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Elisa ✖ L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur.

 
  
MessageVen 26 Aoû - 20:36
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Date d'inscription : 16/11/2013Nombre de messages : 719Nombre de RP : 168Âge réel : 26Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
Àsgard ValdasonNothing will be the same...

« Il m'a dit qu'il était un peu fou et qu'il aimait jouer. » « Elle m'a dit qu'elle était un peu folle et qu'elle aimait jouer. »
Le premier qui tombe amoureux… a perdu.


Àsgard (26 ans) & Elisa (22 ans)
Week-end du 21 Septembre 2007 ; Bodø.
Le sommeil est dur à trouver aujourd’hui et cette idée fait sourire ta mère qui te regarde tourner en rond alors qu’elle t’oblige à aller t’allonger. Fais-moi le plaisir d’aller dans ta chambre et de fermer les yeux, je ne te laisserai pas prendre la voiture pour huit heures de route si tu ne t’es pas reposé. Négociation impossible, tu l’as vu dans son regard au moment où tes lèvres se sont ouvertes pour protester. Quelque chose te rendait nerveux sans que tu ne puisses mettre un mot dessus. Soupire qui s’extirpe, tu jettes un coup d’œil à ton père qui s’appuie contre l’encadrement de la porte, te faisant signe en silence de monter dès maintenant pour retrouver ton lit. Le soutient ne peut être obtenu alors qu’il donne raison à ta mère. T’avouant vaincu tu attrapes quelques petits gâteaux fait cet après-midi par Solfrid et les dévores eux comme les marches de l’escalier, un par un, une à une, ta route croisant Heathcliff qui te bouscule volontairement d’un coup d’épaule. Yeux qui lèvent au ciel tu t’en vas le courser au travers de la ferme, vos parents vous sommant de vous calmer et te rappelant à l’ordre dans ce que tu devais faire. N’essayais-tu pas de fuir tes obligations mon Àsgard ? Tu ne l’avoueras jamais mais c’était pourtant évidant. Thörgys saisit le plus jeune de vous deux par le bras et te menace d’un simple regard noir. Tu ne croises qu’à peine ses yeux et si un geste d’exaspération te traverse l’esprit, tu ne le communiques pourtant pas, sachant d’avance que tu ne pouvais faire ainsi le poids dans ce genre de circonstance. Les parents ne comprennent rien, c’est cela mon Àsgard ?
Inspiration et tu te déshabilles pour aller t’endormir ou du moins essayer. Courte nuit, tu te réveilles peu après minuit, iris portées sur la nature au travers de la fenêtre, te levant pour aller t’installer sur cette dernière alors que quelqu’un toque à ta porte, rentrant sans attendre de réponse. Tu pensais à ta mère, ou pourquoi pas Heathcliff, mais pas à Abram. Tête pivotant vers lui, il te rejoint sans dire un mot, s’installant à côté de toi, paires d’yeux se plongeant sur l’horizon et daëmon sur ses talons qui vient se coller à mes écailles lorsqu’elle m’aperçoit.

On te perd pour une femme ?
Tu t’inquiètes ? Tu le regardes. Ce n’est pas ce que tu crois, il y a seulement quelque chose de charnel qui m’attire chez elle. Vous ne me perdrez pas pour une femme.

Ton sourire s’étire. Si ton frère n’a rien dit jusque-là, s’il restait extérieur aux informations qu’essayait de te soutirer la femme de la maison, il avait quand même su observer ton comportement.
Vous restez là un moment sans échanger plus de chose que ce qui vient déjà d’être dit, vous n’en avez pas besoin en réalité, ce silence partagé valant beaucoup plus que le reste. Les secondes s’envolent en même temps que ton envie de rester plus longtemps ici. Tu ne pouvais feindre le fait que tu pensais souvent à elle, trop souvent même à ton gout. Mais sa manière d’être avec toi, ce corps qui dansait devant tes pupilles, narguant et jouant avec tes envies. Comment pouvait-elle ne pas occuper une partie de tes esprits ? Tu poses une main se voulant rassurante sur l’épaule de ton frère, ramenant tes jambes près du bord de l’encadrement afin de retourner à l’intérieur de la pièce. Il ne commente rien et se charge d’en faire autant, comprenant parfaitement ton comportement ainsi que ce qui peut suivre.

Les parents vont s’inquiéter si tu quittes la maison à cette heure-là. Papa t’en voudra d’être parti sans que maman ne soit au courant… Elle s’attendait à ce que tu t’en ailles plus tard dans la journée.
Avec un peu de chance ils seront réveillés, dans le cas contraire je peux compter sur toi pour le leur dire ?

Il acquiesce d’un signe de tête pendant que tu le remercies du regard à l’attitude qu’il adoptera pour toi. Tu sors tes affaires de la penderie. Jean, teeshirt, sweat. Tout ce qu’il peut y avoir de plus classique et d’assez confortable pour rouler autant d’heures sans être gêné par les habits. Un jogging aurait été certainement plus adapté mais tu avais très rapidement chassé cette idée en sachant que c’était Elisa que tu allais retrouver. Un des garçons, tu ne te serais pas dérangé pour le faire, mais ce n’était pas eux. Douche prise, cheveux et corps propre, vêtements enfilés et chaussures aux pieds, tu prends le sweat sous le bras tout en descendant les escaliers qui craquent sous ton poids.
Tu récupères les clefs du pickup, ouvre la porte d’entrée et sent une présence derrière toi. Si c’est ton père, tu ne pourras pas partir. Si c’est ta mère, elle sera plus clémente. Tes épaules s’affaissent et tu inspires avant de te retourner. Parfois, avec tes parents, tu as vraiment l’impression de n’avoir jamais eu plus de seize ans.

Je-.
Allez-vous-en, je m’arrangerai avec ta mère. Bonne route et préviens nous dès que vous êtes tous les deux arrivés.

Un sourcil s’arque à la conduite de Thörgys. Tu étais finalement loin de t’imaginer ce qui était en train de se passer et c’est son sourire en réponse au tien qui te fit tourner le dos, ouvrant la porte en remerciant oralement ton père pour ce qu’il avait fait, Dagmar droite et collée contre ses jambes observant la scène sans que quiconque ne puisse deviner ses pensées. Personne sauf son daëmonien qui se prépare à fermer la maison à clé, s’assurant avant de le faire que nous partions sans problème. Le véhicule démarre et tu vois le bras de ton père se lever dans le ciel lunaire en réponse à tes appels de phare lui indiquant que tout va bien. Tu recules dans l’allée et t’engages sur un chemin de terre, asphalte vibrant sous les pneus du véhicule après plusieurs mètres sur les sentiers forestiers.
Rapide coup d’œil sur la montre qui te dévoile l’heure qu’il est et tu te décides à enfoncer ton pied sur l’accélérateur une fois sortie du village. Fenêtres ouvertes et musique raisonnant dans tout l’habitacle tu tapes le volant de ton doigt, rythme du son trop fort pour empêcher ce geste d’apparaitre. Tu ne réfléchis qu’à très peu de chose durant le trajet, la concentration de la route priorisant sur le reste de tes réflexions. Pourtant elle est là, quelque part dans un coin de ton cerveau, te faisant sourire lorsque tu réalises que cela fait déjà quinze jours que vous n’avez pas pu passer de temps ensemble, échange de message étant clairement insuffisant pour calmer la brulure de ton estomac. Le désir, toujours si proche continue de faire crépiter le feu et ce petit quelque chose en plus cherche à l’atténuer tout en lui faisant redoubler d’intensité à la fois. Il lui donne de la force et de la témérité. Sensation étrange que tu ne veux même pas déterminer. Elisa, elle n’est pas qu’un objet de désir et c’est un peu contre ta volonté que tu le constates. Tu l’apprécies, tu aimes parler avec elle, et ça tu ne l’avais pas prévu, te contentant de seulement vouloir coucher avec elle. Ni plus, ni moins. Et ce SMS envoyé en pleine nuit… On dit des gens bourrés qu’ils révèlent leur véritable personnalité, qu’en est-il pour toi mon Viking ? … Tu ries dans la voiture à ma remarque, tu sais ce que je veux dire par là parce que oui, elle t’avait manqué. Beaucoup plus que ce que tu n’aurais souhaité. D’un geste de la main tu veux me faire comprendre ton souhait de passer à autre chose, pourtant vu ce que ton imagination dessine, il est difficile de traduire d’une autre manière ce à quoi ton cerveau cogite.

Trois heures de routes pour finir par t’arrêter sur une aire d’autoroute, écrivant un message court pour Solfrid qui ne devait attendre que ça depuis son réveil. Tu la supposes dans les granges avec son mari et sa daëmon en train de parler de toi et de ce qui te pousse à courir au travers de la Norvège à cette heure de la nuit. Kjed s’entendrait avec son frère pour dire que tu as un grain et l’idée fait étouffer un rire alors que ta tête se secoue. Tu dirais la même chose d’eux s’ils étaient dans ce genre d’histoire que toi-même trouve tirée par les cheveux … Regard perdu dans le vague, tu prends encore quelques minutes pour marcher et ainsi te garder toujours éveillé. Rouler de nuit était une de tes faiblesses, il n’y avait clairement que dans ce genre de circonstance que tu prenais des pauses. Celle-ci, tu savais d’avance qu’elle serait la première et la dernière.
Contact qui s’allume tu repars de plus belle sans attendre une réponse de ta mère qui a dû râler après son conjoint pour ne pas l’avoir réveillé au moment où tu quittais le foyer familial.

Les heures passent et se ressemblent toutes à une exception près : le soleil grimpe toujours plus haut dans le ciel, les nuages jouant parfois avec lui en l’empêchant d’avoir une vue sur ce monde qu’il éclaire de sa lumière. Un peu plus de cinq heures du matin et tu passes un coup de file à Marcus, le forçant à émerger alors qu’il t’engueule en apprenant que tu es en voiture. Pourtant, il oublie rapidement ses remontrances alors qu’il apprend que tu te déplaces sur Bodø pour voir Elisa. La nouvelle le réveille immédiatement pendant que tu entends Marie rouspéter après ton ami qui quitte la pièce pour la laisser dormir encore un peu plus longtemps. Il t’encourage à assurer pour aujourd’hui et si ce n’était pas l’un des buts que t’étais fixé, tu lui aurais demandé d’arrêter de raconter n’importe quoi. Elle te fait tourner la tête mon pauvre Àsgard. Ne la laisse pas faire, une fois que t’es pris dans la toile de ce genre de femme t’es foutu ! Mais t’es complètement allumé mec ! Il explose d’un rire sincère alors que sa femme le contraint de stopper ce bruit immédiatement s’il ne veut pas que ceinture se fasse pour les prochains jours. Tu aurais pu te moquer de lui si tu n’avais pas entendu la norvégienne dire qu’elle te ferait la misère à toi aussi si tu ne raccrochais pas instantanément ce téléphone. Dans des éclats de joies vous finissez quand même par vous quitter. Un couple. C’est de cette manière-là que Marie vous définit tous les deux.
De leur côté, les dernières heures continuent de passer lentement. Tu as l’impression de ne pas en voir le bout et avant même d’arriver à destination tu te fatigues d’avance à l’idée d’avoir à refaire la même chose dans moins de quarante-huit heures. Non décidément, tu étais vraiment d’accord avec tes frères. Tu devais réellement avoir la tête vide par moment. Le panneau de signalisation de la ville, tu ne l’avais pas encore vu, l’attendant impatiemment pour pouvoir souffler enfin un peu en te disant que tu serais bientôt arrivé. À la place de ça, tu roules sur un quai, pickup rentrant au pas dans un ferry. Tu en avais pour environ quarante minutes à attendre là et avec personne autour de nous, tu te permets de me faire descendre afin que je puisse à mon tour dégourdir les pattes. Hormis la tienne, plus aucune autre voiture ne se présente à cette heure-là, le trajet en bateau se ferait en solitaire. Tu ne te laisses pas abattre, compose le numéro de la maison et tombe sans surprise ta mère qui se rassure de t’entendre. Tout se passe bien, elle n’a pas à s’inquiéter. Elle essaie mais sera plus sereine dès lors ou tu auras posé un pied à Bodø. Il te restera encore trois heures de routes après ça et tu t’en plains, tu aimerais déjà être arrivé à bon port. Courage mon Viking, c’est pour bientôt.

Conversation terminée, tu me refais monter dans le véhicule au moment où la terre est en vue. Tu as dit qu’il te restait cent quatre-vingt minutes ? Tu feras en sorte que le compteur descende à cent cinquante. Tu commençais réellement à te lasser de toute cette route, soupirant à plusieurs reprises, t’énervant contre les autres conducteurs qui viennent faire chauffer encore un peu plus le goudron lorsque tu le reprends. Une heure s’écoule, une seconde également et tu perçois enfin l’inscription de Bodø venir alimenter ton champ de vision. Il était temps et ce n’est que maintenant que le temps décide de se consumer enfin un peu plus vite que ce qu’il a l’habitude de faire au point tu ne te vois même pas passer à côté de Skivika. Précipitation et envie d’arriver, bien trop présente pour lever les yeux sur le nom de cette ville dans laquelle tu avais proposé à Elisa de vous retrouver. Seul point noir qui peut y avoir dans la journée : il pleut. En soit la pluie ne te dérange pas spécialement et l’Italienne t’avait prévenu des prévisions que la ville peut posséder, cependant te retrouver mouiller de la tête au pied, vêtement te couvrant, n’est pas ce que tu préfères non plus. Mais c’est ainsi et de toute manière tu n’as pas d’emprise sur ce genre de chose, ni toi, ni aucun daëmonien que tu peux connaitre. Il faudra donc s’en accommoder.

À la place de te lamenter sur le temps qu’il peut bien faire en ce jour, tu te mets à rechercher ladite université dans laquelle l’Italienne doit supposément étudier. Il n’y en a pas quinze non plus, ça t’aiderait certainement. Arrêté à un feu, tu poses la question à un passant qui t’indique qu’il faut prendre la sortie de la ville en direction de Mørkved. Apparemment tu ne pourrais pas la louper car en plus d’être bien indiquée, elle est particulièrement visible. Et il avait raison. Cette bâtisse énorme ne pouvait pas passer inaperçue et cela c’est sans compter sur le nuage d’étudiant qui occupe les lieux. Tu fus étonné de voir comme certains daëmoniens pouvaient agir librement dans un endroit comme celui-ci. Un chien avait quelque chose de vraiment passe partout et pourtant tu n’arrives même pas à les jalouser de cet avantage. Patientant que le monde se vide un peu voire même énormément, c’est à l’instant où il n’y a plus un rat que tu quittes le pickup, t’étirant et t’avançant vers moi, me faisant quitter le tout terrain pour me laisser retrouver les arbustes serrés qui bordent les murs de la faculté. Un regard dans ma direction et tu verrouilles la voiture, prenant en suivant le chemin de l’accueil, ta capuche qui te protége de l’eau retombe sur tes épaules.

Bonjour, excuses-moi, je recherche l’aile des langues nordiques et de la littérature. Tu sais quelle direction je dois prendre s’il te plait ? Et aussi… Tu sais ou est-ce que je peux trouver les emplois du temps de la section ? Je dois me rendre au cours de linguistique pour… Treize heures si mes souvenirs sont bons ? Je suis un peu tête en l’air…
— Bonjour, alors tes études occupent le côté l’ouest de l’université. Pour ce qui est des plannings, tu pourras les obtenir auprès de ton secrétariat tout comme ce qui peut concerner tes salles ou amphithéâtres.

Tu remercies l’homme et te retire, laissant la place à ceux qui en avaient vraiment besoin. Tu es tête en l’air ? Je trouve pourtant que tu te souviens de pas mal de chose ! Je ne pense pas qu’il m’aurait aidé si je lui avais raconté la vérité. Certainement pas même. Avec ton aide, je te suis sous les feuillage d’un côté ou d’un autre, évitant à notre lien de souffrir d’une distance que nous ne pourrions supporter. Arrêtant encore une ou deux personnes, tu finis par tomber sur quelqu’un qui assistera aussi au cours du début d’après-midi et qui a la gentillesse d’aller même jusqu’à t’accompagner devant la porte de l’amphi’. Elle te sourit, tu lui as un peu taper dans l’œil. Tes lèvres s’étirent à ton tour… Tu es trop dragueur par moment mon Àsgard… De mauvaises habitudes qu’il faut que tu perdes et d’autant plus lorsque tu te fiches de cette femme. Elle a été gentille, j’allais pas lui cracher à la figure non plus. Non effectivement, mais rien ne t’obligeait à lui sourire de cette manière-là non plus. Question d’assurance, il faut que je sois sûr que ça fonctionne toujours, sur Elisa j’ai dû mal à le savoir ! Hum… J’émets un doute sur cette possibilité, mais pourquoi pas… J’accepte l’excuse seulement pour te faire plaisir, pas tant parce que tu m’as convaincu, il faut que tu le saches. Soit. D’après ce qu’elle a pu te dire, tu pourras prendre place pour le cours qui précède celui que tu attends d’ici cinq à dix minutes. Pas de problème tu sauras être patient. Après tout, tu n’es plus à ça près. Pour l’instant tu te contentes de regarder autour de toi, dos collé au mur, la glace de tes yeux attirant quelques œillades du monde qui t’entoure. Tu ne relèves pas, contemplant ta montre à la place, pupilles se relevant en voyant la double porte s’ouvrir devant toi.

Ta tête se penche avec légèreté. Tu avais l’habitude à Skibotn de voir des étrangers mais là, les nationalités semblaient tellement variées au milieu de cette masse norvégienne qui gouvernait l’ensemble de l’université que tu t’en retrouves surpris. Tu étais loin de t’imaginer que tant de monde veuilles venir étudier dans les pays du Nord et pourtant, sans même avoir connaissance de leur raison, quelque part tu savais que tu pourrais les comprendre. La féérie de la Norvège, hormis peut-être les pays se situant dans la moitié sud de la Terre à cause de la température, qui ne voudrait pas venir la voir de ses propres yeux ? L’anglais est la langue qui vient chatouiller le plus tes oreilles après celle de tes contrées, pendant que tes yeux, quant à eux, restent le plus attentif possible. Un coup du hasard suffirait pour te faire voir Elisa même si tu ne penses pas aller la déranger dans un endroit comme celui. Pas comme ça du moins.
La circulation se fait naturellement. Ceux qui sortent d’un côté, et ceux qui rentrent de l’autre. Tu te joins au second groupe et te décides à aller prendre place dans les hauteurs de la pièce. À part dormir tu ne voyais pas trop ce qu’il te restait à faire pour tuer le temps alors autant ne déranger personne et choisir la place qui t’éloigne le plus du professeur, laissant les places proches plutôt à ceux qui ont tout intérêt de saisir ce qu’il peut se dire. C’est long… Message envoyé à Elisa et tu ranges ton téléphone dans ta poche, bras se croisant et tête se déposant dessus sans que tu ne prêtes attention à la personne qui vient s’installer à côté de toi en te regardant bizarrement.

Tu veux un papier et un crayon ?

Etonné tu te redresses et tournes la tête vers le détendeur de cette voix qui te faisait penser à Petter. Tu sembles déstabilisé pendant quelques secondes et il t’observe, patientant le temps que ta réponse lui parvienne.

Euh non. Non merci ça va aller.

Il valide ta négation par un mouvement de la tête et rassemble ses cours d’un geste de la main, un ordinateur qu’il allume avec son index gauche. Tes yeux se détachent de lui alors que la pièce se remplie de plus en plus devant toi. Aucun sentiment n’arrive à t’éprendre, toi qui n’avais jamais mis un pied dans lieu comme celui-ci pour y étudier, après tout, tu n’étais pas là pour ça, fils de la Terre, descendant des Mers. Un claquement de porte t’éveille sur des retardataires qui prennent place en essayant de se faire le plus petit possible alors que tu hausses une épaule pendant que d’autres soufflent à leur arrivée. Bande d’abrutis. Inspirant toute l’air qu’il t’est possible d’avaler, c’est une expiration presque silencieuse qui s’expulse dans la pièce. Qu’est-ce qu’ils peuvent être ennuyant ces universitaires. Qu’est-ce qu’elle ne me fait pas faire. Pour sa défense, elle ne t’a pas demandé de venir assister à des cours. Tu as choisi tout seul de venir plus tôt… Paupière qui s’abaissent pour toute réponse, préférant te taire sur cette vérité qui ne te donne aucune arme pour te défendre.

Une main te secoue.

…heure de sortir de ta sieste. On n’a pas le droit de l’occuper pour la pause.

Sourcils qui se froncent, le coin de ton œil azure qui rencontre le sien. Le temps de réaliser que tu as vraiment dormis chemine peu à peu en toi, étudiant marmonnant quelques mots t’étant destinés mais que tu n’arrives pas à comprendre. Sans réponse il te salue et s’en va pendant que de ton côté tu réalises que tu n’aurais jamais dû te laisser aller, cela t’avait plus fatigué que ce que tu n’avais pu être avant ça. Regard balayant l’endroit où tu te trouves, tu t’étires en observant ces gens qui se bougent pour quitter le lieu. Véritable fourmilière ou tout le monde s’agite dès que la reine horloge ordonne un nouveau changement, sortie en direction du nord tu te lèves à ton tour pour suivre cette marche septentrionale.

La faim dicte ton estomac et te laisse marcher comme un zombie à la recherche de nourriture. Si Elisa tombe par-là, tant pis pour elle, la prochaine fois elle apprendra à mieux se cacher ! Tu te rêves d’en faire ton déjeuner. Je sens ton sourire de prédateur venir tenter de s’étirer jusque sur ma gueule à cette pensée. Ah, belle Italie aux courbes dangereusement provocatrices, pays d’endiablé ne lâchant ses succubes qui n’ont pour objectif que celui de réchauffer les cœurs froids des Nordiques. Il n’y a que vous pour éteindre cette flamme qui vient vous pousser à bout. Il n’y a que toi pour éteindre cette femme qui vient te pousser à bout. Mais tu ne la croiseras pas, sortant de cette faculté pour te diriger en direction de stands ambulants proposant les pires nourritures qui soit. Des hot-dogs. Déjà le nom n’inspire pas confiance. Si Dagmar était là, certainement qu’elle aurait eu envie d’aller gouter le mollet de ce vendeur pour lui montrer combien les chiens peuvent être chauds ! Et ne parlons pas de la sauce ou de la qualité de la viande… Finalement peut être que tu te passerais de repas pour ce midi… Toi qui voulait faire l’impasse sur l’heure du diner lorsque la fin d’après-midi arriverait, tu te rends compte que cela sera finalement impossible. Déjà que tu es du genre à beaucoup manger, taille et musculature coupables, tu ne pourras pas patienter jusqu’à vingt-et-une heures pour manger à ses heures à elle. Mais d’ailleurs, en Italie mangent-ils si tard ? Ou est-ce encore trop tôt ? … Question ne détenant pas la moindre importance, tu quittes le lieu pour te mettre à l’abris, ventre criant son mécontentement dès lors qu’il comprend ce qui risque de se passer. Peut-être qu’avec un peu d’effort et beaucoup de chance, c’est une autre faim qui sera assouvie… L’espoir fait vivre n’est-ce pas ? Après tout, elle ne t’a jamais dit non, seulement d’être patient. Plus c’est long plus c’est bon ? Je ne veux pas savoir dans quel sens je dois comprendre tes mots, espérons seulement pour toi que cette phrase s’avère juste. Et pour elle aussi pourquoi pas…

Le coin de tes lèvres essaie de s’étirer pour rire de nos échanges. Tu parviens à ne rien laisser paraitre au monde mais mon Àsgard, tu as décidément beaucoup trop confiance en toi… Absentéisme répétée de la modestie, il va te falloir être plus gentil avec elle, trainer en sa compagnie ne te ferais pas de mal de temps à autre. Il faut dire qu’un père comme le tien ne pouvait donner qu’un homme comme toi. Et ta mère, fière de ses enfants, n’arrange certainement rien à la situation tout comme je ne les contredirai pas sur bon nombre de points te concernant mon Àsgard.
Ego trop régulièrement flatté, s’il y avait un souci à tout cela, il ne se trouverait qu’ici. Mais tu t’en moques, prenant plutôt le trajet du retour, suivant un groupe qui se dirige vers là où tu souhaites aller. Ton regard circule partout où il peut aller, tu aimerais la voir… Tu veux la voir. Pourtant, entrainé dans les vagues humaines, tu t’obliges à regarder sur droit devant toi après avoir manqué de trébucher sur quelqu’un qui s’était arrêter sans que tu ne le voies. Tout ce temps perdu à ne pouvoir analyser les gens qui rentrent dans la salle… Conscient de ça, tu te faufiles dans cette marrée pour t’en extirper et reproduire ce que tu avais fait plus tôt dans la journée, te perchant dans les derniers sièges. La vue plongeante t’aidera probablement à la mieux la repérer. Seras-tu assez doué pour la reconnaitre ? As-tu appris suffisamment de son corps pour la trouver au sein de toutes ces têtes brunes ? Tu prends mes mots comme un défi et te redresses dans ton siège afin de te donner l’impression de pouvoir mieux voir. Les derniers s’assoient, le professeur faisant son entrée après avoir fini sa phrase avec quelqu’un d’extérieur aux prochaines heures. Cette dégaine… Tête qui se secoue, traits qui s’étirent en signe de moquerie, tu ne mets presque à espérer ne pas lui ressembler à son âge.

