J'ai la peau craquelée, depuis toi déssechée. [Pv Joshua]

 
  
MessageSam 24 Fév - 15:58
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
Eros regarde avec désespoir le numéro de son ticket. 104. Et l'écran au dessus de lui n'en est qu'au 90. Quatorze personnes. Il n'y a bien qu'à Merkeley qu'on peut avoir un système de numérotation pour l'attente... dans une mairie ! Tout du moins une mairie transformée en accueil administratif avec la vague de nouveaux étudiants arrivant des quatre coins de la planète. Echo trépigne tout autant sur son épaule et le vrombissement de ses ailes ne fait qu'augmenter la saturation du jeune homme.

-Cesse-ça, tu veux ?

La libellule tente de se calmer, non sans un agacement certain envers son partenaire.

-A La Gacilly on aura déjà réglé ça en dix minutes et on serait en train de déguster une crêpe au caramel au beurre salé avec une boule de glace vanille. Maugréer-t-elle.

-Et pourtant c'est l'administration française. Renchérit le rouquin.

Ils se laissent gagner par un rire doux, mais tout aussi court. Aucun des deux n'a jamais été patient. Tout du moins si l'un avait décidé de l'être, l'autre le contaminait automatiquement.

-Si l'attente pour trouver ton âme sœur dans cette ville est proportionnelle au simple fait de faire vérifier tes papiers... Tu n'es pas sortie de l'auberge ! Se moque Echo.

Cette fois-ci le daëmonien ne rit pas. Ses lèvres charnues se gonflent dans une moue boudeuse et il soupire.

-C'pas drôle. Râle-t-il.

Echo ne s'excuse pas. Echo ne s'excuse jamais, ou presque. Elle a son caractère. Et Eros le sait. Il s'y habitue, point. Ça ne peut que le forger, ce petit.
Quatre personnes passent en l'espace d'une longue heure, ponctuée par les déplacements incessants de la Demoiselle, incapable de rester en place. Quant au jeune homme, il se laisse tomber dans une profonde mélancolie, entre La Gacilly et Galway.

Colleen lui manque terriblement. Son visage ne cesse de lui revenir en tête, souriant, éclatant, amoureux... Sitôt rayé par celle de ce brun qu'elle rencontrera sous peu. Ça lui donne une nausée monstre, tout ça. De l'imaginer lui... l'embrasser elle. De savoir qu'il finira par fouler ses draps, remplaçant l'odeur de Bretagne qu'Eros avait soigneusement laissé. Et à Elle, lui manque-t-il ? S'est-elle déjà faite une raison ? A-t-elle déjà jeté tous les souvenirs de trois ans de vie commune ?
Et s'il s'était trompé ? S'il avait mal interprété son don ? N'y avait-il pas quelqu'un d'autre dans la pièce, à cet instant-là, qui pourrait être l'âme sœur du beau brun ? Non. Il les avait vu ensemble... Mais ! Mais et si son don ne détectait pas l'éternel ? Si son don pouvait faire erreur ? Et si c'était à l'homme de devenir maître de son destin ? Si, lui, Eros, décidait que non. Non cet homme-là n'entrerait pas dans la vie de Colleen et qu'elle serait à lui pour toujours ? S'il prenait le contrôle de tout ça ? Forçait l'avenir ?

Trop concentré à refaire le monde, il ne perçoit pas son air béas et les larmes qui coulent à présent sur ses joues en feu, timides et minuscules mais bien présentes. Echo fonce sur lui avec hargne, mais ses coups sont bien trop faibles pour le faire sortir de sa torpeur. Elle tente tous les signaux possibles mentalement pour le ramener à elle, mais rien n'y fait. Les absences amoureuses du garçon sont de pire en pire. Les oeillades alentours commencent à se faire appuyées, et nombreuses. Et Echo déteste ça, le regard des autres. Elle en a connu des tas. Des peinés, des dégoûtés, des moqueurs surtout. Et de la pitié. Encore et encore de la pitié pour eux. Et il est hors de question que tout recommence ici, ça non.

Ne reste alors qu'une solution. Drastique, mais qui devrait être efficace pour que son daemonien revienne à ses côtés. La libellule s'éloigne, en douceur, mais s'éloigne tout de même. Elle joue avec leur lien, leur limite. Et très vite elle perçoit le poids sur son cœur et le tiraillement caractéristique de cette torture. Elle voudrait revenir au plus vite vers Eros. Mais l'amoureux perdu doit s'arracher le cœur pour retrouver le monde des vivants. Alors elle accepte de souffrir avec lui. Et dans un bourdonnement aussi fort que sa volonté, continue de tirer.

-Hé !

C'est comme un élastique tendu qu'on relâche soudainement. Echo est aspirée par Eros et revient à lui à une rapidité qu'on ne connait pas à l'espèce animale qu'elle incarne. Sans même vérifier son visage, elle se blottit dans sa nuque à l'en chatouiller de ses ailes. Mais il ne rit pas. Les deux paumes sur son sternum, choqué, en proie à un mal qu'il n'identifie toujours pas, il regarde bouche bée l'homme qui vient de les interpeler.
  
MessageDim 25 Fév - 22:29
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Date d'inscription : 29/12/2017Nombre de messages : 110Nombre de RP : 33Âge réel : 26Copyright : JoshAvatar daëmon : Naïva - Taïpan du désert
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J'ai la peau craquelée, depuis toi desséchée
Le problème lorsqu’on s’engage pour un boulot qui a pour description « un peu de tout qui ne demande pas de compétences particulières » c’est qu’on peut se retrouver à nettoyer des toilettes ou à aller chercher des papiers dans un bâtiment administratif pour le compte de son patron. Joshua soupira tout en tentant de trouver une place pour se garer, se répétant qu’il était payé pour ça et qu’il y gagnait une après-midi.

