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Quand le chagrin vint

 
  
MessageLun 19 Mar - 22:02
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 81Nombre de RP : 38Âge réel : 30Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon : Fascinante et effrayante
Adam LucasNormal is just an illusion
Surtout ... Ne ... Pas ... Le ... Toucher.

Tu souffres de ton pouvoir à présent, toi qui l'avait toujours adoré, vénéré, tu étais vraiment reconnaissant d'avoir reçu ce don là et pas un autre. Savoir ce que pensent les autres, savoir que ce n'était finalement pas si important, et t'en détacher tout aussi facilement était déconcertant pour tout le monde et cela te plaisait au plus haut point ... Jusqu'à présent.

Sans être quelqu'un de spécialement frileux, tu as appris à te méfier de la décharge d'informations que tu reçois dès qu'il y a un contact involontaire ce qui créé un véritable conflit chez toi : dévoiler ton don, ou le garder pour toi. Tu as toujours préféré cette seconde solution, encore une fois, jusqu'à présent.

Car à présent, qu'est ce que tu ne donnerais pas pour mettre en pause un instant ton pouvoir et prendre ce garçon triste dans tes bras ? Alors que tu écoutes sa détresse et son histoire, tu dois franchement te retenir de pas le serrer contre toi pour lui faire du bien, et à toi aussi. Alors, bien malgré toi, tu glisses tes mains dans les poches de ton pantalon afin de ne plus être trop tenté en espérant que ce geste ne soit pas mal interprété.

"Non, on ne peut pas changer l'homme... Mais bon, c'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tords qu'ils ont raisons !"

Je ne me suis pas retenue ... Je n'aime pas les autres, je ne m'en suis jamais cachée et je ne pense pas que c'est aujourd'hui que je vais commencer.

Puis, tu écoutes la partie qui me concerne, enfin, qui nous concerne, à présent. Eros a du mal à parler de son don, personne ne peut comprendre sa souffrance car personne n'en a pu mesurer la portée. Je sais que toi, tu le comprends. Tu as certes eu ta propre philosophie sur le sujet et ton rapport avec les autres dont je dois m’accommoder tant bien que mal, cependant, tu ne peux que comprendre à quel point c'est horrible de souffrir sans pouvoir s'en expliquer l'origine. C'est pourquoi les Autres ont besoin d'un souffre douleur, d'un bouc émissaire, pour avoir quelque chose à maltraiter, même si ce n'est pas réellement la source de leur problème. Et ne pas en vouloir à toutes ces personnes et se contenter d'endurer sans pouvoir soi-même avoir un exutoire devait être une véritable torture.

L'un et l'autre parlent, tantôt Eros, tantôt la jolie voix d'Echo raisonne à mes côtés. Parfois, on sent tout le poids de ces années peser sur le rouquin et l'affaiblir, et des fois, on le sent d'un aplomb et d'une force assez inattendue. Alors qu'il fait des aveux jusqu’en vers son âme et que je te sens ébranlé par tant d'épreuve, à nouveau la tristesse le submerge et il se perds dans son incompréhension et dans ses doutes.

"C'est normal, Eros" tu dis, doucement, alors qu'il cri presque "Ton pouvoir est unique en son genre, mais je te promets que nous allons trouver une solution." tu ajoutes, avec une certaine fermeté.

Puis, c'est à ma chère et tendre dame de prendre la parole avec une solution toute trouvée pour acquérir du contrôle sur le don. Sa voix est douce et son idée est ingénieuse bien que tu te prépare déjà à la refuser. Une personne doit apprendre seule sur son don, tu n'es là que pour lui montrer la voie, rien de plus. Mais en réalité, si tu vas refuser, c'est pour une toute autre raison : non, plus de contact, pas encore, pas déjà, tu n'es pas prêt. Bien que ta posture désinvolte laisse penser à une certaine assurance, en réalité, tu es encore à te demander comment tu vas pouvoir laisser ce bel Irlandais partir. Après tout, l'heure tourne ...

