Il est temps de retraverser l'océan

 
  
MessageMar 4 Oct - 20:50
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Date d'inscription : 13/06/2014Nombre de messages : 288Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : MeAvatar daëmon : Ajet
Helena SeagardThere is no sin
except stupidity

Everything with a beginning has an end
Les talons claquaient sur le carrelage, résonnant dans la grande maison vide de monde que j’arpentais. La poussière qui maculait les meubles quelques semaines auparavant avait disparue. Il n’y avait plus aucune trace du délaissement dont notre noble demeure avait été victime. Les couloirs retrouvaient leur gloire d’antan, les tableaux, les cadres et les vases semblaient neufs et la maison était de nouveau telle que nous l’avions connue, Liberty, Canaö, Ajet et moi. Elle était semblable en tous points à mes souvenirs, si ce n’était qu’elle effrayamment vide. Plus d’enfants pour courir, plus de daemon non stabilisé qui se changeait en un autre animal pour un oui ou pour un nom, plus personne pour faire la cuisine, plus personne devant les ordinateurs, les télévisions ou même d’assis dans la bibliothèque en lisant des livres. J’étais à présent seule dans cette demeure, seule avec mon daemon depuis maintenant près d’un an. J’étais partie de Merkeley peu après les évènements qui avaient vus venir la chute du Conseil, ces événements auxquels j’avais participé, ou plutôt que j’avais subis.

Je revivais encore cette soirée, malgré le temps qui s’était écoulé depuis. Je revoyais encore ces morts, je revoyais encore cette arme que j’ai tenue dans mes mains, je revoyais encore le sang sur mon corps. Je ressentais la douleur d’Ajet lorsqu'il s’était fait lacérer par le daemon de cette jeune fille endoctrinée par le Conseil. Cette pauvre fille qui tout comme moi avait bu leurs paroles sans réfléchir, qui s’était fait leurrer mais qui n’avait pas choisi le bon camp lors de cet affrontement. Je ressentais encore la peur, la colère et le désespoir, je ressentais encore le vide qui était resté gravé en moi après ces épreuves. Je ne passais plus une seule nuit sereine pour ainsi dire. Toutes mes nuits étaient agités, tumultueuses, pleines d’angoisses et de terreurs. Je ne trouvais plus le repos depuis que j’avais pris la décision d’intervenir cette fameuse nuit pour protéger Louise. Je pourrais parler à mes proches, il est vrai, m’ai j’ai coupé les ponts avec ces derniers en même temps que mon départ. J’ai essayé pourtant, de rester à Merkeley, de m’accrocher et de ne pas lâcher prise, mais je n’ai pas réussi. La Grande Helena Seagard avait abandonné ce jour-là. Je suis partie, direction la maison, sans adresser d’au-revoir à qui que ce soit. Ni Mali, ni Kelly, ni Liberty et ni Andrew. Aucun d’eux ne reçut de mes nouvelles, aucun. Certains ont essayé de garder le contact mais je n’ai répondu à aucun d’entre eux. J’avais besoin d’être seule, de me retrouver avec mon Âme et de reconstruire une nouvelle relation avec ‘Jet. J’ai cru le perdre plus d’une fois lors de ces événements et il est bien malheureux de réaliser que c’est suite à cela que je me suis enfin intéressée à lui comme auparavant, comme à l’époque où je n’étais qu’une petite chose blonde plus occupée à s’amuser avec ses poupées qu’à attirer l’attention des gens.

Retrouver Ajet et rebâtir une nouvelle relation basée sur la sincérité, la confiance et le respect mutuel entre nous me tenait énormément à cœur. Ce n’est que lorsque l’on est au bord du gouffre qu’on souhaite faire demi-tour, abandonner la mission et ne pas se retrouver dans le vide. Beaucoup n’ont pas cette chance mais nous, nous l’avons eue et je compte bien ne pas la gâcher. Durant les derniers mois, nous nous sommes redécouverts, j’ai appris à respecter et écouter l’avis de mon Daemon tandis que celui-ci apprenait à exprimer réellement le fond de ses pensées. Ensemble, nous avons œuvré pour recréer la maison que nous connaissions enfants. Nous avons commencé des travaux pour remettre à neuf tout ce qui avait été abîmé avec le temps, nous avons pris le temps de redessiner et redonner tout son potentiel au domaine qui entourait notre demeure, choisir des nouvelles variétés d’arbres et de plantes, redéfinir les sentiers et les chemins qui nous permettaient de nous évader, le temps d’un instant, reprendre petit à petit goût pour cette demeure que nous avions fuis durant toutes ces années à Merkeley.
Nous avons eu l’impression de repartir de zéro, de repartir dans une nouvelle vie. Toutes nos anciennes connaissances étaient à présent parties vers d’autres horizons, pour les autres, je n’étais que la demoiselle qui portait le même nom que les grands Seagard qui vivaient dans ces lieux. Cousine éloignée, parente, personne n’avait fait ouvertement le lien entre mes parents et moi ce qui n’était pas pour me déplaire. Je voulais vivre ma vie tranquillement à présent, loin de tout ce qui avait rythmé mes dernières années, loin du carnage et du chaos de Merkeley. La ville était apaisée à présent, d’après les informations, mais je n’ai jamais eu l’envie d’en apprendre plus. Je changeais de chaîne dès que j’entendais un nom familier, je coupais la radio lorsque j’entendais parler du Conseil des Dæmonien, je détournais le regard lorsque je voyais des gros titre concernant notre petit coin perdu des Etats-Unis. Pour moi, tout ceci était derrière moi, tout ceci appartenait au passé et je ne comptais pas retourner outre-Atlantique, là où j’avais tant perdu.

La porte d’entrée se referma derrière moi, tandis que je me rendais au grand portail permettant l’accès à la propriété. Au-dessus de moi, j’entendais le battement d’ailes régulier et lourd d’Ajet. Son ombre se dessina sur la mienne avant qu’il ne se pose à mes côtés, soulevant au passage de la neige. Il marcha auprès de moi, jusqu’à la boîte aux lettres, en silence. Nous n’avions plus besoin de nous parler, la simple présence de l’autre suffisait à nous rassurer, à nous apaiser, ou du moins un instant. Mon regard de glace se posa sur la fourrure d’hiver de mon âme. Qu’il était beau, quand il revêtait son manteau d’hiver, quand sa fourrure se faisait plus dense et longue, quand ses plumes semblaient se fondre avec la neige et que seuls ses yeux d’ors perçaient du regard les environs.

Ma main se posa sur le daemon et empoigna une poignée de poils et de plumes, avant que mes doigts ne commencent à jouer avec la fourrure de Jet, mes doigts s’enroulaient dans les poils, glissaient sur les plumes avant qu’il ne se décide à reprendre son envol brusquement. Il fit quelques battements d’ailes avant de venir se poser à l’endroit où se trouvait avant une statue près du portail d’entrée. Les grilles automatisées se sont ouvertes devant moi, me permettant d’accéder à ma boite aux lettres. Je n’y étais pas allée de toute la semaine mais à part des factures, je n’attendais rien de particulier.