« Je préfère ça au nettoyage de toilettes » dit Naïva, enroulée sur elle-même sur le siège passager.
« Mouais, c’est vrai que ça sent meilleur mais bon… L’administration c’est toujours un enfer. Enfin, heureusement qu’il m’a libéré l’aprèm juste pour ça. »

Se résignant à l’idée que le parking de la mairie était plein, il se gara à quelques rues de là. Connaissant parfaitement la lenteur des administrations, il ne laissa pas le moteur tourné.

« J’vais devoir passer dans le froid… »

Le jeune homme avait pris un sac de sport avec lui pour aller travailler pour que Naïva puisse somnoler à son aise tandis qu’il effectuait ses tâches quotidiennes. Il avait installé des cool packs chauds à l’intérieur pour qu’elle soit à son aise. Ainsi, avant de sortir de son véhicule, il installa sa compagne de cœur dans le sac après lui avoir embrassé le museau.

« Mon dieu… C’est un système à numéro ! »

Il prit son ticket et vu qu’il était 101. Il restait une dizaine de personnes avant son tour. Heureusement qu’on lui avait donné son après-midi… S’installant sur son siège, il choisit de somnoler. A peine eut-il fermé les yeux que son téléphone vibra : Un message de sa mère pour s’assurer qu’il garderait bien sa sœur le lendemain. Il le lui confirma, il avait même prévu des bonbons qui étaient dans son sac avec Naïva. Il échangea quelques autres messages avec sa génitrice puis rangea l’appareil. Alors qu’il s’apprêtait à refermer les yeux, son regard fut attiré par la personne qui occupait le siège en face de lui.

Quelque chose en lui le reconnaissait, quelque chose au fond de lui répondait à la douleur de ce jeune homme. Il avait déjà vu cette expression, oh oui. Il l’avait vu dans le miroir, sur ses propres traits après Ethan. Une avalanche de souvenirs du Wyoming, de son amant, de cette rupture brutale et injuste lui étreignit le cœur. Il se revit serrer un être aimé dans ses bras avec la conviction du « pour toujours », il revit ses yeux tandis qu’il posait ses lèvres sur les siennes. Il se souvint de cette sensation de plénitude, des sourires complices, des mains enlacées. Il se souvint du rejet et l’image resta. Dieu qu’il avait aimé cet homme.

« JOSH ! » l’interpella Naïva, paniquée par la tempête d’émotions qu’il venait de vivre en quelques instants.

Elle se glissa hors du sac et ordonna à son compagnon de la mettre sur ses épaules. Joshua s’enveloppa de son amour, de son réconfort, de son être tout entier et le taïpan frotta sa tête contre son menton. Une fois sûre qu’il s’était ressaisit, elle tourna son regard vers la cause de cette crise de mélancolie, pleine de rage à l’idée qu’on ait fait du mal à son homme. Mais Naïva aussi reconnut cette expression et la colère s’évapora remplacé par de la compréhension.

« C’est un daëmonien » remarqua-t-elle à l’aide de l’insecte qui voletait autour de lui.
« Il pleure » constata Joshua, secoué.

Cet homme pleurait comme il avait pleuré. Bien qu’il ne soit pas du genre à jouer les altruistes universels, Joshua ne pouvait pas rester sans rien faire, se sentant directement concerné par la tristesse de cet homme. Il devait faire quelque chose mais il ne savait pas quoi. L’insecte s’éloigna d’un coup tandis qu’il se levait, empoignant son sac. Il s’installa sur la gauche du daëmonien qui ne sembla pas remarquer son mouvement.

- ! l’interpella-t-il.

Il le regarde quelques secondes sans rien dire. Il ne trouvait pas les mots. Il n’y en avait pas, il le savait. Alors, il fit ce qu’il pouvait. Il plongea la main dans son sac et en sortit le paquet de bonbons. Il l’ouvrit et le tendit au jeune homme.

- Le sucre c’est bien quand on est déprimé, dit-il, hésitant.

C’était stupide, c’était peu adapté mais c’est tout ce qu’il pouvait faire. Il comprenait. Oh oui, il comprenait… Et il savait que quelques mots maladroits, qu’importe la bienveillance qu’ils pouvaient comporter, ne pouvait combler le gouffre qui hante l’âme d’un cœur brisé. Naïva sentait à quel point aider cet homme lui tenait à cœur alors elle lui dit ce qu’elle avait dit à son daëmonien des années auparavant :

« - Ne te laisse pas aller, les autres ne le méritent pas. Seul toi doit compter pour toi. Enfin, toi et ton daëmon. »

Joshua ne savait pas trop si ces mots l’avaient aidé à l’époque mais il espérait que cela l’aiderait lui. Il caressa les écailles de sa compagne, reconnaissant. Ethan n’avait peut-être pas été son « pour toujours » mais Naïva, si. Le fait de savoir que quelqu’un était là était une bouée, peut-être cela aiderait-il le jeune homme à ses côtés. Dans un élan d’empathie, il posa le paquet sur ses genoux et tapota lui tapota doucement l’épaule dans un geste qu’il voulait réconfortant tout en lui adressant un sourire.


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MessageMer 28 Fév - 9:44
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
Eros reste interdit devant le jeune homme qui se tient devant lui. Déjà, il lui faut quelques temps pour réaliser où il est. Le papier de son numéro d'attente encore dans la main lui permet de remettre en place le contexte. Le vide intersidéral de son cœur, la douleur fantôme lui indique qu'il a encore perdu pied. Echo le lui confirme dans une pensée réconfortante. Mais il perçoit sa peur et son agressivité qui prend le dessus par protection. Ses grand yeux noirs fixent avec appréhension le nouveau venu, partant du principe qu'il va les attaquer ou se moquer. Le serpent, visiblement daemon, qui l'accompagne n'est pas là pour les rassurer non plus.

-Le sucre c’est bien quand on est déprimé.

Le jeune homme déglutit avec difficulté, la gorge encore nouée de ses pensées. Les lèvres toujours entrouvertes, il dévisage les bonbons comme s'il s'agissait de poison. Sa Demoiselle lui hurle mentalement de refuser. De partir. On reviendra demain, c'est pas grave.

