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Quand le chagrin vint

 
  
MessageLun 5 Mar - 19:42
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 91Nombre de RP : 38Âge réel : 30Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon : Fascinante et effrayante
Adam LucasNormal is just an illusion
Nouveautés dans le deepweb, le sadomasochisme ultime : touchez le Daemon de votre partenaire, sensations ultimes garanties, photos et vidéos à l’appui. Chouette ...

Toi, tu étais là, au fond de ton bureau, dos tourné à la porte, face à ta fenêtre que tu regardais d'un air un peu absent et c'est au moment de la fin du téléchargement que je ressens ce sentiment familier mais néanmoins inattendu. Le chagrin est comme une bête qui te craint car tu arrives facilement à le chasser, mais aujourd'hui, il est là comme un vieil ami à toi. Toi, tu regardes par la fenêtre, tu ne le vois pas s'approcher, j'essaye de te prévenir, de te demander de te ressaisir mais il est trop tard, le chagrin vient de refermer ses crocs glacés et brûlants sur ta gorge qui se serre sous l'étreinte.

Ton poing se ferme alors que le feu envahis tes yeux et que le froid s’empare de ton corps qui se met à frisonner du même coup. Tu penses inexorablement à ta mère. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Jamais je ne te comprendrai vis à vis de ça. Tu te remémore ses derniers mots, les tiens, sa joie de vivre, la peur dans ses yeux, le doute, le renoncement, la colère de l'injustice...

Comme toujours dans ces cas là, tu te demandes pourquoi elle ne t'a pas parlé de sa maladie, si elle l'avait fait, vous auriez sans doute pu trouver un guérisseur parmi les Daemoniens... Ou si toi, tu lui avais avoué ta nature, elle se serait certainement ouverte aussi et t'aurais demandé de l'aide. En tout cas, elle serait toujours là.

Les secrets sont plus toxiques que mon venin, Adam.

Sans même t'en rendre compte, tes yeux se teintent de rouge. J'ai peur que tu ne cogne le mur comme tu fais parfois mais tu sembles plus abattu qu'en colère. Pendant un moment, tu caresses l'idée de te faire porter pâle, de rentrer chez toi. Malheureusement, tu n'es ni malade, ni en dépression, juste triste, et la tristesse n'a jamais été une excuse pour quitter son travail.

Avec presque pas de regret, je quitte ce que j'étais en train de regarder et efface mon historique de toutes traces de sites inconvenant à une école. Mes sens sont alors attirés par des bruits de pas qui se rapprochent. A cette heure, ce ne peut être que pour venir ici car il n'y a guère que toi qui hante encore ces lieux. Tu es toujours en train de regarder à travers ta fenêtre et tu es tellement loin dans tes pensées que je suis obligée d'attirer ton attention de ma voix suave.

"Hep, Adam ! Ton prochain rendez-vous est déjà là."

Tu sors alors de ta torpeur, te redressant d'un coup, le regard presque perdu et étonné de te retrouver ici. Une pensée rassurante te vient alors : ces émotions, ce chagrin soudain n'est pas de ton fait ! C'est celui de cet individu avec qui tu as rendez-vous, qui qu'il soit. Tu te ressaisis bien vite pourtant, en allant rapidement t'asperger d'eau aux toilettes à côté de ton bureau. Tu me regardes, comme pour me demander mon avis.

"Ne t'inquiètes pas, tu as juste l'air fatigué. Et presque normal pour quelqu'un qui ne te connaitrait pas."

"Justement ... Avec qui est le rendez-vous ? Une connaissance ?"

L'homme est à présent juste derrière la porte, laissant entrevoir les deux ombres de ses pieds. Ses émotions sont profondes, intrinsèques, sincères et latentes, pas étonnant qu'elles t'aient affectés autant. Pour ma part, je reste persuadée que cette faiblesse soudaine n'était pas que du ressort de cet homme. Après tout, il a l'air de venir de l'autre bout du couloir, à moins qu'il n'ait fait des vas-et-vient, cette tristesse ne venait de nul autre que toi.

Je télécharge rapidement le planning alors qu'on frappe à la porte. Tu n'attends pas ma réponse et tu vas pour ouvrir.

"Il s'agit de ... D'Eros D'Amours. Non, ne me regardes pas comme ça, c'est son vrai nom !"

Après un regard inquisiteur à mon attention, tu ouvres finalement la porte, tu es souriant à présent, avec cet air qui inspire la confiance. Il ne s'est pas passé beaucoup de temps, mais il s'est passé énormément de choses.

"Bonjour ! Entre, je t'en prie. Tu peux m'appeler Adam. Viens t'asseoir." Tu as dis ça sur un ton on ne peu plus chaleureux qui rend difficilement détectable ta tristesse passagère. Tu fais alors entrer l'homme que je ne regardes pas tout de suite ...

... Car je n'arrives pas à m'enlever de la tête que ce nom étrange me dit fichtrement quelque chose ...
  
MessageMar 6 Mar - 15:59
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
-C'est une mauvaise idée. Une très très mauvaise idée. Marmonne Eros en marchant.

Il piétine plus qu'il ne marche à vrai dire. Les poings enfouies dans les poches, il se maudit de prendre ce chemin-là. Echo est fidèle à son rôle et vole à ses côtés pour l'encourager.

-Tu as promis. Tu y vas, point. On a besoin d'être guidés et tu le sais...

Ses talons freinent brusquement et il se plante là, furieux.

-Guidé, par catégorisé. Pas catalogué comme le garçon faible, le petit nouveau qui va se mettre à pleurer en classe si on l'interroge.

-On...

-Arrête avec tes « on », Echo. La coupe-t-il sèchement. Tu sais très bien que c'est moi qui ai besoin d'être aidé, pas toi. D'ailleurs c'est pas censé être ton rôle, tiens ? T'en as déjà marre, tu lègues la tâche à quelqu'un d'autre ?

Si la libellule pouvait le gifler, elle le ferait sans hésiter. Ou le mordre, le griffer, qu'importe. Mais tout ce qu'elle a, ce sont des antennes et trois paires de pattes. Alors elle se place face au visage de son humain, très près, à l'en faire loucher, pour qu'il soit mal à l'aise. Et c'est le cas. Il a un reflex de recul, qu'elle combat en s'approchant toujours plus, en plantant ses deux gros yeux sur lui.

-Mon rôle c'est de te botter les fesses quand tu dis de pareilles âneries. Et je n'aurai pas besoin d'être aidée si tu m'écoutais plus souvent ! Tu veux reproduire le passé ? Hein, dis-moi ?! T'as envie de vivre à nouveau le collège et le lycée ? Être juste un homme qu'on se balade de bras en bras sans jamais l'aimer vraiment ? Tu veux encore te retrouver seul à cause de ton don ? Tu veux rencontrer une deuxième Colleen et souffrir encore de constater qu'elle n'est pas pour toi ? Hein ? HEIN?!

Aïe. Aïe doublé. La donneuse de morale emmagasine la géhenne en chœur avec le disputé que de jouer sur la corde sensible. Mais c'est pour la bonne cause. Aussi elle continue, bien que hors d'haleine, tandis que les premières larmes font leur apparition sur les tâches de rousseau de son rouquin.

-Un jour, Eros, tu vas la trouver ton âme sœur. Sauf qu'incapable que tu es de la reconnaître, incapable que tu es de gérer tes émotions, encore hanté par je ne sais quelle relation, tu vas la faire fuir.

L'annonce provoque un immense frisson commun. L'idée de gâcher tout amour possible dans sa vie, dans leur vie... Sa gorge se noue en un paquet indémêlable, le rendant muet de toute réaction. Ses iris ont déviées sur le sol pour éviter son daemon. Il sait pertinemment qu'elle a raison. Comme toujours. Et la sensation d'être misérable, celle qu'il connaît si bien pour la ressentir si souvent, lui donne soudainement chaud malgré le frisson. Il se frotte la nuque qui le brûle bien trop à son goût.

-On a dit qu'on voulait apprendre à contrôler tout ça, en venant ici. Reprend-elle, plus douce. Tu te souviens ? On s'est dit qu'on prenait un nouveau départ. Qu'on voulait maîtriser ce don et non plus le subir. Et ici, on a justement l'occasion de rencontrer un psychologue daemonien. Une personne qui comprendra tout ça.

Il est toujours silencieux, toujours aveugle de son petit corps qui le harcèle moins à présent. Il a déjà abdiqué, mais c'est encore trop tôt pour l'admettre. Il se perd dans ses pensées, dans la réalité d'en être arrivé à ce point-là. Dans la peur panique que de devoir aller se dévoiler, entièrement, à un parfait inconnu.

-S'il te plaît ? Murmure la Demoiselle.

Il finit par prendre une grosse inspiration qui lui déclenche de nouveaux sanglots et acquiesce. Essuyant de ses paumes les traces de l'altercation, il se remet en route, sans un mot. Son daemon le talonne dans ce même respect. Si elle savait le pousser, il suffisait parfois d'une formule maladroite, d'un simple rajout pour casser tout son travail. Elle préférait donc se taire à présent.
Lorsqu'ils pénètrent le couloir menant au bureau du psychologue universitaire, Echo devine très exactement ce qui se passe au sein des méninges de son protégé. Le désespoir complet. Il ne croit pas une seule seconde à la réussite de ce rendez-vous. Il repense inlassablement à toutes ces fois où il s'est mis à nu pour quelqu'un, où il a décidé de faire confiance, encore et malgré tout. Et toutes ces fois où il s'est vautré, littéralement. Pourquoi cela changerait, après tout ? Cela fait partie de lui. C'est et ce sera toujours ainsi. C'est sa malédiction d'amour.

Elle va pour mettre fin à cette déprime en désirant frapper elle-même à la porte, quitte à balancer son corps contre et à s'en faire mal. Car elle sait qu'il est capable de rester ainsi debout durant une heure entière sans frapper. Mais fort heureusement pour son petit corps, la porte s'ouvre brusquement, créant un sursaut chez Eros. Au moins, il réagit à défaut de regarder devant soi. 

"Bonjour ! Entre, je t'en prie. Tu peux m'appeler Adam. Viens t'asseoir."

Le jeune homme entre à la suite d'Adam, sans lui prêter attention. Il ne capte pas même son nom de suite. C'est Echo qui s'est figée à ce son. Et lorsque leur interlocuteur se retourne pour leur faire face, la tension du daemon réveille le dépressif. Eros relève son visage éteint et découvre le sien.
Non.
Il recule, trébuche, se rattrape de justesse à un meuble d'appoint qu'il renverse, pour finir plaqué contre le mur. Là, là le mur le retient. Il peut perdre pied.
C'est impossible.
Echo a perdu ses couleurs également. Son bleu est aussi fade qu'un blanc laiteux et son émeraude n'est plus qu'un kaki sans reflets. Son vol est saccadé, elle chute presque, peinant à garder de l'altitude.
Pas toi.
Jamais son cœur n'a battu si fort. C'est comme si soudainement un fantôme surgissait. Comme si une porte apparaissait et s'ouvrait droit sur son passé. Sur un amour. Et l'amoureux en a le souffle coupé. Ce n'est plus une simple chaleur qui l'envahi, mais un brasier. Dieu qu'il est beau ! Bien plus beau qu'en photo. Plus grand aussi que ce qu'il ne s'imaginait. Ses boucles brunes qui bataillent pour recouvrir ses oreilles qu'il jugeait trop grandes à son goût. Oui. Il se souvient de cette conversation sur les complexes. Mais elles sont merveilleuses ses oreilles. Il n'a pas à en rougir. Et ces lèvres... Presque aussi charnues que les siennes. Ce bouc si charmant... Tout l'amour ressenti il y a huit ans remonte en lui à la manière d'un volcan qui se réveille, prêt à exploser.
Ce n'était pas toi... pour moi.
La vague des premiers flashs de son don refait surface dans un soubresaut acide. Une de ses paumes frappe le mur derrière lui tandis que l'autre vient protéger son cœur pour l'empêcher de vomir. Echo s'est échoué à terre et regarde avec effarement Adam.

