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A nos instincts • Kayla

 
  
MessageMer 6 Déc - 14:08
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Date d'inscription : 09/10/2013Nombre de messages : 1546Nombre de RP : 379Âge réel : 26Copyright : solosand (sign) / sweet disaster (av)Avatar daëmon :
Mali A. LeonidovLife is a biche
à nos instincts
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Si ma maison tient encore debout, c’est surtout grâce à elle. La dernière villa, Kelly est à même de témoigner de l’état dans lequel elle a terminé la dernière fois que j’ai voulu la défendre. Pour Louise, aucun mur ne peut faire le poids. Je détruirais dix autres maisons s’il le fallait pour la protéger de ce monde. Je ne pourrai pas le faire éternellement, j’en suis conscient (même si Nuna a encore des efforts à faire de ce coté là pour l’admettre) et Louise aura tôt ou tard fait les frais de la vie que nous menons. Elle connaîtra les doutes, elle aura peut-être un jour peur du don de son père, ou une phobie inexplicable du feu. Mais elle aura connu la douceur d’un foyer, la chaleur d’une présence féminine voire maternelle (quoi qu’en dise Kayla, elle s’est toujours plus comportée comme une mère que comme une marraine pour Louise) et l’amour de « deux parents ». Pas le schéma typique d’une famille qu’on s’attendrait à voir dans une petite maison mitoyenne du New Jersey. Mais c’est notre maison. Notre foyer. Un foyer qui ressemble à l’arche de Noé, avec un étalon, une biche, une femme en flamme, un homme capable de changer de forme animale au gré de ses envies (et de façon un peu incontrôlable dernièrement) et les daëmons des filles qui n’arrêtent pas de changer de forme au gré de leurs envies. Selon qu’ils croisent dans le jardin une abeille, une couleuvre, une colombe ou un chat errant.

« On ira, si t’es sage. Comme si je m’adressais aux filles, je prends un air inquisiteur et montre le ciel du doigt Le Père Noël t’observe. »

Kayla a passé l’âge d’y croire. De croire aux contes de fées aussi. Sur cette ligne, je ne regrette en rien de l’avoir faite entrer dans ma vie : on se ressemble sur ce point. Les miracles et les contes pour enfants ne sont plus à notre portée, soit parce que nous avons grandi trop vite, soit parce que les désillusions se sont enchaînées plus vite que lesdits miracles. J’ai toujours été persuadé qu’on se créé ses propres miracles, et Kayla fait partie de ceux qui ne sont tombés dessus, un peu comme Louise. Un cadeau surprise que tous les Noëls du monde ne pourraient égaler. Quand bien même on irait le passer en Russie, avec mes parents, comme une véritable famille recomposée. C’est ce que nous sommes ?
Est-ce qu’on veut vraiment mettre le doigt dessus ?
C’est ce qu’elle semble vouloir, en tout cas.


La biche rompt à nouveau le contact, mais je la sais bien trop satisfaite de son intervention malvenue. A nouveau, je croise le regard de Kayla, se voyant elle aussi assaillie par les préoccupations générationnelles de ses parents. Contrairement à ma mère, qui pourtant n’a eu qu’un fils unique, je ne suis pas convaincu qu’une famille nombreuse soit nécessairement synonyme de famille unique. Nous sommes déjà assez nombreux à six, sept si l’on compte Kelly qui fait partie intégrante de la famille et à qui nous confierions les filles les yeux fermés. Je crois que ma mère devra attendre : j’ai d’autres projets en tête que d’agrandir la famille. Sortir des eaux troubles dans lesquelles nous sommes embourbés avec Kayla me semble être une meilleure idée pour le moment, à court comme à moyen terme. Pour le reste...
L’avenir nous le dira.

« Un indice ? »

Sans se vendre et sans dévoiler immédiatement la surprise, l’exercice est difficile. Je mime la réflexion, puis reviens sur mes pas.

