I've got stamina ♦ Àsgard

 
  
MessageDim 13 Nov - 22:11
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Date d'inscription : 20/11/2015Nombre de messages : 677Nombre de RP : 93Âge réel : 22Copyright : Quantum Mechanics © & me. Avatar daëmon :
Aelya FeredenLiving like we're renegades
I've got stamina

Àsgard & Aelya


In the end, we only regret the chances we didn't take.


31 octobre 2016.

« Ton père va faire un arrêt cardiaque. »

Elle se retient de justesse de répondre que ce ne serait pas une grande perte. Primo, elle ne le penserait pas vraiment et ce, en dépit des relations conflictuelles qu’elle entretient avec lui ; secundo, il faut bien plus qu’un stupide déguisement d’Halloween pour venir à bout de Joris Fereden… Le vieux crocodile a la peau dure. D’un haussement d’épaules fataliste, Lya montre à Eko l’importance qu’elle porte à la remarque qu’il vient de faire, sans arrêter son mouvement pour autant. Un sourire éclaire son visage lorsqu’elle apporte la touche finale à son maquillage, et elle parvient sans mal à faire abstraction des roulements d’yeux exaspérés du caracal qu’elle aperçoit dans le miroir.

« C’est qu’une jupe, Eko. Et un peu de maquillage. »

Le félin ricane, quittant le rebord de baignoire sur lequel il s’était juché pour parcourir la salle de bain gigantesque de la demeure Fereden. Enfin, l’une des salles de bain. Agrémentée d’une baignoire à jets, de céramiques aux teintes rosées et de robinet en or véritable. Tout ici suinte de richesse et transpire l’exagération à en donner la nausée. Et l’avocate a beau avoir grandi dans cet environnement – même si, avouons-le, la résidence qu’ils avaient en Irlande était bien moins imposante que celle-ci – elle ne supporte pour autant pas mieux les mondanités et extravagances à laquelle ses parents ont tenté par tous les moyens de l’accoutumer. N’en déplaise à Joris, Lya préfère sans équivoque sa salle de bain de huit mètres carrés à cette pièce gigantesque et aux vertiges qui l’accompagnent – et ce même sans baignoire à jets.

« T’as oublié de préciser que cette jupe t’arrive au ras du cul, qu’il doit faire dix degrés dehors et qu’une écolière zombie n’a absolument rien d’un costume d’Halloween. »

Au tour de l’irlandaise de lever les yeux au ciel, écartant de justesse les crèmes de soin de sa mère avant que le caracal ne saute sur le rebord du lavabo inoccupé.

« J’ai passé l’âge de demander la permission de sortir, et encore plus celle d’entendre des remarques sur la façon dont je m’habille. »

Vrai, en théorie. Sauf que les remarques de son père ont toujours la fâcheuse tendance à l’atteindre plus que celles des autres, sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Elle jette un coup d’œil à sa tenue, songeant que pour le coup, le moindre grognement de la part de Joris serait peut-être plus mérité qu’elle ne le pensait, avant de chercher à apercevoir l’heure sur son téléphone. Dix-neuf heures et cinquante-huit minutes. Il ne lui avait donc fallu qu’une heure pour mettre au point ce déguisement ridicule, temps qui incluait les recherches dans les vieux cartons du grenier et le laïus de sa mère sur les dangers de l’alcool. A moins que ce ne soit sur les converses qu’elle portait, allez savoir.

« T’es même pas sûre que Dem’ vienne en plus. »

Petite piqûre de rappel subtilement amenée par le chaton qui assombrit le visage de la jeune femme. L’océanologue – et également meilleure amie – a beau avoir promis de tout faire pour passer au bar où a lieu la soirée de ce soir, Lya sait qu’elle est débordée par le travail et qu’une petite incartade dans l’étude qu’elle mène en ce moment n’est pas prévue au programme. Tant bien même, elle est incapable de lui en vouloir – mélange subtil du caractère angélique de Dem’ et d’une culpabilité quant à son propre comportement vis-à-vis du boulot. Se noyer dans ses dossiers, elle sait le faire. A en oublier de diner et de dormir, parfois. C’est aussi pour ça qu’elle a décidé de se laisser aller le temps d’une soirée ; et quel meilleur alibi qu’une fête réunissant monstres et horreur pour l’occasion ?

