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A l'aurore, courons ensemble [pv Atriom]

 
  
MessageMer 9 Mai - 23:53
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
Il faut dire qu’en fuyant les flics, et autres délinquants de mon quartier, j’avais été forcer de développer un talent pour la course, si je ne tenais pas à me faire frapper, ou envoyer dans une maison de corrections. J’aurais pu lui dire, mais je m’étais tus sur ce détail. Je ne tenais pas à ce que les autres apprennes mon passé de délinquantes.

Je levais les yeux vers Atriom lorsqu’il me répondit. Au moins je ne semblais pas l’avoir vexé, et Nina ? Je n’en étais pas sûr, mais si elle ressemblait à son Daëmonien, alors je ne craignais rien. Les doutes sur chaque chose, sur chacune de mes paroles m’agaçaient de plus en plus, mais je n’arrivais pas à m’empêcher de me poser des questions, encore et encore. Les paroles du brun ne me choquent pas, bien que durant un instant j’eus l’impression d’être une indésirable. *Il t’a invité à venir courir avec toi, alors qu’il n’y était pas forcé. Cela veut bien dire qu’il apprécie ta présence.* Me souffle Seth du haut de sa branche. Je ne lui réponds rien.

« Eh bien, on se ressemble faut croire. Moi aussi je n’aime pas trop les gens. Je préfère être seule, ça évite d’être entrainé dans des histoires stupides, dis-je aussi franche que l’était Atriom »

* Ca pour être franc, vous l’êtes tous les deux. De vrais sosies. Sauf que c’est un mec**Si tu me sors le proverbe ‘’qui se ressemble, s’assemble’’ Je te fais tomber de ta branche* Signalais-je à Seth. *Essaye toujours pour voir* Rétorque-t-il, moqueur. Il reprit à voix haute pour qu'Atriom puisse l'entendre.

« J’aurais jamais cru que tu puisse être un sadique, dit Seth. Moi j’aime particulièrement trainée Alexie hors du lit lorsqu’elle compte passer sa journée au lit »

Ah ça, il n’y manquait jamais. Le problème d’être dépressive. En ce moment ça allait plutôt bien, mais il y a des jours où c’était beaucoup plus compliqué. Je me sentais si faible et lamentable que tout ce que je désirais c’était rester dans mon lit, ne voir personne, ne parler à personne, pour me lamenter sur ma personne.

Seth tourne la tête vers Nina.

« C’est sûr, et ça évite d’être sur terres avec nos pauvres humains, dit-il avec second degré.

- Vivre autant de temps avec quelqu’un rend toujours fou les gens, tu n’imagines même pas avec Seth, rétorquais-je à Atriom »

Il s’assoit non loin de moi. Je me redresse, cessant mes étirements, et pose mon dos contre l’arbre. Mon regarde se porte sur le lac, silencieuse. Je tourne la tête vers lui, puis baisse les yeux vers la barre qu’il me tend. J’hésite un instant, puis finis par la prendre.

« Merci, dis-je. Et tu sais, je pense que j’ai connu cent fois pire niveau goût.

- Et puis, avec les piments qu’elle met dans sa nourriture, elle est habituée aux choses étranges et variées, crut bon d’ajouter Seth »

Il faut croire que malgré mon rejet de celle-ci, je ne pouvais pas totalement faire disparaître mes origines mexicaines.

« Et je me demande bien pourquoi un solitaire invite quelqu’un à venir courir avec lui, fis-je remarquer après quelques temps de silence. Ou alors tu n’es pas seulement un sadique, mais aussi un masochiste, terminais-je »

Je restais silencieuse quelques temps de plus, ouvrant le paquet, découvrant la barre, et prenant une première bouchée. Il était vrai que le goût n’était pas des plus plaisant, mais pour avoir survécu dans la rue et mettre nourris de reste trouvé dans les poubelles, cette barre était d’un meilleur goût.

« Au fait, ton examen s’est bien passé ? Je sais que ça remonte à un moment, mais bon, tu n’as peut-être pas eu les résultats, les profs mettent du temps à corriger parfois. Trop de choses à faire »

J’essayais de lancer une conversation, comme d’habitude c’était nul, mais je ne savais pas encore de quoi nous pourrions parler tous les deux. Je n’ai pas besoin de l’entendre ni de le voir, pour savoir que Seth soupire et secoue la tête. Mais au moins je faisais des efforts, alors il m’encourageait quand même mes tentatives maladroites.

« Peut-être que nos deux solitaires qui sont incapables d’avoir une conversation vont réussir à discuter plus de cinq minutes, dit Seth à Nina en nous observant, assez bas pour qu’elle seule l’entendre. »
  
MessageVen 11 Mai - 16:49
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Date d'inscription : 14/04/2018Nombre de messages : 47Nombre de RP : 29Âge réel : 21Copyright : sharovarka.comAvatar daëmon : Oophaga Pumilio
Atriom ZverevoNothing will be the same...
Elle est comme toi, elle n’aime pas le monde. C’est une question de sécurité pour elle. Tu te dis qu’elle a du vivre beaucoup de souffrance. Ce sont les mots d’une personne qui a été trahis. Seth s’étonne de ton coté sadique. C’est qu’il ne te connait pas, non…c’est surtout qu’il ne connait pas Nina. Tu es loin d’aimer faire souffrir les gens au contraire. Mais Nina c’est une véritable peste qui cherche toujours les ennuis. C’est peut-être pour ça que tu es seul, c’est qu’avec Nina, tu as assez de problème comme ça.

