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L'épreuve d'une vie [Libre]

 
  
MessageMar 31 Jan - 16:18
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 303Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Plus le temps s’écoule et plus je me trouve stupide d’avoir révélé mon plus grand secret à une parfaite inconnue. J’ai beau me répéter que je n’ai agis de la sorte que pour aider une jeune femme dans le besoin, mais cela ne change rien... je culpabilise toujours autant. Comme Ozalee ne cesse de me réprimander d’un ton froid par télépathie, cela ne m’aide pas à penser à autre chose. Irrité, je ne peux faire autrement qu’instaurer un mur mental entre nos deux esprits pour ne plus l’entendre rouspéter ou encore me traiter d’imbécile. Qu’elle pense ce qu’elle veut, je sais que j’ai agis comme on me l’a toujours enseigné chez moi et que je ne devrais pas m’en sentir coupable. D’ailleurs, que Léo apprenne mon secret ou non, je ne vais pas tarder à retourner chez moi dès que l’automne sera de retour.

Honteux, j’observe de nouveau ce que je propose de bon à manger à mon invitée. Des carottes, des haricots, du mais, des framboises, des bleuets... rien de très ragoûtant pour elle, selon moi. Elle semble grandement impressionnée par tout ce que j’ai et je me demande à quoi ressemble la vie des gens d’aujourd’hui pour qu’elle puisse penser ça. Après tout, pour nous c’est tout à fait normal de vivre ainsi en collaboration avec la nature et tout ce qu’elle peut nous offrir, mais quand je me rendais en ville pour observer les occidentaux de l’époque, ils étaient déjà beaucoup plus avancés que nous en terme d’habitation, de transport et de nourriture. Je dois avouer que je suis assez perturbé en ce moment, mais je ne peux pas me permettre de réfléchir à tout ça pour l’instant. Je dois d’abord m’occuper d’elle.

Viennent ensuite les questions. À peine ai-je le temps de me tourner vers elle pour lui répondre qu’elle en pose une autre juste après, ne me laissant donc aucune chance de lui expliquer quoique ce soit. Pour toute réponse à ses demandes, je pose le bol en bois près d’elle qui contient tous les légumes et fruits que j’ai pour l’instant pour qu’elle puisse s’y servir comme elle le souhaite avant de me tourner vers le lapin pour y découper quelques morceaux de viande bien grillée.

- Je suis ici depuis le début de l’été seulement. Ça ne fait pas très longtemps, ajoutai-je tout en lui servant à manger.

Ce qui est la triste vérité. Ma famille me manque énormément, mais si ce que m’a dit la chamane avant d’entreprendre ce grand voyage est vrai, je serais bientôt de retour près d’eux, plus qu’à attendre que la végétation prenne une teinte orangée. Je sais que je ne suis pas au bout de mes peines ici, mais je dois y aller un jour à la fois. C’est maintenant au tour du daemon de me poser une question, mais ce dernier s’excuse rapidement par la suite en prétextant qu’ils sont juste un peu trop curieux par tout ce qui les entourent et je peux les comprendre. Après tout, j’ai été tout aussi intrigué par toutes les autres civilisations en dehors de notre village que j’ai eu la chance d’apercevoir par le passé.

- Ce n’est pas grave, c’est normal. La pommade est faite à partir de quelques herbes médicinales et de jus de baie. Elle soigne la peau, l’hydrate et guérit même les brûlures. D’autres pommades encore soignent les morsures d’animaux, tout dépend des herbes qu’on utilise.

Tout en disant cela, je repense à la chamane du village, ma grand-mère, qui avait pris le temps de m’enseigner tout ce qu’elle savait avant mon départ. C’est en partit grâce à elle si j’arrive à survivre ici tout seul et je suis impatient de retourner chez moi pour l’en remercier. Sortant de mes pensées, j’invite le gorille à s’approcher pour manger s’il le désire, puisque je sais très bien que la jument ne pointera pas le bout de son nez temps et aussi longtemps que les visiteurs seront encore ici. Pfff, tu parles. Tu oses donner la nourriture qu’on a ramassée à de parfaits inconnus qui pourraient très bien nous griller et nous attirer de gros ennuis. Et le pire dans tout ça, c’est que tu le sais aussi bien que moi ! Oh, apparemment j’ai laissé une petite faille dans mon mur mental. Tant pis.

- Vous vivez près d’ici ? demandai-je en glissant un regard vers eux avant de prendre une bouchée de lapin.

Depuis que je suis ici, j’ai bien remarqué qu’il y avait une présence humaine assez considérable dans les bois, ce qui me porte à croire qu’une ville ne se trouve pas très loin d’ici. Je croyais que la chamane voulait me protéger des tous les dangers en m’emmenant loin des humains d’aujourd’hui, à croire qu’elle me mentait et qu’elle voulait vraiment me faire faire de nouvelles rencontres sans que j’en sois réellement d’accord.
  
MessageVen 3 Fév - 21:16
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 161Nombre de RP : 63Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Il avait construit cet endroit en seulement quelques semaines, quelques jours peut-être. Ce devait être un jeune homme dur à la tâche.
Eléonore plongea sa main dans le bol et dégusta les framboises qui colorèrent ses lèvres. Jumbo lui, tout en écoutant la réponse du jeune amérindien attrapa une carotte. Il fit en sorte de ne pas trop ouvrir les lèvres car sa mâchoire, comme toute mâchoire de gorille, était composée d’immenses canines.
Du jus de baie… il nota mentalement de se renseigner sur les propriétés des baies. Le Nokomis en question semblait savoir de quoi il parlait, ce qui rendait Jumbo d’autant plus curieux.