« Non. Ou alors faudra me payer pour ça. »

J’ai comme un vieux souvenir qui revient, l’impression d’avoir déjà dit ça quelque part, il y a quelques temps. J’ai l’image du stade, des bouteilles d’alcool et des cachets qui me revient. J’ai toujours sa bouteille en otage dans le bureau d’ailleurs, oubliée il y a des mois et sûrement en train de prendre la poussière. Depuis la vodka bon prix achetée en supermarché, j’ose espérer que le tournant que prend notre relation mérite au moins un bon millésime. Un vin noble à la robe flamboyante que l’on partagera peut-être, à un repas éventuel de Noël, si Kayla ne retourne pas dans sa famille. Le Noël dernier était plus chaotique, j’étais reparti en Russie le fêter, et j’ignore ce qu’elle a pu faire de son coté. A l’époque, je m’en souciais moins.

Là, ça prend comme une sorte d’importance. Formalisée par ce contact d’abord si doux, ensuite si brûlant, de nos mains puis de nos lèvres. Surpassé, je me laisse faire, pris par surprise, lorsque Kayla inverse les rôles et prend le dessus sur ce baiser, brûlant mes joues de ce même feu qu’elle ne contrôle pas. Et qu’elle ne pourra jamais contrôler me concernant. Le contact rompu, je garde mon front près du sien, forcé à un contact visuel que j’aurais préféré évité, comme si nous étions deux enfants en train de faire une bêtise. Mais ce qu’elle répond prouve le contraire. J’ai un drôle de sourire, pour une drôle de situation. Nous deux, à moitié enlacés sur le canapé, au milieu d’une couverture qui ne nous sert pas et de sushis à moitié dévorés. Avant même de pouvoir répondre par l’affirmative, elle profite de la concentration que j’essayais de mettre dans un semblant de réponse pour passer outre ma garde. Mes deux mains se posent par-dessus les siennes, près de ses poignets fins.

« Je ne sais pas encore trop ce que c’est exactement... »

Je me suis juré d’être honnête, tant pis pour l’apparente indécision. Notre discussion est entrecoupée de baisers. On ressemble à deux adolescents qui se revoient après les vacances d’été. Doucement, mon dos glisse contre le dossier du canapé et elle se retrouve par-dessus moi, pas tout à fait allongés, mais plus vraiment assis, sa main prise son mon pull.

« Mais je crois que ça me plaît. »

Elle. Son souffle. La chaleur dégagée par sa peau. La peau douce que mes doigts frôlent après être passés également sous son haut, trop ivre de contact pour s’en priver, rendu docile par ses mains sur moi et la dictature de ses baisers. La courbe légère, mais enivrante, de la naissance de son sein près de ses côtes. Moins docile, l’autre main accroche sa nuque, mêlée de mèches de cheveux, jusqu’à être emprisonné par mon propre pull qu’elle m’enlève. Tout semble si simple, mais la dernière fois que ça a débuté de la sorte, des complications de plusieurs semaines ont suivi, mêlées à une gêne réciproque.

« Papa ? »

Une petite voix provenant des escaliers rompt brutalement le moindre geste. Penchant la tête sur le coté pour essayer de discerner les escaliers, je ne vois qu’en haut l’ombre de ma fille.

« Oui mon petit loup ? »

Regard entendu à Kayla. Heureusement pour nous, l’âge trop peu avancé des filles ne permettra pas qu’elle se pose la question du pourquoi son père s’est retrouvé torse nu alors qu’il vient d’enfiler un pull quelques minutes plus tôt. Elle aussi ignore pourquoi ça dérape vite avec Kayla.

« Miou il veut pas me laisser dormir... »

Redressé sur le canapé, une main traînant toujours sur la cuisse de Kayla, je rassemble mes idées et me lève avec un sourire défait. « Bouge pas » Prenant d’abord mon portable sur la commode de l’entrée avec ce même sourire en coin, je monte ensuite les escaliers et prends Louise dans mes bras pour la ramener dans sa chambre, où Elyana dort, elle, à poings fermés. Posant Louise dans son lit, je cherche Miou tout en pianotant sur le téléphone un texto à Kayla.

« Miou c’est pas l’heure de jouer à cache cache. »

J’entends le bruit de pas de chat sur la haute armoire des vêtements des filles, puis par terre. Je n’ose pas allumer la veilleuse à nouveau de peur de réveiller Elyana. Mentalement, Nuna m’aide également et réprimande le chaton farceur. Le premier arrivé dans ma chambre peut enlever un vêtement à l’autre. J’ai plutôt intérêt à faire vite, étant donné que le daëmon de Louise s’amuse à se cacher et qu’il ne me reste qu’un pantalon et un boxer pour toute défense. Les gronderies de Nuna ayant fait effet, le chaton sort enfin de derrière l’armoire et retourne dans le lit près de sa moitié.

