Numéro 6

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Sam 10 Mar - 10:49
Mince, et voilà, deux malheureux termes utilisés et voilà qu'elle se renferme comme une huître. Tu ne t'excuses pas cependant, d'une part, cela dévoilerait une partie de ton don et ce n'est jamais une bonne idée, et d'autres part, cela donne aux mots et à leurs interprétations une importance et une sacralité qu'Alexie devrait affronter tôt ou tard. Tu assumes donc cette erreur pleinement.

Pour ce qui est de jouer aux échecs, tu trouves l'idée plaisante. Bien entendu, il s'agit d'un bon gros félin sans pouce opposable et c'est toujours un problème pour manipuler de petites pièces. Je précise donc :

"Ne t'inquiètes pas, j'avais bien compris qu'on serait dans la même pièce que nos Daemoniens. Il n'y a aucun soucis."

Je regarde alors les pattes de la panthère, douces et soyeuses, elles n'en sont pas moins peu agile pour la motricité fine. C'est bien mal me connaître pour croire que c'est ce qui va m'arrêter.

"J'ai bien joué au jeu de go une fois avec un serpent. Il n'y a aucun soucis pour tes pattes. On peut jouer avec des pièces recouvertes d'alliage et un gant aimanté. C'est ce que j'ai, moi, quand mon adversaire n'est pas doté de pouces opposables."

Je te regarde un instant. Toi, tu apprécies les échecs mais tu es pas fichu de resté concentré plus de quelques minutes. Il faut donc assez souvent que je trouves un moyen pour que les Daemons puissent se débrouiller.

"Sinon, j'ai une substance gluante plein mon abdomen. un point sur les pattes avant et le tour est joué. Ça demande juste un peu d'entraînement mais c'est très faisable."

La fille est restée prostrée. Je pense vraiment que d'avoir son Daemon avec l'esprit occupé par une tâche qui nécessite une très grande concentration pourra lui faire du bien. De toutes façon, ça fera du bien à son Daemon est ce serait déjà une bonne chose car il doit s'occuper de sa Daemon H24.

"Et dans le pire des cas, tu me dis simplement ce que je dois jouer et je déplacerai les pièces à ta place."

D'un coup, le Daemon s'adresse à toi, ou plutôt, te pose une question que tu es plus à même de répondre. Hé oui, nous sommes passé par là nous aussi. Pendant notre enfance et adolescence, il n'y avait personne de Daemonien autour de nous, du moins, à ce que nous en sachions à l'époque. Nous aussi avions énormément de questions et d'interrogations, et surtout avec l'avènement de notre don. Heureusement qu'il est intérieur et que personne, ou presque, ne peut en pâtir. Nous étions pourtant entourés d'amour et de compréhension à l'époque. Tu te dis que si pour toi, ça n'a pas été facile, pour elle, ça a du être une torture.

Tu sourit à Seth pour cette question et pour avoir osé lui demandé. C'est rare qu'un patient se montre aussi curieux et c'est une très bonne chose. Même s'il ne s'agit que du Daemon et non de la personne, c'est très encourageant. Tu te lèves pour aller chercher tout un tas de paperasses que tu gardes sur ton bureau. Tu hésites un instant, les termes utilisés vont être passablement médicaux et cliniques alors qu'Alexie est déjà très perturbée par une simple phrase que tu as prononcé. Te voilà face à un sacré dilemme. Tu optes pour une réponse franche cependant, te disant qu'il était important qu'ils sachent l'un et l'autre. Tu reviens alors vers Seth avec quelques papiers et schémas.

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"Je comprends que vous ayez toutes ces questions. Et je comprends qu'on soit volontairement resté dans le vague avec vous. Vois-tu l’existence des Daemoniens est quelque chose de très mystérieuse. Preuve en est qu'on est officiellement reconnu que depuis trop peu de temps."

Tu montres à Seth une chronologie de ce qu'à pu être les lois concernant les Daemoniens avant 2001. Des projets de lois avortés, dans différents pays, la plupart étaient en faveur d'un recensements, d'autres, pour une méthode plus ... radicale. Certains rares pays considéraient cependant qu'il était inconcevable que les Daemoniens ne soient pas traités comme des humains normaux, une simple croix était à cocher lors de l'établissement de la carte d'identité et une carte spéciale serait juste à faire pour le Daemon lors de sa stabilisation. Comme pour une enfant ou un animal qui doit voyager.

"Le truc est qu'on ne peut absolument pas prévoir la naissance d'un Daemonien. L’événement n'a aucune source génétique. Pour certaines partie du globe, il y a plus ou moins de Daemoniens, certes, mais c'est assez inexplicable pour le moment."


Tu lui montres alors un arbre généalogique d'une famille étendue avec diverses annotations qui montre en évidence le fait qu'effectivement, le caractère Daemonien semble assez aléatoire.

"Oui, en bref, on ne peut absolument rien affirmer. Toute personne qui te dira le contraire est dans le faux, je peux te l'assurer."

Tu ranges ces précédents schémas et tu en sors d'autres, des papiers officiels du recensement, cette fois, où il y avait chaque photos avec l'animal entouré et quelques annotations prises sur le caractère de la personne.

"Concernant le fait d'avoir un Daemonien de tel ou tel animal, je vais essayer de m'expliquer au mieux mais c'est un sujet délicat. Vois-tu, un Daemon se fixe lorsque pour deux raisons : l'humain s'est affirmé et son caractère se fixe avec lui. C'est un peu comme la fin d'une crise d'adolescence, même si j'aime pas beaucoup l'analogie. La seconde, c'est après un traumatisme. Un besoin tel que le daemon prenne une forme précise qu'il ne peut que la revêtir et se retrouve en quelques sorte "bloqué" comme ça."

Tu regardes Seth et tu me montre de la main.

"C'était ton cas, je suppose, c'est aussi le cas pour Charlotte."

"Oui, j'aurais du être une louve, normalement." me sentant-je obligée de préciser, me rappelant à quel point j'étais bien et à l'aise dans ce corps sauvage.

Tu ranges alors les papiers dans ton sac et tu ajoutes une dernière chose afin d'être parfaitement clair. Le sujet des Daemoniens et de leur animal est tellement controversé qu'il est devenu impossible d'en débattre sans s'engueuler.

"Enfin, pour finir de te répondre, la forme d'un Daemon est un peu comme une coupe de cheveux dont on ne pourrait pas changer. On est blond, brun, cheveux longs ou court coiffés d'une certaine manière. Cela peut en dire long sur la personne si elle arbore une coiffure particulière, ou ne rien vouloir dire du tout car c'était simplement plus pratique comme ça sur le coup. Quand j'ai dit que la panthère était révélatrice, je voulais juste parler du fait que toi, Seth, tu es un fauve, un prédateur, et, par conséquent, une partie plus ou moins enfouie dans Alexie me laisse espérer qu'elle se bâtera pour survivre. Je ne peux que présumer, bien entendu."

Tu fais une pause avant d'ajouter :

"J'espère que j'ai pu répondre au mieux à ta question mais c'était surtout pour vous dire qu'on n'a en réalité, aucune réponse. Tu as d'autres interrogations ?"




