Partners in crime

 
  
MessageJeu 1 Déc - 22:37
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 123Nombre de RP : 52Âge réel : 20Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Flashback, 23 octobre 2016, au large.

Le réveil avait été dur mais sur le bateau ça allait tout de suite mieux. Le voilier de son père c’était sa madeleine de Proust. Il fallait la voir piloter cet engin. Elle était à l’aise à peu près partout mais dans cet espace elle était reine. Ses mouvements souples et efficaces témoignaient de son habitude. Jumbo la laissait faire, à l’avant, les pieds balançant au-dessus de l’eau.
Il faisait nuit noire et il avançait doucement pour ne pas faire trop de bruit avec le moteur. Kailiana poussait le bateau à l’aide d’un vent léger. Le clapotis de l’eau était apaisant.
Elles ne se parlaient pas, dans leur bulle, le calme avant la tempête. Tout était planifié, elles en avaient parlé les trois derniers jours pour mettre au point l’organisation mais aussi les détails. En y repensant Léo souriait. Quelle histoire tout de même. Qui ne lui déplaisait pas. Elle avait dû trouver un logement d’urgence pour le deal avec Kailiana et ce logement c’était le sien. Il était suffisamment grand pour les accueillir et … c’était peut-être une folie, mais cela redonnait de la vie au grand appartement. Elle s'était assise à la grande table de bois, ce qu’elle n’avait pas fait depuis des lustres. Elle avait même cuisiné pour deux. C’était étrange. Eléonore avait toujours été indépendante et elle devait apprendre à vivre en colocation. Cela faisait 3 jours, pas assez pour pouvoir en tirer une conclusion. Malgré des piques constantes, un humour incisif et quelques frictions, Léo appréciait la compagnie de Kai. Elle lui répondait à ses provocations et cela la mettait au défi. Elle cherchait les limites au grand dam de Jumbo. C’était une sorte de test d’entrée, une preuve qu’elle l’aimait bien. Tout comme Murmure qu’elle adorait taquiner… enfin le terme est inadéquat, vanner l’air de rien, avec ce sourire faussement angélique et cet air mutin.
Cette nuit était LA nuit. Mais se réveiller en pleine nuit avait été un challenge. Une bonne dose de café, un trajet jusqu’à la marina, enfiler les tenues et sortir le bateau du port et ça y était, elle était alerte. Sentant le léger vent marin lui passer dans les cheveux, surveillant la direction du voilier. C’était calme. Elle s’était tue. Jumbo Merlin ne l’entendait plus depuis près de deux mois. Il était maigre comme un clou. Il ne souriait plus, ne parlait plus, ne réfléchissait plus. Ce moment lui rendit sa sérénité, pour un temps. Il détestait ce qu’ils allaient faire. Il aurait aimé être une souris, cachée, attendant que ce moment passe. Dans un coin de sa tête dont il n’était pas conscient, sa raison s’étonnait du partage d’Eléonore, du partage de son toit mais aussi du bateau, cette chose qui lui était si personnelle et qu’on pouvait remarquer par son silence. Un silence monacal. Eléonore tombait dans une spirale de violence et de déni qui la détruisait de l’intérieur. Etait-ce parce qu’elle ressentait le mal être de Jumbo ? Etait-ce un double mal être ? Comment savoir puisqu’ils ne discutaient pas. Les conséquences en étaient une courbe montante de l’agressivité, de cruauté, de colère. L’apparition de ce vol puis de Kailiana l’avait détourné de cette souffrance. Elle en profitait tandis que Jumbo descendait tout droit la pente de la dépression. Ils s’en rendraient compte. A ce moment on aurait pu douter de leur lien. Mais pas de leur apaisement.
Elle arrêta le bateau et déposa l’ancre.

« Bon, tu vois l’ombre là-bas ? C’est eux. On y va en canot d’ici. »

Elle mit son masque pour cacher une partie de son visage et descendit le canot à l’eau qui rebondit en un plouf bruyant.
Ils avaient de la chance, la lune était peu éclairante cette nuit-là. Ils pourraient ne pas être repérés.
Eléonore descendit d’abord, aidant Jumbo à la suivre. Ce n’était pas très stable mais ça tiendrait le coup. Après un silence elle eut un gloussement toute seule, s’étant fait la blague dans sa tête avant de la dire à voix basse.

« J’espère que tu as huilé tes articulations parce que ça va être ambiance kalash … »

C’était comme ça qu’elle perdait sa concentration. A l’approche du danger elle oubliait tout sauf l’adrénaline, le plaisir. D’habitude Jumbo la remettait dans le droit chemin, il n’était pas vraiment là aussi elle essaya de rester fixée sur l’objectif et d’être sérieuse. Elle n’avait pas besoin de lui pour se raisonner, elle allait s’en tenir au plan comme ils l’avaient tous prévu.
Elle allait dire qu’elles ressemblaient à catwoman quand le canot fut à un mètre du bateau. C’était à elle de jouer.
Ils avaient pour eux l’effet de surprise, les gardes ne s’attendaient pas à être attaqués. Elle se téléporta sur le bateau et accrocha l’échelle pour qu’ils puissent tous monter. Maintenant elle devait se terrer dans un coin et être patiente. Le temps que Kailiana fasse son travail.
Aucun bruit. A se demander si la brune et le loup ne l’avait pas lâchées. Impossible pourtant. Mais tout de même aucun bruit à ce point ? Elle se leva tandis que Jumbo lui chuchota

« N’y pense pas. Reste ici. »

C’était dangereux. Mais après tout elle aussi savait se battre… du moins contre un punching ball. Ça faisait longtemps qu’elle ne s’était pas battue dans la rue et en général elle donnait un gros coup par surprise et partait. C’était un peu le même genre cette fois-ci non ?
Résolue elle avança à pas de chats sur le pont du navire et entr’aperçu une ombre de loin. L’obscurité était si forte qu’elle ne pouvait dire avec certitude si c’était Kailiana. Dans le fond elle entendait des conversation, probablement dans une salle de repos où étaient les gardes. Elle arriva doucement au niveau de l’escalier quand elle entendit derrière elle un bruit de braguette qui remontait.

« Qui est là ? »

Merde fut le premier mot qu’elle se dit. Elle se téléporta plus loin et essaya de l’attraper avant qu’il crie à l’alerte mais c’était trop tard. La porte dessous de l’escalier s’ouvrit laissant apparaître une lumière intense et des hommes armés en sortirent. Elle eut le temps d’assommer d’un coup à la tempe l’adversaire mais très vite elle fut prise en joue par d’autres. Une balle fusa, elle se cacha derrière un baril de métal.

