Atlas.

 
  
MessageJeu 21 Juil - 21:15
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Wolfgang M. LoewerADMIN-whatever
bad for the greater good

I ONCE KNEW A MAN
HE THOUGHT HIS HEART WAS BIG ENOUGH FOR THE WORLD
WITH HIS HEART, HE TRIED TO LIFT IT
AND WITH HIS ARMS, HE TRIED TO HOLD IT
AND LORD, DID HE TRY.

I ONCE KNEW A MAN
BUT LIKE ALL MEN, THEY NEVER THINK THEY CAN DIE
LIKE ALL MEN, HE NEVER STOPPED DOING WHAT KILLED HIM
AND ON HIS TOMBSTONE WAS WRITTEN THE SADDEST OF WORDS:
HE TRIED.
you are not Atlas; you cannot shoulder the world alone
m.w.a
(c) AMIANTE


  
MessageJeu 21 Juil - 21:21
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01. Augustine


Ta mère la pute.
S’il y a bien une insulte qui ne m’a jamais touché, c’est celle-ci. Pour cause, ma mère est une anonyme des rues. Une fille qui a eu la chance de sa vie en incluant dans sa longue liste de client Dean Loewer. Il payait bien, il était doux, il n’était pas attiré par les pratiques étranges si souvent comptées par ses collègues, il était discret et puis surtout il revenait souvent.

Augustine Duvernier était une Aphrodite. Poupée de porcelaine perdue dans l’immensité des villes américaines. On lui avait promis monts et merveilles, la gloire sur papier glacé et pourtant, elle s’est très/trop vite retrouvé à arpenter les rues. Toucher par mille et une mains, pas toutes respectueuses de son visage au trait fin. Quand elle tombe sur Dean Loewer, la fille en fleur tombe amoureuse. Il était là son chevalier servant, riche, grand, beau, il ferait d’elle la star qu’elle n’a jamais pu être.

Augustine et Dean se rencontraient souvent, toujours à l’abri des regards, le milliardaire a bien éprouvé quelques sentiments pour la belle brune aux yeux verts, mais jamais assez puissants pour ne pas hurler de rage quand la Française l’informa que si elle avait pris quelques kilos cela n’avait rien à voir avec l’apport en sucre des plats américains.

Ils ont hurlé ce soir-là, tous les deux, Dean insistant pour qu’Augustine avorte de cet enfant qu’il n’avait pas demandé. Augustine, telle une lionne, défendait la vie qui prenait forme dans son ventre. Elle en été au 4ème mois quand Dean lui a confirmé qu’il ne voulait plus jamais la voir. Ni elle, ni le fœtus qu’elle portait.
Elle n’eut plus aucune nouvelle, pendant les 5 mois suivants, Dean Loewer était devenu un fantôme, la rumeur court comme quoi il restait enfermé dans son bureau en haut de sa tour, qu’il ne faisait que travailler, sans jamais prendre le temps de dormir ou manger. Il gagna en renommé, le robot, l’arme de destruction massive, le CEO qui donnerait jusqu’à sa vie pour son entreprise. Respecté comme jamais l’homme d’affaires ressentait une puissance infinie, il était instoppable. Jusqu’à ce jour de novembre, où elle est réapparue.

