Plantes et patients... ça marche vraiment ?

 
  
MessageMar 7 Fév - 15:29
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 144Nombre de RP : 59Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
Assis à mon bureau, dos à l’unique fenêtre qui laisse entrer les rayons du soleil et baigne ainsi la pièce d’une douce lumière, je donne de légers coups de stylo sur le meuble de bois. En pleine réflexion, je fixe le dossier qui se trouve devant moi et seul le bruit répétitif du stylo sur le meuble se fait entendre. Fidèle à mes habitudes, je me suis enfermé dans mon bureau tôt ce matin pour finir de remplir quelques papiers des récents patients qui ont quitté l’hôpital, mais quelque chose sur celui-ci me bloque pour l’instant. Un peu plus loin, couchée dans son panier, Praline pousse un long soupir d’agacement à cause du bruit que je fais sans trop m’en apercevoir avant de se retourner pour tenter de trouver la meilleure position pour somnoler, mais bon... avec tout ce bruit, s’en est presque impossible.

- Tu as l’intention de jouer encore longtemps avec ce stylo ?

Ne comprenant pas où elle veut en venir, je quitte le dossier des yeux pour tourner la tête dans sa direction. Prenant conscience du bruit agaçant que je produis, ma main se fige soudainement.

- Oh, désolé Praline. J’étais vraiment dans ma bulle.
- C’est bien ce que j’ai cru remarquer,
ajouta-t-elle avec un sourire.
- Je te promets de faire plus attention à...

Je suis soudainement coupé dans mon élan par un violent mal de tête qui me pousse à porter mes mains sur mon crâne, lâchant mon stylo au passage. Comme si cela allait m’aider à soulager la douleur... Comprenant ce que cela signifie, Praline se redresse vivement dans son panier, sans pour autant s’avancer vers moi puisqu’elle sait très bien qu’elle ne m’est d’aucune utilité dans ces moments-là. Les yeux fermés, je suis victime d’une vision qui me trouble au plus haut point. Je vois d’abord une femme et bien que je me concentre sur les traits de son visage, je ne crois pas la connaître. Par contre, l’environnement autour d’elle m’est plutôt familier et il ne me faut que quelques secondes supplémentaires pour comprendre qu’il s’agit de l’hôpital. Une nouvelle infirmière peut-être ? Non, impossible, je suis toujours informé des nouveaux dans l’établissement en passant dans les couloirs et je n’ai rien entendu de tel ce matin.

Ma vision se poursuit et change même d’angle pour me permettre de mieux observer la scène. Je vois la même femme au chevet d’un patient avec quelques plantes vertes à ses côtés. Tiens, c’est étrange... d’habitude les gens offrent des fleurs à leurs proches lors de leur rétablissement, pas des plantes vertes. Enfin, je crois qu’il s’agit d’une simple visite jusqu’à ce que je vois la jeune femme se servir des plantes et ses gestes me font penser à de la phytothérapie. Une femme que je ne connais pas et qui n’est visiblement pas infirmière en raison des habits qu’elle porte, est justement en train de soigner des patients à l’aide de plantes ? Ma vision est tellement étrange que j’ai du mal à y croire, mais après toutes ses années, elles se sont toujours avérées exactes. Stupéfait, je finis par rouvrir les yeux et je ne tarde pas à croiser le regard inquiet de ma daemonne.

- Alors ? C’était quoi cette fois ?
- Disons que c’était... étrange. Vraiment très étrange même. Tu as déjà entendu parler d’une femme qui exercerait de la phytothérapie ici ?


La lynx hoche négativement la tête, ne comprenant pas vraiment où je veux en venir. En me détournant, je baisse à nouveau les yeux sur le dossier que je n’ai pas encore complété, mais la vision de cette femme revient sans cesse dans mon esprit. Il est clair que je n’arriverai pas à terminer mon boulot temps et aussi longtemps que je n’aurai pas élucider ce mystère. Déposant mon stylo sur le bureau, je me redresse vivement pour quitter la pièce, Praline sur les talons après avoir suivi le fil de mes pensées. J’ignore tout de cette femme, mais qu’elle ait le droit d’exercer ici sans être infirmière au préalable, je trouve ça... plutôt louche. Je me demande même si quelqu’un de l’hôpital a accepté sa présence ici.
  
