(lulla) Sometimes things refuse to go the way we planned

 
  
MessageMar 10 Oct - 0:40
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Sometimes things refuse to go the way we planned
Lulla & Matèu



« La voie est totalement libre, Mat’, mais fais vite. » J’entends la désapprobation dans le murmure de Calliope mais je n’en tiens pas compte, qu’elle fasse sa vie, moi je fais la mienne. Elle n’était pas d’accord pour venir ici ce soir, elle n’a eu d’autre choix que de me suivre lorsque j’ai commencé à me diriger vers ce quartier, vers cette baraque. L’avantage, c’est que j’en connais toutes les limites maintenant, après plusieurs mois à m’en faire visiteur indésirable de manière irrégulière. C’est un risque à chaque fois que je prends, mais un risque dont j’arrive de moins en moins à me passer. Et si Calli est la plus prompte de nous deux à saisir les occasions d’avoir des contacts humains, elle n’aime pas l’idée d’être là. Chez des inconnus. Chez des inconnus qui ne le sont plus tout à fait : je fais à peine attention aux photos et aux objets qui en font une maison habitée lorsque je glisse un couteau sous la fenêtre, lorsque je la passe et marche sans un bruit au plafond, chaussures laissées à l’extérieur pour faire ni bruit, ni trace sur mon passage. Calliope suit au sol, avec la grâce féline qui caractérise tous les animaux dans le genre. J’arrive au niveau de la cuisine, j’étends les mains pour me réceptionner comme je peux en poirier lorsque la gravité reprend ses droits. Elle saute sur le plan de travail pour me fixer d’un air sévère. « L’ordinateur n’est pas là. » J’hausse les épaules, fixe les placards. En ouvre un au hasard. « Mat’, tu m’avais dit juste un rapide coup d’œil aux informations, pas… » Je trouve un verre, le pose sur la table, pars en quête d’une bouteille d’eau : avec une maison aussi friquée que celle-là, c’est presque certain que… « Mat’, tu ne peux pas t’attarder, bon sang ! » Je secoue la tête, m’obstinant à ignorer ses miaulements. « Mat’, repose ce verre. » « Ta gueule, Calli, va chasser une souris, laisse-moi tranquille. »

D’un mouvement brusque, je me sers un verre, la laisse en plan pour repartir dans mon exploration nocturne de la baraque. Cette fois, je reste terre-à-terre : difficile de jouer à l’astronaute avec un verre d’eau, j’ai déjà essayé dans une autre baraque, ça s’est mal fini. Il ne faut pas plus d’une seconde pour que Calli me rejoigne, j’ai un mouvement menaçant dans sa direction : si elle s’obstine, je peux l’éjecter en l’attachant au mur, elle le sait très bien. Et il est loin l’époque où il lui suffisait de se transformer en piaf pour contrer mes agressions. Quoiqu’il en soit, j’arrive au niveau de l’ordinateur. L’avantage, face aux maisons fantômes, c’est qu’on en est maître dès qu’on arrive à y entrer quand leurs propriétaires sont semi-absents. En théorie, la môme est dans sa chambre en train de pioncer, ce qui rend inutile toute alarme dans le reste de la baraque. En théorie. Et… « Un jour ils en foutront une, Mat’. » Et voilà que madame recommence. Je l’ignore, encore. Préfère déverrouiller l’ordinateur, les yeux rivés sur l’écran, les oreilles dirigées plutôt sur le reste de mon environnement. « Tu m’écoutes quand je te miaule ? » Je me pince l’arête du nez. « T’as qu’à monter la garde. Ou chercher s’ils ont laissé traîner des billets. » On ne sait jamais : ce sont les seules sources d’argent que je m’autorise à voler en règle générale, parce que ce sont vraiment les plus faciles à écouler. Quoiqu’il en soit, le navigateur internet s’ouvre, je lance quelques recherches, mes recherches de routine. Calliope n’a pas besoin de voir l’écran pour savoir ce que je lis. Elle n’a même – tristement – pas besoin de lire mes pensées. Juste de sentir ce que je ressens.

