Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à LD !

 
  
MessageVen 5 Jan - 0:36
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 173Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lindwüen !

Octobre ou début novembre 2017

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Rendons à César ce qui est à César, copyright : Phyllis

Citation :
Salut Phyllis,
Je te contacte au sujet de ton annonce de colocation.
Je m’appelle Benedict O’Connel, produit 100% Irlandais ! Je suis étudiant en première année d’école de journalisme et si tu cherches à mettre fin à ta solitude, je suis l’homme de la situation. J’ai l’air d’un intello au premier abord, mais il ne faut pas se fier aux apparences. Avec moi, tu ne risques pas de t’ennuyer !
Ca me plairait de te rencontrer, sur le campus ou ailleurs. Pourquoi pas chez toi, je visiterais bien l’appartement ^^.
N’hésite pas à m’appeler à ce numéro 336 332 285 51, ou à me répondre à cette adresse mail : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], je ne mords pas.

Bisou,
Ben.

– Bisou ? sérieux ? Non mais les gars…

Silas Rivers ne voyait pas où était le problème et Samuel Eggerton essuyai une larme qui avait perlé au coin de son œil après le fou rire qu’il venait de se prendre :
– Ouais, c’est ptêtre un peu too much le « bisou ».

– Si peu !
– S’il l’apprend, Benedict va vous tuer !
– Nous ?... C’est le but, très chère Aline ! Et non, c’est pas son genre de se vexer pour si peu. C'est pour rigoler. Et puis, si ça marche, il nous remerciera, tu verras.
– Je n’en suis pas si sûre. Je pense que c’est une mauvaise idée. Et puis, si ça se trouve, elle ne lui répondra jamais.
– Raison de plus ! Ah voilà, ça y est ! Tu te dégonfles. C’était pourtant ton idée de lui donner un coup de pouce.
– Lui donner un coup de pouce. Pas lui arranger un rancard foireux !
– Pour la défense de Rivers, c’est pas de notre faute si cette fille se « sent seule ». Benedict lui-même a plaisanté dessus ce matin.
Aline Reynolds, les deux poings sur ses hanches, détourna la tête avec une moue désapprobatrice, en proie à une intense réflexion.
– Au pire, elle ne lui répond pas et il n’en saura jamais rien, la rassura Eggerton. Aller, ce sera pour toutes les fois où c’est lui qui nous l’a mise à l’envers. On va bien se marrer. J’ai hâte de voir sa tête quand…

– Qui a mis quoi à l’envers ?
Aline sursauta. Les yeux d’Eggerton s’arrondirent et Rivers s’empressa de cliquer sur envoyer et de fermer la page.
– Salut Benedict !
– Salut les gars ! … Reynolds… dis-je en saluant cette dernière d’un sourire angélique.
– Salut ! Faut que j’y aille. J’vous laisse entre… mecs. Et elle quitta précipitamment la pièce.
Mon arrivée avait l’air d’avoir jeté un froid avec Reynolds.
– J’ai dis quelque chose ?
– Ca doit être ses périodes.
– Quoi ?
Rivers ferma son ordinateur portable, le rangea dans son sac et se leva d’un bond. Eggerton en fit de même. Ils échangèrent un sourire complice.
– Ca va, ça se passe bien en ce moment avec ton coloc’ ?
J’arquai un sourcil d’incompréhension.
– Oui. Pourquoi ?
– On s’demandait comme ça. On l’voit moins, l’écossais, en ce moment.
Muirne sauta de ma poche. Je ne comprenais pas ce soudain intérêt pour mon coloc’, ni où Rivers voulait en venir.
– Il est pas mal occupé. C’est tout.
Je les suivis dans le couloir. La discussion repris une tournure normale et innocente sur le chemin menant à la bibliothèque, où nous avions l’habitude de nous retrouver à défaut de partager les mêmes cours. Rivers, Eggerton et Reynolds étaient des camarades que j’avais cotoyés durant mes études littéraires.

Une fois n’était pas coutume, nous primes place à la bibliothèque sous le regard inquisiteur de la bibliothécaire qui nous avait à l’œil et qui ne manquait pas de nous rappeler à l’ordre lorsque nous manquions à la première règle des lieux : le silence. Et autant dire que ça arrivait souvent. D’ailleurs, j’eus l’impression que mes deux acolytes échangèrent un nouveau regard complice lorsque mon téléphone vibra dans la poche de mon jeans. J’y jetai un rapide coup d’œil sous la table afin qu’ils ne puissent voir de qui il s’agissait.

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MessageVen 12 Jan - 12:22
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Date d'inscription : 07/11/2017Nombre de messages : 38Nombre de RP : 5Âge réel : 37Copyright : AlyciajasminAvatar daëmon :
Phyllis RobinsonNothing will be the same...
Le pneu de son Giant en un dérapage maitrisé échappe de justesse à la catastrophe. Les laissant elle et son vélo en équilibre entre ravin abrupte et flaque de boue dégoutante. Par réflexe, sa respiration s’est bloquée et ses muscles raidis ce qui lui a permis d’éviter la chute. Elle semble maintenir cette stabilité avec brio, ce qui l’impressionne elle même et l’on peut deviner sous la visière de son casque sale un sourire de fierté. Quand soudain le brâme d’un cerf retentit, la faisant sursauter et perdre ce précieux équilibre. En un instant c’est le drame, son pied dérape de la pédale, son corps bascule et en un plongeon ridicule s’étale dans le liquide visqueux et puant, éclaboussant au passage Pomelo tout juste arrivé. Spectateur malgré lui de ce fiasco, il s’ébroue en grimaçant et chouinant. Tandis que Phyllis, tente elle, de se relever mais encore une fois, glisse et tombe à nouveau pitoyablement la tête la première visière et bouche ouvertes. Son daëmon en reste bouche bée, il ne comprend pas son empressement qui est sans aucun doute la cause de sa difficulté à sortir de ce pétrin. Il hésite entre lui lancer une bouée qu’il n’a pas ou lui tendre la patte mais au lieu de cela, il se tord de rire, et renonce à essayer de lui filer un coup de main, le spectacle étant vraiment trop jouissif. Les larmes aux yeux, il se permet même une petite taquinerie

— Quand tu disais vouloir t’entrainer, j’étais loin de penser que c’était pour un combat de boue !