Et ensemble, ils réalisent alors l'absence complète de réaction du psychologue. Tout du moins, l'absence de réaction logique, comme la leur. Il les contemple, incrédule, ne semblant pas comprendre le pourquoi du comment. Se pourrait-il qu'il ne le reconnaisse pas ? Il ignorait certes l'existence d'Echo, mais... lui. Lui, Eros ! Comment ne peut-il pas ? Après l'amour inconditionnel ? Après toutes les épreuves, le manque, l'envie de se rencontrer, la distance... Et le silence ? Eros avait coupé les ponts si brusquement, sans explications... Pourquoi Adam ne réagissait-il pas ? A sa place, il aurait envie de lui sauter à la gorge, même huit ans après ! Avait-il tant changé ?

Prudemment, l'irlandais breton se redresse, la poitrine toujours secouée d'une respiration tout sauf tranquille. Il déglutit pour trouver une tonalité.

-Adam ! Adam... C'est moi. Eros.

Ce n'est pas un hasard te hurle mon cœur. Et tu me le diras. Que les premiers flashs n'étaient que l’éclosion de mon don, absolument pas fiables du tout. Que si je te découvre ainsi, aujourd'hui, ici, et daemonien également, moi qui craignais de passer pour fou en te l'avouant à l'époque... ça s'appelle le destin. Oh dis-le moi, Adam, premier Homme. Dis-moi combien je me suis trompé de te quitter.

  
MessageMar 6 Mar - 18:21
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 91Nombre de RP : 38Âge réel : 30Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon : Fascinante et effrayante
Adam LucasNormal is just an illusion
Ce ... Ce n'était pas un pseudo !

Il entre, les yeux baissés, puis te voit et semble effrayé à en renverser une table sans même s'en rendre compte. Du clavier d'ordinateur où j'étais restée en bonne secrétaire, je l'ai reconnu immédiatement : ces yeux teintés de pur innocence que je pensais qu'il feintait pour la photo, ses cheveux roux, sa mine toujours boudeuse. Voilà d'où je connaissais le nom d'Eros d'Amours.

Naturellement, tu es aussi étonné par ses pensées qui semblent tout savoir de toi que par mon manque de réaction à cet instant. Un mec qui entre et qui prend peur en te voyant, c'est du pain béni pour moi. Mais là, non, je reste sans aucune pensée, à simplement contempler.

"Toi ..."
Je laisse échapper alors sans colère mais sans douceur non plus.

Alors, en une fraction de seconde, je sens ton esprit qui entre dans le mien comme un baiser forcé donné à une jeune fille où la langue insiste violemment contre les lèvres qui finissent par céder. Non, on ne me sonde pas moi, jamais ! Je cède presque immédiatement cependant et dévoile à Adam une vérité appartenant au passé, une vérité pas vraiment douloureuse mais que j'avais préféré gardé sous silence à l'époque.

Et encore une fois, le temps semble s'arrêter entre nous.

C'était il y a plusieurs années, nous étions encore en étude. A cette époque, tu avais reçu le "contre coup du déni" que tu avais sois-disant fait à la mort de ta maman. Nous n'y croyons pas spécialement ni toi ni moi mais c'était un fait : tu étais bipolaire et tu essayais vraiment de mettre tout cela sous contrôle. Pour ma part, et comme un fidèle miroir de ton âme, je l'étais aussi.

Je passais beaucoup de temps sur internet à l'époque, à essayer vainement de comprendre les humains, vous étudiant comme la faune étrange et illogique que vous êtes. J'essayais aussi de glaner des cours entiers de psychologie, pour toi, pour que tu passes moins de temps à réviser, et plus de temps avec moi. J'étais seule et j'avais besoin d'une présence. J'utilisais alors ton identité, juste retour des choses, je pense.

Alors je l'ai rencontré, Eros D'Amours. J'en ai rencontré tout plein, à vrai dire mais je l'ai surtout connu lui. Il était étudiant en psychologie, tout comme toi et je m'étais mise dans la tête de l'aider dans le but qu'il m'aide ensuite à te faire progresser. Sur le coup, je n'avais effectué aucune recherches, je n'avais alors pas ce réflexe et je croyais ne pas connaitre son identité et je n'étais alors pas capable de rechercher quelqu'un sur les simples photos et détails de nos vies que nous échangions.

Puis, notre "relation" ou quoi que ça s'appelle, à changé. Nous sommes devenus bien plus intimes. Tu te souviens ? C'était pendant cette période que tu me jugeais accroc à l'ordinateur car je pouvais facilement passer des heures sur la rédaction d'une lettre à son intention. Puis quelque chose s'est passé, entre moi et lui.

Je me plaisais à l'idée de fusionner avec toi, à aller le rencontrer et à lui faire des choses interdites dans 19 états. Aller le rejoindre, le surprendre chez lui, recevoir et donner orgasmes sur orgasmes, abuser de lui pour finalement le séquestrer pendant des nuits entières, ardentes, et où le matin révèlerait cette éteinte entêtante qui n'aurait jamais de fin. Il était devenu l'objet de mes fantasmes les plus sulfureux, lui, avec sa petite bouille d'ange, et toi -et nous- le démon séducteur. En bref, ton corps, mes vices.

Tu ne trouves rien d'autre dans mon esprit. J'étais sur le point de t'en parler car toute cette histoire m'obsédait presque maladivement mais il est partit du jour au lendemain sans dire un mot, sans un au-revoir. Je suis tombée alors dans une aigreur telle que tu es-toi même sorti de ta torpeur et nous avons repris nos vies normalement.

Tu sors alors de mon esprit, ayant sondé tout ce que tu avais à y trouver et prenant soin de ne surtout pas toucher quoi que ce soit d'autre de peur de te faire corrompre. Il ne s'est passé pas plus que quelques secondes et c'est seulement alors que tu comprends tout que tu te demandes ce qu'il convient de faire. D'un point de vue extérieur, cela peut passer pour quelqu'un qui se perds dans son esprit pour se remémorer un souvenir enfouis.

Tu te tourne alors totalement face à Eros, avançant jusqu'à être proche de lui et tu t’accroupis finalement pour être à sa hauteur. Dans tes yeux, il y a toujours cette tristesse latente mêlée désormais de regret. Le garçon est au moins aussi bouleversé que moi, la colère en moins. Alors, tu lui met la main sur l'épaule d'un geste qui se veut particulièrement chaleureux.

"Eros, je suis là pour toi et entièrement pour toi, pour t'aider. Dans ce genre de situations, il n'y a que deux manières d'aborder les choses : soit nous faisons notre séance et je reste professionnel, soit tu souhaites en parler et je te suivrai sur cette voie aussi."


Ta voix est calme et tellement douce qu'elle me donne des piques de jalousies. Tu le lâche alors et ton visage affiche ce masque de sérénité que je ne connais que trop bien.

"En attendant, je t'en prie, viens t'asseoir plutôt sur une chaise, je préfère. Tu veux un thé, un café, un chocolat chaud ?"

Alors que tu dis ça, tu te penche pour ramasser la table victime de l'attraction terrestre et de la lâcheté d'Eros, indirectement. Je sais que tu crève d'envie de lui proposer ta main pour qu'il se relève mais tu ne t'autorise pas un contact physique tout de suite. Pour ma part, je sais que si le garçon choisis d'en parler directement, je devrais moi-même assumer de tout lui révéler.

Alors d'une part : pourvu qu'il ne souhaite pas aborder le sujet, et d'autres part, pourvu que cette pseudo-relation virtuelle que nous avons eu ne l'ai pas autant affecté que moi. Il est tombé, certes, mais ça ne veut rien dire du tout, si ça se trouve, il est juste terrorisé par les représailles.

N'est ce pas ?
  
MessageJeu 8 Mar - 10:41
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
Eros et Echo le laissent approcher, trop choqués pour réagir. Les grands yeux humides du jeune homme le regarde s'accroupir à son niveau avec douceur. C'est bien lui. Ce ton calme et cette attention qu'il lui a toujours accordé. Ce réconfort, cet amour qui le calmait et l'empêchait de partir en vrille au milieu des multiples crasses subies la journée. Sa main embrasse son épaule et une vague de chaleur le submerge, mais d'une température acceptable cette fois-ci. Comme une bouillotte préparée par Maman. Le visage d'Eros se tend, imperceptiblement, en attente.

Je suis là pour toi.

Les mots ont l'effet d'un baiser. Et les lèvres entrouvertes du rouquin n'attendent que cela. Il se fait violence pour ne pas aller le trouver avec fougue. Echo lui fait violence.

« Tu l'as abandonné. » Lui rappelle-t-elle.

Il ne semble pas lui en vouloir. Est-ce le temps qui a soigné ses blessures ou ses sentiments étaient-ils feints à l'époque ? Son détachement l'impressionne. Certes, il est bien plus mature, plus âgé, mais... L'homme de passion qu'il a connu ne pouvait pas mentir, si ? Il se recule et l'amoureux a la sensation qu'il emporte son organe vital avec lui. Comme si son cœur était lié, emprisonné d'une corde et qu'on tirait à présent dessus. Ses lèvres brûlent de l'attente avortée, de l'espoir noyé.

La libellule le rejoint au creux de son cou tandis qu'Adam ramasse le petit meuble. Tous deux percutent alors leur situation. Aussi ridicule qu'à l'ordinaire. Génial comme première rencontre.

-Pardon. Murmure le coupable.

Echo est étrangement silencieuse. Pour une fois, elle ne l'enguirlande pas de s'excuser. Pour une fois elle n'attaque pas verbalement l'interlocuteur de son humain. La culpabilité de son lié la touche de trop. A l'époque, toute aussi chamboulée que lui par la découverte du don, elle n'a pas insisté pour qu'il garde contact avec l'homme du net ou qu'il lui donne une explication. Le coup du sort d'avoir un pareil don était bien trop dur à digérer pour se soucier du reste. Et la perte du premier Homme... La perte de la personne qui parvenait à les empêcher de sauter du haut d'une falaise...

Il se relève, encore fébrile, démuni. C'est alors que son daemon s'aperçoit de la présence de l'araignée. Son premier réflexe est un petit cri apeuré et une cachette toute trouvée dans les épis roux de son homme. Les araignées mangent les libellules. Puis, elle se reprend de cette lâcheté qui ne la caractérise pas et refait apparition. Elle s'avance, prudemment, obnubilée par la couleur bleue, presque aussi brillante que la sienne. Belle. Elle est terriblement belle.

-Dire qu'on s'est cachée l'une à l'autre tout ce temps. Formule-t-elle, sous le charme.

Eros est plus que surpris de voir sa compagne baisser si vite sa garde, elle qui n'aimait personne. Mais cela lui paraît très vite logique. Leur rencontre remonte à un temps où les daemoniens n'étaient pas encore reconnus publiquement. Il avait donc caché sa condition à Adam. Et force était de constater que le psychologue avait fait de même. Pour autant, le lien existait. Comme une providence.

Aussi l'insecte volant se rapproche de l'arachnide, abandonnant toutes ses peurs et réticences dans un battement d'aile enchanteur. Elle plonge ses grands yeux dans les multiples de sa semblable et recouvre vite tout son éclat et ses reflets féeriques. Echo tente d'établir un contact, un lien, à la recherche d'un renouveau possible pour ce double couple qu'ils forment. Une raison à tout cela. Mais une pique se plante en elle. Un soupçon d'elle ne sait quoi qui lui intime de reculer, de se méfier. Une vérité qu'elle ne parvient pas à saisir. Et alors qu'elle voudrait enquêter, l'étudiant lui coupe toute concentration possible en agissant.

-Je te dois une explication. Tranche sa voix brisée.

