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Levé du jour sur le port

 
  
MessageLun 27 Fév - 19:00
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Nollaig E. O'MalleyNothing will be the same...
Une silhouette se tient immobile contre le mur d'une petite chambre, assise sur un lit. Une seconde plus sombre se tient allongée à ses côtés. Ils semblent paisibles dans cette pénombre. Ce n'est que factice. Tomas sent le fourmillement de pensées qui habite son âme sœur. Des pensées parasites, sombres et collantes. Elles l'empêchent de dormir. De vivre. Elle est si triste son Edi'. Hantée par le passé et effrayée par le futur. Et lui il se sent impuissant.. La main de Nollaig se remet à errer dans sa fourrure, alors qu'il peut entendre une mélodie s'échapper de ses lèvres. Elle a senti son énervement. Petit à petit il se calme, se détendant sous ses attentions.
Cela a été cela toute la nuit. De la tranquillité, le fourmillement de pensées de Nollaig et de l'énervement de Tomas. Un véritable cercle vicieux. Mais ils en ont bien profité de ce rare moment de tranquillité. Quelques mois avant cela n'était pas possible. Surveiller, être attentif, ne pas relâcher sa garde. C'est depuis qu'ils sont arrivés à Merkeley qu'ils découvrent ce que c'est de dormir sur deux oreilles et passés des moment seulement eux deux. Sans se soucier de rien d'autre.
Le chien tourne les yeux vers la fenêtre. Il peut apercevoir le ciel encore sombre mais il sent que le petit jour ne devrait pas tarder. Parfait. Sa voix s'élève dans le silence, grondante :

-Et si on allait se promener ?

Nollaig réfléchit un instant. Dans quelques heures elle doit se présenter à son cours d'histoire de l'art. Dans cette université si grande avec tant de gens... Elle joue distraitement avec la fourrure de Tomas. Avant de sourire faiblement :

-Tu me suggère de rater des cours ?

Elle imagine très bien son daemon hausser humainement des épaules alors qu'il s'appuie un peu plus sur ses cuisses.

-Tu n'as pas dormi. Elle peut sentir le reproche dans sa voix. Et puis aller te promener te ferai le plus grand bien. On ira en cours cette après midi si tu veux.

Elle laisse sa tête reposer sur le mur derrière elle. Où pourront-ils aller ? Elle ne connaît pas Merkeley mais une envie de s'éloigner du centre ville l'envahit. Tomas est d'accord avec elle. Ils découvriront les lieux une autre fois. Un souvenir lui vient en mémoire : le soleil rougissant les eaux comme le ciel. Le calme du chuchotis des vagues.. En quelques mouvements Tomas est en bas du lit, s'étirant avec grâce, déliant son corps des reste de paresses de la nuit.

-Je ne pense pas pouvoir t'offrir les couchers de soleil d'Irlande mais je pense que l'on peut se débrouiller si on se dépêche.

Alors les voilà dehors dans la ville encore endormie. Enfin pas totalement, les transports en commun et quelques voitures grondent sur les routes et quelques boutiques sont déjà allumés se préparant pour la journée à venir. Marchant d'un pas vif, le visage enfoncé au creux d'une capuche et les mains au fond des poches, Nollaige suit Tomas. C'est lui qui avait repéré la navette qui faisait régulièrement les allés et retour entre Merkeley et Perth Amboy. Il y avait la mer là bas, ainsi qu'un port. Il espérait qu'ils pourront arrivés à temps pour voir le soleil émergé et chassé la nuit.
A l'arrêt du transport en commun, son doigt longeant les différents horaires. Elle ne relève pas quand Tomas gronde à ses côtés en sachant le temps qu'il reste à attendre. Il était encore tôt après tous. C'est après une dizaine de minutes passées dans le silence que les phares de la navette apparaît. Ils rentrent tous les deux sans un regard pour quiconque à l'intérieur. Alors que la jeune femme s'installe au centre, debout appuyé contre la fenêtre, Tomas vient s’asseoir à ses côtés, jetant un regard méprisant à ceux les plus proches. Ils ne t'ont encore rien fait Elle ne se vexe pas quand il lui jette un regard furieux. Après tous il a été celui qui prévoyait le danger où qu'ils aillent. Et puis il avait confiance en quiconque.
Sa main vient se poser sur le haut de son crâne alors que son regard se porte sur l'extérieur qui défile. Cela fait quelques mois qu'elle est arrivée à Merkeley et rencontrée Rafi. Cela fait quelques mois qu'elle découvre la vie simple d'étudiante. C'est étrange. Elle doit se projeter dans le futur, prévoir des choses, des projets. Jusqu'à maintenant elle n'avait qu'à faire en sorte de manger le soir. As-t-elle réellement des projets ? Elle farfouille dans sa tête. Non. Il y a juste le sentiment de ne pas se sentir à sa place... Et l'atelier ? C'est vrai. Il est peut être mon seul "projet"... Il faudrait que je commence à chercher à locale ou demander à l'université si ils ne prêtent pas des salles. Edi', on est arrivé.

Leurs foulées accélèrent au fur et à mesure qu'ils voient le ciel s'éclaircir. Sans peine ils tiennent l'allure de l'autre même si la respiration était plus hachée et rauque. Bientôt ils débouchent sur le port. Quelques vieux souvenirs viennent effleurer la mémoire de Nollaig. Les même odeurs celle du sel, des poissons et des moteurs ainsi que d'autres qu'elle n'a jamais pu identifier. Elle se revoit au début de son enfance jouer à cache cache sur le port. Ou peut être échappait-elle simplement à d'autres gamins ?
D'un coup de tête Tomas la sort de sa rêverie. Il ne veut pas la revoir replonger dans la noirceur de ses souvenirs. Il veut condamner ce passé. Allez. Le soleil n'attend pas. Elle cache son sourire moqueur sous la capuche de sa veste élimé. Ce n'est pas la marée normalement? Seulement un grognement lui répond alors qu'il s'avance dans le port. Elle lui emboîte le pas à quelques secondes d'intervalle. Ainsi ils traversent le port, évitant agilement chaque petit obstacle. Chacun retrouve des réflexes oubliés. Ses converses aux couleurs fanées et trouées frappent le bois dans un bruit sourd. Elle ne fait pas attention aux hommes qui prépare les différents bateau. Ses yeux sont fixés par le bout du pont. Elle s'y stoppe, à quelques pas du bord. Elle veut pas prêter attention à cette eau grondante à ses pieds. Son regard est absorbé par le soleil qui émerge de l'océan, si clair. Il semble au cours des secondes faire du ciel une véritable palette de couleur. Un calme rare vient envahir la jeune femme, remplissant de contentement Tomas. Il a réussi. Il a réussi à garder Edi' loin de ses ombres pour les quelques heures prochaines.
  
MessageSam 4 Mar - 18:47
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Finnegan ReyesTake a SAD song
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LEVÉ DU JOUR SUR LE PORT
Finn Reyes & Nollaig E. O'Malley


▬ Here comes the sun, doo doo doo doo
Here comes the sun, and I say
It's all right.


Il n’y a aucune musique, sinon celui de la cafetière qui gronde, mais la voix est juste, grave et légère, chantée juste un peu plus fort qu’un fredonnement. L’homme étale du beurre d’arachide sur sa rôtie en lançant régulièrement des regards distraits par la fenêtre. Le soleil n’est pas encore levé, mais l’aura grisonnante du matin lui permet de voir les vagues moutonner paresseusement sur la mer. De sa cuisine, rien d’autre n’est visible que cette grande étendue infinie. Pas même la plage ou encore la coque d’un bateau ne pointent un bout de leur nez. C’est définitivement l’une des choses qu’il apprécie le plus de vivre dans une maison sur pilotis.

La machine à café cesse finalement de grogner, et tout en mordant dans l’une de ses rôties, Finn verse le liquide chaud dans une grande tasse à couvercle. Pas de lait, bien qu’il soit habitué à se réveiller aux aurores, il aura besoin des avantages d’un café noir. Il ne peut néanmoins résister à une cuillère de sucre. Sa dent sucrée le perdra, définitivement. Une gorgée lui réchauffe la gorge et c’est avec un petit sourire de contentement qu’il passe une main dans ses cheveux sombres et bouclés, tentant sans succès d’y mettre un peu d’ordre avant de débuter sa journée.

