One day this pain will make sense to you || Horacio Lawrence & Rafael Garcías

 
  
MessageMar 21 Nov - 1:48
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Horacio Lawrence & Rafael Garcías ▬ Delilah & Toci
One day this pain will make sense to you
Le bitume froid, elle détestait cette sensation sous ses pattes et puis elle était fatiguée de marcher et de s'inquiéter. Il traînait ses pieds derrière elle, obstinément il avançait alors que même son teint trahissait son état. Buté, il avait feint de ne pas entendre le raisonnement de sa compagne alors que pour une fois cette dernière s'était appliquée à se faire entendre. Elle avait donné de sa personne, protestée, raisonnée, elle avait suggéré de passer le flambeau à un collègue capable d'aligner plusieurs mots et de réfléchir clairement mais rien n'y avait fait, rien n'avait fait vaciller le mode automatique dans lequel son jumeau vivait. Rongée d'inquiétude, Delilah ouvrait la marche pour signifier sa contrariété mais aussi et surtout pour veiller sur son imbécile de daemonien qui avait trouvé le moyen de dépérir un peu plus en attrapant ce rhume qui le rendait fiévreux et lui ôtait l'appétit. La coati préférait estimer qu'il s'agissait d'un rhume, cela l'inquiétait déjà bien assez pour songer à ce que véhiculait cette eau viciée...

La demoiselle s'arrêta un instant, jaugeant le nom de la rue avant de reprendre sa progression en se promettant qu'à leur retour elle fermerait la porte à clé, cacherait cette dernière et enroulerait Rafael sous une bonne réserve de couettes jusqu'à ce qu'il cesse de trembler et de divaguer. Trente-trois ans et toujours en nécessité de maternage... Habituellement Delilah ne s'en plaignait guère, ce rôle lui correspondait mais son inquiétude était aujourd'hui arrivée à un tel stade que la demoiselle aurait mille fois apprécié que son jumeau accepte de prendre soin de sa personne par lui-même.

▬ " No está abierto. " Ouvrant la marche, elle s'était la première heurtée à la porte close avant de tendre le coup vers les horaires affichés. Tout ce chemin pour un échec, elle se retint d'en tirer une remarque tandis que Rafael profitait de cette déconvenue pour s'asseoir sur une des marches qui devançaient le bâtiment. Malgré ce que pouvait penser Delilah cette marche ne lui avait pas fait de mal, la fraîcheur de l’hiver naissant décrassait un peu son esprit usé, posait une page blanche sur laquelle il pouvait réfléchir sans lire entre les lignes et raturer. Son regard se laissa happer par les branchages presque nus qui annonçaient la proximité d'un parc et un vague sourire se dessina face au tableau de ces "tortuosités" sombres qui se détachaient sur un ciel poudreux. Il ne fut pas vraiment apte à saisir le trouble de Delilah dans son dos qui s'intéressait toujours aux informations qu'elle pouvait glaner sur cette porte, il le sentit pourtant mais ne parvint pas à tourner son attention vers cette affaire. " Deberíamos irnos a casa. " L'angoisse était palpable dans cette pensée qui raisonnait dans son esprit et pourtant Rafael manqua à nouveau de discernement. Continuant son observation de végétaux avec une attention peu éclairée. Cet instant de flottement fut cependant interrompu par une brise dont la fraîcheur éveilla cette vieille douleur qui se rappelait à sa main balafrée avant de se glisser dans sa manche et de provoquer un frisson désagréable qui le tira de sa contemplation. Contrarié, Rafael en égara son sourire tout en baissant son regard vers le sweet dont il tira l'extrémité pour se protéger de cette agression. Ce n'est qu'à cet instant qu'il capta la présence d'une paire de pieds à l'horizon de son champ de vision qui le poussa à lever le bout du nez. La silhouette secondée d'un félin se dessina dans une étrange progression jusqu'à ce visage dont les traits et l'expression l'alarmèrent.

