«Le problème n’est pas le problème. Le problème est votre attitude face au problème» Capitaine Jack Sparrow

 
  
MessageJeu 30 Nov - 19:00
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 258Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
- Ça faitplus d'un mois qu'elle est comme ça, Vlad. Je ne la supporte plus.

Je passe ma tête sur le côté du paravent juste pour le plaisir de gratifier Mahkha qu'un regard courroucé. Il faut bien que je partage les détails de ma vie privée avec Dana, non ? Si je ne lui explique pas ce que je sais de Benedict, comment on s'est rencontré et l'essentiel de ce qu'on a pu se dire, comment pourrait-elle se faire un avis sur le personnage ? Ce qu'il m'agace ce fichu chien !

- Je t'entends, tu sais ?
- J'en ai bien conscience
, réplique le chacal, allongé sur son coussin, avant de reposer sa gueule sur ses pattes. S'il croit s'en tirer à si bon compte ! D'un mouvement rageur, je roule en boule ma robe noire et lui balance en pleine face. Strike ! Ça lui apprendra à se plaindre de mon comportement ! Mahkha jappe, se dégage de l'encombrant tissus, me fusille de ses yeux d'ambre puis, se réinstalle nonchalamment.

- C'est ce que je te disais Vlad, elle est insupportable. Je te l'échange contre Dana quand tu veux.
- Mahkha est juste JALOUX ! Ne l'écoute pas !


Le terme est même faible, le concernant. J'enfile ma sixième robe de la soirée. Ou septième, j'ai perdu le compte, peut-être même huit. Neuf ? Non. Huit. On s'en fiche, après tout, puisque les autres ne convenaient pas. Ce soir, je dois être rien de moins que parfaite. Ma tenue de combat se compose d'une robe fluide, mi-cuisse, avec un décolleté en v prodigieux dans le dos qui laisse apparaître le tatouage sur ma colonne vertébrale. Assise sur mon lit, je glisse mes pieds dans une paire d'escarpin noir à talons hauts - mais pas trop, parce qu'il ne faudrait pas non plus que je sois plus grande que Benedict et que ça m'a pris au moins une heure d'essais pour trouver enfin la sacro-sainte paire adaptée. Finalement, je me lève. Après un coup d'œil à mon reflet dans le double miroir de ma chambre, je me tourne vers Dana.

- Tu te donnes du mal pour rien, je parie qu'il ne viendra pas.

Ma langue claque contre mon palais. Je fulmine et réplique avec véhémence :
- Il viendra ! Je me demande si je ne préfère pas quand mon daëmon s'en tient à des conversations minimes ou au silence absolu. Ce qu'il peut m'énerver ! D'autant plus qu'il vient de faire mouche, réveillant chez moi une angoisse mal tapie. Je cherche du réconfort auprès de celle qui me semble être bien plus mon âme sœur que ne l'est Mahkha. - Ca va ? Je suis jolie ? Et surtout, je répète : - Il va venir. Mais, mes mots manques d'assurance, mon timbre de voix me trahit. Bon sang ! Cet Irlandais a débarqué comme un ovni pour bouleverser mes habitudes. Il est parvenu à me faire douter si profondément de mes instincts que je me retrouve incapable de savoir si je lui plais ou non. Je déteste ce sentiment.

- Il faut qu'on arrive là-bas avant lui
, fais-je, plus pour me forcer à me dépêcher qu'autre chose. Rapidement, je retouche mon chignon, vérifie mon maquillage et change de boucles d'oreilles. Voilà. Là, c'est bon. J'attrape mon perfecto en cuir noir, mon sac, je pose la main sur la poignée de la porte. J'oublie quelque chose. Je suis sûre que j'oublie quelque chose ! - Évites de me faire honte, ce soir. - C'est toi qui me fais honte. Il le pense, c'est évident. Il m'a suffisamment asséné que je manquais d'honneur et de dignité dans mes rapports avec la gent masculine. Apparemment, selon lui, cette fois, je dépasserai même les limites de l'acceptable. Dans l'absolu, ces critiques me passent au-dessus de la tête. Les causes perdues n'ayant jamais été mon délire, je ne cherche pas à obtenir sa bénédiction. Je préfère m'intéresser à la jolie rousse qui m'accompagne. Dans un élan d'affection, je la serre dans mes bras et dépose un baiser sonore sur sa joue. - Je t'aime. T'es parfaite. Tu me sauves la vie. S'il m'a friendzoné et que je le tue dans un accès de folie passagère, tu m'aideras à enterrer son corps ?

Je lâche un rire nerveux avant de prendre une profonde inspiration pour me calmer. Show must go on, comme on dit. Ah oui, ça me revient ! - On prend ta voiture ! J'veux pas qu'il se doute qu'on est arrivées ensemble. Mes mensonges sont toujours aussi minutieux. C'est ce qui fait que notre plan est parfait. Il ne reste qu'à espérer que tout se déroulera sans accroc. C'est parti !

~*~*~*~*


Si j'étais nerveuse jusqu'à maintenant, je me demande quel adjectif pourrait bien coller à l'émotion qui m'enveloppe toute entière maintenant qu'on est arrivées à destination. Je vérifie mon téléphone toutes les cinq minutes, je lance des regards anxieux en direction de la porte d'entrée, et, je n'écoute que la moitié de la conversation. Pour faire simple, je suis une calamité. Le genre de meuf reloue dont je me moque allègrement quand je ne suis pas, moi-même, dans la situation. J'ai l'impression d'avoir douze ans et demi. Mince.

- Mahkha a raison....
Prise de conscience que je laisse échapper dans un souffle. - Je suis vraiment insupportable, c'est ça ? J'interroge Dana, arborant un air des plus coupable. Je n'ai même pas besoin de feindre. Elle vient de commencer sa formation à l'école de police et au lieu de m'y intéresser, qu'est-ce que je fais ? Non seulement, je la soûle avec mes histoires de cœur, mais, en plus, je l'entraîne dans une soirée dans un bar, armée de fausses identités nous vieillissant tous à l'âge béni de 21 ans. - Avant que tu prennes conscience que je suis vraiment une amie de merde, rappelle-toi que si un jour, toi, tu tues quelqu'un, je viendrais avec une pelle, une bâche, et je te servirai un alibi sur un plateau d'argent ! Je suis ta personne.

Parce que c'est elle. Pour la charmer, je lui offre mon plus beau sourire. Par contre, je ne peux pas m'empêcher de jeter un coup d'œil vers la porte, si bien que je manque d'avaler ma Margarita de travers. - Il est là ! annoncé-je, les yeux grands ouverts sous l'effet du stress. Non. Pas question que je montre cette facette de ma personnalité. J'inspire profondément pour calmer les battements effrénés de mon cœur. La présence de Dana m'apaise. J'y puise suffisamment de force pour reprendre mon numéro d'actrice. Je lève haut ma main pour signaler ma présence à l'irlandais et lui faire signe de nous rejoindre. Je m'arme d'un sourire, que j'aurais voulu plus discret, dans l'attente de débuts de l'interrogatoire. J'espère, sincèrement, pouvoir prouver à ma sœur de cœur, que je suis capable de m'enticher de quelqu'un de bien.

De son côté, Mahkha a apparemment envie de se montrer taquin, il glisse à l'oreille de l'ours polaire. - Fais toi le plus impressionnant possible. J'adorerai te voir grogner sur Muirne, sa daëmone.

Quand Benedict arrive à notre hauteur, j'ai du mal à contenir mon envie de sauter de joie. Par bonheur, mon anxiété parvient de justesse à calmer mes ardeurs. Je suis une gamine de cinq ans, le soir de noël. - J'ai gagné mon pari ! Mahkha pensait que vous ne viendriez pas !
- Je n'ai rien parié du tout, me reprend-il tranquillement. Cette fois-ci, il ne s'exprime pas à voix haute. Seuls Muirne, Vlad, et moi, avons le plaisir d'entendre la déception dans sa voix. Je préfère encore cette sale manie à l'étalage à haute voix de mes multiples défauts.

- J'ai croisé Dana en arrivant, je lui ai proposé de rester un peu avec nous ! Je continue mon entrée en matière, suivant scrupuleusement le plan. J'engage donc les présentations. -
Dana, je te présente Ben.
Un ami. C'est là que je suis supposée le qualifier d'ami de la fac. Puisque les mots refusent de sortir, j'enchaîne, comptant sur ma capacité à me tirer de toutes les situations gênantes. - Et Muirne. Ben, je te présente Vlad et mademoiselle Dana au-dessus-c'est-le-soleil Lockwood. Si avec ça, il n'a pas pigé qu'elle est importante et qu'il ne fout pas qu'il foire ! Je ne sais pas ce qu'il lui faut.
- De toutes façons, il ne comprend jamais rien ! croit bon de préciser Mahkha dans mon esprit. C'est faux ! La seule chose que Benedict ne comprend pas, c'est que je m'évertue à le charmer depuis plus d'un mois. - Peut-être qu'il ne veut juste pas le comprendre, ça. Tu devrais laisser tomber.