Merde fut tous les autres mots auxquels elle pensa. Une série de merde meeeeeerde, meeeeeerde.
Les lourds pas des gardes dans leurs bottes fouillaient le bateau. Elle espéra que Jumbo était caché. Il fallait qu’elle agisse. C’était la première fois qu’elle se trouvait dans une scène comme celle-ci, face à des gens entraînés possédant des fusils d’assaut et n’hésitant pas à tirer. Combien ils étaient ? Elle aurait pu le dire si elle avait une autre position puisque la lumière donnait de la visibilité. Mais derrière son baril impossible. Elle entendit des bruits de lutte et des coups de feu.
Elle leva la tête et vit Kailiana se défendant avec deux adversaires. Son cerveau tournait à vive allure. Elle vit Murmure passer et juste à côté d’elle un autre garde qui l’avait aussi vu. Il le mit en joue.
Ok. Agir. Vite.

« Eh oh les gros lourds ! Ouais toi ! »

Une balle fusa vers elle. Dans la pénombre elle la devinait à peine, entendant juste le sifflement. Elle se téléporta alors à un autre endroit tout près du bonhomme.

« Coucou. »

Elle appuya avec son coude de toutes ses forces contre sa nuque. Mais un autre déjà semblait viser le loup. Elle se téléporta instinctivement et roula à terre avec le garde, deux fois plus grand et plus lourd qu’elle. Il l’attrapa par la gorge, la plaquant contre le sol. L’oxygène passait peu. Il fallait qu’elle se téléporte de nouveau. Quand un baril volant frappa de plein fouet le garde qui tomba inanimé sous l’impact. Elle se retourna pour voir d’où ça venait. Du grand singe au regard triste, qui semblait avoir puisé dans toutes ses forces. Murmure et Kailiana avait de nouveau disparu et c’était moins drôle que prévu. Elle se téléporta près de Jumbo.

« Jumbo ! Cache toi ! »

Il retourna dans son recoin. Eléonore se retrouva alors cachée de nouveau. Cette fois ni Murmure, ni Jumbo, ni Kailiana ne semblaient en danger. C’était donc le moment de s’amuser. Elle s’agenouilla près du corps du garde, attrapa un espèce de couteau ganté et observa les environs pour y trouver quelqu’un. Une balle fusa près d’elle. D’où cela pouvait venir ?
Puis une rafale sembla la viser, elle disparut.
Elle vit enfin le jeune homme sur le bateau. Elle apparut juste à côté et lui planta le couteau dans le flanc mais il avait de rapides réflexes et son poing percuta la mâchoire de Léo qui tomba assommée. Il la mit en joue immédiatement. Leurs regards se croisèrent et dans sa demi conscience elle eut le temps de penser.

*Bon. C’est fini.*
  
MessageLun 5 Déc - 19:20
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Kailiana E. Hale
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Flashback, 23 octobre 2016, au large

Ainsi, elle avait un voilier. Un superbe bateau, Kailiana devait bien l'avouer. Pas très imposant, pas minuscule non plus... Une bonne taille, suffisante. Assez d'espace pour être à l'aise. Les mains sur la barrière au bord du voilier, elle profitait de la vue. A l'horizon, la jeune femme avait l'impression que la Terre touchait le ciel. Ou plus exactement, la mer. La lune était très fine, elle n'éclairait presque rien. Contrairement à la plupart des gens, Kailiana trouvait l'obscurité rassurante. Elle aimait ce silence, uniquement troublé par les clapotis de l'eau contre la coque du bateau. La « fillette » ne disait rien non plus, ce que la jeune femme trouvait particulièrement agréable.

Elle repensa aux trois derniers jours écoulés. Éléonore lui avait promis un logement, avec de l'eau chaude. Et lorsque son « ami » l'avait décommandée, elle avait proposé à Kailiana de partager son propre appartement. Un appartement immense, au sommet d'un immeuble. Magnifique. Luxueux, pour un quartier aussi... Un quartier dans lequel Kailiana n'aurait jamais pensé tomber sur un luxe comme celui-ci. Au début, elle s'était sentie un peu trahie par l'obligation d'une colocataire. Mais finalement, elles se croisaient peu et mis à part quelques piques qui amusaient Kailiana plus qu'elles ne la vexaient, vivre côte à côte s'avérait plutôt bien. Elle sentait qu'elle n'avait pas l'habitude de partager et Léo sans doute pas plus, mais l'une et l'autre faisant des efforts, ça avait l'air plutôt prometteur. Difficile de se prononcer plus pour seulement quelques jours, mais pour l'instant, Kailiana pensait avoir plutôt gagné au change. Cette fillette l'étonnait, bien qu'elle ne le montrait pas.

Même Murmure semblait apprécier Éléonore. Elle le taquinait souvent et il le lui rendait bien. Mais il sentait que quelque chose n'allait pas avec Jumbo Merlin et elle, même s'il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Kailiana, pour l'instant, n'y faisait pas attention. Tant que Léo n'aurait pas gagné son respect, Murmure savait qu'il serait probablement impossible que sa dæmonienne s'intéresse de près à ce que ressentait le Loup à leur sujet.

La légère brise que Kailiana maintenait pour aider un peu le bateau soulevait délicatement ses longs cheveux tandis que son regard se perdait dans le vague. Elle aimait la mer. Son imprévisibilité, son immensité. Certains étaient fascinés par les flammes. Elle, c'était la mer. Aujourd'hui, elle était apaisante. Hier, il y avait un ouragan. Et demain, qui pouvait le dire ? Elle ne réfléchissait pas. Elle se contentait de ressentir. Et en même temps, elle faisait le vide, elle se concentrait. Plus de pensées parasites. Plus d'inquiétude. Plus de doute. Juste la sensation d'être à sa place en ce moment, la certitude d'une bonne préparation et la satisfaction que pouvait entraîner chez elle l'approche du paiement de sa dette envers la jeune femme qui l'accompagnait.

Le bateau ne tarda plus à s'arrêter et l'ancre fut jetée à l'eau. Une dernière inspiration et la jeune femme se tourna vers Éléonore, qui lui dit :

« Bon, tu vois l'ombre là-bas ? C'est eux. On y va en canot d'ici. »

Kailiana acquiesça simplement et rabattit son masque comme venait de le faire sa partenaire. Un masque... Éléonore lui avait dit en mettre un. Comme travailler avec d'autres que Murmure ne lui était pas familier non plus, elle avait décidé de marquer le coup en essayant d'en mettre un également. Après tout, quitte à commencer quelque chose de nouveau... Autant le faire en entier ! Éléonore descendit puis aida Jumbo à en faire autant. Murmure sauta souplement à leur suite et Kailiana termina la marche, sans un regard en arrière.

« J'espère que tu as huilé tes articulations parce que ça va être ambiance kalash... »

Kailiana fixa son regard sur Léo. Cette dernière avait dit ça à voix basse et Kailiana, si elle avait entendu, n'avait en revanche pas compris ce que cette remarque pouvait venir faire là. Elle attendit quelques secondes en quête d'explications puis secoua doucement la tête. Dans quoi s'était-elle engagée ?