Déjà sur le qui-vive, Delilah sentit le coup dans l'esprit de son jumeau et se retourna d'un bon pour filer au-devant du danger de son air le plus menaçant qui s’essouffla sous l'angoisse au même moment où Rafael échoua dans sa tentative de se remettre sur ses pieds.

▬ " Je... Pardon... " Son regard avait fui celui qui s'était accroché à sa personne et dont il empêchait la progression, tentant de se raisonner ou d'oublier il ne savait pas vraiment. La daemone n’eut pas la force de confirmer ce qu'il avait deviné en quelques battements de cils et grimpa nerveusement sur ses épaules sans pouvoir détacher son regard sombre de ces silhouettes qui n'avaient pas vraiment changé depuis leur présentation sur papier glacé. Sous le coup de fouet de l'adrénaline Rafael réussi finalement à se remettre sur ses pieds dans un deuxième essai, gardant son regard au sol tandis que ses mains s'agrippèrent nerveusement à sa besace.

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MessageSam 2 Déc - 21:51
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« There are moments that the words don’t reach, there is suffering too terrible to name. The moments when you’re in so deep it feels easier to just swim down... »
Debout, devant la petite échoppe, Horacio attendait sa commande, frottant ses mains gantées entre elles, il ne tenait pas en place. Même si cela faisait presqu’un un an maintenant qu’il était arrivé a Merkeley, les années passé dans la jungle avait habitué son corps à la chaleur et l’humidité, dès que la température tombée, il avait l’impression qu’il ne tiendrait pas la fin du mois. Heureusement, au fil des jours, son corps s’acclimatait, mais tout de même, le vent glacial qui traversait la rue n’aidait pas à se réchauffer. Toci se tenait sur son épaule, tentant de rester accroché malgré les mouvements frénétiques de son daemonien. Comme tout les lundi, il aller chercher son sandwich de prédilection à une vingtaine de minutes de son bureau. Il n’avait de rendez-vous avant 15h et il comptait bien en profiter pour continuer la lecture de son livre du moment. Toci en profitera sûrement pour se reposer un peu. Depuis leur installation à Merkley, Horacio ne faisait pas grand-chose et ses seules sorties étaient pour ce fameux sandwich du lundi, des courses le samedi et parfois un verre quand il faisait des heures à l’hôpital et que l’un de ces collègues le sortait du bureau. Il y avait le coup de téléphone aux parents le dimanche et bien entendu les jeudis soir avec Matthias, même s’ils n’étaient plus ensemble depuis des années, avant même la prise d’otages, ils se voyaient une fois par semaine pour partager un dîner. Horacio s’en contentait, il n’avait pas la tête à être dans une relation, il passait sa vie au bureau, noyant toute peine ou trauma dans son boulot, comme un espoir qu’il guérirait en aidant les autres. Il aimait le croire, Toci craignait qu’il enfouisse tout cela dangereusement et ça finirait par péter à la tête de quelqu’un. La mauvaise personne, le mauvais moment, alors elle faisait plus que le garder à l’œil, quitte à en devenir envahissante.

< Cesse donc de gigoter. > Rouspète-t-elle enfin alors qu’elle manque de glisser de son épaule, se raccrochant à la veste de sa moitié. < Excuse-moi, on est en plein courant d’air. > L'animal gronde doucement, il cesse de faire les cent pas, trouvant un abri au coin de l’échoppe, où il attendant, laissant échapper un léger râle tremblant alors qu’il arrange son écharpe, caressant au passage le daemon, comme pour s’excuser une fois de plus.

