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mira (•) she is the blue pill.

 
  
MessageDim 13 Aoû - 5:42
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Date d'inscription : 12/08/2017Nombre de messages : 23Nombre de RP : 1Âge réel : 23Copyright : Eledhwen
Mira LockwoodNothing will be the same...

Mira Lockwood Albin

« I wish I lived in your world, where it's sunshine and puppies all the time. »

Identité

Nom Prénoms : Lockwood, nom maternel, Albin, nom paternel, Mira.
Age : Quatorze ans.
Date et lieu de naissance : Le 11 février, à Moscou.
Nationalité : Americano-russe-martiniquaise/française, ou juste citoyenne daemonienne.
Métier ou étude : Collégienne.
Précision : Atteinte d'anémie de Fanconie, une forme rare d'anémie qui est apparue tardivement. Aussi très curieuse, au fil des années, Mira a progressivement réduit le champ des possibles du contenu de son assiette en se rendant compte qu'un steak était une vache, que de la paella contenait des animaux de la mer, et qu'une carotte avait le droit de pouvoir vivre sa vie comme elle l'entendant sans être arrachée de terre. Manger est devenu -et l'est toujours- un calvaire pour l'adolescente, davantage depuis qu'on lui a détecté sa maladie et que sa mère refuse de lui faire sauter le moindre repas. Alors, à défaut de ne pas pouvoir manger, sa mère redouble d'imagination pour lui préparer des plats où les aliments sont les moins reconnaissables possibles. Mais sinon, Mira adore le beurre, elle pourrait vivre uniquement de beurre.

Quvenzhané Wallis
(c) copyright Tussanus Postea

Citoyen daemonien

Louka


Il aurait été plus facile de parler de Louka après la stabilisation de Mira. Mais non, cette boule de poils dont la forme oscille aussi avec un crustacé qui passe son temps à marcher de travers est indubitablement un daemon encore trop jeune et trop immature pour avoir sa véritable apparence.
C'est un métamorph en pleine question existentielle, en réalité.

Et même au-delà de ça, Louka n'arrive pas non plus à trouver un équilibre entre ses traits de caractère et ses "changements". Alors, souvent, il arrive que Mira regarde d'un œil circonspect son daemon sous sa force de crabe-araignée géante du Japon se précipiter après la balle de tennis que l'adolescente venait de lancer alors que sous sa forme de border collie, Louka peut rester planquer derrière un buisson pendant de longues heures sans explication réelle. Nul doute, Louka se cherche.
Cependant, s'il y a un fait sur lequel s'accorde tous : ce sont les ressemblances de caractère parfois ennuyeuses qui existent entre la personnalité de Louka et celle de Mira. Il est peu surprenant de les voir tous les deux s'arrêter en plein milieu d'une course (qu'ils feront ensemble -et que Louka gagnera quasiment tout le temps sauf les fois où il sera un peu rabroué par les autres daemons de la famille-) et qu'ils s'enthousiasment sur la vue d'un avion passant juste au-dessus de leur tête. Et ne parlons pas des animaux sauvages, ou de Louka qui oublie parfois que sa forme de crabe-araignée a une légère tendance à effrayer quasiment toute la faune animale. D'une nature curieuse et joueuse, Louka a beaucoup de traits que l'on rapporterait normalement à un border collie jeune. Ou à un enfant confronté à un jardin immense et à une imagination débordante. D'une nature joviale, il apprécie chaque moment de sa journée, trouvant matière à jouer avec à peu près n'importe quoi qui s'offre à lui. Louka s'est d'ailleurs donné pour mission de donner le sourire quand celui-ci fait défaut sur le visage de la brunette, quitte à faire un peu n'importe quoi ou à lui raconter des blagues pour que son visage s'éclaire de nouveau.

Et c'est à partir de là que les différences entre le daemon et la daemonienne les distinguent l'un de l'autre. Très souvent entraîné par les idées quotidiennes de Mira, Louka a une attraction bien moins grande pour tout ce qui pourrait lui paraître risqué. Outre cela, Louka est de ceux que l'on surprend facilement et qui donc peut potentiellement mettre un bazar monstre en se changeant en crabe araignée dans la cuisine parce que quelqu'un aura claqué une porte ou même parce qu'un animal -ou une feuille- lui aura touché la patte. Mais certaines choses ne se sont pas faites d'elles-même. Ainsi, sous la demande du daemon d'Eva-Line, la mère de Mira, Louka a dû apprendre à être plus mature, plus sage pour deux, pour essayer de raisonner les envies un peu casse-cou de Mira et ce, surtout depuis que le diagnostique de sa maladie. Il lui parle alors, il essaie de lui faire entendre raison, avec maladresse au départ, mais avec le temps, il a réussi à devenir de plus en plus convaincant et à amener de meilleurs arguments pour calmer la jeune fille. C'est d'ailleurs un peu grâce à ça qu'il a commencé à avoir une affection toute particulière pour les sarcasmes, ce qui a tendance à trancher avec le daemon radieux qu'il est d'ordinaire. Un peu comme son goût pour les taquineries, notamment lorsqu'il s'agit des repas et qu'il mange sans répugnance aucune de la viande ou n'importe quel légume sous le regard dégoûté de Mira.
Louka est également quelqu'un de faussement patient, vraiment. Il peut rester assis (suivant sa forme) durant de longues heures jusqu'au moment où Mira esquissera un geste, n'importe lequel, où il sautera sur ses cinq pattes de crabe araignée avec des yeux brillants d'excitation. Attendant qu'elle lui lance son hérisson, ou sa belle de tennis, ou un bâton ou d'avoir un câlin.

Et les câlins, il y en a de nombreux entre eux. On ne sait pas où est vraiment apparu le daemon dans la chambre lors de l'accouchement de Mira, mais pourtant Louka était bien là, sous sa forme de bébé crabe araignée, posé sur l'épaule du nourrisson, lorsque l'infirmière a présentée la fille à sa mère. Et cela a toujours été comme ça entre eux, d'une complicité renversante,fusionnels, prêt à tout ensemble, ne se séparant jamais plus de quelques mètres et dormant dans le même lit toutes les nuits. Il faisait nul doute qu'ils étaient proches, très proches, depuis le départ et c'était peut-être inconscient : ils savaient qu'ils devaient être proches, ils savaient que dans le cas contraire, c'était dangereux pour eux.