« Juste avec Nina. Sinon je suis aussi doux et gentil qu’un agneau. »

« N’importe quoi ! Souviens-toi d’Azur et de tous les autres, tu as du sang sur les mains mon ami ! »

Nina à coté de Seth admire la vue, ça lui fait du bien, d’être, pour une fois, au-dessus des autres. Seth à tout à fait raison.

« Je me dis qu’il n’y a pas de justice dans ce monde, avant de prendre ma forme définitive j’étais comme toi. Je te promets, c’était tellement agréable. Regarde maintenant ce que je suis, une minable petite créature de deux centimètres… »

Alexie te fait remarquer que niveau gout elle a connue pire. Ça te conforte dans l’idée que ça vie n’a pas dû être facile.

« Entre lui qui est à fond dans le Bio et moi qui aime les insectes, on fait la paire. Du piment ? Vous avez des origines mexicaines ? »

Sa remarque est pertinente, pourquoi un solitaire invite quelqu’un. Non, tu n’es pas maso non plus. C’est que tu as parlé avec elle de façon spontanée et ça c’est une première. Etre solitaire n’empêche pas de vouloir se faire des amies, c’est juste que c’est un besoin qui se fait moins ressentir. Elle te demande comment c’est passer ton examen. Tu l’avais complètement oublié ce devoir d’anatomie.

« Je t’avoue un truc, je n’ai pas d’amis. Pas un seul, en fait je n’en ai jamais eu. Je sais pas trop comment aborder les gens et je n’ai pas les même centre d’intérêt qu’eux. En fait je suis complètement décaler, mais avec toi, je sais pas, j’ai pas eu cette impression. Pourquoi ? J’en ai absolument aucune idée. »

Tu cherches tes mots en regardant le lac, tu dévoiles un peu de toi à cette fille. Encore une fois.

« Je sais même pas pourquoi je t’ai proposé de venir courir. Peut-être que suis fatiguer d’être seul ou comme tu l’as si bien dit je dois être maso en plus de sadique. »

Tu avales une bouché de ta barre, tu t’es étrangement habitué au goût.

« Il serait peut-être plus prudent pour toi de fuir devant le psychopathe que je suis. Et pour répondre à ta question j’ai très bien réussi mon examen. »

Nina sait bien qu’Atriom a toujours beaucoup de mal pour discuter, il est même passer pro dans l’art d’arrêter une discussion. Juste un exemple pour vous faire comprendre son problème :
Vous : Bonjour comment ça va ?
Lui : Bien.
Voilà son problème au lieu d’être comme la plus part des gens qui aurait plutôt répondu : Bonjour, je vais très bien et toi ? Lui, il coupe net la discussion. Bref, Nina sait que c’est un cas désespéré.

« Cinq minutes serait un record. En fait je ne l’ai jamais vu discuter comme ça avec quelqu’un qui ne fait pas partie de la famille. Je te le dit, c’est un miracle que ces deux-là se soit rencontré. »


« En plus c’était un contrôle d’anatomie et on sait bien qu’un bon psychopathe connait parfaitement bien le corps humain. J’arrête ça devient glauque… »

Tu restes silencieux, tu ne sais pas quoi lui demander. Tu connais son nom, ce qu’elle fait comme étude et instruments. Tu as beau chercher tu ne trouves pas. T’es nul quand t’es comme ça. *Pssi, demande lui si ça va de son côté les examens, si elle a des partiels, des trucs dans se genre.*

« Et toi, ça va tes examens ? »

  
MessageDim 13 Mai - 12:31
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
Du sang sur les mains ? Etrange comme façon de dire, même si c’état sur le ton de l’humour. Est-ce qu’Atriom était plus dangereux qu’il n’y paraissait ? Ce garçon sortait Alexie de sa bulle, mais s’il était dangereux, il ne fallait peut-être pas le laisser approcher. Ce n’est pas que nous n’avions jamais côtoyé des personnes dangereuses – sûrement plus dangereuse que ne pouvait l’être Atriom – mais en ce moment, j’étais trop fragile selon lui pour supporter des choses trop inquiétantes. Il valait mieux éviter de m’ajouter encore plus de facteurs angoissants que je n’en avais déjà.

« Ce n’est pas toujours aussi pratique que tu le pense d’être comme moi, lui dit Seth. Et il doit bien y avoir une raison pour que tu sois ainsi. On dit que les Daëmons prennent une apparence en fonction de la personnalité de notre humain. Et puis… Je ne dirais pas minable, t’es quand même super dangereuse »

A vrai dire, il pensait également qu’il n’y avait pas de justice dans ce monde, ou alors elle était décidément d’un sadisme évident, au vu de ce que nous avions vécu.

« Ses parents l’étaient, mais on a toujours vécu en Amérique, répondit Seth »

Je continuais de fixer le lac, et fus surprise par l’honnêteté de la réponse d’Atriom. Surprise et gênée. Rare sont ceux qui admettent n’avoir aucune relation en dehors de leur famille. Enfin, vu le nombre de personnes qui composaient la famille d’Atriom, c’était déjà plus que les relations proches que j’avais eu dans toute ma vie. Pour cacher ma gêne, et sûrement éviter de répondre, je repris une bouchée de la barre, pensive. Il pensait ne pas avoir d’ami, mais avoir une famille s’était déjà ça. Il semblait y être très attaché, et très proche. Je n’arrivais pas à savoir ce que cela pouvait donner, d’avoir des parents qui nous aiment, et nous protègent. J’avais eu une grand-mère de substitution durant quelques temps, mais elle avait fini par mourir quand j’étais encore jeune. J’avais eu Liam, mais ce qu’il m’avait fait par la suite me faisait regretter notre relation.