    3 novembre 1977, résidence Loewer, 21h42


Dire qu’Augustine n’aimait pas le fils qu’elle avait enfanté serrait mentir. Durant ses trois premiers jours Maël Duvernier fût soigné comme un petit prince. Cependant, Augustine ne comprenait pas pourquoi son garçon était attaché à une entité bestiale. Tantôt un petit oiseau, tantôt un petit chat, elle jurerait même avoir vu l’animal changer de forme durant les premiers balbutiements du garçonnet. Maël était regardé de travers par les sages-femmes, on parlait de sorcellerie, comme quoi tout cela n’était pas normal. La jeune mère était dépassée par les évènements pourtant au fond de sa mémoire, elle réussit à ce souvenir, de lui, de Dean, de ce rat qu’il trimballe avec lui. Il était comme lui, et seul ce père qui lui a fait promettre de ne rien avoir à faire avec cet enfant, peut l’aider maintenant. Alors Augustine ne réfléchit pas, elle vient tambouriner au portail de la résidence, dans ses bras, Maël dort, sa petite main accrochée à la patte du chaton qui se love dans son cou. Après des minutes qui semblent duré des heures, on vient lui ouvrir, une femme, jeune, l’air sévère déjà sévère avec un accent anglais des plus lovely. Son air dur s’adoucit quand elle voit l’enfant que porte la demoiselle.

« Qu’est ce que vous venez faire ici my dear… ? »
« Dean Loewer, je viens voir Dean Loewer. »
« Darling… Dean Loewer n’est pas homme avec qui vous pouvez entr- »
« C’est son fils. C’est son fils et il est comme lui. »

Les sourcils de Catherine se froncent, elle hésite puis finalement, en voyant le chaton, elle laisse entrer la demoiselle et ce très jeune garçon endormi. « Vous êtes Augustine n’est-ce pas.. ? » « Oui. » « Pourquoi n’avez-vous pas avorté my dear… Il ne voudra rien faire. » « Vous devez m’aider, il a .. il est suivi par cet animal, il est comme Dean, Dean peut l’aider. » « oh sweetheart… »

La gouvernante conduit Augustine jusqu’au salon où elles attendirent autour d’un thé le retour du maitre de maison. Emmitouflé dans une couverture sur le canapé, le bébé ne se réveillera que lorsque Dean arrivera, hurlant à plein poumon qu’il se foutait de ce que la Française avait à dire, qu’il avait bien annoncé qu’il ne voulait pas ce gamin, que tout ça c’était du n’importe quoi. C’est son daemon, Reflect, qui lui fera entendre raison. Il commençait à prendre de l’âge, un héritier – surtout mâle ne serait pas de refus mais la mère. Oh la mère devait disparaitre, on ne devait jamais savoir ce qu’elle était, ça ne serait pas bon pour son image, on prétendra que c’était une femme invisible avec qui il entretenait une relation de longue haleine, qu’elle était riche et belle et qu’elle préférait sa carrière à la maternité. Beaucoup de noms tournèrent autour de la mystérieuse génitrice du jeune Loewer, la presse n’a jamais su qu’Augustine Duvernier existait, après un adieu larmoyant à cet enfant qu’elle aimait plus que tout au monde, elle disparut. A peine eue-t-elle passé le pas de la porte que Dean pris l’enfant à bout de bras, faisant presque tomber son jeune daemon qui put s’accrocher à son humain à l’aide d’une nouvelle métamorphose en singe. Maël fixait l’inconnu en face de lui. Il n’était pas aussi beau que sa mère.

« Tu t’appelleras Wolfgang. Maël, ça fait PD. »

D’après Catherine Dreyjoy, dès cette phrase, mon daemon et moi-même n’avons fait que pleurer de la nuit. Je pense qu’elle exagère. J’étais beaucoup trop petit pour comprendre.

Ma mère ? Je ne l’ai jamais revue, paraitrait qu’elle est rentrée en France dans sa famille. J’espère qu’elle y est mieux qu’ici, peut-être qu’elle est devenue mannequin finalement, ou peut-être est-ce cette femme accompagnée d’un crocodile que je rencontrerais bien des années plus tard. Au fond de moi, je le sais bien que c’est impossible ça ne m’empêche pas de l’espérer.
  