▬ Little darling, it's been a long cold lonely winter
Little darling, it feels like years since it's been here
Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It's all right.


L’homme engloutit la dernière bouchée de son petit déjeuner, attrape sa veste noire et bleu accrochée dans l’entrée puis ferme la lumière de la cuisine, plongeant sa petite demeure dans l’obscurité. Il ouvre la porte puis arrête son chant un bref instant pour pousser un bref sifflement aigu. Un bruit de bâillement se fait entendre depuis la pénombre de sous la table avant qu’une forme grise, accompagnée de cliquetis caractéristiques de griffes frôlant un sol de bois, ne se faufile entre Finn et la porte entre ouverte.

Le vieux chien, une sorte de griffon vendéen croisé au poil gris-beige hirsute, s’arrête sur le quai de bois en attendant que son maitre ferme et verrouille la porte derrière eux. Le matin n’est pas particulièrement froid aujourd’hui, ce qui est une bonne nouvelle et prédit probablement une des journées les plus chaudes depuis longtemps, mais il fait tout de même assez frais pour que s’échappe d’entre les lèvres de Finn un petit nuage de buée.

▬ Little darling, the smiles returning to the faces
Little darling, it seems like years since it's been here
Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It's all right.


Prenant la direction du port, Finn descend les quelques marches de bois vieillit par les embruns et s’engage sur le petit chemin de pierre longeant la plage. L’autre chose qu’il apprécie particulièrement de sa maison, c’est le fait qu’elle soit située directement sur le port. Trois minutes, tout au plus, en prenant son temps et en laissant son chien, Ringo, faire ses besoins et sentir ici et là les rochers et buissons, et il est arrivé au bureau des garde-côtes de Perth Amboy. La grande bâtisse trônant à l’extrémité de la marina, depuis le poste d’observation intérieur, il lui est alors possible de surveiller tous les bateaux en partance et arrivant au port, ainsi qu’une partie de la plage de plaisance.

Il n’a néanmoins pas envie de rester à l’intérieur. Le beau temps est trop attirant et puis il adore profiter du calme si particulier sur les quais avant que l’activité de la journée ne se réveille vraiment. Il n’a pas non plus envie de rester seul, étant l’unique garde-côte de garde si tôt aujourd’hui, et il a pris l’habitude de saluer les pêcheurs débutant leur journée de travail chaque matin. Aussi, aussitôt arrivé, Finn attrape la petite radio de détresse portative, l’accroche à sa ceinture puis retourne sur le grand quai central. Si un appel de détresse est lancé, il ne pourra ainsi pas le rater.

▬ Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun…


Il cesse finalement de chanter alors qu’il s’approche des premières embarcations. S’il a une bonne voix, il a toujours été trop convaincu du contraire pour se risquer à la faire entendre à d’autres que sa fille ou son chien. Ringo à ses côtés, il salut d’un signe de tête un vieux couple d’hommes, deux frères effectuant ce métier depuis une quarantaine d’années, préparant un petit bateau de pêche lui rappelant grandement celui de son père, qu’il a laissé derrière lui en Angleterre. Un peu plus loin, il échange quelques mots avec une jeune femme qui réajuste les cordages sur son petit voilier. Athlète prometteuse, il la croise presque tous les matins pour ses sessions d’entrainement et, avec les mois, s’en est fait une bonne amie.

Il est presque arrivé au centre du grand quai lorsque Ringo, d’ordinaire si placide et calme, redresse vivement la tête en poussant un petit jappement étouffé. Finn hausse un sourcil, intrigué, et le suit des yeux avec surprise lorsqu’il le voit s’élancer en galopant, langue sortie et queue battante, vers l’embranchement d’un plus petit quai de bois. Une lumière de compréhension s’allume dans ses yeux bruns lorsqu’il aperçoit les silhouettes d’une jeune femme et d’un grand chien au bout de ce quai. Ringo est l’antithèse de l’agressivité canine et est connu par tous les habitués du port, telle une sorte de mascotte, néanmoins, puisque Finn ne reconnait pas la jeune femme, il emboîte le pas à son chien pour éviter tout problème.




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MessageLun 6 Mar - 23:57
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Il fait presque jour quand un bruit de galopade attire son attention. Elle ne sait pas exactement combien de temps s'est passé depuis leur arrivé. Les griffes glissent sur le bois, c'est un animal. Dans un froncement de sourcils Nollaig garde les yeux sur le ciel presque totalement éclairé. C'est bientôt fini. Mais la curiosité est là, lui asticotant l'esprit. C'est avec un pointe de regret qu'elle se détourne de la mer. En voyant le chien se rapprocher en courant d'eux elle se dit qu'elle a bien fait. Pas bien haut, avec une fourrure aussi hirsute que Tomas il n'a pas l'air bien méchant. Sa langue dépasse comiquement de sa gueule dans sa course, alors que ses oreilles basse vole au grès de ses mouvements.
Elle a toujours aimé les animaux, même si aujourd'hui elle redoute de toucher animaux comme personnes. Elle sait que cela convient d'une certaine mesure à Tomas.
Il ne peut s'empêcher d'être jaloux quand elle porte de l'attention à d'autres animaux. Surtout les caresses. Après tous c'est son humaine. Et il considère que cela faisait bien trop peu de temps qu'il peut profiter pleinement de Edi'. Le Daemon tend son esprit vers le nouveau venu. Que veux-tu ? Les secondes passent. Pas de réponse. Il souffle brièvement. Ce n'est qu'un simple chien. C'est encore pire que si c'était un daemon. Il n'est pas un daemon sociable. Mais il fait toujours un effort quand il rencontre d'autres âmes. Tu es sur ? Un tous petit peu oui. Mais les animaux normaux... Il n'a absolument aucune patience envers eux.
Il reste immobile alors que le chien s'approche les yeux brillants, s'imaginant déjà avoir trouvé un compagnon de jeu sûrement. Un rictus vient étirer les babines du lévrier. Il va en avoir une de surprise.

Alors que le chien ralentit, la queue frétillante à quelques pas de son daemon. Nollaig baisse les yeux vers Tomas. Il se tient assis, bien droit avec une lueur de dédain au fond des yeux. Elle ne peut s'empêcher de sourire, en le voyant ainsi positionné. Cela lui donne une allure noble et fier. Un peu comme ces statues que l'on peut trouver dans les livres d'art.. Mais quand le chien continu à s'approcher gémissant de joie elle se tend. La jeune femme connaît par cœur Tomas. Elle l'aime lui et son caractère mais pour les autres cela peut être délicat.
Elle jette un coup d’œil aux alentours. Un homme s'approche. Il est trop loin pour le voir distinctement. Mais elle parie que c'est le maître du mignon bâtard. Celui-ci tourne autour de Tomas, aboyant avec joie. Mais elle peut sentir l'agacement de son âme sœur grimper. Faisant un mouvement en avant, Nollaig tend la main vers Tomas, prête à l'attraper si il décidait de calmer l'étranger. A sa façon. Elle n'a pas le temps de dire quoi que ce soit. D'un mouvement brusque et rapide, Tomas fait volte-face vers le chien qui se trouvait dans son dos. Il gronde férocement avant de claquer des mâchoires. Totalement contrôlées, les dents passent à quelques millimètres du chien. Il n'est pas blessé, mais il se met à geindre de peur. Au ralentit Tomas le voit reculer, presque bondir en arrière. Il percute les jambes de Nollaig qui recule elle aussi. Un pas. Deux. Elle veut s'éloigner de cette boule de poil bruyante. Mais elle oublie où elle se trouve. Les deux pas suivants sont de trop. Son pied gauche se retrouve dans le vide. Elle se sent basculée en arrière. Ses yeux aussi clairs que le ciel gris matinal croise ceux noisettes de son daemon. Puis elle regarde l'endroit de sa chute. L'eau. Partout. Sombre et sans fond. Du moins voilà tous ce que voit l'irlandaise. Une mer affamée et prête à l’accueillir dans son silence. Elle ouvre la bouche pour crier mais rien ne sort. Une peur grandissante lui dévore les entrailles, étreint son esprit avec une seule pensée. Un seul souvenir. Vieux de plusieurs mois. Qui la hante en rêve, et à cet instant elle est sure qu'il va se réaliser. Elle va se noyer. Finalement son cri émerge de sa gorge alors qu'elle percute la mer glacée.