« C’est bien, sage. Vous dormez maintenant, sinon demain le sapin aura disparu. »

Au vu des gros yeux que Louise fait à son daëmon, j’ai plutôt l’impression qu’on peut à présent être tranquilles. En sortant de la chambre, j’entends les pas de Kayla dans l’escalier, et finis presque nez à nez avec elle. Trop mauvais perdant, je me mets à courir dans la chambre le premier et vais jusqu’à sauter sur le lit proprement fait. Allongé sur le dos, je m’appuie sur mes coudes et fixe Kayla.

« Perdu. »

C’est presque de la nonchalance. Il valait mieux pour moi que je ne perde pas. D’autant que j’ai tout à gagner, ce soir. La plus belle victoire est devant moi, ne reste qu’à la savourer. Incapable de rester impassible face à elle et à ce que son pull sous-entend de son corps après l’avoir frôlé du bout des doigts, je me relève et l’aide à fermer la porte, nos deux mains sur la poignée froide en métal. Le claquement de la porte signe le début des hostilités. Je la veux, maintenant, ici, sobre, sans monstres, sans mondes terribles, sans cauchemars.
Sans vêtements.

« Le pantalon. »

Mes doigts détachent le bouton de son jean.

« J'ai gagné. »

Ce soir. Elle. Demain.

©️ GASMASK



  
MessageLun 18 Déc - 1:02
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« Ma maison c'est là ; Exactement dans tes bras. »


Si je suis sage. Il me l'avait souvent faite celle là, toujours en me charriant. C'est vrai que j'avais fait pas mal de conneries, certaines dont je n'étais pas spécialement fière. La référence au Père Noël me fit sourire. Si seulement je croyais encore aux contes de fées, si seulement la vie était aussi facile que dans les bouquins. Si seulement j'avais fait les meilleurs choix ... Je secoue la tête en souriant, n'ajoutant rien d'autre. Si ce n'est une tape sur l'épaule, comme j'ai l'habitude de faire. Je ne pouvais pas prétendre être toujours sage, et je ne voulais pas qu'il s'imagine que veuille l'accompagner à tout prix en Russie, parce que ce n'était pas le cas. Pour Noël, j'avais juste besoin de ma famille, et je l'avais enfin trouvée. En fin de compte, j'avais enfin tout ce dont à quoi je pouvais aspirer. Et enfin une raison de me ranger, d'arrêter de faire des conneries ou pire. Une bonne raison pour ne plus être en premier ligne. Il avait fallu passer par une révolution pour que tout aille mieux, et je crois que si l'histoire devait me mener encore une fois à cet instant, j'irais de nouveau saccager les bureaux du conseil sans problème. Je n'avais pas honte de le penser.

J'attends ensuite après mon indice. Je ne pouvais qu'espérer qu'il me donne quelque chose à me mettre sous la dent, parce que je ne voyais absolument pas ce qu'il pouvait encore m'offrir. D'ailleurs, j'avais l'impression d'être trop gâtée et de ne pas avoir assez pour lui. J'avais beau me creuser les méninges, je ne voyais pas ce qu'il pouvait m'offrir d'autre que ce qu'il ne m'offrait maintenant. Déjà le chien me faisait énormément plaisir, c'était comme un rappel de ma vie passée, de ma famille dans le Tennessee. De cette ferme dont j'ai eu l'habitude ainsi que de ses grands espaces. Un chien était un bon début et me suffisait largement comme cadeau, je n'avais pas besoin de plus. Je n'avais plus rien eu depuis des années et soudainement, je ressentais tout cet amour, toute cette tendresse qui me faisait beaucoup de bien. Je ne me sentais plus autant stressée, je savais que le lendemain serait bon, je savais que quoiqu'il arrivait, je pouvais compter sur Mali et Nuna, et même Kelly. Quand on perdu tout d'un coup, on ne peut pas s'imaginer ce que ça fait d'être aimé. Il fait semblant de réfléchir, et j'ai vraiment l'impression que je vais l'avoir, cet indice. Je n'attends que ça ! Je suis pratiquement pendue à ses lèvres, dans l'attente de ce fameux indice. Sauf qu'il se rétracte. Il me répond que non ou alors en le payant. J'aurais du m'y attendre d'un côté, parce que je faisais pareil. Je l'aurais certainement fait également. Je fais mine de réfléchir aussi parce que je sais très bien que je suis capable de lui arracher les vers du nez. Je sais que je peux ré-attaquer dans quelques heures, quand il semblera avoir oublié.

