Mutisme assourdissant [Nollaig]

 
  
MessageLun 8 Jan - 23:09
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Date d'inscription : 05/12/2017Nombre de messages : 20Nombre de RP : 1Âge réel : 22Copyright : *Avatar daëmon : Vuka
Dimitri BeetrootsNothing will be the same...
Mutisme assourdissant
La louve avait les yeux mi-clos, donnant l'impression qu'elle dormait, sa gueule sur ses pattes avant. Mais à ses oreilles dressées, il était facile de deviner qu'elle était en alerte prête à se dresser au moindre événement. Loin d'être un danger pour quelqu'un, Vuka veillait justement sur la personne qui pouvait être plus imprévisible qu'elle. Son frère d'âme jonglait avec les bouteilles et les verres différents, servant les clients avec simplement quelques mots de politesse, qu'il jugeait plutôt de circonstance pour garder son travail. Elle était d'accord qu'il n'était pas très avenant avec son regard dur mais elle savait qu'il était loin d'être une mauvaise personne, il avait juste des difficultés avec ses émotions.
Se redressant en position assise, elle tourna sa tête vers lui, son regard pétillant de malice, elle ne put s'empêcher de faire une petite remarque.

- Tu as choisi la mauvaise voie. Croque-mort te serait mieux aller, mon pauvre.

Dimitri soupira légèrement alors qu'il servait un double whisky avant de le faire glisser sur le bar jusqu'au client.
Jetant un regard du coin de l'oeil à sa sœur d'âme, il se servit son verre syndical comme à son habitude, le sirotant légèrement avant de passer la main dans ses cheveux.

- Tu as peut-être raison.

Comprenant seulement maintenant que c'était un sarcasme, il esquissa un sourire avant de finir sa boisson d'une traite et de le poser dans le lave-verre sous le comptoir. Le brun n'avait jamais vraiment été doué avec l'humour, ne le cernant qu'après un certain moment. Heureusement que sa sœur d'âme était là pour lui indiquer ce qu'il pouvait prendre au second degré de la part de ses semblables.
Se baissant pour passer sa main dans la fourrure de la louve, il lui offrit un regard légèrement sévère alors qu'il se redressait.

- Arrête de te foutre de moi maintenant.

Alors que Vuka riait doucement de sa blague, le bruit de la porte du bar s'ouvrant et se refermant attira immédiatement l'attention de Dimitri. Ses yeux redevenant à nouveau sombre, une impression de déjà-vu cependant le surprit. Pendant toutes ces années, ils avaient croisé nombre de gens alors ça lui paraissait plutôt normal de ressentir cela.
Cependant quand la jeune femme se rapprocha jusqu'au bar pour prendre place, un souvenir lui revint en mémoire. Rien de bien important, s'il ne se trompait pas. Juste une fille paumée avec un énorme chien à ses côtés qui devait faire la manche dans la rue et Vuka qui l'avait convaincu de partager son repas avec elle. Enfin, elle ne devait même pas se souvenir de lui.
S'approchant en silence, son regard la fixant sans faille alors qu'il attendait la commande, il restit simplement là, planté devant elle sans dire un seul mot mais c'était sans compter sur la louve qui fit passer sa tête derrière le comptoir pour la regarder avant de vite revenir vers Dimitri pour se lever de toute sa hauteur, s'appuyant sur son torse.

- Tu te rappelles ? Je sais que tu t'en rappelles. Le jour, où pour une fois, tu as fait quelque chose de bien.

Levant les yeux au ciel, le brun poussa en douceur son âme physique jusqu'au sol. Un autre chuchotement venant de ses pieds lui parvint.

- Parle lui Dimitri, ça peut être sympa.

Il avait souvent cette impression que Vuka était restée une enfant par ses réactions mais il savait que c'était la plus sage et la plus raisonnable entre eux deux. Hésitant légèrement, il décida par un haussement d'épaule de faire plaisir à celle à qui il devait tant pour toutes ces années.
Son regard à nouveau sur la blonde, il parla enfin dans un souffle.

