Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à LD !

 
  
MessageVen 5 Jan - 0:36
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 94Nombre de RP : 25Âge réel : 27Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lindwüen !

Octobre ou début novembre 2017

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Rendons à César ce qui est à César, copyright : Phyllis

Citation :
Salut Phyllis,
Je te contacte au sujet de ton annonce de colocation.
Je m’appelle Benedict O’Connel, produit 100% Irlandais ! Je suis étudiant en première année d’école de journalisme et si tu cherches à mettre fin à ta solitude, je suis l’homme de la situation. J’ai l’air d’un intello au premier abord, mais il ne faut pas se fier aux apparences. Avec moi, tu ne risques pas de t’ennuyer !
Ca me plairait de te rencontrer, sur le campus ou ailleurs. Pourquoi pas chez toi, je visiterais bien l’appartement ^^.
N’hésite pas à m’appeler à ce numéro 336 332 285 51, ou à me répondre à cette adresse mail : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], je ne mords pas.

Bisou,
Ben.

– Bisou ? sérieux ? Non mais les gars…

Silas Rivers ne voyait pas où était le problème et Samuel Eggerton essuyai une larme qui avait perlé au coin de son œil après le fou rire qu’il venait de se prendre :
– Ouais, c’est ptêtre un peu too much le « bisou ».

– Si peu !
– S’il l’apprend, Benedict va vous tuer !
– Nous ?... C’est le but, très chère Aline ! Et non, c’est pas son genre de se vexer pour si peu. C'est pour rigoler. Et puis, si ça marche, il nous remerciera, tu verras.
– Je n’en suis pas si sûre. Je pense que c’est une mauvaise idée. Et puis, si ça se trouve, elle ne lui répondra jamais.
– Raison de plus ! Ah voilà, ça y est ! Tu te dégonfles. C’était pourtant ton idée de lui donner un coup de pouce.
– Lui donner un coup de pouce. Pas lui arranger un rancard foireux !
– Pour la défense de Rivers, c’est pas de notre faute si cette fille se « sent seule ». Benedict lui-même a plaisanté dessus ce matin.
Aline Reynolds, les deux poings sur ses hanches, détourna la tête avec une moue désapprobatrice, en proie à une intense réflexion.
– Au pire, elle ne lui répond pas et il n’en saura jamais rien, la rassura Eggerton. Aller, ce sera pour toutes les fois où c’est lui qui nous l’a mise à l’envers. On va bien se marrer. J’ai hâte de voir sa tête quand…

– Qui a mis quoi à l’envers ?
Aline sursauta. Les yeux d’Eggerton s’arrondirent et Rivers s’empressa de cliquer sur envoyer et de fermer la page.
– Salut Benedict !
– Salut les gars ! … Reynolds… dis-je en saluant cette dernière d’un sourire angélique.
– Salut ! Faut que j’y aille. J’vous laisse entre… mecs. Et elle quitta précipitamment la pièce.
Mon arrivée avait l’air d’avoir jeté un froid avec Reynolds.
– J’ai dis quelque chose ?
– Ca doit être ses périodes.
– Quoi ?
Rivers ferma son ordinateur portable, le rangea dans son sac et se leva d’un bond. Eggerton en fit de même. Ils échangèrent un sourire complice.
– Ca va, ça se passe bien en ce moment avec ton coloc’ ?
J’arquai un sourcil d’incompréhension.
– Oui. Pourquoi ?
– On s’demandait comme ça. On l’voit moins, l’écossais, en ce moment.
Muirne sauta de ma poche. Je ne comprenais pas ce soudain intérêt pour mon coloc’, ni où Rivers voulait en venir.
– Il est pas mal occupé. C’est tout.
Je les suivis dans le couloir. La discussion repris une tournure normale et innocente sur le chemin menant à la bibliothèque, où nous avions l’habitude de nous retrouver à défaut de partager les mêmes cours. Rivers, Eggerton et Reynolds étaient des camarades que j’avais cotoyés durant mes études littéraires.