Les minutes passent et tu t’énerves tout seul, repassant sans cesse tes yeux sur chacune des têtes féminines de la pièce sans jamais réussir à la revoir. Ton poing se serre et tombe dans un bruit mat sur le pupitre qui te fait face. Visage fermé tu termines par te détendre, le doute se présente devant tes yeux. Tu fixes ta main, souvenirs jaillissant devant tes pupilles, doigts se mouvant dans ses cheveux, pulpes des doigts touchant la peau de son crâne, sourire s’étirant alors qu’elle faire tournicoter ses mèches déjà bouclée naturellement. Geste nerveux ? Tu ne saurais dire tout comme tu étais incapable de certifier que c’est elle à plusieurs mètres en contrebas devant toi, seul ton instinct et probablement ton envie, te laissent t’imaginer qu’il s’agit bien d’Elisa. Mais tu veux y croire et à cause de ce souhait, les secondes semblent aussi longues que des heures. L’attente est interminable, mémoire accentuant l’impatience de renouer ce contact avec l’Italienne, de reprendre vos conversations, vos jeux, vos provocations et vos… attentions ? Parfois c’est impressionnant le nombre d’imbécilités que tu peux sortir. Râle mon Viking, mais à moi tu ne sauras jamais me duper.

Tu trouves pas qu’il a quand même un style particulier ce professeur ? Par contre j’aime bien la manière dont il noue ses cheveux, tu penses que ça m’irait ou tu les préfères lâches ? C’est donc son avis qui t’importe où tu veux lui faire comprendre quelque chose d’autre ? Beaucoup des deux, bien que tu tairais le premier. Deuxième et dernier message, tu te retiens de ne pas continuer dans cette lancée et l’effort est titanesque.

Trente minutes restent, elles sont sans aucun doute les plus longues que tu auras eu à vivre aujourd’hui et enfin, l’instructeur range ses affaires, élèves en faisant de même avant de déguerpir discussion se faisant plus intense une fois le cours terminé. Toi aussi tu avais une soirée hors du commun de programmée ce soir ! Tout comme l’Italienne tu attends que la salle se vide, restant assis sur ton siège et l’observant se lever lorsqu’elle le fit, geste attrapant son sac ne t’échappant pas. Tu l’attends. Tu n’avais que cela à faire, il était impossible pour toi qu’elle n’ait pas compris que tu te trouvais là, quelque part ici, truand parmi les honnêtes gens. Et ce regard… Quel regard… Le tien donnerai presque l’impression de s’illuminer à sa vue, corps se redressant pour la rejoindre alors qu’elle dévore ces premiers mètres qui vous éloignent l’un de l’autre.
Cette bise, tu n’avais aucun mot pour décrire l’effet qu’elle te faisait, réprimant à chaque fois cette envie de tourner un peu plus la tête pour déposer tes lèvres contre les siennes. C’est presque amusant de voir comme ta main vient rechercher la sienne alors qu’elle est encore accrochée à toi, doigts s’agrippant au tissu, peau frémissante face à ce geste qui effleure peut-être involontairement le bas de tes côtes. Pourtant tu la laisses partir, yeux se plongeant dans les siens sans aucune lassitude.

Entre les grognements que tu crois entendre et l’université que tu imagines déplacée à Skivika je vais finir par m’imaginer que quelque chose ne tourne pas très rond chez toi. Mais tu aimes sa folie… Sourire taquin prenant place sur ton visage. Je suis arrivé ce matin, entre dix et onze heures, je sais plus quand exactement. L’expression de tes yeux se met à changer. Séducteur, tu ne veux l’être que pour elle. Tu m’empêches de faire des nuits complètes… Figure doucement revenant à la normal. Mais ça va bien, j’ai dormi ce matin dans je ne sais quel cours, j’ai la patate ! Et toi, comment vas-tu ?

Amusé tu passes une main dans ta crinière, suivant Elisa pour sortir de l’amphithéâtre avant de venir se placer à côté d’elle lorsque l’espace pouvait te le permettre. Du coin de l’œil tu la vois se rhabiller à la découverte du rideau de pluie qui s’abat sur la région en ce milieu d’après-midi. Pourvu que ça ne dure pas… Face à elle, tu arques un sourcil pendant qu’elle reste immobile, te questionnant sur ce qu’elle pouvait bien penser avant que tu n’écarquilles les yeux, statue de cire en sentant ses bras venir enrouler ton cou. Tu ne sais pas comment réagir alors qu’une main vient se poser à plat contre son épaule pour l’éloigner de toi, l’autre serrant son blouson pour que jamais elle ne te laisse. Tu ne sais pas ce que tu veux et pourtant tu es conscient sur le fait que le temps t’est compté. Tu veux d’elle mais tu ne veux pas qu’elle te touche ? Tu ne réfléchis pas plus sur l’illogisme de ton comportement, glissant cette main placée trop haute pour venir se joindre à l’autre, serrant sa taille, ramenant Elisa un peu plus contre toi, ta tête venant chercher la sienne, capuche tombant sur ta nuque. Et tu l’enserres encore un peu plus fort sans l’étouffer, regrettant d’avoir perdu tant de secondes alors que cette étreinte, si tu avais pu l’avoir dès les départ, tu n’en aurais été que plus heureux.
Sans un mot tu la laisses s’en aller, dénouant ton cordage de son corps, faisant un pas en arrière à ton tour, demi sourire s’étirant sur tes lèvres à sa première phrase sans que tu ne puisses lui retourner, fierté masculine trop imposante pour se laisser aller à ce genre de choses. Pourtant elle t’a manqué, elle avait continué à t’envouter sans que sa présence ne puisse être là, à manipuler le moindre de tes souhaits envers elle. Elisa, elle est la beauté, peut-être même la tienne. Son nez, ses yeux, sa bouche, la forme de son visage, son corps. Oh oui ce corps et ses formes sur lequel tu veux laisser courir tes doigts, jouer avec sa température mais toujours sentir sa chaleur grimper, entendre sa respiration se faire plus forte à ta présence et frémir a sa peau contre la tienne…

Tu fermes les yeux un moment, air grave prenant place tout en faisant ton possible pour te concentrer sur ses mots.

Je ne suis certainement pas assez fatiguer je pense. On y va ?

La pluie. Te concentrer sur ce qui ruisselle et priver ton esprit de trembler pour l’Italienne. Tu t’obliges à faire quelques pas sous l’eau, tournant sur toi-même pour constater un peu du monde qui vous entoure. Dans quelques minutes tu m’appelleras mais pas avant, le danger est trop grand. Puis tu réalises ton attitude, espères qu’il n’est pas trop tard pour éviter qu’un malaise ne puisse s’installer entre vous. Tu t’en voudrais sans aucun doute.

Ne te méprend pas, je suis aussi vraiment content de te voir Elisa, j’ai juste… un peu chaud.

Oui on va dire ça comme ça. Avec vos précédents jeux peut-être qu’elle comprendra là où tu veux en venir et si elle ne cerne pas le fond de ta phrase, ce n’est pas grave non plus. Lutter, c’est tout ce que tu peux avoir en tête et une partie de toi combat la tentation avec ferveur. Elle est digne, courageuse, téméraire. Mais son adversaire est connu pour être dévastateur. L’une gagne des batailles, l’autre mène ses troupes dans une guerre redoutable qu’il est certain de remporter. Mains venant rejoindre ta tête dans une inspiration profonde tu finis par te demander si, bien qu’horriblement contraignant, tu ne voulais pas continuer à jouer à ce jeu pernicieux qui étrique tes pensées. Guérir le mal par le mal. Tes lèvres te brûlent de lui dire combien tu peux avoir envie d’elle… Cependant, à la place d’ouvrir la bouche pour faire voler ces mots dans le creux de son oreille tu te retournes sur elle alors que tes pas t’avaient mené à un ou deux mètres de l’Italienne. Regard bleu cherchant ses yeux, tu te rapproches d’elle, tes doigts venant taquiner les cheveux derrière la nuque de la sudiste. C’était bien sa silhouette sur laquelle tu t’étais arrêté lorsque tu la recherchais toute à l’heure pendant leur cours. Tu t’amuses avec eux durant quelques secondes, index et majeur glissant entre ses mèches, non ce n’était pas donné qu’à Elisa de le faire ! Et tu les récupères auprès de toi dans un mouvement lent.

Que comptais-tu faire cet après-midi ? J’avoue ne pas t’avoir posée la question, ni avoir attendu un accord de ta part pour débouler mais si tu étais occupée je peux me faire tout petit en cas de besoin.

Ta main vient se réfugier sur le jean d’Elisa, juste là, sur sa hanche, remontant doucement en chassant la blouse qui fait rempart entre sa peau et la tienne. Tes lèvres au creux de ses reins, embrassade gagnant son ventre, pour remonter jusqu’à ses lèvres… Imagination débordante que tu voudrais se voir réaliser, mais mon Viking, arriverais-tu à être doux pour cette femme qui enfermes tes rêves dans une cage ? Boite de pandore pouvant trouver son égal dans un tout autre domaine avec l’aide de ton cerveau. Elle-…

Tu m’obsèdes Elisa… Tu es omniprésente dans mon crâne même quand j’essaie de t’en faire sortir, cette faiblesse m’est insupportable. Je n’ai pas l’habitude d’être l’esclave de mes réflexions.

Voix basse sans chercher à savoir si du monde peut ou non t’entendre. Sourire en demi-teinte, amusé et agacé de reconnaitre ce que tu avouais en ce moment. Elisa, elle a ce pouvoir qu’ont certaines femmes sur les hommes. Elle l’exerce sur toi avec une facilité déconcertante. En avait-elle seulement conscience ? Tes yeux plongent dans les siens, regard sérieux, ta peau effleure son épiderme en remontant un peu plus sur son corps alors que l’Italienne t’empêche de voler. Elle te cloue au sol, tes lèvres s’en étirant en sentant la chaine vernir s’enrouler autour de tes ailes de colosse. Ta course se stoppe avant que ton poignet ne soulève trop le bout de tissu et permettre à sa chaire d’être perçue par ceux qui vous entourent, eux aussi marchant sous la pluie du parc de ce lieu d’enseignement supérieur. Dans tous les cas, tu paieras certainement le prix de ton comportement dans un sens ou dans un autre, qu’importe la manière. Qu’elle t’ignore, qu’elle réagisse. Qu’elle te repousse ou qu’elle accentue la situation. Dans tous les cas tu y laisseras des plumes, à croire qu’avec elle tu étais prêt à chérir le dolorisme quoi qu’il puisse t’en coûter… Et maintenant, as-tu été suffisamment patient pour qu’elle te laisse l’embrasser ? Tes yeux hurlent ta demande avec une intensité qui veut réveiller les volcans que la Napolitaine a en elle.
Quelques instants et tu finis par ôter ta main pour la laisser naviguer jusque dans la sienne, l’écartant avant de vouloir t’en emparer. Rapide coup d’œil autour de vous et plus un rat ne vagabonde. Murmure audible de mon prénom pour me faire sortir de mon trou. Pour autant je ne bouge pas immédiatement, te laissant te répéter un peu plus clairement avant de me montrer pour vous rejoindre. Ton attention se reporte sur Elisa, t’éloignant encore un peu d’elle.

Stian disait en rigolant qu’en sachant cuisiner tu étais bonne à marier… Il me tarde d’expérimenter ça ! Tu racontes les histoires le soir pour aider les gens à s’endormir ? Vas savoir, j’aurais peut-être besoin d’aide… Tu lui souries, joueur. Et en étant mon guide pour le week-end, je suis curieux de connaitre tout ce que tu t’apprêtes à me faire découvrir…

Oh non, la ville tu t’en moques, ce que tu veux vivre c’est tout ce à quoi elle t’interdit d’accéder. Aller Elisa, libère-toi, il n’attend que ça même si tu ne le mènes pas à sa finalité !

  
MessageSam 27 Aoû - 12:24
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Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


L'incertitude la prend aussitôt qu'elle sent la main d'Àsgard sur son épaule, l'écartant, autre main tenant le blouson insignifiante en comparaison. Le geste a été trop spontané, trop irréfléchi, contact de trop. À croire qu'elle a pris l'habitude de ces touchers entre eux, doigts s'effleurant et s'entrecroisant, mains errantes, bouches se posant le temps d'arracher un frisson ou de murmurer quelques mots. Ce geste-là pourtant, il semble avoir été de trop, lèvres d'Elisa commençant à se plisser en un sourire d'excuse et torse se reculant pour s'échapper. Il n'en a pas le temps, main tombant le long de sa taille et la ramenant contre le corps masculin, tête se pressant contre la sienne, cheveux clairs chatouillant son cou et caressant sa joue, la laissant muette de surprise. Les mots se sont perdus quelque part derrière elle, excuse avorté, aveu oublié, oblitérés par cette étreinte à laquelle elle ne s'attendait pas et qui fait s'appuyer sa tête un peu plus contre Àsgard. La sensation est étrange, mi-flottement mi-chute, réconfortante et alarmante toute à la fois. Il y a de quoi perdre la tête, sourire flottant un instant sur ses lèvres en se rappelant la remarque que le Norvégien lui a fait il y a si peu de temps. Ils vont finir par être deux à penser que quelque chose ne tourne pas comme il faut chez elle, à ce rythme. Elle n'est pas certaine que c'est entièrement une mauvaise chose, Elisa, alors qu'elle suit le mouvement et se recule elle aussi, étreinte touchant à sa fin. La proximité lui manque, telle qu'elle était, silencieuse, elle était facile, confortable. Presque naturelle. La pensée est dangereuse, chassée et remplacée par les mots tranquilles et l'éternel sourire. Il lui a manqué, oui, et elle sent son sourire s'agrandir en constatant que l'aveu ne trouve pas d'écho. La fierté masculine l'amuse, celle d'Àsgard autant que celle de ses amis ou de ses cousins. Sur ce point, il n'est pas très différent de ceux qu'elle côtoie depuis son enfance. Qu'importe, elle n'a pas besoin de l'entendre, les bras autour de sa taille en disaient bien assez long. Elle se contente de se rappeler qu'il a dormi dans la matinée et de contempler rapidement le fait qu'il ne soit pas assez fatigué avant de s'aventurer à travers les portes coulissantes, main rabattant sa capuche sur sa tête. Bienvenue à Bodø, capitale norvégienne de la pluie. La ville en vaut la peine.

Àsgard s'est déjà un peu éloigné tandis qu'elle est encore protégée par l'auvent du hall, et elle le suit du regard, lèvres s'incurvant de nouveau face à la tentative de la rassurer. Il y a quelque chose dans les mots qui tient indéniablement de leur jeu ou qui l'évoque, qui lui donne de répliquer aussitôt, comme précédemment, comme ils ont pu le faire auparavant. Il y autre chose qui lui donne envie de ne pas relever, de prétendre qu'elle n'a pas saisi, cette affection qu'elle ressent pour lui en plus de cet attirance physique, personnalité aussi magnétique au final pour elle que le visage et le corps qui vont avec. Ça ne fait que compliquer les choses, vraiment, brève prière adressée au ciel alors qu'elle s'avance un peu plus, paupières s'abaissant légèrement et regard par en-dessous lancé au Viking.

"J'aurai peut-être pu faire quelque chose pour te réchauffer, mais je crains de ne rien pouvoir faire pour t'aider à te refroidir..."

Tout est neutre dans la remarque hormis l'étincelle de ses yeux, Elisa regardant Àsgard approcher sans tenter de reculer ni de s'échapper, trop curieuse de ce qu'il va faire. Il y a quelque chose de profondément prédictible dans leurs échanges, le tour qu'ils vont prendre aisé à deviner, et pourtant elle ne manque jamais d'être surprise, tant par leurs gestes que par leurs réactions. L'esquisse est là, indications de scène, traits préliminaires, ostinato continu, mais le reste possède un aspect imprévisible, presque addictif. Elle veut savoir jusqu'où le jeu peut aller, tester les limites de leurs patiences respectives, de leur contrôle. L'issue est déjà écrite au fond de son esprit, charme et magnétisme l'attirant toujours un peu plus dans leurs filets, mais ils ne sont pas encore refermés autour d'elle, et encore et encore elle s'en échappe, et encore et encore elle est recapturée, par son regard, par une remarque en passant au détour d'une conversation, par ses gestes. Il est hypnotisant, Àsgard, rester immobile en le regardant approcher bien trop aisé. Serpent aux yeux trop bleus arrêtant sa proie de son regard pour la convaincre de se laisser enfermer dans ses anneaux et dévorer sans se débattre, image un peu trop appropriée à son goût la ramenant à la réalité, brutalement, au premier contact de doigts le long de sa nuque, le toucher électrique. Le geste est trop réel, lui arrachant un frisson et agrandissant ses pupilles, peau trop sensible à cet endroit pour la laisser dissimuler sa réaction. Trahie, et elle devine aisément qu'il l'aura notée et enregistrée pour plus tard, prête à être utilisée pour de nouveau lui faire tourner la tête et l'amener à céder. Pour l'instant, ses boucles semblent davantage retenir son attention avant d'être lentement relâchés, doigts calleux électrifiant de nouveau sa peau avant de la délaisser, pensées éparpillées se rassemblant en entendant la question et lui tirant un sourire.

"Je n'avais pas prévu grand chose, pour être honnête... Préparer un polpettone pour ce soir, vu que c'est un peu long, histoire qu'on l'ait suffisamment tôt, avancer encore mon travail de littérature norroise, même si je pense que je vais le mettre de côté à la place, ou alors juste finir de retranscrire ce qui me reste en futhark en alphabet latin... En dehors de ça, il faudra probablement relire mes cours, et ça devrait être tout..."

Les mots se troublent, sa voix se voile. La main d'Àsgard a trouvé sa hanche, son poids et sa chaleur comme perceptibles même à travers l'étoffe, et de nouveau elle se retrouve hypnotisée. Le tissu fin de la blouse bruisse contre sa peau en un murmure, doigts d'Àsgard le suivant et l'entrainant en un geste trop long qui de nouveau assombrit son regard et fait chanter sa peau, lentement monter la température de son sang, hémoglobine entamant le lent processus qui la changera en lave impossible à arrêter ou détourner de son cours. Une part d'elle, la part logique, la part qui s'est toujours préoccupée de ses études avant tout et qui n'a jamais manqué de hausser les épaules et de pointer qu'elle aurait amplement le temps de s'intéresser à tout ça de manière moins superficielle une fois son diplôme obtenu, cette part là s'alarme, ne demande qu'à se jeter en arrière et mettre fin au contact. Elle n'a jamais été affectée de cette manière, n'a jamais laissé ses jeux de flirt devenir autre chose lorsqu'elle acceptait de s'y laisser entraîner, expériences faites avec un de ses amis d'enfance aussi rationnel qu'elle, aussi exaspéré qu'elle de voir le reste de leur groupe tomber tête la première dans les histoires de cœur et de séduction et s'étonner de les voir en rester détachés, regards interloqués discrètement échangés quand ils les entendaient se plaindre de n'être pas remarqués, de l'être trop, d'un compagnon trop charmeur, d'une compagne trop possessive. Si compliqué... Et toujours la même question, Mais pourquoi tu veux pas tenter le coup ? C'est tellement bien, d'être en couple ! Ça te changerait les idées, un peu, de penser à autre chose qu'aux cours. Et toujours la même remarque en suivant, Je t'envie, le nombre de mecs qui te matent... Et t'as même pas l'air de t'en rendre compte ! Tu parles d'un gâchis... Elle n'a jamais eu cette impression Elisa. Même après avoir fait l'expérience avec Marco, amis apprenant le corps de l'autre et se familiarisant avec, la tentation d'expérimenter comme eux n'a pas su se faire un chemin, copine de Marco accueillie dans le groupe avec le même sourire et la même aise que les autres. Il n'était pas à elle, les deux mois à se retrouver de temps à autre pour passer un bon moment interrompus sans difficultés. Ils sont juste plus complices qu'avant, duo se connaissant désormais trop bien pour s'embarrasser de manières et de politesse l'un envers l'autre, confidents désormais au lieu d'amants. Pour être honnête, elle préfère cette relation là, Elisa.

La main continue sa lente remontée le long de sa hanche, laissant la chair de poule dans son sillage, toujours aussi lentement, brûlant et alimentant la chaleur qui commence à se répandre dans ses veines et à faire chanter son sang. Les mots d'Àsgard n'aident pas pour tout ce qu'ils l'extirpent temporairement de la guerre entre la part raisonnable d'elle et la part impulsive. Obséder. Ses paupières s'abaissent lentement, voilant son regard avant de le révéler de nouveau, ses doigts trouvant à leur tour la ceinture d'Àsgard et s'y accrochant sans chercher à faire plus tandis que la voix basse lape à ses oreilles. Malgré elle, sa langue émerge un bref instant d'entre ses lèvres, les humidifiant avant de retourner se dissimuler, geste automatique qui trahit son trouble. Elle ne laisse pas son expression bouger pour autant, sourire toujours en place, immobile tandis qu'elle sent la main le long de son côté monter encore un peu plus, trop lente, trop haute, trop légère, et pas assez en même temps. Il y a de quoi perdre la tête, "Stop..." glissant finalement d'entre ses lèvres, trop tard et trop tôt tout à la fois. Elle veut plus, elle veut moins, son côté terriblement vide et froid une fois qu'il se trouve libéré (délaissé). Ses idées peuvent au moins recommencer à se rassembler, Elisa relâchant l'anneau de tissu qui lui servait de point d'ancrage et faisant un pas en arrière. Un peu de distance, juste un peu, avant qu'elle ne réussisse à rire et à lancer un regard taquin au Viking.

"Pour ma défense, tu ne me sembles pas le genre d'homme qui doit avoir l'habitude qu'on lui résiste..."

Avec ce corps et ce visage, cette voix et ces yeux, ça n'a rien de surprenant. Il a trop de présence pour laisser indifférent, vraiment. L'envie de renoncer au jeu et de se laisser attraper est là, puissante, l'attirance impossible à comparer avec celles qu'elle a pu ressentir par le passé, éphémères et légères, basée sur un pur attrait esthétique. Des attirances comme ça, il suffit de flirter un peu pour les faire passer, échange une confirmation en général que risquer de se distraire de ses études pour une passade n'en vaut pas la peine, que même une nuit de plaisir ne serait pas particulièrement satisfaisante. Elle a essayé une fois, n'a fait que confirmer ce qu'elle suspectait. Il manque la connexion, la confiance qui lui permet de faire taire sa raison et de simplement se laisser à ses instincts, sans voix qui murmure et commente au fond de son esprit, qui se demande si ça en valait la peine avant même que la nuit ne soit finie. Peut-être que si elle cédait maintenant, elle se tairait, simplement satisfaite de la disparition de cette tension qui palpite entre eux, physique. Mais ça ne sera pas forcément le cas, regret s'installant, désir assouvi emportant tout avec lui pour ne laisser qu'un gout amer derrière lui. Dans ces conditions, il y aurait tout à perdre, raison poussant le désir à se ranger à son avis, d'autant plus aisément qu'une distance est de nouveau là, ce pas qui permet d'éclaircir les idées et de retrouver son sang-froid. Il bouillonne encore, mais moins, volcan encore somnolent. Lorsque les barrières céderont...