Sauf que je n'ai plus le temps d'y réfléchir, et je n'ai plus envie de réfléchir tout court. Mes pensées, mes gestes sont occupés ailleurs. Mon esprit est ailleurs. Mes lèvres sont trop occupées pour pouvoir lui dire que je finirais par savoir ce qu'il me cache. Je pourrais presque oublier ce dont on parlait juste avant. J'avais eu peur de franchir cette étape, tout comme lui j'avais l'impression. On pourrait croire que nous sommes deux ados encore un peu timide, nos phrases entrecoupées de baisers. Il place soudainement ses mains sur les miennes, m'avouant qu'il ne sait pas encore trop ce que tout ça peut être. Ce que ça pourrait devenir. Quelque chose de beau, je ne voyais que ça. Nous nous connaissions par cœur, j'avais vécu plus de choses avec lui qu'avec n'importe qui d'autre. Ça ne pouvait que marcher entre nous, je devais y croire, parce que je ne me voyais avec personne d'autre. Personne ne m'avait donné ce qu'il m'avait donné. Je ne m'étais jamais sentie aussi bien qu'en sa compagnie.

Je me laisse soudainement aller tandis qu'il se penche en arrière. Je suis au dessus de lui, un peu hésitante, et puis même si j'ai envie de lui, j'ai également envie de profiter un peu de ce moment. Je ne veux pas que les choses aillent vite, je veux qu'on prenne notre temps, qu'on apprécie le moment présent. Mali semblait apprécier également toutes ces nouvelles sensations entre nous. Je pouvais enfin admirer son torse, ses muscles et cette peau que j'avais déjà vu plusieurs fois. Je pouvais enfin le toucher sans me sentir coupable. Je ne me fis donc pas prier pour laisser mes mains vagabonder sur son corps, profitant de mener un peu la barque. Même si j'étais passablement déconcentrée par ses propres doigts sur ma peau, sous mon pull. J'avais du mal à ne pas me laisser aller complètement, retenant le feu qui n'avait qu'une envie, c'était de se déchaîner. Ses caresses sur ma peau, mes frissons me donnaient vraiment envie d'aller plus loin. Sa main sur ma nuque et l'autre qui explorait la naissance de ma poitrine ... tout ça c'était trop, et en même temps pas assez. Je ne savais plus comment retenir tout ce flot de sensation, toute cette chaleur que je devais dégager, et j'en étais presque désolée pour lui. Presque. Il pouvait deviner l'effet qu'il me faisait rien qu'en sentant la chaleur de ma peau. Je ne pus m'empêcher de laisser flotter un sourire en coin sur mes lèvres tandis que mes doigts approchaient dangereusement la zone près de son nombril.

Soudain, une petite vois nous interrompit. Lui comme moi nous nous redressions, tournant la tête vers l'escalier. On ne devinait que l'ombre de Louise en haut des marches. La petite semblait avoir du mal avec son daemon qui ne voulait pas dormir semblait-il. Nous nous étions redressés. Je reprenais doucement mon souffle, reprenant également légèrement le contrôle de mon don. Je remarquais subitement, et avec plaisir, cette main qu'il avait laissé traîné sur ma cuisse, comme si c'était normal. Il se relève, me demandant de ne pas bouger. Un peu déçue, je ne fis qu'hocher la tête. Allions nous reprendre où nous avions été interrompus ou bien finirions nous cette soirée devant cette série que nous n'avions pas regardé ? Je me laisse tomber contre le dossier du canapé, remettant mes cheveux en place, ou encore mon pull qui était légèrement remonté. Les sushis à moitié mangé semblaient résignés à traîner là pour encore quelques heures. Je n'avais plus faim. Ou du moins, j'avais envie d'autre chose. Fermant les yeux, je pus enfin retrouver un rythme normal, et une chaleur tout aussi normale. Ce n'était pas facile de me retenir, et j'avais envie de lâcher prise ... Sauf que j'avais peur de le blesser, je m'en voudrais s'il lui arrivait quelque chose par ma faute.