Alors que tu réfléchis à la meilleure manière de tourner ta réponse, Eros se lève et vient s'asseoir devant toi, à même le sol avant de poser ses mains sur tes jambes. D'un mouvement, tu retires tes mains de tes poches, bénissant les dieux qu'il te regarde dans les yeux et pas face à lui car ce contact te fait subitement de l'effet. Tu avales péniblement ta salive, s'il y a effectivement un pantalon entre toi et lui et que ton don ne s'est pas réveillé à ce non-contact, il faut dire que la tentation est très grande. Fort heureusement, Eros prend la parole, te détournant un peu l'attention de tes pensées pas très professionnelles.

"Je pense que, d'une manière ou d'une autre, je saurai."

Ta voix est chargée de ton sourire, Eros a bien compris qu'il ne pourra pas te cacher beaucoup de choses. Tu t'apprêtes à ajouter quelque chose quand ta voix s'étrangle dans ta gorge.

... Il t'a pris la main ...

"Je ... Euh ..."

Tu romps le contact immédiatement, tremblant de partout, non, tu ne pourras pas supporter tout cela à nouveau. C'est trop intense, trop violent, trop ... tout ! Pâle comme un linge, les yeux à la pupille à telle point dilatée qu'on se demanderait quelle drogue tu as prises, tu te demandes alors si Eros est conscient de ce qu'il t'inflige. Oui, forcément qu'il le sait vu qu'il vit la même chose, que vous vivez la même chose. En réalité, à cet instant, avec son esprit ouvert comme dans un livre et toi qui est particulièrement lucide sur ses pensées, vous êtes certainement connectés comme personne ne l'a été auparavant. Alors, tu comprends que pour la première fois de ta vie, cet échange sera à double-sens, de toi à lui, et de lui à toi.

Quelques instants se sont seulement écoulés depuis que tu as brisé ce contact entre vous. Tes mains se posent alors de part et d'autre de son visage, et tu t'approches au point de mêler son souffle au sien. Tes lèvres frôlent les siennes un instant. Ce n'est pas l'hésitation de ce que tu t'apprête à faire qui te fais douter, mais bel et bien la peur de te brûler car une fois cela fait, il sera trop tard. Et tu restes là, le cœur en suspens. Ton regard se perd dans le sien, comme pour demander une autorisation implicite.

"Charlotte ? Annule mes autres rendez-vous, s'il te plaît." ta voix est chargée d’appréhension, et est pourtant d'une incroyable intransigeance.

Finalement, après un moment qui nous paraît interminable, tu prends une grande inspiration et tu attires Eros contre toi, t'avançant au bord de ton siège d'un même mouvement, tes mains glissants dans sa nuque. Vos bouches se rencontrent pour un contact des plus sensuel. Ton corps augmente drastiquement en température et pourtant, tu frissonnes encore. Tu sais à présent que plus rien ne sera pareil après ça et cela t'es totalement égal. Tout ce que tu souhaites, c'est profiter, garder le contact le plus longtemps possible.

A ce moment, quelque chose s'altère légèrement. Tu prends le contrôle sur ton pouvoir, la source qui allait de lui à toi devient de moins en moins évidente à mesure que le contact se poursuit. Petit à petit, ton pouvoir s'amenuise pour finir par laisser entrer Eros dans ton esprit et le laisser explorer à sa guise. La source, c'est toi, désormais. A présent, tu es totalement à sa merci et tu espères sincèrement qu'il abusera de ce privilège. Le baiser devient alors fougueux, presque implorant, attendant fébrilement sa réponse.

Pour ma part, tout contre ma libellule, je ne peux m'empêcher d'éprouver un plaisir physique a être à son contact. Quoi que ça veuille dire ...
  
MessageJeu 5 Avr - 21:13
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 34Nombre de RP : 11Âge réel : 26Copyright : Eddie Redmayne - portrait Ian WinstanleyAvatar daëmon :
Eros D'AmoursNothing will be the same...
D'une manière ou d'une autre, il saura. Bien évidemment. Pas seulement de par son don. Mais parce qu'on le sait, quand c'est la bonne personne. Pas vrai ? Eros a toujours eu l'impression que les gens savaient, qu'il n'avait pas même besoin de leur dire. Le cœur sait. Le cerveau ne dispose d'aucune explication, alors on se tait, on ne formule rien, de peur de se tromper. Mais le cœur sait, au fond. Si c'est la bonne ou pas.