« J’étudie la médecine, je pense que nous devrions nous inspirer des herbes médicinales qui existent depuis tant de siècles et qui ont prouvé leur valeur. Je serais honoré si un jour, vous seriez prêt à partager les savoir que vous possédez. Je sais que beaucoup d’amérindiens sont réticents quand il s’agit de leur précieux patrimoine donc je comprendrais que vous refusiez. »

Eléonore renifla bruyamment pour signifier son ennui et décida de goûter le lapin. La viande était bien cuite mais le goût… Elle avala sa salive avec difficulté. Son palais n’avait pas assez l’habitude de ces viandes brutes. La viande de lapin était en plus, une viande au goût très fort. En plus de ça le lapin sauvage était bien plus musclé que les lapins d’élevage bien engraissés. La viande était meilleure pour le corps et plus nourrissante mais dure à mâcher.
Jumbo Merlin, curieux, goûta et trouva le goût bien plus raffiné que les lapins en conserve. Léo elle fit une moue rapide avant de reprendre des bleuets et des haricots. Elle picorait avec plaisir, s’en mettant plein les doigts. Elle lécha ses doigts avant de répondre à Nokomis qui leur avait d’abord posé une question, avant que Jumbo ne se lance dans un discours policé.

« Près d’ici ? Mmmh ben ça dépend comment tu vois la distance. On habite à Merkeley. C’est la ville d’à côté. Y’a deux villes à côté en fait. Perth Amboy et Merkeley. À pied c’est pas près. À cheval non plus. Mais en voiture ça va. 20 minutes si y’a pas trop de circulation en centre-ville. En terme de kilomètres j’en sais rien. Mais à vol d’oiseau c’est pas trop trop loin. D’ailleurs pourquoi tu vis en plein milieu de la forêt ? Je juge pas mais c’est quoi qui t’a fait fuir la ville ? »

Ayant fini de manger, Léo demanda d’un coup d’œil à Jumbo de lui appliquer la pommade en question. Elle présenta ses mains. Ses mains fines, aux longs doigts sculptés par le piano. Du vernis bleu ciel ajoutait de la couleur. Vernis à moitié écaillé.
Il mit avec la douceur de ceux qui font attention depuis longtemps, sans trop appuyer aux endroits douloureux. Elle grogna à demi quand la pommade se posa sur ses coupures. Elle n’allait pas se plaindre et prendre le risque de montrer à Jumbo qu’elle devrait faire plus attention alors elle se contentait de grimaces renfrognés et de légers sursauts.


HRP:
 
  
MessageSam 11 Fév - 18:45
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 303Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
- La médecine ?

Encore un mot qui ne me dit pas grand chose, mais je tente de faire comme si de rien n’était. Je savais que les soins des occidentaux étaient différents des nôtres à l’époque, mais je dois avouer que je suis surpris d’apprendre que les herbes médicinales ne sont plus utilisées aujourd’hui malgré tout. La suite de ses paroles me laisse un peu perplexe, mais en repensant à mes souvenirs, il est vrai que les gens de mon entourage refusaient de partager leurs traditions, même avec d’autres villages voisins.

- Si ça peut aider, je serais ravi de partager mes connaissances.

Aussi infimes soient-elles. Ma mère me taperait sûrement sur les doigts si elle avait entendu ce que je viens de dire, mais je ne vois pas où est le problème. Au contraire, si les informations du passé peuvent aider le futur, ça ne peut amener que du positif. À propos des herbes et des baies, les jeunes filles de mon village en connaissaient beaucoup plus que moi, dommage qu’aucune d’entre elles ne puissent êtres là pour expliquer les soins à Jumbo dans les moindres petits détails. Je sens Ozalee sur le point de dire un commentaire désagréable dans mon esprit, alors je décide d’établir un mur mental entre nous pour l’en empêcher. Je n’ai pas besoin de son humeur massacrante pour me déprimer, surtout pas en ce moment.

C’est maintenant au tour de Léo de répondre à mes questions. Intrigué d’en apprendre davantage, je me tourne vers elle et la première chose que je remarque sont ses lèvres désormais colorées par les fruits qu’elle vient de manger. Elles me nomment les villes du coin, soit Merkeley et Perth Amboy, à plusieurs bons kilomètres d’ici. Dans mon temps, la seule ville accessible était New-York et je m’y rendais souvent en cachette pour observer les occidentaux. Apparemment, la chamane ne m’as pas envoyé au même endroit qu’auparavant, à moins que la grande ville ait changé de nom après toutes ces années.

Puis, la jeune femme pose la question tant redoutée.
Celle à laquelle je ne trouve jamais de réponse.
Pourquoi est-ce que je vis en pleine forêt ?
Aussi loin de la civilisation d’aujourd’hui.

Presque pris de panique, je détourne le regard un moment pour tenter de chercher mes mots. Les yeux rivés sur le sol de la forêt, j’hésite entre lui dire un mensonge ou lui dire carrément la vérité, même si elle risque de ne pas me croire. Je me suis toujours répété de ne jamais rien dire à personne de mon passé, de ce que je suis réellement dans le simple but de me protéger avant de retourner chez moi, mais je ne m’attendais pas non plus à rencontrer autant de gens dans cette époque. Léo ne semble pas méchante et si elle décide de ne pas me croire, je respecterai sa décision. Je préfère agir ainsi plutôt que de me voiler la face. Après tout, que peut-il arriver de pire ?

- En fait, pour être honnête avec toi, j’ai toujours vécu en forêt. Je suis né ici, enfin... pas forcément ici-même, mais la forêt, c’est tout ce que je connais.

Et puis, un mensonge sur la ville m’aurait grillé direct. Je ne connais presque rien de cet endroit, alors imaginer une raison qui m’aurait fait partir de là pour me réfugier en forêt... aussi bien oublier le projet.

- Les seules fois où je suis allé en ville, je ne m’y suis pas sentit chez moi. Les gens me dévisageait, me pointait du doigt par moment et certains m’insultaient, autant par mes origines amérindiennes que par le fait que je sois daemonien. C’était horrible.

