L'art de faire d'une perte de clefs une aventure

 
  
MessageMar 20 Juin - 1:56
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Date d'inscription : 09/06/2017Nombre de messages : 20Nombre de RP : 4Âge réel : 25Copyright : Aki & Tata OursAvatar daëmon : Raton Laveur
Eliott M. MontoyaSoy el héroe Merkeley merece,
    pero no el que necesita.
*Mais calme-toi… Ce n'est pas une raison de s'énerver*

*Mais si ! C'est totalement dans mon droit ! Non mais y'a pas idée, j'ai du boulot à faire, ils croient que ça s'entretient tout seul les serveurs et compagnie ? Mais non, il faut d'abord aller réparer les conneries qu'un étudiant a fait sur son ordinateur… Si je le chope celui-là*

*Ahahah, je te connais, tu dis ça maintenant, mais quand il sera devant tes yeux tu vas te ramollir, comme d'habitude.*

*Roh ça va hein !*

C'était comme ça depuis plusieurs minutes. Eliott était grognon et Astuti, qui le suivait, tentait de le raisonner. Il était en train de faire son travail, tranquillement installer derrière son écran, vérifiant que les mises à jour s'installaient bien, que tout fonctionnait et qu'il n'y avait aucun soucis. Et voilà que le téléphone du service sonne. Par réflexe, il répondit… Normal non ? Mais quelle mauvaise idée ! Voilà qu'on l'appelle parce qu'un des PCs d'une des salles de classe ne répond plus. Il ne veut plus s'allumer, débrancher et rebrancher ne servait à rien. En bref, il était demandé sur place pour voir ce qui se passait.
Bon, d'accord, cela faisait partie du travail, mais Eliott grognait sur les gens irresponsables qui trouvaient toujours le moyen d'apporter un quelconque virus sur les ordinateurs. Parfois, c'était bêtement plus matériel que ça, ils avaient simplement renversé une boisson sur l'unité centrale ou le clavier… Il y avait même eu des petits plaisantins qui avaient cru drôle de faire croire que leur PC ne marchait pas alors qu'ils avaient juste éteint l'écran. Des stupides gamins qui croyaient être plus intelligent que l'informaticien… S'ils avaient pu, il les aurait collés ceux-là.
En sommes, en marchant dans les couloirs, les mains enfoncés dans les poches, d'un air pas forcément agréable, il se demandait ce qu'il l'attendait cette fois-ci. Au détour d'un couloir, alors qu'il continuait de grommeler silencieusement, Astuti l'interpella.


*Hey ! Tu… Tu pourrais ralentir, j'ai que quatre petites pattes moi !*

*Ah oui, pardon… Je m'emporte et je t'oublie… Excuse-moi…*

*Tu m'oublies ! Si j'avais su, je ne serais pas venue avec toi !*

*Oui, mais que ferais-je sans ma conscience qui sait si bien me tempérer. Allez, pour me faire pardonner, je te laisse grimper sur mon dos.*

*Mouais… C'est bien parce que je t'aime bien que je fais ça.*

Eliott se baissa, la laissant s'installer sur ses épaules, elle passa ses pattes arrières autour du coup avant de déposer sa tête dans les cheveux légèrement bouclé de son Daemonien.

*Bien installée ? Allez, on y va*

Ils repartirent ainsi, la présence d'Astuti sur son dos le rendant un peu moins grognon. Après quelque minute de déambulation dans les couloirs, il arriva enfin devant la salle de classe.


-Bonjour. On m'a dit que vous aviez un problème avec un des ordinateurs. Je suis là pour voir ça.

-Ah, oui ! C'est celui-ci

C'était une des grandes classes de permanence de l'université. Les étudiants pouvaient s'y installer pour travailler, faire des recherches etc… Parfois, un professeur supervisait cela, parfois non. Cette fois-ci, il y en avait un.
Celui-ci l'emmena jusqu'au PC fautif. Astuti descendit sur le bureau pendant qu'Eliott s'affairait sur la tour.


-Tu peux m'dire si l'écran est bien allumé là ? Vérifie aussi les câbles.

-Je te rappelle qu'on est connecté, pas besoin de me dire ce que je dois faire.

-Hmpf, Ici y'a pas de soucis au niveau du cablâge, tout est bien branché. Le voyant de l'alim est au vert… Pourtant, ça ne veut pas démarrer.

-RAS de mon côté. Problème interne ?

-Je pense aussi.

Sous les yeux circonspects de l'assemblée, Eliott se releva et récupéra sa Daemone sur ses épaules. C'était comme ça qu'ils travaillaient sur le terrain, à deux. C'était pratique, plus rapide et vachement plus efficace. Deux cerveaux pour le prix d'un. Doucement, le Daemonien récupéra la tour.

-Va falloir que j'ouvre un peu la bête pour voir ce qu'il se passe à l'intérieur. Donc j'vais devoir l'amener à mon bureau.

-Ah mais… C'est que… On en a besoin aujourd'hui… Y'a pas assez d'ordinateur pour tout le monde sinon.

-D'accord. Pas de problème, je vous en apporterais un autre non utilisé. Le temps de poser celui-ci et de trouver son remplaçant !

