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Elisa ✖ L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur.

 
  
MessageLun 18 Juil - 3:57
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Date d'inscription : 16/11/2013Nombre de messages : 719Nombre de RP : 168Âge réel : 26Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
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Nous ne devrions jamais nous sentir sûrs de ce que nous croyons être car en cet instant nous pourrions très bien être déjà quelqu'un de différent.


Àsgard (25 ans) & Elisa (22 ans)
Mi-juin 2007 ; Îles Lofoten.
À l’entente de la voix de ta mère raisonner jusqu'à l'étage pour que tu te lèves afin que tu ailles aider ton père, tu commences déjà à râler, te retournant dans le lit, ouvrant juste un œil pour voir l’heure qu’il est. Trop tôt. Beaucoup trop tôt lorsque l’on sait que cette nuit vous vous êtes couché tard. La naissance d’un veau était à assister en plus d’avoir quelques chèvres à tuer et dépecer. Et là, là tu n’as pas envie, absolument pas. Cependant, tu trouves la force et te redresse pour me regarder à la minute où j’éternue, moi qui était roulé en boule sur le lit sous forme de chat ; Sans un mot, sans un bruit, je m’approche de toi mon Àsgard, ronronnant, basculant sur le dos, mes yeux verts croisant les tiens. Cette fois ci, ce sont tes frères qui viennent à la charge pour te sortir de la chambre. Sans patience tu leur dis de déguerpir rapidement avant qu’ils n’aient dans l’idée de t’user plus que ce qu’ils n’ont encore prévu. Le troisième à intervenir serait ton père et à ce moment-là, tu savais que ça ne serait pas le même son de cloche. Alors tu évites qu’il n’arrive, souhaitant nullement t’attirer les foudres du maitre de la maison. Cheveux ébouriffés par la nuit trop courte, tu quittes ta chambre prenant directement la direction de la salle de bain. Une douche t’aiderait certainement à réveiller et ce test tu veux le faire dans l’immédiat. Ta mauvaise humeur serait bien vite remise à sa place en présence de ton père. Se contenir, toujours se contenir pour ne pas se disputer. Quelques temps plus tard tu sors de la pièce, torse nu et vieux bermuda, tu passes dans la cuisine, t’apprêtant à sortir avant que ta mère ne t’arrête dans ton élan.

Eh ! Reviens embrasser ta mère toi ! Bien dormis mon grand ?
A peine trois heures… Qu’il ne me refasse pas ce coup là ce soir sinon je m’enfuis pour aller dormir dans la grange avec les animaux.
Oui il m’a dit que c’était lui qui avait dû te forcer à aller te coucher mais grâce à toi il va peut-être en voir enfin le bout. Tu ne réponds pas et commence à t’en aller. Àsgard ? Il n’est toujours aller se coucher, essaie d’être compatissant avec lui s’il te plaît.

Passant de félidé en canidé, je te rattrape alors que tu rentres dans l’un des hangars se situant sur l’immense propriété appartenant à tes parents. Poussant les portes rouges de la bâtisse, tu les refermes immédiatement derrière toi pour ne pas que les bêtes rentrent ici et passes à côté des chèvres pendues par une patte, le sang ayant enfin cessé de couler. Ma truffe passe à proximité des bols remplis d’hémoglobine et je ne peux pas me retenir de me lécher les babines. Thörgys s’en sert pour la composition de ses aliments, interdiction d’y toucher et Dagmar veille à ce qu’aucun de ces récipients ne disparaisse… Zigzaguant entre les corps suspendus tu t’en vas rejoindre ton père qui avait déjà commencer la découpe sans même t’attendre. Pour l’aider, tu t’empares d’un hachoir et débute le sectionnement d’une patte arrière alors que lui travail sur l’avant.

Tu m’aides à faire cette bête et après j’ai besoin de toi aux Iles. Il faut que tu l’emportes à Rackam contre les poissons qu’il nous a donné la dernière fois.
Vraiment ?... Papa, y en a au moins pour une heure là et j’en ai pour au moins six heures de route après. Pourquoi tu lui as dit que nous la lui livrerons aujourd’hui ?!
Il ne me semble pas t’avoir demandé ton avis.

Clapet refermé, tu inspires rageusement et te concentre pour ne pas faire trop chauffer la cocotte-minute. Ne pas répondre, il n’a pas dormi. Au final prendre l’air loin de la ferme te fera sans aucun doute le plus grand bien. Loin de ton père, loin de tes frères pour plus d’une demie journée. Je suis certaine que tu savoureras la chose !
Rapidement, tu essaies de te débarrasser de cette tâche alors que les tensions s’apaisent entre ton père et toi, allant même jusqu’à rire ensemble. C’est passé plus vite que prévu. En vitesse tu passes sous la douche extérieure, rentrant mouiller dans la maison qui à la manie d’embêter ta mère qui te rouspète après. Un tee-shirt noir, un sweat sous le bras, un jean, les cheveux longs ramassés en une tresse, dévoilant presque la peau de ton crâne sur ses côtés et barbe nettoyée. Si ton père voyait ça, il te raserait pour que ces micro cheveux que l’on voit à peine deviennent inexistant… Tu commences à ne plus être d’accord avec ça et même si tu sais que ça sera une source de dispute, tu les laisseras pousser à présent… Et te voilà propre comme un sous neuf comme dirait ta mère ! Tu es beau mon fils. Et tu secoues la tête sans lui répondre, la fierté de ses enfants, de ses fils s’entendait dans ses mots, se lisait au travers de ses gestes. Mais tu ne t’attardes pas avec elle, chargeant plutôt le véhicule de la viande dans cette sorte de congélateur rempli de glaçon pour maintenir le tout au frais durant le trajet. Tu esquives ton père, fais un signe à ta mère, vas ennuyer Abram et Kjeld et termines par aller poser tes fesses à la place conducteur. Avant que tu ne démarres je prends cette apparence commune à chacune de nos sorties, un chien d’élan suédois, et m’installe sur le siège à tes côtés.

Sans surprise la route est longue, mais vide de monde tu te mets à ne pas respecter les limitations de vitesse, dépassant amplement les cents kilomètres heures autorisés sur autoroute. Plus vite tu arrives là-bas et plus vite tu retournes chez toi. De toute manière, c’est bientôt l’été, il ne fait nuit que pour deux heures et ça à partir de trois heures du matin, et tu passes les trois quarts du trajet entouré de conifères. Le trajet se fait calmement et sans encombre, ta mère t’appelle dès qu’elle reçoit ton message afin d’être certaine en entendant ta voix que tout va bien et que tu n’as rien Ce n’est qu’une fois qu’elle est rassurée qu’elle accepte de raccrocher, l’ami de ton père t’attendant déjà sur le pas de la porte. L’échange est bref, il n’est pas très bavard cet homme hormis avec ton père. Il t’accueille poliment, donnant presque l’impression de se forcer alors tu n’attends pas pour décharger la livraison. Quelques mots à faire passer de la part de ton père et une poignée de main plus tard, te voilà reparti pour le centre-ville de Svolvær. Il était quinze heures passées et n’avais toujours rien mangé, la faim était maintenant présente en toi, gouvernant tous tes gestes. Tu abdiques et t’exécute comme un esclave, partant ainsi à la recherche d’une source de nourriture saine. Dans les iles, tu savais bien que tu peinerais à trouver ce que tu désirais, sans conviction, tu te rabats sur un sandwich acheté dans une boulangerie. Tu mangeras mieux ce soir, ta mère n’ira au lit que quand tu seras là et tu sais qu’elle aura gardé quelque chose pour toi.

Rabattant la capuche de ce sweat fin sur ton crâne au moment où la pluie commence à s’abattre sur les Lofoten, tu lèves néanmoins ta tête vers le ciel. Il fait bon aujourd’hui, il ne doit pas faire plus de neuf degrés. Quelques regards insistants sur le chien sans laisse qui marche à tes côtés, tu n’y prêtes pas attention, si jamais la police t’arrête, dans la poche arrière de ton jean, tu as la laisse et le collier. L’idée te fait grimacer mais mieux va plutôt qu’autre chose…
Tu te retournes pour rejoindre le vieux pickup de ton père et d'un coup sec bloques tout mouvement, pas un pas de plus ! Tu n'as pas réellement envie de rentrer en collision avec cette femme pour tout avouer... Un millième de seconde s'écoule et tu finis par réaliser qu'il faille que tu te décales le plus vite possible en te rendant compte qu’elle continue sa route probablement sans t’avoir vu. Tu l’observes durant quelques secondes et si de face tu n’avais pas pu voir grand-chose, de dos tu restes d’accord pour dire qu’elle était bien attirante. Argumenter plus te ferait passer pour ce que tu n’es pas, pourtant dans ton cerveau… Enfin bref. Je secoue la tête en te regardant faire jusqu’à ce que tu remarques la carte qu’elle tient entre ses mains. Une touriste, tu comprends mieux. Les yeux qui vagabondent encore quelques instants sur sa silhouette et tu finis par reprendre ton chemin, penchant ta tête, amusé, allant même te demander si ça ne valait pas le coup d’aller l’interpeller. Le devant était-il aussi ravissant que le derrière ? Ta raison t’empêche de trop y réfléchir : tu as encore six heures de route devant toi.

  
MessageLun 18 Juil - 18:38
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L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa



Mi-juin 2007, îles Lofoten

La chambre est rangée, les stores levés maintenant qu'il est une heure décente pour que le soleil brille dans la pièce et illumine les murs blancs et les livres éparpillés sur le bureau, se reflète un instant sur la poignée de la valise qui dépasse de sous le lit, Elisa tournant sur elle-même en quête de quelque chose à faire aujourd'hui, jean et teeshirt à manches longues toutes de dentelles aussi pourpre que le reste de l'étoffe passés à la va-vite. Elle n'est pas encore faite à ces températures qui ne manquent jamais de lui tirer un sourire et de la faire danser dans la cuisine, s'attirant les moqueries taquines de ses colocataires qui la font rire autant qu'eux. Qu'importe si elle ressemble à une enfant dans son émerveillement, elle rêve de ce moment, de ce pays, depuis qu'elle est enfant, réplique dans un sourire qu'elle parie qu'ils ont fait de même à leur arrivée avant de s'installer. Le petit-déjeuner est le repas commun, une façon de passer du temps ensemble, les premiers arrivés en charge de cuisiner, les seconds de mettre la table, les derniers de débarrasser et faire la vaisselle, routine bien installée déjà, conversation facile entre eux, quoiqu'hésitante et occasionnellement confuse, conséquence logique d'avoir banni l'anglais de la pièce et de n'utiliser que leur norvégien maladroit aux accents étranges, tandis que les couverts claquettent et que les aliments circulent, pain noir beurré, œufs, harengs et radis, miel et confiture, porridge et fruits frais selon les préférences de chacun. C'est le porridge qui domine ce matin, les doigts tâchés par les myrtilles cueillies la veille.

