Numéro 6

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Mer 7 Mar - 18:40
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Adam Lucas, consultant en psychologie peu sur de lui, enchanté.

La musique qu'Adam met juste avant qu'Alexie n'entre.


L'intercision ...

Encore un de ces termes qui vont rester dans l'histoire comme quelque chose où les gens diront : "mais comment ont-ils fait ?" "moi, je n'aurais pas laissé faire ça, je me serais battu !" et autres "heureusement qu'on a changé les mentalités"...

Les humains, ça vous plait tant que ça de vous entre-déchirer ? De décréter néfaste tout ce qui vous est inconnu ? De vouloir éliminer ce que vous ne connaissez pas avant même de le comprendre ? Vous me fascinez, je l'avoue.

Après l'épisode des enfants Daemoniens utilisés pour faire des combats de Daemons en Moldavie, où le but était de battre les enfants suffisamment pour que leur daemons soient le plus féroces possible sans pour autant "abuser" pour éviter qu'ils ne se stabilisent ... Voilà qu'on nous sort cette histoire de tests et de ... c'était quoi le nom déjà ? L'intercision.

Celle là, elle est forte ! Et arrive même à m'arracher quelques frissons dans mes poils, c'est dire ! Il s'agit d'arracher son Daemon à un humain, rien que ça ! Désolée, je m'emporte mais il s'agit tout de même d'arracher une partie de quelqu'un ! Si ces gens en étaient pourvus d'un, je suis sûre qu'on pourrait essayer de leur retirer le cerveau ou le cœur, pour voir comment eux réagiraient.

Bref ...

Je te regarde, tu es resté maussade ces derniers temps à tel point que je doute qu'un jour je ne te voie sourire à nouveau. Ceci dit, cela fait longtemps que tu es resté seul avec moi, le nez dans tes dossiers, et cette "sortie" au centre thérapeutique n'est pas là pour t'apaiser. Tu as peur de continuer, je le sens. Toutes ces victimes, tous ces traumatismes, tu les ressens toi aussi, aussi violemment qu'un coup de couteau en plein cœur. Les autres ne savent pas, mais moi je comprends bien, si toi, tu ne fais pas ça pour tous ces gens, personne ne le fera, du moins, pas aussi bien que toi tu es capable. Moi, je me fiche éperdument de ce qui arrive à tous ces rescapés, qu'ils crèvent !

Mais je suis ton âme à toi, tu te dois de t'occuper d'eux. Alors je me dois de te suivre dans ta voie. Cependant, tu restes maussade, apeuré par ce que tu vas découvrir.

"Adam ?"

Tu ne réponds même plus, tellement absorbé par la lecture des fiches qu'ils t'ont donné. Tu dois choisir un patient pour t'en occuper personnellement, pour faire tes preuves auprès des autres, pour toi, et surtout, pour lui. Tu ne sais pas laquelle choisir, le patient le plus désespéré ou le plus sur de ne pas te causer de nouveaux traumatismes ? Celui qui sera détruit sans toi, ou celui qui te détruira ?

"Désolée mec, c'est pour ton bien..."

Mes chélicères sont parfaitement propres, pas d’inquiétude. Je descend le long de ton bras, enjambe ta montre, et te mords très violemment entre le pouce et l'index.

"Hey ! Non mais ça va pas la tête ?"

Tu secoues la main sous la douleur et je tombe sur ton bureau. Projetant des fiches de patients potentiel par terre.

"Maintenant, tu vas m'écouter ! Tu vas te bouger le cul mais fissa ! Aller me chercher une barre de chocolat, revenir ici, et je t'aurai moi-même choisi un patient que tu rencontreras pas plus tard que tout de suite ! Et ne me regardes pas comme ça ! Tes traumatismes, je les absorbes aussi, je te rappelles, mais moi, je ne suis pas humaine, je ne suis pas toute narcissique comme vous autres ! Non monsieur ! Je me raisonne et je m'en remets !"

"Toi ... Tu aimes la souffrance des autres ..." Tu me dis d'une voix éteinte en regardant ta main.

"Bah p'tetre que ça peut te servir ! Moi j'encaisse les traumatismes, et toi, tu te concentre sur ce qui les aide. Comme ça, on est gagnant tous les deux. Bon, où est ma barre de chocolat ?"

Je te fais face et je ne te lâcherai pas, quitte à te mordre encore s'il le faut. Toi, tu le sais, nous nous comprenons de mieux en mieux à présent. Et là, il se passe quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas : Tu souris, de plus en plus, avant d'éclater de rire. Ce n'est pas un rire contrôlé ou maîtrisé, mais un de ceux qui éclabousse, chaotique.

"A votre service, ma dame."

Tu te lèves et sors. Moi, je me dépêche de choisir une fiche totalement au hasard. Je sais qu'une pré-séléction a été déjà faite, tous sont Daemoniens, et tous sont des cas désespérés aux pouvoirs incontrôlables, et tous ont faillit subir cette intercision. Avant qu'Adam ne revienne, j'ai sauté sur le téléphone et ait composé le numéro de la secrétaire.

"Bonjour ! C'est Charlotte, la secrétaire d'Adam ... Oui ... Mais bien sur qu'il a une secrétaire ! Et oui, je suis venue avec lui ! Bon, là n'est pas la question. Veuillez amener dans le bureau des consultations le patient ... Numéro ... " je regarde à nouveau rapidement la fiche "6 ! Oui, s'il vous plaît ... Faire attention ? Dangereuse ? Comment ça ? Non, je ne vous demande pas votre avis ! Voilà, faites au mieux."

Je raccroche avec force au moment où tu entres avec ma friandise entre les mains. Nous échangeons, chocolat contre la fiche que j'ai plus ou moins soigneusement choisie et tu commence à la lire avec sérieux. Les informations sont purement médicales et très peu précises. Un détail attire ton attention, cependant ... La musique ! Tu te souviens que tu as justement sur toi ton CD que tu écoutes pour te calmer. Tu te décides à le mettre histoire d'être parfaitement serein quand la personne arrivera, qu'au moins l'un d'entre vous ne soit pas angoissé. Bonne idée !

Tu as à peine eu le temps de lancer le lecteur de CD de l'ordinateur et de choisir ta musique que des coups agacés à la porte se font entendre. Tu fermes ton pouvoir au mieux avant d'aller ouvrir. Derrière la vitre opaque, on peut voir trois silhouettes, manifestement deux médecins et une jeune fille entre eux.