-Tomas !

Puis l'eau l'engloutit. Elle est partout, lui glaçant le corps, alourdissant ses vêtements. Le sel lui pique les yeux mais elle ne veut pas les fermer. Elle veut pas sombrer dans les ténèbres. Maladroitement elle perce la surface, cherche à rester hors de l'eau. Mais la peur l'étreint férocement, l'eau vient s'infiltrer dans sa bouche, dans son nez. Elle hoquette. Elle ne veut pas mourir.

Tomas reste un instant tétanisé. Il est submergé par des sensations qui ne sont pas les siennes. Mais quand il ressent la peur d'Edi' il se force à rejeter tous ceci. Il faut qu'il reste lucide. Il n'entend pas le bruit de la foulée qui s'approche. Il s'approche du bord, sondant l'eau pleine d'écume. Puis son humaine perce la surface. Il peut voir ses yeux écarquillés, la bouche ouverte avide d'air et ses mouvements si brusques. Inutiles. Il cherche à l'atteindre mais il se heurte à une peur écrasante. Une multitude d'images d'effile dans l'esprit d'Edi. Son âme sœur a appris à nager enfant, et elle a toujours adoré l'eau. Mais depuis son beau père.. Mais là, elle semble avoir tous oublié. Pendant un bref instant il cherche à la calmer à renfort de paroles mais en la voyant perdre pied il abandonne. Il va aller la chercher ! Mais quelque chose, quelqu'un le bloque dans son élan.
  
MessageMar 14 Mar - 23:12
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LEVÉ DU JOUR SUR LE PORT
Finn Reyes & Nollaig E. O'Malley


Ringo n’est pas encore arrive au niveau de l’autre chien que Finn remarque que quelque chose cloche. L’autre ne démontre pas la moindre trace d’enthousiasme vis-à-vis la boule de joie qui se jette vers lui, au contraire, il semble agacé et sur la défensive. Les mauvais signes s’aggravent lorsque Ringo arrive finalement près du grand lévrier irlandais, ce dernier ne réagissant pas à ses aboiements. Finn commence à craindre que les choses s’enveniment si l’autre chien décide qu’il en a assez du griffon, aussi, il siffle un coup pour rappeler Ringo. Ce dernier lève une oreille dans sa direction, mais continue à tourner autour de l’autre.

Une idée lui passe par la tête et il fronce les sourcils tout en accélérant le pas. Et si l’autre chien n’était justement pas un chien, mais un daemon ? Il ne manquerait plus qu’il se sente insulté par l’affection du vieux bâtard… Alors qu’il s’apprête à rappeler une seconde fois son chien, Finn voit le grand lévrier fuser de la tête vers Ringo et faire claquer ses mâchoires tout près de lui. Paniqué, Ringo fait un bond en arrière et vient percuter les jambes de la jeune femme qui en perd l’équilibre. Finn la voit battre des bras, tout près du bord de l’eau, et il jure entre ses dents en s’élance à toutes jambes pour franchir la seconde moitié du quai de bois.

Il est néanmoins trop loin et n’arrive pas à temps pour l’empêcher de tomber à l’eau. À cette période de l’année, l’eau du port est encore glaciale et, à ce niveau du quai, le fond est à plus de deux mètres de profondeur. Même si la jeune femme sait bien nager et de craint pas l’eau, le froid et la panique rendent sa chute dangereuse et à haut risque de noyade. Aussi, il n’hésite pas.

Dans sa course, il retire son manteau, ne le laissant qu’en chemise, et lance un cri d’alerte qui résonne dans le silence qui plane sur le port. Il entend des voix lui répondre et des bruits de pas de course au loin juste avant de passer sans s’arrêter à côté du grand lévrier irlandais. Il constate avec un second juron que la jeune femme n’a pas refait surface puis, prenant une grande inspiration, plonge dans les eaux glaciales à son tour.

Le contacte de l’eau est si froid qu’il le ressent telle une brulure. Son estomac et ses muscles se contracte instantanément et il ne doit qu’à son entrainement et son habitude des eaux glacées de ne pas perdre le contrôle de son corps. Le choc initial passé, Finn ouvre les yeux pour tenter d’apercevoir la jeune femme. Au début, il ne peut voir qu’un rideau de bulles blanches contre un fond noir d’encre, mais à mesure que ce dernier se dissipe, il parvient à distinguer une silhouette se débattant juste sous la surface de l’eau, à un mètre devant lui.
Finn, entièrement concentré sur sa tâche, bat vivement des jambes et des bras pour nager jusqu’à elle. L’attrapant par-derrière pour éviter qu’elle ne s’accroche compulsivement à lui et ne l’entraine dans sa noyade, il parvient à la saisir sous les bras et la soulever vers la surface. Battant des jambes, il émerge à son tour puis, se servant de son corps comme d’un appui, il la maintient en surface et nage sur le dos en direction du quai.

Quelques éclats de voix lui parviennent, mais il est trop concentré sur sa tâche et le froid qui rend ses muscles engourdit, rendant ses mouvements comme sa respiration difficile, pour leur prêter une réelle attention. Il sent soudainement que des mains viennent s’emparer du poids de la jeune femme, le libérant, et d’autres mains encore lui agripper fermement les épaules. On le hisse sur le quai et il s’effondre contre le bois, les membres raides et à bout de souffle. Ses vêtements trempés collent à sa peau, tout comme ses cheveux noirs maintenant collés sur son crâne et son visage, et il frissonne de tous ses membres.

Aussitôt, il cherche la jeune femme deux yeux. Elle se trouve à quelques pas de lui, entouré de deux hommes que Finn reconnait comme étant des pêcheurs qu’il a salués plus tôt. Elle est tout aussi trempé et visiblement gelée que lui, mais au moins, elle est en vie. Finn se penche vers l’avant, cherchant son regard. Il n’en est pas à son premier sauvetage, loin de là, mais la raison pour laquelle il fait ce métier est que pour lui, chaque vie est importante.

▬ Vous allez bien ?





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MessageMer 22 Mar - 17:42
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Nollaig E. O'MalleyNothing will be the same...
Il entend le bruit de la course, le cri qui résonne dans le port. Il ne peux se forcer à tourner la tête. La panique est là prenant toute la place. Elle n'est pas remontée. Depuis combien de temps ? Il a l'impression que cela fait une éternité qu'il ne la pas revu. Il sonde les eaux sombres. Soudain quelque chose se jette à la mer. Un homme ? Il a juste le temps de le voir disparaître à son tour dans l'eau. Rapidement d'autres bruits de course se font entendre. Des gens du port s'approche, se tenant prêt au bord du ponton, sondant l'eau. Tomas se détourne d'eux, retournant à son observation de l'eau. L'écume est encore là, témoin de la disparition de l'homme. Tel une brûlure au fer rouge il sent la peur de Edi', et le froid qui l'entoure.
Finalement les voilà. Ils percent brutalement la surface. Avec des gestes qui trahissent une habitude, l'homme tire son humaine jusqu'au ponton où l'attendent quelques personnes. Il se retient de s'en approcher lui aussi. Il sait qu'à rester dans leur pattes ils les gêneraient. Dès qu'elle sera en sécurité il pourra s'approcher pour ne plus la lâcher. Alors il attend, à quelques pas du groupe. Il les voit la soulever hors de l'eau, avec une triste facilité. Elle n'a pas récupérer sa vitalité de ces dernières années. Il la sent engourdie par la peur, encore plongées dans ses souvenirs. Ses cauchemars. Une véritable poupée de chiffon. Elle se laisse faire alors qu'ils la fait asseoir sur le sol. Edi' Elle se tient prostrée, les yeux dans le vide, remplie de peur et de fantôme. Il a même du mal à dire si elle respire. Forçant le passage, slalomant parmi les gens il va jusqu'à sa moitié. Ne prettant pas attention aux autres il se colle contre elle. Ses pattes se posent entre ses jambes alors qu'il fourre sa tête dans son cou. Il gronde, piétine, cherche à la faire réagir. Edi, c'est fini. Tu es en sécurité. Allez reviens moi