Une fois sur le bateau, quelques minutes plus tard, Kailiana jeta un dernier regard à Éléonore et à Jumbo, en se demandant s'ils seraient capables de rester sage, puis elle se coula souplement dans les ombres. Murmure la suivait, tout aussi silencieux. Un homme se tenait assis, le regard tourné vers le large. Elle chercha la présence d'un dæmon, au cas où, mais elle s'attendait à ce qu'elle découvrit : un humain. Alors que Murmure s'immobilisait, Kailiana franchit la distance qui la séparait de l'homme et elle l'envoya dans les bras de Morphée pour plusieurs heures avec un coup bien placé derrière le crâne. Une seconde de réflexion la conduisit à chercher du regard une cachette pour l'homme, de manière à ce que ses compères ne le retrouve pas – où trop tard – et qu'il ne leur cause pas de problème à Éléonore et à elle. Alors qu'elle se penchait sur le bord du bateau, elle remarqua le canot de sauvetage qui, attaché, pendait pourtant de façon peut naturelle. Elle hissa l'homme par dessus le bastingage, en partie par sa force, en partie grâce à son don et le laissa tomber dans le canot. Puis elle détacha les cordes qui maintenaient le canot attaché et il tomba à l'eau avec un tout petit plouf, signe qu'elle avait réussi à déposer tout doucement le canot sur l'eau avec son don. Soulever des choses, elle y arrivait bien. Mais quand c'était lourd, elle ne parvenait pas toujours à maîtriser leur chute comme elle le voulait. Elle bénit son don d'avoir choisi de lui obéir à cet instant précis. Puis elle recula, reprenant complètement place dans l'obscurité. Un de moins. L'arme de l'homme était posée non loin d'elle. Son don lui indiquait des mouvements d'air à huit endroits différents du bateau, sans les compter Murmure et elle. Deux devaient probablement appartenir à Éléonore et Jumbo, bien qu'elle ignore lesquels. Un était envoyé sur le canot de sauvetage, dans l'eau. Cinq « ennemis » restaient donc à bord.

Elle s'était munie de l'arme et marchait silencieusement vers une des perturbations de l'air qu'elle détectait. Puis un « Qui est là ? » retentit, fort dans le silence de la nuit. Puis un appel à l'aide. Pas celui de Léo ou de Jumbo, donc elle s'était sûrement fait prendre. Merde ! Kailiana hésita puis décida de se diriger, probablement comme tous les êtres vivants sur ce bateau, vers l'appel à l'aide du garde. Mais pourquoi avait-il fallu qu'elle laisse Éléonore venir !? C'est pour ça qu'elle ne travaillait jamais en équipe !

Kailiana eut tout juste le temps de se cacher lorsqu'elle vit la porte de la cabine du bateau s'ouvrir, laissant passer plusieurs hommes armés et éclairant intensément le pont du bateau. Elle posa l'arme non loin. Elle vit Éléonore se cacher derrière un baril après en avoir assommé un alors qu'elle était prise en joue. Merde ! Les hommes cherchant, Kailiana se rendit compte qu'elle était la seule à avoir pu voir sa partenaire se cacher, d'où elle était. Heureusement. Les gardes fouillaient le bateau. Deux d'entre eux passèrent à proximité. Elle lança son pied derrière le genou du second et son hurlement alors que ses os se disloquaient alertèrent le premier qui se retourna et tira. Kailiana avait bougé et évita la balle, qui se ficha dans du bois, vu le bruit. Une seconde balle faillit l'atteindre mais elle désarma l'homme avant de jeter le fusil à la mer. Une arme de moins. Elle expira. L'homme l'attrapa. Ou tenta de le faire. A la place, il avait saisi le poignet d'un second garde qui venait d'arriver. Kailiana profita de cette stupidité pour récupérer l'arme qu'il venait de lâcher et elle la balança aussi à la mer. Les deux hommes tentèrent de la frapper mais elle enchaînait esquive sur esquive, tentant parfois un coup bien placé. Son souffle se coupa lorsqu'elle reçut un coup de poing au niveau de l'estomac. Alors qu'elle cherchait sa respiration, Murmure attrapa l'un des hommes au mollet et serra fortement les dents, arrachant à l'homme un hurlement. Il voulut frapper mais Murmure le lâcha promptement, évitant ainsi l'horrible douleur d'être touché par une autre personne que sa dæmonienne. Kailiana venait de se débarrasser de l'homme non blessé d'un enchaînement qui lui cassa plusieurs côtes. Celui blessé par son Loup la saisit par derrière, enserrant son cou, alors que Murmure s'était éloigné pour éviter la main ennemie. Il tenta de se rapprocher en courant lorsque la voix de Léo retentit. Un garde avait mis le Loup en joue et elle tentait de l'aider !

« Eh oh les gros lourds ! Ouais toi ! »

Murmure se retourna vers elle au moment ou l'homme qui l'avait tenu en joue tirait sur Léo. Kailiana tentait de se détacher de l'homme qui la tenait serrée. Elle réussit avec un coup de coude suivi par un coup de poing dans le nez de l'homme une fois retournée vers lui. Elle reprit péniblement son souffle, cherchant où se trouvaient les autres. Elle eut tout juste le temps de voir Léo se téléportait vers l'homme en question et l'assommait avant de se téléporter à nouveau et de rouler avec un homme faisant deux fois sa taille et son poids. Kailiana devait bien reconnaître quelque chose, elle avait du courage, cette jeune femme ! Elle n'hésitait pas. Un baril atteignit le garde en question et elle comprit au même moment qu'Éléonore qu'il provenait de Jumbo Merlin. Léo se téléporta vers lui et lui dit quelque chose que Kailiana, trop loin, ne comprit pas.

Cette dernière venait de récupérer l'arme qu'elle avait caché tout à l'heure. Le fusil. Celui de l'homme qui dérivait sur le canot de sauvetage. D'après son don, il restait un homme sur ce bateau et elle ignorait où il était. Elle ne pouvait pas prendre le risque que cette arme tombe entre ses mains. Une arme, ok, mais deux, ce serait du suicide de s'en approcher. Et elle ne comptait pas se faire canarder jusqu'à ce que l'homme en question n'ait plus de munition.

Elle allait chercher Léo lorsqu'elle entendit des coups de feu. Elle se mit à courir vers eux et vit Léo planter un couteau dans le flanc du jeune homme, qui l'assomma d'un coup de poing bien placé avant de la mettre en joue. Merde ! Il était presque caché derrière des barils. Elle vit Léo, allongée par terre, prête à être tuée. A demi inconsciente. Elle sentit l'inquiétude de Murmure.

« Fais quelque chose ! Tu sais tirer ! » lui ordonna-t-il mentalement.

