(lulla) Sometimes things refuse to go the way we planned

 
  
MessageMar 10 Oct - 0:40
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Date d'inscription : 30/09/2017Nombre de messages : 20Nombre de RP : 2Âge réel : 24Copyright : MarelleAvatar daëmon :
Matèu A. VoulantNothing will be the same...
Sometimes things refuse to go the way we planned
Lulla & Matèu



« La voie est totalement libre, Mat’, mais fais vite. » J’entends la désapprobation dans le murmure de Calliope mais je n’en tiens pas compte, qu’elle fasse sa vie, moi je fais la mienne. Elle n’était pas d’accord pour venir ici ce soir, elle n’a eu d’autre choix que de me suivre lorsque j’ai commencé à me diriger vers ce quartier, vers cette baraque. L’avantage, c’est que j’en connais toutes les limites maintenant, après plusieurs mois à m’en faire visiteur indésirable de manière irrégulière. C’est un risque à chaque fois que je prends, mais un risque dont j’arrive de moins en moins à me passer. Et si Calli est la plus prompte de nous deux à saisir les occasions d’avoir des contacts humains, elle n’aime pas l’idée d’être là. Chez des inconnus. Chez des inconnus qui ne le sont plus tout à fait : je fais à peine attention aux photos et aux objets qui en font une maison habitée lorsque je glisse un couteau sous la fenêtre, lorsque je la passe et marche sans un bruit au plafond, chaussures laissées à l’extérieur pour faire ni bruit, ni trace sur mon passage. Calliope suit au sol, avec la grâce féline qui caractérise tous les animaux dans le genre. J’arrive au niveau de la cuisine, j’étends les mains pour me réceptionner comme je peux en poirier lorsque la gravité reprend ses droits. Elle saute sur le plan de travail pour me fixer d’un air sévère. « L’ordinateur n’est pas là. » J’hausse les épaules, fixe les placards. En ouvre un au hasard. « Mat’, tu m’avais dit juste un rapide coup d’œil aux informations, pas… » Je trouve un verre, le pose sur la table, pars en quête d’une bouteille d’eau : avec une maison aussi friquée que celle-là, c’est presque certain que… « Mat’, tu ne peux pas t’attarder, bon sang ! » Je secoue la tête, m’obstinant à ignorer ses miaulements. « Mat’, repose ce verre. » « Ta gueule, Calli, va chasser une souris, laisse-moi tranquille. »

D’un mouvement brusque, je me sers un verre, la laisse en plan pour repartir dans mon exploration nocturne de la baraque. Cette fois, je reste terre-à-terre : difficile de jouer à l’astronaute avec un verre d’eau, j’ai déjà essayé dans une autre baraque, ça s’est mal fini. Il ne faut pas plus d’une seconde pour que Calli me rejoigne, j’ai un mouvement menaçant dans sa direction : si elle s’obstine, je peux l’éjecter en l’attachant au mur, elle le sait très bien. Et il est loin l’époque où il lui suffisait de se transformer en piaf pour contrer mes agressions. Quoiqu’il en soit, j’arrive au niveau de l’ordinateur. L’avantage, face aux maisons fantômes, c’est qu’on en est maître dès qu’on arrive à y entrer quand leurs propriétaires sont semi-absents. En théorie, la môme est dans sa chambre en train de pioncer, ce qui rend inutile toute alarme dans le reste de la baraque. En théorie. Et… « Un jour ils en foutront une, Mat’. » Et voilà que madame recommence. Je l’ignore, encore. Préfère déverrouiller l’ordinateur, les yeux rivés sur l’écran, les oreilles dirigées plutôt sur le reste de mon environnement. « Tu m’écoutes quand je te miaule ? » Je me pince l’arête du nez. « T’as qu’à monter la garde. Ou chercher s’ils ont laissé traîner des billets. » On ne sait jamais : ce sont les seules sources d’argent que je m’autorise à voler en règle générale, parce que ce sont vraiment les plus faciles à écouler. Quoiqu’il en soit, le navigateur internet s’ouvre, je lance quelques recherches, mes recherches de routine. Calliope n’a pas besoin de voir l’écran pour savoir ce que je lis. Elle n’a même – tristement – pas besoin de lire mes pensées. Juste de sentir ce que je ressens.