De douloureux souvenirs me reviennent alors en mémoire après les avoir évoqués et je ne parviens pas à la chasser. L’intolérance était très présente à l’époque et j’espère que cela n’est plus le cas aujourd’hui.
  
MessageLun 3 Avr - 17:22
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 161Nombre de RP : 63Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Jumbo regarda Eléonore d'un air interrogatif. Elle leva les mains. Elle n'en savait pas plus que lui. Le sage gorille était décontenancé. Le jeune homme ne savait pas ce qu'était la médecine ? Qui ne connaissait pas la médecine… ? Jumbo avait ouvert la bouche avant de la refermer. Ce fut donc Eléonore qui avait pris la parole.

« La médecine… euh … la science du soin, de la guérison pour les maladies, les blessures ou euh ... »

« Les infirmités. »

Eléonore était devenue plus méfiante. Elle observait le visage de Nokomis, espérant y déceler un signe d'humour, un signe pour savoir s'il était sérieux ou non. Son instinct lui disait qu'il rigolait et se moquait d'elle mais Jumbo le prenait au sérieux. Et Jumbo reconnaissait bien plus quelqu'un qui mentait.

*Il est quand même vraiment weird. Bon ok il va dans la forêt faire sa cabane et il mange du lapin et des fruits en mode chasse et cueillette mais bon la médecine … il a jamais vu de médecin ? C'est chaud. Il doit venir d'une secte de hippies non ?*

*Je n'en ai aucune idée Léo. Mais il est gentil.*


C'est vrai qu'il était gentil, à proposer de partager ses connaissances comme ça.

*Gentil ou complètement con. Il est pas méfiant pour quelqu'un qui vit dans la forêt...*

*C'est pas parce que toi tu montres les poings que d'autres ne peuvent pas tendre la main.*

*Moi je montre les poings !? N'importe quoi ! Je suis extrêmement gentille tu veux dire, j'ai encore tué personne je te rappelle !*


Il ne trouva rien à répondre à ça. Sa mauvaise foi gagnerait toujours leurs joutes verbales. Et il savait, même s'il n'aimait pas ça, que si elle n'avait tué personne c'était sans doute parce que l'occasion ne s'était jamais présentée. Eléonore n'était pas une meurtrière, elle ne tuerait pas pour le plaisir. Mais si elle devait le faire … elle le ferait sans doute. Sans effusion, peut-être avec un regret. Jumbo espérait qu'avec de la maturité elle arriverait à discerner le bien du mal… peut-être en l'apprenant ? Il espérait qu'un jour quelqu'un lui ferait ressentir plus qu'un simple jem'enfoutisme global pour la vie. Qu'elle aurait un jour des frissons à l'idée de perdre quelqu'un. Il la regardait se goinfrer de baies jusqu'à en avoir les lèvres colorées et réprima un petit rire. Et dire qu'elle avait été une petite princesse un jour. Elle avait depuis longtemps perdu ses bonnes manières. Ou du moins elle les avait réprimées.

Quand elle posa la question innocemment de la raison de son isolation forestière, il sembla troublé. Il semblait chancelant. Eléonore ne s'en rendit pas compte. Ou du moins elle nota le changement d'expression de son hôte sans pouvoir l'attribuer à quelque chose. Jumbo lui sentait bien qu'elle avait touché la corde sensible. S'isoler aussi loin, tout oublier de la civilisation, cela voulait dire perte et souffrance, cela voulait dire effacer sa vie, fuir. C'était une décision qui sortait de la zone de confort. Eléonore s'imagina qu'il était veuf, que toute sa famille avait péri dans un incendie, qu'il avait perdu un enfant, qu'il était un serial killer repenti, un prophète de la nature…

*Un prophète de la nature ?*

*Oui ben je sais pas moi …*


Il hésitait, son regard fuyait celui perçant et émeraude de Léo. Elle laissait le silence planer parce qu'elle savait parfaitement que la vérité viendrait mieux à elle. Ce n'était pas le genre à briser un silence de malaise ou de gêne, ce n'était pas le genre à s'excuser d'une curiosité déplacée. C'était le genre à fixer et à attendre, à laisser le temps aussi. Un silence cela signifiait une histoire aussi.

Une histoire mystérieuse. Il n’en avait pas dit beaucoup. Il était né et avait toujours vécu ici. Elle comprenait alors qu’il ne soit jamais allé en ville. Le changement aurait été une gifle bruyante, douloureuse, perpétuelle. Elle n’était pas déçue, même s’il ne disait pas beaucoup son histoire semblait étonnante. Il ajouta ensuite des détails, il était donc déjà allé en ville. Et apparemment ça n’avait pas été agréable. Il avait deux défauts aux yeux de la société, il était né amérindien, cette communauté massacrée et mise au ban de la société depuis. Et le second défaut était celui d’être daemonien, ou du moins d’avoir un daemon visible. Visible et grincheux.
Cela fit réfléchir Eléonore. Elle s’était faite insulter, plusieurs fois… plusieurs centaines de fois probablement mais c’était pas forcément en rapport avec Jumbo la plupart du temps. De toute façon, il se cachait, il était voûté, il avait presque honte de lui alors les gens le remarquaient sans doute moins que s’ils le voyaient vraiment en toute lumière. Avait-elle été dévisagée ? Oui et elle adorait ça, mettre les gens mal à l’aise l’amusait. Et si elle avait été pointée du doigt elle avait sûrement répondu en pointant son doigt préféré.