Et si le regard assassin qu’elle vient de lui jeter ne le fait pas cesser de rire, elle espère que la boule de boue s’écrasant sur son museau sera un argument plus dissuasif. Après une lutte ridicule et acharnée la silhouette difforme de Phyllis parvient enfin à s’extraire de ce piège. c’est dégoulinante et furieuse qu’elle le toise. D’un pas peu élégant, elle le rejoint, approche ses lèvres de son oreille et d’une voix calme lui glisse

— Je ne sais pas comment te remercier pour ton coup de main ?!
— Ça ira, j’ai déjà le masque de beauté mon petit chocolat fondant !

Elle lui fait signe de baisser d’un ton

— Pourquoi tu veux qu’on parle à voix basse ? Je crois que tu as une commotion à cause de la chute !

Elle fronce les sourcils pour montrer son mécontentement et continue toujours en chuchotant

— T’as de la chance que ce cerf en rut soit après nous ! Sinon je t’enfoncerais un stéthoscope dans le museau pour te montrer ce que c’est une vraie commotion !
— C'est la douceur incarnée, ma petiote…Un cerf en rut ?
— Tu l’as pas entendu brâmer dans toute la forêt mais t’es bouché mon pauvre Pom’ !
— Brâmer, tu dis ?
— Oui, brâmer !
— Brâmer…
— Pourquoi tu répètes ce mot…

Elle s’interrompt soudainement, observant son daëmon avec minutie, puis lentement bascule la tête en arrière laissant échapper d’entre ses lèvres un long soupire avant de ramener sa nuque, ses épaules en avant et de reprendre

— T’aurais pas un truc à me dire par hasard ?!
— Je ne préfère pas, tu vas te mettre en colère et tu sais que c’est pas bon pour ton coeur
— Ma santé te préoccupait beaucoup moins tout à l’heure, quand tu te foutais de moi me vautrant, alors continue tu as toute mon attention Pom’ !
— Tu sais, je voulais qu’on soit en osmose avec la nature, qu’on se fonde dans le décor tu vois ce que je veux dire…
— Punaise, tu as aspergé mes vêtements d’urine de cerf et l’autre crois que je veux lui piquer sa femelle ?!
— Mais non !
— Alors quoi bon sang !
— Le brâme que tu as entendu c’est le son de tes notifications mail…D’ailleurs tu devrais regarder c’est peut-être important, non ?!
— Attends, tu veux dire que je suis couverte de boue, que je pue comme vingt putois parce que…
— …Tu es une pro du camouflage et que tu es soucieuse de la tranquillité de la nature ?

Sans le quitter du regard, elle sort son portable de la poche, le souillant de boue malgré ses efforts pour l’épargner. Ses yeux se posent sur l’écran déverrouillé et le mail qui s’y trouve. Elle reste ainsi immobile un long moment, lisant et relisant l’objet de ce message. Et c’est sans relever le menton que d’un geste rapide elle éteint et enfourne le portable dans la poche de sa veste, en prenant soin de bien remonter la fermeture Eclair. Toujours aussi méthodiquement elle saisit le guidon de son vélo et avant d’enjamber la selle lance sans détour à son daëmon resté étonnamment silencieux jusque là

— Pom’ ?
— Oui, Phyll ?
— Si tu veux vivre…
— …Hum
— cours !

La connaissant parfaitement bien, il prend ses pattes à son cou, bondit et l’on peut encore entendre ses supplications faire écho dans toute la forêt.

— Arrête mon petit ouragan, tu sais bien que tu vas te faire mal !
— M’en fiche !

Après trois douches et 200 ml de déodorant

Pomelo adossé au chambranle de la porte observe Phyllis avant de l’interrompre

— Tu devrais au moins le lire
— Pas question ! Ce type est forcement un pervers, ce qu’ il a à dire ne m’intéresse pas du tout et puis je n’y pensais même plus alors laisse moi tranquille et va lire tes magazines !
— Tu n’y pensais plus, hein ?! Va dire ça à ton crayon…

Son regard glisse lentement sur la mine écrasée du pauvre souffre douleur qu’elle tient fermement entre ses doigts. Et alors que Pomelo s’exécute en quittant la pièce, elle desserre l’étreinte le maintenant en soupirant, puis délicatement le laisse glisser et tomber. Lasse, elle s’enfonce un peu plus dans sa chaise et d’un geste qu’elle aurait voulu moins pensif, fait rouler le crayon sous sa paume, effleurant le bois usé par son travail acharné. Puis d’une impulsion, le propulse loin comme elle le voudrait ses pensées. Il continue sa route sans elle et n’arrête sa course qu’après avoir heurté la coque de son portable. Ses prunelles n’ont rien perdu de son cheminement et c’est à la fois agacée et amusée qu’elle susurre presque

— Tu t’y mets, toi aussi…

Et L’instant d’après ses lèvres épousent parfaitement les mots du mail qu’elle lit à voix basse.

— J’espère que c’est un fétichiste des kangourous parce que quand il va emménager, ce sera toi son esclave pas moi que les choses soient claires !

Et pour accompagner ses mots, elle brandit un plumeau

— Tu seras sa soubrette dans votre nouvel appartement et il te récompensera en te collant des bisous "pur malt" !

Et pour finir lui balance son portable écroulée de rire avant de se jeter dans le sofa en se nichant contre lui. Pomelo s’empresse de le déverrouiller pour en lire le contenu

— Bisou !?
— Oui, bisou…

Il observe un moment de silence essayant de conserver un semblant de sérieux

— En lisant bien, il n’y a rien de vraiment pervers dans son mot
— Pas faux, j’ai même réussi à y trouver une pointe d’humour mais très peu pour moi le côté chamallow imbibé de whisky et super-héros en Kilt
— Tu exagère !
— Excuse moi ?! Mais « je suis l’homme de la situation », « 100 % pur irlandais » franchement j’ai cru qu’un currach allait me sortir de la baignoire ! Et si j’ai un brin de culpabilité à ne pas répondre à ce message c’est vraiment pour le côté  « bisou » pauvre choux …

Elle se redresse en faisant la moue et s’étire pour attraper une clémentine dans la coupe posée sur la table basse en riant

— Tu n'es vraiment qu’une peste !

Elle la pose sur son nez en équilibre en faisant le pitre

— Ah mais complètement et j’assume !
— Tu dois lui répondre ! Tu vas forcément le croiser en cours de journalisme
— Je dois ?!