Une fois n’était pas coutume, nous primes place à la bibliothèque sous le regard inquisiteur de la bibliothécaire qui nous avait à l’œil et qui ne manquait pas de nous rappeler à l’ordre lorsque nous manquions à la première règle des lieux : le silence. Et autant dire que ça arrivait souvent. D’ailleurs, j’eus l’impression que mes deux acolytes échangèrent un nouveau regard complice lorsque mon téléphone vibra dans la poche de mon jeans. J’y jetai un rapide coup d’œil sous la table afin qu’ils ne puissent voir de qui il s’agissait.

Spoiler:
 
  
MessageVen 12 Jan - 12:22
avatar
Date d'inscription : 07/11/2017Nombre de messages : 24Nombre de RP : 1Âge réel : 36Copyright : AlyciajasminAvatar daëmon :
Phyllis RobinsonNothing will be the same...
Le pneu de son Giant en un dérapage maitrisé échappe de justesse à la catastrophe. Les laissant elle et son vélo en équilibre entre ravin abrupte et flaque de boue dégoutante. Par réflexe, sa respiration s’est bloquée et ses muscles raidis ce qui lui a permis d’éviter la chute. Elle semble maintenir cette stabilité avec brio, ce qui l’impressionne elle même et l’on peut deviner sous la visière de son casque sale un sourire de fierté. Quand soudain le brâme d’un cerf retentit, la faisant sursauter et perdre ce précieux équilibre. En un instant c’est le drame, son pied dérape de la pédale, son corps bascule et en un plongeon ridicule s’étale dans le liquide visqueux et puant, éclaboussant au passage Pomelo tout juste arrivé. Spectateur malgré lui de ce fiasco, il s’ébroue en grimaçant et chouinant. Tandis que Phyllis, tente elle, de se relever mais encore une fois, glisse et tombe à nouveau pitoyablement la tête la première visière et bouche ouvertes. Son daëmon en reste bouche bée, il ne comprend pas son empressement qui est sans aucun doute la cause de sa difficulté à sortir de ce pétrin. Il hésite entre lui lancer une bouée qu’il n’a pas ou lui tendre la patte mais au lieu de cela, il se tord de rire, et renonce à essayer de lui filer un coup de main, le spectacle étant vraiment trop jouissif. Les larmes aux yeux, il se permet même une petite taquinerie

— Quand tu disais vouloir t’entrainer, j’étais loin de penser que c’était pour un combat de boue !

Et si le regard assassin qu’elle vient de lui jeter ne le fait pas cesser de rire, elle espère que la boule de boue s’écrasant sur son museau sera un argument plus dissuasif. Après une lutte ridicule et acharnée la silhouette difforme de Phyllis parvient enfin à s’extraire de ce piège. c’est dégoulinante et furieuse qu’elle le toise. D’un pas peu élégant, elle le rejoint, approche ses lèvres de son oreille et d’une voix calme lui glisse

— Je ne sais pas comment te remercier pour ton coup de main ?!
— Ça ira, j’ai déjà le masque de beauté mon petit chocolat fondant !

Elle lui fait signe de baisser d’un ton

— Pourquoi tu veux qu’on parle à voix basse ? Je crois que tu as une commotion à cause de la chute !

Elle fronce les sourcils pour montrer son mécontentement et continue toujours en chuchotant

— T’as de la chance que ce cerf en rut soit après nous ! Sinon je t’enfoncerais un stéthoscope dans le museau pour te montrer ce que c’est une vraie commotion !
— C'est la douceur incarnée, ma petiote…Un cerf en rut ?
— Tu l’as pas entendu brâmer dans toute la forêt mais t’es bouché mon pauvre Pom’ !
— Brâmer, tu dis ?
— Oui, brâmer !
— Brâmer…
— Pourquoi tu répètes ce mot…

Elle s’interrompt soudainement, observant son daëmon avec minutie, puis lentement bascule la tête en arrière laissant échapper d’entre ses lèvres un long soupire avant de ramener sa nuque, ses épaules en avant et de reprendre

