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Lun 3 Sep - 1:25
La course. Ana commence à peine à y voir clair, à rassembler les informations. Elle a eu si peur... Karen, Rosa. Elles auraient pu... Rien que d'y penser, la mexicaine défaille. Perdre une soeur, perdre quelqu'un de plus. La blessure de son coeur est encore à vif, abuela lui manque. Elle a besoin d'elle, de ses conseils, de sa voix si douce. La mexicaine redevient, l'espace d'un instant, une enfant, perdue, recherchant le contact de sa grand-mère, ses bras rassurants, ses tendres étreintes.
Mais Ana ne peut plus se permettre d'être une enfant. Aujourd'hui, Ana doit être forte. Retrouver qui elle était, redevenir une combattante. Et se battre. Pour la vie, pour sa famille.
Toute sa famille.

Et sa famille n'est pas au complet. Karen et Rosa sont sauves, Marisol était la moins touchée. Quand à Nod et Lisa, ils sont hors de danger. Tous ont pris le remède, qu'importe les risques. Ils ne pouvaient cracher sur telle occasion... Ana partait du principe qu'il fallait en premier guérir, avant de s'inquiéter du second problème.
Les natifs. Okolnir. Ces soit disant dieux, ce temple. Ces marques sur leurs poignets.
La mexicaine n'est pas dupe. Les années passées à se cacher, à se battre, Ana ne fait plus confiance. Envers personne. Et ces gens, qui se prétendent leurs sauveurs, avec ces faux dieux sortis des méandres de contes passés. L'utopiste n'est plus, la combattante renait. Et Ana ne fera pas confiance, Ana cherchera la vérité. Qu'importe le prix. Pour sauver son peuple, pour sauver sa famille.
Toute sa famille.

Incomplète. Le coeur d'Ana explose dans sa poitrine alors qu'elle court dans les couloirs. On lui crie bien qu'elle doit s'arrêter, qu'elle ne peut pas courir ainsi dans l'hôpital. Elle se fiche bien de leurs opinions. Elle se fiche bien de n'en avoir le droit, bien qu'elle comprenne les raisons. Il faut qu'elle le retrouve. Il faut qu'elle sache, s'il va bien.
Rien que l'idée qu'il... impossible. Impensable. C'est simplement inconcevable.
Rafael est en vie, il doit être en vie. Il ne peut pas... Delilah. Ils sont en vie.

Et Ana sent une main l'attraper par l'épaule. Elle se retourne vivement, prête à frapper si nécessaire. Ana l'agoraphobe n'est plus, remplacée par cette femme au tempérament explosif.

- Quoi ?

La seule violence de ce mot exprime à elle seule son état d'esprit. Et l'homme, un norvégien, lui sourit. Ana se calme lentement, il ne sert à rien de s'énerver.

- Madame, je suis obligé de vous demander de vous calmer. Nous sommes dans un hôpital, dites-moi donc si je puis vous être utile.

Ana explose.

- Ecoutes-moi bien, je suis allée à l'accueil, pour retrouver un proche. On m'a demandé d'attendre, cela fait bientôt deux heures. Je n'vais pas attendre plus longtemps. J'ai redemandé, encore et encore, l'on a été incapable de me renseigner. Je refuse d'attendre plus encore, je veux savoir s'il est ici. Maintenant. Alors soit tu m'réponds, soit tu m'lâche.

Son regard, glacial, le fixe. Il ne bronche pas.

- Je comprend bien, madame. Il va cependant vous falloir patienter, vous n'êtes pas la seule dans votre cas. Le personnel fait de son mieux.

Ana resserre ses poings, ses phalanges blanchissent.

- Je me fiche bien des autres, je veux savoir où se trouvent Rafael Garcias et Delilah. Tout de suite.


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Ven 7 Sep - 22:12
Ces doigts engourdis qu’on noue et dénoue, inlassablement. Les yeux rivés sur la fenêtre de la chambre, elle semble ailleurs. A mille lieues de comprendre et saisir ce monde extérieur qui depuis des heures paraît tourner sans elle. Il n’y a plus de bruissement de feuilles, plus de ciel qui se couvre – et pourtant les nuages s’amoncèlent dans cette immensité aussi sauvage que l’est son cœur. Les pensées s’entrechoquent sous sa tignasse brune, vaste mélange d’idées incohérentes et d’une réalité qu’elle ne capte plus. Le sang a été enlevé de son visage, un bandage barre son abdomen ; et la douleur est là, fluctuante, torturante. Elle irradie. De l’estomac vers les reins, les cuisses, les mollets. Du ventre vers les poumons, le dos, le cœur. L’âme est torturée.