« On verra. Au pire, je pense pouvoir réussir à m’amuser même si elle ne vient pas. »

Nouveau haussement d’épaules tandis que les yeux d’Eko s’agrandissent. Inutile de lui demander ce qu’elle sous-entend par-là, il le sait déjà. Rien qui le réjouisse ni ne le rassure, mais Lya ne se formalise pas des craintes muettes de sa moitié et récupère ses affaires pour sortir en coup de vent de la salle de bain et dégringoler les escaliers.

En soupirant, Eko se lève à sa suite, n’atteignant les grandes marches qu’au moment où la voix de Joris s’élève depuis le salon. Exaspéré, ce ton.

« Aelya Fereden, tu ne comptes quand même pas sortir comme ça ?! »

*

Le monde tourne. Les lumières vacillent et les murs ondulent dans une danse qu’elle ne saisit pas tout à fait. Son empire chavire, tout comme ses appuis qu’elle maintient de plus en plus difficilement. Elle aime ce qu’elle entend. La musique qui l’effleure et menace de lui briser les tympans, les cris d’allégresse qui emplissent la salle pour finalement se perdre dans le tumulte des basses. Et ces corps qui la pressent, encore, toujours, tandis qu’elle roule des hanches et balance sa chevelure d’un mouvement de tête audacieux – un sourire aux lèvres et une certaine amertume au creux du cœur.

A bout de souffle, Lya finit par s’extirper de la foule entre deux chansons et se dirige vers le bar. Elle ne compte plus les mains qui ont approchées son bassin d’un peu trop près ni les regards aguicheurs qui lui ont été adressés – tant de détails qui n’ont pour l’heure beaucoup moins d’importance que le verre qu’elle s’apprête à commander. Eko est là, quelque part, à raser les murs et pester contre son inconscience, veillant simplement à ce qu’elle n’enlève pas ses gants et ne refasse pas le portrait d’un inconnu entre deux déhanchements ou gorgées. Lorsqu’elle finit par réussir à s’accouder au bar, l’avocate prend le temps de jeter un regard – vague – aux personnes qui l’entourent. Trois étudiants reconvertis pour l’occasion en Village People et déjà bien imbibés à sa gauche, qui gueulent bien trop fort à son goût. Et celui, bien plus solitaire de l’autre côté, dont elle accroche l’azur quelques secondes durant avant de s’en détacher. Non pas qu’il soit désagréable à regarder, mais un serveur a choisi l’instant où elle s’absorbait dans la contemplation de ses traits pour s’approcher. Elle ouvre la bouche, rapidement interrompue par l’un des ignares à côté d’elle, apparemment d’humeur bagarreuse.

« Sympa ton costume chérie. Il s’approche un peu, dévorant des yeux les jambes que la longueur de la jupe a laissées nues. Lya hausse un sourcil perplexe, sentant son humeur s’assombrir, mais n’a pas le temps de réagir qu’il hausse le ton et change de cible. Faut dire que tu joues mieux le jeu que d’autres ! »

Surprise, la jeune femme suit le regard de l’importun pour venir s’arrêter sur le visage de l’homme sur sa droite, vers qui la remarque est toute dirigée. Dans son dos, les deux potes de Sir Latex se sont rapprochés.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas sur elle que les regards pèsent.


Codage par Libella sur Graphiorum

  
MessageLun 12 Déc - 2:19
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Date d'inscription : 16/11/2013Nombre de messages : 719Nombre de RP : 168Âge réel : 26Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
Àsgard ValdasonNothing will be the same...

The secret side of me I never let you see. I keep it caged but I can't control it. So stay away from me the Beast is ugly !