Le sandwich accueillit comme une libération, le médecin remerciait le cuisinier chaleureusement avant de reprendre la route vers son bureau en passant par le parc. Sur le chemin du retour, il resta très calme, perdu dans ses propres pensées, une fois de plus et pourtant toujours ce sourire aux lèvres, saluant les quelque courageux qu’il croisait. À part le froid glaçant, Toci pouvait affirmer que rien ne pourrait empiéter sur la légèreté de son daemonien aujourd’hui, c’était rare de le voir ainsi et elle espérait que c’était signe de progrès, une amélioration. Il fallait bien continuer de vivre, vivre avec le bagage douloureux qu’il possédait et finalement avancer, grandir. Il allait falloir un peu de temps et de patience, surtout de la part de ceux qui ne savaient pas vraiment ce qu’il avait vécu. La question était de savoir si les gens pensaient vraiment avoir ce privilège d’avoir du temps quand tout allé si vite. Sans compter les différences qui séparaient les hommes et daemons, un autre souci à se rajouter, avec celui de la contamination.

« Lily me demande si je peux faire des heures supplémentaires ce soir, il y a eu un nouveau cas de perte de contrôle de pouvoir, ils vont avoir besoin d’un coup de main... » Marmonnait-il en regardant son portable qui venait de vibrer. Toci soupir, levant les yeux au ciel, Horacio venait de passer son week-end à l’hôpital, mardi devait être son jour de rattrapage, mais s’il restait une partie de la nuit, il pouvait bien se proposer pour la nuit du lendemain aussi. Il fallait donc profiter des deux prochaines heures devant eux alors, mais quelque chose lui disait que ça serait tout aussi compromis alors que le médecin venait de tourner dans la rue, en face se dessiner une silhouette assise devant le cabinet. Plissant les yeux, l’animal sentit un frisson lui parcourir le dos quand les traits se précisent, son daemonien à encore le nez sur le téléphone. Il le lève que quelques secondes plus tard.

« On aurait donc de la visite. » Ce fut sa première remarque, terminant son sandwich, glissant le portable dans sa poche remettant sa réponse à plus tard. Lui aussi eu un frisson en décelant alors les traits familier, il n’était plus vraiment temps de faire demi-tour, le daemon de l’homme devant lui venant faire barrière, mais il était déjà assez prêt pour confirmer qu’il ne faisait pas des idées.

« Rafael. » Le prénom s’échappe des lèvres d’Horacio, traduisant le choc qui venait de le prendre en pleine gorge, dans un accent trahissant sa langue maternelle. Il y avait des surprises qu’il préférait être préparé psychologiquement pour et celle que le destin venait de déposer à sa porte en faisait partis. L’univers avait donc un sens de l’humour bien à lui.

Le petit ami d’Alice, ici. En soit, il était rassuré, car personne n’avait été capable de lui donner des nouvelles sur son sort a lui. Au fond de lui, il espérait pour le pauvre bougre qu’il avait réussi à s’en sortir, s’enfuir du Mexique et refaire sa vie. Il avait au moins réussi deux choses sur trois, car le regard qu’il avait brièvement croisé n’avait rien de celui qui avait refait sa vie. Un point commun qu’ils avaient donc, mais Horacio n’était pas certain que cela étoufferait la montagne de questions qu’il avait, ni les émotions soudain l’animaient. Il faudrait un peu plus de temps et d’échange pour cela, ce n’était pas vraiment le moment. Il aurait préféré le choisir, être plus prêt, plus apte à le confronter, lui parler, le rassurer. Aurait-il été prêt un jour ? Il ne le saura jamais.

Par réflexe, il desserra légèrement l'écharpe autour de son cou alors qu’il observait le daemonien et son daemon. Il ne savait pas vraiment par ou commencer alors qu’il sentait son cœur s'accélérer de manière incontrôlable, battement insupportable qui remontait jusqu’aux tempes. < Horacio... > La voix de Toci dans sa tête eu l’effet d’un courant électrique, tout deux étaient debout l’un face a l’autre, proie au froid glaçant et il serait mal venu de la part du médecin de l’ignorer, encore moins de les laisser dehors.

« Rentrez à l’intérieur, vous devez être gelé. » Finissait-il par dire, alors qu’il sortait les clefs pour ouvrir la porte et se dégager pour laisser entrer ses invités.