Eko s’est allongé à ses pieds et endormi, épuisé. Elle ? Elle ne sait plus dire. Vit-elle toujours ? Est-elle encore capable de parler, de rire ? Peut-elle toujours s’accrocher à cette vie qui est la sienne ? L’alarme d’une machine, là, quelque part derrière elle. Le cri d’une infirmière. L’appel à l’aide. Son regard se pose sur le lit devant elle. Que sa mère est belle… Endormie, apaisée. Plongée dans un sommeil que malgré elle, Lya se prend à envier. De quoi rêve-t-elle ? Est-elle seulement en train de rêver ? Si tel est le cas, l’irlandaise prie pour que tout ne soit que bonheur et volupté. Pas de bombe. Pas de sang. Pas de hurlement, de souffrance.

Et surtout, pas de mort.

Lentement, l’avocate laisse son regard remonter le long des draps ; la peau nacrée de sa mère se détache du bleu des couvertures. Yeux clos, souffle long. Le rythme des machines auxquelles sa peau s’accroche comme seul crédo. D’un geste de la main, Lya replace une mèche de ses cheveux, alors que les larmes qu’elle retenait commencent à monter. Que fera Eleanor dans un monde où Joris n’existe plus ? Les sourires fleuriront-ils encore ? Et les caresses, alors ?

Ses doigts viennent trouver ses lèvres pour retenir un haut le cœur. Elle a besoin d’air. Demelza est partie rejoindre ses parents ; et sans sa lumière, sans son aura, les couloirs de l’hôpital ressemblent à ces labyrinthes des films d’horreur. Murs ternes et visages fermés. Eko se glisse dans son sillage, à moitié réveillé. Que devrait-elle faire ? Sortir, s’enfuir ? Peut-être commencer par un café. Ses pieds la guident, marche mécanique menant droit à la machine qu’elle s’empresse de harceler.

La tasse est brûlante, les gorgées plus encore. Le liquide sombre fume entre ses doigts et ses effluves emprisonnent ses narines. Elle aurait envie de s’asseoir, juste un temps ; mais cette idée se voit contredite par la certitude qu’elle ne se relèvera pas. Et sa mère a besoin d’elle… Plus que jamais, Eleanor a besoin d’elle.

Des cris. Encore des cris.
Colère, amertume, inquiétude, tristesse.
Un accent chantant – les « r » roulent, la rage exulte.

Lya tourne la tête, brusquement intriguée. Un pas, puis deux. Ce visage qui se dessine et dont elle peine à définir les traits. Jusqu’à cette phrase, cinglante, ce cri qu’on balance comme un couperet acéré.

« Je me fiche bien des autres, je veux savoir où se trouvent Rafael Garcias et Delilah. Tout de suite. »

L’ouragan tempête désormais sous son crâne, tandis que les noms du duo s’y impriment au fer brûlé. Rafael… L’image du journaliste s’impose à elle et l’inquiétude explose, achevant les dernières barrières. Sa mère mise de côté, le café lui brûlant les doigts tandis qu’elle s’élance vers la mexicaine, sans certitude qu’elle la reconnaisse après tout ce temps.

« Ana ? » Voix éraillée, prénom inquiet. « Que se passe-t-il ? Où est Rafael ? » Et s’il était blessé ? Et s’il était en danger, et si, et si… Elle se mord la lèvre jusqu’au sang pour retenir une nouvelle nausée. Froncement de sourcils, la colère qui s’invite et Lya de se tourner vers l’infirmière, grondant d’un ton qu’elle ne s’entendait plus emprunter avant longtemps.

« Cette jeune femme est de la famille. Si vous ne voulez pas que je vous colle un procès pour non-respect du droit de visite, donnez-lui le numéro de la chambre de Rafael Garcias. »

L’aide-soignante la toise un instant puis, dans un soupir, finit par leur indiquer le numéro recherché. Instinctivement, la main d’Aelya saisit le bras d’Ana ; elle ne la regarde pas, elle marche, simplement. Court presque. La boule au ventre à l’idée de ce qu’il a pu arriver à ce duo qu’elle adore tant – l’horreur en tête, toujours et cette question, encore :

Que diable vont-elles trouver dans la chambre 406 ?


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C'était une ecchymose, une plaie à vif, brûlante de haine. Elle sentait la douleur, elle respirait la tristesse et les nuits à pleurer. Mais surtout, elle traversait la vie des gens comme un ouragan. Elle détruisait. Littéralement.

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Ven 14 Sep - 15:43
Une voix empreinte d'inquiétude s'élève dans le dos de la mexicaine. Lorsqu'elle se retourne, vive, elle tombe nez à nez avec un visage féminin, qu'elle reconnait. Une poignée de secondes d'hésitation seulement. Elle se sent soudainement moins seule, moins perdue, quoiqu'elle ne la connaisse pas réellement, elle ne peut s'empêcher d'être reconnaissante envers le destin d'avoir mis Aelya Fereden sur son chemin. Parce que bien plus qu'un visage connu, elle ont quelque chose en commun.
Rafaël.
Toutes deux leur amie, Ana sait qu'elle pourra trouver une alliée en la daemonienne. Et son instinct ne la trompe pas. La brunette a tout entendu et n'attend pas une seconde avant de lui demander ce qu'il se passe.