Et comme toujours, en faisant les cent pas au sol, elle commente. « Elle te cherche encore. » Bien sûr qu’elle me cherche. « Et il y a de plus en plus de personnes contaminées. » Je me tourne vers elle : « Aux dernières nouvelles, je sais lire. Alors si tu veux bien te la fermer. Et dégager de ma tête, si possible. » Ce serait si bien. Et en même temps, je suis conscient que ma solitude serait définitive. Et ça… J’ouvre d’autres pages, laisse mes doigts pianoter sur le clavier, sans taper le moindre caractère. Sans savoir ce que je peux bien vouloir chercher de plus, ce que je peux avoir le cran de chercher en plus. J’ouvre la boite mail que je me suis créée il y a quelques mois maintenant, tout en sachant qu’il n’y aura aucun mail en attente d’être lu. Parce qu’il n’y a pas vraiment de mail, et… « Mat’ ! » La voix de Calli n’est plus chargée de reproche, elle n’est même pas peinée – les deux émotions principales qui ressortent à chaque fois que Calli me parle – et c’est ça qui m’avertit en premier. Ca, et le mouvement dans le couloir. Il ne m’en faut pas plus pour fermer le navigateur et me laisser tomber au plafond d’un bond. Je le heurte avec violence – je hais les hauts plafonds – sans savoir si ça va suffire. L’écran de l’ordinateur est toujours allumé. Mes recherches sont toujours dans l’historique. Mon verre est toujours sur la table. Et moi, je suis allongé au plafond sans savoir ce que je vais bien pouvoir faire dans les minutes à venir. J’aperçois la queue de Calliope dans le canapé au moment où une silhouette entre dans la pièce. Et je retiens ma respiration. Dans ma tête, j’entends la voix de Calliope me dire je te l’avais bien dit. Je me mords la lèvre en voyant passer un gros chien. Chacal, Calli s’empresse de rectifier.

Génial. Chien contre chat. Intrus contre propriétaire. Pitié la môme, casse toi.



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MessageJeu 12 Oct - 22:44
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Quand j'ouvre les yeux, je suis enroulée contre Mahkha. Le calme tranquille de sa respiration me berce d'ordinaire. Pas ce soir. Mon estomac grogne tout ce qu'il peut contre mon jeûne forcé. - Ca t'apprendra à ne pas te nourrir, ronchonne Mahkha dans mon esprit. Il a raison, bien évidemment. Si je n'avais pas fait toute une scène lors du dîner, je n'aurais pas eu à quitter la table pour faire une sortie dramatique. D'autant plus que malgré tous mes arguments, aucun des deux hommes n'a faibli. La réunion de ce soir ne me concernait soi-disant pas. Je n'ai, selon eux, pas mon mot à dire tant que je ne suis pas Seïf à mon tour. Mon travail consiste pour l'instant à, je cite, mettre un peu de plomb dans ma cervelle de moineau et me tenir à l'écart des problèmes. Je suis donc tenue de rester ici, bien en sécurité dans ma chambre, sous la garde de ma vieille gouvernante. Machinalement, je regarde l'heure sur mon téléphone : 2h47 du matin. Et, aucun message. Je pince les lèvres, déçue, avant de m'étirer le dos.

Je finis par me lever en m'éclairant avec mon portable. Je connais cette immense demeure aussi bien que la maison de mon père. Je sais quelle latte du parquet craque tout comme je suis capable de situer chacun des tableaux accrochés aux murs. J'aime la majesté de cet endroit comme on peut aimer un musée. Sans chaleur, sans affection. Tout est toujours si impeccablement rangé, nettoyé, aseptisé. Vidée de toute âme. En riposte, j'ai organisé ma chambre comme un joyeux bordel désorganisé. Tous les moyens sont bons pour me démarquer sans déclencher un incident diplomatique.

J'enfile un kimono au dessus de mon pyjama puis, je me faufile dans le couloirs. Mahkha me suit silencieusement. - Beignet ? Je lui demande mentalement tout en connaissant déjà la réponse. - Et muffin. Un sourire glisse sur mes lèvres alors que nous passons devant la porte entrouverte de la chambre de Clémence. La vieille femme s'est endormie dans son fauteuil, ses lunettes encore sur le nez, devant la télévision qui grésille doucement. Inutile de la réveiller. Mais, par soucis pour sa dignité, je ferme la porte le plus doucement possible, nous plongeant par la même occasion dans le noir.

À pas de loups, nous descendons l'escalier pour nous retrouver dans le hall. La cuisine ne me semble plus tant une priorité lorsque j'aperçois le couloir menant au salon privé de mon grand père. Un genre du bureau d'étude, très confortable. - C'est une mauvaise idée, souffle la voix de Mahkha dans mon esprit. - Oui, oui. Je lui réponds en m'engageant dans le couloir. - Il a dû prendre ses précautions. - Oui, sans doute. Je ne l'écoute qu'à moitié et poursuit mon avancée. - Tu sais qu'il n'écrit jamais ce genre de rendez-vous. C'est une perte de temps, Lulla. Cette fois-ci, je ne réponds pas. Je préfère vérifier que mon grand-père ne s'est pas montré négligeant. Ce serait dommage que des informations capitales tombent entre de mauvaises mains. Il serait alors de mon devoir de m'en emparer pour les mettre en sécurité, non ? Si au passage, je peux en savoir plus sur la raison de cette mystérieuse soirée, ce ne sera que paiement en réponse de mon excellente conduite.

