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Arthur C. de Kerangal ❖ « Just smile, the situation can't be that bad ! » [Terminé]

 
  
MessageVen 21 Avr - 10:18
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Date d'inscription : 20/04/2017Nombre de messages : 2Nombre de RP : 0Âge réel : 26Copyright : Angel DustAvatar daëmon :
Arthur C. de KerangalNothing will be the same...

Arthur C. de Kerangal

« Life is like a bear : it may looks like fluffy and sweet sometimes, but beware of the claws »

Identité

Nom Prénoms : Arthur Charles de Kerangal
Age : 29 ans
Date et lieu de naissance : 29 avril 1987
Nationalité : Américaine et française
Métier ou étude : Photographe animalier spécialisé dans la vie sous-marine
Précision : Ayant été abandonné peu après la naissance, sans même un mot, personne ne connaît sa date de naissance réelle. Le père adoptif d'Arthur lui a donc choisi un anniversaire, en piochant un jour dans la fourchette estimée par les médecins.

PJ Liguori
(c) Angel Dust

Citoyen Daemonien

Skadi


Des pas lourds qui font crisser la neige, un souffle profond, une épaisse fourrure d'un blanc immaculé, une démarche tranquille de doux géant. Voilà Skadi, aucun doute possible. Elle fait toujours son petit effet, quand on arrive quelque part. Il faut dire qu'elle fait une de ces tailles ! Environ cinq cent kilos pour une longueur d'un peu plus de deux mètres, du bout du museau jusqu'au derrière.

- Eh, d'où tu te permets de divulguer ce genre d'informations ? On ne révèle pas le poids d'une dame, ça ne se fait pas. Rustre.

Oh, ça va. Tu fais la taille d'un mâle sauvage, tu ne vas pas t'en plaindre ! Beaucoup de gens ne sont pas vraiment rassurés, d'ailleurs, quand ils se trouvent à proximité d'elle. Les daemoniens les plus craintifs se soucient de leur daemon, les humains quant à eux, ont tendance à oublier que peu importe la situation, Skadi ne peut pas les toucher. En ce qui me concerne, je ne peux pas m'empêcher de sauter entre ses pattes dès que j'en ai l'occasion, et me blottir contre son poitrail tout duveteux. Croyez-moi, vous n'avez jamais rien caressé d'aussi doux de toute votre vie. Enfin... Peut-être votre propre daemon, ça je ne peux malheureusement pas le savoir.

- Je prends soin de ma fourrure, c'est normal.

Comme vous l'aurez peut-être remarqué, Skadi est un tantinet... Précieuse. Madame n'aime pas se salir, et va même jusqu'à se limer les griffes pour qu'elles soient parfaites. Vous ne verrez jamais son pelage en désordre, aucune chance ! En revanche, quand vient l'heure du repas, c'est une autre histoire. Quand elle chasse ou pêche, du moins. Là, elle se fiche bien de mettre des écailles, des poils, ou du sang un peu partout.

- Je ne vais pas faire de manières en extérieur, si ? Il faut bien laisser ses instincts sauvages s'exprimer, de temps en temps.

Et après tu te plains qu'on ait peur de toi... Mais si tu accueilles les gens avec une gueule dégoulinante de sang, faut pas chercher plus loin. C'est ça, soupire et lève les yeux au ciel, ça aide vachement.
Pourtant, Skadi n'est pas méchante pour un sou, vous savez. Un peu caractérielle et très protectrice envers moi, à n'en pas douter, mais jamais réellement mauvaise. D'ailleurs, ça ne m'étonnerait pas qu'elle se soit inconsciemment fixée sur cette apparence pour dissuader les éventuels enquiquineurs de venir me chercher des noises. Il faut avouer que lorsqu'elle se dresse sur ses pattes arrières et donne de la voix, on a beau savoir qu'elle ne posera pas même une griffe sur soi, ça fait réfléchir.
Mon ourse a toujours eut une nature plus belliqueuse que la mienne. Pas dans le sens où elle cherche les ennuis en permanence, mais plutôt dans le fait qu'elle n'hésitera jamais à en venir aux mains pour résoudre une situation. Elle. Parce que moi, clairement ce n'est pas mon genre... Enfant déjà, elle donnait des griffes, des crocs, des serres ou du bec contre les daemons des petits caïds pour me défendre.

