Il faut apprendre à édifier une nouvelle vie sur les ruines d'un passé douloureux.

 
  
MessageLun 24 Avr - 4:04
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
À mon grand-frère, second fils de la famille.

Cher Kanenthiogon,

Je sais que tu n’es pas en mesure de m’entendre de là où tu es, mais avec un peu de chance, peut-être que les grands-esprits seront capable de te faire parvenir ce message. Grand frère, sache que je m’ennuie énormément de toi. Depuis que je suis partit, il n’y a pas une journée qui s’est écoulée sans que je pense à toi et j’ignorais que ton absence me ferait autant souffrir. Malgré les apparences que je pouvais laisser en étant impassible presque en permanence avec toi, tu étais très important à mes yeux et tu es, et resteras pour toujours, mon meilleur ami. Certes, j’ai fait de belles rencontres depuis mon arrivé ici, mais aucune de mes nouvelles relations n’est aussi forte que la notre l’a été. J’ai beaucoup appris grâce à toi et jamais je n’aurai pu devenir l’homme que je suis aujourd’hui sans toi. Ma vie n’est plus la même depuis que nous sommes séparés et tes blagues me manquent. Ta face de crapaud me manque aussi, mais ça c’est une autre histoire.

Tiens, parlant de blague... tu te souviens de la fois où tu avais fait brûler des herbes très appréciées de la chamane simplement pour rire un peu ? Nous nous étions infiltrés chez elle pendant son absence et tu avais décidé de faire brûler quelques uns de ses ingrédients à tisane qu’elle gardait précieusement dans un coin sa maison. Ah oui, elle t’avait fait tout un sermon ce soir-là et elle t’avait ensuite envoyé chercher de nouvelles plantes dès le lendemain matin pour que tu puisses réparer tes bêtises. Et moi, en bel imbécile que j’étais, je t’avais accompagné par compassion, puisque je n’étais coupable de rien dans toute cette histoire. J’aurai du te laisser y aller tout seul pour pouvoir rire un peu de ta gueule quand même, ça aurait été plus drôle.

Oh et la fois où je t’avais attendu sous la pluie pendant des heures lors de ta quête du totem... Maman est venu me chercher à plusieurs reprises pour que je rentre à la maison, mais je tenais fermement mes positions. Pas question de manquer l’arrivé de mon frère et de l’esprit animal qui guiderait ses pas pour le reste de sa vie, malgré le froid apporté par la pluie qui ne cessait de me faire grelotter. Et j’ai bien fait de rester en place aussi longtemps car j’étais le premier à t’accueillir lors de ton retour au village. Tu étais devenu un homme alors que je n’étais encore qu’un enfant, un enfant toujours aussi émerveillé par son grand frère, peu importe ce qu’il faisait. Je me souviens aussi de toutes nos chasses faites ensemble et de tous les visages heureux qu’on répandait dans le village lorsque nous rapportions de belles prises. On performait toujours mieux à deux, je dois l’avouer. Nous formions un beau duo, à l’époque.

À l’époque oui, car aujourd’hui, ce merveilleux duo a disparu. Je me sens comme une coquille vide désormais, un oiseau à qui on aurait retiré les précieuses plumes qui lui permettait de voler librement et sans crainte. Je ne suis plus rien sans toi, mon frère. Dans tous les cas, j’espère que tu es bien là où tu es, que tu es en paix avec toi-même et que tu as vécu une belle et longue vie auprès du reste de notre famille, malgré mon départ plutôt précipité. Je suis désolé de t’avoir fait croire à un éventuel retour de ma part, j’ignorais à ce moment-là qu’il s’agissait d’un aller simple et non d’un aller-retour vers le futur. J’aurai aimé pouvoir revenir vers toi, mais je n’en avais pas la possibilité. Cela m’aurait évité de ressentir toute cette peine et cette tristesse à ton égard, tout comme tu as du ressentir la même chose à mon égard. J’ignore où ton corps repose en ce moment, mais sache que j’aimerai énormément le retrouver pour pouvoir te rendre l’hommage que tu mérites. À toi mon frère, à toi mon blagueur préféré, à toi mon meilleur ami... repose en paix.
Nokomihonte, ton petit frère qui t'adore.
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