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Dim 11 Mar - 23:15
J’écoutais à peine la conversation, alors que Seth était plutôt concentré. Il fut rassuré lorsque Charlotte lui assura qu’ils seraient dans la même pièce que nous. Malgré ce qu’il semblait, nous avions toujours été plutôt résistant à l’éloignement, est-ce que cela prouvait une force mentale particulière ? Nous n’en savions rien, et on s’en fichait. Mais pour le moment, nous étions trop blessés pour partir de notre côté. Quoique, si un jour on se disputait, nous finirions sûrement par nous éloigner, comme cela nous arrivait souvent lorsque nous étions plus jeunes. Bien que pour le moment cette simple idée provoque des frissons de peur et de douleur chez nous. Peut-être qu’un jour nous pourrions aller mieux. Enfin, ça… C’était encore trop complexe comme pensée, nous n’étions pas à ce niveau-là actuellement. On était arrêtés à la case tout juste survivre.

Seth regardait ses pattes, et fit sortir ses griffes. Il ne maitrisait pas encore le processus très bien, ni sa motricité pour le moment, s’emmêlant souvent les pattes, mais il apprenait vite.

« On peut toujours mettre des anneaux sur le haut des pièces, et je peux utiliser mes griffes, dit-il légèrement pensif »

Puis mon Daëmon écoute le discours d’Adam, les oreilles dressées, attentif. Il voulait en apprendre plus sur sa propre nature, bien plus que moi actuellement. Ca avait été une horreur pour nous après tout, mon père ne cessant de me dire encore et encore à quel point j’étais un monstre, et pas seulement parce que Seth était à mes côtés. Non, les raisons derrière était encore bien plus profonde que ça. Je ferme les yeux un instant, me recroquevillant un peu plus. Seth, trop concentré sur la conversation cette fois-ci, ne sentit pas mon changement d’état d’esprit, ni ce à quoi je pensais. Je préférais même bloquer notre lien, l’empêcher de ressentir toute la culpabilité qui sommeillait en moi. C’était déjà bien assez lourd à supporter, et il méritait mieux. Comme toujours je préférais tout garder pour moi plutôt que de le faire souffrir.

Seth se demandait, lui, s’il avait pris cette apparence à cause du choc de l’incendie. Après tout… Durant toute notre vie, on avait subi tellement de préjudice qu’on n’avait arrêté de les compter. Je l’avais protégé de la plupart des coups de mes parents, mais ensuite, la mort de mes parents, la trahison de Liam, le laboratoire, tout ça n’était pas suffisant pour le faire stabiliser plus tôt ? Et n’avais-je pas toujours été plus adulte que tous les autres enfants ? Et d’autres choses encore plus horribles, comme les quelques fois où mon père l’avait saisi. L’une des pires sensations que nous ayons connues, après l’Intercision. Tout ça lui semblait assez illogique au final. Peut-être que la panthère nébuleuse était la véritable forme qu’il aurait dû prendre, avec ou sans choc.

« Je vois, à peu près, dit Seth en baissant les yeux pensif. »

Etait-ce se manque de connaissance qui avait poussé les Collins à nous faire tout ça ? Qu’elle avait été la finalité au final ? Encore des questions qui ne trouveraient jamais de réponses.

Et sérieusement, pourquoi personne n’était capable de comprendre que j’en avais marre de devoir toujours me battre, en permanence. Ca se résumait à ça la vie ? Toujours se battre pour quoi au final ? Tout se terminait pareil, toujours. Malgré tout, j’avais vécu quelques moments de bonheurs, si court pourtant. Des moments qui s’étaient tous terminés de trois manière différentes – qui finalement se ressemblaient beaucoup – la violence, la trahison ou la mort. C’était joyeux n’est-ce pas ? Maria, mon substitut de grand-mère, était morte. Liam, mon premier amour, m’avait trahi. Et la violence avait toujours fait partie de ma vie. Alors à quoi bon lutter ? J’en avais vraiment marre, et je voulais juste laisser tomber, me laisser aller, ne rien faire. Si je pouvais dormir pendant des heures, je le ferais, toute motivation disparue depuis longtemps. Retrouvé la flamme ne serait pas facile – me semblait même impossible.

« Bon, disons que c’est un peu plus clair, même si faut croire que tout le monde est aussi ignorant que nous au final, dit Seth en relevant la tête vers Adam. A se demander pourquoi tout le monde se croit si supérieur, s’en est presque risible, dit-il sarcastique, puis il secoue la tête comme s’il suffisait de ça pour chasser les mauvaises pensées. Enfin bon… Je suppose qu’on comprendra petit à petit, dit-il. Vous avez parlé de don, mais tous les Daëmoniens en ont ? Ils se présentent comment ? Tout le monde a les mêmes, ou c’est très différent comme avec les Daëmons ? Et ça veut dire quelque chose en particulier ? »

En soit, est-ce que notre pouvoir était relié à notre caractère ? Qu’est-ce que cela voudrait dire pour moi alors ? Que j’étais violente par nature, et que j’aimais balancer tout ce qui se trouvait à ma portée parce que j’étais incapable de me contrôler lorsque j’étais en colère. Vive les pouvoirs, je m’en débarrasserais bien si j’en étais capable, mais tu parles. Encore une chose que je ne pouvais pas contrôler. Ca n’en faisais qu’une chose de plus sur tout ce que je ne pouvais pas contrôler. Je n’étais pas une obsessionnelle de la maitrise de chaque chose contrairement à certaines personnes, mais quand même. Mais personne ne voulait perdre le contrôle à tel point qu’elle manquait de tuer quiconque s’approchait un peu trop d’elle.

Enfin bon, tout ceci commençait à me fatiguer, et je perdais patience. J’en avais marre d’être dans cette pièce, et ce même si cet homme ne cherchait pas à nous faire parler – pas encore en tout cas. J’étais déjà exténuée de base, et me concentrer aussi longtemps sur cette conversation n’améliorait pas les choses, doublé par ma lutte intérieure avec mes démons. Une lutte permanente, quoique plus puissante en ce moment. Il fallait croire qu’il faisait exprès de me faire me souvenir de tout ce que je ne voulais pas. Et voilà que maintenant je peinais à garder les yeux ouverts. J’avais besoin de caféine, pas de ce chocolat – que je n’avais pas touché depuis tout à l’heure. Et Seth aussi s’épuisait, preuve en était du bâillement qui écarta sa mâchoire. Le sommeil ne lui ferait pas de mal à lui, être en permanence sur ses gardes n’apportaient rien de bon.
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Mar 13 Mar - 18:19
On dit que seules les personnes ignorantes sont persuadées de tout savoir. Et par conséquent ...

"Les personnes qui font un complexe d'infériorité agissent bien souvent comme si elles étaient supérieures." Ajoutes-tu, sur le même fil de pensée que moi, à l'adresse de Seth.

Décidément, ce Daemon était aussi loquace et curieux que sa Daemonienne était timide et renfermée. C'était comme si toute la partie d'elle qui avait envie de savoir et de continuer était contenu dans le Daemon-félin. Je connais très bien ce sentiment de partage, ou plutôt de non-partage. Après tout, toi et moi sommes tellement différents que je me demandais si nous étions des exceptions. Bon, c'est sur que ces deux là seront toujours bien plus semblables que nous.