"Quelqu'un a une idée d'endroit que je peux visiter aujourd'hui ?"
"Je vais aux îles Lofoten avec Svetlana, tu veux venir ? On peut se balader chacun de notre côté et se retrouver prendre un verre avant de rentrer."
"Bon plan !"
"Pense à prendre un plan Elisa, on connait ton sens de l'orientation..."


Langue tirée à Svetlana tandis que les yeux verts pétillent d'amusement, et l'italienne avale une gorgée rapide de café (sa responsabilité. Hors de question qu'elle les laisse boire le café de Samuel, ou pire, le café instantané de Lior !) et voit avec Samuel à quelle heure il veut partir, privilège du conducteur, avant qu'ils ne surveillent la météo et ne retournent se préparer, s'interpellant tout du long sans se soucier de la langue maintenant qu'ils ont quitté la cuisine. Le norvégien prédomine toujours, même si leurs langues maternelles s'y joignent, pour le simple plaisir de se faire invectiver tandis que les autres rient.

Enfin ils partent, route passant en silence, italienne observant la carte des Îles empruntée à Lior et vérifiant dans son dictionnaire comment demander son chemin, habituée à se perdre. Les cartes n'aident pas réellement, pas quand elle doit aller dans un endroit précis, elle n'en essaie pas moins, adresse du bar où ils comptent se retrouver (décidé à l'avance de sorte qu'ils aient tous les trois l'adresse) inscrite sur un papier alors qu'elle tente de trouver la rue sur la carte. C'est plus compliqué qu'elle ne l'aimerait, carte finalement repliée dans un soupir et conversation entamée avec Samuel à la place pour se distraire entre deux vérifications dans le dictionnaire de comment demander son chemin, comment demander de l'aide avec la carte. Elle pressent qu'elle va en avoir besoin, Elisa, Samuel éclatant de rire quand elle le lui dit avec une moue faussement boudeuse. Le reste du trajet passe vite, Svetlana finissant par se réveiller, conversation reprenant de plus belle une fois qu'elle se joint à eux, dans un mélange d'anglais et de norvégien hésitant qui hérisse Elisa en même temps qu'il l'amuse. Il va falloir redoubler d'attention en cours, vraiment, promesse faite à elle-même tandis qu'ils se garent et s'extraient du véhicule en s'étirant, heure et lieu de rendez-vous rappelés une dernière fois avant qu'ils se séparent.

La température la fait frémir, Elisa, tandis qu'elle marche, chapeau de feutre sur la tête au cas où il déciderait de pleuvoir à un moment, écouteurs oubliés autour de son cou, l'italienne trop absorbée par les conversations autour d'elle tandis qu'elle va de ci de là, entre dans une librairie regarder les livres qu'elle se sait ne pas être encore en mesure de lire et cédant quand même pour l'un d'eux au seul mérite de sa couverture, dans une boulangerie pour quelque chose à grignoter, regard se levant machinalement vers les plaques indiquant le nom des rues à chaque croisement, temps passant lentement. Elle marche sans but, sourire aux lèvres, tente de comprendre ce que disent les passants, entre dans une nouvelle librairie, consulte sa montre en en ressortant avant de regarder le nom de la rue. Elle n'a pas la moindre idée d'où elle est par rapport au bar, fatalement, soupir lui échappant tandis qu'elle observe le ciel couvert et se réjouit tant du chapeau que du fait d'avoir une carte plastifiée, la sortant de son sac par la même occasion et cherchant sa rue dessus, visage s'en approchant comme pour mieux la scruter. Le résultat n'est pas des plus efficaces, et plusieurs minutes sont passées à chercher la rue avant qu'elle ne la trouve et ne sourit, victorieuse. Ne reste plus qu'à trouver la rue où se trouve le bar et comment le rejoindre. Le sourire disparait,elle se met en marche, nez plongé dans la carte.

Il n'y a pas tant de foule qu'elle bouscule les gens en marchant, Elisa, regard ne quittant sa carte que pour vérifier son itinéraire, épaules pivotant pour éviter les collisions et concentration gagnant en intensité à mesure que le temps passe et qu'elle a la sensation de ne pas avancer, pas vraiment. Le teeshirt lui tient suffisamment chaud même sous la pluie, même avec ces températures et cette pluie qui pour elle n'ont rien d'estivales, le chapeau a des bords suffisamment larges pour protéger ses épaules, pas besoin de plus si ce n'est de trouver où elle est, un instinct de distraction lui ayant fait perdre où elle est sur la carte, soupir exaspéré lui échappant alors qu'elle replonge dedans. Elle ne fait plus du tout attention à où elle va tandis qu'elle cherche à retrouver la longue rue qu'elle remonte, manquant complètement l'homme avec lequel elle manque d'entrer en collision, sans réaction alors même qu'il se décale. Ses pas sont lents, et se ralentissent plus encore alors qu'elle s'avoue vaincue par le papier plastifié et entend déjà Samuel et Svetlana rire de sa mésaventure, main tirant sur le rebord de la capeline alors qu'elle observe les gens autour d'elle et finit par se retourner, cherchant du regard quelqu'un qu'elle puisse approcher pour demander son chemin, un chien attirant son attention avant que ses yeux ne remontent sur le dos de son propriétaire, le contemplant un instant avant de se décider. Quitte à demander son chemin, autant que ce soit à quelqu'un qui aime les chiens et a des épaules larges clairement visibles sous son sweat. Ne serait-ce que pour distraire les deux autres en leur racontant tout à l'heure.

La décision est prise, et elle fait volte-face, l'italienne, les quelques mètres à peine qui la séparent de son guide malgré lui rapidement franchis, tandis qu'elle le dépasse et se place sur son chemin, sourire gêné aux lèvres et yeux pétillants de bonne humeur tandis qu'elle redresse la tête pour croiser le regard de l'homme.

Dio mio, gli occhi più azzurro che abbia mai visto..."Navré, je suis perdue, est-ce que vous pourriez m'aider ? Je cherche le Styrhuset..."

Oh oui, juste pour ces yeux, ça valait la peine de demander son chemin, tandis qu'elle attend une réponse, sourire gêné regagnant sa bonne humeur habituelle. Voyons le bon côté des choses, il est plus qu'agréable à voir et Samuel a dit que le Styrhuset était un des plus vieux bars de Svolvær, il devrait être en mesure de l'aider. A condition d'avoir compris son norvégien à l'accent italien, bien sûr. Au moins elle demande assez son chemin pour ne plus hésiter avec ces deux phrases, sourire s'agrandissant à cette idée.
AVENGEDINCHAINS


Traduction:
 
  
MessageMar 19 Juil - 2:22
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Si les rencontres sont le fruit du hasard, l'attirance est une passion qui ne se contrôle pas.


Àsgard & Elisa
Un demi sourire étire tes lèvres, sortir te fait finalement plus de bien que ce que tu n’aurais cru. Voir du monde, quitter la ferme. Cela fait tant de temps que tu n’as plus foulé les terres des Lofoten et alors que tu portes ton regard sur l’horizon c’est à peine si tu arrives à te rendre compte de la chance que tu peux avoir de vivre ici. Les fjords qui se dressent fièrement au-dessus des maisons pourpres, jaunes, blanches, imposent leur prestance et leur majesté à tous ceux qui ne les ont jamais vu. Si tu n’entends pas les sons les plus subtiles, à moi ils me font coucher les oreilles sur mon crâne et ma tête se tourne observant ce qui se trame dans notre dos. Des passants, juste de passants, mais pas que cela non. Mon Viking, il me semble que si tu ne t’es pas laissé aller à tes désirs, c’est peut-être eux qui viennent à toi… Arquant un sourcil, je sens l’océan de tes iris venir se déposer sur moi, continuons notre route mon Àsgard, la nouvelle ne devrait plus tarder à arriver. Curieux et pourtant confiant tu continues ta route avant de t’arrêter, ta route coupée par l’étrangère. Ton visage s’assombrit, se plissant, se fronçant. Surprenante réaction avant qu’il ne se détende, comprenant vraiment de qui il s'agissait, mettant enfin un visage sur ces charmantes courbes que tu avais pu voir quelques secondes auparavant. Tu n’es pas déçu, au contraire allant même combattre les idées certes passagères mais pourtant bien peu catholique que ton cerveau t’envoie. Est-ce si dur que ça d’être un homme, d’être Àsgard ? Vision non exposée, tu te rattrapes en pensant à ta mère qui n’avait de cesse de te dire que la femme se respecte. Le respect tu l’as il n’y a aucun doute là-dessus. Le côté animal, voire même bestial dans certaines conditions, tu l’as aussi et tu sais parfaitement que tu l’as hérité de ton père. Merci papa Thörgys ? …
Pas le temps d’y pensais plus, trop concentré à ne pas la dévorer des yeux et paraitre un tant soit peu correcte aux siens. Et la pluie cesse alors que tu fermes les yeux fortement, visage se ridant de douleur à l’écoute de cette phrase prononcée. Tu prends un moment avant de lui répondre, essayant de te retrouver les mots justes sans cet accent qui a eu l’étrange capacité d’étrangler ta langue maternelle.

On aurait presque dit une phrase toute droit sortie d’un traducteur linguistique…

Indignation ? Peut-être pas jusque-là non il est juste difficile de savoir si tu t’offusques de sa manière de parler, de t’aborder ou d’autre chose. En vérité, il n’en est rien. Tu lui souris, tes yeux bleus croisant l’émeraude des siens. Vaut-elle autant qu’une pierre précieuse mon Àsgard ? Tu as peut-être envie de savoir, tu ne te le caches pas. Oh oui tu lui souris et tes dents blanches se découvrent avant de regarder la carte qu’elle a entre ses mains. Si tu osais… Si tu osais mon Viking… Tu t’abstiens et te postes à côté d’elle, regard plongé sur la carte, ne la tiendrait elle pas à l’envers mon Àsgard ? J’éternue, étouffant un aboiement à cette constatation et reculant de quelques pas, seulement par précaution. Tu t’empares du papier, risette ne quittant plus ta figure, afin qu’elle puisse déjà la tenir dans le bon sens.

À Svolvær, lorsque tu es face à l’océan c’est que tu as le sud/sud-est devant toi. À l’ouest tu verras la suite des Lofoten. Déposant une main sur l’une de ses épaules, tu la tournes délicatement face aux fjords qui se jettent dans l’immensité bleue, quittant les iles pour rejoindre le reste de la Norvège. Tu as trouvé une manière d’oser, garnement ! On est ici, sur Storøyveien, à l’opposé de là ou tu veux aller. On est sur le côté ouest de la ville et il faut que tu ailles jusqu’en bas pour trouver le bar. Tu descends la rue jusqu’au rond-point, là-bas tu prends sur ta gauche et empreinte Brugata. Tu vas jusqu’au bout, tu ne t’occupes d’aucun croisement, tu continues toujours tout droit et prends la Rich withs gate. Tu marches jusqu’à l’angle de la rue pour tomber sur Torget. Styrhuset sera à l’un des angles de la rue. Je ne sais plus quel numéro il porte, mais tu ne pourras pas le rater.