MessageJeu 21 Juil - 21:30
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02. Nours


Dire que les premières années de ma vie furent difficiles serait mentir. De 0 à 3 ans, j’ai eu une enfance des plus normal. Si on omet le fait qu’à la place d’avoir une mère, j’avais une nounou, à la place d’un père, j’avais une ombre et à la place de l’ami imaginaire, j’avais mon daemon. Quand pour la plupart des enfants les premiers mots sont : papa ou maman, moi ça a été « Any. » Raccourci de « Nanny » . Catherine en a pleuré de joie, elle a cependant annoncé à mon paternel que je parlais qu’à partir du moment où j’appris à dire « Dada. » L’homme n’était heureux quand durant ce genre de moment, lorsque je faisais des progrès. Il ne s’intéresse à mon éducation qu’à travers des concepts.

« Catherine, mets-lui du Mozart. »
« Catherine, parle-lui en français et en espagnol aussi. »
« Catherine, mets-lui les débats à la TV pas des dessins animés… Ça va le rendre idiot. »
« Catherine, j’ai payé un prof particulier pour lui, je sais qu’il n’a que 2 ans, mais faut qu’il commence à apprendre. »
« Catherine, je lui ai acheté des jouets éducatifs, utilise uniquement ceux-là. »
« Catherine, dis-lui que c’est bien quand son daemon prend une apparence agressive. »

Elle suivait plus ou moins ce qu’il lui disait, de toutes les manières, il n’était jamais là, toujours au travail, ce n’est pas comme s'il pouvait surveiller. Je l’ai vite remarqué, que Dada n’était là que le soir et qu’il n’avait jamais l’air content même si avec mon daemon on était plutôt calme, il prenait souvent la forme d’un petit félin type chaton ou alors d’un gros ourson contre lequel je passais mon temps à dormir. Si j’ai vite saisi que mon prénom était Maël – pour Nanny – et Wolfgang – pour Dada – mon daemon lui n’avait pas de nom. Nanny l’appelait « mon joli », « mon beau » , « minou – quand il était en chat – » « nounours – quand il était en ours » . J’aimais bien nounours. Lui aussi, il riait beaucoup quand je l’appelais comme ça. Lui et moi, on jouait à la bagarre parfois, mais il trichait toujours !!! Même qu’une fois il a pris la forme d’une gros n’éléphant tout ça pour m’écraser… Nanny a crié très fort. C’était « danzeureux » . Mouais.

Je n'aimais pas les débats, ils utilisaient des mots tout compliqués et se donnaient des airs, la politique, c’était du nul. À chaque fois que Nanny me forçait à regarder, je jouais avec Nours, elle me disputait un peu, me disant que Dada ne serait pas content. M’en fiche ! T’façon Dada s’il voulait que je regarde des vieux messieurs parlaient, il avait qu’à le faire avec moi épicétout.

Mr Threwlay, on prononce Thri-eu-lait, était mon professeur. Nanny dit que je dois l’écouter, j’aime pas ce qu’il me dit. Il m’apprend la grammaire et les ‘athématique. C’est nul, j’aime pas. J’lui jette ses livres à la figure quand j’demande pas à Nours de les détruire. Nours me parle dans ma tête aussi, il a une voix toute douce, toute gentil, même si c’est « source de distraction » d’après Mr Threwlay, moi j’pense que Mr Threwlay il est juste jaloux parce que lui il n’a pas de daemon comme Nours.

Avec Nours on est les seuls petits à la maison, Nanny m’a dit qu’il y en avait plein d’autres comme moi dans des parcs et à l’école, mais Dada ne veut pas que je les côtoie. Il dit que c’est de la vermine et qu’ils ne doivent pas me toucher. Quand j’ai demandé à Dada ce que c’était de la vermine, il m’a dit que c’était les autres, et que les autres, ils étaient pauvres et pleins de maladie. Ce n’est pas bien les maladies. On peut mourir que Dada m’a dit. J’sais pas ce que c’est la mort mais ça a l’air d’être du bien nul.