L'ignorance est le meilleur des mépris. De toutes façons, quand j'ai une idée en tête, une lubie, je n'écoute personne. Il n'y a bien que Dana qui pourrait faire changer la donne concernant ce type. Elle, j'accepterai au moins de l'écouter. - Ah, j'oubliais ! fais-je en fouillant dans mon sac. J'en sors une carte d'identité flambant neuve au nom de Tristan Ogme O'Carley. Je la lui tends, soudainement malicieuse. - Cadeau ! Si jamais tu veux te commander quelque chose. Non. Je n'ai pas piqué son ego, ça ne va pas le faire ! - Enfin, si tu n'as pas peur que ce soit trop corsé pour toi !
  
MessageJeu 30 Nov - 21:02
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Date d'inscription : 21/08/2017Nombre de messages : 21Nombre de RP : 16Âge réel : 99Copyright : AkiAvatar daëmon :
Dana J. LockwoodNothing will be the same...
Dana était assise en tailleur sur le lit de celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie, et la regardait avec une attention toute particulière - dont elle n'était que rarement capable. Ce soir, c'était un grand soir pour Lulla, et Dana en avait parfaitement conscience. Lulla était amoureuse, et ce garçon n'avait de toutes façons pas d'autres choix que de succomber au charme de la jeune fille. Dana n'avait pas l'intention de lui laisser le choix. Vladislav, quant à lui, était allongé dans un coin de la pièce, le museau sur ses pattes avants. Comme à son habitude, il ne disait pas grand chose, et se contentait d'observer la perpétuelle joute verbale entre Lulla et Mahkha. Parfois, il jetait un regard à Dana, en mesurant à quel point il était chanceux de bien s'entendre avec sa moitié.

Après un défilé de robes toutes plus belles les unes que les autres - mais plus ou moins classes, plus ou moins provocantes, plus ou moins sexys - Dana fut enfin certaine qu'elles avaient trouvé la robe. La rousse s'était contentée d'une robe très simple et sobre, qui la mettait tout juste suffisamment en valeur pour qu'elle puisse passer la soirée en toute tranquillité. Une chose était sûre, cela la changeait bien des tenues de sport et de l'uniforme qu'elle portait d'habitude. Elle observa son amie des pieds à la tête, ne laissant aucun détail lui échapper. Cette soirée serait parfaite, et Dana avait bien l'intention d'y veiller. Tout sourire, Dana se leva et s'approcha de son amie, prenant les mains de la jeune fille dans les siennes.

- Tu es magnifique. Et t'en fait pas, il viendra.

Sans perdre son sourire, la rousse garda une des mains de Lulla dans la sienne et la fit tourner sur elle-même. Elle aurait presque pu être émue de voir son amie dans un état pareil. Elle avait tout d'une jeune adolescente de douze ans qui s'en allait à son premier rencard.

- Il faudrait être fou pour poser un lapin à une si belle créature. Et je suis sûre que ton Ben n'est pas fou. Et Mahkha ne sois pas si méchant. Tu es magnifique toi aussi.

Dana lâcha un rire lumineux et fit un clin d'oeil à son amie. Elle attrapa ensuite son sac, posé nonchalamment sur le lit, et pour ne pas angoisser Lulla plus que nécessaire, elles se mirent en route. Avant de sortir de la pièce, Dana accueillit son amie avec plaisir dans ses bras, et posa une main rassurante sur son épaule. Le regard plein de malice, elle murmura :

- Et je ferai même en sorte que mes collègues ne le sache jamais.

Dana n'aimait pas qu'on la dirige, d'une façon ou d'une autre. Elle ne supportait pas de recevoir des ordres ou ce qui pouvait s'y apparenter. Mais ce soir-là, avec Lulla, c'était différent. Dana savait combien la soirée était importante, et elle ne pouvait pas lui reprocher de vouloir que tout se passe comme elle l'avait prévu, pour qu'il n'y ait aucun risque d'échec. Alors, sans rien dire, la jeune fille monta dans sa voiture - ou plutôt sa camionnette, puisqu'il fallait bien qu'elle puisse transporter Vlad - et avant de démarrer, elle jeta un coup d'oeil aux quelques ombres qui la suivaient, et qui semblaient la regarder. Il y avait Lyn, son ombre, mais aussi Diana, l'ombre de sa mère, et Albert, celle de Vlad. Ni l'ombre de Lulla ni celle de Mahkha n'étaient libres - pour le moment. "Faites qu'il n'y ait pas de catastrophe ce soir.", dit-elle mentalement, plus pour elle-même que pour ses interlocutrices.


***


Plus elles approchaient du lieu de rendez-vous, plus Dana avait l'impression que Lulla était anxieuse. C'était étrange de voir la jeune femme dans cet état, alors qu'elle était habituellement si sûre d'elle. Dana qui avait pourtant l'habitude de marcher rapidement, devait presque courir pour réussir à suivre son amie. Elles entrèrent, s'installèrent et commandèrent à boire grâce à leurs cartes magiques. Ca n'était pas la première fois qu'elle faisait ce genre de chose - merci maman ? - et de toutes façons, elle n'était pas le genre de fille à stresser lorsqu'elle enfreignait les règles. Elle ne jurait que par la justice, mais quelle justice peut-il y avoir à interdire des adultes comme elles à boire ce qu'elles voulaient ?

- J'aime bien ce genre d'endroit. Y a pas trop de lumière, et quand y en a, elles sont tellement instables que les ombres les aiment pas trop. J'ai pas vu Lyn et les autres depuis qu'on est arrivés ici. C'est plutôt bon signe. Mais si on peut éviter les endroits très éclairés, ça m'arrangerait. Mais je suis sûre que tout va bien se passer, et... Lulla ? Eh, tu m'écoutes ?

Perdue dans ses pensées, son amie jetait des coups d'oeil fréquents à son téléphone. Dana croisa les bras sous sa poitrine, tandis que Lulla essayait déjà de se justifier. La rousse rit et attrapa son verre. Sur le ton de la plaisanterie, elle lança :

- T'inquiètes, je me servirai de ça pour te demander des services plus tard.

Puis, Lulla repéra le fameux Ben. Dana crut que son amie allait défaillir, mais heureusement, elle réussit à se reprendre très rapidement. Vladislav ne répondit pas à l'idée de Mahkha, mais Dana crut voir les babines de l'ours se retrousser légèrement, signe qu'il était amusé. La rousse avouerait bien volontiers qu'elle était tentée d'impressionner le pauvre Ben grâce à la carrure de sa moitié, mais qu'elle se retiendrait de faire des conneries autant qu'elle le pourrait. Cette soirée ne lui appartenait pas, et elle serait une amie abominable si elle la gâchait. De sa voix grave et pourvue d'un accent russe plutôt tenace, Vlad dit mentalement : "Je ne grogne pas Mahkha. Je rugis." Alors elle lança un regard dissuadant à l'ours polaire qui sembla baisser un peu la tête.

Dana se détourna ensuite de lui pour s'intéresser de plus près au fameux Ben. Il était plutôt mignon, mais n'était pas du tout son style - il avait l'air trop... Sage ? Cependant, elle ne doutait déjà plus qu'il s'agissait d'une personne positive pour Lulla, et ça la rassura un peu. Son attention fut détournée par Vladislav qui vint se camper à ses côtés. Du fait de sa taille, il était compliqué pour lui de se mouvoir dans ce genre d'espace, mais heureusement, l'endroit n'était pas étroit. Elle passa une main dans le pelage doux de l'ours polaire, qui, même à quatre pattes, était déjà plus grand que Dana - pourtant, elle n'était pas petite. La jeune femme jeta un coup d'oeil à Lulla pour s'assurer qu'elle respirait toujours, et offrit un sourire chaleureux au jeune homme.

- C'est un plaisir, Ben et Muirne. J'espère que notre présence vous dérange pas ! C'est toujours plus sympa, les soirées à plusieurs, vous trouvez pas ?