"Pour ce qui est des dons ... Le sujet est tout aussi délicat. On dit que certains rares Daemoniens en seraient dépourvus, mais j'en doute très fortement, c'est juste qu'il est moins spectaculaires, que le Daemonien le garde caché pour une raison ou une autre, ou encore qu'il ne caractérise pas son don comme étant exceptionnel par rapport aux autres. En général, le don apparaît vers l’adolescence, petit à petit. A ce stade, il est encore faible ou peu maîtrisé. Puis, cela se développe, un peu comme l'apprentissage d'un sport." Tu me regardes un instant, hésitant.

La télékinésie, si jamais c'est ça que tu recherches, je l'ai lu sur sa fiche. Alexie est une télékinésiste qui ne se maîtrise pas. Voilà pourquoi elle est considérée comme étant dangereuse. Un simple mot de trop et te voilà décapité. Tu me remercie intérieurement.

"Il existe pratiquement un don différent par Daemonien. Si on garde l'analogie de la coupe de cheveux d'une personne pour le Daemon, alors le don est sa manière de se vêtir. Cela peut être utile ou pratique, comme cela peut être défensif, offensif, mais il y a toujours une explication contextuelle. Même si celle-ci est flou ou inexplicable sur le moment."

Tu prends une pause. Réfléchissant au prochain élément de réponse que tu fourniras. Pour ma part, j'ai les yeux rivés sur le chocolat chaud. Ta patiente, elle compte boire un jour ? Sinon, je peux l'en débarrasser. Oui, je sais, c'est sans doute un peu sans-gêne, mais je ne pense pas qu'elle en prendra ombrage. Si ?

"Alexie, ta Daemoniene, j'ai lu..." menteur !"... Qu'elle pratiquait la télékinésie. Dans le village où je travaillais avant, il y avait une jeune fille qui avait ce don là aussi. Seulement, avant d'avoir ce don elle était d'une terrible maladresse et faisait toujours tomber tout ce qui passait à sa portée. Pour forcer le déclenchement, il suffisait faire chuter quelque chose à terre à sa portée. En contrepartie, elle avait du mal à faire voler un objet à travers la pièce quand il était sagement posé. Du mouvement, ou plutôt de la peur de la chute ou de la casse provoquait le don. Pour finir de te répondre, si ça signifie quelque chose tel ou tel don alors est-ce qu'on peut juger une personne simplement en regardant ce qu'il porte à un moment précis ? Certaines personnes te diront que oui, d'autres non. A toi de voir et de faire ta propre part des choses."

C'est très joliment dit ! Tu ne traites personnes d'hypocrites, et tu n'incites pas à ne pas s'arrêter aux apparences. Tu laisses le choix de la décision, en somme. C'est bien ! Vraiment très habile, ça.

Le Daemon se met alors à bailler avant d'avoir les yeux qui brillent. Son humaine n'en mène pas large non plus, ses yeux rougis semblent sur le point de se fermer. Tu te lèves et tu hésites, un simple contact de ta main à sa peau suffirait à la faire se sentir un tout petit peu mieux, du moins, suffisamment sereine pour dormir tranquillement mais je sais que tu n'en feras rien. D'une part, tu ne maîtrises pas la portée de ton propre pouvoir sur les autres, et d'autres part, ce serait une grossière erreur que de la brusquer si vite.

"Je vais vous laisser regagner tranquillement votre chambre, tous les deux." Je compose alors le numéro de rappel des médecins pour leur dire que la séance est finie. Tu n'y tiens pas plus que ça et tu envisages même de reconduire toi-même Alexie vers sa chambre mais ce n'est pas la procédure, et tu le sais.

"Ta protégée à besoin de bien dormir." Dis-tu, en guise d'explication à Seth. "Essayez de ne pas trop ressasser, pour le moment, du moins. Je te prête mon CD pour l'apaiser."

Et les médecins viennent pour rechercher Alexie. Toi, tu te crispes à leur vue mais tu n'en dis rien, te contentant de leur remettre la musique en leur expliquant que c'est un cadeau.

Distraitement, l'un d'eux se penche sur les notes prises pendant l'entretient, les uniques et petites notes...

Chopin, Mozart, thirty second to mars, Led Zeppelin, Skillet, Lindsey Stirling (YouTube), Hans Zimmer, Alexandre Desplat. ...

Il lève un sourcil en te regardant avec des yeux accusateurs. Tu l’exhortes du regard pour qu'il fasse un commentaire, mais il ne dit rien et tourne les talons.



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Jeu 15 Mar - 12:52
Heureusement que ces personnes au complexe d’infériorité, n’avaient aucune idée d’où nous ve]nions, ils se penseraient encore plus supérieur à nous. Après tout, une pauvre petite délinquante issu d’un milieu social défavorisé et tous les clichés qui allaient avec, ils auraient senti leur petit ego fragile gonflé à bloc. Et ils n’avaient pas totalement tord finalement. C’est vrai que comparé à eux, je ne connaissais pas grand-chose. Juste des notions en musique, et ce que je me souvenais du collège, pas grand-chose en soi. Seth savait plus de choses que moi sûrement, des choses plus scientifiques, et qui valaient donc bien mieux aux yeux des autres. Après tout, entre l’intérêt que je portais aux mythes et légendes des anciennes civilisations, comme les dieux Grecs, et des sciences dures et pures comme la biologie animale et végétale, ça n’avait aucun point de comparaison.

Puis Adam enchaina sur la question de Seth à propos des dons. La question que j’aurais préféré posée, c’est comment se débarrasser de ce don. Je le détestais parce qu’il faisait de moi quelqu’un de dangereuse. Un véritable monstre. Parce que je blessais toujours tous ceux qui m’entouraient, en particulier Seth que j’avais bien failli blesser quelques fois lors de mes crises d’angoisses ou de colère, les rares fois où j’étais totalement détachée de la réalité, à tel point que je ne reconnaissais même plus la moitié de mon âme. J’étais irrécupérable, je le savais bien, même si tout le monde tentait de me faire sortir la tête de l’eau. Enfin, c’était juste pour les sous. Après tout, je n’avais pas d’assurance maladie, et aucun moyen de les rembourser, je leur faisais perdre de l’argent. Mais le gouvernement tenait à réparer les petits rats de laboratoire de Collins. Donc les médecins faisaient en sorte de réduire un maximum mon temps de présence ici, et de me pousser un maximum parce que je leur étais inutile dans leur économie. Bande de connards vendus.

Seth tourne la tête vers moi, qui ne réagissais pas vraiment aux paroles d’Adam. Je les entendais, mais je m’en fichais. Ça faisait longtemps que j’avais compris que je devrais vivre avec ce pouvoir toute ma vie. Mais mon Daëmon, lui, n’était pas d’accord, que ce soit avec moi, ou avec Adam. Mon pouvoir ne s’était pas déclenché doucement – ou alors nous ne l’avions pas remarqué. Il avait été brutal dès le début. Brutal et incontrôlable. Comme moi ?