« Je suis peut-être aussi psychopathe que tu l’es qui sait, c’est peut-être pour ça que je te fais pas flipper, répondis-je avec humour pour ne pas qu’il se doute que ses paroles me touchaient. Et il semblerait que tu n’es pas perdu quelques neurones après mon attaque, une bonne nouvelle pour toi, rajoutais-je »

Me touchaient un peu trop d’ailleurs. Je m’étais les gens mal à l’aise en général, parce que j’étais froide avec eux, et parce que j’étais trop différente d’eux.

« Eh bien, espérons qu’aucun des deux ne fuira alors, rétorque Seth à Nina.

- Tu valides tous les clichés du psychopathe, il ne manque plus que l’apathie totale et le nombre de personnes que tu as tué, rétorquais-je avec humour »

Puis le silence s’installe entre nous. Cette fois c’est un silence plus gêné. De ceux qu’on veut combler, mais qu’on ignore comment faire. Atriom semblait être dans la même position que moi. Incapable de savoir comment continuer cette conversation. Je sentis le désespoir de Seth face à mon incapacité à trouver un sujet de conversation. Je n’étais déjà pas très douée lorsque je connaissais bien l’autre personne, mais lorsque c’était un inconnu… Puis Atriom me renvoya ma question.

« Ca va, j’ai seulement eu quelques petits examens dans le second semestre. Mais bientôt j’ai mes partiels de fin de semestre. Ca devrait bien se passer, enfin sauf pour les trucs à l’oral que j’ai à faire. Je suis pas du tout à l’aise à l’oral, mais ça tu devais l’avoir compris »

Je me tais. Je sors mon téléphone de sa pochette et regarde l’heure. Il était encore relativement tôt. Certaines personnes, moins matinale que nous, sortaient pour faire leur propre footing. Je finis par me lever.

« Bon, je crois qu’il est temps de rentrer, dis-je, et je tournais la tête vers lui. C’était sympa de courir avec toi, dis-je »

Je fis quelques pas pour m’éloigner de lui. Je m’arrête un instant, hésitante. Je finis par me tourner à demi vers lui.

« A demain peut-être, rajoutais-je »

Le peut-être donnait un faux côté mystérieux. En vérité, je n’étais pas sûr de revenir courir avec lui. Rappelons qu’à la base, c’est une manigance de Seth qui m’a poussé à venir ici, et pas une décision de ma part. Mais qui sait, je n’étais jamais sûr de rien.

Seth se lève de sa branche, faisant attention à ne pas provoquer trop de mouvements pour éviter que Nina bascule. Il descend le long du tronc, tête en bas. A un mètre du sol, il bondit, posant ses pattes souplement. Il tourne la tête vers Atriom.

« T’inquiète, j’arriverai bien à la trainer jusqu’ici. Au revoir tous les deux »

Ma panthère me suit, nous éloignant tous deux d’Atriom et Nina.
  
MessageMer 16 Mai - 21:38
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Date d'inscription : 14/04/2018Nombre de messages : 47Nombre de RP : 29Âge réel : 21Copyright : sharovarka.comAvatar daëmon : Oophaga Pumilio
Atriom ZverevoNothing will be the same...
Seth a raison. Nina c’est souvent demandée pourquoi elle a fini par se stabiliser en grenouille toxique. Elle a mis du temps avant de comprendre. Elle n’a jamais fait part à Atriom de sa théorie, à quoi bon, le garçon devra trouver lui-même la réponse. Nina a d’abord fait des recherches pour trouver le symbolisme de cet amphibien. La grenouille symbolise la métamorphose, l’évolution jusqu’à la perfection, la résurrection. Bien évidement Nina n’est pas du genre à croire ces foutaises. Mais ça lui à permit d’expliquer sa stabilisation. Atriom est un garçon étrange, particulier, hors norme. D’où la particularité de son Daemon. Mais avant tout c’est un jeune homme qui veut se forger, affronter la vie, il veut grandir, évoluer. Nina à compris ça lorsqu’il est sorti de la maison pour entrer à l’université. Elle a bien vue qu’il ne se sentait pas bien parmi ces étudiants, des personnes qui ont déjà tant vécu. Lui, à part être capable de gérer une maison et des gosses, il a pas vraiment été confronté à la vie. Et, donc, oui elle correspond bien au caractère d’Atriom.

La panthère à vue juste, elle est toxique. Comme quoi, Atriom, malgré sa gentillesse et sa douceur ne doit pas être sous-estimer.

« T’as bien raison, je suis bête de me plaindre comme ça. Donc une américaine d’origine mexicaine. Le mien est américain d’origine russo-irlandaise. »

Tu souries à l’humour d’Alexie. Tu es loin d’être un psychopathe, même si les poules diront le contraire. Ok, tu avoues ton crime, tu es un serial killer de cocottes, c’est ça d’avoir une ferme chez soi. Ce n’est pas une vraie ferme, mais vous avez quand même une belle basse cours.

Elle te dit qu’elle a encore quelque partiels et qu’elle n’est pas à l’aise à l’orale. Ça ne t’étonne pas. Elle sort son téléphone de sa poche pour regarder l’heure. Elle se lève sans prévenir. Elle te dit salut, tu as à peine le temps de lui répondre qu’elle ta déjà tourner le dos pour filer. Puis elle se retourne à moitié pour te dire à demain…enfin peut-être. C'est qu'elle fait planer le doute !

« Alors à demain…peut-être. »

Tu lui lance ta réponse avec un grand sourire et le plus amicalement possible. Seth te promet de la ramener. Ils font bien la paire ces deux-là.

« Dit Atr, tu peux venir me chercher… »

Tu lèves les yeux au ciel, il est à peine sept heure et tu ne peux déjà plus la supporter.
  