J'entendis soudain mon téléphoner vibrer. Qui m'envoyait un texto à cette heure ? Intriguée, je me redressais pour aller chercher mon téléphone. Mali venait de m'envoyer un texto alors qu'il était à l'étage. Et pas n'importe lequel. Le premier dans la chambre pouvait enlever un vêtement à l'autre. Et lui qui avait traité mon jeu vérité ou action de jeu d'américain ... Souriante, et n'ayant aucune envie de perdre, je me dépêchais de me diriger vers les escaliers pour les monter le plus légèrement possible. S'il ne m'entendait pas arriver, il ne se dépêcherais pas, n'est-ce pas ? Sauf qu'il était également dans le couloir quand j'y arrivais. Et je crois que nous avions eu tous les deux la même idée. Sauf qu'il avait été plus rapide. Je le vis se mettre à courir vers sa chambre. J'en fus surprise, appelant son prénom en murmurant. Quel tricheur ! Pourtant, moi aussi je m'étais mise à courir derrière lui. En entrant dans la chambre en deuxième, je le vis allongé sur le lit, allongé sur le dos tout en me fixant. Je l'observe un instant, allongé sur son lit. Il était à moi ce soir, j'appréciais cette perspective. Il se redressa et se dirigea vers moi tandis que je fermais la porte. Il est si proche de moi quand nous fermons la porte que j'ai envie de le toucher. Il est à portée de mes mains. Je finis de pousser la porte avec mon dos, et Mali à quelques centimètres à peine. La portée était enfin fermée, nous allions pouvoir continuer les hostilités. Il veut que j'enlève mon pantalon, d'ailleurs ses doigts ont commencés à déboutonner mon jeans. Il a gagné.

« Tu as triché. »

Dis-je simplement, comme si c'était une évidence. Mais au fond, je m'en fichais. Ce n'était pas ce qui m'importait. Je sentais ses doigts qui retiraient mon pantalon, je les sentais glisser sur ma peau à mesure que le tissu tombait et j'avais de nouveau du mal à me contrôler. Je me séparais enfin du jeans en l'envoyant sur le côté. Me voilà donc en culotte alors qu'il était torse nu. Il y avait cette sensation dans mon ventre qui ne s’atténuait pas, et qui avait presque envie d'exploser. Lentement, mes doigts explorèrent à nouveau sa peau, jusqu'à sa nuque. Jusqu'à ce que me lèvres retrouvent les siennes. Je le fis reculer, lentement jusqu'au lit. Juste avant qu'il ne se couche, je déboutonnais moi-même son pantalon, l'enlevant sans vraiment attendre. Je ne savais pas combien de temps j'arriverais à maîtriser le feu qui grandissait en moi et qui ne demandait qu'à sortir. Si mon contrôle était correcte pour le moment, je n'avais pas envie de prendre de risque. Son pantalon tombé, je le poussais doucement sur le lit, grimpant à sa suite. Je ne sais pas comment, mais je m'étais retrouvée sur lui, l'observant pendant quelques secondes. Ses yeux assombris par le désir, ces rides au coin des yeux qui lui donnaient son charme, cette mâchoire et son sourire.Que pouvais-je demander de mieux en ce moment ? Dégageant mon visage de mes cheveux, je finis par placer mes mains à côté de son visage. J'étais si proche de lui. Il n'y avait plus rien à dire, nous ne parlions plus avec des mots ce soir. Nos gestes suffisaient. Nos regards nous suffisaient.

Je n'attendais que ses mains sur ma peau, que ses caresses qui me donneraient des frissons, que ses baisers qui me fairaient chavirer. Ses doigts sont déjà là, je les sens, je les savoure. J'avais beaucoup trop chaud, j'avais l'impression d'étouffer et pourtant, ce n'était rien en comparaison de ce qui m'attendait. Le jeu en valait la chandelle, sans mauvais jeu de mot. Je me décidais à l'aider à enlever mon haut, histoire de laisser ma peau souffler. J'avais déjà vu Mali plusieurs fois en caleçon, mais jamais comme à cet instant. Jamais dans cette chambre ou nous n'entendons que nos souffles, que nos baisers parfois interrompus pour respirer. Je l'embrassais doucement, comme si j'avais peur de lui faire mal. Les hostilités étaient bien avancées. Je le voulais maintenant, ce soir, sans que rien ne puisse nous interrompre, sans rien qui puisse gâcher cette soirée. Je voulais garder le souvenir de cette nuit cette fois. Rien ne pourrait nous échapper et je n'en avais pas envie.