Il n'a pris ni chaise, ni fauteuil. Debout, droit, il a forcé ses membres à ne plus trembler. Pour assumer. Il se fout du professionnel. Se fout d'être suivi ou pas. Il veut retrouver Adam. Celui d'il y a huit ans. Sauf que voilà. Tout lui expliquer, lui dire ce qu'il s'est véritablement passé... C'est aussi lui dire qu'ils ne sont pas fait l'un pour l'autre. Et casser toute retrouvaille possible. Alors qu'au fond ? Qui sait ? C'était son premier flash. Ses premiers flashs. Et une fois debout, il n'avait pu s'empêcher de s'ouvrir à lui, d'absorber ses ressentis amoureux. Nuls. Inexistants. Donc il n'avait toujours personne. Hors habituellement les images se déclenchaient lorsque la rencontre de l'âme sœur était urgente ou l'être destiné proche géographiquement. Huit ans après, Adam était visiblement seul. Et contrairement aux autres prédictions, Eros n'avait discerné personne en particulier. Il ignorait même s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. Cela aurait très bien être lui, après tout.

« Mais tu avais la sensation. Tu sentais que tu n'étais pas fait pour lui, Eros. N'ignore pas cette intime conviction qui t'a fait partir. »

L'intrusion soudaine d'Echo dans son esprit le fait grogner. Voilà que Mademoiselle avait fini de faire sa cour à l'araignée ? Elle reprenait son saleté de tempérament casseur d'ambiance ? Il la repousse d'une pichenette mentale. C'était l’éclosion du don. On ne peut pas se fier à un début incontrôlé. Et puis... tout change. Rien n'est figé, même au sein du Destin. C'est Papa qui le disait. Que chaque petit acte, chaque jour, avait des conséquences sur l'avenir. Et qu'ainsi même ce qui était écrit à l'avance pouvait subir des corrections. Donc non. Il ne lui dirait pas tout.

-Je... Tu connais très bien ma situation de l'époque. Les... les autres.

Il avait toujours été incapable d'appeler un chat un chat. Aussi les gros mots tel que « harcèlement », « brimades », « attouchement », « humiliation » ne venaient jamais jusqu'au bout de sa langue et se transformaient en « les autres ». Par écrit, il avait toutefois réussi, à l'époque. Chaque jour, il lui expliquait les nouvelles méthodes pour le mettre à terre. Et chaque jour Adam se jurait de débarquer pour leur faire la peau, puis parvenait à l'apaiser en quelques lettres.

-Et puis... mon don s'est déclenché. J'l'avais pas vraiment prévu celui-là. Et...

Il désigne son daemon dans un soupir.

-Tu n'étais pas au courant. J'avais peur. Peur de te perdre en t'avouant la vérité. Et peur de ce don. Je...

Sa paume frotte son visage avec résignation et regret.

-J'ai fuis. Comme je l'ai toujours si bien fait. J'suis désolé.

Il s'approche en quelques pas d'Adam, la poitrine gonflée d'espoir.

-Tellement désolé, Adam.

La main hésitante, il frôle sa joue dans un mélange d'appréhension et de tension amoureuse. De nouveau sa bouche voudrait fondre en avant pour s'unir à lui avec fougue et passion.

-Je t'aimais. Chuchote-t-il. Je t'aimais tellement. Sans même t'avoir vu.

Ses doigts retombent le long de son corps, mais ses pupilles font tout le reste. Elles s'accrochent avec hargne à ce visage tant convoité et partent à la recherche d'une envie, d'une réciprocité, d'un passé à déterrer.

-Et aujourd'hui je te vois.
  
MessageJeu 8 Mar - 15:37
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 91Nombre de RP : 38Âge réel : 30Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon : Fascinante et effrayante
Adam LucasNormal is just an illusion
Belle ! Magnifique ! Appétissante, aussi.

Elle est la proie, moi le prédateur, et pourtant, c'est elle qui vient. Mais n'a-t-elle pas peur ? Elle me regarde, presque impudiquement, et je frissonne de toutes mes pattes. Approche toi encore un peu, ma jolie, faisons connaissance. Je ne te ferais pas de mal tout de suite, je te le promets. Pourquoi m'intimides-tu, jolie demoiselle ?

Elle murmure la phrase la plus douce qui m'ait été donné d'entendre depuis que je suis moi. Un horrible sentiment de romantisme m'envahis. Un sentiment presque pur qui ne me ressemble pas, un désir qui ne soit pas exclusivement charnel, une envie qui me noue l'estomac, un manque ...

Alors voilà l'explication : Tu es l'araignée qui attire Eros dans sa toile pour le garder. Mais Eros a réussit à s'enfuir, laissant une partie de lui-même avec nous et emportant une partie de nous avec lui. Et le voilà qui vient se rendre prisonnier de lui-même, et ce courage me donne envie de le garder près de nous pour toujours.

Non, je deviens tellement stupide ! Mais qu'est ce que je m'imagine ? Me voilà en émoi devant un tout petit insecte ! C'est simplement le garçon aux sentiments exacerbés qui déteint sur nous. A ces pensées, la libellule s'en va rejoindre son Daemonien... Non, jolie, reste !

Et alors, Eros s'excuse enfin. Moi et tous mes yeux qui n'attendions que ça, voilà qu'il est venu s'excuser en personne. Devant tant de sincérité, même moi ne peux pas rester en colère, même en usant toute ma mauvaise foi maladive. Il raconte que c'est grâce à son don qu'il n'a pas pu supporter de rester.

Eros est un homme endommagé comme on en rencontre énormément. Mais lui est spécial, il est comme un papillon de nuit qui ne peut toujours pas s'empêcher de s'approcher de la flamme. Il n'a pas ce narcissisme énervant qu'ont tous les dépressifs, il est ... il est à moi.

Toi, tu continue de regarder Eros que tu ne découvres qu'aujourd'hui et pourtant, c'est aussi comme si tu l'avais toujours connu. Toutes ses pensées sincères et amoureuses envers toi te troublent. En fait, c'est même plus que ça, plus profond, tu ressens cette passion qu'il a envers toi bien plus fort, tu ressens ses moindres pensées et je te sens limite sur le point d'en pleurer tant elles sont réelles et uniques.

Et voilà que tu ferme un instant les yeux comme pour essayer de prendre un peu de recul sur tout ça. Si Eros savait que tu es en train de te prendre toutes ses pensées en pleine tête. S'il savait qu'avec toi, il n'y a pas besoin de mots mais juste d'un peu de sincérité...
Pour ma part, si j'avais été dans mon état normal, j'aurais surement rebondit sur le fait que quand on a peur de perdre quelqu'un, la pire des solutions est justement de l'abandonner.

Le garçon s'excuse et s'excuse encore, il s'approche de toi, mon cœur bat à toute vitesse à l'unisson avec le tien qui s'est aussi accéléré. Je suis médusée et le temps semble d'arrêter entre vous, entre nous tous. Et là, il te touche ...

Tu reviens huit ans en arrière, quand tu m'avais délaissée. Tu rencontre sa détresse de plein fouet, tu comprends les humiliations subies, tu cernes parfaitement la douleur du don, l'injustice derrière tout ça... Et tu voit le réconfort que je lui ait apporté. Et tu comprends aussi mon attirance pour Eros.

Et là, je te sens étourdi. Ces sentiments sont tellement forts qu'ils ne te laissent pas indifférent. Je te sens presque l'envie d'y succomber à ton tour, partager un instant tout cet amour avec un homme. De la clarté dans des sentiments humains, te voilà séduit tant ça n'arrive jamais. La relation serait terriblement fusionnelle, tout serait dit sans même avoir besoin de parler, Eros se retrouverait consumé dans une flamme d'amour.
Toi qui ne t'étais jamais posé la question sur ton orientation sexuelle, me voilà clouée littéralement sur place ... tu commences à partager mes sentiments envers Eros.

Le garçon laisse glisser sa main de ta joue. Tu luttes contre le réflexe impérieux de l'attraper, de laisser ce contact se prolonger, juste un tout petit peu plus, juste un instant !

De mémoire de Daemon, je ne t'avais jamais vu aussi ébranlé par ton pouvoir. Pourquoi lui et pas les autres ? Tout cela agis sur toi comme une drogue, je le sens bien. Il te regarde dans les yeux, s'il est attentif, ce dont je ne doute pas, il aura vu que ton regard s'est sensiblement embué. Tu avales ta salive, totalement décontenancé, avant de prendre une profonde respiration d'où on peut même percevoir un léger tremblement.

"Je ... eurm ..."


Super sympa l'entrée en matière, mec ! Bravo !

"Il y a quelque chose que tu dois savoir, Eros. Ça ne va pas être facile. Mais tu m'as dit la vérité, et je me dois de te le dire aussi." tu dis d'une traite, comme pour ne pas laisser le temps à l'hésitation d'intervenir.

Hé ! Non ! On est pas obligé de dire la vérité ! On peut ... Je sais pas ... Faire le coup du frère jumeau, ou de l'amnésie ! C'est bien, ça, l'amnésie, et ça ne lui fera pas de mal à Eros. Ou alors, vous faites votre petite séance, là, et je lui envoie un mail où j'explique tout. Promiiii !

"Charlotte ?"

Ta voix est devenue vraiment très sévère sans même être forte. C'est dommage que ton don à toi ne marche pas dans l'autre sens, j'aimerais tellement à cet instant qu'Eros, et surtout, la jolie demoiselle, comprennent tout sans que j'ai le formuler. Je me déplace donc, descend du clavier et vient me mettre entre Eros et Adam, mes deux amours. Je repousse au fond de mon esprit les images salaces qui viennent de cette dernière phrase et me prépare à parler.

"Je suis confuse, Eros D'amours, mais Adam n'y est pour rien dans toute cette histoire. Je doute même qu'il sache allumer un ordinateur, alors de là a entreprendre une correspondance... La personne à qui tu as parlé tout ce temps, c'était moi sans qu'il n'en sache rien lui-même. Comprends moi, je me fais passer très souvent pour lui, pour ses cours, pour ses mails ou ces choses là. Je pensais que c'était quelque chose de normal. Tu es arrivé, et quand nous sommes devenus plus que de simples contact, il était trop tard pour faire marche arrière."

Ma voix, si étonnamment douce et érotique d'habitude, se casse au fur et à mesure de mes aveux. Comme quoi, il n'y a pas que toi qui est affecté à ce point. Garde la tendresse, Adam, je mérite pleinement la tristesse de ce garçon. Moi aussi j'ai préféré fuir par peur de le perdre, finalement.

"Je ... Je t'affectionnais particulièrement, tu étais vraiment devenu quelqu'un de spécial pour moi. Tu étais mon secret, quelque chose que je n'avais que pour moi. Je ne sais pas si un Daemon peut éprouver de l'amour pour quelqu'un d'autre que son humain, mais sois sur que j'aurais tout donné pour devenir humaine et venir à tes côtés."

Je suis nulle dans mes explications et dans mes excuses. Je porte actuellement le poids de tous ces messages ou j'ai menti sur mon identité. Je ne peux cependant pas m’empêcher d'ajouter quelque chose qui me vient de mon tout petit cœur.

"... Mais je ne regrette rien, jamais ..."

Toi, tu t'es levé. Tu n'aimes pas être assis devant quelqu'un debout, le contraire non plus, d'ailleurs. Moi, j'attends juste un coup de chaussure sur le sommet du crâne.
Tu aimerais tellement retrouver ce contact charnel que tu hésites un instant pour lui prendre la main, mais finalement, tu ajoutes quelque chose à ma suite.

"Pour moi, cela ne change rien. Je suis là pour toi. Je veux vraiment t'aider, et surtout apprendre à te connaître au delà d'un simple écran d'ordinateur."

Ta voix est sincère, mais pas hâlée avec la même sérénité qu'à ton habitude. Elle est teintée d'une profonde supplique qui réclame à ce qu'il te croit.
  