C'est une lueur plein d'amour diffusant une douce chaleur qui attire son attention. Des mots grondés. Un timbre si familier. Tomas ? Une joie brûlante l'envahit achevant de l'arracher des ténèbres. Elle cligne des yeux, plusieurs fois. Le sol est solide sous elle. Le vent vient lui brûler le visage enduit de sel et encore gourd du froid de l'eau. Elle aspire de l'air franchement, emplissant ses poumons. Alors qu'elle se met à tousser, ses mains viennent s'accrocher avec force au cou de son daemon, s'accrochant aux poils sombres. C'est fini. Véritablement fini. Ses jambes se replient contre elle, enfermant le lévrier dans une étreinte. Mais il ne se rebelle pas, si peu friand des gestes affectifs en public. Non il reste là, la tête sur le dessus de la tête de son humaine. Il la laisse se remplir de sa présence, reprendre pied avec la réalité.
Sous l'eau rien n'était réelle. Un monde sans haut ni bas. Sans oxygène. Elle plongée dans ses souvenirs, revivant une espèce de seconde mort. Elle avait eu beau se débattre elle ne remontait pas. Son propre corps, si gourd par le froid la maintenait sous l'eau. Ou est-ce la peur qui l'aveuglait ? Une peur panique et primal. Elle avait vu les bulles s'échapper de sa bouche, dans un réflexe ordonné par ses poumons douloureux. Cela lui avait sembler être la fin. Mais Tomas est là. Elle l'entends lui murmurer des paroles pour la rassurer, avec une douceur qu'elle seule connaît.

Du coin de l’œil il voit un homme s'approcher, dégoulinant d'eau. Ses cheveux sombres sont plaqués sur sa tête, ses yeux fixe Nollaig avec une certaine inquiétude. Différents sentiments se battent en duel chez le daemon. Reconnaissance pour cet homme qui a sauvé sa moitié, bravant l'eau gelé. Mais là est bien le problème. Un homme. Un de ceux dont il s'est promis qu'ils ne feront plus de mal à Nollaig. Avec une certaine méfiance il l'observe. Le sondant. Puis finalement il lâche prise préférant se concentrer pour le moment sur son humaine. Lorsqu'il se met à parler, il pousse légèrement la jeune femme du museau. Edi'.. Ton sauveur essaye de te parler

Lentement elle sort sa tête de la fourrure rassurante. Hagard elle pose ses yeux sur l'homme brun qui se tient non loin. Puis sur les deux autres à peine plus proches avant de revenir au barbu. Elle comprend ses paroles oui. Mais elle a du mal à former sa pensées. Comment va-t-elle ? Maintenant elle se rend compte du froid, des frissons qui la secoue tous entière. La fatigue est là pesant sur ses muscles. Tous ce qu'elle souhaite est un endroit chaut et rassurant. Finalement elle répond, d'une voix hésitante et éraillé :

-Je... Je crois que ça va.. Elle fronce des sourcils, s'écarte un peu plus de Tomas. Et vous ? C'est vous qui m'avez sorti de l'eau ? Ses poings se resserrent un peu plus sur la fourrure. Je vous remercie. Vraiment.

Tomas acquiesce, appuyant ses paroles. Il se tourne vers Nollaig qui est traversé par de violents spasmes dû au froid. Il faut la mettre au chaud, en sécurité. Et leur chambre chez Rafi n'est pas une option.

-Il n'y aurez pas un endroit où elle pourrai se réchauffer ?

Il parle que rarement à voix haute, mais pour Nollaig il sait mettre ses réserves de côtés. Mais derrière lui, son humaine se tend. Non elle veut juste rentrer et dormir. Elle n'a pas la force de supporter un endroit inconnu, et des gens inconnus. Non, elle.. Son mouvement pour se lever est stopper net par la voix de Tomas dans son esprit. Tu n'as pas le choix. Tu es gelée et si tu continues comme ça tu vas attraper un pneumonie. Et tu te vois rentrer chez Rafi dans ton état ? Je ne crois pas. Reste tranquille veux-tu, et je me charge de veiller sur toi d'accord? Les yeux du daemon fichés dans ceux de Nollaig n'admettent aucune réplique. Elle ne peut que détourner le regard, n'ayant pas la force d'argumenter.
  
MessageDim 26 Mar - 22:48
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▬ Je... Je crois que ça va… Et vous ? C'est vous qui m'avez sorti de l'eau ? Je vous remercie. Vraiment.

Finn lui sourit en hochant la tête, tant pour répondre à sa première question qu’à sa seconde. Lorsqu’elle le remercie, néanmoins, il détourne un peu les yeux avec son malaise naturel qu’il a depuis toujours lorsque ceux à qui il porte secours s’adressent à lui et le regardent de cette façon.

Il n’a jamais été à l’aise avec l’idée d’être le « sauveur » de qui que ce soit. Cela même si ses ambitions de gamins étaient de devenir sauveteur en mer pour suivre l’exemple de son héros d’enfance, un garde-côte lui ayant sauvé la vie à lui et sa sœur. Pour lui, il ne fait que son travail et être humain. Aider son prochain ne devrait pas être un geste exceptionnel, mais un fait courant, non ? Il n’allait quand même pas la regarder se noyer sans rien faire, d’ailleurs, garde-côte ou pas. Pour lui, il ne mérite pas d’éloges, loin de là.

Plusieurs de ses proches et collègues ont souvent ri de lui pour cet excès d’humilité qui semble être l’une des seules façons de le voir réellement rougir, lui qui n’est pas du genre timide du tout. Pourtant, là, en ce moment, avec l’eau glaciale qui perle toujours sur son visage et imbibe ses vêtements, aucun rouge ne lui monte aux joues et il reste pâle à faire peur, à l’image de la jeune femme qui lui fait face.

Il se contente donc de balayer rapidement la question du revers de la main et d’ajouter d’une voix un peu tremblant à cause du froid :

▬ N’y pensez plus. Je suis heureux que vous n’ayez rien, c’est l’important.

Un vieux pêcheur qu’il reconnait comme étant Rogers Davis, l’un des plus anciens habitués du port, arrive alors au pas de course avec des couvertures dans les bras, probablement récupérées sur son propre bateau. D’autres s’empressent de les lui prendre des mains et de les enrouler autour des épaules de Finn et de la jeune femme. Bien que toujours frigorifié, Finn est instantanément soulagé de ne plus avoir à souffrir du vent frais qui souffle depuis le large. Néanmoins, ils auront besoin de se mettre à l’abri et de se changer avant de réellement pouvoir se réchauffer.

En écho à ses réflexions, le grand chien noir prend la parole pour la première fois, confirmant les doutes de Finn concernant sa nature daemonienne.

▬ Il n'y aurait pas un endroit où elle pourrait se réchauffer ?

Finn hoche la tête et amorce un mouvement pour se lever. Aussitôt, deux hommes le prennent par les bras pour l’aider, mais il leur fait gentiment signe que cela n’est pas nécessaire. Il a beau être gelé, il n’en est pas à sa première saucette en eau froide. Il tend tout de même la main à la jeune femme blonde pour lui proposer sa propre aide à se remettre sur pied et répond :

▬ Au poste des garde-côtes. On y a des vêtements chauds de rechange.

Puis il lui offre un sourire encourageant.

La marche jusqu’à la grande bâtisse blanche et bleu au bout du grand quai principal n’est pas très longue, mais Finn est heureux lorsqu’ils arrivent enfin et qu’il sent une bouffée d’air chaud lui caresser le visage alors qu’il ouvre la porte. Il s’écarte, faisant signe à la jeune femme et son daemon d’entrer d’abord, puis se tourne vers les quelques habitués du port qui les suivent toujours pour les remercier. Ces derniers se dispersent rapidement, reprenant leurs activités habituelles, et Finn siffle une courte note aiguë pour appeler Ringo. Le vieux chien, les oreilles basses comme s’il se sait coupable de l’incident, se tient en retrait depuis la tombée à l’eau de l’inconnue. Au son familier de son maitre néanmoins, il semble retrouver le moral et trotte rapidement jusqu’à Finn qui le fait entrer avant de refermer la porte derrière lui.

À l’intérieur, il frotte quelques secondes ses mains ensemble en soufflant dessus pour en chasser l’engourdissement en se tournant vers l’inconnue.

▬ Il faut vous changer rapidement ou vous risquez l’hypothermie. Suivez-moi.