- Tu ne sais pas te protéger tout seul, il faut bien que quelqu'un s'en occupe. Le jour où tu apprendras à arrêter d'esquiver les ennuis pour les affronter de face, peut-être que je deviendrais plus mesurée.

Et tu arrêteras de me forcer à faire des choses que je ne veux pas ? Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit, mais madame est une spécialiste dans l'art de me pousser dans mes retranchements. J'ai peur de parler à quelqu'un ? Elle va coller cette personne au plus près pour que je ne puisse pas m'en éloigner, et sois donc bien obligé de lui parler à un moment ou un autre, si je ne veux pas passer plus dérangé que je ne suis déjà. Je rebrousse chemin devant le guichet d'une administration, trop inquiet de me faire rembarrer par une secrétaire revêche ? Qu'à cela ne tienne, Skadi posera son derrière d'ourse juste à côté, et refusera d'en bouger tant que je n'aurais pas fait ce pour quoi j'étais venu à la base ! Franchement, il y a des jours où j'envie ceux qui ont des daemons qu'ils peuvent emmener avec eux de grès ou de force. Parce qu'évidemment, ce n'est pas avec ma force d'ablette que je vais réussir à forcer cinq cent kilos de muscles et de poils à se déplacer.

Enfin bon... Je ne vais pas me plaindre. Skadi et moi partageons un lien très puissant, à tel point que si demain je me coupais en me rasant, elle aurait elle aussi une entaille, au même endroit. Bien sûr, quand je suis malade, elle l'est aussi. Ce qui me consigne souvent au lit quand j'ai trop de fièvre, d'ailleurs. Parce que, bon, si moi je tombe dans les pommes parce que j'ai tenu à aller travailler avec 40°C de fièvre, en soi ce n'est pas dramatique. Mais allez déplacer Skadi, qui en aura fait de même, en sachant que vous ne pouvez pas la toucher... Là, vous saisissez le problème.

Sinon, j'estime que j'ai de la chance. D'un point de vue caractériel, elle n'est pas difficile à vivre. Optimiste mais toujours réaliste, elle a une noblesse de caractère certaine, qui ne me rend pas peu fier. Skadi s'est souvent élevée pour défendre les plus faibles, ceux un peu laissés de côté par les gens "populaires" et brutes en tout genre, me poussant par la même à ne pas me murer dans un immobilisme aveugle et coupable. L'honnêteté et la droiture, parfois ça fait mal, oui. Mais au fond, je préfère ça qu'être rongé par la culpabilité et le remord de n'avoir rien fait.

Pour toutes ces raisons et tellement d'autres, Skadi est un soutien indéniable pour moi au quotidien, un guide qui m'évite de m'égarer en chemin. Sans elle, je serais totalement perdu. Mais comment font les non daemoniens... ?
Caractère

Si vous écoutez Zino, il vous dira que je suis l'homme idéal. Mais croyez-moi, il est loin d'être objectif ! En vérité, j'ai pas mal de défauts. Comme tout le monde, vous me direz. Tant qu'à y être, autant commencer par là.