N'y pense pas. N'y pense même pas, Elisa...

Sa tête se tourne vers Àsgard en l'entendant appeler Alle Dyr, regard de l'italienne partant aussitôt à la recherche de la silhouette reptilienne, clignant en la voyant approcher, interloquée. Elle a beau être un peu plus familière avec, l'idée qu'elle ait pu être en liberté sur le campus est déstabilisante. Elle aurait pu prendre peur, quelqu'un aurait pu la voir, liste de risques qui se déroule dans son esprit et fait se clore ses paupières un instant avant qu'elle ne se prenne de nouveau à contempler l'alligator. Elle est si calme en apparence, Alle Dyr, il est difficile de se rappeler qu'elle est censée être un animal sauvage, pas avec sa manière d'être, pas avec son regard. À sa façon, elle exerce un peu la même fascination qu'Àsgard sur elle, pour tout ce qu'ils n'ont pas la même présence. L'alligator attire moins l'attention que l'homme, pour tout ce que cela semble dénué de toute logique. Elle est pourtant la plus dangereuse des deux... Peut-être. Le fait de ne l'avoir jamais vue que docile ne la rend pas inoffensive pour autant. Et le Viking est certainement dangereux pour elle... il la trouble trop, il l'affecte trop. C'est trop facile d'imaginer la façon dont les cals de ses doigts joueraient le long de sa peau, d'imaginer la manière dont ses cheveux soupireraient le long de sa poitrine pendant que la barbe et les lèvres caresseraient son ventre, main passant dans ses cheveux le temps de la dégager de son visage, geste tentant d'emporter les idées avec. Elles se laissent aisément remiser à l'arrière de son esprit, dieu merci, prêtes à ressortir plus tard, à la prochaine provocation, la prochaine fois qu'elle le verra repartir, reprenant aussitôt le dessus pour tenter de la faire céder, de faire s'abaisser ses défenses. Elles devront attendre malgré tout, se contenter de jouer avec son subconscient alors qu'elle rit.

La distance s'agrandit, Àsgard se reculant à son tour, et n'est-ce pas étrange, d'avoir l'impression que le temps s'est étiré jusqu'à n'en plus finir alors qu'ils ne sont dehors que depuis si peu de temps, qu'ils n'ont pas encore réellement commencé à rentrer ? Elle n'en dit rien, rit simplement de nouveau, tête amusée se secouant à l'idée de lire une histoire ou chanter une berceuse au norvégien avant de se fixer en un sourire taquin, yeux pétillants accrochés aux siens, comme toujours.

"J'espère ne pas décevoir tes attentes, alors... Quand à t'aider à dormir... je suis sûre qu'on pourra trouver une manière de te fatiguer encore un peu plus. Et sinon... tu as déjà vu le Mokstraumen je suppose, du coup je pensais qu'on pourrait aller voir le Saltstraumen, j'avoue que je ne me lasse pas du spectacle... Ses alentours sont agréables aussi, et ça sera sans doute mieux que se balader en ville, je doute qu'Alle Dyr apprécie de rester enfermée après tout, et avec tout le monde qu'il peut y avoir à Bodø..."

Malgré elle, une grimace glisse sur son visage. Ça ne serait certainement pas agréable pour elle, pas avec les chances que quelqu'un réussisse l'exploit de ne pas la remarquer. Et la laisser derrière n'est pas envisageable non plus, ce n'est pas un chien, après tout, et ses épaules se haussent. A la réflexion, même le port est compromis... tant pis, elle se lèvera tôt et ira seule, le marché aux poissons n'est pas très loin à pied après tout. Ou elle ira dimanche. Elle ne va pas lui demander de délaisser Alle Dyr, il suffit de s'adapter, et sur une impulsion elle se baisse pour l'observer de plus près, se balançant aisément sur ses orteils, coudes posés sur ses genoux repliés et menton posé au creux de ses mains, prenant juste le temps de lancer un regard curieux à Àsgard avant de reporter son attention sur l'alligator. Elle a des yeux fascinants, elle aussi, qu'elle ne se lasse pas d'observer. La peur est toujours là, mais elle commence à changer, à s'inquiéter aussi de son confort à elle et à s'inquiéter d'elle, au lieu de juste s'en faire pour les gens qui la croisent. Sa présence est moins perturbante désormais, pour tout ce qu'elle préfère garder une petite distance avec elle. Elle ne sert probablement pas à grand chose, mais bon... Elle mérite d'être traitée avec respect, comme n'importe quel autre animal. Même si elle est clairement le plus étrange qu'elle ait jamais vu.

"Tu as eu de la chance qu'elle soit restée cachée... Si quelqu'un l'avait vu, je doute qu'ils auraient très bien réagi, et ce n'est pas sûr que la police ou qui que ce soit qui serait venu se serait soucié de savoir comment Alle Dyr est arrivée ici... Actuellement, il vaut probablement y aller, juste pour être sûrs... Tu es garé près de l'accueil, je suppose ?"

Quelque chose lui dit qu'il n'a pas pris la navette, Elisa lâchant enfin Alle Dyr du regard et se redressant, bras se nouant dans son dos tandis qu'elle s'étire brièvement. Elle peut sentir la tension causée par la semaine de cours se dénouer un peu, soupir de soulagement lui échappant avant qu'elle ne fasse face à Àsgard, main embarrassée passant dans sa nuque par-dessous la capuche. La pluie a un peu gagné en intensité, rien d'extraordinaire encore pour la ville, mais probablement assez pour que ce ne soit pas très agréable pour lui de rester dehors un moment encore.

"Je t'avoue que je suis venue à vélo, je ne m'attendais vraiment pas à ce que tu viennes directement à la fac... Du coup, je t'avoue que je ne suis pas certaine de comment on peut s'arranger pour aller à la coloc'. Enfin, on peut voir ça en allant vers le parking, il devrait avoir commencé à se vider."

C'est rare que les gens y trainent, et avec la pluie et l'arrivée du week-end, la probabilité que des gens soient restés et risquent de voir Alle Dyr et de paniquer est encore plus faible, allée vide de l'accueil confirmant le fait tandis qu'une des mains d'Elisa se glisse dans son blouson, doigts se croisant. Une part d'elle, majoritaire, espère qu'elle pourra rentrer à vélo. La distance lui fera du bien, finira de l'aider à se recomposer bien plus efficacement qu'être dans un habitacle aux côtés d'Àsgard, et l'idée de devoir pédaler sous la pluie ne l'effraie pas. Ce serait plutôt bienvenu, au contraire. Une demie-heure seule avec elle-même et ses pensées, de quoi se préparer à se retrouver seule avec lui plusieurs heures, sans la barrière de ses colocataires pour l'empêcher de céder à ses envies.
AVENGEDINCHAINS
  
MessageDim 28 Aoû - 21:35
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Àsgard ValdasonNothing will be the same...

You know I’m gon get ya
Whatever it takes to get there
No I won’t drop you
Like everybody else does


Àsgard & Elisa
Sa main qui serre un passant de ceinture te fait manquer une respiration. Tes griffes viennent langoureusement lécher sa peau en guise de réponse à ce geste certainement mal interprété. Yeux plantés sur son visage, délectation de son sourire, nuque retenue d’avancée, interdisant à ta bouche d’aller jouer avec cette langue et avec ces lèvres qui s’amusent à te narguer.
Tu donnerais décidément tout ce que tu possèdes pour l’avoir elle, même ta grâce, même ton essence. Pour elle, tu as déjà perdu ton esprit … Alors juste une fois. Juste une journée. Juste une nuit. Un moment avec elle pour qu’elle te compte toute la saveur de son âme, toute la richesse de son corps, toute la volupté de ses charmes.
Tu te crispes un peu par retenue, beaucoup par envie et ramènes ta seconde main à elle, se chargeant de son côté de remonter son dos. Un peu plus vivace que sa consœur, tu arrêtes tous tes mouvements au simple mot d’Elisa, front se déposant contre le sien, torse se soulevant avec plus de rapidité que ce qu’il ne devrait. Oui, se stopper, peut être le faut-il… Et tes yeux se ferment là-dessus en la laissant partir pour en faire de même. Tu ravales ta salive, regard divaguant finalement sans oser l’observer, il te faut encore quelques secondes avant de pouvoir le faire. Quelques secondes pour te reprendre en main comme tu le peux. Quelques secondes pour chasser ce côté bestial de toi qui commence à prendre possession de ton être. Tu serres ton poing et le portes à ta bouche, regard fixant le sol encore pour un court instant. Un geste supplémentaire d’Elisa dans cette circonstance et tu n’aurais plus pu résister à quoi que ce soit. Pas après autant de temps sans l’avoir vu, pas en la rêvant si souvent. Alors son rire ne t’atteint pas, peinant à venir chercher ne serait-ce qu’un œil lui appartenant. C’était presque trop brutal alors que ta pression ne parvenait pas à redescendre, l’intégralité de ton être portant encore cette tension comme un fardeau. Elle t’étouffe et ton propre manque d’air la privera d’une réponse à sa taquinerie. Résister ? Non elle avait raison, rares pouvaient être les femmes à te priver d’aller au-delà du fait de les convoiter. Mais elle n’avait pas compris. Non, Elisa ne te donnait pas l’impression d’avoir saisi qu’elle était supérieure au reste de la gente féminine, que ce n’était pas des paroles destinées à la faire chavirer. L’Italienne te hante, créant une obsession sans nom, jusque-là, au creux de ton ventre.

Aujourd’hui, la pluie te fait du bien. Tu aimerais t’allonger ici, t’endormir pour laisser tes maux s’envoler alors qu’ils te torturent, ventre se retournant sous l’effet de la contrariété, cœur se serrant de frustration. Mais il faut passer à autre chose, ne serait-ce que pour essayer, regard revenant percer celui d’Elisa. Étais-tu aller trop loin ? Est-ce seulement à toi qu’elle avait pu adresser ce mot ? Tu n’en sais rien et elle te perd pendant que tu offres toute ton attention au moindre de ses faits et gestes allant du simple baissement de paupières au frémissement de sa personne lorsque tes doigts viennent caresser sa nuque. Marcus me dirait qu’il m’avait prévenu… Déjà piégé ? Le temps passe, soit fort mon Àsgard. Relèves la tête et continues de soutenir son regard. Appelle-moi, deux fois pour laisser croire au fait qu’un animal sauvage ne réagisse pas comme un canidé domestique. Et parles de tout. De tout et surtout de rien. Gardes tes distances mon Viking, tu finiras par aller mieux. Mais maintenant, il est temps que tu agisses. Ou est ta fierté, ton ego, ta confiance en toi ?

Ta gorge se racle pour mon appel, yeux malicieux s’accrochant encore et toujours à ceux d’Elisa qui ne suivent pas cette même danse à mon apparition. Pour ma part, je ne la regarde pas, volontairement, tournant ma tête dans un râle sourd à ton encontre. Jouer la bête sans conscience n’était pas un bon rôle pour moi… Mon regard se ferme sur le monde pendant que le tien vole l’attention de l’Italienne, sourire se profilant sur l’horizon à l’entente d’une perspective de souhait concernant la qualité du repas de ce soir. Tu as presque tout le temps été déçu lorsque tu manquais un repas chez tes parents pour aller ailleurs, ta surprise serait plus grande si tu venais à aimer un plat plutôt qu’autre chose. Cependant tu ne portes que très peu de croyance en cela et du polpettone tu n’avais strictement aucune idée de ce que cela pouvait être. Si la cuisine Norvégienne n’avait plus de secret pour toi depuis longtemps, celle du reste du monde t’était inconnu. Ça ne te manquait pas, tu n’étais pas avide de savoir concernant ce sujet, portant seulement un intérêt sur la capacité des gens à savoir cuisiner…

Pour le repas, je réserve mon jugement et… Trouver de quoi me fatiguer un peu plus ? Hum j’ai peu d’espoir à ce sujet. Je n’ai même pas la curiosité de souhaiter le découvrir…

La phrase en dit long sur ce désir que tu enfermes momentanément dans un sac, le jetant au fond du lac, une pierre le noyant de toute possibilité de survie. Tu as besoin d’un temps d’adaptation pour jouer, il faut que tu t’habitues à vibrer inutilement pour elle car elle ne t’apportera rien de ce que tu peux vouloir. Pas maintenant. Peut-être plus tard. Peut-être jamais ? Il te faut l’accepter. Et quand bien même elle parlait de fatiguer qu’importe la raison, tu te connaissais assez pour savoir qu’il n’y aurait que l’ennuie et l’épuisement d’une journée remplie ne saurait te porter dans les bras d’un certain Morphée. Se laisser bercer par un dieu grec… Quelque part je comprends ta réticence mon Viking.
Tu ne relèves pas verbalement la faute qu’elle fait avec l’absence d’un ‘‘s’’ dans le nom Moskstraumen alors qu’elle te fait quand même plisser le visage. Soit un peu plus tolérant mon Àsgard, je doute que tu puisses t’exprimer correctement si tu dois venir à parler Italien, alors chasses rapidement cette dureté de ta figure. Mais elle avait raison, avec toutes les fois où tu avais pu aller aux Lofoten, le Moskstraumen n’était pas une découverte pour toi. Par contre le Saltstraumen tu n’en avais qu’entendu parler par tes frères qui y avaient été durant des voyages scolaires. Le plus puissant courant de marée du monde.

C’est d’accord pour le Saltstraument ! Concernant Dy’, elle n’aurait pas été enfermée. Que ça puisse plaire ou non au monde, Alle Dyr serait venue, je ne l’aurais pas laissé seule. Elle n’est pas très collier et laisse, mais lorsque nous devons aller en ville, ni elle ni moi n’avons le choix. Puis franchement entre nous, une laisse à un alligator… Si la folie lui prend, ce n’est pas ça qui l’arrêtera…

Lorsque les conditions t’avaient été données par l’état Norvégien, tu n’avais pas eu droit d’être exigeant et la tête de serpent que tu avais entrevue dans le col du chef d’état qui t’avait reçu en personne te fit comprendre pourquoi il s’était trouvé si compréhensif avec toi. Mais tu ne peux pas te permettre de le dire, de le raconter à Elisa, préférant te taire et observer sa réaction à mon égard.
Lorsqu’elle s’accroupit je ne peux retenir un mouvement de recul, queue bougeant légèrement et tête s’écartant en craignant la folie d’un touché. La gueule entrouverte, sifflement léger s’en extirpant par prévention, prête à claquer, à feindre l’air sans jamais saisir sa chaire, seulement pour la faire partir, le regard vissé dans le sien, je ne louperai aucune de ses réactions. Mais tu es là, un genou à terre, une main réconfortante sur le corps cuirassé qui me fait verrouiller la bouche après avoir échangé une œillade avec toi. La douleur d’un contact, je ne veux pas que tu puisses la vivre même par mégarde… Vigilance portée sur Elisa reprise en l’entendant parler une nouvelle fois, je me redresse vers elle sans être forcément plus sereine de l’attitude qu’elle pourrait adopter.
Ses mots, ils te font réfléchir un instant. Comment lui faire comprendre que bien que le risque zéro ne puisse jamais exister, je ne suis quand même pas un banal alligator, que je possède certainement plus de cœur que beaucoup d’autres êtres humains malgré mon apparente dangerosité ? Tes doigts glissent sur mes écailles et mes yeux se ferment de complaisance, quittant le regard d’Elisa. Penses-tu qu’elle puisse s’imaginer que je la comprends aussi clairement que toi tu peux le faire pour elle ? Haussement léger d’épaules. Peut-être bien oui après tout combien de personnes croient qu’un animal est capable de comprendre ce qu’un humain peut bien lui dire ? Tu as probablement raison.

Ça peut paraitre inconscient mais j’ai confiance en elle… Ça me suffit pour la laisser vivre sa vie quand bien même on peut croire qu’avoir une créature comme elle n’est pas sans risque. Je suis conscient de ce qu’elle représente mais je ne crains rien d’Alle Dyr. C’est la seule chose qui m’importe.

Je me retins de tourner la tête dans ta direction, effleurant seulement le cœur de ta main du bout de mon museau. Créature. Parler d’animal lorsque tu me déterminais n’était pas quelque chose de possible pour toi. Je ne suis pas un animal, je n’en ai que l’apparence. Je suis un daemon, une âme. Deux êtres liés à jamais pour n’être que l’ensemble d’une créature… Ni animal, ni humain. Magique… Aucune normalité ne réside en nous dans ce que le monde actuel est en phase d’accepter, de tolérer. Mes iris quittent ceux de la Napolitaine, soupire inaudible venant caresser la terre humide. Tant de regret d’être considéré comme des êtres bien trop différent pour avoir droit à la vie. Tant de peine à constater que nous ne pouvons représenter qu’un monstre, qu’un diable malin pour la population. Il faut achever la bête. Briser leurs petites habitudes, anéantir leur idylle de vivre sur une terre sainte, ils ne le méritent pas, ils ne sont que des damnés.
Les humains peuvent être méprisables, tu en as déjà subi les frais lorsque tu étais enfant, allant au-delà de ce qu’aucun daëmonien ne devrait se faire subir, ne devrait faire subir à son âme…
Tu te relèves, et détermines de la tête l’endroit où se trouve le pick up pour ainsi éviter d’avoir à penser un peu plus profondément aux remords qui sont sur le point de t’éprendre.

Non j’ai évité de me garer là où il y a le plus de passage… Il n’y avait personne du côté boisé du parc, on est passé par là pour que Alle Dyr puisse partir se cacher sans encombre. On est un peu à l’extérieur de l’université, c’était plus sécuritaire pour nous.

Et l’aveu est là, son vélo tu pourrais le bloquer dans la benne, mais tu sens qu’il y a quelque chose en elle, dans la tournure de ses phrases, dans le ton de mots qui te font froncer les sourcils. Il y a un passage que tu aurais loupé ? En tout cas tu ne comprends pas ce qu’il se passe.

Oh… Eh bien… Tu peux toujours m’envoyer un message avec ton adresse et on se retrouve là-bas ? J’ai vu en passant ou se trouvait le garage à vélo de l’université, on a qu’à prendre chacun son chemin, ça sera plus simple avec le véhicule qui est placé à l’opposé. Puis, on se rejoint chez toi ? Ou ailleurs comme tu préfères.

C’est étonnant comme la retombée de ce ‘‘stop’’ peut avoir un effet anesthésiant sur ce ton comportement depuis qu’il a été prononcé. Comme si le jeu n’a jamais existé, comme si ce désir brûlant n’est que superflu. Tu n’y penses seulement pas en vérité, te préoccupant d’autre chose que de cela. Poumon se gonflant d’air, tu attends sa réponse avant de t’en aller de ton côté un sentiment bizarre arrivant à t’atteindre alors que tu la quittes. Sans m’attarder une seconde de plus je te rejoins dès que ton pas annonce le départ. Tu es pourtant tellement indécis mon Viking, allant même jusqu’à te retourner sur elle à plusieurs mètres au loin sans savoir si c’est son visage ou son dos que tu contempleras. Mains jointent derrière ton crâne, tu la regardes quelques secondes tout en marchant à reculons, un demi sourire s’installant confortablement sur ton visage et secouant la tête avant de te remettre droit sur ton chemin, avançant face au véhicule qui se dessine. Malgré toutes les expressions que ta figure avait adoptées, ce n’est que maintenant que tu arrives à comprendre que dans tout cela, quelque chose arrivait à te satisfaire. Cette fille… Oui cette fille mon Àsgard elle t’aiderait à toucher la folie du bout des doigts que ça soit dans un futur proche ou lointain. Dans tous les cas, ce n’est qu’une question de temps, le temps qu’elle tisse des fils à chacun de ses poignets, à chacune de tes jambes ainsi qu’à ta tête de marionnette. Et tu lui en offres la possibilité sans qu’elle ne l’ait encore deviné.

Tu n’attends pas le message d’Elisa pour partir d’ici. Elle mettrait le temps qu’elle voudrait pour te contacter, elle avait le choix de te garder auprès d’elle ou de te bannir de sa vie. Aucune formalité, huit heures de routes ne doit pas compter pour ce genre de chose, tu ne supporterais pas d’être en sa compagnie juste par pitié. Le moteur est allumé depuis plusieurs minutes mais ronronne-t-il seulement aussi fort que ce son que tu peux produire lorsque tu es proche d’elle, lorsqu’elle pose une main sur ton corps ? Non certainement pas… Tu t’étais pourtant dit qu’il ne fallait plus que tu réfléchisses à tout cela mais Diable tu as fait Elisa tellement belle ! Comment est-ce possible de ne pas succomber ne serait-ce qu’en pensée ?

Tu attends d’être arrêté à un feu de circulation pour tirer le portable de ta poche et lire tes messages. Marcus et Elisa. Un commentaire de mec et une adresse. Pour les deux, tu conserves cette joie sur ton visage. Ta mère te verrait, elle ne cesserait de conter combien son fils est beau et encore plus quand elle peut lire en lui combien l’ivresse de son âge peut le rendre heureux. Elle aurait raison Solfrid et aucun doute qu’elle le saurait ! Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ! Vu que tu es un pote exécrable je m’attendais à ce que tu ne m’envoies aucun message pour me dire que tu es bien arrivé. Maintenant que c’est chose faite, je suppose qu’avec l’Italienne ça doit être royal. Alors ? Tu ne prends pas le temps de lui répondre, tu ne peux pas, la circulation reprends de plus belle et tu as besoin de te renseigner sur le chemin à prendre pour retrouver la diablesse. Mais à peine le temps de rouler sur quelques mètres que tu te retrouves encore coincé, le vendredi après-midi dans les villes de la superficie de celle de Bodø, les embouteillages étaient quelque chose d’à peine étonnant. Alors à la place d’écrire à Marcus, c’est pour la brune que tu composes. Merci pour l’adresse, j’avais un doute sur le fait que tu veuilles bien me la donner. Dis-moi Elisa, je n’ai pas pensé à te poser la question, mais comment une enfant peut-elle prétendre avoir une solution pour me réchauffer alors qu’elle bloque au moindre degré supplémentaire de son propre corps ? Petite fille, craindrais-tu le grand méchant loup ? Elle ne verra pas tes dents se dévoiler d’amusement sur cet écrit, mais peut-être s’en doutera-t-elle. Tu la cherches mon Viking, tu veux qu’elle craque, qu’elle te montre que derrière son visage de poupée se dissimule la démone que tu appelles depuis plusieurs semaines maintenant. Serait-elle timide pour refuser ainsi d’apparaitre ?
Tu jettes ton téléphone sur le siège passager, main accrochant le volant un peu trop fermement, monté d’excitation jouant une nouvelle fois aux montagnes russes avec toi… Aussi difficilement que cela t’est donné de le faire, tu te concentres une fois de plus sur la route, ralentissant à l’approche d’un inconnu pour lui demander de te guider, chose qu’il fait avec une grande facilité, à croire qu’il est du même coin que là où tu vas. Au final le chemin à prendre n’est pas si compliqué que ce que tu t’imaginais, c’est presque toujours tout droit.