Non elle ne pourra le rater c’est certain. L’emploie du vouvoiement n’existe pas en Norvège. Le tu, le vous ça restera toujours du. En même temps que tu t’adressais à elle, ton doigt parcourait la carte, tes yeux recherchant les siens à la fois pour avoir le loisir de les retrouver mais aussi pour être certain, au travers de son expression qu’elle comprenait ce que tu étais de lui raconter. Pourtant tu ne pourrais rien affirmer à ce sujet-là. Rapidement tu regardes ton téléphone en apercevant l’appel de ta mère. Elle doit probablement s’inquiéter de ne pas te voir l’appeler pour lui dire que tu quittes les iles Lofoten. Une vraie mère poule tant avec son mari qu’avec ses enfants. Ses 4 enfants, Heathcliff ne dérogeant pas à la règle même s’il a fallu que tu t’interposes, cherchant à le remettre dans le droit chemin bien qu’un peu brutalement. Tu laisses l’appareil retrouver le fond de ta poche levant la tête en sentant là pluie s’arrêtait pendant que le soleil se tente quelques timides éclaircies. Il sortirait avant demain, le doute n'est pas possible. La capuche du sweat tombe sur tes épaules au mouvement de la tête, le bout de ta tresse venant y trouver refuge pendant que tu retrousses tes manches. Il fait bon mais un peu plus frais ne serait pas de refus, n’es-tu pas d’accord mon Viking ? Non, ce n’est pas toi qui défendra le contraire, toi qui crains la chaleur. Tu attends un instant, le temps tourne et tu sens que les heures qui te restent à parcourir pour rentrer chez tes parents vont être longues. Encore plus avec seulement trois heures de sommeil. Mais tu luttes malgré tout. N’est-il pas plus raisonnable de dormir sur place ? Tu as des heures à rattraper et ce n’est pas seulement soixante minutes de trajet que tu as à parcourir. Si tu fais un pas en arrière, c’est pour ne plus entraver la femme, ton regard venant trouver le mien alors que je sors la langue de ma gueule, sagement assise un peu plus loin. Tu hésites, tu ne sais pas trop quoi faire, tu sais tout le travail que ton père à encore à faire et tu n’as pas envie de le laisser seul malgré son mauvais caractère. Malgré votre mauvais caractère à chacun devrais-je même dire. Tu fronces tes sourcils et je rentre une partie de ma langue, penchant la tête. Attention mon Àsgard, c’est peut-être toi qui paraitra louche à te comporter trop normalement avec moi.

Alle Dyr un point et zéro pour toi mon Viking. Ça va n’en fait pas trop non plus. Très bien, je n’en dis pas plus te laissant à cette superbe occupation que tu sembles avoir trouvé aujourd’hui mais que tu risques de devoir abréger pour retrouver ton foyer. Néanmoins, silencieusement, tu l’invites à te suivre juste pour faire le bout de la rue avec elle. Tu sais que tu ne peux pas rester, qu’il va falloir que tu t’en ailles. Cependant si tu peux passer quelques secondes de plus, si tu peux faire en sorte de la revoir qu’importe le moyen, immédiatement les six heures de route en direction des Lofoten ne te dérangeront absolument plus même si n'est question que d'une fois. Il y a des gens comme ça qui vous attire et sans savoir si c’est juste sexuel -oui ne nous leurrons pas, en se limitant uniquement au physique il est impossible de rêver plus-, ou si c’est encore autre chose. L’appel de la chaire ? L’attirance physique, voilà quelque chose de bien complexe à comprendre que Ingrid n’aimerait pas prendre connaissance… Ne devais-tu pas la voir aujourd’hui ? Thörgys a bon dos en t'envoyant ici n’est-ce pas ? Ta mère n’aime pas cette femme qu’elle traite de gamine et pour cause c’est peut-être parce qu’elle la sait tellement soumise à toi qu’elle aimerait que tu la lâches. Mais il y a ce petit quelque chose qui fait que vous restez ensemble. Ce petit truc qui fait que ton caractère est bien trop fort pour elle. Il l’écrase dans tous les sens du terme… Une chance tout de même, tu n’as jusqu’alors, jamais été volage ! Peut-être est-ce grâce à l’éducation que ta mère t’a porté, cependant, ne ditons pas qu’il y a une première fois à tout ? En d’autre circonstances, si le temps t’avait été gracieusement offert, j’aurais été bien curieuse de voir jusqu’où tu aurais pu pousser le vice. Dragueur, charmeur, tu n’auras pas une seconde pour l’être aujourd’hui mon Àsgard. Dommage… ?


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MessageMar 19 Juil - 14:49
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L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Oh oui, ces yeux... ils sont magnifiques, et le reste du visage auquel ils appartiennent est loin d'être désagréable non plus, même plissé comme il l'est maintenant, tirant une grimace d'excuse à l'italienne. L'accent, elle en mettrait sa main à couper. L'accent italien sur les mots norvégiens, son accent méditerranéen plein de soleil et de chaleur, il n'est pas du tout à sa place dans ce pays de fjords et de neige. Mais il semble avoir compris au moins, l'homme au chien, réponse prononcée de manière si fluide et aisée surtout en comparaison de la sienne, bien trop vite pour que ses oreilles et son esprit ne puisse saisir autre chose que des bribes, la faisant cligner des yeux. Elle a renoncé à devenir interprète pour une raison, Elisa, les mots écrits sont plus doux avec elle, ils ne se collent pas les uns aux autres jusqu'à n'en former qu'un seul qui semble ne pas avoir de fin. Et dire que ce n'était qu'une phrase... ça promet pour la suite, regard vert retombant un instant sur sa carte en se demandant si elle réussira à retrouver son chemin même avec de l'aide tout compte fait.

D'un autre côté, face à ce sourire, ça semble presque moins important, italienne y répondant sans restreinte alors même qu'elle se reprend intérieurement. Des beaux gosses, elle en a déjà vu, ce n'est pas parce que celui-ci veut bien l'aider qu'elle doit lui sauter dessus. Pas qu'elle y ait pensé. Ou alors juste un peu... mais qu'importe, ce n'est pas la question du moment, même si elle sait pertinemment qu'une partie de son esprit reste occupée à l'admirer. Regarder ne fait pas de mal, en effet. Se rendre compte que sa carte était à l'envers, par contre, grandes mains s'en emparant et la remettant dans le bon sens alors qu'un son blessée s'échappe de sa gorge, est autrement douloureux. Elle se savait peu douée pour naviguer, Elisa, mais de là à se tromper de la sorte... Au moins le norvégien semble plus amusé qu'autre chose tandis qu'il recommence à parler toujours aussi vite, main sur son épaule la faisant pivoter n'aidant pas sa concentration. Elle peut littéralement entendre ses fils de pensées stopper en un crissement de gravier digne d'un cartoon, le discours lui échappant totalement à l'exception de quelques mots reconnaissables même avec ce débit impossible. Au moins il y a la vue sur le reste des Îles qu'elle boit du regard, fascinée. C'est magnifique, le murmure émerveillée lui échappant de lui-même.

Ça ne l'aide pas à saisir l'explication pour autant, regard se baladant entre celui du Norvégien et l'itinéraire tracé sur la carte, visage éternellement amusé ne trahissant rien de son incompréhension jusqu'à ce qu'il s'arrête. Alors le sourire s'agrandit et prend un tour dépréciateur alors qu'elle lève les mains l'italienne, en un geste qui dit bien combien elle est toujours impuissante, se tournant encore un peu plus vers l'homme.

"Je n'ai absolument rien compris. Mais merci !" Encore une phrase qu'elle maîtrise à la perfection, accent excepté.

Si, pardon, elle a compris qu'elle allait dans la mauvaise direction, regard replongeant dans la carte quelques instants avant de se reporter vers le norvégien, protestation mentale lui échappant aussitôt en constatant les manches retroussées et la capuche abaissée. Ce n'est pas possible, comme si il n'était pas assez attirant avant ! Les paupières s'abaissent un instant, pensées éclaircies d'un geste de la tête, et elle rouvre les yeux, sourire reprenant sa place en notant l'invitation muette, italienne prenant sans crainte sa place aux côtés du Viking, regard reprenant aussitôt son errance le long des bâtiments et des visages croisés et ne manquant jamais de passer quelques instants sur son compagnon de route, observant ses traits et la tresse blonde avant de se lever sur le ciel encore couvert en dépit des rayons hésitants qui filtrent à travers, de s'abaisser vers le chien sans laisse qui marche au pas, et d'être de nouveau attiré par un éclat dans une vitrine ou la couleur d'un bâtiment. Ça n'a rien à voir avec les rues de Naples, pas de fils à linge tendus au milieu de la rue ou de peintures religieuses sur les murs, pas de ruelles labyrinthiques dans lesquelles bizarrement elle ne se perd pas ni de soleil qui cogne et cogne et dore la peau tandis que la moindre parcelle d'ombre devient un refuge bienvenu, dans le simple espoir de subir quelques degrés de moins.

L'idée de tenter de faire la conversation la traverse un instant, aussitôt balayée, son niveau clairement insuffisant pour arriver à suivre le Viking, épaule se haussant avec philosophie. Il lui rend simplement un service de toutes façons et il est plus qu'improbable qu'ils se recroisent, mieux vaut ne pas en faire plus qu'un étranger particulièrement plaisant à observer. Développer plus qu'une admiration méritée pour son physique (et sa voix murmure une pensée, faisant se lever les yeux au ciel alors qu'un sourire résigné plisse ses lèvres l'espace d'une seconde) ne serait pas une très bonne idée, même en omettant le fait qu'il lui soit venu en aide. Elle se sait jolie fille, un argument de poids quand elle a besoin d'un quelconque service, même si elle préfère ne pas en jouer. Elle s'amuse néanmoins quelques instants avec l'idée, la réaction de Papà alors qu'il voit ses peurs se réaliser, les yeux de Mamma si semblables aux siens qui pétillent de rire avant qu'elle n'aille consoler Papà, et elle en rit elle-même, idée aussi remisée, trop ridicule et cliché pour être considérée plus l'instant. Tout le monde n'est pas ses parents, même si elle continue à espérer ce qu'ils avaient et à rester détachée des histoires de cœur qu'elle observe autour d'elle, se contentant d'admirer sans s'impliquer davantage. C'est plus simple, vraiment, et non, ce n'est pas juste qu'elle a peur de rencontrer un gentil garçon comme le lui disent ses cousines et Nonna. C'est plus qu'elle se connait assez pour savoir qu'un gentil garçon comme elles le disent l'ennuierait profondément, qu'elle n'a pas la moindre envie de brider son intelligence ou sa bonne humeur et son goût pour la société simplement pour flatter un ego comme elle a pu voir certaines de ses amies le faire. Si elle doit le faire un jour, ce sera pour quelqu'un qui en voudra la peine, et qui ne lui demandera pas. Certainement pas pour un beau gosse croisé dans la rue, même un qui rend service. Qui fait ça, vraiment ? Il faudrait vraiment croire au prince charmant, pour ça. Sans façon.