*Si je tire, je le tue !* fut sa seule pensée.

Mais avait-elle vraiment le choix ? C'était soit lui, soit Éléonore. Elle n'avait pas de marge pour pouvoir tirer autre part que dans la tête de l'homme. Alors quand il retira la sécurité de son arme, elle tira sans hésiter. Elle l'entendit tomber. Puis ses genoux se dérobèrent sous-elle et elle s'affala sur le pont. Qu'avait-elle fait ?

Murmure lui transmit une vague d'apaisement et lui ordonna de se relever. Elle n'avait pas le temps pour ça maintenant. Elle se remit debout et, comme une automate, elle envoya avec son don les quatre hommes encore en vie sur le second canot de sauvetage, de l'autre côté du pont. Trois étaient inconscients et le dernier avait un genou disloqué. Elle détacha le second canot et ne prit pas la peine, cette fois-ci, d'amortir sa chute. Elle le poussa avec une belle rafale de vent puis elle se dirigea vers Éléonore. Cette dernière reprenait lentement connaissance.

Elles étaient maintenant seules avec leurs dæmons sur ce bateau, elles avaient tout le temps de terminer ce pourquoi elles étaient venues, bien que le plan n'ait pas été suivi. Si Éléonore avait attiré l'attention des gardes, elle avait également sauvé Murmure. Elle ne lui en tiendrait donc pas rigueur. Ce qu'il s'était ensuite passé ne relevait pas de sa faute. Mais elle y réfléchirait plus tard, ce n'était pour l'instant ni le lieu, ni le moment !
  
MessageDim 11 Déc - 22:58
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Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Une détonation. Éléonore avait déjà entendu ce bruit- là. Elle y était presque habituée. Dans la rue, c’était de ces choses qui arrivaient. Mais le bruit avait toujours cette valeur symbolique. Une détonation qui tuait avait un bruit différent. Plus fort, plus sourd.
L’homme qui la menaçait était maintenant au sol. C’était lui ou elle.
Elle n’osa pas encore toucher la partie de son visage frappée, sachant que ça commençait déjà à gonfler et que dans quelques heure un joli bleu/violet ornerait sa mâchoire.
Elle avala sa salive. Mais pas par dégoût ou par peur, juste pour vérifier que tout fonctionnait. Elle n’avait aucun état d’âme face au cadavre de l’homme. C’en était même étrange. Elle se demanda si elle devait être triste ou choquée. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait un cadavre mais qu’elle assistait à une mort violente oui. Ça ne la touchait pas particulièrement finalement.
Jumbo Merlin non plus, il sortit de l’ombre pour examiner sa mâchoire tandis que Kailiana faisait voler les corps sur un canot. Eléonore ne disait rien et scrutait sa partenaire. Depuis que Jumbo n’était plus là pour l’aider mentalement à comprendre les autres elle devait redoubler d’efforts.
Elle disposait de son esprit d’analyse, bien enfoui sous des tas de couches de cerveau et c’était sur ça qu’elle devait s’appuyer. Kailiana avait tué un seul homme parce qu’elle n’avait visiblement pas eu le choix. C’était donc un geste à contrecœur.
Elle posa sa main sur son bras et souffla un merci reconnaissant. Incapable de faire plus. Dans un autre temps, à un autre moment, si elle avait été plus connectée aux sentiments des autres elle aurait pu comprendre mais elle gérait déjà ses sentiments avec immense difficulté. Enfin elle gérait … elle faisait exactement la même chose que ce qu'elle venait de faire. C'est à dire qu'elle était sur le point de saisir une émotion mais elle finissait par fuir. D'ailleurs elle avait déjà repris un grand sourire.

« Ils étaient pas très marrants quand même... »

Se réfugier dans l'humour, dédramatiser la situation. Jumbo souffla intérieurement. Il la connaissait sa Léo, il savait qu'au fond elle pouvait être quelqu'un de mieux. Il avait toujours eu l'espoir qu'elle grandisse, et trouve un moyen pour s'approcher des autres malgré son déficit d'empathie, qu'elle puisse les comprendre. Elle était plus fine qu'elle ne le paraissait. Mais ces derniers temps elle ne pouvait pas faire plus qu'un merci. Ces derniers temps il perdait espoir de ce futur meilleur.
Elle se dirigea vers la salle de vie des gardes. Une bouteille de vin, des verres, un jeu de cartes trônaient sur la table. Eléonore ne s'y intéressa pas et commença à ouvrir des portes au hasard. Des couchettes dans un, des toilettes odorantes dans une autre qu'elle referma en se bouchant le nez. Puis une porte d'acier avec une serrure qui sortait de l'ordinaire.
C'était forcément ça, elle tenta quand même de l'ouvrir, forçant la poignée. Puis elle voulut se téléporter à l'intérieur. Mais une sorte de barrière l'en empêchait. C'était comme si son corps lors du trajet se heurtait à quelque chose. Que l'espace devant elle n'existait pas dans la dimension qu'elle utilisait pour disparaître.
Elles devraient trouver les clés. Aussi tout ouvrant des tiroirs elle dit à Kailiana.

« Les substances devraient être derrière cette porte là, il faudrait juste trouver les clés. »

Puis elle eut une illumination. Les gardes devaient l'avoir sur eux.
Elle n'allait pas demander à Kailiana de revenir fouiller les corps inconscients. C'était une sorte d'attention maladroite. Eléonore lui fit un clin d’œil.

« Je crois savoir où elles sont, donne moi 5 minutes.»

Une fois sur le pont elle regarda le canot et se téléporta dedans. Jumbo la regardait du bastion. Le canot tanguait énormément avec les nombreux poids. Elle devait éviter de marcher sur les hommes. Il faisait sombre et elle devait mettre les mains à leur ceinture. Malgré le fait qu'elle pouvait être en danger elle souriait, amusée par ce genre de situation. Aucunement sur ses gardes. Et au pire elle pouvait se téléporter. Jumbo se dit qu'elle manquait singulièrement d'instinct de survie quelques instants après avoir survécu à plusieurs morts violentes possibles.
Bien sûr celui qui détenait les clés était celui que Kailiana avait tué. Elle vit son regard vide et le couteau planté dans sa hanche. Le flot de sang s'était tari. Avant de prendre les clés ensanglantées elle le regarda. Non décidément elle ne ressentait rien. Elle avait pourtant lu dans les livres que ç'aurait dû la bousculer. Elle se demanda si elle ressemblait à son père. Tandis qu'elle lavait les clés dans l'eau pour les apporter propres à Kailiana elle sentit un regard dans son dos.

*Ouais ça doit faire bizarre de tuer. Voler la vie de quelqu'un...*

Devrait-elle le faire un jour ? C'était possible. Ressentirait-elle la douleur de Kailiana ? Probablement pas… mais ça lui ferait peut-être bizarre.
Elle fit tinter les clés en se téléportant dans la salle.