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MessageDim 3 Déc - 19:27
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L'espace d'un instant il avait cru se tromper, il l'avait même espéré pour ne pas avoir à s'y confronter. Mais cela avait été bref, le souvenir avait beau être éloigné son regard avait vite saisi les traits et Delilah lui avait timidement confié ce qu'elle avait lu sur la porte du cabinet. Merkley était donc définitivement la ville des rencontres, de toutes les rencontres même celles que l'on ne savait pas imaginer ou envisager... S’agrippant à son sac, Rafael laissait son regard fuir vers le sol trahissant son désir d'esquiver cette découverte contre laquelle il n'était pas armé. Et le silence qui s'étira n'était qu'une tentation de plus, plusieurs fois il se crut capable d'amorcer le geste avant de se raviser, tiraillé dans un conflit d'émotions qui l'avait submergé en un instant.

Delilah, elle, avait vite oublié sa combativité. La demoiselle s'était réfugiée sur les épaules de son jumeau qu'elle couvait à présent en enroulant sa queue autour de son cou en observant avec timidité la paire qu'ils avaient débusquée par mégarde. Dans tous les cas la surprise était partagée car le temps s'étira sans fournir de repaire jusqu'à ce que le silence se brise.

▬ " Rentrez à l’intérieur, vous devez être gelé. " La silhouette passa aux tintements des clés et l'angoisse écrasa son esprit. Le frisson qui choisit cet instant pour le secouer n'avait que peu de chose à voir avec la température qui régnait, la fièvre probablement se joignait à cette catastrophe en préparation et pourtant il s'anima pour effectuer les pas que sa langue maternelle l'invitait à faire.

▬ " Quiero irme a casa Rafael... " La supplication était timide mais trouva une place dans son esprit agité. Ils partageaient ce désir impérieux et pourtant ils entrèrent sans un mot parce qu'ils ne pouvaient pas dignement fuir face à cette rencontre sous prétexte qu'ils opéraient là un plongeon vers les plus profonds de leurs maux. Que penseraient-ils ? Qu'elle image cela leur donnerait alors que leurs torts étaient déjà bien lourds à porter ? Delilah ne protesta pas, elle se tapit un peu plus sur ses épaules, résistant au désir de se dissimuler dans la capuche de Rafael.

▬ " Gracias " Il aurait dû s’apaiser, ce n'était qu'une rencontre qui avait trop tardé entre des individus reliés par des connaissances chères. Y avait-il un prétexte à toute cette instabilité qui le secouait, cette angoisse qui se coinçait dans sa gorge ? Mais il ne tenta même pas de se raisonner, trop usé, trop touché, trop faible, même dans le meilleur des mondes il aurait eu du mal à asséner cette raison alors dans les conditions présentes il rendait les armes immédiatement. Nerveusement, sa main vint de nouveau tirer sur sa manche avant de continuer à tenir son sac contre lui alors que son regard se levait pour observer le nouvel environnement dont il n'arrivait pas à apprécier la température plus délicate.