Premier défaut, et pas des moindres, je suis relativement lunatique. D'un instant à l'autre je peux passer d'une joie communicative à une petite déprime de derrière les fagots. Et je n'ai pas besoin d'une raison importante pour ça, le seul fait qu'il n'y ait plus de chocolat dans l'appartement peut suffire. L'avantage ceci dit, c'est qu'il est tout aussi facile de me faire à nouveau sourire. Ca marche dans l'autre sens, oui, parfaitement. Souvent, c'est Skadi qui me remonte le moral, avec quelques unes de ses pitreries ou de ses réflexions bien senties. Et sinon, je vais me caler contre Zino et ça finit par passer.
Ma gourmandise. Ca, c'est aussi l'un de mes défauts majeurs. Je sais, comme ça on ne dirait pas, mais ne laissez jamais de la nourriture sous mon nez. J'aime tellement manger que je me retiens à grand peine de ne pas vider les placards dès que je m'ennuie plus de cinq minutes. C'est limite maladif chez moi, sans exagérer. Mes parents m'ont déjà emmené chez un psy, pour voir si j'avais réellement un désordre alimentaire quelconque, mais il semblerait que non. C'est juste que moi et tout ce qui se mange, c'est une grande histoire d'amour incomprise. Il y a quand même quelques trucs que je n'aime pas, comme le chou-fleur, les choux de Bruxelles, et... Je crois que c'est tout, en fait. En bon français bien cliché, je raffole des escargots, surtout au beurre persillé. Okay, j'avoue, j'adore voir la tête des gens quand je leur dis que je mange des escargots, c'est tellement drôle !

A noter également que j'ai la mauvaise, très mauvaise tendance à être jaloux, possessif, et même territorial. Ce qui est à moi est à moi, point final. Sauf quand je décrète que je veux bien partager, là il n'y a aucun souci. Mais si j'ai dis non, n'essayez même pas de marcher sur mes plate-bandes, parce que là je peux devenir méchant. Pas physiquement, mais verbalement. Dans ces cas-là, tout les petits détails que mon oeil de photographe a pu capter et que mon cerveau a soigneusement et sagement stockés dans un coin en se disant que ça servirait plus tard, je les ressors sans aucune pudeur. Vous m'avez contrarié ? Bien, j'en ferai de même, ce n'est pas un problème. De même, je ne supporterai pas qu'on se moque de mes pères, ou qu'on les rabaisse de quelconque manière que ce soit.

Vous pouvez ajouter à ça que je suis également un procrastinateur émérite, jusqu'ici invaincu dans le domaine. Je déteste qu'on me presse à faire quoi que ce soit, et si je peux reporter, je le fais. Quoique, même si techniquement je ne pourrais pas reporter, je m'arrange toujours pour me dire que ce n'est pas si grave que ça, et que ça peut toujours attendre. Au grand dam de Skadi, qui tente tant bien que mal de me pousser à faire chaque chose en temps et en heure.
Le souci, c'est que j'ai la tête dure comme du bois. Un véritable mulet, je vous dis. Quand j'ai décidé quelque chose, je vous souhaite bien du courage pour m'en faire démordre. Même si tout est contre moi, même si j'ai de toute évidence tort... Rien à faire. Si l'abandon ne vient pas de mon propre chef, une cuisante et amère sensation d'échec me reste en travers de la gorge, ce qui me rend irritable durant un petit moment.

Ah, et on peut aussi dénoter chez moi une hypersensibilité malheureusement très présente. La moindre contrariété peut me faire fondre en larmes, pour peu que je sois fatigué ou que j'ai mal dormi. Alors évidemment, il y a certaines choses à m'annoncer en prenant des pincettes, pensez bien...

- Bon, là je crois que tu as fait peur à tout le monde. Arrête de noircir le tableau, et passe aux qualités. Plus personne voudra t'approcher après...

En même temps, je suis juste honnête. J'estime que ça ne sert à rien de cacher ce qu'on est vraiment, ça ne fait que causer des problèmes, sur le moyen ou long terme. Bah tiens, justement ! L'honnêteté, c'est l'une de mes qualités. Qui n'est pas poussée à l'extrême, ce qui me permet d'éviter que ça devienne un défaut. Disons que je sais faire preuve d'une certaine diplomatie dans ma manière de m'exprimer. Je n'aime pas brusquer les gens, parfois au point de les couver un peu trop, certainement. Mais on ne va pas me reprocher de ménager les gens, si ? J'aime prendre soin des personnes qui me sont proches. Ce n'est pas vraiment spécifique à ma personne, je sais, mais je suis du genre à poser un plaid sur les épaules de quelqu'un qui s'est assoupi devant un film, à partager mon repas avec quelqu'un qui n'en a pas, ou bien encore à juste étreindre un ami déprimé ou simplement triste.
Ah oui, parce que je suis définitivement un ourson en peluche. J'ai une nature douce, appuyée d'un tempérament extrêmement tactile. C'est bien simple, dès lors que je me sens proche de quelqu'un, je ne peux pas m'empêcher de toucher cette personne. Même furtivement, en posant simplement ma main sur son bras ou son épaule, ou en venant plus ou moins me coller contre la personne quand on s'assoit, ce genre de choses. C'est le résultat direct de mon besoin constant d'attention et d'affection. Je crois que j'ai été plus profondément traumatisé par mon abandon que je l'ai longtemps pensé... Je n'en ai aucun souvenir, évidemment, mais je me souviens de l'orphelinat. De façon bien plus claire que ce que je voudrais. Et franchement, ce n'était pas la période la plus joyeuse de mon existence, bien loin de là.