Il brise le contact si vite que l'amoureux sourit. Une réaction si vive, il ne croit pas une seconde que c'est un refus. Pas avec la pomme d'Adam qui tressaute nerveusement de manière bien visible depuis son point de vue. Ni avec les différents muscles qui se tendent sensiblement à son contact.
Comme pour confirmer la satisfaction sourde du rouquin, le beau brun prend son visage à deux mains et laisse couler son souffle sur sa peau rougie par le désir. Sa voix murmure, humectée, les mots comme trempés, et cette vague se déverse sur les grains de sable en effusion qui parcourent les bras d'Eros.

L'annulation de ses rendez-vous est un appel à la dépravation. A l'acception. A l'union de leurs dons. Mais surtout... A leur intimité. Intimité dont il ouvre le bal en l'attirant un peu plus. Il suffisait juste d'un « un peu plus ». Juste. A contrario, le boum des cœurs, l'explosion en plein ventre, ne peut pas être minimisé de « juste ».
La force de ses lèvres sur les siennes est animale, sauvage, tandis que l'intention est aussi douce qu'une plume venue le caresser. La promesse est tenue. L'attente, la distance, la trahison, la déception... Tout cela n'est plus que broutille et valait mille fois la peine de ce baiser. Il est prêt à vivre de nouveau cent fois ses déceptions amoureuses si c'est la condition à un pareil moment. Si bien qu'il en oublie le but initial du rapprochement : son don.

L'adrénaline de ce fabuleux coup du destin lui donne des ailes. Sa paume se saisit de la nuque de son apollon pour prendre le contrôle et alors qu'il donne pleinement retour à l'embrassade, il se redresse, toujours à genoux, mais plus en avant. Puis ses talons se lèvent, en appui sur la pointe des pieds pour quitter sa position de soumis. Faute de place, trop impatient pour faire lever son amant, il n'y va pas par quatre chemin. Placé à califourchon sur lui, il le surplombe à présent et ne quitte surtout pas le contact. La puissance gagne en intensité, en vulnérabilité. Les corps s'échauffent et tout contrôle semble mis aux oubliettes. Jusqu'à l'ouverture.

Même Echo le sent. Alors qu'elle se pose sur le dos de Charlotte pour la câliner, formant un demi cœur avec la tige de son corps, déployant ses plus belles couleurs, elle est comme frappée par le lien. La libellule ne peut rien deviner du don, donc de l'exactitude de cette ouverture. Pour autant, elle manque de tomber à la renverse. L'assurance gonflée et inattendue de son humain la scotche. La fameuse ouverture lui est due. Il vient de donner un grand coup de pied dans la porte qui lui barrait le passage. Elle a volé en morceaux, faible, vaincue avant même d'avoir pu se battre.

Cupidon vient de voler la vedette à Eros. C'est aussi simple que ça. Le don s'est réveillé, plus que jamais. On ne l'a jamais si bien appelé. Jamais on ne lui a dit « tiens, voilà ta scène, voilà ton micro, ton public qui t'acclame, te réclame ». Alors il se lâche, se démène, s'égosille, conscient qu'il s'agira peut-être de son unique fois, de sa seule chance de briller. Et parce qu'un bon spectacle commence toujours par une histoire, il raconte. Et parce qu'une bonne histoire commence toujours pas un mythe très très lointain, il trouve ses origines, nichées dans la mémoire de son porteur.

L'enfant né un jour de Saint Valentin connaît la berceuse par cœur, et naturellement c'est la voix de Maman qui la chante de nouveau dans son esprit aux diapasons. Celle des hommes et femmes androgynes, des humains doubles, que Zeus a puni pour leur ambition. Homme-Homme, Homme-Femme ou Femme-Femme, tous ont été séparés, cruellement. Et la cicatrice de cette coupure fut placée au nombril, afin qu'ils puissent la voir, chaque jour, et se rappeler le manque, la faute. Là est l'explication à la recherche éternelle : celle de l'amour. Il ne s'agit après tout, que de retrouver sa moitié, pour être entier.

Voilà donc pourquoi Eros et son don de Cupidon ? Une mission, un but ultime que d'aider l'homme à se reconstruire de la cruauté des dieux ? Son père avait mille fois tenté de l'en convaincre. Mais pour le jeune homme, il était hors de question de n'être, encore une fois, rien qu'un instrument. Il ne s'attarde donc pas sur la comptine et attaque. Il attaque le don d'Adam avec la même passion qui traverse leurs deux corps enchevêtrés sur le fauteuil. Il l'embrasse, l'englobe, l'investit, l'envahit, l'avale.