Et la séance se termine enfin. Comme un automate, je me lève, le regard baissé, les épaules basses, les mains dans les poches. J’étais épuisée, et cette conversation n’avait pas beaucoup aidé. Les médecins reviennent, toujours à deux, comme s’ils avaient peur que je me jette sur eux et tente de les tuer. Je fais pourtant l’effort de relever la tête vers Adam, ne sachant quoi dire exactement. Il était la première personne que je n’avais pas envie d’insulter, ni de frapper dans le personnel médical de ce maudit endroit. Mais je ne dis rien, surtout lorsque je vis l’un des médecins jeter un œil aux notes qu’il avait prise. Je lui lançais un regard aussi noir que le permettait mon état actuel. C’était une séance privée, entre nous et Adam. J4ignorais ce qu’il avait marqué, mais ça ne concernait pas les médecins. Le secret médical, il connaissait ce principe ou pas ? Ce n’est pas avec ces abrutis penchés au-dessus de mon dossier que j’allais prendre confiance et dire quoique ce soit sur moi. Qu’ils aillent tous se faire voir.

Je baissais à nouveau la tête sans rien dire, et sortis. Seth, lui, lança un regard aux deux. Il n’était pas capable de sourire – ça aurait été plus discret que de parler. Mais il voulait leur faire comprendre que, malgré mon comportement, nous n’avions pas détesté cette séance, malgré le fait qu’on ait été presser que cela se termine. Les confessions, ça n’avait jamais été notre truc, surtout par la façon dont nous avions été élevé. Après tout, pleurer et montrer ses émotions, c’était être faible, et les psy c’était pour les fous. Encore des clichés qui tournaient, mais à force de me les rentrer dans le crâne pendant des années, on finissait par y croire, même sans s’en rendre compte, et lutter contre les clichés ça n’avait rien de facile. Enfin, même ainsi, je n’aimais pas me confier, surtout en face à face. C’était l’avantage avec Aztek, il ne me voyait pas, et lui non plus, c’était beaucoup plus facile de lui parler dans ce cas-là.

« Au revoir, et merci, pour le disque, finit par dire Seth »

Puis il me suivit. C’était la première fois que l’un de nous disait au revoir après une séance, ou qu’on disait merci. D’habitude on partait presque en courant pour fuir la salle. On suivit les médecins jusqu’à la salle commune, et me donnèrent le CD avant de repartir. De là, je pouvais me déplacer à peu près où je voulais à ces heures. Je finis par rentrer rapidement dans ma chambre pour m’y enfermer – autant qu’on le pouvait, sachant qu’on ne pouvait pas verrouiller. Je m’assis sur le lit, observant le CD quelques instants. Je finis par le sortir de sa boite, et le mettre dans le lecteur CD que l’on m’avait fourni. Je m’allonge sur le lit, Seth se couchant à mes côtés. J’enfouis mon visage dans son pelage, me blottissant contre lui. Je sentais la fatigue me tomber brutalement dessus, mes paupières se fermaient toute seules. Peut-être que j’aurais droit à quelques heures de sommeils sans cauchemar. Avant de sombrer totalement, une dernière pensée me traversa l’esprit :

Je n’ai pas touché au chocolat.
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Lun 19 Mar - 17:57
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Un peu moins d'un an s'était écoulé depuis cette première rencontre. Alors que je prend contact avec les personnes à l'accueil pour le rendez-vous, tu regardes par la fenêtre d'un air particulièrement mélancolique. Tu est déçu de ne pas avoir pu faire plus pour elle. En fait, même ton pouvoir a été inefficace pour le coup, oui, elle souffre, et on sait parfaitement pourquoi à présent, avant même qu'elle n'ai eu besoin de nous le dire, nous savions tous les détails les plus sanglants et les plus tragiques ... Et pourtant, cela ne nous a jamais apporté la recette.

"Tu es trop sévères avec toi-même, au moins, on lui change les idées, c'est déjà ça ! Et puis elle a pu écouter et rejouer un peu de musique grâce à ton entêtement."

Ton visage se durcit alors. Tu es très loin d'être convaincu par ce maigre réconfort. Les mots s'échappent de ta bouche alors que tu n'as pas même besoin de me dire ce que tu ressens.

"Ce système est complètement pourri ... Ils vont la virer, tu te rends compte ? Ici, peu importe la Vérité, seul comptent les résultats."

Tu as dis ça tout bas, presque tout bas. Ton poing se ferme et le bruit sourd se répand dans toute la pièce mais cela t'importe peu. Quand tu retires ta main, elle a laissé une petite marque blanche dans le plâtre avec quelques traces rouges qui ornent aussi tes phalanges. Même le sport ne réussit plus à canaliser ta frustration.

"Justement, au moins, elle sera dehors comme ça ! Débarrassée de tout ça. Et puis, en cas de soucis, elle pourra toujours compter sur toi."

"Je n'ai absolument pas le droit de la suivre ou de la contacter en dehors d'ici officiellement, à moins que ce ne soit elle qui ne le veuille, mais j'en doute."

"Pas obligé que ça soit officiel, justement"

Tu souris, quelque peu rasséréné par la perspective d'outrepasser la loi pour aider quelqu'un. Tu le sais que tu pourras toujours compter sur moi pour te tenir au courant de son parcourt, pour peu qu'elle se mette sur un réseau social. Au final, tu t'es bien attaché à cette petite, et tu as fini par apprécié ces rendez-vous hebdomadaires, riant à chaque fois que tu apprenais ses fugues, souriant dès que tu savais qu'elle avait tenu tête à un médecin. Malgré tout, Alexie était très forte, sa sortie pouvait ne pas être un désastre complet.

Quelqu'un frappe à la porte avant d'entrer sans y être invité. Immédiatement, tu as reconnu les médecins et la petite Alexie que tu fais entrer d'un geste. Fidèles à votre haine cordiale, toi et les médecins ne vous adressez qu'un maigre "bonjour" avant que tu ne referme la porte sur eux.

"Bonjour Alexie, bonjour Seth, ça va tous les deux ?" Tu demandes, d'un ton franchement radouci.

Pour ma part, j'avais préparé cette entrevue en concoctant un chocolat chaud qui embaumait la pièce à l'instant où tu ouvre le bouchon du thermos que tu as apporté. Tu en verses deux tasses et tu en approches une de ta future ancienne patiente.

"Chocolat de Criollo, sucre de canne, avec de la mousse de lait. Crémeux à souhait !" Je précise, alors que tu t'assoies face à elle.