« Ouais je comprends la ville… enfin les gens sont pas tendres surtout avec les amérindiens… et les daemoniens je t’en parle pas. Je te dis pas les regards effrayés qu’on se tape avec mon gros balourd. Les gens flippent de ce qu’ils connaissent pas. Après faut pas avoir peur pour autant, perso les « gens » je m’en tape. Ils peuvent penser ce qu’ils veulent hein après s’ils deviennent trop lourds une petite claque ou une humiliation ça les calme en général. Enfin bon ici t’es tranquille j’imagine… »

*Eléonore Lovelace, 21 ans, coach de vie violente et alcoolique.*

*Comment ça violente ?*


Eléonore revint alors sur un point qui l’avait perturbée dans sa première réponse, sans aucune gêne, elle lui posa la question directement.

« Mais du coup… elle est où ta famille ? T’es tout seul ici ? Hormis Oz’ bien sûr. »

Jumbo ferma les yeux. Léo trouvait toujours la petite bête, le petit détail important. Mais elle avait la sensibilité d’une huître. D’une huître morte même. S’il était né là et qu’il était seul c’était sans doute parce qu’il avait perdu sa famille, que ses proches étaient morts. Un sujet très joyeux et pas douloureux. Toujours dans la finesse Léo.
Il avait commencé à répondre quand un bruit jaillit littéralement de la poche de Léo.

Highway to Hell retentit, brisant la paix de la forêt.

*Comment ça on capte ici ?*
  
MessageMar 11 Avr - 3:59
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 303Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
La médecine... c’est donc ainsi que cela se nomme aujourd’hui. Dans mon temps, le fait de guérir des blessures ou des maladies quelconques ne portait pas vraiment de nom en particulier. On se contentait de mettre le doigt sur le problème et de le guérir à l’aide de pommade ou encore de tisane faites à partir de fruit et de plante trouvées dans la forêt. Les grands-esprits jouaient aussi un rôle dans le rétablissement du malade, mais bon... j’imagine que ce genre de « médecine » n’existe plus aujourd’hui. Devant ma question apparemment stupide et mon visage toujours impassible, la jeune femme semble être peu convaincue par mes paroles et pourtant, je suis honnête avec elle depuis le début. Tu as simplement l’air d’un bel idiot, c’est tout. Rien d’inhabituel, quoi.

Léo semble avoir vécu une situation semblable à la mienne en ce qui concerne la ville, à croire que les daemoniens d’aujourd’hui ne s’apprécient pas entre eux. Pourtant, avec tout ce que m’a dit la chamane avant de m’envoyer dans le futur sans même m’en parler avant d’agir, j’avais espoir que ce soit plutôt le contraire. Je me demande toujours pourquoi elle m’a envoyé à cette époque-ci plutôt qu’une autre... mais il est vrai que j’en ai supporté des regards effrayés, même dans mon temps. J’ai l’impression que la société ne nous acceptera jamais.

- Ma... ma famille ?

Elle a encore mis le doigt sur une corde sensible. Depuis que je suis seul ici, il n’y a pas une journée où je ne pense pas à eux et leur absence me fait terriblement souffrir. Mes parents, mes frères... Pendant un moment, une pensée va même pour ma femme, Aponi. La pauvre, elle doit vraiment s’inquiéter et se demander où je suis passé après tout ce temps.

- Disons que ma famille est loin... très loin d’ici.

Je n’arrive pas à en dire plus à leur sujet, trop torturé par les souvenirs qui ne cesse de m’assaillir depuis que Léo m’a posé cette question. C’est à cet instant que je sens l’esprit d’Ozalee frôler le mien pour tenter de me réconforter un peu malgré la distance qui nous sépare. Elle aussi s’ennuie de son ancienne vie, même si elle ne laisse rien paraître.

Soudain, des bruits étranges surgissent de la jeune femme. Je suis tellement surpris d’entendre la voix d’un autre homme que je ne peux m’empêcher de sursauter avant de me redresser vivement. Prenant une position défensive par réflexe, j’observe les alentours à la recherche du nouveau venu, mais je constate rapidement qu’il n’y a personne. D’ailleurs, comme la voix que j’entends ne cesse de crier, je n’arrive pas à bien comprendre ce qu’il dit, mais il semble bien énervé contre quelque chose... voir même contre quelqu’un. Difficile à savoir. Je sens Ozalee alors tout aussi aux aguets que moi. Les oreilles tournées vers l’arrière et les yeux exorbités, elle ne cesse de ronfler. Elle se met même à piaffer pour exprimer sa nervosité et sa mauvaise humeur. Cette fille est démoniaque.

- C’est... c’est quoi ça !? lançai-je à Léo en l’observant avec de grands yeux ronds, complètement terrifié.
  
MessageMer 12 Avr - 22:23
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 161Nombre de RP : 63Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Nokomis sursauta, se relevant instantanément, paniqué. Léo ne pensa même pas à son téléphone tant la réaction du jeune indien était étonnante. Il regardait aux alentours, cherchant quelqu’un apparemment.
Glissant finalement sa main dans sa poche, Léo sortit son téléphone et regarda qui pouvait bien l’appeler à une heure aussi matinale. Une image en gros d’un rhinocéros bavant s’afficha sur l’écran. Melvin, un vigile qui passait ses journées à la salle de muscu et ses nuits à refuser des mecs en boîte de nuit.

« Allô ? Pourquoi tu m’appelles aussi tôt ? Ouais c’est parce que je suis dans la forêt. »



Elle entendit Nokomis qui lui demandait ce que c’était que son téléphone et elle vit du coin de l’œil la jument grogner.

« Attends deux secondes. »

Elle mit le téléphone pour couvrir le son et parla moins fort à Nokomis.

« Excuse-moi Noko, j’ai un appel ça doit être urgent… attends… tu … sais pas ce que c’est ? C’est mon téléphone. Jumbo tu peux … »

Jumbo s’avança les mains levées vers Nokomis tandis qu’Eléonore s’éloigna de quelques pas.