« - Ne te laisse pas aller, les autres ne le méritent pas. Seul toi doit compter pour toi. Enfin, toi et ton daëmon. »

La pensée lui atterrit en pleine tête avec une douceur inattendue. Il n'aurait pas pensé une voix si agréable pour un reptile. Echo reste sur ses gardes. Elle l'a déjà vu, le coup de l'amitié, de la compréhension, les mots doux et poison.

« Évidemment que je compte. » Renvoie-t-elle, sèche.

Cette fois-ci l'amoureux parvient à bouger. Il tourne une œillade exaspérée vers son daëmon. Mais personne ne s'offusque. Et une tape -amicale?- vient soutenir son malheur et son mutisme. Revenant de loin, il s'aperçoit alors de ses larmes de par l'aspect humide et collant de ses joues, comme si elles pouvaient craqueler à tenter le moindre mouvement. Penaud, gêné, il s'essuie comme un enfant dans un petit reniflement, les pupilles fuyantes. Puis il détaille l'inconnu.

Très certainement de la même tranche d'âge que lui, il fait contraste au rouquin avec ses cheveux sombres, en une bataille qu'il pourrait juger par « non coiffé ». Il n'a pas l'air non plus très concerné par son apparence vestimentaire. Et pourtant son visage pâle possède un certain charme. Comme une petite bouille de mauvais garçon qui n'en est pas un. Eros secoue sa tête, se trouvant stupide à l'analyser ainsi. Et sans qu'il ne le demande, son esprit de Cupidon se connecte au gars, à ses émotions amoureuses.
La souffrance que lui a causé ses émois le percute. Et fait écho aux siennes. Encore plus alerte, il relève le menton et ose cette fois-ci le regarder dans les yeux. Echo qui marmonnait dans sa barbe, se refusant à les envoyer balader uniquement par peur d'être bouffée par le daëmon adversaire cesse soudainement ses simagrées. Ce que lui renvoie son humain la calme. Ils n'ont pas affaire à l'attaquant. C'est une victime aussi.

-Merci.

Le son est cassé, encore brouillé par le chagrin, mais sincère. Il joint sa reconnaissance à un petit geste : il prend une friandise et la mange avec timidité. La libellule se radoucit, mais propre à elle-même ne s'excuse pas. Elle préfère s'expliquer.

-Ce sont les autres, le problème, justement.

Eros hausse ses épaules et en fait sursauter sa compagne qui s'y était posée sagement.

-Si je n'étais pas moi, ils ne seraient pas un problème et tu le sais bien. C'est juste une question de point de vue.

Il décerne un sourire contraint au jeune homme et à son serpent.

-Pardon. Pour tout ça. C'pas censé pleurer un homme. Mais on va dire que j'ai comme... Une malformation du cœur.

Les ailes aux reflets de joyaux d'Echo bourdonnent de colère.

-Mais tais-toi ! Ils s'en foutent de ton cœur. Filtre un peu !

Le breton irlandais prend conscience alors qu'une fois encore, il se confie sans se méfier. Et qu'une fois encore, il risque de se faire avoir. Il retrouve la vision réconfortante du sol et se mordille la lèvre.

-Ah oui. Pardon. Merci pour les bonbons.

Il entend son daëmon souffler. Elle change de place pour venir sur ses genoux, un peu plus près du serpent. Mais pas trop !

-Bon. Faut tout faire ici. Moi c'est Echo et lui c'est Eros. Eros D'Amours. Le premier qui se moque, j'lui vole dans la tête ! Et quand il ne fait pas son débile, il peut être très sympa comme gars, hein ! Vous venez pour quoi, vous ?
  
MessageVen 2 Mar - 14:06
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J'ai la peau craquelée, depuis toi desséchée
Joshua regarda le jeune homme reprendre contenance. Il regretta de ne pas avoir de mouchoir à lui offrir. Prévoir un paquet de mouchoir en prévision des péripéties de la journée nécessitait d’être un minimum organisé, ce qui était tout l’opposé du daëmonien. Il regarde son compatriote mâcher la friandise avec satisfaction, heureux de pouvoir au moins faire ça.

- Un homme, ça pleure, répondit Joshua avec un sourire enjoué. C’est ça qui fait de nous des humains, ceux qui le nient sont des menteurs.

Lui-même, il le reconnaissait, avait pleuré à de nombreuses reprises. Des souvenirs de ce qui avait provoqué ces larmes revinrent. Il se revit plus jeune, caché et en larmes, attendant une mort qu’il avait cru inévitable. Naïva se souvenait également de cela mais ce qu’elle ressentait était indéchiffrable. C’était-elle qui l’avait mordu. Et s’il n’avait pas eu son don, il serait mort.

« Mais je suis en vie » lui souffla-t-il avec affection, ne lui en voulant pas le moins du monde.
« Oui » répondit-elle avec fermeté. « De toute façon, la prochaine fois, je serais plus précise. »

Son lié s’amusa de cette réplique, ne sachant trop s’il fallait le prendre au sérieux. Il le verrait la prochaine fois qu’il se prendrait un râteau par une demoiselle. Cela ne risquait pas d’arriver de sitôt ; Depuis Ethan, il n’avait limité ses interactions amoureuses à quelques relations non sérieuses, ne souhaitant connaître la souffrance qu’il avait éprouvé après cet homme. Il s’était relevé mais n’était pas prêt à l’affronter à nouveau. Eros, quant à lui, était encore à genoux et Joshua avait le besoin viscéral de l’aider à se relever.

Naïva ne semble pas opposée à l’idée de s’occuper d’un étranger d’autant plus que sa daëmonne l’intrigue. Elle sinue et se glisse sur les genoux de son daëmonien qui pose une main sur son corps pour qu’elle ne glisse pas par terre s’il bouge sans s’en rendre compte. Les autres personnes qui attendent regardent avec effroi les deux mètres d’écailles qui se déploient et le jeune homme est reconnaissant à sa liée d’être aussi impressionnante. Elle éclipse ainsi l’attention qu’Eros s’était attiré en pleurant.