MessageDim 12 Fév - 22:30
avatar
Date d'inscription : 01/10/2016Nombre de messages : 262Nombre de RP : 45Âge réel : 23Copyright : Rafi & Aki ♥Avatar daëmon :
Ana E. SantiagoEstoy en llamas
Ces regards. Ce sont eux, qui lui donnent sa force. Ce sont eux qui lui font encore croire. Depuis quand a-t-elle perdu ses principes ? Ceux qui font d'elle qui elle est ? Elle ne sait plus. Elle l'a effacé, consciemment, de sa mémoire... Elle n'est pas idiote. Et sait bien que son combat s'est stoppé ce jour-là. Celui de sa chute. Cette balle, elle lui a tout volé...
Mais ces regards... Blessés, souffrants. Elle a beau essayer, elle ne peut se résoudre à les ignorer. A être impassible. Ils braquent leurs supplications dans son dos, irrémédiablement. Elle n'arrive pas à ne penser qu'à elle. Elle n'y est jamais arrivé. Même aujourd'hui, elle cherche inconsciemment le moyen de se rendre utile... Et on le lui a donné. Sur un plateau d'argent.

*Ca fait tellement longtemps, Tehwa... J'ai l'impression de revivre.*

Le daemon lui jette un clin d'oeil, niché sur son épaule à elle, derrière la longue cascade de boucles noires. Il sait qu'elle a toujours été capable de le faire, qu'il lui fallait le déclic pour recommencer. Lui, il lui a laissé le temps de l'accepter, son regard comme témoin de sa foi en elle. Pourtant, encore aujourd'hui, il sent qu'elle a besoin de plus. Comme une supplication muette, une bouteille jetée à la mer. Ana a besoin d'être rassurée, parfois. Elle a besoin de savoir qu'elle ne refait pas la même erreur. L'erreur de trop s'impliquer dans une cause pour au final en ressortir blessée.

*Parce que tu es faite pour ça, ma soeur.*

Faite pour aider les autres. Et au fond, elle le sait. Elle sait aussi que sans Tehwa, elle ne serait pas allée bien loin. Son petit philosophe est son âme, littéralement. Il sait tout d'elle, comme elle sait tout de lui. Liés. Un amour étrange et fusionnel entrelaçant leur coeur. Et pour elle, il a tout fait. Tout enduré. Pour elle, il déplace jusqu'aux continents. Sans lui, ses propos philosophiques, psychologiques, elle s'écroule. Parce qu'elle n'est qu'un concentré explosif d'émotions volcaniques. Elle l'a toujours été, mais plus encore aujourd'hui. Ses crises peuvent parfois rendre leur vie difficile. Ana est un volcan prêt à entrer en fusion.

Ana sourit alors, sort de cet état de transe dépressif dans lequel elle s'est tant réfugiée autrefois. Par confort. Egoïste. Elle sort de ses pensées, se reconnecte au monde. Les murs autour d'elle se précisent, ce flou mue lentement en un amas de couleurs, de formes. Et elle fixe toujours ce regard. Toujours douloureux. Elle le fixe, s'approche. Machinalement, elle se pose sur le lit d'hôpital, prend délicatement cette main tremblante entre les siennes. Et elle lui sourit, à ce regard. A l'instar d'une mère, son sourire réchauffe.

Egoïstement, elle essaye de retrouver la vraie Ana. Parce qu'ils le savent, elle est encore là. Apeurée. Parfois, elle creuse à travers les maux de la mexicaine, émerge l'espace d'un instant. La vraie Ana lui manque. Celle qui a du culot, celle qui ose tout. Pas la menteuse, pas la comédienne. Celle qui fait semblant.
Un volcan s'éveille. Ana retrouve sa détermination, mais plus que tout, sa combativité. Elle veut se retrouver. Grâce à ces regards, elle va se retrouver.
Ana l'altruiste. La combative. L'utopiste.

La mexicaine relève les yeux, trouve à nouveau ce regard face à elle. Une jeune femme, inconnue. Elles se tiennent la main, au coeur de l'hôpital. Depuis quand vient-elle ici, clandestinement, apporter son aide ? Soigner, comme elle le peut, les maux des patients ? Elle n'est pas médecin. Seulement, ses plantes sont tellement plus efficaces que certains médicaments. Son pouvoir, dont elle est si fière, peut aider ceux qui souffrent. Alors, lorsque Levy et elle y ont songé... Aucune hésitation possible. Elle devait le faire, comme si les dieux eux-même la poussaient sur cette voie.
Elle aide Levy à soulager les patients, son pouvoir multipliant inexorablement l'effet de n'importe quelle plante médicinale.
Ana l'altruiste. Aider les autres, la nature même de qui elle est. Être une mère, une protectrice.