"Numéro 6 est arrivée ! Tu m'en veux pas ? J'avais déjà pris le rendez-vous."

Alors que tu ouvres la porte, tu te retournes vers moi. Ton sourire si enfantin vient subitement de retomber.



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Mer 7 Mar - 21:57
Perth Amboy, juin 2016, Centre d'aide thérapeuthique

J’étais assise dans l’un des fauteuils de la salle commune. Un truc stupide qu’on nous forçait à faire, aller dans la salle commune pour sociabiliser. Je n’avais aucune envie de sociabiliser, avec qui que ce soit. Ils devaient l’avoir compris au bout de deux mois. Quoique, ce n’était pas sûr, puisqu’ils continuaient d’essayer de me forcer à parler. Quand est-ce qu’ils comprendraient que je n’avais aucune envie de leur dire un mot, que je voulais être seule avec Seth ? Et finalement, j’étais dans cette salle sans même adresser un regard aux autres, les jambes ramenés contre ma poitrine, le regard tourné vers la fenêtre proche de moi, observant l’extérieur. Des écouteurs étaient fixés dans mes oreilles, jouant un morceau de Chopin. Sans m’en rendre compte, mes mains posés chacune sur l’un de mes tibias jouaient la partition de violon. Les doigts de ma main gauche s’appuyaient en rythme sur les cordes imaginèrent, quant à ma main droite, ils semblaient tenir un archet, et jouaient sur ma jambe. Seth, lui, était allongé au sol, un bouquin entre les pattes sur l’astrologie. Il tenait les pages avec sa page, mais peinait à les tourner, tenant une sorte de bâton entre ses crocs, et essayant de temps en temps avec ses griffes mais avec de la difficulté. Depuis sa stabilisation, il peinait à s’habituer à cette nouvelle situation – qui remontait désormais à quatre mois environ – lui qui avait l’habitude de se transformer en singe lorqu’il lisait. Lui comme moi n’y étions vraiment pas préparé puisqu’on essayait de s’enfuir d’un incendie, et l’un l’autre nous demandions pourquoi cette forme. Après tout, avec cette habitude que nous avions à grimper partout, on s’attendait à ce qu’il prenne la forme d’un hominidé. Nous devrions peut-être faire des recherches sur internet, mais pour le moment ce n’était pas dans nos priorités. Rien n’était dans nos priorités, vue qu’on ne s’intéressait pas à grand-chose en ce moment.

Un médecin et un infirmier finissent par s’approcher de moi. Je ne tourne même pas la tête vers eux, trop occupé dans la contemplation du paysage. Ils me parlent mais je ne les entends pas – ou les ignore tout simplement. Seth par contre, lève la tête, les écoutant.

« Un nouveau psy ? Et où est le docteur Davidson ? leur demande mon Daëmon.

- Le Docteur Davidson ne peut malheureusement plus vous prendre en charge suite à des raisons personnelles, répondit le médecin. Mais ne vous en fait pas, un nouveau psychologue accepte de vous prendre en charge. Il saura vous aider »

M’aider ? M’aider ? Si j’en avais eu l’énergie, j’aurais laissé échapper un rire sarcastique, mais rien ne fit frémir la commissure de mes lèvres. Comme si j’avais la moindre envie d’être aidé. Depuis que j’étais petite, je me débrouillais seule, et veillais sur Seth, le protégeais de tous les dangers.

Ils ne le comprenaient toujours pas. Le médecin qui – visiblement ne me connaissait pas – tendit la main pour la poser sur mon épaule pour me faire réagir. Heureusement, l’infirmier l’en empêcha. Ce fut finalement Seth qui me fit réagir en posant ses pattes sur mes genoux. Je laissais échapper un soupir, et finit par retirer mes écouteurs pour les ranger avec mon téléphone, et me lever. Seth me suivit, marchant derrière les médecins. Encore un nouveau psy hein ? J’en avais déjà eu à l’hôpital, puis un ici, et ça ne me surprenais pas qu’il m’ait abandonné. *Il a eu peur de nous apparemment.* me dit Seth via notre lien. *En même temps, j’ai failli l’assommer la dernière fois* Rétorquais-je fatiguée. Tu m’étonnes qu’il était terrifié par moi, et ce n’était pas seulement à cause de notre dernière séance. Plusieurs fois il avait déclenché mes crises de paniques, et forcément des objets avaient volé dans la pièce – certains plus lourd que d’autres – et durant notre dernière séance, c’est sa lampe qui l’avait percuté jusqu’à le faire saigner. Il n’avait pas arrêté de me dire que j’allais m’en sortir, que certes j’avais vécu des choses horribles mais que la vie continuait. Tu parles, il ne savait rien. Tous les médecins supposaient que j’avais failli vivre l’intercision – évidemment puisque j’étais dans ce laboratoire. Aucun d’entre eux ne pouvaient savoir que je l’avais subi. Que la lame avait commencé à trancher notre lien, et c’est seulement grâce à mes pouvoirs que nous avions survécu. Aucun d’entre eux ne pouvait comprendre la douleur de se faire couper en deux. Aucun d’eux n’avait vu ce que devenait les enfants suite à l’intercision – des zombies complètement dénués de toutes choses, de toutes émotions. Rien que cette pensée me fit frissonner, et je la chassais rapidement de mon esprit, je n’avais aucune envie de faire une crise de panique.

Je m’arrête devant la porte, mes bras croisés sur ma poitrine, triturant du bout des doigts les manches de ma veste trop longues qui couvraient mes mains. Mon visage était tiré par la fatigue, et mon regard un mélange de plusieurs émotions. La peur, l’angoisse que je ressentais en permanence, l’agressivité d’être bloquée ici, encadré par deux personnes comme s’ils avaient peur que je m’enfuie – ce dont je rêvais. Je détestais être enfermée ici, sans pouvoir rien faire. Je détestais être enfermée, et encore moins qu’on me force à faire tout ça. Et une dernière émotion que je cachais à tous, même à Seth, la lassitude.

Finalement la porte s’ouvre sur mon nouveau thérapeute. Mes yeux l’examinent des pieds à la tête, comme si je cherchais sa faiblesse, que je cherchais à prévoir ses actions. Alors que le médecin prend la parole.

