Quand le chat n'est pas là, les souris dansent.

 
  
MessageJeu 23 Nov - 9:41
avatar
Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 189Nombre de RP : 73Âge réel : 22Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Eléonore fit voyager ses doigts sur le clavier. Elle aimait de plus en plus ses petits airs de jazz qui lui venaient. Elle jeta un coup d’œil vers le saxophone qu'elle venait d'acheter. C'était sans doute une erreur mais elle avait bien trop envie d'essayer. En attendant elle était seule ou presque dans ce bar de cette je ne sais quelle famille roumaine ou ukrainienne. Pour elle c'était techniquement du pareil au même. Elle n'avait aucune idée de si le bar leur appartenait ou si c'était simplement leur QG, dans tous les cas il y avait un piano, moisi par rapport à son propre Steinway et surtout assez peu utilisé. Elle s'entraînait donc là, au moins il y avait un peu de monde. Son verre de vodka-redbull était posé sur le haut du piano. Elle fournissait une ambiance musicale. A côté, Jumbo était au comble du bonheur, il profitait de l'instant présent, du piano. Ça lui rappelait des airs qu'il adorait écouter, il n'arrivait même pas vraiment à lire. Eléonore s'arrêta, prit une gorgée et se tourna vers son âme.

« Je pensais à un truc. Ta voix… t'as jamais pensé à chanter ? Enfin j'veux dire, le jazz ça irait carrément bien avec ton ton. Don't you think darling ? »

Il fermait les yeux, riant dans sa barbe.

« Jamais essayé à vrai dire. Je ne sais pas chanter. »

Il savait déjà que c'était trop tard.

« Quand on rentre on essaie ? Steuplaît steuplaît. »

Elle était curieuse et excitée de voir ce que ça pouvait donner, il fit un geste pour montrer qu'il s'en fichait.

« Continue à jouer au lieu de dire des bêtises. On verra. »

« Il me faut une voix espèce de gorille grognon. Et la mienne. Bon c'est pas dingue. »

Pas dingue c'était le cas de le dire. Elle n'était pas fausse mais sa voix n'avait aucun cachet contrairement à son doigté. Ces temps-ci elle naviguait entre la musique et les petites affaires qui traînaient par ci par là, évitant de trop se faire remarquer. Enfin … à sa manière. Disons qu'elle restait Léo et qu'elle cherchait toujours son plaisir avant tout mais elle ne se jetait pas dans la gueule du loup. Pour deux raisons, d'abord elle avait promis à Ana, et puis comme elle s'était rapprochée de groupes impliqués politiquement elle ne pouvait pas se permettre de se faire prendre. Même si elle savait que personne ne l'attraperait jamais. En fait elle jonglait avec le feu alors elle s'était mise à jongler plus doucement pour éviter une explosion. C'était particulièrement amusant cela dit. D'un côté elle découvrait ce que ça faisait d'obéir à une cause et non être mercenaire sans idées. L'implication, l'engagement était totalement différent. Ça restait un jeu bien évidemment, Eléonore n'avait pas changé sur ce point. Elle n'était pas vraiment digne de confiance vu qu'elle ne faisait partie d'aucune partie bien que tous les mouvements pro-daemoniens avaient sa sympathie. Elle était juste dans son propre camp. La vie n'était pas à prendre au sérieux, mais si elle pouvait profiter pour botter le cul de quelques daemoniens elle n'hésiterait pas. D'ailleurs elle n'hésitait pas vu qu'elle avait ses contacts avec les free daemoniens, ce clan daemonien roumain et tout un tas de personnes plus ou moins impliquées dans la cause daemonienne. Jumbo Merlin s'était aussi radicalisé. Lui qui avait été un grand pacifique humaniste… il l'était encore mais dans une moindre mesure. Il s'assumait enfin pleinement, que les autres aient peur ça ne le dérangeait plus, il commençait à éprouver cet espèce de détachement de ceux qui ne peuvent plus s'encombrer de faire attention aux autres. Il n'était pas agressif comme Eléonore mais il n'hésiterait plus s'il devait les protéger. Par contre il restait toujours le même, vulnérable, timide et en retrait avec un esprit brillant. Il avait toujours cet attachement particulier aux petits daemons. Tehwa, par exemple, était un de ceux dont il préférait la conversation. Eléonore se téléporta près du serveur.

