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We watched the castle on the hill.

 
  
MessageMer 2 Aoû - 10:39
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Date d'inscription : 01/10/2016Nombre de messages : 262Nombre de RP : 45Âge réel : 23Copyright : Rafi & Aki ♥Avatar daëmon :
Ana E. SantiagoEstoy en llamas
Sur le pavé sombre de la rue, un bruit sourd résonne. Bottines contre la pierre, la silhouette avance, pressée. Son coeur battant le rythme de sa marche, affolé par les minutes s'égrenant si vite. En retard. Elle court presque, passe devant les fenêtres des salons allumés dans la nuit. La soirée débute seulement, la femme commence sa nuit de travail.
Et elle marche, vite, à travers les rues de la ville. Croit percevoir des cris de dispute, sent l'odeur des braises refroidies d'un barbecue, croise le regard de ce dinosaure d'un dessin animé pour enfants, sur une télévision d'un grand salon, observe la silhouette d'un chat de gouttière filer d'un bout à l'autre de la rue.
Lorsqu'enfin elle arrive en ville, la vie reprend son cours. Des silhouettes arpentent les rues, les bars résonnent des conversations sourdes, les restaurants affichent complet. La ville clame la vie, haut et fort. Et la femme l'ignore. Pensées accaparées par son retard.

Alors, elle se met à courir, un peu. Le temps file entre leurs doigts. Il leur avait suffi d'oublier de regarder la grande horloge, plongés dans leur conversation transportante. Une discussion qui, quelques années plus tôt, aurait mis les nerfs de la mexicaine à vif.
L'avenir. Le destin qu'une ville utopique pouvait leur offrir. Mais pas seulement à eux, à tous. Cette opportunité de ramener la paix à sa famille, ce jour béni où elle lancera ce coup de fil. Son frère décrochera peut-être, ou l'une de ses soeurs. Par chance, elle aura sa grand-mère au téléphone. Et ce bonheur de pouvoir hurler au monde qu'elle sauvera de nouveau. Cette fois-ci pour toujours, sa famille. Tous ensemble. Ici, ils vivront. Et fuiront la folie mexicaine. Se cacher, une préoccupation du passé. C'est si différent... De pouvoir se montrer. Marcher dans la rue, tête haute, à découvert. Son daëmon perché sur son épaule sans pour autant effrayer l'humain étroit d'esprit. Pourtant, Tehwa se cache toujours. Un vieux réflexe plus que de nécessité. Mais ils le savent, Merkeley est la solution. Elle l'a toujours été.

Aujourd'hui plus que jamais, ils en sont certains. Et Ana travaille plus dur encore, beaucoup. Quitte à en faire trop. Elle ne dépense rien, jamais, économise la grande majorité de ses salaires. Et s'essouffle à travailler. Le phalanger l'aide, du mieux qu'il peut, mais de sa petite taille ne peut grand chose pour sa jumelle. Il fait de son mieux. Ce soir, il a emporté un livre de botanique, il le lira à voix haute pendant qu'Ana fera le ménage dans le bâtiment dont elle doit s'occuper ce soir-là. Lire des livres pour sa daëmonienne leur fait gagner du temps et des connaissances.
Ana rêve d'un jour pouvoir ouvrir sa propre herboristerie. Pour cela, il lui faut être incollable. Tout connaître, tout savoir. Et lire, des livres ou articles, regarder des conférences sur internet, et tout autre, n'est que le minimum pour parvenir à ses fins.

Le bâtiment s'élève devant eux, haut, imposant. La mexicaine pousse un soupire, entre par la porte d'entrée toujours ouverte, salue d'un geste de la main et d'un sourire le gardien de nuit avant d'entreprendre de rejoindre le local à balais. Il l'a déjà aperçue, à plusieurs reprises, n'a donc plus besoin de lui demander son passe.

*Je sens que la soirée va être longue, Tehwa.*

Son jumeau ricane sur son épaule, bouge son museau activement.

*C'est toi qui a voulu faire le bâtiment seule, pour obtenir plus sur ton salaire pour un tel travail... Tu aurais pu avoir de l'aide, si tu l'avais voulu.*

Le daëmon marque un point qui fait grogner Ana presque immédiatement. Elle a insisté pour s'en occuper seule en échange de quoi, elle aurait un supplément sur son salaire. Sans même hésiter, son patron a donné son accord, ajoutant une close au contrat oral. Si le travail n'est pas terminé et correctement effectué, elle n'obtiendra rien du tout.

*Et cette idée d'accepter un tel contrat...*

*Ecoute, il faut que l'on obtienne l'argent nécessaire le plus vite possible. Je fais comme je peux... Alors on va faire en sorte que ce soit parfait.*

La mexicaine soupire en ouvrant la porte du placard, empoigne le chariot de ménage pour le tirer hors de son hangar de fortune.

*Je le sais bien, Ana. Je sais...*

La discussion se termine là. Le phalanger sait qu'il ne sert à rien de continuer cette conversation, ils la reprendront un jour ou l'autre. Et très vite, car il ne supporte pas de la voir se fatiguer autant. Pour une bonne cause, bien sûr, mais sa santé est importante. Elle l'a oublié une fois... Il n'a pas su le lui rappeler... Il ne fera pas deux fois la même erreur.

- * - * - * -

D'un geste du revers de sa main, la mexicaine essuie son front humide. Deux heures qu'elle se tue à faire briller le moindre recoin du bâtiment. Deux heures et un mal de dos malveillant la menaçant dangereusement. Plus qu'un étage et tout sera terminé. Elle empoigne le seau, les balais, l’ascenseur s'ouvre. Les jumeaux entrent, la femme appuie sur le bouton de l'étage en question. Petite sonnerie, les portes se referment. Pour se rouvrir quelques secondes plus tard. La daëmonienne emporte ses outils hors de la cage d'ascenseur, les pose contre un mur. Se tourne vers les bureaux.

Là, une silhouette avachie sur son bureau. Ana soupire, s'avance vers la silhouette, jette un oeil à sa montre. Il est tard, presque vingt-deux heures trente. Tehwa, sur son épaule, ne bouge pas. Il commence même à piquer du nez. Alors que la mexicaine s'avance, son coeur commence à battre la chamade... Qu'est-ce que cette sensation ? Cette étrange impression ?
Ana ralentit son pas, laisse son oeil détailler le dos de l'homme face à elle, endormi. Ses sourcils se froncent, qu'un seul pas la sépare de lui. Elle n'a qu'à tendre son bras pour l'atteindre, ne le fait pas. Un sentiment étrange réveil son instinct. Comme si son esprit se souvenait soudainement de quelque chose... Ces cheveux, cette silhouette...
Et elle rit doucement.