- Enchanté Echo ! dit Joshua, enthousiaste. Enchanté Eros ! Moi c’est Josh. J’me moquerais pas d’vous, promis ! Naïva m’a dit que c’pas bien de se moquer (il désigna le taïpan du menton pour qu’ils comprennent qu’il parle d’elle) et comme j’ai trop peur qu’elle me bouffe, j’ose pas la contredire. Si, en plus, Echo m’fait la peau si je l’ouvre, j’vais rester sage.

Le serpent lui adressa l’équivalent d’un haussement d’yeux vers le ciel mental puis repris son inspection de l’autre daëmonne. Par le lien qu’ils entretenaient, il sentit qu’elle admirait les détails de ce petit corps. Il plaignait la pauvre Echo qui devait se demander pourquoi un énorme reptile le regardait sans rien dire. Il releva la tête vers Eros et répondit à la question qui lui avait été posée bien que ce ne soit pas lui qui l’avait formulée :

- Mon patron m’a demandé d’aller mettre à jour un papier pour son commerce, il m’a dit que ça serait rapide. Et vous, vous faites quoi ici ? Oh merde !

Le « oh merde » ne concernait pas son interlocuteur mais le fait qu’on venait d’appeler son numéro, le 101.

- C’est mon tour ! Je te laisse les bonbons et Naïva et je reviens tout de suite.

Le taïpan s’enroula autour d’elle-même sur le siège, le visage tourné vers Eros et sa compagne.

« - Le tien aussi est pas doué ? » demanda-t-elle à Echo bien que le rouquin puisse également l’entendre.

- Je t’ai entendu ! s’écria Josh à l’attention de sa liée, s’attirant au passage un regard courroucé de la personne avec qui il parlait.

« - Crétin mais pas sourd, j’ai compris » répondit-elle.

« Demande leur s’ils veulent aller boire un truc avec nous quand ils auront fait ce pour quoi ils sont venus ici, j’me sens pas de le laisser seul dans cet état » dit-il à Naïva, amusé de ses commentaires.

Et elle le fit, s’adressant plus à Echo qu’à Eros. On ne pouvait pas lui en vouloir, en dehors de Joshua, les humains n’avaient que peu d’intérêt pour elle. Au moins celui-ci avait-il la décence d’être daëmonien sinon, elle ne lui aurait jamais adressé la parole.

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MessageMar 6 Mar - 14:12
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Eros D'AmoursNothing will be the same...
L'avis de Joshua sur les larmes masculines le rassure un peu. Cela lui indique qu'il ne sera pas moqué aujourd'hui, et c'est plutôt cool. Et puis, croiser une personne qui accepte les sentiments, même négatifs, même qui font paraître faible...C'pas tous les jours. Et de ça, le goût des friandises prennent en valeur. L'humour du garçon lui met également un sacré baume au cœur. L'imaginer apeuré d'être croqué par son propre daemon et plus encore faire semblant de le croire quant à sa crainte d'Echo, si minuscule... Tout cela lui tire un sourire sincère et empli de soulagement. Comme la bonne nouvelle ou le bon câlin après un gros chagrin. Avec toujours cette grosse boule dans la gorge et la voix déraillée, mais qui sent bon le chocolat chaud de consolation.

Echo, quant à elle, lui répond d'un hochement de tête appréciateur, toujours sur ses gardes. Mais son humain perçoit très clairement le sourire intérieur qu'elle ne peut s'empêcher de dissimuler. Cette petite satisfaction en coin, qui l'amuse elle aussi et la rassure un peu face au reptile impressionnant. Visiblement elles pourraient avoir des points communs. Tout du moins si elle cesse de la dévisager ainsi et de lui donner la sensation d'être son prochain en-cas.

-Haha ! Se détend l'humain. Tout est question de savoir ce qu'il entendait par rapide ! Nous on vient...

Mais il est coupé par le juron du garçon qui se lève d'un bon. La libellule s'envole pour vérifier le numéro appelé.

« Non, mais tu n'es pas obligé de nous laisser le serpent, hein... » Minaude-t-elle uniquement pour Eros.

« Depuis quand t'es devenue une flipette, toi ? » Se moque silencieusement le garçon.

Touché. Coulé. Echo lui renvoie toute sa vexation et se rapproche volontairement de Naïva pour mettre le mettre au défi de l'insulter à nouveau. C'est hilarant à ressentir, car elle tremble bien plus qu'elle ne le voudrait en voletant autour de la tête du reptile orangé et se presse de revenir se poser sur le paquet de bonbons.

« - Le tien aussi est pas doué ? »

Le rouquin s'apprête à protester d'un « hé ! », mais il est devancé par Joshua qui se rebelle également de sa position, ignorant complètement les multiples consternations de leur public. Il l'admire déjà pour cela : ne pas se soucier des autres. C'est une chose qu'il ne parvient toujours pas à faire. Peut-être parce que son rapport aux autres a toujours été chaotique. Même sûrement, voire certainement pour cette raison. Toujours est-il qu'il ne parvient pas à décrocher, toujours hésitant, toujours craintif de ce que l'on pensera.

-Parfois je me dis qu'il serait déjà mort dans un caniveau sans moi. Jubile Echo.

-C'est certain que tu disposes de toute la force nécessaire pour me relever sous ta forme. Renchérit l'accusé.

La Demoiselle se tend, piquée au vif. Malgré le demi sourire de son partenaire et le ton humoristique, elle ne peut s'empêcher d'un voir un reproche, une rancune de cette forme définitive qui les a tant atteint tous les deux. Eros le ressent et se rattrape immédiatement, à l'oral, comme pour prouver la véracité de ses dires. Il pourrait même le hurler au monde entier, faire fi de sa timidité, pour elle. Pour qu'elle sache.