« Vous avez des cigares ou des trucs comme ça ? »

Il avait sursauté, faisant tomber un verre, il ne savait pas s'il devait obéir à cette jeune femme immature qui ne ressemblait à aucun autre membre habituel. Bénéficiait-elle des privilèges des autres ? Il l'avait bien vu discuter avec les autres hommes, mais ce n'était qu'une enfant.

« Allez mon gros, j'te promets je dirais rien. »

Elle lui fit un clin d’œil avec son immense sourire. Il ramassa le verre, passa un coup de chiffon. Et ouvrit la boîte, elle en prit un.

« Merci. »

En se téléportant au piano, elle le héla.

« Tiens il est pour toi celui-là, beau brun ! »

Les notes claquèrent en un rythme entraînant. Il manquait une voix, c'est vrai. On s'imaginait bien un vieux crooner qui ferait danser une jeune femme à la robe rouge. Sauf que Léo était une espèce de rockeuse, punk, à l'air de princesse qui fumait maintenant un cigare en balançant sa tête d'un côté et de l'autre.
Une batterie aussi… ç'aurait été du plus bel effet. Mais Jumbo casserait les peaux avec sa force. Définitivement elle devait le faire chanter, au moins pour voir ce qu'il donnait.
Léo laissa dériver son esprit vers la dernière mission que lui avait donné ce clan, elle lui avait vendu ses informations sur le groupe anti-daemonien qu'elle avait espionné il y a quelques mois, celui qui avait tué Jésus, son ancien clochard préféré. Quelle tristesse. Il était pourtant cool Jésus, mais il avait été maudit jusqu'à la fin. La mélodie se ralentit, prit de la profondeur, et elle le sentit. Elle décida donc de penser à autre chose, à ses potes de Free Daemonians qui eux au moins avait le sens du spectacle et de l'amusement. Ils ne lui diraient rien de leurs plans avant d'être sur le point de les faire, mais elle était sûre qu'ils l'appelleraient. Un pouvoir de téléportation, c'était toujours utile. Eléonore le savait et en profitait. Elle leur avait bien fait comprendre qu'elle voulait en être. Pour elle aussi jouer une blague aux humains.

*Je pense que ça pourrait mal tourner.*

*C'est pas vraiment une raison pour pas le faire.*


Il sourit, et elle repartit dans sa musique, son verre fini et un nouveau cocktail plus raffiné commandé.
  
MessageJeu 4 Jan - 22:36
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 258Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Spoiler:
 

- Mademoiselle.... Vous êtes sûr de.... Je croise son regard tandis qu'il cherche ses mots. Sa moustache s'agite sous l'effet d'un tic nerveux. C'est que... C'est pas un endroit approprié pour une jeune fille ! Je lève les yeux vers le plafond du taxi. Avoir l'air d'une poupée ne fait pas de moi un être fragile ou frêle. Mes doigts se faufilent dans les poches de ma veste en cuir, ils en tirent un billet de vingt dollars qu'ils viennent agiter devant les yeux de l'homme comme on secouerait un hochet devant un tout-petit. Il semble comprendre l'offense et riposte en s'abstenant de saisir son dû. Il me faut donc poser l'offrande sur le siège passager. Je ne sais pas pourquoi ça m'agace autant que cet inconnu feigne l'inquiétude. - C'est parce que tu es nerveuse. Je rejette en bloc cette possibilité.

- Mon père travaille dans le coin, dis-je d'un ton dont la neutralité en aurait laissé plus d'un perplexe. Merci pour la course.

Je sors sans plus attendre. L'air froid de novembre me gifle les joues. J'ajuste mon écharpe autour de mon cou. - C'était bien la peine de te mettre dans une telle tenue si c'est pour faire la frileuse après. Comme d'ordinaire, Mahkha prétend ne pas comprendre la nécessité de paraître juste pour le plaisir de pouvoir me contredire sur quelque chose. C'est sa façon à lui de désapprouver mon plan.