— T’aurais pas un truc à me dire par hasard ?!
— Je ne préfère pas, tu vas te mettre en colère et tu sais que c’est pas bon pour ton coeur
— Ma santé te préoccupait beaucoup moins tout à l’heure, quand tu te foutais de moi me vautrant, alors continue tu as toute mon attention Pom’ !
— Tu sais, je voulais qu’on soit en osmose avec la nature, qu’on se fonde dans le décor tu vois ce que je veux dire…
— Punaise, tu as aspergé mes vêtements d’urine de cerf et l’autre crois que je veux lui piquer sa femelle ?!
— Mais non !
— Alors quoi bon sang !
— Le brâme que tu as entendu c’est le son de tes notifications mail…D’ailleurs tu devrais regarder c’est peut-être important, non ?!
— Attends, tu veux dire que je suis couverte de boue, que je pue comme vingt putois parce que…
— …Tu es une pro du camouflage et que tu es soucieuse de la tranquillité de la nature ?

Sans le quitter du regard, elle sort son portable de la poche, le souillant de boue malgré ses efforts pour l’épargner. Ses yeux se posent sur l’écran déverrouillé et le mail qui s’y trouve. Elle reste ainsi immobile un long moment, lisant et relisant l’objet de ce message. Et c’est sans relever le menton que d’un geste rapide elle éteint et enfourne le portable dans la poche de sa veste, en prenant soin de bien remonter la fermeture Eclair. Toujours aussi méthodiquement elle saisit le guidon de son vélo et avant d’enjamber la selle lance sans détour à son daëmon resté étonnamment silencieux jusque là

— Pom’ ?
— Oui, Phyll ?
— Si tu veux vivre…
— …Hum
— cours !

La connaissant parfaitement bien, il prend ses pattes à son cou, bondit et l’on peut encore entendre ses supplications faire écho dans toute la forêt.

— Arrête mon petit ouragan, tu sais bien que tu vas te faire mal !
— M’en fiche !

Après trois douches et 200 ml de déodorant

Pomelo adossé au chambranle de la porte observe Phyllis avant de l’interrompre

— Tu devrais au moins le lire
— Pas question ! Ce type est forcement un pervers, ce qu’ il a à dire ne m’intéresse pas du tout et puis je n’y pensais même plus alors laisse moi tranquille et va lire tes magazines !
— Tu n’y pensais plus, hein ?! Va dire ça à ton crayon…

Son regard glisse lentement sur la mine écrasée du pauvre souffre douleur qu’elle tient fermement entre ses doigts. Et alors que Pomelo s’exécute en quittant la pièce, elle desserre l’étreinte le maintenant en soupirant, puis délicatement le laisse glisser et tomber. Lasse, elle s’enfonce un peu plus dans sa chaise et d’un geste qu’elle aurait voulu moins pensif, fait rouler le crayon sous sa paume, effleurant le bois usé par son travail acharné. Puis d’une impulsion, le propulse loin comme elle le voudrait ses pensées. Il continue sa route sans elle et n’arrête sa course qu’après avoir heurté la coque de son portable. Ses prunelles n’ont rien perdu de son cheminement et c’est à la fois agacée et amusée qu’elle susurre presque

— Tu t’y mets, toi aussi…

Et L’instant d’après ses lèvres épousent parfaitement les mots du mail qu’elle lit à voix basse.

— J’espère que c’est un fétichiste des kangourous parce que quand il va emménager, ce sera toi son esclave pas moi que les choses soient claires !

Et pour accompagner ses mots, elle brandit un plumeau

— Tu seras sa soubrette dans votre nouvel appartement et il te récompensera en te collant des bisous "pur malt" !