Elle se lève brusquement laissant rouler sur le canapé son agrume et avec un sourire
moqueur tire la langue à Pomelo

— …Non, je crois pas non et la clémentine tu peux la garder, elle te servira pour quand tu seras dans ta prison dorée avec ton celte en Kjalta !

Il la lui lance en plein milieu du front, un geste qu'il sait malheureux mais tellement mérité

— Phyllis Robinson, tu n’es plus une gamine ! Cette annonce partait d’une bonne intention, j’ai commis une erreur et je le regrette mais ce pauvre garçon n’y est pour rien. Si tu ne lui réponds pas alors c’est moi qui le ferai !


Elle est sur le point d’envoyer le sms qu’elle vient de rédiger pour Ben quand elle se ravise

— C’est ridicule !
— Tu préfères que ce soit moi qui…
— Plutôt mourir ! Tu serais capable de me marier sans mon consentement…

Je suis certain que la traîne t’irait superbement bien. Il mime la mariée et décoche même une petite larmichette d’émotion. Elle le fixe d’un regard malicieux et lui colle un bec sur le bout du museau en lui chuchotant

— Très drôle sauf que ce que ne dit pas l’histoire c’est pourquoi tu pleures…
— Une vraie Lady cette fille, je vous jure ! Allez, lis le moi avant de l’envoyer !
— Trop tard…



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MessageMer 17 Jan - 0:14
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 173Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Muirne, sous sa forme féline, était étalée de tout son long sur le rebord de la fenêtre et somnolait à moitié, en écoutant distraitement la discussion très peu intéressante du raton laveur d’Eggerton et du carcajou de Rivers. Elle s’ennuyait ferme et aurait donné n’importe quoi pour que le devoir nous appelle à l’extérieur, ou pour aller enquiquiner Ains’, ou Mahkha.
Elle sentit soudain ses poils se hérisser comme un frisson la parcourait, alors que ses oreilles venaient de capter la vibration de mon téléphone portable. Cette tension soudaine, elle la ressentait comme sienne. C'était mon anxiété qu'elle percevait. Elle allait peut-être l’avoir, sa porte de sortie finalement !
Elle s’étira flegmatiquement en baillant. Les deux autres daemons l’interrogèrent du regard.
– Tu t’en vas Muirne ?
– J’reviens.

Elle bondit avec flegme sur la moquette de la bibliothèque et en quelques foulées, elle était à mes pieds. Elle était devenue belette lorsque je vis son museau dépasser par-dessus mon épaule, tandis que je me demandais qui pouvait bien m’avoir écrit pareil roman. Je souris.
– T’es bien curieuse !
– On se demande de qui je tiens ça !
– On se l’demande.
Je n’avais jamais eu aucun secret pour Muirne. Aussi, ne connaissant pas le numéro, je ne vis pas d’inconvénient à ce qu’elle lise. Elle l’aurait lu tôt ou tard de toute façons.

Eggerton et Rivers semblaient soudain très absorbés par leurs manuels respectifs et il me sembla qu’un silence de plomb s’était soudain abattu sur la bibliothèque.

Pour que cette fille m’appelle par mon surnom, j'en déduisis que c’était sans doute quelqu’un de ma connaissance, de suffisamment proche qui plus est.
Je lu avec attention, arquant d’abord un sourcil, puis mon sourire s’élargit en laissant échapper un « Quoi ? » sonore, aussitôt réprimandé par un « shhhht ! » de la bibliothécaire. Muirne fut prise d’un soubresaut et je me sentis gagner par son hilarité.
– Te marres pas ! Attends, qu’est-ce que c’est que…
– Pour l’amour du ciel ! O’Connel, si vous voulez discuter, faites-le dehors !
Eggerton ne pu s’empêcher de pouffer de rire et se pris un coup de coude de Rivers.
– Très certainement madame Calloway ! répondis-je d’un ton solennel qui alimenta l’hilarité de mon camarade et celle de Muirne. Je ne pu me contenir de pouffer à mon tour, ce qui attira les deux autres daemons autour de la table.
– Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demandai-je en riant à moitié à Eggerton, loin d’imaginer qu’il ai pu avoir une quelconque implication dans cette affaire.
– Rien du tout. C’est toi, tu m’fais rire, dit-il en essayant de se reprendre.

« SSSSHHHHTT !! »
– Nan, mais… Vous n’allez pas me croire ! Je viens de recevoir un message improbable ! dis-je en baissant d’un ton.
Rivers mis un nouveau coup de coupe à Eggerton sous la table.
– Ca dit quoi ?
– Ca parle de cafetière, de coloc dans une cabane sur pilotis.
– Quoi ? s’étrangla de rire Eggerton.
– Il semblerait que j’ai une mystérieuse admiratrice. fanfaronai-je.
Le regard de Rivers se teinta de malice.
– Voyez-vous ça !
– Je savais que tu ne me croirais pas. Attends, écoute ça : « Salut Ben… »
– Elle t’appelle par ton ptit nom en plus, comme c’est mignon !
– Muirne, tais-toi je te prie, tu gâche tout mon effet. répliquai-je avec une condescendance surjouée.
– Oh ! Pardon, son altesse divine !
– Non Muirne ! S’teuplait ! Epargne nous de le relancer sur le pamphlet d’une quelconque divinité celtique.
– Ce qui est amusant c’est que la demoiselle est galloise.
– Oh non pitié !
– C’est ptêtre une rouquine. T’imagines ?
– Qu’est ce que ça change ?
– Les rousses, c’est les plus belles meufs de la terre vieux ! Ne me dis pas que t’aimes pas les rouquines !
Je me contentai d’un grand sourire pour toute réponse et je repris ma lecture à haute voix.

« Shhhht ! »
Je baissai d’un ton pour poursuivre : « …Comment lutter contre cette solitude qui m’attend ? »
– Oh moi j’ai bien une idée !
– Ah oui ? demandai-je naïvement.
– Il est stupide ou il le fait exprès ? marmonna le raton laveur tandis que Muirne levait les yeux au ciel.
– Hey !
– Pardon Muirne.