Nous traversons deux rues, ignorant les regards perdus des personnes tout aussi paumées qui hantent ces lieux. J'évite d'y penser tout en les contournant. Parce que dans leurs yeux, il y a une lueur familière qui me donne l'impression de devoir me regarder en face. Mon humeur s'améliore grandement dès que nous franchissons la porte du Cassandre. Les effluves de parfums, de cigares et d'alcool me parviennent par vagues. Chaque inspiration renforce un sentiment de sécurité si profond qu'un léger sourire naît sur mes lèvres. Nous sommes à la maison. L'attitude princière du chacal me fait redresser le menton alors que nous nous dirigeons dans aucune hésitation vers le bar.

- Bordel, mais qu'est ce que tu fous là ?
- Tu me manquais.
Silence - Non, je plaisante, c'est Tehina qui me manquait, fais-je en référence à sa daëmone.

Llew fronce les sourcils. Sa bouche prend un pli désapprobateur. En réponse, je lui souris. Sa carrure imposante ne m'a jamais impressionnée. Cela tient sans doute au fait qu'il collabore depuis de nombreuses années avec mon paternel. Mahkha se faufile entre les tables et va s'installer sur son fauteuil, non loin du bar. De là, je sais qu'il a une vue imprenable sur la majorité des clients.
- Ou alors tu cherches à t'attirer des ennuis.

Pas du tout mon genre, ça ! J'écarquille grand les yeux avant de secouer la tête. Ne sait-il pas que j'ai laissé ma rebelle adolescence s'en aller au profit de ma chère place d'héritière ? Probablement pas... Ce n'est cependant pas une raison pour perdre la face. Le prune de ma robe volette autour de moi tandis que je rejoins Llew de l'autre côté du comptoir. Il ne me réprimandera pas, ce que je savoure comme une petite victoire. J'entame sans attendre la confection d'un mojito, me servant dans les placards, envahissant l'espace. Tout en œuvrant, je riposte.
- Ou alors, je rends un service à quelqu'un ? Je saisis un citron vert entre mes doigts. Qui peut savoir ? Je découpe le fruit en quartier, extrais une partie du jus qui vient faire fondre le sucre de canne. - Elle est là, me souffle Mahkha dans la tête. - Au piano. Je jette un coup d'œil dans la direction indiqué. Bordel. Son daemon est .... Immense. Un peu effrayant aussi. Je choisis de prendre quelques secondes pour chasser mes doutes illogiques. Il n'est pas question que je démontre la moindre faiblesse. - C'est peut être mon père qui m'a demandé de vérifier que tu t'occupes bien de ses affaires. Il paraît que tu n'es plus tellement en odeur de sainteté auprès de lui ces temps-ci !

Llew préfère garder le silence. Il ne croit sans doute pas un mot de ce que je lui ai raconté, mais, j'ai suffisamment instillé le doute pour qu'il me lâche un peu la grappe. Je termine la confection du mojito dans un calme confortable. Il me faut quelques minutes de plus pour obtenir l'information que je convoite. Le cocktail commandé par la jolie pianiste. Tout en parlant avec le barman, j'écoute distraitement le compte-rendu de Mahkha sur la jeune femme. Il a beau ne pas approuver mon plan infaillible, il essaie de me porter assistance à sa façon. - Elle a l'air de se foutre de tout. Attends-toi à ce qu'elle soit grossière et désinvolte. Ou peut-être qu'elle te chassera comme un moucheron qui tourne autour d'elle. Ça te ressemble un peu d'ailleurs. Aussi pénible ! Et ça l'amuse.... Le bougre d'âne ! Pourtant, la description qu'il me fait d'elle entre en totale opposition avec la mélodie sans fausses notes qui s'échappe de ses doigts. Quel paradoxe intriguant !