- Comment ça va aujourd'hui ?

La jeune femme est timide, mais elle sourit à la mexicaine. Cela fait deux fois qu'elle la voit, en l'espace d'une seule semaine.

- Ma migraine est revenue, je n'arrive plus à dormir. Après votre passage de la semaine dernière, je n'avais jamais aussi bien dormi depuis longtemps, les infirmières en sont restées bouches bées.

Elle rit, Ana la rejoint d'un sourire amusé. Elles s'étaient mises d'accord sur le secret de ce que la femme faisait ici. En soit, elle ne fait rien de mal, bien au contraire. Elle n'en a simplement pas le droit. Elle n'est personne, ni médecin, pas même infirmière. Ne possède aucun diplôme. Ana a arrêté ses études pour s'occuper de sa famille.
Ce qu'elle fait ici doit rester secret.

- Ca veut dire que ça fonctionne, si vous avez passé une bonne nuit. Je vais voir ce que je peux faire pour la prochaine.

Un clin d'oeil complice, elle farfouille quelques minutes dans son sac. Elle en retire deux plantes. Regard par dessus son épaule, personne. Elle se retourne vers la jeune femme couchée dans son lit. Plantes déposées dans sa main gauche, elle dépose la droite sur le front de la patiente. Et ferme les yeux. Se concentre et sent, l'espace d'un instant, toute cette énergie traverser son corps. Couler, le long de ses veines, traverser son coeur, lui laisser un sursaut, se glisser dans son bras droit et fuir par sa main, s'introduire dans le corps de la femme.

Ana souffle. Presque égoïste, elle se délecte de ces sensations.
  
MessageJeu 23 Fév - 16:34
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 144Nombre de RP : 59Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
J’avance dans les couloirs de l’établissement d’un bon pas, presque pressé, ce qui a pour effet de susciter l’attention de mes collègues. Je ne le sais pas, mais plusieurs d’entre eux tournent la tête dans ma direction en me voyant passer comme une flèche, peu habitués à ce genre de comportement chez moi. Ils haussent ensuite les épaules avant de retourner à leurs occupations, croyant qu’il doit y avoir urgence au bloc opératoire. Aucun d’entre eux n’osent me demander où je vais comme ça et je ne peux que m’en réjouir. Je suis persuadé que la femme de ma vision est encore ici en ce moment-même, mais où exactement ? Elle soigne les patients directement dans leurs chambres, alors j’ai bien peur de devoir inspecter chacun des départements où l’on retrouve des chambres et des gens hospitalisés. Cela peut autant être à l’urgence que dans l’aile de l’oncologie... Je soupire quant à l’immensité de déplacement qui m’attend. Je risque de m’amuser comme un petit fou en courant d’un bout à l’autre de l’hôpital.

Je décide donc d’y aller de façon méthodique, comme j’y suis habitué. Je me dirige tout d’abord au rez-de-chaussée pour me rendre à l’urgence et un rapide tour des chambres me confirme que la femme ne se trouve pas ici. Elle y était peut-être cinq minutes avant, comment le savoir ? Cette chasse à l’homme commence à me rendre fou. L’idée de questionner le personnel qui se trouve aux alentours me vient à l’esprit, mais je me ravise au tout dernier moment. Non, il vaut mieux ne prendre aucun risque et si les autres ignorent aussi la présence d’une femme pratiquant la phytothérapie ici, ils risquent tous de se mettre à la chercher comme je le fais actuellement et cela me ralentirait considérablement. Dommage que je ne puisse pas lire dans les pensées, ça m’aurait bien été utile dans ce genre de situation.

Les minutes s’écoulent et je ne baisse pas les bras pour autant. Selon ma vision, la patiente ne se trouvait pas en soins intensifs, aussi passais-je rapidement devant le département sans m’y arrêter. Tu pourrais peut-être demander des informations à Evelyne ? J’ai comme l’impression qu’elle n’est pas toute blanche dans cette histoire. Oui, c’est vrai qu’elle pourrait peut-être m’aider, encore faut-il que je monte les étages pour la rejoindre en oncologie. Evelyne est une bonne amie à moi et nous avons développé une très forte relation après notre première rencontre dans un bar juste avant qu’elle ne commence ses stages à l’hôpital. Elle est trop honnête pour me cacher quelque chose, je suis donc assez convaincu d’arriver à lui tirer les vers du nez sans trop de problème si elle est au courant de toute cette histoire.