« Monsieur Lucas, je vous présente Alexie Taiji, et Seth, dit-il. J’espère que vous vous entendrez »

Je n’avais aucune envie d’être ici, et s’il n’était pas trop idiot, il devait rapidement l’avoir compris. Seth était moins secret que moi, pourtant il n’était pas très envieux d’être ici. Il entre dans la salle, examinant la pièce, ses yeux regardant tout autour, comme s’il cherchait un danger. Il était vigilant depuis l’incendie. Un peu trop d’ailleurs, mais je n’étais pas en état de trop m’inquiéter pour ça, bien trop épuisé mentalement et physiquement pour ça.

Sans un mot, je finis par entrer dans la salle. Je regardais tout autour de moi, sans voir rien de trop menaçant. Finalement, je m’assis sur le canapé pour le patient. Je ramenais mes jambes contre ma poitrine, posant mes chaussures sur le tissu, avec des chaussons. Je m’en fichais de ce qu’il me dirait, j’étais plus à l’aise dans cette position pour le moment, sur la défensive, exposant aussi peu que possible mon corps. Seth était venu s’asseoir à côté de moi. Ses yeux ne se posaient jamais sur quelque chose en particulier, ses oreilles bougeant dans tous les sens, à l’affut du moindre danger. Avant que notre – ou plutôt mon psy plus que la plupart s’intéressait assez peu à Seth – ne rentre dans la pièce, l’infirmier le retint par le bras, se penchant vers lui et lui murmurant pour ne pas que j’entende.

« Si vous avez un problème, n’hésitez pas à appuyer sur le bouton d’urgence, nous interviendrons aussi vite que possible »

Seth par contre entendit très bien. Il tourne la tête vers l’infirmier, en plissant les yeux, agacé par cette remarque, mais décida de ne rien me dire en ramenant son regard sur la pièce. Moi je préférais me couper du reste, écoutant la musique qui passait. Là encore sans m’en rendre compte, mes doigts, posés sur mes genoux, jouaient le morceau mais de piano cette fois – un instrument que je maîtrisais presque aussi bien que le violon.
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Mer 7 Mar - 23:35
C'était une femme, ou plutôt, une fille vu sa fragilité apparente. Pendant ce court laps de temps, d'énormes quantité d'émotions nous proviennent de ce duo inattendu. Nous n'arrivons pas à tout décrypter, aussi, tu fermes ton esprit à ces assauts incessants pour le moment.

Pour ma part, je suis un peu perturbée. D'habitude, rien ne m’atteins à ce point, mais là, j'ai presque envie de sauter sur elle, de la toucher, de la rassurer en me blottissant dans son cou. J'ai devant moi une rescapée de l'intercision.

Toi, tu as les mêmes impulsions, la prendre entre tes bras pour la protéger, la toucher pour apprendre à comprendre ses traumatismes et l'aider à s'en sortir, mais tu ne fais rien, tu ne te le permets pas pour le moment. D'une part, tu sais que tu risques de lui faire très peur, et d'autres part, son bagage émotionnel nous détruirait aussi sûrement qu'il l'ont détruit eux.

Physiquement, la femme est bien loin de l'idée que je m'imaginais. Elle est petite et menue, rien de bien dangereux dans cet aspect là. Mais ce qui m'attire le plus sont ses yeux : terriblement cernés de celle qui n'a pas passer une nuit paisible depuis longtemps, il sont surtout ... différent, l'un de l’autre. L'un est vert, l'autre est bleu ce qui ne se remarque que si elle regarde bien de face. Je trouve cela magnifique et cela augmente ma sympathie pour elle.

L'infirmier te prend le bras pour te chuchoter quelque chose à l'oreille que je ne prend même pas la peine de comprendre. Tu te tend instantanément et tu lui offre un regard où se mêle l'indignation et la colère, d'un coup un peu violent, tu te dégage de sa piètre étreinte, tu te redresse de toute ta hauteur et tu claques la porte derrière eux sans rien dire. L'amitié entre collègue ! Yey !

Nous voilà alors tous les cinq, toi, moi, lui, elle, et la musique, et c'est très bien comme ça. Entre nous deux, les rôles se sont de nouveau inversés. Tu es celui qui est sur de toi quand je suis la trouillarde. Je ne veux plus avoir ce genre de patient et subir leur traumatismes, l'idée d'être séparée de toi est au dessus de mes forces, et des leurs aussi, manifestement. C'est comme de mourir, mais en bien pire.

Afin m'occuper un peu l'esprit, je consulte le dossier de la demoiselle afin de voir si je peux y découvrir quelque chose d'intéressant. Allez, c'est toi le psy, à toi de jouer à présent.

Tu t'es abaissé, ou plutôt accroupi devant eux, laissant entre vous une distance confortable. Ta stature te permettant d'être à leur niveau bien que tu sois assis sur tes talons. Tu leur sourit malgré l’indifférence qu'ils t'infligent. Tes yeux se portent alors sur le Daemon-panthère qui semble plus réceptive.

"Quel magnifique Daemon..." tu murmures presque."Une panthère alors, quel choix étonnant et cependant révélateur. J'aimerai beaucoup en savoir plus sur vous, votre relation quand le moment sera venu. Seth, c'est ça ? Moi, c'est Adam. Consultant en psychologie, pour vous servir."

Tu ne restes pas longtemps sans parler, tu détestes les silences prolongés qui peuvent laisser place aux émotions. La fille est vraiment endommagée, ils sont vraiment nuls ici pour ne pas s'en être rendu compte à ce point là. Vraiment nuls.

"Je vous présente Charlotte, ma Daemonne qui est sur mes dossiers. Voilà, comme ça, nous sommes au même plan, vous et nous."

J'agite timidement la patte du haut du bureau. Je me sens presque maladroite à côté de toi qui a l'air si à l'aise tout à coup. J'ai presque l'impression que tu craints bien plus les médecins et l'administration que des patients classés dangereux.

"La musique ne vous dérange pas ? Vous souhaitez un thé, un café, un chocolat chaud ? Sinon, j'ai quelques biscuits au gingembre, fabrication maison."

Hé ! Comment ça se fait que tu ne m'en a pas proposé à moi, de tes biscuits ? Alors moi, j'ai droit à de l'industriel mais tu offres à ces étrangers les derniers gâteaux qu'il nous reste ? Tu ricanes intérieurement en pensant que chasser le naturel, de toutes façon, il reste englué dans la toile.

Tu te reprends et tu t'adresses plus sérieusement à Seth.

"Ce n'est pas une vie pour vous, ici. Ils souhaitent que vous alliez mieux avant de vous laisser libre alors qu'ils ne comprennent pas que c'est en vous retenant ici que vous irez de moins en moins bien. Pour le moment, je ne peux rien y faire, alors il va falloir m'aider à ... vous aider. Tu comprends, Seth ?"

