La musique comme instrument de rencontre? [Benedict]

 
  
MessageDim 21 Jan - 14:57
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Alexie TaijiNothing will be the same...
Petit lien pour une idée de la musique
Les écouteurs dans les oreilles, je restais dans mon coin alors que les autres étudiants en musique attendaient notre professeur – qui ne tarda pas à arriver. Je faisais en sorte de dissimuler ma nervosité. Je savais ce qu’il allait nous faire faire, il nous avait prévenu évidemment. Jouer une partition de notre propre composition, et les autres écrire les notes rien qu’à l’écoute. Pour la deuxième partie, je n’avais aucun problème, mon oreille me suffisait amplement quand d’autres peinaient à suivre et à noter. Mais la première partie me posait beaucoup plus de problème. J’avais déjà créé quelques compositions personnelles avant, mais la jouer devant les autres… Trembler devant tout le monde en tenant un violon et un archer ne faisait certainement pas bon ménage. Une violoniste qui a les mains tremblantes, et qui n’ose pas jouer devant des spectateurs, comment faire plus absurde, c’était bien une question que je me posais.

Je pris une profonde inspiration, et retire mes écouteurs pour les ranger dans la poche de ma veste. Puis je suivis les autres, Seth sur mes talons. Comme d’habitude, je m’assis un peu à l’écart des autres, sortant mes affaires. Mon Daëmon se frotta à mes jambes. Il pouvait sentir mon angoisse, et cherchait à me rassurer. Ma jambe droite tremblait légèrement à cause du stress, mes doigts s’entremêlant entre eux. Je devais me calmer, où j’allais encore faire une crise d’angoisse, et ce n’était bon pour personne. Sauf si quelqu’un tenait à faire un vol planer ou se prendre un instrument sur le crâne. Heureusement pour moi, lorsque les autres se mirent à jouer, je réussis à me concentrer sur la musique et à me vider l’esprit, oubliant durant quelques instants que mon tour finirait par arriver tôt ou tard.

« Alexie ? Finit par dire le professeur, me faisant lever les yeux de ma feuille. C’est à toi »

Je hoche légèrement la tête, mon visage palissant légèrement. Je baissais la tête, dissimulant mon teint derrière mes mèches, et sortis mon violon de mon étui. Je montais sur la scène, les mains légèrement tremblantes. *Aller, tu peux le faire !* Me dit Seth silencieusement. Je posais le violon sur mon épaule, et commençait à jouer. Comme prévu, ce fut une catastrophe. Je ne réussis pas à me plonger dans ma musique, trop obnubilé par le fait que tous les yeux étaient rivés sur moi. Après mon fiasco, je finis par me rasseoir à ma place, la tête baissée. Je sentis ma respiration s’accélérer, et fermait les yeux pour tenter de contenir ma frustration et ma gêne. Je détestais ça. Etre comme ça, toujours à trembler chaque fois que quelqu’un me remarquait, à fuir les regards des autres. Mes doigts se refermaient sur mon archer, les dents serrées. Les commentaires de notre professeur, et ceux des élèves sur ma prestation me passèrent largement au-dessus de la tête. Non parce que j’étais sourde aux commentaires négatifs, mais parce que je n’étais sûrement pas en état. J’essayais déjà d’éviter d’imploser et d’assommer tout le monde. Seth cherchait à me rassurer, posant sa tête sur mes genoux. Je réussis à détacher l’une de mes mains pour la poser sur sa tête. *Ca va aller Alex, c’est pas si grave, tu y arriveras j’en suis sûr.*. Mais là encore ses paroles me passaient au-dessus de la tête.

Finalement, le cours se termina, et tout le monde sortit de l’auditorium. Tout le monde sauf moi et Seth. Et j’eus enfin une réaction. Je laissais tomber ma tête en arrière sur le dossier du siège, et laissait échapper un soupir.

« Bon sang ! m’exclamais-je, libérant enfin ma frustration. Comment quelqu’un peut faire pour être aussi nul. J’ai qu’à continuer comme ça et je vais rater mon année, voir mes études, après tout, autant viser loin. Enfin, comme à peu prêt tout ce que j’entreprends de toute manière, dis-je un peu plus sombrement.

- Arrête de te dévaloriser ! s’exclame Seth en bondissant sur le siège à côté de moi et en me donnant un coup de patte dans l’épaule. Tu es très douée, juste que tu as le tract en public, tout le monde à le trac en public. T’as qu’à les imaginer…

- Quoi ? Le coupais-je, le ton acerbe. L’assistance complètement nue c’est ça ? Le genre de conseil idiot qu’on donne à tout le monde et qui ne marche jamais.

- Alors trouve autre chose, comme ça tu pourras tous les épater, rajoute-t-il »

Je savais qu’il était aussi frustré que moi. Frustré parce qu’il n’était pas rare que les autres rient face à mes prestations minables. Même un morceau que je connaissais par cœur je réussissais à me planter à tous les coups. Et moi qui avait une oreille absolue, j’entendais la moindre de mes erreurs, histoire de me faire sentir encore plus consternée par ma façon de jouer. Et alors que je m’apitoyais sur mon sort, quelques instruments plus loin se mirent à trembler alors que ma main se fermait un peu plus jusqu’à faire blanchir mes jointures.