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Lun 19 Mar - 22:44
J’étais assise sur le muret entourant le toit, une jambe pendant dans le vide, l’autre replié sur le côté. Le vent soufflait, soulevant mes cheveux longs ondulés. Je n’avais pas le droit de venir ici, mais ce n’était pas la première fois que je bravais une interdiction, et sûrement pas celle-ci. Au départ, je piquais les clefs à l’un des infirmiers. Je n’avais rien perdu de mes dons de voleuses à ce qu’il semblerait. Mais des clefs qui disparaissent finissent toujours par se faire remarquer, et plus d’une fois ils m’avaient prise avec les clefs en ma possession, bien que ce ne soit pas sur le toit. Maintenant, j’avais mis la main sur quelques morceaux de métaux qui me permettaient d’ouvrir les portes. Plus besoin de clefs dans ce cas-là, et je me faisais bien moins avoir pour le coup. Certes, ils me cherchaient pendant des plombs lorsqu’ils avaient quelque chose à me dire, ou parce que j’étais plus ou moins sur surveillance, mais ça n’avait pas grande importance de toute manière. Que pourraient-ils faire de toute manière ? Me punir ? Je n’étais plus une gamine. Et sortir sur le toit me faisait du bien. Sentir le vent, j’avais l’impression d’être un peu plus libre de cette manière. De plus, Seth pouvait se dégourdir les pattes en courant et sautant sur les différentes hauteurs du toit.

Mon Daëmon s’approche de moi.

« C’est bientôt l’heure, me dit-il.

- Je sais, répondis-je sans me lever, le regard perdu au loin »

Oui, c’était bientôt l’heure de ma séance. La dernière séance avec Adam. Cela faisait un an que j’étais ici, et une dizaine de mois qu’il me suivait en temps que psychologue. Enfin… Psychologue, je n’en étais pas si sûr, car ce n’est pas ainsi qu’il s’était comporté avec moi. Ou pas comme tous ceux que j’avais connu. Il ne m’avait jamais forcé à parler de ce qui m’était arrivé. Et finalement, je lui avais parlé. Surement pas assez au gout d’Adam, mais bien trop pour ma part. En effet, parmi nos discussions sur d’autres sujets bien plus passionnants que ma vie, je lui avais parlé de mes parents, du fait qu’ils me cognaient, mais je l’avais dit avec ce détachement de celle qui n’en a rien à faire – ce qui était tout à fait faux. Je ne m’étais pas étalée là-dessus, seulement lui dire que mon père et ma belle-mère me cognaient assez souvent, et se servaient souvent de moi comme cendrier – ce qui expliquait les marques de brûlures sur mes avant-bras. Je lui avais dit qu’ils ne cessaient de me traiter de monstre, en particulier mon père. Je ne lui avais pas dit exactement pourquoi. La raison était assez évidente, la présence de Seth. Mais ce n’était pas tout, et c’était bien plus sombre. La mort de ma mère biologique, mais ça, je n’avais pas osé lui dire – ni lui parler de ma culpabilité que je ressentais vis-à-vis de cela. Simplement que ma mère était morte.

Rien que ça, c’était déjà énorme pour moi. Il avait réussi à me faire sortir un peu de mes retranchements. Et ce n’était pas tout finalement, je lui avais parlé de Maria Esperanza del Alma Hernández, la vieille femme qui était ma grand-mère de substitution. Je lui avais parlé du fait qu’elle m’accueillait souvent durant mes fugues, qu’elle m’avait appris tous des légendes mexicaines. Puis elle était morte. J’avais dix ans. Cette chose aussi je l’avais raconté avec un certain détachement, pour ne pas montrer à quel point ça m’avait touché, à quel point je pouvais être fragile. Après tout, montrer ses larmes, c’était finir par se faire bouffer par les autres. Dans ce genre de moment, je préférais assez rapidement changer de sujet, ou me taire et me renfermer comme une huitre tout simplement. Quelquefois je lui parlais de mes fugues, des moments plutôt amusants que j’avais vécu durant celle-ci – car il y en avait quelques-uns. Les courses poursuites où j’échappais des justesses que ce soit aux policiers, ou à des gens mécontents que je venais de voler. Ce genre de moments qui étaient plutôt amusants, surtout comme anecdotes, passant sur ceux plus dur : la faim, le froid, la peur. Chaque fois j’évitais soigneusement de mentionner Liam – même incapable de prononcer son prénom à voix haute.

Finalement, Adam avait réussi à me tirer des sourires, voir quelques rires – ce qui était bien assez rare pour moi. Particulièrement les fois où l’on se moquait des autres médecins qui semblaient l’agacer autant que moi. De tous les gens de cet établissement, il était le seul à qui je tirais plus de quelques mots, et qui me sortais de mes sombres pensées. Grâce à lui j’avais pu rejouer de la musique. Je lui étais redevable – bien que je déteste cette idée – mais c’était ainsi que je le voyais. Et j’avais fini par l’apprécier, pas forcément en tant que psy, mais plus en tant que personne. Il ne m’avait pas forcé à parler, il avait sûrement compris que c’était trop tôt pour ça, et rien que pour ça, il grimpait dans mon estime comparée à tous les autres, tout comme celui de Seth. Seth qui avait énormément apprécié parler avec Charlotte, et apprendre à jouer aux échecs avec elle. Il m’avait appris aussi, mais j’étais beaucoup moins doué.

Je finis par ramener ma jambe dans le bon sens, et sauter au sol, puis je rentrais à l’intérieur, refermant la porte derrière nous. Je me glissais dans ma chambre, faisant semblant de terminer mon sac. Je pris le CD qu’Adam m’avait donné lors de notre première séance. Les médecins repassèrent par ma chambre, me disant qu’ils n’avaient pas arrêté de me chercher. Je ne leur répondis rien, et me rendis dans la salle de consultation. J’y entre, étirant un léger sourire à Adam, un équivalent de bonjour pour moi.

« Bonjour Adam, bonjour Charlotte, dit Seth. Ca va pas trop mal, répondit-il »

En vrai on angoissait beaucoup, mais j’arrivais à le cacher pas trop mal. Je m’assis sur le canapé, tenant toujours le CD entre mes doigts. Je fis un léger sourire à Charlotte, puis à Adam lorsqu’il me servit le chocolat. Ils connaissaient mes goûts pour le sucrer. Il ne manquait plus que les choux à la crème.

« Merci, leur dis-je. Je finis par poser le CD sur la petite table, le poussant vers lui. Je me disais que vous voudriez le récupérer »

Il me l’avait déjà prêté pendant dix mois, après tout ce temps, il voudrait sûrement le récupérer. J’avais beaucoup apprécié, cela m’avait un peu fait renouer avec mes anciennes passions. Tout comme jouer du violon m’avait permis d’aller un peu mieux. Après tout, lorsque je jouais, j’y mettais toutes mes émotions. C’était ma façon de me libérer. Pendant quelques instants tout du moins, jusqu’à ce que je cesse de jouer et que mes démons reviennent.

Je pris la tasse, trempant les lèvres dans le chocolat.
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Ven 23 Mar - 17:59
Tu regardes alors le CD, ton premier cadeau que tu avais presque oublié. Presque malgré toi, la nostalgie te submerge alors et tu te remémore le passé avec gravité. Ce que tu pouvais être maladroit à l'époque, tu ne savais pas t'ouvrir afin d'inciter les autres à faire de même, sans doute la peur sourde que tes propres démons ne rejaillissent vers tes patients déjà en proie aux leurs. Tu te rend à l'évidence, malgré tous ses traumatismes, Alexie s'est relevée, et ton petit égo espère y avoir été, au moins un peu, pour quelque chose.