- Paranoica... No es nada.

La femme s'avance sûrement, fait le tour du bureau et se plante devant lui. Visage entre ses bras, elle ne peut l'apercevoir. Et elle sourit, se demandant s'il est réellement nécessaire de réveiller l'homme, si paisible dans son sommeil.
Le dormeur laisse échapper un petit ronflement, bouge. Sa tête se dégage de l'emprise de ses bras, se tourne. Face à elle.
Le coeur d'Ana explose. En mille morceaux. D'un bond, elle recule, renverse une poubelle. Sa main se rattrape à un bureau, les papiers déposés soigneusement dessus glissent sous ses doigts, tombent à terre. Son autre main se relève, recouvre ses lèvres, prévenant le moindre cri de surprise.
Et elle le sent, ce coeur paniqué, désireux de sortir de sa poitrine pour fuir. Son corps tremble frénétiquement, ses yeux sortent presque de leur orbite. Elle les sent, ces larmes, monter. Incapables de couler le long de ses joues, simplement prêtes à envahir son visage.

Sur son épaule, Tehwa relève le nez vers sa jumelle, inquiet. Prononce quelques mots dans leur esprit, la mexicaine incapable de les comprendre. Son oeil seul préoccupé par cette vision... Est-ce une vision, d'ailleurs ? Ou est-il réellement là, devant elle ? Vivant ?
Ana inspire, expire. Calme son coeur, éloigne la crise comme elle peut.
Elle finit par prononcer un unique nom d'un murmure saccadé.

- Rafi....
  
MessageJeu 3 Aoû - 17:53
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Rafael GarcíasNothing will be the same...
Ana E. Santiago & Rafael Garcías ▬ Delilah & Tehwa
We watched the castle on the hill
Un tapotement et un paragraphe disparu de l'écran. Volatilisé dans un éclair de radicalité décrété par le créateur de ces mots sans saveur.

▬ " Pensaba que estaba claro. " En plein grignotage de son gâteau dûment obtenu Delilah ne s'empêcha guère de distiller son avis à haute voix. Installée sur le bureau elle ne pouvait qu'observer ce que son daemonien écrivait dans le silence qui se posait peu à peu sur les bureaux. La créature n'obtenue aucune réponse mais n'en attendait guère plus, assise près de son assiette, elle continua d'observer Rafael batailler avec ses idées tout en nettoyant les dernières miettes de chocolat qui traînaient. Ce travail exécuté à la perfection, la coati observa l'autre part qui attendait l'attention du journaliste avec patience. Il aurait été si simple d'en chaparder un bout, ce n'était pas son propriétaire qui s'en plaindrait mais ce dernier avait plus besoin de nourrir son estomac que Delilah dont le ventre se satisfaisait pleinement de ne plus être en manque. La créature conclut cette réflexion en poussant la part vers le bras de Rafael qui jeta brièvement un coup d’œil vers l'assiette avant de s'en retourner à son écran.

Le silence l'avait emporté, son dernier collègue disparu, il avait résisté plusieurs heures avant de s'écrouler sur son bureau, assommé par cette fatigue qu'il traînait en permanence dans son sillage. Habitué à ces nuits peu orthodoxes, Delilah c'était cherché un coin plus confortable que le bureau où Rafael s'était endormi et avait finalement opté par le fauteuil du bureau voisin qu'elle avait fait rouler auprès de son collègue. Roulée en boule sur l'assise, elle ne tarda pas à sombrer à son tour.

Cette forêt qu'il avait quittée était toujours là, à peupler ses inconsciences lorsque la fatigue triomphait. Dans ses rêves il était bien loin de la progression aisée, ses pieds s'emmêlaient, trébuchaient, les branches et les feuillages le ralentissaient et dans l'obscurité les visages se dessinaient toujours aussi douloureusement. Les fantômes demeuraient vivaces, écho de souvenirs qu'il essayait parfois d'enfouir pour gagner un brin de tranquilité mais sans grand succès. Empêtré dans cette vision harassante et effrayante, Rafael n'obtenait aucun repos, son cœur ratait des battements, son esprit s'évertuait à rendre la jungle toujours plus opaque, l'oppressant un peu plus dans son sommeil dans lequel il était cependant bien enfoncé car même l'éclat d'un son tarda à lui ouvrir la voie vers le réveil. C'est en décalé qu'il perçut le choc d'un objet qui n'avait rien à voir avec ses songes. Delilah quant-à elle s'extirpa plus aisément de son sommeil sans pour autant assimiler que leur solitude avait été rompue, la créature s'étendit sur son fauteuil, laissant échapper un bâillement alors que Rafael se redressait lourdement.

Le regard sombre du Mexicain mit quelques battements avant de se débarrasser du brouillard de ses songes mais quand il se crut enfin débarrassé de son labyrinthe il se heurta pourtant à un fantôme qui semblait lui aussi en voir un. La silhouette de la demoiselle et de son phalanger ne pouvait prêter à confusion mais l’impossibilité de cette apparition lui fit tout de suite penser à un mauvais tour de sa capacité qui parfois s'entremêlait sournoisement avec ses songes. Alertée par l'incompréhension de Rafael, Delilah se redressa pour voir de quoi il en retournait et ne put que partager la stupeur de son Daemonien.

Plus alerte que ce dernier, la créature s'anima cependant plus rapidement et grimpa sur le bureau pour s'approcher de ces apparitions qui ne pouvaient être une création de Rafael, l'air autour d'eux ne vibrait pas comme à chacune de ses manifestations.

▬ " No es posible... " Le murmure de Delilah donnait forme à cet avis qu'ils partageaient et pourtant, l'air aussi choqué de la miss ne lui laissait que peu d'alternative.