Je me dirige donc vers cet autre département, même si je dois d’abord passer par la médecine générale. En chemin, je jette un coup d’œil dans toutes les chambres qui se trouve sur mon chemin et je sens que Praline commence à avoir du mal à suivre le rythme. Au fond de moi, je me demande s’il n’avait pas été préférable que je reste dans mon bureau pour terminer mes nombreux dossiers sans me préoccuper de ma vision. Non, décidément, je dois en apprendre plus, je ne peux pas rester là après avoir été mis au courant malgré moi. Soudain, je passe devant une chambre où j’y aperçois deux femmes, l’une étant au chevet de l’autre et je fais rapidement demi-tour pour venir observer ce qui s’y passe. La femme qui se trouve de dos ressemble à celle de ma vision, malgré l’angle de vu qui ne m’aide pas du tout. Elle semble tenir une plante dans la main et la patiente, les yeux fermés, semble être profondément en paix avec elle-même. Bon, qu’est-ce qui se passe ici ?

Praline profite de ce petit moment de répit pour reprendre son souffle, tandis que je m’appuie sur le mur du couloir juste à côté du cadre de porte. L’effet de cette phytothérapie m’étonne à un tel point où je ne peux me permettre d’interrompre la séance. Soupirant, je croise les bras sur mon torse en attendant que celle-ci soit terminée pour que je puisse avoir une bonne conversation avec celle qui s’est apparemment infiltrée jusqu’ici sans s’être fait remarquée. Comment y est-t-elle parvenue, d’ailleurs ?
  
MessageVen 14 Avr - 22:43
avatar
Date d'inscription : 01/10/2016Nombre de messages : 262Nombre de RP : 45Âge réel : 23Copyright : Rafi & Aki ♥Avatar daëmon :
Ana E. SantiagoEstoy en llamas
Rire cristallin, la patiente semble avoir oublié ses douleurs. Pour un instant. Les soins d'Ana sont certes immédiats, mais ne durent jamais. Elle ne peut soigner complètement quelqu'un d'une séance. Le temps et les plantes sont ses seuls alliés. Et malheureusement, elle ne pourra jamais soigner cette jeune femme au regard brillant de vie. Jamais elle ne pourra les sauver, ces pauvres âmes malades. Son don manque cruellement de puissance...
Pourtant, elle fait de son mieux pour les aider. Grâce à Levy, elle le peut. Et presque égoïstement, faire ces intrusions dans l'hôpital lui fait du bien à elle aussi. Parce qu'elle pensait ne plus jamais être capable d'aider quelqu'un. Après tout, n'est-elle pas perturbée elle-même ?
Ana a récupéré certains morceaux de son reflet, d'autres recouvrent encore le sol humide de la forêt, au Mexique. Elle ne les retrouvera sans doute jamais. Alors elle essaye de se reconstruire, colmatant les trous comme elle le peut.

- Vous êtes un ange, madame. Tombé du ciel.

Surprise. La mexicaine tourne son regard brun sombre, le plonge dans l'océan de cette femme. Un ange... Elle lui sourit, Ana ne le lui rend pas immédiatement. Quelques secondes de réaction. Perturbée par les mots prononcés dans un souffle unique. Un ange... Elle sourit enfin, ses yeux se plissent, son coeur s'envole. S'écrase. Il n'a pas d'ailes.
Un ange... Sûrement pas. Elle n'est pas un ange, elle ne l'a jamais été et ne le sera jamais. Un ange... Quelle idée. Une inconnue ignorant tout de ses actes, simplement.
Un ange... Jamais. Elle n'est qu'une âme perdue, volatile, prête à exploser au moindre choc. Parce qu'elle est fragile. De montagne inébranlable, d'un simple geste, mouvement de l'index sur une détente, elle est tombée. Brisée.
Elle n'est pas ange. Ni démon. Une âme en peine incapable de savoir qui elle est. Où elle est. Qui essaye simplement de se reconstruire, de se relever.
Pas un ange.

- Ne soyez pas si gentille, vous ne me connaissez même pas.