Je finis par me lever, saisissant mon violon au passage, l’archer dans l’autre main et me dirigeais vers la scène. Je me sentais bien trop énervée pour sortir d’ici sans blesser quelqu’un. La preuve en était des trompettes, saxophones et contrebasse qui tremblaient sous l’effet de mon pouvoir. Encore un peu et ils allaient finir par valser, et vu le prix des instruments je serais incapable de rembourser les dégâts occasionnés. Maintenant que j’étais seule avec Seth, je pouvais au moins me calmer en jouant. Je montais sur la scène, me plaçant face aux sièges, et posait le violon sur mon épaule. Je pris une légère inspiration et commençait à jouer le morceau que je venais de présenter. Jouer d’une bien meilleure façon, sans aucun tremblement. Emporter par ma musique, je me laissais allée, fermant les yeux. J’étais dans ma bulle, complètement coupée du monde, je laissais même un sourire éclairer mon visage. Les mouvements des instruments cessèrent. Mes doigts pinçaient les cordes, l’archer les faisait vibrer harmonieusement, dans un morceau entraînant, les notes s’enchainant avec facilitée. Seth s’était approché, couché sur un siège au premier rang. Il aimait m’écouter jouer, et une fois qu’il savait que je serrais de meilleure humeur ensuite.
  
MessageSam 27 Jan - 1:39
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Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 137Nombre de RP : 43Âge réel : 27Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
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Il n’y avait plus personne dans le bâtiment des arts et du spectacle lorsque je terminais l’interview du professeur de théâtre. Du moins, c’était ce qu’il me semblait. Le professeur me salua. Je restai encore une demi-heure dans la salle à structurer mes notes et je ne pu m’empêcher de commencer à les rédiger.
– Pourquoi tu t’embêtes à les écrire à la main, tu vas devoir les ressaisir après.

– Parce que je n’ai plus d’ordinateur je te rappelles. Il a grillé.

– La faute à qui ? dit Muirne d’un ton de reproche.
Je sentis la chaleur irradier mes joues, mais je préférais ne pas répondre à sa provocation. J’avais une fois de plus bousillé mon matériel informatique à cause d’une perte de contrôle de mon pouvoir pendant les vacances de noël. C’était arrivé à un moment où j’avais profité d’un instant de répit pour bosser tranquillement mes cours, mais Lulla qui n’entendait pas les choses de cette oreille, m’avait déconcentré. La batterie et le disque dur de mon ordinateur n’avaient pas supporté la surcharge électromagnétique et je n’avais pas encore pris le temps de les remplacer. D’ailleurs, ce simple souvenir fit se hérisser les poils de Muirne qui avait tendance à devenir statique quand mon pouvoir se manifestait. Elle me dévisagea de ses petits yeux de fouine dépareillés.
– Arrête ! Tu me déconcentres. dis-je en repassant trois fois sur le point que j’avais mis à la fin de ma phrase. J’avais perdu le fil de ma pensée.
– Genre c’est Moi qui te déconcentre ?
Je levai le nez de ma feuille et lui adressai un regard courroucé.
– Oui !
Enfin, aussi courroucé que je le pouvais. Il était rare que je me mette vraiment en colère, surtout contre mon daemon.
– Mais bien-sûr !
Mes lèvres s’étirèrent en un sourire coupable et j’enfouis mon visage dans ma main. Certes, elle n’avait fait que me rappeler ce regrettable accident. Cela avait suffit à mettre à mal ma concentration et à alimenter ma mauvaise foi. Parce que biensûr, je refusais toujours d’admettre que mes pensées dérivent particulièrement en ce moment. J’avais vraiment beaucoup de peine à rester concentré sur mes études, chose qui était impensable pour l’intello que j’étais, et c’était la première fois qu’il m’arrivait de rendre des devoirs en retard ou inachevés parce que j’avais la tête ailleurs. Surtout lorsqu’il s’agissait de ce genre d’exercices bateau de la filière de journalisme, qui consistaient à interviewer le personnel du corps enseignant.

Je me pinçai l’arrête du nez afin d’essayer de me rappeler ce que je voulais écrire, et Muirne, debout sur ses pattes arrières, m’observait toujours. Je laissai échapper un rire bref avant de soupirer.
– En tout cas tu ne m’aides pas beaucoup !
– Comme si t’avais besoin de moi pour ça ! C’est toi le cerveau je te rappelle !
– Tu pourrais me soutenir !
– Et faire tes devoirs à ta place ?
En guise de réponse, je laissai tomber ma tête sur la table en soupirant de nouveau. Elle venait de m’achever. Je me laissai aller à rêvasser et venais, par la même de perdre toute motivation à faire ce devoir.

Au bout d’un moment, je me redressai et rangeai mes affaires dans mon sac, puis je quittai la salle.
– Je trouves que tu abandonnes beaucoup trop facilement en ce moment. Ca ne te ressemble pas.
– Merci beaucoup pour cette charmante observation Muirne ! dis-je en sortant deux boules métalliques de ma poche, avec lesquelles je commençais à jouer en descendant les escaliers.
Muirne, perchée sur mon épaule ne disait rien, mais je la savais tendue, ce qui ne m’aidait pas à me détendre. Elle appréhendait toujours lorsque je jouais avec ça à l’intérieur. La dernière fois que je les avais sorties à l’appart, j’avais malencontreusement brisé de la vaisselle.