▬ " Ana... " Rafael prit appui sur le bureau pour se remettre sur ses pieds sans quitter l’apparition du regard. " Cómo... " Son rêve et ses fantômes prenaient corps, le ramenant quelques années en arrière à cet instant où même lui n'avait pas eu l'espoir de voir la demoiselle s'extraire vivante de ce piège. S'il y avait eu la moindre chance, s'ils avaient pu... Pourtant l'erreur avait été commise, c'était là la seule explication qui justifiait le fait que même en s'approchant de quelques pas cette apparition ne s'évanouissait pas. Gardant une main appuyée sur son bureau, il s'arrêta. Retrouver Kyllian était une chose, il avait toujours eu le sincère espoir que cela se produise mais cela n'avait rien de comparable de retrouver les traits d'une amie dont on portait le deuil. Il avait la sensation de se tenir sur une frontière entre réalité et imagination, n'osant y croire véritablement de peur de voir l'apparition s'évanouir. " C'est bien toi ? "

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MessageMar 8 Aoû - 22:40
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Ana E. SantiagoEstoy en llamas
Incapable du moindre mouvement, Ana tente de retrouver sa respiration. Inspiration, expiration. Et son regard se plante dans le sien. Il est là, face à elle. Vivant. Là. Un fantôme qu'elle aurait pourtant cru ne jamais voir réapparaître. Et il est là... Delilah aussi. Du coin de l'oeil, elle la voit, se relever, grimper sur le bureau et s'approcher. Pour émettre les premiers sons...
Ils sont là... Ni un rêve, ni même une hallucination. Ce n'est pas la fatigue, c'est la réalité. Ils sont là, devant elle, en chair et en os. Vivants. Là. Pas au Mexique, ni ailleurs. A Merkeley. Dans ce journal, ici. Si proches...
Et la mexicaine est paralysée. D'une peur dévorante que ce ne soit qu'une illusion malsaine pour les perdre de nouveau les yeux refermés. Paralysée de cette crainte de voir son passé revenir à elle, détruisant le peu qu'il lui reste, anéantissant cette petite part d'elle-même difficilement reconstruite.

La daëmonne prononce trois mots d'un murmure surpris. Rafael se relève doucement, mains appuyées sur son bureau, son regard planté dans celui d'Ana. Elle a la tête qui tourne. Ses tempes brûlent, son coeur tremble...
Et cette voix éclate, celle dont elle n'oubliera pas le moindre détail. La moindre note. Il s'arrête alors, main toujours béquille sur son bureau, comme pour ne pas défaillir.

- C'est bien toi ?

Ana recule d'un pas, main recouvrant toujours ses lèvres. Son corps commence à se balancer d'avant en arrière, sa vue se trouble. Sa poitrine s'essouffle, ses poumons hurlent d'obtenir l'air salvateur lorsque sa gorge refuse de respirer l'espace d'une minute. Et son esprit fou, instable, s'affole.
Tehwa, sur son épaule, s'avance légèrement. Elle entend sa joie, dans leur tête. Elle le sent, si heureux de les retrouver... Et elle panique. Parce qu'elle ne ressent que cette peur viscérale qui la prend aux tripes, elle n'entend que son coeur se désagréger de seconde en seconde. Se briser. Parce qu'elle le pensait perdu... et qu'elle est incapable de sauter dans ses bras.
Le phalanger saute de l'épaule de sa jumelle, se rattrape sur le bureau. Tente de rejoindre Delilah...

La mexicaine attrape son daëmon de ses mains, part en courant, les feuilles volent sur son passage. Elle s'engouffre dans les escaliers, ne prend pas la peine d'attendre l'ascenceur. Trop lent. Elle doit courir... Elle doit fuir... Et Tehwa, entre ses mains, se débat, crie. Tente en vain de la calmer, de la dissuader. De la rassurer.

*C'est Rafi et Del', ce ne sont pas tes ennemis, Ana !*

Des larmes perlent sur ses joues, elle manque de trébucher à plusieurs reprises, se rattrape de justesse à la rambarde. Et continue sa descente, marches dévalées tellement vite. Et sa gorge brûle, laissant parfois échapper des grognements de douleur au milieu de ces larmes glacées.

- ANA ! Arrêtes de fuir... Je t'en supplie... Arrêtes...

Et comme une claque, elle se stoppe net. Au centre des escaliers du premier. Son coeur court toujours, tente de percer sa poitrine. Elle le retient. Ne respire plus. Regard dans le vague, mains tremblotantes. La mexicaine a presque envie de vomir.
Ana est sous le choc. Son esprit paralysé sur une seule et même idée. Fuir son passé. Et pourtant, elle le sait, Rafael est une des belles parties de ce passé. Alors pourquoi le fuir ? Cette réponse, elle ne l'aura sûrement jamais. Incapable même de savoir les raisons de ce corps prêt à s'effondrer. Et les mots de son jumeau résonnent, puissants, dans sa tête.

- Por favor... No huir más.

Son corps s'écroule sur les marches. Assise, larmes ruisselantes sur les joues, elle se force à les stopper aux portes de ses yeux. Et, doucement, elle ouvre ses mains, laisse Tehwa se glisser sur ses genoux. Il se met face à elle, se relève sur ses pattes arrières et la regarde. Ana évite son regard, ferme les yeux. Inspire.
Et Tehwa ne dit plus rien, il sait qu'elle a compris. La crise passe. Et elle se relève, ouvre les yeux, reste debout au milieu des escaliers, un silence implacable planant dans le bâtiment.
Les minutes passent, lentes, ses pensées défilent, si vite. Et elle se retourne enfin, vive, remonte les escaliers quatre à quatre, son coeur s'affole encore. D'une peur nouvelle, toutefois. Qu'il soit parti.

Ses pas se stoppent en haut des escaliers, elle fait un pas de plus, découvre la pièce. Rafael est toujours là. La mexicaine l'observe quelques instants, n'ouvre pas la bouche. Tehwa descend de son épaule et se rue vers Delilah.
Et Ana se rue vers l'homme, se jette à son cou. Ses larmes tombant sur les vêtements de cet ami perdu. Et elle le sert si fort, yeux refermés, lèvres déformées par l'émotion.

- Perdóname... Yo... Tú...

Les mots ne sortent pas. Sa gorge tressaute de sanglots, son corps tremble. Et elle refuse de le lâcher.
  
MessageMer 9 Aoû - 3:12
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La réalité de l'apparition s'imprégnait doucement de vérité et avec elle l'incompréhension s'épaississait. Le remords emboîtait aussi le pas car il était évident qu'ils avaient commis là une erreur et ce que la demoiselle avait pu traverser à cause de cela l'angoissait déjà. Mais outre toutes ces réflexions qui se bousculaient avec la pesanteur de la fatigue, l'attention de Rafael se tournait vers l'air effrayé qui se dessinait sur le visage de son ancienne amie. La jeune femme semblait loin d'effleurer l'enthousiasme de cette incroyable rencontre, bien au contraire et notre journaliste s'en retrouva un peu plus étourdi. Delilah, elle, ne semble avoir que faire des obstacles qui se posent dans les esprits humains et se remet doucement de la surprise pour embrasser l'enthousiasme de revoir ce duo. Tehwa semblait lui aussi beaucoup plus apte à réagir et lorsqu'il atterrit sur le bureau la coati s'empressa de vouloir l'accueillir.