« Helena »

La voix d’Ajet dans mon esprit me fit sursauter. Il semblait stupéfait et surtout indécis. Il semblait partagé entre la joie et la méfiance. Je me suis retournée vivement, reconnaissant à peine la voix qui venait de se frayer un chemin jusqu’à mon esprit.
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MessageVen 4 Nov - 19:02
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Date d'inscription : 08/06/2014Nombre de messages : 1479Nombre de RP : 155Âge réel : 22Copyright : ShiyaAvatar daëmon :
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Papiers dans les mains, Canaö sur son épaule, valise de taille moyenne dans l'autre main, sac sur les épaules, elle attend patiemment son tour dans la queue pour mettre le bagage en soute. Pas de pression, ils sont en avance comme demandé de deux heures. Elle a tout ce qu'il faut pour le voyage, sa musique, des jeux pour que son daëmon ne s'ennuie pas trop, même si elle se doute qu'il va rester scotcher devant les films proposés si ceux-ci l'intéressent. C'est sûr que si l'un d'eux est un dessin animé, on ne pourra pas l'en décoller ! Elle a pris son petit ordinateur, un livre et d'autres choses dont ils pourraient avoir besoin. Alors oui, il y a bien une bouteille d'eau dans la sacoche, mais à moitié rempli, histoire qu'ils l'aient fini avant de devoir la jeter. Elle a aussi son argent sur elle, dans une besace autour du cou sous son haut, histoire d'être sûre de ne pas se le faire voler ou bien de le perdre. La Finlandaise ressent l'impatience du panda roux, est-ce la sienne ou bien son propre ressenti ? Elle est empressée d'être de retour dans son pays natal, mais à la fois elle appréhende ce moment. Ce n'est pas que pour du tourisme qu'elle y va, mais surtout pour aller voir sa sœur, sa très chère grande sœur dont elle n'a pas eu de nouvelles depuis un an. Pas faute d'avoir essayé de la contacter ! Mais rien, ses lettres n'ont jamais eu de réponse. Alors, avec la pause des cours et les quinze jours de vacances devant eux, ils ont décidé de prendre les deux semaines là-bas. Depuis le temps qu'ils n'y sont pas retournés ! En fait, depuis leur arrivée aux États-Unis, ils n'y ont jamais remis les pieds. Elle a hâte de revoir sa patrie. Elle sait que durant cette saison, ou plutôt durant cette période de l'année, la température se fait plus fraîche et il y a des risques de neige. Un petit sourire apparaît sur ses lèvres alors que des souvenirs lui remontent en mémoire. * C'est à nous ma Liby. * * Oh … ! Merci. * lui répondit-elle tout en avançant vers le guichet, sourire toujours sur ses lèvres

Il ne fallut pas plus de quelques minutes avant qu'ils puissent s'en aller, laissant cette étape derrière eux. Il ne reste plus que la douane et l'embarquement à faire. « Ça te dit qu'on aille se manger quelque chose avant de passer la douane ? » « Oh oui ! une crêpe ? Ça te dit ? » « Je sens surtout que ça va être deux crêpes ! » dit-elle tout en passant ses doigts dans le doux pelage du petit panda. Un rapide regard sur les lieux et elle repera deux restaurants, peut-être que l'un d'entre eux sert des galettes. Ils n'eurent pas à aller au second, car le premier en servait des sucrées comme des salées. Victoire ! Avec souplesse, Canaö sauta de l'épaule de sa daëmonienne et vint s'asseoir en face d'elle alors que Liberty déposait son sac à ses côtés, le bloquant avec l'un des pieds de la chaise de manière à ce qu'on ne puisse le lui voler. Rapidement les plats arrivèrent, Canaö ayant hésité pendant un temps entre une crêpe caramel beurre salé et une au Nutella, cédant finalement pour une plus simple, beurre sucre alors que la miss Seagard se prenait une au caramel, sachant pertinemment que son daëmon voudrait y goûter. Rapide coup d’œil sur le portable pour vérifier l'heure, ils ont largement le temps. Ses yeux se promenant sur les lieux, elle écoute Canaö qui d'une voix joyeuse déclara « J'ai trop hâte d'y être ! Et toi ? » « Moi aussi ! » fit-elle tout en allant braquer son regard sur lui avant de lui découper des morceaux de sa galette et d'ensuite commencer à manger la sienne. Il faudrait le laver un peu avant qu'ils s'en aillent, car il est sûr qu'il s'en mettra sur lui.

« Quand est-ce qu'on décolle ? » demande-t-il une nouvelle fois. La Finlandaise pousse un soupir et lève les yeux au ciel. Elle adore son daëmon, mais là, il a posé la question il y a même pas cinq minutes, accentuant un peu plus son côté enfantin. Elle sait qu'il ne le fait pas volontairement, mais avec cette demande qu'il répète régulièrement, elle se dit que le vol va être long « Nous sommes sur la piste de décollage Canaö, on ne va pas tarder. Arrête s'il te plaît et tiens-toi tranquille. » elle mâche un chewing-gum en prévision du moment où ils seront dans les airs. Hélas, elle ne peut pas en donner au petit panda, par peur que cela lui fasse du mal. Elle avisera une fois dans les airs. Son regard va vers l'extérieur, ils sont les suivants. Ses yeux se posent sur son livre, elle voudrait finir sa page et c'est dur avec un panda qui fait bien savoir qu'il est excité par ce voyage et un peu trop impatient de le commencer. Les heures vont être longues et elle sait qu'au bout d'un moment, il va finir par en avoir marre. Liberty décide donc de l'ignorer, impossible pour elle de mettre son casque sur ses oreilles, les appareils électroniques ne devant pas être utilisés durant le décollage. Son attention remonte vers l'engin lorsqu'elle sent que les roues se détachent du bitume « Tu vois, c'est bon, on décolle. Comme je te l'ai dit. » « Tu crois que c'est quand qu'on aura les films ? » « Je ne sais pas, s'il te plaît, j'aimerais lire. » marmonnement du panda roux qui aurait souhaité qu'elle s'intéresse un peu plus à lui, mais il accepte de la laisser tranquille, prenant son mal en patience. La pensée qu'il sera plus préférable qu'il porte le casque et elle les écouteurs, lui traverse l'esprit. Bah, ils n'y sont pas encore, ils sont en train d'aller vers leur altitude croisière.

La patte de Canaö tapote l'un des bras de Liberty, il fait nuit et la plupart des passagers dorment, mais lui il n'y arrive pas. Pas qu'il ne soit pas fatigué, mais c'est qu'il a une envie pressante et il ne peut pas aller se soulager sans l'aide de sa daëmonienne. Il trouve ça un peu ridicule et a surtout plutôt honte de lui demander de l'aide, parce qu'il peut bien faire pipi tout seul, mais c'est qu'il est incapable d'ouvrir et fermer la porte et puis, il se prépare mentalement à affronter les toilettes pas forcément agréable d'un avion. Il espère tout de même que celle-ci soit propre ou en tout cas, pas collante. Car il va bien falloir qu'il monte dessus et il refuse de demander à Liberty de le tenir. Par contre, ça serait bien que sa daëmonienne se réveille, il sait que lorsqu'elle dort, il pourrait y avoir une fanfare juste à côté d'elle eh bien, une fois sur deux, le bruit ne la réveillerait pas. Et là, il a bien peur que ça soit la fois où elle ne se réveille pas facilement. Poussant un soupire, il se met sur ses jambes et essaye d'insister un peu plus avec les deux pattes de devant * Eh, Liby, faut que j'aille faire pipi. Réveille-toi, s'il te plaît. J'veux pas me faire dessus. * après deux petites minutes à persévérer, il voit des signes de réveil et finalement, les paupières de la Finlandaise s'ouvrent, ses yeux venant se poser sur lui « Qu'est-ce qu'il y a ? » demande-t-elle d'une voix ensommeillée * Pipi ... * pas question qu'il le dise à voix haute ! Elle s'étire, soupire puis se lève, prenant l'animal dans ses bras avant de le déposer sur le sol, le suivant jusqu'aux toilettes qu'elle ouvre, le laisse rentrer « Tu as besoin de moi ? » « Non non, merci. » elle ferme la porte, faisant le guet ou plutôt, empêchant quiconque de rentrer pendant que le panda roux se soulage. À peine quelques instants après, elle entend sa voix résonner sans sa tête * C'est bon ! * elle ouvre, actionne la chasse d'eau, veille à laver les pieds de son âme puis se rince à son tour ses mains. D'un accord silencieux, Canaö vient se rouler en boule sur les genoux de sa daëmonienne, se rendormant tous les deux rapidement. Encore plusieurs heures avant qu'ils atterrissent dans leur contrée natale.