Je faisais tourner les boules au creux de ma main, cherchant à focaliser ma concentration dessus. En jouant des forces magnétiques des deux boules, je parvenais à les repousser à quelques centimètres au dessus de ma paume. C’était le truc le moins risqué que j’avais trouvé pour m’entraîner à utiliser mon pouvoir.
Je traversai un couloir, lorsque je cru entendre une mélodie lointaine. Mon téléphone vibra dans le même temps. Je tentais de maintenir ma concentration sur le magnétisme des boules d’acier tout en dégainant mon portable. Un sourire étira mes lèvres lorsque je lu : « J'ai besoins de tes lumières, ô toi intelligence supérieure. Que dois-je choisir ? »
Je me rapprochai de l’auditorium d’où s’échappaient les notes d’un noble instrument. Il me sembla reconnaître un violon. Je me laissai imprégner par les notes de musique, tout en repoussant le champ magnétique un peu plus loin encore.
– Ben, fait gaffe aux instruments !
Une nouvelle vibration dans ma poche m’alerta de l’arrivée d’un nouveau message que je consultai aussitôt. Je me figeai sur place. Le poil de Muirne gonfla sous la charge magnétique et je la chassai de mon épaule d’un revers de la main. L’arc électrique claqua et nous nous prîmes tout deux une châtaigne.
– Ben qu’est ce que tu fous ?
Un autre message succéda au précédent et les billes furent projetées vers le plafond. J’inversai la polarité machinalement pour éviter qu’elles ne le traversent et attirées comme par un aimant, elles me foncèrent dessus.
– Ben, tire-toi de là !
Je poussai la double porte battante de l’auditorium et les deux billes s’incrustèrent dans la porte derrière moi. Je n’eus pas le temps d’analyser ce qui se passa ensuite. Les lumières de la pièce s’éteignirent et tous les objets métalliques de la pièce fondirent sur moi. Les instruments les plus lourds, à corde, tels que la contrebasse, se déplacèrent d’un mètre ou deux dans ma direction, un hautbois et une flûte traversière décolèrent de leur socle et furent attirés sur plusieurs mètres. Le hautbois, plus lourd n’atteignit pas sa cible, mais je du me protéger le visage de mes bras pour éviter de me prendre la flûte en pleine tête. Le violon, dont les cordes étaient aussi métallique, fut attiré par ce puissant champ magnétique que je déclenchais malgré moi. Tout cela ne dura que quelques secondes. Juste assez pour mettre l’auditorium sans dessus-dessous. Par chance, je n’attirais pas le cuivre.
  
MessageSam 27 Jan - 13:01
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Un léger bruit se fit entendre à l’extérieur, étouffé par les portes. Je n’ouvris pas les yeux. A vrai dire, je n’avais même rien entendu, les notes du violon dépassant de loin le remue-ménage à l’extérieur. Par contre, Seth ne fit pas sourd à tout ceci, et s’en inquiéta plus que moi. Il se redressa sur le siège, posant ses pattes avant sur le dossier, observant la porte. Il était prêt à réagir si quelque chose se passait. Enfin, s’il pouvait gérer la chose, puisque depuis qu’on était ici, nous avions croisé quelques personnes avec des pouvoirs aussi étrange que varié, que lui-même ne pouvait gérer. Contrairement à moi si j’avais de la chance. Mais cela consisterait à lancer des objets sur des gens et je n’y tenais pas vraiment.

Soudain, les portes s’ouvrirent et claquèrent brutalement, me faisant rater une note à cause de la surprise, et ouvrir les yeux. Je n’eus pas le temps de comprendre ce qui se passait, que les lumières s’éteignirent – même celle de secours – nous coupant quasiment tous de la vue, sauf Seth qui malgré tout avait besoin de quelques secondes pour s’adapter à la nouvelle luminosité. J’entendis des bruits autour de moi. A moitié paniqué, je sentis ma respiration s’accélérer, je me retournais, et sentis quelque chose percuter mes jambes se qui me fit basculer au sol. Instinctivement, je serrais mon violon et mon archet. Mais mon instrument de musique fut soudain attiré par quelque chose qui me l’arracha des mains, et m’ouvrir la peau jusqu’à atteindre la zone irriguée, quelques gouttes de sang tombant au sol. Je sentis à peine la légère douleur, et tentais de me redresser. A cause de la panique, et de l’instinct de protection face à cette attaque, je sentis mes pouvoirs dépasser mon contrôler. Les cuivres qui – jusqu’ici n’avait pas bougé – se soulevèrent et les plus léger finirent dans le couloir – pas assez loin pour blesser celui à l’entrer – et les plus lourd ne se déplaçant que de quelques mètres. Mes émotions ne me contrôlaient pas encore assez pour que je garde un long contrôle sur eux.

Assise, sentant toujours l’instrument qui m’avait renversé, je ne vis pas le cor qui me fonçait dessus.

« Alexie attention ! s’exclame soudain Seth »

J’eus tout juste le temps de me jeter sur le côté pour esquiver l’instrument qui passa juste au-dessus de ma tête. Le bruit de quelqu’un qui saute sur la scène, puis s’avance vers moi se fit entendre. JE reconnus Seth qui vint frotter son museau contre ma joue.

« Tu vas bien ? Je sens du sang »

L’inquiétude pouvait se sentir dans sa voix, et je me redressais, posant ma main valide sur sa tête.

« Ne t’inquiète pas, je vais bien. Qu’est-ce qui vient de se passer ? enchainais-je pour ne pas qu’il s’inquiète plus que de mesure.

- Un idiot qui fait n’importe quoi, me répondit-il, la colère se faisant entendre dans sa voix »

Je pouvais aisément imaginer le mouvement de sa queue battant l’air. En regardant vers la porte, je pouvais distinguer l’ombre de quelqu’un. Les lumières se rallumèrent, m’éblouissant quelques instants, me forçant à plisser les yeux. Une fois habituée, je me relevais, soudain inquiète. Je me demandais un instant si c’est moi qui venait de lui lancer les instruments, et si je l’avais blessé. Je sautais de la scène, et me précipitais vers lui, évitant les cuivres et autres instruments qui avaient atterrit dans le couloir, manquant de trébucher plusieurs fois dans ma précipitation. Moi qui était adepte du parkour à une époque, c’était assez ridicule.

Je m’arrêtais face à lui. Il était plus grand que moi, de quasiment dix centimètres. A vrai dire, ce n’était pas bien compliqué, moi qui dépassais tout juste le mètre soixante.