Et comme toujours, en faisant les cent pas au sol, elle commente. « Elle te cherche encore. » Bien sûr qu’elle me cherche. « Et il y a de plus en plus de personnes contaminées. » Je me tourne vers elle : « Aux dernières nouvelles, je sais lire. Alors si tu veux bien te la fermer. Et dégager de ma tête, si possible. » Ce serait si bien. Et en même temps, je suis conscient que ma solitude serait définitive. Et ça… J’ouvre d’autres pages, laisse mes doigts pianoter sur le clavier, sans taper le moindre caractère. Sans savoir ce que je peux bien vouloir chercher de plus, ce que je peux avoir le cran de chercher en plus. J’ouvre la boite mail que je me suis créée il y a quelques mois maintenant, tout en sachant qu’il n’y aura aucun mail en attente d’être lu. Parce qu’il n’y a pas vraiment de mail, et… « Mat’ ! » La voix de Calli n’est plus chargée de reproche, elle n’est même pas peinée – les deux émotions principales qui ressortent à chaque fois que Calli me parle – et c’est ça qui m’avertit en premier. Ca, et le mouvement dans le couloir. Il ne m’en faut pas plus pour fermer le navigateur et me laisser tomber au plafond d’un bond. Je le heurte avec violence – je hais les hauts plafonds – sans savoir si ça va suffire. L’écran de l’ordinateur est toujours allumé. Mes recherches sont toujours dans l’historique. Mon verre est toujours sur la table. Et moi, je suis allongé au plafond sans savoir ce que je vais bien pouvoir faire dans les minutes à venir. J’aperçois la queue de Calliope dans le canapé au moment où une silhouette entre dans la pièce. Et je retiens ma respiration. Dans ma tête, j’entends la voix de Calliope me dire je te l’avais bien dit. Je me mords la lèvre en voyant passer un gros chien. Chacal, Calli s’empresse de rectifier.

Génial. Chien contre chat. Intrus contre propriétaire. Pitié la môme, casse toi.



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MessageJeu 12 Oct - 22:44
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 90Nombre de RP : 21Âge réel : 27Copyright : MojeAvatar daëmon :
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Quand j'ouvre les yeux, je suis enroulée contre Mahkha. Le calme tranquille de sa respiration me berce d'ordinaire. Pas ce soir. Mon estomac grogne tout ce qu'il peut contre mon jeûne forcé. - Ca t'apprendra à ne pas te nourrir, ronchonne Mahkha dans mon esprit. Il a raison, bien évidemment. Si je n'avais pas fait toute une scène lors du dîner, je n'aurais pas eu à quitter la table pour faire une sortie dramatique. D'autant plus que malgré tous mes arguments, aucun des deux hommes n'a faibli. La réunion de ce soir ne me concernait soi-disant pas. Je n'ai, selon eux, pas mon mot à dire tant que je ne suis pas Seïf à mon tour. Mon travail consiste pour l'instant à, je cite, mettre un peu de plomb dans ma cervelle de moineau et me tenir à l'écart des problèmes. Je suis donc tenue de rester ici, bien en sécurité dans ma chambre, sous la garde de ma vieille gouvernante. Machinalement, je regarde l'heure sur mon téléphone : 2h47 du matin. Et, aucun message. Je pince les lèvres, déçue, avant de m'étirer le dos.

Je finis par me lever en m'éclairant avec mon portable. Je connais cette immense demeure aussi bien que la maison de mon père. Je sais quelle latte du parquet craque tout comme je suis capable de situer chacun des tableaux accrochés aux murs. J'aime la majesté de cet endroit comme on peut aimer un musée. Sans chaleur, sans affection. Tout est toujours si impeccablement rangé, nettoyé, aseptisé. Vidée de toute âme. En riposte, j'ai organisé ma chambre comme un joyeux bordel désorganisé. Tous les moyens sont bons pour me démarquer sans déclencher un incident diplomatique.

J'enfile un kimono au dessus de mon pyjama puis, je me faufile dans le couloirs. Mahkha me suit silencieusement. - Beignet ? Je lui demande mentalement tout en connaissant déjà la réponse. - Et muffin. Un sourire glisse sur mes lèvres alors que nous passons devant la porte entrouverte de la chambre de Clémence. La vieille femme s'est endormie dans son fauteuil, ses lunettes encore sur le nez, devant la télévision qui grésille doucement. Inutile de la réveiller. Mais, par soucis pour sa dignité, je ferme la porte le plus doucement possible, nous plongeant par la même occasion dans le noir.