Et tu deviens Amour.

L'Amoureux te déverse tout. Comme s'il pouvait simplement te prêter son don, là comme ça. Cadeau. Il se perd en toi, mais gagne. Gagne en pouvoir, car en aucun cas il ne s'en débarrasse. C'est comme un gros câlin. Tu ressens toute la tendresse du geste, et pourtant ce sont ses bras à lui qui t'entourent. Là, c'est pareil. Il te bouffe littéralement, mais c'est pour mieux te nourrir. Te nourrir de lui, de son cœur. Tu sais, celui si grand qu'il prend en lui toute la détresse sentimentale du monde ? Celui qui se relie aux autres, puis se brise, pour encore espérer envers et contre tout. Son cœur bat à présent à la place du tiens, tout du moins c'est ce que tu crois. Et tu ressens. Tu es. Amour.

Tu es comme dopé. Deux pouvoirs au lieu d'un, tu palpites. Et les attouchements de ton amant du moment aident la drogue à se décupler, encore et encore. Dans un grand flash qui vous aveugle tous les deux, il n'y a soudainement plus de murs, plus de pièce. La rétine dilatée d'Eros scrute la tienne tandis qu'il se recule un peu pour faire face à la vision commune. Tout est noir autour de vous. Comme plongé en plein cosmos. Ne reste plus que les gens, hommes et femmes. Vous pouvez voir le groupe d'élèves, là-bas, certainement dans la cour, au vu de la distance. Un professeur endormi dans la pièce voisine. Deux amies en pleine discussion dans les toilettes de l'étage inférieur. Et ainsi de suite... Il n'y a plus d'espace. Juste des cœurs à prendre ou pris. Des âmes en recherche.
Leur organe amoureux brille en transparence de leurs corps et tu t'amuses des fils qui se tendent entre certains, preuve que certaines âmes sœurs sont à présent tout proches. Ils sont rares. L'Amour n'est pas si facile à trouver. Mais à chaque cœur, tu sais. Tu entends sa chanson. Son ode, sa moitié. Et le vacarme qu'ils produisent tous à l'unisson, vous le trouvez beau, finalement, à tous les deux. On dirait un chant de guerre indien.

L'indien sur tes genoux te sourit avec malice, puis baisse ses pupilles de drogué vers sa propre poitrine. Il espère voir un lien accroché au tien. Mais au lieu de cela, il n'y a rien. Aucune pompe translucide, aucun bout de viande rouge, pas même un « pom pom ». Rien. Nada. Eros n'a plus de cœur. Paniqué, effrayé, il s'apprête à tout rompre, tout arrêter. Jusqu'à le retrouver. Là, juste en face. Il fait des câlins, au tiens, de cœur. Il se frotte comme un chat et ronronne contre ta source de vie. Il est bien à l'image du breton irlandais, tiens, ce cœur. Si attentionné qu'il peut quitter son logis pour être au plus proche des autres. Est-ce pour cela que le don ne fonctionne pas sur son porteur ?

Sur le moment, la réponse, il s'en tape un peu, en fait, Eros. L'image de son torse vide le hante. Et les mains baladeuses d'Adam ne suffisent plus à le maintenir en sécurité. Il se sent nu, fragile. Là, exhibé à tous, regardé des autres vivants comme un mort en sursis, comme un zombie. Il veut récupérer son cœur, et vite. Mais ce dernier ne semble pas du même avis. Il est bien, là, contre l'autre. C'est moins austère que sa place initiale. Il refuse donc tout appel au retour, comme un adolescent en fugue. Ignorant des conséquences, soufflé par la puissance de leur union, le rouquin s’éjecte. Il se projette en arrière, de toute son anatomie et tombe lourdement sur le sol. Son don est bien obligé de suivre.

Les barrières refont surface. Le bureau du psychologue est de nouveau en place, protégeant les deux hommes des regards extérieurs. Bien entendu, ces regards étaient aveugles, puisque seuls les yeux des deux daemoniens possédaient cette vision. Mais la sensation est la même. La mise à nue, l'exposition. Haletant, tremblant, les lèvres en feu, la marionnette de Cupidon dévisage le voleur de cœur. Qui semble tout aussi choqué. Cela n'enlève en rien la paranoïa et la folie grandissante en Eros.

