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Strangers in Paradise

 
  
MessageMer 21 Déc - 19:16
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Date d'inscription : 18/05/2016Nombre de messages : 575Nombre de RP : 61Âge réel : 25Copyright : Aki' (me)Avatar daëmon : Berger Allemand
Ryan FarellMODO• We can be HEROES
Just for one day


Strangers in Paradise
FEAT. RYAN FARELL & JAY ▬ AELYA FEREDEN & EKO



Take my hand, I'm a stranger in paradise, oh lost in a wonderland





▬ On a gagné un tour dans la BatMobile ?

Ryan sourit malgré sa tension. Le chaton retient l’essentiel, finalement, c’est bien.

▬ Oui, allons-y. Je crois que si on reste plus longtemps je vais finir par te demander d’utiliser ton don de lanceur d’assiettes sur certaines têtes de cons ici présentes.

Ryan fronce les sourcils et lance un regard circulaire aux policiers et ambulanciers qui travaille autour d’eux sans plus leur portée d’attention. Dans sa carrière, il a vu autant de professionnalisme digne d’être médaillés que de crétins à qui il a eu envie de demander comment ils avaient eu leur boulot. Quel imbécile a dit quelle connerie à Aelya, cette fois ?

Il ne pose néanmoins aucune question à ce sujet, avisant le teint blême à faire peur de la jeune femme, s’empressant plutôt de les mener tous jusqu’à sa voiture. Il aura toujours l’opportunité d’user de sa position pour remonter quelques bretelles si nécessaire le lendemain.

C’est donc avec une étrange impression d’irréalisme que Ryan monte dans sa voiture, démarre le moteur et s’engage sur la route goudronnée. Dans son rétroviseur, il voit le café devant lequel ambulanciers et policiers s’affairent comme des fourmis s’éloigner, rétrécir, puis disparaitre. La nuit et la forêt devient leur seul décor, alors qu’ils avancent sur la route déserte à cette heure avancée de la nuit, et Ryan ignore ce qui lui semble le plus irréel : ce soudain silence tranquille, comme si rien ne s’était passé, ou, justement, le chaos de cris, de pleurs et d’horreur qu’ils viennent de quitter.

L’effet est toujours le même, malgré les années et l’habitude. L’adrénaline pompe encore dans ses veines, mais la normalité de sa vie qui continue crée un choc, un décalage. C’est un peu l’impression qu’on peut parfois ressentir à la sortie du cinéma, après avoir vu un film particulièrement prenant et lourd en émotions. Une sorte de vide, un sentiment d’urgence inexpliqué, semblable à de l’angoisse, et une trop grande conscience de tout ce qui vous entoure tout en ayant l’impression de rêver et d’être ailleurs.

Aelya le sort néanmoins rapidement de cette trop grande perception des bruits de la voiture et des variations de lumière sur les silhouettes sombres des arbres en bordure de route.

▬ Tu ne vas pas avoir trop de problèmes avec cette histoire ?

Ryan pouffe de rire, sincère, quoiqu’un peu jaune, sans pour autant être réellement préoccupé.

▬ Oh, probablement. Rien à quoi je ne suis pas habitué, par contre. Faire monter la pression de mes supérieurs au Bureau est devenu une tradition et, ne le répète pas trop fort, un plaisir coupable.

Il offre un sourire entendu et complice à Aelya accompagné d’un petit clin d’œil. Il n’en est définitivement pas à son premier faux pas déontologique ni à son dernier. Donner des cheveux blancs à ces bouffons à cravate assis dans leur bureau est, contrairement à ce qu’il vient de dire, une réelle joie pour lui, sans remords aucuns. Leur vie serait si ennuyante, sans ses coups d’éclat de temps à autre, non ? Ils le lui rendent bien, d’ailleurs, en s’amusant à lui rendre la vie impossible au niveau administratif dès qu’ils le peuvent. C’est de bonne guerre. Et puis, il a fait pire. Il y a eu quelques débordements ce soir, mais rien d’inexcusable, au vu des circonstances et du fait que personne n’a finalement été blessé gravement. Alors oui, il en entendra certainement parler – voir crier, au bout du fil ou à quelques centimètres de son visage dans un bureau quelconque –, mais Ryan est sûr que la tempête sera vite passée.

Le silence s’installe de nouveau dans le véhicule avant qu’Aelya ne reprenne la parole avec dans la voix quelques intonations particulières qui font tourner la tête du détective dans sa direction avant même qu’il ne comprenne le sens de ses mots.

▬ T’as fait les choses correctement, Ryan. Sans compter que tu nous as tous sauvés la vie, à moi y compris. Alors merci pour ça.

Ryan serre les dents. Normalement, il saute sur toutes les occasions possibles pour être placé en héros comme ses idoles de jeunesses. Normalement… Là, néanmoins, un gout amer lui reste au fond de la gorge. Ce n’est pas de l’humilité qui lui fait retourner les yeux sur la route avec une expression fermée, mais plutôt ce même mélange confus de regret et de culpabilité que plus tôt.

Dans sa tête, un grognement d’avertissement de la part de Jay résonne en même temps que l’image de son mollet mutilé par une morsure. Ryan ne peut s’empêcher de sourire, plus sincère cette fois, ce qui est presque suffisant pour lui faire chasser ses idées et souvenirs sombres. Au moins, c’est sur une note plus légère qu’il rétorque :

▬ Mmphm. Don’t mention it.

Il hésite un instant puis ajoute finalement :

▬ Et merci à toi aussi.

Il ne précise pas pourquoi, assumant qu’elle comprendra peut-être qu’il la remercie pour ses paroles, sa présence ou ses actions pendant la prise d’otage, peu importe. En fait, c’est un peu pour tout cela, et un peu plus. Elle ne peut pas savoir que le simple fait d’être vivante et de l’en remercier pour cela vaut beaucoup plus à ses yeux qu’il n’y parait, mais ce n’est pas grave. Ryan ne pourrait pas lui expliquer, de toute façon. Il ne trouverait pas les mots, sans avoir l’air complètement à l’ouest, et n’a absolument pas envie de devoir raconter Felix. Une seule catastrophe par soirée, c’est amplement suffisant.

▬ Ce qu’elle ne te dit pas, c’est qu’elle est admirative de la manière que tu as de rajouter du piment aux pauses cafés. On est des petits joueurs, à côté.

▬ Et là il te demande de lui donner des cours, en fait.

▬ Même pas en rêve.

Ryan rit de bon coeur puis affiche une moue à la fois fière et calculatrice.

▬ Personne ne t’a dit qu’on ne s’ennuyait jamais avec moi ?

Une nouvelle pointe de culpabilité vient le saisir et ternit son expression. Il n’y a rien de drôle dans ce qu’ils viennent de vivre, et même lui qui a toujours le mot pour rire, peu importe le malaise ou la situation, se trouve un peu déplacé. Après tout, c’est lui qui a proposé ce café, lui qui les a amenées là-bas. Il hésite, ne sachant pas s’il doit s’engager sur le sentier glissant et incertain des excuses, lorsqu’Aelya fait voler le moment en morceau, réglant la question à sa place.

▬ Il paraît que la musique est un bon remède pour tout.

Il hausse un sourcil en sa direction, étonnée et amusée par son choix musical lorsque les premières notes se font entendre. Il adore ce morceau, pourtant peu connu, tout comme Statut Quo d’ailleurs. C’est la deuxième fois de la soirée qu’elle lui fait cette impression, ce qui est normalement chose rare… et qui lui plait particulièrement.

▬ Allez Farell, fais pas ton timide !

Aelya se met à évacuer toute la pression de la soirée en chantant et dansant. Ryan sourit de plus belle, contaminé par l’énergie de la jeune femme qui ressemble au final tellement à la sienne. Il envoie balader ses doutes et ses remords et rejette au fond de lui-même ses souvenirs et son impression de décalage pour ne laisser la place qu’à la musique, dont il augmente le volume en se mettant à chanter à tue-tête.

▬ Doctor, doctor give me the news.
I've got a bad case of lovin' you.
No pill's gonna cure my ill,
I've got a bad case of lovin' you!