Mais elle ne put même pas l'effleurer du museau car les mains d'Ana se refermèrent sur le Daemon avant qu'elle ne s'enfuie littéralement en laissant ses affaires et en bousculant d'autres sur son passage. La scène prit la demoiselle au dépourvu et mit un court instant de réagir avant de finalement appeler le duo qui filait. La créature descendit même du bureau et fit quelques foulées avant de s'arrêter et de s'asseoir, estomaquée par cette scène qui devenait de plus en plus irréelle. Delilah resta ainsi de longues secondes avant de faire demi-tour pour retrouver Rafael.

▬ " No, no es nuestra culpa. "Il n'avait pas bougé, cela n'avait rien avoir avec un manque d'envie, il aurait voulu la rattraper, s'engouffrer lui aussi dans ces escaliers mais la voir fuir ainsi avait meurtri ses remords naissant. Le regret de ne pas avoir su la retrouver s'imposa comme une nouvelle blessure vivace qui le vida des forces qui tenaient tête à sa fatigue. Rafael vacilla avant de laisser le bas de son dos s'appuyer sur son bureau.

▬ " Fue abandonado. " Et si elle lui en voulait ? Cela serait légitime et d'autant plus douloureux. Il sentit à peine la présence de Delilah contre sa jambe qui tentait de chasser cette douleur alimentée par ce corps usé.

▬ " Viven, Rafael. Viven. " Pourquoi se faire mal avec des conjectures alors que la seule vérité reconnue était qu'ils avaient retrouvé des amis que l'on cru perdu dans la mort. La boule de poils et d'optimisme tentait donc d'élever haut sa conviction mais le souvenir de l'effroi qu'il avait lu sur le visage d'Ana et son départ précipité n'arrivaient pas à s'éloigner.

Le vertige n'était pas loin lorsqu'un son attira l'attention du duo qui vu la silhouette oser revenir sur ses pas. Rafael eu la sensation de devoir saisir sa chance de s'excuser même si cela devait sonner vain. Il se redressa, se décollant lentement du bureau alors que Delilah relâchait son pantalon pour filer vers Tehwa que cette fois elle pu attraper entre ses pattes avant de se laisser basculer sur le dos et d'administrer quelques léchouilles affectueuses à son passager.

▬ " Mais où est-ce que vous étiez ? " Loin des angoisses humaines, Delilah riait au rythme des battements joyeux de son cœur tout en s'exprimant en privé avec le phalanger.

▬ " Ana, yo... " La jeune femme s'élança à nouveau mais cette fois vers lui et le prit de nouveau au dépourvu au point qu'il oublia la formulation de ses maladroites excuses. Il se laissa attraper presque avec soulagement et ne tarda pas à refermer ses bras sur la demoiselle qu'il serra doucement contre lui.

▬ " Perdóname... Yo... Tú... " Rafael glissa sa tête sur l'épaule de la jeune femme, retrouvant de manière déroutante cette présence qui l'avait marqué et qu'il pensait définitivement perdu. C'était une sensation difficilement descriptible qui finit par poser un sourire sur ses lèvres alors que son regard s'embuait.

▬ " ¿ Por qué ? C'est moi, si j'avais eu le moindre doute, yo... " Il avait mis un bref instant avant de retrouver sa voix mais il peinait à formuler ce qui s'entrechoquait dans son esprit. Trop de choses s'agitaient sous les battements de son cœur et ce flot d'émotions fortes l'usait mais il tenait bon parce qu'il avait tellement mieux à faire que de vaciller. Après un instant qui sembla aussi éternel que court, il se redressa pour tenter d’apercevoir le visage de la demoiselle qui semblait en forme en plus d'être en vie. " Je ne sais pas si un jour je pourrais assez m'excuser. " Son fin sourire perdurait, sincèrement mais son regard encore embuait trahissait cette détresse dans laquelle il pataugeait aussi en encaissant les remords de cet abandon commit il y a déjà bien trop de temps et dont il n'avait même pas eu conscience.

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MessageMer 9 Aoû - 12:11
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Ana E. SantiagoEstoy en llamas
Son coeur bat fort, en écho parfait à celui de Rafael. Yeux toujours clos, Ana se love contre le mexicain, visage collé au creux de son épaule. Sentir son corps contre le sien, son coeur chanter sous sa poitrine, son souffle contre sa nuque. Ana pensait ne jamais plus le revoir. Cet ami qui compte tellement à ses yeux, cet ami qu'elle a lâchement abandonné. Elle pensait cette vie terminée, avoir refermé ce livre. Et pourtant, il est là...
Il est temps d'arrêter de fuir. De combattre ce corps si faible, cet esprit dévasté. De se reconstruire. Et Rafael n'est pas une menace, il ne l'a jamais été. Bien au contraire... Il a toujours été là pour elle, comme elle a été là pour lui. Il est ce reflet dans le miroir qu'elle croise tous les matins. Ils sont identiques...

Plus loin, Tehwa se laisse aller. Entre les pattes de Delilah, il rit à gorge déployée. Cela fait depuis si longtemps qu'il n'a pas ressenti un tel bonheur... Son amie lui administre de longues léchouilles affectueuses, le phalanger ne s'en plaint pas. Quel bonheur de la retrouver, de les retrouver. Et lorsqu'enfin elle cesse de mouiller son pelage, il se glisse dans son cou et lui donne quelques léchouilles, à son tour, sur son museau. Il se redresse, toujours assis sur son ventre, Delilah sur son dos. Leurs regards se croisent, le petit museau de Tehwa tremble de cette joie nouvelle.

- C'est une très longue histoire !

Ils en oublient presque leurs daëmoniens, continuent à discuter comme s'ils ne s'étaient jamais quittés.
Ana, seulement, ressent le poids des années sur ses épaules. Un gouffre creusé entre eux, si grand. Toutes ces souffrances qu'elle a traversé, ces pensées suicidaires, ces images atroces ne cessant de hanter son esprit. Et elle se sent démunie, ingrate. Faible... Qu'a-t-il dû penser d'elle lorsqu'il a su qu'elle s'était jetée sous les feux ennemis ? Le sait-il seulement ou a-t-on omis ce détail ? Il a dû tant souffrir à son tour. Et elle craint de connaître ses pensées...

La mexicaine inspire profondément, soupire. Et se retire à contrecoeur de l'étreinte, restant tout de même entre ses bras. Doucement, ses mains remontent à son visage, paumes déposées contre ses joues. Ses yeux humides se plantent dans les siens qu'elle sonde profondément. Timide, un sourire se fraye difficilement un passage sur ses lèvres, disparait bien vite. Et sa voix s'élève, brisée.

- No se disculpe... Ce n'est pas ta faute...