Acquiesçant de la tête, le professeur les laissa partir. Portant un nouveau poids, le voyage de retour ce fit plus lentement. C'est très chiant de trimballer une tour à bras le corps dans les couloirs. Mais on se débrouillait. A force d'en transporter, on trouvait sa propre technique à soi. La sienne c'était de la prendre par en dessous et de la pencher légèrement histoire que tous tiennent sur ses bras. Bon le problème c'était d'ouvrir les portes. Il se retrouva devant le problème devant son bureau. Il avait bien pris la peine de le fermer à clé, pour éviter toute surprise. On n'est jamais trop prudent.
Il tâcha de poser ce qui l'encombrait pour sortir ses clefs. Malheureusement… Elle n'était pas là. Il ne se souvenait pas de les avoir posées quelque part de précis. Il tâta de nouveau ses poches. Non, elle n'était définitivement pas là.


-Astuti. Tu n'aurais pas mes clefs par hasard ?

-Je ne sais pas si tu l'as oublié mais je suis un raton laveur et je n'ai pas de poche pour ce genre de choses.

-Je demande… Dans le doute. Je ne les trouve pas.

-C'est malin ça !

C'est sûr qu'il se retrouvait un peu marron là. S'il ne les retrouvait pas rapidement… Ce serait une catastrophe monumentale ! Vite. Rebrousser chemin… Sauf qu'il ne pouvait pas laisser la tour là sans surveillance… Et que chercher un trousseau de clefs avec un ordinateur dans les bras… Ce n'était pas l'idéal. Aaaarg… Il allait devoir faire quelque chose pour résoudre ce problème sinon il se trouvait dans l'impasse.
Quand, tout à coup, sortant d'un couloir perpendiculaire au sien, une personne apparue et venait dans sa direction. Une aide, peut être salvatrice ? Quelqu'un qu'une puissance supérieure aurait envoyé pour l'aider. Il commença à prendre son courage à deux mains pour l'interpeller quand il remarqua la forme qui le suivait. Un… Tigre… Blanc… Autant vous dire que le courage d'Eliott retourna un peu se coucher à ce moment-là. Mais heureusement qu'il avait du bon sens. Cela devait être le Daemon de la damoiselle… Personne n'aurait un tigre blanc en animal de compagnie, non ?


-Excusez-moi ! Euh, Mademoiselle et monsieur ? Désolé de vous déranger… Alors voilà. J'ai perdu mes clefs et j'ai besoin d'accéder à mon bureau. Le problème c'est que j'ai cet ordinateur à transporter et je ne peux pas le laisser sans surveillance… Pouriez-vous m'aider ? Garder un œil sur l'engin… Le temps que je retrouve les clefs. S'il vous plait ?

Elle sembla hésiter. C'est sûr qu'avec une telle âme, peu de personne ne devait oser l'approcher naturellement. La daemonienne échangea un regard avec son tigre puis accepta avec un grand sourire. Eliott la remercia rapidement puis parti remonter le fils de ses pas le plus vite possible, souhaitant embêter la gentille personne le moins de temps possible. Par chance, il retrouva rapidement son bien. Il trainait dans le couloir où il avait laissé monter Astuti sur son dos. Le trousseau devait être tombé à ce moment-là. Ils n'avaient pas fait attention et elle avait pu accrocher les clefs. Enfin, plus de peur que de mal, personne ne les avait ramassées. Il revint au pas de course.

-Je les ai ! Merci beaucoup. Je suis vraiment, vraiment désolé. Que pourrais-je faire pour vous remercier ?

Il y réfléchit en ouvrant sa porte. Son bureau était un capharnaüm, il n'y a pas d'autre chose à dire. Des morceaux d'ordinateurs ici, des papiers là, des objets un peu partout, des stylos mâchonnés, des papiers de divers aliments… Bref, un véritable bazar. Il posa rapidement sa tour et remarqua l'heure. Bientôt la pause du midi.

-Oh je sais ! Peut-être pourrais-je vous offrir le repas de ce midi…

Il s'arrêta quelque seconde, considéra ce qu'il venait de dire, rougit et repris.

-Ou au moins le café ?

Sa Daemone sauta sur le sol entre lui et la personne.

-Ce qu'essaye de faire, maladroitement, très maladroitement, ce charmant garçon, c'est vous remercier pour l'aide et le temps que vous lui avez offert. Et ce qu'il a oublié de préciser, car ses manières doivent s'être enfuit par la fenêtre, c'est qu'il s'appelle Eliott Montoya et je suis Astuti. Heureuse de vous rencontrer !
  
MessageMar 20 Juin - 14:30
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Date d'inscription : 07/05/2017Nombre de messages : 70Nombre de RP : 10Âge réel : 26Copyright : Aki ♥Avatar daëmon :
Jean G. MontgomeryNothing will be the same...
L’art est avant tout un langage. Car un artiste ne fait pas d’oeuvres pour s’enrichir mais pour faire passer un message. Que ce dernier soit engagé, qu’il exprime une émotion, un manque, une envie, une expérience douloureuse ou non. Une peinture, une sculpture, un dessin, une photographie, une fresque sont autant de moyen de communication. Dans ce cours nous n’allons pas étudier la nature de ces messages - en dehors de quelques exceptions importantes - mais plutôt sous quel forme ils apparaissent. Nous étudierons les techniques utilisées, les couleurs, les styles et ce à travers différentes époques marquantes.