A pretty face don't make no pretty heart.
I learned that buddy, from the start.
You think I'm cute, a little bit shy,
Momma, I ain't that kind of guy!


La chanson se termine presque au même moment ou Aelya lui indique de se ranger, devant son appartement. Ryan a le souffle court, mais le cœur plus léger. La musique ne guérit pas tout, mais elle aide définitivement.

▬ Tu veux monter cinq minutes ? Je pense qu’après tout ça, j’ai vraiment besoin d’un verre. Alors si ça te tente…

Ryan arrête le moteur et après un bref coup d’œil à Jay lui répond :

▬ Je ne suis définitivement pas connu pour refuser un verre.

Il sent bien qu’Aelya n’a pas envie d’être seule. À vrai dire, plus que le verre lui-même, il n’a pas envie de l’être non plus, ni de la laisser. S’il part maintenant, il va définitivement passer la nuit à s’imaginer la jeune femme en panique, seule chez elle, à vivre les contres coups de la soirée. C’est, après tout, exactement comment lui vit ces propres contre coups.

Ryan sort de la voiture et va ouvrir la porte arrière pour permettre aux daemons de sortir. Au passage, il remarque la queue pendante de Jay qui, malgré le reste de sa prestance toujours fière et d’apparence vive, lui indique à quel point la chienne est épuisée. La fatigue n’est pas tout, d’ailleurs, maintenant qu’il y porte attention. Le fait d’avoir touché l’un des hommes l’a grandement secouée, sans parler de la douleur physique qui semble encore vouloir contracter ses muscles. Il sait qu’elle ne le montrera pas, qu’elle ne se plaindra pas, même à lui mentalement, et il s’en veut un peu de ne pas avoir remarqué son état plus tôt. Se promettant de garder un œil sur elle et de s’assurer qu’elle puisse enfin se reposer à l’intérieur, il pose une main sur son dos alors qu’ils se dirigent vers l’appartement, pour la soutenir.

L’adrénaline lui a permis d’ignorer sa propre fatigue jusque-là, mais réaliser celle de sa daemonne lui porte un coup. Les évènements de la soirée auraient été suffisants pour drainer l’énergie de qui que ce soit, mais en plus, ils ont eu une journée chargée en évènements et en émotions. Dire qu’ils étaient à New York, plus tôt dans la journée, à l’hôpital, avec sa mère… Tout cela lui semble s‘être déroulé plus d’une semaine auparavant.

À l’intérieur, Ryan découvre un appartement plutôt petit, mais confortable et qui, de jour, doit être particulièrement bien éclairé via les grandes fenêtres bien orientées. La décoration simple et les murs blancs laissent la même impression de calme à l’intérieur que le quartier en soi à l’extérieur. Il ne peut qu’approuver, y reconnaissant les mêmes qualités qui lui font apprécier son propre appartement.

▬ Jolie. Tu vis ici depuis longtemps ?

Ils se connaissent peu, très peu en fait, mais les évènements de la soirée ne laissent plus la place pour la gêne entre eux, déjà que Ryan ne connait que de très loin les mots « gêne » et « timidité ». Aussi, le détective prend de lui-même l’initiative de se rendre à la cuisine.

▬ Ça ne t’ennuie pas si je joue les barmans dans ta cuisine ?

Il ne lui dit pas, mais il a besoin de rester actif, de bouger. C’est sa façon de rester en contrôle, tant de la situation que de ses propres émotions, sans compter que cela lui évite de devoir trouver quelque chose à dire ou pire, bien pire, devoir faire face au silence. Il a horreur du silence lourd, c’est le pire des nids de guêpes, et après une soirée pareille, difficile de vivre un simple silence léger, du moins pas avant d’avoir trouvé les réserves d’alcool... Il cherche donc les bouteilles et les verres du regard.

De son côté, Jay a trouvé en silence le chemin d’un coin tranquille, un peu à l’écart, d’où elle peut regarder la scène qui se déroule dans la cuisine. Subtilement, elle pousse un soupir de soulagement en se laissant doucement glisser au sol en position couchée, les pattes repliées sous elle. Avisant Eko non loin d’elle, elle sourit, redressant la tête, et lui dit doucement :

▬ You did great, you know ? Avec ces hommes à l’extérieur pour créer diversion. Je n’aurais pas fait mieux.




(c) aki' sur Lindwuën Daëmon
  
MessageJeu 2 Fév - 22:07
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Aelya FeredenLiving like we're renegades
Strangers in Paradise

Ryan & Aelya


« This world's a pirate, and I'm swimming with the sharks,
And in the sunlight, I'm shaking like it's dark. »


« Je ne suis définitivement pas connu pour refuser un verre. »

Difficile de décrypter la panoplie de sentiments qui s’emparent d’elle à l’entente de cette simple phrase. Un mélange de soulagement et reconnaissance, teinté d’une légère appréhension qu’elle ne parvient pas à saisir, choisissant finalement de placer ça sur le compte des derniers événements. Et puis, il est plus difficile encore de dissimuler cet état d’esprit à Ryan, chose qu’elle parvient néanmoins à faire en déclarant simplement :

« Et on est définitivement faits pour s’entendre, je crois. »

En atteste le sourire taquin qui étire ses lèvres tandis qu’elle délie ses jambes et s’extirpe de la voiture avec grâce, laissant à l’agent fédéral le soin de s’occuper de leurs moitiés le temps d’ouvrir la porte de la résidence. Le court chemin qui les sépare de l’ascenseur s’effectue en silence, qu’elle prolonge volontairement dans la cabine, l’esprit obnubilé par la soirée qu’ils viennent de passer ensemble et se demandant comment enchaîner maintenant. Un rapide tour de ses connaissances concernant Ryan lui affirme qu’elle ne sait pas grand-chose de lui – il habite à Merkeley, est agent fédéral, sait manier une arme avec autant d’aisance qu’une paire d’assiettes (c’est à se demander ce qu’il est capable de faire avec une petite cuillère), possède un bon swing et des goûts musicaux sensiblement semblables aux siens… Et il ne refuse jamais un verre d’alcool. Étrange, cette impression qu’elle a et qui lui souffle que Ryan lui ressemble davantage qu’il n’y paraît. Il n’est plus un inconnu, pas encore un ami, mais quelque chose lui certifie qu’il ne restera certainement pas qu’une rencontre de passage... Peut-être est-ce l’une des raisons qui la pousse à ce sentiment fébrile, incontrôlable, qui parcourt les muscles de ses bras en de douloureux frissons, et qui contraste de loin avec son caractère et ses traits d’esprit habituels.

Pourtant, on sait tous les deux comment ça va se terminer.

Elle secoue doucement la tête à cette remarque. Inutile de demander au caracal de définir ses propos. Elle y a pensé, bien sûr. Avant la prise d’otage, avant que ces dégénérés ne débarquent et menacent tout le monde avec leurs flingues, elle y compris. Mais maintenant, l’irlandaise ne sait plus trop ce qu’elle désire, partagée entre sa volonté de profiter de cet instant et celle, bien plus sombre, de céder à la pression qui pèse sur ses épaules depuis que les flics les ont interrogés. Cruel dilemme donc, auquel elle songe depuis qu’elle a posé ses fesses dans la voiture alors qu’ils quittaient le restaurant, et pour lequel elle ne trouve pour l’heure aucune réponse. Il n’y a pourtant là rien auquel elle ne puisse faire face – après tout, elle a survécu à une soirée mondaine en compagnie des amis de ses parents, aux regards malsains sur ses courbes et aux diverses catastrophes engendrées par le chaton, elle devrait donc pouvoir se remettre sans problème d’un hold-up et éradiquer de son crâne le souvenir glacial d’un canon trop longtemps collé sur sa tempe.