MessageSam 19 Mai - 14:59
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
J’ouvre les yeux, regarde le plafond. Il est tôt, encore. Ça ne me surprend pas, mais cette fois j’ai réussi à dormir un peu plus longtemps. C’est peut-être parce que la journée d’hier c’était plutôt bien passé. Après ma course avec Atriom, je m’étais préparée, puis allée en cours. Des cours qui s’étaient assez bien déroulés. Et le meilleur, c’est que j’avais eu de l’inspiration pour une composition sur laquelle je bossais depuis un moment. Je devais encore la travailler, puis l’envoyer aux optionnaires cinéastes pour lesquels j’avais composé. Ils avaient fait un court-métrage, et que serait une vidéo sans une bonne composition derrière ? C’est la musique qui donne sa force à un film, une série. C’est la musique qui donne tout son cœur, sa réalité, et son fond. J’en étais plutôt fière de cette composition – une chose rare, moi qui n’était jamais satisfaite de mes créations et qui ne les faisais écouter à personne, même à Seth. Pour une fois j’étais fière de quelque chose que j’avais créé. Une sensation si rare dans ma vie que j’en avais profité, et en profitais encore. Pour une fois que quelque chose allait bien dans ma vie. Pour une fois que je me sentais aussi bien.

Je me lève – d’assez bonne humeur cette fois – et vais dans la partie cuisine de notre appartement. Cette fois je me prépare un véritable petit déjeuner. J’ai tout le temps de me préparer. Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je pourrais aller courir, ou travailler sur ma composition. En attendant que mon chocolat chaud chauffe, j’ouvre mon ordinateur, et lance la musique – Ma musique. Oui, c’était important de le préciser, surtout pour quelqu’un comme moi. Quelqu’un qui ne cesse de se rabaisser, et qui ne cesse de voir le mauvais côté des choses. Quelqu’un qui n’arrive pas à être fière de ses réalisations. Pour une fois je l’étais, alors ne gâchons pas le plaisir.

Seth se réveille à son tour, et je lui donne son petit déjeuner. Il est de très bonne humeur lui aussi. De toute manière, lorsque je le suis, il ne peut s’empêcher de l’être aussi. C’est si rare que je sois dans cet état.

« J’ai envi de courir, pas toi ? me dit-il.

- Dis plutôt que tu veux aller voir Atriom et Nina n’est-ce pas ? rétorquais-je en secouant la tête malgré mon sourire.

- Eventuellement. Mais j’ai envi de courir aussi, pas de ma faute si j’ai envi de me dépenser non ? »

Je souris légèrement, et finis par abdiquer. Au moins aller courir. Je télécharge ma composition sur mon téléphone, m’habille, puis nous sortons dehors. Au bas de mon immeuble je m’arrête un instant, regardant à droite, puis à gauche. D’un côté, la ville, et la forêt. De l’autre, le campus et le parc, qui me mènerait presque inévitablement vers Atriom. Je le savais bien. D’un côté, le fuir me semblait être une bonne idée. Je ne souhaitais pas créer trop de liens avec les personnes extérieures, mais je désirais créer des liens avec les autres. Un besoin vital chez les Humains, une espèce hypersociale à ce que j’avais lu dans certains livres de psychologie.

Je finis par choisir, et courir doucement vers le parc pour m’échauffer. J’avais mis un écouteur pour écouter mes compositions pour le court-métrage. Il durait vingt minutes, ce n’était pas rien à meublé de musique. L’écouter m’aidait à la travailler si je voulais les modifier. Elles n’étaient pas parfaites encore. Pas à mon goût.

Nous arrivons au parc. Je m’arrête, observant autour de moi. Nous étions arrivés en premier visiblement.

« Ce n’est jamais parfait pour toi de toute manière. Tu devrais peut-être demander un avis extérieur, dit Seth.

- Je t’ai déjà fait écouter ma musique je te rappelle, rétorquais-je.

- Pas moi. J’ai tellement entendu cette musique lorsque tu la composais, que j’ai encore mal aux oreilles. Demande à Atriom. Il sera sûrement ravi de t’aider.

- Ca va, les gars avec qui je travaille me donneront leurs avis, rétorquais-je.

- Mais oui, si tu leur envoie un jour, parce que tu ne seras jamais totalement satisfaite de ce que tu as créé, me répondit-il »

Je croise les bras sur ma poitrine, mets mon second écouteur, et augmente le son pour couper court à notre conversation. Il allait me mettre de mauvaise humeur si cela continuait. En attendant Atriom, il valait mieux que je me plonge dans ma musique. Il ne devrait sûrement pas tarder à arriver. Enfin, j’espérais, moi qui avais dû prendre mon courage pour venir ici.
  
MessageDim 27 Mai - 23:07
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Date d'inscription : 14/04/2018Nombre de messages : 47Nombre de RP : 29Âge réel : 21Copyright : sharovarka.comAvatar daëmon : Oophaga Pumilio
Atriom ZverevoNothing will be the same...

Tu te lèves plus tard que d'habitude. Tu te traines jusqu'à la salle de bain. Tu n'es pas beau à voire. Tu as plusieurs éraflures sur le visage, un coquard sur l'oeil droit et plusieurs bleus sur le torse. Tu pues la transpiration, tu es couvert de poussière et de sang. Tu es rentré tellement épuiser hier soir que tu n'as pas eu la force de prendre une douche. Tu remarques la tâche de sang sur ton t-shirt, ce n'est pas le tien. Tu l'enlèves en toute hâte. Tes mains tremblent encore de ce qui s'est produit la veille. Tu ne ressens rien, ni tristesse, ni douleurs. Tu sais que tu es en état de choc. Tu enlèves tes vêtements et prends une douche.