Nous entrons dans le salon d'Augustus. À peine mes orteils ont-ils retrouvé le tapis duveteux qui en recouvrent le sol qu'une impression me frappe de plein fouet. Quelque chose ne va pas. L'ordinateur de mon grand-père émet une lumière bleutée. Il n'est pas en veille ni même éteint. Chiotte. Dans le même temps, Mahkha lève sa truffe et se met à renifler frénétiquement. - Il y a quelqu'un.

Je vais mourir. Sans bouger d'un cil, je tape le raccourci du numéro de mon père. Je n'ai plus qu'à appuyer sur une touche pour enclencher l'appel. Je devrais sans doute le faire. Immédiatement. - Passe ce coup de téléphone, Lulla. Je décide de l'ignorer royalement. Au contraire même, je colle mon dos contre le premier mur venu pour éviter toute attaque d'opportunité. Mes yeux cherchent une silhouette dans l'obscurité. Ils en distinguent partout. Derrière le canapé, contre la reproduction de Dalí, dans l'angle de la fenêtre. Rien ne bouge. J'ai soudainement la bouche incroyablement sèche. Ma gorge me gratte. Mon rythme cardiaque s'emballe. J'ai peur. Je suis terrifiée. Pourtant, au lieu d'être paralysé, j'ai l'impression que mon corps s'anime. Chacun de mes sens s'anime et s'exacerbe. Nous sommes nés pour survivre. Nous sommes intouchables. Cette certitude forge mon courage.

- Je vous préviens, si vous ne vous montrez pas immédiatement, j'appelle les flics.

Mon doigt ne quitte pas l'écran du téléphone, prêt à glisser sur la fonction d'appel. Cet intrus s'est complètement planté de maison. Il faut être complètement à l'ouest pour venir ici. Inconscient du danger. Je m'apprête à contacter bien plus redoutables que des policiers.

Les instincts prédateurs de Mahkha se mettent en branlent. Il remonte la piste des odeurs jusqu'au canapé et fixe son regard sur une touffe de poils qui dépasse. Il bande ses muscles. Au moindre mouvement brusque, il a prévu de sauter sur sa cible. Il a toujours adoré la chasse.

- Je vous laisse cinq minutes pour m'expliquer pourquoi vous êtes ici et ce que vous voulez. Et je vous déconseille de jouer les malins. Sinon quoi ? Sinon je vais hurler de toutes mes forces et Clémentine va venir te mettre un coup de canne. C'est ridicule. Le doute me saisit subitement. Et si cet intrus était en réalité missionné pour mettre un terme à ma trop courte existence.

Mahkha saisit ma pensée au vol. Il bondit sur sa cible, prêt à l'immobiliser de ses crocs.
  
MessageDim 15 Oct - 22:48
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J’ai beau savoir que c’est de ma faute si nous sommes dans cette situation-là, je ne peux pas m’empêcher d’en vouloir à Calliope pour… pour quoi ? Ne pas avoir prévu qu’une personne allait se réveiller, se lever, venir faire un tour par ici. Allongé au plafond, je retiens ma respiration, m’immobilise complètement. Et ne tarde pas à voir entrer dans la pièce une fille, sûrement plus jeune que moi. Et son daëmon. Un chacal, comme Calliope a rectifié dans mes pensées. Je la bloque, Calli, je bloque totalement ses pensées totalement ses émotions, mais je sais que les miennes sont en train de suinter, comme mon angoisse. Faire un mouvement, dans la position où je suis, c’est me trahir. Faire un mouvement, c’est risquer d’attirer l’attention sur moi. Mais rester en place, c’est aussi risquer une migraine et une perte de contrôle de ce qui me maintient au plafond. La gravité est inversée pour moi, la fille marche sur mon plafond, se tient la tête en bas. Et ne pense pas à regarder dans ma direction. C’est déjà ça. En revanche… Le daëmon renifle, je retiens ma respiration. Une pensée m’échappe. Putain de chien. Chacal, rectifie une nouvelle fois Calliope. Mais elle ne me reprend pas un seul instant sur mon langage : nous sommes sur la même longueur d’onde. Mon cœur accélère, dans des battements sourds bien trop sonores à mes tempes. Elle sort un téléphone, mon inquiétude file hors de moi pour percuter Calliope qui n’a beau rien voir de ce que je vois, ne peut que s’inquiéter elle aussi. Ce qui m’inquiète l’inquiète. Ce qui l’inquiète m’inquiète, on ne peut pas aller contre. On peut juste…