Lya finit par ouvrir la porte de l’appartement, s’effaçant pour laisser entrer Ryan et Jay avant de pénétrer dans le couloir avec Eko. Le calme des lieux contraste avec le vacarme qui tempête sous sa boite crânienne, et l’avocate doit se faire violence pour ne pas céder à l’envie de claquer du Ramstein à fond sur les enceintes, quitte à ce que la petite vieille d’en face se retrouve hors de son lit et à deux doigts de la crise d’apoplexie. Non, non. Du calme, une chose à la fois. Inspirer, d’abord, retirer ces talons qui cisaillent ses chevilles, envisager la possibilité de troquer cette robe flamboyante mais déchirée contre un jogging. Puis se raviser devant le haussement de sourcil du caracal, en simultanée avec la question de Ryan.

« Jolie. Tu vis ici depuis longtemps ? »

Elle balance ses chaussures dans l’entrée du couloir et s’avance à la suite du blond, jetant un coup d’œil circulaire au salon pour constater l’étendue des dégâts. Quelques dossiers trainent sur la grande table, un pull sur le coussin d’une chaise… Mais pas d’objets déplaisants à reporter, si ce n’est la présence d’un ours brun en peluche sur le bord de sa commode. Eko ? Qu’est-ce que Baloo fiche ici ? Elle lance un regard assassin en direction du chaton, qui se contente de ricaner en disparaissant derrière le canapé à la suite de Jay.

« Cinq ans je dirais… Depuis que j’ai eu l’occasion d’échapper au joug paternel, en fait. »

Elle ponctue sa déclaration d’un haussement d’épaules suivi d’un sourire, délaissant momentanément le jeune homme pour refermer les dossiers sur lesquels elle travaille en ce moment – elle ne craint pas Ryan, au contraire, mais tient à conserver la confidentialité de ses clients, en particulier quand il s’agit de plancher sur une sombre affaire de violence conjugale… Rien auquel un agent fédéral ne devrait accorder d’importance, en somme ; d’ailleurs, elle serait curieuse de savoir ce que le FBI fabrique à Merkeley, bien que poser directement la question lui semble pour l’heure un tantinet trop osé, même pour elle.

« Ça ne t’ennuie pas si je joue les barmans dans ta cuisine ? »

Lya hausse les sourcils, aussi surprise qu’elle n’est intriguée.

« Fais comme chez toi ! La cuisine est par là-bas. Elle suit des yeux son avancée, un sourire amusé sur les lèvres. Les bouteilles sont dans le placard en bas à gauche. Il y a un peu de tout, tu devrais trouver ton bonheur. »

A l’image de sa moitié, Eko se tord le cou pour garder un visuel sur Ryan et ses soi-disant talents, mais sa petite inspection se trouve rapidement interrompue par la voix de Jay dans son dos.

« You did great, you know? Avec ces hommes à l’extérieur pour créer diversion. Je n’aurais pas fait mieux. »

Le caracal tourne la tête, croisant de ce fait le regard las de la jolie chienne qui s’est allongée sur le parquet. Le temps que l’adrénaline redescende, et la voilà à présent incapable de dissimuler l’éreintement auquel elle doit faire face ; une fatigue compréhensible et logique, aux yeux de son acolyte. Il penche légèrement la tête, un murmure au creux de la gorge.

« Ce n’était pas grand-chose… En revanche, se jeter sur un mollet inconnu, ça c’était quelque chose. Il retrousse ses babine supérieures de quelques centimètres. Tu n’avais pourtant aucune idée des saloperies que tu pouvais attraper. »

Sur un profond soupir, il esquisse quelques pas en direction du berger allemand avant de poser ses fesses sur le parquet, lui aussi.

« Mais j’imagine qu’on ferait n’importe quoi pour les protéger, n’est-ce pas. Autant des autres que d’eux-mêmes, d’ailleurs… En entendant les pas d’Aelya sur le sol, Eko baisse les oreilles, et désigne d’un coup de menton les deux jeunes gens derrière lui. En revanche il y a certains risques pour lesquels je doute de pouvoir faire quelque chose. »

Dans son dos, Lya s’est finalement dirigée vers la cuisine à son tour, s’emparant de deux verres pour les déposer sur le plan de travail. Elle s’attarde un moment sur la précision des gestes de Ryan, avant de se détacher de cette vision pour sortir citrons verts et sucre roux, juste au cas où. Elle n’a absolument aucune idée de ce que compte faire son compagnon du soir – et ne nourrit pourtant aucune appréhension quant à une éventuelle création de sa part – si bien qu’elle ne peut s’empêcher de laisser libre court à sa curiosité, tout en sortant de quoi accompagner leurs boissons.

« Barman, GI Joe, mécano… Il y a d’autres cartes à ajouter à cet éventail ? »

Elle rit, plus légère à présent qu’elle ne l’était quelques instants auparavant, avant d’ouvrir un paquet de cacahuètes à l’aide de ses dents. T’es pas obligée de jouer la sauvage tout de suite. Mais les ciseaux, c’est loin. Et dépassé, honey. Elle oublie momentanément le soupir contrarié d’Eko, et emmène les plats qu’elle vient de remplir de gâteaux apéros en direction du salon. Il y a un monde, entre ce qu’elle montre et ce que sa peau dissimule, un monde entre ce sourire qu’elle affiche et ces pensées qu’elle s’évertue à chasser. Elle se demande ce qu’il en est, pour lui… Nul doute qu’il a dû recevoir un entraînement pour gérer ce genre de situations, à Quantico. Elle l’observe discrètement, tout en ramenant ses cheveux d’un côté de son cou avant d’emmêler son index autour de l’une de ses boucles, sans rien déceler d’autre que l’inépuisable énergie dont il a toujours fait preuve depuis qu’elle l’a rencontré sur le bord de cette route, quelques heures auparavant. Elle s’assoit finalement sur le canapé en le voyant arriver, repliant ses jambes sous elle de manière à trouver une position confortable, et saisit le verre qu’il lui tend.

« Qu’est-ce que c’est ? Elle penche la tête, les yeux rivés sur le mélange coloré qu’il leur a concocté, avant de revenir vers lui. Je dois me méfier ? Si t’as prévu de me saouler, dis le moi au moins. »

Elle glousse avant de se redresser, collant un peu plus son dos à l’accoudoir qui lui sert de dossier.

« Alors, à quoi un agent fédéral voue-t-il ses jours de congé, d’habitude ? Tu ne vas quand même pas me faire croire que tu sauves des femmes en détresse à chacune de tes pauses. »

Eko lève les yeux au ciel, imaginant d’avance la réponse exagérée qu’offrira Ryan à sa moitié avec autant d’exaspération que les prochaines questions qui leur seront posées, tandis que l’irlandaise porte le breuvage jusqu’à ses lèvres.


Codage par Libella sur Graphiorum
  
MessageLun 20 Fév - 4:42
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▬ Ce n’était pas grand-chose… En revanche, se jeter sur un mollet inconnu, ça, c’était quelque chose. Tu n’avais pourtant aucune idée des saloperies que tu pouvais attraper.

Jay rit et secoue doucement la tête, amusée, mais avec une lassitude due à son épuisement qu’elle ne parvient pas à cacher. Elle prend tout de même le temps de hausser les sourcils de manière entendue – autant qu’un berger allemand puisse le faire – et de répondre à Eko.

▬ Beurk. M’en parle pas! J’ai encore le gout horrible du veston de vieux cuir de l’autre forcené dans la gueule. Je crois bien qu’il fumait une marque bon marché de cigarettes, c’est plutôt terrible...

Elle fait claquer sa langue pour tenter de dissiper une énième fois le gout de fumée de mauvaise qualité qui s’y colle, mais sans succès. Avec un peu de chance, ce que prépare Ryan sera assez fort pour en venir à bout.

,▬ Mais j’imagine qu’on ferait n’importe quoi pour les protéger, n’est-ce pas. Autant des autres que d’eux-mêmes, d’ailleurs…

Nouveau hochement de tête de la chienne alors qu’elle glisse un regard de couveuse vers Ryan qui lui fait dos, dans la cuisine. Elle le connait trop bien, même sans ressentir son trouble et son agitation à l’intérieur même de sa tête, pour ne pas comprendre ce que son besoin de s’occuper les mains signifie. Son cœur se serre et, dans un murmure, approuve une nouvelle fois les paroles du caracal.