MessageJeu 8 Mar - 23:07
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
Il y a un tremblement dans son inspiration, non ? Et un voile dans ses yeux ? Il ne rêve pas ? Parce que tout ça, ça voudrait dire qu'il ne l'a pas perdu, pas vrai ? Pourquoi Echo ne donne-t-elle pas son avis sur tout comme à son habitude ? Pourquoi ne lui dit-elle pas de se méfier, de se calmer ? Parce qu'il a raison, peut-être bien ? Parce que tout ça veut dire qu'Adam l'aimait aussi ? Et pourrait l'aimer encore ? Hein ? C'est ça ? Oh dites que c'est ça, s'il vous plaît !

Il y a quelque chose que tu dois savoir.

Sans même s'en rendre compte, Eros a fait un pas en arrière. Toutes les mauvaises histoires commencent par « il y a quelque chose que tu dois savoir », c'est connu. Une accroche comme ça, ça annonce les ennuis. Et la tristesse. Pourtant s'il était amoureux, s'il avait quelqu'un, il le sentirait. Qu'est-ce qui pourrait donc bien le faire souffrir d'autre à savoir ? Qu'il lui en veut toujours ? Sa voix dit le contraire. Et puis ça, ça se règle, avec le temps. Il saura se faire pardonner.
Un pincement s'empare de son cœur lorsqu'il formule cette question de vérité. Il ne lui a pas vraiment dit toute la vérité. Mais n'a pas menti non plus. Disons juste qu'il a nuancé, présenté les choses plus grossièrement. Et puis après tout il n'est pas certain de ses flashs de l'époque alors... C'pas vraiment une vérité, si ?

La daemone déglutit avec difficulté. L'annonce qui arrive, elle ne le sent pas. Mais alors pas du tout. C'est exactement la même méfiance que soudainement endurée en regardant l'araignée. Sauf qu'elle se refuse à le croire. Elle, la réaliste, la dure à cuire, elle refuse l'ombre qui arrive à grands pas au dessus d'eux. C'est impossible. Cette histoire-là ne peut pas se terminer mal.

Le prénom de l'arachnide résonne avec une sévérité qui effraie même le jeune homme. Instinctivement il recule encore, les épaules voûtées, comme si on allait l'enguirlander lui. Il perçoit Echo qui peine à respirer comme si elle comprenait quelque chose. Il tente de la sonder, mais elle le repousse avec hargne. Ce n'est pas elle qui serait fautive de ça.
Partagée entre fascination et dégoût, elle suit du regard sa consœur qui descend de son clavier pour venir à la rencontre de son humain à elle. Son Eros d'amour. Mais reste gravé dans son esprit le clavier, qu'elle ne quittait alors pas. Et le doute. Le truc qui leur pend au nez, mais qui est beaucoup trop gros pour être vrai.

« Dis-moi que c'est faux... » Supplie-t-elle à l'unique intention de Charlotte.

Il est trop tard. Elle a déjà commencé son récit.

Le monde s'effondre. Le monde crève. D'une agonie douce d'un poison appelé Amour. D'une flèche appelée Trahison. A l'homme qui pensait tout avoir enduré. A l'homme qui pensait connaître par cœur les peines de cœur. A celui qui se fait avoir. Encore et encore. Huit ans après, rien n'a changé, finalement. La révélation est un grand fracas là-dedans. Du bruit de verre brisé au marteau dans une salle en écho, où tout son est amplifié, répété. Agressé par ce bruit, il plaque ses paumes sur ses oreilles. Inutilement. D'une le concert est intérieur. De deux il entend toujours Charlotte, comme on entend une vielle radio-cassette au loin. La blessure doit être profonde car il croit bien saigner. Coule dans ses veines un liquide aussi froid que la mort et il se prend à espérer que cela finira par le tuer. Le venin fonctionne en tous cas, car sa vue s'est comme obscurcie. Sa vision trouble efface le tableau de son ancien amant pour lui renvoyer une projection de l'intérieur de son cerveau. Et ce n'est pas beau à voir. Ses yeux le tiraillent et gonflent, prêt à péter. Cela aussi, ça ne le dérangerait pas. De se faire éclater les orbites. Au moins il n'aurait plus à voir cette putain de vérité.

Il hésite encore entre vomir, pleurer ou tomber dans les pommes. Peut-être bien les trois à la fois, tiens, pourquoi pas ? Huit ans en pleine gueule. Huit longues années durant lesquelles Adam l'avait bercé, même après la rupture. Au plus sombre de ses nuits, lorsqu'il s'éveillait trempé de cauchemars, Echo lui lisait des passages d'anciens mails. Des mots d'Adam. Et même si son absence était douloureuse, il parvenait à se rendormir, dans l'étreinte fantôme du Premier Homme. Huit ans à se consoler de son don en se disant qu'au moins, il avait vécu ça. Quand bien même la fin, c'était une belle histoire. Sans doute la plus belle de toutes celles qu'il connaîtrait. Un lien si puissant qu'il n'avait nul besoin de physique, malgré le désir. Un amour qui défrayait la distance, le temps, les opinions. Un truc à eux, et rien qu'à eux. Même la rencontre avec Colleen n'avait pas effacé cela. Oh il aimait inconditionnellement son irlandaise. Mais Adam. Adam était son homme. Son sauveur. Son lien à la vie. Sans lui, Colleen n'aurait jamais pu le connaître. Sans lui, il se serait jeté sous un train bien avant d'atteindre ses dix-huit ans.

Sauf que ce n'était pas lui. Non. Non on lui apprenait à l'instant que cet homme-là n'existait pas. Et que lui, Eros, était resté en vie... sur un mensonge. Il n'a pas bougé d'un poil. Ni lui, ni Echo. Si c'est un feu d'artifice de bombes nucléaires en lui, à l'extérieur tout est immobile, le visage impassible bien que cerné des larmes encore retenues. S'il ne les lâche pas, il pourrait s'y noyer.
La Demoiselle n'est pas en reste. Elle partage tout avec son daemonien. Mais plus encore, s'en veut terriblement. C'est son rôle à elle, d'empêcher ça. Son rôle de le protéger, de le mettre en garde même s'il n'écoute pas, afin qu'il chute d'un peu moins haut à la fin. Sa raison d'être que de le houspiller, se méfier, élaborer mille issues catastrophe pour limiter la casse. Mais elle n'a rien fait. Pire encore, elle a laissé ça se produire. Cachée de cette relation virtuelle, elle a suivi aveuglément Eros sur les sentiments. N'a rien vu venir. Rien. Et alors même qu'elle avait perçu en Charlotte une raison d'être prudente en les découvrant aujourd'hui... Elle s'était tout simplement laissée charmer. Comme une bleue. Et par faute de cette faiblesse, ils tombaient à deux aujourd'hui. Qui serait alors là pour les ramasser si elle n'en est plus capable ?

L'amoureux n'écoute que d'une oreille les mots d'Adam. Tourne en boucle le « je ne regrette rien » à la manière d'Edith Piaf. Et sitôt son cœur sifflote « la vie en rose » qu'il aime tant. Sauf que là, il n'a pas envie de chanter. Non. Non il a plutôt envie de hurler, de frapper, d'insulter, de dire que si, lui il regrette. Mais il n'est pas un méchant garçon. C'est le gars gentil. Trop gentil. Celui qu'on apprécie, qu'on veut aider, qu'on veut connaître. Mais jamais celui qu'on aime. Et aujourd'hui Echo n'est pas là pour le défendre, pour prendre les gants et monter sur le ring à sa place. Parce qu'aujourd'hui, ils ont réussi à l'atteindre elle aussi. Echec et mat. Fin du game.

S'il y a une chose qu'Eros a appris à faire au fil de ses déboires amoureuses, c'est partir. Partir sans trop aggraver les choses, sans trop se déshonorer. Alors il les regarde, tous les deux, avec ses yeux de noyé et ses lèvres de « pourquoi ?», les narines frémissant de haine. Il était venu pour se faire aider. Il était venu pour ne plus subir son don. Ah on peut dire qu'il a été reçu, hein. Après avoir fuit la France, puis l'Irlande... Il avait fallu qu'il tombe sur eux. Eux qu'il croyait être un. Il retient de justesse Echo qui fonce soudainement sur Charlotte en hurlant de rage. Il l'attrape au vol et la cueille au creux de ses mains. Sitôt emprisonnée dans ce cocon, elle ne devient plus qu'une brindille de bois restée trop longtemps sous la pluie.
Dans un pivot sec il leur tourne le dos. Et prend la porte avec empressement. Qu'il claque derrière lui avec une force qu'on ne lui soupçonnerait pas. Le mur tremble et il croit entendre quelque chose se casser dans le bureau. Tant mieux. Ils ont bien cassé son cœur.

Le pas furieux, il atteint le bout du couloir, sa daemone toujours dans sa paume, trop faible pour voler. En l'espace de deux secondes, il a lâché les vannes. Et les sanglots l'étranglent dans des hoquets bruyants tandis que ses tâches de rousseur prennent feu sous l'averse. Il pourrait bien passer une centaine d'élèves, il n'en a plus rien à faire. Les regards des autres à cet instant-là, il s'en fait un collier de pâtes. Et alors il comprend. Qu'un seul regard compte. Et qu'il n'a plus rien à perdre. Absolument plus rien.

Il surgit de nouveau dans le bureau avec la même intensité que sa sortie. Sans frapper, sans s'annoncer. Il défonce presque la porte en l'ouvrant et ne prend pas la peine de la fermer derrière lui. Debout, hors d'haleine, hors de lui, hors de son cœur, il laisse son torse parler à sa place dans un mouvement saccadé. Sa seule douceur provient de ses poignets qu'il tord pour poser avec amour Echo sur l'accoudoir du fauteuil. On pourrait la croire morte tant toute vitalité s'est envolée avec le peu de foie qu'il lui restait en l'homme. Eros lui, dévisage Charlotte, puis Adam. Il fonce sur l'homme, lève une main, frôle de nouveau sa joue, et fait marche arrière, toujours en tension. Entre désir et haine. Il souffle devant l'araignée et se mord la lèvre à s'en arracher un morceau de chair, déclenchant des gouttes de sang. Puis revient au visage du Premier Homme, qu'importe l'imposture.

-Je pensais que tu étais là pour moi... Parvient-il à articuler. Mais tu n'es pas là. Tu ne l'as jamais été.

Il prend le temps, essaie de peser ses mots. Voudrait faire mal. Mal à Charlotte. Mais il ne peut pas la toucher, ça non. Alors comment l'atteindre ? Au travers d'Adam ? Il ne le mérite pas. Il ne savait pas.

-Comment pourrais-je te faire confiance, avec elle à tes côtés ?

Il insiste avec dégoût sur le « elle » et ne lui accorde volontairement plus le moindre regard. L'ignorer. Si vraiment elle a ressenti tout ce qu'elle prétendait, l'ignorer lui fera du mal.
  
MessageVen 9 Mar - 0:09
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 91Nombre de RP : 38Âge réel : 30Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon : Fascinante et effrayante
Adam LucasNormal is just an illusion
Cheveux de feu est fou de colère si bien qu'il semble au bord de la rupture. Encore une fois, nous prenons tout en pleine tête. Tu as toujours cette maîtrise des émotions des autres mais celle-ci est particulièrement dure à encaisser. Ce qui m'affecte, moi, sont les sentiments de la belle.

De la haine pure m'entoure à cet instant, si bien qu'Echo charge vers moi comme un taureau, ironie de la chose car elle serait ma proie naturelle, mais aujourd'hui, je suis bel et bien sa cible. Et pire encore : je trouve ça parfaitement normal, alors, je ferme tous mes yeux, attendant l'impact, je n'ai nullement l'intention de me défendre ni de fuir. Mais cela ne vient jamais, il y a un bruit sourd et le coup ne vient jamais, j'ose alors ouvrir les yeux les uns après les autres et ce qui s'est passé est pire qu'un coup de chaussure.