« Alors comme ça vous ne savez pas ce qu’est un téléphone ? Pas la peine de chercher quelqu’un autour la voix est dans le téléphone. C’est un outil qui sert à communiquer par la voix alors que deux personnes sont à des emplacements très éloignés. Chacun a un téléphone et lors le besoin s’en fait, chacun peut appeler l’autre. Par exemple je pourrais être à la ville et discuter avec vous comme je le fais. »

Il s’imagina que Nokomis devait venir d’une famille ou d’un groupe très extrême. Il connaissait les mormons et les amish et ne doutaient pas qu’il devait exister des tribus amérindiennes qui vivaient encore dans les traditions d’antan mais … comment se ravitaillaient-ils ? Certains devaient au moins utiliser un téléphone, pour voir un médecin.
Eléonore s’échauffait derrière à propos d’ukrainiens et de « Ils se prennent pour qui !? ». Elle était souvent celle qu’on appelait quand les choses tournaient mal et Melvin faisait partie de son réseau qui la tenait de temps en temps au courant d’informations. Elle lui avait évité des ennuis et il lui était redevable. Elle avait aussi couché avec lui une fois … ou deux.
Pendant qu’il lui expliquait la situation à propos d’un cassage de vitrine de l’épicerie du coin elle lut le message que lui avait envoyé Kyle et perdit immédiatement sa concentration en pensant aux mains de celui-ci… puis à ses épaules et …

« Non j’t’écoutais pas je pensais à un mec. Du coup répète c’était quand ? »

Jumbo lui se demandait comment il pouvait y avoir du réseau ici.

« Vous saviez que vous aviez du réseau ici ? »

Il se reprit immédiatement.

« Euh … le réseau c’est … la communication est possible grâce à la transmission des données par des ondes. Ces ondes passent par le réseau satellitaire, en gros un satellite dans l’orbite terrestre qui récupère et envoie de nouveau les ondes vers le téléphone qui les capte. Je ne sais pas si je suis très clair. »

Pour lui la définition était parfaitement claire mais la pédagogie n’était pas vraiment son fort. Il se tut gêné.

« Enfin … c’est compliqué. Tous les endroits sur cette planète ne peuvent pas recevoir ces appels. Les endroits isolés …»

S’il avait pu il serait devenu rouge. Il avait l’impression de s’embourber dans ses explications. Il détestait devoir faire la conversation.

*Léo… reviens s’il te plait.*

Elle finit son appel au même moment et arriva un demi-sourire aux lèvres.

« On peut pas s’absenter une matinée que y’a déjà des histoires… Va falloir aller clarifier tout ça. Y’a des claques qui se perdent. »

Puis elle se retourna vers Nokomis.

« Désolée si je t’ai fait peur… alors comme ça tu connais pas ça ? »

Elle lui montra l’appareil tout en continuant.

« T’es vraiment … special comme garcon… Je me demande si tu viendrais pas d’une secte qui pratique la survie ou la vie comme dans le temps… enfin bon t’as du courage. Je pourrais pas vivre sans tout ce qu’on a. Quand il pleut tu dois être gelé … »

Des idées traversaient son esprit rapidement et c’est ainsi qu’elle passa du coq à l’âne.

« Si un jour tu veux communiquer avec moi … je vais te donner mon numéro attends … tu as de quoi noter ? »

*On va pas devoir tarder parce que sinon on va manquer le plus marrant.*

*Tu sais comment retourner à la voiture ?*

*Ah merde !*


  
MessageVen 28 Avr - 3:23
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Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Je vois finalement l’objet qui est à l’origine de tout ce bruit. Mon regard s’agrandit davantage en le voyant, stupéfait qu’un truc pareil puisse produire un tel vacarme. D’ailleurs... comment est-ce possible ? De tous les objets que j’ai vu dans ma vie, aucun d’entre eux n’est capable de produire le moindre son, autre qu’un bruit sourd lorsqu’il leur arrive de tomber au sol par erreur. C’est vraiment très perturbant et je suis incapable de détourner les yeux de l’appareil que Léo tient désormais contre son oreille. Attend... je rêve ou bien elle est réellement en train de se parler toute seule là ? Stupéfait, je ne peux m’empêcher de cligner des yeux, complètement hypnotisé par ce qui se passe. Suis-je en train de devenir complètement cinglé ?

Même sans voir Ozalee de là où je suis, je sais qu’elle lève les yeux au ciel et qu’elle soupire bruyamment en suivant le fil de mes pensées et je dois dire que je partage quand même son avis en voyant la jeune femme agir comme si tout était normal. Ça l’est probablement pour les gens d’aujourd’hui, mais pour moi c’est... très perturbant. L’intervention de Jumbo parvient finalement à me ramener à la réalité et je secoue légèrement la tête pour tenter de reprendre mes esprits. Il m’explique en gros que l’appareil, qui se nomme un téléphone, permet à deux personnes de communiquer entre elles malgré la distance qui les sépare et, sur le coup, je n’arrive pas à le croire. Ça existe vraiment un objet pareil ? Ça nous aurait bien été utile à l’époque. Ah bon, tu crois ça ? Je tourne à nouveau la tête vers Léo qui parle toujours, désormais plus émerveillé qu’effrayé.

- C’est... c’est fascinant.

Ça leur semble sûrement banal, mais pour moi c’est incroyable. Le gorille me demande alors si je connaissais l’existence d’un quelconque réseau, mais juste ce mot m’est totalement inconnu. Il aurait pu s’arrêter là pour les explications, déjà que je comprends l’utilité de l’appareil ce qui est déjà énorme pour moi, mais il décide de pousser plus loin en abordant le sujet des satellites. Alors là... si j’étais capable de suivre avant, ce n’est plus le cas maintenant. Les appels ne fonctionnent pas partout et ça c’est du à quoi déjà... au réseau ? Ou aux satellites ? Et de toute façon, c’est quoi un satellite bon sang ? Pour toute réponse, j’affiche un drôle d’air au daemon qui se met à chercher ses mots un moment, comme s’il était soudainement gêné. Il a du voir que je ne comprenais pas grand chose, malgré tout mes efforts. Au moins, il aura essayer.