▬ I’m definitely gonna drink to that one.

▬ En revanche, il y a certains risques pour lesquels je doute de pouvoir faire quelque chose.

Oh. Ça. La chienne se retient pour ne pas rire et tourne un regard compatissant vers son compagnon daemonien.

▬ Rassure-toi, je n’appellerais pas tout à fait cela un risque. Et puis… après ce qu’ils ont vécu ce soir, je crois qu’on peut bien fermer les yeux sur certains moyens de décompenser.

Et se rassurer, ne pas être seuls, cesser d’avoir peur, cesser d’avoir mal aussi. Oublier peut-être. Non, surement. Jay sait que sa seule présence à elle ne sera pas suffisante pour Ryan, cette nuit, pour lui éviter tout cela. Il a toujours eu besoin de… plus. Avant, lorsqu’ils étaient jeunes, Jay avait souffert de cette particularité chez son daemonien. Pourquoi n’était-elle pas suffisante? Ils s'avaient l'un l'autre, tous deux, alors pourquoi ils auraient besoin de quelqu’un d’autre? Mais elle avait compris l’égocentrisme de ces regrets. Aujourd’hui, tout ce qu’elle regrette vraiment, c’est de ne pas pouvoir l’aider autant qu’elle le voudrait.

D’ailleurs, si Aelya n’était pas là, si elle ne semblait pas avoir besoin de la même chose, Jay est intimement convaincu qu’il aurait téléphoné à Chris, deux secondes après s’être retrouvé seul, ou se serait rendu dans le premier bar venu. Remplir sa tête de bruit, son corps de sensation et se perdre au travers ce tourbillon de distractions afin de ne pas se noyer dans ses propres démons.

Et puis, pour être honnête, même avant la catastrophe du café, il était clair que ces deux-là agissaient comme des aimants l’un envers l’autre. Aelya a beau être beaucoup plus subtile que Ryan en la matière, la chienne est persuadée que l’attirance est réciproque. Alors s’ils peuvent s’éviter de souffrir un peu, même temporairement, qu’ils n’attendent rien de plus que ce que l’autre peut offrir et qu’en plus, la situation semblait de base comme une évidence… quel mal y a-t-il à cela?

De son côté, dans la cuisine, Ryan est trop concentré sur les bouteilles qu’il trie une à une dans l’armoire que lui a désignée Aelya pour porter attention à la discussion entre les deux daemons. Téquila? Non, définitivement pas. Il n’a pas particulièrement envie de se rappeler de sa soirée demain, mais l’ambiance ne s’y prête absolument pas. Vodka ? Juste en dernier recours. Whiskey ? Il va déjà avoir assez mal au crâne comme cela demain, avec le coup qu’il s’est pris… Un cocktail alors ? La simple idée du sucre lui donne la nausée, et il a définitivement besoin de quelque chose de plus fort. Oh, cette bouteille de Gin par contre…

▬ Barman, GI Joe, mécano… Il y a d’autres cartes à ajouter à cet éventail ?

De sous le comptoir, Ryan sourit puis rétorque du tac au tac, sans la moindre once de modestie dans la voix :

▬ Je fais des pâtes carbonara à se rouler par terre, aussi. Mais ce sera pour une autre fois, si cela ne te dérange pas. Je ne joue jamais toutes mes cartes le premier soir, il faut savoir garder quelques surprises pour plus tard.

Attrapant la grande bouteille d’alcool transparent, il la dépose sur le comptoir avec détermination et, comme elle lui a dit de faire comme chez lui, se tourne vers le réfrigérateur. Ah, parfait. Aelya tient son stock de tonic, de lime et même de menthe à jour. Cette femme est définitivement son genre. Ryan retourne vers le comptoir pour y couper quelques tranches de lime, puis, d’une main experte, verser une quantité relativement indécente de Gin par rapport au tonic dans quatre verres. Il ajoute quelques feuilles de menthe au tout, pêche une baguette chinoise dans un tiroir à défaut de trouver rapidement un outil plus approprié puis mélange le tout. Sa mixture enfin prête, Ryan apporte d’abord deux des verres – plus larges et moins haut que les deux autres – aux daemons.

▬ Heureuse de voir que tu ne nous as pas oubliés.

▬ Jamais. Pour qui tu me prends ? Et puis, si je m’avise de t’oublier une demi-seconde, tu me le feras regretter pour le reste de mes jours. Vivre avec une folle furieuse, ça forge des habitudes.

▬ Hmm. Et moi qui te trouvais particulièrement avenant ce soir… Merci tout de même.

Ryan mime une courbette révérencieuse qui fait sourire la chienne et, après leur court et très peu sérieux argument, retourne chercher les deux autres verres. Rejoignant Aelya au salon, il lui tend son verre avant de prendre place à côté d’elle.

De l’extérieur, il sourit, ses gestes sont surs, quoi qu’agités pour un œil qui sait regarder, et impose cette présence calme et en contrôle qu’il a depuis si longtemps appris à porter comme une deuxième chemise. À l’intérieur? Son simple rythme cardiaque ferait faire une crise d’angoisse à son médecin et chacun de ses muscles est tendu de sorte à les interdire de trembler, ce qu’ils hurlent pourtant vouloir faire. Entre eux deux, assis sur ce canapé, ils pourraient pratiquement remporter un oscar.

▬ Qu’est-ce que c’est ? Je dois me méfier ? Si t’as prévu de me saouler, dis-le-moi au moins.

▬ Juste un Gin tonic. Avec plus de Gin qu’autre chose, par contre, tu as raison. Mais avec la soirée digne de James Bond qu’on vient de se farcir, j’ai cru bon d’assumer qu’on était en droit d’avoir le coude léger. Cheers.

Il cogne légèrement son verre contre le sien avant de prendre une grande gorgée. Houla. Oui, il y a été un peu fort sur le Gin. Au moins, son dosage de lime et de menthe est parfait, ça rattrape le coup.

▬ Alors, à quoi un agent fédéral voue-t-il ses jours de congé, d’habitude ? Tu ne vas quand même pas me faire croire que tu sauves des femmes en détresse à chacune de tes pauses.

▬ Normalement ? Nan. Essayer d’avoir un semblant de vie sociale en voyant des amis, regarder le football et jouer à Mario Kart. Rien de très glorieux en fait.

Malgré la note d’amertume dans ses paroles, il rit en se mettant un peu plus à son aise lui aussi, appuyant enfin son dos contre le coussin derrière lui. Une nouvelle gorgée et la brulure de l’alcool le réchauffent avec une familiarité toute bienvenue et, enfin, ses épaules se détendent un peu.

Ryan n’évoque pas la nature particulière de cette journée de congé ci, le simple fait de songer à sa mère lui donnant actuellement envie de hurler et de détruire la table basse du salon d’Aelya à coup de poing. Il a l’impression que ses sentiments et réactions sont déréglés, amplifiés par le choc de ce qui s’est passé et qu’il refuse toujours d’admettre. Il préfère de loin se sentir terriblement mal plutôt que d’avoir se sentir complètement dépassé, et encore moins souffrir de choc posttraumatique. C’est pour les autres, ça, pas pour lui. Lui n’y a pas droit.

Se remémorant leur discutions avant l’arrivée des hommes armés dans le café – qui lui semble d’ailleurs daté d’au moins plusieurs semaines – Ryan lui retourne sa question.

▬ Et toi? Les soirées mondaines sont au menu chaque semaine où c’était spécial, ce soir? D’ailleurs, je crois bien qu’on a été interrompu avant que tu puisses me dire ce que tu fais comme métier ?

Nouvelle gorgée. L’alcool le réchauffe petit à petit, mais ses autres effets tardent à se faire sentir. Bon sang qu’il aimerait pouvoir accélérer le processus et laisser en un clin d’œil son esprit s’égarer dans une brume alcoolisée où il pourrait tout oublier.

▬ Avec un cran comme le tien, je serais presque prêt à parier que tu es représentante légale ou dresseuse de fauves.