C’est ainsi que tous ses premiers cours commençaient. Ce n’en était pas un aujourd’hui. Jean, derrière son bureau, réécrivait son monologue pendant que ses élèves répondaient à une interrogation qui comptait pour la moitié de la note du semestre. Elle leur avait donné deux reproductions d’oeuvre qu’ils devaient commenter à l’écrit. C’était normalement une épreuve orale mais Jean pensait que c’était un bon entrainement. Alors l'amphithéâtre plongé dans le silence, Jean en profitait pour réécrire quelques passages de ses cours dont elle n’était pas encore tout à fait satisfaite. Elle aurait pu dessiner, mais elle savait qu’elle serait bien moins concentrée pour surveiller ses élèves. Cette promotion n’était pas particulièrement dissipée, mais on était jamais à l’abri des exceptions. Pendant ce temps, Oscar somnolait contre son pied ouvrant de temps à autre un oeil pour vérifier que personne ne trichait.

Quatre heures plus tard, elle pria ses élèves de remettre leurs copies en quittant la salle. Quand le dernier élève lui sourit et s’en alla, elle remit ses talons et s’étira longuement et bruyamment, imitée par le tigre qui avait réussi à ne pas ronfler. Ce dernier fut surpris par leurs ventres qui grondèrent en choeur. Elle passa une main sur la tête du daemon en souriant.

Allez, dit-elle en rangeant les copies dans sa sacoche. On a bien mérité notre pitance.

Oscar s’étira et suivit sa daemonienne sans se faire prier. Il était particulièrement silencieux pour le moment, mais l’Anglaise l’était tout autant. Quelques mètres plus loin, devant une autre salle, elle se fit surprendre par un homme accompagné d’un raton laveur. Elle pencha la tête sur le côté, signe qu’elle tentait de comprendre. Il ne fallut pas plus d’une fraction de seconde pour réaliser que l’animal n’était pas qu’un simple animal de compagnie. Rares étaient les personnes qui se promenaient avec un raton laveur sur l’épaule en pleine ville. Toutefois, ce qui l’interpella le plus fut le « mademoiselle et monsieur ».

*Ca fait bien longtemps qu’on ne m’avait pas appelé mademoiselle...*
*Et on ne m’avait jamais appelé monsieur...
*

La voix d’Oscar résonna dans l’esprit de la britannique si bien qu’il lui fallut plus de temps que prévu pour assimiler la demande de l’inconnu. Elle lança un regard à son daemon.

*Il n’a pas l’air d’un sociopathe. Accepte.*

Jean sourit à son daemon puis jeta un coup d’oeil audit engin avant d'acquiescer avec un grand sourire. Il n'attendit pas d'avantage et se rua dans le couloir, revenant certainement sur ses pas pour retrouver l'objet perdu. Elle attendit qu’il se soit éloigné pour se tourner vers Oscar, assis juste à côté d’elle.

On ne m’approche pas aussi facilement d’habitude…
Du moins pas depuis que j’ai l’apparence d’un tigre.

Ils souriaient tous les deux. Oscar était plutôt sociable malgré son apparence effrayante, mais il savait que Jean avait du mal à faire l’effort d'évoluer en groupe. Peut-être était-ce propre aux artistes ? Le refus d'être un mouton, de suivre les règles. Le tigre s’était donc habitué à vivre presque comme un marginal. Toutefois, il était plus que ravi qu’un autre être humain le considère entièrement et surtout, force sa daemonienne à interagir avec les autres.

Ils eurent à peine le temps de dire ouf que les deux êtres revinrent rapidement. L’homme avait retrouvé ses clés. Elle lui sourit et agita les mains devant elle quand il lui proposa de la remercier. L’homme ouvrit enfin sa porte et Jean ne manqua pas d’y jeter un petit coup d’oeil. Il y avait plein de cadavre d’ordinateurs qui ne demandaient qu’à reprendre vie.

Vous n’avez pas à me remercier, ce n’est rien. Il faut se rendre service entre collègues, ajouta-t-elle avec un clin d'oeil.

Oscar voyait qu’elle offrait son plus beau sourire et sentait que pour une fois, elle serait bien contente de ne pas manger toute seule ce midi. Comme lisant dans ses pensées, l'inconnu lui proposa d’offrir le repas de ce midi. Elle était prête à refuser.

*Nous savons tous les deux que tu aimerais bien, ne serait-ce que manger avec un autre être à deux pattes.*

Jean soupira. Oscar avait raison. Il avait toujours raison. Elle soupira de plus belle et le daemon de l’homme intervint. L’Anglaise regarda le petit être au sol et lui offrit un immense sourire. Finalement, socialiser n’était peut-être pas si mal, songea la trentenaire. Pourtant elle ne dit pas un mot et ce fut Oscar qui s’avança à son tour pour parler.

Vraisemblablement, nos daemoniens ne sont pas très doués pour les interactions avec autrui. Nous sommes enchantés de vous rencontrer également. Voici Jean Montgomery et je suis Oscar. Nous serions ravi de partager le repas avec vous, mais elle n’acceptera pas qu’il paie la totalité.

Jean passa la main sur la tête d’Oscar avant de la tendre en direction d’Eliott.

Enchantée Eliott. Et je suis contente de voir qu’il n’y a pas que mon âme qui agisse ainsi.

Elle sourit largement et fit un pas de côté, Oscar se levant à sa suite.

Allons partager ce repas alors.

Elle sourit toujours. Ils prirent tous la direction de la cafétéria. Le silence n’eut pas vraiment le temps de s’installer.