J’ai les yeux rivés sur l’écran, sur la position de ses doigts. Si la gravité s’inverse pour le téléphone, il y a une chance sur deux pour que je me trompe et qu’elle s’inverse également pour la fille. Et donc qu’elle me rejoigne au plafond. En jouant sur l’effet de surprise et sur son esprit dérouté, je pourrais la mettre KO sans problème. Si la gravité se déplace en direction du mur, elle sera moins déstabilisée mais elle ne pensera pas à regarder vers le plafond, et… je suis ses mouvements, les yeux faisant l’aller-retour entre le canapé – Calliope – et l’intruse et son daëmon. Elle me cherche, lui aussi. Peut-être qu’elle va finir par appeler son père ou sa mère, mais surtout par sortir de la pièce. Ou alors juste sortir de la pièce et hausser les épaules en ne se disant qu’il ne s’agit que d’une anormalité passagère et que… - Je vous préviens, si vous ne vous montrez pas immédiatement, j'appelle les flics. « Mat’ ! » Calliope s’impose dans mon esprit, j’ai beau la repousser, elle s’y accroche et y reste. « Je vais faire diversion, profite-en pour partir ! » Je secoue inutilement la tête, même s ce n’est pas l’envie qui manque. C’est surtout que sous mes yeux écarquillés, je vois le chacal s’approcher de ma daëmonne. J’ai beau ne pas l’aimer, j’ai beau ne pas vouloir d’elle, « Calli, derrière toi… » J’espère qu’elle se déplace, je n’ose pas bouger. Je n’ose pas faire de bruit. J’ose seulement respirer, et c’est déjà quelque chose.

- Je vous laisse cinq minutes pour m'expliquer pourquoi vous êtes ici et ce que vous voulez. Et je vous déconseille de jouer les malins. Cinq minutes, cinq minutes, c’est tout juste ce que je pense pouvoir tenir sans bouger. Cinq minutes, ce n’est pas suffisant et c’est surtout juste une façon de parler, j’en ai plus que conscience. Sauf que je reste tétanisé, incapable de choisir. Calliope est muette, même en m’ouvrant à elle. La laisser appeler la police, ce n’est clairement pas une possibilité. La laisser appeler la police, voire juste quelqu’un, c’est… « NOOOON ! » Ma voix résonne, simultanée au mouvement du chacal. Calliope sort d’un bond du canapé dans un miaulement craintif, Je ramène mes genoux contre mon torse par réflexe avant de relâcher la pression pour tomber littéralement sur la fille, pour chercher à l’immobiliser. C’est un échec : si je la fais tomber elle, c’est à côté que je roule avant de me mettre prestement debout et surtout en garde. « Rameute ton chien, laisse-la tranquille ! » D’un mouvement de main, en accord avec ma daëmonne, je l’envoie au plafond dans un nouveau miaulement. Hors de portée. J’envoie aussi dans un même mouvement le téléphone. « J’vais partir, j’te jure je vais partir. » Je lève les mains. J’ai un regard vers l’ordinateur encore allumé. Et l’historique qui l’accompagne. « Tu pourras appeler les flics après, mais laisse-moi y aller. » Moi. Pas Calliope. « Je n’ai rien volé, juste un verre d’eau. » Et quelques informations.



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MessageVen 27 Oct - 17:40
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La tension grimpe lentement. Elle embaume l'air autour de moi tandis que l'angoisse me prend. Mahkha la ressent, lui aussi, par le prisme de notre lien. Il agit. Il se jette sur sa proie, décidé à mettre un terme à cette comédie. À nous protéger. Un cri retentit alors que je me retrouve bousculée, projetée contre le sol. L'inquiétude se mue en terreur. Je rassemble mes jambes contre moi, prise de panique. Ma moitié en perd sa concentration. Brusquement, ses yeux d'ambre se tournent dans ma direction. Il hurle. Je sais, moi, que son cri animal n'est pas celui d'un prédateur, mais un appel, une crainte. Je relève le menton, décidée à regarder la mort en face. Je me force à garder un certain contrôle sur mes émotions. Ça bat tellement fort à l'intérieur de ma poitrine. Je ne peux pas, je ne veux pas, mourir ici. - Alors bats-toi ! Rugit ma moitié dans mon esprit. Si ses mots se mélangent à la menace de l'inconnu, ils me rassérènent et m'encouragent. Me battre, je sais faire. Avec mes propres armes. Je ne cache plus mes émotions. Ni la colère ni la peur.