« Liby, y a de la neige ! regarde ! Y a de la neige ! » « Oui oui, je regarde mon Cana', je regarde. » L'excitation du petit panda se mêle à la sienne, tous deux sont émerveillés par les flocons qu'ils voient mais sont surtout impatients de descendre de l'avion. Ça y est ! Ils sont chez eux ! Parce que même si cela fait plusieurs années déjà qu'ils habitent à Merkeley, la Finlande reste chez eux. Ils y ont grandi, vécu. Le soleil se lève sur leur pays natal, un sourire est bloqué sur les lèvres de la belle à la chevelure colorée. En fait, pas si coloré que ça, car elle n'a que quelques mèches de couleurs, laissant le reste de ses cheveux à l'état naturel, soit le blond. Ce n'est pas pour faire plaisir à Helena, mais pour elle-même, parce que oui, elle est tout à fait capable d'avoir un style moins … nuancé. Elle a bien dormi et se sent reposée, enfin, aussi reposée que possible lorsqu'on a dormi dans un pareil appareil avec un siège qui ne remplace en rien un lit. Bah, elle dormira mieux ce soir. Dans sa tête, ses plans pour la journée, ou en tout cas, pour une partie, sont déjà bien fixés. Après qu'ils seront sortis de l'aéroport, ils iront à l'hôtel, histoire de déposer leurs affaires dans la chambre – si celle-ci est prête, au pire, ils laisseront leurs bagages là-bas – puis ils iront faire un tour dans les alentours avant de … son esprit bute et l'angoisse revient à la charge. Inspiration, expiration, inspiration, expiration, tout ira bien. Ce ne sont que des retrouvailles après tout. Ce n'est pas parce qu'elles se sont séparées en de mauvais termes, que forcément ça va mal se passer. Du temps s'est écoulé depuis la dernière fois que les deux Seagard se sont vues, et même si Helena n'a jamais répondu à ses lettres, Liberty ne désespère pas. De toute manière, aujourd'hui, elle mettra au pied du mur sa grande sœur, pour au moins savoir si elle va bien. Si celle-ci souhaite toujours continuer à n'avoir aucun contact avec elle, la jeune femme se résignera – peut-être – à passer la suite de son séjour sans chercher à approcher son aînée. Peut-être.

La Finlandaise ne ressent plus les séquelles qu'a laissées ce moment où il a été question de survie vers la chute du Conseil. Ça, elle n'en a pas parlé à Helena et pourtant, ça la concerne. Parce que le clone qui a tenté de la tuer, de les tuer, était sa sœur ainsi que son daëmon. Ce jour-là, Canaö a fait preuve de beaucoup de courage, il aurait pu aller se cacher, mais non, il a tenté de défendre comme il le pouvait avec sa petite taille sa daëmonienne. Plantant griffes et crocs dans la copie du griffon, à défaut de pouvoir l'aider directement. Et puis, l'animal avait décidé qu'il supprimerait le panda roux, alors Canaö avait bien dû agir pour sa propre survie en plus de celle de Liberty. Pendant de longues semaines, l'un et l'autre avaient eu des problèmes de sommeil, avaient ressenti du stress sans savoir pourquoi. Même si elle en allait de sa vie, Liberty n'avait pas pu se résoudre d'abattre sa sœur, non, elle ne pouvait tout simplement pas ôter la vie à quelqu'un et encore moins celle de sa sœur. QI supérieur à la moyenne ou pas, se résoudre à l'idée que tout ceci n'était pas réel avait été dur pour elle. C'était simplement un affreux cauchemar qu'elle avait vécu dans la vie et non pendant qu'elle dormait.

Sagement, ils attendirent que la plupart des passagers de l'avion fussent descendus pour pouvoir se lever à leur tour. Ainsi, ils avaient moins de risques que le daëmon soit touché. Mais cela voulait dire qu'ils ne seraient pas les premiers dans la file pour la douane. Bah ! Tant pis ! Ils ne sont pas si pressés que ça ! Quoique ! Canaö a hâte de sortir de l'avion et de pouvoir poser officiellement une patte dans sa contrée d'origine. Et puis surtout, pouvoir s'amuser avec la neige. Ouais, sur le moment présent, c'est surtout la neige qui l'intéresse. Prenant son sac, la bio-kinésie vérifie de n'avoir rien oublié, enjoignant au panda flamboyant de vérifier sous leurs sièges s'il n'y a rien. La seule chose que trouva son daëmon fut une pilule du lendemain que leur voisine avait dû laisser tomber, en tout cas ce n'était pas à elle ! Par contre, elle eut droit au questionnement de son âme qui n'avait aucune idée de ce que c'était, elle lui donna une réponse vague qui suffit à calmer ses interrogations. Après cela, ils purent prendre la direction de la sortie, souhaitant une bonne journée aux hôtesses et stewards qui sont encore présents. Elle s'arrête juste après être sortie, sa tête se tourne vers l'une des vitres plastifiées, observant la neige à l'extérieur et le personnel de l'aéroport qui travaillent. Ils sont chez eux. Ils sont à la maison. Un sourire fleurit sur ses lèvres alors qu'elle reprend la marche, Canaö trottinant devant elle, bien content de pouvoir se dégourdir les pattes. Il fait froid, elle le ressent d'ici, mais ça ne la dérange pas, de toute manière, elle est couverte et son daëmon n'a pas à s'en faire pour la température presque hivernale grâce à sa fourrure qui le protège.

C'est avec une certaine joie que la jeune femme déclare qu'elle est en partie là pour le tourisme et Canaö répliquant qu'ils sont surtout de retour chez eux. Elle la sent la joie, le bonheur du panda, trop heureux d'être de retour. Elle souhaite à nouveau une bonne journée à l'agent avant de s'en aller, valise dans une main, son âme continuant à marcher non loin d'elle. Aux États-Unis, elle a déjà changé un peu d'argent avec la monnaie de la Finlande, histoire de ne pas être en rade dès l'arrivée. D'un coup d’œil, elle regarde les tarifs proposés, rien d'intéressant. Elle espère avoir assez d'espèces pour payer le taxi jusqu'à l'hôtel. Ce n'est pas un grand hôtel, pas un de luxe, mais d'après les avis sur internet il est très bien et puis surtout, il n'est pas si cher que ça. Parce que pas question qu'elle se pointe dans la maison qui l'a vu grandir pour s'y installer alors qu'elle n'a pas vu Helena depuis des mois. Ce serait trop intrusif, trop … direct. Quelque chose comme ça. Et puis, ça leur donne aussi plus d'indépendances, pas qu'ils ne l'étaient pas en présence de leur aînée, mais les choses ont changé, maintenant ils vivent dans un studio en collocation avec d'autres étudiantes, ce n'est vraiment plus comme avant. Une fois dehors, Canaö pousse une exclamation et se précipite vers un monceau de neige encore blanche, si jetant presque « Liby, y a de la neige ! Genre, y a de la neige quoi ! » « Tu auras tout le temps de t'amuser plus tard, on se prend un taxi, on fonce à l'hôtel puis on va faire un tour. Je suis sûre qu'il y en aura dans les rues. » « Genre, tu crois qu'on pourra faire un bonhomme de neige ? » dit-il tout en revenant vers elle « On verra. » D'un geste, elle fait un signe à un véhicule qui vient s'arrêter devant elle. « Bonjour monsieur, tenez, nous souhaiterions aller ici s'il vous plaît. » Ça fait du bien de parler finlandais à une autre personne que son âme. Le trajet est agréable, converser dans sa langue avec le chauffeur très sympathique et bien content de pouvoir parler à quelqu'un de son pays, elle lui laisse même un petit pourboire. Canaö lui aussi ne s'est pas ennuyé, il a conversé avec la daëmonne de l'homme, un chat couché sur le siège passager. Pour lui comme pour elle, leur séjour commence déjà bien.