Déjà loquace à la base, Ryan devient un peu un moulin à paroles lorsqu’il ne va pas bien. Il n’a jamais su comment réagir, dans ces situations, d’ailleurs, alternant entre colère et bouffonnerie, en parfaites stratégies d’évitement. Il prend néanmoins un moment pour la laisser répondre et en profite pour l’observer.

Du cran, elle en a. Ryan ne connait pas beaucoup de personnes qui aurait pu vivre ce qui leur est arrivé ce soir sans devoir être transférer à l’hôpital pour choc nerveux. Encore moins qui trouveraient la force de lui sourire ainsi, un verre à la main, à peine une heure plus tard. À moins qu’Aelya soit aussi douée que lui pour étouffer l’indésirable? Elle n’en serait, de son point de vue, qu’encore plus forte.




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MessageVen 31 Mar - 12:32
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Aelya FeredenLiving like we're renegades
Strangers in Paradise

Ryan & Aelya


« Tears are coming down,
Save it for the long run,
Oh the good time we almost never had,
Swim before you drown. »


Boire une gorgée. Puis deux. Se ravir de sentir la brûlure de l’alcool courir le long de sa gorge. Savourer, pleinement, le bonheur simple d’un cocktail savamment préparé – d’un Gin Tonic, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Lya a l’impression qu’il y a des années qu’elle n’a pas bu ce genre de choses. Au fil du temps, elle a tenté le plus possible de séparer les deux mondes qui sont les siens ; aux boissons beaucoup trop élaborées de ses soirées mondaines, l’avocate s’était vouée un culte pour les choses communes, cocktails compris. Entre deux Tequila Paf, il n’était donc pas rare de la voir boire une simple vodka orange pour faire passer le tout. Sophistiquée de l’extérieur, la jolie poupée est, de l’intérieur, bien plus sobre… Ou du moins, s’efforce de l’être. Puisque l’une des choses qu’elle détesterait plus que tout serait de devenir à l’image de son père, ou de ses « amies », une pimbêche sans retenue qui oublierait jusqu’à la signification du mot décence dans la profondeur de ses décolletés ou la transparence de ses robes.

J’ignorais qu’un Gin Tonic suffisait à te questionner sur le sens de la vie.

Une gorgée, encore. Elle rejette lentement la tête en arrière, nuque trouvant le doux contact du canapé de cuir sur lequel elle s’était assise. Elle se sent lasse, tout d’un coup. Comme si le contrecoup de cette incroyable soirée lui revenait en pleine figure sans prévenir, décontractant muscles et nerfs pour ne laisser qu’une loque en robe rouge sur un fauteuil marron foncé.

Peut-être qu’il t’a droguée.

Un demi-sourire à cette idée, tandis qu’elle passe une main douce dans ses cheveux bruns.

Contente-toi de te noyer dans ton verre, chaton.

Elle n’entendra pas la réponse à cette tirade, de nouveau enveloppée par la voix grave de Ryan.

« Normalement ? Nan. Essayer d’avoir un semblant de vie sociale en voyant des amis, regarder le football et jouer à Mario Kart. Rien de très glorieux en fait. »

L’irlandaise hausse un sourcil amusé, profitant de ses éclats de rire pour le dévisager tout à son aise. D’un sourire malicieux, elle ajoute alors :

« Tu as de la chance, j’ai vraiment la flemme de sortir la Wii. Je suis pourtant sûre que je t’aurais mis une raclée à Mario Kart ! »

Elle se perd un peu dans la contemplation de son cocktail, légère en les imaginant tous les deux hystériques devant la console. Une chose est sûre : d’une manière ou d’une autre, son appartement ne serait pas sorti indemne à ce combat. Pour éviter une défaite à ce genre de jeu, Aelya aurait parfaitement été capable d’assommer son adversaire à coups de coussin. Et qu’il soit un adepte des sports de combat n’y changeait rien. Un semblant de mélancolie s’attarde sur le visage de Ryan tandis qu’elle rêve, sans qu’elle n’y prête vraiment attention.

« Et toi? Les soirées mondaines sont au menu chaque semaine où c’était spécial, ce soir? D’ailleurs, je crois bien qu’on a été interrompu avant que tu puisses me dire ce que tu fais comme métier ? »

Un petit sourire en coin éclaire le visage de la jeune femme, mais elle n’a pas le temps de répondre qu’il enchaîne.

« Avec un cran comme le tien, je serais presque prêt à parier que tu es représentante légale ou dresseuse de fauves. »

Dresseuse de fauves ? Lya éclate de rire, profitant d’un moment de silence de la part du blond pour déclarer du tac au tac :

« Tu m’as percée à jour. Mon fouet n’est pas bien loin d’ailleurs, méfie-toi. »

Dresseuse de fauves. C’est vrai que son métier s’y prête parfois ; du chaton le plus adorable au lion enragé, Lya peut aisément associer chacun de ses clients à un type de félin. Sans compter que…

« Et puis tu vois, ce qui est vraiment pratique, c’est que j’ai de quoi m’entraîner à la maison », poursuit-elle en désignant du menton le caracal, occupé à laper le contenu de son verre.

Remarque qui ne tombe évidemment pas dans l’oreille d’un sourd.

« On se demande qui fouette le plus l’autre. Tu devrais fuir, Ryan, tant qu’il en est encore temps. Cette fille est tarée. »

Le tout prononcé avec un mouvement d’yeux exagéré vers le ciel – tout à son jeu d’acteur, Eko s’abandonne un peu à la douceur du moment et Lya s’en ravit. Ils en ont besoin. Tous les deux ont besoin de se retrouver, et si cela doit passer par des piques lancées à la volée à travers le salon, qu’à cela ne tienne ! C’est ainsi qu’ils sont liés. Au travers de joutes verbales et d’engueulades qui n’ont ni queue ni tête, au travers de chamailleries dignes de gamins de cinq ans qui, au fond, n’ont rien à leur envier… Mais passons. L’expression de Lya passe de l’étonnement à l’amusement en un éclat de seconde tandis que, de nouveau, l’écho de son rire lézarde les murs nacrés de l’appartement.

Elle s’interrompt brusquement, portant alors sur l’agent fédéral un regard définitivement joueur.

« En vrai, qu’est-ce qui te fait croire que je ne suis pas danseuse de ballet ? »

Elle pose un instant son verre sur la table basse pour mimer un mouvement de danse – ridicule – à l’aide de ses bras. Elle aurait pu parader à travers le salon si elle avait été sûre et certaine que ses jambes la porteraient, et qu’elle ne finirait pas tout bonnement écroulée aux pieds de son invité.

Tu crois qu’il ne capte pas que tu fais semblant ? Qui t’espères leurrer, Lya ?

Elle. Elle espère se leurrer elle-même. Au moins jusqu’à demain matin. Et, pourquoi pas, jusqu’à la fin de cette tempête qu’elle sentait poindre sous son crâne et via le tremblement de ses mollets. D’un geste qu’elle veut désinvolte, l’irlandaise ramène un pan de sa robe pour couvrir ses jambes nues.

« J’aurais pu être à peu près tout et n’importe quoi. L’argent aide bien pour ça, malheureusement. Une certaine tristesse au creux de la gorge face à ce constat. Quand j’étais gamine, je voulais être astronaute. Puis cavalière pro. Pendant l’adolescence, j’ai fini par songer à devenir nounou de panda ou testeuse de bières. Elle hausse les épaules, le voile de tristesse se dissipant finalement pour laisser place à son éternelle moue taquine. Ces dernières idées déplaisaient fortement à mon père et si ça n’avait tenu qu’à ça, j’aurais sûrement choisi l’une de ces deux-là. »

Elle reprend une gorgée de son cocktail, laissant un moment de répit à Ryan – puisqu’à force de trop parler, Eko pense sincèrement qu’il finira par l’assommer avant de terminer son verre.