-Physiquement c'est une brindille. Explique-t-il à Naïva. Mais moralement c'est un véritable tronc, enraciné. Elle a raison. Sans elle, je ne donne pas cher de ma peau.

Émue, Echo ne bouge pas. Elle a énormément de mal avec la reconnaissance, les câlins et tout. C'pas son truc. Heureusement pour elle, son sentiment est automatique transmis à son humain, et ça, ça leur suffit à tous les deux. Elle peut donc se permettre l'humour en faisant vriller ses ailes dans une attitude de pure vanité.

-Je sais. Je sais. Pas facile d'être un héros de nos jours.

Ce qu'Eros ignore, c'est le message qu'elle envoie au serpent, remerciement silencieux, retour d'amour caché.

« Il est bien plus fort qu'il ne le prétend. Bien plus qu'il ne le pense, même ! Mais les compliments ne rentrent jamais dans sa caboche, c'est pénible ! »

Le taïpan leur propose alors d'aller boire un verre, par la suite. Elle s'adresse en vérité bien plus à Echo qu'à Eros. Et ce dernier en ressent un petit pincement au cœur, comme si la conversation avait bel et bien décrété qu'il ne valait rien, qu'il n'était pas en charge, ici. Mais lorsqu'il tourne la tête vers Joshua et que celui-ci lui renvoie un sourire franc et enjoué, ignorant encore une fois son interlocutrice, tout trace de doute et de maussaderie s'envole. Il se permet alors de répondre à la place de son daemon, le dos bien moins voûté, brandissant son ticket.

-Avec plaisir ! On ne devrait plus attendre trop longtemps. Mais c'est moi qui invite pour le premier verre.

Il sourit avec tant d'espérance qu'il réalise soudainement combien il doit paraître enfantin et ridicule, surtout avec ses lèvres de travers, défaut qu'il a toujours eu. Les enfant à l'époque avaient imaginé mille scénarios ridicules sur cette « tare », ce côté biscornu de lui.

-Pour vous remercier des bonbons. S'empresse-t-il donc d'ajouter, plus sérieux.


Joshua et Naïva durent attendre l'autre duo durant encore une bonne demi-heure si ce n'est plus. La majeure partie du temps ne fut pas utilisée pour les trois personnes encore devant lui. Non non, ils furent rapides ceux-là. Non, elle fut mise à l'épreuve par l'humour et la débilité profonde de la guichetière qui s'amusa à lui faire épeler cinq fois son nom complet, l'assaillit de questions en terme de traductions françaises ou de clichés gastronomiques quant à ses origines. Elle cessa les blagues sur l'amour lorsqu'Echo finit par perdre patience en lui bourdonnant aux oreilles jusqu'à l'énerver.


Soulagés de la paperasse, ils se retrouvent donc tous dehors, encore la mine déconfite de l'expérience.

-Je vais finir par changer de nom. Grommelle Eros.

-Surtout pas ! S'écrie son daemon. Imagine le temps d'attente... Ce qu'on vient de vivre doit être du pipi de chat à côté.

Ils en rient. Mais l'humain comme son daemon savent bien au fond qu'il y existe une toute autre raison de ne pas changer son nom. Le défi que de s'accepter comme tel et l'amour envers ses parents, malgré tout. Ils en crèveraient d'être reniés de la sorte. Et puis... Et si ça le coupait de son don ?

-Je suis complètement nouveau ici. On vient de Galway, en Irlande. Et avant on était en France ! D'où la paperasse. Raconte-t-il au garçon. Tu connais des endroits sympas ?

Comprenez « un endroit où il n'y a pas trop de monde », mais ça, seul Eros et Echo le savaient, cette définition du « sympa ». Et la libellule se gardait bien de le traduire, désirant plus que jamais le mettre en dehors de sa zone de confort. Quant à lui, je vous le donne en mille : il n'osait pas.
  
MessageSam 10 Mar - 19:15
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Joshua TorrentNothing will be the same...
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  • Eros d'Amours
J'ai la peau craquelée, depuis toi desséchée
Le guichetier était infernal. Le fait de crier après sa daëmonne ne l’avait déjà pas bien disposé à effectuer son travail dans la bonne humeur mais il était également doté d’une lenteur si importante qu’elle devait être feinte. Non mais sérieux, qui regardait l’écran à chaque tape de mots pour vérifier qu’il était correctement orthographié ? Un administratif devrait savoir écrire sans même regarder le clavier non ? Ça ne faisait donc pas partie de la formation ?

Roulant des yeux d’exaspération, il préféra se concentrer sur la discussion qui se déroulait sur les sièges du coin d’attente. Naïva n’était pas très douée pour socialiser (comme lui d’ailleurs) mais elle s’était attirée, semblait-il, la sympathie d’Echo et ce sentiment était réciproque. Il pensa après coup que ce n’était peut-être pas la meilleure idée de laisser un énorme serpent de 2 mètres, aussi daëmon soit-il, à côté d’un homme qu’il venait de rencontrer.

Si ça se trouvait, le pauvre Eros était ophiophobe et il se faisait actuellement dessus. Toutefois, lorsque Joshua croisa son regard, celui-ci ne semblait pas vraiment effrayé, plus en détresse et cela le rassura. De plus, il discutait avec sa daëmonne sans sembler perturbée par la présence du taïpan.

- T’as pas b’soin de remercier pour les bonbons, au contraire, ça m’arrange, j’vais pouvoir enquiquiner ma sœur en lui disant qu’il n’y en a plus, répondit-il à Eros avec un clin d’œil complice en revenant à sa place et en remettant Naïva sur ses genoux

Il le regarda se diriger vers l’un des guichets et compatit à sa douleur en le voyant aussi mal loti qu’il l’avait été quelques minutes auparavant. En entendant les conversations, il s’amusa du nom de famille de son nouvel ami. N’ayant pas vraiment de notions en français, il n’avait pas compris la poésie derrière ce mot. En voyant le regard d’Eros quand il revint vers eux, Joshua se trouva chanceux d’avoir hérité d’un nom de famille passe partout.