Leur chambre, comme elle le pensait, n'est pas prête. Tant pis, ce n'est pas bien grave, elle laisse donc sa valise à l'accueil, y laissant une partie de ses affaires, y remettant un cadenas. Tout de suite son sac est moins lourd, de toute manière, il n'est pas bien imposant, mais autant transporter juste le nécessaire. Elle se renseigne sur les boutiques et autres échoppes alentour, cherchant à savoir s'ils peuvent se prendre un petit déjeuner à l'extérieur. On leur propose aimablement de le prendre au sein de l'hôtel, mais ils ont tellement envie de parcourir les artères d'Helsinki qu'ils refusent poliment. D'un bon pas, Canaö s'amusant de temps à autre avec la neige, ils vont vers une place où paraît-il, il y aurait des cafés et boulangeries/pâtisseries. L'odeur sucrée des repas du matin leur arrive finalement aux narines et leurs estomacs gargouillent en harmonie. Pas question de rester en terrasse, il fait froid, ses yeux se promènent sur les propositions des bistrots. Bon, ils opteront pour une boisson chaude, puis iront se prendre quelque chose à manger autre part. Le chocolat chaud du panda roux est servi dans un bol qu'il s'empresse de laper alors qu'elle sort son livre. Rien ne presse, il n'est même pas midi. Tout en lisant, elle sirote sa propre boisson qui au final, est la même que son âme. Au bout d'un moment, elle finit par payer la note et s'en aller, précéder par Canaö. Avec satisfaction, elle remarque un bureau de change qui semble proposer de bons taux, en plus de cela, il n'y a pas beaucoup de monde. Elle s'occupe de troquer billets américains avec ceux de la Finlande alors que son daëmon l'attend à l'extérieur. Après cela, ils peuvent enfin se diriger vers une boulangerie qu'ils ont remarqués avant d'aller prendre un verre. Ressortant plusieurs minutes plus tard avec un sachet rempli de Korvapuusti, de petits pains à la cannelle, mets qui leur a manqué en Amérique, même s'ils ont eu l'occasion d'en manger à quelques rares occasions. Elle en déchire un morceau, s'accroupit et le donne à Canaö qui s'empresse de l'engloutir alors qu'elle croque dans le reste du premier bun.

Est-ce qu'elle a prévenu sa sœur de leur arrivée ? Non. De toute manière, ça servirait à quoi ? Celle-ci ne daigne pas lui répondre et cela fait depuis deux-trois mois que Liberty ne lui a plus envoyé de lettres. Elle avait bien prévu de le faire, malgré le manque de réponse, histoire de la tenir au courant, mais elle a été occupé. Et puis tant pis ! Tant pis si elle le prend mal, qu'elle s'offusque ! Elle est mal placée pour s'en prendre à elle alors qu'elle n'a même pas pris la peine de lui donner de ses nouvelles alors que Liberty lui en réclamait. Malgré les problèmes et les tensions dans leurs relations, ni l'une ni l'autre ne peut ignorer leur lien, elles seront toujours sœurs. Ses mains sont renfermées sur le haut du sachet de pâtisseries, il en reste quelques-unes. Peut-être que cela aidera à enterrer la hache de guerre . Heureusement qu'il y a un sac en plastique, c'est bien plus facile à transporter. Ses yeux regardent le décor qui défile alors que le taxi roule vers cette maison qui les a vus grandir. Une boule s'est formée dans sa gorge, elle espère que ça se passera bien, c'est tout de même sa grande sœur et malgré leurs disputes et conflits, ainsi que leurs divergences d'opinions, la jeune femme à la chevelure colorée ne peut qu'aimer son aînée. Mais celle-ci la porte-t-elle toujours dans son cœur ? C'est bien clair qu'avec le manque de retour, Helena ne souhaitait avoir aucun contact, Liberty espère que sa colère s'est apaisée. Ses lèvres se pincent, elle reconnaît les lieux, ils ne sont pas encore au niveau de la demeure, mais elle reconnaît les rues malgré les quelques changements qui ont été effectués. C'est une partie de sa vie ici. Canaö a perçu sa nervosité et a posé sa tête contre elle * Ça va aller. * et si elle n'est pas là ? Ou si elle refuse de lui ouvrir ? Que faire ? Elle sent son cœur battre dans sa poitrine. Et si ça se passe mal ?

Liberty ne s'attendait certainement pas à la voir, là, sous ses yeux, si rapidement. Dans son idée, elle appuyait sur le bouton de la sonnerie et puis … et puis voilà. Elle n'imaginait pas qu'une telle coïncidence ferait que sa sœur sortirait alors qu'elle-même était sur le trottoir, le doigt en suspens à quelques millimètres de l'interrupteur. Et puis, Ajet posait à l'endroit où une statue était auparavant, telle une ombre sur eux, imposant, impressionnant. « Bonjour ... » fit-elle, les yeux encore ouverts de surprise de la voir là, si rapidement, ce n'est vraiment pas comme ça qu'elle avait imaginé retrouver sa sœur « Salut ! » dit Canaö d'une voix enjouée, pas du tout dérangé par les circonstances.
  
MessageDim 6 Nov - 18:16
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Ces deux voix m’étaient familières mais semblaient si lointaines. Comme ces voix que j’entendais en boucle dans mon sommeil, ces voix de personnes que je n’avais pourtant jamais rencontrées dans ce monde mais qui habitaient mes songes. Les deux voix qui s’étaient frayées un chemin jusqu’à mes oreilles, étaient cependant des voix qui m’étaient bien connus dans ce monde et pour cause, c’étaient celles de ma sœur et de son daemon. La première chose que j’ai remarqué en me tournant vers eux, ce ne fut pas l’expression qui figuraient sur leurs visages, la démarche qu’ils adoptaient tous les deux et ce qui trahissait donc aisément une soi-disant joie qui était cachée par de la crainte ou du doute. La première chose que j’ai remarqué, c’est que ma chère Liberty avait enfin laissé tomber cette lubie pour avoir une chevelure toujours plus colorée qu’un arc-en-ciel. Elle était revenue à sa couleur naturelle, enfin, si admettait que cette dernière était bien sa coloration d’origine. Avec toutes les teintures et les décolorations successives que sa chevelure avait subie, il était fort probable que cette dernière ait gardée des séquelles de tous ces produits plus chimiques les uns que les autres.

Même si je ne l’ai pas montré de suite, trop surprise pour le faire, j’étais heureuse de la voir. Heureuse de la revoir dans un pays qui n’avait pas vu tout de nos récents conflits, sur notre terre natale, loin des querelles qui nous avaient opposées à Merkeley, loin du l’Université, de notre villa, des Rebelles et des Pro-Conseils … Loin de toutes ces choses qui nous avaient détruites au fil des années.

« Liberty ! »

Un sourire trouva enfin un chemin sur mon visage perturbé et je me suis avancée vers ma sœur avant de la prendre dans mes bras. Cela faisait des années que je ne lui avais pas montré un soupçon d’affection spontanée et sincère.

Ajet descendit de son perchoir d’un bond pour se trouver auprès du Panda Roux. Il donna un coup de tête amical à l’ailurus avant de le saluer, majestueux comme à son habitude. Il était heureux de revoir son frère après tout ce temps et tous ces conflits.

« Comment allez-vous tous les deux ? »

J’ai desserré mon étreinte pour regarder de nouveau ma sœur. Elle avait changé depuis le temps, en bien, pour une fois ai-je souligné mentalement, sans vouloir prononcer à voix haute des mots qui pourraient de nouveau causer des conflits entre nous.