C’est à cet instant que la jeune femme revient vers nous après avoir raccroché et tout comme sa moitié, elle semble perplexe à l’idée que je ne connaisse pas l’existence des téléphones. Elle met ensuite le doigt sur quelque chose d’important et je me retiens de lui révéler la vérité, même si j’ignore ce qu’est une secte. Elle a raison sur le fait que je vienne du passé et un jour, j’aimerai être capable d’en parler à quelqu’un, de pouvoir vider mon sac. Je croyais être capable de rester caché, mais il m’est de plus en plus difficile de rester à l’écart de la civilisation tout en restant vague sur ma présence ici. Je fais sans doute face à la plus grosse épreuve de toute ma vie.

- Disons que j’ai des trucs pour me réchauffer en cas de pluie, répondis-je rapidement. Pour ce qui est du numéro, euh... qu'est-ce que c'est ? Je n’ai pas de téléphone, ni même de quoi noter.

Et puis, ce n’est pas parce que j’ai compris comment fonctionne un téléphone que je me sens prêt à en utiliser un. Il est vrai que de pouvoir parler à quelqu’un en tout temps me serait sans doute bénéfique, surtout en étant à la merci du climat qui change constamment. Néanmoins, je comprends entre les lignes que le duo est sur le point de partir et je me demande s’ils seront en mesure de retrouver leur chemin. Pour moi, la forêt n’a pas de secret, surtout grâce à mon sens de l’orientation et à mon pouvoir qui me permet de retrouver la moindre piste en cas de besoin. Tu ne vas quand même pas les aider ? Je serais ignoble de ne pas le faire. Déjà, tu disais que tu n’allais jamais aller en ville, que tu n’allais jamais aller vers les gens de cette époque et maintenant voilà que tu veux en aider une... Sérieusement, je ne te reconnais plus. Il ne faut jamais dire jamais, apparemment.

- Tu as besoin d’aide pour retourner chez toi ? Avec mon pouvoir, je peux facilement revenir sur nos pas.

Ozalee pousse à nouveau un soupir, exaspérée par la stupidité de sa moitié.
  
MessageDim 21 Mai - 5:00
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Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Pas de quoi noter …

Tu aurais pu t'en douter je pense… C'est possible qu'il ne sache même pas écrire… ou pas notre langue en tout cas.*

Un peu embêtée, Eléonore plissa ses lèvres.

« Si on arrive à la voiture je te noterai mon numéro. Ah oui et un numéro… euh … c'est l'identification de mon téléphone. Si t'as besoin de communiquer avec moi tu peux utiliser n'importe quel autre machin comme ça, écrire mon numéro -une série de chiffre- et ça appellera directement mon téléphone. Enfin bon si jamais un jour tu viens à la ville hésite pas à m'appeler je te montrerai les profondeurs de Perth ou Merkeley. »

Sur ce elle cligna d'un œil, ses lèvres remontées sur un bout de dent. Eléonore ne donnait pas confiance. Dans ses yeux brillants se lisait la promesse des tentations que les gens normaux évitent, les déchéances de la nuit, les désarrois des lendemains. Clignant des yeux elle se concentra de nouveau sur son problème. Retrouver la voiture. C'est à ce moment que Nokomis se proposa pour aider. Retourner sur leurs pas ? Oui c'était une bonne idée …
Ils arriveraient sans doute jusqu'à la clairière mais après ? Son pouvoir les guiderait encore ?

« En fait j'aimerais retrouver mon moyen de transport, ma voiture, pour retourner à la ville. Et je l'ai laissée avant de partir faire la balade dans les bois. Mais comme tu sais on est pas passé par le sol … Tu penses que tu pourrais quand même t'occuper de ça ? »

Jumbo regarda la jument qui semblait s'agiter. Puis son regard passa sur Léo… il fronça les sourcils quand il se rendit compte qu'elle partait en ayant oublié que sa cheville nécessitait une attelle pour limiter les grands mouvements. En s'adressant à Nokomis, il prit la parole.

« Mais avant ça … il faudrait immobiliser un peu la cheville. Comment vouliez-vous faire ? Avec des branchages et de la pommade ? Ou du baume ? »

« Mais Jumbo ! Comment je vais conduire après ! »

« Je conduirai ça sera plus sécuritaire pour tout le monde… »

Sur ce il attrapa Eléonore sans ménagement, qui se sentit soulevée du sol comme une poupée. Elle ne cessa pas pour autant de geindre et de maugréer. Il finit par s'asseoir en tailleur posant Léo entre ses jambes.

« Comment voulez-vous que je la positionne ? »

« Eh oh je peux me positionner toute seule c'est quoi ces manières espèce de grosse brute… pas toi Noko. »

Jumbo esquissa un sourire tandis que Léo fermait les bras en guise de contestation. Elle n'aimait pas trop être soignée en général.

« Ne vous en préoccupez pas, elle fait ça souvent. »
HRP:
 
  
MessageJeu 20 Juil - 14:48
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 303Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
J’allais oublier le plus important. Je dois d’abord stabiliser la cheville de la jeune femme avant qu’elle puisse retourner chez elle. Malgré cela, elle ne pourra pas trop marcher dessus mais cela lui évitera pas mal de douleur tout en permettant à son pied de guérir plus rapidement. Sans rien ajouter, je me lève pour me diriger vers l’amas de branchage qui me sert de maison pour en ressortir avec deux bouts de bois bien solide et un morceau de peau d’animaux bien souple. Avec ça, je devrais être en mesure de fabriquer une attelle comme mon père me l’a déjà montré dans le passé. Je demande d’abord à Léo de positionner sa cheville d’une certaine façon avant de placer les deux bouts de bois de par et d’autre de celle-ci, puis j’entoure le tout avec la peau que j’étire bien pour éviter que cela soit trop serré et désagréable pour elle.