En fait, ils n'avaient pas vraiment le choix. Dana n'avait pas l'intention d'abandonner Lulla, même si elle prévoyait de leur laisser - peut-être ? - un peu d'intimité s'ils en avaient besoin. En attendant, Lulla lui avait promis une soirée comme elles les aimaient, avec de l'alcool, de la musique et une bonne dose d'amusement. A cela s'ajoutait évidemment le jeu de séduction entre Lulla et Ben, celui "d'arbitre" de Dana, et celui de spectateurs/critiques/emmerdeurs de Mahkha, peut-être de Vlad s'il se laissait emporter par le chacal, et de Dana si l'alcool l'empêchait de réfréner sa nature profonde de catastrophe ambulante.

Puis, Dana se tut, conservant toujours ce sourire malicieux sur ses lèvres, et comme pour appuyer les paroles de Lulla quant à l'alcool, elle commença à siroter son verre tout en regardant Ben. Elle espérait que Lulla ne lui avait pas ramené un dégonflé sans couilles, parce que ça n'était pas d'un mec comme ça dont elle avait besoin. Elle doutait beaucoup que Ben soit comme ces types-là, mais elle avait besoin de preuves matérielles.
  
MessageVen 1 Déc - 1:17
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 173Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
– M’attends pas. C’soir y a réunion du club après l’entraînement. J’vais pas rentrer tôt.
Je levai distraitement le nez de mon bouquin.
– Hein ? Hmm, okay.
– Tu penses à manger c’soir !
– Oui. B’sûr !
– Et tu le crois toi ?
Je fis claquer ma langue contre mon palet en lançant un regard noir à Muirne.
– Non, j’le connais comme si j’l’avais fait !
– Bah tu le connais pas assez visiblement. T’aurais du le faire mieux !
–Tsss ! T’as fini !
Mon colocataire resta un moment à me fixer comme s’il cherchait quelque chose à me balancer. Je l’interrogeais d’un regard insistant et il se détourna :
– Bon aller, j’file ! Soit sage
– Toujours ! répondis-je avec un grand sourire, avant de replonger mon nez dans ce bouquin sur la mécanique cantique.

Je me détendis lorsque la porte claqua et Muirne se transforma en chat. Elle s’étira sur la table et bailla. J'avais les yeux rivés sur une page que je lisais pour la troisième fois sans parvenir à en mémoriser le contenu. Muirne m'interrompit :
– Pourquoi tu ne lui as pas dit ?
– Dit quoi ? A qui ?
– Au pape !
Elle parlait de mon coloc, naturellement.
– Que veux-tu que je lui dise ?
– Je ne sais pas. Tu aurais pu lui proposer de venir, par exemple ?
– Il n’a pas de pouvoir de dédoublement à ce que je sache. Il y a entraînement ce soir.
– Comme par hasard !
– Arrête un peu ! Tu as autant envie que moi d’y aller !
Muirne garda le silence. Je fermais l’épais volume dans un claquement étouffé, puis me levai pour aller fouiller dans le placard de ma chambre.

Muirne resta sur la table, hésitante. Bien-sûr qu’elle avait envie d’y aller. Elle était toujours partante pour ce genre de défis puérils. Elle était même la première à m’encourager d’habitude à foncer tête baissée.
La tentation était grande et le défi avait cette saveur pimentée qui lui plaisait autant qu’à moi. Bien-sûr, il y avait le risque de se faire chopper par oncle Irwing et de se faire passer le second savon du siècle, dans le meilleur des cas.
Si Muirne rechignait, tout comme moi, à devenir adulte, cette folie trépidante de se faire passer pour l’un des leurs, dans le but d’aller boire un verre dans un bar la grisait. Défier les règles était l’un de nos passe-temps favoris. Ce qui la faisait hésiter en revanche, se résumait un seul mot ; que dis-je, un prénom : Lulla. Muirne trouvait que cette fille avait une mauvaise influence sur moi et s’en méfiait comme de la peste. Je ne comprenais pas pourquoi.

Ses yeux vairons s’arrondirent quand elle me vit passer l’encadré de la porte de ma chambre. J’avais troqué mon sweat à capuche contre une chemise blanche, une veste en jeans et un pantalon à pinces, chiné gris brun, que je portais de temps en temps, lors des repas de famille ou pour des occasions un peu spéciales nécessitant d’être habillé à peu près correctement. Nos regard se croisèrent et nous fûmes tout deux parcourus du même frisson étrange, inexpliqué. J’en avais sans doute un peu trop fait.
– Il faut que j’ai l’air d’avoir vingt et un ans, répliquai-je avant même qu’elle n’aie eu le temps de me faire une remarque.
Elle n’aimait pas cela du tout. Elle avait la désagréable impression d’être attirée dans un traquenard ; un genre de… rencard.
– Ben… et si…
Elle chercha comment me ménager.

Je lui lançai depuis la salle de bain :
– Choisis-toi une forme que tu garderas toute la soirée. A vingt et un ans, tu es sensée être fixée.
Cette remarque, pourtant judicieuse, me serra le cœur et la vexa.
Je la rejoignis dans le salon après avoir essayé de discipliner mes cheveux avec un peu de gel. Le résultat n'était pas fabuleux.
– S’il te plait Muirne ? la suppliai-je presque.
– On dirait que tu t’apprêtes pour un rencard ! lâcha-t-elle, moqueuse, en voyant ma tête.
Mon sang se glaça et mon visage s’empourpra comme la panique me gagnait.
– Quoi ? N…Non !... Ne dis pas n’importe quoi ! C’est pas du tout mon… Où est-ce que tu vas chercher ça ? On va juste boire un verre. Entre potes. C’est un défi Muirne ! Rien de plus. dis-je pour tenter de me justifier, niant avec véhémence ce qui aurait sauté aux yeux de n'importe qui d'autre.
Muirne quant à elle, regrettait que ses paroles aient dépassé sa pensée. Elle savait pertinemment que je n'y avais pas songé, car j'étais incapable de mettre des mots sur ce tumulte d'émotions contradictoires qui me submergeait tout autant qu'elle. Elle partageai mon enthousiasme et mes peurs. Mahkha l'avait mise en garde au sujet de Lulla et elle espérait qu'il avait raison et que cette dernière ne tarderait pas à aller roucouler auprès de quelqu'un d'autre.

Elle sauta de la table et se transforma en Husky.
– J’aurais le temps de décider en route. Où on va ?

***

Je pris une profonde inspiration avant d’entrer dans le bar pour avoir l’air le plus naturel et le plus détendu possible. Ce n’était pas tant de me lancer à corps perdu dans le défi qui me mettait la pression, que de me retrouver en tête à tête avec Lulla. La boutade de Muirne m'avait rendu nerveux.
– Au fond, à fauche. me glissa la belette à l’oreille, perchée sur mon épaule.
Je retins mon souffle tandis que mes yeux suivaient les indications de Muirne. Malgré mon stress, mes lèvres s’étirèrent à la vue de la roumaine et mon cœur fit une embardée. J’étais partagé entre l’envie de courir vers elle et celle de fuir.
– Détend-toi ! chuchota ma daemone tandis que nous nous rapprochions.
– Je suis parfaitement détendu.
Je le fus vraiment lorsque je vis la jeune fille rousse à la table de Lulla. * Un rencard hein ? * envoyais-je à Muirne par télépathie. La liesse qui suivait le soulagement me dérida complètement et ce fut avec un sourire radieux que je répondis :
– Il avait tort ! Tu as parié quoi ?
Muirne sauta de mon épaule pour aller se poser à côté du chacal.
– Il s’en est fallu de peu ! puis elle se tourna vers l’ours dont elle enviait la taille. Salut ! Moi c’est Muirne. Elle du résister à l’envie irrésistible et puérile de changer de forme pour se métamorphoser en quelque chose de plus gros.

– Quelle bonne idée ! Salut Dana ! Benedict, de mon prénom complet et Ben pour les intimes. dis-je en coulant une œillade maladroite à Lulla, comme j’avais réalisé le sens de mon propos après avoir parlé. Comme souvent.
– Non, tu ne déranges pas du tout ! C’est un plaisir ! Au dessus c’est le soleil, c’est pas courant comme prénom ! Très poétique ! dis-je en retrouvant mon sempiternel sourire en coin. Plus on est de fous, plus on rit !

Je saisis la carte d’identité que Lulla me tendit.
– Ah merci ! Je me demandais justement où je l’avais encore perdue celle-là !
Mon sourire s’élargit en découvrant les prénoms qu’elle y avait inscrit.
– Corsé ?
J’arquai un sourcil en avisant les verres des deux jeunes filles.
– Vous savez d’où je viens Milady ? De Tulach Mhór* un endroit où depuis 1829 est fabriqué ce que l’on appelle la boisson des dieux par chez nous et qui équivaut à ce que les Grecs appelaient le nectar : le légendaire et désormais célèbre whiskey d’Irlande, distillé trois fois ! -je, en me prenant au jeu du dieu de l’éloquence pour faire honneur au deuxième prénom que Lulla avait fait inscrire sur ma carte. Je vous prie de m’excuser, je m’en vais de ce pas commander. Vous voulez autre chose ?