- Et imagine si tu tombes sur une guichetière aussi stupide que celle-là, elle serait capable de te refuser le changement de nom parce que « ça porte malheur » ! Donc non seulement tu auras vécu un enfer administratif mais en plus, ce serait pour rien.

L’idée lui arracha un sourire amusé tandis qu’il réinstallait Naïva dans le sac.

- Galway ? Jamais entendu parler ! Moi j’suis de Washington mais j’ai passé plusieurs années à voyager un peu partout en Amérique. Comment c’est l’Irlande ?

Avant de refermer le sac, il regarda la libellule.

- Eh, Echo ! Tu veux t’installer avec Naï le temps qu’on atteigne la voiture ? Il y fait plus chaud, y a des packs chauffants. Evite juste te mettre entre ses anneaux ou elle pourrait te broyer par inadvertance.

« - Tu peux te mettre sur ma tête, tu ne risqueras rien là »

Il laissa la tirette suffisamment ouverte pour que la daëmonne puisse s’y glisser si elle le voulait. Après tout, il ne pouvait pas savoir si un insecte souffrait du froid ou non.

- Je sais qu’il y a un bar à chats qui a ouverts récemment mais étrangement, z’ont pas voulu me laisser entrer de peur que cette chose (il désigna le sac) ne bouffe les petits chatons. Après, même si je la cache, j’crois pas que les chats sont capables de résister à l’envie de poursuivre un insecte volant. J’te filerais l’adresse si tu veux quand même tenter.

« - Les chats n’ont rien à craindre de la chose à moins qu’ils ne l’ennuient » susurra Naïva. « Par contre, toi, mon chaton, tu as intérêt à ne pas fermer les yeux la semaine qui vient au risque de mourir d’un malencontreux empoisonnement. »

Joshua lança un regard alarmé à Eros mais ne put la garder très longtemps et éclata de rire pour ensuite se reprendre :

- J’connais un chouette petit café qui doit être à dix minutes en voiture d’ici. Après, vu que ça a pas mal traîné, il est assez tard. Si t’as faim, j’connais un resto japonais qui font des sushis du tonnerre en plus d'autre plats asiatiques ! Par contre, si on y va, là ce sera moitié-moitié ! Si je te laisse payer les sashimis de ma rédemption, elle va vraiment m’buter.

Tout en parlant, il dirigea l’autre daëmonien vers son vieux pick-up délabré qu’il se dépêcha de déverrouiller pour qu’ils puissent se mettre au chaud. Il alluma le moteur après avoir déposé le sac sur les sièges arrière et l’avoir fixé à l’aide d’une ceinture de sécurité pour qu’il ne s’envole pas en cas de choc ou de freinage brusque.

- Alors, qu’est ce qui te tente ? s’enquit-il avec entrain.

Hésite pas à les faire aller à l'endroit qu'Eros aura choisi, que ce soit l'une des options que Josh a proposé ou non histoire qu'on stagne pas !
  
MessageDim 25 Mar - 17:06
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
Comment c'est l'Irlande ?
A la simple question, un soupir de nostalgie s'échappe des lèvres d'Eros sans même qu'il puisse tenter de le retenir. Et automatiquement, l'image de Colleen vient se coller avec force et ténacité à son cerveau. C'est fou ça. Il n'a pas connu qu'elle en Irlande. Des amourettes, il en a eu plus qu'il n'en faut. Mais faut croire que trois ans, ça reste gravé et ça prend toute la place, à en écraser tous les autres souvenirs pour les rendre insignifiant. L'Irlande est donc devenue Colleen. Tout comme la France était devenue Adam, même si l'homme n'y avait jamais mis les pieds. Association psychologique quand tu nous tiens. Ceci-dit, la France renfermait bien plus que la douleur d'une relation avortée. Elle arrivait à elle toute seule à conjuguer la personnification du harcèlement scolaire, de la naissance de l'Amour, de son don, de la transformation définitive d'Echo, du mal-être total dans toute sa splendeur. Il aimait son pays natal comme un fou. Mais ce dernier l'avait peut-être justement rendu dingue. Et la connotation de l'hexagone n'en était que plus péjorative.
L'Irlande s'en sortait un peu mieux. Mais Colleen... Arriverait-il un jour à pardonner à la vie cette nouvelle déception ? Pas certain.

-C'était... fabuleux. Vraiment fabuleux.

Vrai. Vrai de chez vrai, cette relation était en tous points merveilleuse.

-C'est une terre d'asile, une terre d'accueil et de traditions. Peu importe d'où tu viens, tu te sens chez toi.

Encore vrai. Certes le fait d'être irlandais et d'avoir sa grand-mère sur place avait plus que facilité son intégration. Mais même sans cela... Galway avait été l'asile de son cœur, de son passé. L'accueil d'un renouveau, sans sensation de déracinement. Et l'éclosion d'une chose toute bête appelée « habitudes » qu'il aimait plus que tout. A deux.

Joshua propose à Echo de s'installer au chaud aux côtés de Naïva et sa formulation fait sourire l'irlandais. Il possède lui aussi une certaine maladresse dans ses paroles. Pas la même que lui, mais maladresse tout de même, et c'est touchant. Se rend-il compte qu'en disant tout haut le risque de mort certaine à être broyé par son serpent n'engage pas vraiment à un rapprochement ? Sûrement pas. Il le dit sur un ton des plus neutres, par habitude, comme si c'était la chose la plus normale au monde. Cela doit être normal, pour lui, en fait. C'est son quotidien.

La libellule perçoit l'attendrissement de son humain, mais ça ne la rassure pas des masses. Certes, elle comprend l'intention. Et effectivement, c'est réconfortant de trouver une autre personne qui possède une maladresse qui n'en est une que pour les autres. Cela leur fait des points communs. Mais on parle bien de se retrouver collé à un serpent, là... On peut oublier le côté rigolo deux minutes ?