« Mon père était – est – un juge d’instruction reconnu. Et le fait est qu’on est constamment en désaccord. Sur tout. De la manière de saler un plat jusqu’aux décisions prises sur certaines de ses affaires. Tu avais vu juste, en fait. Je suis avocate. J’ignore encore comment c’est arrivé… Je ne pourrais donc pas te raconter ça. Pas sans oublier la moitié de l’histoire, en tout cas. Mais une chose est sûre, je sais pourquoi je le fais. »

Elle laisse un sourire franc fleurir sous l’effet de sa dernière phrase. Tête légèrement penchée sur le côté, Aelya fixe intensément Ryan durant un court instant, un temps juste suffisant pour ne pas le mettre mal à l’aise – si tant est que ce soit possible.

Et puis, de nouveau, la curiosité prend le pas sur tout le reste.

« Et toi ? Comment t’en es arrivé là ? J’ai un peu de mal à croire que tu rêves d’être agent fédéral depuis tes quatre ans… Je t’aurais bien vu goûteur de cocktails. Ou testeur de toboggans aquatiques. »

N’importe quoi… Elle dit n’importe quoi. Encore un coup de la fatigue qui, cumulée au stress des événements récents, fait grimper l’alcool plus vite que d’habitude, enveloppant son corps dans les douces brumes de l’ivresse.

Une pensée qui fait ricaner Eko. Oubliant momentanément la présence de Jay à ses côtés, le caracal glisse simplement :

« Estime-toi heureuse Trésor, il est deux heures et tu as toujours ta robe. »

Comme si cela relevait de l’exploit… Le félin tourne finalement une tête nonchalante vers la jolie chienne couchée à côté de lui.

« L’alcool, c’était aussi pour oublier le fait qu’elle est une vraie pipelette, n’est-ce pas ? »


Et, de toute son élégance naturelle, ne pas hésiter à insister sur le aussi.


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MessageJeu 6 Avr - 18:40
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▬ Tu m’as percée à jour. Mon fouet n’est pas bien loin d’ailleurs, méfie-toi.

Ryan ne peut s’empêcher de hausser un sourcil un brin suggestif, amusé. La blague serait trop facile à faire et il ne se serait normalement pas retenu pour la faire, mais un mélange de l’atmosphère faussement détendue, du fait qu’il est en train de boire un verre dans le salon d’une inconnue et de la fatigue pesant sur ses épaules bloque la blague salace et peu intelligente au fond de sa gorge. Jay y est peut-être pour quelque chose aussi, si elle a réussi à influencer son daemonien pour préserver un semblant de sensibilité et de bon sens à cette soirée chaotique.

▬ Et puis tu vois, ce qui est vraiment pratique, c’est que j’ai de quoi m’entraîner à la maison.

▬ On se demande qui fouette le plus l’autre. Tu devrais fuir, Ryan, tant qu’il en est encore temps. Cette fille est tarée.

Ryan rit et désigne Jay d’un mouvement de la tête.

▬ Je ne m’en fais pas trop, j’ai de la pratique avec cette version poilue de Margaret Thatcher.

Jay secoue lentement la tête de gauche à droite avant de rétorquer dans un soupir :

▬ Ça t’amuse à ce point de me faire passer pour un monstre d’intransigeance ?

▬ La journée où tu décideras de me laisser trainer une chaussette au sol sans me faire la morale pendant trois quarts d’heure, je pourrais considérer réviser ma position à la baisse et te comparer à Churchill.

▬ Mmm. Étonnamment généreux de ta part, j’y songerais.

La chienne se penche tranquillement vers son verre d’alcool et boit une petite gorgée d’un coup de langue, laissant Ryan se retourner vers Aelya avec un petit haussement d’épaules. Il sourit en remarquant que la jeune femme semble de plus en plus détendue et en croyant déceler de plus en plus de sincérité dans son rire. L’alcool aidant très certainement, la tension disparait peu à peu réellement et lui-même se sent moins à cran. Il a d’ailleurs cessé de jouer compulsivement avec son verre du bout des doigts, ce qui est bon signe.

▬ En vrai, qu’est-ce qui te fait croire que je ne suis pas danseuse de ballet ?

Ryan hausse de nouveau les épaules, tournant les yeux vers le plafond comme si ce dernier allait l’aider à trouver une réponse, puis lui retourne d’une voix faussement incertaine :

▬ L’absence de tutu ? Aucune idée en fait. Tu dois trop me faire penser à quelques-unes des avocates avec qui j’ai travaillé pour que j’aie pu envisager de te voir danser sur le Lac des Cygnes. J’ai définitivement manqué d’imagination.

La jeune femme couvre ses jambes avec un pan de sa robe et Ryan réalise tout d’un coup qu’il frissonne lui aussi. Il ne lui semble pourtant pas que l’appartement est mal chauffé. Tentant de ne pas écouter le fil des pensées de Jay qui lui souffle que c’est un symptôme tout à fait normal pour quelqu’un souffrant d’un choc post-traumatique, l’agent fédéral s’apprête à demander à Aelya si elle souhaite aller se changer ou s’enrouler dans une couverture façon Snuggie lorsque cette dernière le devance en enchaînant sur l'histoire de sa carrière et sa relation avec son père.

Trouvant un étrange écho à sa propre histoire dans les paroles de la jeune femme, Ryan perd cette étincelle de malice au fond de ses yeux verts pour la regarder avec un sérieux et une compréhension nouvelle. Lorsqu’elle termine, il reste un moment en silence avant de détourner les yeux, d’émettre un petit son d’approbation proche de l’étonnement et de prendre une nouvelle gorgée de son gin-tonic.

Le silence pour lui étant quelque chose de plutôt exceptionnel, Jay redresse aussitôt la tête pour le dévisager. Elle ne dit rien et l’observe alors qu’il se perd momentanément dans ses pensées et souvenirs. Ces derniers ramènent avec une rapidité fulgurante à l’image de leur mère, étendue sur son lit d’hôpital, qu’ils ont quitté un peu plus tôt aujourd’hui même. Il n’en remarque même pas le regard intense d’Aelya posé sur lui. Jay songe un instant à aller le rejoindre et poser sa tête sur ses genoux, mais, encore une fois, Aelya la devance.

▬ Et toi ? Comment t’en es arrivé là ? J’ai un peu de mal à croire que tu rêves d’être agent fédéral depuis tes quatre ans… Je t’aurais bien vu goûteur de cocktails. Ou testeur de toboggans aquatiques.

Ryan sursaute légèrement, s’étant enfoncé trop loin dans son esprit, et met un temps de retard à se reconstituer un sourire léger et désinvolte. Il pouffe de rire à la dernière suggestion de l’avocate et une moue appréciative se dessine sur son visage.

▬ J’adore l’idée du testeur de toboggans. J’en suis presque déçu de ne pas y avoir pensé avant… J’en prends note, pour si jamais je dois me reconvertir un jour.

Son sourire demeure ensuite, mais sa voix se fait, tout comme elle un peu plus tôt, plus sérieuse.

▬ Well… Ma compréhension de ce qu’était un agent fédéral quand j’avais quatre ans n’était, disons, pas tout à fait exacte. En fait, jusqu’à l’adolescente, je voulais être James Bond ou John McClaine, des Die Hard. Sauf peut-être à 8 ans où j’ambitionnais prendre la relève de l’Inspecteur Gadget.

Ryan dépose son verre sur la table basse du salon et croise les bras en s'enfonçant un peu plus confortablement dans le canapé, de sorte à dissimuler ses petits tremblements et les frissons sur la peau de ses avant-bras.

▬ Il semblerait qu’un a un nouveau point commun : on a tous les deux suivi l’exemple de nos paternels. Mon père est un haut fonctionnaire du FBI. Gamin, il n’était pas souvent à la maison et je le voyais comme une sorte de superhéros. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu faire comme lui. Du moins, jusqu’à ce que that son of a bitch abandonne ma mère alors qu’elle était malade et avait le plus besoin de lui. J’ai réalisé que mon héros n’était qu’un enfoiré égocentrique, bureaucrate de la pire espèce en plus. C’est… assez complexe aussi, le pourquoi du comment j’ai continué dans ce métier, mais j’adore ce que je fais et… comment tu as dit ? « Je sais pourquoi je le fais » ? Je ne pourrais pas dire mieux.

Il se racle la gorge puis reprend son verre en main avant de le lever en direction d’Aelya pour porter un toast.