Après avoir regagné la table, je levai mon verre pour trinquer avec les filles : « Santé ! »
– Alors, Dana ? Tu es étudiante sur le campus aussi ? Vous vous connaissez d’où toutes les deux ?
  
MessageSam 2 Déc - 22:51
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Lulla C. PietruNothing will be the same...
- Comme si tu avais besoin de ça pour me demander quoi que ce soit ! Ma moue faussement vexée m'échappe à mesure que je secoue la tête. Elle le sait, tout aussi bien que moi, qu'il n'y a rien au monde que je ne ferai à sa demande. Elle connaît mon caractère excessif, ambivalent, volatile aussi bien que ma loyauté infaillible envers les rares élus qui parviennent à me captiver sur la durée. La jeune femme est de celle-là. J'ai beau avoir l'impression parfois, de la connaître sur le bout des doigts, il y a toujours quelque chose chez elle qui m'échappe. Comme un nouveau mystère à percer.

L'arrivée du dernier membre de notre trio coupe court à la conversation. Mon cœur s'emballe, je m'agite. J'essaie de recomposer mon masque, de repriser mon assurance défaillante, d'être parfaite. Je n'ai pas le droit à l'erreur, ce soir. Ça peut paraître exigent mais, la médiocrité n'a jamais été acceptable par chez moi. Être douée n'est pas suffisant. On m'a bien appris à me montrer à la hauteur. Je n'échouerai pas. Je n'oublierai pas mon texte une fois entrée sur scène. Je l'accueille de quelques mots piquants, sachant qu'il ne se laissera pas si facilement impressionner.

- C'est un secret entre lui et moi, répliqué-je mystérieusement. Mahkha se contente de soupirer lourdement sans faire davantage de commentaire. Je crois qu'il commence à se faire à l'idée qu'il ne réussira pas à me faire sortir cette idylle de la tête. Ou alors, c'est sans doute la présence de Dana et de Vlad qui le rend moins imbuvable. Après tout, selon lui, ils font partie de notre meute. À ses yeux, c'est bien plus important que de partager notre sang. Comme pour confirmer ma pensée, le chacal coule un regard complice en direction de l'ours. L'étincelle de malice qui s'est glissé dans ses yeux est un haut révélateur de son envie de jouer. - Je t'ai connu plus indépendant, mon ami, lui lance-t-il à demi-mots, désireux de le voir rugir sur Muirne. - Une belette alors ? Une fouine ne t'aurait-elle pas mieux convenu ? lance-t-il, taquin. Taquin, et un peu jaloux de ne pas avoir eu son attention en premier. À croire qu'il commence à réellement apprécier l'attitude de la daëmone envers lui.

Après avoir initié les présentations, je les laisse échanger quelques mots. Un frisson me saisit quand Benedict précise que son surnom n'est réservé qu'à un cercle restreint d'intimes. Mon orgueil, alimenté par mon attirance à son égard, ronronne de plaisir. Un sourire fleurit sur mon visage, tandis que je me sens flattée. Je suis aussi soulagée qu'il accepte si facilement la présence de Dana. Certes, on ne lui laisse absolument pas voix au chapitre sur cette question, mais c'est tout de même plus agréable d'avoir son accord. Je lui confie sa fausse carte d'identité tout en en profitant pour asticoter son ego. S'il y a une chose que j'ai apprise au sujet de cet Irlandais, c'est qu'il est incapable de se soustraire à un défi. Il est au moins autant que moi accro au challenge.

Cette fois, c'est lui qui s'emballe. Il entreprend de nous faire une présentation sur le whisky irlandais pour nous en vanter les mérites à la manière d'une publicité bas de gamme. Je roule des yeux vers le plafond, désormais habituée à ses tirades fanfaronnes. Je me permets même de l'apostropher. - Ben ! Tant de belles paroles et si peu d'action ! Je demande à voir, personnellement ! Sauf que c'est plus fort que moi. J'ai beau vouloir me donner l'air d'être critique, j'ai envie de rire. Ça se ressent dans le ton de ma voix, au creux des détails de mon expression. Stupide petite Lulla. - C'est bon pour le moment, merci.

Je le regarde s'éloigner de la table. Dès qu'il est à une distance suffisante, je me penche vers Dana. - Alors ? Qu'est-ce que c'est que ce sentiment qui me compresse le ventre ? Je n'aime pas ça ! Pour faire passer ce malaise, j'avale une gorgée de mon cocktail. - Je sais... Étonnant, hein ? Je m'attends à ce qu'un " tu es tombée sur la tête !" ou encore " absolument pas ton type" sorte de sa jolie bouche. Je ne peux pas la blâmer. Je l'ai habituée à un tout autre type de prétendants. Mes coups de cœur récents se sont rarement confirmés avant que je ne me lasse ou que je ne prenne conscience de l'énorme erreur que j'étais sur le point de commettre. Les quelques types avec lesquels j'ai partagé mon temps étaient différents, radicalement différents, de Benedict. Plus dangereux, tatoué, âgés, plus désagréables à la première approche, moins sages. Plus Audrain. Et entre Audrain et Ben se trouve bien plus qu'un simple gouffre. Ils doivent venir l'un et l'autre de deux planètes différentes.

Nouvelle gorgée de Margarita. Je devrais ralentir. Vraiment. - Tu crois que je deviens cinglée ? Je pose ma main en travers de la table, dans l'espoir qu'elle s'en saisisse et la presse. Je l'observe, en quête de quelque chose. Dana est un soleil. Je n'ai qu'à me gorger de sa force et de sa chaleur pour reprendre mes esprits. Je lui ai promis une bonne soirée. Je ferai ce qu'il faut pour ne pas y manquer.

Benedict nous rejoint déjà, prenant sur lui d'entamer la conversation. Je laisse Dana répondre, me rappelant au passage des débuts de notre amitié. Elle était peut-être la plus jeune de notre petite troupe de joyeux lurons complètement déjantés au lycée, mais, elle était loin de manquer d'audace et de cran. Je garde de cette époque un souvenir doux-amer. La folie de nos défis associée cette sensation de liberté absolue me grise toujours... C'est ce que j'ai encore, aujourd'hui de plus cher. Mais chacun de ses moments est intrinsèquement lié à Audrain. Et, penser à lui est toujours douloureux. Comme une vieille blessure mal cicatrisée, une histoire sans point final. Mon cœur se serre, mon regard se perd dans le vague. Je les ai tous quitté quand j'ai quitté Audrain. Non, ce n'est même pas ça. Je me suis enfuie sans fournir la moindre explication. Notre relation avait beau être tordue et destructrice...

Mahkha délaisse un instant la compagnie des autres daëmons pour venir coller son museau contre la main que j'ai laissé sur ma cuisse. Conversation silencieuse et privée. Interlude intime. - Et après, Lulla ? Que s'est-il passé après ? Je le caresse derrière les oreilles, m'intéressant à Dana. - Après, elle a été là. Elle a séché mes larmes sans juger. - Elle est devenue la meute. Comment fait-il pour savoir exactement ce que j'ai besoin d'entendre ? Pour réussir à m'insuffler l'impulsion nécessaire ? Cette moitié de moi, détestable, hautaine, frôlant régulièrement la mesquinerie, est aussi mon plus sûr allié. - Tout ira bien.

Ça sonne comme une évidence. Sa mission accomplie, Mahkha retourne s'asseoir à sa place initiale, peu enclin à s'expliquer sur son élan de tendresse à mon égard. S'il s'imagine pouvoir compter sur la discrétion de Vlad, il a pertinemment conscience que Muirne ne va pas le louper. Il préfère prendre les devants. - Est-ce que tu sais seulement dans quel guêpier tu as laissé ton humain se fourrer ? Si tu trouves que Lulla a une mauvaise influence, attends de voir ce dont elles sont capable à deux !

Belle tentative pour noyer le poisson ! Faisons de même ! - J'reviens ! Grand sourire. Clin d'œil malicieux. Je me faufile jusqu'au bar pour échanger quelques mots avec le barman. Je reviens à notre table, l'air victorieux, armé d'un jenga que je pose au centre comme un trophée. - Vous connaissez le principe, non ? Celui qui fait s'effondrer la tour se prend un gage. Ca vous va ?
  