A la l'indication de Naïva, elle se souvient des moqueries d'Eros sur son supposé courage. Et son égo reprend le dessus de sa peur. Elle se pose donc avec une méfiance amoindrie sur le crane visqueux de la daemone, les ailes tendues, prête à s'envoler de nouveau en cas de besoin. L'étudiant, lui, se laisse guider avec ce même sourire timide et amusé qui ne le quitte plus.

Il grimace à l'idée du bar à chat. Non pas qu'il n'aime pas les animaux, au contraire. Mais l'idée d'enfermer des êtres doués de sensibilité, bien qu'ils ne soient pas des daemons, pour le plaisir des hommes... Cela lui rappelle un peu trop sa propre situation à la Gacilly. Oh certes, les chats doivent être heureux là-bas, câlinés, nourris, choyés... Mais... Ont-ils vraiment envie d'être regardés de tous ? D'être caressés à longueur de journée par des inconnus ?

La menace du serpent envers son daemonien le coupe brutalement de toute réflexion quant à l'endroit. Il ouvre de grands yeux et bouche bée fixe Joshua. Il s'est très souvent disputé avec Echo, le fait encore régulièrement. Et oui, il l'avoue, bien qu'honteusement, il lui a parfois sorti de belles atrocités qu'elles ne méritaient pas. A l'inverse, elle n'a pas toujours été tendre avec lui. Mais de là à proférer une menace de mort réelle... ? C'est impossible, pas vrai ? Pas avec le lien qu'ils doivent avoir !

Echo n'y tient plus. Elle s'enfuit de son perchoir pour rejoindre l'épaule de son maître, qu'importe les températures. Et le rire soudain du jeune homme ne rassure qu'Eros. Elle y prend part également, mais sans conviction. Naïva paraît adorable, hein. Mais de loin, pour l'instant.

-J'adore les sushis ! Se réjouit Eros en attachant sa ceinture. Et ok. J'te laisse payer ta part... Mais uniquement pour ta survie, hein !

Sur la route, il tente de se détendre. Se lier d'amitié n'a jamais été chose aisée pour lui. Il lance un petit appel à l'aide silencieux, d'un coup d'oeil appuyé, à sa compagne. Comprenant de suite ce qu'il se passe, elle prend la parole. Comme souvent, passé le sujet de discussion abordé, Eros est trop timide pour rebondir et ne sait pas par quel bout commencer.

-On vient de s'inscrire à l'université. Clame-t-elle, fière. On a pas mis les pieds dans une école depuis des années, ça va faire tout drôle ! Pas vrai, Eros ?

Un petit rire nerveux lui répond et elle soupire.

« Fais un effort, bordel ! » Le réprimande-t-elle mentalement.

« T'aborde un sujet sensible d'emblée aussi. J'vais pas lui raconter que j'ai développé une phobie scolaire quand même. A mon âge, ça l'fait moyen, le gars qui a peur des autres élèves... »

« C'pas comme si t'avais déjà chialé devant lui, hein. » Rétorque-t-elle.

Vexé, il se gonfle le cœur pour prendre en main la discussion.

-En psychologie. Faut croire que malgré mon aversion pour les autres, j'peux pas m'empêcher d'aller vers eux.

Nouveau rire nerveux sous le roulage de yeux d'Echo.

-Et toi, tu bosses pour qui ? T'as parlé d'un patron et d'un commerce ! J'avais mon commerce aussi avant de venir ici...

Et bam. Souvenir de plus. Commerce acheté avec Colleen. Commerce dont il n'a jamais vraiment eu le temps de profiter. Commerce qu'il lui a entièrement légué... Afin qu'elle rencontre l'amour de sa vie. Donc pas lui.
Il se contente de déglutir dans un tremblement de tête pour se contenir. Il faudrait vraiment qu'il parvienne à parler de son passé sans s'effondrer, un jour. C'est plus pratique pour se présenter.



-Wow...

Ses paumes deviennent moites, non pas par l'onomatopée de la libellule, mais par le constat qu'il fait lui-même. Le restaurant est blindé !

-Et beh. Il aurait fallu réserver. T'as raison, ça doit être les meilleurs sushis de la ville. Je doute qu'ils aient de la place, du coup. On ira une prochaine fois...

Excuse toute trouvée, il s'apprête déjà à faire demi-tour, mais le garçon de salle les accueille déjà et calcule très vite. « Deux personnes ? Il me reste une table, suivez-moi ! ».
Coincé, Eros se force à sourire et emboîte le pas du serveur. Le problème des restaurants ? Ils grouillent d'amour. Et il lui suffit de regarder une table pour en deviner toute l'intimité. A peine assis, les yeux rivés sur la carte des boissons, il entend les innombrables échos amoureux qui viennent se heurter à lui.

« Concentre-toi sur Joshua. » L'encourage Echo.

Ni une ni deux, il obéit. Il attrape fébrilement la carafe d'eau déjà posée sur la table et fait le service. Il boit immédiatement une longue gorgée de son verre, presqu'à en faire un cul-sec. Puis il plonge son regard dans le visage de son nouvel « ami ».

-Hé ! Qu'est-ce qu'un chinois avec un baladeur audio ?

« Oh non. Pitié, Eros, pas les blagues pourries. On va le faire fuir. »

-Un nemp3 !

La Demoiselle disparaît sous la table pour rejoindre sur la banquette en face le sac à dos contenant Naïva.

-Par pitié. Ne ris pas à ça, sinon on va y passer tout le repas !





  
MessageLun 2 Avr - 14:10
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Date d'inscription : 29/12/2017Nombre de messages : 110Nombre de RP : 33Âge réel : 26Copyright : JoshAvatar daëmon : Naïva - Taïpan du désert
Joshua TorrentNothing will be the same...
  • Joshua Torrent
  • Eros d'Amours
J'ai la peau craquelée, depuis toi desséchée


Eros était attendrissant. Joshua n’était pas doué en socialisation à cause de son manque de tact et de son humour peu souvent apprécié à sa juste valeur. Son nouvel ami non plus n’était pas doué en socialisation mais, là où Josh s’attirait des regards courroucés et des insultes, le côté rêveur du français invitait à creuser plus en profondeur l’étrange personnage qui se cachait derrière.

