Là, genoux repliés contre le sol de la cuisine du restaurant, Lya jette enfin un œil à l’environnement qui l’entoure. Un cortège de flics en gilet pare-balles et le grésillement des radios portées à la ceinture. La sirène d’une ambulance et du sang sur les murs. Et une bulle. Cette bulle de laquelle elle se sent prisonnière, à mille lieues de la prise d’otages et de ces visages inconnus. Elle aurait aimé s’assurer que tout le monde était sain et sauf ; retrouver son âme de laquelle elle a été séparée trop longtemps. Mais si son corps ankylosé l’empêche de se remettre sur pied son cerveau, lui, est tout bonnement tourné sur OFF.

A peine réagit-elle quand Ryan vient s’agenouiller sous son nez.

« Comment tu te sens ? Es-tu blessée ? C’est terminé maintenant, tout va bien aller. »

Un battement de cils, tout d’abord. Une bouche qui s’ouvre puis se ravise, un regard qui s’agrandit pour enfin se détourner.

« Je… »

Non. Définitivement, elle ne va pas bien. Sentant les larmes lui monter aux yeux – l’un des défauts de la descente d’adrénaline – Lya finit par fixer Ryan en silence une poignée de secondes avant de se jeter sur lui. Là, elle entoure ses bras autour de son cou et le serre contre elle dans une étreinte qui, de son point de vue, a plus de sens qu’il n’y paraît. Puisque les mots ne viennent pas. Puisque les mots ne suffisent pas. Et que même si elle aurait souhaité à la fois l’insulter, le remercier et s’excuser, le fait est qu’elle en est pour le moment incapable. Alors, l’irlandaise se prend à imaginer que le geste suffira à faire taire les craintes qu’elle a senti dans la voix du détective… Du moins, pour l’instant.

« LYA ! »

La jeune femme relâche Ryan juste à temps pour accueillir le caracal, un peu surprise tout de même par ce débordement d’affection – ils se sont comptés sur les doigts d’une main ces vingt-huit dernières années, mais il faut croire qu’une mise en danger de mort suffit à transformer Eko en chaton câlin.

« Oh la ferme. T’es qu’une imbécile. »

Un pauvre sourire étire les lèvres de l’avocate, rassurée quant à la santé mentale de sa moitié. Elle s’apprête à demander à Ryan ce qui va suivre lorsqu’un autre policier s’approche d’eux. Il la salue poliment.

« Sergent Roberts. Il se tourne vers Ryan. Si vous vous en sentez capables, on aurait besoin de récupérer vos témoignages. »

Lya hoche péniblement la tête et s’accroche au détective pour se relever, soulagée de constater qu’elle n’aura qu’une série de bleus et quelques égratignures à déplorer dans les prochains jours. Avant de rejoindre le policier en charge de sa déposition, l’irlandaise agrippe le bras de l’agent du FBI, brusquement rattrapée par l’inquiétude.

« Et la femme ? »

A ces prières silencieuses qu’on lâche dans la nuit.


Codage par Libella sur Graphiorum
  
MessageLun 5 Déc - 22:30
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▬ Je…

Aelya le dévisage un instant alors que Ryan cherche toujours des yeux à déceler une blessure ou une trace de sang sur la jeune femme. Ce n’est pourtant pas physiquement qu’elle semble blessée, réalise-t-il, lorsqu’il croise son regard. Il n’a pourtant pas le temps d’ajouter quoi que ce soit qu’Aelya lui saute au cou, s’accrochant désespérément à lui. Plus par réflexe que par un geste réellement calculé, il en fait de même, refermant ses bras autour de son dos et de ses épaules.