« Surprise !»

Puis elle les laissa à Kailiana. Après tout ce n'était pas elle la plus professionnelle.
La porte s'ouvrit. Derrière, une pièce de taille moyenne. Plus petite que l'espèce de salon, ses murs étaient complètement nus mais donnaient une impression étrange qu'Eléonore avait déjà ressenti. Ça lui rappela le rapt de 2014. Elle frissonna quand un flash l'assaillit. Quand elle avait failli être séparée de Jumbo, qu'il s'était transformé finalement en gorille. Les yeux fermés elle se demanda si c'était à cause de ça qu'ils en étaient là maintenant. A cause de cette souffrance et cette transformation en gorille. Elle n'avait d'ailleurs jamais rencontré cet homme qu'elle aurait pu tuer de ses propres mains. Mieux valait pour lui. Puis elle effaça cette question en rigolant intérieurement, et puis quoi encore, ça faisait deux ans c'étaient des vieilles histoires. Autant dire que c'était à cause d'un traumatisme d'enfance.

Un immense coffre-fort se tenait au fond. Il devait faire sa taille et un bon mètre de largeur. Elle s'était directement diriger dessus et avait tenté de tourner la molette au-cas où.

« Bon je crois que c'est toi la pro pour ça. »

Et elle s'écarta pour lui donner champ libre. Elle lui faisait confiance pour s'occuper de ce genre de choses. Kailiana était fascinante pour Léo. Tuer sans un mot, être efficace en toute discrétion, ouvrir les coffres… c'était son domaine. Sa précision et sa concentration épataient Léo qui était incapable du même effort. Elle n'avait jamais exploité son don dans tout son potentiel par pure lassitude. Quand elle imaginait tout le travail et l'expérience que devait générer les compétences de Kai elle se retenait de siffler.
Et le coffre s'ouvrit.
Le trésor était à elle.
Elle se prenait pour une pirate maintenant.


HRP:
 
  
MessageLun 9 Jan - 11:47
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Flashback, 23 octobre 2016, au large

Alors qu'elle s'approchait d'Éléonore, cette dernière se releva et sembla faire fonctionner les différentes parties de son corps, probablement pour s'assurer que tout était encore à sa place. Kailiana l'avait déjà souvent fait. Elle avait senti le regard de sa partenaire sur son dos alors qu'elle plaçait les hommes dans le canot et les envoyait vers le large. Puis lorsqu'elle avait senti le bras de Léo sur le sien, elle s'était tournée vers elle. Cette dernière lui avait soufflé un merci. Le premier réflexe faillit d'être de lui répondre qu'un merci ne pourrait effacer la vie qu'elle avait prise, mais elle se retint. Ce tir avait été son propre choix, pas celui d'Éléonore. Sa décision. Le reprocher à sa partenaire aurait été cruel et injuste. Elle se contenta donc de soupirer en réponse et de détourner le regard.

« Ils étaient pas très marrants quand même... »

Kailiana reporta à nouveau son regard sur Léo. Faire de l'humour dans une situation comme ça, cela la dépassait de loin. Elle ne comprenait pas sa réaction et, à vrai dire, elle ne chercha pas à le faire. Léo prenant la direction de la cabine, elle fut dispensée de réponse. De toute façon, qu'aurait-elle pu dire ? La jeune femme se surprit à envier le détachement émotionnel de sa partenaire. De cette façon, elle pouvait se protéger de certaines choses. La réaction de Léo face au cadavre avait prouvé qu'elle en avait déjà vu.

« Je crois que nous l'avons sous-estimée. » fit mentalement Kailiana à l'intention de son dæmon.

Seul le silence lui répondit. Elle suivit Léo dans la cabine et jeta un regard autour d'elle, tandis que sa partenaire ouvrait toutes les portes les unes après les autres. La première porte laissa Kailiana entrevoir des couchettes, avant que Léo ne la referme. La jeune femme ne vit pas les autres mais l'odeur parla pour elle-même et elle remercia intérieurement sa partenaire de l'avoir refermée presque immédiatement. Et la troisième porte bloqua carrément Éléonore, qui la secoua. La serrure était étrange. Sécurisée. A un moment, Kailiana envisagea même qu'elle se téléporte, mais elle sembla... ne pas réussir ? La rousse s'étonna et haussa les sourcils, tandis que Léo se mettait à fouiller frénétiquement dans les tiroirs.

« Les substances doivent être derrière cette porte là, il faudrait juste trouver les clefs. »

Kailiana tira un sourire avant que Léo lui demande d'attendre cinq minutes. La fillette avait un esprit qui fonctionnait vite ! L'intelligence et la vivacité d'esprit étaient des qualités que Kailiana appréciait particulièrement. Ainsi que la discrétion. Même si Léo ne semblait pas en être particulièrement dotée, ses autres qualités contrebalançaient ça aux yeux de la rousse.

Kailiana fouilla un peu dans les tiroirs, avant de tomber sur une chemise qu'elle ouvrit. Elle contenait des papiers, qu'elle parcourut rapidement. Des numéros, des noms de molécules scientifiques dont certaines évoquaient quelque chose à la jeune femme, des signatures... Et sur la dernière, un post-it était collé. Il contenait une adresse ainsi qu'un numéro. L'adresse du port. Mais, Kailiana avait l'intuition qu'il ne s'agissait pas du numéro du quai sur lequel s'amarrait ce bateau. Un container ? Il lui faudrait vérifier, d'autant que la feuille sur laquelle se trouvait le post-it faisait mention d'un dossier relevant les études faites par l'ancien Conseil au sujet des substances anti-dons et sur le lien dæmon-dæmonien. Les enfants de l'orphelinat ? Ca également, il lui faudrait le découvrir, elle ne dormirait pas bien sans. Si les rapports de ces atrocités existaient encore, comment être sûrs que personne ne poursuivrait tout ça ? Bien sûr, de façon encore plus cachée et plus sécurisée ! Kailiana referma la chemise et la tendit à Murmure.

« Tu me prends pour un chien qui va porter le journal !? » s'énerva-t-il.

Elle lui lança un simple regard « pour-une-fois-fais-ce-que-je-te-demande-sans-discuter-j'ai-besoin-d'avoir-les-mains-libres ». Murmure prit le journal dans sa gueule non sans lever les yeux au ciel d'un air désespéré. Il lui fit bien comprendre de ne pas en faire une habitude, ce qui fit sourire sa dæmonienne. Décidément, elle le connaissait vraiment par cœur !

Puis la porte verrouillée attira son regard. Aurait-elle la patience d'attendre qu'Éléonore revienne avec les clefs ? Elle décida de se lancer. Au pire, ça ferait toujours un exercice, histoire de ne pas perdre la main ! Kailiana se saisit de plusieurs objets dans sa poche et commença à crocheter la serrure. Ce fut relativement long et fastidieux mais Léo ne réapparaissait toujours pas. Avait-elle un problème ?