- La psychologie ! Ca a l’air chouette ! J’ai aucunes notions là-dedans, j’vais t’avouer.

« - Sûrement parce que t’as jamais mis les pieds dans une université » marmonna Naïva, dans la pure délation.

Il lâcha un petit rire mais ne se défendit pas. Il n’avait pas honte de n’avoir jamais réussi à finir une formation. Il n’était pas fait pour ça, voilà tout et il s’en sortait très bien !

- J’bosse pour un type qui tient quelques commerces de vêtements en ville, j’me contente de trier, d’inventorier et de servir d’homme à tout faire. Ça réclame pas de formations particulières et c’est payé ! D’habitude je fais plus de la plonge mais c’est un peu mort ces boulots en ce moment.

Il hésita à relancer la discussion sur le commerce qu’Eros disait avoir eu mais l’expression qu’il arbora lui indiqua que ce n’était pas une bonne idée. Il avait toujours été doué pour marcher là où il ne fallait pas et il avait fini par apprendre que la meilleure manière de ne pas dire de connerie était encore de ne rien dire. Ainsi la ferma-t-il pour éviter de faire souffrir l’autre daëmonien.

Sur le chemin en voiture, il tenta de garder l’attention de son compagnon en l’interpellant lorsqu’il voyait un daëmon impressionnant ou en partageant des anecdotes sur les lieux qu’ils traversaient. Mieux valait instaurer une bonne ambiance s’ils allaient manger ensemble au restaurant ! Enfin… S’ils trouvaient une place. Joshua se sentit idiot de ne pas avoir réservé une table et d’autant plus en voyant Eros prêt à repartir. Il ne souhaitait pas le laisser, pas tout de suite, pas avant d’être sûr que la raison de ses larmes ne lui enserre pas le cœur.

Il se souvenait de sa propre expérience face à la douleur après Ethan. Lorsque ses parents et Kelly n’était pas là, il les suppliait mentalement de revenir au plus vite tant la solitude lui pesait. Il refusait de laisser l’autre daëmonien dans les affres qu’il ne connaissait que trop bien. Heureusement, on leur trouva une table et Joshua ne dut pas trouver une parade. Il posa le sac/abri de Naïva sur un siège puis, après avoir donné une carte à son compagnon, en prit une pour lui-même.

« Combien de sashimis Ma Douce ? » s’enquit-il auprès de sa daëmonne.
« 12 » réclama-t-elle avec autorité. Et il ne rétorqua pas, il avait une rédemption à acheter.

Il s’apprêtait à interpeller un serveur quand Eros tenta une blague. Il secoua négativement la tête pour lui montrer qu’il ne savait pas ce que pouvait être un chinois avec un baladeur audio. Et bien qu’Echo lui ait demandé de ne pas rire, il ne put s’en empêcher. Non pas que la blague soit hilarante mais à cause du contexte dans lequel il était formulé. Il s’attira quelques regards des autres tables tandis qu’il tentait de calmer son fou rire.

- T’es au courant qu’c’est pas le genre de blagues à faire dans un endroit où la plupart des employés sont d’origines asiatiques ? s’enquit-il avec un grand sourire pour lui montrer que ce n’était pas un reproche.

Il prit une gorgée d’eau puis passa commande auprès de la serveuse qui surgit d’entre deux tables non sans lui adresser un clin d’œil charmeur. Il venait assez souvent ici pour qu’on le reconnaisse, il pouvait donc se permettre de titiller les serveuses ainsi que de sortir l’énorme serpent de son sac et de le poser dessus pour qu’elle puisse manger à son aise une fois la nourriture servie. Il y eut quelques hoquets de surprise de la part des autres clients mais rien de plus, l’avantage d’être à Merkeley.

- Tu dois pas avoir ce genre de réactions avec un daëmon aussi… (il hésita sur le mot à choisir pour ne pas vexé Echo) discret. La première fois qu’je suis venu ici les gens étaient tellement impressionné qu’j’ai fait croire qu’elle allait finir dans l’une des soupes pour les rassurer.

Et, bien évidemment, on l’avait cru. Les gens étaient si crédules des fois, c’était à mourir de rire ! Ce jour-là, il avait fallu forcer Naïva à adresser quelques mots aux clients pour prouver qu’elle était un daëmon. Cela ne l’avait pas mise de bonne humeur.

« - Je suis indigeste. Quiconque tenterait de me manger finirait dans mon estomac. »

Joshua adressa un regard affectueux à sa liée puis reporta son attention sur Eros.

- C’est une taïpan du désert, l’animal avec l’un des poisons les plus fulgurants et mortels. J’aimerais bien voir le type qui essaierait de la passer à la casserole.

« - T’es au courant que ce n’est pas le genre de choses à dire si tu veux mettre quelqu’un en confiance » susurra Naïva avec humour, reprenant le ton qu’il avait utilisé pour parler de la blague de l’autre daëmonien. « - Je ne mords que mes ennemis. Vous n’êtes pas humains, vous n’avez rien à craindre de moi. »

Elle cracha le mot « humain » avec tant de mépris qu’il était dur de ne pas ignorer sa haine envers l’être humain.

- C’est vrai que ça, ça met en confiance Ma Douce, dit-il en adressant un sourire amusé à Eros.

Leurs commandes arrivèrent, servis par une serveuse surchargée de travail. Avant même de se nourrir, il posa deux sashimis sur le sac pour que Naïva puisse les savourer. Il évitait de les mettre tous d’un coup au cas où le sac tombait.

- Bon appétit !

Il engloutit quelques sushis puis se décida à se lancer.

- Tu veux parler de ce qui te tracasse ? demanda-t-il en évitant de le fixer pour ne pas lui donner l’impression qu’il comptait insister s’il décidait de ne rien dire.

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