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L'épreuve d'une vie [Libre]

 
  
MessageMar 31 Jan - 16:18
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 290Nombre de RP : 98Âge réel : 23Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson
| Un indien dans la ville |
Plus le temps s’écoule et plus je me trouve stupide d’avoir révélé mon plus grand secret à une parfaite inconnue. J’ai beau me répéter que je n’ai agis de la sorte que pour aider une jeune femme dans le besoin, mais cela ne change rien... je culpabilise toujours autant. Comme Ozalee ne cesse de me réprimander d’un ton froid par télépathie, cela ne m’aide pas à penser à autre chose. Irrité, je ne peux faire autrement qu’instaurer un mur mental entre nos deux esprits pour ne plus l’entendre rouspéter ou encore me traiter d’imbécile. Qu’elle pense ce qu’elle veut, je sais que j’ai agis comme on me l’a toujours enseigné chez moi et que je ne devrais pas m’en sentir coupable. D’ailleurs, que Léo apprenne mon secret ou non, je ne vais pas tarder à retourner chez moi dès que l’automne sera de retour.

Honteux, j’observe de nouveau ce que je propose de bon à manger à mon invitée. Des carottes, des haricots, du mais, des framboises, des bleuets... rien de très ragoûtant pour elle, selon moi. Elle semble grandement impressionnée par tout ce que j’ai et je me demande à quoi ressemble la vie des gens d’aujourd’hui pour qu’elle puisse penser ça. Après tout, pour nous c’est tout à fait normal de vivre ainsi en collaboration avec la nature et tout ce qu’elle peut nous offrir, mais quand je me rendais en ville pour observer les occidentaux de l’époque, ils étaient déjà beaucoup plus avancés que nous en terme d’habitation, de transport et de nourriture. Je dois avouer que je suis assez perturbé en ce moment, mais je ne peux pas me permettre de réfléchir à tout ça pour l’instant. Je dois d’abord m’occuper d’elle.

Viennent ensuite les questions. À peine ai-je le temps de me tourner vers elle pour lui répondre qu’elle en pose une autre juste après, ne me laissant donc aucune chance de lui expliquer quoique ce soit. Pour toute réponse à ses demandes, je pose le bol en bois près d’elle qui contient tous les légumes et fruits que j’ai pour l’instant pour qu’elle puisse s’y servir comme elle le souhaite avant de me tourner vers le lapin pour y découper quelques morceaux de viande bien grillée.

- Je suis ici depuis le début de l’été seulement. Ça ne fait pas très longtemps, ajoutai-je tout en lui servant à manger.

Ce qui est la triste vérité. Ma famille me manque énormément, mais si ce que m’a dit la chamane avant d’entreprendre ce grand voyage est vrai, je serais bientôt de retour près d’eux, plus qu’à attendre que la végétation prenne une teinte orangée. Je sais que je ne suis pas au bout de mes peines ici, mais je dois y aller un jour à la fois. C’est maintenant au tour du daemon de me poser une question, mais ce dernier s’excuse rapidement par la suite en prétextant qu’ils sont juste un peu trop curieux par tout ce qui les entourent et je peux les comprendre. Après tout, j’ai été tout aussi intrigué par toutes les autres civilisations en dehors de notre village que j’ai eu la chance d’apercevoir par le passé.

- Ce n’est pas grave, c’est normal. La pommade est faite à partir de quelques herbes médicinales et de jus de baie. Elle soigne la peau, l’hydrate et guérit même les brûlures. D’autres pommades encore soignent les morsures d’animaux, tout dépend des herbes qu’on utilise.

Tout en disant cela, je repense à la chamane du village, ma grand-mère, qui avait pris le temps de m’enseigner tout ce qu’elle savait avant mon départ. C’est en partit grâce à elle si j’arrive à survivre ici tout seul et je suis impatient de retourner chez moi pour l’en remercier. Sortant de mes pensées, j’invite le gorille à s’approcher pour manger s’il le désire, puisque je sais très bien que la jument ne pointera pas le bout de son nez temps et aussi longtemps que les visiteurs seront encore ici. Pfff, tu parles. Tu oses donner la nourriture qu’on a ramassée à de parfaits inconnus qui pourraient très bien nous griller et nous attirer de gros ennuis. Et le pire dans tout ça, c’est que tu le sais aussi bien que moi ! Oh, apparemment j’ai laissé une petite faille dans mon mur mental. Tant pis.