Ca n'a jamais été sa faute... mais celle d'Ana. Et de... Elle a été faible, incapable de tenir le coup, de tenir bon. Et aujourd'hui, elle est morte pour ses anciens amis. Tombée au combat.
Les larmes roulent toujours sur ses joues, la mexicaine ne peut s'en empêcher. Ces images qui refont surface, mais surtout, ce visage si près d'elle. Un sourire sincère éclate, ses yeux brillent d'un bonheur qu'elle commence à goûter. La crise est définitivement passée, cette panique d'un retour en arrière presque disparu. Ana ne voit plus que ce regard qu'elle n'aurait jamais cru dévorer un jour futur.

- Vous nous avez tant manqué...

Sa phrase se coupe d'un sanglot incontrôlable lorsque son coeur se serre. Elle se revoit, au coeur de cette forêt, rouvrir les yeux, sa poitrine brûlant des impactes de balles. Ses poumons suffoquant du manque d'air, de cette vie la quittant peu à peu. Tehwa... Et ces visages aimés qu'elle ignorait, dans l'espoir de tout laisser tomber, respirer enfin. Se reposer...
En face d'elle, Rafael. Mains toujours contre ses joues, elle regrette. Tout. Ne serait-ce que cette simple pensée de tout abandonner.
Sous le poids de la culpabilité, son corps s'effondre. Il tremble, son souffle rauque, ses yeux rougis par les larmes bien plus humides encore. Ses mains glissent à nouveau, enlacent le cou de son ami, dans lequel elle se love à nouveau.

- Je suis si désolée... J'aurais dû... je n'aurais pas dû... je... j'ai été si faible, j'ai eu si peur...

Elle éclate en sanglots, ces derniers secouant violemment sa poitrine.

- Rafi...

Les mots ne sortent plus, sa gorge envahie de larmes.
  
MessageMer 9 Aoû - 17:40
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Date d'inscription : 23/04/2017Nombre de messages : 158Nombre de RP : 37Âge réel : 26Copyright : .nephilimAvatar daëmon : Coati à Nez Blanc
Rafael GarcíasNothing will be the same...
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Après toutes ces années d'errance et de traque en solitaire, Delilah avait la sensation de renaitre face à toutes ces présences retrouvées qui achevaient de tourner cette douloureuse page dans l'esprit de la Daemone. Dans sa joie, la demoiselle revue un peu l'alignement du pelage de Tehwa en lui administrant quelques léchouilles entre quelques rires qui sortaient sans véritable contrôle. Son ami profita d'un répit pour lui renvoyer la pareille et apaiser un peu la demoiselle qui planta son regard pétillant sur la petite créature installée sur son ventre. Et la miss administra un petit coup de truffe affectueux au bonhomme retrouvé.

▬ " C'est une très longue histoire ! " Voilà bien quelque chose auquel elle pouvait croire. Tant d'années avaient été égarées et on ne se retrouvait pas à des milliers de kilomètres de chez soi par hasard, elle était assez bien placé pour le savoir mais ils allaient avoir le temps de se raconter cela, ils le devaient.

Rafael, lui, peinait à réaliser qu'ils avaient pu se fourvoyer ainsi. Il n'avait pas eu de raison de remettre en doute ces mots même s'il avait vite compris qu'il y avait autre chose qui se dissimulait dans cet effrayant récit. Mais il était à présent évident qu'ils s'étaient fourvoyés et avait abandonner la belle à son destin sans aucune forme d'aide. Cette vérité assénait une douleur profonde à notre homme qui naviguait dans une peine à la hauteur de la joie de ces retrouvailles, cette dualité se retrouvant dans ses traits alors qu'il tentait d'exprimer ce regret mordant tout en vibrant aux battements étourdissant d'un cœur qui pour une fois ne s'emballait pas dans la panique. Ana dévoile à nouveau son visage et cette apparition lui laisse penser qu'il devait à peu de chose près avoir la même tête qu'elle à cet instant, cette idée accrue légèrement son sourire alors que la demoiselle posait ses mains sur ses joues.

▬ " No se disculpe... Ce n'est pas ta faute... " Il voit les larmes de la jeune femme couler et son sourire se teinte d'un voile de tristesse. Rafael peine à se ranger dans l'avis de son amie qui faisait écho à celui de Delilah quelques instants auparavant, il avait trop prouvé à travers le temps son inutilité lorsque ses proches avaient besoin de lui, malgré sa bonne volonté cela semblait être une habitude dont il ne pouvait se détacher alors sa culpabilité dans l'abandon involontaire de la demoiselle n'était guère à prouver dans son esprit. Mais il ne dit rien, se contentant d'observer Ana telle l'apparition improbable qu'elle était. " Vous nous avez tant manqué... "

▬ " Vous aussi. " Cela n'avait jamais été comme si ils avaient pu faire un trait sur ces souvenirs. On ne rayait pas ce genre de relation d'un trait de crayon, pas lorsqu'on lui devait sa vie et une harmonie qu'il n'avait jamais trouvée ailleurs. Perdre cette jumelle d'un autre sang avait laissé un vide aussitôt tourmenté par son esprit si apte à ranimer ses fantômes. Alors oui, même encore aujourd'hui ils leur avaient manqués et il resserre ses bras autour de la taille de la demoiselle qui vint de nouveau enfouir ses larmes contre lui. Affecté par ces pleurs d'émotion, Rafael sent quelques gouttes rouler sur ses propres joues sans se départager de son sourire. Il sent aussi la jeune femme s'appuyer contre lui, elle semble s'affaiblir sous ses émotions et il retrouve l'appui du bureau pour ne pas faillir lui aussi dans son soutien.

▬ " Je suis si désolée... J'aurais dû... je n'aurais pas dû... je... j'ai été si faible, j'ai eu si peur... Rafi... "
La demoiselle semblait dans le même état de confusion et Rafael n'était pas certain de deviner où ces mots voulaient en venir. Il décelait juste que dans ces larmes il n'y avait pas que la joie de ces retrouvailles. Il la serra alors un peu plus contre lui et posa un côté de sa tête contre ses cheveux.

▬ " Yo lo siento. Je n'aurais pas dû renoncer. " Même s'il ne comprenait pas comment elle pouvait se tenir là après les récits recueillis il avait de toute évidence manqué de jugement. Il ne comprenait pas plus comment elle avait pu survivre et priait pour que cela n'ait rien à voir avec une capture opportuniste qui n'aurait ajouter aucun agrément à cette histoire. Disciplinant son regard embué, Rafael s'accrochait à son sourire face à son amie en quête d'appui, chassant comme à son habitude ses propres combats pour mieux tenir son rôle. Il déposa un baiser dans la chevelure sombre avant de reposer sa tête contre elle.