MessageDim 3 Déc - 18:11
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Date d'inscription : 21/08/2017Nombre de messages : 21Nombre de RP : 16Âge réel : 99Copyright : AkiAvatar daëmon :
Dana J. LockwoodNothing will be the same...
Dana observait Benedict comme elle savait si bien le faire. Les secrets du jeune homme lui échapperaient immanquablement, mais elle ne se trompait que très rarement lors de ses premières impressions. Et lui, il dégageait quelque chose d'inhabituel. Quelque chose qu'elle n'avait encore trouvé chez aucunes des nombreuses et audacieuses conquêtes de Lulla. Cette dernière n'avait jamais eu peur du danger, comme Dana. C'était peut-être ce point là qui les avaient rapproché, au tout début. Cette soif inextinguible de sentir l'adrénaline pulser à travers leurs veines, de sentir le vide sous leurs pieds et l'oxygène leur manquer. Mais ce Ben était différent. Il n'avait rien à voir avec ces lourdeaux accrocs aux substances illicites, tatoués, avec leurs airs de badboys insupportables. C'était surprenant. C'était aussi pour ça qu'elle aimait autant Lulla. Ensemble, elles ne s'ennuyaient jamais. C'était impossible. Dana regarda son amie avec beaucoup de tendresse, avant de replonger son regard dans celui de Ben.

- On me le dit souvent, mais Lulla et moi, on aime ce qui n'est pas commun.

La rousse fit un clin d'oeil au jeune homme. Puis, elle rit devant sa déclamation. Du whisky hein ? Oui, vraiment, ce gars-là n'avait rien à voir avec ceux que Lulla ramenait d'habitude. Finalement, il avait l'air de très peu lui correspondre, mais ça n'était pas nécessairement une mauvaise chose. Les histoires d'amour de la brune finissaient mal, en général. Si les choses venaient à fonctionner entre Ben et Lulla, peut-être qu'il saurait apporter un vent de fraîcheur et de bien-être qui ne pourrait que lui être bénéfique. En tous les cas, Ben lui fit une bonne première impression. Il avait l'air marrant et gentil, et elle ne doutait pas une seule seconde que Lulla parviendrait à le décoincer un peu s'il le fallait. Elle avait une entière confiance en son amie pour ce genre de choses. Lorsqu'il lui proposa un verre, elle fit une moue approbatrice. Elle en avait vu passer, des rustres moins galant que lui.

- Non merci, on voudrait pas prendre trop d'avance sur toi.

Dana le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse dans la foule, puis elle reporta son attention sur Lulla qui paraissait à la fois heureuse et perturbée. Dana lui offrit un sourire malicieux, et pencha légèrement la tête sur le côté, comme pour mieux observer Lulla. Si ce garçon était une découverte étrange et inhabituelle, le comportement de Lulla avait aussi quelque chose de nouveau. Dana était heureuse d'être là pour pouvoir soutenir son amie et la rassurer. Elle avait l'air d'en avoir vraiment besoin.

- Etonnant ? C'est le moins qu'on puisse dire, oui. Il est... Différent. Je ne sais pas où tu l'as pêché, mais c'est bien la première fois que tu ramènes un type qui a l'air à peu près normal.

Son sourire se fit rassurant, et sans lâcher son verre, elle prit la main de Lulla et la serra avec douceur.

- Non ma belle, tu ne deviens pas cinglée. Tu es simplement pleine de surprises. C'est pour ça que je t'aime. Tu sais que tu es parfaite. Tout va bien se passer.

Puis elle se pencha légèrement vers Lulla, et ajouta en baissant la voix :

- En plus, il a un très joli petit cul.

Les yeux brillants d'amusement, elle prit une nouvelle gorgée de sa boisson. Vlad, lui, était toujours dans un coin avec Mahkha. Ils veillaient tous les deux sur leur moitié, mais d'une façon tout à fait différente. L'ours polaire ne pouvait pas imaginer perdre Dana de vue une seule seconde. "Ne crois pas que je me ramollis, Mahkha. La soirée risque de rapidement devenir très amusante..." Dana jeta un regard complice à l'ours polaire, sans cesser de siroter sa boisson. Ben revint avec sa propre boisson en mains, mais Dana continua de serrer délicatement la main de Lulla. Elle connaissait trop son amie pour passer à côté des moments où elle pensait à ça. Elle avait hâte qu'ils aient tous un peu bu, et que les langues puissent se délier.

- Eh bien non, Ben, pas tout à fait.

Elle prit le temps de jouer avec sa paille dans son verre, avant de relever des yeux toujours pleins de malice, et de les plonger dans ceux du jeune homme.

- En fait, j'suis flic. Enfin, apprentie seulement pour le moment. Mais t'inquiètes pas, je dirai à personne que tu bois du whisky en cachette. Je sais garder des secrets.

Pendant un instant, Dana crut voir une ombre passer contre le mur du fond, mais elle se persuada qu'elle avait dû rêver. Elle demeura pensive quelques secondes, avant de finir de répondre à Benedict.

- Ca fait un moment qu'on se connaît, Lulla et moi. Pour faire simple, on fréquentait le même genre de spécimens. Enfin, je veux dire qu'on était dans le même groupe d'amis.

A peine avait-elle terminé de parler que Lulla sembla avoir une idée. Dana lui lâcha la main tandis qu'elle partait vers le bar. Alors, la rousse haussa un sourcil intrigué, mais ne sembla pas faire plus attention que ça. Elle avait l'habitude. Elle ajouta à l'intention de Ben :

- Et vous deux, vous vous êtes rencontrés sur le campus, c'est ça ? T'étudies quoi toi ?

Lorsque Lulla revint avec quelque chose dans les mains, Dana comprit immédiatement ce que son amie avait en tête, et son sourire s'élargit davantage. Elle finit son verre d'une traite, tapa vivement dans ses mains pour montrer son excitation, et elle sauta de son tabouret. Pour le moment, elle ne craignait pas trop les effets de l'alcool. Après tout, elle avait du sang russe qui coulait dans les veines. Dana s'étira comme si elle s'échauffait avant un événement sportif, fit tourner sa tête et ses épaules, puis fit craquer ses doigts. Derrière elle, Dana sentit que Vlad relevait légèrement la tête. Il dit à l'intention de Mahkha et de Muirne : "On va jouer nous aussi. Si notre moitié perd, on doit faire un gage. D'accord ?" Vlad adorait les challenges autant que Dana.

- J'espère que tu aimes perdre Ben. A qui l'honneur ?
  
MessageLun 4 Déc - 1:40
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 173Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
– Oh aller ! Tu peux me le dire à moi. dis-je avec un sourire d’ange.
Muirne jeta une œillade interrogative à Mahkha et elle ne su pas comment interpréter son soupire.
– T’as vraiment parié ? puis, se tournant vers l’ours : « Il a parié ? »
La curiosité maladive n’était pas uniquement mon défaut, même si Muirne ne s’amusait pas de la situation pour les mêmes raisons que moi. Une part d’elle aurait sans doute voulu que je me dégonfle, s’il n’y avait pas son égo (et le mien, par la même occasion) en jeu. Et elle n’aurait pas eu le plaisir de voir Mahkha ; qui la cherchait déjà. Elle secoua ses moustaches et s’adressa à l’ours.
– Mahkha a visiblement un faible pour les odeurs un peu fortes, dit-elle, moqueuse.

Quant à moi, je retrouvais peu à peu mon aplomb face aux filles, m’amusant du surnom que Lulla avait donné à son amie Dana, dont le prénom avait une consonance tout à fait singulière à mon oreille. Et comme elle me branchait, je ne sus résister longtemps à l’envie d’ajouter, taquin :
– Il semblerait effectivement que Lulla aie une attirance pour les divinités celtes. Puis, me tournant vers cette dernière, je poursuivi avec la passion qui m’animait généralement lorsque j’abordai ce sujet en particulier : La coïncidence est amusante parce que…vois-tu, Dana est la déesse mère des Tuatha Dé Danann qui régnaient sur l’Irlande avant l’arrivée des Gaëls, dis-je en faisant tourner la fausse carte d’identité entre mes doigts.

Après l’aparté sur la mythologie celtique, je les gratifiais d’un exposé sur le whiskey de ma région natale, ce qui amusait toujours autant Muirne qui attendait avec impatience le moment où les filles se lasseraient de m’écouter parler.
Lulla ne tarda pas à mettre fin à mon petit laïus pour m’inciter à aller commander, sur le ton du défi, toujours. Il n’en fallait pas moins pour me faire bouger mon postérieur jusqu’au bar après avoir haussé les épaules, tout sourire, à la remarque de Dana.