*Je t’ai connu plus bavarde que ça…*

La daemonienne émit un grondement sourd.

Je… Je suppose que vous êtes le technicien informatique.
Ca commence pas si mal, murmura Oscar à Astuti.

Jean lui lança un regard noir avant de se taire. C’était peut-être mieux ainsi jusqu’à ce qu’ils arrivent à la cafèt'. Il était passé midi et l’endroit était bondé. La professeure n'était pas particulièrement agoraphobe, mais elle n'appréciait pas spécialement se retrouver au milieu de la foule. C'était le mal de ce siècle. Dans de telles situations, Oscar la suivait de très près. Ils avaient besoin l'un de l'autre pour se rassurer.

Elle prit un plateau et commença dans l'ordre. Elle prit une entrée à base de terrine de poisson. Deux steaks de boeuf bien saignants dont un qu'Oscar veillait du coin de l'oeil. La viande était accompagnée de petites pommes de terre sautées et d'haricots verts. Elle n'oublia pas de prendre deux pommes. Le tigre aimait certainement plus les fruits que sa daemonienne. Elle régla son plateau et laissa Eliott réglait son café, comme il le lui avait proposé un peu plus tôt. Elle attendit qu'il soit prêt et cherchèrent une table.

Sur ta droite.

Ce fut à son tour de suivre son daemon qui ouvrait le passage. Les personnes qu'il trouvait sur sa route ne faisaient autrement que de s'écarter. C'était ainsi avec Oscar. Il faisait si peur que l'on ne savait pas s'il finirait par attaquer sur un coup de tête. En réalité pourtant, Oscar était bien plus sympathique que sa daemonienne. C'était une énorme boule de poil d'un calme olympien.

Ils s'assirent et Eliott et Astuti prirent place face à eux. Jean avait poussé la chaise pour laisser l'animal imposant garder un oeil sur tout ce petit monde.

Merci pour le café et... Bon appétit, dit-elle en français avec un fort accent britannique.
Vraiment pas douée...

Jean serra les mâchoires et donna le steak bien saignant à l'animal. Il mourrait de faim et surtout, il devait se taire. Elle n'avait pas besoin que son âme lui rappelle sans cesse à quel point elle n'était pas à l'aise avec le reste du monde.
  
MessageMer 21 Juin - 19:47
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Date d'inscription : 09/06/2017Nombre de messages : 20Nombre de RP : 4Âge réel : 25Copyright : Aki & Tata OursAvatar daëmon : Raton Laveur
Eliott M. MontoyaSoy el héroe Merkeley merece,
    pero no el que necesita.
Un moment, dans notre vie, nous avons tous connue ce moment de gêne. Ce moment où vous essayez de parler à quelqu'un mais c'est une autre personne qui explique votre pensée. Et bien on peut dire que c'était ce qu'Eliott vivait en cet instant. Sa daemone n'avait pas hésité avant de sauter et de continuer la discussion. Les joues un peu rouge il regarda les deux âmes discuter entre elle. Il sera volontiers la main qu'on lui tendit.

-De même, Jean. Je commence à me dire qu'au bout d'un moment, avoir un Daemon ce n'est plus avoir un véritable jumeau, mais plutôt comme une seconde mère qui n'arrête pas de vous épier.

-Non mais oh ! Tu vas voir ce qu'elle va te faire, ta seconde mère !

Il sourit en retour à Jean.

-Volontiers. Je me demande ce qu'il y a au menu !

Ils se mirent donc en marche. Bon, maintenant, il fallait se mettre à discuter, histoire d'éviter qu'un silence gênant ne s'installe. Le problème, c'est qu'Eliott n'était pas doué dans ce domaine. Demandé lui plutôt de faire parler un ordinateur. Pas de soucis dans ce cas-là ! Les codes divers et variés, ça le connaissait ! Mais une vraie discussion avec des gens… C'était une autre paire de manche.
Heureusement, Jean commença, évitant au daemonien de le faire. Elle posa une question, suivit par un murmure dans leurs dos.


-Oui… En effet… Et euhm… Vous êtes profs ici ?

-Cela aurait pu être pire en effet, répondit Astuti.

Eliott grogna mentalement contre sa ratonne. Le silence repris sa place entre les deux personnes. Bientôt ils arrivèrent à la cafétéria, bondée, normal pour l'heure qu'il était. La foule, il n'avait jamais eue de problème avec, se fondre dans le décor, c'était une de ses spécialités. Cela pouvait engendrer des petits problèmes comme se faire bousculer parce qu'on ne l'avait pas remarqué. Mais on s'y faisait à force, d'être invisible.
A la suite de Jean, le daemonien se servit. D'abord, plateau, couverts, deux pains et deux verres. La suite du menu fut deux plats de carottes râpées, Astuti adorait ça, du poisson pané avec des haricots beurres. Le dessert, tarte à l'abricot pour lui, salade de fruit pour la daemone. Et finalement, deux cafés, comme promis.
Le self, c'était tellement typiquement étudiant… Cela lui rappelait les bons moments où il l'était. Il y avait toujours ce mystère autour de la cafétéria des profs. Comme quoi il mangeait mieux que les élèves et tout. Et lorsque vous arrivez de l'autre côté… Et ben c'était la même nourriture, pas géniale, qui vous était servie. La seule différence, c'est que vous, vous avez le droit de prendre un peu d'alcool, vin ou bière, selon votre goût.
Mais dans un tel endroit, ce qui a toujours été le plus dur, c'était de trouver la bonne place. Celle où il n'y a pas trop de monde, histoire de ne pas déranger et de ne pas avoir à entendre les conversations un peu trop fortes des voisins de table. Vraisemblablement, Oscar avait trouvé où s'installer dans cette marée noire de monde.
Tranquillement ils s'assirent. Eliott servit les verres d'eau, tendit les plats à Astuti, le café à Jean et le repas pouvait commencer.