« Je suis désolée, tu vas bien ?

- Pourquoi tu t’excuses ? Ce n’est pas de ta faute, dit Seth qui nous avait rejoint, perché sur le dossier d’un fauteuil. Tu ne l’as pas touché, et c’est lui qui t’as blessé je te signale »

Sa queue battait l’air alors qu’il fusillait le jeune homme du regard. Je posais la main sur la tête de mon Daëmon, dissimulant ses yeux, tandis que je serrais celle tâché de quelques gouttes de sang.

« Ce n’est qu’une égratignure, dis-je »

Je tournais la tête vers l’inconnu, gênée par ce qui venait de se passer, plus ou moins persuadée que c’était de ma faute. Ça l’était toujours de toute manière lorsqu’il y avait des catastrophes de ce genre. Je sentis une culpabilité qui me rongeait toujours. Après tout, c’est moi qui avait failli tuer plusieurs personnes à cause de mon pouvoir, à commencer par mon père. D’accord je le détestais, mais cela n’empêchait pas de me sentir coupable. Seth le sentit et m’aida à repousser ce sentiment. Ce n’était pas le moment de faire une autre crise. Sachant que je n’avais pas encore fait de crise d’angoisse aujourd’hui – chose plutôt rare – il ne tenait pas à ce que le stress en déclenche une. J4avais déjà eu de la chance de ne pas l’avoir fait tout à l’heure.

- En attendant, il y a bien quelqu’un qui a du entendre tout ce raffut, dit-il »

Il n’était pas sûr de savoir quoi faire. La bonne volonté nous intimait de rester pour ranger, et assumer les conséquences de nos actes, mais notre passé de voleurs, et les réflexes acquis durant cette période, nous disait plutôt de récupérer nos affaires et de s’enfuir, et au pire, laisser l’inconnu tout encaisser. Après tout, c’était en grande partie de sa faute, et j’avais déjà bien assez de problème comme ça. Mais je ne bougeais pourtant pas, allez savoir pourquoi.
  
MessageDim 4 Fév - 19:18
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J’étais plaqué contre la porte battante lorsque la flûte traversière me percuta les avants bras. « Haow ! » grognais-je, serrant mon téléphone resté dans ma main, de toutes mes forces pour ne pas le laisser tomber. Pas celui-là. C’était le dernier que j’avais eu à Noël, avec une coque spéciale conçue pour résister à mes assauts magnétiques – un téléphone mobile avait une durée de vie très limitée avec moi. Il aurait été dommage de le laisser tomber bêtement.

Un bruit de cuivre dans le couloir, me laissa croire que certains des instruments étaient sortis par l’autre porte battante de l’auditorium. Ce que je trouvais curieux. Lorsque j’étais en mode aimant, j’étais plutôt sensé les faire converger vers moi normalement. Mais j’étais trop occupé à essayer de me protéger d’éventuels autres objets métalliques pour réfléchir au fait que je n’attirais pas le cuivre, et que le déplacement de ceux-là, n’était pas de mon fait.

Lorsque la tension magnétique retomba, Muirne, qui était allée se réfugier dans mon sac à dos, sortit la tête au dessus de mon épaule et, aussi bouleversée ainsi que le souffle aussi court que le mien, marmonna, de mauvaise grâce :
– Bah bravo ! Et on peut savoir ce qui provoque ton émoi ?
Je rougis jusqu’aux oreilles en rangeant prestement mon téléphone dans ma poche, non content qu’elle n’ait rien vu.
– Non.
Je ne savais même pas s’il fonctionnait encore. Et je ne tenais pas à vérifier tout de suite si la coque était effectivement à toute épreuve. J’avais entendu des voix. Nous n’étions pas seuls.

Tous les néons de l’auditorium avaient grillé sous l’impulsion magnétique mais par chance, je n’avais pas du atteindre le dispositif de secours, qui se mit en route et alluma d’autres spots, éclairant la scène.
J’avisais l’amoncellement d’objets métalliques éparpillés devant moi, repoussant les pupitres pour me dégager de là, quand la fille qui était sur scène m’interpella. Comme je le faisais toujours pour évacuer mon embarras, je lui souris aussitôt avec mon air angélique.
– Ouais ! Ca va. Désolé… dis-je en avisant mon œuvre, [color=#ae0b0b]quelques hématomes, rien de bien méchant. J'ai l'habitude. avant de poser mes prunelles claires sur le visage de la jeune fille que je dévisageai soudain avec incompréhension. Désolée pour quoi ?
Son daemon fit la traduction. Il était plutôt perspicace. Muirne sauta de mon sac et en quelques bonds, elle fut sur l’assise du fauteuil où se trouvait Seth.
– Excuse-le, il n’a pas fait exprès. Il est très… tête en l’air en ce moment.
– Muirne ! la grondai-je.
Même si elle avait parfaitement raison. Je n’étais pas très fier de moi. J’avais un réel problème avec mon pouvoir ces derniers temps qui ne m’avait jamais autant échappé. J’essayais d’y remédier mais… comme Muirne le disait, mon état d’esprit du moment ne jouait pas en ma faveur. Même si cela ne transparaissait pas sur mes traits, ni dans ma voix qui était d’un sempiternel ton enjoué, je me sentais terriblement gauche et gêné, lorsque je reportai mon attention sur la jeune femme.
– Je t’ai blessée ? Je suis vraiment désolé. Fait-voir ? dis-je en lui attrapant le poignet.
J’avisais les tries sanguinolents qu’avaient imprimé les cordes du violon dans sa peau.
– C’est toi qui jouait ?
Muirne leva les yeux au ciel.
– Et il est un peu benêt parfois.
– Oh Muirne ! Je t’en prie. Puis à la jeune femme : Pardon, je suis vraiment confus, je…
D’un coup d’épaule, je fis glisser mon sac à dos de mon épaule et j’en sortis un paque de mouchoir.
– Je n’ai que ça. Il faudra sans doute désinfecter. J’espère que ça ne fait pas trop mal et que tu pourras quand même continuer à jouer…dis-je en dépliant un mouchoir. C’était chouette… ce que tu jouais. Ajoutai-je avec un sourire, en déchirant des morceaux du mouchoir en papier.