- Vous vivez près d’ici ? demandai-je en glissant un regard vers eux avant de prendre une bouchée de lapin.

Depuis que je suis ici, j’ai bien remarqué qu’il y avait une présence humaine assez considérable dans les bois, ce qui me porte à croire qu’une ville ne se trouve pas très loin d’ici. Je croyais que la chamane voulait me protéger des tous les dangers en m’emmenant loin des humains d’aujourd’hui, à croire qu’elle me mentait et qu’elle voulait vraiment me faire faire de nouvelles rencontres sans que j’en sois réellement d’accord.
  
MessageVen 3 Fév - 21:16
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 107Nombre de RP : 45Âge réel : 20Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Il avait construit cet endroit en seulement quelques semaines, quelques jours peut-être. Ce devait être un jeune homme dur à la tâche.
Eléonore plongea sa main dans le bol et dégusta les framboises qui colorèrent ses lèvres. Jumbo lui, tout en écoutant la réponse du jeune amérindien attrapa une carotte. Il fit en sorte de ne pas trop ouvrir les lèvres car sa mâchoire, comme toute mâchoire de gorille, était composée d’immenses canines.
Du jus de baie… il nota mentalement de se renseigner sur les propriétés des baies. Le Nokomis en question semblait savoir de quoi il parlait, ce qui rendait Jumbo d’autant plus curieux.

« J’étudie la médecine, je pense que nous devrions nous inspirer des herbes médicinales qui existent depuis tant de siècles et qui ont prouvé leur valeur. Je serais honoré si un jour, vous seriez prêt à partager les savoir que vous possédez. Je sais que beaucoup d’amérindiens sont réticents quand il s’agit de leur précieux patrimoine donc je comprendrais que vous refusiez. »

Eléonore renifla bruyamment pour signifier son ennui et décida de goûter le lapin. La viande était bien cuite mais le goût… Elle avala sa salive avec difficulté. Son palais n’avait pas assez l’habitude de ces viandes brutes. La viande de lapin était en plus, une viande au goût très fort. En plus de ça le lapin sauvage était bien plus musclé que les lapins d’élevage bien engraissés. La viande était meilleure pour le corps et plus nourrissante mais dure à mâcher.
Jumbo Merlin, curieux, goûta et trouva le goût bien plus raffiné que les lapins en conserve. Léo elle fit une moue rapide avant de reprendre des bleuets et des haricots. Elle picorait avec plaisir, s’en mettant plein les doigts. Elle lécha ses doigts avant de répondre à Nokomis qui leur avait d’abord posé une question, avant que Jumbo ne se lance dans un discours policé.

« Près d’ici ? Mmmh ben ça dépend comment tu vois la distance. On habite à Merkeley. C’est la ville d’à côté. Y’a deux villes à côté en fait. Perth Amboy et Merkeley. À pied c’est pas près. À cheval non plus. Mais en voiture ça va. 20 minutes si y’a pas trop de circulation en centre-ville. En terme de kilomètres j’en sais rien. Mais à vol d’oiseau c’est pas trop trop loin. D’ailleurs pourquoi tu vis en plein milieu de la forêt ? Je juge pas mais c’est quoi qui t’a fait fuir la ville ? »

Ayant fini de manger, Léo demanda d’un coup d’œil à Jumbo de lui appliquer la pommade en question. Elle présenta ses mains. Ses mains fines, aux longs doigts sculptés par le piano. Du vernis bleu ciel ajoutait de la couleur. Vernis à moitié écaillé.
Il mit avec la douceur de ceux qui font attention depuis longtemps, sans trop appuyer aux endroits douloureux. Elle grogna à demi quand la pommade se posa sur ses coupures. Elle n’allait pas se plaindre et prendre le risque de montrer à Jumbo qu’elle devrait faire plus attention alors elle se contentait de grimaces renfrognés et de légers sursauts.