Et pour finir lui balance son portable écroulée de rire avant de se jeter dans le sofa en se nichant contre lui. Pomelo s’empresse de le déverrouiller pour en lire le contenu

— Bisou !?
— Oui, bisou…

Il observe un moment de silence essayant de conserver un semblant de sérieux

— En lisant bien, il n’y a rien de vraiment pervers dans son mot
— Pas faux, j’ai même réussi à y trouver une pointe d’humour mais très peu pour moi le côté chamallow imbibé de whisky et super-héros en Kilt
— Tu exagère !
— Excuse moi ?! Mais « je suis l’homme de la situation », « 100 % pur irlandais » franchement j’ai cru qu’un currach allait me sortir de la baignoire ! Et si j’ai un brin de culpabilité à ne pas répondre à ce message c’est vraiment pour le côté  « bisou » pauvre choux …

Elle se redresse en faisant la moue et s’étire pour attraper une clémentine dans la coupe posée sur la table basse en riant

— Tu n'es vraiment qu’une peste !

Elle la pose sur son nez en équilibre en faisant le pitre

— Ah mais complètement et j’assume !
— Tu dois lui répondre ! Tu vas forcément le croiser en cours de journalisme
— Je dois ?!

Elle se lève brusquement laissant rouler sur le canapé son agrume et avec un sourire
moqueur tire la langue à Pomelo

— …Non, je crois pas non et la clémentine tu peux la garder, elle te servira pour quand tu seras dans ta prison dorée avec ton celte en Kjalta !

Il la lui lance en plein milieu du front, un geste qu'il sait malheureux mais tellement mérité

— Phyllis Robinson, tu n’es plus une gamine ! Cette annonce partait d’une bonne intention, j’ai commis une erreur et je le regrette mais ce pauvre garçon n’y est pour rien. Si tu ne lui réponds pas alors c’est moi qui le ferai !


Elle est sur le point d’envoyer le sms qu’elle vient de rédiger pour Ben quand elle se ravise

— C’est ridicule !
— Tu préfères que ce soit moi qui…
— Plutôt mourir ! Tu serais capable de me marier sans mon consentement…

Je suis certain que la traîne t’irait superbement bien. Il mime la mariée et décoche même une petite larmichette d’émotion. Elle le fixe d’un regard malicieux et lui colle un bec sur le bout du museau en lui chuchotant

— Très drôle sauf que ce que ne dit pas l’histoire c’est pourquoi tu pleures…
— Une vraie Lady cette fille, je vous jure ! Allez, lis le moi avant de l’envoyer !
— Trop tard…



Spoiler:
 
  
MessageHier à 0:14
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 94Nombre de RP : 25Âge réel : 27Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Muirne, sous sa forme féline, était étalée de tout son long sur le rebord de la fenêtre et somnolait à moitié, en écoutant distraitement la discussion très peu intéressante du raton laveur d’Eggerton et du carcajou de Rivers. Elle s’ennuyait ferme et aurait donné n’importe quoi pour que le devoir nous appelle à l’extérieur, ou pour aller enquiquiner Ains’, ou Mahkha.
Elle sentit soudain ses poils se hérisser comme un frisson la parcourait, alors que ses oreilles venaient de capter la vibration de mon téléphone portable. Cette tension soudaine, elle la ressentait comme sienne. C'était mon anxiété qu'elle percevait. Elle allait peut-être l’avoir, sa porte de sortie finalement !
Elle s’étira flegmatiquement en baillant. Les deux autres daemons l’interrogèrent du regard.
– Tu t’en vas Muirne ?
– J’reviens.

Elle bondit avec flegme sur la moquette de la bibliothèque et en quelques foulées, elle était à mes pieds. Elle était devenue belette lorsque je vis son museau dépasser par-dessus mon épaule, tandis que je me demandais qui pouvait bien m’avoir écrit pareil roman. Je souris.
– T’es bien curieuse !
– On se demande de qui je tiens ça !
– On se l’demande.
Je n’avais jamais eu aucun secret pour Muirne. Aussi, ne connaissant pas le numéro, je ne vis pas d’inconvénient à ce qu’elle lise. Elle l’aurait lu tôt ou tard de toute façons.

Eggerton et Rivers semblaient soudain très absorbés par leurs manuels respectifs et il me sembla qu’un silence de plomb s’était soudain abattu sur la bibliothèque.