Muirne regarda le daemon léopard et fit pivoter ses petites oreilles afin d’écouter et de prévenir l’arrivée de quelqu’un, mais elle n’entendait pas assez loin.
– Sans doute. Ou pas, vue l’heure qu’il est. Il n’y a peut-être plus personne dans le bâtiment. Mais de toutes façons, c’est de la faute de Benedict. Il va assumer. N’est-ce pas Ben ?
Je lui jetai un regard en coin avant de hausser les épaules.
– Oui, bien-sûr. Comme d’habitude ! dis-je avec un soupçon d’ironie dans la voix.
Je n’en étais pas à ma première connerie et ce ne serait sans doute pas la dernière. Je ne redoutais aucunement l’arrivée de quiconque. J’avais un certain talent pour baratiner le monde et j’arrivais toujours à me tirer d’un mauvais pas. J’étais complètement détendu sur ce point là, contrairement à ma camarade, qui elle, avait l’air anxieuse.
– Attends, bouge pas.
Je sortis un rouleau de scotch de mon sac.
– Tiens avec ça, ça fera un pansement de fortune, le temps que tu puisses mettre quelque chose dessus. C’est pas terrible, mais c’est mieux que rien. Tu permets ? dis-je en l'incitant à me donner sa main pour que je puisse lui faire le pansement.

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MessageDim 4 Fév - 22:46
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L’inconnu se mit à me sourire. Je l’observais quelques instants. L’éclairage de secours n’était pas excellent, mais je pouvais distinguer quelques rougeurs sur ses joues. Il avait l’air embarrassé. Est-ce que Seth avait raison sur ma non culpabilité ? Ou sur ma demi-culpabilité puisque c’est – et j’en étais sûr – moi qui avait envoyé valser les instruments en cuivre. Seth avait suivi le Daëmon de l’autre, ses yeux passant de l’un à l’autre sans s’arrêter. Il était toujours comme ça. Toujours très vigilant, même trop. Heureusement que Seth avait répliqué à l’inconnu lorsqu’il m’avait posé la question de mon excuse, sinon je me voyais déjà bafouiller. Et que Muirne intervint. *Ce n’est pas moi qui jetterais la première pierre* Pensais-je pour moi-même, incapable de le dire à voix haute. Il fallait dire que mon pouvoir partait en vrille dès que je ressentais une émotion un peu trop forte, alors ce n’est pas à lui que j’en voudrais. Est-ce qu’il était comme moi, télékinésiste ? Je ne connaissais pas vraiment les autres Daëmonniens, et je n’allais jamais au centre d’entrainement, alors je ne savais pas sur quel genre de pouvoir je pouvais tomber.

J’avais déjà détourné la tête, et lancé un regard à Seth, incapable de soutenir le regard de quelqu’un bien longtemps. En particulier lorsque la gêne s’installa de plus en plus. Je sursautais lorsque je sentis sa main se refermer sur mon poignet, et relevais la tête vers lui.

« C-C’est rien, bredouillais-je face à ses excuses, ce qui était mon apanage d’habitude. Euh… Non… Enfin, si c’est moi qui… »

- Bien sur que c’est elle qui jouait, qui d’autre ? lance Seth toujours aussi agacé.

- Seth, arrête ! lui dis-je en tournant la tête vers lui »

Bon, il était en colère, et il détestait qu’on me fasse de mal, quand bien même ce n’était pas fait exprès. Je tournais à nouveau la tête vers lui, la gardant légèrement baissée, tout en essayant de plus ou moins voir son visage.

« C’est juste une égratignure, tu ne l’as pas fait exprès, dis-je en le regardant faire. »

Et j’avais connu bien pire, mais je le gardais pour moi. Rien que ma pratique de parkour égratignait souvent mes mains, mais cela ne m’avait jamais empêché de jouer. Puis mes joues virèrent au rouge lorsqu’il complimenta ma musique. Ce n’était pas seulement ma façon de jouer. Mais ma musique. L’une de mes compositions, qu’à part Seth, personne n’avait jamais entendu. Personne ne m’avait jamais complimenté sur l’une de mes créations. Cette simple phrase me flattait bien plus qu’on ne pouvait le penser, mais déclenchait chez moi une pensée de rejet également. Il pouvait mentir aussi. Cette réflexion, et la gêne ressentit me fit baisser la tête, mes cheveux blonds tombant le long de mon visage pour dissimuler mes joues.

« Oui… Enfin… M-Merci, essayais-je de dire péniblement »

J’avais laissé tomber mon bras lorsqu’il m’avait lâché le poignet, ma main intact venant se refermer sur mon coude opposé. Cette situation devenait de plus en plus gênante je trouvais. Alors que lui semblait plutôt à l’aise malgré son ingérence de pouvoir. De mon côté, j’étais tellement habituée à fuir une fois que j’avais fait quelque chose de mal qu’assumé mes erreurs pouvaient s’avérer compliquer. Après tout, on ne disait pas à la police les délits commis.

« Il a intérêt à….