On peut également me qualifier d'altruiste, aucun doute là dessus. Quand je suis dans de bonnes dispositions, j'aime partager et offrir des choses à mes proches. Que ce soit précieux ou non, d'ailleurs. Je me fiche de la valeur d'un cadeau, pour moi c'est le geste qui compte plus que tout. La plupart des objets auxquels je suis le plus attaché ne valent pas plus de quelques dizaines de dollars, vous savez !
Je suis quelqu'un de plutôt simple. J'aime lire, paresser au soleil, sauter à pieds joints dans la neige, mais surtout passer le plus de temps possible sous l'eau, et de préférence avec un appareil photo à la main. Plus qu'un métier, c'est une vocation et une véritable passion.

Pour ce qui est du reste... Eh bien je vous invite à venir me découvrir par vous-même, si je vous intéresse vraiment !
Apnée supérieure

Là, rien de bien fabuleux, j'en ai peur. Niveau apnée, j'ai celui d'une otarie,
ce qui en clair, me permet de retenir mon souffle en plongée sur une durée d'approximativement dix minutes. Mais attention, dix minutes c'est ma limite, impossible d'aller plus loin. Au delà de ce temps, je commence à manquer d'air, et à suffoquer. Moi aussi je peux me noyer, oui. Ca prend juste plus de temps.

En ce qui concerne la profondeur de plongée... Je ne sais pas de quoi je suis exactement capable. Tout ce que je sais, c'est que Skadi fait déjà des efforts exceptionnels en me suivant jusqu'à quinze ou vingt mètres sous le niveau de la mer. Je ne peux pas lui en demander plus, même si je sens bien que je pourrais aller bien plus loin. Mais bon, il ne peut pas y avoir que des avantages à avoir un daemon.

C'est pratique dans mon métier en tout cas, car certaines espèces sous-marines prennent les bulles s'échappant parfois des bouteilles d'oxygène pour des signes d'agression, ou des provocations. Alors si je peux éviter de finir avec une jambe en moins parce que je me la serais faite croquer par un grand blanc... Je préférerais, merci.
Il était une fois


Personne ne se souvient de ses premiers instants d'existence. Pas même de ses premières semaines, ni de ses premiers mois. Pour l'écrasante majorité des gens, ce n'est pas un souci. Leurs parents sont là pour leur raconter ce qu'il s'est passé durant ces années que la mémoire a jugé bon de dégager d'un bon coup de balai pour faire de la place à de nouveaux souvenirs tout frais. Ils prennent même des photos, immortalisant les meilleurs exploits de leur bambin.
Mais personne n'a fait ça pour moi. Alors j'ai imaginé ce qui avait pu se passer,
avec les maigres informations que j'ai parfois réussi à grappiller, ou même que j'ai inventées sans même que je m'en rappelle. Oui, on m'a abandonné, et très peu de temps après ma naissance, à ce qu'il paraît. J'ai eu beau retourner ça dans ma tête des millions de fois, je ne vois qu'une seule explication logique à ça. La présence de Skadi à mes côtés. Être à daemonien est sûrement ce qui m'a conduit à vivre dans un orphelinat, pour les cinq premières années de ma vie.