▬ " Je m'excuse, je ne savais pas. Je ne voulais pas arriver... Comme ça... " Non les plans avaient été tout autre, il avait juste accepté de remplacer un collègue, de prendre son papier et de l'étoffer alors qu'il posait quelques jours de congés maladie. L’ironie avait fait grincer les dents de Delilah qui aurait bien voulu que son jumeau en face de même au lieu de s'aventurer dans le froid et à présent elle ne faisait que regretter d'avantage que cela ne soit pas ce qui était arrivé. Cleante lui manquait, elle parvenait un peu mieux à faire son deuil, la perte ne la rongeait pas mais confrontée à cet instant et à l'agitation de l'esprit de Rafael ce fait s'imposa. Sa bienveillance, son esprit, ses remarques, leurs manies ... La coati glissa un petit cou de museau sur la mâchoire de son daemonien pour se ressaisir et ne pas se laisser glisser vers ses turpitudes. S'ils sombraient à deux... Elle ne voulait même pas l'imaginer et pourtant lorsqu'elle voyait le félin chez qui ils étaient entrés elle ne pouvaient qu'entendre cette voix manifestant ses souvenirs.
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MessageVen 29 Déc - 22:25
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« Suivez-moi, c'est à l'étage. » Leur indiquait-il, laissant la porte ouverte pour ses invités, Horacio se pressa de fermer tout ce qui était lié au cabinet médical, programmant son téléphone pour le prévenir de son rendez-vous qui devait avoir lieu un peu plus tard. Il ne savait pas comment les choses allaient se passer, pour le moment dans son esprit, il tentait d'être un maître de maison décent, les invitant illico à l'étage et les inviter à s'installer dans le salon pendant qu'il se débarrassait de son manteau et remontait légèrement le chauffage. Toci avait quitté son épaule depuis longtemps, allant s'installer sur l'une des bibliothèque où se trouvait de quoi boire et un coussin. De là-haut, elle voyait tout, connaissant sa moitié ce dernier préférait ne pas l'avoir sur lui lorsqu’il était dans l'état actuel, tentant bien que mal de faire bonne figure.

« C'est rien, quelque chose me dit que ça n'aurait pas pu se passer autrement que par hasard. » Il fallait être réaliste, si Horacio n'avait jamais tenté de rentrer en contact avec Rafael, la réciproque l'était aussi, tout les deux savaient bien ce qu'impliquerait une première rencontre et le médecin préférait qu'elle se passe ainsi, sans témoin pour se retrouver dans une position de troisième roue. Il y avait assez de leur daemon respectif pour les défendre ou les calmer. Enfin, avec Rafael debout dans son salon, s'accrochant à son sac comme à une ancre, Horacio n'avait aucune idée brillante de comment maintenir la conversation. « Vous voulez un thé ? Café ? Quelque chose de plus fort peut-être? » Suggérait-il à peine avec humour. Ce n'était ni un grand buveur ou fumeur, mais il prendrait bien l'un ou l'autre actuellement, ça faciliterait peut-être la conversation. Une fois une réponse obtenue, il invité de nouveau Rafael à s'asseoir pendant qu'il allait de l'autre côté du comptoir qui servait de séparation pour préparer de quoi. Optant finalement pour un thé lui-même et alors qu'il s'attelait à sa tâche, il entendait encore la voix de sa soeur lors de leur dernier échange.

• • •

« Tu ne comprends rien ! Rien à rien. » Le ton claquant de sa sœur, elle se tenait debout les bras croisés, attendant que son frère lui rende le sac à dos qu'il avait dans la main. « C'est trop dangereux, imagine s'il lui arrivait quelque chose de grave, tu subirais le même sort. » La voix du frère protecteur, il était revenu au Mexique il y a à peine un mois et l'existence des daemon avait causé beaucoup de remous dans le pays, ce n'était plus sûr et il aurait préféré que sa sœur, comme son petit ami l'accepte et se mettent cela dans la tête. « Tu dois quitter le pays c'est-.
- ARRÊTE HORACIO ! Le coupait sa sœur. Que tu veuilles me protéger est une chose, mais que tu ne comprennes pas que je ne peux pas partir sans lui c'est... C'est .... Comment ne peux-tu pas comprendre?! Je l'aime. Je ne vais pas le laisser tomber sous prétexte que c'est trop dangereux ! » Horacio était trop inquiet pour comprendre, il l'apprendrait quelques mois plus tard de ce qu'on était capable de faire dans des situations critique pour s'assurer le bien-être des uns et des autres. À ce moment-là, néanmoins, il pensait à sa sœur, à ses parents et leur famille.