Le poste des garde-côtes est composé d’une grande salle principale comportant salle de contrôle et un petit salon cuisine. À l’arrière, un petit corridor mène à quatre petites pièces, dont un bureau privé, une salle de bain, une infirmerie et une remise pour leur matériel. Finn dirige la jeune femme jusqu’à l’infirmerie et entre en premier, se dirigeant vers une armoire au fond. Il en sort le plus petit pantalon de jogging qu’il peut trouver, un t-shirt au logo du port de Perth Amboy qui sera très probablement trop grand pour elle ainsi qu’un sweatshirt doublé. L’ensemble sera loin d’être au top de la mode, mais il a le mérite d’être sec et chaud en attendant que les vêtements de la jeune femme sèchent. Finn ajoute une serviette de bain propre et dépose le tout sur la civière vide de l’infirmerie et se retourne vers l’inconnue.

▬ J’espère que le tout vous ira. Sinon, vous pouvez toujours fouiller dans l’armoire juste là, mais la majorité des choses qu’on a provient de dons ou de l’armée du salut, désolé pour la qualité.

Il lui offre un ultime sourire avant de sortir, mais se retourne au dernier instant pour lui préciser :

▬ Oh et laissez vos vêtements trempés sur le comptoir, je me chargerais de les mettre à sécher lorsque vous aurez terminé.

Une fois la porte refermée, Finn se dépêche de se rendre dans le petit bureau et de fouiller dans un sac contenant ses affaires pour y trouver ses vêtements de rechange. Lorsque votre métier est d’être secouriste en mer et garde-côtes, vous apprenez rapidement à toujours avoir des vêtements supplémentaires à portée de main. S’enfermant dans la salle de bain, il retire en toute hâte ses vêtements trempés qui lui collent à la peau. Frissonnant, il enfile un nouveau jean ainsi qu’un t-shirt noir qu’il surmonte d’une vieille veste de laine grise à capuchon. Il soupire aussitôt de soulagement.

Il s’essuie rapidement les cheveux, ce qui les ébouriffe encore plus qu’à l’habitude, puis retourne dans la grande salle principale pour y attendre la jeune femme. Entre temps, il s’affaire autour de la machine à café, préparant une nouvelle tournée, tout en se frottant régulièrement les bras pour activer sa circulation et se réchauffer davantage.

Lorsque la blonde le rejoint finalement, il lui pointe les canapés ou d’épaisses couvertures de laine l’attendent pour l’inviter à s’assoir et demande :

▬ Café ou chocolat chaud ?





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MessageSam 1 Avr - 17:25
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Elle sursaute presque quand on lui pose une couverture épaisse sur les épaules. Sa tête tourne vivement vers l'homme, copié par Tomas tous aussi tendu. Elle remercie le pécheur d'un mouvement de tête. Son daemon ne le quitte pas des yeux jusqu'à ce qu'il recule de quelques pas. Avec bonheur Nollaig resserre la couverture autour d'elle. Le vent se fait moins sentir, calmant un peu ses tremblement. D'un geste vif, elle attache ses cheveux en un chignon sommaire, réduisant quelque peu l'égouttement de ses cheveux sur son corps gelé. Elle observe un instant l'homme se redresser, refusant l'aide des autres personnes présentes.
Finalement il s'avance vers elle main tendue. Elle observe un instant cette main taillé par les intempéries et les travaux manuels. Elle sent Tomas s'écarter d'elle, lui laissant de la place pour se mouvoir. Gardant les mains serrées sur la couverture, secouant doucement de la tête, elle se met sur ses jambes ignorant la main tendu. Elle n'aime pas toucher les gens, même lorsque ceux ci offre simplement leur aide. La jeune femme espère seulement qu'il ne le prendra pas mal. Pendant un instant elle reste immobile, sentant son corps tangué. Ça va aller ? L'irlandaise rassure son daemon d'un sourire. Non elle ne compte pas s'écrouler maintenant. Elle a vu des pires après tous.

Au poste des garde-côtes. On y a des vêtements chauds de rechange.

Alors qu'elle emboîte le pas à l'homme. Elle a vaguement conscience des autres qui les suivent. Son esprit est dans un espèce de brouillard, la mettant en mode automatique. Avec joie elle découvre le bâtiment aux couleurs clairs. Elle remercie son sauveur d'un mouvement de tête s’engouffrant à l’intérieur. Un soupire de contentement vient s'échapper de ses lèvres lorsque l'air chaud de la pièce vient l'envelopper. Avec curiosité elle observe les lieux.
Assez grande elle est composée d'un endroit de travail et de détente. Elle a remarquer le petit couloir qui s'enfonce dans le bâtiment. Elle reste au milieu de la pièce, attendant l'homme dont elle entend vaguement la voix vers la porte.

Tomas quand à lui marche lentement dans la pièce, reniflant les lieux, cherchant le moindre piège. Elle ne lui fait aucune réflexion. Se charger qu'il n'y ai aucun piège a été depuis longtemps un de ses rôles, même aujourd'hui. Et même lorsqu'un lieu semble à premier lieu sécuritaire. Il tourne la tête vers l'entrée quand la porte se referme dans un bruit feutré. L'homme rentre à son tour, accompagné de son chien. Le daemon se contente d'un regard méchant envers le petit bâtard. Il est responsable de la chute de Edi', ce qui résultera de nouveaux cauchemars quand la nuit s'installera. Et elle en a nullement besoin. Protecteur il retourne se poster à ses côtés, surveillant l'homme.

Ce dernier les invite à le suivre, ce qu'ils font sans un mot. Ils s'enfoncent dans le couloir, passant devant quelques portes, certaines ouvertes sur différentes pièces : un bureau, une salle de stockage et ce qui semble être l'infirmerie. C'est là qu'ils rentrent. Sans attendre l'homme va fouiller dans une armoire d'où il sort plusieurs vêtements. Tomas va s'installer assis contre un mur à l'opposé alors que Nollaig s'approche. Celle-ci tient maintenant négligemment la couverture sur ses épaules, regardant avec envie les vêtements. Ils sont secs, et surement chauds. Parfait. Il pose le tous dans un coin avant de s'exprimer :

J’espère que le tout vous ira. Sinon, vous pouvez toujours fouiller dans l’armoire juste là, mais la majorité des choses qu’on a provient de dons ou de l’armée du salut, désolé pour la qualité.

L’Irlandaise secoue lentement de la tête :

-Merci. Et ne vous inquiétez pas je ne suis pas difficile. Le plus important c'est qu'ils soient secs.

Ce qui est vrai. Durant ses années d'errance elle a apprit à ne pas jouer les difficiles. Trouver des vêtements propres ou en bonne état était un luxe. C'est vrai qu'elle appréciait comme tous le monde les beaux habits mais elle aimait par dessus tous les vêtements confortables.
Elle répond à son sourire alors qu'il referme la porte derrière lui. Dans un soupir elle pose la couverture sur une chaise est commence à se déshabiller. Avec application elle sort les affaires que contenait sa veste : clefs, tabac, téléphone et quelques papiers qui vont directement à la poubelle.

-Je crois que ton tabac est bon pour la poubelle aussi .

Elle observe ce dernier avec lassitude. Peut être qu'en le séchant... Oui elle verra au pire elle le mettra à la poubelle plus tard si il est inutilisable. Chaussure, chaussettes , pull, T-shirt et soutien gorge viennent s’écraser sur le sol dans un bruit humide. Un peu plus difficilement son jean fait de même. Elle reste un instant immobile, soufflant sur ses doigts encore douloureux.
Malgré la chaleur elle frissonne. Émotionnellement ou à cause du froid. Des deux pense Tomas. Il sait que son Edi' est encore secouée. Rapidement elle se sèche à la l'aide de la serviette, et coince ses cheveux dans la serviette au dessus de sa tête. Sans hésitation elle passe le t-shirt sein nu. Après tous ce n'est pas avec sa petite poitrine et l'épais sweat qui viendra après que l'on verra la différence. Le jogging et l'epais pull enfilé elle resserre ses bras autour d'elle. C'est ce qu'il lui fallait. Un sourire de ravissement étire ses lèvres à la sensation de des vêtements secs et de la chaleur qui vient échauffer ses membres. C'est comme un pyjama.
Alors qu'elle va quitter la pièce, la voie grondante de Tomas la stoppe :

-Ne pense même pas te balader pied nus. Tu va finir par attraper une pneumonie. J'suis sur qu'il doit en avoir dans l'armoire. Ce secouriste ne devrait pas t'en vouloir si tu lui pique en plus des chaussettes.