Je n’étais pas certain de ce qu’insinuait Rivers, mais il avait l’air de beaucoup s’amuser de la situation. Je préférais faire l’autruche et reprendre ma lecture. Eggerton m’interrompit d’un éclat de rire après « cuvée Irlandaise d’exception » et Rivers sourit.
– Y a pas à dire ! Elle sait reconnaître un homme à sa juste valeur ! commenta-t-il. Cette fille, elle sait ce qu’elle veut on dirait !
Je ne voyais pas ce qui lui permettait d’affirmer pareille chose.
– Attends, j’ai déjà un coloc !
– Et alors ? Est-ce que ça t’empêche de lui tenir compagnie dans ses moments de solitude ?
– Non… mais… Je crois qu’il y a erreur sur…
– Continue, qu’est-ce qu’elle dit ensuite ?
« Shhhtt ! Messieurs, si vous continuez je vais devoir vous demander de sortir ! »
– Toutes nos excuses madame Calloway. Vous savez ce que c’est, lorsque la passion littéraire nous anime !
– Tu vas te faire jeter.
– Allez animer votre passion ailleurs !

– Aller… continue ! parvint à chuchoter Eggerton, sachant pertinemment que j’étais incapable de parler à voix basse bien longtemps. Je m’executai. J’étais si prévisible que je re-sombrai aussitôt dans mon jeu d’élocution.
– Et c’est là que ça devient intéressant : « cette annonce a été rédigée par un kangourou gallois un peu trop zélé et à l’imagination très fertile. ». […] De quelle annonce peut-elle bien parler ? demandais-je innocemment.
J’étais peut-être un grand naïf, mais je n’étais pas nez de la dernière pluie non plus, et je commençais grandement à soupçonner mes deux compères d’en savoir d’avantage sur cette affaire que ce qu’ils voulaient bien laisser croire.
– Et le mieux, attendez, c’est le pseudo smiley. Ce qui sous-entend que je l’aurais contactée au préalable.
– Et c’est pas le cas ?
– Pas que je sache.
– T’as pas dit que t’avais fait une soirée arrosée avec ton pote l’autre jour ?
– Je ne vois pas le rapport.
– T’as ptêtre envoyé un texto en étant bourré.
– Ne te fous pas de moi !
– Et alors ? On s’en fout. Le plus important c’est qu’elle veut que tu la rappelles !
– J’ai pas lu ça.
– O’Connel, quand une fille te dit « Je comprendrais si tu ne veux plus me parler » ca veut dire, « Rappelle-moi ! » A croire que t’es jamais sorti avec une meuf !
– Ça n’est pas du tout le propos ! répondis-je à haute et intelligible voix. C'était délibéré cette fois.
Rivers coula un regard à Muirne qui avait encore changé de forme quand la voix de la bibliothécaire tonna :
– Messieurs, maintenant ça suffit, vous sortez !
J’adressai un sourire en coin à Rivers.
– Sûrement plus que toi ! mentis-je avec aplomb.
– Tsss !
– Aller les mecs, vous finirez votre concours de kikis dehors. Le dragon va se mettre à cracher des flammes sous peu, dit Eggerton, en jetant son sac à dos sur son épaule.

Nous vidâmes les lieux sous l’œil inquisiteur de la bibliothécaire. Nous avions à peine franchi les portes que Rivers revint à la charge :
– Tu vas lui répondre quoi ?
– Hmm… je ne sais pas encore.
– Ha ! ha ! Ca veut dire qu’il va lui répondre !
– Bien-sûr que je vais lui répondre. Ma mère m’a bien élevé, qu’est ce que tu crois !
– S’il le fait pas, c’est moi qui le fait.
– Tiens donc, tu veux te mettre à la coloc’ maintenant ?
– Pour les beaux yeux d’une jolie rousse, je pourrais y réfléchir.
– Rivers tu es faible
– J’ai un faible pour les rousses. C’est vrai.
– T’as un faible pour un peu toutes les filles.
– Et tu les fais fuir.
– Non… […]

Je ne les écoutai plus. Je n’étais jamais très à l’aise sur ce genre de discussion et surtout, je ne partageais pas du tout le point de vue de Rivers qui avait tendance à essayer de sauter sur tout ce qui bougeait. Bon… moi c’était l’inverse. Je n’avais encore jamais eu l’occasion… et d’ailleurs, je ne savais même pas comment la discussion avait pu dériver de la sorte. Je relu le message, faisant abstraction de la conversation véhémente qui se tenait à côté de moi, et composai ma réponse.
– Je crois que Rivers y est pour quelque chose, me chuchota Muirne.
– Possible.
– Et tu entres délibérément dans son jeu ?
– Pas dans le sien. Tu n’as pas envie de savoir qui est ce drôle de kangourou à l’imagination très fertile ?
– Hmmm.
Elle ne répondit rien. Mais nous savions tous deux que notre curiosité maladive nous pousserait à vouloir éclaircir ce mystère. En attendant, je comptais bien m’amuser de la situation, à ma manière.
  
MessageSam 20 Jan - 3:29
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Date d'inscription : 07/11/2017Nombre de messages : 38Nombre de RP : 5Âge réel : 37Copyright : AlyciajasminAvatar daëmon :
Phyllis RobinsonNothing will be the same...
Le souffle tiède de sa respiration contre sa fourrure épaisse lentement flotte comme un air de Arnalds. Un rythme qui envahit leurs systèmes limbiques, isole leurs consciences sur cet isthme qui les unit. Leurs sens effleurés par les embruns saumâtres et leurs corps pélagiques s’enfoncent inexorablement, dans ce divin, ce foetal. Leurs émotions s’intriquent en un ballet de pappus et s’offrent à ce monde aphotique. Puis l’onde sourde d’un Dies irae comme une vague sous-marine heurte leurs psychés, qui se brisent en un millier de miroirs. Leurs coeurs s’emballent, leurs êtres suffoquent, un effroi qui sème leurs épidermes de grains de sable noir et leurs corps de spasmes myocloniques. Au paroxysme de ce sommeil paradoxal une porte au bout de leurs doigts fébriles se dessine. Ébloui par la clarté si soudaine, leurs yeux se plissent et au travers de leurs cils quelques formes floues semblent vouloir se dévoiler. Il connaît ce parfum, elle s’imprègne de son instinct olfactif. Elle perçoit même l’effleurement de ces deux brins d’herbes balayés par la brise et lui cette envie viscérale d’y goûter. Elle en arrache d’une main assurée une poignée à la terre, la porte à ses narines puis à sa bouche entrouverte et y croque une bouchée généreuse. Ses dents en pressent le suc et c’est une explosion verdoyante qui s’offre à ses papilles encore profanes de ces saveurs printanières. C’est imperceptible mais le son de ces bambous qui s’entrechoquent les éveille…
Il s’étire sur ce canapé trop vieux qui soupir à chacun de leurs gestes et la tendresse de ses mots en elle s’insinue

— Petit hurricane

Son visage se presse contre son pelage, son corps se blottit encore un peu plus contre lui d’une douceur enfantine, essayant de retarder ce moment pourtant inévitable du réveil.