Quand le petit serveur s'approche pour récupérer la commande de la pianiste, je m'interpose en posant d'autorité ma main sur son plateau. - Laisse, je gère. Comme c'est mignon, il a le regard d'un Cocker paniqué essayant d'arborer un air de Doberman. Ce serait sans doute plus crédible s'il n'interrogeait pas Llew des yeux. Sans me tourner vers le barman, je demande : - Tu lui dis ou je le fais ? - Laisse-la gérer la commande, c'est bon. Le garçon plisse les yeux mais n'ose pas demander son reste. Allez, c'est ça ! À la niche le toutou ! - Commence pas à faire chier le monde, Lulla ! - Moi ? Je ne fais jamais chier le monde, c'est le monde qui me fait chier, nuance ! Je sais pas si c'est toi qui l'a recruté mais, mets le à la page sur mon statut ici. - T'as pas de statut, princesse ! Je fronce les sourcils en me retournant vers lui. Je déteste qu'il ait raison. Je déteste encore plus qu'il utilise ce surnom à la con. Posant mon mojito et l'autre coktail sur un autre plateau, je décide de soigner ma sortie. - P'tetre Llew, sauf que j'obtiens ce que je veux. Le clin d'œil qui accompagne ces quelques mots suinte la malice. Mon sourire devrait apaiser son orgueil. Qu'il continue à me voir comme une gamine inoffensive, quoi qu'un peu casse-pied, a finalement de bon.

Sans plus attendre, je me dirige vers ma cible et dépose un dessous de verre sur la partie haute du piano. - Offert par la maison pour vous remercier de l'ambiance musicale dont vous vous chargez. Mes lèvres sourient. Mes yeux observent. Il va falloir que je gagne rapidement son attention si j'espère ouvrir les négociations. - Je suis ravie de faire enfin votre connaissance mademoiselle Léo, tout comme celle de votre daemon M.J, j'ai beaucoup entendu parlé de vos talents. Je propose que nous trinquions à notre rencontre, en espérant qu'elle sera fructueuse ! Tout en parlant, je tends mon propre verre dans sa direction. Si avec ça, elle n'est pas au minimum intriguée !

- Je parie que tu vas te prendre un vent !
- Ne parie pas trop vite, surtout que tu n'as rien à mettre dans la balance.
- Montre toi plus inventive si tu veux la ferrer !


Je ne sais pas pourquoi je suis son conseil. Une part de moi n'ignore probablement pas que de nous deux, il a toujours été le plus perspicace et réfléchi. Je m'empare donc d'une chaise à ma portée et m'y installe, me délestant d'abord du plateau. Il est temps de faire tomber le masque. Ou tout du moins, une partie. Adoptant l'air royal d'une souveraine dans son royaume, je porte le mojito à mes lèvres et en bois une petite gorgée.

- Vous connaissez l'origine du nom de cet établissement ? Le Cassandre ? Je l'interroge des yeux. - C'était le prénom de ma mère. Une femme assez extraordinaire, partie trop vote malheureusement. En d'autres circonstances, le mention de ce prénom aurait fait reflué les images de cette femme à qui je ressemble tant. Là, je m'en sers comme d'un outil parmi tant d'autres. Ce soir je ne suis pas Lulla, la gamine impétueuse qui a le don de chercher les ennuis et d'en sublimer la beauté. Ce soir je suis mostenitoarei. Et bien décidée à tenire mon rôle.


Spoiler:
 
  
MessageMer 31 Jan - 19:47
avatar
Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 189Nombre de RP : 73Âge réel : 22Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Intriguée, Eléonore scruta celle qui venait de poser un verre sur son piano. Elle renifla en voyant une gamine à l'air enfantin qui lui offrait ce verre de la maison. Le coup d’œil la mit dans une case. Elle était néanmoins jolie et Léo se demanda si la jeune femme venait la draguer. Ça aurait pu l'intéresser avant mais elle était présentement occupée. Elle reprit donc sa mélodie de piano sans plus faire attention à la serveuse ou jeune fille qui qu'elle puisse être.

Sauf que la jeune femme n'en avait apparemment pas fini. Eléonore aurait pu se douter qu'elle ne s'arrêterait pas là au vu de son attitude.

