Home - [FB/Byron]

 
  
MessageDim 29 Oct - 9:57
avatar
Date d'inscription : 08/10/2017Nombre de messages : 38Nombre de RP : 19Âge réel : 21Copyright : Maryelsatanas et ByronAvatar daëmon :
Nathan McNeilNothing will be the same...

Home




Maison de Byron
21 Janvier 2016

------
Byron est parti travailler, aujourd’hui. Cela va bien faire une semaine que je suis ici. Dans cette maison où il a accepté de m’accueillir. De me recueillir. Sans que je n’en comprenne la raison. J’étais méfiant, je crois que je le suis toujours un peu, mais bien moins qu’à mon arrivée. J’ai longtemps exploré cette maison, à en étudier tous les détails avec attention, jusqu’à y trouver mes repères. Je me suis progressivement fait à cet escalier de bois, dont j’ai déjà appris à connaître les marches, plus particulièrement celles qui craquent. Byron s’en est peut-être rendu compte, mais il m’arrive régulièrement de m’éveiller la nuit et de faire un petit tour avant de retourner me réfugier dans cette chambre qu’il a accepté de me prêter. Je n’ai pas encore osé sortir le peu d’affaires que j’ai de mon petit sac. Il n’y a que des vêtements, quelques carnets emplis de souvenirs, une crème pour mes douleurs bien qu’elle ne me fasse plus le moindre bien.

J’ai peur… du jour où il me demandera de sortir. De partir de ce foyer improvisé, de cet endroit riche que je n’ai pas envie de quitter. Sa maison est grande, bien rangée, il y a de l’espace, de larges pièces et une piscine que mes yeux ont longuement convoitée et dans laquelle j’ai déjà plongé mes jambes un jour où il était absent. Il ne manque de rien, après tout, j’imagine qu’un neurochirurgien ne peut avoir qu’un bon train de vie. Cette idée me fait soupirer. Je crois que je l’envie un peu. J’aimerai avoir les moyens… De louer une de ses chambres, de payer une partie de la nourriture que je lui prends chaque jour. Pour l’instant, je n’en ai pas les capacités. Je croise les bras sur mon torse, installé dans la salle de vie, ma canne posée près de moi. Freyja est installée à côté de moi : elle lisse ses plumes, y frotte son bec, lève ses grands yeux doux vers moi.

Nathan, ne crains pas le pire, il n’a pas… parlé d’un retour à la rue.

Freyja, ce n’est pas parce qu’il n’en a pas parlé qu’il n’y a pas pensé. Je ne vais pas rester toute ma vie ici. Je ne lui ai pas encore tellement parlé de moi. Je ne lui ai pas expliqué pourquoi je me trouvais dans la rue. Que croit-il ? Sait-il que j’ai fugué ? Ma famille d’accueil a-t-elle fait une annonce pour me retrouver ? Ou bien les a-t-il contactés ? Ne sois pas stupide, Nathan, il n’a aucun moyen de le faire. Mais s’il y avait des affiches ? Comme dans les films, j’imagine des posters avec ma tête dessus sur les lampadaires ou derrière la boîte de lait. Je m’ébroue un peu et me masse la nuque. Il faut que j’arrête de m’inquiéter. Je suis majeur, la police ne va pas lancer de telles démarches pour me retrouver… Plus encore quand la famille chez qui j’étais était prête à se passer de ma présence. Je finis par récupérer ma canne d’une main et m’appuie sur ma chaise pour me redresser. Freyja me suit du regard, puis s’envole pour me dépasser et rejoindre la cuisine.
J’ai envie de faire quelque chose pour lui. Comme lui fait tant de choses pour moi. Malheureusement, je n’ai, pour l’instant, pas un grand champ d’actions. Je commence à fouiller dans les placards. Freyja m’aide avec enthousiasme, s’envolant pour ouvrir certains placards, poussant de la tête quelques ustensiles, boîtes ou autres que j’examine d’un air dubitatif.

Et si tu lui faisais une tarte aux pommes ?