Levant les yeux aux ciels face au ton paternaliste de son âme sœur, la jeune femme retourne sur ses pas et observe l’intérieur du meuble. Quelques instants plus tard elle sort de la pièce, les pieds dans une paire, trop grande, de chaussettes polaires. Au creux du bras elle tient ses affaires mouillées ainsi que la serviette. Ses cheveux repose humide sur ses épaules. Un peu plus vivante ses yeux courent sur les lieux.
C'est la première fois qu'elle rentre dans un poste de secours. Chez elle, si quelqu'un tombait à l'eau ou se retrouvait mouiller par une vague capricieuse on l’accueillait dans la maison la plus proche. C'était.. Conviviale. Cela dépendait de qui tombait à l'eau Elle jette un regarde furieux à Tomas. Il n'a pas besoin de lui rappeler ses différentes malencontreuses rencontres avec l'eau froide de la mer de son village. Des camarades de classes moqueurs, chutes dû aux glissades involontaires, vagues trop grosses... On l'a rarement accueillis pour lui permettre de se réchauffer. Trop différente.

Elle chasse ces souvenirs. Ils sont de retour dans la pièce principale. Elle avise le comptoir dans un coin et y pose ses affaires.  Il est là  Elle tourne la tête. L'homme se trouve vers une machine à café. Ses mains viennent se loger dans les larges poches alors qu'elle s'avance vers lui. Il se tourne vers elle, lui montrant du doigts des fauteuils disposés un peu plus loin.

-Chocolat s'il vous plait. Cela vous dérange si on se tutoie ?


Nollaig se dirige vers les fauteuils. Elle se laisse lourdement tombé dessus. Rapidement elle s'enveloppe dans la couverture épaisse et ramène ses jambes contre elle. Quelle joie de sentir son corps se réchauffer. Tomas vient s'allonger en bas du fauteuil, surveillant le brun. Il revient avec deux boissons chaudes dans les mains. La jeune femme le remercie chaleureusement en prenant la tasse, finissant de donner une nouvelle vie à ses doigts gourds. Elle désigne ses affaires du doigt.

-Et pour mes affaires tu ne veux pas que je m'en occupe ? Tu as déjà fait beaucoup. Elle teste sa boisson. Trop chaud. Elle lève les yeux vers le brun. Tu m'as aidé, mais je ne connais pas encore ton prénom.
  
MessageMar 11 Avr - 19:09
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LEVÉ DU JOUR SUR LE PORT
Finn Reyes & Nollaig E. O'Malley


▬ Chocolat s'il vous plait. Cela vous dérange si on se tutoie ?

Finn est heureux de voir qu’elle semble plus à l’aise et détendue, maintenant qu’elle est au chaud. N’importe qui de trempé jusqu’aux os par de l’eau glacée serait un minimum coincé et inconfortable, après tout. À sa question, il secoue négativement la tête et lui retourne un sourire.

▬ Pas du tout, au contraire. Le chocolat chaud sera prêt bientôt.

Le secouriste se détourne une nouvelle fois pour préparer le breuvage et alors qu’il attend que ce dernier soit chaud, il se sert une tasse de café. Un lait deux sucre. Sa dent sucrée le perdra. Sa mère et sa sœur lui auraient fait les gros yeux en le voyant faire, mais heureusement pour lui, Edith et Grace sont toutes deux à Cornwall, en Angleterre. Il peut donc sucrer son café comme il l’aime et assumer pleinement sa hausse de risque de caries, mais malgré cet avantage, il préfèrerait cent fois les entendre lui faire la morale si elles pouvaient être là avec lui. Bon sang qu’elles lui manquent…

Le son aigu de la bouilloire sifflant pour signifier que l’eau est arrivée au point d’ébullition le sort de ses réflexions et Finn s’empresse de terminer le breuvage chaud pour la jeune femme. Tasse fumante en main, il se dirige ensuite vers elle pour la lui tendre, remarquant au passage le regard méfiant du grand chien noir posé sur lui. Il esquisse un nouveau sourire pour tenter de le rassurer, mais reste peu convaincu de son effet réel.

▬ Et pour mes affaires tu ne veux pas que je m'en occupe ? Tu as déjà fait beaucoup.

L’homme fait un mouvement de la main pour balayer la question et, un peu d’humour dans la voix, répond simplement :

▬ Non, ne t’inquiète pas, ça me fait plaisir. Ça entre dans les « tout autres tâches connexes » de mon travail, de toute façon, et puis cette vieille machine est si capricieuse que je m’en voudrais de te laisser te débrouiller avec.

Finn lance un regard vers le grand chien noir, hésite une seconde devant son regard, mais décide tout de même de s’adresser directement à lui. Il n’a pas tout à fait l’habitude des daemons hostiles ou méfiants à ce point, plutôt habitué à l’exubérance de ceux de ses amis ou celui de sa fille, mais pour lui, les daemons sont tout autant des personnes que leurs daemoniens, méritant d’office les mêmes égards. Du moins, il s’efforce de vivre de par ce principe depuis qu’il a appris leur existence et encore plus depuis la naissance de Jude.

▬ Est-ce que je peux te servir quelque chose à toi aussi ?

En attente d’une réponse, il prend une gorgée de café puis redépose sa tasse sur le petit comptoir. Il souhaite également s’occuper le plus rapidement possible des vêtements trempés, mais la jeune femme poursuit, l’arrêtant dans son idée.

▬ Tu m'as aidé, mais je ne connais pas encore ton prénom.

Finn tire une grimace, se retenant de justesse de lever les yeux au ciel envers sa propre stupidité. Lui et sa fameuse tête en l’air, toujours a oublié des détails importants… La moindre des choses aurait été de se présenter avant de l’inviter à se changer et prendre un café, aussi professionnelle que soit cette rencontre, non ? Pour se faire pardonner et corriger le tir, il lui offre donc un sourire désolé et sincère tout en lui tendant la main. Si son nom ne trahit pas ses origines british, son accent prononcé le fait néanmoins surement à sa place.

▬ Finn Reyes, je suis garde-côtes et secouriste en mer pour la ville de Perth Amboy. Enchanté… ?

L’homme termine sa phrase sur l’intonation d’une question pour l’inviter, elle et son daemon, à se présenter à son tour. Lorsqu’il a obtenu une réponse, il désigne de la main Ringo qui s’est couché sous le plan de travail à l’autre bout de la pièce et les observe de loin en silence, l’air toujours coupable. Avec une note de culpabilité dans la voix, il ajoute :

▬ La vieille boule de poil là-bas se nomme Ringo. Je suis vraiment désolé pour ce qui s’est passé, normalement il n’est pas du genre à s’effrayer de la sorte…

Le marin se passe une main dans les cheveux, mal à l’aise, puis esquisse un nouveau sourire en coin avant d’attraper les vêtements trempés de Nollaig sur le comptoir.

▬ Je reviens, je vais mettre le tout à sécher. N’hésite pas à te resservir ou à fouiller dans l’armoire sous le comptoir pour trouver quelque chose à manger, si tu as faim.

Finn se souvient vaguement qu’il reste quelques boites de biscuits et de gâteaux, probablement un sac de croustilles, un demi-pain ainsi qu’une boite neuve de céréales dans la réserve et quelques fruits sur le comptoir. Rien d’extravagant, mais de quoi petit déjeuner ou prendre une collation lors des longues heures des quarts de travail des garde-côtes. Il est encore tôt le matin, aussi Finn se doute que les croustilles ne seront pas d’une grande utilité, mais si la jeune femme et son daemon n’ont pas mangé avant leur promenade matinale, ils pourront au moins se mettre quelque chose sous la dent en attendant que les vêtements de Nollaig soient secs.

S’éloignant et disparaissant dans le couloir, Finn se rend dans la salle de bain ou un coin a été aménagé en salle de lavage. Les deux vieilles machines ont tout l’air de dater du siècle d’avant, mais, habitué, Finn met rapidement le sèche-linge en marche. Les vêtements devront probablement être lavés de nouveau une fois que Nollaig sera de retour chez elle, à cause du sel de mer, mais les deux heures et demie d’attente d’attentes pour un lavage complet semblent une moins bonne option que celle du deuxième lavage à domicile.