La fin de la pluie semble avoir fait sortir d'autres touristes, plus de gens sur le trottoir, Elisa se rapprochant machinalement du Viking pour éviter d'être bousculée, épaule effleurant son bras au passage sans qu'elle y prête attention. Le bout de la rue se rapproche, main se crispant un instant sur la carte qu'elle a repris, avant qu'elle ne décide à la place de la replier et de la ranger dans son sac, aux côtés du dictionnaire qu'elle préfère oublier. Ce n'est pas avec lui qu'elle va apprendre la langue, c'est en faisant attention à ses cours (plus attention. Il va peut-être falloir perdre l'habitude de s'installer aux côtés de Svetlana, même si le fait que la russe est plus douée pour l'oral que pour l'écrit rend leur collaboration assez efficace. Rendrait, plutôt. Il faudrait qu'elles cessent de se laisser distraire pour ça. Peut-être demander à Luka de se joindre à eux, le finnois est doué pour rappeler les gens à l'ordre.) et en explorant, en rencontrant des gens et en forçant ses oreilles et son esprit à dissocier les sons et retrouver les mots. Ou en parlant. Oups.

Le sourire s'agrandit à cette idée tandis qu'elle relève la tête vers le norvégien, mains délaissant son sac pour relever un peu plus son chapeau, quelques boucles en profitant pour chatouiller son visage avant qu'elle ne les replace derrière son oreille, le geste automatique.

"Merci encore... Je crois que j'aurai fini dans l'océan à ce rythme !"

Les mots sont hésitants tandis qu'elle les passe et repasse dans son esprit pour s'assurer de ne pas avoir fait d'erreur de grammaire ou de vocabulaire, rassurée de savoir que ce ne devrait normalement pas être le cas et que son accent et sa prononciation restent ses seuls ennemis, comme toujours. Elle est désolée pour ses oreilles, vraiment.
AVENGEDINCHAINS
  
MessageMar 19 Juil - 19:22
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Je brulerai en enfer pour te protéger...


Àsgard & Elisa
Tes dents se découvrent au moment où tu l’entends te raconter qu’elle n’a décidément rien compris à ce que tu as souhaité lui expliquer. Ce n’est pas grave, tu t’y reprendrais une seconde fois. Mais plus tard, oui seulement plus tard. Repousser un peu la chute, l’inévitable ? C’est ainsi que nous pourrions le définir effectivement. Préférant donc rester et marcher, tu ne lui répondras que dans quelques minutes, après tout rien n’est vraiment urgent et si tu aperçois le rondpoint au loin, tu retiens ton soupire. Oui le temps s'écoule trop rapidement mais est-ce là la même impression pour cette personne qui continue de faire incessamment vibrer ton portable. Ton âme commence à râler intérieurement et tu te dis que cela doit bien pouvoir attendre quelques secondes de plus, c’est bon, tu ne vas pas continuer plus longtemps avec cette étrangère. Une main glisse sur ton crâne, pensif alors que tu t’arrêtes sur le trottoir, destination atteinte.

Maintenant, c’est à gauche, tu continues tout droit sans jamais t’arrêter à moins que tu n’aies pas d’autre choix. La route tournera sur la gauche, tu prends cette direction. D’un côté tu auras l’océan, de l’autre les bâtiments, le pub se trouvera sur ta gauche, il est bien visible.

Tu avais compris la leçon, tu parles donc moins vite, plus clairement toujours accompagné de l’incessante recherche de son regard, son si captivant regard. Tu as envie de lui retirer son chapeau, de découvrir ce qu’il se cache sous celui-ci. Ta main te démange et finis par la glisser dans ta poche, coupant l’énième appel au passage. Je te regarde, quelque chose n’est pas normal, qu’importe de qui il peut s’agir, s’ils cherchent autant à te joindre c’est qu’un truc cloche mon Àsgard, il est peut-être temps de t’en soucier. Tu sors l’appareil de ta poche, regarde le nombre d’appels manqués et continue de passer outre le fait que ta famille puisse chercher à communiquer avec toi.

Est-ce que je peux t'-…

Le numéro de ton père. C’était le dernier manquant de la liste. Si tu ne réponds pas, tu sais que tu n’as pas intérêt à rentrer chez toi avant plusieurs jours. L’invitation à aller boire un verre avec elle tombe à l’eau, elle coule au fin fond des océans, irrattrapable.

Désolé.

Et tu décroches, par chance c’est ta mère qui s’en sert et rapidement elle commence à monter dans les tons pour savoir pourquoi tu ne lui réponds que maintenant, qu’est-ce que tu pouvais bien faire pour qu’ils aient tant besoin d’insister. S’ils savaient mon Àsgard, si seulement ils savaient… Tu perds ton sourire, ton visage se durcit, il devient grave et ta mâchoire se serre accompagnée de ta main qui suit le mouvement. Tu te tournes, fait quelques pas loin de la femme et tu t’en veux. Tu regrettes tellement d’avoir pu faire passer quelqu’un d’autre avant ta famille. Heathcliff est à l’hôpital, plongé dans le coma. Personne ne sait ce qu’il s’est passé, une heure qu’il est branché et une heure qu’il ne s’est toujours pas réveillé. Ce petit frère, tu y tiens plus que tu ne le pensais, aussi fortement que Abram ou Kjeld. Il est un membre de ta famille, le sang n’a finalement que peu de signification pour toi avec lui. La colère monte et l’inquiétude se fait de plus en plus grande. Sans t’expliquer tu dis à ta mère que tu quittes les îles dans quelques minutes, le temps d’aller à la voiture et de la démarrer. Elle te supplie de faire attention, tu lui dis que tu feras ce que tu peux. D’avance, elle sait que tu ne respecteras pas son souhait, elle sait combien la famille peut avoir d’importance pour toi, combien même si tu donnes l’impression de régulièrement t’en détacher tu peux y tenir bien plus que ta vie. Elle sait que tu n’arriveras pas à être raisonnable et tu continues de t’en vouloir. Si tu avais su… Tu commences à courir, empruntant le chemin du retour et tout de même tu pivotes, tu la cherches du regard cette touriste et tu ne la trouves plus, gens se mélangeant en masse pendant que l’astre du jour leur fait l’honneur de se présenter à eux, éclaircissant et réchauffant cette fin de journée. Tant pis pour toi, tu ne pouvais plus rester, depuis quelques secondes, c’était proscrit, quelque chose de bien plus important t’attendais là-bas, loin d’elle, loin des Lofoten. Que vaut une femme face à un frère ? Si peu. C’est si infiniment ridicule que tu ne t’attardes même pas sur la question, tu savais ou se trouvait ta priorité et tu ne cesserais de courir que lorsque tu serais à son chevet. Tu as peur pour lui. Terriblement peur.

Protège ta famille. Cette phrase, elle se bouscule dans ta tête et tu donnes tout ce que tu as pour rejoindre le pickup, évitant les passants de justesse par moment. Course folle, course effrénée, tu angoisses de plus en plus. Tu aurais tout donné pour être là, avec lui et qu’il ne lui arrive rien. Si c’était ta mère qui s’est toujours le plus occupée de vous tous, c’est ton père qui t’a inculqué certaine des plus grandes valeurs. Protège ta famille. Tu ouvres la porte, je saute en te passant devant pour gagner ma place alors que tu en fais de même pour rejoindre la tienne. Moteur qui démarre, véhicule qui tire sa révérence. Ces heures-là seront les premières heures les plus longues de ta vie et quelque part au fond de toi, tu te jures de ne pas laisser cet acte impuni. Certains diront que le sang appelle le sang, pour ton cas, aujourd’hui, rien n’est plus vrai.

Sur la route ton esprit est occupé et en signe de stress, c’est ta main qui passe un nombre incalculable de fois dans tes cheveux. Par moment tu arrives quand même à décrocher un sourire, secouant ta tête en repensant à cette inconnue. Non décidément, toi-même est d’accord pour dire que dans l’histoire il y en aurait eu une qui n’aurait absolument pas approuvé tes idées bien que tu n’aies eu aucun geste déplacé. Ta mère par contre, elle s’en réjouirait peut-être après t’avoir fait la morale que ce n’est pas bien de tourner autour d’une fille alors que tu es avec quelqu’un. Tu lui aurais souris, lui affirmant que tu sais déjà tout ça pour finir par la serrer dans tes bras. Des fois, elle a tendance à refuser le fait que tu grandisses. A-t-elle peur de te perdre ? Voit-elle que tu deviens plus vieux que ce qu’elle ne voit, elle ? Quoi qu’il arrive, qu’importe le nombre d’année qui passe, tu resteras toujours son enfant. Celui à qui elle n’hésite pas à parler de ses difficultés ou de ses disputes avec son mari, celui à qui elle confie le plus de responsabilités. Son fils ainé. Solfrid, c’est une femme fière, c’est une femme forte -probablement plus que ton père dans tous les domaines-, et de la force pour vivre avec cinq hommes -sans compter vos caractères à ton père et toi- en étant la seule femme, avec cinq daëmoniens en étant la seule humaine, il en faut. Alors oui, ta mère, elle sait que cette enfant, cette Ingrid ne pourrait jamais te satisfaire sur le long terme mais tu n’en tiens pas compte et tu lui réponds toujours avec tout ton amour pour elle que ça ne la regarde pas. Ce à quoi elle te répond : tu es mon fils, bien évidement que ça me regarde !