« Qu'est-ce que dirait maman ? Tu veux la tuer ? » Sa sœur bondit, la main part, une claque. Il ne l'avait pas volé celle-là, alors que le regard de sa sœur s'embrume de larme. « Tu es un idiot. Tu crois que je n'ai pas pensé à maman ou papa ? Rafael... Je veux qu'il fasse partit de la famille un jour. Je refuse de le laisser derrière. On ne laisse personne derrière chez les Lawrence, c'est toi qui m'a appris ça pendant que tu es allé risquer ta vie pour un pays qui n'est qu'à moitié le tiens ! » Horacio n'osait même plus lever les yeux, sa main posée encore sur sa joue brûlante. « Si tu ne veux pas que je parte pendant que tu es encore là, très bien. De toute façon, tu pars en Colombie dans quelques jours. Et moi, je partirai à la recherche de Rafael, mais je te préviens si sa survie se joue à un jour je-
- C'est bon. Le daemonien laissait échapper un soupire avant de tendre le sac à sa sœur. Vas-y. » Alice arracha le sac des mains de son frère, hésitant un instant avant de le prendre dans ses bras et déposer un baiser sur la joue qu'elle avait maltraité un peu plus tôt. Un simple merci dans un murmure et sa sœur disparaissait derrière la porte. Horacio dut attendre quelques minutes, afin de ne pas courir après elle et l'envoyer à l'ambassade anglaise pour le premier vole chez leurs parents.

• • •

C'était donc ce genre de souvenirs qui s'éveillait, le résultat de se retrouver face à Rafael. Vu sa tête, ce dernier avait dû voir presque autant de misère que le médecin et ce n'était pas surprenant, avec le métier qu'il exerçait. Enfin, à trop l'observer en silence, il allait finir par le mettre mal à l'aise, remarquant qu'il avait du déjà le faire avec la photo qu'Alice lui avait envoyé de tout les deux installé sur l'une des étagères de la bibliothèque. Son ami lui avait dit que c'était une étape importante de garder une photo de ce qu'on aime, d'abord on détourne le regard, puis petit à petit on se souvient des meilleurs souvenirs. Alors, c'était peut-être le meilleur moyen de commencer une conversation ? Horacio n'en savait rien, être lui devait déjà mettre un coup à son invité alors lui parler d'Alice...

« Je pense qu'Alice avait prévu un autre type de rencontre pour nous deux. » Horacio sentit le poids des mots, pourtant, il était presque soulagé de le dire, malgré sa gorge nouée. « Elle et Cléante m'ont souvent parlé de vous deux, j'aurais aussi préféré que ce soit dans d'autres circonstances, mais... Je suis content de voir que vous avez réussi à quitter le Mexique. » Horacio avait imaginé leur rencontre se dérouler de mille et une façon, car il y a un an lorsqu'il avait appris la mort de sa sœur, il aurait remué la terre entière pour mettre la main sur Rafael et lui demande ce qu'il avait foutu pour laisser sa sœur se faire tuer. Aujourd'hui, il ne savait plus ce qu'il voulait savoir, rien qu'à voir la tête de Rafael, il aurait pu tout à fait croire qu'il cherchait un médecin et en plus le croiser lui, cela devait rajouter à la pâleur de son interlocuteur et par conséquent Horacio préférait mettre à l'aise son invité. Et si la colère et le sentiment d'injustice existaient, il préférait éviter de se lâcher sur Rafael, qui n'avait pas l'air en meilleur état que lui et clairement ça n'aiderait en rien. Si c'était pour se sentir misérable et couper ce qui restait de souvenirs de sa sœur, ce n'était pas la peine.

« J'avais des doutes en lisant le journal, mais maintenant que j'y pense tu, dois être le R. Garcías du Post. C'est tellement un nom commun ici… Mais, j'aurai pu faire le lien plus... tôt... » Et le sentiment de ramer se faisait de plus en plus grand, heureusement, la bouilloire vint le sauver, l'excusant un instant pour qu'il se remette les idées en place. Il revenait donc en silence avec leur boisson respective, préférant que Rafael tente une approche, peut-être qu'il serait un peu plus adroit que lui.
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MessageSam 30 Déc - 15:41
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La porte se referma derrière eux, laissant la sensation à la coati qu'ils étaient pris dans un nouveau piège. Tapis ainsi sur les épaules de son jumeau, elle donnait l'impression d'être une grosse écharpe au regard préoccupé. Et si c'était bien Rafael qui se déplaçait, la demoiselle donnait bel et bien la sensation d'être la plus alerte des deux avec son attention qui détaillait leur nouvel environnement alors que le regard du daemonien rasait résolument le sol. Arrivé semble t-il à destination il ne comprit pas vraiment comment sa voix parvint à se frayer un passage jusqu'à ses lèvres, sa salive ne parvenant que douloureusement à faire la part du chemin inverse et pourtant il réussit à faire émerger un brin d'excuses pour cette irruption involontaire.