- Attrape cette saleté ! Je lui réponds sans prononcer un mot. Un bruit d'air aspiré retentit, suivi par un choc sonore. Je n'ai aucune idée de ce qui vient de se passer. Je ne peux pas détacher les yeux de mon agresseur. Je n'ai pas le droit de lui laisser la moindre occasion de s'en prendre à moi. - Je ne peux pas l'atteindre ! Mahkha grogne. La frustration le gagne. Il se met à tourner en rond. Il perd son sang-froid, incapable de se désigner une cible. Incapable de me protéger. Il a déjà connu ce sentiment. Il se rappelle avec efficacité l'impression d'impuissance, la rage, et la douleur de ce soir-là à Washington. Ryan ne viendra pas me sauver cette fois. Pas de super-héros pour me venir en aide. Mon doigt glisse sur l'écran d'appel. Enfin.... J'essaie. J'essaie vraiment d'appeler sauf que le téléphone m'échappe brusquement pour aller se coller au plafond ! - Non ! Je pousse un cri, incapable de me taire. Ma porte de sortie vient de m'être enlevée. Mon échappatoire. Mon issue de secours. Ce n'est pas Clémence qui me viendra en aide.

Je refuse de dire mon dernier mot. L'histoire ne peut pas se finir comme ça. Alors, je me prépare. S'il s'approche, ne serait-ce qu'un peu, je jure de lui envoyer le plus beau coup de pied dans les noix qu'on ait jamais vu. Je pourrai m'enfuir. Je pourrai. On va y arriver ! Je m'accroche de toutes mes forces à cette certitude, mue par un instinct de survie que je ne me connaissais pas. - Je vais les tuer.... gonde Mahkha à l'intérieur de ma tête.

J'attends de mettre mon plan - clairement inspiré de la cinquantaine de films d'horreur que j'ai vu, en œuvre. Je me prépare à des menaces, à ce que l'ombre d'un couteau ou d'une arme à feu se dévoile. Les mains de l'homme, levées en l'air, mettent un terme à mon scénario imaginaire. - Qu... Quoi ? L'incrédulité de ma voix va de paire avec l'absurdité de la situation. Ce qu'il me dit n'a aucun sens. Un verre d'eau ? Mais qu'est-ce que j'en ai à faire d'un verre d'eau ! Oh mon dieu ! Je suis tombée sur un malade mental ! Un aliéné qui s'est échappé de l'asile ! Il cherche à briser ma méfiance pour pouvoir tranquillement me découper en petits morceaux, les passer dans un mixer et se faire un smoothie avec !

- Si tu touches à ma moitié, je dévorerais la tienne ! rugit Mahkha à pleine voix, tout crocs dehors. Je lui jette un regard. Il n'a rien d'un terrifiant prédateur à mes yeux, il fait simplement preuve d'une dévotion sans faille. Mon âme, mon allié de toujours. - Il ne va rien me faire, je mens sans même savoir pourquoi. Si ce type est un malade, un dégénéré, il faut que je trouve la faille. Je ne suis même pas sûre de ce que j'avance. Alors j'interroge l'intrus d'un regard certain. - N'est-ce pas ? Dis oui, s'il te plaît. Dis que tu n'es pas un violeur en série, un psychopathe, un schizophrène sans traitement. Je hoche lentement la tête. Il faut que je reprenne mes moyens, il me faut plus de consistance. Ce que ma gorge peut être sèche ! - Je.... Je peux me lever ? De toutes façons, qu'a-t-il à craindre de moi ? J'ai l'air d'une gamine sans défense. Ce que je suis au demeurant. Ma grande bouche ne me sera d'aucune utilité si on en vient aux mains. Sauf peut-être pour crier.

Alors, je me lève. Très doucement. Je tremble un peu et fais quelques pas en arrière. - Mahkha ne va rien faire à ta daemone, c'est promis. D'instinct, le chacal se rapproche de moi sans quitter l'autre des yeux. Par pitié, faîtes que l'intrus s'intéresse à moi et pas à mon daëmon dont l'hostilité est trop palpable. - Je m'appelle Lulla. Il paraît que, face à un fou, c'est ce genre de choses qu'il faut dire. Ça leur rappelle qu'ils sont face à un être humain avec une histoire et une famille. Hors de question, que je lui balance que je ne crois pas du tout à son histoire de verre d'eau. On ne s'introduit pas chez les gens juste pour ça. - Et, toi ? Peut-être que je peux l'amadouer et m'en sortir sans finir en smoothie. Peut-être. Misons sur mon visage de poupée.