*Mademoiselle Léo… on aura tout entendu.*

*Au moins quelqu'un qui me reconnaît à ma juste valeur.*


Jumbo ne put s'empêcher de pouffer d'autant plus que la jeune femme venait de proposer de trinquer avec Léo. Qui sentit l'anguille sous roche et enchaîna un pont musical habile. Si la jeune femme en question pensait pouvoir l'amadouer avec un verre gratuit elle se fourrait les doigts dans l’œil. Des verres gratuits en tant que femme elle pouvait en avoir assez facilement. Cependant Léo aimait la flatterie, elle ne le montra pas mais une réputation ça n'était pas pour lui déplaire. De là à trinquer avec une gamine qui venait sans doute pour lui demander je ne sais quel service débile, long sans avoir aucune conscience de ce qu'elle venait chercher. Une petite princesse naïve, elle en avait trop vu. Aussi le verre de la fille resta en l'air tandis que Léo fit l'affront presque de s'arrêter après une descente mélodique tout en douceur. Elle tira une taffe de cigare qu'elle rejeta trop loin de la fille pour qu'elle la respire et trop proche pour que ce fut involontaire. Elle se passa du commentaire de Jumbo qui la trouvait ridicule mais qui était aussi incroyablement méfiant envers la jeune femme qui se présentait à eux. Ça sentait bien trop les embrouilles pour lui et il se montrait bien plus attentif que sa daemonienne. Sauf qu'il n'allait pas au-devant des embrouilles et il ne la salua que d'un coup de tête respectueux, cachant son œil borgne dans l'ombre pour éviter de l'effrayer.

Tirant une chaise, la jeune princesse se mit face à Léo, et commença à siroter son cocktail, un mojito à voir la menthe et la couleur.
Prenant une nouvelle taffe, Léo finit par attraper son verre de l'autre main, signe d'écoute puisqu'elle ne pouvait plus jouer du piano. Le plan drague se transformait en autre chose. Un quelque chose qui rendait Léo sceptique et intriguée. Notamment par cette jeune donzelle qui parle comme … comme … elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Comme si elle imitait presque quelqu'un d'autre.

Eléonore ne put empêcher le grand sourire d'éclaircir son visage quand elle comprit. Cassandre ? La mère de cette jeune fille. Elle ne pouvait être qu'une personne. Une Pietru. Evidemment, cette arrogance, cette assurance. Par contre son petit discours pour se présenter… c'était digne d'une héritière. Elle se vantait presque. Un paradoxe amusant face à Léo qui avait toujours rejeté son propre père et tout ce que ça signifiait.
Si cette fille pensait émouvoir Léo, elle se trompait. L'empathie de cette dernière étant bien trop réduite pour comprendre la douleur de perdre une mère. Et si elle comptait l'impressionner, elle se trompait encore. Elle en avait vu d'autres, des plus puissantes, des plus belles, des plus riches, des plus dangereuses. La seule façon de gagner son attention était d'attiser sa curiosité, d'être une promesse de plaisir, d'aventures, d'être plus que ce qu'elle pouvait penser.
Elle laissa planer un blanc en buvant une longue gorgée de son cocktail.

« Une Pietru. J'aurais du m'en douter. »

Une vraie princesse donc.

« Qu'est-ce que tu fais par ici ? C'est pas que j'm'en plaigne, une jolie fille qui vient m'offrir un verre ça m'fait plaisir mais tu devrais pas être en train de réviser pour l'école ? »

Elle leva un sourcil moqueur et se retourna vers son piano, non pas que la discussion était finie, Eléonore attendait plus d'une héritière, un peu de piquant et de répondant. Mais elle posait clairement le rapport de force. Cette jeune fille venait la voir pour un service ou des affaires comme les Pietru aimait les appeler. Eléonore ne savait même pas son prénom. Elle posa son verre, contempla une partition imaginaire et reprit son cigare. Elle le garda aux lèvres tandis qu'elle laissait ses doigts caresser les notes qu'elle avait envie de jouer.