Et c'est parce qu'Eva-Line a découvert un matin sa fille de quatre ans évanouit devant la porte d'entrée de la maison, sans Louka à ses côtés, qu'elle a compris a quel point c'était même primordial. Pourtant, Louka n'était qu'à une trentaine de mètres de là, inconscient et emprisonné dans des fils barbelés, mais ça avait été suffisant. La petite, incapable d'aider son daemon, avait essayé d'aller chercher sa mère pour qu'elle vienne au secours de Louka, mais elle n'avait pas pu supporter la douleur de la distance. Le corps de Mira s'en souvient d'ailleurs encore, marqué au ventre par les mêmes fils barbelés desquels il a été si longs de retirer Louka. L'un comme l'autre ressent tout avec la même intensité et subit les mêmes blessures quels quelles soient.

Caractère


Mira, c'est l'idée même du principe "Tu me vois ? Tu me vois plus.".

Épargnée par sa mère autant que possible par ce que le monde traversait avec la révélation des daemons, Mira est restée une fille au caractère débordant d'énergie, insaisissable et toujours à l'affût de la moindre bêtise chose qui lui permettrait de jouer pendant des heures. Infatigable, elle peut courir partout du matin jusqu'au soir et s'assoupir en dix secondes après avoir refusé pendant deux heures d'aller dormir. Ce qui explique les raisons pour lesquelles elle a démarré très tôt le sport, notamment du rugby et du base-ball, dans l'espoir vain que la petite soit fatiguée plus rapidement. Et pourtant Mira tient difficilement en place et il a toujours été très difficile de tenir son attention, notamment lorsque sa mère lui expliquait quelque chose. D'ailleurs, très rapidement, c'est à Louka à qui l'on a finit par donner toutes les indications. A défaut d'être plus mature que Mira, il avait au moins la capacité de se faire écouter. Dans la mesure du possible. Parfois Mira, intéressée par une nouvelle chose qui passait son champ de vision finissait par l'interrompre pour le lui faire remarquer ou pour aller à la rencontre de sa découverte. Sa nature curieuse lui a valut de nombreuses remontrances, mais ça n'a jamais freiné l'adolescente qui a continué à profiter de la vie qu'on lui offrait telle quelle.
Le rire facile et voulant toujours bien faire, la jeune fille finit toujours au bout du compte par bâcler tout ce qu'elle entreprend, trop vite désintéressée ou déconcentrée. C'est d'ailleurs un trait de caractère qui est finalement devenu un problème une fois inscrite à l'école : Mira n'avait aucun problème pour retenir ce qu'on lui disait, mais c'était difficile pour elle de rester appliquée sur une leçon toute une heure durant. Et c'est pour cela que rapidement, elle a été rangée dans la tranche basse de sa classe, incapable de réussir à finir ses contrôles ou ses interrogations et donc automatiquement assignée comme mauvaise élève aux yeux des enseignants. C'est aussi une de ces cases qui lui a values de nombreuses moqueries, que sa naïveté et son innocence n'arrivaient pas à comprendre. Alors elle finissait par toujours prendre avec le sourire, pensant que les autres enfants voulaient simplement jouer avec elle et que c'était une autre forme de jeu.

Mais tout ça, c'était avant. C'est même dorénavant une époque révolue pour Mira. Plus jamais elle ne pourra revenir cette enfant. A treize ans, elle a été forcée de se réveiller, on l'a contrainte à voir le monde différemment comme si voir le monde avec des yeux d'enfants était une tare.

Depuis le diagnostique de la maladie de Mira et ses séjours à l'hôpital et par extension les "on te retrouve encore une fois à courir dans les couloirs, on t'attache", mais aussi en raison de la découverte de son don, ont beaucoup contribué à changer radicalement son caractère sur de nombreux points. Au tout départ, interdite de sortir de son lit, Mira s'est souvent plainte à sa mère de trop penser à telle point que dormir était devenu compliqué. Puisque suspendue du moindre jeu comprenant un peu de course ou de n'importe quel effort trop physique, son cerveau tentait de s'occuper comme il pouvait et c'est une situation qui devenait tellement pénible pour l'adolescente qu'elle a finit par supplier ses parents de lui trouver un truc qu'elle avait le droit de faire.
Et Mira fit alors sa première maquette.
Et en dépit du scepticisme de la quasi-totalité de sa famille, Mira réussit à la terminer, non sans mal, et non sans d'énormes défauts. Et puisque très rapidement, elle a pris conscience que se concentrer sur ça impliquait aussi que tout son cerveau ne soit concentrée que sur une seule tâche, la jeune fille en a très vite demandé de nouveaux. Grâce à ces montages -de toute sorte, que ce soient les maquettes ou les légo-, Mira s'est entraînée à être précise, à être sérieuse et à ne plus se laisser distraire facilement. Mais au-delà de ça, c'est aussi devenu sa propre révélation pour elle : l'adolescente veut travailler dans les bâtiments, elle veut apprendre à bâtir quelque chose de ses mains, que ça soit des maisons, des ponts, des meubles ou même des avions.
Elle ne veut pas être celle qui imagine, mais l'ouvrière et pouvoir voir ces choses grandir sous ses mains.

Et puisque séjours à l'hôpital rime aussi avec de la solitude. Elle n'avait pas toujours une maquette à faire ou des nanoblocks à monter, alors ses occupations consistaient essentiellement à écouter. Et des choses, il s'en dit beaucoup dans un hôpital, énormément même. Et c'est à cause de ça que Mira a commencé à poser des questions, d'abord aux infirmières un peu sur la réserve à l'idée de lui répondre puis ensuite à ses parents. Et au fur et à mesure des explications de ces derniers, qu'elle écoutait religieusement, les murs de son innocence se fissuraient, se disloquaient à quelques endroits. Tout prenait dorénavant tout son sens, de la protection de sa mère aux chamailleries avec les enfants. Obligée de faire face à la vérité, Mira a essayé péniblement de s'emmurer de nouveau derrière sa naïveté. Mais en vain, ses yeux étaient désormais bien trop grand ouverts. Elle voyait déjà le monde qui l'entourait d'un œil différent.
Et une fois rentrée chez elle, retrouver son ancienne place, trop étroite, trop lumineuse était devenue difficile. Elle a du apprendre à s'en façonner une nouvelle, bien plus large, bien plus éloignée de tout ce qu'elle connaissait. Depuis la découverte de son don, elle réplique d'ingéniosité pour éviter tous les membres de sa famille, en particulier sa sœur qu'elle met en danger en étant proche d'elle. Alors au lieu de rester simplement dans sa nouvelle chambre, une ancienne chambre d'invité, celle que Mira a demandé pour ne plus déranger personne, l'adolescente déserte au maximum possible la maison pour aller se promener ou pour aller dans la petite cabane de jardin qu'elle a aménagée ou pour regarder Louka courir après un de ses jouets, nostalgique. Mais en dépit de tout ça, Mira reste aussi cette petite fille qui courrait partout. Elle rêve de reprendre le sport, elle rêve de pouvoir s'amuser comme elle le faisait autrefois, de courir partout, d'imaginer tout un autre monde.