- J'ignore où il est, cet imbécile d'infirmier refuse de me donner la moindre information. Je ne l'ai pas vu quand ce maire a fait son discours, j'suis sûre qu'il est là.

Sans attendre une seconde, Aelya se tourne vers l'infirmier, grogne à son tour. Il doit actuellement en être à regretter d'avoir pris la peine d'arrêter la tornade du sud pour lui expliquer les choses. Maintenant, il se retrouve avec deux femmes frustrées sur les bras. Presqu'en colère. Il serait plus sage qu'il leur donne ce qu'elles désirent. Et vite.
Ce qu'il fait après un soupire agacé. Peu importe à Ana, elle refuse d'attendre. Savoir que Rafaël est en vie est impératif, le serrer entre ses bras. Tehwa quand à lui, s'inquiète pour Delilah, sa grande amie. Il en mourrait de ne plus jamais la revoir...

L'herboriste se laisse emporter par Aelya, qui lui saisit le bras, l'attire dans sa course. Ana rattrape Tehwa qui manque de glisser de son épaule. La chambre 406. Que vont-elles y trouver ? Rafaël ? Et Delilah ?
Le coeur de Tehwa rate un battement. Et si... Delilah... Il refuse d'y penser. C'est impossible. Elle ne peut pas, ce n'est pas même envisageable. Il pense à toutes ces âmes déchirées et il craint le pire. Il imagine, cette porte au trois chiffres, qui s'ouvre. Sur une silhouette, seule. Dans un lit d'hôpital. Seul. Brisé, déchiré. Et il supplie les deux femmes de courir plus vite encore. Alors qu'il ne souhaite que faire demi-tour et ne jamais savoir...

Les couloirs défilent, le personnel de l'hôpital est bien trop occupé pour s'inquiéter de deux femmes courant presque dans les couloirs, visages terrorisés de ce qu'elles trouveront une fois arrivées.
Et elles se stoppent net. Devant une porte.
406.
Ana tremble, fixant cette porte trop blanche, fixant le numéro de chambre. Elle n'hésite pas plus longtemps, pose sa main sur la poignée.
Ouvre la porte.


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Ven 14 Sep - 17:45
Aelya Fereden, Ana E. Santiago & Rafael Garcías ▬ Delilah, Eko & Tehwa
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Elle observait ces paupières closes, écoutait ce souffle enfin régulier, se blottissait parfois contre ce cœur pour s'assurer que ces machines ne la trompaient pas. Delilah n'avait pas quitté ce lit depuis qu'ils avaient échoué ici, la créature veillait sur sa moitié avec application, jaugeant les infirmiers, surveillant les docteurs pour ne se détendre qu'à la présence de la truffe de Kaya, mais bientôt cette présence allait s'effacer alors qu'ils semblaient bien loin de la maison... La coati esquiva un bâillement et posa son museau sur l'épaule de son humain, elle les voyait à présent: ces joues plus creuses qu'à l'ordinaire, ce teint qui daignait tout juste reprendre de la couleur, la créature se demandait encore comment elle avait réussi à ne pas saisir le critique de la situation avant. Perturbée par cette nouvelle ambiance de fin du monde et probablement aussi par cette infection qui avait bien failli avoir leur peau. Elle avait finalement passé les minutes les plus longues de sa vie à attendre de voir si les bombes les attraperaient avant la maladie, du moins jusqu'à ce qu'un miracle ne s'impose d'une manière qu'elle n'avait toujours pas saisi. La coati n'avait toujours pas défini son avis sur cette histoire de voyage instantané et de leur présence à l'autre bout de la Terre, sa veille lui semblait pour l'instant plus importante même si les heures parfois longues se retrouvaient meublées par ces explications étranges qu'elle décortiquait.

À mi-chemin vers le sommeil, Delilah se retrouva contrariée par la brusque ouverture de la porte de leur antre, si maintenant plus personne ne frappait... La créature passa son museau de l'épaule au torse de l'endormi pour apercevoir l'impoli et ne tarda guère à chasser cette mauvaise humeur en apercevant les bouilles qui faisaient leur entrée.