À pas de loups, nous descendons l'escalier pour nous retrouver dans le hall. La cuisine ne me semble plus tant une priorité lorsque j'aperçois le couloir menant au salon privé de mon grand père. Un genre du bureau d'étude, très confortable. - C'est une mauvaise idée, souffle la voix de Mahkha dans mon esprit. - Oui, oui. Je lui réponds en m'engageant dans le couloir. - Il a dû prendre ses précautions. - Oui, sans doute. Je ne l'écoute qu'à moitié et poursuit mon avancée. - Tu sais qu'il n'écrit jamais ce genre de rendez-vous. C'est une perte de temps, Lulla. Cette fois-ci, je ne réponds pas. Je préfère vérifier que mon grand-père ne s'est pas montré négligeant. Ce serait dommage que des informations capitales tombent entre de mauvaises mains. Il serait alors de mon devoir de m'en emparer pour les mettre en sécurité, non ? Si au passage, je peux en savoir plus sur la raison de cette mystérieuse soirée, ce ne sera que paiement en réponse de mon excellente conduite.

Nous entrons dans le salon d'Augustus. À peine mes orteils ont-ils retrouvé le tapis duveteux qui en recouvrent le sol qu'une impression me frappe de plein fouet. Quelque chose ne va pas. L'ordinateur de mon grand-père émet une lumière bleutée. Il n'est pas en veille ni même éteint. Chiotte. Dans le même temps, Mahkha lève sa truffe et se met à renifler frénétiquement. - Il y a quelqu'un.

Je vais mourir. Sans bouger d'un cil, je tape le raccourci du numéro de mon père. Je n'ai plus qu'à appuyer sur une touche pour enclencher l'appel. Je devrais sans doute le faire. Immédiatement. - Passe ce coup de téléphone, Lulla. Je décide de l'ignorer royalement. Au contraire même, je colle mon dos contre le premier mur venu pour éviter toute attaque d'opportunité. Mes yeux cherchent une silhouette dans l'obscurité. Ils en distinguent partout. Derrière le canapé, contre la reproduction de Dalí, dans l'angle de la fenêtre. Rien ne bouge. J'ai soudainement la bouche incroyablement sèche. Ma gorge me gratte. Mon rythme cardiaque s'emballe. J'ai peur. Je suis terrifiée. Pourtant, au lieu d'être paralysé, j'ai l'impression que mon corps s'anime. Chacun de mes sens s'anime et s'exacerbe. Nous sommes nés pour survivre. Nous sommes intouchables. Cette certitude forge mon courage.

- Je vous préviens, si vous ne vous montrez pas immédiatement, j'appelle les flics.

Mon doigt ne quitte pas l'écran du téléphone, prêt à glisser sur la fonction d'appel. Cet intrus s'est complètement planté de maison. Il faut être complètement à l'ouest pour venir ici. Inconscient du danger. Je m'apprête à contacter bien plus redoutables que des policiers.

Les instincts prédateurs de Mahkha se mettent en branlent. Il remonte la piste des odeurs jusqu'au canapé et fixe son regard sur une touffe de poils qui dépasse. Il bande ses muscles. Au moindre mouvement brusque, il a prévu de sauter sur sa cible. Il a toujours adoré la chasse.

- Je vous laisse cinq minutes pour m'expliquer pourquoi vous êtes ici et ce que vous voulez. Et je vous déconseille de jouer les malins. Sinon quoi ? Sinon je vais hurler de toutes mes forces et Clémentine va venir te mettre un coup de canne. C'est ridicule. Le doute me saisit subitement. Et si cet intrus était en réalité missionné pour mettre un terme à ma trop courte existence.

Mahkha saisit ma pensée au vol. Il bondit sur sa cible, prêt à l'immobiliser de ses crocs.
  
MessageDim 15 Oct - 22:48
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Matèu A. VoulantNothing will be the same...
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Lulla & Matèu