Son propre cœur bat trop rapidement, l’adrénaline retombant lentement pour lui laisser une familière sensation de surprise sonnée. Peu importe combien de fois on vit ce genre de situations, on ne peut s’y habituer, jamais. Ils sont braves, dans les films, à tourner le dos aux explosions comme si de rien n’était, mais c’est une image très loin de la réalité. Ryan, qui a toujours aspiré à être aussi fort et dur à cuire que ces héros d’enfances, aimerait que cette illusion soit la réalité. Car dans cet univers, il serait heureux, fier, que tout soit terminé. À la place, une vague de souvenirs douloureux s’est abattue sur lui. Il ne ressent ni fierté et euphorie, juste un vide au ventre, la peur de voir Aelya ou un autre otage tombé au sol, une balle dans la tête, toujours présente, collant à sa peau.

Ryan ferme les yeux, ignorant les bruits de bottes et les voix des policiers autour d’eux, et serre Aelya un peu plus fort contre lui. Il la connaît à peine, quelques heures seulement, pourtant il a eu peur de la perdre, elle plus que les autres otages encore, aussi inhumains cette réflexion puisse paraitre. Peut-être parce qu’il l’apprécie déjà beaucoup, même s’il la connait si peu. Peut-être parce que c’est lui qui l’a amené ici. Peut-être parce qu’il a accepté qu’elle l’aide. Peut-être parce qu’en l’aidant, elle a pris, d’une certaine façon, cette place de partenaire laissée vide par Felix, dont Ryan n’a toujours pas pu faire le deuil. Ou encore, peut-être un peu de tout ça mélangé aux émotions illogiques des situations extrêmes, qui sait. Mais s’il ne fait pas encore de sens à cette émotion, et honnêtement, il s’en contre fou actuellement. Tout ce qui compte c’est qu’elle n’est pas blessée et le fait de la rassurer.

▬ I got you... It’s ok. I’m here…

▬ LYA !

La voix du daemon le rappelle à la réalité et Ryan relâche son étreinte pour laisser le champ libre à Eko. Leur laissant l’espace et le temps de se retrouver, Ryan se redresse et en profite pour se recomposer lui-même. Le vide dans son ventre est toujours présent, mais ses longs entrainements l’ont au moins préparé à quelque chose : continuer malgré tout et être professionnel dans ce genre de situation, pas seulement dans l’action, mais dans le contre-choc qui s’en suit également.

S’apercevant qu’il tient toujours son arme à la main, Ryan la range puis scanne rapidement les lieux des yeux. Les policiers ont emporté le chef des hommes armés ainsi que l’homme que Ryan avait ligoté un peu plus tôt. L’effervescence s’est déjà calmée et il n’y a plus aucun cri, ni de la part des otages ni de celle des policiers. Seulement quelques sanglots étouffés en provenance de la salle principale et quelques ordres lancés à mi-voix ici et là. Comme une machine bien huilée, l’escouade tactique à maitriser la situation en un temps record.

Le Sergent Rogers choisis ce moment pour apparaitre devant eux et Ryan retient un soupire de frustration, sachant pertinemment ce qui va suivre.

▬ Sergent Roberts. Si vous vous en sentez capables, on aurait besoin de récupérer vos témoignages.

Ryan lance un regard vers Aelya pour évaluer son état, l’aide à se relever puis lance pour toute réponse à son collègue :

▬ Pas avant qu’elle n’ait vu un ambulancier, John.

L’autre hoche la tête, insensible à la dureté des paroles de Ryan.

▬ Bien sûr. Amène-la à l’extérieur, j’enverrais l’un de mes hommes lui parler. Profites-en toi aussi pour te faire soigner, cette coupure n’est pas belle à voir, puis viens me trouver. Je prendrais personnellement ta version des faits.

Ryan tire une grimace lorsque le Sergent lui rappelle sa blessure, dont il avait réussi à faire abstraction jusque-là par miracle. La douleur et l’élancement dans son crâne et son cou reviennent d’un coup, comme pour le punir de les avoir ignorés, lui faisant serrer les dents. L’agent balaye malgré tout la question d’un mouvement agacé de la main puis se détourne du Sergent Roberts pour entrainer Aelya hors du café. Après quelques pas seulement, celle-ci s’arrête néanmoins en lui serrant le bras.