▬ " Tu as l'air en forme. " Doucement, il s'employa à ouvrir la porte vers un autre sujet peut-être moins heurtant que ces années peuplées par le silence de cette mort accepté à tort. Rafael avait en effet la sensation de pouvoir mettre la détresse de son amie sur ces retrouvailles et non sur un état quotidien et elle avait clairement la force de gambader, ce qui en soit était une bien meilleure forme que la dernière fois qu'ils avaient pu se voir. Un éclat rassurant dans ce tableau cruel, si ils avaient été abandonnés au moins aujourd'hui ils ne semblaient plus en payer le prix.

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MessageVen 11 Aoû - 23:27
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Date d'inscription : 01/10/2016Nombre de messages : 262Nombre de RP : 45Âge réel : 23Copyright : Rafi & Aki ♥Avatar daëmon :
Ana E. SantiagoEstoy en llamas
L'enfer. Dans son corps, dans son coeur. Secouée de sanglots, trempée de larmes, Ana souhaiterait que tout s'arrête. Plus de larmes, plus de pleurs, plus de douleur. D'un claquement de doigt, la simple joie de retrouver cet homme dont elle s'était sentie si proche, cet homme dont elle est proche. Son reflet parfait. Celui qu'elle a aidée, celui qui l'a aidée. Juste le bonheur. Seulement, son stupide corps en est incapable. Son esprit est brisé et ne sait faire que ça. Tomber, se raccrocher aux branches pour essayer de ne pas briser les quelques morceaux qui restent.

La crise recommence, la panique la reprend. Mais il est là... Elle sent son coeur battre, elle entend son mécanisme rassurant. Sous ses doigts, à travers ses vêtements, son dos. Et ses mains dans le sien. Il est là, bien vivant. Réel. Pas une hallucination. Il est là et elle s'écroule. Quelle image pathétique elle lui donne... Elle, Ana, la forte Ana. Ecrasée, brisée. Comme la dernière fois...
La mexicaine ferme ses yeux, fort. Se concentre pour cesser ses pleurs idiots, pour ordonner à ses membres de stopper leurs tremblements incessants. Pour se reprendre. Et Rafael laisse échapper une phrase, s'excuse encore. Qu'il n'aurait pas dû renoncer.

Ana n'arrivera pas à stopper ses larmes. Parce qu'elle le sait, ce n'est pas sa faute. Elle aurait pu se battre, elle aurait pu courir. Au lieu de ça, elle a été lâche. Baisser les bras, se laisser tomber au sol. Se laisser mourir. Il dit avoir renoncé, mais elle le sait bien. Ce n'est pas lui, c'est elle. Elle avait renoncé. Renoncé à se battre, renoncé à vivre. Renoncé à faire face à la réalité, à son esprit détraqué. Ana avait décidé de mourir. Pourtant, elle est là aujourd'hui, au creux de ses bras. Et soulagée, elle se hait d'avoir ne serait-ce qu'imaginé mourir. Abandonner.

Elle soupire, inspire, expire. Les larmes se calment. Tout est passé, derrière eux. Le Mexique loin, la guerre aussi. Les armes, les soldats, les blessés, les cris, les tirs. Tout est déjà loin derrière.
Elle sent le baiser de son ami dans ses cheveux, elle sourit. Son coeur se calme, se réchauffe. Parce qu'il est là. Et qu'elle est là. Alors qu'elle pensait ne jamais plus le revoir, elle le serre entre ses bras. Et lui... Il l'a cru morte. Tous la croient morte.

- Tu as l'air en forme.

La mexicaine renifle, essuie maladroitement son oeil gauche d'une main tremblante. Le torrent se calme, elle ose ouvrir un oeil. Ses mains ne tremblent plus autant. Alors, elle se retire doucement de l'étreinte, se retrouve face au visage de Rafael. Jamais elle n'a oublié ces traits, ces cheveux, ce sourire, ces yeux. Il n'a pas changé.
Yeux rougis, elle lui offre son premier sourire. Elle respire encore mal.

- Je vais pas trop mal, oui.

Et, nerveuse, elle rit. Pas trop mal. Hors crises de paniques, agoraphobie, insomnies et cauchemars incessants. Des perles glissent sur ses joues, de rire. Elle se sent bête d'avoir fuit, elle se sent bête de pleurer comme ça.

- Qu'est-ce que je dois te donner comme première impression... Je te vois, je fuis et je reviens pour pleurer dans tes bras... On a connu meilleures retrouvailles, non ?

Elle rit encore, se calme. Et pose sa main contre la joue de son ami, son sourire ne disparaitra plus, tout comme son bonheur de retrouver l'un de ceux qui comptent tant à ses yeux. De le voir en vie, loin de tout ce malheur, Delilah et lui. Tous les deux. Elle tourne alors la tête vers les deux daemons en pleine discussion, couchés sur le sol. Sa main glisse délicatement contre la joue de Rafael, se retrouve sur son épaule. Elle ne le lâchera pas tout de suite, pas encore. Et sourit toujours.

- Vous avez l'air en forme, vous aussi.

Elle se retourne vers Rafael.

- Depuis quand êtes-vous à Merkeley ?
  
MessageSam 12 Aoû - 3:27
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Date d'inscription : 23/04/2017Nombre de messages : 158Nombre de RP : 37Âge réel : 26Copyright : .nephilimAvatar daëmon : Coati à Nez Blanc
Rafael GarcíasNothing will be the same...
Ana E. Santiago & Rafael Garcías ▬ Delilah & Tehwa
We watched the castle on the hill
Bien sûr qu'il avait mal, bien sûr qu'il s'en voulait, bien sûr qu'il était perdu et pourtant face à la détresse de cette amie qu'il tenait dans ses bras ce raz-de-marée se disciplinait, s'enterrait pour rejoindre tout ce qu'il enfouissait et qui l'empêchait de fermer l’œil ou qui faisait douloureusement battre son cœur dans ses élans de panique. De tout temps cela avait été son réflexe: s'oublier pour être la béquille nécessaire, pour ne pas surenchérir avec ses propres maux. Avec plus ou moins de succès cependant, cette manière n'avait rien de magique mais elle était profondément ancrée en lui, bien assez pour qu'elle refasse surface alors que son propre corps vint chercher l'appui du bureau pour tenir. Doucement, il sentait la demoiselle s’apaiser entre ses bras, son propre regard, lui, retrouvait de la netteté et ses remords rejoignaient la trappe sous sa conscience, le laissant donc avec son fin sourire.

Ana finit par remontrer son visage, elle s'extrait un peu de l'étreinte offerte que Rafael ouvre tout aussi bien qu'il l'avait refermé même si une de ses mains semble vouloir perdurer dans le dos de la demoiselle aux yeux rougis.