Destination atteinte, tu regardes autour de toi sans vraiment savoir si elle est ou non arrivée. Plus vous mettez de temps à vous voir, moins tu n’auras à te retenir de vouloir croquer plus d’une fois en Elisa pour apprendre d’elle jusqu’aux piment de sa peau…
Tu sors de la cabine, marches jusqu’à la benne pour venir me voir te mettant dos aux habitations. Tes yeux viennent à se clore, tes doigts rencontrant mes écailles un court instant avant que tu ne te décides à taper quelques mots à Marcus pour faire cesser la curiosité du trentenaire. Rien de particulier malheureusement, elle a pas besoin de faire grand-chose pour me faire craquer, ni pour me faire redescendre sur terre non plus d’ailleurs… Je ne perds quand même pas espoir ! Et tu envoies le texte à ton ami, regard venant me trouver juste après. C’était peut-être aussi un peu pour elle qu’elle le disait. Pour elle ? Pour quelle raison franchement ? Mais tu ne t’en vexes pas pour autant même si tu aurais préféré entendre quelque chose du genre : accélères !. Une prochaine fois avec un peu de chance… et non, je le vois dans tes iris, la prochaine fois ne sera pas ce soir. C’est se faire du mal pour rien que d’espérer cela mais apparemment, pour elle, tu aimes bien souffrir… Portable dans les mains tu envoies un message à ta Succube pour lui dire que tu es devant chez elle et l’attend sagement. Physiquement tu es sage alors, parce qu’en toi c’est la guerre. Les doigts passent dans ta barbe, ce n’est que plusieurs secondes -ou minutes, tu ne saurais dire, de toute manière le temps te semble long- que tu entends un bruit derrière toi te faisant te retourner. Dans un sourire tu te rapproches d’elle et dégages une mèche de devant son visage, main glissant avec douceur durant un certain temps sur sa joue.

Je me suis demandé si tu serais toujours aussi resplendissante même après un temps comme celui-ci. Tu passes l’épreuve de la pluie avec brio ! Communication coupée pour finalement reprendre quelques secondes après. Ton père doit te protéger comme un lion…

Paroles dites juste pour toi-même qui s’échappent dans un chuchotement perceptible pendant que tu n’enfonces tes doigts dans la poche de ton jean. Restreindre la tentation.
Tu le comprendrais ce père, toi qui n’as pas encore trouver de solution pour résister à sa fille. Tu le comprendrais, toi qui fond au moindre de ses gestes, elle qui t’attire à la manière d’un aimant, toi qui mord au moindre contact et qui pourtant est malheureux dès lors qu’elle s’arrête de te toucher, dès lors qu’elle te somme d’arrêter de la toucher.

C’est donc à ça que ça ressemble chez toi, enfin d’extérieur du moins. C’est pas mal. Vous n’êtes pas trop serrés à six là-dedans ?

Si oui, tu peux toujours réduire leur nombre en kidnappant Elisa, cette possibilité est toujours concevable pour toi, après tout elle ne t’a pas dit qu’elle n’était pas disponible cette nuit pour se faire enlever…

  
MessageMar 30 Aoû - 18:52
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Date d'inscription : 25/06/2016Nombre de messages : 233Nombre de RP : 73Âge réel : 26Copyright : Lux Aeternae & Northern LightsAvatar daëmon :
Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Le parking de l'université est aussi grand qu'il a besoin de l'être, plusieurs parkings à vélo se succédant, places handicapées soigneusement alignées, buissons délimitant les différentes allées, places soigneusement peintes. Il n'y a plus beaucoup de véhicules maintenant, il n'y a plus grand monde tout court, aucune silhouette visible à travers le verre des abris devant lesquels les navettes passent. La pluie ne tombe pas si fort qu'elle trouble réellement la vue, même à cette distance, même s'ils ne sont pas encore entrés dans le parking à proprement parler, et Elisa ne sait pas réellement qu'en penser, tandis qu'elle écoute Àsgard dire où il est garé. Les parkings à vélo sont à l'opposé, et un instant elle se mord la lèvre avant de parler. Une part de la phrase est liée à une hésitation, un désir de ne pas s'imposer, le reste à un besoin de se trouver seule avec elle-même un moment. Elle n'a pas encore tout à fait repris pied de ce toucher qui a incendié ses veines, peut-être un peu aussi de cette proximité entre Alle Dyr et lui. Pour un peu elle penserait qu'ils se comprennent au-delà de la normale... c'est peut-être le cas, ou peut-être que non. Elle n'en sait rien, yeux se fermant avant de se rouvrir, regret s'empalant dans son cœur instantanément. Oh. Elle veut reprendre ses mots, les ravaler, même en sachant combien elle risque d'avoir besoin de ce temps, ses dents trouvant sa lèvre avant de la relâcher. Elle a fait son lit, temps de s'y coucher, acquiesçant sans hésitation quand Àsgard propose qu'elle lui envoie son adresse avant de le regarder s'éloigner, chevilles oscillant avant qu'elle ne pivote sur elle-même, un pas, deux pas, l'éloignant de lui, et elle se retourne de nouveau, marchant à l'envers et observant le dos large et l'alligator qui suit l'homme telle une ombre. Non, en les voyant comme ça, elle peut presque croire qu'il n'a rien à craindre d'elle, elle aussi.

Ses chevilles et ses pieds se croisent, pas ondulants alors que ses mains sont nouées dans son dos et qu'elle continue de se diriger à l'aveuglette, sourire envahissant son regard en voyant Àsgard finir par se retourner. Elle ne peut pas s'empêcher de lui souffler un baiser, amusée, avant de tourner sur elle-même et de reprendre sa route, rire léger lui échappant. Quelque part, le simple fait qu'il ait fait ça suffit à la rendre un peu plus légère, poids ôté de sa poitrine, et elle lève les yeux au ciel de fausse exaspération avec elle-même en s'arrêtant devant son vélo, le libérant rapidement de ses chaines avant d'envoyer l'adresse de la colocation au Viking. Elle n'est pas sûre de la circulation, même si elle se doute qu'il rencontrera des ralentissements, n'est pas sûre non plus de la manière dont la pluie la ralentira, épaule se haussant alors que le message part et qu'elle enfourche le vélo, s'élançant aussitôt, regard cherchant rapidement le pick-up sans le voir. Il a dû déjà partir. Qui sait, ils se croiseront peut-être, idée lui tirant un sourire amusé. Les chances sont faibles. C'était au moins amusant de se poser la question.

La route est relativement plate tandis qu'elle pédale, bouffée de vent emportant la capuche qu'elle replace en entendant de pouvoir passer à un rond-point, légère humidité de la pluie accrochée à ses cheveux et à son visage, fraicheur de l'eau luttant avec la chaleur de sa peau. C'est facile, le vélo, il suffit de pédaler, et de ne pas trop se laisser distraire, pour éviter de se prendre une voiture. Ça n'a pas l'air d'être le genre de chose qui est très agréable, vraiment. Entre passer la soirée et une partie de demain avec Àsgard et se retrouver obligée d'attendre à l'hôpital qu'ils veuillent bien la relâcher, le choix est vite fait, soupir résigné lui échappant alors qu'elle s'élance rapidement à travers le rond-point, véhicule approchant lui faisant mettre plus d'énergie pour être sûre de dégager à temps. Le début du trajet est toujours un peu risqué, italienne se détendant une fois sur la piste cyclable, regard glissant sur les arbres qui la longent et projettent leurs ombres, sur les réverbères éteints, paupières battant rapidement pour chasser les gouttes d'eau accrochées à ses cils avant qu'une de ses mains ne quitte le guidon, replaçant sa capuche et retrouvant aussitôt le métal froid, trajectoire du vélo corrigée. Elle peut sentir ses mains qui s'engourdissent, piégées entre l'aluminium et l'eau, vent accentuant le phénomène, le froid qui se glisse dans ses eaux à travers son jean humide et la peau mouillée de son visage. Pour tout ce qu'elle en frissonne occasionnellement, c'est bienvenu. Ses idées s'en éclaircissent, et elle profite d'un feu pour consulter son portable, confirmant rapidement à Samuel qu'elle a bien vu qu'il ne rentrerait pas ce soir non plus (lâcheurs, tous autant qu'ils sont, à croire qu'ils veulent qu'elle perde la tête) et lui demandant si son lit peut être squatté avant d'ouvrir le message d'Àsgard, clignant des yeux avant de se retrouver partagée entre le rire et l'envie de grincer des dents. Elle prend seulement le temps de lire la confirmation de Sam que ça ne pose pas de problèmes et range le portable, reprenant sa route ensuite.

Pas besoin de trop se creuser la tête pour savoir qu'il cherche à la provoquer, et elle doit bien admettre qu'il a réussi, orgueil piqué à vif. Pas pour l'insinuation qu'elle n'est qu'une petite fille, mais à son insinuation qu'elle craint le réchauffement de son être. Elle est une fille de la chaleur, Elisa, une enfant de la lave. Elle a vu les cendres de Pompéi, elle a marché au milieu des corps gris à jamais figés, elle a déchiffré les postures de leurs corps, la manière dont ils n'ont eu aucune chance de comprendre ce qu'il leur arrivait. Elle a couru sur les volcans en sommeil, elle a enduré plus de chaleur qu'il n'en connaitra jamais. Elle a appris à se méfier d'elle et du feu. Jouer avec, elle le fait sans hésiter, elle n'a jamais eu peur de se consumer de l'intérieur. Mais quand elle le fait, c'est sur ses propres termes. Si elle se brûle, c'est sans regrets, et avec la certitude de ne pas se redresser avec des cendres dans la bouche. Elle ne tient pas à finir une simple coquille vidée de tout ce qui l'animait, gangue de cendres brûlantes la seule chose qui reste d'elle, gardant sa forme et ses traits et pourtant si différente. Creuse, chaleur ayant consumé tout d'elle et s'en étant servi pour former ce fantôme gris qui prendrait sa place tel un automate. Ce sort elle ne le souhaite à personne, tête se secouant énergiquement pour chasser l'imagerie macabre, capuche glissant de nouveau et de nouveau remise par ses doigts qui se décrispent douloureusement. Elle sert le guidon trop fort Elisa, dents mâchonnant ses lèvres qui gonflent sous l'apport de sang et qui rougissent. Elle est partagée sur la procédure à suivre. Ignorer sa provocation et confirmer ses mots par la même occasion, ego bruissant tout du long de l'envie de lui faire ravaler ses paroles, ou se laisser provoquer et l'introduire à ces hausses si brutales de température qu'elle connait si bien, qui donnent l'impression que le sang se vaporise dans les veines, qui rend la chaleur qui se dégage de son propre corps intolérable, au risque de se consumer par la même occasion ? Elle est incertaine alors qu'elle passe le nom annonçant l'entrée de sa ville, ses jambes ralentissant, son dos se redressant. Jouer avec la glace, ou jouer avec la lave ? Elle sait ce qu'Àsgard veut, qu'elle choisisse le feu. Il a dû oublier que la glace pouvait brûler aussi. Que le feu pouvait prendre plusieurs formes. Il la veut peut-être flamme léchant sa peau, mais elle n'est pas une flamme Elisa, c'est là où il fait erreur. Elle est lave, et elle sourit rapidement alors qu'elle approche de chez elle. S'il veut jouer...

S'il veut jouer elle va jouer, au moins pour une partie de la soirée. Pas toute la soirée, elle reste consciente qu'en dépit de tout ce qu'il a pu dire il doit être fatigué, mais un avant-goût. Elle pourra toujours continuer demain... Elle se résigne par contre, tandis qu'elle approche de sa rue. Si elle s'engage sur sa pente, elle la suivra tout du long, elle consumera tous les obstacles sans se détourner de son chemin, elle ne pourra pas faire demi-tour, c'est l'inconvénient de la lave. Plus lente à démarrer qu'une flamme, mais infiniment plus dure à arrêter. Il aura ce qu'il veut à terme, Àsgard, il l'aura, c'est ce qui se trouve en bas de la pente après tout, et qu'importe le fait qu'elle se dirigeait vers ça de toutes manières. Quand à savoir quand, ou la forme que ça prendra... ça elle ne le discerne pas, pas aussi aisément qu'elle voit la silhouette familière tournée vers le pickup. Un pied quitte la pédale, trainant contre le sol, doigts trouvant la sonnette pour attirer l'attention du Viking avant qu'elle descende de vélo, sourire aux lèvres qui s'agrandit en le voyant s'approcher. Elle fait de même, en profite pour se rapprocher un peu plus qu'elle ne l'aurait fait autrement, inclinant sa joue contre les doigts qui courent contre elle un instant et replacent une mèche humide. Le compliment lui tire un rire, lèvres attrapant un instant la peau calleuse pour y laisser une esquisse de baiser de remerciement, ses yeux mettant Àsgard au défi de l'attraper en silence avant de s'adoucir à la mention de son père et de son instinct protecteur. Elle peut l'entendre lui ordonner de s'éloigner d'ici, voir ses yeux planter des couteaux dans le dos d'Àsgard simplement pour avoir commis le crime d'approcher sa princesse, colérique et boudeur tout d'un bloc aussi longtemps qu'elle restera si près de lui, se contraignant à ne rester que témoin uniquement du fait de la main de sa mère qui reposerait sur son poignet en un avertissement tandis qu'elle fixerait sa fille, plus mesurée mais pas moins inquiète. Mais ils ne sont pas là et elle se contente de rire avant de répondre, sa voix pleine de tendresse.

"Il n'a qu'une fille..."

Elles sont précieuses les filles, et elle est sa seule enfant, trésor doublement précieux qu'il aime férocement. Il devrait s'estimer heureux que son père n'est pas là, Àsgard, il aurait été pris à part et passé à la question sitôt l'attention de femme et fille relâchée, interrogé sur ses antécédents et ses intentions avant d'être menacé, Alle Dyr n'ayant probablement droit qu'à un regard avant d'être ignorée aussi aisément que la carrure du norvégien. Comme si ce genre de détails pouvait dissuader un père déterminé à protéger sa fille... Elle en rit doucement, repoussant sa capuche qui n'a de toutes façons pas voulu réellement tenir sur sa tête et a laissé ses cheveux humides et constellés de gouttelettes d'eau, avant d'appuyer le vélo contre la murette et de se rapprocher encore un peu, doigts gelés glissant le long du cou d'Àsgard jusque dans sa nuque, ongles effleurant délicatement la peau alors que ses mains ramassent les mèches claires en un catogan. Le visage d'Elisa s'incline sur le côté alors qu'elle observe le résultat, retenant finalement la masse d'une main pour laisser de nouveau glisser l'autre, s'arrêtant en haut du sweat. La chaleur de la peau du norvégien lui brûle les doigts, sourire prenant un tour mutin avant qu'elle ne relâche ses cheveux et glisse ses mains dans ses poches à son tour sans chercher encore à se reculer.

"Je ne t'avais pas répondu pendant le cours après tout... le catogan t'irait certainement bien, mais attacher tes cheveux serait un crime, vraiment... Tu ne voudrais pas m'obliger à aller jouer avec les cheveux de quelqu'un d'autre, pas vrai ?"

Elle retient de justesse l'envie de déposer un baiser sur sa joue pour le chercher encore un peu plus, optant à la place pour jeter un regard à la maison avant de le reporter rapidement sur Àsgard, curieuse. Six ? Elle secoue rapidement la tête, amusée. Toutes choses considérées, la confusion était naturelle.

"On est cinq, Ashton vit deux rues plus loin, même s'il passe assez régulièrement ces temps-ci... A moins que tu ne voulais dire que tu comptes t'installer avec nous ? Je suis sûre qu'on réussirait à te trouver une petite place pour dormir, si c'est le cas, il suffira de faire preuve d'un peu d'imagination..." Sa voix reste un instant suspendue entre eux, innocente, avant de reprendre. "Ça te dirait d'aller se mettre à l'abri, d'ailleurs ? Je commence à être gelée, je pourrai te faire faire le tour avant d'aller prendre une douche, me réchauffer un peu avant de bosser et de me mettre en cuisine..."

Elle est simple, la maison, Elisa déverrouillant la porte et faisant signe à Àsgard de passer devant, le suivant en veillant à ne pas toucher Alle Dyr. Elle doute qu'elle le prendrait très bien, et ne tient pas à provoquer le diable tandis qu'elle se déchausse et s'avance, sourire réflexe lui échappant comme à chaque fois qu'elle rentre. C'est la confirmation qu'elle n'est plus chez ses parents, le rez-de chaussée une seule grande pièce blanche, deux de ses murs des baies vitrées qui mènent vers le petit jardin. La télé est placé devant l'une des grandes fenêtres, deux canapés et une poire leur permettant de s'installer comme ils veulent pour la regarder. Un comptoir délimite la cuisine, assez grande pour qu'ils puissent y manger le matin, le diner généralement pris à la grande table de bois clair, une fois que ceux qui ont décidé de s'y installer pour travailler l'ont débarrassée, Elisa enlevant machinalement le mug que Lior y a oublié ce matin avant de s'engager dans l'escalier. Les chambres des garçons sont au premier, avec leur salle de bain commune, celle de Samuel aisément identifiable au drapeau occitan qu'il y a accroché, et elle sourit en la pointant à Àsgard avant d'ouvrir la porte qui mène aux combles. C'est leur domaine, à Svetlana et elle, avec leur plafond en pente, leurs vélux et leurs fenêtres étroites avec les stores capturés entre les deux cadres, système qui reste toujours étrange à ses yeux. Il n'empêche, elle apprécie sa chambre aux murs clairs, le bureau et la bibliothèque poussés sous la pente du toit pour laisser le lit contre le mur le plus haut, lui évitant de s'assommer par erreur, drapeau italien accroché au dessus (ils ont chacun le leur, accroché quelque part dans leur chambre) et photos collés le long du mur, ses parents, photos d'étés passés avec sa famille, enfant au nez blanchi par la farine entre ses grand-mère, adolescente endormie contre son chien sous un arbre, boucles brunes et longs poils blancs mêlés, jeune femme riant avec ses grands-pères, en costume traditionnelle alors qu'elle danse une tarentelle avec le reste de ses cousins, souffles courts et yeux brillants, hilare au milieu de ses amis, bras de Marco passé autour de ses épaules pour la ramener contre lui en un geste amical tandis que Tullia est renversée dans sa chaise et rit, Sofia en train de faire un facepalm avec une expression faussement désespérée, Innocente encore en train de tousser après s'être étranglé avec sa bière pendant qu'ils riaient tous de lui, larmes coulant sur ses joues alors qu'il les fusillait du regard. Gabriele n'est pas sur la photo, trop occupé à la prendre.

"Il y a des livres en norvégien dans la bibliothèque si tu veux, ou tu peux regarder la télé ou faire une sieste, comme tu le sens... Fais comme chez toi, j'en ai pas pour très longtemps. Interdiction de prendre mes livres en otages par contre, j'en ai besoin !"

Les vêtements secs sont rapidement attrapés, Elisa s'éclipsant aussitôt pour se réfugier dans la salle de bain, jean propre et sec, gilet et autres posé sur le tabouret alors que les vêtements humides s'échouent au sol. La porte est verrouillée de toute manière, et elle n'hésite pas un instant à tourner le jet aussi chaud qu'elle le peut, odeur ambrée des produits emplissant l'air. Elle tente de faire au plus vite malgré tout, ramassant les vêtements au sol le temps de les déposer dans la panière avant d'émerger, boucles encore un peu humides ramenées en un chignon hasardeux. Elles ne pendront pas dans ses yeux comme ça, au moins, un sourire glissant sur ses lèvres en retournant dans la chambre et en attrapant de quoi finir la première partie de son travail, texte remis par leur professeur et déjà surligné et annoté de partout à l'instar du reste de ses supports. Elle glisse aisément dedans, yeux courant le long des runes et crayon dansant sur le papier tandis qu'il les transcrit en alphabet latin, norrois plus aisément lisible sous cette forme, leur guide sur le futhark occasionnellement feuilleté pour vérifier ce qu'elle fait. Elle se fait plus légère, la respiration d'Elisa, l'immobilisme la gagnant à mesure qu'elle avance et se concentre, statue animée seulement par son objectif, mots se succédant sur le papier à un rythme régulier pour narrer la Heimskringla. Elle ne voit pas le temps passer tandis qu'elle transcrit les deux derniers passages, présence d'Àsgard entièrement occultée. Il n'y a plus que les mots qui comptent, les runes qui lui offrent leur signification même si elle ne la comprend pas encore, le crissement de la mine sur le papier et de la gomme lorsqu'elle corrige une erreur les seuls sons qu'elle perçoit encore avant qu'enfin elle n'appose le point final, crayon retombant sur le papier alors que ses yeux clignent, pensées s'éloignant lentement du texte et s'éparpillant de nouveau, réalité revenant à elle en même temps que l'animation pour peindre une expression étrange sur son visage alors qu'elle cherche à replacer ses boucles, sourcils se fronçant en les sentant retenues avant de laisser place à un sourire, souvenir du chignon lui revenant. C'est toujours un peu perturbant de devoir émerger de la sorte, comme la sensation qu'elle aurait pu rester au milieu des mots plus longtemps encore, y passer sa nuit sans effort. Mais non, elle ne le peut pas, Àsgard est là après tout, et il faut cuisiner, juron à moitié retenu seulement lui échappant lorsqu'elle note l'heure. S'ils veulent manger tôt, elle risque d'être juste, et elle se redresse comme un beau diable, Elisa, pour se diriger aussitôt vers la cuisine.

"Désolée, j'ai failli prendre trop de temps... Cazzo, ça va être juste, j'aurai jamais dû bosser et dio mio, si on m'avait dit que je dirai ça un jour... Tu as faim ? On a des croquants aux amandes dans la boite sur le comptoir si tu veux, j'avais complètement oublié de te le dire tout à l'heure, désolée... Enfin, si je me débrouille bien, on devrait pouvoir manger d'ici une heure et demie, dix-heures heures trente, ça te fait pas trop tard ? Je fais quelque chose de plus rapide sinon..."

Elle s'active en même temps qu'elle parle, Elisa, escaliers dévalés rapidement, déjà en train de sortir ce dont elle aura besoin dans la cuisine, œufs, pommes de terre, bœuf, poivrons séchés et conserve de tomates dans leurs bocaux étiquetés avec soin, la date écrite sur le papier de son écriture nette, gestes se succédant avant qu'elle se rappelle de s'interrompre le temps d'écouter la réponse d'Àsgard. Partie comme elle l'est, elle aurait été capable de commencer sa préparation avant qu'il ait pu répondre, sourire teinté d'embarras glissant sur son visage à cette idée, fugace, avant qu'elle délaisse son gilet sur une chaise et noue le tablier à sa place. Les manches de son teeshirt ne sont pas très longues, elles ne la gêneront pas pendant qu'elle mélange la viande et les œufs ou prépare autre chose, au moins. Même si elle n'est pas certaine de ce qu'elle pourrait faire d'autre. Des boulettes de viande ? Elles demanderaient presque aussi longtemps...
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MessageSam 3 Sep - 21:28
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Les hommes sont empêtrés dans leurs fantasmes comme des spaghettis dans du parmesan fondu.