Tenant toujours mon courrier dans mes mains, je regardais brièvement les expéditeurs tout en écoutant ma sœur. Un nom m’arracha un bref froncement de sourcils mais je me suis reprise presque aussitôt. N’ayant cependant nullement écouté ma sœur, je fus obligée de lui demander de répéter ce qu’elle venait de dire, me forçant cette fois-ci à l’écouter, tout en essayant vainement de chasser de mon esprit ce que je venais de lire. Il ne fallait pas que j’y accorde trop d’importance, du moins pas tant que Liberty était là.

« Tu veux rentrer ? Nous serons mieux au chaud pour discuter. »

J’avais hâte de lui montrer tout ce que j’avais fait dans la maison, de lui montrer que les mois passés ici n’avaient pas été vains et que cette maison ressemblait de nouveau à celle dans laquelle nous avions grandis tous les huit.
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MessageLun 7 Nov - 19:49
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Dans sa tête, elle s'était fait plusieurs scénarios, tels que le fait qu'elle puisse sonner au portail et sa sœur refusant de lui ouvrir. Celle-ci ne lui ayant donnée aucune nouvelle depuis près d'un an, c'était un déroulement tout ce qu'il y a de plus logique selon elle. Liberty ne s'attendait sûrement pas à tomber nez à nez avec Helena et son daëmon. Une belle coïncidence qui la surprend et la laisse déboussolée. Comment réagir à présent ? Que lui dire ? Elle s'était répété des paroles dans sa tête plus d'une fois, mais là, elle avait tout oublié. Et elle fut encore plus étonnée lorsque son aînée vint la prendre dans ses bras, cela fait depuis si longtemps qu'elles n'ont pas eu de telles actions, quoique, avec Liberty, il est facile pour elle de prendre quelqu'un dans ses bras. Mais pour le coup, trop surprise, plusieurs secondes passèrent avant qu'à son tour, ses membres viennent serrer Helena. Les câlins ça fait du bien. Bien sûr, elle est contente de la voir et heureuse de pouvoir avoir une telle étreinte avec elle, mais il n'en reste pas moins qu'elle ne se voyait vraiment pas être dans une telle situation. C'est trop inattendu pour elle qu'elle est encore très désorientée. C'est avec regret qu'elle sent sa frangine se séparer d'elle, mais avec un faible sourire – un peu timide – sur ses lèvres, elle l'écoute leur demander comment ils vont. Comme si de rien n'était. Ça lui fait tellement étrange … malgré le fait qu'elle est les hanses du sac en plastique dans l'une de ses mains, elle n'hésite pas, dans un certain réflexe ou besoin de la toucher pour être sûre qu'elle est bien dans la réalité, de prendre ses mains dans les siennes. Et alors qu'elle ouvre la bouche pour lui répondre, s'est Canaö qui la prend de vitesse. Certes, il est content lui aussi de les voir et de remarquer qu'ils ont l'air d'être en bonne santé et il a été ravi d'avoir ce contact avec Ajet, mais il ne peut se contenir. « On va bien, comme on l'a dit dans nos lettres. Tu les as lu au moins ? » dit-il sur un ton agressif

Les yeux de la miss Seagard vont vers son daëmon, surpris par son comportement. Certes, elle le savait déjà assez remonter de n'avoir jamais eu de réponses à leurs lettres, mais jusqu'à présent, en tout cas durant le trajet et les jours avant le départ, il n'avait pas l'air aussi virulent. Il a bien caché son jeu ! Ses mains ayant lâché celles de sa sœur, son regard retourne vers elle « Nous allons bien et vous, comment allez-vous après tout ce temps ? Tu vas bien ? » demande-t-elle, essayant de faire comme si le panda roux n'avait jamais été acerbe envers Helena. Vraiment, elle était heureuse de la voir, surtout qu'elles ne se sont pas vu depuis un an. En plus de cela, elles ne sont pas quittées en bons termes, mais au premier abord, il semblerait que sa sœur lui ait pardonné ses écarts de conduite qui n'allaient pas dans son sens. Mais ce n'est pas parce que le même sang coule dans leurs veines et qu'elles ont grandies ensemble, qu'automatiquement les deux Seagard ont les mêmes idéaux, ce qu'avait bien démontré Liberty en refusant de se recenser pendant longtemps. La séparation que leur avait infligée le Conseil en expulsant les rebelles de la ville a beaucoup affecté la Finlandaise, mais éloignement de ces derniers mois lui a fait beaucoup moins de mal que durant la précédente. Ça fait tellement de bien de la voir, de pouvoir la toucher et qu'elle ait l'air de ne pas être en mauvaise santé. La surdouée espère bien avoir des réponses à ses interrogations, surtout sur le pourquoi qu'elle n'a voulu avoir aucun contact avec elle. Liberty comprend bien qu'au début, celle-ci n'a peut-être pas voulu lui répondre, mais après un an … tout de même ! Mais le plus important c'est qu'elle semble ne plus en vouloir, avoir enterré la hache de guerre.

Pincement de lèvres et mince sourire lorsque Helena lui demanda de répéter les propos qu'elle venait de tenir. Y avait-il un problème ? « Comme je te le disais, nous allons bien mais et vous, comment allez-vous ? comment vas-tu ? Je veux bien, merci. » « Bien sûr qu'on va rentrer ! C'est encore chez nous, merci ! » fit Canaö sur le même ton agressif, et sans attendre la moindre réaction de la part des trois Finlandais, il rentre dans le parc d'un pas résigné avant de se mettre à trottiner direction la maison « Ne lui en veux pas, s'il te plaît. Il était très inquiet de n'avoir aucune nouvelle de vous et il a mal pris que vous ne nous répondiez pas. Mais il est content d'être ici et de vous voir, je t'assure. Juste, ça ne se voit pas forcément ... » assure-t-elle tout en regardant la boule de poils orange s'éloignait d'eux. C'est un comportement inhabituel chez le panda roux et que Liberty ne lui connaît pas. À moins que sa vision soit faussée par le fait qu'elle le voit plus comme un grand gamin et qu'elle a du mal à concevoir qu'il ait de telles réactions et qu'il puisse parfois être plus mature qu'il ne l'est d'habitude. « On a acheté des korvapuusti, bon, on en a mangé, mais il en reste ! Ça vous tente ? » dit-elle tout en soulevant un peu la sacoche contenant les pâtisseries.
  
MessageMar 7 Fév - 19:26
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Depuis combien de temps n’avais-je pas pris la peine d’ouvrir le courrier provenant de Merkeley ? Depuis combien de mois n’avais-je pas ouvert les lettres écrites par Liberty et Canaö ? Je répondais à quelques messages de temps en temps mais toutes les enveloppes sur lesquelles ma sœur avait apposé sa plume n’avaient pas été ouvertes. Je ne voulais pas en savoir trop sur ce qu’il se passait sur l’autre continent. Je ne voulais pas en savoir plus que nécessaire. J’avais vécu mon départ comme un abandon, comme une fuite face à des évènements qui me dépassaient et qui m’avaient mise à terre. Toutes mes croyances, mes idéaux, toutes ces raisons qui me poussaient à me lever le matin, en pensant que je participais à quelque chose de grandiose, que j’apportais ma pierre à notre Cause n’étaient au final rien de plus qu’un tissu de mensonges. Moi, la grande Helena je m’étais fait avoir depuis le début de cette histoire. Trop aveuglée par mes envies de succès et par mon égo démesuré, je m’étais laissée endoctrinée et j’étais devenue un beau chien de garde, prête à défendre mes Maîtres au prix de ma propre vie. Il avait fallu qu’on s’en prenne à la fille de mon voisin, la fille de Mali pour qu’enfin j’ouvre les yeux. Nous sommes sortis victorieux de cet affrontement, mais j’avais perdu tellement ce soir-là.