- Seth arrête, répétais-je. Il n’est pas le seul coupable en plus »

Puis le jeune homme désigna ma main. Il demandait ma permission maintenant, c’était presque surprenant. Je fis un léger hochement de tête. Il prit ma main, et enroula le bout de mouchoir autour de ma main, le scotchant avec l’adhésif de fortune. Je me sentais toujours un peu tendue lorsque je me laissais ainsi faire, et le fait que mes yeux suivent chacun de ses mouvements me trahissaient. Tout comme Seth qui ne cessait de le regarder.

« Merc…. commençais-je, mais je ne terminais pas mon mot, comme si je venais de me souvenir de quelque chose. Mon violon ! »

Après la gêne, me voilà de retour à peu près sur terre. Moi j’allais très bien, et cette petite égratignure n’était pas grand-chose, ni ma chute sur l’estrade, contrairement au choc qu’avait dû subir mon violon. Je lui tournais le dos, cherchant dans le fatras d’objet qui trainait au sol. Il y en avait deux autres dans le tri, mais je ne m’y intéressais même pas. Mon violon était d’un bois plus sombre, presque noir. Je le saisis, observant mon instrument. Bon, le choc ne semblait pas l’avoir abimé, et à part les quelques gouttes de sang sur les cordes, il semblait en bon état. Je laissais échapper un soupir de soulagement. Heureusement, je n’avais pas les moyens de me racheter un instrument. Il m’avait couté aussi cher que mon ordinateur, et sachant que je n’avais que mon maigre salaire et quelques aides de l’état pour tout payer, je ne pouvais me permettre une telle dépense. Je fis simplement jouer quelques cordes et fis une légère grimace. Aïe. Avec tout ça, il s’était désaccordé. Ce qui me donna la furieuse envie de tendre à nouveau les cordes, ce que je ne fis pas. Ce n’était pas le moment.

« Ca va ? demande Seth qui s’était approché de moi.

- Pas de dégâts, répondis-je. En espérant que ce soit le cas des autres instruments. Sinon c’est sur moi que tout ça va retomber. »

Evidemment, mon professeur était au courant que j’étais restée ici pour continuer à jouer. Je le faisais à chaque fois, et il commençait à avoir l’habitude que je reste, et était parfaitement au courant de l’ingérence de mes pouvoirs.

« Eh bien… On peut toujours s’amuser à jouer des instruments en rangeant le tout, ça pourrait être marrant, tu crois pas ? lance Seth pour essayer de me dérider un peu »

Et il tourne la tête vers l’inconnu, d’un regard qui faisait clairement passer le message : Tu n’as pas intérêt de nous lâcher. Cela risquait déjà de prendre un peu de temps, sachant que Seth ne pourrait pas énormément aider, ni Muirne d’ailleurs.
  
MessageLun 12 Fév - 0:49
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Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Ma gêne laissa place à un soupçon de culpabilité lorsque je vis les marques sur la main de la jeune fille qui avait l’air bien plus mal à l’aise que moi du reste. Alors comme je le faisais toujours dans ces cas là, je m’étais armé de mon plus grand sourire et j’amorçais naturellement la conversation pour détendre l’atmosphère. La réponse était évidente, mais bon, il fallait bien commencer quelque part, non ?

Comme d’habitude, Muirne ne pu s’empêcher de faire un commentaire, cherchant elle aussi à établir le contact avec l’autre daemon, qui avait l’air un peu sur les nerfs. Elle tourna la tête vers lui et lui lança sur un ton léger : « On ne sait pas, ça aurait pu être toi ? » qui fleurait bon la taquinerie. Mais difficile de déterminer après qui elle en avait, à l’entendre comme cela. La connaissant comme si c’était mon âme, je savais que c’était moi qu’elle piquait.
La jeune femme réprimanda son daemon au même titre que moi, le mien, mais je n’avais pas pris pas ombrage de sa remarque. Avec Muirne, j’étais habitué aux sarcasmes.
– C’est pas grave. dis-je sans me défaire de mon sourire.

Tout en discutant, j’étais en train de préparer mon pansement de fortune et je n’avais pas vu tout de suite que la jeune femme s’était renfrognée lorsque je l’avais complimentée. Je ne levais les yeux que quand je l’entendis bégayer pour m’apercevoir que son visage avait disparu derrière ses longs cheveux blonds.
– Quoi ? J’ai dit quelque chose de … l’interrogeai-je incrédule. Non, c’est vrai. Ce serait dommage que tu ne puisses plus jouer à cause de moi. Je veux dire… t’es dans la filière art et spectacles, tu étudies la musique où, tu joues juste pour le plaisir ?
Je m’interrompis quand elle gronda une nouvelle fois son daemon, glissant une œillade complice à Muirne qui m’avait interpelé. Je n’avais retenu que les mots « faute » « assumer » et « Benedict » de sa discussion avec l’autre daemon, mais j’avais une vague idée de ce qu’elle devait être en train de lui raconter. En revanche, ce qui me surpris fut la remarque de la jeune femme sur ma culpabilité.

Je préférais ne pas relever tout de suite et m’atteler à mon rôle de secouriste improvisé. Je fis de mon mieux pour enrouler les bouts de mouchoirs sur chacun des doigts de la jeune fille. Je m’appliquai dans ma tâche afin qu’elle puisse garder la mobilité de chacun de ses doigts et je fis tenir tout cela avec du scotch. J’avais deux petites sœurs, et en tant que grand frère attentionné et responsable – l’idée de responsable fit hoqueter Muirne – j’avais déjà eu plusieurs fois l’occasion de m’exercer sur des petits bobos lorsque l’une ou l’autre se blessait en l’absence de notre mère. En général, cela tenait juste ce qu’il fallait pour que nous puissions continuer à jouer, selon la gravité de la blessure, ou au moins jusqu’à ce qu’on trouve de vrais pansements pour soigner les plaies.
Muirne me regarda faire avec un certain amusement.