A Ingrid, tu lui passes d’ailleurs rapidement un coup de fil. Elle semble inquiète, si elle était au courant de tout… Pauvre malheureuse… Tu essaies de la rassurer mais ne t’éternises sur aucun sujet, tu n’en as pas envie, après tout cela la regarde-t-elle vraiment ? Je grogne quand tu me regardes. Négatif, je ne pouvais être d'accord, probablement trop imprégnée de l’avis de ta mère face à ta copine actuelle. Au final tu te contentes de lui expliquer que tu reviens des îles Lofoten pour ton père, sautant sans surprise le passage concernant la femme rencontrée -elle n’a pas à savoir, elle n’a pas besoin de savoir-, et que tu te diriges en direction de l’hôpital le plus proche de chez tes parents, un de tes frères s’y trouvant. Elle demande si elle peut te rejoindre et tu fermes immédiatement la discutant en refusant sa demande. Aujourd’hui n’est pas le jour où tu as réellement envie de la voir… Rapidement tu raccroches et appuies toujours plus sur l’accélérateur, ce vieil engin n’a jamais dû rouler aussi vite de sa vie. Minuit passe, le soleil brille encore dans le ciel et tu arrives à destination…

  
MessageMar 19 Juil - 21:54
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L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Instants de silence alors qu'ils marchent côte à côte, les consignes pour trouver le Styrhuset finalement répétées, plus lentement, plus clairement, plus concises aussi, simplicité des directions tirant un soupir de soulagement à l'italienne une fois qu'elle est certaine de ne rien avoir manqué. Tout droit, à gauche. Même ça elle devrait s'en rappeler et être en mesure de suivre, sourcils se fronçant quand même en se demandant ce qu'elle devra faire si elle n'est plus en mesure d'aller tout droit. Prendre à gauche et rattraper le tout droit le plus vite possible, probablement, idée familière et rassurante. Les changements de direction forcés, ils sont familiers eux, plus familiers que lire une carte ou regarder les noms des rues. Dommage qu'elle ne soit pas bâtie comme Naples cette ville, là elle se serait repérée sans la moindre difficulté. D'un autre côté, les chances de tomber sur un géant blond à barbe et yeux impossiblement bleus à Naples... mieux vaut ne même pas les considérer, vraiment. Ça doit être quelque part dans les probabilités négatives, réflexion faisant se froncer son nez tandis qu'elle remercie de nouveau son compagnon. Enfin, mieux vaut ne pas y penser, c'est sans importance, sourire reprenant sa place alors qu'elle croise une nouvelle fois les yeux bleus. Difficile de s'en détacher longtemps, vraiment, ils sont bien trop fascinants.

Son visage s'incline sur le côté en entendant l'amorce d'une question, regard clignant en attendant le reste de la phrase se transformer en une question, haussement d'épaule balayant l'excuse. Elle ne sait pas qui est au bout du fil et n'est qu'une étrangère, inutile de s'excuser, vraiment. Ce peut-être un employeur, une copine (parce que vraiment, un beau gosse comme ça célibataire ? On est pas dans un conte de fées, et l'image lui tire un rire réprimé), un membre de sa famille, des amis, n'importe quoi. Une bonne nouvelle comme quelque chose d'insignifiant, même si la main crispée qu'elle aperçoit entre deux passants indique que ce n'est probablement pas le cas. Dommage, elle espère que ce n'est pas trop grave quand même, main se levant en un geste de salut adressé au dos tourné et entièrement inutile avant qu'elle ne se détourne, portable tiré du sac le temps de vérifier l'heure, lèvre mordue pensivement alors qu'elle se demande si envoyer un sms aux deux autres est vraiment nécessaire. Probablement pas, les indications étaient claires, elle ne pense pas être capable de se perdre sur une ligne droite, surtout de jour. Elle ne peut pas s'empêcher de se demander ce qu'il allait dire par contre. Probablement s'assurer qu'elle avait bien compris ses directions, ou si elle avait besoin qu'il lui retrace l'itinéraire sur la carte, ce serait le plus logique, épaules se haussant de nouveau tandis que son regard se porte sur le ciel qui s'abeausit, main ôtant le chapeau au passage et le gardant entre ses doigts, visage se levant au ciel pour mieux profiter des rayons. C'est agréable. Différent du soleil auquel elle est habituée. Peut-être même encore mieux, simplement pour la nouveauté, même si elle se passerait volontiers du soleil nocturne et des stores qui l'accompagnent. Il doit bien être possible de mettre des volets à l'intérieur ?

Le rond-point, et l'italienne se retourne une dernière fois en riant d'elle-même juste pour le jeu de voir si elle parviendra à retrouver la tresse blonde, rire redoublant en constatant sans surprise que c'est impossible avant que le son du passage piéton ne l'informe qu'elle peut traverser. Ça, elle aime bien, Elisa, le signal sonore des passages piétons, parfait pour tirer des rêveries et informer qu'il faut se dépêcher si on ne veut pas rester coincée là quelques minutes encore, comme elle est sur le point de devoir le faire. Pas la peine d'hésiter sur la direction, elle s'élance avec le reste des passants, navigant entre eux dans un grand sourire et continuant sur sa route, sonnerie du portable attirant son attention en signalant un message. Perdue ? Besoin que je vienne te chercher ?Tout va bien, je sais où je vais, pour une fois ! Le message est rapidement envoyé, italienne riant d'avance en imaginant la tête de Samuel. Le téléphone sonne de nouveau, Elisa le passant rapidement en vibreur avant de lire le message. T'as su lire ta carte ? Je suis surpris. Et prépare-toi à l'interrogatoire de Svet, elle a lu par-dessus mon épaule.

Heureusement qu'elle doit juste aller droit Elisa, regard se levant quand même régulièrement du téléphone pour s'assurer que tout va bien, allure s'accélérant en constatant que la rue tourne bien sur la gauche, soupir sincère de soulagement lui échappant en se retrouvant face à l'océan. Bien, maintenant, à gauche, et elle ne peut pas manquer le bar. Tant mieux, elle aurait détesté se perdre au dernier moment, et ne manque pas de faire le v de la victoire à ses colocataires en rentrant dans le bar. Leur table est prêt de l'entrée, bière l'attendant déjà, un paquet de salmiakki devant, faisant briller ses yeux tandis qu'elle le sort promptement de son plastique et en sort un, goût de la réglisse salée envahissant aussitôt ses papilles. Si on lui avait dit qu'elle dévorerait ça par paquets entiers...

"Grazie ! Ça va, vous avez pas eu de problèmes avec la pluie ?"
"Sérieusement, Elisa ? Tu trouves ton chemin et tu crois pouvoir nous distraire ? Raconte, ou j'reprends ton salmiakki !"


D'instinct, la main se pose sur le petit paquet, sourire plein de dents envahissant le visage de l'italienne avant qu'elle ne dissimule la boite dans sa poche et prenne une gorgée de bière, yeux pétillants observant la russe aux cheveux blonds en pétards avant de glisser vers le français à l'éternelle barbe de trois jours, duo la fixant avec une expression explicite qui la fait éclater de rire. Accouche.

"Ok, bon, j'avoue, je me suis perdue, pas de surprise jusqu'ici... Mais Mamma mia, j’ai croisé un de ces beaux gosses aujourd’hui… A croire que Balder marchait au milieu des humains ! Et son chien était magnifique… Enfin, vous pouvez le remercier, je serai probablement restée perdue sans lui !"

"Nous faut plus de bières. Et toi, raconte, et avec les détails !"

AVENGEDINCHAINS
  
MessageMer 20 Juil - 0:41
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Et si rien n'existait et que nous étions tous dans le rêve de quelqu'un ?


Àsgard (26 ans) & Elisa (22 ans)
Mi-juillet 2007 ; Îles Lofoten.
Notre vie, elle avait changé, au moins un peu. Après l’histoire d’Heathcliff, après ma stabilisation, sortir était devenu tout ce qu’il y avait de plus compliqué, parfois même impossible. Tu n’en étais pas forcément plus malheureux, tes amis venaient te voir, Ingrid aussi bien qu’un peu trop souvent à ton gout au point de te donner l’impression qu’elle te bouffait ta liberté et les road trip commun à la bande ne changeaient pas. Presque tout était comme avant. Presque, si on oubliait le fait que tu acceptais moins difficilement d’aller livrer les viandes de ton père tout à l’ouest de la Norvège pendant un moment. Était-ce de l’espoir ? Ta mère n’avait rien dit, toi-même étant pourtant certain qu’elle avait compris quelque chose qui t’échappait à toi-même. Le passage de cette femme, tu as été incapable de le lui cacher. Elle ne t’avait pas loupé dans l’interrogation et usant de son statut de mère de famille et toi subissant celui d’enfant trop respectueux. Elle avait appris… D’un sourire tu te remémores sa réaction : quand est-ce que tu quittes Ingrid ? Maman… Ce mot en suspend raisonnant bien trop comme une négation, elle se vengea, amusée, à te faire des remontrances. Elle l’avait finalement pris bien mieux que ce que tu aurais pu t’imaginer et ton père derrière qui te félicite d’un clin d’œil, Dagmar m’adressant le message que Solfrid ne connait pas les plaisirs de la vie, c’est pour ça qu’elle est si rabat-joie sur le sujet. Thörgys n’avait jamais trompé sa femme, ta mère. Il savait qu’elle lui ferait tout bonnement un ravalement de façade si jamais il osait un jour aller voir ailleurs. Celles d’avant par contre, ils ne s’étaient jamais privé lorsqu’une femme lui plaisait... Il est loin d’être un exemple Àsgard ! Elle n’avait pas besoin d’entendre la daëmon de son mari parler pour savoir ce qu’il se tramait comme échange dans son dos. Puis cette fille au physique ravageur et aux formes délicieuses, tu finis par passer à autre chose, résigné que de toute manière tu ne retomberais plus jamais sur elle. Le monde est vaste mon Àsgard, cependant, ne dit-on pas qu’il n’y a que les montagnes qui jamais ne se croisent ? Tu n’y croyais pas et encore moins pour une histoire de bon moment à partager. Ça n’a pas de valeur. Peut-être est-ce pour cela que tu ne t’es finalement jamais séparé d’Ingrid.

Quatre heures du matin, tu remplis le camion réfrigéré que ton père a pu s’offrir et tu prends la route. En week-end, travail au bureau fini, tu acceptes d’aider ton père au moins encore pour le restant de l’été. Aujourd’hui tu as plusieurs escales et le dernier point de livraison, encore et toujours le fameux Rackam. Toujours autant asocial qu’un mois auparavant. Échange de viande, ton père fait passer du lait, de la vache, du bœuf plus rarement et des chèvres. En contrepartie on vient lui livrer des saumons, du cochon et des légumes voire quelques fruits quand l’occasion se présente. En été il faut en faire absolument le stock car là ou vous habitez, à l’approche de l’hiver, impossible de faire pousser quoi que ce soit. Tout du moins, ton père n’a pas encore trouvé la solution même s’il y réfléchit de plus en plus. Des échanges de bons procédés, chacun y trouve son compte tout en sachant exactement d’où viennent les produits ainsi que la manière dont ils sont traités. Chacun t’attend, ils ont confiance, ils savent que ton père ne les roulera pas dans la farine alors qu’il a été livré avant que lui ne les distribue. Onze heures et tu rentres sur le territoire des îles Lofoten, le pisciculteur servi, tu quittes la ville pour t’enfoncer dans les contrées un peu plus sauvages, là où les touristes n’ont pas pour habitude de venir, là où les rivières circulent pour que je puisse m’y plonger sans être remarqué.
Cette fois ci tu avais prévenu ta mère que tu profiterais d’être ici pour y rester un peu plus longtemps. Loin des sentiers de randonnée, le véhicule garé à vue tu t’approches des rares plages qui jonches les pieds des fjords. Lézard d’eau douce j’ai clairement du mal avec l’océan, mais on apprend à s’adapter, ne serait-ce qu’un peu. Tu as des points d’eau un peu plus haut, tu veux y aller ? De mon regard tu rebrousses chemin pour prendre la direction des hauteurs, panorama d’exception du t’assoies sur l’herbe verte et inspire dans une vague de bien être, éteignant même ton téléphone pour ne pas qu’Ingrid puisse venir te déranger après avoir rassuré ta mère de ton arrivée et de répéter ton souhait de rester plus tranquillement dans les Lofoten.