L’un des seuls desserts que je sais faire. Je ne sais même pas s’il va aimer. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir vu manger des gâteaux… Si ça se trouve, il n’aime pas ça. Cette idée m’inquiète bien plus que je ne le montre. Ou bien plus que je le veuille. J’aimerai bien réussir à rendre un peu de sa gentillesse, bien que je ne sache pas sourire aussi chaleureusement que lui, bien que je ne sois capable que de m’exprimer avec maladresse… Je ne suis que peu loquace, évasif ou agressif selon les questions, pourtant, ses préoccupations à mon égard me font du bien. C’est agréable de voir que l’on existe pour quelqu’un.

Essaye, Nathan. Au pire, il n’en est pas fan ! Ce n’est pas bien grave, l’important est qu’il verra que tu as eue un geste, une pensée, à son adresse.

Je regarde Freyja, les sourcils franchement froncés, pas tellement convaincu de son argument.

« S’il n’aime pas ça, il va surtout croire que je tente de l’assassiner pour récupérer sa maison. Je ferai peut-être mieux de faire le ménage. »

Un regard autour de moi m’annonce qu’il n’y a, malheureusement, pas un grain de poussière à chasser. Je soupire de nouveau avec exaspération.

« Si ça se trouve, il n’y a même pas les ingrédients pour faire ça. »

Malheureusement, si. Freyja m’observe avec bienveillance et amusement.

C’est assez étonnant de voir à quel point tu souhaites lui faire plaisir.

Je me contente de regarder dans le grand frigidaire. Des œufs. Du lait. Freyja a ouvert un placard où se trouve de la farine. Je vois qu’il y a aussi du beurre, des pommes. Tout ce dont j’ai besoin, au final. Je finis par tout réunir sur le plan de travail et m’attèle à la tâche. C’est l’un des seuls trucs que je sais préparer. Ma grand-mère me l’appris… Et j’ai pu en refaire aux orphelinats dans lesquels j’ai été. Freyja m’accompagne comme elle peut, m’encourage par des pensées tendres et apaisantes. Quand, enfin, je glisse ma préparation dans le four, elle pousse un rire à la vue de la farine qui macule mon visage, blanchit mes cheveux comme mes mains. Je m’essuie comme je peux, avant de nettoyer le plan de travail avec une éponge.

C’est la seule chose à laquelle j’ai pensée pour le remercier. Pour lui demander, de façon maladroite, s’il pouvait me laisser le droit de rester ici un peu plus longtemps. Pendant mon nettoyage, Freyja cligne soudain des yeux. Elle s’envole. Je la sens s’éloigner de moi… heureusement, à une distance raisonnable. Elle revient avec un stylo dans une patte, une feuille dans l’autre, repose tout devant moi avant de m’observer avec toute son affection.

Tu peux aussi lui écrire quelque chose.

Freyja sait à quel point il m’est difficile d’exprimer certaines choses. A cause d’une fierté imbécile. A cause d’une peur irraisonnée et pourtant, présente. Dans ces moments où je dis ce que je ressens, où je laisse apercevoir un semblant de sensibilité, j’ai peur. Je me sens vulnérable. Je me sens en danger. Je me referme alors comme une huître, mon visage très expressif se ferme et mon ton devient glacial, tranchant.

Mais quand tu écris, c’est différent.

Il y a le recul. La distance. Je m’installe de nouveau. Je prends la feuille, la plie en deux pour lui donner l’apparence d’une carte. J’hésite, mais je finis par écrire simplement.

/Merci pour ta gentillesse, Byron/

J’aimerai écrire davantage… Mais comme lorsque je dois m’exprimer à l’oral, les mots me manquent, l’inquiétude me gagne. Freyja finit par doucement venir poser sa tête contre mon bras.

N’aie pas peur, Nathan. Tu ne risques rien.

Pourtant, j’ai le cœur serré, la gorge nouée. Comme si ma vie se jouait sur ces quelques lettres que j’ai gravées, sur cette tarte aux pommes que j’ai cuisinées. J’ai peur qu’il me renvoie dans la rue. J’ai peur de devoir, une fois encore, mettre fin à une affection que j’ai commencée à ressentir. Pour ce type pas toujours adroit, comme moi, mais toujours… sympa avec moi. Pour ce mec qui me regarde sans méfiance ni dureté, mais avec gentillesse et… une douceur à laquelle je ne suis pas accoutumé. Je masse ma nuque à ces idées, puis je finis par sortir la tarte du four. Je vais la poser sur la table du salon, en boitant et en râlant sur ma jambe. Freyja pose la carte à côté de la tarte. Je ne sais pas si je devrais retourner dans ma chambre… Ou l’attendre. Je n’ai pas vraiment le temps d’y réfléchir. La porte s’ouvre.