-C'est un plaisir de remercier une aide précieuse ! Buen provecho, répondit-il dans sa langue natale.

Il entama son entrée. Pendant ce temps sa ratonne commença son petit rituel du repas. Elle commença à tremper ses carottes dans son verre d'eau avant de les manger. Voyant que le silence allait s'installer de nouveau, cette fois-ci Eliott pris les devants. Commençons petit. Un fait qu'il connaissait bien.


-C'est un petit truc qu'Astuti a gardé de sa forme animal. Saviez-vous qu'en France, on les appelle "Ratons laveurs" pour l'habitude qu'ils ont de passer leurs aliments dans l'eau avant de les manger.

-Ne me compare pas avec eux… C'est juste que je trouve que ça donne meilleurs goûts à certains éléments de mon repas. Je suis certain qu'eux ne font pas la différence et se contente de tout tremper comme des sauvages.

Eliott caressa la petite tête de sa daemone.

-Mais oui, tu n'es pas comme eux. T'es unique.

Il se tourna vers Jean et Oscar.


-Je me suis toujours demandé si c'était le cas pour tous les daemons. Est-ce que vous gardez tous un petit quelque chose de l'animal dont vous avez la forme ?
  
MessageMer 21 Juin - 22:59
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Date d'inscription : 07/05/2017Nombre de messages : 70Nombre de RP : 10Âge réel : 26Copyright : Aki ♥Avatar daëmon :
Jean G. MontgomeryNothing will be the same...
Jean s’amusa de la relation des deux êtres. Elle avait un peu l’impression de se voir avec son propre daemon et ne put qu’approuver la réflexion d’Eliott. Elle aussi avait l’impression d’avoir un second père parfois. Tout le temps même. D’ailleurs, Oscar ronflait aussi fort que son père.

*A peine…*

Eliott avait confirmé qu’il faisait partie du service technique de l’université. Le deviner n’était pas ce qu’il y avait de plus compliqué. Même pour une trentenaire qui avait un peu la tête en l’air par moment.

*C’est pour ça que je suis là, pour que tu défendes de ton nuage quand il le faut.*
Oui, je suis professeure en Histoire de l’Art, répondit-elle en souriant à la remarque que son daemon avait fait en aparté.

Le reste du trajet ce fit dans le silence jusqu’à ce qu’ils trouvent une table et s’y installe. La britannique remercia le technicien pour le café qu’il lui offrait comme convenu et ne se défaisait pas d’un sourire amical. Elle n’était peut-être pas la plus sociable par moment, mais elle n’en était pas une sauvage pour autant. Le plus difficile était qu’elle accepte de se faire aborder. Mais une fois que c’était fait, elle était des plus sympathiques. Du moins si elle le voulait bien.

Elle avait souhaité un bon appétit en français. C’était si apprécié par les américains qu’elle s’amusait toujours de reprendre cette expression étrangère. Elle fut toutefois surprise d’entendre la réponse en espagnol. Elle aurait pu s'en douter. Eliott Montoya. Elle ne parlait pas beaucoup cette langue, mais elle avait passé quelques semaines en Espagne. Ses prunelles claires se mirent à briller, trahissant la légère joie que ça lui procurait. Ca lui rappelait de bons souvenirs. Des images du Musée Reina Sofia et de son merveilleux Guernica de Picasso. Le tableau lui avait fait une si forte impression qu'elle en avait encore des frissons. Son daemon ne put s’empêcher d’abandonner son repas et regarda la jeune femme.

*C'est vrai qu'il était impressionnant mais ce n'est pas une raison pour t’emballer pour si peu.*
Vous êtes espagnol ? demanda-t-elle en passant totalement outre la remarque de sa conscience d’humeur taquine.

Puis imitant ses vis-à-vis, elle commença à manger. Elle attaquait par la terrine de poisson pendant qu’Oscar s’était allongé pour d’avantage profiter de sa viande. Il avait déjà du sang plein les pattes et le museau. Jean souriait. Ca l’amusait toujours de le voir se mettre dans de pareils états. Ca le rendait encore plus effrayant alors que c’était véritablement une boule d’amour. Mais elle se détourna de son daemon pour observer celle de son collègue. La ratonne trempait ses aliments dans un verre d’eau avant de les avaler. Intriguée par cette drôle de routine, l’anglaise fut réellement surprise lorsqu’Eliott prit la parole. Elle secoua doucement la tête, laissant cette nouvelle information lui parvenir totalement. Elle sourit d’avantage.

Je l’ignorais…, répondit-elle avant de se tourner vers Astuti, Oh oui tu es unique, rajouta-t-elle accompagné d’un clin d’oeil complice à la daemonne.