Je crois que le tout premier souvenir que j'ai, c'est un jour de grand soleil, en hiver. Je me remémore à la perfection les raies de lumières dans lesquelles dansaient les grains de poussières soulevés par le passage de mes camarades de dortoir. Ils jouaient à chat, je pense. Ou quelque chose dans ce genre-là. Moi ?
Oh non, je ne participais pas ! J'étais bien trop timide, du haut de mes... Trois,
quatre ans ? Je ne sais plus. Skadi était pelotonnée contre la peau de mon cou,
à l'intérieur de mon col roulé, et je pouvais sentir son petit coeur de souris battre à toute allure contre mon propre pouls. Comme par instinct, nous avions rapidement compris que nous n'étions pas "normaux", et qu'il valait mieux faire profil bas. C'est pourquoi la plupart du temps, elle adoptait des formats de poche, plus faciles à dissimuler que si elle devait se promener en ourson ou en poulain au milieu des couloirs de l'orphelinat.
Nous avions l'habitude de regarder les autres enfants jouer, depuis notre coin.
Mais ce jour-là, les choses allaient commencer à bouger pour nous. Une petite fille avec un ruban rouge s'approcha de moi, avec un grand sourire scotché sur le visage. Sans s'en départir une seule seconde, elle s'agenouilla juste devant moi,
pour engager la conversation sur le temps de la confidence.

- Je connais personne, et toi et ton daemon vous êtes tout seuls, vous voulez jouer à cache cache ?

J'écarquillai les yeux sous le coup de la surprise. D'un, parce qu'elle me proposait de participer à un jeu (pour de vrai, pas de seulement tenir les piquets de la tente improvisée avec les draps ou de remplir les bouteilles d'eau pour la chasse au ver de terre), mais aussi parce qu'elle connaissait l'existence de mon daemon, sans que ça lui fasse peur ou qu'elle le crie sur tout les toits. Dans mon esprit de petit garçon, il y avait tout un tas de questions qui se bousculaient.

- C'est quoi un... Daemon ?
- Bah, c'est la petite souris que j'ai vue se glisser sous ton pull, tout à l'heure.
Tu sais pas ce que c'est ? Moi aussi j'en ai un, regarde. Furtivement, je vis dépasser de la poche de son gilet la bouille d'un moineau, qui me fit un coucou de l'aile avant de replonger en sécurité entre les mailles de laine. C'est mon daemon, tu vois. Alors promis, je dirai rien !

Et tout ce dont je me souviens ensuite, c'est qu'elle m'a entraîné de force pour jouer avec elle, à l'écart des autres. Le plus triste, là dedans, c'est que je ne me souviens même plus de son prénom. Pourtant, c'était ma toute première amie,
ça ne s'oublie pas, ces choses-là ! Avec le recul, j'ai réalisé qu'elle était plus âgée que moi, et sûrement que son père ou sa mère devait être daemonien aussi, pour qu'elle sache ce que c'était. Heureusement pour elle, mais malheureusement pour moi, elle a rapidement trouvé une nouvelle famille,
et je n'ai plus jamais eu de ses nouvelles. Parfois, je me demande ce qu'elle est devenue, ce qu'elle fait, ou si elle aussi se souvient de moi. J'aimerais bien que ce soit le cas, pour moi elle était importante.

Mais je ne suis pas à plaindre, rangez les mouchoirs ! Peu de temps après son départ, j'ai moi aussi été adopté. Par un jeune couple adorable, avec lequel j'ai immédiatement accroché. Le jour où je les ai vus pour la première fois, ce qui m'a tout de suite sauté aux yeux, c'est le roux flamboyant des cheveux de l'homme, Richard, ou Rick comme il se faisait appeler. Et son drôle d'accent, aussi. Enfin, quoi de plus normal pour un français expatrié aux Etats Unis, vous me direz ! La femme... Je ne m'en souviens plus vraiment. On en parle jamais. Et pour cause... Environ un an après mon adoption, elle a tout bonnement pris la fuite, sans même se retourner. Je suppose que tout compte fait, être mère ne lui convenait pas...
Enfin bref ! C'est donc ainsi que j'ai atterri chez les de Kerangal, une vieille famille noble de la région bordelaise, qui... Eh bien, disons les choses clairement, sont de loin à l'abri du besoin. J'ai depuis la double nationalité,
et je sais aussi bien m'exprimer en anglais qu'en français, évidemment. Après le départ de ma "mère", mon père m'a emmené au manoir familiale pour y vivre quelques années. Il avait besoin d'un peu de temps pour encaisser le choc de cet abandon, et décider s'il voulait continuer sa vie aux Etats Unis, ou bien définitivement rester en France.