- Voilà. Ça devrait faire l’affaire.

Étant plutôt satisfait de mon travail, je me redresse lentement pour observer la cheville sous un autre angle. J’imagine qu’aujourd’hui ce genre de pratique n’existe plus, mais c’est tout ce que je peux faire pour elle. À l’époque, pour des blessures de ce genre une simple attelle était nécessaire, mais bon... les temps ont changés. Au moins, pour revenir chez elle, ce sera largement suffisant. Avant de partir, je range toutes les choses que j’ai pu sortir depuis notre arrivée, surtout les baies et la viande pour éviter de me les faire manger par un quelconque animal lors de mon absence.

- Ne t’inquiète pas, j’ai déjà réussi à pister de petits animaux comme des écureuils ou encore des oiseaux.

Puis, me concentrant sur une image mentale de la jeune femme j’active mon pouvoir qui transforme d’un coup le monde dans lequel je me trouve. Désormais, tout autour de moi aborde une couleur bleutée, que ce soit l’herbe à mes pieds ou encore les arbres qui se dressent majestueusement un peu plus loin. Même mes yeux ont changé de couleur, passant du brun au bleu en un instant. Grâce à cela, je suis en mesure de revoir le chemin emprunté par Léo et le seul truc qui crée un énorme contraste dans ce monde bleu se trouve au sol. Des traces de pas blanches sont bien visibles et la piste sera facile à suivre selon moi, jusqu’à la prairie où nous nous sommes rencontrés du moins. Sans rien ajouter, je me mets donc en route avec Ozalee qui préfère fermer la marche, impatiente d’être enfin débarrassé de ses importuns.

Je refais le chemin inverse en passant exactement par les mêmes endroits que lors de notre premier passage. La piste est encore fraiche et bien apparente, je n’ai donc aucun mal à me repérer jusqu’à maintenant. Néanmoins, cela se complique un peu une fois de retour à la prairie et je m’avance vers l’endroit où la jeune fille est tombée, soit là où se trouve la dernière piste blanche au sol. Heureusement, un rapide coup d’œil autour de moi me permet de savoir dans quelle direction elle est arrivée, étant donné que certaines branches d’un arbre sont légèrement blanchies. C’est subtil, mais pas assez pour que je puisse passer à côté. La trace blanche s’étend ensuite d’arbre en arbre jusqu’à perte de vue et je dois à nouveau m’enfoncer dans la végétation pour pouvoir la suivre. Quelques minutes de marche sont encore nécessaires avant que je n’aperçoive une clairière à quelques mètres devant nous.

- À partir d’ici, est-ce que tu crois être en mesure de retrouver la, euh... enfin, le truc que tu cherches ?

Je ne sais pas pourquoi, mais une petite voix me dit que je ne devrais pas m’approcher de cette chose, même si j’ignore de quoi il s’agit. C’est peut-être à cause de moi, tiens. Je suis contente de voir que tu te montres raisonnable pour une fois. Ouais bon... je n’ai surtout pas envie de sortir de la forêt. Malgré l’heure matinale, il y a peut-être d’autres personnes qui se trouvent dans la clairière et je n’ai pas forcément envie de me faire davantage remarquer. Pour l’instant, j’attends la réponse de Léo en sachant que je vais peut-être devoir poursuivre la piste si sa réponse s’avère négative.
  
MessageSam 12 Aoû - 18:40
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 161Nombre de RP : 63Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Nokomis semblait être un expert. A l'aide de seulement deux branches et un lambeau de peau, il fit une attelle. Bien sûr ce n'était pas aussi protecteur ou confortable qu'une attelle moderne mais c'était impressionnant de savoir qu'on se rapprochait autant de la médecine moderne avec des connaissances et outils rudimentaires. Il se modéra un peu, une attelle n'était pas quelque chose d'extrêmement compliqué, le but était d'ailleurs tout simple. Il fallait simplement immobiliser la cheville.

Eléonore, dans les bras de Jumbo, se contentait d'observer le jeune homme ranger ses affaires. C'était étonnant de voir quelqu'un dans son quotidien quand ce quotidien était si éloigné de tous les autres quotidiens de la planète. Merlin trouvait fantastique l'idée de trouver une aussi grande altérité aussi proche de soi. Ce jeune homme avait quelque chose d'extra-ordinaire. Il ne s'en rendait pas compte parce que c'était ses normes à lui. Et les gestes se retrouvaient pourtant. Comme quoi les êtres humains restaient semblables peu importaient les modes de vie. Après tout le voir ranger ses affaires avant de partir était similaire à un autre. S'ils faisaient abstraction de l'environnement ç'aurait pu être un même jeune homme mais dans un appartement.

De toute manière malgré toutes leurs différences, Jumbo contrairement à Eléonore, qui n'en avait strictement rien à foutre, se sentait proche d'Ozalee, et dans une moindre mesure de Nokomis. Ils formaient un peuple bien à part.
Jumbo rit intérieurement quand Nokomis compara Eléonore à un « écureuil ou un oiseau » tandis que Léo était aussi excitée que suspicieuse. Quel était son pouvoir ? Suivre les traces, sentir les odeurs, devenir un loup ? Rien ne pouvait l'étonner encore après avoir découvert un indien dans les bois.

