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Vous voulez parler à Dieu ? Alors allons lui parler ensemble. Je n'ai rien de mieux à faire ce matin.

 
  
MessageLun 1 Jan - 15:34
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 94Nombre de RP : 25Âge réel : 27Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Muirne ne comptais pas se laisser décontenancer aussi facilement. Aussi ne se priva-t-elle pas de rappeler au bon souvenir de Mahkha la déconvenue de leur rencontre. Elle le défiait du regard lorsque celui-ci la surpris en lui donnant un coup de tête affectueux. Elle frissonna d’aise de la tête jusqu’à la queue et eut du mal à contenir le ronronnement qui voulait échapper de son poitrail.
– Non, pas de celui-là, non ! Je pensais d’avantage à ton goût prononcé pour les proies dites… facile. répliqua-t-elle avec malice. Bien qu’elle en mourrait d’envie, elle ne trouva pas le courage de lui rendre son coup de tête ni d’assumer les conséquences d’un tel acte. Ses préoccupations se tournaient d’avantage vers la culpabilité qu’elle ressentait vis-à-vis de moi.

Quant à moi, je m’amusai à opposer de la résistance à Lulla qui me reprochait de ne pas y mettre du mien pour me relever. Je lui adressai un sourire angélique pour toute réponse, avant de me lever d’un bond, trop confiant dans mes réflexes. Je n’avais juste pas prévu que sa proximité me ferait cet effet là, et je ne comprenais pas pourquoi le désordre s’installait dans mes battement cardiaques, ni partout ailleurs. Les signaux étaient multiples et contradictoires et ma gaucherie et ma gêne tuaient dans l’œuf le plaisir fugace né de cet instant volé. Les réactions de mon corps m’échappaient et je préférais vite reprendre mes distances, avant de me retrouver dans une situation fort inconvenante.
Je trouvais vite un sujet à aborder et j’allais me transformer en vrai moulin à parole lorsqu’elle m’attira de nouveau sur ce terrain glissant que je m’étais empressé de fuir, par crainte de ce que j’éprouvais et surtout, de ne plus rien maîtriser.

Mes cheveux se hérissèrent à la base de ma nuque.
– Ah !.... Trouve un truc Benedict !
Je me sentis gagner par la panique, tout comme Muirne, qui tourna aussitôt la tête dans ma direction. Elle savait que cette fois, j’avais compris. Ou du moins, je n’avais pas interprété les propos de Lulla avec la naïveté qui me caractérisait d’habitude. Quelque chose était en train de changer. Irrémédiablement.
– Normalement… Il faut croire que… dis-je en tournant la tête vers elle… je ne fais jamais rien comme tout le monde. C'était le moins que l'on puisse dire.
Je ponctuai ma phrase d’un sourire angélique et Muirne déglutit péniblement. Elle se mordit la langue pour ne pas me traiter d’imbécile. Elle savait que je tentais de sauver les apparences parce que je ne maîtrisais plus rien, mais frimer dans un moment pareil, était particulièrement mal choisi, à ses yeux, au vu de ce que Lulla semblait attendre de moi. A ce jeu là, nous n’avions aucune chance, elle en était convaincue, car non seulement nous n’en connaissions pas les règles et pire même ! Je n’avais même pas conscience des cartes que j’avais en main; et encore moins d’être entrain de faire du charme à la jeune fille malgré moi.

Mahkha tira Muirne de sa torpeur et elle ronchonna :
– Oh non. Pas encore. Mais lui, demain, il est mort !
Elle était aussi furax qu’inquiète et elle avait presque envie de demander à Mahkha de refréner les ardeurs de sa peste d’humaine dont le machiavélisme était désormais évident ! C’était une vile sorcière ! Et elle était en train de m’ensorceler.
– Oh… Pénible avec qui ?
Elle emboîta le pas de Mahka et le « petite Muirne » flotta douillettement dans sa petite tête de belette. Elle garda pour elle ses réflexions, car elle se rendait compte que le lien qui semblait unir le chacal à Lulla était quelque peu différent de celui qui l’unissait à moi.
– Ce serait dommage qu’ils se détestent. Je serais obligée de te faire la misère tout le temps, après ! dit elle, amusée, en sautillant autour de Mahkha. Elle savait au fond d’elle-même, qu’elle l’appréciait déjà trop pour pouvoir le détester.

– Ah oui ? On parie ?
Je du prendre sur moi pour avoir l’air parfaitement normal lorsqu’elle m’attrapa le bras, comme aurait pu le faire…ma sœur. Mais quelque chose en mon fort intérieur me faisait sentir les choses différemment. Puis je me laissai porter par l’élan et n’y pensais plus. Enfin, j’aurais aimé. Mais Lulla ne cessait de ramener mes pensées à elles et d’attiser ce désir de la surenchère.

– Seulement si je suis sympa ?
Je serrais son bras un peu plus contre moi et ralentis le pas. Muirne mit un coup de tête affectueux à Mahkha. J’allais céder à une impulsion puérile de prendre Lulla dans mes bras lorsque celle-ci fit grimper l’enchère un peu plus encore. Mon regard s’arrêta sur ses lèvres et le mot baiser résonna en écho dans ma tête. J’eus l’impression d’avoir une absence passagère, chassée par une frousse indicible qui refroidit aussitôt mes ardeurs, étouffant toute pensée irraisonnable de se former. Mon sourire s’élargit de nouveau à l’évocation de Mahkha et la tension retomba d’un cran. Je plongeai mes doigts dans le flan de Lulla pour la chatouiller, tandis que je maintenais toujours son autre bras contre moi afin qu'elle ne puisse se dégager.
– Si c’est Mahkha, ça va alors ! dis-je en riant. Je ne prenais pas trop de risques, étant donné que le daemon ne pouvait me toucher.

Muirne, gagnée par une euphorie sortie de nulle part, sautillait en rond tout autour de Mahkha et s’amusait à le pousser.
– C’est vrai ce qu’on raconte ? Sur l’haleine de chacal ? s’amusa-t-elle.

– Hmm, il y a de nombreux endroits sympas sur le campus. Je serais tenté de dire la bibliothèque, parce qu’elle contient énormément de livres que je n’ai pas encore lus… j’ai un peu de mal avec le Grec ancien et le chinois je dois dire… plaisantai-je, mais il y a aussi la patinoire…hmm… quoi que… je vais peut-être l’éviter quelques temps. J’aime bien aller traîner près du lac de temps en temps. Surtout quand il fait chaud. Mais mes endroits préférés sont ceux que je n’ai pas encore visités. avouai-je. Pour peu qu’ils aient un quelconque intérêt naturellement. Comme un nouveau glacier par exemple. ajoutai-je en lui coulant un regard malicieux.
Je m’abstins pour l’heure, de parler de ceux dont l’accès m’étaient interdits.
– Et toi ?

Je m’étais laissé guider par Lulla jusqu’au fameux endroit, qui ne payait pas de mine de l’extérieur. D’ailleurs, j’étais souvent passé devant la devanture sans même la remarquer, malgré l’attroupement d’étudiants qui s’amassait devant pendant ce bel été indien. Il fallait dire qu’avec la reprise des cours, il y avait du monde partout sur le campus.
– J’ai toujours cru que c’était un photocopieur ! dis-je riant. Vous savez ? ce genre de boutique où vous pouvez imprimer vos innombrables documents universitaires. Il ont des glaces là dedans ?
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