« J'entends un bruit d'eau et un gling-gling, elle doit probablement nettoyer le métal. » révéla mentalement le Loup.

La serrure céda enfin. Cependant, la jeune femme n'ouvrit pas la porte. Après tout, elle avait commencé ça avec Éléonore et Jumbo Merlin, les attendre était donc normal à ses yeux. Elle rangea son attirail et attendit patiemment.

« Surprise ! » fit Éléonore en se téléportant dans la salle.

Kailiana n'eut pas le cœur de lui dire qu'au moment où elle se téléportait, l'air avait bougé et donc, qu'elle l'avait vue venir. Ou plutôt, elle l'avait « sentie » venir. Léo lui tendit les clefs mais Kailiana secoua la tête et poussa simplement la porte. Un très mauvais pressentiment envahit Kailiana. Le même que dans l'usine, alors qu'elle et les autres avaient découverts les sérums anti-dons. Les anti-dons définitifs. La jeune femme hésita avant de toucher quelque chose. Elle pénétra complètement dans la salle, dépourvue de décorations, plus petite que la cabine. Sans savoir pourquoi, si la porte ouverte ne l'avait pas été, elle se serait sentie complètement piégée ici. Une impression qu'elle détestait, celle d'être prise au piège. Les poils de Murmure se hérissèrent lorsqu'il rentra à son tour dans la pièce. Sur les côtés, quelques étagères sur lesquelles reposaient des armes de toute sorte, allant du fusil pour sniper au silencieux en passant par des couteaux de toutes formes, des munitions... La seule chose qui semblait manquer là dedans, c'était une bombe !

Kailiana se saisit d'un couteau un peu plus long que la normale, pour remplacer celui avec lequel elle avait pris une vie. Elle secoua la tête afin d'éviter d'y repenser et testa le couteau. Plutôt équilibré, légèrement moins lourd que le dernier. Il n'en serait que plus précis. Elle le rangea dans la doublure de sa botte et continua son exploration. Mais ce qui attira le plus son attention, c'était le gros coffre verrouillé, noir, tout au fond de la pièce.

« Bon, je crois que c'est toi la pro pour ça. »

Léo s'écarta du chemin de Kailiana, qui se dirigeait vers le coffre. Elle ne répondit pas à Léo. Elle s'approcha de la molette. Un code. Sur ce genre de molette, il y avait un petit « cric » inaudible pour l'oreille humaine, lorsqu'on trouvait le bon chiffre. Inaudible pour l'oreille humaine. Pas pour celle, bien plus aiguisée, d'un Loup.

Murmure s'approcha de la molette à 8 chiffres et Kailiana commença à tourner la première molette. Doucement. Lorsque Murmure entendit le clic, il le précisa mentalement à sa dæmonienne. Un 7. Suivirent un 8, 5, 2, 9, 1, 2, 6. 78529126. Le code complet. Et le coffre s'ouvrit. L'intérieur était assez surprenant. Très noir, presque brillant. Le genre de matière qu'on avait envie de toucher pour voir si elle était aussi douce qu'elle le paraissait. Deux niveaux. Sur le premier, des flacons, attachés à la paroi du coffre, contenant des liquides clairs ou foncés, certains étant colorés... Mais ce qu'ils avaient tous en commun, c'est l'impression que le liquide à l'intérieur était constitué de nuages. De quelque chose de fuyant, d'insaisissable. Dedans, des étiquettes. Qui précisaient à quoi servait les flacons. Et contrairement à ce que Kailiana pensait au départ, ils n'étaient pas tous destinés à détruire les dons des dæmoniens. Sur le second niveau, le contenu des flacons était noir comme la nuit. Et l'étiquette mentionnait une atrocité : «destruction du lien entre un dæmonien et son dæmon ». En résumé, un double meurtre pour chaque dose. Il fallait détruire cette chose immédiatement. Pire que l'anti-don, un flacon capable de séparer un dæmonien de son âme... La rousse ne voulait pas en voir plus. Physiquement, elle restait calme, impassible. Mais intérieurement, elle bouillonnait. Et la culpabilité due à l'homme qu'elle avait tué était maintenant reléguée au second plan. Le premier, c'était détruire ces choses. Mais surtout, elle avait une grosse envie de détruire les personnes responsables. Ces sérums avaient forcément été testés. Les résultats de ces études devaient être dans ce bateau ! Pourtant, elles n'étaient pas dans la chemise que Murmure tenait toujours dans sa gueule. Elle sortit du coffre en coup de vent et se mit à fouiller partout dans la cabine. Elle dénicha carrément un livret dans le sac d'un des hommes. Probablement le chef.

Kailiana leva le regard vers Éléonore. Voulaient-elles vraiment savoir ce que contenait ce dossier ?
  