Dans ce monde là, Mira s'est interdite d'avoir une vie normale, d'avoir des amis, de fréquenter des gens hormis son daemon. Son sourire est toujours là, mais s'éteint trop vite quand la moindre personne malade ou blessée ne l'approche. Ses éclats de rire ne résonnent plus autant qu'avant et ses semaines sont rythmées entre ses entraînements pour son don et ses bilans sanguins. Incapable de pouvoir s'exprimer comme elle aimerait pouvoir le faire, elle a préféré renforcer ses murs et sauvegarder autant que possible l'enfant qu'elle a été jusqu'au jour où elle pourra aller voir sa sœur et la prendre dans ses bras sans que celle-ci ne soit en danger de mort.

L'analgésie trompeur


L'analgésie trompeur : le don de pouvoir supprimer la douleur chez un individu dans un périmètre plus ou moins étroit et de pouvoir le soigner de manière "temporaire".

Et si c'était que ça, dieu que ça serait simple. Et "Dieu", c'est le cas de le dire : "Vous voulez du feu pour pouvoir vous réchauffer ? Ok, mais vous vous brûlerez avec." quand Mira, c'est plutôt "Vous voulez être soignez temporairement et ne plus ressentir la douleur en restant à proximité de moi ? Ok, mais quand vous quitterez mon cercle, votre douleur physique et mentale sera aussi grande que le temps que vous aurez passé à l'intérieur.".
Et même ceci est une version bien trop simplifiée de son pouvoir. Mais ce dont l'adolescente est certaine, c'est que ce jour où elle s'est étonnée auprès de sa mère que son daemon passait son temps à dormir et qu'elle était aussi très fatiguée, si fatiguée qu'au beau milieu de la journée, elle s'est endormie juste après avoir monté un escalier, qu'elle a aussitôt dévalé en sens inverse, ce jour-là, elle n'aurait préféré jamais le connaître. Les hématomes qui parcouraient tout son corps et son état de fatigue ont bien plus inquiété les médecins que son bras dans le plâtre et son traumatisme crânien. Quand on a annoncé à Mira et à ses parents qu'elle était atteinte d'une forme grave d'anémie qui touchait également sa moelle osseuse et qu'ils étaient surpris que sa maladie ne se soit pas manifestée plus tôt, ce jour-là aussi, la collégienne n'aurait préféré jamais y assisté.
Non, les conséquences de sa maladie, les bilans sanguins réguliers, les visites hebdomadaire à l'hôpital, les restrictions, la peur qu'un matin on lui annonce qu'elle doit se faire greffer de la moelle osseuse ou qu'elle a développé une leucémie, tout ça n'était rien comparé à la seconde découverte qu'elle avait fait durant ce séjour à l'hôpital : celui de son don.

Très rapidement, l'apparition de sa maladie a été perçue comme une contre partie à son pouvoir.

Un tel don dans un hôpital passe difficilement inaperçu. En quelques jours, la famille Lockwood a compris que si cet aveugle venait de retrouver la vue en dépassant Mira, ou que si cette personne âgée n'avait plus ressenti de douleurs au dos lorsqu'ils ont promené l'adolescente dans le parc de l'hôpital, c'était parce qu'elle y était pour quelque chose. Tous ont loué son don, la félicitant comme si l'idée même de se don était de son fait, se perdant dans des conjectures durant lesquels son don pourrait trouver son utilité. Ils étaient tous tellement ravis, la complimentant en disant qu'un autre don n'aurait jamais pu aussi bien lui correspondre.

Mais jamais ils n'étaient restés assez longtemps avec ceux en "rémissions temporaires" pour savoir que la personne aveugle eut mal aux yeux pendant plusieurs heures après ça et que la personne âgée avec qu'ils avaient un peu discuté avait été obligé de garder le dos à 90° des jours durant tant elle a de nouveau souffert suite à cette expérience.

Non, ils étaient tous charmés.

Puis la sœur de Mira, Dana, est rentrée à l'hôpital à cause d'un problème lié à son propre don et l'adolescente reçu l'autorisation d'aller la voir. Sa sœur aînée était mal en point et maîtriser son pouvoir n'avait jamais été facile pour elle, mais la présence de sa cadette lui a fait retrouvé des constantes normales et soudainement, elle allait bien. Et de nouveau, ils ont été tous enchantés, la félicitant à nouveau au sujet des effets bénéfiques de ce don qui allait tant pouvoir aider Dana. Enhardie par toute cette bonne humeur, et n'ayant pas vu sa sœur depuis son accident dans les escaliers une semaine avant, les deux filles, très proches l'une de l'autre, ont énormément bavardé ensemble pendant plusieurs heures. Puis le médecin a demandé à Mira de retourner dans sa chambre pour que Dana puisse se reposer un peu.
Alors elle a embrassé sa sœur et elle s'est éloignée.
Un mètre.
Deux mètres.
Trois mètres.
Jamais elle n'oubliera le long bip du moniteur qui indiquait que le cœur de sa sœur venait de soudainement lâcher sans aucune explication.
Mira a tenté de retourner dans la chambre de son aînée, qui s'est alors tout à coup réveillée.
Jusqu'à ce que l'adolescente soit éloignée dans le couloir par sa mère, afin que les médecins comprennent la situation.
Et que le cœur de sa sœur lâche à nouveau.

C'est à ce moment là qu'elle a su que son don n'en était pas un. Elle ne soignait personne, tout était factice. C'était comme si une personne à côté d'elle se cassait la jambe et ne le sentait pas à cause du pouvoir de Mira et continuait à marcher. Une fois la jeune fille éloignée, il criera de douleurs et sa jambe aura peut-être des séquelles irrémédiables.

C'est ce genre de pouvoir qu'elle détenait, celui de détruire, ce pouvoir dont on lui avait dit à maintes reprises qu'il lui correspondait si bien. Ce pouvoir d'ailleurs qui était incapable de lui faire oublier sa propre douleur : contrainte à souffrir pendant que les autres pouvaient respirer.

Après cet événement, Mira a décidé unilatéralement qu'elle ne s'approcherait plus de sa sœur, que les médecins avaient réussi à sauver, de peur qu'elle ne replonge de nouveau dans la même horreur et que de nouvelles images accompagnent les cauchemars déjà bien récurrents de la collégienne. Elle avait même d'ailleurs décidé de ne plus approcher personne, manquant autant que possible l'école pour ne prendre aucun risque.