▬ À nos Daddy issues ?

De leurs cotés, les daemons étaient restés plutôt silencieux , mais Eko finit par dire à mi-voix :

▬ Estime-toi heureuse Trésor, il est deux heures et tu as toujours ta robe.

Jay bat d’une oreille, incertaine s’il s’adresse à elle ou s’il vient de penser à voix haute sous le coup de l’alcool. Elle ne répond rien et s’arrange plutôt pour que son esprit ne communique pas ce petit commentaire à Ryan, préférant l’ignorer. Le caracal revient néanmoins à la charge, plus directe cette fois, lui faisant douter de sa précédente conclusion.

▬ L’alcool, c’était aussi pour oublier le fait qu’elle est une vraie pipelette, n’est-ce pas ? v

Une fine mimique de sourire s’étire au coin de la gueule de la chienne alors qu’elle penche la tête en direction de l’autre daemon pour lui rétorquer sur le ton de la confidence :

▬ Si ça peut faire gouter à Ryan un peu de sa propre médecine, elle peut bien finir la bouteille.

Sur le canapé, Ryan finit son verre d’un trait puis se retranchant rapidement dans son idée avortée quelques instants plus tôt demandent :

▬ C’est juste moi ou c’est frisquet ? Tu ne préfères pas aller te changer ? Tu dois gelée dans cette robe, et personnellement, je donnerais cher pour un jogging.

Il lui offre un sourire sincère avant de poursuivre.

▬ Un café alcoolisé peut aider aussi, j’ai vu de la crème irlandaise dans cette armoire qui pourrait très bien servir.



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MessageLun 10 Juil - 19:52
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Ryan & Aelya


« I was choking in the crowd, living my brain up in the cloud,
Falling like ashes to the ground, hoping my feelings, they would drown.»


« L’absence de tutu ? Aucune idée en fait. Tu dois trop me faire penser à quelques-unes des avocates avec qui j’ai travaillé pour que j’aie pu envisager de te voir danser sur le Lac des Cygnes. J’ai définitivement manqué d’imagination. »

Aelya hausse un sourcil étonné tandis qu’au même moment, un sourire vient s’étirer le long de ses lèvres. Elle a toujours tenté de faire en sorte de ne pas trop ressembler à ces avocates, justement. De ne pas s’enfermer dans le monde du travail, avec l’implication et la perte de vie sociale que son job nécessiterait en temps habituel. Garder un semblant d’existence normale, à savoir sortir avec des amis ou même seule, lire un roman en compagnie d’un verre de blanc ou encore vider son compte en banque lors d’une sortie shopping avec Dem… Bref, sans forcément être une princesse qui n’a aucune notion de la réalité des choses, profiter des plaisirs simples que lui offre cette vie-ci. Mais la remarque de Ryan, bien qu’il ne s’en aperçoive pas la laisse songeuse ; voilà l’effet qu’implique l’idée de savoir que votre métier vous colle à la peau.

Et pourtant, malgré tout, Lya n’y changerait rien. Tant bien même le voudrait-elle, elle ne croit pas aux miracles – et se détacher de son job relèverait du miracle.

Perdue dans ses pensées, l’irlandaise ne réagit qu’avec un temps de latence à la remarque de son invité concernant les toboggans ; bien qu’imaginer Ryan jouer les gamins au beau milieu d’un paradis aquatique soit un spectacle attendrissant – et appétissant – elle s’attache plutôt à ce qu’il ajoute ensuite.

« Well… Ma compréhension de ce qu’était un agent fédéral quand j’avais quatre ans n’était, disons, pas tout à fait exacte. En fait, jusqu’à l’adolescente, je voulais être James Bond ou John McClaine, des Die Hard. Sauf peut-être à 8 ans où j’ambitionnais prendre la relève de l’Inspecteur Gadget. »

Elle ne peut s’empêcher de lâcher un rire léger à sa dernière remarque. Même sans avoir eu l’occasion de regarder le fameux dessin animé, impossible de ne pas connaître le personnage et en particulier, son excentricité. Le genre de trait de caractère qui collerait plutôt bien avec Ryan, pour le peu qu’elle connaisse…

« J’avoue que d’avoir une hélice qui te pousse sur le crâne pourrait être un moyen de transport ou de fuite intéressant… », murmure-t-elle dans un sourire, avant qu'il n’enchaîne.

Suivre l’exemple d’un père absent, de ce héros aux yeux des enfants qu’ils étaient alors. Le sourire amusé se fige, laissant sur ses traits la marque d’une certaine mélancolie qui s’échappe lorsqu’elle sent le dégoût et la colère de Ryan au sujet de son père. Elle ne posera pas de question à ce propos, pas maintenant, pas comme ça. Pas alors que chacune des paroles que prononce le jeune homme se teinte d’une douleur qu’elle ressent jusque dans l’estomac. En silence, Lya serre les doigts autour de son verre à moitié vide, ne se déridant qu’en l’approchant de celui que Ryan lui tend.

« A nos Daddy issues ? »
« Éternelle raison de trinquer ! »

L’amertume s’envole, pour laisser de nouveau place au plaisir qu’elle trouve à profiter des choses simples. Une gorgée avalée, nouvelle brûlure au fond de la trachée qui détend un peu plus ses muscles et parvient finalement à délier ses épaules jusque-là nouées par l’anxiété.

Dans son dos, Eko retrousse les babines, subitement déridé par la remarque de Jay.

« Si ça peut faire gouter à Ryan un peu de sa propre médecine, elle peut bien finir la bouteille. »
« Le genre de défi qu’elle ne refuse jamais. »

Et qu’il faut se garder de prononcer trop fort, au risque de la retrouver occupée à danser à moitié nue sur le canapé. Pourquoi à moitié ? Le caracal secoue doucement la tête, oreilles rabattues et marmonnement contrarié à l’appui, tandis que Ryan coupe de nouveau court au silence paisible qui s’installait entre eux.

« C’est juste moi ou c’est frisquet ? Tu ne préfères pas aller te changer ? Tu dois gelée dans cette robe, et personnellement, je donnerais cher pour un jogging. »

Ce n’est pas elle qui dira le contraire, à frissonner comme elle le fait depuis dix minutes.

« Un café alcoolisé peut aider aussi, j’ai vu de la crème irlandaise dans cette armoire qui pourrait très bien servir. »

Observateur le Ryan. Lya penche légèrement la tête de côté, choisissant volontairement de répondre dans le désordre à ses remarques.

« Irish Coffee ? Si tu aimes ça, je te ferai celui avec la recette de famille. Tu m’en diras des nouvelles. »

Clin d’œil malicieux à l’appui, alors qu’elle délie ses jambes pâles et poursuit.

« Tu as raison, je commence à avoir froid aussi. Je peux regarder si j’ai un bas à ta taille si tu veux, on ne sait jamais. Elle se mordille la lèvre inférieure pour se retenir de rire, l’alcool n’aidant pas du tout pour ça. Mais bon à part mes leggings… A moins que t’aimes aussi les trucs seyants. »

Elle hausse un sourcil interrogateur, mais ne s’attarde pas sur la réponse et avale une autre gorgée de son gin avant de se relever brusquement. Trop vite, trop fort, trop elle – le peu de liquide qui restait au fond du verre vient s’étaler sur la chemise de Ryan, le trempant au passage.

« Cac ! Je suis désolée. Je t’épargne rien ce soir décidément... Elle secoue la tête d’un geste navré. Amadàn. Viens, j’ai de quoi arranger ça par là-bas. »

Les pas sont légèrement hésitants et l’esprit, plus embrumé qu’il ne l’était auparavant, tandis qu’elle se dirige vers la chambre à coucher. A tâtons, Lya trouve la lumière et s’avance alors dans la pièce. La pâleur des murs contraste avec les cadres qui y figurent, laissant deviner quelques photos d’elle étant plus jeune – avec sa mère, son père et ses grands-parents, voire même quelques rares amis d’Irlande. Tout en lui tendant une serviette qu’elle vient de piocher dans la commode, Aelya prévient.