Ils sont partit, ont quitté la pièce, et s'en vont avec un bout de moi avec eux. Alors c'est dit : un daemon est indigne de l'amour d'un homme qui n'est pas le sien. Je suppose que je vivrai cette relation que dans mon souvenir, un souvenir tendre et où l’excitation se mêlait à l'anxiété à chaque mail reçu.

Toi, tu restes là, sans bouger, sans broncher, totalement indécis pour une fois. Toi, tu m'en veux d'avoir causer autant de souffrance à quelqu'un. Cependant, dans un sursaut de recul, tu me comprends aussi, tu te souviens bien de cette période pendant laquelle j'absorbais toutes les mauvaises pensées quand tu gardais les bonnes, où nous ne pouvions plus nous adresser la parole sans qu'il y a des cris, des insultes, des morsures ... Tu comprends alors que, d'une certaine manière, c'est cette rupture nous a finalement réunit.

Alors tu prends ta décision et ton manteau pour aller courir après Eros, tes nombreuses heures d'entraînement serviront enfin à quelque chose car malgré sa colère, il n'a aucune chance contre toi. Moi, je saute sur ta main et grimpe jusqu'à ton épaule. Et me revoilà, huit ans en arrière, angoissée ... et ravie.

Mais il entre à nouveau, porte claquante sous le choc. Pendant un instant, je suis impressionnée par sa force, ou plutôt effrayée par sa colère. De ce fait, nous sommes cloués sur place alors que tu n'avais même pas fini d'enfiler ta veste, immobilisés et pris sur le fait dans une position particulièrement ridicule. A demi habillé, tu regardes Eros revenir vers moi, et finalement vers toi, fulminant.

Près de toi, une main levée, c'est à toi d'attendre le coup. Toi, tu ne ferme même pas les yeux, t'attendant à un bon choc entre son poing et ta mâchoire. La douleur se fait désirer car c'est une caresse qui vient brûler ta joue. Ce simple contact, exacerbé par ton pouvoir, et amplifié par la violence des sentiments d'Eros, est bien plus douloureux que le coup que tu aurais presque préféré prendre. Tu trembles alors sous sa caresse qui, à nouveau, est bien trop courte à notre goût.

Et là, je reçois la punition tant méritée. Alors qu'Eros se recule de toi, il me regarde, plein de haine, et il me dit des mots qui resteront gravés dans ma chair à jamais. Ce n'était pas tant les mots que le ton employé, "elle", j'étais une "elle" à présent à ses yeux. La totalité de mes yeux semblent ne plus fonctionner très bien. Il y a un bourdonnement autour de moi, car je suis seule, même toi, tu n'es plus là. Et je me laisse tomber mollement de ton épaule, toutes force m'ayant abandonnée, à la fois accablée par sa haine que par ma propre culpabilité.

Pourtant, tu me rattrape avec une certaine douceur, comme la jolie demoiselle, je suis sans énergie et j'ai la conviction que je n'en aurai plus jamais. Tu me tiens contre toi un instant, sans savoir plus quoi faire maintenant qu'avant.

"Je suis sincèrement désolée. Pour vous deux. Mais je reste l'âme d'Adam, et je ne l'ai jamais si bien incarnée qu'à l'époque."

Je murmure presque avant de me recroqueviller dans ta main pour finalement me glisser dans ta poche. En temps normal, je ne veux jamais y aller, mais là, j'aurais limite préféré un tiroir, ce genre de cachette où les Daemons se font facilement oublier. C'est ça ! Devenir un Daemon de second plan, n'être plus que ton ombre sans avoir plus aucune pensée par moi-même, tout ce que je déteste. J'ai vraiment besoin d'être hors de mon corps, hors de ma tête et ne plus qu'être une vulgaire partie de toi à présent. Ta main me caresse dans ta poche, moi, je ne parles plus, je ne suis plus.
Tu vois ? L’honnêteté, ça ne sert à rien, finalement, ça fait juste mal.

"Bien sur que je suis là pour toi, Eros." Tu dis d'une voix volontaire, un peu trop, comme si une décision avait été prise. Qu'as-tu en tête ?

La violence des derniers instants te submerge alors. Tu t'approches brusquement du garçon de mes rêves pour n'être qu'à quelques centimètres de lui et tu lui saisit la main dans la tienne pour lever vos mains jointes entre vous, fermement mais sans violence. Et là, tu t’imprègne de lui, de son histoire de ses émotions pures, ton autre main est toujours sur moi, m'empoignant fermement aussi, pour absorber la moindre parcelle de nos échanges. Et ainsi, tu revis notre histoire, et la sienne.

Les joies, les peines, toutes les petites bribes de notre histoires te viennent alors. C'est un jeu extrêmement risqué car Eros ne connait pas notre pouvoir et n'est pas à même de contrôler ses sentiments à cet instant. Mais tu l'as, d'une certaine manière, pris sa main aussi dans ses propres pensées, te laissant guider, et tant pis pour ta propre santé mentale. Pour sa part, le garçon aux cheveux de flammes se voit obligé de se remémorer par saccade nos échanges. Tu résistes un peu, ne voulant pas que tes propres sentiments viennent se mêler à tout ça mais tu fini par prendre parti, Eros te plaît beaucoup comme il me plaisait à l'époque. Et ça, Eros le sent en direct.

Jusqu'à ce jour, nous n'avions jamais fait ça à trois ! Je repousse à nouveau les superbes images orgiaques qui me viennent pour reprendre corps avec le drame de la situation. Tu ouvres les yeux que tu n'avais même pas senti se fermer, regardant Eros, au travers de tes larmes que tu n'avais pas senti couler non plus. Mais ça ne t'importait pas vraiment. Ta respiration est franchement saccadée et tu t’aperçois que tu t'étais sensiblement approché d'Eros pendant la transmission mentale, à sentir son souffle sur ton torse, comme juste avant une étreinte.

Alors, tu te penches à son oreille, et de ta voix transformée par l'émotion et raffermie par la conviction, tu lui murmure :

"Je ne peux pas réécrire le passé, et crois bien qu'il y aurait beaucoup de choses que je changerais si c'était le cas. Par contre, je peux, d'une certaine manière, le vivre."

Comme pour prouver tes dires, tu commences à citer la phrase d'une de nos lettres comme si tu en étais toi-même l'auteur. En temps normal, je serais vexée d'être ainsi plagiée, mais cette phrase appartient désormais autant à toi qu'à moi.

"Je te connais suffisamment, à présent, pour être convaincu que je ne te connais pas encore assez."

Je me souviens du moment où j'ai écris cette phrase. C'était vers la fin, juste avant notre rupture. Je ne sais pas si Eros l'avait trouvée jolie, mais elle était l'une des choses les plus sincères que je n'avais jamais écrite. C'est ce que je trouvais beau au travers d'internet, et, par ce fait, dans notre relation. On ne peut pas s'amouracher du corps avant d'être séduit par l'esprit.

Et finalement, au prix d'un terrible effort, tu coupes le contact et lâche sa main. Tu deviens de moins en moins maladroit, et de plus en plus ... toi, sur et confiant, et à présent, protecteur. Je sais que cette rencontre, même si elle devait s'arrêter là, laissera une trace indélébile entre nous. Une trace pourpre aux yeux noisettes.

Par peur de ta propre réaction que tu ne maîtrises pas encore bien, tu t'éloignes sensiblement, laissant ainsi de l'air à Eros. Si tu as repris corps avec ton propre esprit à présent, tu veux être sur que ta prochaine réaction soit bien de ton fait, et non d'un résidu d'influence. Tu en profites pour le détailler et observer ses moindres réactions.

"S'il te plait, Eros, reste. Laisses moi au moins faire mon travail pour t'aider avec ton don. Je te dois ça, au grand minimum. Après, si tu nous en veux toujours, je saurais me faire pardonner." ta voix est plus sûre, plus chaleureuse que jamais. Tu es bel et bien redevenu toi.

Tu peux aussi ajouter que s'il n’accepte pas notre aide, je le traque sur le web, découvrant tous ses détracteurs les uns après les autres et je m'en charge comme j'ai toujours promis de le faire ? Oh, et tu peux aussi compléter qu'après réflexion, je le ferai de toutes manières ? Moi aussi, je suis redevenue moi, pour le coup.
  
MessageDim 11 Mar - 10:43
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
Une main en attrape une autre, volonté d'union. Et toutes se dressent ensemble, comme pour un pacte, une nouvelle promesse à tenir. L'intrusion est imperceptible, si bien qu'Eros ne comprend pas immédiatement le déroulement des choses. Il croit même être aux prises de son propre don. Car soudain, des visions l'assaillissent. Il entend Echo, toujours sur le canapé qui gémit de ces flash-back. Les images sont bien plus précises que les flashs d'âme soeur. Et pour cause. Il s'agit de souvenirs. Leurs souvenirs, à eux tous, ce quatuor mal formé, mal informé. En émoi, le couple revit tout. Absolument tout.
La nostalgie, la douceur et la passion s'emmêlent, se lient, s'embrassent dans une idée empoisonnée qui s'infiltre dans les veines de l'amoureux. Il n'est plus imperméable à son don. Et à cet instant, s'il voit leurs moments à eux, c'est qu'on lui montre tout simplement son âme sœur. Il avait raison d'y croire. Raison sur les premiers flashs qui ne voulaient rien dire ou le changement de la destinée. Adam est fait pour lui et il est fait pour Adam. Ils se sont trouvés. Enfin. Qu'importe l'obstacle des mensonges, des nons-dits, des...

« Ce n'est pas ton don, c'est le sien Eros. »

La libellule semble avoir retrouvé la force nécessaire pour penser, ce qui douche sensiblement la joie de son humain. La voir reprendre contenance est une nouvelle qui le ravie. Mais le message qu'elle lui fait passer... Il ne veut tout simplement pas y croire.

« Réfléchis. Je ne suis jamais sujette à ton don. Je ressens avec toi, mais je ne vois rien, moi. Aucun flash. C'est toi qui me les traduis. Et là... Là j'ai vu tous les souvenirs. Ils ne viennent donc pas de toi. Je suis désolée Eros...»

Echo aurait pu faire un discours endiablé d'une demi-heure complète, que le rouquin n'aurait retenu qu'une unique chose : « Je suis désolée ».
La Demoiselle ne s'excuse pas. Jamais. C'est un trait d'honneur qu'elle a toujours tenu à garder. Si ce n'est pour sa transformation définitive, jamais au grand jamais elle n'a présenté d'excuses à personne. Surtout pas à son daemonien.
Les mots le ramènent brutalement à la réalité. Il rouvre les yeux sur le visage de son amant qui n'en est finalement pas un. Il s'est rapproché. Ils sont bien plus proches qu'avant la transmission du passé. Il peut sentir le parfum délicieusement enivrant de sa peau. Comme la douce vigne, fruitée, mais puissante d'un vin rouge gardé en cave. Le jeune homme en reste bouche bée, affamé, assoiffé, en manque total de cet amour platonique, informatique. Le frisson qui le parcoure lorsqu'Adam vient lui murmurer à l'oreille est si fort qu'il doit poser une paume sur le torse du psychologue, comme une ancre, une façon de se stabiliser et de ne pas défaillir. Ou lui sauter dessus.

"Je te connais suffisamment, à présent, pour être convaincu que je ne te connais pas encore assez."

Alors qu'Eros était enfin parvenu à retrouver des yeux secs, une unique larme s'échappe à nouveau. Pas de désespoir cette fois-ci, ni de colère. D'une reconnaissance, d'une joie, d'un amour toujours plus grand que la seconde d'avant. Toute la désillusion de comprendre que non, son don ne s'était pas amélioré, qu'il s'agissait du sien, est gommée par l'attention que lui procure le beau brun. Il avait déjà aimé cette phrase à l'époque, l'écrivant dans tous les recoins de ses cahiers, la répétant avant de dormir, sorte de credo, de prière. Aujourd'hui elle prenait un sens tout nouveau et bien plus fort. Elle incluait l'imposture et la pardonnait, leur donnait une nouvelle chance. Comme si déjà, à l'époque, elle avait été écrite pour ce moment-là.