Tout te revient, comme si, de nouveau tu revivais la journée. Tout à dérailler après le parc. Tu avais encore deux heures avant ton premier cours, après avoir pris une douche, tu es allé prendre un café en ville, pour te détendre.

Tu t'es tout de suite paumé, tu as pris le bus dans le mauvais sens, avant de t'en rendre compte tu étais déjà dans le quartier Nord. Quartier peu réputé pour sa sécurité. Tu n'avais qu'une envie quitté cet endroit pour rejoindre l'un des cafés du centre, notamment un qu'on t'avait vivement conseillé pour sa qualité. Bref tu voulais foutre le camp d'ici. Tu aurais dû attendre le bus, mais il fallait patienter une demi-heure et tu étais pressé. Si seulement tu avais attendu le bus... Rien de tout ça se serait produit.

Tu as commencé à marcher en pensant prendre la bonne direction, mais encore une fois tu t'es trompé, tu as pris l'avenue dans le mauvais sens et tu es arrivé dans la zone la plus chaude de Merkeley. Nina t'a encore traité d'imbécile, caché dans ton sac. Vous vous êtes disputé, elle te reprochait de ne pas avoir utilisé le GPS de ton portable. A vrai dire tu n'y avais même pas pensé.

Tu as rebroussé le chemin, c'est là qu'ils te sont tombés dessus. Ils étaient cinq. Cinq toxicos qui ont vu un jeune homme seule, une proie facile à dépouiller. Tu t'es défendu, mais ils étaient daemoniens et tu n'as rien pu faire contre leurs pouvoirs. Ils t'ont traîné dans un immeuble désinfecté, t'ont roué de coups. Ils ont pris ton sac, ce sac dans lequel se trouvait Nina. Elle s'était mise à l'abri dans la boite que tu lui avais fabriquée en cas de situation dangereuse. A l'intérieur il ne pouvait plus rien lui arriver, elle était en sécurité. Elle était tétanisée et ressentais la douleur des coups qu'on t'avait donnés. Ils auraient pu te prendre ton argent et te laisser là, mais ils t'ont pris pour ce que tu n'étais pas : un humain.

Celui qui menait la bande avait un compte à régler avec les humains et tu allais en être le bouc émissaire, le dé fouloir. Tu lui as pourtant dit que tu étais daemonien, mais il a voulu des preuves. Tu n'as pas réussi à déclencher ton pouvoir et tu ne pouvais pas exposer Nina. Il a sorti un couteau, il t'a raconté son histoire, comment il était devenu un droguer par la faute des hommes. Tu étais adossé contre le mur, salement amoché, il s'était accroupie à ta hauteur et jouait avec son couteau. Les autres derrière ricanaient, t'insultaient. Tu serais mort si l'un de tes agresseurs n'avait pas perdu le contrôle de son don. Tu as perdu connaissance à ce moment-là. Quand tu t'es réveillé il faisait noir. Nina était sur ton épaule. Tu as mis du temps avant de reprendre tes esprits. Nina ne disait rien. Tu t'es relevé tant bien que mal. Tu as fait un pas avant de glisser dans quelque chose de visqueux pour te retrouver de nouveau au sol. La lumière des lampadaires éclairait à peine la pièce. Tu ne voyais rien. Tu as allumé la lampe de poche de ton portable pour découvrir une scène cauchemardesque. Les corps des cinq hommes étaient mutilés, comme si une bête sauvage avait joué avec eux. Tu as pris peur, tu as paniqué, il fallait que tu quittes cet endroit le plus vite possible. Malgré les douleurs, tu t'es de nouveau relevé, tu as récupéré ton sac et tu as couru pour fuir d'ici. Tu ne t'es arrêté que lorsque tu es arrivé chez toi. Comment tu as trouvé le chemin, tu en as aucune idée, à vrai dire tes souvenirs sont flous et embrumé.

L'eau continue de couler sur ta peau, elle est glaciale, mais tu ne ressens rien. Tu n'as ni froid, ni chaud. Tu fermes le robinet, sort de la douche et enfile des vêtements propres.

Tu restes assis un long moment sur le rebord de ton lit, tu ne penses à rien. Tu as cette désagréable impression que ton corps ne t'appartient plus. Comme dans un rêve tout semble ralentis, irréel, absurde.

Tu tournes la tête vers ton réveil, il est 5 h 30. Alors, tu te lèves et comme un automate tu fais ce que chaque matin tu as l'habitude de faire : courir. Tu te changes, récupère Nina dans son terrarium. Tu t'apprêtes à prendre ton sac, mais tu t'arrêtes dans ton geste. Ce sac est un témoin de ce qui c'est déroulé hier. S'il n'était pas noir, on verrait plus facilement le sang qui le macule. Tu l'ouvres et récupère les affaires qu'il y a dedans. Un portefeuille, un bouquin, une bouteille d'eau, la boite de sécurité de Nina, deux barres de céréale, un couteau Suisse, un paquet de mouchoir et un sachet de nourriture pour Nina. Tu mets ton sac dans un sac poubelle avec les vêtements que tu as portés la veille. Tu le poses dans un coin de la pièce, il faudra t'en débarrasser. Tu récupères sous ton lit un sac de running, y glisse tes affaires ainsi que Nina.