▬ Et la femme ?

Ryan, qui a vaguement suivi Jay, plus par inquiétude de son état après avoir touché volontairement l’homme que par réel intérêt sur ses activités, rassure aussitôt la jeune femme.

▬ Jay s’en est chargée. Elle est avec elle et des ambulanciers, justement.

La voix de Jay, calme et forte, ce qui rassure Ryan, résonne dans sa tête.

Dis-lui qu’elle va bien. Elle est sous le choc, mais ses médicaments lui ont été administrés à temps, elle va s’en sortir. Plus de peur que de mal, pour elle comme pour tout le monde d’ailleurs, à part l’homme armé que tu as tiré. Lui a perdu beaucoup de sang, mais ils ont réussi à le stabiliser relativement avant de l’emmener en ambulance. L’un des otages a aussi reçu une balle perdue dans le bras, et lui aussi est déjà en route pour l’hôpital. On ne craint pas pour sa vie. Sinon, on a que des états de choc et quelques crises de panique. Ho et une dame qui s’est coupé la main sur du verre, c’est tout. On a vraiment été chanceux.

Ryan répète la partie concernant la femme à Aelya et lui épargne les détails sur les autres blessés en résumant le tout par un simple :

▬ Et, rassure-toi, personne n’est blessé gravement.

Arrivé à l’extérieur, Ryan fait rapidement signe à un ambulancier qui vient l’aider à escorter Aelya jusqu’à l’ambulance. L’assoyant à l’arrière, Ryan, habitué à côtoyer les ambulances, tend le bras pour attraper une couverture et recouvrir les épaules d’Aelya avant de laisser toute la place au secouriste. Refusant néanmoins de s’éloigner, une autre ambulancière est obligée de panser la blessure à la tête de Ryan alors que celui-ci se tient obstinément debout près de l’ambulance ou la jeune femme est soignée. Il refuse de la quitter des yeux, aussi absurde que l’idée puisse être, car quelque part, il a cette peur illogique qu’elle risque de disparaitre la seconde ou il détournera la tête. Il a laissé Felix hors de sa vue quelques secondes de trop, c’est comme ça qu’il la perdu. Il ne peut pas perdre quelqu’un d’autre, qui que ce soit d’autre, de cette façon. Cela le rendrait encore plus dingue qu’il ne l’est déjà.

Un policier s’approche rapidement d’Aelya pour prendre sa déposition et Ryan serre les dents. Il connait la chanson, sait qu’ils n’ont pas le choix, que les dépositions doivent être prises le plus rapidement possible après un tel évènement. Pourtant, il doit se retenir pour ne pas renvoyer l’homme brutalement en lui disant de la laisser tranquille.

Jay apparait à ses côtés, l’air soucieux.

Elle ne craint plus rien, Ryan, tout va bien maintenant.
Mmphm.
Aelya n’est pas Felix. Ne fait pas de la projection, c'est malsain. Et ce n’est pas la même chose qu’il y a un an, elle n’est pas blessée, les hommes armés ont tous été arrêtés. C’est fini.

Ryan fixe obstinément le dos du policier qui interroge la jeune femme, n’écoutant pas du tout les conseils de l’ambulancière sur l’entretien de sa blessure.

C’est normal, tu sais, ce que tu ressens? C’est la première fois, depuis…

Jay, pour une fois, semble ne pas trouver les bons mots, et Ryan se tend. Réalisant d’un seul coup que la daemonne à raison, que c’est la première fois qu’il se retrouve dans une situation pareille, une fusillade, depuis celle ayant coutée à vie à son partenaire. Il s’est retrouvé dans toutes sortes de batailles et de pétrins depuis, mais jamais de fusillades. La mâchoire contractée par la frustration et l’énervement, il remercie sur un ton un peu trop sec l’ambulancière qui s’est occupée de lui et rétorque à Jay, sur un ton de défi :

Si tu t’aventures à me diagnostiquer un post-trauma, je t’avertis, I’m going apeshit.