▬ " Je vais pas trop mal, oui. " C'est vrai que dans l'immédiat, avec ce visage où se lisait sans peine les traces de ces retrouvailles cela pouvait se prêter aux doutes. Mais avait toujours cette sensation d'une demoiselle dans la bonne voie et c'était là le principal après l'histoire traversée. " Qu'est-ce que je dois te donner comme première impression... Je te vois, je fuis et je reviens pour pleurer dans tes bras... On a connu meilleures retrouvailles, non ? " La remarque amusée, amène Rafael à se remémorer d'autres retrouvailles. Son sourire se teinte d'une absence alors que Delilah s'arrache un bref instant à son échange pour observer son daemonien dont effleure la pensée sans mal. Cela ne dure qu'un bref instant, le temps de quelques battements de cils alors qu'il songe à Kyllian et au probable fait que les deux ignore leur proximité respective. Mais notre homme range cela dans un coin de son esprit, il n'était pas l'heure de lancer cette nouvelle, pas alors que la demoiselle demeurait toujours quelque peu fébrile.

▬ " Yo creo que l'on ne peut pas faire mieux que de retrouver quelqu'un que l'on pensait définitivement perdu. Peu importe les larmes ... Ou la course. " Sincèrement, Rafael déclame son avis, après tout il se fichait bien de la manière, cette simple nouvelle suffisait amplement à rendre l'instant d'une préciosité rare. Les larmes et les tremblements n'étaient que le véhicule du fait, parce que Dios Mio elle était en vie !

▬ " Vous avez l'air en forme, vous aussi. " Là encore, l'absence derrière son sourire se dépose brièvement alors qu'Ana retourne son visage vers lui. Il ne répond pas, se contentant de rehausser ce sourire pour cet autre sujet délicat. Heureusement la demoiselle ne s'attarde pas sur cette affirmation et enchaîne. " Depuis quand êtes-vous à Merkeley ? " Sentant que la conversation se fait un peu moins éprouvante du côté humain, Delilah se retourne doucement sur ses pattes en laissant à Tehwa l'option de descendre ou de simplement basculer du ventre au dos. Ceci fait, la miss s'approche de nouveau du bureau où elle grimpe à nouveau en passant par l'étape fauteuil.

▬ " Cela fait quelques mois. " La coati ne manqua pas de remarquer en allant s'asseoir dans son coin d'observation que la part de gâteau qu'elle avait traîné jusqu'à Rafael n'avait toujours pas été touché.

▬ " Dos pour être plus précis. " Enfin même là elle manquait de précision étant donné que la date devait être dépassé depuis plusieurs jours. " Et vous ? " Rafael avait fini par reprendre sa main qui s'était déposée, comme sa jumelle meurtrie, sur le rebord du bureau. " Vous habitez à Merkley ? " Doucement, les questions se clarifiaient, se structuraient, profitant de l’apaisement qu'il s'était imposé pour aider la demoiselle, et ce, malgré la fatigue que la rencontre tenait en respect.

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MessageSam 12 Aoû - 13:07
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Date d'inscription : 01/10/2016Nombre de messages : 262Nombre de RP : 45Âge réel : 23Copyright : Rafi & Aki ♥Avatar daëmon :
Ana E. SantiagoEstoy en llamas
Apnée dans ses yeux, elle reprend son souffle. Coeur calmé, crise dépassée. Ana ne le lâche pas du regard, comme pour ancrer son visage une dernière fois à sa mémoire. L'habitude de perdre ses proches encore fraiche... L'habitude des adieux. Alors, elle s'imprègne de son image. Et sourit toujours, à demi.
Les larmes difficiles tentent toujours de percer sa volonté, de courir à nouveau sur sa peau hâlée.

Rafael est étrange. Physiquement, le même. Mais son regard, sa façon de sourire. La mexicaine ne peut s'empêcher de se demander ce qui lui est arrivé. Après sa disparition. Nod lui lisait le journal lorsqu'elle le lui demandait, elle a suivi l'évolution de la rébellion. Son désire de quitter la rébellion n'a pas été assez fort pour l'empêcher de s'inquiéter, d'écouter. Impuissante, elle tremblait de peur dans son lit, alitée, à l'idée que ses amis puissent disparaître à leur tour. Rafael... et les autres.
Alors, quand elle l'observe, à quelques centimètres d'elle, Ana ne sait pas réellement si ce sourire est sincère. Après tout, elle le connait. Il ne doit pas avoir tant changé.
Et il ne répond pas à sa première interrogation. La femme empêche un de ses sourcils de se froncer.

Du coin de l'oeil, elle remarque un léger mouvement. Delilah se relève, le phalanger glissant habilement de son ventre sur son dos. Tehwa est aux anges. Peu habitué aux effusions sentimentales, timide et peu enclin à se créer de nouvelles relations, Ana lit en lui quel bonheur c'est que de retrouver ces amis qu'il affectionnait tant. Qu'il aime toujours, aujourd'hui plus encore.
La coati grimpe sur le bureau, son ami s'accrochant comme il peut pour ne pas glisser au sol. Tehwa lance un regard à sa jumelle, inquiet.

*Tout va bien, Ana ?*

Le phalanger glisse sur le bureau, grimpe sur une pile de feuilles, face aux humains. Ana soupire, lance un oeil rassurant au daemon.

*Tout va merveilleusement bien, ne t'inquiètes pas.*

Tehwa n'est pas dupe. L'on ne dit pas des daemons qu'ils sont l'âme de leur daemonien ? Le petit phalanger sait qu'elle ne lui dit pas tout, elle a toujours eu tendance à vouloir protéger tout le monde. Même encore aujourd'hui alors qu'elle s'est promis de penser enfin à elle. Elle lui ment. Pourtant, il ne va pas insister devant leurs amis retrouvés. Plus tard, lorsqu'ils se retrouveront seuls.
Le daemon tourne sa truffe vers Rafael.

- On vous a devancé de peu, je crois. On est arrivé ici il y a six ou sept mois, peut-être. Moi et les chiffres.

La mexicaine sent la main de son ami glisser dans son dos, le quitter. Elle recule d'un pas discret, ses bras remontent à sa poitrine, se croisent. Les ongles de sa main gauche, sous son bras, agrippent ses vêtements, son poing se ressert alors que son oeil ne quitte pas le visage de son ami.
Ana se sent coupable. De les avoir abandonné, de cette lâcheté détestable l'ayant prise. Qu'a-t-il dû vivre sans elle... Supporter... Que s'est-il donc passé au campement ? Comment ? Une pensée s'échappe dans cette cave sombre nichée au fond de son esprit. Lieu des terreurs et cauchemars. Et elle le revoit, ce visage. Qu'elle a aimé à en crever. Qu'elle fuit aujourd'hui comme la peste. Kyllian... Cet homme dont elle ne sait même plus quoi penser, celui qu'elle a aimé, celui qui l'a détruite...
Ana se sent coupable. Elle aurait dû être là. Elle a renoncé.