▬ " C'est rien, quelque chose me dit que ça n'aurait pas pu se passer autrement que par hasard. " Rafael glissa un bref regard, accompagné d'une faible amorce de sourire vers son interlocuteur mais ne leva pas assez haut son regard pour croiser son visage avant de s'en retourner à l'observation du sol devant lui. Accroché à son sac, il sentait chaque frisson qui signait un peu plus douloureusement leur trace dans ses muscles en tension. " Vous voulez un thé ? Café ? Quelque chose de plus fort peut-être ? " Étourdi, probablement fiévreux Rafael ne réagit pas, l'interrogation s'étant probablement perdu en chemin jusqu'à sa conscience et se fut Delilah qui prit le relais avec un léger délais d'attente avant qu'elle ne lève le museau.

▬ " De l'eau, de l'eau sera parfait, merci. " Donner un excitant à un insomniaque était une erreur qu'ils n'avaient jamais véritablement commise et très franchement de l'alcool n'allait guère aider l'hécatombe qui se déroulait dans cet esprit, elle n'aurait probablement pas dit non à un chocolat chaud mais la demoiselle était bien trop intimidé pour se lancer à cet instant dans les requêtes. Au lieu de cela elle donna à nouveau un petit coup de museau sur la mâchoire de son jumeau, l'encourageant à s'asseoir maintenant que la porte s'était refermé sur eux. Et c'est ce qu'il finit par faire, venant s'échouer sur un fauteuil avant que Delilah ne descende de son perchoir pour s'asseoir sur l'accoudoir et observer le maître de maison s’affairer. Elle se demandait ce qu'ils savaient, dans quel mesure cet accueil relevait de l'éducation ou des connaissances mais stoppa brusquement sa réflexion lorsqu'elle sentit la crispation de son jumeau qui baissait vivement le regard lorsqu'elle se tourna vers lui. Remontant le fil, la coati fini par tomber sur la photographie perchée sur une étagère responsable de cet emballement dans l'esprit voisin.

▬▬▬

▬ " Je peux l'avoir ? " Silhouette apparue dans l'obscurité alors qu'il observait avec un léger sourire le cliché qu'il venait d'accrocher sous la lumière rougeâtre, la demoiselle usait déjà de son emprise en se lovant dans son dos pour souligner sa requête.

▬ " Le vrai ne te suffit pas ? " Rafael se tourna entre les bras de la miss pour lui faire face avec un air amusé qui entraîna la même apparition sur le visage voisin qui se levait vers lui.

▬ " Tu n'y es pas. Je veux juste avoir la preuve que le look baroudeuse me va comme un gant. Tu comprends, j'ai des amies un peu perplexe à ce sujet... " Ses mots d'un sérieux tout relatif moururent dans un rire provoqué par la moue de son interlocuteur qui se voulait déçu et qu'elle félicita du spectacle d'un baiser qui sembla lui redonner le sourire.