La chienne reste silencieuse un moment puis se lève et, sur un ton aussi autoritaire qu’une maitresse d’école des années 40 lui dit :

▬ Viens. Le Sergent Rogers attend.

À contrecœur, Ryan hoche la tête, mais avant de la suivre s’avance jusqu’à la jeune femme et lui glisse :

▬ Je dois aller parler à John, mais je reviens dans quelques minutes.

En quelques enjambées, Ryan rejoint la voiture principale du service de police ou il y retrouve le Sergent en grande discussion avec quelques un de ses hommes. En le voyant approché, ce dernier renvoie les policiers à leurs tâches et se tourne vers lui.

▬ Damn it, Farell. Ce n’était pas ton week-end de congé ?

Ryan lui relate avec efficacité, mais économie de mots les évènements. John se contente de demander une ou deux précisions, ici et là, et de hocher la tête de temps à autre. Il se passe de commentaire et ne fronce même pas les sourcils lorsque Ryan aborde la partie ou il laissa Aelya revenir avec lui sur les lieux de la prise d’otage. Stratégie bien placée de sa part. Rogers n’est pas le supérieur de Ryan et ce n’est donc pas sa place de lui remonter les bretelles, alors aussi bien éviter de s’attirer les foudres de l’agent fédéral avec une quelconque réaction. Néanmoins, ce dernier n’est pas stupide et sait pertinemment que les supérieurs de Ryan, dès qu’ils apprendront l’évènement, ne manqueront pas de lui tomber dessus comme une bande de lions sur une proie blessée. Ryan aussi le sait, mais tente de ne pas y penser. Il ne peut rien y faire, rien y changer maintenant, et la tornade arrivera d’elle-même bien assez tôt.

▬ Ces gens ont été chanceux que vous soyez là, tous les deux.

Normalement, ce genre de compliments l’auraient rempli de joie et de fierté pour le prochain mois. Là, Ryan se contente d’un petit sourire et d’un hochement de tête en guise de remerciement. Le compliment goute amer. Felix, lui, n’a pas été chanceux de se retrouver en pleine fusillade avec lui, pourtant.

Ne mélange pas tout, tu veux ? Et puisque tu refuses l’idée du post-trauma, arrête au moins de tout voir négativement ou je me sers de ton mollet pour passer ma frustration à coup de crocs.

Interprétant mal l’agacement sur le visage de Ryan, John lui donne congé, l’autorisant lui et Aelya à quitter les lieux, à condition que Ryan se pointe au poste le lendemain pour régler quelques détails supplémentaires. L’agent ne se fait pas prié et quelques instants plus tard a déjà retrouvé la jeune femme :

▬ On a le feu vert pour partir d’ici. Je te ramène chez toi ?

Ryan a posé une question, mais Jay se retient de rouler des yeux au ciel, sachant pertinemment qu’il en faudra beaucoup pour convaincre Ryan d’abandonner l’idée, si jamais il vient à l’esprit d’Aelya de préférer le taxi.



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MessageMar 20 Déc - 2:01
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Date d'inscription : 20/11/2015Nombre de messages : 866Nombre de RP : 114Âge réel : 23Copyright : Av: Anaé. © | Sign: Solosand © & me.Avatar daëmon :
Aelya FeredenLiving like we're renegades
Strangers in Paradise

Ryan & Aelya


« Fall seven times, stand up eight. »


Il y a l’inquiétude. La tension des muscles de ses bras, le tressaillement de sa cuisse gauche et cette paupière qui sursaute.
Il y a la peur. De la mort, des cris, de la douleur.
Il y a le goût métallique et acre du sang sur sa langue, conséquence de cette lèvre qu’elle a décidément trop mordillé.
Et puis, il y a ces questions qui résonnent encore, tamponnent contre sa paroi intracrânienne, créant ainsi cet insupportable écho qui l’assourdit de plus en plus.