Àsgard & Elisa
La chaleur de ses lèvres sur ta peau est accueillie par un grognement sourd qui roule le long de tes cordes vocales à ce contact… Elle n’a pas tort l’Italienne. Tu grognes véritablement, animal sauvage privé de liberté, elle ne se doute pas une seconde du danger qui prend lentement place autour d’elle. La chasse peut être longue sans que le prédateur ne s’épuise, alors prend garde Elisa, car de la lave, il n’en craint rien, même s’il doit y laisser son cuir. Être primaire obstiné, tu viens capturer son odeur à l’instant même ou ton dos se courbe, tête venant trouver le bas de son cou, gueule s’ouvrant, crocs effleurant la chaire ainsi que le larynx avant de laisser le geste s’adoucir en pressant la lippe et sa consœur supérieure sur l’épiderme de la femme. Il te dévorera Elisa, toi-même es au courant de cela. Ta main glisse sur sa mâchoire pendant que le sang pulse fort dans toutes les parties de ton corps, baiser remontant jusqu’au coin de sa bouche sans pour autant aller la toucher accentuant encore plus cet effet qui rêve de te transformer en bête. Mais le fouet n’est plus entre tes mains et tu l’entends claquer au sol par moment, grondement bestial, les yeux braqués sur l’objet et sur celle qui le tient. Elle joue au péril de sa vie et elle donne l’impression d’aimer ça. Elle avance en direction du fauve qui se lèche les babines à l’idée de pouvoir planter ses canines dans son buste, elle tente la créature avant de s’en aller, sourire dominateur pendant à son visage. Elle se plait à la faire souffrir, mais cette forme sombre que tu représentes, si elle tourne en rond en répondant en silence aux taquineries de la transalpine, jamais elle n’annoncera son dernier mot. Un jour tu t’empareras de ce cordage qui te tiens à distance d’elle pour pouvoir enfin fondre sur sa silhouette, rapace capturant sa proie.
Il faut faire quelque chose, c’est maintenant qu’il faut réagir mon Àsgard ! Tu ne la lâcheras pas sinon… Tu n’as pourtant aucune envie de te détacher d’elle mais ta raison arrive pour une fois à prendre possession de ton être, paroles faites à haute voix, terminant leur course dans un chuchotement qu’elle semble entendre. Si son regard cesse de verser sur toi la toile de sa sensualité, alors tu acceptes de la laisser s’envoler, visage cessant de se coller au sien avec une difficulté qui se ressent avec facilité, main, dernier lien vous reliant arrive enfin à se briser.

Son rire te fait baisser le crâne tandis que son commentaire fait lever tes yeux. La malice dans ton regard, es-tu capable de la deviner aussi dans le sien ? Tu gardes la réponse pour toi et imagines facilement de quelle manière pourrait te cuisiner le paternel de l’Italienne. À sa place, un homme qui s’approche ainsi de ta fille, tu ne lui donnes pas cher de sa peau, alors oui tu n’avais aucun mal à te dire que peut être qu’un jour, tu verrais débouler des familles de mafia ayant pour travail de mettre fin à tes jours. Raison du décès : pire que de vouloir la fille d’un Rital pour une vie entière, toi tu ne l’espérais que pour plusieurs heures à passer dans le creux de tes bras. Plus fourbe qu’une balle entre les deux yeux, tu pousserais ton dernier souffle avec l’aide d’un élément à très haute teneur en toxicité. Aucune possibilité de se repentir, ils pourraient cracher sur ta dépouille que ça ne t’étonnerait pas. La fille chérie du pays de son père, comment peux-tu oser mon Àsgard ? Tu n’as aucun argument pour ta défense, seule cette attraction indescriptible ne pouvait qu’essayer de justifier ton comportement. Nul doute que cela serait insuffisant à leurs yeux, insultant même ? Tu acceptes aisément de le croire.

Ton imagination se coupe brutalement, paupières s’abaissant immédiatement au touché d’Elisa, tête se tournant du côté ou ses doigts ont commencé leur marathon. Tu pourrais les rattraper aisément… L’envie est là, mais celle de lui offrir carte blanche également. Tu hésites, embrasses plutôt l’intérieur de son poignet qui se découvre par la faute d’un blouson qui refuse de suivre le mouvement. Cette action, tu pourrais la laisser se répéter indéfiniment tellement elle te plait, frisson répondant à l’absence de ses doigts lorsqu’ils se décollent de ta nuque pour venir se réfugier au cœur de tes cheveux. Est-il seulement possible de dire combien ce comportement te laissait sans énergie tant sentir sa main dans ta crinière te procurait du bien à chaque fois qu’elle s’y aventurait. Comme en confiance, tu n’interviens pas quand elle s’empare de presque toutes les mèches de ton crâne, yeux se rouvrant sur Elisa pendant qu’une de tes mains n’arrive plus à se retenir, venant toucher sa hanche sous son manteau mais sur ses habits sans en faire plus. Relâchement, détente, et c’est maintenant la sienne qui vient se poser sur toi alors que la seconde des tiennes, jalouse ne tarde pas à rejoindre la première, se nouant à elle dans le dos de l’Italienne. Elisa sens-tu la vibration de son cœur qui bat beaucoup trop fort pour lui ?
C’est d’un tout autre ordre que celui du désir. Ce n’était pas aussi brutal, tu étais seulement bien là, sa main déposée non loin de ta clavicule, les tiennes lovées entre sa veste et sa blouse. Si elle avait voulu jouer sur ce geste, elle s’était loupée, un bel échec que tu avais aimé savourer sans aucune ambiguïté. Elle décide de quand elle vient. Elle décide quand elle part. Et cette fois ci, elle s’écarte encore une fois, tes bras quittant son corps. Si tu prends plusieurs initiatives, tu sais très bien que tu n’es finalement pas celui qui dirige la barque entre vous deux. Si tes amis te voyaient… Ils seraient certainement partagés entre l’étonnement et la crise de rire. Toi, Àsgard Valdason, te laisser amadouer de cette manière-là par les charmes d’une femme, tu es donc si facilement domptable mon Viking ? Oui, ils riraient, il n’y avait aucun doute là-dessus. Mes pensées t’arrachent un sourire, le conservant pour les phrases d’Elisa.

C’est bien essayé, mais je ne suis pas jaloux. Tu peux aller jouer avec les cheveux de qui tu veux, même avec ceux de Lior si ça t’enchante, je resterai imperturbable. On sait seulement ce que l’on perd, jamais ce que l’on gagne, à toi de choisir ce que tu veux. Concernant l’attache, ça me permettrait de varier un peu, je prendrais certainement le risque que tu ailles voir ailleurs pour le coup.

Pourtant qu’il s’agisse d’un élastique, d’un nœud ou d’un ruban pour retenir une chevelure, les ôter reste aussi simple que de le faire avec des habits, n’est-ce pas mon Àsgard ? Tout peut paraitre facile lorsque la volonté est là. Tu attends qu’elle tourne la tête pour m’observer, ton accord sur mes mots se lisant comme le nez au milieu de la figure. Je quitte ton océan pour me retourner dans la benne, avançant jusqu’à la porte de laquelle tu te prépares à me faire descendre tout en écoutant l’Italienne, alors Ashton est juste un ami. Si je retiens cette information, de ton côté tu te concentres sur la suite de ces mots.

Je ne sais même pas si j’aurais la capacité de supporter mes amis en collocation pour ce genre de durée qui est assez longue, alors les amis des autres… Non pas réellement. Tu ouvres l’arrière du pick up, t’accroupissant pour que ma tête vienne se poser contre ton cou, tes bras ligotent mon abdomen. Hormis ça, j’ai quelques doutes concernant l’extravagance de ton groupe à accepter Alle Dyr et sa présence ne serait même pas un sujet sur lequel il est possible de négocier. Problématique je suppose … Non ?

Le regard en coin, tu l’observes un moment avant te venir coincer ton crâne au-dessus du mien. Ca va aller ? Il faut absolument que je pense à récupérer la rampe du camion… Ne t’inquiètes pas mon Viking, je sais que tu fais ce que tu peux. Tu me considères comme étant trop tolérante, ne te pardonnant pas de ton côté pour avoir osé écarter même inconsciemment ce genre de chose. Vraiment mon Àsgard, il n’y a aucune raison pour t’en vouloir, je te l’assure.
Tu ne réponds rien, te contentant plus de me tirer avec lenteur, tes jambes fléchissant pour le mener jusqu’au sol. Main passant sous mon ventre pour accompagner la suite de mon corps vers la terre afin qu’il ne se cogne pas à la réception. Pattes sur l’herbe je dresse mes yeux dans les tiens. Le commentaire est silencieux, il n’a besoin d’aucun mot pour être transmit, seul ton regard me suffit.

Volontairement tu n’avais pas répondu à sa remarque concernant l’imagination qu’il faudrait pour te trouver un lit dans cette si petite maison. Oh oui, comparé à la ferme de tes parents, cette cage à lapin te semblait ridiculement minuscule. Alors non, inutile d’avoir besoin de réfléchir à quoi que ce soit, si tu acceptais d’y passer une nuit, tu savais que tu ne pourrais survivre guère plus longtemps dans un endroit comme celui-ci, étouffant de ce surplus de présence dans un endroit si restreint. Cependant tu la suis quand même, souhaitant bien évidement découvrir l’endroit où cette Italienne pouvait bien évoluée mais tu t’arrêtes tu le pas de la porte alors qu’Elisa te laisse passer devant, quelque chose attirant ton attention. La proximité des voisins. À tes yeux c’est comme s’ils vivaient tous ensembles tant les maisons sont proches les unes des autres. Non décidément, à chaque fois que tu poses un pied dans une ville, la même affirmation prend place dans ton cerveau : tu ne pourrais jamais vivre dans un endroit comme celui-ci. Et puis c’est quoi tout ce gris qui recouvre le paysage ? Pourquoi ces couleurs artificielles alors que la Terre nous en apporte de bien plus belles ? Où est la nature ? Que lui ont-ils fait mon Viking … ? Comment ont-ils pu oser la sacrifier pour… ça ? Un sentiment au fond de toi se morfond alors que tu fais un tour sur toi-même, cœur pincé en te rappelant des récits de ton père, te donnant l’étrange impression de comprendre la douleur qu’il peut avoir dès lors qu’il pose un pied en métropole. Il te l’a souvent répété : il faut avancer sans regarder dans ce monde, marche droit mon fils et ne t’attarde pas, n’essaie pas de comprendre ce qu’ils ont fait au monde, tu ne trouveras jamais de réponse assez forte pour riposter face à cette question.
Tu fermes les yeux dans un soupire qui donne raison à Thörgys avant de te remettre face à l’entrée, passant tes jambes dans l’habitation, regard divaguant et se posant partout où ils le peuvent en suivant les explications de Elisa. Salon, cuisine, chambres des hommes, salle de bain ou d’eau, chambre des femmes. C’est sympa à tes yeux, mais ce n’était décidément pas pour toi et quelque part, que ça ne soit pas chez toi t’arrangeait tout particulièrement. Sans discuter tu t’approches des photos qui sont accrochées au mur, esquisse d’un sourire venant prendre place à l’instant où tu la découvres petite, en famille, en soirée. Les photos, c’était quelque chose que tu aimais, en prenant souvent, ne rechignant pas lorsque tu dois passer sous l’objectif. Une photo c’est un moment capturé, c’est une joie écrite sur une image. On ne photographie jamais un passage triste de notre vie, seul le bonheur possède cette exclusivité. Visage qui se baisse en devinant ces deux êtres prenant régulièrement place à ses côtés, le sourire se fait plus grand en assimilant le faciès de celui qui pourrait avoir dans l’idée de t’étriper. Tu t’apprêtes à le pointer du doigt, bouche se préparant à s’ouvrir mais se faisant rapidement devancer par la voix de la Napolitaine. Tu ne peux tout simplement pas lui en vouloir de souhaiter travailler en arrivant ici presque à l’improviste.

Ne t’en fais pas pour moi, je vais m’occuper comme un grand sans faire de bêtise, c’est promis. Fais ce que tu as à faire je vais en profiter pour refaire le tour de votre clapier en attendant.

Elle quitte la chambre pour s’enfermer sous la douche un sourire coquin pendant à tes lèvres en te disant que forcer la porte pourrait s’avérer être quelque chose d’intéressant après tout. Tu peux toujours gratter au bas du bois, on sait jamais, ça pourrait fonctionner. Merci pour ton assimilation, mais non c’est bon, je vais plutôt te rejoindre le rez-de-chaussée, je ne suis pas assez bon élève pour garder mon sérieux pendant qu’elle travaille si elle est dans la même pièce que moi. J’arrive. Tu ne devais pas gagner un défi toi ? Chaque chose en son temps, nous ne sommes pas pressés. Tout vient à point à qui sait attendre… Qu’il est simple d’user de cette citation dans un contexte comme celui-ci mon Àsgard… Mais, saurais-tu en faire autant pour tout ce qui est en train de flamber au sein de ton âme déjà bien endiablée ? Probablement pas. Néanmoins tu n’as pas non plus envie d’éteindre ce qui te brule les tripes. Sans plus attendre tu quittes les combles, abandonne Elisa à sa douche et à ses études pour me rejoindre, moi, qui n’avait pu monter à l’étage. Tu restes silencieux alors que tu jettes un second coup d’œil un peu partout, pour finalement t’arrêter devant le carré d’herbe qui leur servait de jardin. Etirant ta cage thoracique, tu hausses les sourcils en ne disant mot, ton comportement est suffisant pour me faire comprendre le fond de tes pensées. Cependant, et bien malgré toi, c’est en ouvrant la porte de la baie vitrée, t’installant à l’extérieur contre la partie toujours fermée, dos reposant sur le verre que tu admets que ce jardinet n’est pas en trop. Réellement, tu trouves qu’il fait du bien à cette maison et avant tout à toi en ce moment. Tête collée au carreau, tu entends cette infime bruit que l’agglomération ramène jusqu’à toi, le silence n’était pas total, mais c’est sans en avoir le choix que tu le tolères, abandonne ce monde pour t’enfermes quelques secondes dans celui des songes. Je viens m’appuyer contre toi, masse appréciant la pluie qui ruisselle sur les écailles pendant que tu restes de ton côté, un peu plus à l’abris.

Depuis combien de temps es-tu là à présent ? Tu n’en as aucune idées, yeux bleus fixant la grisaille du ciel, nuage virant parfois au noir dans un coup de tonnerre. Thor ne t’impressionnait pas, ton père t’avait appris à composer avec tout ce qui t’entoure, le temps fait également partie de ce lot. En ne t’y attardant pas, tu te reposes, sans tension et même sans envie tu arrives à retrouver un calme que tu pensais perdu en présence d’Elisa. Elle n’est pourtant pas si loin et la sensation de se sentir bien, seulement ça et rien de plus était agréable. Pour autant, malgré les nombreux rappels à l’ordre de ton ventre que tu ignores depuis qu’il se manifeste, tu décides de partir remonter les escaliers sans bruit, appuyant ton épaule contre l’encadrement de l’entrée de la pièce et tu l’observes. Elle est belle.

Plus encore elle est magnifique.

Risette qui se perd sur ta figure pour s’y accrocher et y rester. Tu aurais voulu t’approcher, te pencher par-dessus elle pour essayer de comprendre quel genre de travail avait bien pu t’éjecter si facilement de sa mémoire. À peine le temps d’y penser que tu la vois se dresser comme une furibonde, bureau délaissé aussi rapidement que ce qu’elle avait pu faire avec toi quelques temps plus tôt… Cette Italienne, elle est décidément bien trop dure avec tout ce qui l’entoure. Tu t’enfonces dans le mur pour la laisser passer, sa détermination te poussant même à te question sur le fait de savoir si elle s’est ou non rendu compte de ta présence. Mais cette voix, cette musique de sirène qui sort de sa bouche te fait comprendre qu’elle s’était souvenue de ta présence. Elle t’avait donc vraiment mis de côté ? Hum… Tu serais capable de t’en vexer ne serait-ce même qu’un peu. Alors qu’elle mange les marches de l’escalier, tu sens tes sourcils se froncer, te retenant de lui dire de faire attention. Attention ? Habitue prise avec tes frères ou réelle inquiétude pour elle ? Encore une fois, lorsque la question est trop personnelle, tu n’y réponds pas, mais ce n’est pas grave mon Viking, tu cracheras bien le morceau à un moment donné. Et tu la suis en roulant des yeux, éternelle course poursuite, agréable jeu du chat et de la souris. Tu reprends sa suite pour atteindre la cuisine à ton tour et regarder la boite métallique posée sur le comptoir. Ton ventre n’a jamais dû autant souffrir mais au mouvement de ta main écartant le conteneur de ton chemin, il comprit qu’il aurait encore faim pour un bon moment.

Sans façon mais merci quand même…

C’est le terme d’amande qui ta fait grincer des dents dans un premier temps. Ce n’était pas le type de fruit que l’on pouvait récolter en Norvège, cela signifie donc que ces biscuits contribuent à une importation et tu avais le choix entre refuser cet acte ou l’accepter. La première option écrasant la seconde, tu préférais continuer à te sentir affamé plutôt que de croquer dans ce type de gâteaux. Penses-tu d’ailleurs qu’ils puissent être fait maison ? Les glisser dans ce genre d’emballage était-il signe de qualité ? Tu n’en as aucune idée et ne cherches pas plus à savoir non plus, ceci étant le cadet de tes soucis pour aujourd’hui.

Après, sincèrement ce n’est même plus de la faim à ce niveau-là je pense. Il est quoi ? Bientôt dix-huit heures ? Ça doit faire facilement dix-sept heures que j’ai pris mon déjeuner ce matin. Mais ça va je peux encore tenir debout, partons sur ce que tu voulais faire à l’origine, j’espère simplement ne pas regretter d’attendre.

Clin d’œil. Tu la taquines alors que tu ne pouvais pourtant pas être plus sérieux. Elle avait appris par le biais de Morgan que tu étais particulièrement usant sur la nourriture… Bientôt elle pourrait approuver ses dires après qu’elle ait elle aussi eu à vivre ton intransigeance alimentaire.
Un coup d’œil efficace te permet d’analyser ce qui se trouve sur la table, normalement tu aurais dû froncer tes sourcils à l’apparition de la sauce tomate mais observant la conserve et l’écriture d’une main d’humain et non de machine, ils s’haussaient plus d’un agréable étonnement plutôt que de déception. Découverte appréciée, ton attention continue de vaciller d’un aliment à un autre pour être capté par les poivrons secs. Etaient-ils achetaient tout fait ou est-ce elle qui prend son temps pour les faire elle-même. Si toi tu ne sais qu’à peine comment fonctionne un four, tu te doutes, en la regardant là, dans son tablier qu’elle doit savoir mieux s’en servir que toi.

C’est toi qui a tout fait où tu es en train de tricher ? Tu marques une pause avant de reprendre. Il faut que je sois au courant, frôlerais-tu la perfection ou suis-je en train de lever le voile sur le fait que tu te fournisses ce type de choses ailleurs par flemme de les préparer toi-même ?

Tu ne serais pas médisant si elle t’avouait que ses efforts n’ont pas était employé vis-à-vis de ces légumes qui ont déjà subi une première préparation… Après tout c’est toujours mieux ça que de se contenter des produits que proposent les supermarchés. Cependant, tu ne pourrais qu’être plus ravi d’apprendre l’inverse, Italienne pouvant gagner un peu plus de place dans l’estime que tu peux lui porter.
Tu quittes le bar pour te redresser et rentrer dans la cuisine sans aucune autorisation. Avec ta mère tu te serais fait recevoir sur les roses, avec Elisa qu’en est-il à ce propos ? Mais trop habitué à être chez tes amis, tu agis chez cette femme de la même manière que tu as de faire avec les autres, allumant ainsi un poste radio en passant devant, musique se lançant, doigts courant sur le ventre d’Elisa dans un jeu avant d’ouvrir plusieurs tiroirs à la recherche d’un couteau ou d’un économe après t’être laver les mains. Les pommes de terre ? Tu en ferais ton affaire ! Nettoyer les patates en les pelant, tu en avais l’habitude chez tes parents, et être diplômer pour pratiquer cette activité n’était pas nécessaire. Un peu d’aide vous ferez peut-être manger plus tôt… Prenant place autour de la table, chanson en bruit de fond, tu ramènes les tubercules à toi pour commencer ton travail, regard bleu se portant dans celui d’Elisa.

En vérité, tu as voulu m’affamer pour essaye de me brider, que je te lâche un peu c’est ça ? C’est presque réussi, mais pas tout à fait encore…

Il y a quelque chose en moi qui ne sera rassasié qu’après avoir gouté à ta chaire, Italienne… Tu quittes son regard dans un sourire sans avoir eu le cran de poursuivre ta phrase. Ce n’était pas le moment et elle sait déjà ce que tu veux, seule elle semble vouloir freiner tes envies et… ses envies ? Tu ne la laisses pas de marbre mon Viking, tu arrives par moment à le voir dans son regard, dans son comportement, dans l’expression qu’a son corps à vouloir communiquer avec le tien. Elle s’amuse à te voir la désirer toujours plus, mais pourquoi donc fait-elle durer la partie si longtemps ? Quel est l’intérêt de vouloir te rendre encore plus fou d’elle que ce que tu ne peux déjà être ? Tu voudrais savoir, mais tu aimerais aussi tellement qu’elle s’amuse de manière plus significative… Quitte à faire de la frustration une géante, autant qu’elle grossisse avec des arguments qui te plaise également. Ainsi tu arriverais enfin à comprendre pourquoi tu es ainsi… Finissant la dernière pomme de terre, tu rassembles leurs peaux, disposes les patates dans un plat posé sur la table et essuies tes mains avec un torchon déposé non loin de toi. Chaise qui se recule, tu y restes pourtant assis, l’observant travailler sans dire un mot avant de te décider d’ouvrir la bouche.

Il y a quelque chose que je peux faire de plus pour t’aider ? Je ne toucherai pas à la cuisinière, je serais capable de me bruler et quitte à être cuisiné ce soir, je préfère que ça soit autrement et avec toi… Mais non, vraiment ça ne me dérange pas de faire les tâches ingrates si tu as besoin et peut-être qu’en récompense j’aurais droit à un câlin pour mon bon travail ?

Ou plus ? Oh oui tu aimerais plus mais vos câlins mènent à la dérive, ils ébouillantent le diable et arrachent les ailes des anges. Ce geste pourrait donc te satisfaire. Il y aurait-il plus que ça de toute manière ? Certainement pas ce soir. Certainement pas les prochaines fois non plus... À moins qu’elle ne finisse par changer d’avis ? Oh oui Elisa, changes ton fusil d’épaule et acceptes-le pour un moment à deux, rends-lui sa liberté.

  
MessageDim 4 Sep - 10:59
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Date d'inscription : 25/06/2016Nombre de messages : 233Nombre de RP : 73Âge réel : 26Copyright : Lux Aeternae & Northern LightsAvatar daëmon :
Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


La cuisine, c'est un repère pour l'italienne. Une tanière où elle peut passer des heures sans voir passer le temps, dans un état de concentration différent de celui qui la saisit quand elle étudie. Elle ne peut pas se couper du monde et du temps quand elle cuisine, elle a besoin de surveiller ses préparations et ses cuissons, de s'assurer qu'elle ne laisse pas reposer ses pâtes trop longtemps, succession de gestes et d'informations qui nécessitent qu'elle reste présente à la réalité mais n'en occupent pas moins ses pensées, un sourire glissant sur ses lèvres avant qu'elle se retourne vers Àsgard, surprise et un peu alarmée par ce qu'il vient de dire. Dix-sept heures sans manger ? Vraiment ? Un instant elle songe à lui demander pourquoi il n'a rien pris à l'université avant de ravaler ses mots. S'il est aussi difficile que Morgan et lui le disent, l'idée lui aura été inconcevable, pas en ne sachant pas d'où les aliments proviennent, pas avec la manière dont ils ont été transformés. Il faudra juste qu'elle fasse ses préparation aussi vite qu'elle le peut, à défaut de pouvoir influencer ses temps de cuisson, qu'elle gère son polpettone et ses pommes de terre de concert. Ça devrait être jouable, et elle opine en silence tout en sortant ses ingrédients, parfaitement familière avec les placards tandis qu'elle les pose sur la table, leur accordant à peine un regard, juste le temps de s'assurer de tout avoir avant de passer son tablier. S'il préfère attendre pour manger, le mieux qu'elle puisse faire est de s'activer, saladier tiré vers elle avant qu'elle lance de l'eau dans la bouilloire, en profitant pour rapidement peser son pain rassis, le brisant et le faisant tomber dans le bol d'inox, se reculant le temps d'éteindre l'eau, le son suffisant pour lui dire qu'elle est juste frémissante avant de la verser sur la mie, se décalant le temps d'attraper un second saladier et de commencer à préparer la garniture, tête se redressant pour adresser un sourire au Viking appuyé contre le bar, œufs cassés habilement, ceux qui restent placés dans une petite casserole, minuteur lancé pour s'assurer qu'ils seront bien durs, et elle retourne à sa place, attrape le fouet pour commencer à battre les œufs, répondant à sa question sur l'origine de ses produits au passage.

