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One in a million, my lucky star !

 
  
MessageVen 16 Fév - 21:37
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 258Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Il ne voulait pas savoir, Mahkha. Regarde en face les conséquences tumultueuses de ses propos dans la tête de Lulla ne pourrait que le tourmenter. Dans toute sa mauvaise foi, il préfère la punir en la privant de sa présence. De toutes façons, il ne faudrait pas qu'elle sache tout ce qui l'anime, lui. Pour l'atteindre, elle pourrait se mettre à chercher, à remonter lentement leur lien pour comprendre. Ça, ça ne ferait de bien à personne. De mettre à nu sa jalousie, ses angoisses et ses blessures. Silencieux, le chacal reprend sa marche. Ses pattes retombent sur le sol avec la régularité d'un métronome. Petit à petit, sa colère se cale au rythme de son allure. Il n'aspire qu'à la plus pure solitude. Les babines relevés, il retient son fiel. Il pourrait déverser son venin sur Muirne. Il pourrait lui cracher ce qu'il sait d'expérience du prétendu "amour" des humains. Pourquoi se taire, après tout ? Pourquoi la laisser dans l'ignorance et la naïveté ? Pourquoi tolérer sa bonne humeur alors que celle-ci l'écorche à chaque tentative qu'elle fait pour le dérider ? À l'angle d'une rue, il profite de l'ombre d'un bâtiment pour jeter un regard en arrière. Un petit. Sa reine danse avec l'irlandais. Son visage est fendue d'un sourire sans fausse note. Impossible pour lui de savoir s'il en est heureux ou s'il lui en veut.

- Qu'est-ce qu'il lui a dit ? grogne-t-il à l'intention de Muirne en reconnaissait le mot que cette dernière à utilisé à son égard plus tôt, dans la soirée. Le pelage ambré se hérissent quand la daëmone lui cite Roméo et Juliette. Quelle amertume au fond de sa gorge ! - Je ferais de toi un kebab plutôt qu'un ragoût ! gronde-t-il avant de se cabrer pour la déloger de son échine. Mais, Muirne s'enfuit. Muirne se moque.

Muirne se frotte à lui, recherche sa compagnie. Elle le couvre d'affection sans avoir l'air de se préoccuper de son attitude réfractaire. Elle l'invite à se joindre à la folie ambiante. Elle se faufile derrière son armure, s'infiltre dans son esprit. Petit à petit les rires des autres s'immiscent dans sa tête, apaisant ses craintes. Il n'est toujours pas certain que quelques heures de bonheur et de liberté valent le prix qu'ils devront tous payer. Mais... Que peut-il y faire ?

Devant l'immeuble, il lève les yeux au ciel, spectateur involontaire d'une scène dont il se serait bien passé. Tel un commentateur sportif, il constate - Pitoyable tentative de rapprochement. Pourtant, il y aurait presque un sourire sur babines. Il entrevoit ce que son humaine voit. Il comprend pourquoi elle est attiré par cette homme comme un papillon par une flamme. Un instant, il se rassure. Peut-être qu'il n'aura pas suffisamment de cran pour maîtriser Lulla. Et... S'il ne la canalise pas, s'il ne retient pas son attention, elle trouvera une autre cible sur laquelle jeter son dévolue. Cette hypothèse charmante se trouble quand il pose ses yeux d'ambre sur Muirne. Tenace comme une tique. Impossible à dominer. Il scrute le ciel, comme à la recherche d'une réponse avant de suivre les deux imbéciles dans l'immeuble. - Au moins, tu constitues une partenaire intéressante. C'est déjà ça. Dans l'appartement, il saute directement sur le canapé, à l'abri des regards et en proie à ses réflexions.

Mahkha, emporté par sa curiosité, décide d'ouvrir la porte entre Lulla et lui. Il veut voir sans être vu. Avec précaution, il tire sur le lien qui les unit. C'est comme regarder par le trou d'une serrure après avoir retirer la clé qui obstruait le passage. D'un seul coup, les émotions de la jeune femme se déversent comme une mer déchaînée. Le voilà englouti, chahuté par les vagues; bouleversé par l'intensité de ce qu'elle est capable de ressentir. Aussi vite que possible, il referme la porte. Le chacal se met en trembler. Il s'ébroue comme si cette expérience l'avait trempé. Trop tard. Ce qu'il a vu et senti déteint sur lui. Sans réfléchir, il se dirige vers la petite fouine et frotte son museau contre elle. - C'est un désastre.



~*~ Lulla ~*~




De ma main libre, j'indique chaque espace tout à tour, nous entraînant progressivement vers la pièce la plus intéressante de la maison. - Alors ici, c'est le salon-salle-à-manger-cuisine. Et là-bas, y'a la chambre de mes colocs. Juste après, la salle de bain, et enfin... Je laisse traîner mes mots en entrant dans la pièce.