- Vous chassez ma douleur quelques heures, c'est suffisant pour dire que vous êtes un ange. Et vous ne demandez rien en retour. Ca me suffit, quoique soit votre vie.

Et son coeur explose. En miettes. Parce que cette inconnue, elle ne sait rien. De ce sentiment égoïste qui frappe sa poitrine quelques secondes. Elle ignore tout. Et pourtant, elle sent une chaleur étrange se glisser dans ses veines. Et elle croit rougir légèrement. Alors, elle tourne la tête de côté.

- C'est normal, c'est un devoir de faire profiter de ce don si merveilleux aux autres...

Elle ne tremble pas, son coeur garde le rythme. Machinalement, elle range la plante flétrie dans son sac. Elle sourit à la femme, lui fait un clin d'oeil, se lève. Tehwa se cache plus encore dans les boucles noires de la mexicaine. Il est temps de partir.

- Je reviendrai te voir dans quelques jours, chérie, fais attention à toi.

Feinter un quelconque lien entre elles, au cas où on les entende. Ana se retourne, commence à marcher. Et sort de la chambre d'un pas rapide. Et elle sursaute, son coeur ne fait qu'un bond. Un homme est adossé au mur, juste à côté de la porte. Elle le regarde, il la regarde.
Et elle continue son chemin, enfilant son sac à dos en cuir noir sur son dos. Au loin, elle aperçoit la sortie, au fond du long couloir. Alors, elle garde un pas allant, sans être trop pressé, et ignore le mouvement bourdonnant des infirmiers et médecins autour d'elle, des patients et autres personnages. Elle veut sortir d'ici, parce qu'elle a besoin d'air.
Et enfin, elle pousse la porte de l'hôpital. Cette simple marche dans les couloirs lui a paru une éternité. Et ce soleil, sur sa peau, réchauffe son esprit embrumé. Elle inspire.

Un ange... Un ange ne tue pas.
  
MessageDim 7 Mai - 1:49
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 144Nombre de RP : 59Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
J’attends patiemment la sortie de la dame toujours adossé au mur tout près de la chambre, les bras croisés sur mon torse. Je l’entends saluer la patiente comme si elle faisait partie de la famille, mais après la vision que j’ai eu à son sujet, je suis convaincu qu’elle est ici pour une toute autre raison. Elle n’est pas venue jusqu’ici pour la visiter, mais bien pour la guérir à l’aide de plante. Enfin, il me semble. Dans tous les cas, qu’elle fasse partie de la famille ou non, elle n’a pas le droit de pratiquer ici sans autorisation et je ne me souviens pas d’avoir vu une quelconque carte d'employé sur elle pour prouver qu’elle travail bien ici, dans l’hôpital. Je dois absolument lui poser quelques questions, au risque d’être incapable de dormir en paix par la suite.

Je n’ai pas le temps de dire quoique ce soit que la jeune femme s’éclipse rapidement vers un couloir qui mène jusqu’à la sortie de l’hôpital, après m’avoir adressé un bref regard. Je croyais qu’elle me demanderait la raison de ma présence ici en m’apercevant, mais elle semble s’en ficher. Je suis tellement perturbé par sa réaction qu’elle est sur le point de me glisser entre les doigts et après avoir été témoin de ses actes, je ne peux la laisser partir comme ça. Les femmes ne sont pas toutes obligées de réagir en ta présence, tu sais. Elles ne peuvent pas être toutes intéressées... Malgré le sous-entendu de ma daemonne, je n’ai pas de temps à perdre. Secouant la tête pour reprendre mes esprits, je me lance à la poursuite de la jeune femme qui vient tout juste de passer la porte pour rejoindre l’extérieur. Agacée par mon comportement, Praline ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel avant de me suivre plus lentement.

- Hey, attendez !

Évidemment, je pourchasse la jeune fille jusqu’à l’extérieur, tout en faisant attention à ne pas bousculer d’autres médecins sur mon passage. J’espère seulement ne pas lui faire peur en agissant de la sorte, mais je veux éviter qu’elle ne quitte les lieux sans lui avoir parlé. Une fois arrivé à portée de voix, je m’arrête à une distance raisonnable avec la jeune femme pour tenter d’avoir une discussion avec elle.

- Pardonnez-moi de vous déranger, mais je veux simplement vous poser une question. Est-ce que vous travaillez ici ?