La coupure de contact, tant mental que physique est nette, franche. Et si la libellule s'en sent libérée, étouffée par cette présence controversée, l'humain, lui, a l'impression qu'on vient de lui couper tout air respirable. Sans le ressenti de soulagement et de liberté de sa daemone, il se jetterait à la recherche de cette ivresse, encore et encore, comme une drogue. Si les souvenirs appartenaient au pouvoir d'Adam, quel qu'il soit, il avait senti le sien s'activer. Alors qu'en entrant, il ne percevait aucune trace d'effluves sentimentales, un torrent de péripéties charmeuses l'avait pris à la gorge durant l'échange mental. Tout y était. L'éclosion de papillons dans le ventre, la chaleur d'un coucher de soleil sur les joues, la voix chevrotante, le rire nerveux pour cacher cette dernière, la nuque d'hérisson, les mains moites et le cœur qui déborde d'un « oh my god ». Chaque petite chose venait de l'un d'eux. Ou de l'un des trois, peut-être bien des quatre. Mais pour une fois, toutes ne venaient pas uniquement d'Eros. Et rien que pour ça, ce partage de don, il veut le vivre encore et encore.

L'homme parle, supplie presque, sans imaginer à quel point Eros a déjà dit oui. Oui à tout. Oui à cette puissance. Oui à sa propre faiblesse.

« On va en crever. » Prévient la Demoiselle.

Ayant recouvert la vue, l'irlandais breton ausculte son daemon et sourit avec tendresse. Ses couleurs ont repris du service et ses ailes pétillent de nouveau. Sans se soucier de leurs compatriotes en attente d'une réponse, il vient se mettre à genoux devant le sofa pour se mettre à hauteur d'Echo et colle son nez contre sa toute petite tête.

« Est-ce que ça n'en vaut pas la peine, selon toi ? »

Ils privent totalement les autres de cette conversation, trop intime. Il s'agit de leur futur à tous les deux, de l'état prochain de leur cœur commun. D'ordinaire, Eros ne demandait pas conseil à Echo. Il se contentait de foncer sans prendre en considération les avertissements de son âme, et ainsi se heurtait à un mur. Pour ensuite être récupéré comme un enfant après une première chute. Pas beaucoup de sang, mais énormément de larmes.
Mais cette fois-ci, c'est important. Cette fois-ci, elle est tombée avec lui. Elle a souffert tout autant. Alors elle a le droit de parole, le droit de décider. Car il sait pertinemment que s'il accepte, elle sera atteinte aussi. C'est comme être d'accord pour percer son gilet de sauvetage avant de sauter à l'eau. En cas de noyade, il n'est plus possible de remonter.

L'insecte nacré réfléchit, gardant ses yeux sur son humain, pour que sa raison ne soit pas interférée par ses sentiments à la vue d'Adam et Charlotte. Tout cela lui fait peur. Très très peur. Elle n'avait jamais pensé un jour devoir se placer en rôle de victime, d'amoureuse et non plus de conscience, de morale, de protectrice. Pouvait-elle réellement combiner les deux ? Elle voudrait avoir la force de lui dire de partir, de ne plus jamais les revoir, d'arrêter les frais ici. Mais ses propres tripes réclament Charlotte et cette histoire pas comme les autres. Même sa pensée clame « à bas la carapace ! ». Juste une fois. Une toute petite fois. Pour vivre. Intensément. Pour aimer. Éperdument. On verra bien. Tant pis si ça fait mal.

Et puis...

« Il peut peut-être réellement nous aider. Ils peuvent le faire. Peut-être que le destin nous a fait les retrouver pour ça. Pour ce qu'on voulait. Contrôler ce don. A défaut de contrôler nos sentiments par contre... » Examine-t-elle.

Elle fait rire son partenaire à voix haute, en douceur. Entendre Echo parler de destin relève un peu du miracle.

« On ne peut pas tout avoir, pas vrai ? »

Elle lui sourit en retour et le pacte est scellé, l'accord gratifié. Eros se relève et fait face à son Premier Homme. Dieu qu'il est beau ! Chaque fois qu'il le découvre une nouvelle fois, la fascination est tout aussi intense. Il s'en mord la lèvre pour contenir ce désir de contact et pousse aussitôt un petit cri de douleur. Sans y penser, il a mordu sur l'exact même côté qu'auparavant. Là où la chair a volée. La blessure encore à vif le lance et le sang reprend son écoulement. Il y porte une main dans une grimace, mais déjà Adam est sur lui. Il n'en faut pas plus. Il ne laisse pas son protecteur le toucher et lui empoigne lui-même le visage, laissant des perles rouges peindre son menton.

-Connais-moi. Apprends-moi. Aime-moi.

Il a conscience que le dernier point ne peut pas être un ordre, ne devrait pas. Que cela ne dépend pas juste d'une volonté. Mais des ordres, il n'en donne jamais. Alors... Autant tout se permettre. Comme pour le lui prouver, il avance ses lèvres blessées jusqu'à la frontière des siennes. S'il a bien compris, Adam peut se lier à lui, ressentir ses émotions. Et l'effet miroir de son propre don de Cupidon à absorber les émois se met automatiquement en place. C'est assez perturbant. En passant au travers de son ancien « amant », il se renvoie lui-même ses propres troubles adorateurs. Cette réciprocité, même feinte, est galvanisante et bienvenue. Inédite.

-Je crois que nos dons s'aiment bien. S'amuse-t-il, toujours si proche.

Son idéal romantique le fait reculer, sans l'avoir embrassé. Pas de suite, lui chuchote-t-on. Pas trop vite. L'amour, le grand, le vrai, se fait petit à petit. A construire trop haut, trop vite, tout s'effondre. Alors pourquoi ça brûle autant de partout dans son corps, hein ? Pourquoi a-t-il envie de lui faire saigner sa lèvre, et pas que sa lèvre, à lui aussi ?

-Tu nous connais déjà un peu plus qu'hier, grâce à ton don. Intervient Echo, sensible à la libido trop pressante de son daemonien. A présent, apprends-nous, sur le sien.

Elle force d'une pression télépathique le rouquin à venir s'installer à ses côtés sur le divan.

-Et dis à Charlotte de revenir. Nous avons besoin d'elle aussi.

Toujours la salive amère de la trahison, Eros grince un peu des dents, mais abdique. Tout particulièrement en entendant la volupté qui recouvre la voix de sa feu dure à cuir de daemone sur la phrase suivante.

-J'ai besoin d'elle.

Le cupidon tâche donc de se tenir bien droit, prêt à la séance, tandis qu'Adam s'installe en face d'eux. Sa glotte ne cesse de bouger, signe distinctif de la tentation encore grande. Parviendra-t-il vraiment à rester à cette place ? A ne pas écouter la petite voix érotique qui l'incite à le retrouver dans un élan sauvage ? Il se racle la gorge et accepte d'être le patient. Pour l'instant.

-Bon. Comme tu l'auras deviné, mon don est en rapport avec l'amour. Quoi d'autre, hein, avec mon nom ?

Il rit jaune. Cette association ne sera jamais totalement digérée.

-Je peux sentir les émotions amoureuses des autres. Uniquement les amoureuses, le reste m'est inconnu. Et...

La partie des âmes sœurs, il voudrait ne pas le dévoiler. Par peur qu'Adam ne pose la question, sur la sienne, sur ce qu'il a pu voir à l'époque. Par peur de le perdre, encore. La libellule vient l'encourager en se posant sur sa tête. Ils ne le perdront pas en développant le don, en le contrôlant. Et pour cela, il fallait passer par là, par la vérité. Eros souffle, résigné.

-Je repère les âmes sœurs. C'est très aléatoires. De ce que j'ai pu analyser, lorsque la rencontre de l'âme sœur se fait urgente, dans le besoin ou dans le temps, ou qu'elle est tout proche géographiquement, je reçois des images, des flashs. Plus la rencontre est proche et plus les visions sont précises. De l'âme sœur, de son visage, du lieu de rencontre...

Il perçoit toute l'intensité du regard du psychologue universitaire sur lui et croit deviner ses questions.

-Évidemment tout cela est complètement inefficace sur moi. J'ignore tout de mon âme sœur. Lorsque... Lorsque je croise un couple, je sais d'avance s'ils seront fait pour durer ou pas. Mais si moi je tombe amoureux... je n'en sais rien. Alors souvent je m'accroche. Jusqu'à avoir le flash de l'âme sœur de la personne que je fréquente.

Il détourne le regard en pivotant son crâne vers le mur. Une boule de rage et de tristesse s'est de nouveau formée dans sa voix. Et il contrôle tant bien que mal l'envie de pleurer. Il n'a pas souvenir d'avoir déjà autant parlé. C'est donc cela, se confier ? C'est comme si on l'avait soudainement privé de tout vêtements. Pas que cela lui déplairait au vu du spécialiste le suivant... Mais... C'est une intrusion. Une intrusion aux tréfonds de son intimité à laquelle il est acteur, puisque c'est lui qui parle. Et ça le bouleverse. Echo s'est roulé en boule dans ses cheveux, semblant de câlin. Elle relève pour autant sa petite tête afin de repérer Charlotte.

-J'en ai marre de subir. S'étrangle-t-il.

Il braque ses pupilles humides dans celles si profondes d'Adam.

-J'voudrais être un peu plus fort. Il paraît que l'eau ici peut nous rendre plus puissant ? C'est vrai ?

Si cela l'est, abreuve-moi. Hydrate-moi jusqu'à me couler. Transmets-moi ta force que j'ai senti lors de notre échange. Je préfère mourir d'avoir trop bu que de vivre sans une goutte de toi.
  
MessageDim 11 Mar - 20:39
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 91Nombre de RP : 38Âge réel : 30Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon : Fascinante et effrayante
Adam LucasNormal is just an illusion
Il nous faut du temps... Il te faut du temps. Toute cette histoire est un énorme morceau à avaler pour toi. C'est un peu comme si on forçait quelqu'un à lire toute une encyclopédie en moins de quelques minutes. Fort heureusement, Eros à l'air de s'être détaché de toi un instant pour retourner vers Echo et ils parlent tous les deux. Pour notre part, nous n'entendons pas ce qu'ils disent, tu as fermé ton don pour quelques minutes car tout est trop éprouvant, trop fort.

En outre, je soupçonne Eros d'avoir fermé son esprit totalement au dévoilement de ses pensées, c'est souvent comme ça : dès que quelqu'un est au courant pour ton don, il se maîtrise afin de conserver son intimité. Dommage, pour le coup, vraiment dommage. Moi, toujours au fond de ma poche, je ne vois plus rien ... Et je ne sens plus rien ... Sont-ils en train de me pardonner ? De me condamner ? Pour ta part, je te sens presque soulagé en cet instant et j'aimerais vraiment savoir pourquoi. Ton esprit s'ouvre à nouveau peu à peu, à présent que l'ambiance s'est calmé, j'en conclue que le duo ne pense plus de mal de moi, sinon, tu n'aurais pas toléré que je puisse le comprendre.

Au fond de ma poche, toujours aveugle et toujours dans ta main, tu te sers de ton pouce pour me caresser le dos. C'est une sensation vraiment étrange car nous n'avons jamais eu vraiment de contact physique prolongé, en tout cas, depuis ma stabilisation. A dire vrai, je crois que tu ne m'as jamais caressé depuis que je suis araignée. C'est agréable, un peu comme de recevoir un bisou après une blessure. Je soupire, me blottissant encore plus dans ta main. Je te demande pardon à toi surtout car je sais que tu as horreur de te faire envahir ainsi par les sentiments des autres, par peur de perdre pied, comme tu as bien faillit. Ne me ment pas, Adam, je sais très bien que tu n'avais jamais envisagé un homme avant aujourd'hui, tout ça te plaît beaucoup et t'effraie à la fois.