-Rends-le moi.

Echo quitte le dos de Charlotte avec précaution. Bien moins atteinte que son humain, elle peine à comprendre sa réaction.

-RENDS MOI MON CŒUR ! Hurle à présent le garçon.

Incontrôlable, il s'arrache avec maladresse son petit pull pour se retrouver torse nu. Il tâtonne l'emplacement qu'il pense vide, trop perdu pour réellement sentir quelque chose.

-Où est-il ? Là. Il devrait être là ! J'peux pas le perdre. J'peux pas le donner comme ça !

Il perçoit Adam qui vient le ramasser, le retrouver. Il s'accroche à lui avec détresse.

-J'peux pas me faire voler mon cœur. C'est ça, hein, qui s'passe ? C'pour ça que j'contrôle rien ? Parce qu'on me vole mon cœur à chaque fois, c'est ça ?

Il tente de se calmer, de retrouver ses esprits et laisse sa main caresser le visage du beau brun.

-J'ai un cœur qui s'fait la malle. Un cœur en cavale.

Ses lèvres charnues viennent de nouveau embrasser celles si douces de l'adversaire. Et ses paumes se glissent contre la peau, sous la chemise. Il est incapable de lui résister. Peu importe le crime.

-Garde-le. Ou apprends-moi à l'enfermer. Parce que j'peux plus. J'veux plus.


Spoiler:
 
  
MessageMer 18 Avr - 20:15
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Date d'inscription : 14/02/2018Nombre de messages : 81Nombre de RP : 38Âge réel : 30Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon : Fascinante et effrayante
Adam LucasNormal is just an illusion
Putain, c'était quoi ça ? Nous étions où ? Comment ça se faisait qu'on voyait les organes vitaux de tout le monde autour de nous et que les murs étaient transparent ? On aurait presque dit qu'on avait un genre de vision un peu édulcorée de moustique, sensible aux infra-rouges et terriblement attiré par les pulsations. Toi, tu vis un rêve éveillé, juste émerveillé par cette nouvelle manière de voir les choses. Ton regard se promène ça et là, un sourire ébahis sur le visage comme si tu venais de découvrir une nouvelle drogue ce qui n'est pas spécialement loin de la vérité.

Tu aimes le contrôle et plus encore dans tes relations amoureuses, mais là, cela dépasse tout ce que tu connais et va au delà de toutes maîtrise. Depuis quand Eros est-il venu sur tes genoux, déjà ? D'ordinaire, tu préfères nettement ... dominer ... la situation. Là, cependant, aucune retenue, ni aucune hésitation, tu le laisse envahir ton esprit autant que ton corps, appréciant cette donnée fraichement découverte comme une nouvelle dimension qui te fait voir les choses autrement.

Ton cœur ... Tes cœurs sont sur le point d'exploser. Tu le sens jusqu'au bout de tes doigts devenus brûlants. L'idée d'unir les corps en même temps que les esprits et les cœurs est terriblement séduisant pour toi à cet instant précis et te fais même venir en tête quelques images dont je croyais détenir l'exclusivité jusqu'à présent. Intéressant, je dois dire ...

Pour ma part, je sens le contact de ma petite Echo qui, courageusement, est venue se blottir contre mon dos. Curieuse sensation que de celle de s'offrir un contact aussi profond de Daemon à Daemon. C'est tellement exquis que mes yeux se ferment les uns après les autres.

Et le lien se brise à nouveau. Tu lâches un râle digne d'un bon film porno, mais ce cri du cœur vient de la frustration, jaillissant à l'extrême, avec cette rupture qui arrive bien trop vite et bien trop rapidement. J'ouvre mes yeux pour regarder les tiens, pupille dilatés, ton sang bat à tes tempes, tes mains que l'on devine aisément tendues veulent se refermer sur la chair de l'amant, griffer, interdire de partir, renouer la liaison pour repartir dans votre monde à tous les deux. Tu n'es plus que chair à vif en cet instant, en manque, prédateur s'apprêtant à se jeter sur sa proie. Mais tu comprends que la proie à peur et tu retrouves comme tu peux tes esprits.