Pour la discrétion, on repassera. Ouais bon... avec tout le boulot qui m’attend, je n’ai pas envie de tourner autour du pot. D’ailleurs, je crains qu’elle se referme comme une huitre, qu’elle se sente menacée à cause de ma question un peu perturbante et soudaine. Malheureusement, avec la blouse blanche que je porte ainsi que ma carte d’employé attachée à ma ceinture, il m’est impossible de me faire passer comme un simple citoyen. Ça aurait pu me faciliter les choses. Préférant prévenir que guérir, Praline décide de sortir de sa cachette, soit de derrière moi, pour se placer à mes côtés et ainsi être vue par la jeune femme. J’ignore si celle-ci est à l’aise avec les daemoniens et j’ai peur que l’apparition de ma moitié ne nous aide pas.

- Ce qu’il veut dire, c’est plutôt... si vous avez l’habitude d’utiliser ce genre de plantes. C’était plutôt fascinant comme processus.

Alors là... la lynx m’étonne au plus haut point. Elle qui a tendance à être timide avec les inconnus d’ordinaire et voilà qu’elle commence à discuter tout bonnement, comme si de rien n’était. J’ignore ce qu’il se passe avec elle, mais c’est perturbant.
  
MessageMar 13 Juin - 0:49
avatar
Date d'inscription : 01/10/2016Nombre de messages : 262Nombre de RP : 45Âge réel : 23Copyright : Rafi & Aki ♥Avatar daëmon :
Ana E. SantiagoEstoy en llamas
Yeux fermés, le soleil réchauffe sa peau. Et Ana inspire. Un sourire se fraye un passage sur son visage, elle entend vaguement la voix de Tehwa dans sa tête, n'en garde qu'une bribe sans en comprendre le sens. Elle se sent si bien... Utiliser ce don est presque devenu addictif. Aider les autres, un véritable besoin. Comme un baume au coeur. Pour se persuader qu'elle n'est pas si différente de celle qu'elle a été, comme pour se souvenir de celle qu'elle était avant sa douloureuse chute.
La tête presque entièrement relevée vers le ciel, elle met un pied devant l'autre, prête à rentrer chez elle. Le sort en décide autrement. Alors que son pied se pose sur le béton, un homme l'interpèle. La mexicaine se retourne vivement, son daemon s'accrochant désespérément pour ne pas glisser de son épaule.

Là, elle se retrouve nez à nez avec un homme. Elle le reconnait dans la seconde. Deux minutes plus tôt, leurs regards se sont croisés alors qu'elle sortait de la chambre de la patiente. Sur l'instant, elle ne s'en était pas plus inquiétée, bien trop pressée de sortir du bâtiment. A présent qu'il est là, face à elle, la femme se demande si elle n'a pas fait une erreur...
Il lui pose une question, celle qu'elle craignait. Parce qu'elle sait, s'il a vu quoique ce soit, elle est fichue. L'homme porte une blouse blanche, l'hésitation n'est pas même permise, il travaille ici. Et connait sûrement tous ses collègues. L'a-t-il vu ? Ana le sait, elle est mal. Très mal. Elle n'a absolument aucun droit de faire ce qu'elle fait entre ces murs... Pourtant, elle le fait. Depuis un moment déjà. Parce que ces gens ont besoin d'un brin d'espoir.

Ana hésite. Partir et ne plus jamais revenir pour éviter tout problème ? Les conflits ne sont plus réellement sa tasse de thé... Ou assumer ses actes et se tenir droite, la tête haute face à cet homme ?
Elle n'a pas le temps de prendre la moindre décision qu'une ombre sort de sa cachette, se dresse aux côtés de l'inconnu. Un daemon. Son regard passe de l'homme à l'animal, inlassablement, alors que la daemonne parle. Est-ce un compliment qu'elle lui offre ?
Ana ne sait comment réagir. Et pourtant, elle ne sent aucune hostilité face à elle. Alors, elle reste. Tête haute, visage cependant dénué de tout sourire. La mexicaine en est encore à se demander ce qui l'attend, quoi répondre. Tehwa bien dissimulé dans sa chevelure, observateur plus qu'acteur de la scène. Comme bien souvent. Sa timidité bien trop forte. Ana le sent tendu lorsqu'elle ouvre enfin la bouche, explosant son accent particulier.

- Je crois qu'il ne sert à rien de mentir, puisqu'il est évident que vous avez tout vu.