J’avais la moitié de mes proches à dos et j’en voulais à mort à la seconde partie. Je n’avais plus rien à faire aux Etats-Unis, je n’avais plus envie de sortir pour croiser les regards désapprobateurs ou alors fuyants des personnes que je croisais, je voulais pour une fois me fondre dans la masse. Je ne voulais plus qu’on parle de moi comme étant la Finlandaise, la Pro-Conseil ou la Sœur de la Rebelle. Je voulais juste que pour une fois, ma présence soit oubliée, mais avec tout ce que j’avais fait, il n’y avait plus de retour en arrière possible pour moi. Alors j’ai choisi de fuir, de reprendre de loin les affaires de Papa pour commencer, avant d’essayer de m’atteler sérieusement à la tâche. Depuis la disparition de nos parents, nous ne nous étions occupées que très peu de la compagnie de Papa et il était temps de changer cela. Si je voulais remettre de l’ordre dans ma vie et dans celle d’Ajet, il fallait que je commence par ce qu’il y avait de plus proche de moi.

Les nouvelles n’étaient pas vraiment bonnes concernant la compagnie. Notre détachement avait été remarqué par les actionnaires et ce qui s’apparentait au début à une absence due au deuil s’est transformé en désintéressement total selon eux et je me devais de leur prouver le contraire, pour que le travail de toute une vie ne soit pas vain. Il y avait du travail, c’est vrai, mais je n’avais pas peur. J’allais tout mettre en œuvre pour que Papa soit fier de nous, à son retour. Malgré toutes ces années, je refusais de croire qu’il était mort. Il était quelque part, je le savais. Jamais il ne nous aurait laissées sans un adieu, pas lui.

J’ai éloigné les lettres de mon regard après avoir entendu la réflexion cinglante de Canaö, sans rien ajouter. Mon regard de glace croisa celui d’Ajet et sans un mot, nous nous sommes compris. Je ne soulèverai pas les propos du Panda Roux, pour la trêve que nous étions en train d’instaurer entre Liberty et moi, pour la peine que je leur avais infligée et la rancœur qui m’avait habitée durant tous ces mois. Ils avaient fait un pas vers nous en venant aujourd’hui et je ne pouvais pas leur cracher au visage ainsi, pas une fois de plus.

Perdue dans mes pensées de nouveau, je n’écoutais pas ma sœur, la forçant à répéter ce qu’elle était en train de me dire. Il fallait que je me reprenne, juste le temps de sa présence en Finlande. Après son départ et celui de son daemon, j’allais pouvoir laisser les problèmes rejaillir et les gérer les uns après les autres, mais pour le moment, seuls Liberty et Canaö devaient avoir de l’importance à mes yeux, à nos yeux ai-je corrigé en regardant le Griffon au plumage d’hiver.

« Nous allons bien, merci. Le retour a été très appréciable, la Finlande nous avait énormément manquée en fin de compte. »

Notre maison, nos racines, toute notre enfance, adolescence et plus encore se trouvaient ici. Notre vie avant l’Amérique était là et il était temps pour ‘Jet et moi de nous en souvenir. Nous avons commencé à nous diriger vers la maison et le portail se referma derrière nous. Ajet sauta de son perchoir pour atterrir dans la neige et nous suivit à pas lents. Je ne savais plus à quand remontait notre dernière promenade dans le domaine familial, je ne me souvenais plus de la dernière fois où nous étions réunis, tous les quatre mais une chose était sûre, cela faisait une éternité ! Liberty me proposa des korvapuusti et j’en ai pris un plus pour lui faire plaisir que par faim. En croquant dedans, cela me rappela inévitablement ceux que faisaient notre mère, à chaque veille de rentrée scolaire, « Un peu de douceur avant de retourner en classe » comme elle nous le répétait tout le temps, même si l’école était loin d’être un calvaire pour nous.

« Merci Liberty, ça faisait longtemps que je n’en avais pas mangé. »

J’ai envoyé la moitié de la pâtisserie à Ajet qui l’a gobé d’un coup de bec. Il adorait toujours autant la cannelle et les pâtisseries, ce qui était assez surprenant lorsqu’on voyait le gabarit de mon daemon. Une fois devant la porte d’entrée, nous sommes rentrés et j’ai regardé le visage de ma sœur. Que pensait-elle de la maison ? Avait-elle remarqué tous les efforts que j’avais fait pour la rendre comme avant, pour avoir l’impression que malgré toutes ces années à la délaisser, elle était restée la même ?

J’ai posé les lettres que je tenais encore sur la petite table à courrier à l’entrée de la maison puis je me suis retournée vers le duo. Après lui avoir laissé quelques instants en silence je l’ai invitée à me suivre dans la cuisine avant de sortir une casserole pour faire bouillir du lait.

« Un chocolat maison, ça vous dirait ? » lui ai-je demandé en sortant les mugs.

Ajet s’allongea sur le tapis non loin de la cheminée allumée, dans le petit salon qui jouxtait la cuisine. Tandis que le lait chauffait tranquillement, je regardais en silence Liberty. Même si je m’étais adoucie ces derniers mois et que je n’avais plus cette rancœur et cette colère en moi, je n’étais pas devenue pour autant stupide. Je savais que sa visite n’était pas de la pure courtoisie et qu’il y avait une raison à sa présence ici, aujourd’hui.

« Je ne t’ai même pas demandé quel bon vent vous a amené ici, sister. Que se passe-t-il ? »
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MessageVen 17 Fév - 2:37
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La Finlande leur avait manqué à eux aussi, fut la pensée qui traversa l'esprit de Liberty en écoutant la réponse de sa sœur. Elle est contente d'apprendre que celle-ci va bien. Mais est-ce une façade ? Des mots juste pour la rassurer ? Si c'est ça, elle ne sait pas comment aborder le sujet pour lui faire avouer la vérité. Elle est quand même sa petite sœur et elle a le droit de savoir si son aînée va mal ou non. Ses yeux glissent vers Ajet avant de revenir vers Helena. Il semblerait qu'elles enterrent la hache de guerre, en tout cas, Helena ne l'a pas envoyé bouler et a même semblé heureuse de la voir. Hypocrisie pense Canaö, quant à Liberty, elle ne cherche pas plus loin que la joie de sa sœur, parce qu'elle aussi est contente de la revoir. Ça fait si longtemps et ça fait tellement du bien d'être de retour chez soi. Parce que même si elle a à présent un « chez elle » au campus et que cela fait depuis plusieurs années qu'elle habite à Merkeley, il n'en reste pas moins que la Finlande est son véritable chez elle. Contrée qui lui a tant manqué. Rentrer dans le domaine familial lui fit étrange, cela faisait depuis tellement de temps qu'elle n'était pas venue ici. Un sourire apparut sur ses lèvres. Ça faisait du bien d'être chez soi. Parce que même si Helena est l'aînée, que leurs parents ne sont plus là, il n'en reste pas moins qu'ici, c'est encore chez elle. Quelques souvenirs de son enfance lui remontent en mémoire alors qu'ils se dirigent vers la demeure. Si seulement elle pouvait retourner dans le temps pour les revivre.