Elle n'a pas dit un mot, elle est comme toi encore sous le choc. Son pauvre corps lui fait mal partout, contrairement à toi qui ne ressens rien. Elle se glisse dans la boite. Elle se souvient de l'époque où tu en as eu l'idée, elle s'était moquée de toi. Tu as pensé à faire un petit trou pour que l'aire rentre, il y a un système pour le refermer ainsi la boite peut devenir complètement hermétique au besoin. Elle est assez grande pour que la petite grenouille ne s'y sente pas trop à l'étroit. Depuis l'agression Nina n'arrête pas de sécrété son poison, d'où la nécessiter de rester enfermer. Puis dedans elle se sent intouchable, en sécurité. Elle ne comprend pas ce que tu fais, tu es devenu fou. Allez courir dans ton état c'est complètement inconscient. Elle voudrait te dire mille choses, mais elle est incapable de te parler, elle n'y arrive pas et ça la rend folle.

Tu sors, il fait encore nuit, tu vas en trottinant à l'entrée du parc. La surprise de la voir te fait t'arrêter à quelque mètre d'elle. Tu avais complètement zappé Alexis. Avec tout ce qui s'était produit tu avais complètement oublié. Il faut jouer, jouer le garçon à qui rien n'est arrivé. Inventer un beau mensonge, sourire, même si tu n'as pas envie de faire aucun des deux. Elle ne t'a pas encore vue, ni entendu avec ces oreillettes. Réfléchis, il faudra lui expliquer tes blessures, même si c'est plus propre qu'avant la douche, il n'en reste pas moins que tu es bien défiguré. Une chute, non, c'est trop bateau, ça n'expliquera pas le coquard. Une baston, oui, une demie vérité ça reste toujours le meilleur des mensonges. Tu souries avant de t'approcher plus près, étrangement tu y arrives à la perfection. Il y arrive très bien, car tu as toujours l'impression que ce gars n'est pas vraiment toi. Tu sais parfaitement que c'est toi, mais tu vis tout comme si ce n'était pas le cas. Alors, il va mentir, sourire et toi tu vas regarder.

« Salut Alexis, désolé pour le retard ! C'est sympa de m'avoir attendu ! »

  
MessageDim 10 Juin - 23:24
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
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J’appuie mon dos contre un arbre, les bras le long du corps, les doigts appuyant au rythme de la musique sur l’écorce. Je ferme les yeux pour plonger au cœur de la mélodie et oublier tout le reste autour de moi. Petit à petit, j’en oublie même pourquoi je suis réellement venue ici. Je commence à nouveau à me demander quels types de changements je pourrais appliquer à mes compositions. Seth, lui, choisit de s’adonner à la chasse. Ou plutôt à la traque. Il n’aimait pas spécialement tuer lorsque la faim ne le tenaillait pas. Malgré tout, il appréciait la sensation que cela lui procurait. Il s’était posté dans un arbre, observant quelques lièvres non loin. Les animaux ne l’avaient pas repéré. La panthère, discrète, continuait d’avancer. Elle se jeta au milieu du groupe. Aussitôt ces derniers se mirent à paniquer, et fuir en tous sens, manquant de se percuter plusieurs fois. Seth rit face à la débandade désordonnée des lièvres.

Ses oreilles se redresse. Il tourne la tête vers l’origine du son, et aperçoit la silhouette qui se rapproche d’eux. Sa queue va de droite à gauche, content de voir le jeune homme. Il s’avance d’un pas joyeux.

« Atr… »

Il s’arrête net. Dans sa phrase comme dans ses gestes, les yeux posés sur Atriom. Je ne l’avais pas encore remarqué – toujours les yeux fermés – mais je sentis le changement dans les sentiments de mon Daëmon. Il était choqué, et incapable de dire quoique ce soit – ce qui ne lui ressemblait pas. Je rouvre les yeux, et tourne la tête vers mon compagnon de course. Je me fige à mon tour. Mes yeux posés sur les marques bleutées sur son visage. Je suis incapable de bouger, incapable de parler, sous le choc de ce que j’ai sous les yeux, de ce que je devine, et des souvenirs qui me reviennent en mémoire. Tous les coups que m’avaient donné mon père, ma mère, mais pas que. Les délinquants, et autres toxicos qui me frappaient et me volaient lorsque je n’arrivais pas à m’enfuir, ou qu’ils m’attrapaient. Il y avait également les policiers qui n’étaient pas tendre avec les gens comme moi dans mon quartier. Une mexicaine, voleuse, délinquante, sans abris. Tout pour me faire tabasser par les forces de l’ordre. Tout ceci me revient en mémoire, me frappe et me coupe le souffle comme un coup de poing dans l’estomac.

J’entends à peine ce qu’il me dit – ma musique n’étant qu’une petite partie de cette soudaine surdité. Instinctivement, j’avais plongé ma main dans la poche de mon pantalon, serrant le couteau à cran d’arrêt, comme pour me rassurer, et me protéger des agressions extérieures, autant que celles provenant de l’intérieur. Je sens que mes mains tremblent. Je serre les deux mains plus fort pour les empêcher de vaciller. Seth se reprend plus vite que moi.

« Salut Atriom, qu’est-ce qui t’es arrivé ? dit-il sans aucun tact – ce qui était plutôt mon cas habituellement »