En attendant la réponse, tu te lèves pour aller faire chauffer l'eau et préparer une assiette avec les biscuits. Tu m'offres ton sourire le plus compatissant et tu laisse un de ces merveilleux gâteau dont tu as le secret près de moi. Ah, merci !



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Jeu 8 Mar - 9:54
Seth et moi suivions du regard le psychologue qui s’accroupis devant nous. J’eus assez rapidement l’impression qu’il me prenait pour une enfant. D’accord, je n’avais que vingt ans, mais ce n’était pas une raison pour me prendre de haut, comme tous ces médecins pleins de diplômes. Et encore, s’il savait d’où je venais, de la banlieue New-Yorkaise, ce serait encore pire. Comme les médecins de cet hôpital de quartier où j’allais de temps en temps et que je préférais fuir parce que c’était bien trop compliqué de trouver des raisons à chaque fois pour mes os cassés, et les nombreux bleus sur mon corps.

Je pose les yeux sur Seth. C’est vrai qu’il était magnifique comme ça, mais je n’aimais pas cette idée. L’idée que n’importe qui puisse voir une partie de mon âme et que sa forme dévoilait qui j’étais. Pendant des années j’avais ignoré ce qu’était Seth. Je savais seulement que lorsque quelqu’un le touchait ça me faisait mal, très mal. A cette époque, je ne comprenais pas qu’il était plus que mon ami, ou mon frère, mais mon âme. Tout ça c’était encore très nouveau pour moi, parce qu’à peine la nouvelle annoncée en 2011 sur l’existence des Daëmoniens, on m’enlevait peu de temps après. Et l’arrêt des transformations signifiaient le passage à l’âge adulte. Quoi, je n’avais été adulte qu’à 19 ans ? La bonne blague. Je m’étais toujours compotée plus comme une adulte que comme une enfant.

Seth fit un signe de tête à l’autre Daëmon, puis reporta son attention sur Adam. Moi je me demandais : si le Daëmon ressemblait à une part de nous, alors qu’est-ce que voulait dire le Daëmon d’Adam ? Un psy avec une mygale – ou quelle que soit son espère – ça n’avait rien de rassurant.

« Non la musique ne nous dérange pas, dit Seth. En même temps avec moi qui continuais de pianoter sur mes genoux, ça me permettait de penser à autre chose, de me vider la tête. Un chocolat chaud pour Alexie pourquoi pas, reprit mon Daëmon »

J’aimais le sucré, et le chocolat, mon pêché mignon. Même si en ce moment je buvais plus du café pour éviter de dormir. Ca semblait stupide vu comme ça puisque je manquais de sommeil, mais justement, je ne voulais pas dormir parce que je passais mon temps à avoir des cauchemars.

« Je ne suis pas idiot, dit Seth, un peu séchement. Mais on a pas spécialement envie de raconté notre histoire »

Seth exprimait parfaitement ce qu’on ressentait tous les deux. Tout ce qu’on voulait c’était sortir d’ici. Dans quelques mois je le pourrais. Lorsque j’atteindrais vingt et un an. Plus que neuf mois à supporter toutes ces personnes qui tentaient de me comprendre, moi qui n’en avait pas la moindre envie. Et puis, moins j’en révélais sur moi, mieux ça vaudrait. Ce n’était pas pour rien que j’avais changé d’identité. De plus, j’avais déjà mon confident, et je préférais de loin parler à Aztek qu’à tous ces types. Lui au moins pouvait me comprendre, lui qui avait été aussi détruit que moi par la vie, par son père. Et c’était tellement plus facile de se confier à quelqu’un dont on ne connait ni le visage, ni le vrai prénom. Ca semblait presque irréel tout en étant parfaitement vrai. Avec lui, je pouvais m’en sortir, contrairement à tous ces psys qui ne comprenaient pas grand-chose. Mais malgré notre lien, je n’avais pu lui dire où j’avais passé ces dernières années. C’était encore trop dur pour moi. Et tant que je n’en parlais pas, je pouvais faire comme si ça ne s’était pas passé, je pouvais l’ignorer. Jusqu’à la prochaine crise tout du moins.

* Il a l’air plus compréhensible que les autres* me dit Seth. Mais lui aussi était sur la défensive. Il se souvenait parfaitement que la dernière fois qu’on avait fait confiance à quelqu’un, il avait fini par nous trahir, et nous abandonné. Comme tout dans cette foutue vie qu’était la notre. Et on attendait. On attendait la suite. On attendait la prochaine fois que tout partirait en vrille. Parce que c’était toujours comme ça que ça se déroulait. Lorsque les choses s’amélioraient un peu pour moi, que je trouvais quelqu’un d’amical, je finissais toujours par le perdre. Maria, la vieille femme mexicaine de mon quartier que je voyais comme ma grand-mère, était morte. Liam, mon meilleur ami, m’avait vendu à ces types du laboratoire. Aztek finirait sûrement par m’abandonner comme les autres une fois qu’il aurait trouvé mieux dans la vie. Et si Seth n’était pas lié à moi… Je dissimulais cette pensée à mon Daëmon, frissonnant à cause du simple fait d’y avoir pensée. Je ferme les yeux pour repousser cette pensée, refermant mes doigts sur mon jogging. Sentant mon changement, Seth se tourne vers moi, frottant sa tête contre mon cou. J’essayais de me reprendre, me concentrant sur la musique, n’ayant aucune envie de faire une crise d’angoisse – surtout sachant que j’en avais déjà fait une ce matin après mon cauchemar. Finalement je me remis à jouer la musique avec mes doigts, me relâchant légèrement. Je rouvrais les yeux, la tête baissée, mes cheveux au carré dissimulant mon visage. Des cris se firent soudainement entendre. Moi je ne réagis pas, mais Seth manqua de faire un bond. Il lève la tête, les griffes sorties, sa queue s’agitant de droite à gauche nerveusement.

Seth se relâche légèrement lorsqu’il comprit que ce n’était pas dangereux, rentre ses griffes, et finit par tourner à nouveau la tête vers Adam. Moi aussi je relevais la tête vers lui.