« Et c'est quoi ton nom à toi ? »

Son sourire avait quitté son visage, face à l'imposant cigare qui se consumait lentement. Jumbo n'avait pas dit un mot. Il aurait préféré parler au daemon de cette fille, histoire de trouver un allié potentiel face à ce qu'il prévoyait déjà comme une erreur. C'est à dire qu'une héritière des Pietru vienne chercher Léo pour un « service ».
Il se rapprocha pour s'asseoir dans un fauteuil, seule possibilité de poser son séant au vu des fragiles et petites chaises. Il était ainsi derrière Eléonore, pour ne pas trop s'avancer vers les inconnus et assez proche d'elle pour qu'elle devine sa cicatrice. Il n'aimait pas en jouer, et ne voulait pas en jouer mais elle finirait bien par voir qu'il n'était pas un simple gorille gigantesque au poil lustré.


HRP:
 
  
MessageDim 18 Fév - 19:01
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 258Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Spoiler:
 

- Oh ! Mais c'est qu'elle t'impressionne !
Mahkha effleure mon esprit de sa moquerie. Ça lui convient étrangement bien ce qu'il croit percevoir. Je m'empresse de le détromper par un mensonge.
- Pas de tout. Prends pas tes rêves pour la réalité.

Même si dans le fond, il n'a pas tort. Tout en gardant mon masque d'héritière, j'observe les longs doigts caresser les touches dans une valse lente et maîtrisée. Je profite de ne pas avoir l'attention de Léo pour l'observer. Je la jauge comme on soupèserait des pommes sur un marché. La jeune femme est à la hauteur de mes espérances. Son charisme, son air de ne pas y toucher, me fascinent. J'ai toujours eu un faible pour les personnalités hors normes. Aurais-je été déçue si elle avait tout de suite cédé à mes avances ? Si elle s'était empressée d'accorder de l'importance à ma venue ? Je savoure le sourire qui naît sur ses lèvres alors que la pianiste s'intéresse enfin à moi.

J'acquiesce d'un hochement gracieux de la tête, ne pouvant retenir cet élan d'orgueil qui m'enveloppe. Elle ne le sait peut-être pas mais, je ne suis pas n'importe quelle Pietru. Je suis la seule. L'héritière légitime unique. La majorité de la famille de mon père est restée en Roumanie et, je ne dois mon titre qu'à l'ascendance de mon grand-père : Augustus d'Edggerton. Les noms des membres du clan sont nombreux, mais il n'est pas rare que certains prennent celui de ma famille pour se présenter. Qu'importe puisqu'ils ne sont que des imposteurs. Des pions sur l'échiquier. Je partage ma fierté démesurée à Mahkha. Le chacal émet un grognement désapprobateur. - Ne sois pas stupide. Écoute ce qu'elle dit.

Je m'exécute, sans pouvoir m'empêcher de savourer qu'elle sache qu'ici, elle est chez moi. En quelques sortes. Ma gloire est de courte durée. Je déchante quand Léo me pique au vif. Je ne laisse rien paraître. Instinctivement, l'acidité de sa langue a le goût du défi. Mahkha rit sous cape. J'ai l'habitude de ce genre de remarque, il en faudra bien plus pour me faire lâcher prise. Je relève le menton, ajoutant un soupçon de malice au fond de mes yeux. - Qui vous dit que ce n'est pas ce que je suis en train de faire ? Je devrais sans doute m'arrêter là pour coller à mon rôle. Maintenir un certain mystère autour de moi serait plus judicieux. Sauf que je n'ai jamais été douée pour me montrer raisonnable. Alors, j'insiste. - Après tout, qui peut savoir dans quel genre d'études je me suis lancée... À elle de lire entre mes mots ce qu'elle voudra. Je lui en laisse le loisir.

- Lulla. Je lâche mon prénom aussi simplement que possible. Mon regard effleure son daëmon. Je m'en détourne aussi vite. Il est encore plus immense quand il s'approche pour s'asseoir. Et, cette cicatrice... Mon dieu, que lui est-il arrivé ? Non. Je ne dois pas me laisser impressionner. Mahkha redresse ses oreilles. Il se laisse tomber souplement sur le sol à quelques pas de là. Après un long bâillement, il se faufile entre les clients pour nous rejoindre. Ça me tue de le dire, mais le savoir en route pour me seconder me rassure. - Tu es incapable de mener une négociation correctement. Oui, vraiment, je ne sais vraiment pas pourquoi je me sens mieux en sa présence alors qu'il se fait un plaisir d'être condescendant.