Et alors tu te tend à nouveau, je perçois même un mouvement de recul de ta part. Et alors, je ressens tout à nouveau.

-Connais-moi. Apprends-moi. Aime-moi.- J'entends, du fond de ma poche.

Nom d'un chien, il t'a encore touché, esprit totalement ouvert, cette fois, conscient de ce que cela nous provoque, avant, c'était comme une rivière de sentiments. Là, ce sont des torrents qui nous arrivent tant il est en train de nous livrer consciemment et librement son esprit. Décidément, ce garçon semble presque apprécier jouer avec le feu. Il y a plus qu'une simple affection avec regrets intégrés, cette fois, ces sentiments sont encore plus puissants et plus violents qu'on aurait pu se l'imaginer, bien plus purs aussi. On se fait presque violer l'esprit ! Quoique pour qu'il y ait viol, il faudrait qu'il n'y ai pas de consentement... Or ...

Là, tout prend une tournure différente, avec l'amour pur se mêle du désir ardent, de la passion dévorante. Même moi, je comprend ce langage charnel, j'en ai tant rêvé, je l'ai tant voulu ! Encore, encore, ne le laisse pas te lâcher. C'est comme une drogue mêlé d'un acte charnel unique, corps et esprit entremêlés. Son propre don d'amour amplifié par le tien lui revient, s’imprègne à nouveau de force de sentiments pour revenir à toi s’amplifier. Quoi que tu fasses après, je sais que tout te paraîtra fade après ça. Cet homme vient littéralement de te déflorer l'esprit.

Tu entrouvre la bouche, je te sens l'envie de l'embrasser, de le plaquer contre un mur, une envie brûlante et inattendue. Toi qui garde toujours une parfaite maîtrise de tout cela, voilà que tu t'apprête à faire quelque chose d'inconsidéré, d'instinctif et de totalement illégal. Pour la première fois de nos vies, Adam, nous désirons la même chose au même instant. C'est mal et c'est bien à la fois.

-Je crois que nos dons s'aiment bien.-

Sans dec' ? S'il continue, je sais que ça va se terminer en inaugurant le canapé, puis dans le bureau, avant d'être convoqué à la direction, puis au tribunal, et enfin, en prison. Mais à part ça, Eros semble s'en amuser. Le fourbe cache bien son jeu derrière des apparences peu sur de lui, il sait finalement très bien ce qu'il veut.

Mais il brise ce lien et cela m'arrache presque un petit cri. Toi, tu avales péniblement ta salive, tu en redemandes, tu es totalement en manque à présent. C'est de la torture simple ! Une si douce torture. Et là, il fait quelque chose qui te scinde littéralement en deux : il fait appel au professionnalisme en toi pour enfin parler de son don. Tu es totalement désarmé, pour le coup mais je sens en toi l'envie de l'aider.

Peu m'importe en réalité car la belle demoiselle désire me voir à nouveau, à contre cœur d'Eros mais peu m'importe, pour le coup. Cependant, je pense que je vais avoir du mal à affronter son regard à présent. Mais pour cette belle Echo, je sais que je pourrai tout supporter. Je sors donc péniblement car l'épreuve que nous venons de passer est à la limite du supportable physiquement.

"Moi aussi, j'ai besoin de toi"
je lui répond, directement, de Daemon à Daemon, pour la toute première fois de ma vie, sans passer par l'oral et sans passer par toi.

Alors, il nous parle de son don. Un véritable cadeau empoisonné, comme le notre, d'ailleurs. Un don qui ne ment pas, qui ne se pare pas d'hypocrisie pour faire plaisir ou pour sortir d'une situation délicate, qui ne s'habille pas de nuances. Oui, ça, nous connaissons bien ce genre de don, péremptoire et impudique. Il nous parle aussi de ce côté "âme-soeur" que j'ignorais totalement. Et je trouve le don encore plus cruel pour le coup.

Pendant qu'il se confie, je vois Eros visiblement souffrir. Pour ma part, je m'approche encore tout timidement d'Echo, nettement moins franchement qu'elle, il y a quelques instants auparavant. J'ai peur, mais c'est à moi de faire les premiers pas à présent. Je m'installe donc à ses côtés et regarde nos deux Daemoniens avoir leur conversation. Toi, fraichement remis de tes émotions, tu as du mal à retrouver un visage serein mais tu résistes malgré tout à l'appel de cette nouvelle drogue qui s'ouvre à toi. Avec le temps, Eros comprendra à quel point il te trouble par rapport aux autres avec qui tu peux garder un visage juste naturellement joyeux et un peu détaché.

"Je suis désolé, Eros, mais personnellement, j'ai du mal à croire aux âmes sœurs."

Tu dis ça, d'une traite, sans prendre le temps de bien choisir tes mots. Eros a du gérer avec une vérité qui blesse toute sa vie, un peu de bon sens ! Tu dois être encore sacrément secoué pour parler aussi franchement.

"Je ne met absolument pas la véracité de ton don en question. Je trouve ça fascinant de peut-être découvrir que j'étais dans le faux concernant les âmes-soeurs. En tout cas, cela ouvre la porte à beaucoup de questions qu'énormément de personnes ont du t'agacer avec." Tu marques une pause. Bien rattrapé ! "Et je te déconseille de boire l'eau dans le but d'être contaminé. Ce n'est vraiment pas une bénédiction, je pense, encore moins pour toi que pour les autres."

Tu t'éloignes un peu, faisant juste un crochet par la porte que tu refermes non sans t'être assuré que personne n'espionnait. Puis, tu te diriges jusqu'à ta petite table afin de faire chauffer l'eau pour préparer deux tasses de thé et des petites serviettes en papier.

Il te faut les aider, point barre. et tu sais qu'il ne faut surtout pas que tu te laisse distraire à cet instant, c'est aussi et surtout pour ça que tu t'éloignes car je te sens encore aux prises d'une envie absolument pas ... pédagogique. Tu t’éclaircis la voix avant de poursuivre, sur un ton bien plus professionnel cette fois.

"Personnellement, quand j'ai commencé à avoir mon propre don, j'ai essayé de l'ignorer au début. Faire comme s'il n'était pas là. Me prendre toutes les émotions et les vérités des autres est une vrai plaie. C'est bien plus facile à dire qu'à faire, je t'assure. Et je n'y suis jamais vraiment arrivé. Arrives-tu à maîtriser, même un peu, ton pouvoir ? A contenir ces flashs ? Si, comme je le soupçonne, ton don est permanent, comme le mien, il doit être possible de te concentrer pour ne plus rien ressentir, même si ça ne dure qu'un instant. C'est déjà une petite victoire. Certains dons ne se cultivent pas, mais s'apprivoisent."

Tu reviens, vers nous, serein, comme à ton habitude. Tu poses devant Eros une tasse de thé à l'hibiscus fumante. Tu sembles à nouveau pleinement toi-même et je suis heureuse de ne sentir en toi pas une once de regret, juste de la curiosité.

Pourtant, tu regardes alors Eros, comme si tu le voyais pour la première fois. Tu ne peux pas t'empêcher de détailler ses traits presque juvéniles, ses cheveux roux pour finir dans son regard. Tu remarques alors seulement maintenant qu'il a saigné de la lèvre et que cela à même coulé sur son menton. Tu fronce un instant les sourcils avant de porter toi-même ta main devant ta bouche. Vous seriez-vous embrassés dans la fougue ? Non, tu saignes simplement du nez toi-même. Discrètement, tu tend une serviette à Eros pour sa lèvre avant d'en prendre une pour toi même, essuyant simplement le sang qui commençait à s'écouler de ton nez. C'est amusant, tu sais qu'ai japon, un saignement de nez est le signe d'une grande ... Tu interromps en poursuivant sur ta lancée.

"Mais, si je peux être honnête avec toi, Eros ..." Je crois qu'on est plus à ça prêt. Tu reprends avec une voix plus grave, plus sérieuse. "Le véritable problème est ailleurs et ne vient pas de toi, ni de ton don ... Mais des autres."

"Quand j'le dis que la vie en autarcie est la seule belle vie !"
j'ai dit ça tout fort ?

Tu me regarde, étonné mais pas le moins du monde en colère. Pour le coup, et avec tous les malheurs qu'a vécu ce garçon et sa belle, tu serais presque d'accord avec moi.

"Je sais à quel point les gens peuvent-être une plaie, même ici. Par rapport à ... Il y a huit ans, c'est là que tu as commencé à avoir ces flashs ? Cela fonctionne même au travers d'internet, alors ? Expliques-moi comment ça marche, comment pouvais-tu être sur qu'il ne s'agissait pas de quelqu'un proche de toi physiquement à cet instant ?"

Hum, touché. Viendrais-tu d'avouer que tu souhaites qu'il fut dans le faux, à l'époque ? Adam, tu me fascine.
  
MessageDim 18 Mar - 17:36
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
J'ai du mal à croire aux âmes sœurs.

Le coup de feu est parti tout seul, sec, instantané. La balle à traversé le cœur d'Eros d'une ligne parfaitement droite, est ressortie de son dos pour venir mourir dans le molleton du dossier de canapé. Là comme ça. Sans crier gare, sans bavure. Juste le constat dur et amer d'une religion non partagée. Le jeune homme et son daemon en ont croisé, des sceptiques à l'amour. Eux-même l'ont été. Ont voulu l'être, tout du moins. Et ils comprennent, le besoin de ne pas y croire. La protection que de se dire qu'on ne dépend de personne d'autre, que nous n'avons besoin de nul autre que soi pour être complet. C'est sans compter le mythe d'Androgyne. Non, ça va. C'est ok. Venant des autres. D'Adam... Il faut le dire, ça fait un peu plus mal, tout de même. Aussi se contente-t-il d'opiner, très légèrement, non pas comme un accord, mais comme simple réaction à l'impact du tir.

Fort heureusement pour leur santé, le psychologue se rattrape plutôt bien, en expliquant la nature de son attaque à la carabine et la réflexion que cela lui procure. Bon. Va pour les dommages collatéraux à cette étude de l'amour. Si cela peut servir. Si cela peut le rapprocher d'Adam... Il peut bien lui dire cent fois ne pas croire aux âmes sœurs si cela l'amène à réfléchir à eux.
De retour dans son silence confortable, Eros suit des yeux son amant imaginaire qui referme la porte sur leur bulle d'intimité. Il ne peut s'empêcher d'en écoper un petit sourire satisfait. Quoi qu'il se passe ici, ils seront à l'abri du monde extérieur. Et même s'il ne s'agit que d'un bureau universitaire et que toute séance doit se faire confidentielle, donc porte close, le rouquin lui, y voit un autre signe. Un « tu es chez toi », « ta place est ici avec moi », « reste ».

Il éprouve toutes les peines du monde à l'écouter en tant que professionnel. Non pas par manque de confiance, mais parce que tout en cet homme lui déclenche des pics hormonaux plus que conséquents. Cette démarche, même cette façon de préparer le thé, dos à lui. Par tous les saints, ce petit c... ! Poing devant la bouche pour se retenir de mordre à nouveau sa lèvre blessée, il imprime chaque mot du beau brun, tachant d'y trouver une explication. Faut dire qu'Echo n'aide pas des masses. Son attention est toute aussi mise à l'épreuve par Charlotte, qu'elle fixe dans une rigidité entre méfiance et tension amoureuse. Si elle s'y met aussi, ils ne sont pas sortis de l'auberge...
La libellule capte le risque de danger moral émis par son humain et décroche de son jeu de regard pour, à contre-coeur, tâcher d'étudier réellement la question de son don.
Ils se concertent donc et les sourcils de l'étudiant se froncent d'une réalité à laquelle il n'avait jamais pensé.