« Et si on a pas envie d’être aidé, vous allez faire quoi ? Nous garder enfermer ? dis, ouvrant pour la première fois la bouche »
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Jeu 8 Mar - 14:23
De retour à la petite kitchenette, tu coupes alors l'eau qui s'était mise à frémir et tu prend une boite de ton fameux mélange chocolat, sucre et poudre de lait dont moi-même j'étais sceptique. Dans ta tasse propre, tu commence à verser les cuillerées de cacao. Bon sang, Adam, fais pas ton timide ! Un vrai chocolat chaud n'est que vraiment bon et crémeux qu'à partir de la quatrième cuillère ! Je te sens sourire à cette pensée, et t’exécuter pour une quatrième dose avant de verser l'eau chaude qui emplit la pièce d’arôme divins.

Je le sens, tu te concentre sur cette tâche plus que nécessaire, il te faut du temps pour tout bien absorber, comprendre. Tu n'as pas le droit à l'erreur avec ces deux là. Mais tu l'as compris, toi aussi, c'est trop tôt pour eux. Même ses pensées que tu t'étais timidement remises à écouter étaient confuses et pleines de détresse et de craintes de l'abandon. Tu t'arrête un instant dans tes gestes, un peu altéré et très confus.

Un mot vint. Aztèque ? Certainement un pseudonyme, je ferais des recherches en temps voulu, Adam, ne t'inquiètes pas. Manifestement, il est très important pour elle, reste à savoir s'il n'est pas dangereux. Si tous tes patients savaient par quoi tu es passé, sans doute arrêteraient-ils de se lamenter à ce point. Je sais, je sais, on s'occupe d'elle, pas de nous. Pardon.

Alors tu te retournes alors que la panthère te répond très clairement sur la défensive. Tu n'en prend pas ombrage le moins du monde, au moins, le Daemon parle et n'a ni montré les crocs, ni les gri...

Un hurlement assez loin mais assez fort nous a fait sursauté tous les deux ... Sans doute tous les trois car le Daemon-félin s'est mis sur ses gardes instantanément. Tu grimaces et revient te poser devant la table basse où tu poses la tasse encore fumante face à la jeune fille et à côté des gâteaux. Le Daemon s'est bien vite calmé mais la fille n'a pas bougé.

Et pourtant, elle parle. Nous pouvons enfin entendre le son de sa voix. Ce genre de voix qui est au delà des trémolos du chagrin, au delà de l'envie de se faire entendre, et au delà même de la timidité. J'espère que ces fous furieux ne l'ont pas gavés de médocs et de calmants, sinon, je fais fermer cet endroit vite-fait !

"A votre aise, si vous ne souhaitez pas être aidé. Je trouve cet endroit particulièrement anxiogène et, très franchement, je n'ai envie de garder personne ici, pas même mon pire ennemi... Du coup, que va-t-on faire de nos séances si ce n'est pas pour raconter votre histoire ?"

Tu l'as compris, tout comme moi. Le traumatisme est trop neuf pour espérer éradiquer à coup de thérapie, ni à coup de quoi que ce soit d'ailleurs, il lui faudra du temps et du soutien, et lui changer les idées. Pour ma part, il faudrait l’emmener dans un bar et la saouler jusqu'à ce que ses inhibitions tombent, y a rien de mieux pour accepter un traumatisme : l'état second. Mais je suppose que tu ne me demanderas pas mon avis alors laissons tomber l'état second.

Réfléchissant à la manière d'agir, tu remarques que ses doigts bougent au son de la musique. Ce détail curieux te fait sourire.

"Tu joues de la musique, c'est vrai. Tu aimes quoi comme type de musique ? Moi, je n'y connais pas grand chose mais j'adore Ludovico Einaudi." tu désignes les enceintes d'où sortent les dernières notes de musiques. "Ou encore Agnes Obel, mais ce que je préfère, ce sont les musiques de films, beaucoup d'émotions. Tu joues de quel instrument ?"

Je commence sérieusement à manquer d'air. C'est officiel, j'ai horreur de cet endroit où il n'y a aucune lumière naturelle. Je pense que n'importe qui saint d'esprit péterait rapidement un câble enfermé ici. A ces pensée que tu partages, ton regard se pose sur la porte.



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Jeu 8 Mar - 15:21
J ne le lache pas du regard. Ma voix avait été relativement calme, quoique légèrement blasé. J’étais épuisée, et tout ce que je voulais c’était être seule, pouvoir prendre l’air, et enfin pouvoir dormir. Mais aucune de ces choses ne semblaient possibles. Et comme je ne dormais pas, e n’arrêtais pas de ruminer, de penser à des tas de choses — beaucoup trop d’ailleurs. Il m’arrivait parfois de revoir la mort de mon père, et celle de ma mère — où techniquement ma belle-mère. Je n’étais pas sûr de ce que je ressentais à propos de ça. Leur mort m’avait libéré en un sens, mais les voir mourir sous mes yeux... Ca avait sa part de traumatisant.

Et comme d’habitude je repoussais ses pensées derrière ce mur que j’essayais de consolider. Là où se trouvait tous les démons. Je ne lâchais pas Adam du regard, me questionnant sur lui. Je me demandais bien ce qu’il avait pu vivre, après tout, tout le monde avait vécus des horreurs, surtout les Daëmoniens, a croire qu’on avait tous la poisse. Je me demandais aussi, et ça à propos de tous les psy. Sérieusement qu’est-ce qui les avait poussé à faire ce métier? Écouter les problèmes des gens à longueur de journée, ça avait de quoi rendre dépressif. *Tu es mal placée pour dire ça, tu préfère écouter les problèmes des gens, plutôt que de parler des teints, depuis toujours* Me dit soudainement Seth. Il n’avait pas tord. Même à Liam je ne lui avais finalement pas dit grand-chose, seulement dans mes pires phases à l’époque. Finalement je l’écoutais plus parler sur lui que je ne parlais sur moi.

« Ou la meilleure façon de rendre quelqu’un claustrophobe, dit Seth sarcastique en répondant à Adam »

Quand à moi, pour toute réponse, j’avais simplement haussé les épaules. Ne pas parler aussi c’était bien. Ou mettre fin à cette séance immédiatement et me laisser sortir de cette pièce. Je n’aimais pas cet endroit, cette pièce, être enfermé entre quatre murs. *On ira sur le toit après, ça nous fera du bien* Intervint Seth. Je hoche légèrement la tête. C’était une bonne idée, même si techniquement c’était interdit et fermé à clef. Mais l’une et l’autre ne nous avait jamais arrêté. L’avantage de savoir crocheter une serrure.

Puis il me parle de musique. C’est à ce moment que je vois mes doigts bouger en rythme. Je serre les poings, et finis par croiser les bras sur ma poitrine, presque gênée. A la place je me mets à triturer les manches de ma veste.