Cependant, la voir ainsi te soulage. Elle va mieux. Les autres médecins te considèrent comme un incapable pourtant, mais peu t'importe en réalité car ton but n'a jamais été de leur plaire. Elle s'était un peu ouverte avec nous aussi, pour nous livrer ses histoires avec des mots qu'elle n'avait du prononcer avec personne d'autre qu'avec nous, et c'était bien comme ça car tu n'en demandais pas tant.

Adam, cette petite t'aime bien, je t'assure. Je sais qu'elle se dérobe à ce genre de sentiment, qu'elle ne montrera pas d'affection car c'est aussi montrer sa faiblesse. Tu as fais plusieurs choses pour elle, pour l'aider, et dont jamais tu ne connaîtras sa reconnaissance mais peut t'importe car cette relation est plus que celle d'un psy pour sa patiente ... Comme un frère pour sa petite sœur : De la défiance sous un visage de porcelaine.

Cette idée te fait sourire te réchauffe un peu ton cœur avant qu'il ne se serre à nouveau : une petite sœur que tu ne vas pas tarder à abandonner, toi aussi. Tu te refuses à cette idée et tu caches ton trouble sous un visage serein. Tu es devenu extrêmement doué pour absorber les sentiments des autres sans même qu'ils le sentent et de cacher tout cela sous des couches de calme et parfois même de rires. En réalité, tu sais très bien que tu ne vas jamais l'abandonner, contrairement à elle qui va certainement s'empresser de voler de ses propres ailes sans vraiment regarder en arrière. C'est évidement ce que tu lui souhaites, mais cela va faire assez mal. Tu reprends contenance juste à temps pour que ton silence ne soit pas malaisant.

"Merci pour la musique, j'avais presque oublié que tu l'avais. Tu peux le garder, j'en avais fait une copie." Merci qui de penser à TOUJOURS faire des copies avant que l'original ne quitte la maison ? Hein ? "Tu étais sur les toits ? Tu sais que tu donnes des sueurs froides à tous les médecins du coin. Ils sont terrifiés à l'idée que tu ne sautes. Ce serait mauvais pour leur rapports, tu comprends ?"

Hé oui, l'idée que l'hôpital était là pour le bien de leur patients était une idée tellement dépassée à présent. En fait, c'était devenu une source de blagues récurrente entre vous.

"Notre pénultième séance, donc." tu annonces, attristé. "Que souhaites tu faire de particulier ? J'ai apporter quelques films ou séries à se regarder, si tu veux. Sinon, j'ai toujours mon échiquier pour nos deux accrocs.... Qu'est ce qu'on pourrait faire d'amusant ?"

"Moi, j'ai bien une idée ... Alexie pourrait essayer de t'apprendre à jouer au piano. Le clavier est toujours là. Je pense que ça peut être très marrant"

Sadique ? Moi ? Alors là ...
Tu ris un bon coup, persuadé qu'elle va refuser cette absurdité, mais ton rire se fait moins assuré tout à coup. Pour ma part, je croise les pattes pour qu'elle accepte.



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Sam 24 Mar - 15:56


Je regardais la crème du chocolat tourbillonnée, plongée dans mes pensées. Je n’en parlais pas, même à Seth qui était lui-même assez angoissé par ça. Je préférais garder ce genre de choses pour moi. L’angoisse et la peur que je ressentais par rapport à ma sortie du centre. C’était la première fois que je me retrouverais dans le vrai monde depuis… Depuis qu’on m’avait enlevé en fait. J’allais me retrouver dans le monde, toujours aussi perdue et seule. Je m’étais toujours débrouillée seule, mais c’était différent. Là j’étais complètement anéantie, et pas vraiment remise de tout ce qui m’étais arrivée. J’avais toujours l’impression de sombrer. Avec Adam je me sentais un peu mieux, il arrivait à me faire rire, et ici je n’avais rien à me soucier mais dehors… Ce ne serait pas pareil. Quelque chose finirait forcément par mal tourner. Je le savais. Je ne m’en sortirais pas. Mais je ne pouvais pas rester ici. Un an que j’étais ici, et je ne supportais plus qu’on me maintienne enfermer comme un chien qui tourne en rond dans sa cage. Que ma vie soit régie par toute leurs règles. Je voulais plus de libertés, même si ça finirait par me mener à ma perte. Parce que je finirais par sombrer définitivement. Le malheur d’être dépressive, et de souffrir d’une trouble de stress post-traumatique.

Sans m’en rendre compte, mes doigts tapotaient la tasse, ma jambe s’agitant légèrement, tandis que je me mordais l’intérieur de la lèvre. Perdue dans mes sombres pensées, je n’avais pas remarqué le silence qui s’était installé, même s’il fut assez court au final. Et heureusement qu’Adam intervint, car je ne sais pas comment je m’en saurais sortie sinon. J’aurais sûrement fait une crise de panique à la fin. Je levais la tête vers lui, me concentrant sur ses paroles. Je souris légèrement à sa proposition de garder le CD, mais aussi la suite sur les médecins.

« C’est vrai que ça risque de faire tâche sur la brochure, dis-je un léger sourire étirant le coin de ma lèvre. J’imagine bien : centre de soin pour dépressif, mais attention, risque de sauteur du toit, rajoutais-e avec ce cynisme qu’était le mien »

Je soufflais un peu sur le liquide, puis bus une gorgée. Je finis par reposer la tasse sur la petite table, non loin du CD. Je baisse les yeux, frottant mes mains l’une contre l’autre lorsqu’il énonça le fait évident de notre dernière séance. Oui je savais que c’était la dernière, mais je ne savais pas comment je me sentais par rapport à ça. Est-ce qu’elle risquait de me manquer, ou est-ce que je me sentirais soulager après ça ? Je n’aurais plus besoin de me confier, même un tout petit peu. Tout ce que je lui avais dit, je ne l’avais pas fait parce que je m’y sentais obligée, mais dans la position dans laquelle nous étions – lui le psy et moi la patiente – se confier était finalement tellement imprimé dans mon esprit que je m’étais peut-être lancée à cause de cela, pas par réel envie. Enfin, j’avais beau me dire ça, je n’étais sûr de rien. Tout avait tendance à se mélanger dans mon esprit, en particulier mes sentiments, et j’étais incapable d’analyser ce que je ressentais.

« Vous apprendre à jouer ? dis-je avec une pointe d’hésitation en regardant tour à tour Adam puis le piano. Je ne suis pas sûr que je sois une bonne pédagogue, rajoutais-je »

Si je grimaçais à chaque fois qu’il faisait une fausse note, ça n’avait rien de très encourageant pour l’élève. Seth intervint à ce moment.

« Justement, ça peut te faire un bon entrainement, et puis ça peut être amusant, dit-il. Et ça fait longtemps que tu n’as pas jouer sur un piano, je suis sûr que ça te démange »

Je lance un regard en coin à Seth, les yeux plissés dans un mélange d’agacement et d’hésitation. L’idée de pouvoir rejouer du piano me tentait bien. Je finis par relever le regard vers Adam.