  
MessageLun 1 Jan - 2:07
avatar
Date d'inscription : 14/06/2015Nombre de messages : 144Nombre de RP : 59Âge réel : 24Copyright : AKI' ♥Avatar daëmon :
Byron BlightBouffeur de cerveau
(ʘ︿ʘ)
Une autre bonne journée de travail est derrière moi. Bien que j’adore être à l’hôpital, je suis toujours content de sortir du bâtiment pour me diriger vers ma voiture qui me guidera jusqu’à chez moi. Comme d’habitude, je ressens l’irrésistible envie de m’échouer sur le canapé du salon pour me détendre en regardant Netflix et j’ai cette idée en tête pendant tout le trajet qui mène au véhicule. Il fait vraiment froid et après m’être installé à l’intérieur en compagnie de Praline, je boucle ma ceinture et je m’aperçois que celle-ci ne me quitte plus des yeux. Je sais qu’elle m’observe de cette façon à cause du fil de mes pensées qu’elle a probablement suivi de son côté et tandis que je tourne la clé pour démarrer la voiture qui ronchonne plus fort que d’habitude à cause du froid, je tourne la tête dans sa direction pour croiser son regard. Tu sais, il y a des habitudes que nous allons devoir changer. Pas que regarder des séries est mal en soit, mais nous ne sommes plus seuls à la maison désormais.

C’est vrai. Il y a Nathan maintenant. Pas que j’en oublie sa présence, loin de là, mais je suis tellement fatigué à la fin de mon quart de travail que je ne pense qu’à mes propres besoin. Cette situation s’est produite toute la semaine et j’imagine qu’il s’agit là du temps d’adaptation que nous devons tout les deux surmonter. Il n’y a que le temps qui puisse nous aider et Praline partage le même avis à ce sujet. Sur le siège passager, celle-ci penche la tête sur le côté alors que la voiture s’extirpe du stationnement pour se diriger vers l’autoroute qui mène jusqu’à la maison. Le trajet, bien que court, se fait dans le silence habituel et je ne cesse de penser à Nathan pendant ce temps. Aurait-il manqué de quelque chose pendant mon absence ? De pâte à dent ou encore de nourriture ? Aurait-il trébuché dans l’escalier sans personne pour l’aider ? Toutes ces questions me préoccupent au point où j’accélère sans m’en rendre compte, pressé d’arriver à la maison pour constater de mes yeux s’il va bien.

Je gare la voiture dans le garage et aide Praline à descendre avant d’entrer dans la maison. Tout de suite, je note une délicieuse odeur qui flotte dans l’air et j’enlève mon manteau en fronçant les sourcils malgré moi, intrigué par ce que cela puisse être. Même la lynx s’en montre intéressée et elle fixe le couloir qui mène au salon avec son petit bout de queue bien dressé. Je ne sais pas ce que c’est, mais ça sent vraiment bon. En fait, je crois que nous avons recueillis un jeune cuisinier plutôt qu'un danseur. J’échappe un petit rire en entendant ce commentaire et je termine de me dévêtir pour ensuite me diriger vers la cuisine d’où provient l’odeur alléchante. Néanmoins, je m’arrête en cours de route puisque je trouve Nathan dans le salon en compagnie de sa daemonne, posée sur la petite table. Comme je suis rassuré qu’aucunes de mes craintes ne soient réelles, je m’avance de quelques pas dans sa direction en abordant un large sourire.

- Bonjour Nathan. Bonjour Freyja. J’espère que vous avez passez une bonne journée.
- Waaaa, ce ne serait pas une tarte aux pommes par hasard ? s’exclame soudainement le félin en s’approchant de la chouette et de la nourriture qui se trouve à ses côtés.