Prions pour que je ne rentre pas dans les critères de ses victimes.
J'ai peur. Je ne veux pas mourir ici.

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MessageVen 17 Nov - 0:15
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Mettre Calliope en sécurité est ma priorité. C’est ironique lorsqu’on pense aux efforts que je peux faire pour me détacher d’elle, je le sais, mais c’est mon premier réflexe depuis toujours et ça le restera toute ma vie, je crois. Je rétablis la gravité, je tombe, je roule, je prends la fille au dépourvu. Détourner son attention. Protéger mon daemon. L’instant d’après, dans un miaulement de surprise, c’est au tour de Calliope de percuter le plafond. Autour du téléphone de la fille, aussi. - Non ! Je n’ai pas besoin de regarder Calli’ pour savoir qu’elle n’a qu’une hâte : me rejoindre. Qu’on soit l’un à côté de l’autre. Je le sens, dans mes tripes, je le sens dans ma panique et ma respiration. Dans sa panique, dans sa respiration. Calliope avait raison, je n’aurais jamais dû mettre les pieds ici, c’était trop dangereux. Pour elle, pour moi, pour notre inexistence, pour… pour tout. Je fais face à la fille, j’ai les mains levées dans un geste universel d’apaisement, j’ai le cœur qui bat à toute vitesse dans ma poitrine et mon attention est non seulement tournée vers le duo, mais aussi vers Calli qui me rejoint en passant par le plafond. Je ne peux tout simplement pas la laisser appeler les flics, je ne peux même pas la laisser raconter ce qu’il vient de se passer, ou même la laisser dessiner mon visage. Je ne peux pas… « Calme toi mon poussin » Calliope miaule lorsqu’elle arrive au-dessus de moi. Elle retombe, le téléphone aussi, il heurte le sol avec violence, m’arrachant une grimace : pas sûr que l’objet ait apprécié l’aller-retour.

Pas sûr non plus qu’un seul de nous quatre apprécie tout ce qui est en train de se passer dans la pièce. Qu’elle laisse Calli’ tranquille et je jure que je vais partir. Partir, c’est tout ce que j’ai envie de faire, là. J’ai rien fait de mal, j’ai rien volé, j’ai rien abimé, j’ai… j’ai les yeux qui dérivent vers l’ordinateur, c’est plus fort que moi. - Qu... Quoi ? Elle ne comprend pas, mais elle ne semble pas bien méchante non plus. Sauf que son daemon est autrement plus impressionnant que Calliope, et que s’il se jette dessus avant que je n’arrive à la jeter elle au plafond, elle n’a aucune chance de s’en sortir. Et donc, je n’ai aucune chance de m’en sortir. Sauf si… - Si tu touches à ma moitié, je dévorerais la tienne ! J’ai un nouveau pas en arrière, Calliope se réfugie dans mes bras dans un nouveau miaulement. « Je… » « Essaye un peu de me toucher, chien galeux, et tu gémiras comme un chiot ! » « Calli’, tu n’aides pas, là ! » Et c’est elle qui est supposée être la plus posée de notre duo ? Je me crispe, les choses sont clairement en train de dégénérer. Calliope plante ses griffes, s’assoit sur mon épaule avec la souplesse des félins et l’habitude des hauteurs et des espaces exigus. Et un équilibre précaire aussi. Il ne va rien me faire. N'est-ce pas ? Je sursaute, c’est à moi que la fille s’adresse. Je lui lance un regard à mi-chemin entre l’espoir et l’angoisse la plus profonde. - Je.... Je peux me lever ? J’hoche la tête, incapable d’articuler un mot de plus : j’ai la main posée sur le poitrail de Calliope pour la retenir si jamais l’envie lui prend soudain d’en découvre avec l’autre daemon. Elle ne gagnerait jamais un duel, et… J’admire la confiance que t’as en moi, Mat’. Je n’ai même pas à le penser : son silence brutal me prouve qu’elle a compris la réponse que je voulais lui donner. Bien sûr que je n’ai pas confiance en elle. Je refuse d’avoir confiance en elle, je rechigne à lui concéder quoique ce soit qui puisse nous mener vers une réelle réconciliation.