La première fois qu’on sort du manoir, j’ai les mains qui tremblent et mon cœur qui bat très fort. Nanny me dit que c’est de la peur. Je n’aime pas la peur. Ce n’est pas agréable. Dada veut me présenter à des amis à lui. J’dois bien m’habiller et Nours doit se cachait, Dada dit que c’est très important que Nours soit vu par personne et qu’il doit prendre une forme toute petite alors Nours il s’est changé en fourmi et il est resté dans ma poche. Il fait noir et il n’aime pas, j’demande à Nanny pourquoi Nours doit se cacher, elle me dit que c’est pour ma sécurité. C’est nul la sécurité.

Les amies de Dada font beaucoup de bruit et ils parlent comme les gens des débats à la TV, j’trouve ça nul. En plus j’dois rester assis à la table. Dada dit que c’est important que je sois sage, sauf que lorsqu’on a 4 ans, on a du mal avec la frustration. Alors j’me lève souvent, j’vais tirer la manche de Dada pour lui dire que c’est nul et que j’veux rentrer. Dada il rit et me dit de retourner m’asseoir. Nanny essai de me garder en place, moi j’veux juste aller jouer avec Nours.

J’m’échappe de table et j’vais jouer sur un graaaaand tapis, tout doux, j’dis à Nours de venir pour sentir j’rigole quand il se change en chaton pour se rouler entre les poils du tapis. Dada il ne rigole pas lui. Nanny m’avait dit que lorsque je criais très fort c’était de la colère et du caprice. Pourtant là quand j’ai crié, c’était parce que j’avais mal. J’te jure Nanny j’avais tellement mal. C’est parce que Dada il a pris Nours et il l’a fourré dans ma poche, alors j’ai crié très très fort et j’ai pleuré parce que même si Nanny m’avait jamais expliqué ce qu’était la douleur j’étais certain que c’était ça. La douleur c’est le plus nul de tout les nuls.

J’ai pleuré tout le reste de la soirée, j’étais puni et Dada m’avait dit que je ne paierais rien pour attendre. Moi tout ce que je voulais c’était jouer avec Nours ! Nours il était tout secoué aussi, il n’a pas su rechanger de forme, c’est rester un chaton dans ma poche, il avait de la douleur partout lui aussi, c’était horrible. Je pleurais toujours quand on est rentré dans la voiture.

Dada m’a donné un coup de main sur la tête. C’est « frapper » comme quand je joue à la bagarre avec Nours sauf que Dada il fait mal, et ma joue après elle est toute rouge et y’a du feu dedans. Dada il me dit d’arrêter de pleurer mais comme il me fait mal je pleure plus fort ! Il me dit qu’un Loewer ça ne pleure pas. C’est quoi même un Loewer ?! Je ne veux pas être un ça si ça ne pleure pas ! J’pleure parce qu’il me fait mal dada ! Quand j’lui dis il parle très fort. C’est « crier ». il dit que je lui ai fait « honte » . J’sais même pas ce que c’est la honte, ça doit être nul.

Et puis sortir c’est nul aussi.
Moi j’veux rester au manoir.
Tout le temps.
  
MessageVen 22 Juil - 13:26
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03. Catherine


Dada est devenu Père.

Nanny est devenue Nana.

Mr Threwlay est devenu une flopée de professeur.

J'ai cinq ans, je sais lire et écrire en anglais, espagnol et français. Bien sûr mon vocabulaire n'est pas des plus fournis mais j'ai les bases en grammaire dans ses trois langues. J'apprends à jouer du piano et les mathématiques font partie intégrante de ma jeune vie. J'ai du mal à rester toujours concentré mais si je ne veux pas que père soit en colère j'ai tout intérêt à l'être. J'apprends à faire attention à Nours qui d'ailleurs ne s'appelle plus ainsi. Il s'appelle Chess maintenant comme les échecs. C'est Père qui m'a dit que ça pourrait être une bonne idée. On a acquiescé tous les deux pour ne pas mettre Père en colère et puis on s'y est fait.

Nana, elle me dit que même si Père ne le fait pas montrer, il est très fier de moi parce qu'apparemment j'suis un petit garçon brillant. Avec Chess on a bien ri quand il s'est changé en ver luisant ce soir-là. Brillant. J'aime bien ce mot.