Si tes yeux sont fermés, un groupe de personne se distingue au loin, me poussant à ce que je m’éloigne en courant pour plonger dans le premier fleuve qui court sur ces terres. Pourquoi tu fuis ? Du monde approche mon Àsgard. La couleur céruléenne de tes yeux s’ouvre sur le monde et tu tournes ton crâne, yeux un peu froncés comme si tu voulais voir plus loin. Après tout ils font ce qu’ils veulent et toi aussi, du moment qu’ils ne viennent pas te taper la discussion, ça te convient…

Mais ils s’approchent. Mais tu tournes encore la tête vers eux. Mais tu la reconnais. Un sourire en coin s’étire sans que tu n’aies vraiment de raison. En fait si, ta raison, elle est à plusieurs mètres, c’est cette femme, cette étrangère, cette inconnue. Bye bye Ingrid ? Suffit. Et tu reportes ton regard au loin. Tu ne veux pas la déranger alors qu’un petit quelque chose gronde en toi d’envie d’aller la voir. Tu ne t’y attendais pas ou tu ne t’y attendais plus, la surprise ne peut être que plus grande et cette fois ci, de là ou tu es c’est toi qui lève la tête pour l’observer de là où elle se trouve. Aussi loin, tu ne pensais jamais la retrouver si proche de toi. Tes yeux se baissent sur le sol. Est-ce que tu oses un peu plus que la dernière fois cette fois ci ? Le haut de mon crâne s’extirpe de l’eau, souhaitant assisté à tout ça. Tu passes tes mains sur tes cheveux dont les côtés continuent de pousser. Tu as eu le dernier mot face à ton père. Puis tu attends, juste un peu, juste qu’ils soient à proximité de toi te demandant si elle t’avait ou non déjà reconnu. Étrangement tu sais qu’aussi animal puisses-tu être, cette chasse n’avait plus vraiment la même saveur qu’au départ. Choc face aux malheurs qui sont arrivés à Heathcliff ou un peu plus stable dû à mes arrêts de changement physique ? Peut-être un peu des deux, pourtant tu sais que tu es obligé de baisser le regard. Seulement pour te reconcentrer. Seulement pour continuer à ne pas la dévorer de tes deux yeux bleus. Tu inspires, fait au maximum de vide en toi et tu te lances. Cette fois ci, le contexte n’est plus totalement le même, cette fois ci tu avais du temps devant toi, cette fois ci tu pourrais peut-être t’en donner encore plus à cœur joie qu’il y a plusieurs semaines. Prédateur, ce n’est pas dans tes capacités de ronronner mais ton cerveau m’envoie clairement le même genre de messages qu’ils avaient pu me transmettre il y a de ça bien des jours. Un sexe à la place du cerveau… Un soubresaut de tes épaules et tu ries doucement, tes iris se déposant dans la direction de là ou je me trouve. Et ça te fait rire … Tu es désespérant.

Elle est là, à quelques mètres. Tu tournes ta tête, regardes ses accompagnants avant de t’arrêter sur elle et ne plus en bouger.

Bonjour ?

Éternel sourire qui se veut charmeur au possible. Volontairement. Les autres ne t’intéressent pas, tu ne vois qu’elle. Juste elle. Personne d’autre. Mais… Existait-elle vraiment ?

Tu te souviens de moi ?

Parce que moi oui. Te mettre de côté dans ma vie était faisable, t'oublier, un peu plus compliqué.

  
MessageMer 20 Juil - 3:43
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L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Mi-juillet 2007, Îles Lofoten

Elle se demande parfois ce qui l'a amenée à choisir de venir étudier à Bodø, l'italienne perturbée par le soleil de minuit, tandis que la lumière filtre à travers les stores et tente de heurter ses paupières sans succès maintenant qu'elle a pris l'habitude de ramener sa couette au-dessus de sa tête, visage enfoncé dans l'oreiller alors qu'elle dort, comme elle le fait là, souffle apaisé et yeux clos, membres détendus. Elle rêve, alors que la pluie heurte les fenêtres en un staccato qui ne l'entraine que plus profondément dans le sommeil, maison entièrement silencieuse. La salle à manger n'a pas été débarrassée, assiettes et plats laissés là après le repas, colocataires aussi fatigués les uns que les autres s'entassant sur canapé et fauteuils le temps de regarder la rediffusion de Benoni og Rosa, silence seulement rompu le temps de demander la traduction d'un mot ou de vérifier leur compréhension d'un passage. Brutalement, ils ont enfin perçu le résultat de leurs cours, oreilles plus aptes à décrypter les nuances de la langue et bouches formant plus aisément les mots, anglais désormais banni de la salle à manger en plus de la cuisine, accord commun décidant que les chambres, couloirs, et salles de bains restent des zones où toutes les langues sont autorisées. Ils aiment trop échanger des volées d'insultes amusées dans leurs langues maternelles et celles des autres pour mettre fin au jeu.

La nuit passe, masses endormies émergeant lentement à mesure que Lior, premier levé comme toujours, cogne aux portes, leur ordonnant sans ménagement de se bouger afin qu'ils soient certains de ne pas manquer le ferry, cri de Luka qui est tombé hors du lit achevant de réveiller les autres. C'est une procession aux cheveux ébouriffés et aux yeux cernés qui se rend dans la cuisine, Svetlana tombant de tout son poids à moitié sur sa chaise à moitié sur Samuel, français grommelant avant de la replacer sur son siège tandis qu'Elisa prépare le café avec des gestes automatiques et met le pain à griller, Lior collé de force à la vaisselle après avoir oublié les lasagnes dans le four la veille, s'attirant les foudres de l'italienne et du français et les moqueries de la russe et du finnois qui ce matin brouille les œufs entre deux bâillements avant de lourdement tomber sur sa chaise, café servi avant qu'Elisa ne fasse de même, sa main retenant sa tête et l'empêchant de s'affaisser. La conversation débute lentement, première tasse de café les sortant de leur brouillard, gagne en animation à compter de la seconde tasse, mains s'animant tandis qu'ils font leurs plans pour la journée. Expédition dans les Lofoten, encore.

Entre deux gorgées de café, elle accorde une vague pensée à son guide aux yeux bleus avant de retourner à la conversation. Elle ne l'a pas recroisé les deux trois fois où elle est retournée dans les îles, il n'y vivait probablement pas. Tant pis, de toutes façons, elle ne voit pas trop ce que le recroiser aurait pu apporter hormis le plaisir des yeux, rire et haussement d'épaules sa réponse à Svetlana qui ne manque pas de l'interroger de nouveau sur Balder, le surnom resté par commodité. La tasse de café est achevée, italienne quittant la table après une tape compatissante sur l'épaule de Lior tandis que Luka et Samuel commencent à jouer le café restant en faisant une bataille de pouces, Svetlana gloussant discrètement et profitant de leur distraction pour attraper le pot, Lior avertissant aussitôt les deux autres, transformant la bataille en une partie de pierre-feuille-papier-ciseaux. Elle est déjà dans les escaliers, Elisa, quand le cri triomphant de Luka l'informe de sa victoire, lui tirant un rire. Dur de croire que le blond aux boucles angéliques est capable de leur lancer des regards à glacer le sang quand ils se déconcentrent en cours.

Les escaliers vibrent sous leurs pieds tandis qu'ils se préparent et se bousculent, Elisa et Svetlana optant pour aller au plus rapide et partager une des salles de bains, les deux filles ne manquant pas d'adresser un sourire narquois aux garçons quand ils descendent enfin. Et ils les appellent lentes, quand elles les attendent depuis dix minutes déjà, expressions jumelles de malice sur leurs visages, appuyées l'une contre l'autre. Elles ne commentent pas leur retard, regards appuyés sur les jeans et teeshirts des gars et moues peu convaincues suffisantes pour piquer leurs égos avant que la russe n'attrape les clefs de la voiture et ne les lance au français qui les attrape en maugréant contre le sort qui fait de lui le conducteur désigné. Le sort, ou le fait que les quatre autres n'hésitent pas à tricher quand vient le temps de désigner le chauffeur de la semaine, et s'amusent à chaque fois de le voir ne rien remarquer. Changer les jeux ne sert à rien, quand ils sont déterminés à le faire perdre. Ils varient au moins le conducteur pour le retour, Lior aujourd'hui en guise de punition supplémentaire pour les lasagnes, groupe riant alors qu'enfin ils se mettent en route. Ils en ont pour environ quatre heures, ferry compris, parlent déjà d'aller faire un tour sur une des plages avant de changer d'avis et d'opter pour les hauteurs. La plage attendra la prochaine fois, tandis qu'ils sentent le vent fouetter leurs visages et leur ramener l'odeur des embruns par les fenêtres ouvertes de la voiture, Elisa rappelée de pourquoi elle a choisi cette ville, en dépit du soleil de minuit, du vent et de la pluie quand son regard parcourt le port près duquel ils vivent. La ville est simplement magnifique à ses yeux, et empreinte d'une histoire à laquelle elle n'a pas pu résister, trajet en ferry passé accoudée à la rambarde, Svetlana à ses côtés, silencieuses tandis qu'elles contemplent le Vestfjord, rires reprenant alors qu'ils remontent en voiture et se remettent en route, véhicule enfin délaissé au profit du chemin qui les mènera vers les hauteurs et les rivières qui les parcourent.

Ils rient et bavardent tandis qu'ils approchent de l'homme assis sur l'herbe, regard d'Elisa déviant sur lui un instant avant de revenir au débat qui a lieu entre Lior et Luka pour décider qui était le plus irritant entre Jar Jar Binks et les Ewok, balayant la vague impression de familiarité qu'il dégage avant de cligner des yeux, la voix qui s'adresse à eux familière tout comme les yeux qu'elle croise tandis que le groupe se tourne d'un bloc vers lui. Pas de chien, cette fois, l'italienne note en s'approchant d'un pas, sourire amusé aux lèvres face à la question. Le sourire charmeur prête un éclat troublant aux yeux qui étaient déjà impossiblement bleus, mais elle refuse de se laisser affecter tandis qu'elle incline la tête de côté, boucles détachées glissant le long de sa joue.