- Mahkha ne va rien faire à ta daemone, c'est promis. Le chacal se rapproche d’elle, Calliope ne trouve rien de mieux à faire que de feuler et de laisser son poil se hérisser. « Calliope va être intelligente et laisser Mahkha tranquille. » J’articule pour deux, sans même chercher à avoir l’avis de ma daemonne. Duo instable. Nous formons un duo si fendillé, contrairement à ce Mahkha et… - Je m'appelle Lulla. … et cette Lulla. Je reste immobile, sur la défensive, en observant chacun de ses mouvements, prêt à me jeter sur elle si jamais elle cherche à récupérer son portable, partir ou faire du bruit. Calliope est clairement agressive, j’ai conscience de ne pas être beaucoup mieux même si moi, au moins, je ne cherche pas à être provoquant. - Et, toi ? Casse-toi, Mat’. J’ose un coup d’œil en arrière, vers la fenêtre par laquelle je suis entré tout à l’heure. Un peu trop loin, encore, le portable est lui trop près de Lulla. Situation compliquée. Commençons par le plus simple : et moi, c’est comment ? « Mat’. Et elle, c’est Calli. » Je parle pour deux, encore.

Nous sommes coincés dans une situation, ou la solution la plus simple ce serait vraiment que je la fasse taire d’une façon ou d’une autre. J’imagine qu’elle a déjà dû faire des additions : mec louche qui rentre dans une baraque la nuit = mec clairement pas net qui ne veut pas avoir à faire aux autorités. Paria aussi, sûrement. Je désigne le téléphone. « N’essaye pas de le toucher, sinon je te fais du mal. Pour le reste, tant que tu n’essayes pas d’alerter quelqu’un, tu n’as pas à avoir peur de moi. » Bien, bien, bien. Et pour le reste ? « Je peux pas boire l’eau courante, j’ai trop peur qu’elle soit contaminée. » Continuer sur le verre d’eau, ça me semble être le plus simple, le plus évident et le plus sûr pour moi. Je n’ose toujours pas reculer. Ni avancer. Mais je commence à avoir des fourmis dans les jambes. « Tu vis seule ici ? » Si je t’assomme, combien de temps pourra s’écouler avant que quelqu’un te trouve ? « Tu comptes me dénoncer ? » « Mat’ ! Bien sûr qu’elle va te dénoncer, qu’est-ce que tu crois ! » Calliope a beau essayé de murmurer pour pallier le blocage que je lui impose, sa voix est trop audible.



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MessageJeu 30 Nov - 21:44
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Je ne peux pas m'empêcher de sursauter au bruit sourd que provoque le retour au sol de mon téléphone et du daëmon. Mahkha rugit férocement à la menace du... chat ? Lynx ? Animal non encore répertorié ? Peu importe finalement, la bestiole a au moins aussi mauvais caractère que lui et j'ai toutes les peines du monde à contrôler mon daëmon. Je ressens beaucoup trop profondément son inquiétude et la façon qu'il a de transformer son angoisse en rage. Il est tendu, prêt à sauter à la gorge des intrus à la moindre occasion. Ses pattes martèlent le sol en arc de cercle autour de moi. Tant bien que mal, j'essaie de maîtriser la situation et d'apaiser le conflit.

Par chance, l'inconnu a l'air de partager mon état d'esprit. Je hoche mécaniquement la tête quand il m'assure que sa daëmone va se calmer. Mon assentiment n'a rien d'une marque de confiance, il n'est que le révélateur de mon envie de survivre. On raconte que les psychopathes les plus dangereux du monde avaient tous en commun d'avoir l'air parfaitement sain d'esprit. Ils savent sûrement se montrer aimables et prévenants dans le but d'endormir la méfiance de leurs victimes. Je dois rester sur mes gardes ! - Ce n'est pas un psychopathe, gronde le chacal dans ma tête. - Tu n'en sais rien ! - Lulla ! Réfléchis ! Chose que je ne fais pas. Je préfère rester sur ma ligne de conduite et donner mon prénom. Établir un lien émotionnel me semble judicieux pour tenter de survivre.

Je souris faiblement à l'annonce de leurs prénoms respectifs. J'aimerais bien dire que je suis enchantée de les rencontrer, sauf que ce serait un mensonge sans aucune crédibilité. Qu'on se mette d'accord, ce qui me dérange dans l'idée, c'est le manque de vraisemblance pas l'absence de vérité. - Dans le pire des cas, il travaille pour des ennemis de ton grand-père. Je ne comprends pas ce qui peut bien lui faire penser ça. Pourtant, en temps normal, j'estime être une fille plutôt futée. - L'ordinateur. Je coule un regard en direction du matériel informatique. Ça fait sens dans mon esprit. Il cherche des infos. Journaliste, ennemi, ou flic. Sauf que.... Si c'était un ennemi, il m'aurait sans doute déjà tuée. Ou maîtrisé puisqu'il en a visiblement le pouvoir via sa capacité. Je n'ai pas le temps de me pencher plus sur la question qu'une nouvelle menace sort de la bouche de l'étranger. Je la reçois en pleine face sans qu'elle engendre autant d'angoisse qu'auparavant. Flic ou journaliste, il ne me tapera pas dessus.