– C’est pas fabuleux, tu m’en excuseras mais ça devrait t’éviter de t’écorcher davantage ou de mettre du sang partout, le temps de trouver des vrais pansements.

– T’inquiètes pas, dit Muirne à Seth.

Je rangeai mon paquet de mouchoir et mon scotch dans mon sac et tandis que la jeune femme se précipitait pour récupérer son violon, j’avisai le bordel ambiant en me grattant l’arrière de la tête.
– Pourquoi veux-tu que ça te retombe dessus ? C’est moi qui… commençais-je en arquant un sourcil, me rappelant les cuivres qui avaient été projetés à l’extérieur de l’auditorium. Attends… tu… tu as un pouvoir de projection, ou quelque chose dans le genre ? demandai-je tout en réfléchissant. La projection aurait sans doute dévasté les premiers rangs. Ou de télékinésie ?

Je commençai à ramasser les pupitres à partition et le hautbois à mes pieds.
– On va tout remettre en place et personne n’en saura rien. Ni vu, ni connu.
– Ouais, c’est sûr. Et t’explique comment le fait que toutes les lumières de l’auditorium aient grillé ?
Mes doigts pianotèrent nerveusement un rythme sur l’instrument, tandis que je réfléchissais à une excuse plausible. Je fis une légère moue. Comme tous les daemoniens, j’étais fiché à l’université et mes récents déboires répétés à cause de mes pertes de contrôle intempestives de pouvoir ne passaient pas trop inaperçues et commençaient à étoffer quelque peu mon dossier. Là tout de suite, je n’avais pas d’idée lumineuse, mais ça ne m’inquiétait pas plus que cela.
– On aura toujours le temps d’y penser au moment où quelqu’un viendra nous poser la question. Si ça se trouve, personne ne va nous soupçonner. Ca peut très bien être une défaillance électrique. Dis-je en haussant les épaules. Les pannes ça arrive.
J’étais d’un naturel très optimiste.
– Ca serait bien que ça t’arrives à toi !
– Tsss ! lâchai-je en secouant doucement la tête, avec un sourire en coin.

Je tournai la tête vers la jeune femme, sans vraiment savoir quoi faire de l’instrument que j’avais dans les mains et mon visage s’éclaira de nouveau d’un sourire à l’idée de son daemon.
– Ouais ! Bonne idée ! Tu pourrais jouer un morceau de violon. Ca nous donnera du cœur à l’ouvrage. dis-je avec enthousiasme.
Puis je fouillais vivement le bazar du regard, à la recherche de quelque chose qui puisse me servir mettre en œuvre l’idée puérile que je venais d’avoir.
Muirne, qui comme moi était gagnée par l’amusement, se mit à sautiller autour de Seth.
– Ce serait un peu comme dans Fantasia !
Muirne et moi étions mélomanes et elle était en plus, une grande fan de Disney.

Ne trouvant pas ce que je cherchai, je montai sur scène avec le hautbois que je déposai sur une chaise après l’avoir remise droite et ne tardai pas à trouver l’objet de ma bêtise.
– Ha ! Ha ! dis-je en ramassant la baguette par terre.
Je laissai tomber mollement mon sac à dos sur le bord de la scène regardai droit devant moi la rangée de fauteuils vide, frappais dans mes mains pour réclamer l’attention d’un public imaginaire puis tournai la tête vers la jeune fille à qui j’adressai un regard complice et enjoué, l’invitant à se joindre à ma bêtise en levant la baguette comme si je m’apprêtais à orchestrer une quelconque symphonie.

Muirne m’avait suivi du regard et regardait tour à tour Seth et Alexie, pas certaine que la jeune femme accepte de se prêter au jeu. Mais elle ne s’en faisait pas trop pour moi.
– Il a toujours rêvé de faire ça. glissa-t-elle à Seth, sur le ton de la confidence amusée.
Malgré la récente stabilisation de Muirne, nous étions restés tous deux de grands gamins, en partie décomplexés lorsqu’il s’agissait de nous amuser et nous étions pleins de ressources.
  
MessageLun 12 Fév - 20:13
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 58Nombre de RP : 30Âge réel : 21Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
Spoiler:
 

« Oui, lui avais-je répondu. Je suis en art et spectacle, mais je ne suis pas très douée quand il faut assurer le spectacle »

Je l’avais dit sur le ton de l’auto-dérision, mais en même temps, j’étais tout à fait sérieuse. Autant j’arrivais à composer, car s’était loin d’être la première fois pour moi. La musique avait été mon échappatoire, tout comme la composition lorsque je n’avais pas accès à un instrument – ce qui s’avérait être le cas assez souvent. La vielle dame qui m’avait enseigné n’avait pas arrêté de me dire que j’avais un certain talent pour ça. A cette époque j’en étais fière, aujourd’hui plus vraiment. Avec une confiance en soit en miette, difficile de croire que l’on avait du talent. Contrairement à Benedict si j’avais bien entendu. En l’observant me faire un bandage, je remarquais qu’au vue de son habileté, ce n’était pas la première fois qu’il faisait ça. Pour moi c’était l’inverse. Je me blessais souvent, mais je ne pensais jamais à mettre des bandages dessus. Ni n’en avait le temps d’ailleurs. Une chance que j’étais à jour dans mes vaccins, j’aurais sûrement chopé le tétanos et en serait morte bien plus tôt.

Je me contractais lorsque j’entendis les soupçons de Benedict se porter sur moi. Je me mordis la lèvre, gênée d’avoir été démasquée. En même temps, je n’avais pas non plus cherché à le dissimuler. Je lançais un regard par-dessus mon épaule, un sourire crispé étirant mes lèvres.