Pour que cette fille m’appelle par mon surnom, j'en déduisis que c’était sans doute quelqu’un de ma connaissance, de suffisamment proche qui plus est.
Je lu avec attention, arquant d’abord un sourcil, puis mon sourire s’élargit en laissant échapper un « Quoi ? » sonore, aussitôt réprimandé par un « shhhht ! » de la bibliothécaire. Muirne fut prise d’un soubresaut et je me sentis gagner par son hilarité.
– Te marres pas ! Attends, qu’est-ce que c’est que…
– Pour l’amour du ciel ! O’Connel, si vous voulez discuter, faites-le dehors !
Eggerton ne pu s’empêcher de pouffer de rire et se pris un coup de coude de Rivers.
– Très certainement madame Calloway ! répondis-je d’un ton solennel qui alimenta l’hilarité de mon camarade et celle de Muirne. Je ne pu me contenir de pouffer à mon tour, ce qui attira les deux autres daemons autour de la table.
– Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demandai-je en riant à moitié à Eggerton, loin d’imaginer qu’il ai pu avoir une quelconque implication dans cette affaire.
– Rien du tout. C’est toi, tu m’fais rire, dit-il en essayant de se reprendre.

« SSSSHHHHTT !! »
– Nan, mais… Vous n’allez pas me croire ! Je viens de recevoir un message improbable ! dis-je en baissant d’un ton.
Rivers mis un nouveau coup de coupe à Eggerton sous la table.
– Ca dit quoi ?
– Ca parle de cafetière, de coloc dans une cabane sur pilotis.
– Quoi ? s’étrangla de rire Eggerton.
– Il semblerait que j’ai une mystérieuse admiratrice. fanfaronai-je.
Le regard de Rivers se teinta de malice.
– Voyez-vous ça !
– Je savais que tu ne me croirais pas. Attends, écoute ça : « Salut Ben… »
– Elle t’appelle par ton ptit nom en plus, comme c’est mignon !
– Muirne, tais-toi je te prie, tu gâche tout mon effet. répliquai-je avec une condescendance surjouée.
– Oh ! Pardon, son altesse divine !
– Non Muirne ! S’teuplait ! Epargne nous de le relancer sur le pamphlet d’une quelconque divinité celtique.
– Ce qui est amusant c’est que la demoiselle est galloise.
– Oh non pitié !
– C’est ptêtre une rouquine. T’imagines ?
– Qu’est ce que ça change ?
– Les rousses, c’est les plus belles meufs de la terre vieux ! Ne me dis pas que t’aimes pas les rouquines !
Je me contentai d’un grand sourire pour toute réponse et je repris ma lecture à haute voix.

« Shhhht ! »
Je baissai d’un ton pour poursuivre : « …Comment lutter contre cette solitude qui m’attend ? »
– Oh moi j’ai bien une idée !
– Ah oui ? demandai-je naïvement.
– Il est stupide ou il le fait exprès ? marmonna le raton laveur tandis que Muirne levait les yeux au ciel.
– Hey !
– Pardon Muirne.

Je n’étais pas certain de ce qu’insinuait Rivers, mais il avait l’air de beaucoup s’amuser de la situation. Je préférais faire l’autruche et reprendre ma lecture. Eggerton m’interrompit d’un éclat de rire après « cuvée Irlandaise d’exception » et Rivers sourit.
– Y a pas à dire ! Elle sait reconnaître un homme à sa juste valeur ! commenta-t-il. Cette fille, elle sait ce qu’elle veut on dirait !
Je ne voyais pas ce qui lui permettait d’affirmer pareille chose.
– Attends, j’ai déjà un coloc !
– Et alors ? Est-ce que ça t’empêche de lui tenir compagnie dans ses moments de solitude ?
– Non… mais… Je crois qu’il y a erreur sur…
– Continue, qu’est-ce qu’elle dit ensuite ?
« Shhhtt ! Messieurs, si vous continuez je vais devoir vous demander de sortir ! »
– Toutes nos excuses madame Calloway. Vous savez ce que c’est, lorsque la passion littéraire nous anime !
– Tu vas te faire jeter.
– Allez animer votre passion ailleurs !