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MessageSam 11 Fév - 18:45
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 290Nombre de RP : 98Âge réel : 23Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson
| Un indien dans la ville |
- La médecine ?

Encore un mot qui ne me dit pas grand chose, mais je tente de faire comme si de rien n’était. Je savais que les soins des occidentaux étaient différents des nôtres à l’époque, mais je dois avouer que je suis surpris d’apprendre que les herbes médicinales ne sont plus utilisées aujourd’hui malgré tout. La suite de ses paroles me laisse un peu perplexe, mais en repensant à mes souvenirs, il est vrai que les gens de mon entourage refusaient de partager leurs traditions, même avec d’autres villages voisins.

- Si ça peut aider, je serais ravi de partager mes connaissances.

Aussi infimes soient-elles. Ma mère me taperait sûrement sur les doigts si elle avait entendu ce que je viens de dire, mais je ne vois pas où est le problème. Au contraire, si les informations du passé peuvent aider le futur, ça ne peut amener que du positif. À propos des herbes et des baies, les jeunes filles de mon village en connaissaient beaucoup plus que moi, dommage qu’aucune d’entre elles ne puissent êtres là pour expliquer les soins à Jumbo dans les moindres petits détails. Je sens Ozalee sur le point de dire un commentaire désagréable dans mon esprit, alors je décide d’établir un mur mental entre nous pour l’en empêcher. Je n’ai pas besoin de son humeur massacrante pour me déprimer, surtout pas en ce moment.

C’est maintenant au tour de Léo de répondre à mes questions. Intrigué d’en apprendre davantage, je me tourne vers elle et la première chose que je remarque sont ses lèvres désormais colorées par les fruits qu’elle vient de manger. Elles me nomment les villes du coin, soit Merkeley et Perth Amboy, à plusieurs bons kilomètres d’ici. Dans mon temps, la seule ville accessible était New-York et je m’y rendais souvent en cachette pour observer les occidentaux. Apparemment, la chamane ne m’as pas envoyé au même endroit qu’auparavant, à moins que la grande ville ait changé de nom après toutes ces années.

Puis, la jeune femme pose la question tant redoutée.
Celle à laquelle je ne trouve jamais de réponse.
Pourquoi est-ce que je vis en pleine forêt ?
Aussi loin de la civilisation d’aujourd’hui.

Presque pris de panique, je détourne le regard un moment pour tenter de chercher mes mots. Les yeux rivés sur le sol de la forêt, j’hésite entre lui dire un mensonge ou lui dire carrément la vérité, même si elle risque de ne pas me croire. Je me suis toujours répété de ne jamais rien dire à personne de mon passé, de ce que je suis réellement dans le simple but de me protéger avant de retourner chez moi, mais je ne m’attendais pas non plus à rencontrer autant de gens dans cette époque. Léo ne semble pas méchante et si elle décide de ne pas me croire, je respecterai sa décision. Je préfère agir ainsi plutôt que de me voiler la face. Après tout, que peut-il arriver de pire ?

- En fait, pour être honnête avec toi, j’ai toujours vécu en forêt. Je suis né ici, enfin... pas forcément ici-même, mais la forêt, c’est tout ce que je connais.

Et puis, un mensonge sur la ville m’aurait grillé direct. Je ne connais presque rien de cet endroit, alors imaginer une raison qui m’aurait fait partir de là pour me réfugier en forêt... aussi bien oublier le projet.

- Les seules fois où je suis allé en ville, je ne m’y suis pas sentit chez moi. Les gens me dévisageait, me pointait du doigt par moment et certains m’insultaient, autant par mes origines amérindiennes que par le fait que je sois daemonien. C’était horrible.

De douloureux souvenirs me reviennent alors en mémoire après les avoir évoqués et je ne parviens pas à la chasser. L’intolérance était très présente à l’époque et j’espère que cela n’est plus le cas aujourd’hui.
  
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