"Comment aurais-je pu oublier un guide aussi efficace ? Tu vas bien ?"
"Attends, c'est lui qui t'a aidé à trouver le bar ? On doit te remercier alors, pour une fois qu'on a pas à la guider par téléphone ou à aller la récupérer !"
Svetlana. Bien sûr.
"Elle exagère pas au fait, on a dû le faire plus d'une fois. Donc ouais, merci. Et les gars, juste pour info, Yoda était plus énervant qu'eux." Samuel, forcément, tout sourire alors que les deux autres le fusillent du regard.
"Hérétique. Salut au fait." Lior, qui commence à approcher de Samuel, le poussant à s'enfuir en courant et le poursuivant.
"Mort à Samuel !" Luka, qui ne se soucie même pas de saluer le norvégien, trop occupé à poursuivre les deux autres tandis que Svetlana pousse un soupir exagéré.
"Bon, j'vais les empêcher de le tuer à coups de chatouilles et de menaces de visionnage forcé de l'intégralité des suites de Disney. T'éloignes pas trop."

"Je suivrai les hurlements si nécessaire, promis."
"Sème des salmiakki si tu te perds !"
"Tu devais pas aller les empêcher de s'entretuer ?"

La conversation fuse, rires et yeux levés exagérément au ciel, accents se mélangeant et entrant en collision, et Elisa se retrouve seule, regard exaspéré levé au ciel, parfaitement consciente qu'ils restent dans les parages en dépit de ce qu'ils disent et sourire amusé aux lèvres devant leur manque de subtilité qu'elle ne saisit pas vraiment, ne voyant pas de raison pour laquelle ils devraient la laisser seule avec l'homme aux yeux trop bleus mais n'hésitant pas un instant à s'installer sur l'herbe non loin de lui, lui lançant un regard en coin.

"On ne dirait pas mais ils sont sains d'esprit, vraiment. Je crois du moins. Je n'aurai pas cru te recroiser en tout cas, c'est une surprise !"

Elle parle plus lentement qu'elle ne le pourrait par pitié pour ses oreilles, prends le temps de choisir ses mots et d'essayer de contrôler son accent sans trop de succès, avant de simplement sourire et basculer la tête en arrière, appréciant les rayons du soleil sur sa peau, cris et rires des autres encore audibles mais assez distants pour qu'elle soit presque sûre qu'ils n'espionnent pas. Pas qu'il y ait quoique ce soit à espionner, et une fois encore elle se demande pourquoi ils ont décidé de partir, avant de décider qu'ils ont fait de son admiration pour les yeux bleus et le physique de l'homme à ses côtés plus que ce qu'elle n'est vraiment.
AVENGEDINCHAINS
  
MessageMer 20 Juil - 11:33
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Date d'inscription : 16/11/2013Nombre de messages : 719Nombre de RP : 168Âge réel : 26Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
.Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Le plaisir étant éphémère, et le désir durable, les hommes sont plus facilement menés par le désir que par le plaisir.


Àsgard & Elisa
Tu écarquilles les yeux en les entendant tous parler, sourcils se fronçant à l’écoute des différents accents. Tu serais presque tenté de dire qu’ils sont tous plus catastrophique les uns que les autres. Un seul donne l’impression de sortir du lot mais tu laisses passer, ceux ne sont pas eux qui réussissent à captiver ton attention. Non, c’est elle et tes yeux se plaisent à pouvoir retrouver les siens dès qu’elle prend la parole, réalisant qu’ils t’avaient probablement manqué alors que l’autre femme commente quelque chose que tu n’arrives pas totalement à saisir, élocution coupable. Elle n’a pas d’égale. Voilà ce qui peut raisonner dans ta tête. Oubliez la femme et l'amie ! Oubliez la compagne et le faux amour ! Ingrid arrivera-t-elle à sentir les cornes ouvrir son crâne aujourd’hui ? Tu n’y es pas encore, l’idée est pourtant là. Tu t’étires en silence, les observant s’en aller te questionnant un moment à te demander pourquoi ils le font. Doivent-ils simplement le faire ? Un sourire qui prend place sur ton visage, oui c’est un devoir. Plus tard peut-être, ça sera toi qui les remerciera de leur discrétion. Enfin… La destination de leurs yeux se fait tout de même plus intensément dans votre direction, curieux ou voyeur ? L’un comme l’autre, tu t’en fiches, tu ne te préoccupes pas de ce qui t’entoure, sauf d’elle, de son sourire et de son visage que tu peux découvrir à loisir, chapeau rangé supposément dans l’armoire. Tes souvenirs trop embrouillés avaient terni cette si belle image que tu avais pu te faire d’elle, la redécouvrir encore une fois était quelque chose que tu n’aurais demandé à aucun Dieu. T’auraient-ils seulement écouté ? Toi le païen sans croyance ? Tu ne veux pas savoir, tu ne leur portes pas d’intérêt alors ainsi soit-il. Une main gratte ta nuque et arque un sourcil à la première partie de sa phrase, souriant à la seconde.

On dirait mes frères… Je ne l’aurais pas imaginé non plus, mais c’est agréable. Au moins la vue que tu as sur elle. On dirait qu’il y a une très légère progression dans l’accent. Ce n’est pas encore ça mais je note l’effort, tu as mes encouragements à continuer ainsi. Sourire amusé. J’aurais juste une question, cette voix chantante qui se cache derrière la dureté du Norvégien, elle vient d’où ?

Tu viens d’où ? À chacune de tes phrases tu es lent, volontairement tu ralentis le débit, insistant sur les mots pour qu'elle puisse te comprendre du mieux qu'elle le pouvait. Entre tes mains une pierre qui roule sur chacun de tes doigts avant que tu ne la lances par-dessus le monde, trouvant son point de chute dans l’océan que vous pouvez entendre maugréer à plusieurs mètres de là, sous vos pieds. Quand elle bascule sa tête, tu la contemples, taisant tes mots mais aussi ces envies qui martèlent si durement ton être. Pour qui faisais-tu cela ? Pour toi ou pour cette inconnue à qui tu n’as même pas le prénom pour te laisser rêver ? Ton sourire étire la commissure de tes lèvres et tu me cherches du regard alors que je ne sors pas plus de mon trou, et ta tête tourne vers elle. Au loin, brisant peut-être le début d’un silence, c’est un hurlement qui fend le vent, un bras derrière toi tu observes la scène un peu sceptique quant au fait de les avoir comparer à tes frères. Finalement tu regrettes, ils sont certainement plus matures que cette bande qui traine derrière toi. Un peu vieux jeu, peut-être aussi le plus âgés du lieu, l’unique chose que tu espères c’est de ne pas avoir à finir en garde d’enfant. Tes trois frères en l’absence de tes parents te suffisent amplement pour avoir à en trouver ailleurs que chez toi.

Pourquoi avoir quitté ton pays pour venir ici ?

Enrichir de sa présence la beauté de tes paysages. Si c’est toi qui essaie d’être charmeur, c’est sous son regard que tu donnes l’impression de t’écrouler.

A défaut de ne pas avoir pu t’inviter à boire un verre la dernière fois ? Accepterais-tu reporter cela à aujourd’hui ? Qu’ils ne s’inquiètent pas, tu leur reviendras saine et sauve. Puis si ce n’est pas trop te demander en une seule fois, puis-je savoir comment tu t’appelles ?

Nous y voilà, tu ne tardes pas à te frayer un chemin, attention à ne pas être trop brusque mon Àsgard, cela pourrait te porter préjudice. Pour le moment tout va bien mais qui a accès à tes pensées sait qu’il est compliqué pour toi de garder la raison, l’usine des hormones de ton propre désir travaillant à plein régime, effleurant un stade d’ébullition, n’aidant clairement pas à te simplifier la vie aujourd’hui. Toujours agréable c’est certain, mais nul doute que tu t’en passerais bien également. Besoin d’un petit bain de glace pour te rafraichir les idées peut-être ? Plus que tu ne peux te l’imaginer… Oh si je me l’imagine mon Àsgard. Pour tout dire, je vais même jusqu’à pouvoir le ressentir. Tu expires de l’air d’entre tes lèvres, tête levée vers le ciel baigné d’un soleil immuable et sempiternel. C’est plus dur que ce que tu ne t’imaginais d’être en sa présence, de savoir que tu n’es pressé de rien, d’avoir à prendre sur toi, et pour combien de temps ? Tu pers toutes les cartes de ta main au fur et à mesure que les secondes sont décomptées de cette journée. Aller mon Àsgard, ressaisis-toi ! Maintenant ! Si elle a déjà la main mise sur toi, tu n’es pas prêt d’obtenir ce que tu veux d’elle ! Rien ne te dis qu’elle acceptera, mais si tu commences d’ores et déjà à oublier pourquoi tu l’abordes comme cela, il est certain que tu vas en mourir avant l’heure. Pourtant, perdre tes moyens, c’est exactement l’impression qu’elle te donnait vis-à-vis de ta propre personne. L’homme est décidément bien trop faible face aux femmes…
Au fait mon Viking, ne serait-il pas temps de discuter de celle qui tient rien qu’un peu à toi, là-bas à plus de six heures de route ? Bien que loin de vous, j’arrive à percevoir que cette idée ne t’enchante pas le moins du monde. Elle n’a rien à faire ici, laisse la loin, très loin des iles. Bien évidement mon Viking, malheureusement, cette proximité entre toi et elle, elle est là par ton unique faute. Quand est-ce que tu te décideras enfin à la quitter une bonne fois pour toute ? Le plus tôt sera le mieux, la question ne se pose même pas. Tu lèves tes bras, coudes craquant dans un mouvement sec et tu déposes tes yeux azures sur la femme. Quel âge a-t-elle ? Reste-t-elle ici encore longtemps ? … Est-elle célibataire elle ou serais-tu le seul à pouvoir fauter ? Tiens, voilà une question qui t’interpelle mais que tu refuses de poser, c’est très loin d’être le bon moment si tu ne veux pas passer pour un loubard qui ne s’intéresse qu’à une seule chose. Bien évidemment que tu t’y intéresses et que c’est même ce qui t’a poussé à discuter avec elle ! Impossible que l’attirance puisse venir de son accent qui broie continuellement les mots que tu emploies chaque jour, il faudrait être stupide pour s’imaginer cela. Si un inconnu est ravi de vous revoir ce n’est pas parce qu’il a pu vous trouver toute craquante à lui demander votre chemin. Il préfère plutôt savoir si vous êtes ou non croquante. Tu fais partie de ces hommes-là et pourtant tu souhaites le lui cacher autant que tu le peux. Ton regard trahit-il seulement l’intérêt que tu peux lui porter dans ce domaine bien particulier ?