Mais c'était sans compter Eva-Line. Sa mère qui avait déjà été confrontée par le passé à des problèmes similaires avec son propre pouvoir était persuadée que le don de Mira était contrôlable. Que sa fille pouvait réduire ou agrandir ce qu'elle appelait son "cercle de soins" afin de le ramener à elle-même et de l'utiliser quand bon lui semble sans affecter les gens qui l'entourent ou même de pouvoir en profiter elle aussi. Pendant des semaines, elle a eu de longues discussions avec l'adolescente pour la convaincre des effets bénéfiques de ce don et qu'elle devait chercher les limites de ses capacités. Il n'y avait aucun doute pour elle, au-delà de l'idée du cercle rétractable, Mira été aussi capable de diminuer ou augmenter l'intensité de la douleur sans qu'elle ne disparaisse totalement.

Alors depuis plusieurs mois, rongée malgré tout par les remords, la cadette s'entraîne à faire éclater ce cercle pour pouvoir en avoir un ascendant total. Cela lui a déjà pris presque une demie année pour parvenir à réduire le cercle d'un mètre à peine, et uniquement au prix d'énormes efforts de concentration. Néanmoins, si elle vient à relâcher la pression, son cercle revient naturellement à la manière d'un élastique à trois mètres. C'est pour cette raison qu'elle doit continuer à travailler pour que le conscient devienne inconscient. Aujourd'hui, Mira arrive à ramener le cercle autour d'elle et seulement autour d'elle.

Mais c'était sans compter les pertes de contrôle.
Il était une fois
(TW dépression et idées de suicide, les gens donc faites attention. )

"Journal de Mira Lockwood Albin
(interdiction d'y toucher, même toi Dana !)

2011, 12 février, Santa-Barbara

Maman m'a offert se ce journal. Je pense quelle qu'elle veut que je m'entraîne d' à écrire. Ou que j'apprenne à être concentrerée.

2003, 11 février, Russie

Ma naisseance. Maman m'a dit que Loulou était déjà la là, qu'il était sur moi quand elle ma m'a prise dans ces ses bras.

2004

Papa m'a expliqué que cette année-là, il s'est passée quellque chosse de tréès grave et qu'on a du quittéer la Russie. Je savé savais pas qu'on avais habités en Russie. Puis on a pris des bâatoeaux et des trains. Et c'est là qu'on a commenceré à habiter dans notre première méaison de Santa Barbara.
Mais là, j'en ait un peu marre d'écrire, donc je vais jouéer avec Loulou.

2011, 23 juin, Santa-Barbara

Maman m'a demanderé si j'avais continué à écrire dans mon journale. Je l'avais oublieré. Je m'amusse beaucoup avec mon daemon Louka dans le jardin. Il est grand. Il y a plaein d'inssectes. Et Loulou quand il a peur, il devient un gros crabe plus grand que moi ! C'est marrant. Et moi, j'aime courir et jouer, ou regarder Loulou alléer chercher sa bale balle de tennis.
Maman dit que je dois continuéer a à écrire et qu'après je pourrais jouer.

2007, mois de juin, Santa-Barbara

Loulou s'est fait mal à coause de filles de fer qui font mal et moi, j'ai voulu aller cherchéer Maman et je suis tomberée... Elle m'a dit que je n'avais plus le droit de me séparer de Louka, que sil s'il y avait encore un probléème, je devais l'appeler ou criéer. Je crois qu'elle était pas très contente. Et c'est mon premier souvenir.
Et j'ai garderé une scicatrice des fils sur mon vaentre moi aussi, comme si ça m'avait fait male aussi.

2011, 1er aouût, Santa-Barbara

Il y a eu quelleque chose aujourd'hui. Maman m'a interdite de sortir de la maison, surtout Loulou. Je comprends rien. Dana à a dit que les autres gens savaitent pour nous. Mais ils ne savaient pas déjà ? Ils nont pas tous un daemon eux aussi ?

2012, 28 août, Santa-Barbara

Maman cest s'est réveillée. Elle va bien. Elle a dormie très longtaemps, personne savait qu'and quand Maman se réveilleréait. Mais maintenant, elle va bien Papa a dist.
Et elle ma m'a demandé si je continuéais toujours à écrire dans mon journale.
Jai J'ai dit que oui.
Alores je reviens écrire.
En février, après mon anniverssaire, des gens sont rentrées dans la maison. Dana m'avait cachée dans la cuisine et avait demanderé à Louka d'essayer de ne pas être en crabe araignée. J'ai pas tout compris. J'ai juste entendu des meuonsieurs hommes qui criésaient. Des objets qui se cassésaient. Puis ils sont partis. Et Maman est tombée. Papa a dit qu'elle était fatiguerée et qu'elle devait dormir. Mais elle a dormi cinq six mois.

2016, 14 mars, Merkeley

Maman est venue avec le journal. Je ne sais pas où elle l'a trouvé, même moi j'avais oublié qu'il existait. Elle m'a dit d'écrire pour m'occuper, que ça réduirait peut-être mes maux de tête.
Mais il n'y a rien ici...
Et Louka s'ennuie déjà tellement, et moi aussi...
Et j'ai rien à dire. Je suis dans cet hôpital, à attendre qu'on me dise que je peux partir, que je vais bien. Déjà que mon plâtre va m'empêcher de pouvoir jouer avec Louka... Qu'est-ce qu'ils attendent, franchement.

2016, 15 mars, Merkeley

Papa et Maman ont le visage blême. Ils ont essayé de m'expliquer quelque chose, mais je n'ai pas compris de quoi ils pouvaient bien parler. Ça signifie que je peux sortir ? Louka est tout le temps en train de creuser le sol à force de faire les 100 pas ou alors il fait tomber un tas de chose au sol.
Je m'ennuie... Et ma tête me fait tellement mal et je suis aussi tellement fatiguée...

2016, 16 mars, Merkeley

Le médecin est venue de nouveau aujourd'hui pour être sûr que j'avais bien compris ce qu'il m'avait expliqué hier. Il m'a répété de nouveau que j'allais devoir arrêter le sport, que je devais limiter au maximum mes efforts quotidien jusqu'à ce que mon sang ? revienne à la normale. Il ne m'a pas dit quand je pouvais sortir en revanche.
Ni quand je pourrais utiliser mon bras à nouveau.
Si j'ai un truc qui m'empêche d'aller bien juste maintenant, pourquoi venir me tenir tout un discours ?
J'aimerai tellement aller dehors...