« J’aime de tout, dis-je simplement. »

Mais Seth en décida autrement pour parler un peu plus sur nous. C’était le premier psy qui n’essayait pas de nous forcer à parler de notre passé.

« Ça passe par le classique comme avec Chouin ou Mozart, au rock avec thirty second to mars ou Led Zeppelin, le métal comme Skillet, du reggae, de la pop. Lindsey Stirling sur YouTube beaucoup aussi. Enfin tant que les notes s’enchaînent bien et que ça forme une vraie mélodie, dit-il »

En réalité il traduisait mes pensées, car c’était moi qui passait mon temps à écouter la musique, et à me plaindre des choses qui passaient à la radio en ce moment. Il en parlait avec un certain entrain, comme ce je faisais avant l’époque du laboratoire. J’étais assez intarissable sur le sujet, un autre point en commun avec Aztek.

« Pour les films on adore les compositions d’Hans Zimmer et Alexandre Desplat par exemple. Et Alexie sait joué de pleins d’instruments : violon, piano, guitare, basse, la contrebasse aussi »

Je détournais les yeux, lançant un regard à la fenêtre. J’étais presque gênée qu’il parle de ça aussi passionnément. C’était moi la passionnée de musique. Lui il adorait étudié la biologie animal, végétal, et l’astronomie. Sauf que contrairement à lui je n’arrivais plus à être aussi enthousiaste avec ce genre d’idée. Enfin, c’était beaucoup de comédie en fait, comme la plupart des dépressifs qui souriaient face à leurs amis mais qui s’effondraient dès leur arrivé chez eux. C’est ce que je faisais à une époque, même devant Seth. Je ne voulais pas l’inquiéter plus que de mesure pour le protéger, alors j’avais cessé de partager mes émotions négatives avec lui et tout encaisser, tout le temps.
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Jeu 8 Mar - 16:25
La claustrophobie est une chose que tu connais bien, n'est-ce pas ? L'idée de prendre Alexie par la main et te sauver un peu dehors avec elle te séduit, même pour un court instant. Mais même si tu es convaincu que c'est la meilleure chose à faire, le risque est vraiment trop grand. Peu importe si tu perds ta place mais tu souhaites qu'il n'arrive rien à cette femme et si elle est classée dangereuse, ce n'est pas en lui tendant gentiment les mains qu'ils la feront rentrer.

La fille s'ouvre enfin, au travers de Seth. Je suis heureuse car cela signifie qu'elle n'est pas transformée en zombie par les tarés en blouse blanche. Pour ma part, je prend des notes sur les musiques que la magnifique panthère cite, cela me fera des idées pour plus tard.
Ah, Hans Zimmer, elle a du goût cette petite !

"Moi, j'adore Danny Elfman !" je crie, toute joyeuse, avant de me rendre compte que j'aurais du seulement penser. Tu me regardes, un peu interloqué mais tu n'es pas en colère pour autant. Je fais simplement signe que je me remet dans mon travail de lecture.

Alexie était une de ces nombreuses victimes qui souhaite simplement qu'on lui foute la paix, sachant à peu près gérer ses propres démons et qui a une sainte horreur qu'on vienne tout farfouiller. Là dessus, je la comprends parfaitement, seulement, ça ne marche malheureusement pas comme ça.

"Je comprends que tu n'ai pas envie de parler de toi. Cela ne me dérange pas le moins du monde. Après tout, je ne suis pas un vrai psy." tu dis, sur le ton de la plaisanterie avant d'ajouter beaucoup plus sérieusement : "De même, je suis convaincu que personne ici ne t'a vraiment aidé de toutes manières..."

Tes réflexions sur tes pseudo-collègues, tu te les gardes ! On est pas ici pour vider notre sac. Tu te ressaisis alors et tu accordes alors à Seth toute ton attention, te disant que tu allais laisser Alexie en paix pendant un moment.

"Je suis curieux, tu t'es déjà essayé à un instrument avec elle ? Je pari que vous pourriez être un super duo ! Des percutions, par exemple."

Tu les regarde. Elle, totalement absorbée par la contemplation de l'unique ouverture vers l'extérieur, et lui, méfiant, jugeant, et paradoxalement, assez détendu. Tu fais la moue et tu demandes le plus sérieusement du monde à Seth.

"Avez-vous droit à des instruments de musique ici ? On laisse bien Alexie en jouer ? Parce que s'ils ne vous laissent même pas faire ce que vous avez envie, tu peux m'en parler, Seth. J'ai pas tous les pouvoirs, mais je peux au moins faire ça pour vous. Quand je parlais de vouloir vous aider. C'est aussi avec ce genre de choses."

Tu te redresse un peu, soucieux de continuer cette discussion sur le bon pied mais ne sachant absolument pas comment continuer. Tu as horreur des monologues. Finalement, tu les laisses choisir eux-même le tournant que ça prendra.

"D'ailleurs, vous avez des questions particulières ? Des envies, des interrogations ou même des propositions."

Et si on se faisait un monopoly ? Adam, t'es sérieux ? Si ça se trouve, elle va te demander les informations sur elle qu'on doit garder secrètes, ou encore la véritable identité de son Aztèque, et même la géolocalisation de ses ennemis. T'es pas sérieux ?

Ah, si, tu l'es carrément. Une lueur d'amusement complice se met même à briller dans tes yeux. Et si elle demande quoi que ce soit, qui va s'y coller ? C'est Charlotte !



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Jeu 8 Mar - 22:34
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« J’aime aussi, avais-je répondu à voix basse à Charlotte »

Une des rares paroles que je sortais. Pas sûr que l’un ou l’autre met entendu, mais ce n’était pas si important. Et j’avais remarqué que cette intervention n’était pas prévue, et que ce n’était pas habituel que le Daëmon parle durant les séances. Puis lui il enchaine sur quelques choses qui surpris Seth, et l’angoissa légèrement. Il ne voulait pas que n’importe qui farfouille dans notre tête. *Laisse, il dit ça pour rire. Il pourrait pas travailler ici sinon* Mes paroles semblèrent détendre un peu Seth. Juste un peu puisqu’il était en permanence à un niveau d’angoisse élevé. Toujours sur ses gardes. Je n’en étais pas sûr, mais en cherchant sur internet, je me demandais si son syndrome ne se manifestait pas par de l’hypervigilance, quand moi il se manifestait par des crises d’angoisses. Enfin, je n’étais pas une professionnelle, et personne ne s’était intéressé assez à mon Daëmon pour ça. Le désavantage de travailler avec des Humains.