▬ " Ana ! Tehwa ! " La demoiselle se redressa, s'asseyant dans ce refuge entre bras et torse où elle se lovait habituellement. À eux aussi elle avait pensé durant ces heures de veilles et son petit cœur fondait de soulagement de voir que ses espoirs n'étaient pas vain. " Aelya. Eko. " Si cette partie de la visite l'étonnait un peu, la simple présence familière suffisait amplement à plaire à la demoiselle. " Vous allez bien. " Enfin une constations qu'elle n'avait pas besoin d'analyser pour savoir qu'elle était infiniment plaisante. Néanmoins, la coati témoigna cet enthousiasme d'un air étonnamment mesuré pour la simple et bonne raison qu'elle ne bougea pas de son refuge, pas de bonds, pas d'agitation, simplement une expression d'un véritable soulagement. Mais son esprit était sincèrement animé, la preuve la plus flagrante fut que cette animation tira doucement l'endormi de son sommeil réparateur, Rafael s'anima doucement tirant l'attention de Delilah vers son visage. Elle dut attendre quelques instants pour que ces paupières qui s'éveillaient, daignent enfin s'ouvrir, papillonnant un peu le temps que sa moitié n'émerge véritablement et assimile les nouvelles présences. Elle eut le droit à la première amorce de sourire avant qu'il ne tourne son visage vers les demoiselles qui bénéficièrent d'un sourire un peu plus éveillé.

▬ " Hey " Cette voix était tout aussi usée que ce corps mais l'information n'atteignit pas Delilah qui était un peu trop ravi de ce réveil et de cette nouvelle compagnie. " Vous êtes aussi là. " Cette observation leur plaisait à tous les deux, la coati le ressentait sans peine alors que Rafael esquissait un geste pour se redresser avant d'abandonner l'idée assez rapidement.
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Dim 30 Sep - 12:56
Les jambes tremblantes, l’odeur d’aseptisant qui accentue les vertiges et l’envie de fuir, auquel se confronte le besoin presque immoral, presque indécent, de ressentir une fois de plus la peau de Rafael contre ses doigts. Elle a peur, Aelya. Et elle devine, à la manière dont les muscles d’Ana se tendent, que la tempête déferle aussi sous ses cheveux bruns. A quoi songe la mexicaine ? Sûrement à la même chose qu’elle. Dans leur univers désormais peuplé de « Et si… », auxquels viennent se mêler toutes les idées les plus sombres et surtout, les plus douloureuses.

Et si Delilah n’avait pas survécu ?
Et si Rafael était dans un état critique ?
Et s’il était endormi et qu’il ne se réveillait plus ?
Et si les paroles de ce maire n’étaient que mirage ?
Et si…
Et si…


Elle se mordille la lèvre, retient sa respiration tandis que la porte de la chambre 406 se profile devant eux. Elle n’a plus la force, Aelya. Plus le courage de découvrir d’autres proches dans un état grave, plus les épaules pour accepter de perdre quelqu’un d’autre. Hier son père, aujourd’hui lui ? Cette idée lui est inenvisageable. Impensable. Le cœur au bord des lèvres, les nausées au creux de la gorge. Elle ne l’ouvrira pas, cette porte. Terrorisée à l’idée de ce qu’elle pourrait trouver derrière. Ou ne pas trouver, finalement.

Ana ne l’attend pas. Elle a besoin de savoir, plus que l’irlandaise. Lya a beau nager dans un brouillard flou depuis des heures, elle sent le lien qui la retient à lui. A eux. Et son cœur se serre d’avantage encore. La porte s’ouvre ; quelques rayons de soleil dans un décor trop blanc. Trop silencieux. Eko reste collé derrière ses jambes, regard rivé sur ce qui se dessine entre ces quatre murs, retenant sa moitié qui tangue une fois de plus. La douleur au creux de son abdomen se réveille et elle s’accroche au chambranle à côté d’elle, refusant de se laisser glisser. Il y a trop de machines, trop de bandages, trop de doutes encore en cet instant.

Aelya. Eko.

Elle pose ses émeraudes sur la silhouette frêle allongée sur Rafael, se perd un instant dans l’espoir de son regard.

Vous allez bien.

Elle ne répond pas. Se contente de lâcher la daemonne des yeux pour se concentrer sur l’homme à côté d’elle. Assiste aux battements de paupières incertains, aux premiers gestes. A l’éveil tout entier.

Vous êtes aussi là.

Et l’impression que l’ouragan prend d’avantage de puissance, encore. Aelya laisse la mexicaine s’approcher et parler en première, la gorge définitivement trop nouée pour dire quoique ce soit. Une main se pose sur son ventre meurtri, tandis que l’autre ferme doucement la porte derrière eux. Elle s’appuie sur le mur, laissant la scène de retrouvailles se dérouler sous ses yeux. Simple spectatrice de ce moment de bonheur auquel elle voudrait elle aussi s’accrocher.

Sur ses joues les larmes coulent, désormais.


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C'était une ecchymose, une plaie à vif, brûlante de haine. Elle sentait la douleur, elle respirait la tristesse et les nuits à pleurer. Mais surtout, elle traversait la vie des gens comme un ouragan. Elle détruisait. Littéralement.

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