- Mon père m'a beaucoup parlé de vous, Léo. Il semblerait que vous disposiez de nombreuses qualités et d'une certaine forme de discrétion. Je marque un temps d'arrêt, histoire de lui permettre de me contredire. Mahkha vient alors se camper auprès de moi. Il accorde un mouvement de tête à la jeune femme et son daëmon, en guise de salut, avant de s'assoir. Comme je suppose, à juste titre, qu'il n'a pas l'intention de respecter les règles d'usages, je m'en charge - Mahkha va se joindre à notre discussion. Il n'a pas pour habitude de beaucoup parler, mais, il est de bon conseil

Le chacal porte ses yeux d'ambre sur Monsieur J. Il le fixe simplement. Ni amène, ni hostile. -Je ne vois pas en quoi il est plus impressionnant que moi, me souffle-t-il. Je chasse sa pensée de ma tête sans y répondre. Autant éviter de titiller son orgueil. Ma main glisse sur son encolure, révélant la nature de notre lien. Nous nous appartenons.

- J'ai une demande particulière à vous soumettre mademoiselle Léo. Vous êtes bien sur, en droit de la refuser. Mais, sachez que votre prix sera le mien, en échange de votre discrétion. Je me suis glissé à nouveau dans mon rôle. C'est facile, finalement. Je ne peux pas non plus nier que ça m'amuse de prétendre. Plus encore, ce qui m'attire comme un papillon vers une flamme, est la conscience aigüe que me tiens sur le fil. À la limite entre deux mondes, sans savoir auquel j'appartiens vraiment. Je reporte toute mon attention sur mon interlocutrice. Je traque la moindre information dans son sourire, l'expression de ses yeux. - Je suppose que vous avez tous deux entendu parler des free daemoniens ?
  
MessageMer 21 Mar - 17:14
avatar
Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 189Nombre de RP : 73Âge réel : 22Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Léo eut un rire qui était à la fois spontané et moqueur. C'était instinctif. Une jolie princesse héritière qui cherchait à l'épater, qui se prenait au sérieux. Elle essayait vaillamment de tenir l'équilibre face à la prise de position hautaine et dominante d'Eléonore. En même temps cette barbie brune encore nouvelle née et baignée dans le cocon mafieux de sa famille mais un cocon tout de même qui venait faire la grande à parler à Eléonore sur son propre terrain alors qu'elle n'avait jamais entendu parler d'elle … ça ne pouvait impressionner Léo. De toute façon impressionner Léo c'était difficile, elle se foutait en général de tout. Elle aimait l'imprévisible et cette jeune femme qui venait la voir dans le dos de ses supérieurs était tout sauf surprenante. Sauf qu'il pouvait y avoir un intérêt en elle… si cette Lulla avait entendu parler de Léo et qu'elle venait la voir c'était forcément pour sombrer dans la partie obscure. Et notre très chère alcoolique notoire avait un faible pour les agneaux égarés qui venaient se perdre sur son terrain de chasse. Elle chassa de son esprit Ana qui n'aimerait pas la voir comme ça. Et puis tenir une héritière Pietru ça pouvait être utile pour plus tard, à la fois pour les infos qu'elle pouvait en tirer et si elle lui rendait un service alors l'héritière devrait payer un jour.
Alors Eléonore fit l'effort de rester attentive.

*Tu vas pas te mettre dans les embrouilles avec la fille Pietru n'est-ce pas ? Tu sais comment ils sont… tu vas perdre.*

*Enfin Jumbo très cher… je ne vais évidemment pas tremper dans ce genre de magouilles… mais je veux juste aider une jeune fille en détresse.*

*Jeune fille qui a une armée de roumains psychopathe à sa guise.*

*Et moi 200 kilos de muscles et une intelligence hors du commun. Ah et j'oubliais ma capacité à disparaître...*

*Ne te surestimes pas trop, ça va te jouer un tour.*

*Un jour peut-être...*


Et Léo finit d'écouter tout en gonflant les épaules avec son grand sourire. Elle était fière et elle ne s'en cachait pas. Comme ça on parlait d'elle… ça lui plaisait bien. Elle nota aussi que Lulla Pietru était très certainement la fille de celui pour qui elle faisait des missions, c'est à dire du chef de clan. De nombreuses qualités et d'une forme de discrétion. Jumbo roula des yeux.