« Oh si ils m’ont aidé, dis-je sur un ironique. A provoquer mes crises d’angoisses. Et on se demande pourquoi j’ai failli tuer Davidson »

Je disais ça sur un ton ironique, presque détachée, ce qui n’était pas du coup le cas, puisque je me sentais toujours coupable de ce que j’avais fait. Puis moi je me tus, écoutant ce qu’il disait, sans le lâcher du regard, tout comme Seth. Lui surveillait les mouvements qui pouvaient s’avérer menaçant. Moi je l’analysais, essayais de le comprendre et de prévoir ce qu’il allait faire, parce que c’est ce que je faisais tout le temps.

« Non, je n’ai jamais vraiment joué, dit-il. J4ai déjà essayé, mais j’ai pas l’oreille musicale, contrairement à Alexie, et quand je joue ça sonne toujours faux, autant ne pas casser ses oreilles »

Ah bah ça, avec mon oreille absolue, oui ça m’énervait d’entendre les fausses notes. Et eux deux continuaient de discuter, sans faire attention à moi. Ca ne me gênait pas, je préférais presque. Seth aimait discuter, plus que moi désormais. Je trouvais pourtant les gens intéressants, mais trop compliqué en ce moment, je n’avais pas l’envie d’essayer.

« Je sais pas s’ils en ont, et on a jamais demandé, dit Seth, puis il tourne la tête vers moi. Mais ce serait bien si tu pouvais jouer de nouveau »

Je hochais lentement la tête. Oui ça me plairait beaucoup de jouer, mais avec quoi ? S’il me refilait un instrument mal accordé, ça n’en valait pas la peine. Mon ouïe était beaucoup trop sensible pour jouer d’une telle chose. Autant je pouvais accorder certains instruments seule, comme le violon, autant s’ils avaient un piano qui trainait dans le placard… C’était impossible à accorder sans les objets adéquates, qui coutaient trop cher pour eux. Oui parce que je pouvais accorder le piano seule, mais avec les bons objets seulement. En tout cas, j’étais déjà un peu plus motivée à l’idée de pouvoir reposer la main sur un instrument, quel qu’il soit. A l’époque, je déversais toutes mes émotions dans la musique. C’était ma drogue, et je ne passais quasiment jamais un jour sans en jouer. Mais j’avais un peu peur de jouer à nouveau, puisque je n’avais pas joué depuis des années, et mon niveau devait être lamentable.

Mes pensées – qui dérivaient jusque-là – s’arrêtèrent totalement, tout comme Seth. Nous le regardions surpris, avant de se regarder mutuellement. Des envies ? Personne ne nous avait demandé nos désirs depuis qu’on était arrivé ici. Et on se retrouvait dans l’incapacité de répondre à ça. C’était simple pourtant, et rien ne me venait à l’esprit, à part des questions existentielles stupides comme : Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi j’ai subi tout ça ? Maria me disait que Dieu était la cause de toute chose. Je n’y avais jamais cru à toutes ses histoires de religions, mais elle aimait me parler du Mexique, et leurs légendes, une chose dont j’étais particulièrement friande.

« Pourquoi vous avez fini ici ? C’est loin d’être un endroit si génial que ça, lui dis-je »

Chassez le naturel, et il revenait à la charge. Je ne parlais pas de moi, et préférais détourner l’attention sur les autres. Les gens se laissaient très souvent prendre au jeu, pas parce qu’ils étaient tous narcissiques, simplement parce que tout le monde appréciait parler de soi-même, et que j’étais assez douée dans ce domaine. J’avais passé mon enfance à ça après tout. Détourner l’attention de la cause de mes blessures, et de mes problèmes.

« Et pourquoi psy ? On ne fait pas ce métier sans que ce soit une vocation, enchaîne Seth. Quoique… Au vu des abrutis qu’on nous a collé dernièrement… »

Bon, il ne parlait pas d’Adam, puisque Seth commençait à l’apprécier, mais des autres. Enfin, après tous, les vieux Humains qu’on nous collait étaient de la vieille école, pas loin des techniques des électrochoc si ça se trouve. Le problème avec la question de Seth, c’est qu’il essayait de m’imiter, mais il posait une question trop directe. Evidemment, Adam devait connaître la technique, et nous voir arriver à cent kilomètres, mais au moins j’étais plus discrète que mon Daëmon. Il n’allait sûrement pas répondre à tout ça, et essayer de recentrer la conversation sur nous.
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Jeu 8 Mar - 23:16
Bon, déjà, Adam, on peut faire au moins ça pour eux : leur apporter un instrument. Ce ne sera pas du luxe, si tu veux, je peux farfouiller le net à la recherche d'un stradivarius pas cher. Ou peut être qu'une flûte traversière ... Non ? Compris, nous verrons ça plus tard. Malgré tout, je sens en toi cette fermeté, quel que soit l'issu de cet entretien.

Quand Alexie nous confirme qu'elle a bien faillit tuer ton collègue, tu ne peut t'empêcher de sourire. Pour ma part, je meurs d'envie de savoir comment ça s'est passé, d'avoir tous les détails les plus sanglants possibles. Je sautille presque et il faut que tu regarde par dessus ton épaule pour me calmer avant que j'ai pu poser la moindre question. N'empêche, voir le visage de cet idiot pervers se tendre vers la peur puis vers la douleur est un de mes petit pêché mignon. Chacun ses vices, je suppose.

Pour ta part, cela confirme un peu tes craintes : Les gens abîmés, ils ne savent absolument pas comment les prendre. La réaction singulière qu'ont nos deux invités le confirme encore, leurs esprits ont été vidés de toute envie à force de les laisser concentré sur leur traumatismes. Pourtant, le désir, et peu importe sa forme, est un remède très puissant.

Tu trouves dommage que le Daemon ne soit pas doué en musique malgré sa motivation. Moi aussi j'aurais trouvé ça bien qu'ils partagent ça aussi, une musique jouée à deux réconcilie et rapproche. Tu ajoutes à ça que si le Duo marche, ça peut rapporter pas mal de thunes ! Ah oui, et contribuer à faire accepter les Daemoniens dans la société et toutes ces conneries ...

Tu écoutes tranquillement leur mots et leur pensées. Tu as réussis à entrer en contact avec eux et c'est déjà une petite victoire que tu savoures. Puis, vient la question qui tue et qui te fais lever les sourcils d'étonnement.