-Je... J'ai toujours établi que ce don était une malédiction. Que j'avais juste à le subir en silence...

-Pas qu'on pouvait l'éteindre. Même provisoirement. Continue Echo.

-Ni vraiment le contrôler. Poursuit-il. Faut dire... qui peut prétendre être capable de contrôler l'amour ?

Adam est de nouveau assis en face de lui et le regarde avec une intensité nouvelle. Si le garçon voulait ajouter quelque chose, il est trop tard. Le trouble est trop grand. Son menton se tend avec questionnement vers lui, comme s'il cherchait quelque chose. Son aîné porte soudainement la main à sa bouche et le bref éclat rouge indique à l'irlandais ce qui se passe. Il passe son pouce sur la partie déchirée de sa lèvre, lui créant un sursaut de douleur et en récolte la même trace écarlate. Sa coupure à lui, ok. Mais le nez d'Adam ? Il ne l'a pas frappé dans sa colère, à son souvenir !
Il voudrait pouvoir le rejoindre, s’asseoir tout près de lui et le soigner. Mais déjà une serviette lui est tendu avec professionnalisme. L'occasion de toucher de nouveau l'apollon est avortée. Même Echo soupire de la déception.

La conclusion suivante sur le problème d'Eros le ramène assez vivement à une position plus sérieuse et met en alerte la Demoiselle.

-Des autres ? Répète-t-il, presque abasourdi.

Non pas que ce soit une surprise pour lui. Mais il lui paraissait plutôt évident qu'on ne pouvait pas demander aux « autres » de changer. Qu'on ne pouvait pas faire du monde entier un problème sous faute de trouver une solution. Et qu'après tout c'était lui le différent des autres et pas l'inverse. Echo qui n'a jamais été de cet avis réagit avec vivacité à la réflexion de l'araignée.

-Et comment ! L'Homme est foncièrement mauvais pour ses semblables. Pourquoi crois-tu que l'on t'a rencontré au travers d'un écran ? C'était l'unique condition à s'ouvrir, l'ultime protection pour ne pas subir.

-On ne peut pas changer l'Homme. Marmonne Eros, le regard dévié car touché.

Un frisson le parcoure en mémoire à toute la géhenne engendrée depuis son enfance, par les Autres. Oh que oui, il voudrait pouvoir leur mettre la totale faute. Oui, il voudrait pouvoir les haïr de toutes ses tripes. Et se venger, et tous les brûler. Mais alors il ne serait pas mieux qu'eux. Alors il blesserait quelqu'un en retour et rentrerait dans le cercle sans fin de la race humaine. Pour quel résultat ? Il n'en sera pas moins seul.

Le psychologue le récupère en revenant sur les spécificités de son don. Les flashs. Il met l'accent sur le passé, sur celui intervenu à son égard... Il a donc compris. L'amoureux voulait à tout prix éviter de lui faire comprendre un message dont il n'était même plus sûr. Mais il a compris. Et ça, ça met en danger leur relation, bien qu'elle n'existe pas encore. Et ça le révolte. D'avoir cette possibilité de tout gâcher avant même que ça ne commence.

-Je n'en suis pas sûr. C'est tout le problème. C'était il y a si longtemps... et si flou, nouveau. Au travers d'un écran en plus.

Il fait vriller ses iris humides de l'émotion dans les siennes, osant enfin assumer.

-Cette configuration ne s'est jamais reproduite.

Il voudrait expliquer pourquoi, mais son cœur se tord à en essorer tout le sang de la raison. Quelque part, Adam fait aussi partie des Autres. Il ne l'a fait ni intentionnellement, ni de manière moqueuse, mais il l'a fait. Le blesser. Même dans les petits bonheurs on retrouve des chagrins d'amour. Nul besoin d'être méchant pour impacter la vie de quelqu'un.

-Après toi, nous avons cessé les forums. Nous nous sommes définitivement coupé du monde. Explique le daemon à sa place.

La profonde dépression à l'issue du don oblige Eros à fuir de nouveau. Il cherche une ancre à la douleur dans la pièce, un moyen de ne pas paraître faible. Echo exerce de nouveau son rôle en prenant le relais, en faisant diversion. Elle vole en continue sous les yeux de leurs compagnons afin d'attirer leurs regards, laissant libre soin à son daemonien de vagabonder dans ses pensées.

-On a tenté une sortie en ville. Et... On... Enfin Eros, puisque je ne ressens pas le don. Je ressens ce qu'il ressent, donc j'ai un aperçu, mais je sais aussi que ce n'est rien à comparé de ce qu'il reçoit, lui. Bref. Tout l'amour du monde lui a soudainement claqué en pleine gueule.

Le cupidon lève une main pour la faire taire. Pensant qu'elle va trop vite, ou qu'elle est trop brusque dans ses mots, comme toujours, elle marque un silence, désireuse de continuer tout de même. Mais à sa grande surprise, il accepte d'en parler. Il ne l'avait jamais fait. Les rares fois où ils avaient dû décrire ce moment, c'était toujours à l'insecte de parler, tentant de trouver les bons mots avec ce qu'il lui envoyait en pensées. Mais aujourd'hui, dans un hoquet d'ultime effort, il raconte.

-Il y avait du monde ce jour-là. C'était jour de marché. De tout. Des enfants, des adultes, des vieux, des femmes, des hommes, des couples, des célibataires, des mariés, des divorcés, des infidèles, des désespérés, des en recherche constante, des... des hommes et femmes quoi. Comme nous. Comme tout le monde.

Il déglutit avec difficulté, comme s'il allait vomir.

-Sauf que cette fois-ci, je captais tout. Toutes leurs situations amoureuses, leurs sentiments amoureux, leurs attentes amoureuses, leurs passés, blessures, regrets, nostalgies...

Il relève un visage meurtri, encore bien trop marqué de ce jour-là.

-Je savais à présent que le couple de petits vieux qui vendait du fromage avait gâché sa vie à vouloir refuser le divorce. Que leur amour aux yeux de tous, leur exemple, n'était que feint. Et qu'ils périssaient petit à petit dans un regret éternel de n'avoir pas suivi leur cœur, de n'avoir pas connu le vrai amour, la passion. Je savais que ma voisine qui tenait si amoureusement la main de son mari n'était pas faite pour lui. Et que d'ici peu, il la quitterait pour une autre. Je savais que la jeune fille là-bas au fond de la place se négligeait physiquement volontairement, car elle avait été aimée d'un mauvais garçon. Et violée. Je pouvais dire avec certitude que la boulangère et le buraliste finiraient leurs jours ensemble, si tant ils cessaient de se chamailler sur le partage de la terrasse...

Le souffle lui manque. Sa poitrine ne cesse de trembler sous les battements de cœur incessants et tonitruants. Echo le regarde avec stupeur. Elle n'a jamais entendu aussi longtemps le son de sa voix. Si bien qu'elle commence à s'écailler, cette voix, peu habituée aux monologues.

-Comment ? Je ne sais pas. J'le savais, c'est tout. J'le ressentais. Et c'était... beaucoup trop. Je n'arrivais déjà pas à comprendre ce qui c'était passé avec toi. Alors être confronté d'un coup aux cœurs des autres...

Ses lèvres restent entrouvertes d'un secret. Un dont il est parvenu à taire, même à Echo. Un qui est resté tout ce temps bien caché au fond de lui. Il se tourne donc vers sa seule âme, pour le lui révéler à elle, en première.

-Si... Si j'ai jamais su me défendre après ça, au lycée. Si j'ai...

Sa langue tente d'humidifier sa bouche de courage.

-Si je n'ai pas quitté ma chambre durant six mois... C'est parce que soudainement, je ressentais toute la misère amoureuse de mes agresseurs. Et pourquoi ils avaient besoin de moi pour... extérioriser tout ça. Je pouvais même ressentir l'amour familial. Le manque d'amour d'une mère envers son fils ou la trop grande présence du père sur sa fille.

Cette fois-ci, il choisit de regarder Charlotte. Parce qu'il ne peut toujours pas confronté Adam trop longtemps. Et qu'alors il l'ignorait encore. C'est elle qui a parlé des autres, d'autarcie, avec la même conviction que son propre daemon.

-Quand t'es rentré dans le cœur de quelqu'un... C'est impossible de le détester. Quoi qu'il te fasse.

-Alors t'as préféré te reculer du monde. N'avoir qu'à portée de main l'amour de tes parents. Sain et protecteur. Conclut Echo, sous le choc.

Il acquiesce. Revient à Adam.

-J'ai fuis. C'est l'unique chose que je sais bien faire, fuir. Comme j'ai fuis avec toi. Même si ça n'était pas vraiment toi. Je...

Toute la fatigue du don se retranscrit en milliers de petites rides éphémères sur sa peau d'enfant et il doit alors paraître brusquement trop vieux pour vivre.

-J'sais pas. J'sais plus ce qui s'est passé. Je sais que je voyais des images de toi avec quelqu'un d'autre. Mais j'sais pas qui. J'sais même pas le sexe. Je sais qu'elles sont revenues chaque jour, et que ça me criait aux oreilles que tu n'étais pas fait pour moi. Mais j'sais pas du tout comment ça fonctionne. J'sais pas si ça peut changer ces trucs là, selon les évènements, les effets papillons. J'sais pas si ça concernait Charlotte du coup et pas toi, mais que j'avais ton image car seule représentation de toi. Tout a pu se mélanger. C'était juste peut-être pour me faire comprendre que ce n'était pas toi. J'en sais rien... Je... Je sais pas comment contrôler mon don, j'ai aucune certitude. Aucune qui me concerne. Peut-être que j'me suis trompé, parce que j'suis pas objectif du coup quand je perçois ces flashs et que j'aurai besoin d'un avis extérieur, mais Echo ne les voit pas alors c'est difficile. Peut-être que c'pas un hasard de te retrouver là, aujourd'hui, alors que c'est avec toi que le don a commencé, peut-être que... J'EN SAIS RIEN !

Il a craché les derniers mots comme un véritable exutoire, une colère à son ignorance. Ses narines frémissent de tant d'aveux faits aujourd'hui. De cette mise à nue complète devant le premier homme de sa vie. De la fragilité découverte de son daemon, de ses secrets à lui révélés. De l'imposture dévoilée, du pardon déjà accordé. De l'amour retrouvé ?

-Eros ? Adam ?

La libellule est tout contre Charlotte. Ont-elles comploté quelque chose ou est-ce uniquement un rapprochement physique inconscient ? Mais Echo a une idée.

-Je pense à quelque chose. Tu n'as jamais eu besoin de contact physique pour ton dos, Eros, mais... On a pu voir tout à l'heure la puissance de l'empathie conjugué à la tienne, plus... spécifique. Peut-être que si tu lui prenais les mains... Il faudrait qu'Adam contrôle son don, l'amenuise, pour que le tienne prenne le dessus. S'il en est capable. Alors... alors peut-être que tu arriverais à autre chose que des « j'en sais rien » ? Peut-être que ça vaut la peine d'essayer, non ?

Eros consulte avec appréhension le psychologue. Sans réponse de sa part, il se lève avec prudence pour venir s’asseoir à ses pieds, par terre. Il pose calmement ses mains sur les genoux de l'homme et lève des cils perlés d'espoir.

-Je ne te dirais pas si tu es mon âme sœur ou non, quoi que je vois. Ce ne sont pas des choses qui se disent. Je ne forcerai rien. Je te le promets.

Il attrape sa main pour la presser avec supplice.

-Mais laisse-moi apprendre de toi, s'il te plaît. Laisse-moi essayer de renouer le contact avec le tout début. Avec l'éclosion de ce que j'appelle ma malédiction.

Il se rend alors compte que sa main est brûlante. Est-ce lui ou Adam ? Ou les deux ? Risquent-ils de se brûler à mélanger leurs dons ?
  
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