Qui ? Pourquoi ? Et surtout… Combien ?

Elle n’a pas quitté Ryan des yeux. Avidement, à la manière d’une enfant qui chercherait la rédemption, elle attend. Un mot, un signe. N’importe quoi qui pourrait la soulager de ce poids qui pèse sur ses épaules. N’importe quoi qui lui permettrait d’aller mieux, même un peu.

« Jay s’en est chargée. Elle est avec elle et des ambulanciers, justement. »

Lya acquiesce lentement, sentant la pression descendre d’un cran. Dans la panique, elle avait presque oublié la jolie chienne au caractère d’acier – même si elle n’arrive pas à s’enlever de la tête l’image de Jay sautant sur le malfrat, crocs en avant, tout comme elle n’imagine pas la douleur que cette décision a dû provoquer tant chez Ryan que chez elle.

« Et, rassure-toi, personne n’est blessé gravement. »

Perdue dans ses songes, l’avocate met un temps à reprendre ses esprits et à rendre un léger sourire au détective. Elle n’arrive pas à déstresser. Les souvenirs sont encore trop récents, la crainte trop palpable pour qu’elle puisse redonner un rythme de battement normal à son pauvre cœur aussi facilement. De quelques pas mécaniques, l’irlandaise laisse les deux hommes la mener jusqu’à l’ambulance où elle s’assoit sans faire d’histoire, regard perdu dans l’agitation qui les entoure. A peine sent-elle la couverture rejoindre ses épaules et la présence de Ryan non loin d’elle tandis que le médecin l’ausculte – détail qui n’échappe cependant pas à Eko, resté au sol, qui ne peut s’empêcher de partager son avis sur la question à sa moitié. Il a peur que tu t’émiettes ou quoi ? Il te dévisage comme si t’étais le dernier cookie de la boite. Lya secoue la tête, chassant la pensée importune. Ryan a eu peur, comme elle. Peut-être même plus qu’elle, puisqu’il s’estime certainement responsable de ce qui s’est produit ce soir ou du moins, de l’avoir laissée participer à sa petite mission de sauvetage qui, autant le reconnaître, aurait pu mal finir. Et même si l’irlandaise n’accepte pas cette éventualité, elle est pour l’heure trop lasse pour affronter la culpabilité du jeune homme.

« Veuillez retirer vos gants, que j’examine vos mains. »

Elle fronce les sourcils, rapprochant instantanément ses mains pour les dissimuler sous la couverture de survie.

« Ça ira. »
« Ma’am… »
« Je vous ai dit que ça allait. »

Le ton est un peu trop dur. Après tout, il ne fait que son job – ou du moins, essaie – et ce n’est pas en l’agressant qu’elle arrangera les choses, elle en est consciente. Mais difficile de faire autrement lorsque vous manipulez du bout des doigts un pouvoir capable de vous mettre KO en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire… Et inutile de préciser qu’elle n’a absolument besoin d’une intervention catastrophique de son don dans l’état actuel des choses.

Devant son air contrarié, l’ambulancier n’insiste pas, se contentant de soupirer.

« Globalement, vous allez très bien. Quelques coupures sur le visage qu’il faudra désinfecter dans les jours à venir, et des hématomes sur les bras qui se résorberont d’eux même… Après quelques jours, tout devrait disparaître et revenir à la normale. »

Lya se retient de lui sauter à la gorge, contrairement à Eko qui ne mâche pas ses mots.

« Et votre connerie, elle va disparaître aussi ? »

Surpris, l’homme dévisage le caracal en papillonnant, avant de chercher un quelconque soutien auprès de l’avocate… En vain. Une fois n’est pas coutume, l’irlandaise partage l’avis de son daemon : cet homme est un crétin.