Emi Burton
  
MessageMer 20 Déc - 13:56
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Nous savons tous les deux pertinemment le sens de cette course. Ce n’est pas tant la victoire que la course en elle-même qui importe : elle est dénuée de sens, gagnée d’avance qu’importe son vainqueur. Il y a dans ce résultat un délice insoupçonné. Une saveur inexplicablement dénuée d’appréhension. Les semaines et mois qui ont précédé ce soir s’en sont suffisamment revêtus pour s’accorder une pause. Même quelques heures suffiraient. C’est normalement le temps que nous devrions prendre en tant qu’adultes pour déterminer l’importance de la situation et de ses conséquences au lieu de courir comme deux enfants à travers la maison pendant que les filles dorment. Le temps qu’il faudrait que l’on s’accorde sagement afin de mettre enfin des mots sur la relation que nous entretenons avec Kayla et Altaïr. Mais Nuna a raison : aussi fébrile et discrète soit sa pensée, elle parvient jusqu’à moi et sa conclusion n’attend pas de réponse. Nous savons depuis le début. C’est comme essayer d’apprendre à des enfants une comptine qu’ils connaissent déjà par cœur. L’air, l’intonation, les paroles, et les pauses nécessaires pour respirer entre deux baisers.

La porte se referme, comme mes doigts par-dessus les siens. Kayla et moi, ça a toujours été un savant mélange entre le feu et la glace, nous ne pouvions avec Nuna que baisser les armes et reconnaître une défaite prévisible, car la guerre était perdue d’avance. Sages sont les perdants qui le reconnaissent. Je n’aurais jamais pu gagner face à Kayla, sa peau brûlante, ses baisers essoufflés, l’élastique de son soutien-gorge que je devine sous son haut et qui brime sa peau hurlant silencieusement pour qu’on l’en délivre. L’autre main attrape son cou, et le l’embrasse longuement, furieusement, comme si c’était la première ou la dernière fois, comme si les mondes allaient à nouveau changer et nous mentir, ou comme si je la rencontrais dans les vestiaires du gymnase, la toute première fois. J’aime ce qu’elle est devenue, ce que nous sommes devenus et ce que nous avons accompli grâce à elle et Altaïr.

« Il le fallait bien. »

Je reprends mon souffle, appuie de mes doigts sur le bouton de son jean pour le lui enlever et la laisser s’en débarrasser définitivement, jeté comme un malheureux sur le sol. Sans tissu épais et froid, mes doigts rencontrent la peau chaude de ses hanches, et la dentelle de son sous-vêtement que j’avais cru deviner tout à l’heure, fébrile à l’idée qu’un tissu aussi léger ait le privilège avant moi de toucher cette partie de son corps.



Même lorsque nos corps se sont replongés dans les draps véritablement fumés, la chambre embaumée par une odeur de tissu brûlé. Je m’allonge à coté d’elle, sans pudeur pour ces corps que nous connaissons déjà par cœur, ma main parcourant le galbe de son sein, son cou, son visage, la ligne de sa mâchoire. Ça reste bloqué au fond de la gorge, mais je crois qu’elle est tout ce que j’aime. La brûlure et la pommade, les cris et les silences. Tout ce qui peut faire un monde et reconstruit le mien. La seule pudeur présente dans cette pièce est sentimentale.

« Tu ne m’as pas brûlé. »

Seulement roussi quelques poils de bras. Je lui souris, et embrasse son front avant de me lever pour aller en direction de la salle d’eau attenante.

« Ça veut dire que j’ai le droit de recommencer ? »

Je m’arrête sur le seuil de la porte, et observe son corps nu avec un regard nouveau, avant d’aller ouvrir le robinet de la douche et revenir sur mes pas, toujours complètement nu.