Adam, cet homme va te bouffer tout cru. Je pense que c'est toi, la proie, ici. Tu ne sais absolument pas quoi répondre à toutes ces supplications, totalement vidé de tout sens moral, ton intelligence et ta raison se sont fait très discrètes dans ta tête, te laissant te débrouiller seul. Merci les copines !

Et là, Eros arrache son pull. Qui aurait pu prédire qu'il soit si fort, finalement. Pour ta part, ce dernier geste t'arrache quelques spasmes du visage qui me font rire intérieurement. Qui aurait pu croire que devant une personne en détresse, Adam ne pense qu'au plaisir charnel ? Sérieusement, on dirait moi !

"Hé, réveille-toi ..."


Notre lien à nous n'était pas rompu mais tu avais visiblement autre chose dans ton esprit. Tu passes une main sur ton visage où tu sens perler la sueur avant d'aller retrouver Eros pour tenter de le calmer. Tes mains se posent sur ses avant-bras où subsiste encore un peu de tissus. Tu te félicites de pouvoir encore renoncer au lien pendant un moment de crise même après une expérience pareille.

Les supplications continues, tu es si perturbé que tu les comprends à peine. T'inquiètes, mec, je t'en ferais la traduction plus tard.

Et le contact se refait, une mains sur ton visage ... Puis à nouveau ses lèvres contre les tiennes ... Subtilement, tu te demandes si les différentes parties de ton corps et le sien en contact ne seraient pas différemment sensible au niveau de vos dons. Quand ses mains glissent sous ta chemise, directement sur ton torse, près du cœur, la réponse te vient directement : Oui, et tu va frôler la crise cardiaque s'il va plus loin.

Fort heureusement pour toi et ta santé mentale, du trouble s'est mêlé aux émotions. Une peur mêlée à du chagrin. Pour ta part, c'est amplement suffisant pour te calmer directement et te faire retrouver tes pieds sur terre.

Te lançant presque un défis à toi-même, ta main se glisse dans les cheveux roux de ce nouvel être aimé alors que l'autre se pose directement sur son torse. Ta bouche essayent de reprendre le contrôle du baiser alors que tu essayes de reprendre le contrôle tout court. Tu fini par mordre la lèvre inférieure d'Eros, sans violence mais avec beaucoup de sauvagerie. Finalement, tu quittes à regret cette bouche qui appelle aux contacts les plus enflammés.

"Le trouble te va si bien ..."

Ta voix n'est absolument pas moqueuse et est curieusement posée pour une personne qui vient de vivre tant de choses. Ta main quitte son torse pour venir à nouveau se placer sur la joue de l'irlandais, le forçant à te regarder droit dans les yeux que tu plisses légèrement.

"Ne t'inquiètes surtout pas. Nous allons y arriver. N'en demandes pas trop à ton don tout de suite. Pas après ce qu'il vient de me révéler. C'est simplement fascinant."

Tu te redresses alors, prenant peu à peu contenance malgré le contact et perdant du même coup ce regard bestial que je n'ai eu que peu d'occasions de contempler. L'instinct s'efface, l'intelligence refait surface.

"Jamais je ne me permettrais de voler ton cœur, jamais. A vrais dire, je ne sais pas ce qui s'est passé. Je pense que ton cœur à une capacité hors du commun à aller se nicher chez les autres. Je pense que c'est comme ça que nous devrons partir, je suis désolé mais je vais devoir te suivre d'assez près, professionnellement comme personnellement. Eros, je ne te lâche pas, tu m'as compris ?"

Cette question était d'une fermeté toute anti-pédagogique.

Mais nous y sommes enfin arrivés : qui va se taper des pages entières de codes pour brouiller vos pistes à tous les deux ? Qui va devoir se taper des textes juridiques pour savoir quand vous serez dans l'illégalité ? Qui va vous demander des rançons déraisonnables pour éviter de vous vendre en pâture à l'équipe universitaire ?

Je jette un œil à ma douce créature émeraude. Elle s'était détachée de moi quand le lien s'était brisé et je m'en voulais un peu à présent de ne pas l'avoir retenue.

"Tout va bien ma chère ?"
demandes-je en m'approchant doucement d'elle. "Tu n'aurais pas une autre de ces merveilleuses idées dont tu as le secret. S'il te plait ?"
  
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