« Ne t’avise pas de rire de mes fossettes ! »

Mais ses yeux rieurs démentent la menace que portent ses mots, et ses pieds nus la mènent droit vers le dressing aux parois coulissantes. Elle s’y plonge quelques secondes avant de se redresser, la mine triomphante.

« Ah ! Le voilà ! »

Elle tient devant elle un t-shirt XL blanc ornée d’une écriture orange fluo « Run for fun » gagné lors d’un marathon il y a quelques années de cela. Elle s’en empare, ajoutant à sa trouvaille un sweat qu’elle espère suffisamment grand pour Ryan, avant de se retourner d’un coup sec.

« Tu vas avoir de l’allure là-ded… »

Elle ne finira pas sa phrase. Emportée par son élan – et celui de son dernier verre, et celui de son éreintement – Aelya se trouve à présent nez à nez avec le blond. Nez puis lèvres, yeux puis lèvres de nouveau ; son visage est un appel. Et si elle ignore quelques secondes de plus le bouillonnement qui émane de son corps depuis quelques heures déjà, l’avocate sait, au fond d’elle, qu’elle ne tiendra pas.

Elle hésite, le cœur en transite et l’âme qui s’agite ; pour que finalement, Lya abandonne ses pensées parasites. Un pas, une main tendue, et elle laisse place à l’étonnement tandis que, d’un mouvement souple, elle joint ses lèvres à celles de l’agent, abandonnant les deux vêtements qui glissent jusqu’au parquet de la chambre.

Traduction:
 

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MessageVen 18 Aoû - 22:40
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▬ Tu as raison, je commence à avoir froid aussi. Je peux regarder si j’ai un bas à ta taille si tu veux, on ne sait jamais. Mais bon à part mes leggings… A moins que t’aimes aussi les trucs seyants.

Ryan rit, s’imaginant en leggings. Le spectacle serait… particulier. Déjà qu’il se sent ridicule et déteste porter des t-shirts trop seyants, des leggings serait le comble.

▬ Ça va aller. Je vais t’épargner cette vue, ou du moins m’épargner moi-même d’en entendre parler pendant les 10 prochaines années. Si j’enfile ça, Jay me lâchera jam...

L’alcool aidant, Ryan est surpris et met un temps de retard à comprendre le mouvement de la jeune femme ainsi que le fait que sa chemise est maintenant trempée.

▬ Cac ! Je suis désolée. Je t’épargne rien ce soir décidément... Amadàn. Viens, j’ai de quoi arranger ça par là-bas.

Ryan rit et attrape sa main, tant pour la retenir un peu que la suivre, et ajoute :

▬ Hey, c’est rien, t’en fais pas. Si ça se trouve, ça va aider à l’odeur terrible de gras de caisson qui m’est tombé dessus alors que j’essayais de gagner un combat de lutte à mains nues contre un type armé.

Au moins, le pot ne lui est pas tombé sur la tête, uniquement un peu sur l’épaule, sinon il empesterait le vieux goéland nourrit au fast food. Très peu d’appoint pour se retrouver dans un salon étranger en aussi charmante compagnie. L’alcool atteint enfin ses buts d’ailleurs, puisque même l’évocation vague des évènements passés plus tôt en soirée ne parvient plus à lui faire perdre son sourire. Boire pour oublier et oublier pour boire, que l’on dit, non ?

Il la suit, tout aussi tanguant qu’elle, jusque dans sa chambre, non sans pouffer quelques fois de rire sous le regard à la fois exaspéré et attendrit de Jay. Les différents clichés sur les murs attirent aussitôt son attention et il s’approche de la commode la plus près pour mieux les observer avec un sourire amusé. Il commence à déboutonner sa chemise alors que ses yeux se promènent d’une photo de famille à l’autre, voguant sur ce qui semble être un souvenir de voyage et plusieurs photos d’elle à différents âges dans un décor qui n’est pas sans rappeler l’Irlande et le café dont ils parlaient plutôt. Elle était particulièrement adorable, gamine, Aelya.

▬ Ne t’avise pas de rire de mes fossettes !

Le détective sourit alors qu’il défait le dernier bouton et retire sa chemise sans se retourner vers elle, marchant plutôt le long du mur pour continuer sa contemplation des quelques moments de vies de l’avocate faits prisonniers dans de jolis cadres photo. Il attrape un peu maladroitement la serviette qu’elle lui tend et se met distraitement à s’éponger, mais à moins de prendre une douche, il va toujours sentir de vieux Belge alcoolique.

▬ Elles t’allaient si bien pourtant !

Ryan s’attarde sur une nouvelle photo qu’il devine être une Aelya d’environ trois ou quatre ans entourée d’un homme et d’une femme âgés, probablement ses grands-parents. Il sourit en détaillant le sourire heureux et espiègle de l’enfant lorsque la voix de sa version adulte ramène l’attention du daemonien sur elle.

▬ Ah ! Le voilà !

Ryan se rapproche d’elle en haussant un sourcil amuse à la vue du t-shirt.

▬ Tu vas avoir de l’allure là-ded…

Houla, il se passe quoi avec leur sens des distances à tous les deux ? Aucune idée, mais pour être honnête, c’est la dernière chose que Ryan a en tête sur le moment. La boisson, leur soirée, le gin, le t-shirt et les photos accrochées aux murs disparaissent alors que les lèvres de la jeune femme viennent trouver les siennes et que la chemise trempée de Ryan va rejoindre les autres vêtements au sol.

Il sent son cœur s’accélérer et rater un battement lorsqu’elle s’arrête pour planter ses magnifiques yeux dans les siens. Il a rêvé toute la soirée de les voir d’aussi près et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas déçu. Au contraire, la brune l’envoute avec une facilité déconcertante pour laquelle, cette fois, l’alcool n’y est pour rien.

L’une de ses mains remonte lentement sur le cou d’Aelya alors pour ramener ses lèvres à lui alors que l’autre vient se poser au creux de ses hanches. Leur souffle se mélangent avec une agréable note de menthe et d’effluves alcoolisés faisant tourner la tête. Elle est étrange cette impression qu’il a de la connaitre depuis longtemps tout en la découvrant un peu plus à chaque instant.

Le blond ne souhaite pas aller trop vie, la brusquer ou la faire fuir, mais il n’a tout juste pas assez de contrôle pour empêcher ses mains de la presser contre lui. Ses doigts se perdent dans ses boucles brunes tandis que, répondant à ses baisers, il dévore ses lèvres avec une avidité qui n’est pas étrangère à leur envie à tous les deux d’oublier, de se perdre l’un dans l’autre pour chasser la peur.

Ils vacillent un peu, ayant échangé leur équilibre pour un verre d’alcool, et Ryan rit doucement sans cesser de l’embrasser alors qu’il recule en direction du lit, l’entrainant avec lui.

▬ On a un peu abuse du Gin, je crois.

Ses jambes viennent frapper le rebord du lit et fait glisser ses mains derrière les cuisses d’Aelya avant de la soulever. Il se laisse tomber en position assise sur le lit, redéposant les jambes de la belle de chaque côté de ses hanches. Ses doigts trouvent la peau douce et chaude de ses cuisses sous le tissu de sa robe, mais il s’arrête un instant en détachant ses lèvres des siennes.

▬ On peut toujours aller prendre l’Irish Coffee si tu préfères.

L’humour de ses paroles est éclipsé par le souci de sa voix et celui lisible dans ses yeux. Son corps en entier lui cri de se la fermer et d’oublier le café, mais il sait ce que cela fait d’être en état de choc. Il sait ce que c’est d’avoir mal et de juste vouloir oublier, de se laisser aller à tout et n’importe quoi sans réfléchir puis de le regretter ensuite. Il ne veut pas être ce regret qu’elle aura demain matin s'il n’est pas réellement ce qu'elle veut et ce dont elle a besoin.

Dans l’autre pièce, Jay détourne la tête vers la fenêtre pour regarder les étoiles et pose sa tête sur ses pattes avant en coupant son esprit de celui de Ryan. Elle les laisse seuls, il en a besoin, et elle a définitivement besoin de repos.



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