2016, 17 mars, Merkeley

Après ma prise de sang pour contrôler mes globules et mes plaquettes, je crois, j'ai enfin eu l'autorisation de sortir. Louka était tellement content de pouvoir aller courir de nouveau, enfin à l'idée de pouvoir courir... En fait, à cause de sa patte cassée, parce que je suis tombée des escaliers, il est obligé de rester couché sur mes genoux, mais ça nous a fait du bien à tous les deux. Une infirmière nous a expliqué plus tôt que je n'avais pas à m'inquiéter, que mon bras serait dans le plâtre que quelques semaines et qu'après je pourrais bouger comme je veux.
Ça m'a fait vraiment plaisir. Louka était content d'apprendre ça lui aussi.
Le sport me manque tellement, j'ai vraiment hâte de reprendre le rugby et de retrouver mon équipe et de pouvoir retourner dans ce petit coin dans la forêt que j'ai trouvé avec Louka. Et même de pouvoir grimper de nouveau cet arbre !
Ah, ça me manque !
Puis aujourd'hui, Papa, Maman et mes oncles étaient tous contents. En se promenant, un aveugle -Maman dit que c'est pas correct d'appeler quelqu'un comme ça- est passé à côté de moi et il a vu. Il a VRAIMENT vu ! Des couleurs, des formes, tout quoi ! Puis il s'est éloigné et il ne voyait plus rien à nouveau. Et il y a eu aussi ce vieux monsieur qui avait mal au dos.
Ils sont tous tellement heureux, ils disent que mon don annulerait la douleur et que je soignerais les gens (bon temporairement hein), mais je trouve ça vraiment chouette !! Puis Louka aussi était excité par la nouvelle, il sautait de joie !!

2016, 18 mars, Merkeley

Dana est entrée à l'hôpital aujourd'hui, à cause de son don. Maman m'a dit qu'elle n'allait pas bien, mais que je pourrais la voir peut-être demain.
Je continue de m'ennuyer. Il n'y a rien à faire. Maman m'a acheté une maquette d'avion hier, mais j'ai collé deux embouts que déjà ça m'ennuyait.
J'ai envie de sortir.
Je veux aller courir.
Et puis je ne comprends pas pourquoi encore ces prises de sang ! Je vais mieux non ?

2016, 19 mars, Merkeley

Je suis un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre. Un monstre.
Dana a failli mourir par ma faute aujourd'hui. A cause de ce pouvoir, à cause de ce que tout le monde appelle un don ! A cause de moi le cœur de Dana s'est arrêté ! Maman était en larmes, elle ne s'arrêtait pas de pleurer.
Et moi j'ai failli tuer ma sœur ! A cause d'un don qui était censé soigné. A cause de moi, les ombres ont failli la tuer. Son cœur s'est vraiment arrêté et moi, je pouvais rien faire, je pouvais pas m'approcher.
Je suis un monstre.
Si ce qu'ils disent est vrai, j'espère que cette maladie va rapidement me faire crever !

2016, 20 mars, Merkeley

Papa est venu. Sans Maman. Elle est restée auprès de Dana. Elle doit probablement m'en vouloir. C'est ma faute si Dana a failli mourir, après tout. J'en mérite pas mieux.
Papa m'a dit que ma sœur allait mieux, que les médecins étaient parvenus à la ramener. Il m'a aussi dit qu'il avait parlé avec mes oncles et mon grand-père de ce qu'il s'était passé la veille. Et ils avaient tous été trop hâtifs quant à la définition de mon pouvoir. En réalité, j'avais bien la capacité d'annuler la douleur et de soigner les personnes, mais uniquement sur un petit périmètre. Mon "don", mon "don" de monstre, aurait un contre-coup plus ou moins intense pour toutes les personnes qui passeraient par mon cercle suivant le temps passé à l'intérieur. C'est pour ça qu'en parlant avec Dana plusieurs heures, alors qu'elle se sentait bien pendant tout ce temps-là, les ombres ont continué à aspirer son énergie sans qu'elle ne s'en rende compte et qu'elle a failli mourir.
Si je n'avais pas été là, si je n'avais pas été la voir, elle aurait pu voir les ombres et les arrêter.
Mais les ombres l'ont presque tuée parce que j'étais là.
A qui est-ce que je vais faire encore du mal après ça ? Quel cœur va s'arrêter à cause de moi ? Et si je tuais des gens rien qu'en passant dans les couloirs, parce que je serais restée trop longtemps près de leur chambre ?
Comment je suis censée gérer ça ? Je veux pas d'un tel pouvoir !!! C'est une malédiction ! Si je dois vivre avec ce pouvoir, je préfère mourir ! J'ai encore toutes les images qui tournent en boucle dans ma tête, qui ne me quittent pas. Ce bruit continu me poursuit. Je l'entends où que j'aille. Partout. Dans mes cauchemars, à mon réveil, quand j'ouvre la bouche.
Et Dana va rester tellement longtemps à l'hôpital par ma faute... Si je n'avais pas été là, si je n'existais pas, jamais elle aurait eu ce souci.
Je veux mour

(...)


Maman est rentrée dans ma chambre. Et tout de suite, elle l'a su.
Elle a su ce que j'écrivais.
Elle a lu dans ma tête.
Jamais je ne l'ai vu autant en colère. Et elle pleurait aussi. Elle m'a dit que je n'avais plus intérêt à écrire de telles choses. Elle criait tellement fort. Papa a essayé de la calmer, mais Maman l'a repoussé. Elle a continué à me dire que je n'avais pas le droit de mourir, que j'étais trop jeune, elle a arraché les pages de mon journal qui parlait des derniers jours et elle les a déchiré en mille morceaux. Puis elle m'a fait promettre de ne plus écrire ça, de ne plus le penser et que même si je le pensais à nouveau, je devais le dire à quelqu'un.
Et si je le dis à quelqu'un et que durant la conversation il se fait mal et il ne se rend pas compte qu'il saigne énormément ? Et si il y a un accident à côté de moi et que je suis toute seule et que je ne peux rien faire parce que si je m'éloigne, cette personne peut mourir et que si je reste, cette personne peut aussi mourir ?
Maman a fini par s'effondrer en larmes sur le lit et s'est excusée, encore et encore, pendant de longues minutes. Elle s'est s'excusée que j'ai un tel pouvoir, mais qu'elle pensait sincèrement qu'il y avait une solution, que ce n'était pas ma faute si Dana avait failli mourir, que ça aurait pu arriver à n'importe quel moment et peut-être qu'à ce moment-là, il n'y aurait aucun médecin pour lui sauver la vie, que je n'avais pas à m'inquiéter, qu'on allait réfléchir ensemble, qu'il y avait forcément quelque chose à faire, que je n'avais pu recevoir un tel pouvoir comme ça sans aucun moyen de le maîtriser.
Que tout rentrerait dans l'ordre.