"On a l'habitude de se retrouver chez mes grands-parents l'été, et de faire des conserves tous ensembles. Mes nonnos ont un potager et un petit verger, du coup, on en profite, et ce qu'ils n'ont pas, on peut aisément le trouver au marché ou chez un producteur des alentours, comme les amandes des biscuits... On sort le matin ramasser les légumes tant qu'il fait frais, et on passe le reste de la journée dans la cuisine, à faire des conserves de tomates ou de courgettes, des confitures, à faire sécher les poivrons et une partie des tomates, à faire confire de l'ail..." Une pause le temps de prendre un brève inspiration, peau frémissant au contact fugace des doigts le long de son ventre, la peau si sensible irradiant aussitôt et volant son souffle. "Et pendant ce temps, les hommes de la famille sont dehors à râler parce qu'ils ont interdiction de venir goûter ou juste de rentrer dans la cuisine sur ordre de mes nonnas, c'est toujours tout un cirque et au final on est tellement dans les odeurs de nourriture qu'on en a même plus faim mais... C'est une bonne façon de passer du temps ensemble, je trouve. On a toujours fait comme ça en tout cas. Vu que mes grands-parents préfèrent m'envoyer des lettres plutôt que des mails, ils en profitent pour me fournir en conserves et bocaux. Ils ont l'air de penser que les tomates n'existent pas, ici, pas que je m'en plaigne."

Elle continue de travailler en parlant, yeux clignant en enregistrant la chanson en bruit de fond, mélodie connue aussitôt reprise par l'italienne qui la chantonne à mi-voix avant de sourire de nouveau en voyant Àsgard apparemment prendre les pommes de terre en main. Ce sera un gain de temps, tandis qu'elle interrompt sa préparation de la farce le temps de sortir ses œufs de l'eau, mains rapidement rincés avant de remplir la casserole d'eau froide, les couvrant. Ils seront plus faciles à écaler tout à l'heure comme ça, alors qu'elle reprend sa préparation et laisse les minutes s'écouler, rythmées par la musique, mélange de viande mis de côté le temps d'attaquer la farce, jambon et fromage rapidement taillés dans le staccato du couteau sur la planche à découper. Le son fait écho à ses pensées qui ont recommencé à dériver avec la chaleur qui est passée un instant sur son ventre, retournant à l'extérieur et à ce sillon que les lèvres et la barbe ont tracé le long de son cou jusqu'au coin de sa bouche, à l'envie dévorante de tourner la tête juste assez pour pouvoir s'en saisir et se consumer contre elles... Elle ne regrette pas d'avoir résisté pourtant. Ça n'en sera que plus délicieux lorsqu'elle cédera, regard rapidement coulé vers le norvégien et les tubercules qu'il pèle, sourire amusé courbant ses lèvres.

"T'affamer pour te brider, vraiment ? La logique voudrait que ça n'ait fait que t'ouvrir davantage l'appétit, qui sait, peut-être que c'était ça mon plan, m'assurer que tu ais assez faim dans l'espoir que tu trouves moins à redire à ma cuisine..."

Elle dégage rapidement son bout de table en parlant, yeux décrochant des lèvres qu'elle voudrait sentir de nouveau le long de sa peau pour se concentrer sur l'écalage des œufs durs, doigts rapidement rincés des bouts de coquille qui auraient pu s'y accrocher et œufs tranchés rejoignant la farce sur la planche à découper, bois du plan de travail huilé à la place lui permettant de façonner le pain de viande. Elle peut enfin commencer à le faire cuire, oignons émincés mis à revenir dans une poêle pendant que le pain de viande dore dans la sauteuse, eau chauffant dans une casserole pour les pommes de terre, gestes s'enchainant aisément, pain retourné de sorte à dorer une autre face avant qu'elle ne récupère les pommes de terre coupées, bise déposée sur la joue d'Àsgard au passage pour le remercier avant de retourner à ses casseroles.

"Si tu n'as rien contre, tu veux bien avancer la vaisselle ? Ça sera à faire de moins tout à l'heure... Il ne reste plus qu'à tout faire cuire, de toutes manières. Et pour ton salaire... un câlin et un massage de la tête après le repas, ça te conviendra j'espère ? A moins que tu ne sois aussi fâché avec la vaisselle que tu l'es avec la cuisine, je devrai revoir ta paie à la baisse si c'est le cas... Ah et au fait, Alle aura besoin de manger, elle aussi, je suppose ? On a de la viande au frigo si tu veux, n'hésites pas à te servir, on l'a achetée au marché, c'est de la production locale, même si malheureusement je ne pourrais pas t'en dire plus dessus, désolée..."

Une épaule se hausse tandis qu'une grimace glisse sur son visage avant de disparaître, Elisa se concentrant de nouveau sur ses casseroles, minutes passant avant qu'elle ne les couvre et n'abaisse le feu, bras se nouant derrière son dos le temps de s'étirer, silhouette se courbant en arrière avant de se redresser, soupir satisfait tombant de ses lèvres. Il ne reste plus qu'à attendre et surveiller, odeurs de cuisine emplissant la pièce et la faisant inspirer avant de secouer la tête en riant, passant à côté d'Àsgard le temps d'attraper un chiffon humide avec lequel nettoyer la table, proximité de son corps la tentant un instant. Elle s'éloigne à la place, s'arrachant à l'envie de glisser ses doigts sur ses épaules ou dans ses cheveux, de poser ses lèvres dans son cou juste pour le plaisir de le provoquer et de tester leurs limites, jusqu'où ils peuvent enflammer leurs veines avant que l'un d'eux cède, chiffon courant sur le bois tandis qu'elle chantonne à voix basse avant de retourner aux pots sur le feu, remuant rapidement leur contenu et le faisant goûter à Àsgard pour vérifier l'assaisonnement, esprit refusant délibérément de penser à l'aspect presque domestique de la scène. Ils ont juste travaillé ensemble à la préparation du repas, rien de plus, qu'importe le tableau qu'ils doivent former vu de l'extérieur.

Elle laisse ses yeux partir à la recherche d'Alle Dyr à la place, pensées retournant à la manière dont Àsgard l'a aidée à descendre du camion comme si c'était la chose la plus naturelle du monde pour lui de la porter de la sorte, crocs si près de son cou, un simple geste pour lui arracher sa vie, et dont elle a été si docile, aucune protestation ne lui échappant. Ils formaient un tableau étrange, de la sorte... Harmonieux, mais étrange. Comme si ils pouvaient réellement se comprendre. Le Viking a peut-être appris à lire son corps et ses mimiques ? Ils sont une paire, ça en tout cas elle l'a bien compris, Elisa attrapant sa peur et la remisant au placard, fermement. Elle continue à filtrer à travers, à l'inciter à la prudence, et elle sait déjà qu'elle n'a pas la moindre intention de la toucher contrairement à ce que le Norvégien peut faire, mais le pire est passé, définitivement elle l'espère. Tant pis si elle passe pour folle. Elle l'est peut-être. Folle de lui ? Non, pas vraiment. Pas encore. Juste attirée, et intriguée, et provoquée... Peut-être. Elle ne sait pas vraiment qu'en penser, main passant rapidement dans ses cheveux et se coinçant encore dans son chignon, yeux se levant au ciel et élastique aussitôt enlevé, boucles froissées retombant aussitôt le long de ses épaules, tablier ôté au passage. Le couvert est mis, sourire glissant sur ses lèvres en même temps que ses doigts le long du dos d'Àsgard, tête se posant une brève seconde sur son épaule. Le picotement que le geste déclenche le long de sa peau est délicieux, persistant même une fois son geste interrompu, tandis qu'elle sort les pots du feu.

"J'espère que tu trouveras ça comestible, en tout cas... Même si je ne me plaindrais pas si tu trouves ça bon, loin de là !"

Les assiettes tintent tandis qu'elle les repose, pleines, portion du Viking délibérément plus grande, tentant de deviner son appétit et de s'y adapter. Il pourra toujours se resservir s'il aime, même si elle prie pour que ce ne soit pas le cas, idée soudaine la faisant se relever et rouvrir le frigo, en sortant un petit container avant de couper un peu de pain. Si il aime savoir ce qu'il mange, il devrait aimer ça, Elisa souriant en se rasseyant, lard et pain déposés sur la table, presque impatiente de voir sa réaction en goutant.

"J'avais failli oublier que j'avais ça, honte sur moi... Si tu aimes les bons produits, ça devrait te plaire, c'est du Lardo di Colonnata. C'est une appellation, leur cahier des charges est particulièrement strict. Les porcs doivent provenir de certaines races, la préparation lancée dans un certain délai, c'est les jours qui suivent l'abattage si je me souviens bien... tout le processus est contrôlé mis à part les épices qui sont avec lui dans la conche pendant qu'il repose. Même le marbre des cuves est contrôlé, même si c'est presque le plus simple, c'est celui des carrières de la ville. Mais pour le coup, ce n'est pas moi qui l'ait fait, on me l'a envoyé, et le pain, c'est Samuel qui l'a fait. Ça le déstresse, apparemment."

Une part d'elle s'en veut de ne pas y avoir pensé plus tôt, lard et pain sur la table en même temps que le primo et sa garniture, contre toute logique, lui hérissant la peau, et elle se prend à se dire qu'elle aurait dû le laisser au frais, le garder pour demain, pendant qu'ils seraient au Saltstraumen. Mais non, trop tard, "J'espère que ça te plaira" lui échappant à la place d'un Bon appétit plus habituel mais moins sincère, doigts jouant distraitement avec sa fourchette avant de se refermer autour de son verre d'eau, le portant à ses lèvres tandis qu'elle attend le verdict, curiosité claire dans son regard. Elle ne peut pas attendre de voir sa réaction, vraiment. Elle espère juste qu'elle sera positive.
AVENGEDINCHAINS
  
MessageJeu 8 Sep - 14:57
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Date d'inscription : 16/11/2013Nombre de messages : 719Nombre de RP : 168Âge réel : 26Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Un repas est insipide, s’il n’est assaisonné d’un brin de folie.


Àsgard & Elisa
L’instant était doux, presque familier tant il paraissait logique qu’il soit partagé entre vous. Tu l’écoutais, avec attention et souris aux souvenirs qui jaillissent de la bouche de l’Italienne. Pendant un moment tu restes sans comprendre ce que peut être un nonnas ou un nonnos, tu retiens de lui poser la question un peu plus tard, comparant le fait de l’interrompre à un crime. La voix, elle est belle. Le timbre, il est sensuel sans même qu’elle puisse peut-être s’en rendre compte. Et ainsi donc, elle ramène ses amandes d’Italie ? Tes yeux tournent lentement en direction de la boite de biscuit en te répétant la phrase de la femme. … Comme les amandes des biscuits, tu avais tes réponses, ils avaient été fait ici. Et tu te rappelles ses mots : de l’ail confie ? Qu’est-ce que c’est ? Enfin le condiment en lui-même, bien que tu n’en manges que peu de par le fait de sa production limitée en Norvège, tu le connaissais. Par contre savoir qu’il pouvait être confie attire ta curiosité. Qu’importe le plat, tu avais su apprécier cet aliment, tu aimerais pouvoir le savourer encore différemment. Le temps te dira si tu en auras la possibilité… En attendant cela, tu continues de boire tout ce qu’elle peut te raconter, hommes râlant leur mécontentement d’être exclu des cuisines par les femmes. Une femme est une nonnas en Italie ? Tu fronces les sourcils pour toi-même à la question avant d’entendre le terme de grands-parents, et tout se complique dans ton crâne au point de que tu finisses par abandonner l’idée de vouloir marier sa langue à la tienne. Tu secoues la tête, la baissant en la prenant dans tes mains, la suite de la conversation défilant dans ton crâne. T’enhardir dans ton désir ? Non, la faim est trop pesante pour que l’envie puisse battre l’appel de la nourriture. Enfin peut-être comprends-tu mal sa phrase… Tu espères le contraire.
Vigilant, tu observes le moindre de ses gestes, du plus insignifiant au plus important après que tu aies pu lui proposer ton aide. Les lèvres s’étirent de manière tout à fait instinctive dès lors que tes yeux peuvent croiser les siens. C’était agréable en fait cette situation, toi, elle, votre partage. Es-tu déjà resté ainsi à regarder si intensément une autre femme ? Ton regard, il est le même sans l’être vraiment. Depuis combien de temps vous connaissez vous réellement mon Viking ? Des heures, des mois. Des années ! À la manière dont votre lien semble se tisser avec tant d’aisance, il m’est impossible d’accepte le fait que vos âmes n’aient pu se rencontrer que dans cette vie. Respires-tu toi aussi cette contradiction qui règne en nous mon Viking ? Non, tu n’en as même pas conscience, mais ça viendra, je le ressens… Tu ne portes pas d’attention à mes mots, tendant plutôt ta joue lorsque tu la sens venir à toi, ta main venant se poser contre sa mâchoire et sa pommette, yeux se fermant le temps qu’Elisa est là, s’en allant encore plus vite qu’elle n’est venue, regard se portant sur elle alors qu’elle finit de te parler. Je n’ai pas faim mon Viking, j’ai déjà mangé il y a quelques jours. Quand nous rentrerons, emmène-moi là où je pourrais chasser et laisse-leur, leur viande. Le pays est suffisamment cher ainsi sans qu’ils aient à nourrir un Alligator.

Non c’est bon, elle ne mange pas beaucoup en vérité. Entre deux à trois kilogrammes de viande par semaine. L’Alligator tout comme le Crocodile a tendance à économiser son énergie. Elle se nourrit en moyenne quatre fois par mois pour le coup. Ils ont recensé certains spécimens, les plus gros notamment, capables de se plonger dans un tel état de léthargie qu’ils ont pu jeûner pendant deux ans… Et pour la vaisselle, pour un massage et un câlin, même sans la porter dans mon cœur j’irais la faire en courant !

Tu aurais voulu lui dire qu’elle pouvait faire plus que de se contenter qu’à la tête, que de sentir ses doigts sur ton corps était très loin de te contrarier. Néanmoins, tu décides de te taire, comment résisterais-tu, sans personne autour de vous pour ne pas user d’un peu plus de tendresse pour qu’elle cède encore plus rapidement ? Pourtant n’était-ce pas là ce que tu souhaites depuis le début ? … Un frisson parcours tout ton être au moment même où ton cerveau t’envoie l’image d’Elisa soufflant dans ton oreille, sa respiration venant réchauffer ton cou, tes doigts s’accrochant à sa peau, ses seins… Tu te lèves, mains se posant sur la table dans une expiration courte et audible. Reprendre tes esprits. Il faut que tu les reprennes au moins un peu. Tu ravales ta salive, prends place devant le lavabo, sors la vaisselle des deux bacs et en remplis seulement un des deux après les avoir rincé. Voilà, là tu serais sans doute mieux, à te concentrer à ne pas ébrécher les assiettes, les verres, les bols ou les tasses, à te concentrer sur le coupant des couteaux pour ne pas te blesser. Les minutes passent et effectivement tu t’en tires comme un vrai professionnel, le salaire de ce dur labeur étant trop alléchant pour échouer au court de cette terrible tâche. Le silence de vos voix, l’activité de celle des présentateurs radios, votre comportement à tous les deux… Tu penses à tes parents, crâne se tournant vers les fenêtres de l’habitation des étudiants en ne sachant que penser de cette journée-là. Mais il n’y a rien à en penser mon Àsgard, seulement à la vivre sans se poser de question. Est-ce, ce genre de situation que ta mère appelle comme étant ‘‘les choses simples de la vie’’ ? Tu hausses brièvement une épaule en ne sachant quoi répondre, secouant plutôt tes mains au-dessus de l’évier après avoir fini ton travail. Tu te retournes en cherchant le torchon du regard pour t’essuyer mais il est dans les mains d’Elisa. Cette même Elisa qui se penche contre la table de sa cuisine… Amusé tu restes à l’observer.

Il est souvent déconseillé d’avoir ce type de position devant un homme qui nous porte de l’intérêt. Beaucoup d’intérêt…

Trop ? C’est à elle de voir tout en tenant compte qu’elle te serre le mord depuis que vous vous êtes rencontré. Pour autant, si la phrase avait été dite sous le ton de l’humour, elle n’en était pas moins sincère sur sa fin, attrapant le tissu dès lors que l’Italienne s’en retourne à ses fourneaux. Menton qui se lève et nez qui inspire, sa cuisine sent bon tu le reconnais sans mal. Pour autant, cela ne veut rien dire, un aliment peut sentir fort à la cuisson et être bon en bouche, l’inverse étant tout autant possible. Tu la contemples un moment, aussi court soit-il avant de récupérer de quoi composer votre table. Assiettes, couverts, verres. Ton regard cherche le pichet du regard sans le jamais tomber dessus, yeux s’arrêtant sur Elisa qui te tend une cuillère. Tu arques ton regard, te questionnant un moment avant de saisir ses doigts entre les tiens pour assurer encore plus de stabilité à l’ustensile et soufflant dessus pour ne pas risquer de te bruler.

Pas plus de sel. Pour moi ça sera suffisant en tout cas, plus je ne pourrais sans doute pas manger le plat.

Tu n’étais pas forcément friand de ce condiment, ta mère allant même jusqu’à ne pas en mettre pour que chacun d’entre vous puisse jauger à sa façon. Relever a peine la préparation sans la tuer.
L’heure s’écoule pendant encore un moment ou prend le temps d’aller quitter la cuisine pour regarder la nuit de la fenêtre de leur salon. Tu restes silencieux face à toutes ces lumières, la nature ne t’offre pas cela mon Viking… Tu aimes ? C’est… Joli ? Tu ne sais pas si le terme est approprié mais non, tout ça, tu ne connais pas. Il y avait quelque chose de douloureusement admirable dans ce spectacle que ton père n’aimerait pas t’entendre dire. Que cela pouvait-il bien donné vu d’en haut ? Aurais-tu envie de le découvrir ? Jamais. J’ai l’impression d’entendre Thörgys… Ce n’est pas parce que tu peux trouver la ville belle que tu aimerais moins la nature Àsgard. Tu n’es pas né pour être citadin, c’est une évidence, mais rien ne t’empêches de reconnaitre ce qui peut être vrai. Et non, ça ne serait pas accepter cautionner le mal qu’ils font à la planète. Tu te sens devancer dans ces propos qui voulaient s’évader dans ton esprit, les miens rentrant en contradiction avec tes pensées. Tu viens seulement croiser mon œil qui s’est posé sur toi sans que je n’aie bougé de ma place, laissant passer les secondes sans qu’aucun commentaire ne viennent toucher de près ou de loin ce débat dans lequel tu ne veux pas faire partie. Tu te détournes, retrouvant le chemin du cœur de la maison rien qu’à son odeur, sourire s’installant confortablement sur ton visage à cette image, attention portée sur la Napolitaine qui libère ses cheveux de l’élastique et son corps du tablier. Tes doigts s’agrippent à la table pendant que yeux se mettent en quête d’attraper ceux d’Elisa, demi sourire triomphant, charmeur, enjôleur, fascinateur. Tu la suis une partie de son trajet, tête s’arrêtant de pivoter alors qu’elle passe derrière toi, dos se tendant à ses caresses, âme en quémandant encore plus pendant son crâne vient se poser sur ton épaule. Ton œil en coin la fixe et ta tête qui se tourne vers elle amène tes lèvres à venir se presser contre sa joue, chaleur renouant langoureusement avec ton être au même moment ou ton bras vient chercher à enrouler ce corps qui s’est collé contre toi mais c’est beaucoup trop tard. L’instant est bref et pourtant si agréable… Tu retiens un soupire en la voyant réapparaitre devant toi, ne lui offrant aucune réponse à sa phrase, attendant plutôt d’en juger pour pouvoir dire quoi que ce soit.

Tu prends place en face d’une assiette qui t’es aussitôt retirée, ton regard la suivant alors même qu’elle se remplie pour rester braqué dessus lorsqu’elle est remise à sa place, devant toi. Tu respires, tu analyses, tes sens validant d’ores et déjà ce qu’il leur est permis de certifier comme étant quelque chose de probablement bon. Le goût n’est pas forcément difficile à satisfaire en vérité, c’est la raison, la réflexion qu’il faut convaincre. Pour le moment le trajet se passe pour vous tous, Elisa commence l’évaluation avec de bons points. Fourchette en main, couteau de l’autre, tu ouvres la bouche pour lui souhaiter un bon appétit mais finis par tout reposer en voyant l’Italienne se lever. Sans pouvoir dire quoi que ce soit, tu l’écoutes faire son exposer sur le lard qu’elle dépose sur la table accompagné d’un pain qui a été façonné dans cette cuisine. Tout te plait là-dedans, mais une information manque à l’appel.

Quel est le mode d’élevage de ces porcs ? Plaine air ou sur caillebottis ? Je me doute qu’il y a des fermes pour tout type, mais le porc qui a donné ce lard, comment a-t-il vécu ?

Tu ne supportais pas la seconde option. Les laisser vivre toutes leur vie sur des palettes de bois, sans qu’il ne puisse jamais connaitre la sensation de l’herbe sous leurs pattes t’était inconcevable. Comment un être humain peut-il se permettre ce genre de chose ? Protéger notre santé de leur maladie au détriment de leur liberté, de leur bien-être, de leur bonheur... Triste réalité… Tu aurais voulu relever les conditions d’abattage mais tu t’abstiens. Sortie de la viande de ton père, tu sais que le reste de ce que tu ingères passes aussi par des lieux comme ceux-là.
Tu ne toucheras pas à cette viande pour le moment, tes dents évitant de grincer suite à tes pensées, concentration reprise sur le plat présent et œillade faite à Elisa lorsqu’elle prend la parole pour une dernière fois. On verra bien… raisonnant dans ton cerveau sans pour autant prononcer ces trois mots à voix haute. Portion coupée et installée sur la fourchette tu la portes jusqu’à toi, mâchant et levant les yeux sur la femme pendant que tu t’enfonces dans le siège et avale. Tu ne peux pas discuter, pas maintenant, la première impression était que c’était probablement trop gras pour toi. Cette idée te donnant l’impression d’avoir les lèvres imbibées d’huile sans que ça ne soit pourtant vrai n’était décidément pas ce que tu préférais… Silencieusement tu reprends une bouchée, prends un peu plus de temps pour la déguster.

Je ne peux pas vraiment juger en réalité tellement je suis mauvais dans le domaine. Sincèrement, je pense que j’arriverai à t’intoxiquer avec des pâtes et pour une Italienne ça serait la double peine pour moi. Après, si je n’ai pas le choix et que tu attends mon avis, alors ce n’est pas mauvais, vraiment. C’est peut-être même bon, je n’arrive pas encore à me décider là-dessus.

Tu laisses un sourcil se lever, bien évidement que tu aimais le plat, tu ne l’aurais pas touché une fois de plus s’il ne te plaisait pas. Tu continues ton repas tête se balançant subtilement au rythme d’une chanson que tu aimes bien, cette dernière passant à la radio qui est toujours allumée. Non mon Àsgard, ce n’est décidément pas une bonne idée… Mais c’est plus fort que toi et je ferme les yeux en sentant la catastrophe arriver. Pourtant tu ne te contentes que de te chantonner grossièrement les paroles que tu comprends parfaitement. Et je râle dans un souffle, suffisamment fort pour que tu te retournes sur moi alors que tu finis une nouvelle bouchée, m’accusant du regard avant de revenir sur Elisa, buvant l’eau de ton verre en haussant les épaules.

Elle doit trouver que je chante faux… Je ne comprends pas pourquoi, j’ai pourtant une superbe voix, presque la même que celle d’une Castafiore. Fermes les yeux écoutes ça !