Muirne était restée avec les deux autres daemons. Elle écouta avec un vif intérêt la conversation des deux filles qui tergiversaient à mon sujet. La dernière remarque de Dana la piqua au vif. Elle regarda tour à tour Mahkha, puis l’ours d’un air passablement outré. Ce dernier avait l’air de plutôt s’amuser de la situation.
– Amusant… ouais ! bougonna-t-elle.
De toute évidence, nous ne jouions pas tous dans la même cour. Muirne garda ses sarcasmes pour elle, de peur de trahir d’avantage notre immaturité, bien que sa capacité à encore se transformer en disait plutôt long sur notre compte. Elle redoutait que nous nous soyons jetés dans la gueule du loup.

J’avais regagné la table des filles quelques instants plus tard, avec un whiskey bien de chez moi, la seule boisson alcoolisée dont je maîtrissai à peu près les effets. A peu près…
– Oh vraiment ? m’étonnai-je sincèrement à l’aveu de Dana sur son métier.
Je jetai un regard furtif à Lulla, comme si je cherchai une confirmation de sa part avant de renchérir avec un sourire franchement amusé.
– Oh je vois ! Alors tu es là en mission d’infiltration je présume ?
J’avisais la main de la jeune fille sur celle de Lulla.
– Je n’aurais pas pensé qu’un agent des forces de l’ordre soit du genre à flirter avec l’illégalité. Mais soit sans crainte, ta couverture sera préservée, dis-je en mimant la fermeture éclaire sur ma bouche. Puis je portai le verre à mes lèvres.

Muirne écoutait notre conversation d’une oreille et s’étonna de l’attitude de Mahkha. Elle allait ouvrir la bouche quand le chacal revint pour planter ses griffes exactement à l’endroit où le bas blessait. Mais sa fierté l’empêcha d’admettre qu’il avait raison et qu’elle craignait pour moi. Au contraire, elle releva dignement la tête et s’amusa à tourner autour de Mahkha.
– C’est très gentil à toi de t’inquiéter pour Benedict, mais tu oublies qu’il est le dieu de l’éloquence ! argua-t-elle, fièrement. Ben n’est pas si bête qu’il en a l’air. Et il est loin d’être impressionnable. Elle essayait de se convaincre au passage. C’est marrant… commença-t-elle, laissant volontairement sa phrase en suspend.

Je suivis la roumaine des yeux tandis qu’elle se levait. J’allais revenir à Dana quand mon regard fut retenu par les tatouages que laissait entrevoir le décolleté de Lulla qui s’éloignait. Au son de la voix de la rouquine, je détournais rapidement la tête, un peu gêné, comme si je m’étais laissé aller à quelque chose d’inconvenant. Nerveux, je tapotai mon verre du bout des doigts.
– Heu… oui. mentis-je. J’ignorais ce que Lulla lui avait raconté, mais moi, je ne souhaitais pas particulièrement m’étendre sur le sujet. Autant je pouvais être très dissert sur des sujets plus terre à terre, comme les études, autant lorsqu’il s’agissait de parler de quelque chose de plus personnel, je savais me montrer relativement discret.
– J’ai étudié les lettres et les civilisations étrangères et là, je suis en première année d’école de journalisme.

Je me réjouis du retour de Lulla avec un jeu.
– Quelle brillante idée ! répondis-je avec enthousiasme. Et si en plus il y a des gages à la clef… m’amusai-je.
Je lâchai un rire en voyant Dana s’échauffer et aidai Lulla à mettre le jeu en place.
– Il y a un proverbe français qui dit : « Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. » lâchai-je, dans un français parfait.
Je ne pu m’empêcher de jeter un regard amusé au daemon de la jeune fille. Je leur fis la traduction en anglais, puis, fidèle à moi-même, je ne pu m'empêcher de leur faire une petite digression sur le sens de cette expression.
– Je te retourne la question, chère Dana ! dis-je en revêtant mon masque d’assurance éhontée.
– Honneur aux filles !
Mon regard malicieux croisa celui de Lulla.

– Challenge accepté ! s’empressa de répondre Muirne, qu’aucun défi ne semblait jamais arrêter. De plus, elle avait une revanche à prendre sur Mahkha. Elle espérait donc grandement que je serais à la hauteur de mes fanfaronnades.
  
MessageJeu 7 Déc - 21:29
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 258Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Garder le silence sur la nature du pari vise à susciter sa curiosité autant qu'à entretenir le mystère. Ça lui fera une raison de plus de penser à moi ! Je sais, de toutes façons, que Mahkha ne vendra pas la mèche, il est beaucoup trop orgueilleux pour admettre quoi que ce soit le faisant passer pour une pauvre chose trahi par son humaine. Quant à mon attirance pour les divinités celtes... C'est juste moi ou il fait un peu plus chaud tout à coup ? Je lui jette un regard que je veux charmeur, que n'est que charmé, l'air de lui demander s'il a bien dit ce que je crois qu'il a dit. Si ma phrase est compliqué, je plaide l'irresponsabilité. Quelqu'un est venu mettre un beau bazar dans l'organisation de mes pensées.

L'irlandais s'esquive pour commander et je me retrouve seule avec mon amie. Enfin, presque seule... Je ne doute pas un instant que cette peste de Muirne laisse trainer ces oreilles ! J'essaie de rester un minimum évasive tout en restant parfaitement claire pour Dana. - Ne te fie pas aux apparences, je ne crois pas qu'il soit tout à fait normal, annoncé-je avec un sourire même si je sais qu'au fond, elle a raison. Ben est, de tous mes coups de cœur et de toutes mes lubies volatiles, ce qui se rapproche le plus de la normalité. Il a cette sincérité au fond des yeux qui bouleverse mes habitudes et cette façon de me défier sans me rabaisser. Et puis son sourire. Vraiment rien à voir avec les anciens prétendants au titre de petit copain. Trop différent peut-être ? Mince. Est-ce que je suis cinglée ? Sa main sur la mienne me rassure, me réchauffe. J'essaie de reprendre pied. Mon regard dérive au même titre que celui de Dana. Je me mords instinctivement la lèvre. Je laisse échapper un rire. - À qui le dis-tu ! Je crois que c'est naturel en plus, je l'imagine pas aller transpirer dans une salle de sport.On devrait lui poser la question. Mais l'imaginer transpire tout court, par contre.... Ça, oui !

L'évocation de ma rencontre avec Dana fait immanquablement ressurgir d'autres souvenirs. Pas que des bons. La culpabilité bien tassée au fond de moi parvient à se frayer un chemin jusqu'à ma tête. Ça m'envahit tellement que je me contente d'un simple hochement de tête pour confirmer qu'elle ait presque flic. Je n'arrive même pas sortir un mot d'esprit ni rien pour donner le change. Il n'y a que Mahkha qui parvienne à m'atteindre. Il trouve les mots justes, guide ma réflexion pour que je chasse mes démons. Hors de question que ça gâche notre soirée ! Une bonne gorgée de margarita suffit à me rebooster. Un sourire puis je me faufile entre les étudiants pour aller mettre en œuvre mon plan.

Mahkha observe Muirne avec attention quand elle reprends la parole. Il lève les yeux au ciel aux compliments qu'elle fait sur son humain sans pouvoir s'empêcher de la contredire. - Faux ! Benedict est un idiot, à ses yeux. Un humain stupide de plus autant qu'une menace pour notre duo à l'équilibre précaire. - Je ne vois pas ce qui est marrant... Tu n'es même pas capable de finir ta phrase ! bougonne-t-il.

Quelques instants plus tard, je refais mon entrée, armée d'un Jenga et d'une idée brillante. Dana se réjouit déjà de l'opportunité de mettre une raclée à Benedict. Je l'en félicite d'un sourire complice. Titiller son ego pour le forcer à se révéler est une des techniques les plus efficaces sur lui. En tout cas, de ce que j'ai pu en voir. Évidemment, Ben ne se démonte pas, saisissant son challenge au vol. Bien que l'entendre parler français a tendance à me faire littéralement fondre, je me refuse à jouer les groupies. Je ne veux pas être en reste, car, je soupçonne Dana de lui rabattre le caquet en lui répondant dans la même langue. - Există cuvinte care arată ca niște păsări care zboară.* fais-je dans un roumain parfaitement maîtrisé en arborant l'air le plus innocent possible. Après tout, ce n'est pas moi qui ai commencé ! - Pour la traduction, je vous laisse deviner., j'ajoute en me concentrant sur la mise en place du jeu.