*Une forme de discrétion ça c'est sûr. Une forme bruyante et magistrale de discrétion… on pourrait même dire que c'est de l'art à ce niveau...*

*Jaloux...*


« Ma réput' me précède donc. Bon discrétion faut pas que tu t'attendes à grand-chose non plus... »


Jumbo observa ensuite le chacal se poser sans dire un mot. Il lui sourit en réponse à son signe de tête, espérant y trouver un allié. Puis il acquiesça, les daemons habitués à une présence humaine indésirable ne prenaient pas souvent la parole mais ils étaient de bons conseils. Selon l'avis de Jumbo, les daemons surpassaient souvent leurs humains qui prenaient trop de risques et qui ne faisaient pas assez attention à eux. Ou était-ce sa seule daemonienne qui surpassait tous les autres par son inconscience. A voir cette Lulla se jeter dans la gueule du loup, il en doutait.

« Enchanté Mahkha. Je suis Jumbo Merlin. »

Toujours très formel avec sa voix grave et basse, il montra ainsi une attitude respectueuse et ouverte, ou du moins il espérait que c'était ce qu'il dégageait et pas juste un gros gorille borgne menaçant. Il observa le contact physique entre les deux en face d'eux. Léo et lui n'étaient pas très tactiles en règle générale et leur lien n'était pas de cette nature là. Il comprit donc qu'il ne pourrait pas trouver un allié contre leur entreprise en lui. C'était sans doute un daemon apprivoisé qui suivrait sa daemonienne malgré ses erreurs. Il ne le montra pas mais cela le peina. Tant pis, ce serait à lui de convaincre sa daemonienne, voire eux avec.
Enfin Lulla arrêta de tourner autour du pot, ce qui fatiguait Léo. Cependant en utilisant pour la deuxième fois le mademoiselle Léo, elle leva les yeux en l'air. Ce qui en premier lieu pouvait passer pour une blague devenait redondant. Le ton trop poli, distant et formel l'agaçait. Cette jeune fille se prenait pour quelqu'un qu'elle n'était pas. Si elle voulait Eléonore pouvait faire de même, après tout elle venait d'une bonne famille, elle connaissait les us et coutumes, l'hypocrisie aussi. Mais cette gamine d'une vingtaine d'années qui essayait de jouer les dames, qui essayait de l'amadouer soit en montrant un trop grand respect pas du tout naturel ou sincère, soit se prenant vraiment pour une dame. Les sourcils froncés de Léo montraient bien ce qu'elle en pensait.

« Léo tout court. Et encore heureux que j'ai le droit de refuser… bon abrège tu vas pas tourner autour du pot toute la soirée. »

Elle levait un sourcil mi exaspérée mi impatiente. Qu'est-ce qui méritait tant de manières… Et la tentation était grande, très grande de plumer cette néophyte dans ce qu'elle essayait de faire : négocier un contrat, une mission, un service. Sauf que si elle plumait la fille, les conséquences du père se feraient ressentir. Votre prix sera le mien… c'était le plus dangereux de tous les prix. Le plus imprévisible, les meilleures menottes. Un prix n'était jamais que financier. Néanmoins cette carotte éveillait les sens de Léo alors que Jumbo était dépité.
Un sourire carnassier étira ses lèvres quand elle comprit de quoi il était question.

« Tu supposes bien. »

Puis elle tira d'une inspiration du cigare et dans le nuage de fumée, elle ne lâchait plus sa proie dont elle savait ce qu'elle venait chercher.

« Je connais tout le monde ici. »

Elle continuait de sourire.

« Laisse moi deviner... toi, tu aimerais les rencontrer c'est ça ? »
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1