- Tu es plus propre. Ton choix ?

Pour quelqu'un qui avait des difficultés avec les relations humaines, il pensait qu'il se débrouillait bien avant d'entendre Vuka souffler à ses pieds et le regarder de son air le plus blasé possible. Même elle, avait pris un certain temps pour comprendre que la question était portée sur ce qu'elle souhaitait boire.
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MessageVen 12 Jan - 17:54
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Date d'inscription : 03/02/2017Nombre de messages : 277Nombre de RP : 43Âge réel : 20Copyright : FolkrAvatar daëmon :
Nollaig E. O'MalleyNothing will be the same...
La nuit est bien avancée. Malgré le fait qu'on soit en pleine semaine, il y a encore du monde dans les rues. Cela fait plusieurs heures que le duo erre dans la ville. Le lévrier a abandonné l'idée de faire rentrer la jeune femme à l'appartement. Elle marche, tentant de se vider l'esprit. Le cauchemar la hante encore, malgré le pétard qu'elle a fumé quelques heures plus tôt. Si il aurait pu, Tomas aurait déchirer de ses crocs ce cauchemar qui s'accrochait encore à Edi'.
Voilà plusieurs années qu'ils ont quitté l'Irlande et rien y fait. Les souvenirs sont tenaces, amplifiés par les peurs de Nollaig. Pourtant cela faisait un moment que tous se passait bien. Elle s'ouvrait petit à petit au monde qui l'entourait et avec contentement Tomas avait remarqué qu'une sourire ornait maintenant ses lèvres. Discret certes. Mais il était bien là. Il était même arrivé que sa daemonienne chantonne avec Liberty, chose qui n'était pas arrivé depuis des mois. Mais cette nuit semble avoir tous jeté à l'eau.

Cela a été violent. C'est d'abord la douleur qui avait réveillé le daemon. Produit du rêve qui secouait Nollaig, recroquevillée dans son lit. Impuissant il n'avait pu qu'assister aux supplications, aux gémissements et les spasmes qui la secouaient. Quand elle s'est réveillée soudainement, la respiration haletante et la sueur poissant son corps. Les flashs du cauchemar lui ont emplis la tête à son tour. Mère hurlant son dégoût. Beau père-monstre immatérielle la poursuivant dans l'obscurité. Les coups qui agrémentaient sa course vaine. Et la chute dans une eau lourde et froide.
Ils sont restés de longues minutes dans le noir. Edi' tentant de calmer ses tremblements et le lévrier l'observant sans un mot. Il le sentait. Elle voulait être seule pour revenir à la réalité. Puis un joint fut roulé avec soin, une serviette mise sous la porte et la fenêtre ouverte en grand. Et c'est seulement à ce moment là que Tomas est venu se coller à elle, lui offrant le seule contact physique qu'elle voulait se permettre. C'est ainsi qu'ils sont rester encore de longues minutes dans le froid grandissant et le fumée épaisse s'étiolant dans la chambre. Puis avec lenteur, laissant une caresse s’éterniser sur la fourrure de son daemon, elle s'était levée. Jean troué, débardeur recouvert d'une veste à capuche avaient remplacé ses vêtements de nuit. Blague à tabac, trousse et l'un de ses nombreux carnets à croquis trouvent leur place au font de son sac à dos élimé. Puis ils avaient quitté l'appartement sans un bruit.

Tomas jette de nouveau un regard vers Edi'. Celle-ci marche lentement malgré la pluie qui leur tombe dessus. Il devine son regard fixe, dans le vague sous la capuche qui lui recouvre la tête. Il sent l'engourdissement qui enveloppe l'esprit de sa daemonienne. Si ça continue comme ça ils vont marcher ainsi jusqu'au petit matin. Hors il pleut, et sa fourrure est bien imbibée d'eau, tous comme la veste de Nollaig. Ils vont attrapé la mort à ce train là. Et les journées coincés dans un lit n'est vraiment ce qu'il faut pour la demoiselle. Sortir, s'occuper l'esprit et voir peut être un peu de monde.