Àsgard & Aelya
La nuit soulève les ténèbres, la lune s’amuse à sombrer dans le crépuscule de toutes les terreurs. Tu as ta place dehors, là, dans les rues, ou les enfants t’évitent sans oser te demander quoi que ce soit. Ils ont bien raison de s’écarter du Viking. Visage glacial, rancœur brillant dans la tempête qui fait vibrer ton regard, rien de ton être n’invite à ce que qui que soit ne vienne t’accoster. L’horreur est si grande en ton cœur qu’elle frigorifie sans peine le monde qui t’entoure, ange déchu, roi scandinave errant dans la peine et la tristesse.
Halloween. Des mioches qui courent partout, qui dérangent pour des bonbons ou un sort. Un part de toi se moque de ce que tu vois. Un sort, voilà une idée qu’elle serait brillante, toi qui souffre depuis tant de temps. Serait-il possible qu’en ce jour où monstres et cadavres dansent sous l’astre lunaire, tu puisses toi aussi y trouver le repos que ton être désire ? Rire jaune à mes pensées, alors que ce repos puisse-t-il donc être éternel.

Tu soupires et gardes la tête droite, il est tôt, les soirées dans les bars ne devraient pas avoir encore commencé et c’était ce que tu voulais. Pouvoir commencer à couler, encore une fois, toujours seul. Voilà ce que tu souhaites, et c’est un pas devant l’autre que tu te rapproches. Dans douze jours. Il y a cinq ans en arrière, il ne vous restait même plus deux semaines pour profiter d’elle. En réalité, la joie ne prospérait plus dans le foyer d’Alta depuis déjà plusieurs longues et fatigantes journées. Votre combat à l’hôpital, votre instinct de parent se battant contre l’inacceptable. Ida ne devait mourir, elle ne pouvait que vivre. Ça devait être écrit quelque part, tu voulais y croire et tu faisais tout ce qui était en ton pouvoir pour donner de la force à cet espoir. Elle aussi elle s’est battue comme elle a pu, Ida n’avait pourtant pas les armes pour se défendre et même en joignant ta puissance à la sienne, ça n’a jamais suffi. L’aplasie en ressortie la plus grande des inquisitrices de ce si petit corps. Elle ravagea tout sur son passage et le retour d’Elisa, et la mort de Fredrik… Tout ça ne fait qu’amplifier ta douleur, la rendant dangereusement plus réelle que ce qu’elle n’est déjà. Le regard voilé, tu continues d’avancer, doigts crochus de sorcières venant perforer et serrer ton cœur, compression déchirant le muscle qui coule entre chacun de leurs doigts. Le mal grandit. Le mal grossit… Tu pousses la porte du bar sans regarder ce qu’il peut bien s’y préparer, ils ont tous les mêmes programmes de toute manière, tu ne t’attends donc pas à quelque chose de surprenant ou d’impressionnant. L’accoutrement des employés ne te décroche qu’une unique expression de dégout, leur joie t’insupporte et tu détournes le regard avant d’être entièrement tenté de t’en aller. Peut-être que cela aurait pu être mieux, qu’en penses-tu mon Àsgard ? Non, tu ne veux pas y réfléchir, considérant que cette retenue ne t’apporterait rien de meilleur que ce qui peut être prévu.

Verre d’absinthe, tu décides de commencer fort. Plus tu t’achèveras rapidement et plus tu arriveras à demain. Sous le regard qui s’agrandi du barman qui vient de te déposer ta commande sur le bois devant toi, tu bois cet alcool comme s’il s’agissait d’eau ou de jus de fruit. L’homme étouffe son rire dans un soupire lorsque tu lui demandes la même chose. Tu ne portes pas plus attention à son comportement qu’à celui des gens qui rentrent de plus en plus dans l’établissement, musique rock dégoulinant des hautparleurs. Born to Kill de Airbourne. Tu la connais cette chanson, Morgan la chantait à tue-tête lorsque l’album est sorti, te pointant du doigt lors du premier couplet, faisant référence à tous les défauts qui te rendaient capable de mettre un homme à genoux, ton poing enfoncé dans sa figure. Fils de Viking, exécuter était dans ton sang qu’il te disait. Il n’avait finalement pas tort.