Ça n'a pas toujours été facile pour elle, n'étudiant par à l'école mais à la maison. Cela ne l'empêchait pas de recevoir les cours dès le début du mois de septembre, lorsqu'elle n'eut plus de professeurs pour venir lui donner des cours. Et pourtant, elle aurait tant aimé grandir comme sa sœur, à l'école, au collège puis au lycée. Enfin, avec leur arrivée aux États-Unis, la bio-kinésiste a découvert les joies des cours collectifs. Aujourd'hui encore, elle va toujours en cours, mais cette fois-ci à l'université. Elle a redoublé à cause de la grosse partie de l'année qu'elle a passée à l'extérieur de Merkeley avec les autres rebelles, mais à présent, elle est en année supérieure et sa discipline lui plaît toujours autant. À peine rentrée dans la maison, Liberty s'arrête et observe autour d'elle, un sourire effleurant ses lèvres. * Nous sommes à la maison. * sont les mots qu'elle adresse à son daëmon * Oui, ma Liby. * lui répond le panda roux, se sentant tout aussi bien que sa daëmonienne. Ils ont un sentiment de déjà-vu, en cet instant, ils se sentent bien, apaisés et leurs pensées sont loin d'Helena, elles sont toutes entières à l'habitation. « On dirait que rien n'a changé, hormis l'extérieur .... » dit-elle d'une voix qui lui semble lointaine. Elle a envie de visiter la demeure, redécouvrir les lieux, retrouver sa chambre, celle de sa sœur, traverser toutes les salles où fourmillent tant de souvenirs. Son attention revient vers sa sœur lorsque celle-ci l'invite à la suivre jusque dans la cuisine. Canaö prend les devants, voulant ainsi montrer qu'il se souvient lui aussi des lieux et qu'il sait encore où est la cuisine. Mais est-ce son esprit ou son estomac qui arrive à le repérer ?

« Oui, merci. » « Si tu as des marshmallows, ça serait encore mieux! » « Canaö ! Tu as déjà mangé assez sucré pour la matinée. » d'accord pour un chocolat chaud pour lui, mais pas avec des guimauves « Roooh … mais c'est trop bon les marshmallows avec du chocolat chaud … » il n'insiste pas plus, sachant que la partie est perdue d'avance. Et puis, au fond, elle a raison, s'il mange encore quelque chose de sucré, il va se sentir mal ou trop excité. Il a bondi sur une chaise, s'y asseyant, son regard se pose alternativement sur Liberty puis sur Helena. Comme ils s'y attendaient un peu, la question de leur présence ici ne tarde pas. De toute façon, tôt ou tard elle aurait été posé ou bien ils auraient révélé le pourquoi de leur visite. La jeune femme dépose son manteau sur le dossier d'une chaise, écharpe comprise avant de prendre la parole d'une voix calme et posée « N'ayant pas de réponse à nos lettres, nous nous inquiétions de savoir comment vous alliez. Et puis, la Finlande nous manque. Donc, nous avons profité des vacances pour venir, voir comment vous allez. Et au passage, savoir si tu comptes revenir à Merkeley. Ton départ a été si soudain ... » Elle a essayé de trouver des mots qui ne pourraient pas être interprétés comme un reproche, mais elle ne pense pas avoir réussi. Certes, elle lui en veut un peu d'avoir coupé les ponts, mais au fond, n'a-t-elle pas fait la même chose à un moment lorsqu'elle était expulsée de Merkeley ?! Mais elle a un argument plus ou moins légitime, elle a tant déprimé qu'elle sortait peu de son sac de couchage. Voir à l'occasion sa sœur ne lui suffisait plus, elle voulait vivre de nouveau à Merkeley, mais pas question pour ça de se recenser ! Donc, elle ne peut pas vraiment le lui reprocher. Au moins, Helena ne pourra pas lui reprocher son honnêteté. Liberty lui a demandé à plusieurs reprises dans ses lettres si elle allait revenir un jour à Merkeley. Une manière de lui demander si un jour elles se reverraient.
  
MessageMar 28 Fév - 23:55
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Le ton calme et posé utilisé par ma chère sœur m’amusait. Elle ne savait pas si mon propre calme était réel ou si ce n’était qu’une feinte de plus, alors elle y allait doucement avec moi. Elle avait peur de voir ressurgir ma personnalité plus belliqueuse et surtout bien moins complaisante. Elle ne savait pas si tout ce que je lui disais était vrai ou si ce n’était rien de plus que des mensonges, une fois de plus. Je ne pouvais la blâmer pour cela, je lui avais causé tellement de torts après tout, depuis qu’elle avait refusé de suivre aveuglément ce que je lui conseillais ou plutôt tentais vainement de lui imposer. Elle avait eu raison cette fois-ci de ne pas m’écouter mais ce refus avait brisé quelque chose entre nous. Mon côté autoritaire n’avait pas supporté cet affront et j’avais pris cette décision pour un caprice. Je n’avais supporté qu’elle m’affronte et qu’elle ne refuse de comprendre ce que j’avais essayé de faire pour la protéger. C’était pour elle que nous étions parties de Finlande. Personnellement, je n’avais pas besoin de fuir ou de recommencer ma vie quelque part mais pour elle, j’avais tout quitté et je n’avais pas eu les remerciements escomptés.
Aujourd’hui, elle était revenue vers moi, pour me chercher. Elle voulait que je reparte à Merkeley avec elle, que je traverse de nouveau l’océan, abandonnant de nouveau mes racines.

« Ça me fait plaisir de vous voir aujourd’hui, ça Nous fait plaisir. C’est une agréable surprise. »

Arrondir les angles, ne pas être trop franche, trop directe ou trop dure tout de suite. Il fallait que je trouve le moyen de dire les choses correctement sans la blesser.

Le lait commençant à bouillir, j’ai cassé des carrés de chocolat avant de mélanger doucement, tout en cherchant la meilleure manière pour dire les choses, mais je ne savais pas comment m’y prendre. Je lui avais déjà fait tant de mal et je ne voulais pas piétiner les efforts qu’elle faisait aujourd’hui alors que c’était à moi de faire le premier pas de notre réconciliation. Mes yeux se sont posés sur la pile de lettre que j’avais ramenée, fixant celle qui était enfouie sous la pile. J’avais des choses à régler avant de pouvoir retourner aux Etats-Unis.

Notre absence n’avait que trop fait souffrir l’entreprise de Papa et il était temps qu’une Seagard en reprenne les rênes avant qu’il ne soit trop tard, mais pour cela, je devais rester encore un peu. Je devais regagner la confiance des actionnaires et prouver à tous que j’avais les compétences requises pour gérer cela. Je ne pouvais pas prétendre m’occuper de ce bébé en étant à l’autre bout du globe. De Merkeley, je ne pouvais pas surveiller les agissements de ce cher Eirik Halvorsen. Cette fouine avait flairé la faille dans l’entreprise et s’y était immiscée dans le seul et unique but de reprendre la firme de Papa. Lorsque j’avais appris cela, il était bien évident que je n’allais pas rester les bras croisés en le regardant nous dépouiller.

Mes recherches de nos parents se sont transformées en reconquête de l’entreprise de Papa. J’avais passé des journées et des nuits entières à étudier tout ce qui touchait à l’entreprise. Historique, actions, contrats et j’en passe, Jet’ et moi avions tout fait pour être incollable sur la boîte. Quels étaient les meilleurs soutiens de Papa ? Qui était susceptible de retourner sa veste à la première difficulté et de se tourner vers le plus offrant ? Tant de facteurs à prendre en compte, tant d’incertitudes au final et malgré toutes les informations ingurgités, ce monde n’était pas le nôtre, ou du moins, pas encore.

J’ai ajouté de la cannelle, du sucre vanillé et une cuillère de miel avant de servir le chocolat dans deux tasses et deux bols. Des marshmallow pour Liby et Canaö, rien de plus pour Jet’ et moi. J’ai commencé par servir nos Daemons avant de poser nos mugs sur le comptoir dans notre cuisine et de m’installer enfin sur l’un de nos tabourets de bar. Je regardais la vapeur s’évader du récipient, libre, imprévisible et éphémère.

« Je ne peux pas revenir tout de suite. J’ai encore … trop de choses à régler ici. Mais d’ici quelques mois peut-être, je reviendrai… je pense. »

Ma belle assurance était partie. Je ne voulais plus lui mentir, je ne voulais pas lui faire des promesses que je ne pourrais tenir mais je ne voulais pas non plus la laisser dans l’ignorance.