- On a un petit appartement à Merkeley, pas bien grand, mais c'est suffisant. Près du parc des sports, ça fait un bruit monstre quand y a match. Mais on s'y fait.

La daemonienne réintègre peu à peu le monde, quittant ses sombres pensées. Ne plus s'effondrer. Ne plus compter sur les autres pour la rattraper. Ne plus jamais renoncer.
Ana relève la tête, bras toujours croisés devant sa poitrine, main droite grattant nerveusement sur sa peau. Néanmoins, elle sourit toujours.

- C'est vrai que c'est bruyant, mais ça change de... enfin, on s'y fait vite.

Tehwa s'inquiète pour sa soeur, il prend le relai.

- Quelles étaient les chances de se retrouver ici ? C'est incroyable. Si vous êtes là depuis que deux mois, vous avez réussi à trouver un appartement ou quelque chose ? Et je vois que tu as déjà un poste au journal, Rafael.
  
MessageSam 12 Aoû - 18:37
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Rafael GarcíasNothing will be the same...
Ana E. Santiago & Rafael Garcías ▬ Delilah & Tehwa
We watched the castle on the hill
Prenant garde à son petit passager, Delilah arriva finalement à bon port, à une distance raisonnable du duo humain mais entrant ainsi dans le cercle de discussion. Satisfaite, la demoiselle s'assit avant de suivre du museau Tehwa qui se trouvait un perchoir avec légèreté. La coati se glissa ensuite dans la conversation l'air de rien, avec une bonne humeur qui semblait devoir s'ancrer à Merkley et ses si douces découvertes.

▬ " On vous a devancé de peu, je crois. On est arrivé ici il y a six ou sept mois, peut-être. Moi et les chiffres. " Rafael glissa un regard et un sourire vers Tehwa qui répondait à son interrogation. Il déduisit que le duo avait donc lui aussi pas mal de tribulations à son actif s'il ne s'était posé dans cette ville que récemment mais la crainte de la réciprocité de l'interrogation lui fit écarter la question sur la manière dont il avait fini ici. Rafael s'orienta donc vers une donnée moins délicate qui était le lieu de résidence de leurs amis.

▬ " On a un petit appartement à Merkeley, pas bien grand, mais c'est suffisant. Près du parc des sports, ça fait un bruit monstre quand y a match. Mais on s'y fait. " " C'est vrai que c'est bruyant, mais ça change de... enfin, on s'y fait vite. " Le temps et la localisation, Rafael saisit assez aisément pourquoi ses deux amis n'avaient pas eu l'occasion de se croiser. Lui-même avait usé d'une sacrée dose de chance pour débusquer Kyllian au beau milieu de la nuit et au terme d'une marche dont il ne se souvenait pas vraiment mais qui l'avait sorti de Merkley. Delilah semblait suivre le fil de sa réflexion, attendant l'instant où il se déciderait avec une certaine méfiance.

▬ " Ça doit être vivant en effet. " " Ils jouent à quoi là-bas ? Au base-ball ? " L'intérêt de la coati semblait être piqué et elle tourna son museau vers Tehwa en quête d'informations. Non pas que la demoiselle soit une grande sportive mais tout comme son âme jumelle, elle avait tendance à apprécier les éclats de vie, les lieux animés sans animosités qui rappelaient le bon et l'agréable qui se distillaient dans l'Humanité. Après toutes ces années d'obscurité, ils ne savaient qu'apprécier ces démonstrations classiques dans ces contrés. Rafael sentait déjà la miss planifier quelques visites pour y traîner son museau sous couvert d'une capuche de sweet et l'amusement passa brièvement dans son regard.

▬ " Quelles étaient les chances de se retrouver ici ? C'est incroyable. Si vous êtes là depuis que deux mois, vous avez réussi à trouver un appartement ou quelque chose ? Et je vois que tu as déjà un poste au journal, Rafael. " Distrait par Delilah, l'intéressé ne nota pas le léger retrait d'Ana et progressait tranquillement dans cette conversation, appuyé contre son bureau.

▬ " On a eu de l'aide pour les formalités. " Il avait littéralement vu la lumière au bout de la grotte en franchissant la frontière. Ils avaient eu la chance de tomber sur le bon agent, son identité et son histoire avait été facilement reconnue et la porte vers les services du gouvernement daemonien s'était ouverte. Un déluge de bonne fortune après tant de galères et de dangers: un véritable nouveau monde.

▬ " Il n'était pas monté dans le bus qu'il avait déjà un travail et on avait un appartement qui nous attendait. " Le soulagement de la daemone s'était aujourd'hui transformé en un brin de fierté, la miss était en effet plus qu'heureuse d'avoir enfin vu des mains tendues après ces dernières années. Le statut de réfugié politique obtenu n'était pas véritablement enthousiasment, il mettait en exergue le fait qu'un retour au pays était d'un danger potentiellement mortel mais au moins il offrait quelques bénéfices soulageant du côté du pays d'accueil. Rafael sourit doucement à la demoiselle dont il suivait lui aussi les réflexions, un de ces sourires simples qui donnaient juste envie à cette dernière de venir se pelotonner contre lui pour en réclamer d'autre mais ce n'était guère le moment d'aller à la pêche à l'affection.

▬ " Et qu'elle ordonne aujourd'hui avec passion. " Delilah vit ce brin d'amusement passer dans le regard de son jumeau bipède qui avait attendu de l'amadouer pour glisser ces petits mots affectueusement titillant. Elle ne pouvait guère protester, c'était vrai qu'elle avait assez rapidement prit à cœur d'agencer et de ranger leur chez eux. Occupation qu'elle découvrait après tant d'années de tribulations dans la jungle et de traque. Avoir un toit bien à eux et durable n'était pas arrivé depuis Mexico et Delilah prenait grand soin à apprécier les petits plaisirs de cette vie sédentaire. " Mais j'espère que l'on n'a pas "dérangé" ta soirée. " L'idée venait de percer ses pensées et il s'était de nouveau tourné vers la demoiselle, la tenue et les affaires d'Ana ne laissaient pas beaucoup de place à l'improvisation et même cet instant important ne l'empêcha pas de craindre de la mettre en retard dans son travail.
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