Par Odin, ne fais pas cela… Tu es lancé, dans une note affreusement audible alors que tu montes exprès dans les aigus, oubliant l’air naturellement grave de ta voix, yeux bleus fixant le verre. Tu te sais pourtant très mauvais, s’il se brise ça serait un miracle… Tu clos tes paupières pour inciter l’Italienne à ce qu’elle le fasse avant que tu ne les rouvres de ton côté. Tu tiens l’air. Si tu n’avais clairement pas l’art de pousser justement la chansonnette, le souffle était par contre bel et bien présent. Tu patientes encore une seconde le temps que la femme s’exécute, un temps de plus s’écoule et tu baisses ton poignet juste qu’au coin de la table, frappant le verre contre ce dernier et le rapportant rapidement devant tes yeux.

Improbable ! Regarde ça ! Et dire que je fais ma carrière dans le tourisme pour le moment, c’est à ne plus rien comprendre. Fais-moi penser de dire à ma mère qui m’accuse de chanter comme une casserole qu’elle a failli ruiner ma vie. Je vois d’ici les grandes maisons de production faire des pieds et des mains pour m’avoir.

C’est une charmante comédie romantique dans laquelle vous êtes vous-même en train de vous plonger au travers de ce repas mon Viking…
Cependant, malgré ma parole, tu gardes ton sérieux, arrivant à maintenir les yeux de la Napolitaine alors que les aberrations qui sont sorties de ta bouche sont sans aucune doutes plus grosses que toi. Et tu finis par céder, rigolant en terminant ton plat, prenant une tranche pain et te calmant.

Je suis désolé pour ton verre, enfin non pas tout à fait mais j’irais t’en racheter demain lorsque l’on sortira en tout cas. Bon… C’était quand même super bon tout ça, je peux en reprendre un peu s’il te plait ? Et je pense que tu pourras ranger le lard, je doute avoir encore envie d’ingérer quelque chose après tout ça. Mais merci quand même de l’avoir sorti.

Tu attends sagement. Je ne saurais dire ce qui est vraiment surprenant ce soir entre le fait que tu puisses lui avouer que tu aimes ce qu’elle a su te préparer ou si tu apprécies le plat au point que tu veuilles en remanger encore un peu… Mais tu savoures, ne commentant ni mes pensées, ni ses mots s’ils viennent marcher jusqu’au creux de tes tympans. Il n’y a pas toujours besoin de prononcer quoi que ce soit pour se faire comprendre, tu en sais un rayon là-dessus mon Viking, toi qui es maitre en la matière. Les secondes et les minutes se dissipent, repas se clôturant, corps s’étirant, faim combattue et ventre agréablement rassasié. Ton cerveau pourrait donc enfin se concentrer sur autre chose que de la nourriture. Enfin… En présence d’Elisa j’ai comme du mal à croire que tu aies pu penser pendant plus de dix secondes consécutives à ton estomac.
Encore une fois, inlassable mouvement de lèvres qui s’étirent sur ton visage tu intimes d’un geste de la main à Elisa de rester assise pour le moment si elle en a envie. Après tout, tu sembles prédisposé à t’occuper de la vaisselle alors rien ne t’empêches de débarrasser la table étant donné que de toute manière, tout finira par passer entre tes mains. Même procédé employé après avoir essuyer d’un coup de chiffon ce qui n’était pas encore tout à fait sec et laissant l’Italienne s’occuper des restes pour que tu puisses récupérer les plats dans le but de les savonner.

Ce n’est qu’une fois tout cela fait que tu te rapproches d’Elisa, doigts rejoignant sa nuque, l’effleurant et cerclant son ventre de ton autre bras, restant dans son dos alors que la radio balance des sons peut être un peu trop entrainant pour toi, esprit travaillant aisément avec eux. Tes ongles agrippent le tissu de son haut avant que tu ne t’écartes, dans une inspiration qui t’obliges à te canaliser. Tu irais bien danser tiens… Il faudra que tu parles avec Marcus pour savoir quand est-ce qu’il est disponible pour se faire quelque chose dans le genre. Vider ta tête en boite de nuit, accoster une femme et passer la nuit chez elle pour te sortir Elisa du crâne le temps de quelques heures. La pression est trop intense pour qu’un homme comme toi puisse s’abstenir dans une attente qui te semble éternelle, le temps que la diva se décide de quand elle voudra enfin crier pour toi. Pourtant c’est elle que tu veux, aucune autre demoiselle ne pouvant trouver grâce à tes yeux tant l’obsession est puissante. Reculer pour mieux sauter, est-ce cela mon Àsgard ? Tu es fou mon pauvre Viking à courir ainsi après elle mais tu veux qu’elle te vienne. Pourtant, c’est toi qui retournes la chercher, la forçant même à reculer jusqu’à ce qu’elle se coince contre un mur. Peut-elle avoir peur de toi et de ce que tu peux entreprendre ? Que pourrait-elle faire face à ta carrure ? Face à ta force ? D’une main tu pourrais l’immobiliser… A-t-elle assez confiance en toi pour se laisser ainsi mettre en position d’insécurité ? Tu sais que tu ne lui feras rien. Non, jamais rien sans qu’elle ne te donne son accord, mais elle en a-t-elle conscience ? Les questions ne se posent pas dans ta tête, tes deux grandes mains venant seulement se déposer contre sa taille alors qu’elles désirent quelque chose de bien plus sensuelle, lèvres frôlant ses oreilles, murmure lâché.

Fais-moi t’oublier Elisa. Qu'importe la manière, occupes mon esprit afin que ma concentration ne se porte plus sur toi... Appel à l’aide. Ecoutera-t-elle tes supplices ou se plaira-t-elle à se sentir encore plus désirer que ce que tu n’es capable de lui montrer ? Le repas était bon, mais peut-être que la solution aurait été de vraiment m’affamer va savoir… Enfin… Une partie de moi contracte une étrange faim insatiable…

Avant que tes gestes ne plus deviennent déplacés tu relâches l’Italienne en te demandant seulement de quel manière le message avait-il bien pu passer… Les chances sont faibles pour qu’elle te saute dessus mais se risquera-t-elle à tenir sa parole vis-à-vis du massage et du câlin ? Après tout dans une situation comme celle-ci le danger n’est-il pas présent un peu partout autour d’elle ? Alors Elisa, sais-tu d’avance quelle carte tu vas et veux abattre … ? J’en connais un qui attend impatiemment que ton tour de jeu soit fini pour reprendre le cours du sien.


  
MessageVen 9 Sep - 22:50
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Date d'inscription : 25/06/2016Nombre de messages : 233Nombre de RP : 73Âge réel : 26Copyright : Lux Aeternae & Northern LightsAvatar daëmon :
Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Le mode d'élevage des porcs... ils se froncent un instant, les sourcils d'Elisa, avant de se détendre, information retrouvée et partagée, animaux en liberté pour respecter la manière dont il était fait depuis le début de la tradition, quand les ouvriers s'en nourrissaient avec du pain avant de retourner à leur travail dans les carrières avant que le plat retienne son attention, mots lui échappant avant qu'elle pique une première bouchée, attendant la première réaction d'Àsgard pour gouter à son tour. Elle ne peut pas s'empêcher d'être incertaines, orteils se croisant en une mimique du geste que ses doigts n'osent pas faire avant de se dénouer en le voyant prendre une deuxième bouchée, intuition murmurant que le plus dur est passé, Viking confirmant son pressentiment sans le savoir et lui tirant un rire à l'idée d'être empoisonnée par des pâtes. Ce serait atroce, vraiment, sourire s'étirant en l'entendant dire qu'il n'arrive pas à se décider s'il aime ou non. Tant qu'il continue de manger, elle suspecte que le verdict est plus positif que négatif, tandis qu'elle ne peut pas s'empêcher de lui pointer que son absence de talent culinaire ne signifie pas qu'il est dépourvu de papilles. Il sent encore le gout des aliments, il est capable de décider si le résultat lui plait ou non, chaque bouchée une petite victoire pour l'italienne avant qu'elle reporte son attention sur son propre repas, silence tranquille flottant autour de la table, coupé seulement par le tintement occasionnel des couverts et des verres et la radio toujours allumée, morceau vaguement familier débutant. Il lui semble l'avoir déjà entendu dans la navette, et dans la voiture lors de longs trajets, sans qu'elle y ait jamais réellement prêté attention. Àsgard semble plus familier avec, lui, tête se balançant au rythme de la musique avant que sa bouche s'ouvre et qu'il commence à chantonner.

Le rire s'échappe de lui-même de lui-même, léger, alors que les mains d'Elisa retiennent l'envie de se plaquer contre ses oreilles pour tenter de se protéger de la voix qui massacre les mots, fausses notes se succédant, brisées par le râle qui échappe à Alle Dyr. Elle a raison d'être mécontente, Àsgard chante terriblement faux, et l'italienne ne peut pas retenir une dénégation amusée de la tête en entendant le Viking affirmer avoir une superbe voix. Il n'a pas tort quand il parle, voix grave et basse glissant contre ses tympans telle une caresse pour envouter ses sens et tisser son sort. Mais l'enchantement se brise quand il chante, et la note haute qu'il se décide de tenir fait rouvrir les yeux d'Elisa plus vite encore qu'elle ne les avait fermés, horreur et hilarité mêlées, ses mains cédant et venant à la rescousse de ses oreilles tandis que de nouveau elle rit, tête se reversant en arrière et paupières s'abaissant finalement. Il n'y a pas de moquerie dans son rire, juste la surprise et la joie de le voir être si délibérément ridicule, l'homme si fier, et les deux sons se mêlent alors qu'une larme de joie glisse sur la joue de l'italienne qui reprend tant bien que mal son calme. Un geste de la main l'efface avant qu'elle ne sourit, ses yeux encore pétillants d'hilarité, l'émotion légère tandis que la vue du verre brisé fait s'affaisser sa tête dans ses mains, épaules de nouveau secouées par un nouvel éclat de gaieté heureusement plus bref.

"De toute évidence ta mère a tort, tu ne chantes pas comme une casserole..." Pour être tout à fait honnête, les casseroles chantent probablement mieux, au moins lorsqu'il monte dans un registre pareil, même si une part d'elle un brin masochiste est curieuse de savoir si chanter dans son registre naturel améliore le résultat ou non. Tout à l'heure ne comptait pas, il chantonnait juste, ce n'était pas tout à fait la même chose. Elle l'espère. "Même si je n'irai pas jusqu'à te conseiller d'arrêter ta carrière dans le tourisme. Je ne sais pas si les maisons de production ont l'oreille nécessaire pour apprécier ta voix à sa juste valeur..."

Ses lèvres s'incurvent dans un sourire malicieux qui ponctue ses mots, torse se penchant vers Àsgard tandis qu'elle parle, avant que ses doigts balaient l'offre faite de racheter un verre, se perdant au passage dans ses boucles pour les dégager de son visage. L'envie la traverse un instant de les attacher de nouveau, élastique attrapé qui commence à glisser de son poignet avant qu'elle ne change d'avis et ne le laisse retourner à sa place habituelle, mèches simplement replacées derrière ses épaules alors même qu'elle se doute qu'elles n'y resteront pas longtemps.

"Ne t'en fais pas, ce n'est qu'un verre, considère ça comme ton paiement pour ton solo opératique si tu veux. Dieu sait que ce ne sera pas le premier qui aura souffert une fin tragique, celui-ci aura simplement été plus original dans sa manière de faire. Oh, et sûr, ressers-toi si tu en as envie, il y a bien assez pour !"

Pour sa part elle n'a pas encore achevé sa portion, fourchette recommençant à picorer et silence revenant avant qu'elle repose ses couverts et sirote posément son eau en attendant qu'Àsgard ait fini, sourire jouant sur ses lèvres qui s'agrandit en se voyant intimer de ne pas bouger. Elle se relève à la place, pour ranger le pain et s'occuper des restes, notant les quantités restantes avant de partir en quête de tupperware où les stocker, containers toujours éparpillés dans les placards pour une raison qu'ils sont tous incapables de comprendre. Elle finit par en trouver au moins, restant du pain de viande tranché en prévision du lendemain et pommes de terre mises de côté pour le soir, sauce tomate placée dans un bol couvert avant qu'elle ne fasse passer les plats au Viking occupé de nouveau à la vaisselle et n'aille mettre les reste au frais et observer rapidement le contenu du frigo au passage. Il y a de quoi faire une salade, ou des sandwichs, Elisa décidant rapidement qu'elle y pensera demain matin et se détournant, mains d'Àsgard en profitant pour la retrouver.

Les doigts dans sa nuque lui arrachent aisément un frisson, leurs jumeaux lui en tirant un second en passant contre son ventre avant d'échouer dans son dos. Elle peut sentir la langueur qui ne demande qu'à s'infiltrer dans ses os et la laisser se faire entrainer, par le contact, par les notes de musique qui les encerclent, nuque ployant un instant pour se presser davantage contre les cals qui reposent contre elle, paupières s'abaissant avant de se relever lentement. La musique est rapide, donne envie de se mouvoir de concert alors qu'ils restent immobiles, avant que des ongles se resserrent sur l'étoffe qui l'habille, murmurant au passage contre son dos à travers le tissu, courant parcourant son échine en réponse. Inutile de parler, ou même de se crisper, désir une onde sourde et paresseuse plutôt qu'une éruption violente, aisément contrôlé pour mieux savourer le moment. L'étreinte se brise, regard se voilant un instant, et de nouveau il approche, italienne reculant machinalement, un pas pour un pas, distance maintenue en un nouveau ballet, regards accrochés l'un à l'autre, bleu contre vert, saphir contre émeraude, ciel contre fjord. Elle n'a pas peur alors même qu'elle recule, Elisa, sourire jouant au coin de ses lèvres qui s'efface un instant en sentant le mur le long de son dos, tête s'y appuyant et se redressant pour mieux croiser observer Àsgard, lèvres de nouveau incurvées. Elle attend son approche sans crainte, pas détruisant la distance et mains trouvant sa taille, lèvres frôlant son oreille, paupières s'abaissant en réponse alors que sa voix tisse de nouveau son sort. L'idée de s'échapper ne lui vient pas, doigts se nouant fugitivement à ceux d'Àsgard à la place avant de les délaisser, iris refaisant leur apparition en réponse à sa demande.

L'aider à l'oublier, le distraire de son désir. Elle est incertaine de comment faire ça tandis que les pattes rapeuses abandonnent ses flancs sans qu'elle cherche à bouger, sort se dénouant autour d'elle alors que sa tête quitte le mur, suivie de son dos, esprit passant en revue tout ce dont ils disposent et balayant aussitôt les cartes et jeux de société. Elle ne doute pas un instant qu'ils soient incapables de résister à la tentation de se chercher s'ils optent pour eux, la situation risquant de déraper d'une manière délicieuse mais qu'elle ne souhaite pas encore voir se réaliser. Face à ce genre de jeux, les provocations pour se déconcentrer risquent trop de se succéder, de se faire de plus en plus ouvertes, de plus en plus explicites, si leurs fiertés respectives ne les poussent pas à rajouter des enjeux supplémentaires qui combien même ils commenceront innocemment ont trop de chances de montée en puissance et d'entraîner le mercure de la pièce avec eux, issue de la partie entrainant avec elle la fin du jeu qui les occupe depuis plus d'un mois déjà. Elle ne veut pas qu'il finisse, pas encore, pas alors qu'il n'en est qu'à ses prémices et qu'elle a des mots à faire ravaler au Viking. Ils ne sont plus au programme de la soirée, c'est tout, et son esprit continue de courir, contemplant l'idée d'un film. Pour peu qu'il soit suffisamment intéressant, il devrait être à même de les absorber tous deux, assez pour que les pensées d'Àsgard changent de cours... Ça peut fonctionner, Elisa clignant des yeux et souriant avant de franchir l'espace qui la sépare de lui. Le massage sera pour plus tard, mais le câlin... le câlin, mieux vaut sans doute le faire maintenant, avant qu'ils ne soient distraits, avant que le désir ne soit mis en cage pour un moment, bras de l'italienne se nouant autour du cou du Viking et tête se nichant contre son torse, ses doigts se perdant le long de sa nuque et dans ses cheveux, ongles effleurant doucement son cuir chevelu avant de se perdre entre les mèches.

"Je ne suis pas certaine que ça ait fonctionné..." Elle doute que ce soit le genre de faim qui se laisse aisément distraire, même par une faim plus physique et immédiate. Le câlin n'est probablement pas la meilleure des idées, face à cette faim qu'il dit contracter, mais qu'importe. Elle frémit et s'étire depuis un moment déjà, de ce qu'elle suspecte. Garder ses distances, fuir le contact, ne l'empêchera pas de grandir, et elle retombe dans le silence, Elisa. Elle pourrait le taquiner, lui demander s'il veut manger autre chose, délibérément obtuse, mais... elle n'en a pas envie. Pas alors qu'il a été si sincère.

Ses yeux se ferment à la place, cœur battant sans accélérer sa course. C'est reposant, comme étreinte, apaisant, secondes s'écoulant lentement sans qu'elle cherche à parler, la musique un fond sonore qu'elle ne perçoit pas entièrement, battements près de son oreille plus intéressants, souffle se calquant de lui-même sur la respiration d'Àsgard, inspiration pour inspiration, expiration pour expiration, la course de ses pensées se calmant, le désir un ronronnement tranquille en arrière plan qui est aisément ignoré. Il n'a pas sa place là, et reste volontiers dans son nid lorsque ses bras se dénouent doucement, visage se redressant avant de délaisser le torse qui lui servait de cachette. Ses yeux retrouvent leur animation, lèvres restant pour leur part incurvées en une esquisse de sourire tranquille. Ses doigts délaissent les cheveux clairs en dernier, suivant l'espace qui se creuse de nouveau, musique s'y glissant. Un morceau un peu folk qu'elle ne connait pas, flûte et violon accompagnant la voix, le rythme circulaire tel celui d'une comptine ou d'un chant populaire. Peut-être que c'en est un. Elle ne sait pas, alors qu'elle continue de profiter de la détente qui s'est glissée dans ses veines. C'est une sensation un peu comme un dimanche au lit, bien à l'abri sous sa couette avec un thé et un livre, un peu comme l'odeur d'un gâteau tout juste sorti du four, quelque chose de léger et de fragile, comme contempler la pluie qui frappe les vitres pendant qu'on est perché sur le rebord de la fenêtre. Quelque chose qu'elle sait pouvoir recapturer par la suite, mais dont il est impossible de se lasser, émotion éternellement renouvelée sans perdre sa nouveauté ni ternir son charme. Elle s'en voudrait presque de devoir la briser, voix s'élevant dans un souffle, comme pour tenter de le préserver un instant encore alors qu'elle répond enfin à la supplique murmurée à son oreille.

"On a une collection de films et séries... L'un d'eux t'intéressera peut-être..."

A cinq, leur sélection est forcément diverse, certains des boitiers provenant de chez eux, la majorité procuré ici, tandis qu'ils fouillaient dans des bacs lors de brocantes ou chez des vendeurs de seconde main, cédant parfois à la tentation d'une promotion, meuble sous la télévision accueillant de plus en plus de boitiers, classiques et navets, fantasy et anticipation, horreur et comédie, genres se mêlant sans distinction, Elisa attendant que le film soit lancé pour se blottir sur le canapé, jambes repliées sous elle et tête inclinée de côté. La présence d'Àsgard comme sa proximité restent à l'orée de ses sens, les taquinant et donnant envie de chercher le contact, doigts parcourus par l'envie de s'enfouir de nouveau dans ses cheveux pour jouer avec sans qu'elle y cède, la repoussant pour davantage plonger dans les images, oreilles cherchant à attraper chaque son pour ne manquer aucune signification, mélange l'entrainant et lui faisant oublier le reste, lentement, jambes se dépliant un instant pour se détendre avant de se replier de nouveau vers elle, pieds se perdant entre deux coussins avant que l'immobilité la reprenne.
AVENGEDINCHAINS
  
MessageMar 13 Sep - 22:55
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Date d'inscription : 16/11/2013Nombre de messages : 719Nombre de RP : 168Âge réel : 26Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
Àsgard ValdasonNothing will be the same...

« I can't imagine being stuck down a well all alone like that. How long could you survive? » « Seven days. »


Àsgard & Elisa
Aussitôt tu la quittes et c’est elle qui revient à toi, aimant refusant la séparation de l’autre. Alors si ses mains viennent trouver refuge sur ta nuque, les tiennes reprennent possession de sa taille, menton se déposant délicatement sur ce crâne qui se blotti contre ton torse. Tes yeux se ferment dans un soupire, inspiration puissante chassant l’envie de la dévorer de ta bouche. Sans prise de conscience, ton étreinte de resserre un peu plus autour de ce corps féminin, temps s’arrêtant autour de vous, radio chantant quelque chose d’indéfinissable. Tu te laisses simplement porter sans en demander plus au monde, acceptant le mouvement de ses ongles sur toi, crâne nouvelle piste de danse sur laquelle ils s’entrainent depuis plusieurs semaines dès lors que l’occasion se présente. Le contact est tout ce qu’il y a de plus doux et si cela n’arrive pas à calmer tes ardeurs, il s’essaie au moins à les apaiser, les accompagnant dans leur lit sans les brusquer. Elles se laissent faire pour le moment, capitulant sans pour autant donner leur dernier mot. Elles reviendraient et s’assureraient de ne pas faillir à leur parole. Sa phrase capture un de tes sourires. Effectivement elle n’est pas douée dans ce domaine mais tu n’en tiens pas compte, heureusement que la finesse de ses gestes laisse prétendre à un futur moins sportif. L’un ou l’autre, qu’est-il le plus important à avoir pour toi ? Tu ne saurais vraiment le dire, appréciant autant votre suavité que la chaleur de vos corps lorsqu’ils se cherchent. Tu ne bouges pas, tu ne seras pas celui qui mettra un terme à votre lien, tu ne seras pas responsable d’une telle séparation, les regrets seraient bien trop cruels pour que tu puisses les supporter. Alors oui, tant qu’elle le voudra, à chaque fois qu’elle le désirera, elle pourra retrouver le chemin du creux de tes bras. Autant de fois qu’elle le souhaiterait, tu lui offrirais le réconfort dt ce cocon sans l’en repousser, enlacement reposant duquel tu ne te caches pas d’en tirer toi aussi un bien-être certain. Le coin de tes lèvres finit par s’étirer alors que tu retiens un soupire, sentant l’inévitable venir reprendre sa place, soulevant ta tête de la sienne pour qu’elle puisse se retirer alors que l’envie de l’en empêcher brûle en toi. Tu étais bien là, contre elle, quand bien même ce geste ne signifiait rien d’autre que le gain d’un travail réussit. Regard plongé dans le sien, tu termines par fermer une dernière fois tes yeux pendant que ses doigts glissent le long de ta peau, exquise trajectoire qui aurait certainement dû, selon ta volonté, s’éterniser à tout jamais.

Les prunelles s’ouvrent une nouvelle fois sur le monde, ta main passant dans tes cheveux avant de retomber le long de ton mètre quatre-vingt passé. Tu ne sais pas ce que tu attends du moment, embrouillant les caprices de tes hormones qui épicent tes papilles d’un charme incongru. La voix vibre en toi, chanson tellement plus agréable que celles sortant des ondes… Tu acquiesces d’un mouvement de la tête, suivant la maitresse des lieux alors que je vous observe un moment avec curiosité avant de prendre votre suite. Aucune question ne vient marteler ton esprit à cet instant précis, t’accroupissant plutôt afin de voir le contenu du meuble. Le premier sur lequel ton regard s’arrête est ‘‘Le Prestige’’. Les films de Christopher Nolan sont indéniablement des pépites que tu ne te lasses jamais de regarder encore et toujours avec tes amis. Puis ‘’Le Labyrinthe de Pan’’, ‘‘L’Illusionniste’’, ‘‘300’’ mais surtout les trois films ‘‘Saw’’ et ‘‘The Ring’’. Tu n’as jamais compris pourquoi ils avaient échanger James Wan pour le deuxième volet de la saga particulièrement trash. L’épisode deux n’avaient rien d’intéressant... Mais soit. Les films d’horreur quant à eux avait seulement tendance à te faire rire. Les jeux d’acteur que tu avais toujours trouvé exagéré, les situations improbables ou les classiques des films d’épouvantes. ‘‘The Ring’’, tu ne l’avais jamais vu, ayant entendu dire combien l’ambiance pouvait être malsaine et froide. De quoi piquer ta curiosité et vérifier par toi-même si tu pouvais enfin apprécier ce genre de film à leur juste valeur.
DVD choisi, tu tires le boitier de son emplacement et en sors le disque pour l’insérer dans le lecteur, entendant Elisa s’installer sur son canapé. Tes mains claquent l’une contre l’autre, se frottant frénétiquement alors que tu te retournes sur la femme, l’expression de ton visage signifiant que vous allez certainement vous amuser. Enfin… Toi oui, le doute n’est pas possible, mais elle, peut-être moins. Comme si tu étais chez toi, tu embarques les deux télécommandes, allumes la télévision et lances le canal auxiliaire alors que le lecteur de DVD se met à fonctionner, lançant les bandes annonces d’avant film.