Père il dit que j'dois éviter de sortir pour éviter que les gens voient Chess, je ne comprends pas pourquoi il ne doit pas se montrer Chess. Il est beau et gentil en plus ils se changent en tous les animaux du monde ! C'est genre trop bien quoi ! Enfin, de toute façon je n'aime pas le dehors.

Nana elle dit que y'a des jours où je n'ai pas à travailler, surtout le dimanche, pourtant Père il travaille lui. Alors moi je ne comprends pas trop et puis je ne sais pas quoi faire quand on ne me donne pas de devoir. Chess il dit qu'on pourrait jouer, mais Père il dit aussi que le jeu c'est une perte de temps. J'ai compris que le temps c'était les secondes, les minutes et les heures, je n'ai pas compris comment on pouvait le perdre parce que le temps on est toujours dedans. Quand j'ai dit ça à Père il m'a regardé avec des yeux tout ahuris, et il m'a parlé de la effectivité. Ça veut dire faire des choses utiles. Père il dit que le travail c'est utile, que les cours c'est utile, alors j'imagine qu'il a raison. Et puis moi j'veux qu'il soit fier de moi, j'veux être brillant comme lui !

Quand j'dis à Nana que j'veux travailler le dimanche elle s'y oppose, je ne suis pas content. Je jette mes jouets partout, d'abord les jouets c'est pour les bébés ! Je ne suis pas un bébé ! Chess il n'est pas d'accord alors on se dispute et j'lui dis qu'il est nul parce que d'abord c'est sa faute si on peut jamais aller dehors. On se bagarre et Chess il prend la forme d'un lion, il triche ! Il me fait mal quand il me griffe sauf que la griffe elle apparaît aussi sur sa patte, ça nous arrête tous les deux. Père ne nous avait jamais dit qu'on était lié comme ça. Lui et Reflect ils ont l'air distant je lui demanderais si c'est normal… Nana elle n'est pas comme nous, elle ne peut pas me répondre là-dessus. Mais elle me soigne, en me disant que ce n'était pas bien de me battre avec Chess, qu'on ne se bat pas avec son ‘âme'. Quand je lui demande ce que c'est une âme elle me dit que c'est un reflet de ce qu'on est au fond de nous. J'ai essayé de regarder mon ventre pour voir au fond de moi mais j'ai trouvé le reflet de rien du tout … Elle me dit que Chess un jour il restera toujours sous la même forme. Il proteste en disant qu'il ne veut pas rester sous une seule forme que ça a l'air d'être du nul de chez nul d'abord ! Apparemment il n'aura pas le choix et ça arrivera à quand j'deviendrais adulte, j'dis à Nana que j'suis déjà un adulte, elle rit.

Nana elle a un joli rire, j'aime bien l'entendre, j'aime bien lui faire plaisir aussi. Elle a toujours l'air fatigué mais elle fait les meilleurs câlins du monde ! Elle chante bien Nana, elle me dit que quand elle était plus jeune elle avait fait des comédies musicales. Je ne suis même pas étonné parce que Nana c'est la plus jolie et la plus gracieuse. J'fais des efforts au piano pour qu'elle puisse chanter pendant que je joue, j'fais des fausses notes et ça m'embête parce que Nana elle est toujours parfaite. Un jour j'serais aussi parfait qu'elle, j'lui ai promis de toute façon. Elle me dit que j'suis déjà parfait mais Nana elle ne sait pas que j'ai encore plein d'effort à faire avant de l'être – même que c'est père qui l'a dit –

Nana elle me dit que le travail ce n'est pas le plus important au monde, qu'il faut être heureux et plein d'amour pour tout le monde. Je ne suis pas sûr de comprendre ce qu'elle veut dire par là mais j'lui ai promis d'être le plus plein d'amour et plein d'heureux du monde ! Elle a ri encore et j'lui ai fait le plus gros des câlins de tout l'univers entier !