« Nous reviendrons Liby, je te le promets, quitte à transporter Helena entre mes serres sur toute la route, je te le jure, nous reviendrons, mais ce n’est pas à l’ordre du jour pour le moment. »

Mon regard se posa sur celui d’or de mon Âme. Un remerciement silencieux. Si ma sœur doutait de mes paroles, celles de mon daemons faisaient presque preuve de loi. S’il le disait, alors ce serait fait. Tout le monde avait une confiance aveugle en mon Âme. Je comprenais fort bien la sensation réconfortante d’entendre des paroles sortir de son bec, mais je savais aussi qu’il ne parlait jamais pour ne rien dire. Il était rassurant, comme un phare dans la tempête qui semblait dire : Ne t’inquiètes pas, je suis là, tu peux te reposer maintenant, je vais te guider. C’était tout mon Ajet, mon phare, mon pilier mon tout. Je ne m’imaginais pas sans lui, j’étais triste pour tous ces humains qui nous avaient haïs et qui ne savaient pas ce qu’ils perdaient, qui ne connaissaient pas la sensation d’être venu au monde avec sa moitié et de n’être jamais seul, quoiqu’il arrive.

« Je vous dirais, quand les choses se seront calmées la date de notre retour, mais pour le moment, ce n’est pas d’actualité. »

C’était la vérité et de toute façon, rien ne me manquait à Merkeley. Andrew était là-bas, c’est vrai, mais il partageait à présent sa vie avec quelqu’un d’autre. Lorsque je l’avais appris, cela m’avait fendu le cœur, au final, je l’aimais encore. Je me l’étais caché, je m’étais menti mais j’avais dû ouvrir les yeux. Il était tout pour moi, par lâcheté, je l’avais repoussé et j’avais pris la fuite et maintenant, il était trop tard pour réparer cela. Je n’avais rien pour moi aux Etats-Unis. Plus d’attaches, plus d’espoirs, plus d’avenir. Cette ville avait été une erreur dans ma vie, sur toute la ligne et je ne supportais pas les échecs, je préférais les rayer de ma vie, définitivement.
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MessageDim 9 Avr - 0:01
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Ça lui fait étrange d’être ici après toutes ces années loin de la maison dans laquelle elle a grandi. Elle aimerait pouvoir la visiter, retrouver les lieux où elle aimait s’amuser, sa chambre, voir la chambre de ses parents qu’elle venait réveiller le matin de Noël. Ça la remue à l’intérieur de se retrouver ici, l’émeut presque, tant de souvenirs remontent à la surface, trop de souvenirs. Malgré le temps qui est passé et l’eau qui a coulé sous les ponts, Liberty ne perd pas espoir d’un jour retrouver leurs parents. Ils sont forcément quelque part et elle ne peut penser à la possibilité qu’ils soient morts ou près de mourir. Bien sûr, elle est réaliste, ils ne peuvent être en bonne santé, après tout ce temps ils ne peuvent être en bon état, mais elle a confiance en eux et elle reste persuadée que tôt ou tard, on les retrouvera et ils seront à nouveau tous réuni, reformant ainsi cette famille qui lui manque tant. À Merkeley, elle s’est sentie à plusieurs reprises très seule, coupée de son pays natal, de ses proches, de sa sœur qui ne lui donnait aucun signe de vie. Allait-elle seulement bien ? Aujourd’hui, elle a une réponse, mais elle ne l’a satisfait qu’à moitié. Parce que le temps est passé et que la Finlandaise ne saurait dire si son aînée dit la vérité ou non. Ça lui met du baume au cœur lorsqu’elle entend Helena leur dire que ça leur fait plaisir de les revoir. Mais est-ce là la vérité ? Ou un mensonge pour ne pas faire mal ? Liberty ne dit rien, se contentant de sourire faiblement, ne sachant pas comment réagir face à la déclaration de sa grande sœur. Et Canaö en fait de même, ne prononçant pas un mot, pas que sa colère se soit apaisée, mais selon lui, il n’y a rien à dire et ce qu’a dit Helena suffit à le calmer un peu. Lui aussi est content de les revoir, depuis le temps !

Sans attendre, il se met à laper la boisson, chaleur et bonheur l’envahissent. Que c’est bon ! En plus de ça, il a droit à des marshmallows, au vu du regard que lui a jeté sa daëmonienne, il n’a pas le droit à beaucoup, mais il va en profiter un maximum ! Même si ça doit n'être qu’une seule guimauve. Liberty n’esquisse aucun mouvement vers les friandises, préférant simplement entourer la tasse de ses mains, profitant de la chaleur qui s’en dégage avant de commencer à le boire. Ça lui évitera de se brûler la langue, ce que Canaö vient de faire, mais qui ne l’empêche pas de continuer à boire le chocolat chaud. Ses yeux vont de sa sœur à son daëmon, écoutant l’un puis l’autre. Il y a un problème, il doit y avoir un problème. En même temps, elle se doutait bien que Helena ne reviendrait pas dans l’immédiat, mais il y a des petits signes depuis qu’elle l’a retrouvé qui la fait se dire qu’il y a un problème. Elle n’arrive pas encore à cerner ce que c’est, mais forcément, il y a un souci. Son regard glisse brièvement vers le courrier avant de revenir vers l’autre Finlandaise « Helena, je ne sais pas ce qui se passe, mais si je le peux, si nous pouvons vous aider à surmonter les difficultés que vous devez affronter, n’hésitez pas. On vient à peine de se retrouver, et même si je t’ai déçue à plusieurs reprises, sache que je serais toujours là pour toi comme pour Ajet et cela vaut pour Canaö aussi. » A l’entente de son prénom, le concerné relève la tête, oui il ne suivait pas, ou en tout cas plus, trop concentré sur ce qu’il faisait. « Euh … ouais ! » dit-il tout en ne sachant pas vraiment pour quoi il affirme

Les yeux de la miss Seagard vont vers Ajet, le remerciant par ce simple regard de ce qu’il a dit peu auparavant, elle sait qu’elle peut lui faire confiance. Elle espère que sa sœur reviendra et qu’elles sauront établir une nouvelle relation plus positive que la précédente, avec moins de disputes et plus de confiance, plus de bons moments. Pas qu’auparavant il n’y ait jamais eu de bons moments, c’est juste qu’elles étaient plus dans le conflit, chacune ayant une opinion qui différait totalement de l’autre, ce qui amenait régulièrement à des disputes. Mais à présent, il n’y a plus le Conseil, il y a un gouvernement daëmonien qui essaye de faire en sorte que leurs vies se passent bien, certes, selon Liberty, ils pourraient faire plus pour les daëmoniens en dehors des États-Unis, les demandeurs d’asiles, ceux qui sont maltraités dans leur pays, mais tout ne peut pas être fait en un claquement de doigts. Liberty n’en veut pas à Helena que celle-ci fut ce qu’on appelle une pro-conseil et elle ne lui en veut pas non plus qu’elle lui a reproché à maintes reprises le fait qu’elle ne voulait pas se recenser, comme elle ne lui en veut pas de lui avoir reproché son manque de communication lorsqu’elle a été expulsé de Merkeley. Liberty reconnaît volontiers qu’elle a beaucoup de torts dans l’histoire, mais elle n’est pas la seule, Helena en a aussi. La bio-kinésiste ne porte pas tout le fardeau de leurs relations qui s’est détériorée avec le temps. Est-ce de sa faute si Helena a fui Merkeley, les États-Unis ? Peut-être. Mais comment aborder le sujet ? Comment lui poser la question sans que celle-ci se braque ou que Liberty ait l’impression d’avoir fait un faux pas. Il y a bien des sujets qui sont ce qu’on peut appeler des pentes glissantes et selon l’étudiante, celui-ci doit en faire partie.
  
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