— Tu as reçu des messages, je crois

Reprenant conscience, peu à peu, elle serre les dents une dernière fois avant que sa mâchoire ne se crispe. Ses traits si sereins pourtant l’instant d’avant n’expriment plus qu’une grimace difforme à présent.

— Ce goût d’herbe …c’est dégoutant !

Son museau tressaillit et sa babine se retrousse en entendant Phyllis se plaindre. Sa contrariété la submerge. Du revers de la main, elle caresse le duvet de son poitrail et à la commissure de ses lèvres laisse un sourire affectueux s’esquisser en le regardant. Il laisse naître l’empreinte de son murmure en elle

— Sais-tu la chance que nous avons de…
— …pouvoir ressentir ça ? Oui

Elle ferme les yeux en fronçant les sourcils [/color]

— Je n’ai pas envie de…
— …bouger mais tu n’as pas le…
— …choix, je sais

Elle s’arrache et s’éloigne à regret de cette chaleur tiède que lui offre son daëmon pour se saisir de son portable. Puis se laisse retomber délicatement aux creux de ce cocon en un soupir satisfait. Ecrasé par son petit bout d’amour, il bascule sa tête contre l’accoudoir du sofa, laissant chaque muscle de son corps se détendre mais ses oreilles restent bien droites à l’affût de l’inaudible. Phyllis du coin de l’oeil observe Pomelo et de son index balaie les notifs.

Message de: Dewey
« Pense à mes crêpes terreur ! »


— Dew ! Merde, j’avais oublié, faut que je fasse les crêpes pour la fête de ce soir !
— Aux fourneaux mon petit chef !

Elle bondit et d’un pas décidé se dirige vers la cafetière, presse le bouton pour se faire couler une tasse, ouvre la porte du réfrigérateur, y récupère le lait, puis les oeufs, tandis que de l’autre main elle passe en revue le reste de ses notifs. Elle est étonnée en voyant un message de Ben. Elle lit le contenu du sms, tout en sortant la balance

Benedict ?!

Elle relève le menton perplexe et tente de jeter un coup d’oeil discret par dessus son épaule, en espérant ne pas avoir trop éveillé l’intérêt de son daëmon mais Pom’ se tient de l’autre côté de l’îlot à présent. Il la fixe intensément de son regard noisette, attendant sagement qu’elle prenne la parole. Ses épaules accompagnant un soupir désespéré s’affaissent alors que ses mains saisissent la farine tamisée qu’elle ajoute à la préparation.

— Quoi ?!
— Tu sais très bien !
— Je ne croyais pas qu’il allait…
— …te répondre ? Moi non plus

Elle pose son index et son majeur sur l’écran, pousse son portable pour qu’il glisse jusqu’à son daëmon qui le bloque habilement. S’ensuit un long silence, puis quelques chuchotements ponctués d’onomatopées inquiétants en provenance du lecteur passionné. Phyllis fait mine d’ignorer cette surenchère visant à la déstabiliser. Son inquiétude s’atténue avec ce long silence qui s’installe à nouveau mais lorsqu’un « bien » énergique en brise la quiétude, elle en tombe son fouet qui en un éclaboussement spectaculaire lui repeint le tee-shirt, le visage et les cheveux.

— Aaaaarrh, Super, j’en ai partout maintenant !

Pomelo est bien trop absorbé pour seulement se rendre compte de la situation. Il ne ressent rien, ne lève pas même la pointe du museau et alors que le portable passe en mode veille, les yeux toujours écarquillés au-dessus de l’écran, il lance un…

— Intéressant…

Mais le ton ambigu échappe à la superbe toile vivante « d’Art Pouring » à la Pollock qui s’emporte tel un torrent

— Tu te fous de moi là ! INTERESSANT !

Pom’ sursaute mais malgré la terreur qui le tenaille, il ne peut pas s’empêcher de fixer cette goute de pâte dégoulinant lentement du front de Phyll’ et allant innocemment vers l’arête de son nez pour en un filet continu s’écouler sur le plan de travail, tout comme il ne peut réprimer ce fou rire qui le submerge. Furax, elle attrape le torchon posé près d’elle, s’essuie du mieux qu’elle le peut en pestant les noms de tous les Saints et surtout celui de son daëmon.

— Quand t’auras fini de te payer ma tête, tu viendras m’aider !

Pour essayer de retrouver un peu de sérieux Pomelo se mord la lèvre inférieure, une larme rieuse échappe à sa paupière malgré tout. D’un geste taquin, il saisit un pan du torchon et essuie le bout du nez de son petit chef en rajoutant d’un ton moqueur

— Oups, tu en avais encore un peu là…

Et elle en un geste rapide, lui écrase le torchon visqueux sur le visage

— Oups, ce que je peux être maladroite !

Puis éclate de rire à son tour

— C’est de bonne guerre…

Une réponse pleine de sagesse qui met aussitôt fin aux hostilités. Il reprend alors la conversation au sujet du sms, Phyll’, elle se remet aux crêpes

— Il a signé Benedict ?!
— Hum, on dirait que…
— …ce n’est pas la même…
—…personne !
— On a l’impression qu’il ne sait pas de…
— …quoi je parle !
— La poêle est chaude Phyll
— Ouais !

Elle y verse l’équivalent d’une louche et répartit le liquide sur l’ensemble de la surface

— Je ne sais pas trop quoi…
— …en penser ?
— Et quoi faire surtout ?
— Tu la fais sauter ?

La crêpe fait un tour sur elle même avant de retomber dans la poêle chaude.

— Réponds lui !
— Pourquoi ?
— Pourquoi pas !
— Ce type est bizarre !
— La situation est bizarre !
— hwyl fawr…
— Avoue que ce n’est pas commun quand même
— Précisément ! Les fous ne le sont pas en général…

Ils éclatent de rire alors que saute une crêpe

— Les personnes interessantes non plus que je sache !
— Et il apprécie mon humour en plus…
— Tu as raison, il est forcement complètement dingue dans ce cas !