Tu enchaines l’alcool aussi rapidement que le rythme des sons qui viennent faire vibrer tes tympans. Un groupe d’hommes un peu trop actif te frôle, leur coude se cognant finalement dans ton dos. Tu serres ton verre, mâchoire se verrouillant alors que tu tournes la tête vers eux. Ils ne s’excusent pas, commentant seulement ton manque de créativité vis-à-vis du déguisement que tu ne portes pas. Laisses parler mon Àsgard, l’odeur qu’ils portent suffit à comprendre qu’ils tiennent beaucoup moins bien que toi les boissons pour adulte. Tu quittes leur silhouette des yeux, pendant qu’ils se retirent, ton regard croisant celui d’une femme que tu ne lâches pas. Petite brune aux traits fins et aux iris incroyables. Tu le reconnais : elle est plaisante à regarder, mais tu termines par ne plus lui porter d’attention, retournant rapidement à ta ténébreuse mélancolie. Tu aurais pu finir ainsi, continuer à boire sans réussir à atteindre ton but, quitter ta chaise haute, payer pour tes consommations et t’en aller, dépression toujours aussi grande en ton être. Mais eux, ils en ont décidé autrement. Born to Kill… Ils ne seront pas déçus du voyage alors qu’ils adressent une phrase qui t’es toute destinée. Tu reconnais leur voix, elle est venue irriter tes tympans il y a quelques minutes déjà. Sourire nerveux en coin des lèvres, tu te mets debout, armoire dévoilant sa hauteur et sa carrure, yeux de glace se déposant sur le trio.

Il n’y a pas besoin d’avoir de costume pour être terrifiant.

Le personnel est trop occupé, la foule est trop active. Personne ne vous remarque mais tu ne sais pas faire dans la discrétion mon Viking, tu sais parfaitement que tes actions se verront. La musique qui rugit dans la pièce camouflera au moins le bruit mat de tes poings qui s’écraseront sur leur corps. L’insulte est facile, tu n’y réponds pas. Parler ne fait pas parti de tes points forts, ce n’est pas grave mon Viking, tu es capable de compenser d’une toute autre façon et apparemment c’est ce qu’ils désirent.

Seul contre tous sans savoir s’ils sont daëmoniens, cela me force à sortir de ma cachette, me frayant un chemin jusqu’à toi sans me faire toucher pour t’offrir mon soutien, ma force et ma puissance. Les agresseurs de ton frère ou ceux de Tessa, Fredrik. Je n’en suis plus à ma première attaque sur des bipèdes et si l’un d’entre ces trois inconnus recule en me voyant arriver, les deux derniers osent même s’avancer. Ma gueule entrouverte, son préhistorique raclant le long de mes cordes vocales les contraint à s’arrêter, tu attends qu’ils fassent un geste pour casser tout ce qui est osseux chez eux.
Ils ne te connaissent pas mon Àsgard sinon ils n’auraient jamais eu la folie de chercher à te provoquer. Et l’un te bouscule volontairement, ils doivent sentir qu’il est dur de te faire vraiment sortir de tes gonds et c’est ce qu’ils cherchent pourtant à faire. Ils n’ont pas assez d’importance à tes yeux pour que ta colère vienne gronder, mais ils n’ont pas besoin de ça s’il n’est que question de les aplatir à même le sol.
Ton geste est rapide, main se posant sur l’épaule gauche de l’homme qui te fait face, doigts s’enfonçant dans les trous de cette dernière, appuis se faisant sur les nerfs qui y sont rattachés. Il se courbe l’homme, se plie même et la douleur qu’il tait s’inscrit pourtant sur son visage alors que le tien est froid comme le marbre pendant que le souvenir de Fredrik jaillit devant tes yeux. Ton cerveau commence à vriller, l’alcool n’aidant en rien. Destruction. Tu resserres ta prise, il gémit sans oser bouger, son regard ne sachant pas s’il devait se poser sur toi ou sur moi, ne sachant qui est le véritable danger de nous deux. Tu n’écoutes pas ses menaces, personne ne peut avoir la présomption de croire qu’il est capable de ne serait-ce que t’impressionner, alors t’apeurer… Il ne lui reste pourtant plus que ça… Des mots pour essayer de te faire reprendre conscience. Si seulement ils savaient ce dont tu pouvais être capable, jamais le souhait de vouloir se battre contre toi ne serait venu jusqu’à eux. Misérables à la fois abrutis et inconscients, en d’autres circonstances leur stupidité pourrait leur être fatale…

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