Praline n’a pas tendance à être gourmande, mais après une pareille journée à l’hôpital, elle se sentirait capable de manger un buffet au grand complet. La tarte attire donc très fortement son attention et je me sens un peu gêné de ne pas l’avoir remarqué plus tôt. Nathan nous aurait donc préparé une tarte pendant notre absence ? J’en suis agréablement surpris et le petit mot que je parviens à lire à côté de celle-ci me fait chaud au cœur. Il n’avait pas besoin de se donner autant de mal pour moi, d’autant plus que je n’ai pas l’habitude de manger des tartes... la dernière remonte à quelques années déjà, quand j’habitais encore en Australie. Pourquoi n’en avons-nous pas acheté depuis tout ce temps ? Tu sais que je fais attention à ce que je mange et les tartes du supermarché sont souvent pleines de gras trans. Alors, pourquoi ne pas en préparer une comme Nathan vient de le faire ? Avec nos propres ingrédients, c’est tout de suite plus sain.

Comme cette discussion peut durer encore longtemps, je préfère y mettre un terme tout de suite en laissant cette dernière phrase se perdre dans mon esprit. Je trouve cette petite attention du jeune homme vraiment très touchante et je ne sais pas trop quoi lui dire pour l’en remercier. Tiens, ça fait longtemps aussi que je n’ai pas manger le dessert avant le repas principal...

- C’est toi qui as cuisiné ça ? Ça sent vraiment très bon et elle a l’air succulente. Que diriez-vous qu’on s’installe tous ensemble sur le canapé pour en manger une pointe ? ajoutai-je en m’adressant à tout le monde cette fois-ci.

Évidemment, Praline hoche vivement la tête pour approuver ma proposition en se tournant vivement vers moi, mais c’est surtout l’avis de Nathan et de Freyja que j’aimerai connaître.

Spoiler:
 
  
MessageMar 23 Jan - 14:57
avatar
Date d'inscription : 08/10/2017Nombre de messages : 38Nombre de RP : 19Âge réel : 21Copyright : Maryelsatanas et ByronAvatar daëmon :
Nathan McNeilNothing will be the same...

Home

Quand je les vois apparaître, je reste de longues secondes à les regarder, comme mal à l’aise. Byron et Praline m’intimident encore un peu, Byron plus que Praline, sans que je ne puisse me l’expliquer. Peut-être car je sais pertinemment que jamais, je n’entrerai en contact physique avec Praline. Je n’ai pas tellement l’habitude de faire la bise et je n’ai laissé qu’une fois Byron regarder les engelures que j’avais sur les mains, à mon arrivée. Je suis un peu pudique. Et le sourire si chaleureux de Byron, si franc, me pince toujours le cœur. Durant toutes ces années, j’ai senti mon cœur se fragiliser, se protéger derrière un froid contre lequel je ne parviens pas à lutter. Freyja est une flamme, une âme bienveillante qui garde mes entrailles au chaud, alors que la solitude a progressivement pris du chemin en moi, jusqu’à m’en laisser froid, triste. Dépressif, qu’on dit. Comment décrire ce que j’ai longtemps ressenti ? Ce vide, ce noir autour de moi, cette encre qui m’étouffe, m’efface derrière une obscurité contre laquelle Freyja a longtemps lutté de toutes ses forces. Durant cette mauvaise période où j’ai erré dans le froid, je me sentais effacé, inexistant, et pourtant, incapable de baisser les bras. A pincer ma peau quand le froid m’engourdissait, à sécher mes larmes quand elles coulaient avant de serrer les poings. A laisser la rage, la volonté, l’emporter sur ma faim et ma faiblesse, sur la douleur et la tristesse qui m’assommaient, jusqu’à parvenir à me lever et à continuer.

Et la gentillesse de Byron est comme un feu trop intense pour moi. Un feu qui fait fondre la glace, au point où, parfois, j’ai peur de verser quelques larmes à cause d’un excès de gentillesse de sa part. Son visage est si expressif, à mes yeux, qu’il est parfois difficile à regarder et je perds alors mes yeux sur le beau pelage de Praline. Sa présence a le même effet qu’un point de suture ou qu’un coup de désinfectant sur une plaie vive. Je sens que j’ai besoin de lui, besoin de cette bonté d’âme désintéressée, besoin d’affection et d’une certaine forme… de protection. Rencontrer Byron m’a fait beaucoup de bien, au point que j’en ressens de la douleur. Car je réalise au travers de quel enfer je suis passé. Car je prends conscience de tout ce que j’ai sacrifié, de ce que j’ai enduré, alors que si j’avais eu la chance d’avoir quelqu’un comme lui dans ma vie, tout ça ne se serait pas passé.