Il n'y a pas encore grand chose, c'est vrai mais, au moins, elle est meublée. Un lit couvert de coussins, une armoire, un psyché, et un bureau. Le tout en bois clair, pour agrandir l'espace. Le problème n'est pas l'ameublement mais le manque d'effets personnels. Aucun de mes cours n'est ici, ni mon ordinateur portable, pas de livres non plus. Il y a tout juste quelques fringues dans l'armoire, deux autres paires de chaussures près du miroir, ma guitare près de la table de chevet et.. Une photo accrochée sur le mur, pas loin du bureau. J'ai cinq ans sur le cliché. Assise sur les genoux de ma mère, je montre fièrement les coquillages que j'ai ramassé sur la place. Ma mère a un sourire immense en regardant mon père. Du genre que je ne lui ai jamais revu après. En dehors de cette photo, cette chambre pourrait bien appartenir à n'importe qui.

Je ris doucement à la remarque de Benedict, profitant de cette occasion pour me justifier. - J'ai emménagé y'a pas si longtemps. La suite de ses propos ne me plaît pas du tout. Pourquoi parle-t-il au passé ? C'est une façon polie et courtoise d'essayer de me dire au revoir. Je me tourne vers lui. Je n'ai aucune envie de mettre un terme à cette soirée, emprunte de magie. Je voudrais ne jamais retourner à la réalité. Je ne veux pas qu'il parte. Mes yeux le lui crient. Instinctivement, nos corps et nos bouches se retrouvent, protestant contre l'idée même d'une séparation. L'incendie que son baiser déclenche ne saurait être maîtrisé. Il vibre sous ma peau, déchaînant mes sens. Je réponds vaguement à l'appel de Benedict, refusant qu'il s'écarte. Mes mains contre ses hanches nous dirigent vers le lit. Il n'obtient pour toute réponse qu'une vague marmonnement d'assentiment. Je ne vais certainement pas le contredire ouvertement mais, là, tout de suite, je n'ai plus du tout envie de discuter. Ma perception du monde se résume à ses lèvres dont je m'empare, à ses vêtements sous mes doigts et à la chaleur de nos peaux.

Nous tombons, pour mon grand plaisir, sur le lit. Ses chatouilles m'arrachent un rire, tandis que je m'agite, sans savoir si je veux échapper à cet assaut. Je préfèrerais qu'il se transforme en quelque chose de plus sensuel. Mon souhait est exaucé par sa main sur ma poitrine. Un frisson me parcourt, effaçant mon sourire. Ses excuses me frustrent et me désemparent. Non ! Alors qu'on s'embrasse, ma jambe remonte le long de la sienne, avide de toujours plus de proximité. L'heure n'est plus aux jeux innocents. Pour qu'il le comprenne, je m'empare de sa main, je dépose un baiser dans le creux de son poignet. Benedict amorce une phrase que je refuse d'écouter.

Mon regard ne dissimule rien des projets que j'ai en tête. Je fronce les sourcils quand Ben le fuit. Je me rapproche instinctivement, de peur qu'il ne m'échappe. Je ne comprends pas ce qui le retient. Ça me semble fou de faire preuve d'autant de résistance alors que nous pourrions plonger dans un abysse de plaisir. Il met vraiment mes nerfs à rude épreuve, m'insufflant une passion brûlante avant de freiner mes ardeurs. Je ne suis pas certaine de pouvoir rester sage plus longtemps. Pourquoi, de toutes façons ? Pourquoi devrais-je rester sage ? Je me fraie un chemin jusqu'à la peau tendre de son cou que j'embrasse alors qu'il prend la parole. J'inspire profondément. - Quoi ?, lâché-je sans réussir à mettre de mot sur l'émotion qui m'anime. - Tu es sûr que tu veux parler de ta mère, maintenant ? fais-je doucement, sans pouvoir dissimuler le pointe de frustration qui perce dans ma voix. J'espérais vraiment que ma question lui remettrait les idées en place. Mais, non. Ben reprend la parole, me forçant à relever la tête pour l'observer.