Mais comment ?

2016, 23 mars, Merkeley

Je suis à la maison. Elle me semble tellement vide sans Dana. Mais ils préfèrent la garder encore un peu, juste au cas-où.
Comme ma chambre est jumelle à celle de ma sœur, j'ai demandé à Papa (Maman refusera probablement si je lui demande à elle...) de changer de chambre et d'aller occuper une des pièces pour les invités. Il ne semblait pas vraiment d'accord, mais il a entendu mes arguments et il sait que c'est risqué pour Dana que je reste proche d'elle tant qu'elle ne va pas mieux. Il m'a dit qu'elle n'était pas encore rentrée, donc que je n'avais pas besoin de me précipiter, mais je préférais faire ça maintenant, tant que Maman est occupée à l'hôpital.
Ça m'occupera.
Sauf qu'après plusieurs déménagements de livres ou de vêtements, j'ai commencé à m’essouffler. Ça m'a agacé. Je n'avais presque rien fait encore. Moi je voulais continuer, je voulais finir rapidement de bouger mes affaires.
Louka a fini par m'ordonner d'aller m'asseoir sur le lit jusqu'à ce que je reprenne mon souffle.
Il ne m'avait jamais parlé comme ça.
J'ai l'impression qu'il a changé.
Est-ce que c'est de ma faute ?...
Il vient de me lécher la joue et de me dire que non. Mais il a eu une discussion avec ma mère et Andrei, son daemon, et ils lui ont demandé de prendre soin de moi parce qu'ils ne pourront pas toujours être là pour tout vérifier. Il me dit qu'il a la sensation que je ne prends pas ma maladie au sérieux, que je reste uniquement bloquée sur l'existence de mon "don". J'ai grimacé sur le mot : ce n'est pas un don, seulement un pouvoir.
Il m'a aussi demandé si je me rendais compte que ça signifiait que je ne pourrais plus pratiquer de sport ? Que je ne pourrais plus courir comme je veux ? Que je n'aurais plus le droit de monter à l'arbre ? Que je devais faire attention maintenant, que ma vie ne sera plus pareille.
Mais je le sais déjà, plus rien ne sera pareil. Quand je regarde le jardin, je ressens tellement d'amertume...
Louka est venu se blottir contre moi. Je suis fatiguée, je crois. Je vais dormir un peu.

2016, 25 mars, Merkeley

Dana est rentrée. Quand elle m'a vu en haut des marches, elle a ouvert les bras pour que je vienne lui dire bonjour.
Mais je ne veux pas lui faire du mal de nouveau. Je ne veux pas que ça se reproduise. Alors j'ai préféré lui dire simplement "Bon retour" sans bouger. Louka n'a pas énormément apprécié. Maman non plus. Et encore moins quand elle a découverte mon ancienne chambre vide.
Quand je suis partie me blottir dans mes draps, au fond de la maison, sans un mot de plus, je crois avoir vu le visage de Dana s'affaisser, comme si elle pleurait, au moment où elle découvrait elle aussi la pièce inhabitée à côté de la sienne.
Je ne comprends pas pourquoi.
Pourtant, je lui sauve la vie en restant aussi loin que possible.

2016, 26 mars, Merkeley

A partir d'aujourd'hui, je ne m'approche plus de Dana. Je resterai aussi loin que possible, d'elle et de tous les autres. Je me lèverai plus tôt pour petit-déjeuner avant d'aller dans la cabane au fond du jardin. Je resterai seule. Il vaut mieux pour tout le monde.
Je vais demander à Papa ou à mes oncles de m'accrocher des étagères sur les murs pour que je puisse y poser mes maquettes et mes constructions.
Et le soir, j'irai manger dans ma chambre.
Et comme ça, tout le monde ira bien mieux.
Louka désapprouve ma décision, mais je sais qu'au fond, il pense exactement pareil.
Je suis dangereuse.

2016, 21 avril, Merkeley

Maman est venue me voir, inquiète de mon retrait. Je lui ai dit de s'éloigner, que je pouvais lui faire du mal et elle a soupiré avant de se rapprocher de nouveau.
Elle m'a dit que ça faisait des jours et des jours qu'on ne me voyait quasiment plus et qu'elle n'avait même pas pu toucher sa fille. Que Dana aussi était angoissée à l'idée d'y être pour quelque chose, qu'elle n'avait jamais voulu que je m'éloigne de la famille pour la protéger.
Maman m'a alors raconté comment c'était passé la découverte de son pouvoir, l'angoisse d'avoir toutes ces voix dans sa tête et de ne pas réussir à en contrôler le flux à telle point qu'elle pensait parfois devenir folle. Elle m'a ensuite expliqué que c'était seulement grâce à ses études et à l'étude de son don qu'elle avait réussi à avoir le contrôle qu'elle a aujourd'hui et que c'est quelque chose que j'allais devoir apprendre moi aussi. Que chaque pouvoir pouvait être contrôlé, il suffisait simplement de le vouloir. Et que de cette manière, je pourrais mieux connaître mon pouvoir et peut-être en déterminer les limites.
Je ne dois pas me laisser dominer. C'est mon pouvoir, ce n'est pas moi qui suis sa chose.
J'ai fixé Louka, roulé en boule sur un coussin. Il a longuement soutenu mon regard en me transmettant tout son soutient et son réconfort.
J'ai continué à regarder mon daemon. Son plâtre avait été ôté voilà quelques jours déjà. Et il me semble avoir tellement maigri. Ou bien est-ce mon propre reflet ? Depuis que nous sommes rentrés, il me suit partout sans rechigner, sans se plaindre, juste m'avertissant ici et là quand je m’apprête à faire quelque chose de risqué. Mais il ne joue plus, il ne rit plus, comme s'il était incapable de faire preuve de n'importe quelle expression joyeuse dorénavant. Il ne me semble pas aller bien du tout, couché toute la journée sur ce vieux chiffon à me regarder monter mes objets.
Un peu comme moi.
Alors, je me suis finalement redressée et ma mère m'a interrogé silencieusement du regard, les sourcils froncés.
J'ai attrapé une balle de tennis et je lui ai dit, en souriant je crois, "Ça fait un moment que Loulou n'a pas couru. Je pense qu'il a besoin de se remuscler un peu."
Et avant même que je ne finisse ma phrase, un crabe géant dévalait le jardin en pas chassés, attendant que je lui lance n'importe quoi.
Je crois aussi avoir ri à ce moment-là. C'était étrange. Ça faisait que je n'avais pas fait davantage qu'esquisser un sourire.