Oh moi, ça ne me gênait pas le moins du monde ! Avec Skadi, nous adorions nous perdre dans les vignes qui s'étendaient à perte de vue autour de la bâtisse.
Nous courions après les perdrix, explorions les bosquets... Mais on ne manquait jamais l'heure du goûter, surtout pas en hiver. Mon arrière grand-mère, Rose,
nous préparait une tasse de chocolat chaud chacun, pour accompagner les gâteaux que mon père faisait exprès pour notre quatre heures. Et quand on a la chance d'avoir un père pâtissier, croyez-moi, le goûter vous ne le manquez pour rien au monde.

On peut dire que j'avais une vie de rêve en France, ça oui... Grand-mère Rose avait tenu à m'offrir une éducation à domicile, soucieuse de me garder en sécurité, et mes grand-parents avaient acquiescé. Il faut dire que plus je grandissais, et plus Skadi devenait téméraire. Elle rechignait de plus en plus à se cacher, et refusait catégoriquement de faire comme si de rien n'était quand on s'en prenait à moi. Les apparences qu'elle adoptait se faisaient plus imposantes,,
également. Aller à l'école comme n'importe quel enfant semblait donc effectivement compromis. Je ne vais pas mentir, j'ai un peu souffert de cet isolement. Je rêvais de me faire des amis, de jouer dans une cour de récréation,
d'être dans une classe... De m'intégrer, enfin, tout simplement. Mais ce ne serait pas pour tout de suite.

Quand j'eus neuf ans, mon père décida qu'il était temps de retourner vivre sur le nouveau continent. Il avait beau adorer sa patrie, la vie américaine lui manquait.
Et surtout, il brûlait de pouvoir redonner un coup de jeune à sa pâtisserie,
et pouvoir enfin la rouvrir ! J'étais tout aussi enthousiaste que lui, voire peut-être même plus, puisque j'allais enfin avoir le droit d'aller à l'école. A la condition que Skadi sache se tenir, évidemment. Ce ne fut pas facile, mais je pus négocier ça avec mon daemon. Et aussi étonnant que cela puisse être, elle tint parole. Bon, ça ne l'empêcha pas de faire des petits coups en douce pour venger un de mes amis ou moi-même, quand nous nous faisions malmenés, mais... Du moment qu'elle ne se faisait pas remarquer, ça me convenait.

Mon bonheur ne pouvait pas être plus complet, vous me direz ? Que vous croyez ! Près de deux mois après notre retour à New York, voilà que mon père retrouvait l'amour... Auprès d'un autre homme. Billy, qu'il connaissait déjà avant notre départ pour la France. En y réfléchissant, c'est peut-être pour lui aussi que nous étions revenus... Bref. Et il se trouve, pour couronner le tout, cerise sur le gâteau, que Billy était lui aussi un daemonien ! Sa moitié d'âme s'appelle Charlie, et c'est un hamster aussi noir qu'un bout de charbon doté d'un sale caractère. Au fond, elle est adorable. Enfin, une fois qu'elle vous connaît bien et vous apprécie. Parce que sinon, je vous conseille de ne rien laisser à porter de ses quenottes. Câbles, écouteurs, lacets, poches de pantalon... Tout y passe, quand elle est de mauvais poil.