"On va dire que je n'ai absolument pas l'intention de ... 'finir ici'"


Tu réponds de manière péremptoire, espérant au fond de toi que c'est le cas d'absolument tous les résidents d'ici, et d'Alexie et de Seth en particulier. Ton regard s'est fixé dans les yeux de la jeune fille, puis dans les magnifiques prunelles de la panthère qui renchérie avec une seconde question, encore plus cinglante.

Cela t'amuse, ils souhaite parler de toi ? Sans aucun problème, non seulement tu n'as presque rien a cacher, mais en plus, c'est plutôt bien si ça libère leur esprits pendant un temps. Tu connais cette méthode qu'ont les gens à faire parler les autres. Ça arrive beaucoup aux employés qui veulent une augmentation, comme aux patients qui veulent la paix, tout simplement.

"Non, tu as vu juste, Seth. Être psy a toujours été ma vocation, depuis petit, depuis mon don à moi. J'aimerai vraiment révolutionner le métier et ses méthodes un peu ancestrales. Pour le moment, je suis toujours en phase d'apprentissage et tu es l'une de mes première testeuse."


Tu baisses le regard un instant. Te mordillant légèrement la lèvre inférieure, oseras-tu ? Je pense que oui.

"En parlant de don ... Plus tard, pas tout de suite, et uniquement si tu es d'accord ... J'aimerais beaucoup que tu me parles du tien, il m'intrigue au plus haut point, je dois dire. Et le fait de savoir qu'il a pu 'heurter accidentellement' un de mes collègue fini de me séduire."

Tu te redresse, un grand sourire sur un visage enfin entièrement détendu, pressé de changer de conversation.

Pour ma part, je me suis levée, ai descendu le long du bureau pour venir vers vous. Elle n'a manifestement pas peur de moi et j'aimerais prendre part à la conversation. Je te sens te tendre à nouveau rien qu'à la pensée que je puisse prendre la parole de manière inconvenante. Tant pis.

"Seth ? Quand tout ça sera fini, tout leur bordel, pendant une séance où nos Daemoniens se regarderont en chiens de faillence, on pourra se faire une petite partie d'échec ?"

J'ai toujours rêvé de trouver un de mes semblables aussi beau que lui. Il a l'air vif et intelligent. Reste à savoir s'il est aussi malin qu'il en a l'air.



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Ven 9 Mar - 13:50
Pourtant, aussi surprenant cela soit-il, Adam ne chercha pas à recentrer la conversation sur nous, et il répondit à nos questions. Pas étonnant, qui avait envie de finir ici. Enfin... C’était mieux que ce qu’on pouvait penser. Ici je n’avais rien à gérer à part moi-même. Je savais parfaitement que je n’étais pas capable d’affronter le monde extérieur pour le moment. J’avais beau déteste cet endroit, je craignais ma réaction lorsque je sortirais. Ici au moins, je pouvais montrer ma fatigue, ne pas faire semblant d’être plus forte que je ne l’étais réellement. Et surtout, je n’avais pas besoin d’affronter les autres en permanence et leur prouver ce que je valais. Ici j’étais tranquille, et pour le moment ça m’allait — mise à part ces stupides rendez-vous avec tous les psychologues.

On se contracte tous les deux à ses paroles. Révolutionner, et testeuse. Ces deux mots ce rapprochaient un peu trop de rat de laboratoire et nouvelles expérimentations. Seth réussit plus ou moins à faire la part des choses, mais pas moi. Ça me rappelait un peu trop ce qui s’était passé — et arrêté — il y a peu. J’enfonce mes ongles rongés dans mes bras, baissant la tête pour dissimuler l’expression de mon visage derrière mes cheveux. Mes dents sont serrées presque à me faire mal. Je m’enferme de plus en plus, me coupant de la conversation, cherchant à maintenir le mur dans mon esprit, qui m’évitait de me souvenir de toutes ces choses horribles. Il voulait voir mes pouvoirs? S’il continuait il n’allait pas tarder. Je sentais ma peur grandir petit à petit. Mais heureusement, Seth intervint juste à temps. Je sentis qu’il s’appuie contre moi, et que son esprit cherche à me rassurer. On ne craignait rien ici. J’arrivais à me calmer, à faire refluer la peur, sans pour autant me détendre. J’étais de nouveau sur la défensive, comme à mon arriver — si ce n’était pas pire. Je n’avais aucune envie de servir à nouveau de rat de laboratoire à qui que ce soit, même pour des méthodes sans danger.

Une fois sur que je ne craquerai pas, Seth se redressa pour regarder à nouveau Adam, et Charlotte qui s’était approchée. Il penche la tête sur le côté, réfléchissant un moment. Les échecs, un jeu qu’il n’avait pas vu souvent.

« C’est le jeu avec tous les pions styles cavaliers, et il faut avoir le Roi de l’autre? dit-il. J’y ai jamais joué, mais pourquoi pas essayer de m’apprendre, ça peut être intéressant, en me transformant ça ira pour bou... »

Il se tut soudainement au milieu de sa phrase comme s’il se souvenait de quelque chose. Qu’il se souvenait que les transformations c’était fini. Il lève une patte en baissant la tête pour la regarder. Une patte large, puissante, pas très pratique pour bouger des pion.

« Enfin, avec mes pattes ça risquent d’être compliqué, dit-il légèrement déçu »

Puis il tourne la tête vers moi, soudain hésitant. Il n’aimait pas l’idée de s’éloigner de moi, ou de me laisser seule avec un inconnu — qui pouvait éventuellement me faire du mal. Et si nous n’étions pas dans la même pièce? C’était trop tôt encore. On ne se sentait pas assez en sécurité, ou assez fort pour être séparés à nouveau. Et il était le seul à réussir à réguler les crises et me rassurer durant l’une d’elle. Ça ne faisait que six mois. C’était encore trop tôt.

Il tourne à nouveau la tête vers le duo face à nous.

« Si on reste dans la même pièce, pourquoi pas. Mais je risque de renverser le plateau, dit-il, puis marque une pause comme s’il hésitait à poser sa question. Vous savez quoi sur les Daëmoniens? dit-il. On nous a fait un cours accéléré, et en cherchant sur internet on tombe sur des trucs pas vraiment fiable »

C’était presque ridicule. Ne pas savoir grand-chose sur sa propre race. Et pourtant on avait toujours été dans l’ignorance de notre nature. En 2011 on avait découvert qu’on n’était pas aussi seuls qu’on le pensait. Mais pendant des années on avait été couper de la société, impossible d’en apprendre plus, et jamais le temps.
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