Détendue, elle mime de se gratter l'épaule, alors qu'elle caresse le dos de son jumeau pour le rassurer. Elle tourne son regard vers la daemonne, force un léger sourire.

- Oui, je suis herboriste, j'ai l'habitude des plantes et je sais comment les utiliser à leurs avantages.

Son regard se relève vers celui de l'homme, son sourire reste intact, une pointe de sérieux aux commissures de ses lèvres. Quoiqu'elle dise, il lui fallait être honnête. Le mensonge, elle ne le tolère elle-même que très peu. Et dans telle situation, mieux vaut exposer la vérité, surtout lorsque l'on ne sait pas même ce qui a été vu.

- Et non, je ne travaille pas ici.

Plutôt expéditif comme réponse. Pas de détours.

- Je comprendrai si vous devez en référer à votre supérieur à propos de... ce que vous avez vu.

Qu'ont-ils vu au juste ?
  
MessageJeu 3 Aoû - 5:03
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 144Nombre de RP : 59Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
Mes paroles semblent avoir ébranlées la jeune femme puisqu’elle ne réagit pas sur le coup. Sans afficher aucune expression, elle reste là, debout devant moi, comme si elle cherchait les bons mots à utiliser pour s’expliquer. Même si mon approche s’est avérée un peu plus directe que ce que je voulais, je n’avais pas l’intention de l’agresser verbalement pour connaître la raison de sa présence ici. Contrairement à ce que je dois dégager, je ne suis pas fâché, loin de là d’ailleurs. Comme Praline l’a mentionné, son truc avec les plantes est aussi inhabituel que spectaculaire. Je ne sais pas trop comment elle fait, ni si cela s’avère efficace chez les patients, mais si ça leur procure un apaisement autre que par la prise de médicament... je trouve ça plutôt intéressant.

La jeune femme finit par avouer sous prétexte que mentir ne servirait à rien. Il est vrai que dans sa situation où je l’ai coincée dans le stationnement... il vaut mieux tout dire pour éviter que cela n’empire. Après avoir jeté un coup d’œil à Praline, elle confirme être herboriste et savoir utiliser les plantes à leur avantage. C’est vraiment fascinant, autant son don que son accent qui m’intrigue grandement. Je me demande d’où elle peut bien être originaire pour parler ainsi, mais Praline s’introduit rapidement dans mon esprit pour me rappeler que je dois rester concentré sur ce qui m’a amené jusqu’ici. Apparemment, nous sommes tout les deux originaires d’ailleurs des Etats-Unis... mais ce n’est pas le plus important. Pour l’instant.

- Hmm... vous ne travaillez pas ici, me contentai-je de répéter.

Sa réponse me surprend tout de même, mais je m’attendais à cela. Comme je ne l’avais encore jamais remarqué dans l’enceinte de l’hôpital, je ne pouvais espérer autre chose. Désormais, je patauge entre deux eaux puisque ce qu’elle fait est illégal. Soit je la dénonce à mon supérieur, soit je reste muet. Malgré moi, en étant confronté à une telle situation, je laisse échapper un soupir. Étant donné que j’ai aimé la voir à l’œuvre, je préfère pencher pour la seconde option.

- Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas l’intention d’en parler à mon supérieur. Je sais que ce que vous faites est interdit, mais en même temps... je pense d’abord au bien-être des patients. J’ai vu ce que vous avez fait avec la dame et elle semblait grandement soulagée après votre départ.

Et puis, si les plantes peuvent vraiment soulager l’inconfort et la douleur associée à un traitement ou encore à une opération... il faudrait être cinglé pour cesser cette phytothérapie. Tout en faisant une pause, j’essaie de réfléchir à un moyen pour que la jeune femme puisse continuer son travail sans être constamment sur ses gardes de peur de se faire prendre à tout moment. D’ailleurs, ça serait bien qu’elle soit payée pour ce qu’elle fait. Sans avoir le rang d’infirmière, elle pourrait peut-être faire partie du personnel hospitalier. Il faudrait que je me renseigne sans attirer trop de soupçons, ce qui risque d’être difficile. Pour l’instant, je me pose beaucoup trop de question. Comment s’est-elle introduite comme ça dans la chambre d’une patiente sans que personne ne la remarque ? Comment fait-elle pour utiliser l’énergie des plantes ? Tant de questions sans réponse...

- Est-ce que je peux me permettre une question ? Comment faites-vous pour travailler ainsi avec les plantes ? Vous avez fait des études particulières ? Vous possédez un don peut-être ?