Je retire mes écouteurs d’une main, l’autre serrant toujours désespérément mon couteau. Je n’arrivais pas à réagir. Je ne savais pas comment réagir. Atriom me sourit, de ce sourire totalement faux, tout comme le ton qu’il employait. Peut-être que fasse à d’autres personnes, sa fausse attitude de ‘’je vais bien’’, et son mensonge aurait fonctionner, mais pas avec moi. Je voyais parfaitement qu’il me mentait. Je le savais. Il aurait pu me raconter n’importe, même une chose qui tienne la route, je savais qu’il mentait. Je ne connaissais que trop bien cet état dans lequel il se trouvait. Un état de sidération totale, dans lequel il était incapable d’intégrer ce qui s’était passé pour lui. Un état que je ne connaissais que trop bien. Un état que j’avais dépassé au bout d’un certain temps, malgré les coups qui continuaient de pleuvoir. Ou alors je m’y étais simplement habituée tant je le vivais en permanence à cette époque. *Seth, qu’est-ce que je dois faire ?* Je me sentais perdre pied, et c’était une très mauvaise chose. Atriom n’avait pas besoin d’essayer de gérer une de mes crises d’angoisses dans son propre état. Il en serait incapable de toute manière, s’il ne risquait pas lui-même d’en faire lui-même une. Je ne lui souhaitais pas, car la sensation de mort imminente était déjà assez horrible, et suite à ce qu’il avait vécu, ce serait encore pire. *Fais ce que tu aurais voulu qu’on fasse pour toi à l’époque* Me répondit-il. Ce que nous aurions désiré tous les deux. Ce qu’avait fait Liam à l’époque également pour moi en parti, même s’il ne comprenait pas ce que je vivais.

Prenant mon courage à deux mains, repoussant mes émotions indésirables, je lâche mon couteau et sors la main de ma poche, puis je m’avance de quelques pas vers Atriom, hésite un instant, puis finis pas saisir sa main doucement, et le regarde dans les yeux. Ce n’est pas un regard empli de pitié, ou de tristesse. Non. C’est un regard compréhensif, calme, mais chargé de force. Une force que je souhaite lui transmettre – en espérant qu’il soit en mesure de l’accepter, même si ce n’est qu’un instant, même bien plus tard. J’espère seulement ne pas me montrer trop envahissante. Je veux simplement qu’il comprenne qu’il n’est pas seul, et qu’il peut compter sur moi.

« Je sais qu’on ne se connait pas beaucoup, et que tu ne me fais pas confiance, mais… Tu n’as pas besoin de me mentir. Ne te sens pas obligé de dire quoique ce soit, je comprends. Sache seulement que si tu veux m’en parler un jour, je serais là pour t’écouter. Et même si tu ne me dis rien, ça ne changera pas le fait que je serais là pour toi. Pour t’écouter, ou te changer les idées si tu le souhaite »

Je serre un peu plus fort sa main. Je me souvenais. A cette époque c’est ce que je voulais. Pas qu’on me force à dire ce qui s’était produit. Simplement une personne qui soit là pour m’écouter, m’épauler, même sans dire un mot. Juste que quelqu’un soit là pour moi, me prouve que je comptais pour lui. Que j’étais importante. Et c’est bien souvent l’option de me changer les idées que je choisissais. Mais le plus important, c’est d’avoir quelqu’un à ses côtés, même si c’est pour seulement parler de tout et de rien.

Je lâche la main d’Atriom, et recule de quelques pas. J’espérais qu’il ne prendrait pas mal ce que je venais de lui dire. Je ne comptais pas le blesser, ou le mettre sur la défensive, d’où mon ton calme, et des paroles que j’espérais avoir bien choisi. Je ne voulais pas qu’il se sente obligé de se confier à moi suite à ce que je venais de dire. Je savais simplement que c’était une des meilleures façons pour s’approprier les événements qu’il avait subi – bien que je sois le pire des exemples. Le plus surprenant, c’est que je m’engageais, et m’avançais dans une relation que je fuyais habituellement. Sauf que cette fois, je ne ressentais pas cette peur. Etait-ce parce que je venais d’agir de manière impulsive, sur l’émotion du moment ? Peut-être, mais qu’importe. J’étais incapable de laisser quelqu’un dans cet état sans réagir. Parce que je savais ce qu’il vivait, et que je ne pouvais pas supporter de le laisser ainsi sans rien faire. Une lourde responsabilité, que j’acceptais et que je supporterais, car je le devais.

* Et toi Nina, comment te sens-tu ?* Demanda mentalement Seth à la grenouille. Tout comme moi, son ton était calme, doux. Il ne voulait pas l’effrayer encore plus qu’elle ne l’était. Alors il ne faisait qu’effleurer son esprit pour la contacter, sans rentrer plus dans son intimité. Il aurait aimé lui parler autrement, à voix haute. Cela aurait été moins envahissant. Mais elle était planquée dans le sac d’Atriom, et n’en sortirait sûrement pas. Pas dans un endroit où elle ne se sentirait pas en sécurité. C’est ce qui nous arrivait à nous aussi. A l’époque, il se transformait en créature minuscule, et se planquait, tandis que j’encaissais les coups. Il ne sortait que lorsqu’il se sentait en sécurité contre moi, et dans un autre endroit que notre « maison ».
  
MessageLun 11 Juin - 11:29
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Date d'inscription : 14/04/2018Nombre de messages : 47Nombre de RP : 29Âge réel : 21Copyright : sharovarka.comAvatar daëmon : Oophaga Pumilio
Atriom ZverevoNothing will be the same...
C’est Seth qui t’aperçois le premier, il entame une salutation qu’il stop nette quand il te voie. Alexis ouvre les yeux et reste un instant pétrifier en te dévisagent. Elle glisse une main dans sa poche, tu te demandes pourquoi tu as remarqué se détail. Seth te pose la question. Comment ça t’es arrivé. Bonne question, mauvaise réponse.

« Une bagarre, ils étaient cinq et moi tout seule. Ils maîtrisaient leurs dons et moi non. Voilà le résultat. »

Tu t’étonnes, il n’y a là que la vérité, tu espères juste qu’ils ne chercheront pas à vouloir plus de détail. Alexis retire ses écouteurs, tout en gardant sa main dans sa poche. Pourquoi t’arrêter là-dessus ? Elle a bien le droit de mettre sa main dans sa poche, mais quelque chose te souffle qu’il faille se méfier. Tu ne connais pas cette petite voix. La méfiance, la peur, c’est nouveau et tu n’aimes pas ça. Ah ! Et tu as toujours l’impression de ne pas être toi ! Reviens dans ce foutu corps ! Analyse, adapte ton comportement en fonction des réactions de l’autre, c’est ce que tu fais d’habitude. Pas aujourd’hui, pas à cet instant, tu n’arrives pas à lire les expressions d’Alexis. Tu as cette affreuse impression de voire sans voire, comme si le message n’était pas traite. Il faut jouer, joué le garçon qui va bien.