Je n'aurai plus à rester calfeutrer au fond de la propriété.

Je vais pouvoir contrôler mon don. Bientôt.

Enfin.

2016, 9 juillet, Merkeley

Amenée d'urgence à l'hôpital. Après explication de mon don, une pièce a été spécialement préparée pour moi, éloignée des autres patients.
C'est une bonne idée.
Je suis fatiguée. Mon nez ne veut pas s'arrêter de saigner.
Ils ont dit que mon stade n'était pas critique. Que je vais juste rester en observation et que j'aurai peut-être une ou deux transfusions pour m'aider à aller mieux.
Juste au cas-où, je vais passer toute une batterie de scanners pour écarter toute leucémie ou cancer.
Malgré tout, je dois faire attention. Si les transfusions ne suffisent pas, je serais peut-être inscrite sur la liste de demandes d'organe pour avoir de la moelle osseuse.

2016, 14 juillet

Je suis toujours fatiguée, mais d'après la médecin, tout risque est pour l'instant écarté. Je dois juste me reposer un peu avant de rentrer.
Une infirmière passe régulièrement me voir et quand mes deux parents ne sont pas là, elle reste un peu plus longtemps avec moi et elle me parlent. Parfois, je réponds, mais parfois, trop fatiguée, je l'écoute juste parler. Cette femme me parle de tout et n'importe quoi, sans réels tabous. Jusqu'à ce matin, où elle me raconta des événements qui s'étaient déroulés il y a plusieurs années et qui étaient liés à la population daemonienne.
Et au fur et à mesure de sa discussion, ponctuée par mes questions, je comprenais enfin. Tout ce qui s'était passé ces dernières années me semblaient enfin plus clair.
Pourquoi Maman était tombée dans le coma -à cause de ceux qui cherchaient des daemoniens-, notre déménagement soudain à Merkeley il y a trois ans, les absences répétées de ma mère et de mes oncles l'an dernier.
Elle continuait à parler sans réellement se rendre compte de rien. Et moi j'apprenais.
Et le dernier voile qui couvrait mes yeux s'était levé.
Louka semblait aussi partagé mon étonnement, couché sur mon lit sous sa forme de chien. Il avait enfin une réponse à toutes les questions que je n'avais pas écoutées, bien trop ennuyeuses pour moi.
Plus tard, quand mes parents sont tous les deux venus me rendre visite, j'ai eu un instant d'hésitation avant de ma raviser. Je voulais leur demander pourquoi, pourquoi m'avoir caché tant de choses, pourquoi m'avoir traité comme une enfant si longtemps, je voulais vraiment comprendre, mais à la place, des images de moi enfant courant naïvement dans le jardin, ou n'écoutant personne défilèrent dans ma tête. Louka avait compris pourquoi, lui. Il émanait de lui une sorte de reconnaissance à l'égard de mes parents, comme s'il les remerciait de nous avoir laissé vivre jusque là, d'avoir protégé mon innocence jusqu'à maintenant.
Et alors que je sentais la douceur de la main de Maman sur la mienne et qu'un sourire rassuré s'était dessiné sur son visage, je comprenais le point de vue de mon daemon.
D'une certaine manière, elle avait eu raison.

2016, 19 novembre, Merkeley

En me concentrant, j'ai enfin réussi à réduire le cercle ! Bon ce n'est qu'un petit mètre, mais c'est déjà un gros progrès ! Maman m'a demandé de ne pas me surmener et m'a ordonné d'aller au lit pour me reposer parce que ça m'avait demandé un gros effort de concentration.
Mais enfin. C'est possible, je peux maîtriser mon pouvoir !
Les heures de méditation, ces heures passées à essayer de toucher le bord du cercle, ne serait-ce que l'effleurer, sans pourtant y parvenir, ont fini par payer.
Maman aussi avait l'air heureuse. Et Dana a quand même tenu à me féliciter en venant me prendre dans ses bras. Elle m'a dit qu'elle avait la situation sous contrôle, qu'il n'y avait aucun risque.
Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas senti le contact de ma sœur.
Cette petite victoire fait un bien fou.
Peut-être que je pourrais même retourner bientôt au collège... Les cours à domicile finissent par être un peu pénibles à la longue...
Bientôt.
J'ai l'impression de voir le bout.
J'ai l'impression que je peux le faire. Que je peux être capable de tout.

2017, 07 avril, Merkeley

Plus rien ! J'y arrive enfin ! J'ai réussi à ramener le cercle à moi ! Je vais pouvoir retourner à l'école, parler à ma soeur sans que l'une ou l'autre ne soit au bout de la pièce et je n'aurai plus à craindre qu'il n'arrive quelque chose à qui que ce soit dans la rue.
C'est comme si je respirais enfin...
Bon, c'est une manière de parler, la réalité est tout autre depuis que Louka a pris encore du poids et qu'il s'entête à vouloir rester coucher SUR moi dans le lit.
Grogne pas, laisse-moi écrire.
Et oui, je sais que ça n'est pas fini, que pour contrôler mon pouvoir, je dois rester concentrer tout le temps et que ça m'épuise rapidement. Je sais tout ça Loulou...
Et dis-donc, tu pourrais pas être un peu plus positif ?
Mais je rigolais ! Enfin, c'est vrai, mais c'était de l'humour, ne sois pas vexé !
Ah. Oui, ça aussi. Oui, Maman a dit que le cercle avait juste été réduit, mais pas ramené à moi parce que j'en ressentais pas les effets, donc qu'il y a encore du chemin à faire. Je vais continuer à m'entraîner. Et peut-être que ce qu'elle m'a dit au sujet du contrôle de la douleur -mais si rappelle-toi, t'écoutes plus ou quoi ?-, j'arriverais peut-être un jour à contrôler la douleur des gens autour de moi, sans la faire disparaître.
Hm. Je suis d'accord. Il faudra que je reste concentrée aussi à ce moment-là quand je pourrais la manipuler, il ne s'agirait pas que j'augmente la douleur des gens sans faire exprès parce que quelqu'un m'aura bousculé...
Hey ! Je sais que tu peux entendre ce que je vais écrire, mais c'est un journal, le but étant d'écrire, alors...
Tu vas voir toi, je vais te transformer en hot-d...