Pourquoi tu as pris ton carnet à dessin ?
La réponse met du temps à arriver. Des longues secondes avant que Edi' baisse son regard sur Tomas un bref instant avant de relever la tête. Il sent sa réflexion, lente, engourdie par la fumée.
Tu sais... on a eu un nouveau sujet il y a quelque jour. Le monde... La foule.. Sa main vole avec délicatesse devant son visage. Quelque chose se rapprochant.. Du moins voilà à quoi cela me fait penser...  
Tu compte peut être dessiner sous la pluie ?
Le ton est mordant mais c'est ce qui faut pour faire réagir la jeune femme. Une lueur nouvelle brille au fond de son regard, alors qu'un sourire malicieux vient étirer ses lèvres.
Non. Tiens si on allait là ?

Mais la daemonienne n'attend pas de réponse de la part de son âme et traverse déjà la route vers le bar éclairé. Pourquoi celui-ci ? Le lévrier ne cherche pas à comprendre, surtout pas dans ces moments là. Il pourrait faire n'importe quoi pour que Edi' oublie cette nuit et reprenne leur quotidien avec sérénité.

Quand ils pénètrent à l'intérieur, la chaleur leur saute au visage. Tandis que sans gêne Tomas se secoue, se débarrassant d'un peu d'eau. Nollaig observe les lieux. Une musique de fond tourne même si à cet instant elle ne pourrait pas dire de qui cela s'agit. Des tables avec chaises sont disposées dans la salle, où quelques personnes sont assises. Alors que d'autres sont accoudés au bar. Visage vide côtoie la bonne humeur de certains qui amènent un brouhaha familier dans les lieux. Chassant les mèches collées par la pluie de son visage, la jeune irlandaise va s’asseoir au bar. Tomas la suit avec un temps de retard, analysant les lieux, cherchant une menace. Mais les quelques personnes qui se sont retournées à leur arrivé retournent déjà à leur occupation. Alors que sa daemonienne observe avec intérêt les marques qui peuvent marquer la table ou les nombreuses bouteilles qui ornent les étagères Tomas remarque le barman qui se poste sans un mot devant Edi'. Un rictus étire ses babines. Si il continue comme ça, elle ne risque pas de le remarquer, ou bien plus tard et mettant ainsi à mal sa patience. Mais une daemonne semble changer tous cela. Elle semble dire quelque chose au barman, agitée avant d'être repoussée sur le sol. Puis finalement cela semble le décider.

Nollaig se fait ramener à la réalité par la voix qui l'interpelle. Elle papillonne des yeux, tourne la tête et le voit. Cela semble être le barman. Assez imposant d'apparence, ses yeux sombres sont fixés sur elle attendant sa réponse. Encore plongée dans sa bulle hors du temps elle met quelques secondes avant de répondre.

Mon choix ? Pour..Son regard s'égard de nouveau vers les bouteilles
Oui c'est bien ça qu'il te demande je pense. Après tous c'est un bar

Elle effleure la tête de Tomas avant de relever la tête vers l'homme.

Un wisky s'il vous plait. Et de l'eau dans un bol si possible pour lui dit-elle en désignant Tomas assis au pied de son tabouret. Avec la pluie qui tombe dehors j'aurai plus dit mouillée que propre. Mais je pense que cela va de paire.

Tomas secoue la tête, exaspéré par la phrase de sa daemonienne. Sans logique mais elle n'en a que faire. Les brides des cauchemars se font plus éparses, chassés par l'homme, les bruits du lieu. Ses sourcils, son nez se fronce par la concentration.

On ne se serait pas rencontré quelque part ? Votre tête et votre loup me sont familiers... Tu en pense quoi Tomas ?

Ce dernier lève les yeux, observe d'un air tranquille l'homme ayant la louve hors de vu. Edi' a peut être raison, mais les années d'errance leur ont fait croisés tant de monde... Sans domicile fixe comme eux, simples passants.. La liste est longue.
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