« Mademoiselle Fereden ? »

Allons bon. Elle lève les yeux vers l’homme en uniforme qui se dresse maintenant devant eux, délaissant l’ambulancier pour un visage tout aussi avenant.

« Je dois prendre votre déposition, si vous permettez… »

Ce qu’elle déteste ces procédures d’usage et toute la paperasse qui accompagne ce genre de situations… Mais elle ne peut y réchapper. Et puis, si son témoignage peut aider à conclure l’enquête et mener ces hommes derrière les barreaux, elle ne peut pas dire non. Alors, Lya se plie au jeu des questions-réponses, relatant avec précision les faits et ce dont elle se souvient, jusqu’à ce que le policier l’interrompe.

« Vous voulez dire que l’agent Farell vous a autorisé à l’accompagner pour aller chercher les médicaments ? »

L’avocate se redresse, surprise tant par la question que par le ton qui a été employé. Elle voit parfaitement où cette face de rat et son air faussement impassible veulent en venir. S’il croit qu’elle va l’aider à mettre l’homme qui lui a sauvé la mise dans un quelconque pétrin… Il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

« Autorisé ? Vous pensez que je ne suis pas capable de prendre mes décisions toute seule ? »

Bon sang ce que cette expression niaise l’agace.

« La vie de plusieurs personnes étaient mises en jeu, y compris les nôtres. Ryan ne m’a pas autorisée à l’aider, je ne lui ai pas laissé le choix. Et puisque vous semblez si bien connaître la situation qui était la nôtre, vous devez sans aucun doute comprendre que nous n’étions pas trop de deux pour accomplir cette mission. »

Elle le fixe une poignée de secondes sans rien dire. Qu’il ose l’ouvrir tiens. Qu’il essaie.

« Vous n’êtes qu’une civile. Vous n’aviez pas à intervenir. »

Elle hausse un sourcil en le détaillant. Est-ce que c’est une blague ?

« Le fait que je sois une femme, que je porte une robe et des talons ne m’empêchent en rien de considérer l’éventualité de vous montrer que vous vous plantez sur toute la ligne. »

Autrement dit, de lui en coller une. Voire deux. Puis de le piétiner, lui mettre quelques paires de claques et recommencer. Outrage à agent, de mieux en mieux. L’homme s’excuse sans qu’elle ne l’entende, concentrée sur les paroles d’Eko. Je crois que tu n’auras pas à risquer la cassure d’ongles, Farell semble lui-même décidé à régler ton problème, en bon super héros. Intriguée, Lya se penche pour distinguer les traits crispés de Ryan. Il l’intrigue. Elle comprend que cette soirée l’ait chamboulé, mais il est censé être un professionnel – non, il est un professionnel. La manière dont il a réagi dans le restaurant l’a clairement prouvé. Alors pourquoi se comporte-t-il comme si elle risquait encore quelque chose ?

Avant qu’elle n’ait le temps de trouver des réponses à cette question, l’agent du FBI s’approche d’eux.

« Je dois aller parler à John, mais je reviens dans quelques minutes. »

Lya acquiesce sans mot dire, le suivant des yeux tandis qu’il s’éloigne.

« Et une fois qu’il vous a emmenée dans la cuisine, que s’est-il passé ? »

Elle reporte son attention sur le policier en soupirant.

« Ils ont discuté recette de spaghettis carbo, ils n’étaient pas d’accord sur la manière de rajouter l’oignon… »

Un sourire amusé étire les lèvres de l’irlandaise, mais elle ne laisse pas à son interlocuteur le temps de s’émouvoir de l’ironie de son daemon.

« Il a pointé une arme sur ma tête et m’a dit que j’étais sa monnaie d’échange. »

Elle poursuit son récit, mais le cœur n’y est plus. Les yeux rivés sur la silhouette de Ryan, en pleine discussion avec le Sergent Roberts, voilà qu’elle détaille à présent la manière dont lui et sa moitié sont intervenus pour la tirer de là. Sa voix vacille parfois, sans se briser pour autant ; peu à peu, Lya sent ses aptitudes lui revenir. Et heureusement.