2017, 27 juillet, Merkeley

Hôpital.
Trop fatiguée.
Je n'ai rien compris.
Marché juste dans la rue commerçantes. Faisait du bien, faisait longtemps.
Demandé une glace à Maman. Puis pendant que j'attendais, j'ai senti quelque chose. Comme si tout irradiait en moi. Je voyais mon cercle se détacher, s'étendre.
Tous hurlaient de douleur.
Maman était allongée sur le sol à crier.
J'ai essayé. J'ai essayé de toute mes forces. Je me suis concentrée. Énormément. Mon cœur battait trop vite. J'avais chaud. Mais j'avais compris. Je savais que c'était l'autre côté de mon pouvoir. La douleur.
Pourtant je contrôle pas ça et jusqu'à maintenant, ça ne s'est jamais manifesté. C'était juste une histoire de cercle et de gens souffrants parce qu'ils souffraient déjà avant. Mais là, ils allaient tous bien avant. Même Maman.
Alors, j'ai continué à essayer de me concentrer, mais je n'y arrivais pas. Et il faisait tellement chaud. Et il y avait tellement de cris.
Pourquoi je n'ai pas réussi ?
Pourquoi je n'ai pas pu contrôler mon pouvoir ? Pourquoi même en me concentrant, le cercle n'a fait que s'étendre et les gens crier plus fort ?
Maman m'a dit que m'évanouir avait sans doute sauver beaucoup de monde. Mon médecin a été beaucoup moins heureux de me revoir.
Le cercle n'est plus qu'autour de moi, maintenant. J'ai réussi à me concentrer de nouveau à mon réveil. Mais on m'a conseillé de dormir, de me reposer, que j'en avais beaucoup trop fait aujourd'hui.
Et que j'allais avoir besoin d'une perfusion.
Mon médecin avait l'air inquiet. Je lui ai demandé si mon état était pire que ce qu'elle laissait entendre, mais elle m'a rassuré. Elle m'a seulement expliqué que en ce moment, le nombre de personnes qui perdent subitement le contrôle de leur pouvoir ne cessait d'augmenter chaque jour et que personne ne comprenait pourquoi. Et que ça pouvait être dangereux quand ces personnes-là ont des pouvoirs à risque.
Traduction : Retour à la maison, Mira. Tu prends trop de risques en sortant dehors.


Qui tire les ficelles

Pseudo/Prénom : cwtch. / Gwen.
Âge : 3 ans. vingt-trois ans
Activité sur le forum : Bah je dirais tous les jours, jusqu'à théoriquement votre 17 heures, heure française.
Comment as-tu connu le forum ? Je le connais depuis... Une éternité en fait. J'imagine Bazzart, et je peux pas imaginer sa zone de publicité sans la fiche de ce forum, c'est pour dire. Et donc là, je prends un coup de vieux, par extension.
Un commentaire ? Un avis ? Une suggestion ? Tout le monde a pu attester de mon fort potentiel de graphiste. Je suis heureuse d'avoir pu vous faire découvrir mes talents. Cool Et ce n'est pas un de mes dessins, mais un coloriage trouvé sur internet !
Et si je te demande le code du règlement ?
  
MessageDim 13 Aoû - 12:40
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Date d'inscription : 23/06/2010Nombre de messages : 4189Nombre de RP : 238Âge réel : 27Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
Àsgard ValdasonADMIN-JVAISPASFAIREUNPAVE...OUPS! ♥|| èé
Je mords!..
Bienvenue sur le forum, attention le code n'est pas le bon ;)
  
MessageDim 13 Aoû - 12:53
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Date d'inscription : 12/08/2017Nombre de messages : 23Nombre de RP : 1Âge réel : 23Copyright : Eledhwen
Mira LockwoodNothing will be the same...
@Àsgard Valdason a écrit:
Bienvenue sur le forum, attention le code n'est pas le bon ;)

Le pire, c'est que j'avais lu le règlement, mais que j'avais pas du tout compris la phrase sur le ctrl+f. J'avais trouvé ça tellement original comme code que je pensais que c'était vraiment ça.
  
MessageDim 13 Aoû - 13:01
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Date d'inscription : 23/04/2017Nombre de messages : 147Nombre de RP : 32Âge réel : 25Copyright : .nephilimAvatar daëmon : Coati à Nez Blanc
Rafael GarcíasNothing will be the same...
Bienvenue ma belle

J'ai suivi ton arrivée, ravi que tu ai franchi le pas Bonne chance pour cette fiche
  
MessageDim 13 Aoû - 14:18
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Date d'inscription : 03/02/2017Nombre de messages : 204Nombre de RP : 33Âge réel : 20Copyright : Kyky!!Avatar daëmon :
Nollaig E. O'MalleyNothing will be the same...
Hello contente de découvrir ton personnage! Bon courage pour l'histoire (j'adore la forme que tu lui as donné en passant) et bienvenue à toi. Au plaisir de te croiser en rp :)
  
MessageDim 13 Aoû - 14:52
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Date d'inscription : 26/03/2011Nombre de messages : 1030Nombre de RP : 228Âge réel : 24Copyright : Cocopix/TumblrAvatar daëmon :
Jake EvansJ'aime les mikados è_é
Bienvenue sur LD !

Contente de voir que tu aies réussi à te décider pour ton personnage ! C'est une idée sympa de faire un personnage plus jeune !
Je te souhaite bon courage pour la fin de ta fiche !
  
MessageDim 13 Aoû - 15:53
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Date d'inscription : 08/06/2014Nombre de messages : 1672Nombre de RP : 173Âge réel : 22Copyright : ShiyaAvatar daëmon :
Liberty B. SeagardBeautiful kinectic rainbow
Bienvenue, chouette personnage j'ai validé ton code ;)
  
MessageDim 13 Aoû - 16:39
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Date d'inscription : 23/10/2015Nombre de messages : 1220Nombre de RP : 93Âge réel : 25Copyright : (c) aki'Avatar daëmon : Coyote
Kyllian GriffinMODO• I'm all kind of BAD luck
Bienvenue officiellement!

J'adore déjà ce personnage, entre l'avatar original, le fait qu'elle sera la fille du DC d'Ana et avec un don aussi prometteur
Bon courage pour la suite!
  
MessageDim 13 Aoû - 17:49
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Date d'inscription : 06/07/2017Nombre de messages : 149Nombre de RP : 18Âge réel : 21Copyright : aahorAvatar daëmon :
Kala JeffersonNothing will be the same...
j'aime beaucoup aussi ! hâte de voir la petite se développait in-rp
bon courage pour ta ficheee
  
MessageDim 13 Aoû - 18:21
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Date d'inscription : 30/11/2012Nombre de messages : 1490Nombre de RP : 187Âge réel : 18Copyright : © Lou'Avatar daëmon :
Erwan A. Valentini
« And if somebody hurts you
I wanna fight »
Aaaaah la voilààààààà.
Bienvenue officiellement parmi nous et bon courage pour la suite de ta fiche.
  
Message
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