Aussitôt elle lui balance une bonne poignée de farine à la figure juste avant qu’il n’aie le temps de s’éclipser en riant de plus belle

— C’est ça déserte ! Tu perds rien pour attendre lâche !

Il y a de la poudre blanche partout, elle est bonne pour faire le ménage ce week-end. Elle hausse les sourcils et d’un ton désinvolte lance à son portable

— Ok, il est peut-être un peu braque mais lequel de mes potes ne l'est pas !
  
MessageMar 30 Jan - 16:24
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 173Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
J’avais profité des véhéments échanges de mes compagnons zelés, pour leur fausser compagnie. A peine les avais-je quittés que j’avais reçu un SMS de Rivers.
« Tu nous raconteras ? »
– C’est lui j’te dis !
– Possible.
Je balayai l’écran de mon téléphone afin de vérifier qu’il n’y ait pas d’autre messages qui avaient pu être envoyés à mon insu.
– Je suis curieuse de savoir comment il a fait !
– Et moi de ce qu’il a bien pu écrire.
– Pourquoi tu ne lui as pas demandé ?
Je me contentais d’un sourire, pour toute réponse.
– Ben…Me dit pas que…T’as pas envie de savoir ? C’était impensable.
– Biensûr que si ! Mais je ne veux pas jouer à ce jeu avec eux. Tu les connais. Ils vont me charrier pendant des plombes avec ça si je rentre dans leur jeu. Cela fait des semaines que Rivers me cherche. D’abord Lulla, ensuite Sarah et maintenant Phyll… dès qu’une fille s’approche de moi, il veut me caser avec ! C’est gênant !... et agaçant à la fin ! On dirait tante Sophie qui n’arrête pas de monter la tête à m’man avec ça. « Oh mais tout de même ! C’est quand même bizarre à son âge… » dis-je en singeant les mimiques et le ton de ma tante. Ce qui amusait toujours beaucoup Muirne, qui pouffa de rire, cette fois encore. De quoi je me mêle !... quoi ? dis je en riant, c’est vrai ! Ils devraient monter une agence matrimoniale tous les trois !
– Avec toi, comme client, ils vont faire faillite !
– Je n’ai jamais voulu être client ! répliquai-je au débotté.
Muirne évita de rentrer plus avant dans le vif du sujet au risque de me froisser, préférant revenir sur un terrain plus propice à l’amusement. Elle sauta de mon épaule et se transforma en husky.
– Et alors ? Il te trouve quand ?
– J’ai pas envie d’aller au conflit.
– Qui te parle de conflit ? Monsieur Benedict aurait-il oublié la définition du mot subtilité ?
Je pouffais silencieusement en secouant la tête.
– Je me disais aussi. Avoue que ça t’amuse !
Je haussai les épaules avec nonchalance. Mais je ne pouvais pas la duper. Il n’y avait pas grand-chose que je puisse lui cacher. Muirne et moi avions un lien très particulier et très fusionnel. Nous partagions les mêmes sensations et les mêmes sentiments et elle savait pertinemment dans quel état d’esprit je me trouvais en ce moment même.
– Tu ne me la feras pas à moi Benedict Ambrose Lochlain ! répliqua-t-elle d’un ton solennel.
– Oh arrête ! On dirait mon père !
Elle aboya joyeusement.
– Shhhut ! soufflais-je en riant.
Nous étions tous deux animés par la curiosité d’en apprendre plus sur cette étrange Phyll qui avait répondu à un message possiblement très étrange envoyé par mon pote Rivers. Cette fille ne manquait pas d’humour et le mystère qu’elle revêtait ne faisait que rendre le jeu de piste plus palpitant. Nous étions joueurs.
– Tu crois qu’elle va répondre ?
– Je ne sais pas. Pourquoi ne le ferait-elle pas ? demandai-je naïvement.
– Tu ne sais pas ce que Rivers lui a écrit.
– Elle a déjà répondu à Rivers je te rappelle… Je peux difficilement faire pire.
Le silence qui suivit laissa le doute planer, tandis que nous approchions du Centre de Recherche Scientifique.

Muirne s’était transformée en souris pour passer plus innaperçue et me chatouilla en se glissant dans la manche de mon sweat lorsque je poussais la lourde porte du bâtiment. Je ne pu retenir un tressaillement.
– Muirne !
Elle n’aimait pas venir ici et me communiquait son anxiété. Je repris contenance en m’avançant jusqu’à la réception où je m’annonçais à l’hôtesse d’accueil que je connaissais bien désormais.
– Bonjour Miss Housemann, est-ce que le professeur O’Connel est là ?
Comme il n’était pas disponible, elle me demanda de patienter dans le hall en attendant qu’il daigne me recevoir. J’obtempérai sagement pendant une dizaine de minutes, me laissant absorber par l’un des ouvrages que j’avais emprunté à la bibliothèque, puis je me laissai déconcentrer par le livreur apportant des caisses dont le logo ne m’était pas inconnu.
Muirne se percha sur mon épaule excitée elle aussi par l’idée qui germait dans mon esprit. Je n’eus rien besoin de lui dire. Elle avait compris. Je fermais mon bouquin que je fourrais dans mon sac et me levais. Je pris la direction des toilettes pendant que le gars se faisait remettre un badge visiteur et j’attendis patiemment qu’il passe devant nous dans le couloir, puis je lui emboîtai le pas, discrètement.
– Où tu comptes aller sans badge ? chuchotta Muirne.
– Nous verrons bien.
Je me glissai sans bruit dans l’ascenseur, derrière le type qui badgea pour descendre au sous-sol, vers les laboratoires. Je sentais Muirne s’agiter sur mon épaule mais je prenais considérablement sur moi pour rester calme.
La porte de l’ascenseur s’ouvrit et le type poussa sa cargaison à roulettes dans l’étroit couloir. Il n’y avait aucune issue, aucun endroit où se cacher et des caméras de surveillance un peu partout. J’emboîtai le pas du type, me faisant le plus discret possible. Il badgea une nouvelle fois pour entrer dans un labo sur la droite et mon téléphone vibra au même moment. Les poils de Muirne se gonflèrent sous la charge magnétique quand le livreur se tourna vers nous. Je lui adressai mon plus grand sourire et me précipitai sur lui :
– Oh ! Attendez ! Je vais vous aider !
Je me glissai dans le labo pour lui tenir la porte. Le mec, un peu ahuri, ne savait pas trop sur quel pied danser.
– Je ne vous avais pas vu. Vous…
Il me dévisagea des pieds à la tête et là, je su que mon physique de gamin allait me desservir. Je ne pouvais pas prétendre travailler ici, il n’allait jamais me croire.
– Je suis stagiaire. Ce sont les caisses d’antidon qu’attendait le professeur Willson ?
L’avantage d’être le neveux d’un chercheur du centre, c’était que je connaissais quelques noms des collègues de mon oncle que j’avais mémorisés, au cas où.
– Faites-voir ? dis-je en me saisissant du porte document, comme si j’avais coutume de réceptionner ce genre de marchandise.
– Ben, t’es dingue ! murmura Muirne.
– Oh ! C’est une livraison pour le professeur O’Connel !
Muirne se crispa sur mon épaule et ma main trembla sur le feuillet. D’un air toujours aussi jovial, j’ajoutais, l’air de rien : Je vois. Ne bougez pas, je vais le chercher.
Le type me regarda sortir l’air hébété. Je pressai le pas une fois dans le couloir et je du me retenir de ne pas courir. Les lumières crépitèrent légèrement à mon passage. J’ouvris la première porte, droit devant moi et percutai de plein fouet un type en blouse blanche.
– Benedict ! Qu’est ce que tu fous ici !
Un arc électrique me piqua la joue et Muirne tomba de mon épaule.
– Salut oncle Irwing ! dis-je avec un grand sourire.