Pour son n'anniversaire Nana elle a demandé à Père si elle pouvait m'amener au parc, on était dimanche et il était de bonne humeur alors il a dit oui. Nana elle était tout excitée, moi je l'étais pas trop même si elle me dit que Père il ne sera pas là et qu'il ne pourra pas me disputer je n'aime pas le dehors. Je n'aime pas que Chess doivent se cacher. Elle me dit qu'il n'a pas besoin tant qu'il reste sous des formes discrètes et qu'il ne change pas de forme devant les autres. Chess il boude et j'boude avec lui, c'est le mieux de changer de forme, et puis même on ne veut pas aller dans le dehors. Puis Nana elle fait des yeux tout triste… et Chess et moi on n'aime encore moins quand Nana est toute triste alors on finit par se dire que ce n'est pas bien grave de pas changer de forme pour une après-midi, ça l'entraînera pour quand je serais adulte ! Effectivité !

Nana elle est super contente du coup, elle m'habille avec de beaux habits et elle me coiffe tout bien. Chess il a du mal à se décider sur sa forme, j'rigole quand il se change en Orang Outan c'est trop bien ! Mais Nana elle dit que c'est trop voyant... Alors on reste une bonne demi-heure à admirer Chess qui change de forme toutes les minutes il finit par se décider un papillon parce que Nana a dit qu'en chien il risquait d'être touché par les autres et j'veux plus que personne ne touche à Chess, c'était trop nul la douleur !

J'ai la boule dans le ventre quand on reprend la même voiture que la dernière fois pour partir. J'veux pas être entouré de plein de monsieur différant, j'ai encore de la peur et Cheshire se colle tout contre mon oreille pendant que je vais faire un gros câlin à Nana, elle me tient tout dans ses bras et ça va mieux. J'crois qu'on reste plus longtemps que prévu dans la voiture parce qu'on est arrêté et Nana elle me caresse toujours le dos. J'finis par me redresser en fronçant les sourcils. « J'ai pas peur hum. » et vu son sourire elle me croît. Normal. J'suis tout plein de courage avec Chess !

On sort tous les deux, j'lui tiens fort la main et je regarde partout. Tout est nouveau autour de moi, j'avais déjà vu les gros bâtiments de la maison mais jamais d'aussi près, il donne l'impression qu'ils vont jusqu'au ciel. J'aime bien. Nana me dit que celui de Père n'est qu'à quelques pas d'ici et que si je voulais on pourrait aller le voir. J'suis tout excité à cette idée. J'veux voir où il passe ses journées ! Ça doit être trop bien ! Chess il est tout fou aussi, parce qu'en fait on a beaucoup imaginé ce que ça pouvait être et même qu'on a fait un pari. Lui il dit que c'est le plus grand des gratte le ciel moi j'ai dit que c'était un château aussi grand et beau que Camelot ! Parce que Père il est encore plus fort que le roi Arthur – et le roi Arthur il est super fort - .

Chess il fait le fier en roulant devant moi dans sa forme de papillon quand il s'avère qu'il a raison. J'suis sûr qu'il a triché le sale tricheur et j'commence à me disputer avec lui comme quoi de toute façon il triche tout le temps et que c'est le plus gros des gros nuls ! Puis il menace de se transformer et Nana nous calme tous les deux parce qu'elle prend sa grosse voix qui fait peur. Elle ne le fait pas souvent mais quand elle le fait j'me sens tout nul. Elle félicite Chess d'avoir deviné et me dit que si je veux un jour on ira à la recherche de Camelot et même qu'on trouvera Avalon ! J'crois que j'ai jamais autant souri de toute ma vie ! Ca s'trouve dès qu'on sera à Avalon y'a la fée Morgane qui fera de moi un roi ! Trop bien !