Tes yeux continuent d’essayer de l’envouter, pendant que ta voix tente de jouer sur une corde, équilibriste sans protection qui se fait grave lorsqu’il le faut. Jouer sur les tons, la faire chavirer. Y arriveras-tu ? Je suis pressée de le découvrir. Mais tu patientes sans pouvoir vraiment avoir ou non le choix de le faire. L’homme propose, la femme dispose. Il faut croire que ça restera longtemps comme ça et c’est injuste. La femme gagne à tous les coups ! Vous êtes trop impuissants pour refuser leurs avancent lorsqu’elles vous en font. À moins de n’être qu’un profond salopard, la gente féminine aura toujours le pouvoir sur vous que cela puisse ou non vous plaire. Nouveaux rires dans vos dos et te penchant d’un côté faussement interpellé par ces bruits, tu mimes revenir à ta position initiale alors que tu grappilles quelques centimètres de plus pour te rapprocher d’elle. Pas trop, juste ce qu’il faut pour écourter cette distance mise entre toi et elle.

Vous êtes tous là depuis combien de temps ? Vous semblez découvrir encore les sentiers des îles… Vous êtes allés voir Svolværgeita lorsque vous étiez à Svolvær la dernière fois ? Le point de vue pour ceux qui escaladent est superbe. Sinon si la route ne vous inquiète pas et que vous partez du côté d’Oslo, Preikestolen et Trolltunga sont des lieux incontournables pour les touristes. Dangereusement magnifiques…

Un peu comme elle ?
Tu ne daignes même pas tourner tes iris sur moi, trop occuper à les garder éternellement plongés dans les siens. Mais tu sais que j’ai raison, tu ne peux tout bonnement pas le nier. Elle t’attire, le voilà le vrai fond de ton problème. Peut-être n’aurait-il jamais fallu que vous vous retrouviez ? Chacun continue sa route sans jamais revoir l’autre, penses-tu que cela aurait pu être possible ? Tu refuses cette possibilité et main ramenant ta tresse pour la basculer sur ton épaule, tu décroches enfin de son regard le posant sur l’horizon. Le vert de ses yeux, te manque-t-il déjà ?... Finalement tu commences à reconnaitre, que ses amis, tu aurais peut-être bien besoin de leur présence, ils t'aideraient à t'apaiser, changer le court de tes pensées...

  
MessageMer 20 Juil - 20:56
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L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


L'herbe est agréable sous ses mains, un vent frais jouant un instant dans ses boucles tandis qu'elle observe un instant le groupe qui s'éloigne puis reporte son attention sur l'homme qui parle, souffle saisi un instant par le sourire tourné dans sa direction (Sérieusement ? un sourire pareil devrait être illégal, déjà que ses yeux sont juste impossibles... Dio mio, et on dit que les italiens sont charmants après !), lui souriant en notant l'effort qu'il fait pour lui parler, débit plus lent, enregistrant au passage l'existence de frères, le second sourire aussi plaisant à voir que le premier. Elle espère pour lui qu'ils ne sont pas réellement comme ses colocataires, consciente du fait qu'ils peuvent être intimidants dans leur enthousiasme surtout une fois tous ensemble, elle y compris lorsqu'elle s'y met. Mais pour l'instant elle prend un instant encore avant de répondre, visage tranquille alors qu'elle savoure le soleil et manque tant le regard adressé à la surface du fleuve que la manière dont elle est observée.


"J'espère pour toi qu'ils ne sont pas réellement comme eux ! Et merci, je prends note de tes encouragements, je vais redoubler d'efforts pour battre mon accent alors... Mais je suis presque déçue d'entendre que l'accent italien est difficile à identifier ! Quoique ce serait plus l'accent de Naples, si tu veux être précis."


Elle n'en rit pas moins, paupières se relevant le temps de lancer un regard amusé au norvégien avant de s'abaisser de nouveau. C'est plus facile comme ça, elle ne peut pas voir ses yeux ou son sourire, elle peut facilement se rappeler des yeux des napolitains ou de leurs sourires à la place. Pas aussi beaux, clairement, pas pour elle. Mais le même tour charmeur au coin des lèvres. Est-ce qu'elle a envie de se laisser charmer par lui ? Pas vraiment, non. Elle ne le connait pas, après tout, même s'il semble vouloir y remédier, nouvelle question qui la fait sourire et rire. Ce qui l'a poussée à partir ? Elle se demande parfois ce qui l'a poussée à attendre si longtemps, maintenant qu'elle est ici. A part ses parents et ses études, bien sûr.

"Tu me croirais si je te dis que c'est une cassette des Moomins en norvégien ? Plutôt bizarre de décider d'aller un jour en Norvège à cause des créations d'une finlandaise suédophone, mais bon... je rêve d'apprendre le norvégien et de venir ici depuis. Même si officiellement je suis en Erasmus pour rajouter une nouvelle langue à mon arc, pas en train de réaliser un rêve de gosse. Tu garderas le secret, j'espère ?"

Pas de mensonge ni de dissimulation, elle rit tandis qu'elle tourne son visage vers l'homme. Elle se demande comment il va réagir, autant au temps qu'elle continue de prendre pour assembler ses mots qu'à ce qu'elle vient de lui dire. Elle se demande si il aime les Moomins, lui aussi, si il regardait enfant, frères à ses côtés, les yeux probablement trop bleus déjà. Pas tant parce qu'elle est curieuse de lui que parce qu'elle est curieuse de ce que cela fait de ne pas être enfant unique. Est-ce si différent d'avoir des cousins, le fait d'avoir des frères, mis à part que l'on les voit nettement plus souvent ? Bonne question, qu'elle ne pose pas, continuant de l'observer à la place, notant les cheveux plus longs sur les côtés du crâne. On dirait qu'ils ont poussé ? Elle n'est pas sûre, trop fascinée par ses yeux la première fois qu'ils se sont croisés. Le résultat est plaisant à l’œil, en tout cas. Celui qui l'a sculpté a fait un travail impressionnant, remerciement mental adressé à personne en particulier, italienne se laissant entièrement glisser dans l'herbe, un bras sous sa tête, l'autre sur son ventre. Juste à temps, invitation lui tirant un clignement d'yeux stupéfait avant de rire à la question qui suit. Un verre et son prénom. Donner l'un ne lui pose aucun problème, mais est-ce qu'elle est vraiment intéressée par le second ? Elle ne sait pas vraiment. Pas encore, et un sourire réapparait sur son visage alors qu'elle se redresse sur un coude et l'observe, amusée.

"Pour faire les choses dans un ordre plus normal, je m'appelle Elisa, enchantée. Et toi ? Je ne suppose pas que tu t'appelles Balder, par hasard ?"

Rapidement, elle finit de se redresser, jambes se croisant aux chevilles, une main balayant les boucles brunes tombées devant ses yeux avant de plonger dans l'herbe, appréciant le contact de ses doigts avec la terre en-dessous quelques instants avant de recroiser l'autre regard.

"Sinon, pour ce qui est du verre... pourquoi aller s'enfermer par une journée pareille ? Tu n'auras qu'à me reposer la question si on se recroise."

Des rires dans leur dos qu'elle ignore avec la même aise qu'elle a ignoré le hurlement, savourant de nouveau les rayons du soleil, aucune attention prêtée à la distance désormais réduite qui la sépare de l'homme blond, voix grave qui caresse ses oreilles un simple détail, rien qui ne l'intéresse vraiment autrement que par pur plaisir esthétique. Les autres la trouvent trop sérieuse à ce niveau, s'amusent de la voir flirter sans jamais prendre la peine de concrétiser, faisant rire le reste de ses amis lorsqu'ils font irruption dans ses conversations Skype pour leur dire qu'Elisa est encore rentrée seule alors qu'un mec était prêt à tomber à ses pieds ou à l'inviter chez lui, qu'elle a encore haussé les épaules et rit quand ils ont tiré des mines faussement désespérés. Peut-être est-ce pour ça que même quand son attention se reporte sur le norvégien, elle ne prête pas réellement attention aux intentions que ses yeux pourraient trahir. Elle a la tête dans ses langages, Elisa.

Dans ses langages et dans le tableau que la voix grave lui dépeint, lieux déjà visités qu'elle peut voir danser devant ses yeux ou lieux qu'elle retient pour y entrainer les autres ou tenter de découvrir seule, qu'importe les chances de se perdre, regard rêveur regagnant son éclat habituel alors que les cris et rires se rapprochent, épaules se haussant et sourire s'étirant, dents révélées un instant.

"On est là depuis quelques mois, même si ça semble faire plus longtemps parfois. Et pour le tourisme... on a énormément exploré les alentours de Bodø, on y vit après tout, on est allés sur l'archipel de Vega, au Svartisen aussi... Oh, on a fait une expédition dans le Rogaland aussi, on en a profité pour aller à Preikestolen, on est aussi aller voir Månafossen et faire une randonnée sur le Kjerag, même si on a évité le Kjeragbolten. Mais pour l'instant, on explore encore les Lofoten, comme tu peux voir."

Nouveau hurlement, Svetlana passant comme une fusée poursuivie par les garçons, cheveux dégoulinants et vêtements trempés de Samuel qui la menace en français peignant un tableau clair de la situation à Elisa qui éclate de rire, attirant leur attention, Svetlana venant s'accrocher à elle avant que Luka ne l'attrape et ne la place sur son épaule, s'éloignant tandis que la blonde frappe son dos de ses poings entre deux rires et insultes russes, Lior agitant la main et promettant vaguement de ne pas trop l'abimer. Elle ne peut que secouer la tête, Elisa, hilare, serment de ne plus leur faire de pizza s'ils ne tiennent pas parole faisant se hocher précipitamment les têtes avant qu'ils ne reprennent la fuite, italienne jurant mentalement contre eux pour avoir détruit sa bulle de tranquillité. Elle adresse un sourire d'excuse au Viking, genoux se ramenant contre sa poitrine et bras les encerclant, sa joue se reposant contre eux tandis qu'elle tourne sa tête vers lui.

"Tu sais pourquoi je suis en Norvège, d'où vient mon accent, que je vis à Bodø, les lieux que j'ai visité, et que j'ai des colocataires fous à lier et un sens de l'orientation catastrophique. A ton tour ! Tu viens souvent aux Lofoten ? tu y vis, ou tu es d'autre part en Norvège ?"

Elle ne lui fera pas l'insulte de lui demander s'il est norvégien, la réponse assez évidente à ses yeux. Ses yeux errent aux alentours à la place, regard glissant le fleuve quelques instants, avant de revenir à l'homme à ses côtés.

"Ton chien n'est pas avec toi aujourd'hui ?"

Qu'il a un chien, ça, elle ne l'a pas oublié, image de l'animal encore présente à ses yeux. Rien à voir avec Splendora, mais un chien magnifique malgré tout. Elle regrette presque qu'il ne soit pas là, elle aurait aimé le voir de nouveau... Il est peut-être en train de jouer en liberté plus loin ?
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