Déjà, est-elle humaine ou daemonienne ? Praline m’affirme mentalement qu’elle sent la présence d’un autre daemon dans les parages, mais j’ai beau regarder partout, je ne vois rien aux alentours. Si c’est bien le cas cela expliquerait bien des choses, alors je me contente d’attendre sa réponse avec impatience.
  
MessageSam 12 Aoû - 14:22
avatar
Date d'inscription : 01/10/2016Nombre de messages : 262Nombre de RP : 45Âge réel : 23Copyright : Rafi & Aki ♥Avatar daëmon :
Ana E. SantiagoEstoy en llamas
L'homme se contente de répéter, pensivement, les mots de la mexicaine. Cette dernière, droite, ne flanche pas et attend le jugement. En l'observant, elle garde l'espoir qu'il n'en fasse rien, peut-être lui donner un avertissement, qu'il ne la reprenne plus à faire ses combines dans son établissement. Et parfois, elle croit deviner une étincelle différente dans ce regard, dans celui de sa daemonne. Ils n'ont pas l'air menaçant, bien loin de là. Tehwa se recroqueville plus encore, incapable de se montrer. Tous deux ne craignent visiblement rien, ils l'espéraient en tous les cas.

L'homme reprend la parole, les rassure. Il ne dira rien à son supérieur. Soulagée d'un poids, l'herboriste se détend très légèrement. Elle sourit lorsqu'il parle du bien-être des patients et cette révélation la conforte dans l'idée que c'est un homme de bien. Qui pense aux autres et non aux conventions et aux règles.

- Elle l'est, soulagée, pour quelques heures seulement. Je ne peux faire mieux, malheureusement.

Ana ne peut guérir des maladies graves, de simples maux de têtes, de ventre, oui. Ses seuls obstacles sont les plantes qu'elle utilise. Et aucune d'entre elle n'a la capacité de guérir les maladies. Elle n'en a encore trouvé aucun pour soigner le cancer ou réparer un os brisé, en tout cas. Et peine à croire que cela existe. Peut-être un jour ce pouvoir évoluera, peut-être pas. La mexicaine a entendu des histoires sur l'évolution des dons daemonien, parfois crédible, parfois moins. Peut-être, un jour. Mais pour aujourd'hui, elle n'est capable que de soulager la peine et la douleur de cette pauvre femme. Rien de plus.

L'homme l'assène à coups de questions, elle aurait dû s'y attendre. Pourtant, un peu surprise, elle sourit, amusée. La curiosité de l'homme à la blouse blanche est bien plus grande que son envie de coincer une infiltrée. Alors, son sourire s'élargit, doux.

- Je crois que dès l'instant où je m'introduis dans cet établissement pour faire quelques petites manipulations illégales, vous avez le droit à quelques explications, en effet. Et à quelques questions.

Tehwa n'est pas encore pleinement rassuré, ne bouge pas. Se contente d'observer, d'écouter. Et de craindre le pire. Malgré la tranquillité de sa soeur, il se sent de devoir se préoccuper de cette situation inconfortable. Inconfortable pour lui, tout du moins.

- C'est extrêmement simple, en soit. Et je suis navrée de vous l'avoir caché dès le départ, il est simplement timide et ne se montre pas facilement. Je n'crois pas qu'il sortira, d'ailleurs.

Elle sourit et tourne sa tête en direction de la daemonne.

- Nous avons bien plus en commun que ce que vous pensez.

Le phalanger tremble un peu, recule sur son épaule. D'une pensée, il supplie Ana de ne pas le démasquer ou du moins de ne pas lui enlever sa cachette. Qu'elle avoue qu'ils soient daemonien ne le dérange pas, il ne veut simplement pas se montrer. Alors, la mexicaine n'en fait rien. Elle se contente de parler sans donner le moindre indice de la présence de son jumeau sur son épaule.

- Daemonienne. C'est aussi simple que ça. Je n'ai jamais fait d'études, mais j'ai eu ce don merveilleux et cette passion dévorante pour les plantes. J'ai travaillé de moi-même, appris toute seule pendant des années. Et me voilà, prise à mon propre jeu. Surprise à soulager cette pauvre femme de son mal.

Sa main se pose distraitement sur son sac, rempli d'échantillons de plantes médicinales ou non.

- Je pourrais vous montrer, si ça vous tente.
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1