*Tu es vraiment obligée de draguer tout le monde comme ça?*
Hey ! cria-t-elle soudainement avant de se rendre compte qu’elle l’avait dit à haute voix. Désolée, rougit-elle avant de prendre une bouchée de sa terrine pour dissimuler sa gêne. Oscar aussi agit comme une seconde mère quand il s'y met.

Dans leur couple, Jean était normalement la plus taquine des deux. Elle ne pouvait s’empêcher de tenter de faire sortir Oscar de ses gongs, bien qu’elle échouait toujours. Alors forcément, de temps en temps, pour se venger, le daemon tentait de lui rendre la pareille. A l’inverse de lui, la trentenaire partait au quart de tour, comme maintenant. Elle décida de revenir à la conversation initiale. Les deux s’observèrent un instant comme pour se mettre d’accord sur une réponse.

]Non.
Oui, répondirent-ils à l'unisson.

Ils se regardèrent de nouveau. Oscar soupira et sembla presque rouler des yeux alors que sa daemonienne pouffait doucement.

Plusieurs choses même, commença le félin en intimant à Jean, d’un simple regard, de le laisser parler. Je suis plutôt viande saignante. Les bains ne me font pas peur mais contrairement à l’animal, je ne suis pas des plus sportifs.
A mon plus grand désarroi, s’amusa sa daemonienne.

Elle termina sa terrine sous le regard blasé d’Oscar. Ce dernier avait tellement l’habitude de l’attitude de Jean qu’il ne réagissait plus à ses piques maintenant. Il préférait la laisser faire. Il savait parfaitement, de toutes façons, que quoi qu’il dise ou fasse, elle n’en ferait qu’à sa tête. Il plongea de nouveau son museau rougi par le sang dans la viande qu’il savourait. A son tour, la trentenaire attaqua la sienne, avec plus de retenue que lui. Mais avant que le silence ne s’installe de nouveau entre eux, Jean continua la conversation entre deux coups de fourchette.

Pardonnez ma curiosité mais quel est votre don ? murmura-t-elle de but en blanc.

Elle savait que beaucoup d’humains ignoraient encore qu’en plus d’avoir une âme visible et palpable, les daemoniens avaient chacun un don qui leur était propre. Un don qui les rendait d’autant plus des êtres singuliers. Jean avait la chance d’avoir un don qui servait sa passion mais elle se demandait s’il en était de même pour tous les autres. Elle sentait que même Oscar - qui avait terminé sa viande - attendait la réponse avec impatience. Car tous deux s’étaient toujours dit que s’il était devenu un tigre, c’était forcément pour servir le don de Jean. Il serait devenu un perroquet avec pleins de couleur, il n’y aurait eu aucune logique pour eux. Mais non, il était devenu un tigre blanc. Sa robe était blanche comme la neige et ses rayures noires comme du charbon. Il était un contraste parfait. Normalement les vrais tigres blanc avaient d’avantage des rayures marrons foncés, pas aussi noires. Grâce à cette apparence, il était devenu le modèle préféré de sa daemonienne. Et il adorait poser pour elle.
  
MessageMer 5 Juil - 2:12
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Eliott M. MontoyaSoy el héroe Merkeley merece,
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Bavarder, de tout et de rien. Voilà bien longtemps qu'ils en avaient eu l'occasion. Depuis l'arrivée à Merkeley, les deux étaient souvent focalisés sur leur travail et rien d'autre. Ils ne prenaient jamais le temps de lever leurs yeux et de voir qu'il y a plein de gens dans l'université. Pas que des étudiants et des professeurs un peu emmerdant, mais des gens divers et variés avec chacun leur talent et leur sujet favoris. C'était compliqué de sortir leur nez des ordinateurs. Les écrans avaient parfois cet effet hypnotique. Alors, forcément, une conversation tranquille, autour d'un repas, cela coupait dans leurs habitudes.
Eliott sourit quand on lui demanda ses origines. C'était rare qu'on lui demande s'il était espagnol. Normalement, les personnes pensaient au Mexique. Un pays plus proche, donc on y pense souvent plus facilement.


-Nous ne sommes pas d'aussi loin. Non, on est mexicain.

Son regard se perdit un instant, à chaque fois qu'il pensait à son pays, des souvenirs remontaient et ils n'étaient pas toujours agréables. Le repas continua, la discussion aussi.

*Je l'aime bien*

*Parce qu'elle te trouve unique ? Il faudra me faire une liste des gens que tu n'aimes pas*

*Nan, mais ce n'est pas pareil !*

Eliott sourit lorsqu'ils répondirent différemment à sa question. Donc plutôt viande saignante, presque normal pour un tigre civilisé. Tant qu'il ne cherchait pas à trouver sa nourriture sur des os qui appartenaient à un vivant, ça allait à l'informaticien. Il nota cependant l'info. Au cas où il se retrouvait à faire la cuisine un jour pour les deux.
La question que lui posa Jean le crispa un peu. Les rares moments où ils avaient dû parler de son don n'était pas de bon souvenir. Tous ces recensements qui avaient été si souvent utilisés à mauvais escient. Il resta stoïque un petit moment, tenant ses couverts à s'en faire blanchir les phalanges. Il inspira, se détendit un peu et sourit.


-Pardon, j'ai… perdu l'habitude d'en parler… Mais, nous sommes entre gens de bonne compagnie n'est-ce pas ?

Il gratta doucement la tête d'Astuti qui acquiesça en hochant la tête.