Elle l'observait tandis qu'il sembla se changer de l'intérieur. Il sembla changer de monde. L'activation d'un pouvoir était toujours fascinant. C'était pour Eléonore un jeu sans cesse renouvelé. Chacun avait une particularité si unique, les possibilités étaient infinies. Elle trouvait certains pouvoirs rasoirs et inintéressants mais ils changeaient tellement les gens qui les portaient. C'était comme si derrière chaque daemonien se cachait un super héros en puissance.

Elle vit les yeux devenus bleus de Nokomis. Cela lui donnait un air surnaturel et extrêmement badass à son goût. Surtout que ça contrastait drastiquement avec sa peau mate et ses cheveux bruns. Mis à part ça, il semblait rester lui-même et ne pas devenir une sorte de Hulk bleu pisteur.

Ils revint exactement sur leurs pas, Jumbo le suivant de près sans dire un mot, de peur de briser une bulle qui demandait de la concentration.
La jument, toujours extrêmement distante et désagréable, les suivait, fermant la marche. Ils sentaient sa présence, une présence irritée de les voir. Léo leva les yeux au ciel. Elle avait déjà entendu parler des daemons protecteurs, en vérité ils l'étaient tous, mais certains étaient sur-protecteurs. Ils avaient leur raison, que ce soit de mauvaises expériences ou simplement un trait de personnalité. Ça n'empêchait pas Léo de ne pas comprendre. Empêcher son daemon ou son daemonien d'aller vers les autres c'était s'enfermer. Quelle vie ennuyante que de vivre seul… Dès que Jumbo Merlin allait un peu vers les autres, daemons dans la grande majorité des cas, Léo était ravie. Ils étaient liés à la vie à la mort c'était sûr mais ça ne voulait pas dire qu'ils étaient la même personne. Avec les mêmes envies, les mêmes passions, aspirations … Ils se comprenaient mieux que quiconque et c'était justement pour ça qu'ils avaient besoin de neuf, de personnes à voir, avec qui parler, qui pensaient différemment, de nouvelles énigmes, de nouveaux défis.

Arrivés devant la prairie, Eléonore et JM s'arrêtèrent pour laisser à Noko l'espace physique et mental nécessaire pour pouvoir suivre le chemin que seul lui voyait. Pour Léo chaque arbre était le même. Leur randonnée en forêt était agréable et elle se laissait bercer dans les bras de Jumbo. Inconsciemment elle papillonna des paupières pendant quelques minutes.
Il finit par reconnaître les premiers arbres et la clairière dans lequel ils avaient emmené la camionnette.
Nokomis sembla s'arrêter comme s'il ne voulait pas approcher.

« Oui, ne vous inquiétez pas je pourrais retrouver la voiture d'ici. »

Eléonore releva la tête des gros bras poilus de son daemon.

« Ah oui tu bouges pas ! Je vais te donner le numéro. »

Elle disparut alors pendant une trentaine de seconde laissant un silence planer. L'animosité de la jument prenait toute la place. Elle revint avec un sourcil levé sur cette ambiance étrange. D'un stylo noir, Léo griffonna une série de chiffre sur la première page d'un livre. C'était un petit recueil de poèmes connus accompagnés par des illustrations. Une bêtise que Léo avait acheté quelques années auparavant, pensant que ça pouvait l'intéresser, mais elle ne l'avait jamais fini et il avait pris la poussière dans la boîte à gant. Elle lui tendit le livre.

« Bon alors … je te donne le tout, ça te fera de la lecture. J'peux comprendre que t'aies pas envie d'aller fourrer ton nez là bas. Les gens peuvent être cruels et cons et bah tu peux leur donner tous les défauts du monde t'sais les humains c'est pas les plus aboutis. T'es tranquille là. Mais bon un jour j'suis sûre que tu vas avoir besoin de voir un peu de quoi il en est par toi même. Vivre tout seul c'est un peu badant j'imagine. Ce livre là dedans y'a des beaux poèmes, des gens qui écrivent ce qu'ils voient et ce qu'ils sentent, et des belles peintures, des gens qui reproduisent ce qu'ils voient avec des couleurs. Bref les humains peuvent faire des trucs cools aussi. Mais toi t'as l'air d'être un sacré ignorant des humains actuels… alors y'en a peut-être qui vont vouloir profiter de toi… et je sais de quoi je parle moi même j'ai tendance à profiter des gens innocents. Donc, ça pourrait être dangereux. Si un jour tu es perdu mentalement ou physiquement, appelle ce numéro. Je te filerai un coup de main. »

« Nous vous remercions et nous vous souhaitons une très bonne journée. J'espère que ça va aller pour vous ici. »

 « On se reverra bientôt j'en suis sûre. Désolée Oz hein je sais que tu peux pas voir ma tête. Soit pas trop ronchon je t'assure que je peux être sympa ! Et toi Noko c'était un plaisir… tu vas voir que les lumières de la ville vont t'attirer toi aussi … et on peut pas vivre longtemps sans amour comme dirait … euh bah un poète très probablement. »

Elle lui laissa le livre. Jumbo et elle comprenaient qu'il n'avait pas forcément envie de s'aventurer plus loin au risque de rencontrer du monde. Nokomis avait un air d'animal sauvage et il irait à son rythme. Au fond il ressemblait plus à Ozalee qu'il ne paraissait.
Ils étaient presque hors de vue, dans la clairière quand elle lui lança.

 « Au fait … t'en fais pas pour le bruit ! C'est la voiture ! »

C'est vrai que leur vieux truck pouvait faire du bruit en démarrant. Un nuage de poussière se souleva derrière eux tandis que Jumbo conduisait prudemment sur le chemin qui les ramenait à la vie réelle. Eléonore s'endormait déjà sur le siège avant.
Cette rencontre était si irréelle qu'il s'imagina que ç'aurait pu être un rêve. Il emmagasina toutes les images visuelles afin de reproduire une aquarelle de ce qu'ils avaient vu dans ce rêvalité.
  
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