J’ai beau savoir que c’est de ma faute si nous sommes dans cette situation-là, je ne peux pas m’empêcher d’en vouloir à Calliope pour… pour quoi ? Ne pas avoir prévu qu’une personne allait se réveiller, se lever, venir faire un tour par ici. Allongé au plafond, je retiens ma respiration, m’immobilise complètement. Et ne tarde pas à voir entrer dans la pièce une fille, sûrement plus jeune que moi. Et son daëmon. Un chacal, comme Calliope a rectifié dans mes pensées. Je la bloque, Calli, je bloque totalement ses pensées totalement ses émotions, mais je sais que les miennes sont en train de suinter, comme mon angoisse. Faire un mouvement, dans la position où je suis, c’est me trahir. Faire un mouvement, c’est risquer d’attirer l’attention sur moi. Mais rester en place, c’est aussi risquer une migraine et une perte de contrôle de ce qui me maintient au plafond. La gravité est inversée pour moi, la fille marche sur mon plafond, se tient la tête en bas. Et ne pense pas à regarder dans ma direction. C’est déjà ça. En revanche… Le daëmon renifle, je retiens ma respiration. Une pensée m’échappe. Putain de chien. Chacal, rectifie une nouvelle fois Calliope. Mais elle ne me reprend pas un seul instant sur mon langage : nous sommes sur la même longueur d’onde. Mon cœur accélère, dans des battements sourds bien trop sonores à mes tempes. Elle sort un téléphone, mon inquiétude file hors de moi pour percuter Calliope qui n’a beau rien voir de ce que je vois, ne peut que s’inquiéter elle aussi. Ce qui m’inquiète l’inquiète. Ce qui l’inquiète m’inquiète, on ne peut pas aller contre. On peut juste…

J’ai les yeux rivés sur l’écran, sur la position de ses doigts. Si la gravité s’inverse pour le téléphone, il y a une chance sur deux pour que je me trompe et qu’elle s’inverse également pour la fille. Et donc qu’elle me rejoigne au plafond. En jouant sur l’effet de surprise et sur son esprit dérouté, je pourrais la mettre KO sans problème. Si la gravité se déplace en direction du mur, elle sera moins déstabilisée mais elle ne pensera pas à regarder vers le plafond, et… je suis ses mouvements, les yeux faisant l’aller-retour entre le canapé – Calliope – et l’intruse et son daëmon. Elle me cherche, lui aussi. Peut-être qu’elle va finir par appeler son père ou sa mère, mais surtout par sortir de la pièce. Ou alors juste sortir de la pièce et hausser les épaules en ne se disant qu’il ne s’agit que d’une anormalité passagère et que… - Je vous préviens, si vous ne vous montrez pas immédiatement, j'appelle les flics. « Mat’ ! » Calliope s’impose dans mon esprit, j’ai beau la repousser, elle s’y accroche et y reste. « Je vais faire diversion, profite-en pour partir ! » Je secoue inutilement la tête, même s ce n’est pas l’envie qui manque. C’est surtout que sous mes yeux écarquillés, je vois le chacal s’approcher de ma daëmonne. J’ai beau ne pas l’aimer, j’ai beau ne pas vouloir d’elle, « Calli, derrière toi… » J’espère qu’elle se déplace, je n’ose pas bouger. Je n’ose pas faire de bruit. J’ose seulement respirer, et c’est déjà quelque chose.

- Je vous laisse cinq minutes pour m'expliquer pourquoi vous êtes ici et ce que vous voulez. Et je vous déconseille de jouer les malins. Cinq minutes, cinq minutes, c’est tout juste ce que je pense pouvoir tenir sans bouger. Cinq minutes, ce n’est pas suffisant et c’est surtout juste une façon de parler, j’en ai plus que conscience. Sauf que je reste tétanisé, incapable de choisir. Calliope est muette, même en m’ouvrant à elle. La laisser appeler la police, ce n’est clairement pas une possibilité. La laisser appeler la police, voire juste quelqu’un, c’est… « NOOOON ! » Ma voix résonne, simultanée au mouvement du chacal. Calliope sort d’un bond du canapé dans un miaulement craintif, Je ramène mes genoux contre mon torse par réflexe avant de relâcher la pression pour tomber littéralement sur la fille, pour chercher à l’immobiliser. C’est un échec : si je la fais tomber elle, c’est à côté que je roule avant de me mettre prestement debout et surtout en garde. « Rameute ton chien, laisse-la tranquille ! » D’un mouvement de main, en accord avec ma daëmonne, je l’envoie au plafond dans un nouveau miaulement. Hors de portée. J’envoie aussi dans un même mouvement le téléphone. « J’vais partir, j’te jure je vais partir. » Je lève les mains. J’ai un regard vers l’ordinateur encore allumé. Et l’historique qui l’accompagne. « Tu pourras appeler les flics après, mais laisse-moi y aller. » Moi. Pas Calliope. « Je n’ai rien volé, juste un verre d’eau. » Et quelques informations.



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