« Oui je suis télékinésiste, finis-je par dire. Mais je n’avais encore jamais grillé d’ampoule, je suppose que c’est toi ça. Comment tu as fait ? Un genre de magnétisme ? »

Quelqu’un aurait sûrement fait une référence à un film, avec tous ces héros dans les bandes dessinés qui utilisaient leur pouvoir comme si c’était si simple. Enfin, de toute manière, je n’étais pas vraiment au courant de toutes ces choses, regardant assez rarement la télé, mes parents monopolisant le pauvre truc qui nous servait d’écran.

Je retournais près de ma place, rangeant mon violon dans son étui. Je l’accorderai plus tard. Je relevais la tête vers Benedict qui semblait avoir une excellente idée – de son point de vu en tout cas – ce qui ne me rassurais pas des masses. Je jetais un coup d’œil à Muirne.

« Fantasia ? dis-je ne voyant pas du tout la référence »

Je ramassais les deux violons qui trainaient au sol, bondissant sur la scène sans m’aider de mes mains, dans un saut qui paraissait très facile malgré la hauteur et mes mains encombrées. Je déposais l’un des instruments sur son présentoir, tenant l’autre. Je l’observais quelques instants, hésitante. Jouer devant tout le monde – qui se résumait à Benedict et Muirne – me plaisait moyennement. Pourtant, l’idée me tentait bien. Depuis combien de temps je n’avais pas joué avec un véritable entrain. Je pinçais doucement les cordes, et souris légèrement. Elles étaient accordées. Je me tournais vers lui.

« On a déjà vu mieux comme orchestre, mais je suppose que ça suffira, dis-je sur un ton qui se voulait légèrement amusé »

Bon, je n’étais pas encore très douée, ni très douée pour tenter un sourire, mais c’était déjà pas mal pour moi. Seth remarqua mon changement de comportement, et sa queue bougea légèrement de contentement.

« Espérons qu’il soit meilleur chef d’orchestre que lanceur d’instruments alors, lance mon Daëmon avec une pointe d’humour sarcastique »

Je souris face à cette remarque. Seth restait Seth. Il était content que je sois de meilleure humeur, et que quelqu’un d’autre que lui réussisse à me faire rire un peu, et penser à autre chose.

J’installais mon violon sur mon épaule, après avoir réfléchis à quel morceau je jouerais. Pas l’une de mes compositions, mais quelque chose avec lequel j’étais à l’aise, et qui était entrainant. Je me rappelais d’un thème interprété au violon. Je savais qu’il était tiré d’un film, mais lequel… J’avais un trou de mémoire. C’était sûrement dans le titre de la vidéo, mais pour le reste. Eh bien, ce n’était pas important.

« Tu me diras si tu reconnais, je ne me souviens plus d’où c’est tiré, lançais-je »

Je fis jouer mon archet sur les cordes, essayant d’ignorer plus ou moins la présence de Benedict. Le fait qu’il joue au chef d’orchestre ne me gênait pas vraiment, mais plutôt le fait qu’il me regarde jouer me posait un peu plus problème, ce qui me fit faire deux trois erreurs en début de partition, mais rapidement je me sentis beaucoup plus à l’aise et repris mon rythme habituel. Même après des années sans avoir pu toucher un violon, j’avais gardé un bon niveau, et il n’avait pas fallu longtemps pour revenir à ce que j’étais avant.

Seth bondit dans l’allée, récupérant délicatement une flûte entre ses crocs, puis la ramenant sur scène. Il ne pouvait pas saisir les objets les plus lourd, ni aux formes les plus étranges, mais il faisait de son mieux pour aider, tout en me lançant régulièrement des regards. A moi et Benedict. Il n’était pas fou, il n’allait pas le lâcher du regard immédiatement, surtout avec sa tendance à être beaucoup trop vigilant. Je terminais le morceau au bout de quelques minutes. Le rangement n’avait pas beaucoup avancé, mais au moins il y avait quelque chose d’amusant dans cette situation. Heureusement que je ne travaillais pas ce soir.

« Alors ? dis-je en tournant la tête vers lui »

Si ça se trouve, il n’avait même pas reconnu la musique, et je me trompais totalement sur le fait que ce soit une musique d’un film. Ou alors si peu connu qu’il n’allait pas reconnaître. Après tout, ma culture cinématographique ne s’étendait pas à beaucoup de choses.

« Fais gaffe, il va vouloir que tu joue la bande son d’un tas de films bientôt, articula difficilement Seth en tenant une trompette dans sa gueule.

- Je ne crois pas être assez douée pour ça, ou avoir assez de connaissance mais cette réflexion je la gardais pour moi »

J’admirais bien quelques compositeurs que j’aimais particulièrement, mais de là à connaitre toute leur carrière. Pendant un instant, je me demandais si c’est ce que je finirais par faire. Je voulais faire carrière dans la musique pour sûr, et j’aimais particulièrement la composition, mais de là à croire que j’étais douée… Je n’avais plus qu’à travailler.

« Je me demande s’il y a une guitare dans tout ce fatras, dit Seth. T’étais plutôt douée à une époque.

- Dit que le violon t’ennuie pendant que tu y es, fis-je remarquer à mon Daëmon »

Je me sentais un peu plus détendue maintenant, plus à l’aise. C’était assez amusant, et je me demandais si la présence de Benedict y faisait, ou si c’était juste l’effet de la musique. Pour une fois, je n’avais pas envie d’aller me planquer chez moi.

« Au fait, dis-je en tournant la tête vers lui. Je m’appelle Alexie »

Et il avait déjà dû entendre le nom de Seth puisque je l’avais réprimandé tout à l’heure en l’utilisant.
  
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