▬▬▬

Il ne s'était pas attendu à retrouver ce cliché chapardé ici, alors même qu'il s'était décidé à relever le nez. Il ne s'était pas non plus attendu à retomber sur ses traits qu'il n'avait pas véritablement vu depuis toutes ces années, du moins s'il ne comptait pas ces apparitions qui le tenaient éveillées des nuits durant. Il fuyait les quelques pellicules qu'il avait réussi à sauvegarder de cette période, provoquant là probablement un comble lorsque l'homme était prêt à les protéger de sa vie mais sans même oser les regarder... Il lui fallu le contact de Delilah sur son bras pour s’apercevoir qu'il vivait en apnée depuis la découverte, trop crispé pour qu'un filet d'air ne parvienne jusqu'à ses poumons il lança un regard apeuré à sa compagne qui faisait de son mieux pour lui glisser un brin d’apaisement. Son aide lui permit de retrouver un souffle de respiration mais ses mains avaient toutes les peines du monde à relâcher le sac auquel elles s'accrochaient toujours.

▬ " Je pense qu'Alice avait prévu un autre type de rencontre pour nous deux. Elle et Cléante m'ont souvent parlé de vous deux, j'aurais aussi préféré que ce soit dans d'autres circonstances, mais... Je suis content de voir que vous avez réussi à quitter le Mexique. " Il n'y arriverait pas, au début il avait cru pouvoir laisser passer la rencontre, la subir comme elle venait et comme il avait tout encaissé mais là, l'espace d'un instant, il paniqua. Apeuré par la honte et la souffrance, tourmenté par les frissons et les vertiges, emmêlé dans ce mélange de passé et de présent dans son crâne, c'était à se demander comment il échappait à l'hyperventilation d'une crise d'angoisse qui s’empêtrait dans son rhume. Là encore, il fallut l'intervention de Delilah pour qu'il perçoive une dernière donnée, la coati vint en effet poser ses pattes avant sur sa main droite, attirant ainsi son attention sur la douleur perçante qu'il provoquait à ses cicatrices. Et ce n'est que sous son influence qu'il réussit à déplier ses doigts avant que son autre main ne relâche elle aussi son sac pour venir nerveusement tirer sa manche et recouvrir la source de ce problème.

▬ " Il y a beaucoup de choses qu'elle n'avait pas prévu. " Il sentit le regard de Delilah sur lui alors qu'elle avait lâché sa main pour se rasseoir convenablement. Elle devait probablement se demander d'où venait cette phrase distincte qui avait réussi à faire son chemin dans le maelström de son esprit, interrogation qu'il n'était même pas capable de partager.

▬ " J'avais des doutes en lisant le journal, mais maintenant que j'y pense tu, dois être le R. Garcías du Post. C'est tellement un nom commun ici… Mais, j'aurai pu faire le lien plus... tôt... "Ne pouvant guère connaître plus de mal-être dans cette situation, Rafael tira un brin de fraîcheur à ces mots, se demandant s'il était tombé sur des articles récents ou sa maigre chronique qui ressemblait de plus en plus à une thérapie pour ses tourments. Les portraits de ses amis bien souvent perdus étaient douloureux à échafauder mais après plusieurs mois il sentait un léger voile de bénéfice à ce processus à l'origine créé pour tourner quelques âmes vers ce qui se passait plus au sud.

▬ " C'était l'option la plus évidente... " La facilité après toutes ces années perdues, il ne s'était guère posé de questions pour retomber ainsi sur ses pieds. Rafael osa relever le regard, croisant celui qui revenait vers eux avec thé et eau et dessina un semblant de sourire sur ses lèvres avant de s'en retourner vers le tiraillement nerveux de sa manche. " Je ne m'attendais pas à... Enfin je croyais que l'Angleterre aurait été l'option la plus... Attirante. " Percevant le silence, Rafael avait tenté d'imager un brin de pensée sur le fait qu'il avait plus facilement imaginé que son interlocuteur aurait choisi le Royaume-Uni plutôt que les USA, c'était d'ailleurs probablement pour cela qu'il s'était épargné la hantise de le croiser un jour et qui le rendait si peu préparé à cette rencontre. " Vous êtes là depuis longtemps ? " Son regard instable voltigea d'Horacio au félin installé un peu plus loin alors qu'il tentait maladroitement de se rassurer avec cette amorce de conversation neutre.
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