MessageMar 17 Jan - 22:01
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 123Nombre de RP : 52Âge réel : 20Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Le malaise s’accentuait. Plus elle restait dans cette pièce plus elle ressentait une gêne. Être privée de son don, de l’espace qui lui est propre, de sa liberté, ça l’étouffe. Jumbo était resté dans la pièce d’à côté. En temps normal elle aurait eu peur qu’il fasse une crise mais vu le peu d’énergie qu’il lui restait, le risque semblait écarté. Les armes ne la mettaient en aucun cas mal à l’aise par contre. Que Kailiana en attrape une l’étonna un peu mais c’est vrai que c’était libre-service pour elles, après tout elle aussi pouvait se servir. Les armes… elle ne savait s’en servir d’aucune. Mais peut-être un jour en aurait-elle besoin… Un jour où sa chance habituelle aurait disparu, un jour où son daemon, son pouvoir, son nom et sa débrouillardise ne suffirait plus.
Eléonore avait un talent pour pouvoir faire plusieurs choses en même temps tout en restant observatrice et attentive. Ce talent qui avait un revers, celui de l’empêcher de se concentrer sur une seule chose. Néanmoins elle en profita à ce moment, tandis qu’elle écoutait comment Kai ouvrait le coffre (elle semblait entendre quelque chose d’inaudible pour Léo qui, si elle n’avait pas vu son don, aurait pu penser que c’était de la magie) elle passait en revue les différentes armes. Elle n’avait aucune idée de ce que chaque arme représentait, ni de leur utilité. Elle en avait déjà vu mais ne s’en était jamais sérieusement servi. Et pourtant … dans le milieu où elle était c’était monnaie courante. Certains étaient fascinés et aimaient les armes, d’autres les trouvaient pratique, d’autres aimaient tuer. Autant elle avait toujours aimé la bagarre autant les assassinats étaient bien moins drôles alors elle n’en avait jamais fait.
Elle passa le doigt sur les lames des couteaux. Ils semblaient professionnels, rien à voir avec les couteaux de cuisine, certains étaient crantés comme des harpons. Ils étaient de véritables machines à blesser ou tuer. Si on savait les utiliser, ce qui n’était pas le cas de Léo. Elle prit tout d’abord une sorte de poing américain qui pouvait être utile et qu’elle saurait utiliser. Elle ne toucha pas aux couteaux, consciente que ce serait une arme trop facilement retournable contre elle vu son faible niveau dans ce domaine. Aux couteaux se succédaient des pistolets, de toutes tailles avec ce qu’elle imaginait être un silencieux, des cartouches de toutes sortes. Elle regarda cet attirail de mort avec indifférence. La seule pensée qui lui vint en tête fut celle de Kyle avec un pistolet toujours sur lui. C’était impressionnant un pistolet, rien que sa présence était une menace. Qu’elle sache ou non l’utiliser. Elle se mordit la lèvre pesant le pour et le contre. La voix de Jumbo aurait pu la convaincre que c’était une mauvaise idée, que ça se retournerait contre elle probablement. Que c’était interdit et qu’autant elle pouvait échapper à la justice la plupart du temps parce que quand on l’attrapait elle n’avait aucune preuve sur elle, autant avec une arme ce serait le poste directement.
Elle succomba au cadeau qui lui était fait, trop facile. Ce n’était pas pour une quelconque cruauté, ou volonté de s’en servir. C’était par logique, elle serait plus en position de force avec une arme même si elle ne savait pas s’en servir. Elle soupesa donc un pistolet noir avec ce qui lui semblait un silencieux. Il était plus lourd qu’elle ne l’aurait cru. Et glissa dans une poche une boîte de cartouches qui se trouvaient juste en dessous. Elle était elle-même assez circonspecte de ce qu’elle prenait mais au pire ça lui donnerait un certain style, comme dans les séries.
Le coffre venait de s’ouvrir et l’attention de de Léo se tourna donc automatiquement vers son contenu, laissant Kailiana faire sa propre idée de ce qu’elle voyait. Deux niveaux, une paroi noire, des flacons au premier avec des étiquettes. Quand Kailiana sortit en trombe pour chercher quelque chose, Léo y rentra à son tour. Elle sut instantanément que ce qui se tenait ici était plus dangereux que toutes les armes de la pièce précédente. Elle eut une vague nausée et déglutit péniblement. Elle ne comprenait pas sa réaction, il n’y avait aucun danger sauf peut-être celui se tenant dans ses flacons. Si Jumbo avait pu lui parler il lui aurait dit que ce qu’elle ressentait était un malaise profond, un dégoût suite à leur propre expérience. Mais ils ne pouvaient plus se parler. Il ressentait néanmoins une intense douleur, une perte de contrôle qui le prenait. Il tremblait. Elle lut les étiquettes. Un frisson la secoua qu’elle chassa d’un battement de cil. Celui qui détenait cette réserve avait bien fait de la cacher. Si ça se savait… le scandale éclaterait. Ces antidotes étaient l’équivalent d’une menace à la bombe nucléaire mais pour les daemoniens. Pour la première fois de sa vie, Eléonore sentit un lien qui la rapprochait de tous les autres daemoniens. Une situation daemonienne dont pourtant elle se fichait éperdument. Ça lui fit un effet bizarre. Elle eut envie de sortir immédiatement. Elle se posa sur une chaise. Son attitude évoquait toujours la nonchalance et l’assurance qu’elle adoptait partout. Son regard semblait plus vague et perdu. Au moment où Léo voulut aller chercher Jumbo, Kailiana était revenue avec un carnet dans les mains. Les antécédents, les expériences, les utilisations. Tout devait être recensé à l’intérieur. Mais y-avait-il les « recettes » ? La chose la plus dangereuse. Le fait de pouvoir reproduire ces subtances.
Bon sang, elle s’était pourtant préparée à voir ces choses, c’était ce pour quoi elle avait fait ce deal avec Kai. C’était ce qu’elle était venue chercher. Maintenant qu’elle l’avait trouvé… que pouvaient-elles en faire. Les prendre pour soi, les détruire, les révéler au grand jour.
Léo n’avait pas avec elle son meilleur conseiller. De son point de vue strict elle trouvait cela dommage de détruire une avancée de la science, qui était en plus une arme dévastatrice et qui donnerait le pouvoir à qui l’obtiendrait. Elle n’était pas sûre non plus d’être très à l’aise à l’idée d’en posséder. Quant à dévoiler au grand jour… elle réfléchit quelques secondes… c’était une mauvaise idée actuellement. Stratégiquement ça n’avait aucun sens. Ça effraierait les daemoniens mais ça rassurerait les humains. Peut-être même forcerait-on les daemoniens à utiliser ses choses. Avec Trump qui montait… Non définitivement ça pourrait déraper.
Elle leva les yeux vers Kailiana qui la regardait. Elles étaient venues pour un vol et elles se retrouvaient avec des objets d’un pouvoir inestimable entre les mains. Les informations du carnet et les substances.

« Je sais pas… Tu en penses quoi ? »

Léo n’avait aucune idée de l’état d’esprit de Kailiana qui semblait impassible. Jumbo lui avait fait comprendre il y a des années déjà qu’elle manquait de morale à proprement parler, non pas que ce fut volontaire. Si elle avait été seule … les choses auraient été différentes. Surtout en ce moment, elle aurait probablement dans cet espèce d’aveuglement colérique et cette volonté de faire mal pris et utilisé les flacons. Mais sans mettre le mot dessus elle était plus ou moins contenue par la présence de Kailiana. Pourtant elle ne la respectait pas, ne lui obéissait pas, ne l’écoutait pas encore. Elle l’estimait pour ses capacités de vol, pour ses compétences dans de nombreux domaines. Elle savait qu’en tuant elle semblait avoir été contre ses propres principes et tout cela pour sauver Léo qui était la responsable de l’échec de la discrétion. Elle se doutait que son avis personnel était décalé et manquait de morale. C’était un sujet important. Et elles étaient deux. Il était logique de lui demander son avis. L’aboutissement des réflexions d’Éléonore c’était ça, par logique elle devait s’enquérir de l’avis de Kailiana même si naturellement elle n’aurait pas eu l’idée de demander, toujours électron libre et tête brûlée.
Dans un coin de son esprit ses pensées se tournèrent vers Jumbo… Où était-il ? Dès qu’elles sauraient quoi faire il faudrait le chercher. Il avait toujours un avis juste. Il était sa conscience.
Jumbo tremblait, de froid mais aussi de panique qui commençait à emplir son corps. Son corps pourtant mou, sans énergie. Il clignait des yeux, tentant de reprendre le contrôle ou d’appeler à l’aide de son petit coin de bateau. Léo aurait pu être en danger, il avait senti l’anti-don et il avait senti malgré toutes les barrières entre eux le frisson du souvenir.
Souvenir qui tournait à présent dans sa tête et oppressait son cœur. Faisait trembler ses muscles, hachait sa respiration. Dans les clapotis de l’eau.
Il lui fallait Léo, il lui fallait le avant. Quand ça allait encore. Est-ce que ç’avait jamais été… Il lui fallait … plus aucune envie ne l’animait.