Après ça... Oh, il n'y a rien de bien captivant à raconter, vous savez. Nous menions une vie de famille très ordinaire, malgré le fait que nous n'avions rien en commun avec les autres familles des beaux quartiers. J'étais plutôt bon à l'école, mais je ne voulais pas me retrouver prisonnier d'un bureau, alors j'ai commencé à expérimenter un peu tout ce qui me passait sous le nez. Mes expériences d'orientation furent quelque peu freinées par la prise de forme définitive de Skadi. Se promener en pleine rue avec un ours polaire ? Impossible. Je me retrouvais consigné à la maison, histoire d'éviter de semer la panique dans le pâté de maisons. Eh oui, à nouveau derrière les barreaux d'une cage dorée... Mais j'étais à présent suffisamment âgé pour comprendre pourquoi, et même si je mourais d'envie d'aller dehors, je ne me risquais pas à braver les consignes de mes parents. Je ne tenais pas tant que ça à me mettre en danger, et encore moins à les décevoir. Et puis, en bon optimiste que je suis, je voyais le bon côté des choses. Mes plus proches amis continuaient à venir me voir, surtout Zino. J'avais peur qu'on me juge sur l'affection que je lui portais, ou que ça cause des soucis à mes pères. Qu'on les pointe du doigt, en leur jetant au visage que c'était de leur faute si j'étais gay moi aussi, que c'était à cause d'eux. Qu'ils m'avaient perverti, en quelque sorte. Mais la vérité, c'est que ce n'est la faute de personne, si j'aime le même sexe que le mien. Pas plus que ce n'est la faute de quiconque si j'ai un daemon. Je suis comme ça, et c'est tout.

Le premier août 2011... Un jour que je n'oublierai sans doute jamais. Le grand public connaissait officiellement notre existence, à nous, daemoniens. Avec mes parents, nous gardions un oeil consterné et effaré sur les informations, au fil des jours. Skadi s'assombrit quelque peu durant cette période, semblant sur le qui-vive en permanence, son agressivité montant d'un cran, quand bien même nous ne sortions pas de la maison.
Les années suivantes, notre petite famille restait sur la défensive, méfiante. La parano de nos deux daemons devait y contribuer, sans aucun doute. Nous préférions rester en spectateurs passifs, bien à l'abri dans notre tour d'ivoire, en quelque sorte. Le Conseil et la ville de Merkeley ne nous inspiraient pas confiance, surtout pas avec ce recensement. Nous retrouver sur une liste, comme ça, sans garantie que n'importe quel psychopathe ne puisse mettre la main dessus ? Parce que ça, ils n'en parlaient pas, des conditions dans lesquelles ces données allaient être conservées. Au nom de quoi devions-nous croire que nous ne risquions rien, en nous exposant de la sorte ? Alors non, nous ne signâmes pas ce papier.

2015. Une année difficile à encaisser pour moi, aujourd'hui encore. Vous ne pouvez pas avoir oublié ce qu'il s'est passé, pas si vous avez un coeur. L'orphelinat qui explose, révélant au grand jour les immondes expériences pratiquées sur les petits orphelins daemoniens. Des enfants qui souffraient dans l'indifférence la plus totale, et que personne n'est jamais venu aider. Je me souviens comme si c'était hier du soir où j'ai appris la nouvelle. J'ai fondu en larmes sur le canapé, pendant que Skadi passait sa frustration et sa colère sur la table à manger en bois massif. J'aurais pu être l'un de ces enfants. Ca aurait pu m'arriver. Du haut de mes 28 ans, j'ai complètement craqué, mes anciens traumatismes me sautant à la figure comme un diable hors de sa boîte. J'ai fait une crise de panique.

Le souci, c'est que je n'ai pas été le seul à faire une crise de panique. Mais là où il est plutôt facile de me maîtriser... Il n'en est pas de même pour mon daemon.
Cette nuit-là, Skadi a fait un boucan de tout les diables, impossible de l'avoir manqué. Dès le lendemain, nous déménagions à Merkeley, en quatrième vitesse.
Mes pères voulaient être certains que j'étais en sécurité, et avec le Conseil enfin mis au placard, ils pensaient que nous n'avions de toute façon pas de meilleur choix s'offrant à nous.