La porte de son bureau claqua derrière moi après un très sec « Attends-moi ici ! ». J’entendis la clef tourner dans la serrure.
– La confiance règne ! râla Muirne. T’aurais pas du faire ça Ben. Il va nous tuer.
– Mais non ! T’inquiète pas ! Je gère. Dis-je distraitement en consultant mon téléphone.
– C’est bien ça qui m’inquiète. Il fonctionne encore ?
– Il semblerait.
La décharge magnétique avait été très faible et n’avait pas endommagé mon telephone cette fois-ci.
– Elle sait ! dit Muirne en lisant par-dessus mon épaule. Elle avait pris l’apparence d’une belette.
– De toute évidence.
– Intello ? Elle a oublié un peu stupide, se moqua Muirne.
Je la balayai de mon épaule du revers de la main.
– Et susceptible !
Je souris.
– Une idée d’un endroit où trouver de l’herbe goûtue ?
– Dans les Midlands, c’est la meilleure !
– A Merkeley ?
– Oh !
Pendant qu’elle réfléchissait, j’en profitai pour commencer ma réponse.
  
MessageVen 30 Mar - 11:06
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Date d'inscription : 07/11/2017Nombre de messages : 38Nombre de RP : 5Âge réel : 37Copyright : AlyciajasminAvatar daëmon :
Phyllis RobinsonNothing will be the same...
Elle s’apprêtais à franchir le seuil de la porte quand son portable se mit à vibrer

Pas le temps phyll’, on va être en retard !

Elle réprime un soupir avant d’hocher la tête et de claquer la porte en signe d’approbation. Le couloir est froid et silencieux. Seul l’éclairage grésillant au dessus de la porte de secours ose défier la tranquillité de cette pénombre. Une semi-obscurité qui aurait pu être oppressante ou angoissante en temps normal mais ce soir, elle lui apparait plus comme une alliée dont elle ne veut pas se séparer. La clé fait un tour dans la serrure, ses doigts sur la poignée restent crispés, ses paupières lentement se referment alors que son visage bascule en avant jusqu’à ce que son front heurte la porte close. Elle n’essaie ni de contenir ses larmes qui sur ses joues coulent, ni toute cette colère qui la submerge. Elle suffoque, se noie, son daëmon impuissant s’interdit, parce qu’il sait…Son poing dans un bruit sourd claque comme un clap de fin contre la porte d’entrée. Un fou rire nerveux échappe à ses lèvres encore perlées quand du revers de la main elle balaie les larmes sur sa joue, un geste brusque empreint de douleur.

Essayer de se reprendre pour ce soir, encore faire illusion.…

Confession murmurée à ce bois craquelé par le temps que son regard fixe, Ses épaules se redressent après un long soupire alors que l’arête de son nez s’arrache péniblement du revêtement rude de la porte


“Quelques part entre falaise et plaine”


Elle avait redouté cette soirée, redouté de se retrouver face à ceux qui avaient toujours fait partie de sa vie qui la connaissaient que trop bien. Ses amis depuis l’annonce de son départ avaient tout tenté pour l’en dissuader avant de finir par accepter sa décision sans grande conviction. Aucun d’entre eux ne comprenaient. Phyllis avait toujours été curieuse, très engagée, surtout dans les causes perdues mais partir, ça non jamais.

Dew et Siwan était pour elle, cette rémanence qui quoi qu’elle deviendrait, continuerait à résonner en elle. Ils s’étaient construits tous les trois en se foutant pas mal du reste du monde. D’ailleurs ils étaient le reste du monde ! Ils avaient tout partagé, les premiers joints, les premiers verres, cuites, gueules de bois, les premiers émois aussi et les premières déceptions bien sûr. Ils l’avaient vu changer du jour au lendemain en ne parvenant jamais à s’expliquer ni l’un, ni l’autre pourquoi. Sous leurs yeux elle s’était métamorphosée, elle était partie, s’était lancée dans des études de journalisme, se passionnant pour la plongée, la cryptographie et elle devenait cet été sans qu’ils puissent rien n'y faire rédactrice adjointe de la gazette du coin, après avoir remplacé avec brio le vieux Cynhaearn pendant près de deux mois. Le pauvre bougre avait failli y passer cette fois mais son coeur bien que capricieux ne l’avait pas lâché et aussitôt remis il l’avait nommée. Qu’on se le dise Phyllis n’était douée en rien, elle n’avait aucune prédisposition particulière, aucun don et c’était au prix de nombreux efforts qu’elle été parvenue à obtenir la moyenne tout au long de ses études. De nombreuses nuits à bûcher, à galérer avec pour seul compagnie sa détermination. Elle était loin d’être brillante ça c’était une évidence et pour ceux qui en doutaient, il suffisait qu’ils regardent le bout de ses doigts meurtries à force de tourner les pages des manuels et sa chambre repeinte de post-it et de fiche de révision. Pour ses amis ça ne faisait aucun doute Phyllis Robinson était destinée à finir sa vie dans cette bourgade, une vie toute en légèreté avec son kangourou, eux et ce bonheur tout simple d’être ensemble qui avait toujours était le leur et qui leur avait toujours suffi jusque là.