Apparemment il est bien, tu l’as déjà vu ? Je suis assez dur à convaincre dans ce domaine, mais je suis impatient de le découvrir ! »

Tu tais le titre du film pour lui laisser le voir une fois qu’il apparait à l’écran, ne pensant à prendre compte du fait qu’elle puisse avoir peur. En vérité, tu n’avais jamais réussi à comprendre comment les gens pouvaient se sentir mal à la vue d’un film, ton cerveau faisant clairement la distinction : ce n’est que du cinéma et rien d’autre. A la place il triture les scènes cherchant à trouver la plus absurde à la plus prenante. Aucun n’avait jamais vraiment su trouver grâce à tes yeux. Bouton play enfoncé, les premières secondes de l’œuvre se lancent.
Tu t’étales un peu sur le canapé sans forcément le faire volontairement, grandes jambes tendues, talons touchant le sol et cuisse droite cognant contre quelque chose sous un amas de coussin. Tu y passes ta main, découvrant qu’une partie d’Elisa s’y trouve et que tu saisis, la ramenant à toi, pouces venant masser la plante du pied comme si tout cela était normal alors que ton regard se porte sur l’écran, tête tournée dans sa direction, dos calé dans le coin gauche du canapé. Le moment où tu t’arrêtes, reprenant une position plus correcte, c’est que tu trouves un intérêt dans ce que tu regardes, massage abandonné pour te concentrer un peu plus sur les images qui défilent devant tes yeux, sourire aux lèvres tu termines par te renfoncer dans le canapé quelques secondes plus tard. Tes yeux glissent un instant sur Elisa avant de te réinstaller plus convenablement dans le sofa, à moitié allongé, à moitié assis, dos de nouveau coincé dans un coin du canapé. Tu observes ses réactions, quelles sont ses appréhensions, angoisse-t-elle ? Tu inspires en silence quittant son visage du regard pour le reporter sur la télé. Il y a un petit côté prévisible que tu ne saurais justifier. Mais tu cherches trop régulièrement la petite bête mon Àsgard, cesse de faire une fixette sur des détails et déconnectes ce cerveau pour pouvoir profiter de ce que tu as dans l’instant présent.

Soupire inaudible suite à ma réflexion, crâne pivotant une nouvelle fois vers l’Italienne, prenant l’initiative de l’attirer contre toi si elle ne décide pas de venir d’elle-même, enroulant tes bras autour de son corps lorsqu’elle est suffisamment proche pour que tu puisses le faire. La distance, pourquoi l’instaurer alors que vos lieux de vies sont trop éloignés l’un de l’autre, au point même de vous permettre de prendre le luxe d’agir avec modération ? Elisa te prive déjà suffisamment pour que les limites soient encore plus dures à tenir. Néanmoins, elle pouvait s’en aller à tout moment, tu ne l’emprisonnais qu’en fonction de son bon vouloir, les clefs de sa libération pendaient autour de son cou, à elle d’en faire ce que bon lui semblerait.

La fin du film sonne après près de deux heures de lecture et tu peines à garder tes yeux ouverts, un bras s’étant décroché rapidement de la femme pour venir aider ta tête en la soutenant, fatigue s’abattant soudainement sur tes épaules. Bouche qui s’ouvre sur un bâillement que tu camoufles du plat de la main, t’étirant et te levant en coupant le générique de fin.

Il est pas mal c’est vrai, Karl avait raison. Tu en as pensé quoi ?

Tu attends sa réponse avant de reprendre la parole.

Par contre je suis vraiment désolé Elisa, mais je vais tomber dans peu de temps je pense. J’ai besoin d’aller dormir aux moins quelques heures… Une journée entière ? Je peux prendre la salle d’eau des garçons pour aller me laver ?

Il faisait presque trop chaud pour toi dans cette maison, c’est à la limite de ne pas pouvoir fermer l’œil de la nuit si leur prendre emprunter leur douche n’était pas possible. Autant chercher une chambre d’hôtel pour la nuit, tu y serais sans doute mieux, salle de bain disponible à tout heure de la nuit. Tu patientes un moment avant de prendre la direction de la sortie de l’habitation, le signalant à la Napolitaine pour aller récupérer ton sac à dos dans la cabine du véhicule, revenant aussi vite que tu t’en étais allé. Sac sur l’épaule, je m’avance lentement dans ta direction, faisant attention à ce qui se trouve autour de moi pour ne rien cogner, yeux trouvant les tiens. Quelques secondes passent avant que tu ne te rappelles de l’approbation d’Elisa, prenant alors le chemin qui te mènera à l’anéantissement de cette chaleur ‘‘étouffante’’ qui pourrait te faire tourner de l’œil.
Du moment où tu allumes l’eau, tu ne rêves plus que d’une chose : passer à l’horizontale. Excitation liée à Elisa reléguée en arrière-plan, la nuit de sommeil beaucoup plus importante à présent que tout ce qui a pu te secouer dans la journée. Cependant, demain sera certainement un autre jour mon Viking… Mitigeur tourné au plus froid, dos reposant contre la faïence, tu fermes les yeux, visage se levant en direction du pommeau, glacier à l’aspect liquide rafraichissant tout ton être. Et tu restes là sans savoir depuis combien de temps tu savoures le moment. Avoir le corps au frais pour être bien ! De son côté, si nous devons comparer cette maison à la ferme de tes parents, cette dernière doit avoisiner les quatorze ou quinze degrés en été, impossible d’obtenir un chiffre plus bas et déjà tu râles tout ce que tu peux. Tu as déjà pensé à vivre dans une chambre froide ? C’est peut-être une solution. Eh ! J’y suis pour rien… Non c’est certain, on ne peut pas t’enlever ça, tu aurais probablement préféré résister un peu moins dans les négatives pour tenir plus longtemps dans les positives. Mais le corps s’habitue n’ait crainte mon Viking, peut être qu’un jour ça viendra. En attendant, ça ne change rien au fait qu'il fasse presque aussi chaud que chez toi.
Sorti de la douche une fois lavé et rincé, tu passes un boxer propre et un teeshirt que tu quitteras dans la nuit, récupérant en suivant le restant de tes affaires. Serviette sur l’épaule, tu descends pied nus les escaliers et me pousses gentiment du pied pour la remarque de toute à l’heure en me souriant, t’arrêtant à mon niveau pour que l’on rejoigne l’Italienne à deux.

Wahou mais en fait c’est un canapé multifonction ! Je ne savais même pas que ça existait ce genre de truc. C’est un objet spécial étudiant ça doit être pour ça ! Il y a forcément une explication de ce genre là.

Tu tournes autour du canapé … du lit ? Tu ne sais pas vraiment ce que c’est en fait, regard un peu surpris en te souvenant de ce à quoi il ressemblait quelques minutes auparavant.

J’adore c’est génial ! Aller oust maintenant il est à moi pour la nuit. Un enfant devant le jouet d’un ami… Je soupire à ta réaction alors que de ton côté tu poses ton sac à terre, laisses sécher ton savon à l’air libre et étends ta serviette pour finir par t’assoir sur le canapé déplié. Bonne nuit Elisa et merci pour ce soir.

Tu t’installes au-dessus des draps, la crainte de la chaleur t’empêches de passer dessous. Mais qu’importe, ton regard se plait à observer une dernière fois Elisa avant qu’elle ne s’en aille faire tu ne savais quoi. Le bruit de fond que produit l’Italienne, s’il ne te prive pas de sommeil il te laisse imaginer ce qu’elle peut être en train de faire, toi, saisissant ton téléphone pour y regarder l’heure. Un message de Morgan. Tu souris d’avance sans pour autant vouloir le lire. Avec ce mec, tu crains toujours le pire. Non à la place tu attends qu’Elisa ne fasse plus de bruit, montant dans sa chambre à elle, offrant ainsi la possibilité à la maison de s’endormir sereinement. Pourtant… Ton téléphone portable, tu le tiens toujours dans ta main, tête se tournant vers là où je peux me trouver pour deviner ma forme. Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu ne réponds pas, secondes et minutes passant avant que ton écran s’illumine une nouvelle fois, lèvres qui s’étirent, dessinant ainsi un air taquin sur ton visage pendant que tes doigts font claquer les touches du clavier. J’arrive pas à dormir. J’crois que j’ai peur, j’suis en compagnie d’un magnétoscope et il me fixe bizarrement. Et si la télévision s’allume ? … J’ai la flipette… Tu ne voudrais pas venir dormir avec moi ? (Je reprécise au cas où, j’ai dit dormir.) Destinataire : Elisa. Pendant un moment tu t’amuses à imaginer la réaction qu’elle peut avoir. Surprise ? Amusée ? Tentée ? Réservée ? Et tant d’autres choses encore pour lesquelles tu n’as pas idée. Dans tous les cas, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle décide, d’ici dix minutes grand maximum tu seras déjà ailleurs. Alors oui, probablement que tu ronchonneras en entendant ton portable sonner si elle répond, probablement que tu ouvriras un œil si elle finit par descendre mais qu’il s’agisse d’une situation ou d’une autre, tu dormiras.

  
MessageDim 18 Sep - 22:20
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Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Quel film est-ce qu'il va choisir, parmi leur collection ? Il y a de tout, vraiment, et elle espère simplement qu'il ne sorte pas Saw ou pire, The Thing. La collection entière de Lior, vraiment. Il a quelques films qu'elle peut regarder, mais la plupart sont juste horrifiants, dents mordillant sa lèvre en voyant son attention se porter sur la section de l'australien. Elle aurait préféré la collection de classiques de Svetlana, ou les Nolan, Del Toro et Scorsese de Luka, se blottissant davantage dans son coin de canapé juste au cas où tandis qu'Àsgard la rejoint sur le sofa et lance le dvd, parfaitement à l'aise. Elle ne peut pas retenir un sourire à la vue du spectacle, avant de reporter des yeux méfiants sur l'écran, pubs et bandes-annonces et autres avertissements usuels passant rapidement pour laisser la place au film. The Ring. Rien de particulièrement sanglant ou horrifiant, si Lior est à croire, plus une atmosphère qui crée le malaise et une histoire de cassette hantée, si elle se souvient bien. Un peu étrange, mais ça devrait se laisser voir, quitte à ce qu'elle ferme les yeux à l'occasion, et elle ne peut aider la courbe infime de ses lèvres tandis qu'elle répond par une dénégation au Viking étalé sur les coussins. Ils le découvriront ensemble, même si elle est au courant de quelques éléments de l'histoire.

Alors elle la laisse l'emporter, tandis que son pied se fait capturer, pouces massant sa plante lui tirant un soupir avant que le silence reprenne ses droits, musique et voix des acteurs le seul bruit avec leurs respirations. Ils ne parlent pas trop vite, les dialogues compréhensibles même en ayant un temps d'incertitude à l'occasion, minutes s'écoulant, toucher abandonnant son pied, vaguement enregistré alors que ses yeux restent accrochés à l'écran, dents s'enfonçant occasionnellement dans sa lèvre inférieure, à une scène particulièrement bien montée lui arrachant un sursaut, ne remarquant pas Àsgard qui la capture avant que ses bras se referment autour d'elle, Elisa se repliant aussitôt contre son côté, tête s'appuyant sur son torse, confortable dans l'étreinte. Elle est rassurante, et sa présence est bienvenue, doigts se crispant dans le teeshirt sans trop s'en rendre compte, muscles se crispant et se détendant, saisie par le film comme elle l'est. Même si une part d'elle est toujours occupée à l'analyser, le reste est simplement capturé par le scénario et le jeu des acteurs, oubliant presque que ce n'est qu'un film. Et celui-ci est globalement bien monté, avec sa lumière bleutée qui lui prête une ambiance glauque et irréelle des plus appropriée. Elle apprécie la répétition du motif du cercle, enregistrée, son importance passée en revue alors que le film atteint son dénouement, derniers fils dénoués, visage d'Elisa se redressant, une main se portant à sa nuque tandis qu'elle pivote sur le côté et observe le Viking s'étirer, yeux buvant les mouvements de son corps alors que les muscles jouent sous sa peau.

"Il était plutôt sympa, oui..."

L'atmosphère était certainement là, en tout cas, et un sourire retourne sur ses lèvres rapidement remplacé par un rire tandis qu'elle confirme qu'il est libre d'utiliser la salle de bain des gars, regard d'Elisa glissant vers Alle Dyr. Dormir dans la chambre de Samuel sera peut-être compliqué avec elle, elle n'est pas particulièrement enthousiaste à l'idée qu'elle reste seule en bas toute la nuit. Le canapé est un canapé-lit, il suffira de le déplier, elle aurait eu à changer les draps de Sam dans tous les cas, le faire ne sera pas si différent. Ce sera sans doute plus rapide, même, elle doute fort qu'Àsgard ait besoin de plus qu'un drap, profitant de son retour pour lui glisser qu'elle lui fera le canapé pendant sa douche avant de le voir s'éloigner, suivi de l'alligator. Le son de pas le long des marches ne tarde pas à se faire entendre, Elisa en profitant pour ôter les coussins et la housse du canapé avant de le déplier, sortant de quoi le faire du coffre et y ranger le reste. Ça ne prend pas bien longtemps, vraiment, et elle s'assoit dessus en attendant, gonflant les oreillers pour s'occuper avant de se redresser pour partir en quête de son téléphone abandonné sur le comptoir de la cuisine, vérifiant rapidement les messages. Rien, si ce n'est un message de Luka la prévenant qu'il sort boire et finira sans doute sur le canapé d'un pote. Ça vaut sans doute mieux, elle est incertaine de comment Alle Dyr aurait réagi en le voyant, et il ne risquera pas de réveiller Àsgard en rentrant, confirmation amusée envoyée avant qu'elle lève les yeux en entendant le loup redescendre.

La vision ne devrait pas la surprendre, générer cette vague de chaleur au creux de son ventre, doigts piquetés par l'envie de toucher la peau exposée et de s'accrocher à ses cheveux, mais c'est le cas. Elle l'a déjà vu ruisselant d'eau, boardshort mouillé, lorsqu'ils étaient au lac, mais le voir simplement en boxer et teeshirt, serviette autour des épaules, est différent. Le contexte est différent, la tenue aussi, faite pour dormir et non pour nager. Il semble comme chez lui, et l'image lui plait, à l'italienne, tandis qu'elle l'observe approcher, sourire aux lèvres, avant de cligner des yeux, surprise. Il n'a jamais vu un clic-clac ? Apparemment non, et elle étouffe un rire en le regardant tourner autour, fasciné, le tableau simplement... adorable. Cette facette du Viking, elle ne l'aurait jamais imaginé et elle s'en délecte alors même qu'elle l'informe sur la nature de l'objet d'une voix taquine avant de s'éclipser dans la cuisine une fois congédiée, prenant juste le temps avant de verrouiller la porte. Ils ne risquent pas grand chose, vraiment, mais l'habitude reste. Les clés tintent et s'entrechoquent quand elle les replace sur leur crochet, le son semblable à celui d'un carillon.

Elle finit d'essuyer la vaisselle et de la ranger avant de s'éclipser, l'italienne, regard rapidement lancé à la silhouette étendue. Son attention se reporte ensuite sur l'escalier obscur, doigts le long du mur la guidant, pieds nus presque silencieux contre le bois. Elle sait où les marches craquent, fatigue et pénombre lui faisant appuyer au mauvais endroit à quelques reprises au cours de son parcours, mais elle n'en arrive pas moins à bon port, tête cognant doucement contre la porte une fois celle-ci refermée, le temps d'un soupir. Elle se reprend, ensuite, vêtements rapidement remplacés par débardeur et short, velux entrouvert faisant entrer l'air nocturne qui lui arrache un frisson et hérisse sa peau, idées s'éclaircissant aussitôt. Le froid est bienvenu alors qu'elle se glisse sous sa couette et éteint la lumière, voyant lumineux du portable l'informant d'un nouveau message, nom de l'expéditeur faisant s'incliner son visage. Àsgard ? Elle l'ouvre sans hésiter, contenu lui tirant un rire qu'elle étouffe dans son oreiller, partagée entre l'envie d'aller le rejoindre simplement pouvoir voir sa tête si elle se blottit contre lui pour dormir et celle de rester là, dans son lit certes vide de tout Viking mais douillet et confortable, l'air froid autour d'elle qui la fait trembler dans son cocon.

Le lit gagne, portable reposé après un Je crains que mon lit ne m'ait prise en otage qu'elle n'envoie finalement pas, peu désireuse de le réveiller, sombrant à son tour dans le sommeil à la place, respiration se ralentissant et se faisant plus profonde, membres s'alourdissant, paisible jusqu'à ce qu'elle sente la gravité se saisir d'elle et la faire chuter, yeux se rouvrant aussitôt suivi d'un grognement en se rendant compte qu'il s'agit d'un simple tour de son cerveau. Ce n'est pas la première fois et ne sera pas la dernière, mais l'effet est toujours le même, l'arrachant à la torpeur. Elle peut sentir l'irritation au fond de ses veines alors qu'elle rabat la couette au-dessus de sa tête et empoigne l'oreiller, yeux se refermant et respiration ralentie volontairement. Elle ne va pas le laisser gagner et l'empêcher de se reposer, Elisa, minutes s'écoulant en silence tandis qu'elle tourne sur elle-même avant qu'enfin elle retrouve le sommeil et les rêves.

Les heures passent, ensommeillées, italienne se recroquevillant de plus en plus sur elle-même avant de déplier ses membres, main émergeant de sous la couette, pendant dans le vide, corps se rapprochant dangereusement du bord du lit avant qu'elle ne se tourne et ne s'en éloigne. Il pleut, son des gouttes le long de la vitre du velux une berceuse imperceptible, inclinaison du verre empêchant le liquide de tomber dans la chambre, nuit se poursuivant sans trouble, jusqu'à ce que le ciel s'éclaircisse et que le ciel se lève, italienne émergeant une heure plus tard.

7h30, et elle hésite à sortir du lit et de ses couvertures chaudes, membres s'étirant dans leur cocon avant de s'aventurer en dehors, pied timide rentrant promptement au chaud en sentant le froid du plancher, quelques minutes s'écoulant avant qu'Elisa se brasse et repousse la couette, yeux s'agrandissant aussitôt en sentant la température dans la pièce. Elle n'hésite pas un instant tandis qu'elle attrape de quoi s'habiller et referme le velux avant d'aller se réfugier dans la salle de bain, eau chaude cascadant le long de ses membres et chassant le froid qui essayait de s'y faire une place. Un moment, elle essaie de retrouver ses rêves, avant de renoncer à la tâche, émergeant et se préparant à la place, jean et teeshirt à manches longues rapidement passés, long gilet attrapé lorsqu'elle repasse dans la chambre presque en arrière-pensée alors qu'elle consulte son téléphone. 8h, et pas de messages de Luka ou des autres encore. Ils dorment probablement encore, yeux se levant au ciel à cette idée avant qu'elle émerge doucement de la chambre, portable dans la poche et sac passé sur l'épaule, livre pendant au bout de sa main tandis qu'elle commence la lente descente de l'escalier. Éveillée, et avec davantage de lumière, elle parvient à descendre sans bruits, lèvres s'incurvant aussitôt qu'elle aperçoit Àsgard en entrant dans la pièce, malice lui soufflant l'idée de le rejoindre sur le matelas pour pouvoir profiter de son expression au réveil. Mais pour l'instant, elle se contente de l'observer endormi, sac et livre déposés sans un son à ses pieds.

Il est beau. Elle le savait déjà, c'était refait la remarque la veille au soir, mais le voir endormi de la sorte est encore un nouveau tableau qu'elle savoure, notant les cheveux blonds éparpillés et les muscles détendus. Beau n'est probablement pas le mot le plus approprié, il ne correspond pas vraiment aux canons de beauté classique, avec ses cheveux longs et sa barbe, ses yeux perçants et sa stature, trop de caractère dans ses traits (trop de caractère tout court, et c'est loin de lui déplaire, elle se l'avoue aisément). Magnétique, alors, et elle sourit avant de rentrer dans la cuisine, ouvrant doucement les placards pour mettre la table du petit déjeuner, mugs et fruits et assiettes juste au cas où avant de sortir de quoi préparer le café. Elle peut entendre un peu de bruit provenant du salon, et elle se hausse sans hésiter sur la pointe des pieds pour confirmer qu'il commence bien à émerger, lui souhaitant doucement le bonjour. Elle peut préparer le café sans crainte, désormais, mesurant aisément la quantité adaptée et versant l'eau avant de déposer la cafetière sur la plaque, tête se tournant en direction d'Àsgard lorsqu'elle l'entend approcher, sourire tranquille aux lèvres qui s'agrandit à sa vue.

"Bien dormi ?" Sans trop s'en rendre compte, elle parle doucement, comme si une part d'elle refusait de déranger la tranquillité matinale. La cafetière glougloute doucement, odeur du café commençant à se frayer un passage dans l'air et à l'embaumer, réconfortante. "Tu as l'habitude de manger quelque chose de particulier le matin, ou tu t'en moques ?"

La réponse lui tire un nouveau sourire, Elisa préparant ce qu'il faut tandis que la cafetière finit son travail, rapidement attrapée et déposée sur la table, plaque éteinte dans le même geste avant que le liquide sombre soit rejoint par de quoi manger, italienne finissant de préparer de quoi manger à midi avant d'enfin s'asseoir, doigts brisant le coin d'une pièce de toast pour la porter à ses lèvres, gout du pain grillé envahissant ses papilles avant d'être délaissé au profit du liquide salvateur, mug partiellement drainé en dépit de la température du café. Pour elle, il n'est pas si chaud, vraiment. Il est juste à la bonne température, et noir comme l'onyx, arômes chatouillant ses narines comme ses papilles qui ne manquent jamais de courber ses lèvres encore et encore. La première gorgée de café le matin, qu'est-ce qu'il y a de mieux, vraiment ? Rien à quoi elle ne puisse penser là, surtout bue en telle compagnie, et elle ramène ses jambes sous elle sur la chaise, indifférente aux bonnes manières. C'est le matin, c'est autorisé. Les règles de la politesse reprendront leurs droits plus tard.

"Les courants du Saltstraumen seront au plus fort vers midi et demi, si je me souviens bien des marées d'aujourd'hui, mais on peut y aller plus tôt et voir la progression comme ça, si tu préfères... On peut se rapprocher de la rive, même si ça dépend de si Alle Dyr risque de vouloir aller dans l'eau ou non... de si tu veux pouvoir entendre autre chose que le bruit de l'eau, aussi. Il y a des points agréables plus en hauteur, sinon..."

Le mug retrouve ses lèvres, nez d'Elisa se fronçant une fois qu'elle l'a terminé, contrariée. Pas assez de café encore, et elle se ressert sans hésiter, en proposant à Àsgard au passage au cas où il aurait également fini le sien avant de recommencer à grignoter son toast. Se concentrer sur le petit-déjeuner et le Saltstraumen, plutôt que sur le fait que leur week-end à deux touchera bientôt à sa fin. Inutile de s'en soucier avant l'heure et de ne pas savoir la journée comme il se doit en conséquence.
AVENGEDINCHAINS
  
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