« Pourquoi pas, si ça vous tente, lui dis-je »

Je me mordis la lèvre, puis finis par me lever pour m’asseoir au piano. Je n’étais pas sûr de ce que je faisais, ni même du morceau que je pourrais apprendre. Comment j’avais appris moi déjà ? Ca remontait à tellement longtemps que je n’étais pas sûr de pouvoir me rappeler la façon dont j’avais appris. *Tu n’as qu’à faire ça à ta propre manière* Me dit Seth via notre lien. A ma manière ? Difficile de faire ça lorsqu’on est peu sûr de soi. Au moins essayé de m’y remettre un peu avant. Je posais les doigts sur le clavier, me remémorant une musique d’un film que j’avais particulièrement apprécié – bien que je trouve les livres meilleurs – Les chroniques de Narnia. Restait plus qu’à voir si j’avais gardé quelques compétences en matière de pianiste.

Je jouais les premières notes, me laissant emporter par la musique. J’avais revu le film il y a peu, une chance pour moi car je me souvenais de la musique ainsi, et il me suffisait de jouer à l’oreille. Je terminais le morceau sans avoir trop fait de fautes. J’avais perdu un peu de motricité par rapport à l’époque, mais rien d’irrécupérable j’espérais si j’avais le loisir de m’entrainer un peu plus souvent. Une fois terminé, je me tournais vers Adam, un peu hésitante.

« Bon, je crois que ce n’était pas trop faux, dis-je. Si vous voulez apprendre quelque chose… Des morceaux de films, ou la musique de Ludovico du CD si vous voulez, je crois que ça pourrait être assez simple pour un début. Enfin… On peut faire autre chose sinon »

En vrai, je n’en étais pas sûr. Pour moi ça me semblait simple, mais pour un débutant… C’était plus compliqué, surtout qu’avec mon oreille absolue, ce genre de choses me paraissais plus simple que pour les autres. Et maintenant que j'y pensais, il n'avait pas eu l'air si motivé tout à l'heure. Je n'allais pas le forcer.
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Dim 15 Avr - 14:04


Tu déglutis.

Ta volonté de tout contrôler commence à être sacrément mise à mal, te voilà devenu, bien malgré toi, élève d'une professeure particulièrement sensible. Je ricane intérieurement et tu me jette un regard des plus noir où on peut sentir toute ta réprobation à mon intervention. Je suis tellement fière de moi que si j'avais des muscles faciaux plus développés, j'aurais pu hausser des sourcils tout en plissant les yeux. Et le pire vient alors : elle accepte.

Bon, elle est très hésitante, ça, c'est sur et elle a été elle-même poussée par son Daemon, mais elle accepte avec un certain enthousiasme avant de se mettre au piano et de faire courir ses doigts sur le clavier. Le piano est de mauvaise facture et l'endroit réverbèrent les notes avec trop de violence contre les murs froids et lisses, la vibration en est presque désagréable. Cependant, je dois bien admettre que les notes sont justes et la fougue avec laquelle la petite Alexie façonne la musique rattrape le tout avec un certain brio. Bien malheureusement pour moi, et pour toi aussi d'ailleurs, la musique arrive à sa fin et elle te reparle d'éventuellement t'apprendre le piano.

Tu prends une grande inspiration avant de t'asseoir près d'elle, suffisamment proche pour créer de l'intimité mais pas assez pour pénétrer sa sphère intime et rendre mal à l'aise ta jeune patiente. Tu regardes toutes ces touches avec une grande appréhension et tu te demande comment tout ça pouvait se transformer en une si belle musique. Tu étais très proche de renoncer quand une pensée t'es venu, une pensée amer et pleine de nostalgie. Cette pensée te pousse dans tes retranchements avant de te faire revenir avec une énergie et une motivation nouvelle. Tu te tournes vers Alexie, un grand sourire aux lèvres contrastant avec tes yeux presque tristes pour qui te connaitrait vraiment bien.

"Cinéma Paradiso, tu connais ? J'aimerais apprendre celle-là, s'il te plait. Juste celle-là."

C'est quelque chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas. C'était une des musiques favorite de ta génitrice bien qu'elle n'ait jamais vu le film en réalité. Mince, je ne m'attendais pas à un tel retournement de situation. A présent, je ne peux plus te laisser t'enfoncer dans ta maladresse et me moquer de toi en toute impunité, me voilà obligée de compatir. Tu pouvais pas demander à apprendre "Au clair de la lune", comme tous les débutants ?

Encore plus mal qu'avant, paniqué à l'idée de massacrer une musique tant aimée, tu poses tes mains tremblantes sur le piano. Je soupire et me précipite sur ton épaule avant que tu n'ai eu le temps de sortir la moindre note et te décourager définitivement.

"Attends, je vais t'aider ... Je serais ta main gauche."

Je me laisse glisser jusqu'à ton poignet et place mes propres pattes comme une main articulée de huit doigts particulièrement longs et agiles.

"Je suis habituée à d'autres types de claviers, ça ne devrait pas poser de soucis pour moi, d'autant qu'ici, toutes les touches sont alignées et je ne risque pas de faire de choses illégales ici... En plus, si j'y connais rien en musique, je sais reconnaitre une bonne d'une mauvaise vibration."

Pour ta part, tu t'amuses de cette main-arachnide, c'est la première fois que nous faisons cela et cela me plait presque autant qu'à toi. Qui sait ? Peut-être qu'on vient de se trouver une manière de faire des choses tous les deux, une passion commune, quelque chose qui, enfin, nous unirait, toi et moi.

Tes doigts enfoncent les touches en même temps que mes pattes pour un tout premier essai et un son à séduire un éléphant en résulte. Tu retires immédiatement tes mains comme si les touches t'avaient brulée ... Mouais, peut-être pas ... Bon, on se dit qu'on apprend juste la musique au piano et on laisse le reste aux gens doués.

Nous rions tous les deux de concert à cette révélation : Nous ne seront jamais musiciens. Tu essayes de retrouver un air sérieux en regardant Alexie et tu reposes sagement tes mains sur tes genoux, attendant la prof.

"Aerm ... Désolé, je t'écoute."



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Dim 15 Avr - 23:09
Je lançais à Adam, puis au piano. La résonnance de la pièce, et la qualité du piano laissait à désirer, et transformait légèrement les notes lorsqu’on les entendait. Heureusement, les cordes étaient bien accordées, sinon je n’aurais jamais pu enchaînée plus de quelques notes. L’oreille absolue… C’était pratique, mais avec des instruments de qualité.

Je détourne le regard du piano, et relève la tête vers Adam. Il ne semblait pas du tout d’accord sur le fait de jouer du piano. Je m’apprêtais à me lever et à m’excuser. Lui dire qu’il n’avait pas besoin de se forcer à faire ça. C’était stupide de toute manière. Je me mords la lèvre, et entame un mouvement pour me lever, les mains appuyées sur le siège. Fait il se lève, et vint s’asseoir près de moi. Seth me lance un regard chaleureux et encourageant, alors que je me sens de plus en plus gênée par la situation. Pourquoi avais-je accepté ? Quelle idiote je faisais. J’étais si hésitante, si angoissée. Je ne savais pas comment faire, comment m’y prendre. Mon cœur s’emballe, je me mors la lèvre, je sens mes mains devenir moites. Je me retourne pour me mettre face au piano. Et puis, nous étions si proche physiquement. C’était la première fois que je laissais quelqu’un m’approcher ainsi depuis très longtemps en ayant ma garde abaissée. Je pouvais sentir son bras frôler le mien. J’étais perturbée. Je ne savais pas comment réagir à cette soudaine proximité. Il y avait la gêne, mais, aussi surprenant soit-il, je n’étais pas angoissée par le fait qu’il soit si proche de moi. Je ne voulais pas le repousser, et ça me faisait peur.