S’apprêtant à quitter la pièce et rejoindre de nouveau Nollaig, Finn croise son reflet dans le miroir et hausse un sourcil, perplexe, devant sa tignasse frisée partant dans tous les sens. Déjà qu’il a les cheveux fous d’ordinaire, la trempette les a rendus encore plus sauvages. Il tente rapidement de les replacer, n’obtient qu’un résultat mitigé puis hausse les épaules avec désinvolte. Bha. Il ne fait pas si peur que ça, ce n’est rien.

De retour dans la grande pièce, Finn attrape de nouveau sa tasse de café et vient à son tour s’assoir dans un fauteuil face à la jeune femme blonde.

▬ Le séchage devrait durer trois quarts d’heure. Néanmoins, si tu souhaites partir plus tôt, tu peux garder les vêtements que tu portes présentement et revenir chercher les tiens plus tard sans problème.

Une idée lui traverse soudain l’esprit et il jette un rapide regard à l’horloge située en haut du tableau de bord du poste de travail des garde-côtes.

▬ Sinon, je peux demander à une amie, Demelza, si elle pourrait te prêter quelque chose. Elle est océanographe et vient régulièrement au port et si je ne suis pas certain qu’elle ait une excursion de prévue aujourd’hui, elle arrive normalement d’ici une demi-heure. Et puis devez porter la même taille.

Dem’ est une perle et Finn ne doute pas un instant qu’elle serait heureuse de pouvoir aider Nollaig. Il n’a jamais rencontré qui que ce soit avec un cœur si grand et une volonté si particulière d’aider tout le monde autour d’elle, après tout.

Une lueur particulière s’est allumée dans les yeux du garde-côtes à l’évocation de son amie. Ceux-ci brillent un peu plus et Finn sourit sans vraiment s’en apercevoir. Finn adore littéralement Demelza, qui est sa meilleure amie depuis les trois années qu’il a passées aux États-Unis. Et s’il réprime de façon automatique et presque entièrement inconsciente les sentiments de plus en plus ambigus qu’il ressent pour elle dès qu’il la voit ou pense à elle, ses yeux ne savent pas mentir.





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MessageMar 18 Avr - 10:13
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Elle acquiesce simplement à sa réponse et ne cherche pas à insister. Elle n'est pas chez elle et elle n'est pas d'humeur à se battre avec une machine. Pas aujourd'hui. Le fauteuil et la couverture sont bien trop chauds et confortables. La méfiance de Tomas envers l'homme brun lui semble être comme un pique qui vient lui titille les côtes. Il faut qu'il se calme. Il a l'air avenant et gentil pourtant. Trop gentil Non Tomas pas trop. C'est juste quelqu'un qui se préoccupe des autres. Il est humain Rafi aussi et regarde, tous se passe bien depuis qu'on est chez lui. Il n'a pas encore essayé de nous mettre sur un bûché ou hurler à la sorcellerie à ce que je sache. L'image d'un groupe de jeune alors que l'on vivait encore dans la rue me revient. Des visages de haine, de colère. Tous cela pour cacher une peur instinctive envers ce que l'on connaît pas.Ça c'était des gens qui nous en voulait. Pas lui. En retour Tomas ne fait que de relever légèrement les crocs dans ma direction. Je ne le ferai pas changer d'avis aujourd'hui et lui non plus.

La voix de l'homme s'élève, s'adressant directement à son âme sœur. La jeune femme a fortement envie de pointer son daemon du doigt et s'écrier Ah ah ! mais elle se retient. Non cet humain ne semble pas être comme la plus part de ses semblables. Compréhensible et ouvert d'esprit. Une question vient s’infiltrer dans son esprit. Mais pourquoi ? Pourquoi certain sont plus ouvert d'esprit et décide d'oublier la peur envers l'étrange ? La fascination ? La curiosité ? Connaît-il d'autres daomoniens ? Ou est-ce simplement son caractère? Elle sent la réticence de Tomas. Il n'aime pas parler à qui que ce soit. Daomonien ou humain. Ses yeux chocolats sont fixés sur l'homme qui attend patiemment la réponse. Puis finalement il se tourne vers Edi'. Non, il ne veut pas faire d'effort. Pas aujourd'hui. Il lui est reconnaissant mais il ne le connaît pas. Demande lui de l'eau s'il te plait Nollaig fait une moue avant de lever la tête vers l'homme.

-De l'eau lui suffira merci. Excuse le, il n'est pas bien bavard..

Elle ne cherche pas à pousser plus son daemon. Après tous cela était prévisible. Même avec Rafi, il ne lui a pas encore adressé directement la parole. A l'entente de sa seconde question, elle le voit se figer. Elle s'amuse de ses mimiques découragés. Une tête en l'air ? Elle lui trouve un air plutôt tête sur les épaules pourtant. Finalement il lui offre un sourire désolé avant de tendre une main vers lui.

-Finn Reyes, je suis garde-côtes et secouriste en mer pour la ville de Perth Amboy. Enchanté… ?

Nollaig reste un instant interdite devant la main tendu. Le faire ou non ? Voilà seulement à quoi elle peut penser. Ah oui aussi au cadavre asséché du rat qui était au fond de ses mains il y a quelques mois de cela. Promis je te sépare de lui si il se passe quelque chose Mais tu crois que... Et si cela se retourne sur toi ? Cela ne serait pas bien logique. Prendre de l'énergie de ton daemon pourrait te tuer. Aller Edi', tu ne peux pas vivre dans crainte continuellement. Lentement la main de la jeune irlandaise vient échanger une poignée de main avec le garde côté. Rien ne se passe quand sa peau rentre en contact avec celle de Finn. Elle reste un instant interdire avant de se détendre. Tous n'est pas si perdu que cela au final.. Un sourire vient étirer ses lèvres alors qu'elle se présente à son tour.

-Nollaig O'Malley. Et lui c'est Tomas. Je suis étudiante à Lindwuën University en art appliqué. Ravie moi aussi.

Finn continue en présentant son chien. Tandis que Tomas retient de grogner, irriter par l'air de chien battu du corniaud, Nollaig le regarde avec tendresse. Elle a toujours aimé les animaux, et elle n'en veut absolument pas au chien.

-Ce n'est rien. Il a eu peur, ce qui assez compréhensible.

Son regard va se ficher dans celui de Tomas qui plissent des yeux. Qu'est ce que tu veux entendre par là ? Si un autre gros chien n'avait pas essayé de faire son vieux grognon... Ça va être de ma faute aussi ? Elle ne lui offre qu'un sourire taquin avant de se retourner plus sérieuse vers Finn. Celui-ci est vers le comptoir, attrapant ses vêtements trempés.

-Je reviens, je vais mettre le tout à sécher. N’hésite pas à te resservir ou à fouiller dans l’armoire sous le comptoir pour trouver quelque chose à manger, si tu as faim.

Nollais ne fait que d'acquiescer silencieusement. Ses yeux le suivent jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le couloir.

-Bon tu veux quelque chose ?
-On partage ?


La jeune femme offre un sourire en réponse. Partager la nourriture est devenu une habitude depuis qu'ils ont vécu dans la rue. Encore aujourd'hui ils leur arrivent de le faire. Ils ne se sont jamais posé la question si cela pouvait sembler normal ou non. Ils le font c'est tous. Posant sa tasse, et gardant la couverture sur les épaules, l'irlandaise se lève et va vers les placards. Rapidement son regard est attiré par la corbeille qui contient quelques fruits. Après une brève hésitation elle attrape une pomme, trouve un couteau et une assiette en fouillant un peu plus. Munie de se qu'il faut, elle retourne s’asseoir. Habilement elle épluche la poche, offrant les peaux à son daemon qui lui prend délicatement des doigts. A eux deux ils mettent pas longtemps à finir celle-ci, prenant chacun leur tour une tranche.
Alors que Tomas s'installe plus confortablement au pied du fauteuil, Nollaige se met à pianoter nerveusement sur l'accoudoir. Elle sort sa blague à tabac qui se trouve dans la poche du sweat. Avec application elle le vide. Une grimace vient étirer ses lèvres face à ses feuilles inutilisables.

-Tu te fais du mal pour rien. Jette tous. En plus ton tabac sera infumable 

Elle grommelle quelque chose, en réponse Tomas ricane.

- Promis on ira en chercher en rentrant.