Ils l’observent s’avancer vers eux son allure est hésitante, ils ont comme un mauvais pressentiment…

A mesure que ses pas la rapprochent de ses amis de toujours, elle se sent disparaitre. Elle s’immobilise presque malgré elle et lentement lève le menton en prenant une grande inspiration. Les brins d’herbe dansent contre ses mollets, le vent s’engouffre dans les voiles de sa robe, l’odeur du sel et de la terre s’emmêlent et lui font perdre la tête. Elle aime ces terres sans limite aucune, ces vallons que les caprices des dieux y ont fait naître et cette sérénité sauvage typique de ce pays qui est le sien. Chaque fibre d’elle est marquée de ce sceau Gallois, sa fougue, son obstination, sa fierté sont sans nul doute le fruit de ce feu. Elle était la caricature même de la fille des lands et cela bien plus qu’elle ne l’aurait voulu elle même.

Je suis déçue où sont les feux d’artifices ?!
Parce qu’on ne brille plus assez pour toi maintenant !
Madame s’en va aux States alors ça y est, elle a la folie des grandeurs !

Dew plonge son regard dans celui de son amie et après un furtif cabeceo, d’un geste naturel lui saisit la main en souriant, l’attire à lui abrazo , impose agréablement quelques pas de tango à leurs corps puis la fait tourner avant de stopper sa course et de plaquer appassionato son dos contre son torse. Leurs éclats de rire s’entremêlent, elle laisse sa tête basculer contre l’épaule de son Milonguero qui profite de l’effleurement du lobe de son oreille contre ses lèvres pour y glisser à voix haute

Regarde le mal qu’on s’est donné avec siwan, rien que pour toi…
Des mots qui accompagnent un geste délicat de sa main vers la foule et des centaines de guirlandes.

Tu n’as pas idée de l’ingéniosité dont on a du faire preuve pour que ces litres de bières restent au frais au milieu de nulle part !

En criant cela Siwan s’est jetée au cou de Dew. Il se retrouve pris en sandwich et ne tarde pas à perdre l’équilibre entrainant dans sa chute ses deux comparses. Etalés au sol, ils rient comme ils l’ont si souvent fait auparavant. Pomelo, lui, resté en retrait les observe, les oreilles plaquées contre le crâne ne laissant aucun doute sur la nature réelle de ce que ressent Phyllis.

La fête décline, nombreux sont rentrés. L’aube à présent embrasse cet horizon que tous les quatre admirent, assis au bord de la falaise, les pieds ballant, silencieux.

Pour l’amour de notre Galles s’il te plait phyllis ne nous ramène pas un cow-boy !
Malgré l’alcool Siwan ne perd pas le nord, elle a une idée précise du type de garçon que doit épouser Phyll’. Elle est à la fois très traditionaliste et assoiffée de modernité, un dilemme avec lequel elle semble admirablement bien jongler.
Noté !

Et puisqu’on en est à faire nos doléances ben moi, tout ce que je veux c’est que tu nous reviennes, ma Rose de l’Inca !
Dew…
Le son de sa voix s’est étranglé, entravé par une émotion qu’elle parvient de plus en plus difficilement à dissimuler. Son ami a en lui encré ce besoin de possession, exacerbé par ses origines latines. Il voue à ses deux amies presque un culte, tout avec lui est intense, passionnel…
Enfin, comment peux tu en douter …Bien sûr que je vais revenir mi guerrero !
Ouais, si tu le dis…

Ces deux amis ont répondu en choeur, leurs sourires se sont éteints quand pendant un instant leurs regards se sont attardés sur leur amie, avant de s’évanouir à nouveau dans l’horizon immense. Après un moment qui parait lui avoir durée une éternité Phyll’ se lève, ses amis en font de même et s’éloignent de quelques pas du bord. Quand jusque là, muette elle prend soudainement la parole

Pom’ tu es prêt ?
Prêt mon petit ouragan !

Siwan et Dew inquiets par tant de suspense se retournent brusquement et s’immobilisent fixant leur amie qui se tient dos à l’océan.

De quoi tu parles ?
Prêt pourquoi ?
Son regard fuyant ne les rassure pas le moins du monde, ses doigts saisissent les pans de sa ceinture avec un calme d’une froideur saisissante, qu’elle resserre arrachant à son gilet un bruit de froissement des plus étrange.
Qu’est ce que tu as sous ta veste ?
C’est pour cette cachoterie que tu t’es éclipsée avec Pomelo tout à l’heure ?
Vous vous souvenez de Glyn “Aarthfael ” ?
Cette fois son regard ne les fuit plus, bien au contraire…
Glyn Bledd ?
Pas qu’un peu on a été dans la même classe durant trois années ! D’ailleurs qu’est ce qu’il t’en a fait voir Dew !
Peut-être mais je ne me suis pas laisser faire !
Aucun de nous s’est laissé faire…
C’est vrai mais tu veux en venir où au juste ?
A ce jour où je l’avais défié de sauter de cette falaise avec moi…
…ll s’est dégonflé en prétextant que tu te noierais et qu’il en serait responsable
Exacte, et vous, vous m’aviez empêchée de lui prouver le contraire, à l’époque
Son amie laisse échapper un fou rire nerveux alors que Dew rétorque sans détour
ça aurait été de la folie de te laisser faire !
Siwan aussitôt rajoute
Et si tu n’en a pas conscience aujourd’hui c’est que tu es vraiment plus atteinte que ce que je pensais !
Phyllis pour toute réponse arque les sourcils puis plonge sa main dans la poche de son cardigan et en ressort son portable. Elle esquisse un sourire en lisant le message avant d’y répondre sous le regard perplexe et interrogateur de ses amis puis en relevant le menton, toujours sans un mot le tend à Siwan qui l’attrape d’un geste instinctif avant de comprendre son erreur...
Le corps de son amie bascule lentement en arrière, ses doigts glissent le long de la coque jusqu’à en perdre leur emprise, entrainée dans une chute vertigineuse elle est engloutit par les flots sous les regards impuissants de ses amis.

  
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