De son côté, Mahkha observe tour à tour les deux daëmons. Il trouve parfaitement injuste de devoir remettre son sort entre mes mains. Merci pour la confiance ! Il s'apprête à émettre une objection quand Muirne lui coupe l'herbe sous le pied. Impossible désormais de refuser sans passer pour un lâche ou un faible. Sous la contrainte, il feint l'assurance et accepte - Très bien. Je ne vous ferai aucun cadeau.

Au même moment, Benedict joue les galants pour éviter d'avoir à prendre la main. Je lui souris sans pouvoir m'empêcher de le piquer : - Me laisser commencer ne t'empêchera pas de perdre, tu sais ? Et toujours, cette lueur de défi au fond de mes yeux. Essaie donc de te montrer à la hauteur ! J'en profite pour finir mon verre à mon tour avant de faire rouler mes épaules. Bien ! - En attendant, les filles ont un verre d'avance sur toi. Comment le vis ton orgueil ? Tu te sens capable de nous suivre ou tu préfères te montrer raisonnable ? Raisonnable, sonne comme ennuyeux dans ma bouche et ce , même si mon ton est tout ce qu'il a de plus faussement compatissant. De toutes manières, ces deux mots sont synonymes selon de dictionnaire Lulla 2017 !

- Excusez-moi ! Le serveur débordé nous interrompt. - C'est pour ici le trou noir ?

- Oui, merci ! J'accompagne ma réponse d'un sourire radieux. Il dépose sur la table un plateau de vingt shooters, tous de couleurs et de textures différentes et nous souhaite bonne chance avant de s'en aller. - Vous ne pensiez pas que j'étais juste allée chercher un jeu ? J'ai pensé à notre hydratation ! Ma gentillesse me perdra, je le sais bien ! Trêve de plaisanterie, je choisis de retirer un kapla du bas de la tour, au centre et de le reposer sur la droite. Je me fais confiance pour ne pas rater les premiers tours. Après, selon le degré d'alcool, les choses risquent de se corser.

- À toi, ma belle, annoncé-je en gratifiant la Russe d'un clin d'œil. J'attends qu'elle se lance dans la bataille pour l'interroger. - D'ailleurs, tu ne m'as pas dit... Y'a des mecs mignons dans ta promo cette année ? Trop faible comme offensive. Il en faudra plus pour la déconcentrer. Cette fille est un petit prodige. Tant pis, je me console en sélectionnant un shooter à la couleurs bleue foncé que je n'avalerai que quand chacun aura joué une première fois. Plus qu'à attendre le tour de Bénédict qui ne tardera pas à arriver. Je décide de prendre Dana à partie pour l'avoir dans mon équipe.

- Ce qu'il a l'air sérieux. Presque tendu, non ? Je crois qu'il stresse. Ce n'est jamais bon de stresser, en général, c'est synonyme de défaite.

* Il est des paroles qui ressemblent à des oiseaux qui volent. Proverbe roumain.

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MessageDim 28 Jan - 22:39
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Date d'inscription : 21/08/2017Nombre de messages : 21Nombre de RP : 16Âge réel : 99Copyright : AkiAvatar daëmon :
Dana J. LockwoodNothing will be the same...
L'ambiance du petit groupe qu'ils formaient était de plus en plus grisante. Dana se sentait parfaitement à l'aise, et rien n'aurait su promettre une soirée plus parfaite que celle qui s'annonçait déjà. Vladislav était, lui aussi, ravi. Il ne montrait pas autant d'enthousiasme que Dana, mais son regard brillant d'amusement en disait bien plus long que ses silences répétés. Benedict apparaissait déjà comme doté d'un esprit fin qui plaisait beaucoup à la rousse et à l'ours polaire.

- Absolument, monsieur le Dieu Celtes. Une mission d'infiltration ultra-secrète, même. Mais faut rien dire, sinon des mecs du KGB Russe vont venir te kidnapper, et ça va être vraiment la merde pour toi. En plus j'risque de culpabiliser et du coup je serais obligée de venir te chercher.

Tout en parlant, Dana ne put s'empêcher de lâcher un rire empli de joie et de regarder Lulla. Après tout, la première partie de ses paroles n'était pas si fausse ; elle était bel et bien en mission ultra secrète qui visait à s'assurer que Benedict était un garçon suffisamment bien pour sa meilleure amie. Bon, cela n'avait certes pas grand chose à voir avec son travail, mais ça n'était pas moins important. Bien au contraire. Lulla avait su se créer une place si grande dans le coeur de la rousse qu'elle passait avant de nombreuses autres affaires.

Lorsque Benedict se mit à parler en français avec un air un peu trop sûr de lui, Dana ne put s'empêcher de rire, et le laissa parler avec un plaisir certain, jubilant d'avance de pouvoir lui faire savoir qu'elle aussi, elle savait parler français.

- Tant que tu ne touches pas à la peau de Vlad, tout devrait bien se passer, répondit-elle en français avec un air malicieux peint sur le visage.

Et alors que Lulla leur offrait une expression en roumain que Dana ne parvint pas à déchiffrer, à son grand désespoir, elle se promit de demander à son amie de lui offrir des cours de roumain à l'occasion. Toujours avec la malice qui la définissait, la rousse croisa les bras sous sa poitrine, et à son tour, elle décida de s'illustrer.

- Puisque c'est ça, moi aussi j'me la pète en parlant une autre langue : Komu ne vezet v kartakh, tomu ne vezet v lubvi.* Et j'vous traduirais pas non plus, mais j'vous souhaite de pas avoir de chance à ce truc, conclut-elle en pointant le jeu sur la table.

Si Dana aimait profondément faire planer le mystère, Vladislav prit un malin plaisir à révéler aux deux daemons la signification des paroles de Dana. Il savait Mahkha et Muirne tous les deux peu satisfaits par la situation, et il y trouvait sans nul doute une occasion parfaite de s'amuser, tout en gardant sa partialité et son indifférence feinte habituelles. "Vous savez ce qu'on dit... Heureux aux jeux... Malheureux en amour. Quoi que l'inverse doit être vrai aussi."

Et sur ce, le jeu commença et la partie s'annonça encore plus intéressante que prévu. Lulla n'en était pas à sa première partie, et si la chance n'était pas toujours de son côté, Dana pouvait presque la considérer comme une adversaire sérieuse. Un sourire aux lèvres, elle s'approcha, et sans aucune honte, elle décida de tenter de la déconcentrer. Non pas que ça puisse réellement changer quoi que ce soit, mais le jeu serait infiniment plus excitant comme cela, non ?

- Tu trembles, chérie.

Bien entendu, Lulla réussit parfaitement son coup. En plus de cela, la jeune femme n'avait pas l'intention de leur laisser la moindre chance d'être suffisamment sobres pour pouvoir contrôler leurs gestes. Lorsque le serveur déposa le plateau coloré sur la table devant eux, Dana claqua des mains avec une excitation non feinte. Après tout, elle n'était jamais la dernière lorsqu'il s'agissait de boire et de faire la fête, et s'il y avait des chances pour qu'elle le sente passer lors de sa course matinale le lendemain matin, elle n'y songeait par pour le moment.

- T'es la meilleure ! Et Ben, tu peux demander à Lulla, j'ai peur de rien moi !

Pour illustrer son geste, Dana colla un baiser sur la joue de son amie et prit un shooter qu'elle vida cul sec avant de s'avancer vers le jeu. Vlad lâcha une sorte de son grave étrange, preuve de son amusement. "Elle a tellement peur de rien qu'elle serait déjà morte une bonne centaine de fois si elle n'était pas dotée d'une chance honteuse." Concentrée à l'excès, la langue à moitié sortie de ses lèvres et les sourcils froncés, Dana ignora la remarque de Vlad - même si elle eut envie de rire à gorge déployée. Elle se pencha pour s'assurer qu'elle n'allait pas échouer. Cette théâtralité qui accompagnait ses faits et gestes rendaient son quotidien bien plus palpitant. Sans sembler une seconde déconcertée et sans lever les yeux du jeu, elle répondit à Lulla :

- T'es sûre de vouloir parler de mecs mignons ?

La provocation. Une des spécialités presque accidentelles de Dana. Enfin, elle décida qu'elle avait assez fait durer le suspens, et après avoir longtemps ménagé son effet, elle joua. Fière de son succès, elle se redressa, pétillante, et se tourna vers Benedict. Comme une invitation elle fit de multiples moulinets avec une de ses mains et d'un geste exagéré - tant et si bien qu'il en devint grotesque - elle désigna la table.

- Il paraît qu'les hommes ferment la marche ?

Une main sur son menton, elle fit ensuite mine d'observer avec attention le jeune homme.