Elle sort ça main de sa poche et sans te prévenir te prend la main. Doucement, sans violence. Elle te regarde droit dans les yeux. Tu sens que tu te reconnectes, un bref instant. C’est son contacte, sa main contre la tienne. Tu te rends compte que se toucher là tu ne l’as jamais eu avec quiconque. Tu te rends compte de ta solitude, de cette muraille que tu t’es construite pour te protéger du monde. Et voilà qu’on vient de la détruire, d’y mettre le feu. Le pire dans tout ça c’est que tu as eu pitié de tes agresseurs ! Putain ! Qui prends pitié pour cinq salopards drogués qui tabasse et vole ! Puis il y a ce carnage, cette scène où leurs boyaux étaient étalés sur le sol, où leurs membres n’étaient plus attachés sur leur corps. Ce liquide poisseux, cette odeur de fer dans l’aire. Et toi en se moments même tu les plains ! Tu te demandes comment on peut en arriver là ! Les coups t’ont fait mal, mais ça ne t’as pas plus traumatisé que ça, tu as encaissé. C’est son histoire, sa descente aux enfers, cette volonté de te tuer car tu étais pour lui autant coupable que celui qui lui a tout pris.

Tu sens cogner ton cœur contre ta poitrine, un cœur trop humain, un cœur trop bon dans un monde sans pitié. Si seulement ton pouvoir c’était activé. Tu aurais pu fuir, tu leurs auraient évité tout ça. Tu n’aurais pas été dans cette position d’infériorité,  qui  fait bien plus mal que les coups. Tu étais à leurs merci, incapable de te défendre, incapable de la protégé encore une fois. Tu es lamentable ! Faible, idiot et naïf ! Tu te détestes plus que tes agresseurs, eux ils étaient fous, en manque et fuyait leurs souffrances. Toi tu n’es qu’un petit con qui pense tout savoir, un petit con qui croit être capable de se défendre, juste un petit con ! Tu te répugnes, tu détestes ta carcasse que tu es obligé de trimbaler. La douleur physique n’est rien par rapport à la douleur qui broie ton âme.

Pourquoi ne pas avoir appelé la police, après tout c’est ce qu’il faut faire dans ces cas-là. Pourquoi ne pas avoir appelé ton père, lui il aurait su quoi faire, il sait toujours quoi faire. Non, il ne faut pas que ça se sache, être impliquer dans ce genre d’histoire n’est jamais bon pour l’avenir. Tu espères que la police trouve les corps plus tard. Tu espères qu’il conclut à un daemonien qui a perdu le contrôle de son pouvoir à cause de ce qui se passe en ce moment, qu’il classe l’affaire et qu’on en reparle plus jamais !
Soudain tu reviens à la réalité, elle te parle, elle te dit qu’elle sera là pour toi, qu’elle comprends, que tu n’as pas besoin de mentir, que tu n’as pas besoin d’en parler, mais si tu le veux elle est là. Elle serre ta main un peu plus fort. Tu voudrais lui dire merci, lui raconter tout ce qui s’est passé, mais tu ne peux pas, tu ne veux pas. Personne ne  doit le savoir.

Puis elle enlève ça main de la tienne. De nouveau tu quittes ton corps, plus rien, tu ne ressens plus rien. Plus de colère, de culpabilité, de reconnaissance, juste de l’indifférence. Pourtant tu continues de sourire. Elle a fait un pas vers toi, c’est bien la première fois qu’elle se livre à toi.

« Merci. On y va ? J’ai besoin de courir. »

Il a dit ces mots avec facilité, cet Atriom, ce garçon qui à quitter le cocon familiale préservé du monde et de sa souffrance. Tu veux courir, faire comme d’habitude.

Nina n’a rien dit, elle est toujours cacher dans la boite au fond du sac d’Atriom. Elle a ressentie une foule de sentiment durant un instant, des sentiments qu’elle n’a pas aimés. Elle voudrait sortir de cette boite, dire ces quatre vérités à Atriom, mais elle n’y arrive pas. Si on devait traduire l’émotion qu’elle ressent en ce moment il serait adéquate de se représenté un chien enrager voulant sortir d’une cage dans laquelle on l’a enfermé contre sa volonté. C’est tellement frustrant !

Elle entend ce que lui dit Seth, elle sent le contacte mentale qu’il tente de lier avec elle. Elle le repousse violemment. C’est une réaction incontrôlée, elle ne voulait pas. Elle sait qu’il ne lui veut aucun mal, bien au contraire, mais il est entré dans son espace intime. Un espace si petit, si vulnérable qu’elle l’a inconsciemment chassé. Ça ne lui ressemble pas, mais elle est Atriom, comme Atriom est elle. Il ne font qu’un et ce qu’il ressent elle le vie et ce qu’elle vie il le ressent. Atriom ne veut pas qu’on l’atteigne alors personne n’atteindra Nina. Nina veut tourner la page le plus rapidement possible en prenant les mesures nécessaire alors Atriom continue d’avancer pour passer à autre chose.

Elle n’arrivera pas à parler, alors elle ne fait que transmettre une image à Seth : un chien enrager dans une cage qui  veut en sortir quitte à se blesser.
  
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