- J'vais rien faire.
-Tu la touches et tu es mort !


Nos réponses fusent en même temps. Ma docilité ne l'emporte pas sur le timbre de voix rauque et puissant du chacal. Aux aguets, il ne les quitte pas des yeux une seule seconde. Je le réprimande.

- Mahkha ! S'il te plaît !

Je n'obtiens qu'un grognement en guise de réponse. Au moins, il ne fait pas le moindre mouvement qui pourrait laisser penser qu'il va leur sauter à la gorge. La lumière se fait dans mon esprit quand il parle de l'eau contaminé. C'est un paria ! Tout concorde ! De ses fringues à la peur latente au fond de ses yeux ! J'en écarquille les miens ! - Je ne vis pas ici. - Ne leur dis rien ! s'insurge ma moitié dans mon esprit. - C'est chez mon grand-père. Tu n'as pas choisi le meilleur endroit du monde pour venir boire. Je m'abstiens de mentionner la présence de Clémence à l'étage. Je n'ai vraiment pas envie de voir ma vieille gouvernante mêler à tout ça ni courir le risque qu'elle se retrouve blessée par ma faute.

Ma respiration commence à se calmer. L'impression de danger qui comprime mes poumons se fait moins pesante. Quand Calli, puisque c'est son nom, chuchote à l'oreille de son humain que je vais le dénoncer, je réagis instinctivement, sentant la pression revenir à la charge. - Non, bien sûr que non ! Je crie. J'aurais voulu conserver mon calme. - Je... Quoi ? Je cherche mes mots, déjà. Mon regard papillon quelques secondes autour de moi, comme si j'avais la moindre chance de les retrouver couchés tranquillement sur le sofa ou accroché au tableau qui trône sur le mur opposé. - Je peux te donner de l'eau. Plusieurs bouteilles, pour t'éviter d'être contaminé. - Pourquoi tu lui proposes ton aide ? - C'est un paria ! - Il peut tout de même être dangereux. Je le sais ça. Mais s'il l'était vraiment... La diplomatie reste notre meilleure option. Il faut que je continue à le faire parler pour être en mesure de mieux juger la situation.

- En fait, je peux t'aider à trouver ce que tu as besoin ce soir. En échange, tu ne me feras pas de mal. Je préfère te prévenir que s'il m'arrive quoi que ce soit, ma famille te retrouvera, peu importe où tu te caches, ils te trouveront. Mon ton est mesuré et je le regarde dans les yeux sans ciller. - Je ne dis pas ça pour te faire peur. Ma voix se perd dans un chuchotement. Mon regard se fait plus lointain. Je suis bien placée pour savoir jusqu'où ceux qui partagent mon sang sont capables d'aller. - Je dis juste que... tu as de la chance d'être tombé sur nous. Plutôt que sur eux.

Mahkha ronge peut-être son frein, mais, il a la décence de se taire. Il se contente de continuer ses arc-de-cercles nerveux autour de moi. Comme s'il pouvait me protéger de cette façon. Empêcher que l'on ne m'approche de trop près.

- Je suppose que tu as peut-être faim. On descendait manger quelque chose à la cuisine. Je n'ai pas encore dîné. On peut te donner quelques trucs à emporter. Gagner sa confiance, jouer sur mon visage innocent. Agrémenter ma tentative de manipulation d'un soupçon de vérité. - Ils ne remarqueront rien s'il manque un paquet de pâtes ou un sandwich au poulet. Je peux toujours leur dire qu'un ami est passé me voir...

Tout ceci a sans doute l'air surréaliste. C'est même au-delà du stupide. Mais, à bien y regarder, au fond des yeux de Mat', il y a quelque chose de fissuré. Au moins autant que chez moi. Moi, j'ai juste appris a bien le cacher. Je prends le risque de lui tourner le dos et d'avancer vers la cuisine. Je suis tendue. Il m'est difficile de faire confiance. Je n'ai fait que quelques pas quand je reprends la parole.

- Au fait, j'espère que tu as bien effacé tes traces sur l'ordi. Mon grand-père est maniaque, il s'attache aux moindres détails.
  
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