Pourtant, ce type ne sait rien de moi. Enfin, je n’ai encore pas tellement osé lui parler de moi. Nous avons échangé quelques mots rapides sur mon parcours, avant de nous lancer sur des sujets plus faciles à aborder pour moi, comme la danse ou Freyja. Sa bonté me redonne foi en l’humanité. Et moi qui me croyais condamné… j’ai repris goût à la vie. En la volonté de réussir. D’avancer. D’aller de l’avant. Je peux me montrer parfois plus spontané avec Praline, plus ouvert avec elle, probablement car elle n’a pas le faciès humain qui m’inspire, naturellement, autant d’espoir que de crainte instinctive. Après ce qu’il s’est passé à l’orphelinat, je ne sais plus tellement envers qui je peux avoir confiance et la vue d’un daëmon m’a toujours, naturellement, rassuré.

Peut-être à cause de Freyja. Ma protectrice. Mon ange gardien. D’un battement d’ailes, elle atterrit en douceur sur mon épaule. Je sens la pression de ses serres sur mon vêtement et cette présence habituelle me réconforte, telle une étreinte. En réponse, je lève la main et caresse délicatement l’une de ses pattes. Byron s’est probablement habitué à me voir avec elle, à toujours chercher un contact physique quand l’un de nous se sent nerveux. Elle s’exprime progressivement de plus en plus, bien que nous ayons pris l’habitude que je parle pour nous deux. L’angoisse inexpliquée finit par disparaître et mes yeux clairs reviennent se poser sur Byron. Encouragé par Freyja, j’offre un sourire encore intimidé à l’homme, avant d’hausser légèrement mon épaule inutilisée par ma daemonne.

« Oui, c’est de la tarte aux pommes. Si vous n’aimez pas, ne vous forcez pas à en manger, j’ai fait ça hm… pour m’occuper. »

J’explique, humblement, n’osant pas dire clairement que je l’ai faite pour eux. Freyja, d’ailleurs, gonfle les plumes de son abdomen dans un soupir exaspéré avant d’intervenir.

_ Nous souhaitions faire quelque chose pour vous remercier.

Je fronce les sourcils et tourne mes yeux vers elle, ce qui semble la convaincre de se dégager de mon épaule pour revenir sur le dossier d’une chaise en quelques battements d’ailes silencieux. Elle me regarde ensuite d’un air innocent et je préfère détourner mon attention, les joues légèrement rougies.

« Je veux bien. Comment s’est passée votre journée ? Vous avez eu beaucoup de travail ? »

M’appuyant sur ma canne, je m’approche d’un des meubles de la cuisine pour y récupérer quelques assiettes, des couverts pour nous, puis je marche prudemment jusqu’au canapé en prenant garde à ne pas faire tomber les couverts, en équilibre précaire sur les assiettes.

« C’est bien la première fois que j’ai le droit de manger sur un canapé. »

J’ai laissé échapper cette phrase en levant naturellement les yeux vers mes hôtes, un sourire malicieux éclairant mon visage canaille. Durant mes séjours à l’orphelinat, les seuls repas avaient lieu au réfectoire… Quant à ma famille d’accueil, je me souviens de cette femme maniaque qui serrait les dents en craignant que les frottements de ma canne ne salissent son carrelage immaculé alors je vous laisse imaginer que les miettes sur le canapé…

Dans un doux bruit soyeux, Freyja s’envole de la chaise et plane jusqu’au canapé. Elle se pose en douceur sur l’accoudoir et replie ses ailes dans son dos. Ma main vient s’y glisser alors que je m’installe prudemment, avec un peu de maladresse. Je ne maîtrise pas encore la hauteur du divan, alors pour m’y asseoir, je m’y prends toujours avec prudence. Je détends ensuite ma jambe dans un soupir soulagé et m’étire dans un petit craquement osseux. On dirait que la croissance m’a étiré tout en longueur, me laissant des membres longs et maigres qui flottent dans mes vêtements actuels.



Spoiler:
 
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1