J'suis encore sur mon nuage quand on arrive au parc. J'lache toujours pas Nana, j'suis accroché à sa main même si j'vois que y'a d'autre petit comme moi. Nana elle me dit que j'peux aller jouer avec eux, je ne veux pas j'reste coller contre sa jambe en la tenant. Ça fait peur les autres. Ils font plein de bruit en plus, et puis il pourrait faire du mal à Chess. Nana elle me tapote la tête et elle avance vers l'air de jeu, c'est presque comme à la maison sauf qu'y'a déjà plein de monde sur la balançoire et sur le toboggan. Comment je suis censé jouer si y'a d'autres gens ? J'dis à Nana que je veux rentrer, c'est nul le parc, j'veux pas rester. Elle sourit Nana et elle me dit d'arrêter d'être timide. Je ne suis pas timide d'abord ! J'reste longtemps accroché à elle au moins 30 minutes, j'observe ce qui se passe devant mes yeux, les autres petits ils rient beaucoup et ils jouent ensemble comme Chess et moi on joue mais y'en a pas qui ont l'air d'avoir un Chess à eux. Chess il me dit c'est parce que nous on est spéciale. Ouais ça doit être ça. Nana elle me dit qu'ils ne vont pas me manger et que je peux aller jouer avec eux… Mouais… J'suis pas sûre que Père serait d'accord. Ça sera notre secret qu'elle dit …

Je finis par m'éloigner un peu d'elle pour aller vers la balançoire qui est libre, j'aime bien la balançoire sauf qu'avant que j'y arrive y'a une petite qui la prend et même qu'elle me fait une grimace ! Hey ! C'est pas du gentil ça ! J'fais ma tête de pas content en la fixant et comme père je croise les bras mais elle s'en fiche et continu de se balancer ! Pour qui elle se prend celle-là ! j'allais m'avancer vers elle pour la pousser – parce que c'est ma balançoire à moi- sauf qu'un autre petit vient me toucher l'épaule. Hey ! Je sursaute et le fixe alors qu'en riant il me dit que c'est moi le loup. Quoi le loup ? C'est parce que je m'appelle Wolfgang ? Je le fixe sans comprendre alors qu'il court pour s'éloigner. J'reste planter là. Il revient un peu après.

« C'est toi le loup tu dois nous attraper ! »
« Pourquoi je dois vous attraper ? »
« Parce que t'es le loup ! »
« Pourquoi je suis le loup ?! »
« Parce que t'as été touché ! »
« Mais je voulais pas être touché ! »
« Tant pis maintenant c'est toi le loup hihihih ! »
Et il se remet à courir … Mais moi je ne comprends toujours pas alors une petite un peu plus grand que moi vient me voir.
« T'as jamais joué au loup ? »
« Non.. »
« Faut que tu touches les autres gens pour qu'ils deviennent le loup ! »
Hum. J'fronce un peu les sourcils mais j'finis par comprendre, c'est un peu comme la chasse avec Chess, on doit courir plus vite que l'autre… Hum… La fille repart en courant et j'la suis mais comme elle a des plus grandes jambes elle court plus vite ! La tricheuse ! Alors j'retourne vers celui qui m'avait touché tout à l'heure il court moins vite et j'le rattrape, là j'le touche et j'm'arrête. « Je suis plus le loup ! » sauf qu'il me retouche dans la foulée le fourbe ! Et il repart en riant ! Maieuh !



Autant vous dire que je ne vois pas le temps passé, je joue avec les autres petits pendant un long moment, Chess m'aide quand on joue à cache-cache, si moi je ferme les yeux lui il peut les garder ouvert et je sais où ils vont tous hihi ! J'aime bien gagner et finalement j'aime bien jouer… ce n'est pas si nul que ça quand on a des copains.

Nana est tellement ravie de me voir m'épanouir avec d'autres enfants qu'elle me fera sortir dans le dos de mon père à de très nombreuses reprises. Après tout c'est notre petit secret.

  
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