Maintenant, je suis un peu plus apaisé. Grâce à un sérieux coup de pouce financier de mes parents, je vis avec Zino dans un bel appartement de Merkeley,
où nous menons une vie simple et tranquille. Trouver un logement adapté à la taille d'un ours polaire n'est pas si difficile que ça, quand on peut y mettre le prix, vous savez.
Tout ce que j'espère, c'est pouvoir continuer tranquillement mon bonhomme de chemin, Skadi à mes côtés, et éviter enfin les écueils.

Qui tire les ficelles

Pseudo/Prénom : Grimmy
Âge : 25 ans
Double Compte : Nope !
Activité sur le forum : Je dirais entre 5 et 7. Normalement, vous me verrez rôder souvent
Comment as-tu connu le forum ? Partenariat
Un commentaire ? Un avis ? Une suggestion ? Design et contexte géniaux, ça faisait longtemps que je lorgnais sur votre petit bijou +w+
Et si je te demande le code du règlement ?
  
MessageVen 21 Avr - 10:36
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Date d'inscription : 21/02/2017Nombre de messages : 10Nombre de RP : 1Âge réel : 20Copyright : heavydirtysoulAvatar daëmon : Aigle Royal
Ragnar AkerfeldtNothing will be the same...
Bienvenue !
  
MessageVen 21 Avr - 12:16
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InvitéInvité
Bienvenue!! :D
  
MessageVen 21 Avr - 12:42
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Date d'inscription : 03/02/2017Nombre de messages : 75Nombre de RP : 10Âge réel : 19Copyright : oystermagAvatar daëmon :
Nollaig E. O'MalleyNothing will be the same...
Hello!!! J'adore ton perso ' a tête de bébé ;) et ton daemon Trop top! Hate de vous croiser peut être à Merkeley;)

En tous cas bon courage pour cette fiche prometteuse
  
MessageVen 21 Avr - 13:40
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Date d'inscription : 20/08/2016Nombre de messages : 125Nombre de RP : 36Âge réel : 26Copyright : Avatar ∞ finnou <3 Avatar daëmon :
Demelza FlyntNothing will be the same...
Han *-*

On pourra se trouver un super lien, tous les deux *-*

Bienvenue parmi nous <3
  
MessageVen 21 Avr - 15:06
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Date d'inscription : 21/02/2017Nombre de messages : 83Nombre de RP : 25Âge réel : 24Copyright : by aki Avatar daëmon : ♥
Finnegan ReyesTake a SAD song
and make it BETTER
Bienvenue officiellement sur LD

J'adore ton début de fiche, Skadi est géniale ♥
Je te réserve toujours un lien entre photographes avec Finn au passage

Bon courage pour la suite de l'écriture, j'ai hâte de pouvoir lire ♥
  
MessageVen 21 Avr - 15:33
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Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 136Nombre de RP : 55Âge réel : 23Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
Bienvenue à toi !
Ours polaire
  
MessageVen 21 Avr - 17:47
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Date d'inscription : 24/11/2014Nombre de messages : 1366Nombre de RP : 121Âge réel : 22Copyright : Valyrian Steel / Erwan (pour Lewis) / Eriam (pour l'aesthetic)Avatar daëmon :
Tessa B. O'CahanNothing will be the same...
Bienvenue j'adore déjà ton personnage
  
MessageVen 21 Avr - 18:24
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Date d'inscription : 09/02/2017Nombre de messages : 33Nombre de RP : 9Âge réel : 17Copyright : (c) ColderAvatar daëmon : (c) Fran
W. Edwin de WinterI'm a cowbow but with a huge water gun
Hey ! Razz
Bienvenue à toi comme dis sur la CB !
Hâtes d'en savoir plus sur ton perso
  
MessageVen 21 Avr - 21:13
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Date d'inscription : 22/11/2012Nombre de messages : 3106Nombre de RP : 149Âge réel : 22Copyright : Air (C'EST MALI) (avatar) ; .TITANIUMWAY (signature) + Nora Roberts & Victor Hugo (citations)Avatar daëmon : Tatouage de phénix sur l&#39;omoplate gauche. Un phénix qui s&#39;enflamme.
Kayla P. LaneFire burns into me
It consumes me
Bienvenue !

Sympa ce duo ! Bonne continuation
  
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