« Tu viens ? »

Je m’approche du lit et attrape à nouveau ses poignets de la même façon, me rappelant d’immédiats souvenirs qui me font me mordre l’intérieur de la joue. Je ne peux pas risquer de la mettre en danger en me/nous laissant aller une seconde fois en un court laps de temps. Une eau froide m’y aiderait bien. J’emporte Kayla avec moi sous la douche tiède, embrassant à nouveau ses lèvres qui se trempent petit à petit. L’on m’y noierait.



©️ GASMASK


  
MessageVen 12 Jan - 15:36
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« La création humaine est peut-être imparfaite, mais rien n'est plus parfait dans l'univers que deux êtres qui s'aiment. »


J'aime sentir ses lèvres sur ma peau ainsi que ses doigts, pressés. En commençant cette soirée, je savais que cela finirait sans doute par déraper mais je n'en étais pas mécontente. J'étais coincée entre le désir et l'envie d'y aller à notre aise. J'aimerais tellement me laisser aller dans cette étreinte, mais j'avais peur de lui faire du mal. J'ai peur de le brûler, de laisser mon don sortir accidentellement. Il n'était jamais aussi incontrôlable. C'était comme si le feu pouvait surgir à chaque moment, et les sentiments qui me contrôlaient pour le moment n'aidaient pas. Si je le blessais ... Il fallait que j'arrête de réfléchir, c'était sans doute la dernière pensée d'Altaïr avant qu'il ne se retire, discret comme toujours. Je devrais sans doute l'écouter un peu plus souvent.



Allongée à ses côtés, je reprends mon souffle, je reprends le contrôle de mon don, de mes sensations. Détendue, je constatais quand même avec soulagement que rien n'était parti en fumée. Il restait une légère odeur de brûlé, et je ne pus que rougir légèrement. Il ne se rendait pas compte de ce qu'il me faisait ressentir. C'était plus fort que ce que je pensais, plus beau aussi. Pendant un instant, nous ne parlions pas. Je profitais de sa caresse pour reprendre pied. Quoique ses doigts n'aidaient pas. Je fermais les yeux en sentant sa main sur ma joue, un sourire aux lèvres. Pas besoin de se dire que l'on s'aime. Vous voyez l'éclat dans nos yeux ? C'était suffisant pour nous qui nous connaissions par cœur. Il me dit que je ne l'ai pas brûlé. Et il semble plutôt satisfait. Le fou. Je rouvre les yeux pour le voir sourire.

« Tu as eu de la chance. »

Lui dis-je simplement, me félicitant de tant de contrôle. Surtout que je n'avais pas repris de bêta bloquant. La peur de lui faire du mal était sans doute un bon bloquant aussi. Après son baiser, il se lève et se dirige vers la salle d'eau avant de s'arrêter en cours de route. Il me demande s'il peut recommencer. Je rigole, secouant la tête. Oh j'aimerais recommencer, bien sûr ! Mais et si je n'arrivais pas à me contrôler pour cette deuxième fois ? Je penche la tête, haussant les sourcils.

« Ça veut dire que tu es fou et que tu aimes vivre dangereusement. »

Mais si on ne vivait pas dangereusement, on ne profiterait pas de la vie. Je l'entends ouvrir le robinet, j'entends l'eau couler. Oh il pense que l'eau m'arrêtera ? J'allais lui montrer que son eau froide ne resterait pas froide très longtemps. Avant que je ne puisse me lever, il prend mes poignets pour m'attirer avec lui. Je me laisse faire, bien décidée à profiter cette fois. Enfin, du mieux que je pouvais. A peine étions nous sous la douche que les hostilités recommençaient. Il m'embrasse et je réponds à son baiser. Je me colle contre le mur pour ressentir le contact avec la réalité. Très vite nous sommes trempés, sauf que mon don n'aidait pas. C'était comme si je séchais en permanence, les gouttes s'accrochaient un moment avant de sécher. C'était rare, mais ça m'arrivais. Je pouvais donc en profiter. Mes mains, que j'espérais pas trop chaude, inspectèrent son corps, ses cheveux, sa nuque.



J'oublie de respirer, j'oublie que je risque de prendre feu, j'oublie même notre environnement. Tout s'éclipse sauf Mali.

Emi Burton
  
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