HRP:
 
  
MessageVen 14 Avr - 15:24
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Date d'inscription : 10/02/2013Nombre de messages : 632Nombre de RP : 117Âge réel : 21Copyright : Kai'Avatar daëmon : Loup de la Toundra
Kailiana E. Hale
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Flashback, 23 octobre 2016, au large

Le carnet. Kailiana l'observait, sans réellement savoir quoi en faire. Les atrocités commises ne sauraient rester impunies. Pourtant, la discrétion de cette affaire, depuis la mise ne place du nouveau gouvernement, serait préservée à n'importe quel prix. Même au prix de plusieurs vies, dérisoires en regard des conséquences engendrées par ces expériences révélées au grand jour. Et Kailiana devait se rendre à l'évidence. Quoi qu'il puisse se passer, l'affaire serait enterrée, les responsables n'affronteraient jamais la justice et ceux qui en savaient trop seraient probablement traqués et tués, voire pire.

Elle hésita, observa sa coéquipière afin de savoir ce qu'elle en pensait. Et cette dernière semblait aussi perdue qu'elle. Elle ignorait quoi faire. Pourtant, il s'agissait de ce qu'elle était venu chercher, non !?

La rousse reposa les yeux sur ce qu'elle tenait entre les mains. Le révéler au grand jour ne servirait à rien, sinon à détruire à nouveau un monde déjà fragilisé par la guerre qui commençait seulement à se reconstruire. Les gens prendraient peur, position ou se rejetteraient la faute. L'anarchie prendrait probablement le dessus, ce serait la loi du plus fort qui s'installerait. Laisser tout cela exister – elle jeta un coup d'oeil au contenu du coffre – ne saurait être une meilleure solution. Les atrocités perpétrées ne devaient en aucun cas être reproduites, quelles que soient les déductions, les hypothèses, les expériences où les conclusions ayant permis une avancée de la science. Une avancée dans le mauvais sens du terme, de nouvelles armes de destruction et de meurtre.

« Je crois que la destruction est la meilleure solution. » fit une voix hésitante dans sa tête. « Quoi qu'il arrive, jamais les responsables ne paieront, alors la seule chose que nous pouvons faire, c'est tenter de limiter les dégâts à ceux qui ont déjà été faits. »

Le loup s'approcha de sa dæmonienne, la lumière se reflétant dans ses yeux ambrés. Murmure n'était pas connu pour sa sagesse, il aimait le risque. Mais ses dernières paroles en étaient imprégnées. Puisqu'il ne semblait y avoir aucune bonne solution, autant prendre la moins pire.

« Je ne sais pas... Tu en penses quoi ? » lui demanda Éléonore.

Kailiana hésita à répondre. C'était Éléonore qui avait souhaité venir, elle qui lui avait demandé de l'aide pour pénétrer ici. C'était elle qui avait voulu ce qui se trouvait dans cette chambre forte. Normalement, c'était à elle de prendre la décision de sa nouvelle acquisition. Mais pourtant, alors que rien ne l'y obligeait, Léo lui demandait son avis. Alors elle le lui offrit. Libre à elle d'en faire ensuite ce qu'elle voulait.

« Je pense que nous devrions détruire tout ce qui se trouve dans cette chambre forte. En fait, je détruirais carrément le bateau. Toutes les preuves de ce qui a été fait, des expériences, des compte-rendus, des sérums... Je pense qu'il n'y a pas de bonne solution mais quoi qu'il se passe, la paix et le gouvernement sont fragiles, les dæmoniens ont été durement éprouvés par la guerre. Je n'apprécie pas plus que ça les méthodes du gouvernement mais les souffrances sont réduites depuis qu'il est en place. Autant le préserver le temps que ça peut durer. Mais tu as souhaité venir ici et obtenir ce qui se trouvait dans cette chambre forte, donc au final, ça doit être ta décision, tout ça t'appartient désormais. Je ne sais pas si tu prendras la bonne décision, ni même s'il en existe une. Voilà notre avis. »

Elle se releva et tendit le livret à Éléonore.

« Tu as prouvé que tu pouvais être utile malgré ton manque certain d'expérience. Tu as gagné mon respect en sauvant mon Loup alors que tu aurais pu fuir. Je ne m'épancherais pas en remerciements inutiles. Mais j'ai une dette envers toi, fillette. Une dette qu'un jour, je compte payer. Quand tu en auras besoin, tu pourras compter sur moi, je serais là. »

Kailiana prit soudain conscience de quelque chose. Où se trouvait le dæmon d'Éléonore ? En y réfléchissant, ça faisait un moment qu'elle ne l'avait pas vu. Jumbo Merlin, de son nom. Elle se demanda d'où il venait, c'était plutôt inhabituel. Kailiana n'envisageait pas de perdre Murmure de vue dans un endroit aussi sinistre, d'autant plus avec les sérums anti-dons et ceux qui coupaient les liens entre dæmons et dæmoniens aussi près. En s'imaginant victime de ces sérums, un long frisson lui remonta le long de la colonne vertébrale. Hors de question qu'elle en fasse un jour partie.

Kailiana sortit de la cabine, espérant que sa coéquipière prendrait une bonne décision concernant le contenu de ce bateau. Sous la lumière de lune, elle aperçut la petite chaloupe, dont le mouvement suivait les vagues. Au loin. Elle dérivait. L'homme qu'elle avait tué lui revînt en mémoire. Mais suite à ce qu'elle avait découvert, la culpabilité fut moins forte que ce à quoi elle s'attendait. Elle avait la sensation d'avoir pris la bonne décision, même si elle avait peur de ce qu'elle pouvait devenir après avoir commis un acte tel que celui de prendre une vie. De quoi serait-elle capable ? Elle l'ignorait. Mais elle avait sauvé Éléonore en même temps. Peut être que savoir pourquoi elle l'avait fait l'aiderait à accepter et à passer au suivant. A en tirer un enseignement sans oublier, remettant ainsi cet événement à sa juste place.

La jeune femme hésita puis se dirigea vers l'arrière du bateau, là ou se trouvait leur propre embarcation. Elle sauta dedans et rangea ce qu'elle avait dérobé dans la chambre forte – les armes – dans son sac. Puis elle remonta sur le bateau et se lança à la recherche de Léo et Jumbo Merlin.

« Alors, quelle est ta décision ? » demanda-t-elle doucement.



HRP
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