- Mmmh... Oui, je crois que t'as raison. Je crois que le Dieu celtes est impressionné par notre talent. Oh mais... Tu sens ça Lulla ? Ça sent la défaite de Ben, nan ?

Sans transition, Dana jeta un coup d'oeil vers le comptoir.

- J'ai suuuuuuuuper faim. Vous croyez qu'ils vendent des trucs à manger ici ? Ouais, j'vais chercher ça, j'reviens. Trichez pas, Vlad voit tout !

Et sans attendre de réponse de leur part, la tornade rousse se dirigea vers le comptoir. Elle revint en sautillant quelques minutes plus tard, une main tenant un bol rempli de biscuits apéritifs en tout genre et l'autre piochant allègrement dedans. Lorsqu'elle arriva devant Ben et Lulla, elle leur tendit le bol.

- T'en veux ? demanda-t-elle aux deux.

Puis, elle attrapa un autre shooter et le leva avant de le vider cul sec à nouveau.

* Heureux aux jeux, malheureux en amour.

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MessageMer 7 Fév - 2:06
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 173Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Muirne, qui faisait la fière, dû lutter pour ne pas se métamorphoser en chat et envoyer son regard le plus hautain à Mahkha qui osait la contredire. Elle fulmina intérieurement, laissant volontairement traîner sa phrase pour le faire râler et fut très satisfaite de son petit effet, auquel elle répondit avec malice : « Toi ! T’es marrant ! » Puis elle laissa couler son regard jusqu’à l’ours, cherchant à savoir si elle pouvait s’en faire un allier pour charrier ce bougon de chacal.

Quant à moi, je me laissai aller à rire à la répartie de Dana.
– Hoho ! Le KGB carrément ! m’amusai-je. Non, ça ira, je n’y tiens pas… quoi que… tu ferais ça pour moi ? Noon ! Je t’imagine affronter le KGB, à toi seule. Il va te falloir une armada pour me sortir de là. Avec notre veine, comme je n’ai pas la nationalité américaine, le MI5 serait capable de s’en mêler, ça sent l’incident diplomatique à plein nez. T’en fais pas, je vais t’éviter cette peine. Je vais tenir ma langue.
Et sur cette fin de discussion hautement diplomatique, Lulla était revenue avec le jeu et je n’avais pu m’empêcher de faire le fanfaron encore une fois. Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre Dana me répondre dans la langue de Molière ! Je souris.
– OK ! Bien ! Je ne me le permettrais pas, répondis-je en riant, en français toujours, prenant peu à peu conscience des challengeuses que j’avais en face de moi. Dana ne me laissait pas en reste, ce qui n’était pas pour me déplaire, et je connaissais déjà le talent de Lulla en la matière. Je sentais qu’elles allaient me donner du fil à retordre toutes les deux. D’ailleurs, je tournais la tête vers Lulla qui s’exprimait dans une langue que je ne connaissais pas. Du roumain sans doute, et maintenant qu’elle avait bien piqué ma curiosité, elle nous mis au défi de deviner.
– C’est un proverbe roumain ?... en rapport avec un ours aussi ?... hmm, voyons voir, il y a des ours en Roumanie aussi ? demandais-je en riant, conscient de l’absurdité de ma question. Maintenant que l’idée était lancée, je comptais bien essayer de deviner.
– Au pays des aveugles les ours sont rois ? suggérai-je, hilare. Non ? Attend, attend ! Donnes-moi un indice ! S’t’euplais. Tu peux le redire ? dis-je. Curieux comme j’étais, je tenais sincèrement à savoir.
Et voilà que Dana en rajoutait une couche dans une langue que je présumais slave.
– Attends, répètes un peu ? dis-je en sortant mon téléphone de ma poche. Je voulais l’enregistrer pour chercher la traduction plus tard.

Muirne savait à quel point j’étais têtu et elle savait pertinemment que je ne lâcherai pas l’affaire avant d’avoir la réponse, ou une promesse de réponse ultérieure. Elle fut surprise d’entendre la traduction de la bouche de Vlad qu’elle voulu me répéter dans l’élan d’excitation de celui qui vient d’avoir la révélation, mais elle se ravisa aussitôt, pensant qu’il n’était pas judicieux de me mettre ce genre de choses en tête.
– Que dit-on de ceux qui sont juste contents de participer ? répliqua-t-elle de mauvaise grâce. Ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Elle ne voyait pas vraiment l’intérêt de jouer à un jeu si ce n’était pas pour gagner. Excepté aujourd’hui.

Après avoir mis le jeu en place, je laissai les filles commencer, puisque Dana s’était spécialement échauffée pour cela. Lulla en profita pour me taquiner encore.
– Qui dit que je vais perdre ? répliquai-je avec un sourire angélique.
J’avisai mon verre tandis que Lulla me cherchait encore, titillant mon ego en m’attaquant sur ma fierté, ce qui ne plaisait pas du tout à Muirne, tandis que j’affichai un grand sourire, préparant déjà ma contre-attaque.
– Si elle le cherche… elle ne viendra pas se plaindre après. Et il va finir mal. Mais ça, elle se garda bien de le dire.
– Prends encore un peu d’avance, tu ne me verras pas venir quand je t’aurais rattrapée, dis-je en sirotant mon verre, tout en la défiant du regard. Joues-donc ! ajoutais-je d’un ton mielleux avec mon sourire charmeur. Celui-là même dont je n’avais pas conscience et que j’étais incapable de faire sur commande.

Je me retournai sur le serveur qui nous interrompit en débarquant avec un plateau rempli de shooters.
– Le quoi ?
Je ne pu m’empêcher de lancer un regard à Muirne qui me communiqua son appréhension.
– Détends-toi Muirne ! dis-je en terminant mon verre cul-sec.
– Oh je ne vais pas tarder à l’être, sois-en certain ! marmonna-t-elle.
– C’est très aimable à vous, votre altesse ! -je pour la déconcentrer, pendant qu’elle délogeait sa première pièce. Ah oui, c’est vrai ça ? demandais-je après la remarque de Dana. Je souris en la voyant embrasser son amie sur la joue.
– J’en connais un autre ! répliqua Muirne après Vlad. J’avais un don certain pour me fourrer dans les pires situations, et jusqu’à maintenant, la chance m’avait toujours souri. Le proverbe de l’ours était sans doute vrai, puisque les choses de l’amour m’étaient jusqu’à maintenant parfaitement inconnues.
Puis ce fut au tour de Dana, dont la concentration exagérée me tira un éclat de rire. Je ne me privais pas pour renchérir au sujet des mecs mignons, tout en prenant un verre sur le plateau.
– Je crois que c’est ce qu’elle a dit… Alors ? Il y en a ?

Je ris une nouvelle fois à l’invitation théâtrale de Dana et je poussai même ma chaise pour faire une révérence avant d’entrer en scène. Puis je revins m’asseoir, observant minutieusement la tour calculant chacune des interstices entre les pièces, avec un air effectivement plus concentré. Je contins un sourire en coin, peinant à dissimuler mon amusement à la remarque de Lulla à laquelle Dana renchérit aussitôt. Il en fallait un peu plus pour me déconcentrer. Pour leur donner du crédit, je feignis l’hésitation. Muirne me sentait jubiler.
Quel frimeur ! dit-elle au même moment que la pièce d’une extrémité à droite de la tour, en bas, volait à l’autre bout de la table, après que je l’eus dégagée d’une pichenette.
– Hmmm Mouih ! Ca sent la défaite ! fanfaronnais-je, en riant puis j’avalais un shooter bleu un peu corsé.
Les débuts de partie étaient toujours facile en général, tant que les pièces n'étaient pas trop déséquilibrées et tant que je n'étais pas trop éméché pour pouvoir encore les analyser.

Tandis que Dana s’était levée pour aller chercher quelque chose à manger je lançai à Lulla un « A toi de jouer ! » enthousiaste et pendant qu’elle se concentrait, j’en profitai pour déplacer ma chaise plus près d’elle. Le menton appuyé sur mon poing, je me penchai vers elle pour lui demander avec l’air le plus innocent dont j’étais capable avec le peu de sérieux qui m’animait : « Tu peux me le redire en roumain ? C’était quoi déjà ? »
Le retour de Dana me déconcentra moi, et interrompit ma propre tentative de déconcentration.
– Ué, merci ! dis-je, sans me défaire de mon sourire, puis me tournant vers Lulla :
– Et tu ne m’as jamais dit. Il y a des mecs mignons dans ta promo ?

Et Dana eu le droit à : "Attention, il y a un mec louche qui vient de rentrer dans le bar. C'est un agent du KGB tu crois ?"
  
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