Je continue de me mordre la lèvre – la dévorer serait plus exacte – perdue dans mes émotions, ne sachant comment faire le tri avec ces sentiments contradictoires qui m’assaillaient de toute part. Mon esprit commence à être surchargé d’information. Puis j’entends sa voix. Une voix enthousiaste, calme et rassurante, comme s’il savait que j’avais besoin de ça. Je lève la tête vers lui pour voir son visage. Je l’examine, l’analyse, comme je le fais toujours avec tout le monde. Je le regarde dans les yeux – une chose que je fais très rarement aussi direct et longtemps même avec lui – et je vois quelque chose d’étrange. *Il a l’air triste* Fis-je remarquer à Seth qui nous regardait depuis tout à l’heure. Ses yeux se posent sur Adam. *Tu trouves ?* Je n’en étais pas sûr et pourtant… J’avais cette capacité à lire le visage des autres, à connaître les émotions qu’ils me cachent. J’avais lu quelque part que c’était souvent le cas pour les enfants battus. Ils apprennent à lire les émotions cachées pour anticiper les actions violentes et se protéger en cas de danger. Enfin… Mes sources n’étaient sûrement pas sûr. Et puis, je n’étais peut-être pas assez douée pour pouvoir lire les émotions d’Adam.

Je fais un léger sourire, essayant de me détendre.

« Oui je connais, lui dis-je et reposais les yeux sur le piano, réfléchissant à comment lui apprendre cette musique »

Je me souvenais du rythme, même si j’avais vu le film il y a très longtemps. Un voile de tristesse, de colère, recouvre mes yeux quelques instants. J’avais vu ce film avec Liam. Liam… Rien que d’y penser j’avais envi de hurler, et de pleurer. Pleurer toutes les larmes de mon corps, mais j’en étais incapable. Je n’avais jamais pu faire le point après tout ce qui s’était passé avec lui, et je n’avais aucune intention de le faire. C’était bien trop douloureux. J’enferme ces souvenirs profondément dans ma mémoire, et sursaute lorsque j’entends la fausse note brutale et trop forte. Mon visage se transforme en grimace de douleur, alors que mes oreilles sont douloureuses. Je sors de mes pensées, et tourne la tête, essayant de me contrôler. Je souris en voyant les deux aussi proche. C’était la première fois que je les voyais ainsi en réalité. Je sentis mes lèvres s’étirer doucement lorsqu’ils rirent tous les deux. Un sourire qui ne fit que s’accentuer lorsqu’il chercha à prendre un air sérieux, et d’un élève attentif, ce qui ne fit que rendre son comportement plus embarrasser. Je me mors l’intérieure des lèvres, pourtant je ne peux me retenir, et sens un rire passer la barrière de mes lèvres. Un fou rire que je n’arrive pas à arrêter tout de suite. Je pose une main devant ma bouche essayant de me calmer. Chose que j’arrive à faire petit à petit. Cela faisait des années que je n’avais pas ris de la sorte.

J’essaye de me reprendre, m’éclaircis la voix.

« Désolé, dis-je en essayant de passer rapidement à autre chose »

Je me concentre sur le piano, et l’apprentissage que je me dois de lui donner. Par quoi commencer ? Quelques idées peut-être…

« Pour commencer, vous devriez être plus doux avec les touches. Il ne faut pas appuyer dessus comme sur un clavier d’ordinateur, en même temps de parler je posais les mains sur les touches et appuyais doucement dessus. Même si vous voulez faire une note plus fort, il ne faut pas la frapper, mais mettre plus un peu plus de force, et j’ajoutais avec un exemple »

C’était à peu près la base, bien que la notion de tonalité soit plus complexe, je n’avais pas besoin de partir dans de grandes explications. Ce n’était qu’un simple cours, et ce n’est pas comme si Adam avait envie de devenir musicien.

« Au début, n’essayez pas d’aller vite, rajoutais-je. La motricité au piano est très particulière. Il faut pouvoir dissocier les mouvements des doigts, mais aussi de chacune des mains. Charlotte, vous y arriverez sûrement mieux, car vous avez l’habitude avec le clavier d’ordinateur. Enfin, je suppose. Je ne suis pas très douée en informatique »

Je gardais les yeux sur le piano tout en lui expliquant les choses. Je n’étais pas sûr de ce que je racontais, ni de mes analogies. Ni de rien du tout. J’essayais juste… Et c’était déjà bien pour moi. Mais malgré mon ton hésitant, on pouvait voir que j’étais plus à l’aise ainsi, les mains sur le piano. Je n’étais plus troublée par la présence d’Adam aussi près de moi. Je me surprenais même à apprécier sa présence. De quoi alimenter mon trouble. Si seulement je me concentrais sur autre chose que les notes. Mais cette fois-ci je n’étais pas attentive à mes sentiments, mais sur ma façon d’expliquer.

« Au départ on commence avec notre main directrice, mais puisque Charlotte prend la relève, je vais vous montrer les premières notes des deux mains, leur dis-je »

J’étais un peu plus confiante une fois les mains sur le piano, et cela se sentait, dans ma façon de parler, et même de me tenir. J’avais aussi ce léger sourire qui étirait le coin de mes lèvres. J’avais ramené mes cheveux ondulés du côté opposé à Adam, et je pouvais apercevoir son profil du coin de l’œil. J’appuyais sur les touches, leur montrant lentement la suite de note du début. Je demande de répéter doucement, leur montrant les notes une à une lorsque je les voyais hésitée. Etait-ce la bonne solution ? Je n’en étais pas si sûr. Je pose les mains sur mes cuisses en les laissant faire seul quelques instants, essayant de m’empêcher de grimacer à chaque fausse note, et les corrigeant lorsqu’ils en faisaient.

« Au fait, pourquoi ce morceau ? dis-je soudainement en levant le regard vers le visage d’Adam. Ce n’est pas commun comme choix, rajoutais-je. Puis je pensais à la tristesse que j’avais cru voir sur son visage tout à l’heure. Je baisse les yeux. Enfin… C’est qu’une question comme ça. Ce n’est pas le morceau le plus simple pour un débutant. Et je décidais d’enchainer sur un trait d’humour, peu sûr de moi. Sauf si vous faites exprès pour martyriser mes oreilles »

D’accord, ce n’était pas le meilleur de l’humour, mais je me sentais assez à l’aise avec Adam pour m’essayer à cette tentative. En dernière séance ce n’était pas tout à fait le moment pour se lancer, mais bon. Qui ne tente rien n’a rien.
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