Avec humeur la jeune femme ramasse le tout. Maintenant que elle se sent bien mieux l'appelle de la nicotine se fait sentir. En plus elle ne sait pas si les magasins seront encore ouverts quand ils rentrerons.

-Il est tôt. Arrête de ruminer veux-tu. Tiens il revient.

Avec naturel, il retourne poser sa tête sur ses pattes avant. Mais ses yeux ne quittent pas l'homme qui s'approche. Celui-ci vient s'installer face au duo, ayant reprit sa tasse en main. Tous en observant les mèches noires et folles de son sauveur, Nollag prend une gorgée de chocolat. Parfaite la température.

-Non je t'assure que cela ira répond t-elle en secouant la tête. Je peux attendre. Je n'ai pas grand chose à faire de toute façon.
Menteuse Elle ne prend même pas la peine de jeter un coup d’œil vers Tomas. Mais toi tu as peut être des choses à faire. Si cela t'arrange je peux passer plus tard. Et non n’embête pas ton amie. Je peux attendre.

Tu es sure?Tu parles de la lueur dans ses yeux ?Tous à fait Ce n'est pas mes affaires, il est assez grand pour me dire de partir si veut être seul Bien trop poli Tu lui trouve des bons cotes maintenant ?
Touché. Tomas se referme en grognant. Elle retourne mon attention vers Finn.
  
MessageMer 19 Avr - 16:48
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▬ Non je t'assure que cela ira. Je peux attendre. Je n'ai pas grand chose à faire de toute façon. Mais toi tu as peut être des choses à faire. Si cela t'arrange je peux passer plus tard. Et non n’embête pas ton amie. Je peux attendre.

Finn hoche la tête, acceptant le refus de Nollaig non sans une toute petite pointe de regret. Il saute habituellement sur toute occasion pour voir ou même simplement parler à son amie et il doit s’avouer qu’il avait bien envie que la jeune femme accepte pour lui offrir une excuse. Bha, il saura bien assez rapidement si Demelza travaille aujourd’hui et il pourra toujours la croisée à son retour du large ce soir.

Finn rassure aussitôt la blonde avec un sourire.

▬ Non, dutout, tu es la bienvenue à rester. Cet endroit est aussi fait pour accueillir les gens dans ton genre de situations.

L’endroit est effectivement rarement vide. Outre les employés, l’endroit sert également de refuge pour toute personne en ayant besoin après un accident nautique ou quelconque intervention des garde-côtes. De plus, avec son infirmerie et les compétences médicales des secouristes qui y travaille, le poste sert également souvent de premier secours pour toute personne blesser superficiellement ou non dans le port, sur la plage, au centre nautique ainsi que sur la grande allée bordant la mer et parsemée de petits commerces et restaurants. Tout cela, bien sûr, sans parler des nombreuses visites amicales des habitués du port venu dire bonjour et échanger les dernières nouvelles.

Il met une pause pour lui pointer le panneau de contrôle à l’autre bout de la pièce. Devant une grande baie vitrée donnant directement sur la mer et une partie du port, ce dernier est constitué d’une large table en « L » avec trois postes de travail distincts où s’alignent ordinateurs, radars, radios et cartes océaniques de la région.

▬ Je suis de garde ce matin, donc à moins de recevoir un appel d’urgence, je n’ai rien de bien important à faire. Et pour tout dire, je prends toute bonne excuse pour retarder la paperasse que j’ai à faire dans les temps morts de mes quarts de travail.

Il est terriblement en retard dans ses rapports, mais cela, il ne lui avoue pas. Il n’a jamais aimé la lourdeur administrative, et si son travail en requiert relativement peu, il a tout de même tendance à l’éviter le plus possible. La situation n’est néanmoins pas encore ingérable et son supérieur, tout aussi peu friand de paperasse que lui, ne lui a toujours rien réclamé, aussi il ne s’en inquiète pas trop. Il pourra toujours se rattraper dans deux jours, lorsqu’il devra effectuer le long, solitaire et souvent calme à cette période de l’année quart de nuit au poste.

Finn prend une nouvelle gorgée de café, savourant avec délice la chaleur du breuvage qui finit de le réchauffer. Il lance ensuite un bref regard vers Tomas et hésite à s’adresser de nouveau directement à lui après sa dernière tentative. Le daemon lui a clairement signifié qu’il ne souhaitait pas lui parler et ses continuels regards méfiants ne font que renforcer cette impression.

Finn a relativement l’habitude des réactions négatives de daemons à sa présence. Éris, la daemonne de son proche ami Edwin, ne l’apprécie et ne lui fait toujours pas confiance après plus de deux ans d’amitié entre lui et son daemonien. Finn a donc appris à prendre son mal en patience et à laisser les choses se faire à leur rythme, sans la forcer, en espérant qu’un jour elle comprenne qu’il n’est pas une menace pour Edwin malgré sa nature humaine.

Aussi, le secouriste choisit d’adopter la même approche avec Nollaig et Tomas et s’adresse donc plutôt directement à la jeune femme.

▬ Je ne crois pas vous avoir jamais croisés au port, tous les deux, non ? Vous êtes arrivés récemment dans la région ?

En sa qualité de ville portuaire, Perth Amboy voit passer une grande quantité de vacanciers ou de gens simplement arrêtés en chemin alors qu’ils se rendent vers New York ou à l’inverse vers le sud de la côte. Avec Merkeley, capitale daemonienne, comme ville voisine, le trafic de touristes n’en est que plus élevé. Bref, Finn croise beaucoup de nouvelles têtes qu’il ne revoit jamais par la suite dans le cadre de son travail.

Mais Merkeley, justement, attire également beaucoup de nouveaux arrivants jour après jour qui viennent s’y installer de manière permanente. Finn réside ici plutôt qu’ailleurs justement pour cette raison, après tout, soit être près de Merkeley pour sa fille, Jude. Il souhaite ainsi qu’elle puisse grandir près de gens comme elle afin qu’elle ne se sente pas différente. En venant s’installer ici, il souhaitait également en apprendre lui-même davantage sur les daemoniens, tenter de comprendre leur réalité et le lien qui les unis à leur daemon, toujours dans l’optique de pouvoir mieux aider et protéger sa fille.

Bref, Nollaig lui a dit être étudiante à la Lindwuen Univesity, aussi, d’office, il sait qu’elle n’est pas seulement de passage. Peut-être n’est-elle arrivée que depuis peu, néanmoins, ou peut-être est-elle résidente depuis longtemps simplement sans fréquenter le port.

▬ Tu as dit être à la Lindwen University, non ? Dans quel domaine étudies-tu ?

Il lui laisse le temps de répondre puis une idée lui vient en tête. Le moment est peut-être un peu mal choisi, après l’accident, mais cette jeune femme et son daemon dégagent quelque chose de particulier. Dans leurs réserves et la profondeur de leurs regards, il lui semble déceler un vécu comme on en croise peu. Il ne souhaite pas connaitre leurs secrets, mais il se doute qu’ils auraient beaucoup à raconter. Il a rapidement appris que tout daemonien, plus encore que chaque humain, à une histoire singulière souvent parsemée de son lot de malheur comme de courage et de force de vivre. Aussi, cette impression ajoutée à la paire unique que Nollaig et Tomas forment sur le simple plan physique, l’intérêt de Finn est rapidement accroché. Son œil de photographe se met donc aussitôt à analyser les angles intéressants de leurs poses et la qualité particulière de la lumière du matin filtrant au travers des grandes fenêtres du poste.

Ayant allié sa passion pour la photographie et son désir d’en apprendre davantage sur les daemoniens et leurs daemons, Finn est justement dans le processus créatif d’un projet de photo journalisme recueillant des témoignages de daemoniens sur leur histoire et leurs relations avec leur daemon, accompagné à chaque fois d’un portrait. Plusieurs de ses amis font déjà partie de son projet, mais la majorité des participants sont des inconnus abordés dans la rue ou les parcs de Merkeley.

Nollaig accepterait-elle de participer à son projet ? La méfiance du daemon à son égard le fait douter. Néanmoins, s’il a appris une autre chose en réalisant son projet, c’est que les gens savent vous surprendre bien la plupart du temps.




Finnegan Reyes ▬ Take a SAD song and make it BETTER.
© aki sur Lindwuën Daëmon



  
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