-Il faudrait plutôt parler de notre don. C'est quelque chose que l'on partage ensemble. Nous pouvons fusionner en une autre personne. Physiquement, cela se rapproche d'un homme-bête. Mentalement, c'est le mélange parfait de nos deux esprits.

-Oui, mais ce n'est pas nous deux par contre. C'est vraiment une personnalité complétement différente qui s'apparenterait à la fusion entre nos deux mentalités. Voilà… Vous comprenez ?

-C'est un peu compliqué dit comme ça, mais en y réfléchissant, cela devient beaucoup plus clair.

Eliott soupira un peu. Son pouvoir semblait une évidence pour lui, il était toujours compliqué de trouver les mots pour le décrire.

-Et vous, quel est-il ?

Astuti et lui écoutèrent la réponse attentivement. Il était toujours intéressant d'en apprendre plus sur un daemonien et son daemon. Le don reçu participait à forger la personnalité de la personne et forcément, apprendre le pouvoir et ses effets permettaient parfois de mieux appréhender la personne.
La discussion continua, parlant d'un peu de tout, de boulot, d'art, de comics et de bien d'autres sujets. Le repas allait vers la fin et arrivait enfin l'heure des cafés. Tout naturellement, Eliott attrapa sa petite tasse à pleine main. Le problème, c'est qu'il était encore chaud. Surprit par la température de la céramique, sa main eut le réflexe logique de lâcher l'objet bouillant. Malheureusement, la trajectoire fut difficile à contrôler. Et ainsi dans un mouvement plus qu'étrange la tasse voleta sur le plateau d'en face, déversant une partie de son contenu sur la table, le reste sur Jean. Il y eut quelques secondes de flottement avant qu'il ne se rendit compte de ce qui se passait.


-Je… Désolé ! Je n'ai pas fait attention… C'était chaud et… Tenez ! Des serviettes… Pour vous éponger…

-Et ben, j'avais oublié que tu étais aussi maladroit dans tes gestes qu'avec ta parole.

Elle émit un petit son semblable à un rire.

-Tu pourrais nous aider plutôt que te moquer !

Il avait répondu un peu sèchement, trop occuper à essayer de réparer sa bêtise.
  
MessageSam 19 Aoû - 18:10
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Date d'inscription : 07/05/2017Nombre de messages : 70Nombre de RP : 10Âge réel : 26Copyright : Aki ♥Avatar daëmon :
Jean G. MontgomeryNothing will be the same...
Jean se sentit quelque peu idiote en pensant que son collègue était espagnol. L’habitude de la vie en Europe. L’on se contentait de ce qu’il y avait autour. C’était un peu le propre de la race humaine. On se contentait de son petit nombril sans s’inquiéter du malheur des autres. La britannique ne pensait pas être ainsi pourtant. Du coin de l’oeil, elle vit Oscar secouait la tête aux réflexions qu’elle se faisait. Elle soupira avant de répondre à son interlocuteur.

Pardonnez l’amalgame, étant européenne, j’oublie qu’il y a d’autres hispanophones dans le coin.

Elle lui fit un sourire gênée avant de continuer à manger. Le tigre blanc demeurait, assis, sans broncher. Il regardait parfois autour de lui, s’assurant que rien n’y personne ne menaçait sa daemonienne. Quand elle le voyait faire, elle déposait ses couverts et lui caressait tendrement la tête. Alors il fermait un court instant les yeux, profitant de ce geste de douceur et de calme. Signe de l’affection profonde qu’il y avait entre les deux êtres.

Les deux daemoniens faisaient connaissance en partageant le repas. C’était assez inédit pour Jean. Elle était plutôt une solitaire. Non pas qu’elle n’aimait pas la présence des autres. C’était simplement qu’elle se sentait plus à l’aise face à elle-même en compagnie du tigre. De plus, ils avaient pris l’habitude d’être en tête à tête. La majorité des personnes qu’ils rencontraient, craignaient les réactions de l’animal. Ils ne voyaient que le grand prédateur. Ils ne le voyaient pas tel que l’anglaise le connaissait. Ce n’était qu’une énorme boule de poil affectueuse et protectrice.

*Tant qu’on ne t’approche pas de trop près.*

La main s’attarda sur la tête velue. Il ancra ses grands yeux azurés dans ceux de l’humaine. Ainsi, c’était comme s’ils étaient seuls sur Terre. Mais la voix du mexicain la rappela à l’ordre.

*Ce serait mieux que j’écoute ce qu’il me dit…*
*Surtout que c’est toi qui lui a posé la question.*

Il sembla se crisper à la question qu’elle venait de poser. Elle se doutait que ce n’était pas simple d’en parler. Toutefois, elle était convaincue qu’il était plus aisé d’en parler avec une personne qui savait ce que c’était.

C’est nous qui nous excusons, elle manque de tact parfois.

Elle tira la langue à son daemon, mais il avait raison. Comme toujours.

Oui nous le sommes, du moins je l’espère, répondit-elle de son sourire le plus charmant et charmeur.

Elle écouta la réponse avec grande attention. Il était qu’ils n’avaient pas côtoyé beaucoup de daemons et daemoniens au cours de leur voyage. C’était l’une des choses qu’elle regrettait le plus d’ailleurs. Mais lorsque l’on était poursuivi par une majorité apeurée et irraisonnée, on se contentait de les éviter soigneusement et de ne pas se mêler à la foule. La britannique était fascinée. Son daemon tout autant. Aucun des deux ne pipaient mot, trop occupés à assimiler les mots et surtout à comprendre ce don particulier.