– Aller… continue ! parvint à chuchoter Eggerton, sachant pertinemment que j’étais incapable de parler à voix basse bien longtemps. Je m’executai. J’étais si prévisible que je re-sombrai aussitôt dans mon jeu d’élocution.
– Et c’est là que ça devient intéressant : « cette annonce a été rédigée par un kangourou gallois un peu trop zélé et à l’imagination très fertile. ». […] De quelle annonce peut-elle bien parler ? demandais-je innocemment.
J’étais peut-être un grand naïf, mais je n’étais pas nez de la dernière pluie non plus, et je commençais grandement à soupçonner mes deux compères d’en savoir d’avantage sur cette affaire que ce qu’ils voulaient bien laisser croire.
– Et le mieux, attendez, c’est le pseudo smiley. Ce qui sous-entend que je l’aurais contactée au préalable.
– Et c’est pas le cas ?
– Pas que je sache.
– T’as pas dit que t’avais fait une soirée arrosée avec ton pote l’autre jour ?
– Je ne vois pas le rapport.
– T’as ptêtre envoyé un texto en étant bourré.
– Ne te fous pas de moi !
– Et alors ? On s’en fout. Le plus important c’est qu’elle veut que tu la rappelles !
– J’ai pas lu ça.
– O’Connel, quand une fille te dit « Je comprendrais si tu ne veux plus me parler » ca veut dire, « Rappelle-moi ! » A croire que t’es jamais sorti avec une meuf !
– Ça n’est pas du tout le propos ! répondis-je à haute et intelligible voix. C'était délibéré cette fois.
Rivers coula un regard à Muirne qui avait encore changé de forme quand la voix de la bibliothécaire tonna :
– Messieurs, maintenant ça suffit, vous sortez !
J’adressai un sourire en coin à Rivers.
– Sûrement plus que toi ! mentis-je avec aplomb.
– Tsss !
– Aller les mecs, vous finirez votre concours de kikis dehors. Le dragon va se mettre à cracher des flammes sous peu, dit Eggerton, en jetant son sac à dos sur son épaule.

Nous vidâmes les lieux sous l’œil inquisiteur de la bibliothécaire. Nous avions à peine franchi les portes que Rivers revint à la charge :
– Tu vas lui répondre quoi ?
– Hmm… je ne sais pas encore.
– Ha ! ha ! Ca veut dire qu’il va lui répondre !
– Bien-sûr que je vais lui répondre. Ma mère m’a bien élevé, qu’est ce que tu crois !
– S’il le fait pas, c’est moi qui le fait.
– Tiens donc, tu veux te mettre à la coloc’ maintenant ?
– Pour les beaux yeux d’une jolie rousse, je pourrais y réfléchir.
– Rivers tu es faible
– J’ai un faible pour les rousses. C’est vrai.
– T’as un faible pour un peu toutes les filles.
– Et tu les fais fuir.
– Non… […]

Je ne les écoutai plus. Je n’étais jamais très à l’aise sur ce genre de discussion et surtout, je ne partageais pas du tout le point de vue de Rivers qui avait tendance à essayer de sauter sur tout ce qui bougeait. Bon… moi c’était l’inverse. Je n’avais encore jamais eu l’occasion… et d’ailleurs, je ne savais même pas comment la discussion avait pu dériver de la sorte. Je relu le message, faisant abstraction de la conversation véhémente qui se tenait à côté de moi, et composai ma réponse.
– Je crois que Rivers y est pour quelque chose, me chuchota Muirne.
– Possible.
– Et tu entres délibérément dans son jeu ?
– Pas dans le sien. Tu n’as pas envie de savoir qui est ce drôle de kangourou à l’imagination très fertile ?
– Hmmm.
Elle ne répondit rien. Mais nous savions tous deux que notre curiosité maladive nous pousserait à vouloir éclaircir ce mystère. En attendant, je comptais bien m’amuser de la situation, à ma manière.
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1