L’homme termine son interrogatoire en lui tendant un numéro de téléphone à appeler au cas où d’autres détails lui viendraient en tête. Quelques secondes plus tard, Ryan réapparait et ne lui laisse pas le temps d’en placer une, enchaînant aussitôt.

« On a le feu vert pour partir d’ici. Je te ramène chez toi ? »

Elle promène une dernière fois son regard aux alentours, plus pour se donner le temps d’assimiler la question que pour y réfléchir.

« On a gagné un tour dans la BatMobile ? »

A cette remarque elle sourit, et répond simplement :

« Oui, allons-y. Je crois que si on reste plus longtemps je vais finir par te demander d’utiliser ton don de lanceur d’assiettes sur certaines têtes de cons ici présentes. »

Elle hausse les épaules et s’avance, Eko sur les talons, saluant d’un geste de la tête de Sergent avant de grimper dans la voiture de Ryan. De grands frissons parcourent son corps malgré elle, à la manière de décharges électriques, conséquence directe du froid et du trop plein d’émotions qui menace de la submerger. Il faut pourtant tenir. Encore pour ce trajet, au moins. Juste pour ne pas inquiéter le détective. Lorsqu’il commence à rouler, Lya s’entend soudainement demander :

« Tu ne vas pas avoir trop de problèmes avec cette histoire ? »

Elle connaît déjà la réponse, si bien qu’un mensonge de sa part ne ferait que la conforter dans son idée qu’en jouant les têtes de mule, elle a bel et bien failli les faire tuer tous les deux. Elle se mordille la lèvre inférieure, songeuse, avant de lâcher finalement.

« T’as fait les choses correctement, Ryan. Elle lui sourit doucement et tourne la tête, tentant de deviner le plus précisément possible l’expression du visage de l’agent fédéral. Sans compter que tu nous as tous sauvés la vie, à moi y compris. Alors merci pour ça. »

Elle hésite un court instant, ce qui laisse à Eko le loisir de prendre la parole.

« Ce qu’elle ne te dit pas, c’est qu’elle est admirative de la manière que tu as de rajouter du piment aux pauses cafés. On est des petits joueurs, à côté. »

L’irlandaise se retourne pour le foudroyer du regard, mais le chaton ne s’en émeut pas. Elle finit donc par se prendre au jeu. Après tout, le but est aussi de détendre l’atmosphère, non ?

« Et là il te demande de lui donner des cours, en fait. »
« Même pas en rêve. »

Lya rit légèrement, puis se penche vers la boite à gants pour s’emparer d’un CD qu’elle avait repéré lors de leur premier trajet. Tout en le glissant dans le lecteur, elle murmure :

« Il paraît que la musique est un bon remède pour tout. »

Elle a toujours eu l’occasion de le vérifier jusqu’à présent, en tout cas. Elle change de chanson jusqu’à trouver celle qu’elle recherche, et se tourne complètement vers Ryan pour avoir un aperçu de sa tête.

♫:
 

« Allez Farell, fais pas ton timide ! »

Et elle commence à fredonner et à se trémousser sur son siège, ignorant l’air désespéré des deux daemons à l’arrière de la voiture. Lorsque, sur ses indications, Ryan se gare enfin au pied de son immeuble, Lya cède à sa première idée.

« Tu veux monter cinq minutes ? Je pense qu’après tout ça, j’ai vraiment besoin d’un verre. Alors si ça te tente… »

Elle hausse les épaules, un petit sourire au coin des lèvres. En cas de réponse négative, elle n’insistera pas et ne se vexera pas le moins du monde. Ce n’est qu’une proposition, après tout. Et peut-être, au fond, l'expression d'une peur muette de l'obscurité et des cauchemars qu'elle contient...


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