Fascinant…
Fascinant, prononcèrent-ils d’une seule voix, ne trouvant rien de plus constructif à dire.

Elle ne le dit pas à haute voix, mais la professeure aimerait pouvoir rencontrer cette troisième personnalité. Il était clair que c’était trop demandé à quelqu’un qu’elle venait à peine de rencontrer. Mais peut-être qu’ils finiraient par se côtoyer d’avantage et elle ne louperait pas l’occasion d’en apprendre d’avantage. Et surtout, de le voir de ses propres yeux.

*Pour une fois, je te suis.*

Sans aucune surprise, la question lui fut retournée. Oscar détourna le regard, montrant à sa façon que le don ne le touchait pas. Au début, elle était étonnée que ça ne l’affecte pas plus que cela. Elle aurait pensé qu’il aurait lui aussi aimé joué avec les ombres et les lumières. Mais pas le moins du monde. Il était finalement plus effrayé qu’autre chose lorsque le don de Jean se manifestait de façon incontrôlé.

Contrairement à vous, le mien n’a d’incidence que sur moi. Il est aussi beaucoup plus simple à décrire. Enfin, je crois.
Pas tant que ça, j’ai encore moi-même du mal à tout saisir.
J’ai la faculté de jouer avec les ombres et la lumière. Pour vous faire un résumé, je peux déplacer une ombre sur un mur ou augmenter ou diminuer l’intensité lumineuse d’une lumière artificielle.
C’est beaucoup plus clair quand on la voit faire.
Certes. Mais je ne vais pas faire une démonstration maintenant.

Il secoua la tête. Ce n’était pas ce qu’il lui demandait. Ca, elle pouvait l’entendre sans qu’il n’ait à le prononcer. Puis la conversation continua bon train, discutant de tout et de rien, faisant connaissance via de banales civilités.

*Il parait que c’est comme ça lorsqu’on est un adulte.*

Un grondement sourd résonna dans la poitrine de la demoiselle. Oscar ne le releva pas. Il avait pris de ses réactions. Et encore, elle se contrôlait car ils étaient en public. Il était alors l’heure de passer au café gracieusement offert par le daemonien. Elle s’apprêta à saisir sa propre tasse, imitant son vis-à-vis mais n’eut pas le temps. Certainement pris de court pas la chaleur qui se dégageait encore de la boisson, il fit la chose la plus logique à faire. Il lâcha la tasse. Le liquide noir se répandit sur son plateau puis sur ses vêtements. Elle eut à peine le temps de reculer sa chaise pour limiter les dégâts. De longues secondes défilèrent avec qu’Eliott ne s’excuse. En face de lui, Jean se mit à pouffer légèrement.

Non mais c’est pas grave, ne vous en faites pas.

Oscar s’était lui aussi décalé pour éviter d’être aspergé. Sans le regarder, elle le voyait froncer les sourcils. Le liquide était chaud sur les cuisses de sa daemonienne et ça, il pouvait le sentir.

Mais ça va, je ne me suis pas brûlée, ne t’en fais pas, le rassura-t-elle.

Elle attrapa les serviettes que l’homme agitait devant elle. Elle s’épongea du mieux qu’elle put mais les taches ne partiront pas facilement. Elle s’en fichait pas mal. Son côté artiste avait du bon pour ça. Les vêtements n’étaient pas ce qu’il y avait de plus important dans sa vie. Elle se félicita tout de même de ne s’être pas vêtue de blanc aujourd’hui.

Eliott s’agitait devant elle, soucieux de vouloir réparer le mal qu’il avait fait. Jean rendue nerveuse pas tant de mouvement juste devant ses yeux attrapa l’homme par les poignets et le força à la regarder droit dans les yeux.

Hey…. Calmez-vous, ce n’est pas grave… Vraiment.

Sa voix était douce, apaisante. Elle se voulait rassurante. Elle voulait qu’il respire un grand coup et qu’il se rasseye avant de commettre un nouvel impair. Un sourire tendre était accroché sur ses lèvres et elle lâcha enfin lentement ses mains. Ces dernières suspendues dans les airs devant elle, elle attendait qu’il soit assis pour les poser.

Je ne suis pas en sucre vous savez. Ce n’est pas un peu de café qui va me faire disparaitre, rigola-t-elle.

Même Oscar pouffa à ses paroles. Il était revenu s’asseoir à ses côtés, frottant sa tête contre la cuisse de la trentenaire. Elle termina de s’essuyer et ramassa la tasse de son collègue. Il restait à peine un fond de café dedans. Elle décida alors de verser la moitié de sa boisson dans la tasse vide. Elle la lui tendit avec un large sourire et un clin d’oeil en prime.

Vous l’avez bien mérité.
*Je ne te savais pas si généreuse.*

Comme à son habitude, elle fit comme si elle n’avait rien entendu. Le tigre roula des yeux et finit pas s’étirer de tout son long, manquant de fouetter le voisin de table avec sa queue. C’était passé à quelques centimètres. Des deux, il était de loin le plus maladroit. Pour sa défense, il était handicapé par sa taille et son poids. Passer inaperçu avec un tel physique était loin d’être évident.
  
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