Je ne comprends plus rien. Je suis complètement perdue. Je cherche dans son visage la réponse à l'énigme qu'il constitue. J'essaie de saisir ce qui peut foutre un tel bordel dans la tête de mon dieu de l'éloquence au point de lui faire perdre sa verve. Mon honneur ? Je souris. Je ne crois pas qu'il est tellement à s'en faire de ce côté là. Je n'arrive pas à retenir un rire. - On est plus au 18e siècle, tu sais ? Je ne suis pas sûre que mon argument va faire mouche. - Et... Techniquement, c'est pas le premier soir ! On a même déjà dormi ensemble. Allez, maintenant qu'il est rassuré sur ses principes archaïques, peut-être pourrait-on passer à un sujet plus intéressant. Mais non ! Que nenni ! Nous venons juste d'effleurer la surface du problème, apparemment ! Voilà qu'il s'embarque dans la description d'un autre faux-obstacle. Je secoue légèrement la tête sans pouvoir m'empêcher de me marrer nerveusement. Il n'a aucune raison de se dévaloriser comme ça. Qui a bien pu lui mettre des idées aussi idiotes dans la tête ? Je tente de le rassurer : - Ben, je n'ai pas de fétichisme pour les hommes en collants, tu sais ? Je glisse ma main sous sa chemise pour sentir sa peau sous mes doigts. J'y imprime des caresses tout en me penchant contre son oreille pour chuchoter - Je préfère largement les Irlandais, avant d'embrasser son cou. Ce type est plus têtu qu'une mule ! Il n'y a rien à faire ! Maintenant, il évoque son pouvoir. Ma patience, éprouvée, se retranche derrière ses dernières limites. La lumière qui vacille m'amuse. J'essaie d'accrocher ses yeux. - Ben, je chuchote, me pressant contre lui, - tu peux faire disjoncter tout l'immeuble, je m'en fous. Mais, par pitié, qu'on reprenne où on en était ! Quand il reprend encore une fois la parole, je rends les armes dans un soupire. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce qui le retient si loin de moi alors qu'il est tout près ? Le débit de sa voix s'accélère. Les mots s'enchaînent les uns aux autres. Ils font échos à chacun des battements de mon cœur, qui se cale au rythme de ses paroles. Je me sens soudain toute petite, submergée par un océan d'émotion brute. Il peut se dédouaner de son ascendance divine autant qu'il veut, ce genre de discours ferait fondre n'importe quelle fille par sa sincérité. Ça me bouleverse. Ma main quitte sa peau pour venir de loger dans sa nuque. J'y prend appui pour coller mon front au sien, encore tremblante d'émotion. - Alors, pars pas. D'un baiser tendre, j'essaie d'effacer chacun de ses doutes. Le souffle court, je reprends la parole. - J'ai pas besoin d'un super-héros, Ben, c'est toi que je veux. Alors qu'il débranche son cerveau, qu'il arrête de réfléchir ! Je crois qu'on a bien mieux à faire pour l'instant. Ma jambe se faufile contre la sienne pour que je puisse hisser mon genou jusque sur le côté de sa hanche.

Je m'apprête à l'aider à se délester de quelques vêtements quand il me balance quatre petits mots sans aucun sens. Je mets fin à son baiser le temps d'intégrer l'énormité de la révélation qu'il vient de me faire. - Attends, tu... demandé-je dans un souffle. Tu es vierge ? Oui, ce serait une bonne idée de finir ma phrase. Cette révélation me sonne. Une partie de moi a du mal à croire qu'il n'a jamais été jusque là avec une autre fille. Avec son arrogance et son charisme, il a pourtant dû en faire vibrer plus d'une. Il suffit de constater l'effet qu'il produit sur moi pour comprendre mon étonnement - Comment c'est possible ? La question m'a échappée en toute innocence. Des images de la soirée me revienne. Puis, plus loin, des souvenirs de nos discussions, des fois où il m'a fuit, ressurgissent. Cela explique nombre de ses comportements et craintes. Il ne ment pas. De peur qu'il se méprenne et se remette à vouloir partir, je le retiens à l'aide de ma jambe contre lui et de ma main dans sa nuque. Je me hisse pour me placer convenablement, réduisant à néant la proximité entre nos deux corps. - Non, je... Les mots m'échappent. J'ai soudain peur d'avoir tout fait foiré. Si seulement j'avais pu fermer ma bouche. Ou mieux, dire quelque chose comme "C'est parce que tu ne m'as pas rencontré avant" ou que ce n'est pas un problème. Parce que c'est loin d'en être un. J'opte pour la sincérité. - C'est juste que ... Je lève les yeux en quête de la bonne manière d'exposer mon ressenti. En vain. Ok, laissons tomber les explications. J'ai toujours préféré les actes à la palabre. Le baiser que j'amorce m'implique entièrement. Ma peau, mes mains, ma langue qui taquine la sienne. J'espère que ça suffira à lui faire comprendre mon pont de vue sur la question. Je quitte ses lèvres pour l'interroger: - Tu ne comptais pas le rester jusqu'au mariage, j'espère. Mon sourire a retrouvé son indécence et sa malice. Je m'empare des deux côtés de sa vestes pour l'aider à s'en séparer.
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